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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2003-12-18, Collections de BAnQ.

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CINÉMA Téléfilm répond aux cinéastes en colère Page B 8 HÉLICOPTÈRES Un contrat de plus de trois milliards pour remplacer les Sea Kings Page A 3 www.ledevoir.com DEVOIR Vol.X CIV N“288 ?LE JEUDI 18 DECEMBRE 2008 87c -TAXES» 1$ 117 magasins en péril Les Boutiques San Francisco sous la protection de la loi sur la faillite CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Aune semaine de Noël, probablement la plus importante de toute l’année pour le volume de ventes, Les Boutiques San Francisco n’ont pas d’autre choix que de se mettre sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.Mais les 117 magasins du réseau, y compris celui des Mes de la Mode au centre-ville de Montréal, qui est la cause principale de ce gouffre financier, demeurent ouverts.Dans un communiqué émis hier matin, Sylvain Toutan, président et chef de la direction, faisait la déclaration suivante: «Malgré les efforts de restructuration importants déployés par le groupe en 2003, avant mon arrivée en poste à la mi-septembre, ü m’est apparu évident que ces mesures ne sont pas suffisantes, principalement en raison des résultats décevants du magasin VOIR PAGE A 8: BOUTIQUES Les Ailes, un concept trop snob pour les Montréalais FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Morose.Quelques heures après l’annonce selon laquelle les Boutiques San Francisco étaient dorénavant sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), l’esprit de Noël a été mis entre parenthèses hier aux magasins Les Ailes de la Mode, une division de cette entreprise, tout comme au complexe du même nom, au centre-ville de Montréal.Le cœur n’y était guère à la fête et les questions frisaient pour tenter d’expliquer le marasme qui affecte l’un des fleurons de la vente de détail à Montréal.«Ce n’est pas le genre de nouvelle qu’on aime recevoir à cette époque de l’année», a commenté une des vendeuses des Ailes au centre d’un étage où les clients ne se bousculaient vraiment pas.«C’est bien triste, d’autant plus que ce magasin ne mérite pas ce S «C’est un beau concept Mais c’est peut-être trop différent» VOIR PAGE A 8: SNOB JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’esprit des Fêtes n’habitait guère le cœur d’Elizabeth Gelerman, vendeuse au magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal.En matinée hier, le Groupe San Francisco, propriétaire de ce haut lieu de la consommation, a annoncé sa restructuration sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.Place au privé dans le capital de risque La SGF doit s’autofinancer et recentrer ses activités sur les grands projets, selon le rapport Brunet ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L* Etat québécois est beaucoup trop présent dans 1 le capital de risque au Québec.Faisons place au secteur privé dans des fonds de capital de risque en lui accordant, pour ce faire, des allégements fiscaux.Quant à la Société générale de financement, elle doit s’autofinancer et recentrer ses activités sur les grands projets de 100 millions et plus.Ce sont là les principales recommandations du rapport du groupe de travail sur le rôle de l’Etat québécois dans le capital de risque, présidé par l’ancien courtier en valeurs mobilières, Pierre Brunet, un rapprt qui vient d’être remis au ministre du Développement économique et régional, Michel Audet.En parallèle, des échanges d’une rare virulence ont lieu lors de la période de questions à l’Assemblée nationale entre le chef de l’opposition officielle, Bernard Landry, et le premier ministre Jean Charest au sujet des radiations à la SGF.Au même moment, des membres du conseil d’administration de la SGF et de son conseil de vérification refrisent de se rallier à la décision du p.-d.g, Henri A Roy, de radier dès cette année 397 millions de la valeur des placements de la société d’Etat M.Landry a accusé le gouvernement libéral de «salir» la réputation de la SGF comme il l’avait fait avec la Caisse de dépôt et placement du Québec.Il s’est étonné que le ministère des Finances inscrive dans un document officiel — la dernière synthèse Bernard Landry et Jean Charest se sont échangé des propos d’une rare virulence au sujet des radiations à la SGF VOIR PAGE A 8: RISQUE ECONOMIE BioChem renaît de ses cendres ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 5 Idées.A 7 Avis publics.B 4 Météo.B 4 Culture.B 8 Monde.A 5 Décès.,.B 5 Mots croisés.B 4 Économie.B 1 Sports.B 6 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 L’industrie du disque contre-attaque Les pirates du cyberespace menacés de poursuite dès janvier au Canada uttuauttltiiiiii Tom pp ^ K BRIAN MYLES LE DEVOIR Les pirates du cyberespace qui submergent Internet de musique risquent de se retrouver en eaux troubles en 2004.L’Association canadienne de l’industrie de l’enregistrement menace de les poursuivre en justice pour violation du droit d’auteur.Cette association a tenté de résoudre cette crise par la méthode douce au cours des derniers mois, entre autres en menant une vaste campagne de sensibilisation et en mettant en ligne un site d’échange de fichiers musicaux tout ce qu’il y a de plus légal, Puretracks.com.Mais ces efforts s’avèrent insuffisants pour freiner l’essor du piratage et ses graves ré- Les ventes de CD ont chuté de 23 % depuis 1999 au Canada percussions sur l’industrie du disque.Les ventes de CD ont chuté de 450 millions de dollars depruis 1999 au Canada, une baisse de 23 %.D s’est vendu 250 millions d’albums de moins en 2002, cependant que le nombre de fichiers musicaux accessibles sur Internet a presque doublé, passant de 500 à 900 millions.L’Association canadienne de l’industrie de l’enregistrement regroupe les compagnies de disques les plus importantes au pays, dont Sony et Universal Music.Elle songe à poursuivre les internautes qui téléchargent des fichiers musicaux à partir de sites comme Kazaa, permettant de les partager ensuite avec l’ensemble de la communauté virtuelle.Parents, prenez garde! La loi fédérale sur le droit d’auteur ne fait aucune distinction DVD-Audl E: * * cassette 4 w - * VOIR PAGE A 8: DISQUE l'année 2003 m ^ - .La plus matleum corkatuw de Camottt tn 2003 Editions du Concent 120 pages - illustrées - 17,9S S LE DEVOIR A travers 120 pages et plus de 150 caricatures politiques, revivez l'actualité de 2003 au Québec et dans le monde.Des dessins éditoriaux surprenants, biaisés, exagérés, tordus, injustes, vengeurs, indignés.mais toujours assaisonnés d'une pointe d'humour ! 7/ < ¦ ¦ WEMiattB LE DEVOIR.LE JEUDI 18 DECEMBRE 2003 A 2 LES ACTUALITES Pénurie de professeurs Les recteurs corrigent le CSE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Il y a bel et bien pénurie de professeurs d’université: les recteurs lancent une sérieuse volée de bois vert au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et balaient les conclusions de son tout dernier rapport annuel sur le renouvellement du corps professoral.«Les conclusions de ce rapport sont épouvantables, rien de moins», a indiqué hier le président de la CRE-PUQ, Robert Lacroix, qui fulminait en commentant le rapport présenté la veille par le Conseil.«Le rapport erre en disant qu’il n’y a pas de pénurie de professeurs.H y a pénurie.» Dans son rapport annuel présenté mardi, le président du CSE, Jean-Pierre Proulx, a dévoilé les résultats d’une recherche sur le renouvellement du corps professoral au Québec.Celle-ci conclut que les universités ont crié à une pénurie «non fondée», même si elle reconnaît que l’effort lié à l’embauche sera intense et constituera un défi dans certains cas.«Le président du Conseil supérieur s’en vient nous dire: j’ai une bonne nouvelle, il n’y a pas de pénurie! Mais c’est dramatique de sortir une histoire pareille! Ce genre de message-là a déjà tué l’évolution de nos effectifs dans les hôpitaux, et on nous ressort le même genre de sornettes avec les professeurs d'université», a expliqué hier un Robert Lacroix littéralement enflammé.Le recteur de l’Université de Montréal fait le parallèle avec la pénurie de médecins et d’infirmières que vivent actuellement les hôpitaux, qui est le résultat «d’un rapport mal foutu effectué il y a dix ans et qui conduit aujourd’hui à ce qu’on connaît», croit le recteur.Le CSE a basé son analyse sur les conclusions récentes de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), qui estimait les besoins en professeurs à 40 000 did à 2011 pour le Canada entier, à 950 par année pour le Québec.L’organisme, alors présidé par le même Robert Lacroix, criait ainsi à la pénurie.En taisant le parallèle entre l’offre et la demande, le CSE juge que, did à 2008,3072 postes de professeurs devront être comblés au Québec, pour une moyenne de quelque 600 par année.«Ils ont tordu les chiffres pour arriver à ces données-là», affirme Robert Lacroix L’enquête se base pourtant sur des entrevues effectuées avec des vice-recteurs aux ressources humaines des universités de même qu’avec des directeurs de département.«Quand on interroge des responsables de faculté, on s’attend à ce qu’ils parlent de leurs effectifs en fonction des restrictions budgétaires qu’on leur impose; il faut faire l’analyse en fonction de la qualité de l’enseignement», ajoute Nicolas Brisson, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui fait le même constat que la CREPUQ sur la valeur des données présentées.Le Conseil supérieur juge par ailleurs que l’offre est supérieure à ce que les universités évaluent généralement et évoque un bassin de plus de mille stagiaires post-doctoraux de même que 1200 chargés de cours détenteurs d’un doctorat «Le rapport erre autant du côté de l’offre que du côté de la demande», tranche le président de la CREPUQ.Les stagiaires post-doctoraux viennent de l’extérieur du pays — à l’UdeM, par exemple, 61 des 435 stagiaires sont du Québec — et «frmt partie du bassin international; c’est complètement erroné de mettre ça dans l’offre».Quant aux chargés de cours, «beaucoup ont eu leur diplôme il y a cinq, six, sept ans, à l’époque où les universités n’embauchaient malheureusement pas, et ils n’ont pas développé leur activité de recherche Pendant ce temps», explique le recteur.La prépondérance de la recherche au détriment de l’enseignement, remarquée par le CSE, jnquiète en outre la FEUQ, qui fait le même constat Mais la CREPUQ n’y voit rien d’alarmant plutôt une «transformation de la tâche parce que la densité des études supérieures s’accroît».La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) lit dans l’évaluation du CSE la reconnaissance de l'urgence d’un réinvestissement dans les universités.«Le conseil reconnaît le besoin de créer au moins mille postes de profs en cinq ans.explique Pierre-Alain Benoît de la FAECUM.À 100 OOO $ par poste de professeur, c’est 100 millions dont on aura besoin pour les cinq prochaines années.» Une enfant de 16 mois est décédée pendant que son père déneigeait l’auto Gare au monoxyde de carbone ! Une succession d’incidents force la Santé publique à alerter la population ISABELLE PARÉ LE DEVOIR En plus de la petite Annabelle Deslauriers, 16 mois, décédée lundi d’une intoxication au monoxyde de carbone dans la voiture où elle siégeait cinq autres enfants et deux adultes ont souffert depuis le début de la semaine d’un empoisonnement lié aux gaz d’échappement d’un véhicule stationnaire.La tragédie vécue lundi par la famille Deslauriers, de Verdun, ainsi qu’une série d’accidents survenus au cours des dernières 48 hemes ont incité hier les autorités de la Santé publique à alerter la population contre le danger de laisser des enfants ou des adultes assis dans une voiture dont le motem tomne pendant qu’on la déneige.Lorsque des accumulations de neige obstruent le pot d’échappement, le refoulement des gaz toxiques dans l’habitacle d’une voiture peut en effet s’avérer fetal, a rappelé hier la Régie régionale de la santé de Montréal-Centre, invitant le public à bien dégager le pot d’échappement de leur voiture avant de la déneiger.C’est l’oubli de cette simple manœuvre qui a entraîné lundi la mort de la petite Annabelle Deslauriers alors que son papa déneigeait la voiture où elle prenait place.Exposée aux émanations toxiques pendant un laps de temps évalué entre 10 et 15 minutes, la fillette a perdu connaissance.Son décès a été constaté à son arrivée à l’Hôpital de Montréal pour enfents.Le même jour, cet hôpital a d’ailleurs reçu à son urgence quatre autres enfants intoxiqués par des gaz d’échappement, dont deux, gravement atteints, ont dû être soumis à des traitements en chambre hyperbare.Deux jumeaux ont quant à eux été exposés au monoxyde de carbone qui s’échappait d’une voiture dont le moteur tournait dans un garage attenant à la maison.Selon le Dr Dominic Chalut, responsable de l’urgence à l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’intoxication au monoxyde de carbone peut être difficile à déceler puisqu’elle entraîne des symptômes non spécifiques comme des maux de tête, des étourdissements et des nausées.L’aspect inodore et incolore de ce gaz complique encore davantage le dépistage d’une fuite.Invisible mais non inoffensif, le monoxyde de carbone, inhalé en grande quantité, remplace graduellement l’oxygène dans le sang et prive les organes vitaux de l’oxygène nécessaire à leur bon fonction-nement De telles intoxications entraînent une perte de connaissance et éventuellement la mort «Dans le cas d’Annabelle, il y a JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Dr Dominic Chalut suggère de laisser le moteur éteint pendant qu’on déneige l’auto.suffisamment de monoxyde de carbone dans son sang pour empêcher l’oxygénation du cerveau.Le temps nécessaire pour une intoxication dépend cependant de la concentration dans l’air et du poids de l’enfant.Chose certaine, les enfants de moins de deux ans sont plus à risque», a-t-il expliqué hier.Selon ce médecin, les parents ne devraient jamais laisser leurs enfants assis dans un véhicule dont le moteur tourne au ralenti.Ils devraient plutôt laisser leurs enfents dans la maison pendant le déneigement ou les placer à l’intérieur de la voiture en laissant le moteur fermé jusqu’à la fin de l’opération.En cas d’empoisonnement les personnes atteintes devraient immédiatement consulter un médecin, affirme le Dr Chalut Si le taux de monoxyde de carbone dans leur sang atteint 25 %, ces personnes seront soumises à des traitements en chambre hyperbare.Alors que la neige continuait de tomber sur Montréal hier après-midi, la Direction de la santé publique (DSP) a ainsi pressé les propriétaires de véhicules à fer- mer le moteur de leur voiture pendant le déneigement et suggéré de dégager en tout premier lieu le pot d’échappement Selon la DSR non seulement les bébés mais aussi les personnes âgées et les femmes enceintes courent le risque de souffrir d’intoxication rapide au monoxyde de carbone.On recommande enfin aux propriétaires de voitures plus anciennes de soumettre leur véhicule à une inspection en bonne et due forme de leur système d’échappement L’an dernier, l’Hôpital de Montréal pour enfents avait reçu seulement deux cas d’intoxication au monoxyde de carbone.La situation de cette année est tout à feit exceptionnelle, fait remarquer le Dr Chalut.D’ordinaire, la plupart des intoxications au monoxyde de carbone sont reliées à l’utilisation de systèmes de chauffage déficients bu de barbecues à l’intérieur des maisons, voire aux émanations de chariots élévateurs dans les usines.En Amérique du Nord, plusieurs centaines de personnes décèdent chaque année de ce type d’empoisonnement Les coûts et conséquences des défusions Huit firmes sont en lice pour effectuer les analyses KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Douze entreprises ont déposé une soumission afin d’effectuer l’analyse des conséquences et des coûts des défrisions.Ces firmes ont répondu à l’appel d’offres public lancé par le ministère des Affaires municipales dans le cadre de l’adoption de la Loi sur la consultation des citoyens sur la réorganisation territoriale de certaines municipalités.Le ministère sélectionnera certaines d’entre elles pour constituer au début de janvier une banque de fournisseurs de services.Une fois la banque de fournisseurs créée, le ministère invitera les firmes choisies dans une des trois catégories (huit villes de plus de 100 000 habitants, 20 villes de 10 000 à 100 000 habitants et 14 villes de moins de 10 000 habitants) à faire une proposition pour l’analyse du cas d’une municipalité.Le plus bas soumissionnaire obtiendra le contrat Ainsi, dès les premières semaines de 2004, le ministère accordera un premier mandat d’analyse financière sur Montréal, de loin le dossier le plus complexe et surtout le plus explosif.Six firmes estiment avoir l’expertise pour se pencher sur Montréal.Il s’agit des comptables Raymond Chabot Grant Thornton, de la firme d’ingénierie Roche Groupe conseil, des consultants Taktik /Zins Beau-chesne et associés (une filiale de Secor), de Secor conseil, de Municonsult et de Groupe d’analyse inc.Pour le dossier de Québec, les six mêmes entreprises se font la lutte en plus des firmes Malette et PricewaterhouseCoopers.Les firmes Raymond Chabot Grant Thornton, Roche Groupe conseil (auquel était associé avant son élection le ministre Sam Hamad et dont le principal lobbyiste est l’ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté) ainsi que Taktik /Zins Beauchesne et associés (une filiale de Secor) ont toutes trois proposé leurs services pour faire les études des 40 municipalités visées par la nouvelle loi.S’ajoutent aux huit entreprises déjà citées les firmes Pierre Prévost conseil.Systèmes Narhval inc., Etude économique conseil et GESDEV inc.Les résultats des études seront diffusés au moins 30 jours avant l’ouverture des registres prévue en mai et juin prochains.Le gouvernement estime que ces études lui coûteront 15 millions de dollars.Il s’agit pour le gouvernement libéral de s’assurer que les citoyens se prononceront «en toute connaissance de cause».En clair, cela signifie que les études devraient éclairer la population désireuse de retrouver son ancienne municipalité sur les impacts directs sur son compte de taxes.Un arrondissement de Montréal qui redeviendrait une ville, par exemple, aurait à assumer, entre autres, des coûts d’agglomération (police, pompiers, développement économique).De plus, ce sont les citoyens des municipalités reconstituées qui auront à payer pour la tenue des référendums ainsi que pour la mise en place des comités de transition.Selon le calendrier prévu au ministère des Affaires municipales, les anciennes villes pourraient renaître lors des élections municipales de novembre 2005.Lady-Datejust en acier et or jaune 18 carats Cadran serti de brillants / bijouterie Gàmbard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 EN BREF Contre une hausse des tarifs d’électricité (PC) — La Coalition des associations de consommateurs du Québec a déposé hier à l’Assemblée nationale une pétition signée par 50 000 personnes opposées à la hausse de 3 % des tarifs d’électricité.La Régie de l’énergie a accordé lundi à Hydro-Québec cette hausse qui doit entrer en yigueur le 1" janvier.La société d’Etat demande une autre hausse de 2,9 % pour avril prochain.La coalition demande au premier ministre de bloquer ces hausses puisqu’il en a le pouvoir.Elle feit valoir quTly-dro-Québec a feit des profits de E M P 0 R I 0 SOLDES 50\70 1,5 milliard l’an dernier et se dirige allègrement vers les deux milliards cette année.Dans ce contexte, la coalition estime que le léger déficit d’une de ses filiales ne justifie en rien une hausse des tarifs puisque l’entreprise peut facilement l’absorber.Elle affirme que cette augmentation viendra appauvrir les ménages démunis qui ont déjà du mal à payer leurs factures d’électricité 121 milliards consacrés à la santé (PC) — Les dépenses totales de santé atteindront 121,4 milliards en 2003 au Canada, ce qui équi- ; vaut à 10 % du produit intérieur brut, un niveau inégalé depuis 1992.Ces statistiques ressortent du plus récent rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé, dévoilé hier.Ces dépenses to- ! tales de 121,4 milliards en 2003 font suite à des dépenses de 113,4 milliards en 2002.D faut reculer à , 1992 pour trouver une aussi importante proportion du produit intérieur brut consacrée à la santé, soit 10 %.Dans les années 1970, les dépenses en santé représentaient environ 7 % du PIB, dans les années 1980, autour de 8 %, et dans les années 1990, autour de 9 %.Le Canada ne fait toutefois pas exception puisque les dépenses en santé sont à la hausse partout dans le monde.% SUR TOUTE LA MARCHANDISE COMPLETS : 495$ CUIRS : 495$ VESTONS : 295$ MANTEAUX : 350$ PANTALONS : 95$ CHAUSSURES : 145$ CHEMISES : 75$ JEANS: 95$ 1455 RUE PEEL (LES COURS MONT-ROYAL) 282-0022 Certificats-cadeaux Pour i ir, composez le 514-985-3322 ou sans Irais le 1-800-363-0305.J 1 1 ^ \ ormidables ] orfaits des à êtes X ., \ Certificats-cadeaux à s’offrir à soi-même et à ceux qu’on aime.laDinsoimiere.com « » LE DEVOIR.LE JEUDI 18 DÉCEMBRE 2008 A 3 M i c h e l David ?Bulletin de l’opposition Le passage du pouvoir à l’opposition requiert souvent une certaine période d’adaptation.Ehi pour la première fois le 14 avril dernier, le député de Joüette, Jonathan Valois, a immédiatement trouvé le ton juste et n’a fait qu’une bouchée de la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, dans le dossier des garderies.La recrue de l’année au PQ.A En qualité de leader parlementaire de l’opposition, André Boisdair a connu une fin de session éblouissante.Un collègue malicieux l’a déjà qualifié de «juriste sam diplôme», mais il a totalement éclipsé son vis-à-vis minis-térieL Jacques Dupuis, un avocat chevronné.Si seulement ü pouvait se trouver un peu moins bon! B.Il arrive que certains se révèlent dans l’opposition.Maxime Arseneau a eu la chance d’hériter du dossier de l’article 45 et il a su en profiter.H est vrai que l’attitude butée du ministre du Travail, Michel Després, qui n’a même pas essayé d’expliquer les raisons d’une modification aussi importante au Code du travail, lui a donné beau jeu.B.Bernard Landry a fait une fleur à François Legault en lui confiant les finances.Son vocabulaire simple — simpliste, disent ses détracteurs — a le mérite d’une clarté qui contraste avec l’extrême confusion des propos d’Yves Séguin, dont chaque explication rend les choses un peu plus incompréhensibles.B.La députée de Taschereau, Agnès Maltais, qui n’avait guère impressionné dans les diverses fonctions qu’elle a occupées dans les cabinets Bouchard et Landry, démontre une fougue qu’on ne lui connaissait pas.Son chef pourrait lui confier des responsabilités plus importantes que celle de porte-parole en matière d’habitation.B-.En revanche, Diane Lemieux est demeurée égale à elle-même.Elle avait un dossier en or avec les défusions municipales, mais elle n’a pas beaucoup-dérangé Jean-Marc Fournier.En adoptant une position de refus absolu alors qu’il s’agissait à l’évidence de trouver le moindre mai comme l’avait très bien compris le maire Tremblay, elle s’est en quelque sorte marginalisée.C.La «réingénierie» offrait une cible de choix à Sylvain Simard, mais Monique Jérôme-Forget l’a envoyé au plancher dès le départ lorsqu’il a voulu y voir une opération de patronage à grande échelle.Il s’est fait rappeler qu’à l’époque où lui-même était président du Conseil du trésor, il avait suggéré à un entrepreneur de s’adresser à une firme de consultants péquiste.C.Au pouvoir ou dans l’opposition, Richard Legendre a toujours été une énigme pour moi.Sur papier, il a tout pour réussir en politique, mais on dirait que cet ancien champion de tennis ne réussit jamais à marquer le point de match.D lui manque peut-être ce qu’on appelle l’instinct du tueur.Ses interventions passent pratiquement inaperçues.C.Camil Bouchard est une autre vedette dont on attend beaucoup.Il avait Claude Béchard dans les câbles sur la question de la lutte contre la pauvreté, mais il s’est contenté de le picosser de façon inoffensive.C.Normalement, le dossier de la santé est du bonbon pour l’opposition, et Louise Harel est une politicienne accompüe.C’était sans compter avec Philippe Couillard, qui l’a charmée dès le départ Elle a même dit à tout le monde qu’elle le trouvait formidable.Il lui a cloué le bec dans le dossier de Saint-Charles-Borromée en lui soulignant que l’exploitation politique d’un drame humain était un terrain extrêmement glissant Elle n’a pas insisté.C-.Pauline Marois semble être restée marquée par la malheureuse phrase qu’elle avait laissé échapper à la toute fin du film de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d’homme.On dirait qu’elle a tellement peur d’être accusée de vouloir «faire de la morde» qu’elle préfère se faire le plus discrète possible.Elle connaît parfaitement le dossier de l’éducation.Normalement Pierre Reid aurait dû être une proie facile pour elle.D est vrai qui ne semble avoir besoin de personne pour se caler.C-.?Mario Dumont a mis beaucoup de temps à se remettre de la dégelée que l’ADQ a prise le 14 avril dernier.Jusqu’à présent toutes ses tentatives pour rehausser le statut de son parti à l’Assemblée nationale ont échoué.On peut comprendre qu’il recherche désespérément un peu de visibilité, mais il n’améîio-re pas sa crédibilité en s’associant de façon démagogique à ceux qui réclament la réouverture de l’enquête sur la prostitution juvénile à Québec.C-.Jean-Pierre Charbonneau continue de cultiver les défauts de ses qualités.C’est très bien d’avoir son franc-parler, mais il a depuis longtemps la détestable habitude de l’utiliser pour marquer dans le but de son équipe.Pendant toute la session, Jean-Marc Fournier a pris un malin plaisir à rappeler sa vive critique des fusions forcées.Son chef a beau laisser clairement paraître qu’il ne veut plus rien savoir de la réforme du mode de scrutin, le député de Borduas s’entête à en faire la promotion.D.André Boulerice a agi de façon inqualifiable avec ses voyages «sur le bras» en Chine et au Maroc, qui le plaident à l’évidence dans une situation de conflit d’intérêts.Ses explications ont été d’une mauvaise foi grossière.E.?Depuis son élection à la présidence, Michel Bis-sonnet a confondu tous les sceptiques qui doutaient de sa capacité à assurer la bonne marche des travaux de l’Assemblée nationale.Son style très personnel, qui allie la bonhomie, la fermeté et l’humour, lui ont valu le respect et l’estime de ses collègues.A P-S.: il y avait deux omissions regrettables dans ma chronique de mardi, consacrée au bulletin du gouvernement J’accorde ainsi un B au ministre délégué aux Affaire intergouvemementales, Benoît Pelletier, qui a vu ses patients efforts récompensés par la création du ConseUde la fédération.En revanche, Lawrence Bergman mérite un D pour son entêtement à créer une «po- Hce parallèle» au ministère du Revenu, malgré l’opposi-tion de la Commission d’accès à l’information, de la Protectrice du citoyen, du Barreau du Québec et de l’Ordre des comptables agréés.LE DEVOIR POIJTIQÜE '(jouterie Gâmbard Vente et service technique de Rolex L w-ARCBCATHCART.MONTREAL.CENTRE VILLE • TÉL.Abh-W'é Ottawa lance l’appel d’offres pour le remplacement des hélicoptères Sea King Un contrat de plus de trois milliards Paul Martin se distingue de Jean Chrétien en procédant rapidement dans ce dossier qui date de 1993 V *4 0 ï O ARCHIVES LK DEVOIR L’armée canadienne souhaite depuis longtemps se débarrasser du vieux Sea King.Après dix ans de piétinements, le projet d’achat d’hélicoptères militaires a avancé d’un grand bond hier.L’appel d’offres pour les nouveaux appareils a été lancé avec la promesse d’octroyer le contrat à l’été 2004.Encore une fois, Paul Martin a choisi d’agir rapidement dans un dossier que Jean Chrétien faisait tout pour éviter depuis l’annulation du contrat original, en 1993.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Après des années de détours, le programme d’hélicoptères maritimes est entré dans son dernier droit Les ministères de la Défense et des Travaux publics ont annoncé hier le nom des deux entreprises autorisées à faire une proposition finale en vue d’obtenir le contrat qui sera octroyé en juin ou juillet 2004 et qui sera supérieur à trois milliards de dollars.Le moment choisi pour lancer cet appel d’offres a une forte connotation politique.L’annonce coïncide avec le départ de Jean Chrétien, qui avait annulé le contrat original après son élection en 1993, et l’arrivée de Paul Martin, qui fait tout pour se distinguer de son ancien patron.L’appel d’offres survient aussi moins de 24 heures après le gel d’un nombre important de grands projets fédéraux d’immobilisations et d’achats.Ardent défenseur de ce projet quand il était député, le nouveau ministre de la Défense, David Pratt, était ravi de pouvoir faire son annonce aussi rapidement mais a été incapable de préciser si les autres projets d’acquisition de la Défense, y compris ceux jugés prioritaires, sont frappés par le gel annoncé mardi.Malgré la satisfaction du ministre Pratt, le gouvernement fédéral pourrait ne pas être au bout de ses peines à la suite de l’exclusion d’une des entreprises intéressées.Le consortium italo-britannique Team Cormorant, qui produit le EH-101, et la firme américaine Sikorsky, qui fabrique le S-92, ont été autorisés à soumissionner à la suite du processus d’évaluation de conformité des appaeils, mais le consortium formé de Lockheed Martin et NH Industries a été écarté.Ses appareils NH-90 ne répondraient pas à toutes les exigences des Forces armées canadiennes, a indiqué Jane Billings, sous-ministre adjointe aux acquisitions du ministère des Travaux publics.Mme Billings a insisté sur l’équité du processus, mais Lockheed Martin s’explique mal la décision du gouvernement Ses dirigeants examinent les recours à leur portée, y compris la possibilité de porter plainte devant le Tribunal canadien du commerce extérieur.«Nous prétendons que nous répondions aux exigences», a indiqué Michael Barton, directeur des communications de Lockheed Martin.L’entreprise devrait faire connaître ses intentions au cours des prochains jours, peut-être même demain.Le montant du contrat sera supérieur à frois milliards car il comprendra, outre le prix des appareils et celui du système de simulation et d’entraînement le coût d’un contrat de soutien échelonné sur 20 ans.On ne connaîtra le chiffre final qu’après le dépôt des soumissions, d’ici le 30 avril.Les entreprises devront aussi indiquer le moment de livraison du premier appareil.Chaque mois de retard entraînera une pénalité de trois millions alors que chaque mois gagné sur le calendrier sera accompagné d’une prime de deux millions.L’appel d’offres exige que le premier appareil soit livré au plus tard 48 mois après l’attribution du contrat ce qui reporte la première livraison à 2008 et la dernière à 2011.Cela illustre le retard pris dans ce dossier.En 2000, on parlait d’une première livraison en 2005 et d’une dernière en 2008.Les Sea Kings, vieux de 40 ans, devront donc continuer à servir malgré leurs problèmes techniques.Cela suppose donc bien des frais d’entretien, une facture que le ministre était incapable d’évaluer hier.Le dossier des hélicoptères maritimes a une forte saveur politique.C’est en 1992 que le gouvernement Mulroney avait octroyé un contrat de 5,8 milliards pour acheter 50 EH-101 afin de remplacer les hélicoptères maritimes Sea King et les hélicoptères de sauvetage Labrador.L’année suivante, Kim Campbell avait ramené le tout à 4,8 milliards pour 43 appareils, mais cela restait trop cher pour Jean Chrétien, qui devait annuler le contrat dès son élection, et ce, au coût de 500 millions.On a recommencé l’exercice avec les 15 hélicoptères de sauvetage, mais la nouvelle version du EH-101 a remporté le concours, au grand dam de M.Chrétien, qui tout fait par la suite pour éviter pareil embarras.C’est seulement en août 2000 que le gouvernement a invité les enfreprises à manifester leur intérêt pour la fourniture de 28 hélicoptères maritimes au coût de 2,9 milliards.Elles ont été consultées pendant frois ans afin d’établir les caractéristiques techniques finales.L’évolution de ces dernières a fait dire à des experts et à des militaires que le processus souffrait d'ingérence politique dans le seul but d’éviter que le EH-101 l’emporte encore.On contestait enfre autres la décision d’accorder le contrat au plus bas soumissionnaire plutôt qu’à celui qui offrira le meilleur rapport qualité-prix.Cette donnée n’a pas changé, bien que le directeur du projet à la Défense nationale, Ken Ready, préfère présenter les choses autrement Le critère de choix, dit-il, sera «le plus bas prix pour m hélicoptère qui respecte nos exigences».L’ex-chef conservateur Robert Stanfield est décédé ARCHIVES LE DEVOIR Robert Stanfield PRESSE CANADIENNE Ottawa — Pour plusieurs conservateurs, Robert Stanfield est le meilleur premier ministre que le Canada n’aura jamais eu.L’ancien chef du Parti progressiste-conservateur est décédé mardi, à l'âge de 89 ans, à l’hôpital Montfort d’Ottawa.Robert Stanfield est entré en politique fédérale en 1967, étant élu chef progressiste-conservateur au cinquième tour de scrutin.Sa physionomie classique et son discours lent, surtout en français, tranchaient alors avec le charismatique Pierre Elliott Trudeau, qui allait devenir premier ministre libéral l’année suivante.Mais en 1972, les progressistes-conservateurs de M.Stanfield n’ont remporté que deux sièges de moins que les libéraux, dorénavant confinés à la direction d’un gouvernement minoritaire.Toutefois, aux élections de 1974, les libéraux sont redevenus majoritaires au Parlement, entraînant la démission de Robert Stanfield comme chef conservateur fédéral en 1976.Trois ans plus tard, il quittait la politique.«Nous n’aurom jamais su quelle contribution il aurait pu apporter au pays en tant que premier ministre», a dit l’ex-chef conservateur Joe Clark, qui a succédé à Robert Stanfield en 1976.«Mais nous savons qu’il fat l’exemple d’un Canadien à son meilleur par son intégrité et son sens du devoir.» Joint à Paris, l’ancien premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney a qualifié M.Stanfield de politicien accompli ne s’étant jamais fait d’ennemis.«C’était un homme plutôt tranquille et brillant.Vous trouverez peu de gens qui parleront de lui de façon négative.» Une cérémonie commémorative aura lieu à Otta- wa demaip, tandis que l’inhumation sera faite en Nouvelle-Ecosse plus tard le même jour.Une photo coûteuse Petit-fils du fondateur d’une manufacture de sous-vêtements, Robert Stanfield aura, malgré lui, marqué l’histoire en étant photographié laissant échapper le ballon, le visage grimaçant, lors d’une partie de football improrisée sur la piste d’atterrissage de l’aéroport de North Bay, en Ontario.Plusieurs observateurs de la scène politique estiment que cette photo lui a coûté la victoire lors des élections de 1974.Pendant la campagne électorale de 1974, Robert Stanfield avait refrisé d’accepter la candidature du maire de Moncton, Leonard Jones, au sein du parti parce que ce dernier s’opposait à la Loi sur les langues officielles et voulait qu’elle soit déclarée anticonstitutionnelle.«Je suis prêt à courir le risque, s’il le faut, de perdre les élections et mon poste de leader du parti avec cette décision», avait-il déclaré à l’époque.En 1987, pendant une des rares entrevues qu’il avait accordées après son retrait de la politique active, Robert Stanfield avait affirmé que Pierre Trudeau avait plongé le pays dans un «sale bourbier» en ne pouvant obtenir la signature du Québec lors des discussions constitutionnelles de 1982.«Nous avons donné une arme dévastatrice aux séparatistes pour qu’ils s’en servent contre le Canada», avait dit M.Stanfield.Avant son entrée sur la scène fédérale, Robert Stanfield avait été élu chef conservateur de la Nouvelle-Ecosse, en 1948.Il avait remporté l’élection provinciale en 1956, devenant alors, à 42 ans, le plus jeune premier ministre de l’histoire du Canada.D a gardé le pouvoir en Nouvelle-Ecosse pendant 11 ans.\UV>V* Pamela GUNNING Rachel LALONDE Micheline SCHINCl Wynanne WATTS A new TWIST to Englis.Cycle 2 — Cycle 3 A Competency-Basa Approach.Liutu me.[514) 643-5991 Grande liquidation au ^lulo 402-hommc* 50% et plus Costumes Importés d'Italie 100 % laine « tissus griffés Solde 399$ Manteaux Importés d'Italie cachemire et laine réa.900î Solde 399$ ^«FtaV^0UrS CÔ‘elé Solde 75$ ^talons 100 % laine, Importes d Italie Solde 99$ «sm™10"- rég.tSOÎ Solde 75$ 1118, rue Siinte-Catherine O., 2* étage.Montréal (Québec) H3B 1H5 tél.: 861-3636 Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h Samedi de 10 M 16 h Tous les soirs après 18 h sur rendez-vous seulement mdavid@ledevoir.com LE DEVOIR, LE JEUDI 18 DÉCEMBRE 2003 A 4 ?LES ACTUALITES* Le directeur de l’arrondissement de Saint-Laurent est arrêté JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le directeur de l’arrondissement de Saint-Laurent, Robert Fortin, a été arrêté hier matin par les policiers de la Sûreté du Québec.Il serait soupçonné d’abus de confiance, a indiqué Alan DeSousa, président de l’arrondissement Le fonctionnaire a aussitôt été suspendu de ses fonctions avec salaire en attendant la poursuite de l’enquête.À l’emploi de l’ex-Ville de Saint-Laurent depuis 1996, M.Fortin avait été nommé directeur de cet arrondissement par le comité,de transition en 2001, lors des fusions municipales.A la suite d’une enquête menée par la SQ, le fonctionnaire a été arrêté hier matin.Une entreprise ferait également l’objet d’une enquête en lien avec cette affaire, a-t-on indiqué à la Ville.La SQ a toutefois refusé de confirmer ces informations hier soir.Selon les informations obtenues par Radio-Canada, le haut fonctionnaire aurait fait l’objet de dénonciations par des sources à l’interne.Il serait soupçonné d’avoir abusé de son statut au sein de l’administration pour demander et obtenir des commissions secrètes de diverses entreprises ainsi que des biens et services qui auraient dû être destinés aux citoyens de l’arrondissement La SQ aurait également interrogé plusieurs fournisseurs de l’administration municipale.À la lumière de ces événements, le maire a ordonné la suspension de l’employé et nommé Gaétan La-berge au poste de directeur par intérim pour le remplacer.M.Laberge occupait les fonctions d’adjoint au directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah.Cette décision a été ratifiée par le comité exécutif hier après-midi et doit être soumise à l’approbation du conseil municipal.«Étant donné les circonstances et les informations qui ont été divulguées, on trouvait approprié de suspendre l’employé, dans le contexte actuel, et de suivre toutes les étapes nécessaires pour voir s’il y aura des accusations portées contre lui.[.] On a voulu agir avec prudence en respectant le droit des individus tout en protégeant les intérêts des contribuables», a expliqué M.DeSousa en marge de la séance spéciale du conseil municipal tenue hier soir à l’hôtel de ville pour l’adoption du budget 2004 de l’administration.M.DeSousa a dit avoir offert son entière collaboration aux policiers et demandé aux employés de l’arrondissement de faire de même.Selon M.DeSousa, aucun autre employé et aucun élu de la Ville ne ferait l'objet d’une enquête en lien avec ce dossier.Ce n’est pas la première fois que l’arrondissement de Saint-Laurent est dans la mire des policiers.Le 29 avril 2002, les policiers de la SQ avaient procédé à l’arrestation des conseillers municipaux Irving Grundman et René Dussault.Accusés d’abus de confiance et de corruption, les deux élus auraient présumément accepté une somme de 75 000 $ en échange d’un changement de zonage pour un terrain situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent Ils devront d’ailleurs subir leur procès l’an prochain.Dix-huit petites heures pour adopter huit lois NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE uébec — Il aura fallu 18 heures de débat pour W que l’Assemblée nationale complète l’adoption, tôt mer matin, de huit projets de loi controversés présentés par le gouvernement Charest Les débats, entrepris mardi à la suite de l’adoption d’une motion de bâillon, se sont déroulés dans un calme relatif jusque tard dans la nuit de mardi à hier.Les huit projets de loi dont le gouvernement Charest a forcé l'adoption sont les suivants.¦ La loi 31, qui révise le Code du travail pour faciliter la sous-traitance.Les opposants craignent que le nouveau régime de travail ne menace la sécurité d’emploi et le niveau de salaire des salariés qui tomberont sous la coupe d’un sous-traitant.¦ La loi 25 sur les fusions d’établissements dans le réseau de la santé et la disparition des régies régionales.Certains croient que la vocation de prévention des établissements sera sacrifiée par cette réorganisation.¦ La loi 30, qui fusionne des syndicats dans les hôpitaux.¦ La loi 32, qui pennettra la hausse des tarife de 5 $ à 7 $ par jour dans les garderies.¦ Les loi 7 et 8, qui empêchent la syndicalisation des personnes qui font de l’hébergement en milieu familiaL ¦ La loi 34, qui accorde aux seuls élus municipaux le contrôle du développement régional.¦ La loi 9, qui permet les défusions des villes constituées en 2001.Un col.vert JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE BRONZE du syndicaliste Jean Lapierre avait fait passablement jaser il y a quelques mois lorsqu'on l’avait installé sur son socle, en avant de l’édifice du Syndicat des cols bleus de Montréal.Cet hommage des cols bleus à leur leader bien aimé aura toutefois besoin d’un bon nettoyage puisque quelqu’un a déversé de la peinture verte sur la statue.Le geste aurait été commis jeudi dernier, en soirée.Apparemment, ce ne sont pas tous les Montréalais qui ont Jean Lapierre en haute estime.Crise en Haïti Le Bloc demande à Ottawa de prendre position PRESSE CANADIENNE Ottawa — Indignée du «silence» du Canada devant l’aggravation de la crise politique en Haiti, la députée bloquiste Francine Lalonde a sommé hier le gouvernement Martin de «prendre une position ferme» à l’endroit du président Jean-Bertrand Aristide.Le même jour, Ottawa est intervenu discrètement sur la question devant l’Organisation des Etats américains (OEA).«Le Canada n’a pas réagi face au dernier élément déclencheur de cette accélération de la crise, soit l’attaque, par des partisans armés d’Aristide, contre des étudiants qui manifestaient pacifiquement», a déploré la porte-parole du Bloc québécois en matière d’affaires étrangères.Le 5 décembre, une vingtaine de personnes ont été blessées dans des affrontements lorsque la police a tenté de s’interposer entre des dizaines de partisans gouvernementaux armés et une centaine d’étudiants qui manifestaient pour demander la démission du président Aristide.Le recteur de l’Université d’Etat, Pierre-Marie Paquiot, s’est même fait briser les jambes à coup de barre de fer lors de ces échauffourées.Le mouvement populaire de contestation contre le gouvernement en place s’est accentué ces derniers jours, malgré une forte répression policière.Mme Lalonde a raconté qu’en octobre, une intervenante haïtienne dans le domaine du microcrédit, qui travaillait de concert avec les Nations unies (ONU) et l’Agence canadienne de développement international, a été assassinée chez elle.«Elle savait qu’elle était menacée: son nom figurait sur des listes», a expliqué la députée, en précisant qu’aux funérailles de la dame, des manifestantes avaient été brutalisées et insultées par des hommes de main du régime.«Le Canada doit vivement user de son influence pour attirer l’attention de l’ONU et delà communauté internationale, a dit Francine Lalonde.La bataille contre les politiques du gouvernement Charest Les Québécois appuient les groupes sociaux, selon un sondage LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Quatre-vingts pour cent des Québécois jugent que les groupes sociaux ont au moins «un peu raison» de contester les politiques actuelles du gouvernement Charest C’est ce qu’indique un sondage CROP réalisé pour le compte de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), dont les résultats ont été dévoilés hier en conférence de presse à Montréal.Plus précisément, le sondage indique que 35 % des Québécois interrogés estiment que les groupes sociaux ont «tout à fait» raison de contester les politiques actuelles du gouvernement Charest De plus, 45 % jugent qu’ils ont «un peu» raison de le faire.Au total, ce sont donc 80 % qui estiment qu’ils ont au moins un peu raison de contester.Seulement 12 % des Québécois jugent que les groupes sociaux n’ont «pas du tout» raison de contester les politiques du gouvernement Charest Le taux d’indécis ou de refus de répondre est de 8%.Fait à noter, la question du sondage ne mentionne pas explicitement les syndicats mais «plusieurs groupes sociaux» qui contestent actuellement les politiques du gouvernement provincial.Insatisfaction Le sondage révèle également une certaine insatisfaction envers le gouvernement de Jean Charest Ainsi, 61 % des Québécois interrogés s’en disent insatisfaits, soit 29 % de «très» insatisfaits et 32 % de «plutôt» insatisfaits.Le tiers reste satisfait du gouvernement Charest, c’est-à-dire 27 % qui se disent «plutôt» satisfaits et seulement 7 % qui s’estiment 4rès» satisfaits.Cette tiédeur se traduit dans les intentions de vote puisque cette fois-ci, le PQ devancerait le PLQ, recueillant 41 % des intentions de vote des Québécois contre 36 % pour les libéraux et 20 % pour l’ADQ.Fait à noter, 73 % des personnes qui disent avoir voté en faveur du PLQ le 14 avril dernier auraient de nouveau voté pour le PLQ au moment du sondage.C’est dire que 27 % de ceux qui disent avoir voté pour le PLQ le 14 avril n’auraient pas de nouveau voté pour le PLQ au moment du sondage.De ces 27 % de transfuges, 16 % auraient plutôt voté pour le PQ, 9 % pour l’ADQ et 2 % pour d’autres partis.Rouvrir les conventions En présentant ce sondage, le président de la CSD, François Vaudreuil, a dit juger qu’il démontre que l’affrontement ne se déroule pas seulement entre les chefs syndicaux et le gouvernement Charest «Jamais dans l’histoire moderne du Québec un gouvernement ne s’est attaqué de façon aussi virulente aux droits des travailleurs du Québec.Jamais un gouvernement n’a manifesté autant d’arrogance, de mépris, à l’endroit de la population.Jamais un gouvernement du Québec, dans l’histoire moderne, n’a démontré autant d’insensibilité aux centaines de milliers de personnes qui lui ont lancé un cri du cœur pour cesser le pillage des droits que ce gouvernement a entrepris», s’est ex-clapié M.Vaudreuil.A compter de janvier, le président de la CSD entreprendra une tournée des régions afin d’étudier avec ses syndicats membres la possibilité de carrément demander de rouvrir les conventions collectives afin d’y faire inscrire les protections contre la sous-traitance qu’accordait auparavant l’article 45 du Code du travail.Selon lui, plusieurs syndicats n’avaient pas fait inscrire de clauses de protection contre la sous-traitance dans leur convention collective parce qu’ils se fiaient à la protection qu’offrait l’article 45.Or, selon lui, le gouvernement a «vidé de son essence» cet article, et les syndicats voudront récupérer cette protection.Il n’exclut pas non plus la possibilité de recourir à la grève générale.«Aucun moyen n’est écarté», a-t-il commenté.Le sondage a été réalisé auprès de 904 répondants du 5 au 15 décembre dernier.D comporte une marge d’erreur de 3,3 %, 19 fois sur 20.Un électeur sur quatre ayant voté pour le PLQ choisirait maintenant un autre parti ?*?*?ASSEMBLEE MAnOnALE QUf BBC CONSULTATION GÉNÉRALE 1rs nvuvaiux ai/rux tie lii sfr uiità olmcolaitr au Québet U Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l’alimentation s'est donnée le mandat d’examiner les nouveaux enjeux du secteur bioalimentaire de la ferme à la table, notamment au chapitre des OGM, de ta traçabilité et de l'étiquetage, atïn d'améliorer le niveau de la sécurité alimentaire au quebei Ut Commission a publié un document de consultation que vous pouve?obtenu en vous adressant au secrétaire ou en consultant le site Internet de la Commission de l'agriculture des pêcheries el de l’alimentation à l’adresse http://www.assnat.qc ca/fra/37leglslalurel/comm|sspts|6ap«/index shtml l a Commission tiendra des auditions publiques sur ce sujet a compter du 3 février 2004 toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion doit soumettre; un mémoire au Secrétariat de la Commission au plus tard le 23 janvier 2004.Les mémoires doivent être transmis en 25 exemplaires de format lettre («i/l XII), Us doivent être accompagnés d'autant d'exemplaires d'un résumé de leur contenu.Les personnes ou les organismes qui désirent que leur mémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 25 exemplaires supplémentaires Vous pouvez également ajouter une version électronique de votre mémoire en l'adressant par courriel au secrétaire de la Commission Toutctois, ceci ne vous dispense pas de produire une version papier la Commission choisira parm les personnes et les organismes qui auront fait parvenir uri mémoire, celles et ceux qu elle entendra en audition publique Vous pouvez produire un mémoire même si vous ne désirez pas être entendu tous les mémoires seront considérés l es mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements doivent être adressés a : M.Christian A.Comeau.Secrétaire de la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l’alimentation.Édifice Pamphile Le May, 1035, rue des Parlementaires.3* etage, Québec (Québec) G1A I A3 • Téléphone (418) 643 2722 Télécopieur (418)643 024* Courrlei; cCOmeauo'assnaLqt.ca VETEMENTS IMPORTES D'ITALIE ffmftortat/ons ^CUXUKliiïw Depuis 25 ans SPÉCIAL DES FÊTES Belle sélection de: Tuxedos 100% laine.350$ Costumes 100% laine.299$ Vestons 100 % laine.235 $ 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LE DEVOIR, LE JEUDI 18 DECEMBRE 20 O S A 5 LE DEVOIR LE MONDE L’Etat afghan est toujours délabré FRANÇOISE CHIPAUX LE MONDE Kaboul — Premier grand chantier de la reconstruction afghane, la route Kaboul-Kanda-har, longue de 450 kilomètres, a été inaugurée en grande pompe mardi.Deux ans après la chute du régime taliban et malgré les nombreuses promesses faites alors, le gouvernement n’a pas grand-chose de concret à montrer.Tout a donc été organisé pour faire de cette cérémonie le symbole d’un nouveau départ «Nous sommes littéralement sur la route du futur de l’Ajghamçtan», a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis, Zalmay Khalilzad, qui accompagnait le président Hamid Karzaï et plusieurs dizaines de délégués de la Loya Jirga (Grand Conseil) qui doit décider de la future Constitution afghane.Les Etats-Unis ont largement financé ce projet de 270 millions de dollars et beaucoup poussé pour qu’il soit fini cette année.La reconstruction de l’Etat afghan a été plutôt lente, particulièrement en province.Si beaucoup de ministères, à Kaboul, ont été réparés et équipés au moins sommairement, la situation dans les provinces est très inégale et dépend des moyens et du pouvoir de la personnalité en place.Seigneur d’Hérat, Ismail Khan dépense pour les symboles de son pouvoir.Au grand plaisir de ses administrés, il a construit des jardins, réparé les égouts dans «sa» capitale.Mais à Chaghcharan, capitale de la province de Ghor, le gouvemorat n’a toujours pas de vitres aux fenêtres, pas d’eau et pas d’électricité.Le népotisme partout Plus important, la réforme de l’administration traîne.«A Kaboul, l’administration est la stratification de 30 ans d’histoire, et beaucoup de nouveaux ministres ont, dans une tradition bien établie, plombé leurs ministères avec leurs parents, amis, fidèles.Le népotisme règne partout, quels que soient l’ethnie ou le parti», dit un observateur qui veut garder l’anonymat Le professionnalisme est absent de beaucoup d’administrations et ce ne sont pas les quelques stages organisés dans dif férents pays qui peuvent y remédier.Nombre d’experts étrangers travaillent dans les ministères, mais sans transfert de connaissances ap parent.Le nombre de fonctionnaires reste un mystère.La situation est pire en province, particulièrement là où les chefs de guerre régnent «Troisième ville du pays, Jalalabad n’a pas d’administration», concède un haut fonctionnaire du gouvernement central.«Le district de Yakaolang, dans la province de Bamiyan, a deux chejls, l’un nommé par Kaboul, l’autre parle Hezb-e-Wahdat du vice-président Karim Khalili.Le premier reçoit 60 % du budget, le deuxième, 40 %», ajou-te-t-il.«La réforme de l’administration locale est devenue stratégique», affirme Jean Arnault le numéro deux de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan.Tout aussi stratégique est la reconstruction des institutions sécuritaires.L’armée nationale ne compte toujours que 6000 hommes.Jusqu’à récemment le taux de recrutement égalait celui des départs.Aussi les rémunérations ont-elles dû être revues; le salaire mensuel des soldats est passé de 30 à 70 $, avec une prime de mobilité de 2 $ par jour.«On verra dans les quatre prochains mois si cela freine la désertion», confie Jean Amault précisant que d’intention est d’avoir un bureau de recrutement par province dans les prochains mois pour offrir plus d’occasions d’engagement aux jeunes [qui n’ont pas combattu dans la guerre]*.Fortes résistances La police est encore loin d’être nationale.A côté de l’Allemagne, responsable du dossier, les Etats-Unis ont décidé de mettre 250 millions de dollars dans la balance pour entraîner 40 000 policiers, dont 20 000 l’an prochain, afin d’assurer la sécurité de l’élection présidentielle, toujours prévue en juin.La multiplication prévue des équipes de reconstruction provinciale (PRT, groupes de civils et de militaires) ,a pour but d’étendre l’autorité de l'Etat par des actions humanitaires.Mais pas seulement cela: «Ces petites unités militaires peuvent jouer un rôle important dans le déploiement des forces policières», confie Jean Amault La réforme du ministère de l’Intérieur rencontre toutefois, comme celle du ministère de la Défense, de fortes résistances.La refonte de l’appareil judiciaire n’a pas davantage été un succès.«La réforme a été très lente et inadéquate», dit Margaret Ladner, d’Am-nesty International.L’Afghanistan compte toujours un nombre indéterminé de prisons privées, et beaucoup de détenus restent enfermés faute de tribunaux pour les juger.Si la tâche à accomplir est immense, le pays a toutefois marqué des pomts.Le changement de monnaie est sans doute le plus grand succès.Mais le bilan est maigre comparativement aux attentes démesurées qui venaient après 23 ans de guerre.Du moins, le sentiment d’urgence qui s’est emparé de la partie américaine à l’approche de l’élection présidentielle de novembre 2004 aux Etats-Unis pourrait faire bouger les choses.«Il y a aujourd’hui un plus grand consensus sur le remplacement d’une par celle de la construction de l’État.Cette dernière passe par la mise en place d’une administration locale honnête, avec un véritable budget et l’appui d’une force de sécurité non corrompue», relève Jean Amault Ce programme nécessitera un engagement de la communauté internationale à long terme et avec des moyens bien supérieurs aux 4,5 milliards promis, en janvier 2002, lors de la conférence de Tokyo.Demain, la pilule du lendemain?TXTashington (AFP) — La «püu-VV le du lendemain» pourrait être vendue sans ordonnance aux Etats-Unis après une recommandation en ce sens d’un comité d’experts scientifiques, ce qui suscite 3a colère des influents groupes religieux conservateurs.Le comité d’experts, composé de gynécologues et d’obstétriciens, vient de recommander à la FDA, l’administration fédérale américaine pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique, la vente libre de cette pilule, appelée aussi «plan B».La FDA doit désormais prendre une décision, vraisemblablement dans quelques semaines ou quelques mois.Généralement, elle suit les recommandations des comités de scientifiques.Défense de la laïcité Jacques Chirac veut interdire les signes religieux «ostensibles» AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le président français Jacques Chirac s'est prononcé hier pour l’interdiction à l’école des signes religieux «ostensibles», notamment le foulard islamique, la kippa et les grandes croix, malgré des mises en garde des autorités religieuses du pays.Reprenant dans une allocution solennelle les grandes lignes des travaux d’une commission de sages qui a planché sur la laïcité, M.Chirac a néanmoins rejeté l’idée que les fêtes musulmane de l’Aïd el-Kebir et juive du Kippour soient fériées à l’école, prônant toutefois qu’aucun examen n’ait lieu de tels jours.«Les signes discrets, par exemple une croix, une étoile de David ou une main de Fatima, resteront naturellement possibles», mais «en revanche, les signes ostensibles [.] ne sauraient être admis», a-t-il dit «Le voile islamique, quel que soit le nom qu’on lui donne, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive n’ont pas leur place dans les enceintes des écoles publiques», a souligné le président M.Chirac a indiqué qu’il souhaitait qu’une loi comportant de telles dispositions, conformes à «une laïcité ouverte et généreuse», soit votée prochainement et «mise en œuvre dès la rentrée [scolaire] prochaine», en septembre 2004.Dans une récente déclaration commune, les Eglises catholique, protestante et orthodoxe avaient mis en garde contre un tel projet Le Conseil fiançais du culte musuL REUTERS Le président français souhaite l’adoption prochaine d’une loi.man (CFCM), organisme représentatif des musulmans, s’est prononcé avec vigueur contre ce projet Après l’intervention de M.Chirac, le CFCM a d’ailleurs appelé sa communauté à la «sagesse» et à «la réflexion dans le calme».Pour sa part, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a estimé que les propos du chef de l’Etat «paraissent répondre à un principe essentiel-tous ceux qui vivent en France doivent se soumettre aux règles et cou- tumes de la société française».Au cours des dernières semaines, le port du foulard a provoqué en France un vif débat qui a cristallisé les difficultés d’intégration et le sexisme.M.Chirac a indiqué qu’il allait s’engager personnellement en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.D s’est aussi prononcé en faveur d’une loi empêchant qu’un malade puisse refuser, «par principe, de se faire soigner par un médecin de l'autre sexe» à l’hôpital public.Evoquant la Iqi de séparation des Eglises et de l’État de 1905, qui a permis une «laïcité apaisée», M.Chirac a longuement évoqué les intégrations de juifs en France depuis près de vingt siècles, les droits accordés aux protestants après les guerres de religion et l’apport à la République d’inunigrants de nombreux pays, dont l’Italie, l'Espagne, le Portugal et la Pologne.L’islam a «toute sa place» 11 a insisté sur l’émergence de l’islam, devenu la deuxième religion par le nombre de fidèles.«À cet égard, l’islam, religion plus récente sur notre territoire, a toute sa place parmi les grandes religions Présentes sur notre sol», a-t-U affirmé.«Malgré les progrès récents, il reste encore beaucoup à faire» pour que les musulmans puissent «disposer de lieux de culte leur permettant de pratiquer leur religion dans la dignité et la tranquillité», a-t-il estimé.«Un nouveau pas sera franchi» avec la formation d’imams français, a-t-il ajouté.Faisant allusion aux jeunes issus de cette immigration venue de pays musulmans, U s’est insurgé contre «les discriminations» dont ils sont parfois victimes pour l’emploi mais aussi pour «l’accès au logement et même aux lieux de loisir».Insistant aussi sur la nécessité de mieux lutter contre «la xénophobie, le racisme, en particulier l'antisémitisme», M.Chirac a fustigé «l’exaltation des particularismes qui séparent» et «les dangers du communautarisme».Actuellement détenu dans le «Grand Bagdad» Saddam Hussein sera jugé en Irak AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Un responsable irakien a affirmé hier que Saddam Hussein, capturé samedi par l’armée américaine, était actuellement détenu dans la région de Bagdad et qu’il serait jugé en Irak dans le «procès du siècle».«Saddam se trouve dans le Grand Bagdad et il y restera jusqu’à ce qu’il soit jugé en Irak», a déclaré un membre du Conseil de gouvernement transitoire, Mouaffak Al-Roubaï lors d’une conférence de presse à Bagdad, ajoutant que le procès du président déchu serait «public».Aucune indication n’a été donnée par les Américains sur le lieu de détention de Saddam Hussein après sa capture samedi soir par l’armée américaine dans une cache dans une ferme dans la localité d’al-Daour, au sud de Tikrit (180 km au nord-ouest de Bagdad), plus de huit mois après la chute de son régime.M.Roubaï, l’un des membres du Conseil irakien à avoir rencontré Saddam Hussein au lendemain de sa capture, avait indiqué dimanche avoir été emmené par les Américains pour identifier l’ex-dictateur dans un lieu non précisé à Bagdad.Hier, il a ajouté que le statut du captif n’avait pas encore été tranché pour savoir s’il serait jugé en tant que prisonnier de guerre ou criminel de guerre.«B n’a pas été encore décidé si [Saddam Hussein] est un prisonnier de guerre qui bénéficie des droits prévus par les conventions de Genève et de La Haye ou s’il est accusé de crimes contre l’humanité, ce qui le prive de ces droits», a dit M.Roubaï.«C’est une question juridique» qui doit être tranchée, selon ce membre du Conseil de gouvernement installé en juillet sous la houlette des Etats-Unis qui occupent l’Irak.Intervenant pendant la même conférence de pres- Des experts internationaux seraient «les bienvenus» se, Adnane Pachachi, un autre membre du Conseil, a indiqué que «des experts internationaux seraient les bienvenus» pour le procès.«Des juges étrangers peuvent même être désignés.» M.Roubaï a affirmé que le procès de l’ex-dicta-teur serait «le procès du siècle.Des révélations seront fixités sur des chefs d’Êtat, des rois, des présidents, toujours au pouvoir ou pas, ainsi que sur des intellectuels et des politiciens».Il faisait allusion aux rapports de complaisance que certains dirigeants arabes auraient entretenus avec l’ancien maître de Bagdad, dont le règne a été marqué par trois guerres, contre l’Iran (198088), au Koweït qu’il a envahi (199091) et enfin contre la coalition américano-britannique qui a renversé son régime en avril.M.Roubaï a ajouté que ce procès pourrait ne pas avoir lieu avant le 1" juillet 2001, donc pas avant l’élection d’un gouvernement irakien, prévue pour juin, ce qui empêcherait toute «intervention» étrangère pour en influencer le verdict Selon un accord signé le 15 novembre entre le Conseil de gouvernement et la coalition, une «Assemblée nationale transitoire», qui doit être mise en place avant le 31 mai 2004, élira un gouvernement avant la fin de juin 2004.Le Conseil de gouvernement et l’Autorité provisoire de la coalition seront alors dissous.Le président américain, George W.Bush, a estimé que Saddam Hussein méritait le «châtiment suprême», mais que cela serait «décidé non par le président des États-Unis, mais par les citoyens irakiens, d’une manière ou d’une autre».Le nouveau Code pénal irakien, promulgué en mai, supprime la peine de mort.Toutefois, selon Stephen Orlofsky, un juge fédéral américain qui s’est rendu en mission en Irak, la peine capitale reste applicable aux crimes commis avant son entrée en vigueur.Attentat au camion piégé AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Un attentat au camion-citerne piégé a fait dix morts et 15 blessés hier à un carrefour très fréquenté de Bagdad.«C’est un acte terroriste car il n’y a pas de cible [militaire] ici», a expliqué à l’AFP le chef de la police de Bagdad, Hamid Sabah Fahed, après l’explosion à al-Bayaa, un quartier du sud-ouest de la capitale irakienne.Le camion ne transportait pas de carburant mais était bourré d’explosifs.«Le nombre de morts est élevé Parce que le carrefour est très fréquenté, même à cette heure matinale, car il dessert trois quartiers résidentiels», a-t-il précisé.Un Irakien a aussi été tué et deux autres blessés quand un autre engin visant un convoi américain a explosé dans la capitale.Selon la police irakienne, un nombre indéterminé de soldats américains ont d’autre part été blessés par l’explosion de deux engins au passage de leur convoi près de la ville pétrolière de Kirkouk, à 255 kilomètres au nord de Bagdad.Depuis l’arrestation samedi de l’ex-président irakien Saddam Hussein, violences et manifestations n’ont pas cessé.Des tirs ont été dirigés contre une manifestation favorable à l’ex-raïs à Mossoul (nord), faisant au moins quatre blessés, selon un officier de police.Durant le mois de décembre, bénéficiez d'une facilité de paiement allant jusqu'à 24 mois*, à l'achat de tout mobilier non soldé.La Maison assumera les frais d'intérêts.* conditionnel à l'approbation de crédit.Avec celle olire de Noël pairimoine lacune voire Donneur MAISON DE MEUBLES ^Patolntoüte 3932 Autoroute Laval Ouest (coin Curé'Labelle) Laval (Qc) H7T 2P7 450.687.6867 13 fl :vi LE DEVOIR, LE JEUDI 18 DÉCEMBRE 2003 A 6 EDITORIAL L’exigence laïque Le président Chirac a tranché.Sur un ton aussi ferme qu’impératif, il a souligné qu’une loi interdisant le port de signes religieux sera en vigueur avant la prochaine rentrée scolaire.Et ce n’est pas tout En plus de composer une charte de la laïcité, on créera une autorité qui veillera à ce que la contre-offensive républicaine soit -'énergique».Vaste programme! H U fallait qualifier d’un trait le discours que Jacques Chirac a consacré au délicat dossier de la laïcité, on pourrait alors évoquer la coupure.En commandant un ensemble de mesures qui dépassent largement la seule loi contre le port de symboles religieux dans le réseau scolaire, le public s’entend, le président français s’est affiché comme un ardent défenseur de l’article premier de la Constitution de 1958 qui stipule que ce pays «est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale».Tout le corpus juridique que le seul voile a produit depuis 1989 va passer à la trappe pour laisser place à un éventail de lois et de règlements tous fondus dans le respect de ce qui distingue cette république des autres nations européennes.En clair, on entend faire table rase du communautarisme.À l’évidence, le président est bien décidé à appliquer à la lettre les recommandations formulées par les membres de la commission Stasi.Les ambiguités juridiques seront balayées, un code de la laïcité sera rédigé et remis à chaque fonctionnaire, des balises seront artir culées afin de freiner la montée de l’islamisme dans le monde du travail, une autre loi sera votée qui interdira à toute personne de contrer, pour des motifs religieux, l’allocation de soins dans les hôpitaux.Bref, la riposte n’épargnera aucune sphère de la société.Tellement qu’on entend dépasser le strict cadre de tout ce qui compose l’infrastructure de la République (écoles, hôpitaux, administration publique, etc.) pour mieux influencer certains comportements.Plus exactement, et si on lit bien les intentions du président Chirac, le combat qui s’amorce sera aussi celui de l’égalité des femmes musulmanes qui subissent le joug de l’obscurantisme.A cet égard, voici ses propos: «La République s’opposera à tout ce qui sépare, à tout ce qui retranche, à tout ce qui exclut! La règle, c’est la mixité parce qu’elle rassemble, parce qu’elle met les individus sur un pied d’égalité, parce qu’elle refuse à distinguer selon le sexe, l’origine, la couleur, la religion.» On le sait, parce que la mixité pose problème aux militants de l’islamisme, le système de l’éducation était le sujet, après le voile, de rapports de force qui nous ramenaient pratiquement au VII' siècle.Par exemple, lors d’examens oraux, des jeunes filles refusaient d’être interrogées par des hommes.Ce que l’on sait moins, c’est que la lutte menée par les fous d’Allah contre la mixité causait d’énormes problèmes aux municipalités.Les équipements sportifs, on pense à la piscine, et culturels étaient devenus des lieux où le prosélytisme qui est au cœur de l’islam s’est introduit avec force au cours de la dernière année.On comprend mieux pourquoi 80 % des fonctionnaires étaient en faveur d’une loi En arrêtant un train de mesures sans précédent depuis 45 ans, on souhaite donc imposer un cran d’arrêt à la progression de la logique des droits que la commission Stasi appelait d’ailleurs de ses vœux.Cette dernière ayant observé que «la laïcité est le produit d’une alchimie entre une histoire, une philosophie, une philosophie politique et une éthique personnelle.Elle repose sur un équilibre de droits et d'exigences».Fragilisée par la montée en flèche des individualismes, des égoïsmes communautaires, la République veut donc rééquilibrer l’axe des droits avec celui des devoirs.Dans le temps, le vieux, les premières paroles prononcées par l’instituteur lors de la rentrée scolaire étaient, grosso modo, les suivants: «Messieurs, pour ce qui est de vos droits, la République s’en occupe.Vous, vous n’avez que des devoirs.Parlant de cela, pour la semaine prochaine.» La République s’étant mal accommodée de sa tâche, œs citoyens sont partis à la conquête de leurs droits.La leçon a-t-elle été retenue?Serge Truffaut ?La « bonne gouvernance ».e nouveau premier ministre du Canada, Paul Martin, n’a pas tardé à se démarquer de son prédécesseur, Jean Chrétien.Après avoir congédié la majorité du conseil des ministres, le voilà qui annonce un gel des dépenses et une révision en profondeur des programmes.Virage à droite, saine gestion ou quoi?Ce sont les deux milliards en transferts aux provinces qui ont servi d'alibi au premier ministre pour décréter le gel immédiat d’une foule de dépenses, dont quelques projets d’envergure que M.Chrétien avait à cœur.Un musée d’histoire et de politique (100 millions), un palais de justice de la Cour fédérale (151 millions), un nouvel immeuble du parlement (211 millions) et des subventions de 700 millions à Via Rail qui, comme par hasard, est maintenant présidé par l’ex-chef de cabinet de M.Chrétien, Jean Pelletier.Voüà au moins quatre projets qui pourraient ne jamais voir le jour.À l’exception de Via Rail, qui a bien besoin qu’on s’intéresse à lui en ces temps difficiles pour les transports en commun, on ne peut pas s’attrister du fait que le nouveau premier ministre ait mis le holà à des dépenses de près de un demi-milliard concentrées dans la seule petite capitale canadienne.Les besoins sont criants partout dans les grandes villes.Mais là n’est pas l’essentiel.Ce sont plutôt les consignes élaborées pour la révision des programmes qui laissent perplexe.Pour chaque programme, ministres et hauts fonctionnaires devront se demander s’il est indispensable que le fédéral livre lui-même le service ou si quelqu’un d’autre, par exemple une province ou une société privée, ne serait pas mieux placé pour le faire.D faudra aussi se demander s’il n'y a pas dédoublaient, si le programme répond à la définition d’un État moderne et si la présence du fédéral ne constitue pas une forme de dédoublement inutile.D va de soi que pour nous, Québécois, ces questions rappellent étrangement l’exercice auquel le gouvernement Charest se livre à l’heure actuelle.Au lieu de parler de «réingénierie», M.Martin préféré la «bonne gouvernance», mais quelle est la différence?D serait rassurant de savoir que M.Martin n’entend pas laisser l’opposition conservatrice lui dicter ses politiques.Aussi, qu’on nous permette de lui suggérer des réponses aux questions posées dans le cadre de la révision des programmes.Par exemple, le temps n’est-il pas venu de remettre le dossier des congés parentaux sur la table?M.Martin n’est-il pas plus ouvert que son prédécesseur à l’idée d’un transfert d’une partie des cotisations à l’assu-rance-emploi pour permettre aux provinces qui le désirent de créer un congé parental digne de ce nom?La démographie est le défi des prochaines années, et Ottawa doit aider les provinces à y faire face à coût raisonnable.Voilà un bon moyen d’améliorer la façon de donner les services et d’éviter les dédoublements dans le respect des compétences de chaque ordre de gouvernement.jrsansfacon(aIetlevoir.ca Jean-Robert Sansfaçon ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES Pourquoi l'empressement?M.le premier ministre Paul Martin, Je me demande çeci: pourquoi cet empressement à féliciter les Etats-Unis pour la capture de Saddam Hussein?Serait-ce là une caution déguisée de l’intervention menée unilatéralement et illégalement par cette superpuissance en mal d’hégémonie?Rassurez-vous, je n’ai aucune sympathie pour Saddam ou.pour les tyrans en général.Ce qui me dérange, c’est votre signal de complaisance face à l’irresponsabilité et à la bêtise dont George W.Bush a fait preuve dans ce dossier.À moins d’un an de la présidentielle, vous accordez à ce dangereux président un petit coup de pouce dont l’humanité se serait bien passée.Décidément, M.Martin, votre règne de premier ministre ne fait que débuter que, déjà, vous vous enfargez dans vos lacets de bottines diplomatiques.Mais j’y pense, tout à coup: se pourrait-il que les juteux contrats de reconstruction de l’Irak ne viennent entamer votre sens de l’éthique?Que des participants à votre dernier et lucratif souper-bénéfice vous aient soufflé quelques recommandations dans le tuyau de l’oreille?Je n’ose y croire.Jacques Mercier Rouyn-Noranda, le 14 décembre 2003 L'avenir des cégeps : mise au point J’ai participé à une demi-journée de consultation organisée par la FCSQ sur le positionnement stratégique de cette fédération dans le contexte d’une éventuelle «réingénierie» du système scolaire québécois.Depuis sa création, le laboratoire de recherche que j’anime travaille avec plusieurs acteurs de l’éducation: l’Association des cadres scolaires du Québec, le programme «L’école montréalaise», le Conseil scolaire de lüe de Montréal ainsi que les associations syndicales (CSQ, FNEEQ-CSN).Actuellement le laboratoire est partenaire de la FCSQ dans deux dossiers: celui de l’analyse critique des palmarès d’établissement et celui de la transition du secondaire au collégial des élèves provenant du secteur public et du secteur privé.Par là, nous parta- geons avec la FCSQ une volonté de contribuer à la défense et à la promotion de l’école publique.Dans ce contexte, il m’est apparu normal que j’accepte de répondre à la demande de la FCSQ en matière de «réingénierie».On comprendra que cela ne fait pas de moi un cosignataire du rapport, ni que cela engage le laboratoire.Ma participation à la consultation a porté essentiellement sur des éléments d’analyse comparative de l’évolution de la formation professionnelle et technique en Amérique du Nord et dans les pays de l’OCDE, ainsi que sur les possibles explications du déclin de la formation professionnelle au secondaire (pour les jeunes) et du déficit de diplomation de techniciens au collégial.Je suis solidaire d’un des objectifs du rapport, soit celui d’améliorer la gestion de la formation pofessionnelle et technique «afin qu’elle soit remise dans une progression logique du cheminement des études et qu’elle redevienne une voie normale de qualification pour les jeunes et exceptionnellement pour les adultes qui n’ont pas eu une formation adéquate» (page 77).Je suis d’avis que cela implique une meilleure synergie entre les ordres d’enseignement et un véritable continuum de formation professionnelle et technique du secondaire au collégial, à l’université.Les problèmes de gouvernement ou de gouverne (comme l’avenir et le rattachement de cégeps ou l’avenir des commissions scolaires) sont des problèmes politiques et, sur ce plan, en tant qu’expert, je n’ai pas encore d’avis arrêté, sinon que le principe de l’éducation, considéré bien public, doit être au centre de toute décision.Claude Lessard Directeur, LABRIPROF-CRIFPE, faculté des sciences de l’éducation, Université de Montréal Montréal, le 12 décembre 2003 Retour de l’anglais?Gil Rémillard doit vivre sur une autre planète lorsqu’il affirme que le Québec, et Montréal en particulier, exprime sa culture francophone comme jamais ü ne l’a fait depuis des décennies.Depuis que les libéraux sont au pouvoir, il y a, à Montréal, un net retour de l’anglais dans les commerces.En une seule journée, je me suis fait servir trois fois en anglais; la quatrième fois, on m’a d’abord servi en français, mais quand mon sandwich a été prêt, on m’a dit «Here’s your sandwich.» Quelques jours plus tard, j’ai remonté le boulevard Saint-Laurent où j’ai vu, sur le trottoir, deux affiches unilingues anglaises.C’est vrai qu’elles étaient en carton et que, à l’heure de la fermeture, on les rentre sagement.Je suggère à M.Rémillard de prendre un bain de réalité, de réalité montréalaise.Car il faut assurément vivre dans une bulle pour oser parler, ces jours-ci, de paix sociale au Québec, et à Montréal en particulier.Benoît LeBlanc Montréal, le 10 décembre 2003 Tombée des nues Je suis directrice adjointe d’un centre de la petite enfance.Lorsqu’une dame demande son accréditation pour devenir responsable d’un service de garde en milieu familial, nous lui rendons visite et inspectons sa demeure afin que celle-ci soit conforme pour recevoir de jeunes enfants.Cette dame, son conjoint ainsi que les enfants de plus de 14 ans doivent aussi fournir leurs antécédents judiciaires.La dame doit aussi fournir un certificat médical afin de prouver qu’elle est physiquement et psychologiquement apte à prendre soin de jeunes enfants.Elle doit également démontrer qu’elle peut appliquer un programme éducatif et faire des activités intéressantes.De plus, elle est visitée plusieurs fois par année afin qu’on s’assure de la sécurité des enfants.Je tombe des nues lorsque je m’aperçois qu’en 2003, n’importe qui peut ouvrir un foyer pour personnes âgées ou pour personnes mentalement handicapées et que les hôpitaux ne visitent pas régulièrement les foyers auxquels fis sont rattachés.[.] Notre population est de plus en plus vieillissante; c’est un devoir de société de s’assurer, que nos aînés ainsi que les personnes souffrant de maladie mentale vivent dans des endroits sécuritaires où on leur assure un certain confort Monique Plouffe Le 9 décembre 2003 LIBRE OPINION -?- Des soins meilleurs qu’on ne le dit LUCIEN LESSARD Québec Lettre au ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillord Dans une période où le secteur de la santé est en pleine tourmente à la suite de malheureux incidents survenus dans certains établissements, incidents que nous devons déplorer, dénoncer et corriger au plus tôt je voudrais vous faire part d’une autre expérience que j’ai vécue et qui fut beaucoup plus positive mais dont on parlera malheureusement moins.A la suite d’un accident de VIT, j’ai dû être hospitalisé à l’hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec, plus précisément au département de neurologie.J’y suis resté près de trois semaines puisqu’on a dû me refaire une vertèbre lombaire.Je voudrais, M.le ministre, témoigner de la qualité des services que j’ai reçus à cet établissement et remercier tout le personnel qui m’a prodigué les meilleurs soins que je pouvais y recevoir.Comme c’était la première fois que je subissais une opération sérieuse et que je devais en conséquence faire un séjour un peu prolongé dans un hôpital, je vous avoue que ce fut avec beaucoup d’appréhensions que j’y entrai, d’autant plus qu’on ne cesse, depuis quelque temps, de dénoncer nos services de santé, tant dans les journaux que dans les milieux politiques.Or je peux témoigner aujourd’hui que nous avons d’excellents services de santé.Je ne dirai pas que ce sont les meilleurs au monde, puisque je ne peux comparer, mais ils sont certainement parmi les meilleurs si je me fie à ceux prodigués à l’Enfant-Jésus.Car il m’est difficile de penser qu’on puisse trouver ailleurs autant de dévouement d’empathie, de compassion, de respect de compréhension, de chaleur, etc., que j’y ai reçus de la part de tout le personnel avec lequel j’ai été en contact des infirmières aux préposés ou aux autres services, ménagers ou alimentaires.Sans naturellement oublier les excellents médecins spécialistes que nous avons la chance d’avoir au Québec.D y a certes quelques lacunes qui ne sont pas nécessairement dues à de la mauvaise volonté, comme cette infirmière qui, sans attendre mes explications, me réprimandait d’un ton autoritaire pour un acte dont je n’étais pas nécessairement responsable ou ce préposé qui, avant de me changer de position, comme je le lui demandais, m’indiquait que lui aussi, il avait mal au dos, ce qui me rendait presque mal à l’aise de lui demander d’autres services.Heureusement je ne l’ai eu qu’une seule nuit celui-là! De tels incidents sont plutôt rares et on ne peut pas toujours les imputer à la direction.Mais le dévouement des nombreux autres nous fait oublia la mesquinerie de certains.Il faut aussi souligner combien nous sommes fragiles lorsque nous sommes cloués à un lit d’hôpital et dépendants des autres.Un rien nous fait tellement plaisir alors qu’un geste qui peut paraître anodin à un employé nous fera monter les larmes aux yeux Afin d’éviter que certaines personnes puissent expliquer ces excellents services que j’ai reçus par le fait qu’on m’aurait peut-être reconnu comme ancien ministre ou ancien directeur général d’un établissement de santé, je dois vous dire que je ne me suis jamais identifié comme tel, à moins qu’on me reconnaisse.Mais ce n’était certainement pas le cas du personnel, dont la majorité était ou très jeune lorsque j’ai occupé les fonctions de ministre, voire pas encore au monde.Je peux aussi vous confirmer que toutes les autres personnes à l’étage où j’étais recevaient, à ma connaissance, la même qualité de services.[.] Je voudrais cependant confesser que j’ai dû passer sur mes principes et faire appel à la médecine de deuxième vitesse pour avoir accès au scanner.En effet, après d’énormes souffrances de plus d’un mois, je rien pouvais plus d’attendre encore un mois avant d’avoir accès aux services publics.J’ai rencontré des gens qui ont dû attendre près d’un an avant d’avoir accès à un tel service.C’est là, selon mon opinion, que le bât blesse dans nos services de santé.D me semble qu’il serait facile d’y remédier même si on devait faire appel aux services privés.Je ne pense pas qu’en agissant ainsi, on mette en cause l’umversalité de nos services de santé.Veuillez recevoir, M.le ministre, tous mes meilleurs voeux et permettez-moi de vous sou-hfûter la meilleure des chances dans le travail difficue que vous avez à accomplir. LE DEVOIR.LE JEUDI 18 DECEMBRE 2 0 0 3 IDEES La «réingénierie» de Jean Lesage Pour occulter le mécontentement En 1962, Jean Lesage lance un appel au peuple à la suite de coups de sonde auprès des militants et des électeurs MICHEL LÉVESOUE MICHEL LÉVESQUE Politologue et historien Dernier de deux textes u’est-ce qui a mené le premier ministre Jean Lesage à déclencher, le 19 septembre 1962, des élections anticipées, après seulement 27 mois au pouvoir?En plus des coups de sonde effectués auprès de quelques électeurs et des militants de son parti, ce dont nous avons fait état hier en cette page, il s’est appuyé sur une autre analyse, ___ celle d’un de ses amis qui était également un ancien collègue, ayant été son sous-ministre adjoint lorsqu’il était ministre des Affaires du Nord et des Ressources nationales à Ottawa dans le cabinet de Louis St-Laurent Maurice Lamontagne.Dans un texte de plus de 50 pages daté du 4 septembre 1962 et intitulé Plaidoyer en faveur d’une politique humaine, Maurice Lamontagne, qui a subi la défaite en tant que candidat du Parti libéral du Canada dans la circonscription électorale fédérale de Québec-Est (circonscription représentée jadis par Wilfrid Laurier et Louis St-Laurent) aux mains de son adversaire créditiste le 10 juin précédent, présente son analyse de la situation politique d’alors.Celle-ci est très critique à l’endroit du gouvernement Lesage et de sa «politique de grandeur».Lamontagne insiste tout d’abord sur la césure qui s’est produite entre les élites et la population depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, deux ans auparavant Revenant sur le sens des résultats des élections provinciales du 22 juin 1960, il écrit «Le déplacement du vote en 1960 a été relativement faible [.].Les gens ont voté contre l’Union nationale surtout parce qu’elle ne représentait plus le duplessisme.Us ont voté pour des pensions, des bouts de route, des faveurs personnelles, mais en croyant que ce serait dorénavant le Parti libéral qui les donnerait.Le peuple n’avait pas changé de vie, comme on l’a cru en certains milieux, mais il avait changé de gouvernement pour pouvoir mieux SS vivre sa vie.» «Le peuple n’avait vraiment ni compris ni voulu Lamontagne poursuit «La victoire libérale était une coïncidence; elle a créé la confusion.[.] L’élite [.] était convaincue que le programme et la publicité qu’elle avait préparés étaient les principaux facteurs du succès.Les chefs du Parti libéral, qui faisaient aussi partie de l’élite, ont également accepté cette interprétation.» ARCHIVES LE DEVOIR La nationalisation des compagnies hydroélectriques a été au cœur de la campagne électorale précipitée de 1962.la politique de grandeur contenue dans le programme électoral» Le programme En ce qui a trait au programme électoral, Lamontagne souligne que «le programme électoral et la publicité du Parti libéral furent l’œuvre de l’élite.C’est elle qui a élaboré les principaux thèmes de la politique de grandeur: éducation, souveraineté, liberté, planification, abolition du patronage.[.] Le peuple, lui, n’a pas consacré beaucoup d’attention à ce programme qui dépassait ses préoccupations.Il n’a pas cru aux déclarations contre le patronage, il a retenu les promesses à l’égard des chômeurs et des cultivateurs et les mesures de sécurité sociale.» Quant à la détermination de Lesage de faire une priorité de la réalisation du programme de son parti, il écrit «H fallait d’abord appliquer intégralement et le plus rapidement possible le programme électoral, étant donné que pour l’élite, il était le principal facteur de la victoire.Ainsi, la politique et les politiciens seraient restaurés dans leur dignité.Du moins, on le pensait.» «Cette décision, à la fais louable et naïve, fut malheureuse dans ses conséquences.D’abord, le peuple, qui n’avait pas pensé à tout ce programme, contrairement à ce que croyait l’élite, fut en quelque sorte abasourdi.H eut une indigestion de bonne législation.H ne comprenait pas ce qui se passait et personne ne le lui expliquait.On lui avait dit, toutefois, qu'il n’aurait rien de plus à payer et il s’en rappelait.«De cette avalanche de législation votée lors de la première session, le peuple oublia vite les avantages et se souvint des désavantages concrets qui frappaient directement les individus: les retards à payer les pensions et les allocations, les accroissements d’impôts pour l’éducation et l’hospitalisation, les déboursés à la sortie de l’hôpital.«Le peuple n’avait vraiment ni compris ni voulu la politique de grandeur contenue dans le programme électoral; il en voyait maintenant les inconvénients avant d’en constater les bienfaits.[.] La politique de grandeur a voulu atteindre l’objectif trop vite et elle a laissé le peuple en chemin», souligne celui-ci.En conclusion, Lamontagne suggénit à Lesage premièrement de ne pas procéder à la nationalisation des compagnies hydroélectriques mais plutôt d’investir ces sommes dans le développement régional.Deuxièmement, de corriger le tir au cours des deux prochaines années en vue de rétablir le climat de confiance de la population et d’assurer la réélection des candidats du Parti libéral du Québec.Enfin, troisièmement, il mentionnait qu’il était nécessaire et urgent que le gouvernement «présente une nouvelle image et de nouveaux thèmes au peuple».Cette étape, estimait-il, devait être entreprise dès l’automne 1962.Des élections anticipées À la surprise générale, en guise de réponse, Lesage décida d’en appeler au peuple immédiatement La nationalisation des compagnies hydroélectriques allait être au cœur de cette campagne électorale précipitée dont le slogan allait être «Maîtres chez nous».En procédant ainsi, Lesage proposait un nouveau thème à la population, permettant d’une part, d’occulter le mécontentement soulevé par la «réingénierie» de l’État québécois (les politiques de son gouvernement et leurs répercussions sur la population et les militants de son parti) et, d’autre part, de métamorphoser l’image du Parti libéral en le présentant comme le défenseur des intérêts du Québec et le promoteur d’un nouveau nationalisme québécois.Se faisant il coupait l’herbe sous le pied de son nouveau rival, Daniel Johnson père, et ne laissait aucune chance au Crédit social de s’implanter sur la scène provinciale, comme l’avait laissé entendre le chef du parti au Québec, Réal Caouette, à la suite des succès de son parti sur la scène fédérale quelques mois auparavant.Compte tenu de ce qui précède, nombreux sont ceux qui pourraient être amenés à penser, selon l’adage populaire, que l’histoire va peut-être se répéter.Eh bien non.L’histoire ne se répète jamais deux fois de la même façon.Le contexte, les enjeux et les acteurs ne sont pas les mêmes.Sans compter que le premier ministre actuel, à la différence de Lesage, saura maintenant ce qui a obligé celui-ci à déclencher des élections précipitées après seulement 27 mois au pouvoir.Cependant, à la lumière du climat politique qui prévaut actuellement au Québec, l’expérience du premier mandat de Lesage mérite réflexion.En effet comme le soulignait Maurice Lamontagne dans son analyse, «au fond, la grande politique, c’est une politique humaine, qui prend l’homme tel qu’il est et qui réussit à le grandir.Une politique n’est pas nécessairement grande à cause de ses objectifs et de son contenu; elle l’est surtout par ses résultats, quand elle contribue à améliorer l’homme».Dora Wasserman est décédée Celle qui a sauvé le théâtre yiddish JEAN-MARC LARRUE Spécialiste du théâtre yiddish a grande dame du théâtre juif de Montréal est décédée à l’âge de 84 ans.Dora Wasserman, Goldfarb de son nom de jeune fille, est née le 30 juin 1919 à Jetomir, en Ukraine.C’est la dernière d’une famille fort modeste (son père était serruriqr) de cinq enfants.Après des études à l’École de chant Rimsky-Korsakov de Moscou, elle entre à l’école du Théâtre juif de Moscou (le GOSET), d’où elle sort en 1939, après quatre ans de formation sous les grands maîtres juifs et non juifs de l’époque, particulièrement Shloyme Mi-khoels, metteur en scène et formateur audacieux qui a réalisé une synthèse remarquable — mais peu diffusée — des travaux de Stanislavski et de Meyerhold.Son diplôme en poche.Dora quitte Moscou pour l’Ukraine, mais la guerre la force à partir loin à l’est, dans le Kazakhstan.C’est là qu’elle rencontre son futur mari, Sam Wasserman, juif réfugié de Pologne.Elle a eu à cœur défaire connaître le théâtre juif aux non-juifs Après la guerre, le jeune couple se rend dans la Pologne dévastée.Toute la famille Wasserman a été tuée.Le couple décide donc d’émigrer et arrive à Montréal, avec ses deux filles, en 1949.Dès son arrivée à Montréal, Dora donne des cours de yiddish et initie de jeunes juifs montréalais au théâtre yiddish.Avec l’appui de la communauté juive mais aussi de Gratien Gélinas, Dora parvient à produire des spectacles yiddish avec des adultes amateurs et des enfants.Alors que, partout ailleurs dans le monde, le théâtre yiddish décline et disparaît, Dora redonne au théâtre yiddish de Montréal, dont on retrouve les origines jusqu’en 1896, un formidable élan qui aboutit à la création du Groupe de théâtre yiddish (GTY) en 1957.Troupe permanente unique en son genre, le GTY, depuis cette date, a donnée en moyenne deux spectacles à grand déploiement par armée.Dora n’a pas seulement revisité le répertoire yiddish traditionnel, elle a commandé de nouvelles œuvres, mobilisé des compwsiteurs et des paroliers.Èlle a aussi eu à cœur de faire connaître le théâtre juif aux non-juifs et à faire découvrir à son pjublic les grandes œuvres du réprertoire mondial en yiddish.C’est ainsi qu’en 1992, elle créait Les Belles-Sœurs en yiddish.Le GTY a fait de nombreuses tournées à l’étranger, y compris en Israël.Si Montréal est la seule ville au monde où on a du théâtre yiddish depuis plus de 100 ans, c’est grâce à Dora Wasserman, et c’est également à elle qu’on doit des dizaines de spectacles originaux et de grande qualité.Philanthrope, ouverte à l’altérité, animées d’une rare volonté de construire des ponts entre les cultures, Dora Wasserman est avant tout une femme de théâtre surdouée.Ses spectacles perlent sa signature et témoignent bien des valeurs qu'elle a acquises au GOSET: direction d'acteurs rigoureuse, jeux d’ensemble soignés, omniprésence du chant et de la musique.Suivre Dora dans le processus des créations du GTY, comme j’ai pu le faire pendant quelques mois, était une expérience inoubliable qui mettait en rappx>rt direct avec les grands créateurs russes de la modernité, de Stanislavski à Vakhtangov.C’était une leçon de théâtre en même temps qu’une leçon d’histoire.Et c'est à l’histoire, justemeni que Dora aprpar-tient désormais.Norman Spector ?Dettes préélectorales A l’écoute des nouvelles en provenance d’Ottawa, il est toujours sage de départager les faits et la fiction.Ces dernières aimées, alors que s’organisait le putsch de Paul Martin contre Jean Chrétien, cela n'a jamais été plus vrai — ou plus difficile.Et, à en juger par la nature des déclarations de M.Martin depuis le congrès au leadership libéral en novembre dernier, ses spinmasters sont toujours au travail.Il ne fait aucun doute que George W, Bush a poliment écouté M.Martin cette semaine quand ce dernier a protesté contre sa décision — qu’il a qualifiée à’«insondable» — d’écarter les sociétés canadiennes des contrats de reconstruction en Irak, tout comme il l’a poliment écouté quand il lui a offert ses conseils en ce qui concerne la façon de juger Saddam Hussein., Il n’y a pas à douter non plus que le }3résident des États-Unis escomptait recevoir des félicitations de la part du Canada pour la capture de l’ex-dictateur irakien, sachant pertinemment que M.Martin a soutenu la décision du Canada de se ranger du côté de la France — le principal protecteur international de Saddam pendant les années 90 — en s’opposant à la guerre en Irak.Cependant, l’équipe de M.Martin s’est révélée extrêmement habile en présentant l’apv pel téléphonique des deux leaders comme une étape importante vers l’amélioration des relations canado-américaines.Son équipe s’est cependant montrée encore plus brillante la semaine dernière en marchandant les changements que M.Martin apportait avec lui à Ottawa.Présentées comme les fruits d’une réorganisation gouvernementale, les annonces faites étaient en réalité d’ordre politique.En effet, en vertu de mon experience au bureau du premier ministre, il est im-possible ptour n'importe quel chef de gouvernement de porter le fardeau que M.Martin a personnellement endossé.Il est donc assuré qu’il y aura des changements dès que les élections seront bouclées.En attendant, le nouveau premier ministre a un quatrième mandat majoritaire libéral consécutif à aller chercher.Et bien des dettes à payer à ses alliés qui l’ont appuyé contre Jean Chrétien.Dans certains cas, qu'il s’agisse de David Pratt à la Défense nationale, d’Irwin Coller à la Justice ou de Reg Alcock au Conseil du trésor, les Canadiens seront mieux servis par les nominations de M.Martin.Cependant, qui peut vraiment croire que le congédiement de John Manley s’est fait dans l'intérêt du public et que notre sécurité sera mieux protégée par Anne McLellan?Le premier réflexe de cette dernière, au début de l’épidémie du SRAS, avait été de montrer les provinces du doigt, et c’est elle qui avait présidé au fiasco financier du programme d’enregistrement des armes à feu.Quant au ministère de la Santé, les partis de l’opposition vont sûrement tirer à boulets rouges sur la nomination de Pierre Pettigrew, qui était le ministre du Développement des ressources humaines à l’époque des scandales qui ont touché ce ministère (la fidèle de M.Chrétien, Jane Stewart, a d’ailleurs dû en répondre en Chambre après la réaffectation de M.Pettigrew).Mais celui-ci aura des responsabilités additionnelles à titre de ministre des Affaires intergouvemementales.Sa tâche principale sera d’augmenter le nombre de sièges libéraux au Québec en présentant aux Québécois un visage plus aimable et plus doux que celui de son prédécesseur, Stéphane Dion.Ajoutez à cela quelques nationalistes comme Liza Frulla et Hélène Scherrer, et M.Martin a peut-être trouvé la recette pour effacer le Bloc québécois du Québec.Par la suite, bien sûr, la véritable nature des relations fédérales-provinciales au Canada refera surface.Bien que les provinces feignent de croire que leur Conseil de la fédération améliorera la coopération et la coordination interprovinciale, chaque premier ministre, qui est imputable à son propre électorat, sait bien que le vrai but du conseil est de maximiser les pressions sur Ottawa.Conçu par André Burelle, ancien conseiller constitutionnel des premiers ministres Trudeau et Mulroney, le Conseil de la fédération aurait avantage à se doter d’une règle de prise de décision qui lui permette de rallier les provinces discordantes aux objectifs et aux programmes nationaux qu’elles établissent ensemble.Bien que Jean Charest et son ministre Benoît Pelletier aient prôné cette idée alors qu’ils étaient encore dans l’opposition, ils semblent l’avoir abandonnée avant de présenter le Conseil de la fédération aux autres provinces.En attendant, l’ordre du jour de M.Martin est rempli d’initiatives dans les secteurs de compétence provinciale, les municipalités en étant l’exemple le plus marquant Nous avons déjà vu le Québec se désister d’une autre initiative fédérale — le Conseil de la santé — pop- des raisons de compétences constitutionnelles.À l’époque, M.Martin ne s’y était pas opposé.D faut dire qu’à titre de député élu au Québec, il n’était alors pas en mesure d’exercer des pressions sur l’Alberta pour qu’elle y participe.On se demande comment M.Martin réussira à faire la quadrature du cercle — après les élections, bien sûr.Se dirigera-t-il vers un statut particulier pour le Québec, dans la tradition des régimes de retraite du Canada et du Québec, établis par le gouvernement de Pearson — dans lequel son père était ministre — et que Pierre Trudeau était venu combattre à Ottawa?A suivre.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.nspectorffaglobeandmail.ca L’ÉQUIPE DU DEVOIR La RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information).Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Jouée Boileau (éditorialiste, responsable de la pane Idées), Brian Myles (justice et fetd d, société) Jean Dion LouiMTiilles Francœur (environnement).Benoit M unfit-r (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legault (pupitre édita, idées, perspectives et sports).Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (responsable des pages thématiques); Martin Duclos Michéle Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l'information culturelle Michel Bel air (responsable).Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Haillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montnetit (livres) Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels); à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny, Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte; à l’information internationale : Claude Lévesque, Guy Taillefer, Serge Truffnnt GMitorialUtp) à l'information politique Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque .Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; louiae-Maude Rloux Soucv Geneviève nti»Tlionne (commis).La documentation Gilles Paré (directeur); Manon Derome, Serge Implante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Marlène Cété, Slavic a Bogdanov, Véronique Géraud, Christiane legault, Amélie Maltais tarni.r»* a Nia#t»aii Claire Paouet Micheline Ruelland, Nadia Sebai (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Importe.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable d* la production), Nathalie Zemaiti», Michel Bernatchez, litilippe fVi r n p I nhflfirvp Rri in ut I )ân iellr Cantin».'Richard Des Cormiers.Donald Fillon, Olivier Zuida INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle lynard, (coordonnatrice à la promo-ti0n ft à Ut sollicitation) MoniqueL'Heurèux.Use l*chapelle, Racbelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Rosa.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 8 LE DEVOIR.LE JEUDI 18 DÉCEMBRE 2003 LE DEVOIR «- LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 S3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514)985-3346 Par télécopier (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans firais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Dtvoir est publié du hindi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.O' étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence IVesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.ACTUALITES Des milliers de manifestants défilent dans les rues de Saguenay Appui sans équivoque aux quelque 640 travailleurs de Vusine de Port-Alfred PRESSE CANADIENNE Saguenay — L’ensemble de la communauté civile, scolaire, religieuse et d’affaires de l’arrondissement de La Baie, à Saguenay, a démontré hier, dans le cadre d’une manifestation, un appui sans équivoque aux quelque 640 travailleurs de l’usine de Port-Alfred, mis à pied pour une période indéterminée.Organisé par les étudiants de l’école polyvalente de La Baie, le cortège composé de quelques milliers de manifestants a défilé dans les rues de la municipalité.Des travailleurs et citoyens sont venus gonfler par la suite les rangs dç la troupe jusque devant le parvis de l’église Saint-Edouard, près de la papetiè-re Abitibi-Consolidated.Devant l’église, des étudiants et travailleurs mis à pied ont livré des témoignages et convié toute la population à demeurer solidaire du large mouvement de mobilisation amorcé.Le député péquiste Jacques Côté s’est engagé pour sa part à porter à Jean Charest la demande formulée par les étudiants et pressé le premier ministre du Québec d’intervenir de toute urgence dans le dossier.Parmi la foule, il y avait le maire de Saguenay, Jean Tremblay, la députée de Jonquière, Jocelyne Bujold, et le député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, André Harvey.La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, s’est également jointe au rassemblement, mais discrètement.D’anciens travailleurs des usines Jonquière et Alma et des employés des installations portuaires d’Alcan sont venus également manifester en faveur de leurs compagnons mis à pied.À 14h, un «grand tintamarre», doublé d’une immense clameur de la foule, s’est fait entendre pendant plusieurs minutes.Sirènes, klaxons, sifflets, crécelles, sonneries et cloches des églises ont été mis à contribution.Au même moment, la majorité des commerçants de l’arrondissement et leur personnel ont cessé de travailler et fermé symboliquement leurs portes pendant une vingtaine de minutes.La société papetière Abitibi-Consolidated a invoqué la faiblesse du marché du papier journal pour justifier sa décision de fermer cette usine, de même que celle de Lufkin au Texas.BOUTIQUES SUITE DE LA PAGE 1 Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal.Après un examen approfondi de la situation, j’en suis venu à la conclusion que ce magasin ne pourra pas devenir rentable dans un avenir prévisible sous sa forme actuelle car ü continue de drainer une partie importante du capital humain et financier du groupe dans son ensemble.Dans ce contexte, des discussions sont déjà amorcées avec le propriétaire immobilier, Ivanhoé Cambridge, visant à réduire la superficie de ce magasin du centre-ville dans le but d’en assurer la viabilité.» Alors que les médias clamaient déjà que c’était la faillite, un porte-parole s’évertuait à préciser qu’il s’agissait plutôt d’une mesure préventive en vue d’éviter la faillite.L’urgence d’agir est évidente.D’une part, les ressources financières touchent le fond du baril et, d’autre part, le Groupe San Francisco doit présenter mardi les résultats financiers du troisième trimestre ayant pris fin le 1" novembre.«La société prévoit qu'elle pourrait devoir inscrire une radiation importante de la valeur de son investissement dans le magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal», ajoute-t-on dans le communiqué émis hier matin.Dans la requête déposée en Cour supérieure du Québec, San Francisco propose que le contrôleur nommé par la cour pour cette démarche de restructuration soit Ritcher et associés, une firme d’experts-comptables et de conseillers commerciaux.«Bien qu’il ne s’agisse pas d’une décision facile, celle-ci est essentielle pour nous permettre de procéder aux changements qui assureront la viabilité à long terme de l’entreprise.Défaisant, nous allons agir dans le meilleur intérêt de nos 2500 employés, de nos clients fidèles depuis 25 ans ainsi que dans celui des autres parties en cause», mentionne M.Toutan.Ces autres parties en cause sont évidemment les créanciers, dont on ignore pour l’instant le nombre et les sommes d’argent qui leur sont dues.Comme le suggère M.Toutan, le plus important de ces créanciers est sans doute, pour l’instant le propriétaire de l’immeuble du centre-ville où loge ce luxueux magasin destiné à une clientèle non moins luxueuse qui, malheureusement ne s’est jamais présentée.Chez Ivanhoé Cambridge, qui a investi 200 millions pour la restauration de cet immeuble qui a longtemps appartenu à Eaton, on n’a pas voulu faire de commentaire avant d’avoir reçu confirmation que la Cour supérieure acceptait cette requête.En somme, cet appel à la protection de la Loi sur les arrangements financiers n’étonne personne.«Ce magasin Les Ailes de la Mode du centrèvüle est un désastre absolu.Il n’y avait pas d'autre option», a déclaré Bert Lafford, président du National Apparel Bureau de Montréal, fi a cependant ajouté qu’ü était optimiste en ce qui concerne la restructuration du groupe fondé et encore dirigé par Paul Delage Roberge.Pendant 25 ans, celui-ci a connu de grands succès avec ses diverses enseignes (San Francisco, Les Ailes de la Mode, Bikini Village, etc.) jusqu’à ce grand projet d’un gigantesque et très coûteux concept de magasin au centre-ville de Montréal.Le groupe y a englouti 40 millions.M.Delage soutenait que ce magasin serait rentable dès son ouverture.En fait, dès ce moment, la situation n’a jamais cessé de se détériorer.L’année 2003 a été particulièrement pénible.Dès le 16 janvier dernier, le groupe supprimait 60 postes à son siège social et annonçait un grand ménage de ses enseignes.Le 5 février, il annonçait vouloir se retirer de West Coast, dans lequel il détenait une participation de 51 %, afin de conserver ses liquidités financières.Cependant, trois semaines plus tard, il devait mettre les 23 magasins portant cette enseigne sous le couvert de la Loi de la protection contre la faillite.D venait à peine de vendre son enseigne L’Officiel à Tristan & Iseult En février toujours, fl fermait sorynagasin Les Ailes de la Mode à Ottawa.Fm mars, les résultats financiers pour l’exercice 2002 montraient une perte de 36,5 millions.Néanmoins, deux semaines plus tard, M.Roberge déclarait devant la Chambre de commerce de Montréal que son groupe allait renouer avec la rentabilité au cours des deux prochaines années.À la fin du premier trimestre 2003, la perte s’élevait à 2,5 millions.Et le 12 septembre, M.Toutan prenait la relève de M.Roberge à la direction, qui avait lui-même remplacé Guy Charron à l’exploitation.Plus récemment, le groupe a obtenu les services d’un as du marketing, Gaétan Frigon, mais U était trop tard pour obtenir le redressement souhaité.SNOB SUITE DE LA PAGE 1 Précision Les cochons du Québec ne sont devenus que partiellement végétariens à la suite de la décision prise par la Fédération des producteurs de porcs du Québec (FPPQ) d’interdire à compter du 1" décembre dernier les farines animales de l’alimentation de ces animaux (Le Devoir, 17 décembre 2003).En effet, la FPPQ a précisé hier que cette mesure ne touche pas les gras animaux, dont l’usage est toujours accepté par les transformateurs, l’innocuité de ces gras, utilisés comme apport énergétique, n’ayant jamais été remise en cause, selon la FPPQ.Par ailleurs, la proportion d’éleveurs qui, à ce jour, utilisent ce type de farine pour nourrir leurs porcs varie de 30 à 50 %, selon diverses sources.qui lui arrive.Cest un concept original et intéressant, poussé par une entreprise 100 % québécoise, qui fascine les touristes.L’architecture est sublime.Mais c’est ainsi.Il n’y a peut-être pas assez d’argent dans les Poches des Montréalais pour soutenir un tel concept.Pas assez d’ouverture d’esprit non plus pour un magasin plus luxueux dans une société où les valeurs populaires sont solidement ancrées.» Le commentaire est cinglant, mais il était partagé quelques étages plus bas par Gaétanne O’Connor, vendeuse dans une bijouterie du Complexe Les Ailes, un agglomérat de commerces haut de gamme donnant sur le magasin du Groupe San Francisco.«Ce qui arrive aujourd’hui amène encore unejbis les mêmes questions: y a-t-il trop de magasins au centre-ville?Et, surtout, est-ce que les Montréalais disposent d’assez d’argent et de pouvoir d’achat pour permettre à tous ces commerces de survivre?» Le Groupe San Francisco croit bien que oui.Et il a tenu à rassurer ses employés ainsi que les propriétaires des commerces du complexe au moyen de la lettre envoyée en matinée hier.Tous les magasins du groupe, «y compris les magasins Les Ailes, demeurent ouverts, et les clients recevront la même qualité de service à-laquelle ils sont habitués», peut-on lire sans détails additionnels sur la situation fi- nancière de l'empire du vêtement ou sur son avenir.«Ils ne veulent pas qu’on panique, mais c’est tout de même inquiétant», a commenté la gérante d’un magasin d'habillement Selon cette dame, le lancement en grande pompe du magasin Les Ailes, qu’on disait révolutionnaire, et l’image «prétentieuse et snob» qui lui colle à la peau depuis son ouverture sur la grande artère commerciale de la métropole semblent être à l’origine de la tempête qui frappe aujourd’hui.«Car révolutionnaires, Les Ailes ne le sont pas vraiment, dit-elle.Cest un beau concept Mais c’est peut-être trop différent.» Et la différence, en matière de consommation de masse où le conformisme règne en roi, paît parfois être un pari risqué.D’ailleurs, les propriétaires de la vingtaine de magasins satellites qui ont accepté de parler—parfois sous le couvert de l’anonymat — plutôt que de s’en remettre aux traditionnels sendees de communication de leur enseigne le sentent bien.«Noël approche, et je me désole de voir que le complexe n’est pas plus achalandé que ça», dit l’un deux.«Mais c’est peut-être à cause de la pluie», ajoute Marc Gozlan, gérant de la Bijouterie Joël, arrivé dans ce haut lieu de la consommation depuis quelques semaines à peine.Peut-être.Mais sa conception météorologique des affaires ne tenait pas la route hier au Centre Eaton, où les escaliers roulants étaient visiblement plus fréquentés.Et ce, même si un court corridor le sépare du Complexe Les Ailes.DISQUE SUITE DE LA PAGE 1 entre l’utilisateur d’un ordinateur et son propriétaire.Il suffit qu’une violation du droit d’auteur soit constatée pour que des poursuites soient enclenchées.En d’autres mots, si votre ado télécharge, vous risquez d’en répondre devant la justice.C’est ainsi qu’un grand-père inoffensif a fait l’objet de poursuites aux Etats-Unis parce que son petit-fils s’en était donné à cœur joie, à son insu, en téléchargeant des fichiers musicaupc lorsqu’il frisait des visites chez lui.Aux États-Unis, la toute-puissante Association américaine de l’industrie du disque (RIAA) a déposé en septembre dernier des plaintes contre 261 délinquants majeurs qui avaient distribué en moyenne 1000 chansons chacun à travers cinq réseaux d’échange, dont Kazaa.Grokster et iMesh.La RIAA a par la suite conclu un règlement hors cour avec au moins ime cinquantaine d’entre eux.Les amendes versées se situeraient entre 2500 et 7500 $, selon les renseignements fournis par certains contrevenants.Le système judiciaire canadien se montre cependant beaucoup moins sévère.Que ce soit pour des causes en diffamation ou en violation du droit d'auteur, les tribunaux d’ici imposant des amendes beaucoup moins élevées qu’aux États-Unis.La loi canadienne prévoit cependant, en théorie, des amendes maximales de 25 000 $ et de un million selon le mode d'instruction de l’affaire.Cette loi prévoit enfin une exemption.Nul n’est coupable de violation du droit d’auteur s’il a téléchargé ou copié un document pour son usage personnel seulement.Mais fl est impossible de se prévaloir de cette exception si on visite des sites comme Kazaa puisque les fichiers ainsi obtenus et stockés sur le disque dur d’un ordinateur sont mis à la disposition de tous les internautes.Un outil éducatif Selon Normand Tamaro, un avocat spécialisé en droit d’auteur, le dépôt de poursuites contre les internautes permettra de faire œuvre de pédagogie.La loi sur le droit d'auteur reste méconnue du grand public.Même les artistes apprennent ses subtilités sur le tas.Résultat?«M.et Mme Tout-le-monde n ont aucune idée de la portée de la loi, de la façon dont les artistes sont payés», affirme-t-il.Lorsqu’ils téléchargent des chansons sur Internet, «lesgens n’ont pas conscience qu’ils violent un droit, d’une part, et qu'ils privent les artistes de leur gagne-pain, d’autre part», explique Mr Tamaro.L'avocat résume la situation en termes simples.Un chanteur n’est pas payé parce qu’il a réalisé un disque: fl est rémunéré parce que ce disque trouve preneur.«La loi sur le droit d'auteur est conçue pour les créateurs, qui ne vivent pas comme tout le monde.Ils ne sont pas payés à,la semaine, ils sont payés au succès», dit M'Tamara.À cet égard, les poursuites retentiront comme «m gros coup de canon» médiatique.UAD1SQ refuse au contraire d’entrer dans le jeu de la justice.Ënviron 95 % des artistes québécois sont épaulés par des maisons indépendantes, engendrant une situation de grande proximité culturelle entre le créateur et son public.«Nos artistes ne sont Pas inaccessibles.Le public peut les croiser dans le rue le lendemain matin d’un spectacle», affirme Yves-François Blanchet, président de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ).En raison de cet état de proximité culturelle, le public percevrait mal des poursuites en justice de la part de l’industrie et risquerait d’en imputer la responsabilité à l’artiste, craint l’ADISQ.«On ne pourrait pas et on ne voudrait pas envoyer nos troupes à la poursuite des contrevenants, d'autant plus qu’ils savent vaguement que ce n’est Pas légal.Ils trouvent toutes sortes de justifications pour contourner le problème», affinne M.Blanchet En attendant de régler la crise que connaît l’industrie en raison de l’expansion d’Internet l’ADISQ a suggéré une solution temporaire: prélever 3 % des bénéfices réalisés par les fournisseurs d’accès Internet (Bell, Vidéotron, Telus, etc.), ce qui représenterait un montant annuel de 1,9 milliard de dollars pour les artistes.«Si les fournisseurs payaient ce 3 %, l’industrie du disque ne serait pas totalement dédommagée.Cest une mesure provisoire, due au fait qu’une partie importante des revenus tombe entre les craques du plancher II va falloir trouver une solution définitive à ce problème parce que ce 3 % ne dédouanerait pas les fournisseurs ou les téléchargeurs», estime M.Blanchet Le Groupe Archambault s’est inscrit en faux contre cette approche, préférant lancer une vaste campagne de publicité avec des artistes québécois comme Corneille et Boom Desjardins.Archambault fait partie de Québécor au même titre que Vidéotron, un fournisseur d’accès qui verrait ses recettes amputées de 3 % si la solution de l’ADISQ était retenue par le gouvernement fédéral.Archambault a l’intention de lancer sous peu un site légal d’échange de fichiers, pour lequel les internautes paieraient 99 C la chanson ou 9,99 $ l’album.Des initiatives similaires, au Canada (Puretracks.com) et aux États-Unis (iMusic), ont cependant donné des résultats mitigés.La Cour suprême du Canada apportera enfin son grain de sel au débat La SOCAN avait présenté un projet de tarification sur Internet qui avait suscité un imbroglio juridique.Qui devrait percevoir les redevances aux créateurs?Les fournisseurs d’accès Internet ou les fournisseurs de contenu, soit les responsables de site eux-mêmes?La Cour suprême devrait trancher en 2004.RISQUE «Ce que nous proposons, c'est de nous mettre au diapason de l'Amérique du Nord» SUITE DE LA PAGE 1 des opérations financières du gouvernement — des pertes de la SGF et des sociétés Innovatech qui n’ont pas fait l’objet d’une vérification comptable.Selon lui, le gouvernement Charest fait preuve de «fanatisme idéologique» quand, «pour des raisons pure-.ment partisanes, [fl discrédite] des institutions québécoises de haut calibre».Jean Charest a répliqué avec vigueur en rappelant que la Caisse de dépôt avait perdu 13,2 milliards en deux ans dans le creux des marchés boursiers et s’était montrée coupable de mauvaise «gouvernance» lors de la construction de ses nouveaux bureaux administratifs et dans Montréal Mode.Quant à la SGF, 11 a évoqué «l’histoire malheureuse, tragique» de la SGF «pour les contribuables québécois» et les bonus accordés à la direction alors que la société d’État accusait des pertes.«Vos administrateurs de la Société générale de financement ont réussi à perdre des centaines de millions de dollars; vous êtes responsable de ça, a-t-il lancé à M.Landry.Vous devriez avoir honte!» Présent à la conférence de presse de M.Brunet, le p.-d.g de la SGF, Henri A Roy, qui a participé à la rédaction du rapport, a cherché à prendre les journalistes pour des valises en niant qu’il y ait des dissensions sein du conseil d’administration de la société d’État au sujet des radiations massives en 2003.Le conseil n’a pas à approuver les nouvelles prévisions financières, a-t-il dit «Vous avez de très mauvaises sources», a-t-il soutenu devant une poignée de journalistes.Or plusieurs membres du conseil d’administration et du comité de vérification de la SGF s’opposent avec énergie à ces radiations massives, selon des sources sûres.Des démissions se prépareraient Déjà, le premier vice-président et chef de la direction financière, Dino Fuoco, a démissionné sur cette question.D’ailleurs, le rapport remis par M.Roy le 12 décembre au ministre Audet trahi l’intention de la direction actuelle: si les dévaluations s’élèvent à 397 millions en 2003, elles sont réduites à cinq et quatre millions respectivement pour les deux années subséquentes.C’est donc dire que la SGF absorbe dès cette année toutes ses pertes possibles pour mieux paraître en 2004 et en 2005.Au cours de sa conférence de presse, hier, Pierre Brunet a indiqué que l’État québécois investissait 70 % du capital de risque au Québec, soit 3,6 milliards directement par l’entremise de la SGF, Investissement Québec et les quatre sociétés Innovatech, et un milliard en crédits d’impôt liés au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ) ejt le Fonds Desjardins.Or, en Ontario, la part de l’État dans le capital de risque est de 30 % et dans les Etats américains voisins, de 25 %.En outre, le capital étranger compte pour 40 % de ces investissements en Ontario contre 10 % seulement au Québec.«Ce que nous proposons, c’est de nous mettre au diapason de l’Amérique du Nord», a souligné M.Brunet La trop grande présence de l’Etat crée une distorsion dans le marché, des institutions de nature publique se font parfois concurrence sur les mêmes dossiers et les investisseurs étrangers boudent le Québec.C’est aussi une approche coûteuse, surtout depuis l’éclatement de la bulle boursière, signale le rapport.Le groupe de travail note qu’il existe des lacunes dans le financement de ce qu’il appelle l’amorçage d’entreprises (avant le démarrage en tant que tel), le démarrage d’entreprises en région et l’expansion des entreprises qui ont besoin d’un investissement de plus de 20 millions.L’offre est suffisante pour le démarrage d’entreprises dans les grands centres et pour les investissements de moins de 20 millions.Le rapport propose donc de créer un fonds mixte, privé et public, spécialisé dans l’amorçage et le démarrage d’entreprises.Les deux tiers de la mise de fonds de 100 millions par anpée proviendraient du secteur privé et le tiers, de l’État D suggère de plus la création d’un fonds entièrement privé pour les financements de plus de 20 millions.Pour les régions, le groupe de travail propose la création d’un «fonds d’initiative régionale» (FIR), doté d’au moins frois millions, dans chacune des 17 régions du Québec.Les deux tiers des sommes viendraient de l’État et le tiers, du secteur privé.Pour encourager le secteur privé à participer à ces fonds, le gouvernement doit lui consentir des mesures fiscales.Le groupe de travail suggère la mise sur pied d’un comité ad hoc regroupant le ministère des Finances, le ministère du Développement économique et régional et le milieu des affaires afin de proposer d’ici la fin de janvier de telles mesures qui pourraient être comprises dans le prochain budget L’idée de privatiser la SGF n’est pas retenue par le groupe de travail puisque de nombreux pays, comme le Royaume-Uni, Israël ou la Nouvelle-Zélande, disposent aussi de tels véhicules d’investissement a mentionné M.Brunet Mais la SGF doit revenir à sa mission première: l’investissement dans des projets d’envergure.Le groupe de travail prône l’intégration complète des 12 filiales de la SGF.La SGF abandonnerait les projets de moins de 100 millions, sauf dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la foresterie et des inines, où elle détient une expertise éprouvée.Elle limitera à 20 % ou 30 % sa participation dans les projets alors que la moyenne actuelle est de 40 %.Enfin, elle devra s’autofinancer en revendant ses participations au bout d’une période de sept à dix ans.Avant d’en arriver là, la SGF a toutefois besoin d’un apport additionnel et non récurrent de 200 millions alors que l’ancien plan prévoyait un réinvestissement de 400 millions par année.Finies les subventions et les prises de participation pour Investissement Québec.La société d’Etat devra s’en tenir à consentir des prêts et des garanties de prêts.Elle devra aussi absorber sa filiale La Financière, ce qui est déjà en voie de se faire.Quant aux sociétés Innovatech, le groupe de travail estime qu’il faut les abolir d’id trois ans.Elles seront remplacées par les nouveaux fonds publics-privés.D’ici là, les sociétés Innovatech auront besoin de 80 millions de plus de la part du gouvernement
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