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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-11-01, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI I ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2 0 0 3 E 8 -* LE DEVOIR ?- n om Il VJ ni Entretien avec Isabel Coixet, réalisatrice de My Life Without Me Un certain goût pour la mort ANDRÉ LAVOIE expression «citoyenne du monde» l’a ' amusée comme s’il s’agissait d’une révélation ou d’une hérésie.Pourtant, sa filmographie, son excellente maîtrise du français et de l’anglais ainsi que des années dans le monde 4e la publicité, aussi bien au Japon et aux Etats-Unis qu'en Afrique, trahissent un besoin immodéré de changement et de voyages.La cinéaste espagnole Isabel Coixet ne cache tout de même pas sa lassitude devant les valises à faire et à défaire.Pour son quatrième long métrage, My Life Without Me, on se demande bien ce que cette Barcelonaise trouvait d’attirant à tourner cette chronique d’une mort annoncée dans les paysages humides et brumeux de Vancouver.Non, on ne l’a ni forcée ni torturée, et sans chercher à se justifier, elle dit préférer «travailler dans le froid plutôt que dans la chaleur».«En fait, précise-t-elle, je me sens beaucoup plus libre quand je suis loin de l’Espagne.Cest une manière de me dégager du poids de la réalité, du quotidien, de sentir que je peux faire ce que je veux.» La remarque semble banale — tous les créateurs revendiquent pour eux-mêmes et leurs semblables une liberté quasi totale —, mais pour Isabel Coixet, chaque long métrage représente un oasis loin de l’univers tourbillonnant de la publicité.Car pour signer une réclame de 30 secondes vantant les mérites hypothétiques d’une marque de shampooing, la réalisatrice n’en revient jamais des sommes investies et du nombre de personnes qui vous ont à l’oefl.Dans ce contexte, malgré la gravité du sujet My Life Without Me n’est qu’une succession de bons souvenirs et, devant le résultat final, même si la pub fut son école, elle a su prendre ses distances de l’esthétique publicitaire.Il faut dire qu’il n’y a rien de très sexy à suivre les derniers mois d’Ann, incarnée par l’actrice canadienne Sarah Policy, se sachant atteinte d’un cancer incurable et qui refuse d’en parler à son entourage.En lieu et place, elle dresse une liste de choses à accomplir avant sa mort JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour Isabel Coixet, chaque long métrage représente un oasis loin de T’univers tourbillonnant de la publicité.nombreuses car, jusqu’à présent son existence n’avait rien de remarquable.N’est-il pas étrange qu’un tel personnage puisse prendre vie au seuil de la mort?Ce n’est pas tant étrange qu’«ironique et paradoxal», souligne Isabel Coixet.«Et ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, affirme-t-elle.Combien de fois il nous faut quelques bonnes claques au visage pour avancer.Plusieurs critiquent son silence, mais je trouve que l’histoire est beaucoup plus intéressante parce que Ann ne dit rien à personne.D’ailleurs, à qui se confier?A son mari qui serait totalement démoli?Ou à sa mère, une femme [interprétée par une sur- prenante Deborah Harry] pleine d’amertume qui passe son temps à regarder des films de Joan Crawford?Si une telle chose m’arrivait, j'espère que faurais le courage de me taire.» Là où la cinéaste est plus volubüe, c’est justement quand efle dénonce cette manière superficielle d’aborder la mort s’attristant que le sujet soit de plus en phis tabou dans les sociétés occidentales, obsédées par la jeunesse étemelle.Déambulant sans enthousiasme dans un centre commercial, Ann se demande si la course au consumérisme n’est pas une manière — futile — d’éloigner la mort est-ce bien le personnage ou la cinéaste qui s’exprime id?«La cinéaste, répond Isabel Coixet sans hésiter.Et fai une profonde allergie des centres commerciaux, tout particulièrement en Amérique du Nord!» Mais n’y a-t-il pas un paradoxe à traiter de la mort tout en niant la souffrance physique que va bientôt éprouver le personnage?«Le spectateur sait qu’il y aura une terrible agonie, mais il ne faut pas la voir.parce que d’autres films l’ont montrée! Je ne voulais pas faire un deuxième Terms of Endearment'» Et si elle déteste tant les centres commerdaux, que fait-elle en publicité?Après quelques secondes de tergiversation, Isabel Coixet concède qu’il y a là une autre contradiction, s’efforçant de faire des pubs «utiles» (pour la Croix-Rouge, Amnistie Internationale, Médecins sans frontières) mais convenant que les compromis sont parfois inévitables.C’est sans doute pourquoi elle est si fière de My Life Without Me puisque son producteur, nul autre que l’illustre Pedro Almodovar, lui a donné carte blanche.«Même s’il n'était pas toujours d’accord avec mes choix», ajoute-t-elle.Et la cinéaste n’a que des mots élogieux pour Sarah Policy, «une grande actrice, naturelle et spontanée, dont on ne voit jamais la technique».EÜe brûle 4e travailler de nouveau avec elle, cette fois dans une comédie.Sarah Polley comique?Ai-je bien entendu?«Elle est très drôle, je vous le jure», dit-eDe, me regardant droit dans les yeux, comme pour s’assurer que son affirmation n’avait rien d’une réclame pubüdtaire.Message reçu.Ci UJ ANIMATION Dans la peau d’un BROTHER BEAR (V.F.: MON FRÈRE COURS) Réalisation: Aaron Biaise et Robert Walker.Scénario: Tab Murphy, Lome Cameron, David Hoselton, Steve Bendch, Ron J.Friedman.Voix: Joaquin Phoenix, Jeremy Suarez, Jason Raize, Rick Moranis.Montage: Tim Mertens.Musique: Mark Mancina, Phil Collins.Etats-Unis, 2003,85 minutes.ANDRÉ LAVOIE Brother Bear d’Aaron Biaise et Robert Walker nous transporte, à la fin de l’ère glaciaire, dans une Amérique encore peuplée de mammouths et où les Amérindiens maintiennent un contact étroit avec les grands esprits, bien emmitouflés dans de magnifiques aurores boréales.Une fois le décor planté, les visées moralisatrices des concepteurs ne tardent pas à montrer le bout du nez alors que les chicanes familiales font l’objet de sévères réprimandes.Gare aux jeunes impétueux qui, par leur étourderie, brisent l’équilibre de la nature: pour avoir tué un ours qui avait provoqué la mort de son frère aîné, Kenai (Joaquin Phoenix) se transforme lui-même en ours, à son grand désespoir évidemment.Son second frère, Sitka (D.B.Sweeney), ignorant à qui il fait la chasse, le traque jusqu’à l’épuisement Dans cette course à obs- ours tacles, Kenai peut compter sur le soutien de Koda (Jeremy Suarez) , un ourson ayant perdu sa mère et prêt à lui indiquer le chemin pour se rendre au sommet d’une montagne afin d’y retrouver sa forme humaine.La recette Disney cherche toujours à nous faire la leçon en déployant quelques effets comiques, tâche qui incombe ainsi à un duo d’orignaux aux allures d’imbéciles heureux, et au simplisme des solutions devant l’adversité.Avec un soupçon d’amour, beaucoup de couleurs — les scènes illustrant les aurores boréales sont magnifiques — et des chansons de Phil Collins destinées à trôner au sommet des palmarès plutôt qu’à servir intelligemment le récit, Brother Bear fait moins figure de dessin animé que de peinture à (petits) numéros.Derrière cette débauche de grands espaces et de musique tonitruante, on cherche, sans même s’en excuser, à reproduire le succès de The Lion King tout en jouant la carte consensuelle et politiquement correcte vis-à-vis des peuples autochtones.Car une fois passées dans la mouli-nette Disney, toutes les cultures finissent par se ressembler, d'où l’étonnement d’Hollywood devant le concept de diversité culturelle.Ce qui nous vaut une escapade dans la nature trop souvent longuette, quelques gags qui s’annoncent trois scènes à l’avance, et bien des grosses larmes à verser pour les coeurs sensibles.7f mm , * 4 K- .v - ?«UN FILM LUMINEUX, PERSONNEL, TOUCHANT.DRÔLE.» MARIE-CHRISTINE BUIS, LA PRESSE ?«UNE RÉUSSITE!» CLAUDE DESCHËNES.RADIO-CANADA ?«UN FILM DRÔLE, POÉTIQUE, PROFOND ET TOUCHANT.UNE ADAPTATION RÉUSSIE DU GÉNIAL ONE-MAN-SHOW THÉÂTRAL.» MAXIME DEMERS, LE JOURNAL DE MONTRÉAL ?«.UN DES SOMMETS DANS L’OEUVRE DE LEPAGE.RIEN DE MOINS.» GILLES CARIGNAN.LE SOLEIL ?JOHN GRIEFIN, THE GAZETTE «C’EST À VOIR! C’EST UN MUST!» CATHERINE VACH0N, SALUT BONJOUR! «PRÉPAREZ-VOUS À VOIR UN GRAND FILM!» PASCALE NAVARRO, RADIO CANADA «BRILLANT! UN FILM ADMIRABLE!» MICHEL COUIOMBE, RADIO CANADA ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM MEDIA PRINCIPIA FILMS FCL im iNitNi LA tACC CAC HCC DE LA / UN FILM DE ROBERT LEPAGE ANNE MARIE CADIEUX MARCO ROUI IN CÉLINE BONNIER GREGORY HLADY YVES AMY0T RICHARD FRÉCHETTE ÉRIKA GAGNON SOPHIE FAUCHER LORRAINE CÔTÉ BOB KRUPINSKI MARIO ST LAURENT I URSIX DANIEL LANGLOIS ROBERT LEPAGE BENOIT IU1RAS JEAN LE 80URDAIS R0NALÜ RIANTE, CSC JVIARTIN LAUZ0N PHIIIPPE GAGNON PAUL CAUFF0PÉ MARIE CHANTALE VAILIANC0URT MARIO RODRIGUE LOUIS GIGNAC FRANÇOIS SENNEVIHE PIERRF BOUCHARD IACQUES BENOIT ROBERT LEPAGE Ml MS kCJ r R WA L IT I H at PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! VERSION OMQMALE FRANÇAISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS EX-CENTRIS www.allianceatlantisvivafilm.com F2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ' * ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2003 -«'Livres •.- GUIDE AGROTOURISTIQU Gratter ses fonds de terroir E FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Il va falloir revisiter ses préjugés: la gastronomie du Québec ne se résume pas à une pelletée de frites recouvertes de sauce brune et de fromage en grain, à une portion de pâté chinois et à un ragoût de boulettes.Que nenni.Et une balade dans les campagnes d’ici suffit généralement pour s’en convaincre.Car au delà des questions environnementales, des mégaporcheries et des champs regorgeant d’organismes génétiquement modifiés, le terroir du Québec a beaucoup à offrir aux gastronomes en mal de chatouillement de papilles.À l’est, à l’ouest, au nord et au sud, comme en témoigne ce guide agrotouristique produit par l’ethnologue Jacques Dorion.L’âme du pays L’ouvrage fleure bon la campagne avec ces nombreuses photos et surtout ses bonnes adresses pour mettre un peu de pep dans le repas du soir ou simplement impressionner la visite.Il y est question de fromages, comme ce Mamirolle de Plessis-ville dans les Bois-Francs qui, apprend-on, n’est rien d’autre qu’une délicieuse copie d’un fromage français produit depuis 1935 dans le petit village de Mamirolle, près de Besançon.Plus loin, c’est au tour du Fleurmier, de Charlevoix, du Sieur Corbeau ou encore du Valbert, d’Hébert-ville, au Saguenay-Lac-Saint- Jean, façonné depuis 1983 par un Québécois d’origine suisse, d’être mis sur la table.Et la table, au fil des pages, se remplit à vive allure.Ici, avec les vins régionaux, les liqueurs de petits fruits ou les plaisirs sucrés tirés de l’érable où émanant de la Chocolaterie de l’île d’Orléans.Là, avec des huiles biologiques, les pains, les poissons fumés et même le caviar de l’Abitibi de la Poissonnerie Témis.Le tout avec des petites anecdotes, des histoires de passion et des images inspirantes de ces vallons ou de ces plaines qui font le charme de notre coin de pays.Les amateurs de crème d’habitant, d’agneau présalé ou de foie gras de canard vont sans doute en redemander.Les autres, par contre, devraient découvrir un univers de saveurs difficile à soupçonner dans les allées d’un supermarché ou accrochés au comptoir du greasy spoon du coin.Et prendre conscience, espère l’auteur, soutenu dans sa démarche par l’Union des producteurs agricoles (UPA) — ça paraît! — que, pour palper l’âme d’un pays, qui passe par les produits de ses terroirs, il suffit parfois de sauter dans sa voiture et de faire quelques kilomètres à peine.LES TERROIRS DU QUÉBEC Guide agrotouristique Jacques Dorion Trécarré Montréal, 2003,450 pages Librairie VOX POPULI, VOX DEI T m3 -JT i Psychologie GUÉRIR T SERVAN-SCHREIBER Robert Laftont 28.Roman Qc L'HISTOIRE DE PI V - Booker Pnze 2002 Y.MARTEL XYZ éd.U f Histoire Qc LES COUREURS DES BOIS T G.H.GERMAIN Libre Expression 2 4_ PsyhologffiQo VICTIME DES AUTRES, BOURREAU DE SOI MÊME T G.C0RNEAU JfHomme 1.•> Pratique Qc LE GUIDE ÜE L'AUTO 2004 DUVAI./ DUQUEL L'Homnte JL Ü.D ASTÉRIX ET LA RENTRÉE GAULOISE UDERZ0/G0SCINNY Albert René j ] Cssais MAL DETERRE V H.REEVES Seuil ü 8 Polar M.CONNELLY Seuil JL 9 Polar R.LUDIUM Grasset 10 Essais LE GOÛT DE L'AVENIR ?J.-C.GUILLEBAUD Seuil 7 LL Polar SECRETS O'OUTRE-TOMBE K.REICHS Robert Laffont 4 12 Biographie C.AZNAVOUR Flammarion Qc T U 8.1).COLLECTIF Dargaud 2 14 Soman Qc A.IRFMBLAY vlb éditeur 2 LL 1 Biographie Qc 1 JE SUIS UN 0UM DE BONNE lAMIlli J.-F.BERTRAND L'Homme ± Biographie N.TRINTIGNANT fayard 2 If Scien» fiction B.WERBER Albin Michel 2 18 Essais Qc A M VILLENEUVE Québec Amérique 19 Gestion M.CLADWEIL Transcontinental 9 •'f Polar SHUTTER ISLAND NA 0.LEHANE Rivages ,’L Roman 0.STEEL Pr.de la Cité JL Pratique Qc L'ANNUEL DE L’AUTOMOBILE 2004 COLLECTIF Annuel inc.JL 23 Fantastique LES CHEVALIERS D'ÉMERAUOE, 13 - Piège au Royaume des Ombres A.ROBHLARU de Mortagne 4 24 Polar MYS11C RIVER ¥ D.LF HANE Rivages 83 Venez rencontrer le samedi 8 novembre de 14 h à 16 h Succursale Cltampigny 4380, rue St-Denis S (514) 844-2587 - B.D.GDI LEGUE Dupuis ?f; Jeunesse QUATRE FILLES ET UN IEAN.I.1¥ A.BRASHARES Gallimard R : Romon Qc LlfÉ Cf PI ¥ -Booker Prize 2002 Y.MARTEL Vintage Canada JL '8 Essais DUDE, WHERE'S MY COUNTRY» M MOORE Warner Books JL 89 Science beboe 1 ES Of VAL IFRS D'ÉMERAUDE, 1.1 le feu dans le c*l A.ROBHLARD De Mortagne vt ,lf Roman ANItCHRISFA A N01HOMB Albm Michel J3 31 Actualité L'ÉTAl DU MONDE 2004 COLLECTIE Boréal J ¦' Roman D.SUIE Geliimard f.13 Spiritualité | LF POUVOIR OU MOMENT PRÉSENT ¥ E.TOILE Aneiie IS9 •1 Biographie Qc 1.etC.BOUCHARD Québec Amérique 3b Roman LE PETIT COPAIN D.ÎARTT Plon i.3h Roman J.-P.AMETTE Albm Michel / il Roman DANSEUR ¥ C.MCCANN Belfond 6 38 Roman LA BIBIE AU FEMININ t.2 îsippnra¥ M HAUT R Robert Laffont 3 39 Roman LA NOSTALGIE DE L ANGE ¥ A SUXH O Nil ¦' 40 Essais SMER/MARSDEN L'Homme .1, ü Jeunesse L HEARN Geliimard .42 Roman LE UBRAIRE DE KABOUL ¥ A SEICRSTA0 IC Laltès 43 Polar UN NID DE M1NS0NGES E .GE ORGE PT.de le Cité 44 Jeunesse Qc l£ SECRET DE l'NXHMSIE Uvtv» ¦ , __________ •.:- .Try LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2 0 0 3 F 3 Littérature ROMAN QUÉBÉCOIS Fuir l’ombre, trouver le soleil SUZANNE GIGUÈRE Marc Rochette semble aimer les mots.Passionnément.Professeur de littérature, il a créé il y a quatre ans «La Promenade des écrivains», sorte de flânerie littéraire en compagnie d’écrivains qui ont sillonné dans leur existence ou leurs œuvres les rues de Québec.Après Cette allée inconnue, un premier recueil de nouvelles rempli d’âmes esseulées et remarqué pour ses qualités littéraires, l’écrivain plonge dans la fiction romanesque avec une histoire réelle, imaginée, fantasmée.Passer sa route raconte l’histoire d’une femme solitaire sur les traces de son passé.À trente-huit ans, la narratrice (Elle) revient sur les lieux où, dix ans auparavant, elle a connu «la beauté fulgurante d’une aventure».Ce retour du passé par une faille du présent forme la trame du récit La vie à deux était devenue une habitude, son compagnon, un poids dans sa vie.Elle décide de s’éloigner vers «une petite ville à dimension humaine» près de la frontière américaine.Pour faire le point avec elle-même.La rencontre fortuite avec un auto-stoppeur (Lui) renforce son désir de s’éclipser du quotidien.«Envisager tous les possibles, l’inventer, lui, le réinventer au fur et à mesure que le fantasme la révèle à elle-même.» Une tendre complicité s’installe entre les deux inconnus.La fiction avance comme le bleu sur la mer.Bleu, parce que le roman de Marc Rochette parle du désarroi amoureux, de l’incons- tance du cœur avec une mélancolie doucement sereine, sans effets dramatiques, avec même une touche d’humour.Le ton est frais, le styliste, à l’aise dans tous les tempos, swinguant avec beaucoup de grâce et de souplesse.Une voix romanesque singulière, pareille à celle d’Ella Fitzgerald entendue à la fin du récit Elle et Lui donc, sur la route.Aux prises avec des interrogations semblables et l’envie de se raconter.Un parcours ponctué de conversations au restaurant de pause-baignade, de souvenirs d’enfance qui jaillissent à l’improviste dans la campagne, damier vert et jaune, qu’ils traversent Des heures émiettées dans une légèreté apparente.Jusqu’au réveil de vieilles «chimères blotties au fond de la nuit».Un soir, dans un club suranné où les ombres des clients grotesques, felli-niens, sont projetées sur les tentures de velours carmin, l’atmosphère, «mélange indéfinissable de parfums capiteux, de senteurs de tabac refroidi, de relents de bière», oppresse la narratrice et la renvoie à ses émotions dissonantes.«Tout est souvent difficile entre un homme et une femme.Chacun sursaute dans sa nuit», écrivait Philippe Haeck dans L’Atelier du matin, il y a plus de vingt ans.Les conversations se font plus intimes.Elle parle de sa déception, du goût aigre qu’elle laisse au fond de la gorge: «Cette passivité qu’il cultive, pas moyen de le sortir de sa torpeur, sinon quand il est question de batifoler entre les draps ou ailleurs, Tin-capacité qu’il montre d’ailleurs à parler de lui.Pourquoi chaque fois que ses émotions sont sollicitées, ce mur qu'il dresse, sur lequel il laisse rebondir ce qui serait trop difficile à admettre ou à affronter?» Peut-être faudrait-il «l'aider un peu puisqu’il n’y arrive pas par lui-même.N’est-ce pas aussi cela, aimer?», risque l’auto-stoppeur, qui de son côté avoue éprouver pour sa compagne un amour «empêtré et fugace».Au bout de trois jours, soudés par une mélancolie commune faite d’aspirations, de désirs retenus et empêchés, Elle et Lui laissent monter en eux le désir, se perdent dans la douceur de l’étreinte.Ils mettent fin à leur aventure pour «ne pas laisser l’étrangeté, la nouveauté se transformer en ordinaire.» Un livre de route Dans ce livre de route, ne perdons pas de vue, comme le suggère le romancier, que le mouvement, c’est la vie et qu’en conséquence tout changement est bon à vivre.La narratrice, sorte d’al-ter ego de Bess, l'héroïne en fuite de l’opéra Porgy and Bess de Gershwin, s’est épuisée dans des déguisements successifs.Elle a trop longtemps louvoyé autour de ses angoisses, ses incertitudes et ses phobies dévastatrices.Dix ans après son aventure dans cette petite ville au pied des montagnes, elle sent une confiance paisible l’envahir.Elle a «l’esprit aussi tranquille que le bleu de l’horizon».Une force nouvelle l’habite.Réconciliée avec la partie sombre d’elle-même, le flou de sa vie s’éclaircit.«Fuir l'ombre, trouver le soleil», revivre d’autres moments d’innocent bonheur comme jadis.«Des moments simples, des haltes arrachées au quotidien réglé d'avance, des instants dont le bonheur coulait de source, comme un dû sur la mélancolie passée et à venir» Scrutateur du cœur humain, Marc Rochette en révèle les infidélités, les égarements, les faiblesses.Il met en lumière la pluralité des êtres à l’intérieur de tout individu.Les sentiments, les souvenirs, les espérances, sous sa plume, se fortifient, se transforment, se défont À la quête de vérité de la narratrice, à sa dispersion, le romancier fait correspondre en parallèle le morcellement du monde «où plus personne ne semble être le maître de qui que ce soit alors qu'aucun doute ne plane sur l’identité des serfs».Les rapports de domination dans le monde comme dans le couple s’y trouvent résumés.Passer sa route est un roman intime, chargé d’atmosphère.Découpé en chapitres brefs, la prose est tantôt lâche, tantôt resserrée.Le romancier étire les phrases, puis les ramasse dans un style nerveux.A lire pour la maîtrise de l’écriture.«Pour rêver jusqu'au bout et s’éteindre plongé dans l’imaginaire.» Parce que la nécessité de l’invention l’emporte sur le réel.Avec beaucoup de talent.PASSER SA ROUTE Marc Rochette L’Instant même Montréal, 2003,120 pages Uenfance retrouvée CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il est un âge où le temps passé est inévitablement plus riche que le temps à venir.C’est peut-être celui où l’adulte réalise le mieux l’importance cruciale de son enfance perdue.C’est sans doute l’âge qu’a atteint Radegonde, personnage du dernier roman d’Antonine Maillet, intitulé Le temps me dure, expression du français ancien qui signifie, paradoxalement, «j’ai hâte de».Car dans ce roman, où remonter le temps est possible, Radegonde rejoint la petite Radi qu’elle était enfant pour renouer avec ses racines, et avec une jeunesse passée trop hâtivement à son goût Radi est à la fois avide de tout connaître et réfractaire à lldée de grandir.Il en résulte un dialogue plein d’imprévus entre la jeune Radi et la vieille Radegonde, où la part belle est laissée à l’enfant, et où il est aussi possible de revisiter lefc contes chéris de Cendrillon, du Petit Poucet ou de Boucle d’or et les trois ours et d’en détermi-nçr la fin.Parfois échevelé à force d’être bôuillonnant, le roman n’en est pas moins un hommage vibrant à : SOURCE AMERIMAGE SPECTRA Avec Le Temps me dure.Automne Maillet retrouve son Acadie natale.l’enfance, qui n’a peut-être jamais entièrement quitté la romancière qu’est Antonine Maillet.Frôlant la nostalgie, il l’évite cependant en évoquant constamment le pouvoir de l’imagination créatrice, qui permet de réinventer le monde à l’infini, même à l’âge le plus avancé.Mais Antonine Maillet profite aussi de l’occasion pour retrouver son Acadie natale, le plus bel endroit du monde, comme l’estime Radi, là même où Noé aurait dû échouer avec sa barque pleine d’animaux, une Acadie qui demeure cependant à définir.Un Acadien, «c’est quoi alors?», demande Radegonde à Radi.«Ben.c’est quelqu’un qu’est pas Anglais pis pas protestant», répond Radi.Ainsi Radegonde demande à la petite fille qu’elle a été jadis de lui «rendre la clef de son héritage», elle qui a depuis quitté l’Acadie pour s’installer à Montréal.«Autant je lui demande de me rendre la clef de l’héritage qui m’appartient, autant elle me réclame la part qui un jour lui appartiendra», mentionne Radegonde.À travers cet échange, c’est toute la question du destin qui se pose, celui qu’on ignore lorsqu’on est enfant, celui dont on sait qu’on n’a pas pu l’éviter une fois adulte.Sur cette route tracée par quelque main divine, quelques écarts demeurent cependant encore possibles.Ce sont les écarts de la création, littéraire entre autres, celle-là même à laquelle rêve Radi et qui deviendra sa destinée.«Voilà, le mot est dit.Si le monde était à rebâtir, si la vie était à recommencer, si Radi était le créateur du Ciel et de la Terre, si c’était à refaire.», écrit Antonine Maillet.Ce monde, la petite fille qui deviendra écrivain reste à même de le réinventer à sa guise, et de transformer sa soif de liberté en un univers de papier.LE TEMPS ME DURE Antonine Maillet Leméac/Actes Sud Montréal, 2003,265 pages ANNE LECARE Le Québec otage de ses alliés u»* roinUonft du »vec la France et l«*s ÉlAf«*Unis propos de l’insignifiance ?lb éditeur André Berthiaume lin uss.ii ii>ét|iieiu es
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