Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

Le devoir, 2003-10-25, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2003 POIN LE DEVOIR )sw.l'enseignement supérieur Recherche universitaire CULTURE CLOVIS La preuve est faite que les Paléoindiens de la culture Clovis ont circulé en territoire québécois il y a 10 000 ans.Page 4 r*1 1C *£ ARCTICNET La rencontre de 145 chercheurs répartis dans 41 universités canadiennes et étrangères Page 6 s4i %, L'ingénierie ARCHIVES LE DEVOIR savoir Le cas du docteur Thomas Hudson a été fortement documenté.Le Devoir y a d’ailleurs fait à plusieurs reprises écho.Jeune chercheur, il se retrouve en 1990 à Boston pour poursuivre au Massachusetts Institute of Technology, le fameux MIT, ses recherches en génétique médicale.En 1993, il passe au Whitehead Institute, en devient en 1995 le directeur-adjoint, poste qu’il conserve encore à ce jour, avant de revenir au Québec en 1996.Le parcours semblerait complet quand est inauguré avec éclat en septembre dernier à Montréal, sous sa direction, le Centre d’innovation Génome Québec et université McGill.Pourtant, pour ce natif de Jonquière, l’aventure débute: la recherche en génomique a enfin un lieu majeur où se retrouveront bientôt en action une centaine de groupes de recherche.Parcours exemplaire avec ce retour en terre québécoise d’un chercheur d’ici parti ailleurs compléter sa formation.On aimerait que l’exemple soit récurrent, comme l’indique le professeur Adrian lovata, un chercheur spécialisé en mathématiques pures de l’université Concordia: «Nous aimerions créer la possibilité pour que les jeunes qui désirent obtenir leur doctorat puissent le faire ici.H nous faut donc créer le prestige nécessaire, c’est-à-dire avoir de bons étudiants qui réaliseront des thèses qui seront reconnues mondialement.» Cela se produira peut-être pour sa discipline, dans un avenir devenu plus proche qu’il ne l’était il y a peu de temps encore.Si, longtemps, le discours universitaire avait valeur de leitmotiv, à voir la fréquence des propos où le besoin d’un financement de la recherche était exprimé, cela s’est transformé pour annoncer de façon courante l’ouverture d’un centre, l’inauguration d’un organisme, l’implantation d’une chaire, en recherche tou- jours.Et cela se fait en correspondance avec la mise en place de budgets appréciables par les divers ordres de gouvernement Recrutement Le Dr Hudson n’est d’ailleurs pas le seul à être «revenu à la maison».Ainsi, au moment où le Secrétariat aux chaires de recherche du Canada annonce que, les mille premières ayant été mises en place, un deuxième bloc du même nombre était lancé pour être parachevé en 2005, le bilan déposé est positif: «Nous avons réussi à la fois à retenir nos chercheurs et à en recruter à l’étranger, informe René Durocher, directeur exécutif de l’organisme.De plus, la moitié des 27 % de chercheurs recrutés à l’étranger sont des chercheurs canadiens que nous avons réussi à rapatrier grâce à ce programme.» Retour des chercheurs, certes, mais il y a plus: c’est l’approche générale face à ce domaine du savoir qui se modifie.L’image romantique du chercheur ne tient plus — celle de cet être isolé, égaré dans quelque officine où il poursuit obstinément un travail confiné à un secteur étroit de la connaissance.En retour, donc, tout le secteur se transforme: «Il fout voir que la recherche disciplinaire — des philosophes qui travaillent avec des philosophes — ça n’existe plus, informe Louise Dandu-rand, présidente du Comité permanent des p.-d.g.des fonds de recherche du Québec.H est apparu clairement que le fait de morceler les fonds de recherche par discipline n’était plus le reflet de la façon dont se développait la recherche.» Multidisciplinarité Avoir les projets qui se développent, l’affirmation se comprend.S’il y avait pour le seul Grand Nord le projet Ouranos, avec son investissement de 27 M$ et son équipe pluridisciplinaire, il y a maintenant ArcticNet où, en quatre ans, 25,7 millions de dollars seront investis; il faut dire que cette seule étude sur les changements climatiques regroupera 145 chercheurs établis dans 41 universités, tant québécoises que canadiennes et d’outre-frontières.Une vaste enquête qui décrit l’ampleur des études que les universitaires poursuivent.Ces derniers ne manquent d’ailleurs pas d’ambition.À l’École polytechnique, le professeur Miller a donné pour objet à son étude une compréhension objective des processus d’innovation dans les entreprises.Pour ce faire, son plan est vaste: «Nous allons interviewer 1500 CTO ("Chief Technological Officer”).De plus, nous forons 240 études de cas, c’est-à-dire que, pour 240 entreprises, nous rencontrerons au moins deux cadres supérieurs, un responsable de projet technologique, un responsable du marketing associé à un projet technologique et un scientifique.» Dans cinq ans, les conclusions seront déposées.Des exemples probants que ceux-là?Certes.Leur taifle toutefois ne permet pas de décrire ce qui se fait par ailleurs, souvent avec des budgets d’un ordre moindre, souvent autour d’une centaine de milliers de dollars.Ce qui est certain, dans l’état actuel des choses, c’est que llngénierie qui a mis en place le développement de la recherche dans les universités s’avère efficace.0 ne reste qu’à souhaiter quH n’y ait point quelque part un planificateur qui, sous prétexte de rationalisation ou par un souci de petites économies, décide de «mettre du sable» dans l’engrenage: les mots débutant en «re» ont parfois pour conséquence, lorsque mis en action, de générer des effets néfastes.Normand Thériault «Il est apparu (Jaireim-nt que le fait de morceler le» fond» de recherche par discipline n’était plus le reflet de la façon dont se développait la recherche» FINANCEMENT Chaires de recherche Fonds de recherche du Québec ÉTUDES Nombres premiers Suicide et euthanasie Linguistique et du Canada Page 3 Page 4 Page 6 dictionnaires Page 2 Jeunes chercheurs Gestion et innovation Page 8 Page 5 Page 7 Juricomptabilité Page 9 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2 0 03 G 2 * RECHERCHE UNIVERSITAIRE ?Chaires de recherche du Canada Opération réussie ! Au total, 23 % des nouvelles chaires ont été octroyées à des chercheurs provenant d’universités étrangères À ce jour, on dénombre 1035 chaires de recherche du Canada acceptées dans l’ensemble des universités canadiennes.Annoncé lors du budget de l’an 2000, le Programme des chaires de recherche du Canada a pour but la création de 2000 chaires de recherche d’ici 2005.On peut avancer qu’à mi-parcours, le programme est donc sur la bonne voie.PIERRE VALLÉE Au rythme où nous progressons, nous n’aurons pas de difficulté à atteindre notre cible de 2000 chaires d’ici 2005», explique René Dur ocher, directeur exécutif du Secrétariat des chaires de recherche du Canada.Mais ce qui compte davantage à ses yeux, c’est ue les deux objectifs principaux es chaires du Canada, soit retenir les chercheurs au Canada et recruter des chercheurs d’ailleurs, ont à présent été atteints.Les chiffres fournis par le secrétariat en font foi.Du nombre total des chaires du Canada accordées aux universités canadiennes, on estime que 61 % sont allées à des chercheurs déjà en poste dans leur propre université, 11 % à des chercheurs provenant d’autres universités canadiennes et 1 % à des chercheurs issus d’autres milieux qu’universitaires.De plus, 23 % des chaires du Cana- da ont été octroyées à des chercheurs provenant d’universités étrangères, et 4 % à des chercheurs étrangers provenant de milieux autres qu’universitaires.«Ces chiffres démontrent que nous avons réussi à la fois à retenir nos chercheurs et à en recruter à l’étranger, souligne M.Durocher.De plus, la moitié des 27 % de chercheurs recrutés à l’étranger sont des chercheurs canadiens que nous avons réussi à rapatrier grâce à ce programme.» À son avis, il s’agit là d’un autre avantage des chaires du Canada puisqu’elles permettent d’offrir aux chercheurs canadiens expatriés des conditions de recherche similaires à celles dont ils jouissent dans les grandes universités étrangères.Fonctionnement Le Programme des chaires de recherche du Canada est doté d’un budget de 900 millions de dollars pour une période de cinq ans se terminant en 2005.Au-delà de cette date, le maintien des 2000 chaires de recherche du Canada, selon M.Durocher, exigera des déboursés annuels d’environ 300 millions de dollars.Le gouvernement canadien a choisi de répartir le nombre total des chaires du Canada en trois secteurs, selon les trois organismes qui subventionnent la recherche universitaire au Canada, soit le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), l’Institut de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).Ainsi, 45 % des chaires iront au secteur géré par le CRNSG, 35 % à l’IRSC et 20 % au CRSH.Ce sont les universités elles-mêmes qui proposent leurs candidatures pour l’obtention d’une chaire du Canada auprès du Secrétariat des chaires de recherche du Canada qui, après examen, approuve ou non la chaire.Le nombre de chaires allouées à une université est établi selon le montant total de subventions de recherche qu’obtient déjà l’université auprès des trois organismes subventionneurs.On tient compte aussi des secteurs d’acti- ARCH1VES LE DEVOIR Les chaires du Canada ont permis aux universités canadiennes de mettre sur pied des grappes d’excellence, en particulier dans les secteurs en emergence teUes les nanosciences et la bio-informatique.M H r-1» $ UUlé » S, sat i.vité des universités.Ainsi, une de subventions dans le domaine université qui obtient davantage de la santé, par exemple, pourra Jusqu’où irez-vous ?Maîtrises ^ Administration des affaires (M.B.A.) Arts visuels et médiatiques ^ Biologie ^ Chimie Communication h Danse ^ Droit Économique ^ Éducation '•+ Étude des arts ^ Etudes littéraires h Etudes urbaines h Finance appliquée " Géographie ^ Génie logiciel ^ Gestion de projet ^ Gestion et planification du tourisme ^ Histoire '¦+ Informatique ^ Informatique .de gestion ^ Intervention sociale ^ Kinanthropologie Linguistique ^ Mathématiques '¦r Muséologie Philosophie 'r Physique ^ Science politique h Sciences comptables ^ Sciences de la Terre Sciences de l’atmosphère ^ Sciences de l’e nvito n n e ment ^ Sexologie ^ Sociologie ^ Technologie de l’information ^ Théâtre Doctorats ^ Administration 'r Biochimie ^ Biologie Communication ^ Économique ^ Education Etudes et pratiques des arts ^ Etudes littéraires ^ Études urbaines Histoire Histoire de l’art Informatique cognitive ^ Linguistique ^ Mathématiques ^ Muséologie (doctorat international) ^ Philosophie ^ Psychologie '-r Ressources minérales ^ Science politique ^ Sciences de l’environnement ''¦> Sciences des religions h Sémiologie '¦r Sociologie L'UQAM offre un vaste choix de programmes aux cycles supérieurs pour approfondir vos connaissances.Consulte* la description complète et les modalités d’inscription sur notre site web.uqam.ca UQÀM Prenez position obtenir davantage de chaires dans ce même secteur.Jusqu’à 1 400 OOO $ D existe deux types de chaires du Canada Les chaires de niveau 1 sont attribuées à des chercheurs de haut calibre reconnus comme chefs de file mondiaux dans leur domaine.Elles ont une durée de sept ans, sont dotées d’un montant de 200 000 $ par an et sont renouvelables.Les chaires de niveau 2 s’adressent à des chercheurs qui pourraient éventuellement rayonner sur le plan international.Ces chaires ont une durée de cinq ans, une valeur de 100 000 $ par an, et sont renouvelables une seule fois.De plus, la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) investit pour la même période de cinq ans la somme de 250 millions de dollars dans les infrastructures reliées à la création des chaires du Canada.Cette somme représente environ 40 % des sommes totales requises en infrastructures, le reste devant être assumé par les gouvernements provinciaux, les universités et leurs partenaires privés.À cet égard, M.Durocher tient à souligner l’excellente collaboration du gouvernement du Québec.Sur le terrain À l’intérieur des paramètres ci-haut mentionnés, les universités jouissent d’une certaine marge de manœuvre et chacune d’entre elles s’est donc dotée d’un plan stratégique quant aux chaires du Canada.Par exemple, dès le départ, l’université McGill a choisi de n’attribuer aucune chaire du Canada à ses propres chercheurs et professeurs.«Nous avons plutôt choisi d’utiliser les chaires du Canada comme outil de recrutement dans le cadre du renouvellement de notre corps professoral, explique Luc Vi-' net, vice-recteur exécutif de l’uni-' versité McGill, car ü s’agissait là selon nous d’un bel incitatif pour attirer de nouveaux chercheurs.» Par contre, en agissant de la' sorte, l’université prêtait le flanc au maraudage puisque les autres universités pouvaient venir solliciter les professeurs de McGill pour une chaire du Canada.«Afin de contrer ce problème, nous avons créé à l’interne les programmes James-McGill et William-Dawson à l’intention de nos chercheurs et qui correspondent en tout point, même en nombre, aux chaires du Canada.» L’approche à TUniversité de' Montréal a été différente puisque l’université a consenti 30 % des chaires du Canada à ses propres chercheurs.«L’octroi des chaires à nos chercheurs constituait la première phase de notre plan et elle est à peu près complétée, explique Alain Caillé, vice-recteur à la recherche à TUniversité de Montréal.Les autres chaires sont octroyées à des chercheurs qu’on veut attirer dans nos murs.» Le fait d’attirer de nouveaux chercheurs apparaît comme une priorité pour plusieurs universités et les chaires du Canada représentent un outil précieux à cet effet, selon MM.Caillé et Vinet «Le Programme des chaires du Canada est déjà bien perçu sur le plan international», dit M.Vmet De plus, les chaires du Canada ont permis aux universités canadiennes de mettre sur pied des créneaux ou grappes d’excellence, en particulier dans les secteurs en émergence tels les nanosciences, les neurosciences et la bio-informatique, en créant une masse critique de chercheurs dans un même domaine.«Il ne s’agit pas défaire une plus grosse université, avance André Caillé.Mais les chaires du Canada nous permettent de rééquilibrer et de retailler la topographie scientifique de notre université.» ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR RECHERCHE UNIVERSITAIRE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT nthrriinltclrdrvoir.ci 2050, rue de Bleary, 9' él»j(e.Montré»! lyaébec) HSA 3M9.Tel.: (5H) 985 3333 redteUonaledevoir.roni FAIS CE QUE DOIS ? LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 2 B OCTOBRE 2 0 0 3 RECHERCHE UNIVERSITAIRE (î 3 QUÉBEC De nouveaux fonds pour une nouvelle réalité Pour un «développement de partenariats publics, parapublics et privés» Pour «prendre le virage de l’innovation et de la société du savoir», le Québec a restructuré son système d’appui à la recherche universitaire au grand complet, explique la présidente du Comité permanent des p.-d.g.des fonds de recherche du Québec, Louise Dandurand.Regard sur les enjeux de la recherche québécoise et présentation des priorités des nouveaux fonds.MYLÈNE TREMBLAY Fin des années 1990.Le Québec commence à accuser un certain recul en matière d’investissements en recherche.Cette région canadienne, dont le système d’aide à la recherche et à l’innovation est reconnu pour être particulièrement novateur, craint alors de se voir dépassée par les autres provinces et de ne pouvoir récolter sa juste part du gâteau dans les grands investissements stratégiques réalisés par le gouvernement fédéral, notamment à travers les chaires de recherche et la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).«C’est à la lumière de ce constat et dans la foulée du développement de la politique québécoise de la science et de l’innovation que le Québec a décidé de reconfigurer les fonds de recherche», expose Louise Dandurand, présidente du Comité permanent des p.-d.g.des fonds de recherche du Québec.Trois nouveaux fonds, qui se trouvent en fait à administrer les programmes hérités, entre autres, du Conseil québécois de la recherche sociale (CQRS) et du Fonds FCAR (Formation aux chercheurs et aide à la recherche) , sont mis sur pied en juin 2001.Ces organismes de soutien à la recherche se nomment Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) et Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC).Pour la première fois en 2002-2003, ils ont administré l’intégralité de leurs programmes et versé respectivement environ 86 millions, 40 millions et 43 millions de dollars en subventions et en bourses de formation de chercheurs.Pour accroître l’efficacité du système québécois de recherche et d’innovation, les champs d’intervention des trois fonds ont été redéfinis en termes de grands enjeux de recherche: dorénavant, c’est l’objet de la recherche et non plus la discipline d’appartenance du chercheur qui détermine à quel fonds doit être acheminée une demande de subvention ou de bourse.«77 faut voir que la recherche disciplinaire — des philosophes qui travaillent avec des philosophes —, ça n’existe plus, informe Louise Dandurand.Il est SOURCE FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE Louise Dandurand, présidente du Comité permanent des p.-d.g.des fonds de recherche du Québec.apparu clairement que le fait de morceler les fonds de recherche par discipline n’était plus le reflet de la façon dont se développait la recherche.» Le Fonds santé se déploie ainsi selon onze domaines de recherche (cancer, santé différentielle des sexes, vieillissement, santé des enfants et des adolescents, santé publique et des populations, etc.), le Fonds nature et technologies, selon dix domaines (études du vivant, environnement, technologies de l’information et des communications, nature et transformation de la matière, etc.), et le Fonds société et culture, selon treize domaines (enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine, relations internationales et développement, économie, emploi et marchés, langues et langages, etc.).Relève Parmi les enjeux qui préoccupent le Comité permanent des p.-d.g.des fonds de recherche du Québec, la relève des chercheurs s’avère cruciale.Car toutes les universités à l’échelle nord-américaine et tous les secteurs de l’économie canadienne et québécoise sont en pleine période de recrutement de main-d’œuvre hautement qualifiée.Dans un tel «pool» de concurrence, croit la présidente du Comité, les universités québécoises doivent être en mesure d’attirer et de retenir les meilleurs chercheurs en mettant à leur disposition des infrastructures humaines et physiques: embauche d’assistants de recherche, programme d'aide au démarrage de carrière en recherche, équipements de pointe.«C'est la condition essentielle pour qie les universités puissent recruter, mais aussi retenir les jeunes chercheurs embauchés», insiste Louise Dandurand.Même si, depuis trente ans, le Québec a consenti beaucoup d’efforts du côté de la recherche, au point où «7e poids des chercheurs québécois représente aujourd’hui 24 % dans la balance canadienne», les acquis demeurent fragiles, admet toutefois Louise Dandurand.Les centres de recherche en santé, en génie, en sciences naturelles, sociales et humaines connaissent des problèmes récurrents de sous-finan-cement, tandis que des coupures ont rogné les budgets des fonds l’année dernière.Elle ignore l’avenir financier mais insiste sur l’importance de maintenir le cap sur les investissements.*Un investissement en recherche pour l’innovation et pour une société du savoir, ce n’est pas quelque chose de ponctuel, mais ça se bâtit et se détruit, surtout dans la conjoncture actuelle», met en garde la porte-parole des trois fonds.Partenariats Largement tributaires des priorités et des disponibilités budgétaires du gouvernement, les fonds peuvent aussi compter sur un fort potentiel de recherche en partenariat, souligne Louise Dandurand.«On va chercher des partenaires qui s’associent à nous pour financer la recherche, notamment dans des programmes d’actions concertées.» Ce programme d’actions concertées, mis en place par les trois fonds, vise à répondre à des besoins de recherche et d’innovation cernés par les milieux québécois gouvernemental, communautaire, culturel et industriel.«Avec des partenaires, on définit une problématique de recherche, explique la présidente du Comité.Un des trois fonds va gérer l’action concertée au nom des autres partenaires.Ce programme est spécifiquement conçu pour répondre à une problématique de recherche des utilisateurs.» Par exemple, Novalait, une corporation à but lucratif qui regroupe la Fédération des producteurs de lait du Québec et Agropur, s’est associée au ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) ainsi qu’au Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, dans le but d’établir un programme de recherche stratégique pour la production et la transformation laitières.Sur la SUR LA VOIX RAPIDE Vous possédez un téléphone cellulaire?Où que vous soyez dans le monde, il y a de fortes chances que vous utilisiez la technologie ACELP®, une technologie de compression de la voix, créée à la Faculté de génie de l'Université de Sherbrooke, et que continue de développer le groupe de recherche du professeur Roch Lefebvre.ACELP® s'est imposée comme la référence autant en téléphonie numérique qu'en téléphonie mobile (plus d’un milliard d'utilisateurs) et même sur l'Internet (plus de 500 millions d'utilisateurs).Qu'un petit groupe d’universitaires se taille une place aussi enviable sur le terrain des géants des télécommunications est déjà un exploit.Qu’il maintienne sa première place depuis 7 ans en remportant une douzaine de concours internationaux en fait un succès universitaire unique en Amérique du Nord ! La recherche à l’Université de Sherbrooke, c'est bien plus que 90 M$/an en subventions.C’est aussi : a des découvertes qui changent le monde o des ressources efficaces de soutien au travail scientifique o des collaborations fructueuses entre les disciplines , 50 «ns L# L'audace porte frurt UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca/audace/acelp SOURCE TÉLÉ QUÉBEC Le Fonds de recherche en santé se déploie selon onze domaines de recherche, dont le cancer.somme totale versée dans ce programme, la part du fonds s’élève à environ 30 % et celle des partenaires, à 70 %.«Cest une formule que nous privilégions tous, sans que ce soit pour autant au détriment d’un investissement de base dans l’infrastructure de la recherche universitaire, assure toutefois Louise Dandurand.La relève dans tous les secteurs — universitaire, secteurs public et privé — passe traditionnellement par un financement à l’université.Par contre, le développement de créneaux d’excellence ou d’intervention stratégique, porteurs d'innovation technologique, sociale ou en santé, se prête particulièrement bien et devrait de plus en plus se prêter au développement de partenariats publics, parapublics et privés.» Lorsque les fonds ont été reconfigurés et que leur mission a été redéfinie, l’une des raisons invoquées était d’ailleurs de développer des partenariats, affirme Mme Dandurand.Priorités Ce sont les grands enjeux de la recherche — relève, partenariats, mais aussi innovation et éthique — qui définissent les priorités des fonds.«On développe des priorités, mais notre programmation doit aussi refléter celles définies par les universités et nos partenaires», observe Mme Dandurand.Elle admet toutefois que la liste des priorités comporte certains manques qui mériteraient d’être comblés.Par exemple, toute la question de la recherche sur la santé des autochtones préoccupe beaucoup le Fonds santé et le Fonds société et culture, même si elle n’est pas encore soulevée.Le FRSQ et le Fonds nature et technologies s’intéressent de plus en plus aux technologies de la santé et à la bio-informatique, tandis que le Fonds société et culture se penche de plus en plus sur le développement de l’enfant, le développement territorial et le multimédia.Retombées auprès de la population Concrètement, de quelle façon les investissements en recherche profitent-ils à la population?Louise Dandurand y va de plusieurs exemples.«S’il y a une forte industrie de l’aluminium qui fait vivre l’économie régionale au Saguenay, c'est parce que l’Université du Québec à Chicoutimi a fait du développement du secteur de l’aluminium une de ses priorités et que les fonds de recherche ont suivi.» Autre exemple: la violence familiale qui, parce mal comprise et mal encadrée, entraine des coûts sociaux vertigineux.«On a mis au point, par des recherches subventionnées, un questionnaire pour le dépistage précoce de la violence sexuelle auprès des enfants.Auparavant, les intervenants dépistaient difficilement cette violence car les questionnaires faisaient en sorte que les enfants se repliaient sur eux-mêmes.» Pour solutionner les problèmes de santé au Québec, le FRSQ est en train de développer, avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, une action concertée sur les politiques publiques.•On a un bassin d’excellence, mais il ne faut pas se limiter à subventionner seulement la recherche à l’université.Il faut qu’il y ait un transfert des connaissances, une boucle de circulation dans tous les domaines.Sur ce plan, conclut-elle, les Fonds de recherche québécois ont innové.» La science en AGI lOS pour an nwnde en ÉVOLUTION Plus que des recherches Des solutions L’Institut national de la recherche scientifique (INRS), un réseau de centres de recherche de premier plan, contribue à l’avancement des connaissances et à la formation de chercheurs dans des domaines de haute priorité scientifique et technologique.Fort d’une expertise qui combine le génie, les sciences naturelles, les sciences biomédicales et les sciences sociales, l’INRS agit là où le sollicitent les enjeux collectifs: :: Changements climatiques : impacts et adapation :: Gestion des ressources et des risques environnementaux :: Applications photoniques et biomédicales de technologies laser :: Microfabrication, nanofabrication et communications sans fil :: Étude des problèmes de contamination et de leurs effets sur la santé :: Élaboration de vaccins et de médicaments :: Analyse de tendances économiques et démographiques :: Étude de phénomènes sociaux, culturels, urbains et régionaux Avec un taux de placement très élevé de ses étudiants de 2' et de 3' cycle, l’Institut contribue également à doter le Québec d’une main-d'œuvre de haut niveau.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Téléphone: (418) 654-2500 www.inrs.uquebec.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2003 G 4 RECHERCHE UNIVERSITAIRE ?ANTHROPOLOGIE Il y a 10 000 ans sur le territoire québécois Découverte inespérée d’un trésor archéologique • • t Claude Chapdelaine, professeur au département d’anthropologie de l’Université de Montréal et directeur de l’équipe de fouilles de celui-ci, rayonne d’une grande satisfaction professionnelle.Les chercheurs de ce groupe découvraient récemment un des plus anciens vestiges archéologiques du Québec; il fournit la preuve que les Paléoindiens de la culture Clovis ont circulé en territoire québécois il y a quelque 10 000 ans.SOURCE UNIVERSITE DE MONTREAL L’archéologue Claude Chapdelaine montre quelques-unes des pointes de flèche trouvées dans le secteur du lac Mégantic.«Cela faisait 30 ans que nous attendions cette découverte et nous détenons la preuve qu’ils sont passés par là.» RÉGINALD HARVEY Claude Chapdelaine est archéologue et il est assisté par un collègue, Pierre Corbeil, qui codirige avec lui une équipe de fouille composée de dix étudiants stagiaires dont la plupart sont inexpérimentés.Selon les règles de ratique archéologique au Qué-ec, un archéologue peut encadrer de quatre à cinq étudiants.Ce noyau de base est appuyé par d’autres spécialistes de l’Université de Montréal ou en provenance d’autres institutions, qui apportent une complémentarité aux projets en cours de réalisation.Leurs travaux se sont déroulés dans la région des Cantons de l’Est, plus précisément dans le secteur du lac Mégantic.En 2002, le professeur se commettait en affirmant que le plus vieux site de la région était peut-être situé à cet endroit.Entouré de ses assistants, il retournait au même endroit l’été dernier et, après deux semaines de fouilles, les chercheurs mettaient la main sur un trésor inespéré: «À notre très grande et très agréable surprise, nous avons trouvé les plus vieux objets du Québec, à savoir deux fragments de pointes de flèches taillées d'une façon unique en Amérique du Nord, laquelle est réservée à la culture paléoindienne ancienne Clovis.» De vaines recherches effectuées dans la plaine du Saint-Laurent et à proximité de Ri-mouski avaient auparavant pratiquement convaincu M.Chapdelaine qu’il serait impossible de trouver des indices de culture paléoindienne au Québec en raison du climat trop rigoureux.L’histoire de l’Amérique Il raconte que la culture Clovis doit son nom à un petit village du Nouveau-Mexique dans l’ouest de l’Amérique, auprès duquel les premiers artéfacts sous forme de pointes à cannelures ont été retracés en 1926: *C’est le fossile directeur de 2000 ans d’histoire de l’Amérique du Nord et ces gens-là sont les pionniers; ce sont eux qui sont partis des plaines et qui se sont répandus à la grandeur des Amériques en traversant le Missis-sipi.» Parmi les zones susceptibles d’être peuplées par ces gens se trouvait le sud du Québec, et plus particulièrement le sud-est: «Cela faisait 30 ans que nous attendions cette découverte et nous détenons la preuve qu’ils sont passés par là.En plus, nous sommes capables de les associer à des groupes existant plus au sud grâce à deux matériaux qu’ils utilisaient.D’après moi, c’est la même “gang”.» Selon lui, ils se promenaient durant l’hiver dans la partie méridionale de leur exploitation et ils montaient vers le nord durant l’été pour suivre les caribous: «J’ai toujours été convaincu que les premiers à conquérir le Québec, ce sont les caribous; les être humains n’ont fait que les suivre.» Son équipe retournera sur ce site l’été prochain pour se livrer à des fouilles d’une durée de deux semaines.Elle poursuivra également des recherches sur une autre terrasse pendant la même période.Il explique pourquoi: «On veut travailler à un endroit différent dont on ne sait pas du tout à quand remonte l’occupation.C’est pour cette raison qu'on fouille, c’est pour essayer de comprendre des problèmes.On est tout aussi intéressé à trouver d’autres objets paléoindiens anciens qu’à comprendre l’occupation préhistorique sur un autre petit site de la région.On veut avancer sur tous les fronts.» Il n’en demeure pas moins que la zone paléoindienne demeure une sorte de mine d’or.«Bien sûr, ce site constitue présentement un grand enrichissement.C’est comme si j’avais gagné à Loto-Québec! On va fouiller là pour les trois prochaines années.» Grâce à la formation d’une équipe interdisciplinaire, il sera possible de développer des techniques plus minutieuses qui serviront à jeter un meilleur éclairage sur les acquis et à appor- ter des précisions sur la chronologie des événements: «On va donc s’associer à plusieurs chercheurs dans diverses disciplines parce que c’est nécessaire et obligatoire pour avancer; de mon côté, je ne jais que poser des hypothèses à certains égards.» Le dossier restera ouvert jusqu’en 2006: «On a gagné le gros lot et on va dépenser l’argent lentement mais sûrement!» Un territoire quasi vierge et peu riche L’équipe de fouilles poursuivait au départ l’objectif de bâtir l’histoire culturelle d’une région, le «Méganticois», où il s’est effectué très peu de travaux archéologiques dans le passé.Celle-ci a vite trouvé des quantités assez si- gnificatives d’artéfacts et des concentrations d’os blanchis qui ont modifié de façon assez substantielle un à-priori que résume le professeur: «On croyait que c’était un milieu qui, sans être pauvre, n’était pas très riche, et qu’il devait être un peu chiche en hiver.On posait comme première hypothèse qu’il s’agissait d’un lieu de passage à des fins de chasse, de commerce et de circulation, étant donné qu’on peut passer facilement d’un bord à l’autre des montagnes frontalières dans cette région.On avait l’impression que tous les sites qu’on fouillerait se Présenteraient comme des haltes, qu’ils seraient peu riches et peu structurés.» Telle était la façon d’envisager la situation au cours de la première année du projet Une approche différente est privilégiée à l’an 2 des opérations de terrain.Les travaux sont concentrés dans les zones où déjà de nombreux artéfacts ont été re- : trouvés et les chercheurs procè-.dent par aires ouvertes.La chance a souri rapidement au groupe de recherche: «Dès la première semaine, on a découvert un foyer et on a pu recréer un espace de vie.De la sorte, on s'est rendu compte que c’était beaucoup plus organisé qu’une simple halte.Ces haltes sont devenues des campements structurés; ils étaient occupés sur des périodes pas nécessairement très longues, parce que la variété des objets en présence laisse croire que les gens revenaient régulièrement sur place.» Le lieu de passage est aussi devenu un espace de vie, ce qui a nourri la recherche.Dorénavant, l'équipe de fouilles disposait d’une quantité d’objets beaucoup plus importante, lesquels lui ont servi à étudier de façon plus cohérente la problématique.Claude Chapdelaine dresse l’inventaire: «On parle, pour un espace, de 30 000 os blanchis, de 400 outils et de 15 000 débris de taille.On possède des échantillons valables et on peut passer au deuxième objectif de notre enquête, à savoir qui étaient ces gens-là?» En étudiant les matériaux que ceux-ci taillent, les archéologues ont alors tenté de comprendre leur réseau d’acquisition pour déterminer leur identité.Une équipe interdisciplinaire a été mise à contribution pour confirmer certaines appréhensions.En bout de parcours, trois ans plus tard, les scientifiques en sont arrivés l’été dernier à faire basculer l’histoire du Québec de quelque 2000 ans en mettant la main sur des pointes de flèches des Pa-léojndiens de la culture Clovis.A l’origine du projet, cette histoire culturelle remontait à quelque 8000 ans dans le passé,.selon les vestiges précédemment accumulés, et elle est passée à plus de 10 000 ans.Explorez de NOUVEAUX Horizons.Une carrière en sciences naturelles ou en génie vous intéresse?Vous pourriez obtenir une bourse pour faire de la recherche.Le CRSNG (Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada) est chargé de promouvoir et d’appuyer la recherche universitaire et d'y effectuer des investissements.Une bourse de recherche, du premier cycle au niveau postdoctoral, peut donner un essor à votre carrière et contribuer à votre réussite professionnelle.CRSNG Q N SK RC Investir dans les gens, la découverte et l’innovation Investing in people, discovery and innovation Pour obtenir plus de renseignements, dont les dates des concours et les échéanciers, veuillez vous adresser à la : Division des programmes de bourses CRSNG 350, rue Albert Ottawa (Ontario) K1A 1H5 Téléphone: (613) 995-5521 Télécopieur : (613) 996-2589 Consultez notre site Web : www.crsng.ca Canada MATHÉMATIQUES Sur les pas de Diophante A la découverte des subtilités de la théorie des nombres Adrian lovita aimerait que Montréal fasse «école»: «Le Canada et le Québec comptent très certainement de très bons étudiants en mathématiques, mais ceux-ci doivent poursuivre leurs études doctorales aux États-Unis ou en France.» Spécialiste en «courbes elliptiques», ce Roumain d’origine dirige à l’université Concordia la Chaire de recherche du Canada sur la théorie des nombres.CLAUDE LAFLEUR Diophante, qui a vécu à Alexandrie au IVr siècle de notre ère, est considéré comme le père de l’algèbre.Ce grand mathématicien a cherché à résoudre des équations complexes du type ax2+bx+c ou encore à trouver une valeur de x telle que lOx+9 et 5x+4 sont tous deux des carrés.D a ainsi rédigé un traité en treize volumes intitulé Les Arithmétiques, qui constitue une collection de 130 problèmes que le savant a tenté de résoudre.Mille sept cents ans plus tard, une demi-douzaine de mathématiciens montréalais poursuivent l’œuvre de Diophante en poussant bien davantage la théorie des nombres.L’un de ces spécialistes est Adrian lovita, qui dirige à l’université Concordia la Chaire de recherche du Canada sur la théorie des nombres.«Mon travail est quelque chose de difficile à décrire, lance avec douceur l’éminent professeur.Vous savez, à table lors d’un repas, tout le monde me demande ce que je cherche! Or, c'est très très technique et très difficile à expliquer.» «Je n’étudie pas les nombres entiers, comme on le faisait autrefois, amorce-t-il, mais tout autre chose.Par exemple, fétudie une catégorie d’équations qu’on appelle des courbes elliptiques.Il s'agit d’équations diophan-tiennes, du nom du savant grec qui a posé le premier ce genre de problème.Une équation diophantienne est quelque chose d'assez simple.enchaîne-t-iL H s’agit d’une équation algébrique à plusieurs variables avec des coefficients entiers, mais l’important, c’est qu’on recherche des solutions qui sont entières » Bucarest, Boston et.Montréal D’origine roumaine, Adrian lovita ajoute en rigolant •Vous savez, les mathématiques, c’est la seule chose que je sais faire!» Dès sa jeunesse en Roumanie, il s’est passionné pour les mathématiques, suivant des classes spéciales en la matière et prenant part à des concours et à des olympiades de maths.Après avoir complété un premier doctorat (consacré à l’algèbre), il a entrepris en 1991 un doctorat à l’université de Boston portant cette fois sur sa passion: la théorie des nombres.D est ensuite venu s’installer à Montréal — «une ville culturelle formidable», souligne-t-il au passage — où l’attendait son épouse, qui dirige le Théâtre de l’Utopie.«Mon épouse et moi avons fondé ce théâtre en 1999, précise Adrian lovita, et, depuis, je siège au conseil d'administration.Oh, russurezwus.je ne fois pas de théâtre!», lance-t-il joyeusement Le prof lovita fait partie d’une petite équipe (qu’il compte sur ses doigts!) de chercheurs qui se consacrent aux mathématiques avancées: deux de ses collègues œuvrent avec lui à Concordia, deux autres à ï'université McGill et un autre à l’Université de Mont- réal.Ces chercheurs sont secondés par une dizaine d’étudiants diplômés.Ceux-ci se spécialisent dans la théorie des nombres, une branche importante des mathématiques pures.«On n’étudie pas les nombres en tant que tels, de préciser le mathématicien, mais nous recherchons des solutions entières pour certaines équations diophantiennes que sont les courbes elliptiques» «Ces fonctions sont vraiment très sympathiques, dit-il, car elles ont une structure de symétrie.Lorsqu'on examine l’ensemble des solutions applicables à une courbe elliptique, on obtient.une structure de symétrie pour l’ensemble des solutions, ce qui est très intéressant.Par exemple, disons que pour une certaine courbe elliptique, nous savons qu’il y a une infinité de solutions.Grâce à la symétrie, il suffit de connaître un nombre fini de solutions pour être capable d’engendrer toutes les autres.Ces solutions particulières, qu’on appelle des générateurs, sont très intéressantes et très mystérieuses en même temps.» On rapporte ainsi que ce savant mathématicien a fait plusieurs découvertes révolutionnaires sur la théorie des nombres, notamment en étudiant les variations de nombres des objets mathématiques tels que les courbes et les surfaces.De telles recherches, indique-t-on encore, permettent de résoudre et de comprendre nombre de problèmes complexes relatifs à une théorie émergente en mathématiques.Pourquoi pas une prestigieuse école pour Montréal?À quoi de tels travaux peuvent-ils servir?«Je pense que, chaque fois qu’on étudie des structures si riches, si complexes et si symétriques, il y a toujours à la fin des applications pratiques et très utiles», pose le chercheur.D précise d’ailleurs que ce genre d’études servent entre autres à la cryptographie, c’est-àdire à l’encodage des informations.«Or, c’est là quelque chose que tout le monde utilise, d’une façon ou d’une autre.Disons par exemple que vous voulez acheter quelque chose via Internet.Vous voulez que vos données personnelles demeurent confidentielles.H y a donc des systèmes encryptés qui permettent les transmissions sécuritaires et qui utilisent des courbes elliptiques et leurs propriétés de symétrie.» Le sympathique chercheur s’empresse toutefois d’ajouter «Mais, personnellement, je ne m’occupe pas de ces applications.Ce sont les spécialistes de la branche des mathématiques appliquées qui utilisent le résultat de nos recherches.Nous, nous rédigeons des articles décrivant les propriétés arithmétiques alors qu'eux en font des applications pratiques.» Le prof lovita et la poignée de chercheurs qui l’entourent rêvent à présent de doter Montréal d’une véritable «école de mathématiques».En fait, rapporte-t-il, tout le nécessaire existe déjà pour implanter une école qui permettrait aux étudiants de compléter ici même leurs études doctorales.«Le Canada et le Québec comptent très certainement de très bons étudiants en mathématiques, explique-t-il, mais ceux-ci doivent poursuivre leurs études doctorales aux États-Unis ou en France.Nous, nous aimerions créer la possibilité pour que les jeu nes qui désirent obtenir leur doctorat puissent le foire ici.Il nous fout donc créer le prestige nécessaire, c’est-à-dire avoir de bons étudiants qui réaliseront des thèses qui seront reconnues mondialement.Tout cela créerait une très bonne réputation pour ceux qui font leur doctorat ici et qui n'auront donc plus besoin d’aller ailleurs pour étudier» LE DEVOIR 2 5 ET DIMANCHE LES SAMEDI OCTOBRE 2 O O S RECHERCHE UNIVERSITAIRE 5 Santé, environnement et matériaux Les nouveaux professionnels Une nouvelle génération de chercheurs prend d’assaut les laboratoires Étrange métier que celui de chercheur.Dans une société qui fait de l’innovation sa profession de foi et qui place la science au centre du débat public — santé, environnement, nouvelles technologies, éthique, etc.—, la recherche, notamment publique, a désormais une place à part C’est dans ce contexte qu’œuvrera une nouvelle génération de professionnels.La recherche en laboratoire à l’Institut national de recherche scientifique (INRS).dans leur attribution, loin de là!», ex- sou ko-: INRS MARTIN KOUCHNER Sous l’effet conjugué de l’effondrement de la pyramide des âges et de l’augmentation du nombre des diplômés au Québec, une vague de jeunes professeurs-chercheurs trentenaires déferle dès à présent dans nos universités.Bien que jugée conséquente aujourd’hui — elle reste difficilement quantifiable dans le domaine spécifique de la recherche —, enseignants, recteurs et leurs syndicats s’accordent à dire qu’eDe devra être plus importante encore dans les années à venir.D faudra en effet pour la nouvelle garde assurer la succession de ses prédécesseurs, nommés en masse dans les années 19Q0 et aujourd’hui sur le déport A l’Institut national de recherche scientifique (INRS), ce centre public québécois limitant son enseignement aux deuxième et troisième cycles, 28 de ces nouveaux venus ont déjà obtenu leurs postes l’année dernière, alors que le rythme de renouvellement se limitait jusque-là à une dizaine d’emplois.C’est notamment le cas du Dr Alain Lamarre, titulaire de la Chaire Jeanne et J.-Louis Lévesque en immunovirologie, qui travaille sur les mécanismes de défense immunitaire contre les virus pathogènes (SRAS, sida, hépatite C) au sein de l’Institut Ar-mand-Frappier de l’INRS, à Laval.L’infùiiment petit Captivé par la nature, inspiré durant son baccalauréat par le I> Couillard, un professeur aux cheveux gris et à la pédagogie efficace, à 20 ans, le jeune Alain Lamarre s’est découvert une passion pour l’infiniment petit D a alors poussé ses études, en dépit de notes qu’il jugeait moyennes.Un premier stage en laboratoire, effectué avant sa maîtrise, achève de le convaincre qu’il s’agit d’une vocation.Il a dû prendre son mal en patience, les études scientifiques étant longues et difficiles.Baccalauréat maîtrise, doctorat stage post-doctoral on ne devient professeur-chercheur qu’au terme de 11 années d’études, en moyenne.Une période durant laquelle les contraintes sont énormes.D’abord financièrement Les étudiants, présents dès la maîtrise dans les laboratoires, touchent des émoluments plutôt faibles, de l'ordre de 12 000 $ par année, puis jusqu’à 17 000 $ au moment du doctorat, quand ils travaillent à temps plein au sein du laboratoire.«Des bourses plus conséquentes peuvent être allouées, mais ça n’a rien de systématique et il peut même arriver parfois que des étudiants ne soient pas payés.Une chose est sûre, on ne choisit pas cette carrière pour l’argent», plaisante le professeur Lamarre.Au cours de cette même période, les étudiants découvrent ce qui deviendra leur Graal: les publications.Lors de leurs travaux, ils communiquent les résultats obtenus dans des journaux spécialisés dont l’importance et le sérieux sont déterminés par leur «facteur d’impact», une statistique annuelle du nombre de citations de l’article (Nature et Science sont parmi les mieux loties sur ce plan).«Cest “publish or perish” (publie ou périt)», souligne M.Lamarre.La formule est dure, mais proche de la réalité.Au yeux de ses pairs, le CV d’un chercheur se résume bien souvent à ses publications.Elles conditionnent aussi son avenir auprès des organismes accordant les bourses.les subventions.ou les postes! Comme par exemple lorsque, à la fin de son doctorat après la rédaction d’une thèse sur son projet scientifique et sa «soutenance», c’est-à-dire sa présentation en public devant un jury, le chercheur se met en quête d’un laboratoire pour effectuer son stage post-doctoral.Pour espérer l’obtenir, les docteurs fraîchement émoulus doivent s'exiler, en Europe ou aux États-Unis, afin d’affiner leur expérience.Pour M.Lamarre, ce sera la Suisse.Sa sollicitation de post-doctorat aidée par de bonnes publications, le conduira dans un laboratoire de Zurich dirigé par un médecin, le Dr Rolf Zinkernagel, qui allait devenir prix Nobel de médecine peu de temps après avoir accepté le tout nouveau docteur québécois, en 1996.Infiniment vaste «Cest une ouverture sur de nouvelles techniques, sur d'autres équipes, c’est très important», note Isabelle Laurion, autre jeune pro-fesseure-chercheure au Centre Eau, Terre et Environnement de l’INRS à Québec, spécialisée dans l’étude des effets du changement climatique.Sous la gouverne de leur nouveau directeur de laboratoire, ceux qui possèdent déjà entre quatre et six années d’expérience en recherche achèvent leur transition du statut d’étudiant à celui de chercheur, en apprenant notamment à encadrer les novices.Une expérience qui leur est profitable pour amorcer un retour au pays.Pour les volontaires au poste de professeur-chercheur, reste toutefois une étape: la sélection rigoureuse menée par le jury de l'institut dans lequel ils se présentent Mais l’offre, de plus en plus large, ne garantit pas pour autant l’accession à un poste! Mais, une fois le poste obtenu, leur carrière d’enseignant vient s'ajouter à celle de chercheur.Une transition qui ne va pas toujours de soi: «Je ne me sens pas encore professeur, je suis mal à l’aise lorsque l’on m’appelle docteur», confesse dans son bureau tout neuf Alain Lamarre.Pourtant son travail consiste en grande partie à diriger des étudiants, à rédiger leurs projets et à corriger leurs articles, ainsi qu’à donner des cours.«Un aspect nouveau dont je n'avais pas conscience: c’est très difficile de superviser correctement ses étudiants, d’autant que nous manquons de temps pour nous intéresser à la pédagogie», affirme pour sa part Isabelle Laurion.Toujours présent Autre obligation prenante: la quête de subventions, qui réclame un temps colossal, surtout pour la mise en place du laboratoire.«Cest vital, et n’allez pas croire que tout le monde en reçoit, il n’y a rien d’automatique püque Federico Rosei, physicien, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en matériaux organiques et inorganiques nanostrudurés.Entre toutes ces activités, difficile de cerner le travail quotidien de ces «débutants».«En fait, il n’y a pas de journée type pour nous.Mes étudiants peuvent m’accaparer, je peux avoir des cours à donner, discuter avec mes collègues, préparer un séminaire à l’étranger.» [Depuis qu’il a publié dans Science, l’une des revues au facteur d’impact le plus élevé, le professeur Rosei est très demandé!] Des journées qui durent parfois 12 heures et qui peuvent se prolonger en fin de semaine.«La question se pose alors de savoir comment construire une famille dans ces conditions?», s’interroge la P' Laurion.11 faudra bien y répondre dans un avenir proche car les femmes, en particulier, sont peu représentées dans le milieu scientifique, alors même que la durée de leurs études s’est rallongée ces dernières aimées.En attendant, assis derrière son bureau, le P Lamarre dont les cheveux très légèrement grisonnants ne masquent pas l’évidente jeunesse, sourit «Au tout début, j’imaginais les chercheurs en blouse blanche, assis à leur paillasse pour faire des expériences.Cela dit, je crois avoir beaucoup plus d’impact en concevant des projets et en les dirigeant comme je le fais.Im contrepartie de tout ce travail reste notre totale liberté de choix dans nos projets» • c L’Université d’Ottawa, l’un des chefs de file parmi les universités à forte vocation de recherche au Canada, est un lieu où les idées s’affrontent et où l’innovation rayonne.C’est un environnement qui favorise la créativité.La recherche à l’Université d’Ottawa permet d’améliorer la qualité de vie des Canadiens et des Canadiennes et d’assurer la compétitivité du Canada dans le monde.Université d’ ^University of _ Ottawa L’Université canadienne www.uottawa.ca a Nous brillons par nos recherches : xÆÆLu/j* : ’ Nttiti Classée parmi les dix plus grandes universités de recherche au Canada, l'Université Laval offre un environnement exceptionnel de recherche à tous ceux et celles qui ont la passion de faire avancer les connaissances • Première université francophone en Amérique • Plus de 225 chaires, instituts, centres et groupes de recherche • Plus de 1 200 chercheurs • Environ 170 programmes de formation dont plusieurs avec Profil international • 270 millions de dollars en fonds de recherche • Bourses, stages, programme études-travail et soutien financier à la réussite Jetez un éclairage nouveau sur votre avenir Visitez le site www.ulaval.ca ou composez le (418) 656-2131 poste 2764 ou le 1 877 7ULAVAL pour découvrir le large spectre de possibilités qui s’offre à vous aux 2 et 3 cycles.[nini UNIVERSITÉ IP LAVAL HirdTlIJl ( )lk'K\ LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2003 G 6 RECHERCHE UNIVERSITAIRE Changements climatiques Un avertissement venu du Nord La rencontre de 145 chercheurs répartis dans 41 universités canadiennes et étrangères ArcticNet est un énorme projet: en quatre ans, 25,7 millions de dollars y seront investis.Si les spécialistes du Sud se déplacent vers le Nord, cette fois ce n’est pas pour y trouver du pétrole, mais pour y analyser les transformations climatiques.Réchauffement planétaire oblige! MARYSE CHOUINARD T e Grand Nord, c’est notre ca-"Ljnari des changements climatiques, dit Wayne Pollard, directeur des stations d’observation arctiques et subarctiques de l’université McGill Ce qui s'y passe est un bon indice de ce qui nous guette au sud!» Le professeur de géologie et de géographie s’intéresse aux effets du réchauffement planétaire sur le pergélisol cette couche de sol nordique gelée en permanence.Jus-u’à tout récemment, des travaux e recherche comme les siens étaient sous-financés.«Quand il était question de prospection pétrolière dans le Grand Nord, dans les années 1960 et 1970, c’était facile d’avoir des fonds, raconte-t-il.Mais depuis quinze ans, on observait un grand déclin du nombre de chercheurs, au point que l’expertise menaçait de se perdre.» En août dernier, le gouvernement du Canada, qui a compétence sur le tiers de l’Arctique, décidait d’inverser la tendance en investissant sur quatre ans 25,7 millions dans ArcticNet.Le projet, piloté par l’Université Laval, vise à étudier l’impact du réchauffement global sur l’Arctique.Il impliquera 145 chercheurs provenant de 41 universités canadiennes et étrangères.Le savoir des Inuits mis à contribution Depuis une dizaine d’années, les Inuits observent avec inquiétude les importantes mutations de leur milieu.L’Arctique se réchauffe à l’ouest, mais se refroidit à l'est Des tempêtes de verglas, autrefois inconnues, y sévissent.Les ours et les lièvres polaires éprouvent des difficultés à s’y nourrir.ArcticNet s’intéressera à l’impact des changements du climat et des espèces sur les communautés et au développement de stratégies d’adaptation.«Nous, les spécialistes de l’environnement, on commence à avoir une bonne idée de ce qui va se passer dans l’Arctique, explique Louis Fortier, professeur d’océanographie à l’Université Laval et directeur scientifique du projet.Mais c’est une connaissance peu mise en pratique.Ça n’aide pas les gens qui vivent là à se préparer.» Les chercheurs d’ArcticNet collaboreront donc étroitement avec les habitants du Grand Nord pour mener à bien leurs études en sciences naturelles, sociales et médicales.«Cest important que les Inuits participent.Cest leur vie qui va être bouleversée», explique Dominique Ber-teaux, titulaire de la Chaire de recherche en conservation des écosystèmes nordiques de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).Par exemple, ce chercheur fera appel aux chasseurs et aux trappeurs du Grand Nord pour déterminer dans quelle mesure le renard roux menace la niche écologique de son cousin le renard argenté.Encouragés par la hausse des températures, les renards roux s’aventurent en effet de phis en plus au nord.Le professeur Berteaux en a observé aussi loin que sur lie Bylot, au nord JOSE AGURTO REUTERS L’Arctique se réchauffe à l’ouest, mais se refroidit à l’est Des tempêtes de verglas, autrefois inconnues, y sévissent Les ours et les lièvres polaires éprouvent des difficultés a s’y nourrir.de la terre de Baffin.En Scandina- vie, ce phénomène a mené à la qua-si-extinction du renard argenté.Ces mutations de la faune affecteront éventuellement l’alimentation traditionnelle des Inuits.Le béluga, le morse, le phoque.toutes ces espèces sont susceptibles d’êtres déplacées ou de disparaître.«L’alimentation traditionnelle représente encore 30 % de la nourriture consommée au sein de certaines communautés», explique Murray Humphries, professeur adjoint d’études de sciences naturelles à l’université McGill.Dans le cadre de ses recherches, qui visent à diminuer l’impact médical et biologique d’un changement de diète, il recueillera les observations et les inquiétudes des aînés.Un pays averti en vaut deux L’intérêt du Canada n’est pas exclusivement lié au bien-être des communautés du Nord.L’ouverture de l’Arctique au transport maritime intercontinental et l’impact économique des changements environnementaux sont aussi des thèmes abordés par ArcticNet.«On veut diminuer l’impact, mais aussi profiter des opportunités, dit le directeur scientifique Louis Fortier.D’ici 2040, l’océan Arctique sera à peu près libre de glace l’été dans le passage du Nord-Ouest.Ça va changer la face géopolitique et commerciale de l’hémisphère Nord.Le trafic intercontinental va se déplacer du canal de Panama au passage du Nord-Ouest.Ça risque de soulever la vieille question de la souveraineté du Canada sur l’Arctique.» Un des principaux défis de la recherche nordique est, selon le professeur Humphries, l’éloignement de la cause et de l’effet dans le temps, qui rendent parfois difficile d’attribuer seulement au réchauffement planétaire tous les changements observés.«Cest comme se regarder dans le miroir et se demander quand on va se voir vieillir, confirme le professeur Berteaux.C’est très graduel, parfois trop pour vraiment identifier la source du problème.» Réseautage Pour se faciliter la tâche, les chercheurs d’ArcticNet se partage ront les observations recueillies dans le cadre de leurs disciplines respectives.«Je m’intéresse aux changements climatiques dans l’Arctique et à ses manifestations extrêmes: pluie verglaçante, hausse des tempêtes, force des vents, dit Ron Stewart, titulaire de la Chaire de recherche en températures extrêmes de l’université McGill Mon collègue Wayne Pollard se préoccupe du pergélisol.On va se partager l’information sur notre principal point en commun: la glace!» Commun au sein d’une même institution, ce réseautage est par contre, entre les différents centres, une innovation.«Généralement, on travaille les uns contre les autres, observe Wayne Pollard.Le fait de travailler ensemble augmentera la productivité.» De cette manière, croit-il, le Canada augmentera sa «crédibilité».Le domaine, disons-le, colle à son image internationale.«Quand on assiste à des rencontres internationales, dit le professeur Stewart, de quoi s’attend-on que le Canada parle?De froid et de glace.Quoi de plus naturel, pour le Canada, que de s’intéressera son pôle?» Est-il pessimiste pour ArcticNet d’adopter une optique adaptative, comptant sur des bouleversements inéluctables?«On n’a pas le choix d’être pessimiste, répond le professeur Berteaux.Toute notre économie est basée sur la croissance, la consommation et la hausse d’énergie nécessaire à la consommation, qui mène au réchauffement.» Le directeur scientifique du projet prend la chose avec un grain de sel «Je n’aurais pas aimé vivre il y a 18 000 ans avec la calotte glacière qu’il y avait, blague Louis Fortier.Le climat qu’on a maintenant est bien meilleur pour nous.» D ne dirait tout de même pas que les effets du réchauffement global sur le climat sont positifs?«Je ne trouve ça ni Positif ni négatif, répond-il en homme de science./e trouve ça fascinant.» SANTÉ Mieux comprendre pour mieux agir L’UQAM abrite un centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie Au Québec, le suicide représente la première cause de décès chez les hommes de 20 à 39 ans.Depuis la fin des années 1970, leur nombre a augmenté de 25 % chez les femmes et de 78 % chez les hommes.Le suicide de ces derniers totaliserait 80 % de tous ceux perpétrés sur le territoire québécois.Un phénomène étudié et suivi de près par le Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie (CRISE).ULYSSE BERGERON Créé à la demande d’étudiants en psychologie de l’UQAM, le CRISE poursuit encore aujourd’hui l’objectif qu’il s'était fixé à ses débuts.«On cherche à comprendre le phénomène afin de contribuer à la prévention du suicide et de réduire ses impacts», souligne d’entrée de La recherche qui donne des résultats ri 'i *i Avec ses 17 chaires, dont cinq nouvelles en 2003, et ses 24 centres et groupes de recherche, pas surprenant que HEC Montréal soit la seule école de gestion en Amérique du Nord à détenir le triple agrément international.Pour augmenter vos connaissances sur le sujet, rendez-vous à www.hec.ca/recherche H€C MONTfŒAL Apprendre et entreprendre HEC Montréal est la seule école de gestion en Amérique du Nord à détenir cette triple reconnaissance Internationale hautement convoitée jeu François Chagnon, un assistant-directeur du CRISE et chercheur en psychologie.Jusqu’en 1997, année de sa création, aucun institut universitaire québécois n’étudiait spécifiquement les comportements autodestructeurs.Les chercheurs qui s’y intéressaient venaient de divers domaines et étaient relativement isolés, car aucune infrastructure n’appuyait de façon permanente leurs recherches.Pourtant selon M.Chagnon, le suicide nécessite une attention et une approche particulières en raison de sa complexité.«R survient dans un univers complexe où plusieurs causes peuvent être identifiées et sont à considérer», avance-t-il en prenant pour exemples les facteurs personnels et circonstanciels (problème d’adaptation, décès, rupture) et les prédispositions sociales et biologiques (dépression, situation économique difficile, antécédents familiaux) pouvant influencer le comportement humain.Cette complexité explique l’intérêt de diverses disciplines pour le sujet Des sociologues, anthropologues, psychologues, psy- chiatres et spécialistes des neurosciences s’impliquent activement auprès du CRISE et contribuent à la réalisation de projets.«H fallait absolument mettre en place une collaboration interdisciplinaire pour avancer en recherche et en prévention du suicide.» Une subvention de 1,2 million Le CRISE recevait au mois d’août dernier une subvention de 1,2 million de dollars, répartie sur six ans, de l’Institut de recherche en santé du Canada (IRSC).Le montant, qui s’ajoute à d’autres subventions, devrait permettre au CRISE d’offrir une formation post-doctorale multidisciplinaire «unique au monde» ainsi qu’un institut d’été sur la prévention du suicide.«Il s’agit de pouvoir assurer la formation de chercheurs de différentes disciplines qui deviendront très spécialisés dans le domaine du suicide», résume François Chagnon.Selon le CRISE, cette formation devrait inciter les étudiants et les chercheurs à développer une approche pluridisciplinaire.«Donc, te doctorat en criminologie à rilniversité d’Ottawa : au carrefour de la recherche en politiques criminelles Le programme de doctorat en criminologie à l’Université d’Ottawa : - spécialement axé sur ta création et la réforme des politiques criminelles au Canada.Le Département de criminologie de l’Université d’Ottawa : - le seul département de criminologie bilingue au Canada; - un observatoire privilégié des mécanismes politiques à l’œuvre en matière de justice criminelle et de lutte à la criminalité.Département de criminologie de l’Université d’Ottawa 25.rue Université Ottawa ON K1N6N5 Tél.: (613) 562-5304 crimino@uottawa .ca www.sciencessociales.uottawa.ca/crm Université d* jftfc ^University of Ottawa L’Université canadienne www.iiottawa.ca quelqu’un qui est en génétique va également devoir penser le suicide à travers un prisme sociologique», explique l’assistant-directeur.Dans le cadre de l’Institut d’été, le CRISE ouvrira des programmes où des sommités canadiennes et internationales auront l’occasion de collaborer lors de séminaires de courte durée.Cette formation créditée aura pour objectif de permettre aux universitaires de peaufiner leurs connaissances sur des aspects bien circonscrits du suicide.Le soutien financier prendra également la forme de bourses et permettra aux bénéficiaires d’assurer les dépenses des séjours à l’étranger lors de stages internationaux, ainsi que la mise en place d’une technologie qui permettra au CRISE d’être constamment en lien avec ses collaborateurs canadiens, américains, français et australiens.Car les partenariats sont nombreux Ils s’opèrent d’ailleurs avec des centres de recherche reconnus mondialement tels que l’Australian Institute for Suicide Research and Prevention et le Center for the Study and Prevention of Suicide de l’université de Rochester.De la théorie à la pratique Comprendre pour agir, et ainsi prévenir efficacement pour réduire le nombre de suicides au pays et dans la province: voilà le réel défi du CRISE.Pour cette raison, le centre collabore étroitement avec un nombre non négligeable d’organismes communautaires tels que le Centre d’écoute et de référence Halte-Ami, Suicide-Action Montréal, et divers CLSC et centres régionaux de prévention du suicide.«Si on peut mobiliser les différents acteurs sociaux et agir en même temps sur le plan des valeurs, de la législation, des connaissances et de-l’éducation, on est convaincu qu’il est possible de réduire considérablement le suicide», avance M.Chagnon.Il cite comme exemple de réussite cette mobilisation opérée depuis un certain nombre d’années pour contrer le nombre d’accidents de la route: les résultats sont probants.«On a fait campagne de publicité sur campagne de publicité.On s’est attaqué à l’alcool au volant et à la vitesse.Cela a fonctionné.H s’agirait de faire quelque chose de semblable pour contrer le suicide», souligne-t-il Si le CRISE n’hésite pas à prendre position contre le suicide, il en est autrement pour l’euthanasie.M.Chagnon explique que le CRISE cherche présentement «à mieux comprendre ses caractéristiques, à mieux cerner la pratique.Les connaissances sur l’euthanasie sont souvent erronées.Qu’est
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.