Le devoir, 11 octobre 2003, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2003 THÉÂTRE Brassard accouche le dernier Tremblay Page E 5 * i CINÉMA Un Tarantino à l’hémoglobine Page E 12 ?LE DEVOIR ?ULTURE Y\;’i JEAN-PIERRE MULLER AFP ¦ Pour celébrer le 40 anniversaire île la mort de Jean Cocteau, le Théâtre de la Névrose1 propose une sérié d’événements au Théâtre La Chapelle.Autoportrait de l’artiste français Jean Cocteau.Il s’agit d’une œuvre tirée de l’exposition intitulée Jean Cocteau sur le fil du siècle, au Centre Georges-Pompidou à Paris.Une exposition que l’on pourra voir à Montréal à compter du printemps prochain.Voir nos autres textes en pages E 2 et E 3 Cocteau a tout fait: du théâtre, de la poésie, du cinéma, même des dessins, dont tout le monde peut reconnaître facilement la ligne bien particulière.Fou magnifique et inclassable, il a flirté avec les cubistes et frayé avec la mouvance surréaliste.Son nom est associé, aussi, à ce que l’on appelle «la musique contemporaine» depuis le début du siècle dernier.Au moment où Paris se remet à l’heure Cocteau, on revient à lui ici par le biais du théâtre.De La Voix humaine, plus précisément, dont Stéphane Saint-Jean propose une mise en scène audacieuse.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR est en 1930 que La Voix humaine a été créé à la Comédie-Française.Iconoclaste, Cocteau étonna tout le monde en choisissant la forme de la pièce en un acte pour un téléphone et un personnage, une femme, l’archétype même de toutes les femmes trompées et abandonnées, «sedutta i abandonnais.Seule dans une chambre, devant un lit défait, cette femme parie au téléphone à un homme dont on n’entend jamais la voix.Depuis la création, le rôle a séduit un impressionnant éventail de comédiennes célèbres, même si la pièce n’est certainement pas une des plus jouées de Cocteau.Presque 30 ans plus tard, en 1958 plus précisément, le compositeur Francis Poulenc tirait de La Voix humaine une tragédie lyrique en un acte — en pensant à la Callas, dit-on — qui figure au répertoire mondial comme l’une de ses œuvres les plus achevées.Et aujourd’hui, alors que les hasards du calendrier font que le texte que vous êtes en train de lire est publié le jour même du 40" anniversaire de la mort de Cocteau, le Théâtre de la Névrose! met la dernière main à toute une série d’événements or-bitant autour de la présentation de.La Voix humaine.Le tout se passera au Théâtre La ChapeUe, du 15 octobre au 1" novembre.Et on vous souligne tout de suite un petit détail étonnant la production met en scène neuf comédiens.Un gars, huit filles •Cest un flash que j'ai eu en relisant le texte, explique le jeune metteur en scène Stéphane Saint-Jean.Pour moi, le fait de faire jouer ce rôle par neuf comédiens accentue l’anonymat du personnage.Comme si cet anonymat qui le caractérise déjà s’en trouvait ainsi multiplié.» On ne verra toutefois pas neuf personnages différents.D faut plutôt penser au chœur de la tragédie grecque — *que Cocteau adorait, on le sait», précise le metteur en scène.Qui poursuit "Concrètement, j’ai découpé le texte en neuf parties, comme une partition.Les neuf comédiens sont égaux.Ce sont neuf des voix de ce personnage ano- nyme qui se dévoile dans ses contradictions.Mais il n’était pas question d’identifier une voix à un type de sentiment ou de situation, non.Les comédiens parlent tous du même souffle: celui de la femme qui est là, seule et multiple d la fois.Ce qui compte pour moi, c’est d’abord l’émotion qui passe dans la simplicité et la profonde humanité du texte, pas le contexte socio-machin ou les causes profondes du psychodrame qu’est en train de vivre le personnage.» Neuf comédiens donc, un gars et huit filles, qui forment un chœur et qui sonnent cotmne un cœur qui respire.Dans cette quatrième production du Théâtre de la Névrose! —jusqu’ici, on en connaissait surtout White Trash, im texte de Saint-Jean ayant été en nomination pour le Masque du meilleur texte en 2000 — Stéphane Saint-Jean a rejeté d’emblée l’approche psychologique, pour plutôt essayer de transmettre et de faire vivre un esprit, une esthétique, une ambiance.Cocteau."Je pense que le spectateur ne pourra pas vivre le spectacle avec sa tête, dit-il, et qu’il devra plonger dans sa sensibilité.Ce ne sont surtout pas des personnages réalistes qu’il verra sur scène.Rien d’ailleurs n'est réaliste dans le spectacle: les costumes s’inspirent de l'esthétique de Cocteau et, de la même façon, le décora l’aspect dépouillé de la tragédie grecque.R n'y a pas beaucoup de concret ici, sauf les mots de Cocteau et les voix qui les portent comme une sorte de prière.Ce que je souhaite, c’est qu’on soit imprégné par le spectacle; qu'on s'abandonne à la musique des mots.» Le projet Cocteau La présentation de La Voix humaine est, pour le Théâtre de la Névrose!, l’occasion d’ouvrir considérablement ses horizons puisqu’elle vient s’encastrer dans «Envisager Cocteau», une série d’événements répartis au fil des deux semaines de représentations au Théâtre La Chapelle.La petite compagnie, issue d’un groupe de finissants (1997) de l’option théâtre du Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse, s'est jus- r"ci donné le mandat d’investir s la création, et La Voix humaine est sa première incursion dans VOIR PAGE E 2: COCTEAU «Ce que je souhaite, c’est qu’on soit imprégné parle spectacle»* DANSE Un conte à dimension humaine Les Grands Ballets canadiens de Montréal commandent leur deuxième création en 40 ans.Après La Dame de pique, voici Celle qui dit-on aurait perdu sa chaussure [Cendrillon], du chorégraphe belge Stijn Celis.FRÉDÉRIQUE DOYON Dans l’intention de remettre la jeune création au programme des Grands Ballets canadiens (GBCM), le directeur artistique Gradimir Pankov a commandé son deuxième ballet pour la compagnie.Après avoir sollicité le chorégraphe britannique, il s'adresse cette fois au Belge Stijn Celis, qui avait déjà livré la création de Noces l’an der- nier.Par son titre, Celle qui dit-on aurait perdu sa chaussure [Cendrillon] laisse déjà présager un conte chorégraphique remanié, dont les enjeux ne sont plus les mêmes.Noces révélait l’art de Celis de subvertir la convention sociale du mariage, de lui retirer ses couches de vernis pour en révéler le noyau dur mélange d’idéalisme bâclé de mensonge et de factidté, mais présenté avec humour.Sa croisade visant à remettre en question les valeurs qui guident nos vies se poursuit en quelque sorte avec Cendrillon, d’autant plus que les deux œuvres partagent des éléments communs: la famille et le mariage.Dans ses grandes lignes, l’histoire n’a pas véritablement changé: Cendrillon tombe amoureuse d’un prince, et des obstacles (la belle-fa-mille, les différences de classe sociale) se dressent sur le chemin du mariage."Les personnages principaux du conte sont conservés, mais on a réécrit l’intrigue, explique le chorégraphe.Ça traite d’amour, mais du point de vue du développement personnel, du fiiit d’entrer dans le monde adulte.Et on a notre propre interprétation du bal, des souliers, de la relation avec le père ou la mère de Cendrillon.» Celle-ci n’est plus victime d’un sort auquel elle échappe grâce à la magie, mais elle décide plutôt de prendre son destin en main.•Elle a une force intérieure qu’il [le prince] n'a pas encore découverte, fait valoir le chorégraphe.Et il aura à faire ses preuves, à la fin du deuxième acte, pour se prouver qu’il peut décider de prendre sa vie en main.R échouera d’abord.Puis, il aura une dernière chance, et c’est là que la magie entre en jeu.» Toutefois, il n'y a rien de surnaturel dans cette magie."Cest une VOIR PAGE E 2: CONTE JACQUES GRENIER U DEVOIR \ 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2003 E 2 CONTE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Cells passe véritablement son message à travers sa danse, dont le style tranche avec la tradition des ballets narratifs ainsi qu’avec les précédentes versions du ballet Cendrillon.SUITE DE LA PAGE E 1 magie beaucoup plus humaine», souligne-t-il.D s’agit plutôt de l’expression de la force de nos désirs et de notre volonté, parvenant à triompher de nos faiblesses.Son dramaturge, Janek Ruzicka, précise: »La magie sera surtout une métaphore de ce qu'on expérimente émotivement quand on s'engage dans quelque chose ou quand quelque chose se brise en soi.» Exit, donc, la transformation du carrosse en citrouille, du vêtement pauvre en robe de bal, et le soulier qui ne fait qu’au pied de Cendrillon.Le bal des fiançailles princières n'est qu’une futile journée royale.«Comme le jour de la reine en Hollande: tout le monde fait la fête, mais fondamentalement, il n’y a pas d’autre sens à cette fête, c’est une opération de relations publiques», critique Celis.Même le coup de foudre est évacué.«Pour moi, c’est plutôt de l’opportunisme, précise le chorégraphe.C’est là qu’interviennent le fatalisme et le manque sur lesquels est basée l’action.Le prince a besoin de sentir la présence d’une femme comme Cendrillon à ses côtés, parce qu’il n’y a personne comme elle dans la société.Ils réagissent selon leurs besoins.» Est-ce à dire que son Cendrillon est cynique?«Je ne crois pas que c’est du cynisme, mais plutôt de la probité, une honnêteté radicale, rectifie le dramaturge.Il veut dire quelque chose, alors il le dit de manière directe, sans détour.Et je crois que c’est vraiment courageux.» Bien que ce message semble à première vue facilité par le recours à la narration, Celis y voit plutôt un grand défi qu’il se plaît à relever.«C’est ce qui est le plus difficile à faire en danse», sou- lève-t-il.Et Janek Ruzicka de préciser «Legrand danger de la narration, c’est de chercher à illustrer l’histoire dans la danse.Il ne faut pas raconter l’histoire, mais plutôt l’impact émotionnel de l’histoire.C’est très exigeant.» En fait, Celis passe véritablement son message à travers sa danse, dont le style tranche avec la tradition des ballets narratifs ainsi qu’avec les précédentes versions du ballet Cendrillon, celle de Marius Petipa (1930), de Frederick Ashton (1948) et de Noureev (1986).Plus fidèle à la musique de Prokofiev en ce sens, sa gestuelle puise dans l’expressivité des formes brutes, coupant court au raffinement et à la fluidité stylistique du ballet «Je veux parvenir à dire quelque chose dans ma pièce, mais de manière viscérale, directe, pas intellectuelle, d’où le travail plus saccadé.J’aime beaucoup montrer le côté dysfonctionnel des choses.Selon moi, les seules choses fonctionnelles dans la société sont basées sur une règle sur laquelle on s’est tous entendu.» Celis rejoint ainsi le conte de fées originel, où les pulsions dictent l’action et que les versions successives ont peu à peu édulco- ré.D’où le choix de revisiter cette forme fondamentale de la littérature (et du ballet).«Le conte a un attrait universel parce qu’il traite de choses puissantes: l’amour, le pouvoir», rappelle-t-il.CELLE QUI DU ON AURAIT PERDU SA CHAUSSURE [CENDRILLON] Stijn Celis, pour les Grands Ballets canadiens de Montréal les 16,17,18,22 et 23 octobre au théâtre Maisonneuve COCTEAU «Il y a déjà un an et demi que nous travaillons au projet Cocteau, en espérant que tout le monde n'aurait pas la même idée que nous» Récital D’Orgue Organiste I» » I» 1» I» I» » M.PATRICK WEDD » l» t» Chapelle des Frères Maristes t> 14, Chemin des Patriotes Est I» a> t» a> » t» & »_________________________ fuirai liirt ¦ Prtjtclitt tir écrit St-Athanase (autoroutes 10 et 35) Dimanche le 12 octobre i 20 h 00 SUITE DE LA PAGE E 1 les plates-bandes du théâtre de répertoire.Question de faire le lien avec la vocation première de la compagnie, la joyeuse bande de La Névrose! a mis le paquet en demandant à de jeunes auteurs, à des cinéastes et même à des étudiants de participer à «Envisager Cocteau».Stéphane Saint-Jean explique.«Il y a déjà un an et demi que nous travaillons au projet Cocteau, en espérant que tout le monde n’aurait pas la même idée que nous.Nous avons procédé par ateliers et, après nous être mis d’accord sur le choix de la pièce, nous nous sommes inspirés de l’une de nos façons de travailler [l’événement bisannuel «Des nouvelles de la Névrose!»] pour souligner l’importance et la richesse de l’œuvre de Coc- Porto, musique et chocolat LES VIOLONS DU ROY 5%- .Les.Lundis âl classiques ^ du Rideau Vert diredion .irlistiquo île I R Wt l\l CHABOT 20 octobre 2003 *1 l‘> h >0 M0REL-NEMISH Pianistes duettistes Musique russe Gavriline, Tek herskv Rachmaninov Billet individuel.I ludianls L’ s Nines IS S THÉÂTRE DU RIDEAU VERT V > Abonnements (514) 844-1793 www.rideauvei1.qc.ca 4664, rue Saint-Denis, Métro Laurier tenu à l’occasion du 4(ï anniversaire de sa mort.» Le Théâtre de la Névrose! a donc remis à 12 auteurs dramatiques une image et une citation de Cocteau, en leur demandant d’écrire une nouvelle inspirée de ces éléments, différents chaque fois.Ces textes seront lus les lundis 20 et 27 octobre au Théâtre La Chapelle.La jeune équipe dirigée par Stéphane Saint-Jean a poursuivi en proposant le même défi à six jeunes cinéastes: on pourra voir les courts métrages qu’ils ont tirés de leur image et de leur petit bout de texte, les mardis 21 et 28 octobre.Et du mercredi au samedi, La Voix humaine prend toute la place.Au Théâtre La Chapelle, on a tout de suite aimé l’idée d’un événement d’importance autour de ce 401’ anniversaire, et la petite salle devient ainsi le foyer de toutes les activités Cocteau entre le 15 octobre et le 1er novembre.La Névrose! a même concocté un volet scolaire pour son projet Ainsi, cinq ou six classes d’élèves du secondaire et du collégial se sont vu remettre un bout de la partition de la femme de La Voix humaine et.demander de la compléter par la voix de l’homme.D y a même un volet arts plastiques, dans le cadre duquel les élèves doivent partir de dessins ou d’autres techniques utilisées par Cocteau pour créer leurs propres oeuvres — les meilleures seront exposées dans le hall de La Chapelle.Rajoutez à cela de nombreux mini-ateliers sur Cocteau donnés dans les écoles et vous saisirez rapidement que ce 40r anniversaire de la mort de Jean Cocteau ne risque pas de passer inaperçu.On ne s’en plaindra surtout pas.|/\i~ f’Mhci s CôipV-oy nrp-rhiue IA ROME DES PRINCES 31 OCTOBRE 2003 :: 20h00 Concertos et sonates de Corelli, Scarlatti, Pasquini et Handel MESLANÇjES HARMONIQUES 30 JANVIER 2004 :: 20H00 Danses, fantaisies et chansons aux instruments de Lejeune, Guédron, Du Caurroy et Prætorius INVENZIONI STRAVAÇANTI 26 MARS 2004 :: 20h00 Canzonas, sonates et toccatas italiennes des débuts du Baroque SOURIRE FRANÇAIS 21 MAI 2004 :: 20h00 itV Humour en musique : Mouret, Corrette et Racot de Granval avec Isabelle Desrochers, soprano et Daniel Thonon, vièle à roue CONCERT BEATLES BAROQUE :: JOUER DANS L’ÎLE le 17 octobre 2003 à 20h00 Théâtre Mirella et Lino Saputo, Saint-Léonard, 514-328-8400 NOUVEAUTÉ :: AGIS &¦ GALATEA DE HANDEL CD double :: ATMA Classique BILLET SIMPLE 23$ :: 18$ :: 12$ PASSEPORT* 98$:: 78$:: 50$ *Un passeport donne droit il cinq entrées de votre choix Les concerts auront lieu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue St-Paul Est, Vieux-Montréal Pour information et passeports : LES BORÉADES DE MONTRÉAL T : 514.634.1244 :: www.boreades.com :: infoAboreades.com U: Devoir 3s «•»*) ¦aa ,0*4 SAQ -?- music action (ATlîîl ¦injçg- üTsEJiT Cocteau, le moi au chapitre PHILIPPE LANÇON LIBERATION Nul mieux que Cocteau n’a écrit sur Cocteau.Pour le connaître, il est donc inutile de lire l’énorme biographie hystérique que lui consacre Claude Arnaud {jean Cocteau, Gallimard).L’écrivain et artiste y devient la victime définitive: celle de l’affreux monde intellectuel parisien.Cocteau n’a pourtant pas si mal vécu; il avait beaucoup d’amis; son talent était reconnu; les clichés et les haines qui l’accablaient l’ont nourri.Mais, pris par une sorte de transe coctaldienne, Claude Arnaud en vient, avec les réserves de circonstance, à tout justifier.Son hé-ros-et-martyr a ainsi quasiment eu raison de tant dîner avec les Allemands pendant la guerre, puisqu’ils le protégeaient des collaborateurs français.Ceux-ci, en effet, insultaient et menaçaient l’homosexuel opiomane qu’il était De là à en faire un pauvre «occupé», il n’y a qu’un pas de l’oie, aisément franchi par l’auteur, avec cette question sous-jacente adressée au lecteur récalcitrant «Et vous, pendant la guerre, qu’auriez-vous fiait ?».Avec ce genre d’argument la responsabilité politique disparaît Les livres où Cocteau s’analyse et se décante suffisent pour le connaître et l’aimer.Ils ont le mérite des classiques; ils sont brefs, réduits à l’essentiel L’écrivain y concentre son talent ses souffrances et ce par quoi il fut littérairement moderne: une manière de s’exposer et de s’analyser par éclairs et morceaux choisis, devant tous, au fiir et à mesure de sa vie et de ses œuvres, en faisant de lui-même un happening existentiel permanent II ne se sculpte pas une fois pour toutes, comme André Breton, qui le méprisait II s’ébauche jour après jour, de l’enfance au tombeau.D apparaît comme un enfant triste, brillant et plein de chagrin, qui passe son temps à crier «Je ne suis pas celui que vous croyez»', mais aussi à penser «Je ne dois jamais être où ih m’attendent.» Aujourd’hui, cette attitude est répandue chez de nombreux artistes et écrivains: les regards qu’ils imaginent forment l’air qu’ils respirent.Aux époques de Cocteau, car il en a vécu plusieurs, cette attitude est neuve.«J’aime les autres, écrit-il, et je n’existe que par eux.Sans eux, mes balles sont perdues.Sans eux, ma flamme baisse.Sans eux, je suis fantôme.Que je m’éloigne de mes amis, fen cherche l’ombre.» De ses amis ou du public.Ses deux plus beaux livres, La Difficulté d’être (1947) et Journal d’un inconnu (1953), résument cette nouveauté; ils en sont le bréviaire.[.] Ce qui est au centre n’est plus tout à fait, comme dans la tradition classique, l’homme travaillé par les forces d’une société: c’est l’individu, c’est Cocteau, projeté dans le regard des autres.Jamais Cocteau n’est aussi juste, sec, rapide.11 effeuille sa phrase du «décoratif», du kitsch, des styles empruntés qu’il revêtait comme une femme du monde sortirait avec les bijoux des autres.Il les effeuille un peu, beaucoup, s’aimant à la folie et pas du tout Les ornements, il en a honte soudain: «Ils nous nuisent, car ils distraient de nous.» Or, de* quoi parler d’autre?Dans son féro-; ce journal des années 1952-54, le Passé défini (Gallimard), il justifie son œuvre par cette phrase de Goethe: «C’est en se serrant contre, soi qu’on touche des milliers d’âmes.A Cocteau touche d’autant plus qu’il se serre de près, qu’il abandonne, ses anges, ses rimes, ses artifices; et tout l’élégant savoir-faire du caj méléon mondain.Le résultat, ce sont d’abord de; magnifiques portraits des autres* Radiguet «Il grimaçait comme aie soleil.H sautillait dans sa démarche.On eût dit que les trottoirs lui étaient élastiques.» Nijinsky: «Bref, on n’aurait pu croire que ce petit singe aux cheveux rares, vêtu d’un pardessus à jupe, coiffé d’un chapeau en équilibre au sommet du crâne, c’était l’idole du public.» Gide: «R excellait à prononcer les syllabes de mots difficiles.R semblait les sortir de quelque citerne.» [.] Des mots à la littérature On dit souvent que ses phrases ne sont que les reflets de sa conversation: c’est faux.D’abord, ü n’est plus là pour parler.Ensuite, cette longue phalène, quand elle devient sobre, transforme ses «mots» en littérature, les réduisant à leur virtuosité utile.Us ont alors l’élégance nue.On retrouve cette concision dü cœur et ce sens du trait dans les Portraits-souvenirs, consacrés aq monde de son enfance, et dans le.Cordon ombilical, ultime analyse de lui-même et bel acte d’autodéfense, publié un an avant sa mort.[.]) Plus Cocteau est autobiographique, meilleur il est sans taux-semblant, carton-pâte et masque de mousseli-.ne.On retrouve le bric-à-brac dans ses autres livres.Ses poèmes ont leurs admirateurs.On peut sauver^ certains vers de Clair-Obscur, du Requiem et de l’étrange et cubiste Crucifixion-, quand il unit brutale-' ment des images, comme les clas-| siques espagnols, sans se soucier, du lien entre elles.Le reste dit temps, ce sont des bouts-rimés existentiels où les facilités abon-' dent.Il s’en dégage une idéq vieillotte et emphatique du «poète».[.] Il ne fait que des pastiches sentimentaux dans lesquels il se suicide avec d’élégants couteaux à pois( son.En quoi il correspond à l’idée pompeuse que beaucoup se font de la poésie: étoile aux lueurs académiques et à la révolution confortable.Dans une lettre adressée a, Claude Roy, il traite Henri Michaux et Jules Supervielle de «minus».C’est un aveu: Us n’ont ni l’argente-' rie ni l’acrobatie superficieUe de ses propres strophes.Mais Us sont, teïïement plus présents.C’est finalement son ami Jean Genet qui, sans parler de lui, a le mieux résumé son talent et ses ü-mites: «Le brillant est tolérable lors-_ qu’il s’agit de diamants taillés ou dé ciselures travaillées.La multiplicité des surfaces, leur enchevêtrement, donnent la profondeur.Sinon, il ne, faut pas craindre d’être terne et d’entrer dans la nuit.» Cocteau n’a jamais pu s’y résoudre.QHCa Société de musique conlemporai: du Québec Walter Boudreau, directeur artistique 38e SAISON 2003 -> 2004 ACTIONS DE GRÂCE, TRIO FIBONACCI SAMED111 OCTOBRE, 17 H ŒUVRES DE DUSAPIH, BOUUANE ET RtZZUTO (PRIX QUÉBEC-FLANDRE 2002) LE CONCERT SERA SUIVI DU LANCEMENT DE 2 DISQUES SMCQ UWA18H 30.SALLE PIERRE-MERCURE (CENTRE PtERRE-PÉLADEAU) 300, BOUL DE MAISONNEUVE E.RÉSERVATIONS -> 514.967.8919 WLLETS-» RÉGIWBL 25$-»» ANS +12,50$ÉTUDIANTS 5 $ DEVENEZ MOURE DE LA SMCQ 514.843.9305 / www.srncq.qc.ca “tsa £ Québec SS Montré»!® U FmAmnm SOOUV T McGlLL Bum Cùurnqm* DesJardins |,g DEVOIR eut se montrer plus ingrat à ’égard d’un écrivain que ses personnages, une fois coupé le cordon ombilical qui les reliait à lui.Recréés par les lecteurs, disséqués par les critiques, incarnés par les acteurs, égarés dans des pays lointains, devenus des étrangers, ne reviennent-ils pas vers leur créateur pour lui reprocher de les avoir inventés?Ne l’abandonnent-ils pas lorsqu’on l’accable d’injures?Que l’écrivain soit même trahi par son propre personnage, double qu’il s’est forgé pour plaire à la société, cela Cocteau n’ose le dire explicitement.11 avoue toutefois qu’écrire est un art sans sujet, donc «une manière d’être» qui exige des amis plutôt que des admirateurs.Quand Jean Cocteau fait de l’encre le sang des poètes, il réinvente beaucoup plus qu’une simple métaphore.JEAN COCTEAU (1889-1963) Choix de Valérie Loth La Marünière / Xavier Barrai Paris, 2003,64 pages LE CORDON OMBILICAL Jean Cocteau Allia Paris, 2003,80 pages SOURCE GALLIMARD Cocteau de Paris à Montréal L’exposition Cocteau du Centre Pompidou s’installera à Montréal au printemps LE DEVOIR Du 6 mai au 29 août 2004, le Musée des beaux-arts de Montréal recevra en ses murs l’exposition Jean Cocteau: créateur universel, qui s’arrêtera sur les facettes multiples de la création de ce géant En collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, l’exposition est actuellement en montre à Paris jusqu’au 5 janvier 2004, sous le titre Jean Cocteau sur le fil du siècle.Celui qui fut écrivain, poète, cinéaste, dessinateur, peintre, scénographe, chorégraphe, photographe, dramaturge et animateur de la scène musicale française sera abordé à travers ses rencontres innombrables avec une foule de créateurs.Le «monde» de Cocteau est particulièrement peuplé: Pablo Picasso, Jean Ma- rais, Édith Piaf, Coco Chanel, François Truffaut, Man Ray, Amadeo Modigliani, pour n’en nommer que quelques-uns.Le titre de la version parisienne de l’exposition met cet aspect en relief.L’exposition présentée au MBAM reflétera «ce foisonnement où les disciplines et les personnalités se croisent et s’influencent».Le tandem de commissaire Guy Cogeval, directeur du MBAM et Dominique Païni, directeur de La Cinémathèque française jusqu’en 2000, puis directeur du développement culturel au Centre Pompidou est réuni pour cette exposition, lui qui avait signé Hitchcock et l’art.Cette présentation privilégiera une approche multidisciplinaire où plusieurs décors et scénographies seront reconstitués aux côtés de peintures et de dessins.Un festival des films de Cocteau fera également partie de l’événement.À Paris, l’exposition est une vaste rétrospective.Quarante ans après la mort du poète, l’exposition réunit plus de 900 pièces — 335 dessins, 300 photographies, 22 tableaux d’artistes majeurs du siècle qui l’ont célébré.Ces objets illustrent de manière complète les diverses facettes de l’artiste.Ainsi, la complexité et toutes les contradictions de sa personnalité artistique sont abordées.De plus, une cinquantaine de manuscrits, des objets dont sa fameuse bague Cartier, ou son épée d’académicien, des sculptures et plus d’une trentaine d’installations audiovisuelles, avec des extraits de films et des documents servent à illustrer le parcours et la personnalité de l’artiste.d’Anne Hébert / & s* t ps* i & K TrJdc lie In version SWMlii|lje H mise en seene Guy Beausoleil Ul; \i \ CJU’f' I II I Ai Kl DENISE-PELLETIER « .•4r;e- c Enfin, le grand roman rrAnneÆIBfle.rt brûle les planches! )Du 26 septembre au 18 octobre 11 • é V I) 111 e 11 e r I e m 253-8974 Admission 511790-1245 1 800 3B1 4535 admlsslon.com 4353.rue Sainte-Catherine Est ’ ?S Papineau ou Viau.autobus 34 ?S Pie IX.autobus 139 Sud Ce soir 20 h Le party réinventé.Belle et Bum Avec Sophie Durocher et Normand Brathwaite.cmwv.cbpi Invités : Luce Dufault, Normand Lévesque, Nanette Workman.» * c "* .c a Diffusion simultanée sur les ondes de ËtSi 21 h 30 Le roi danse DratrKhtstoriquaLouBW^ sa passion pour la dame, la musique.Télé-Québec Ça change delà télé THÉÂTRE ?Culture * THÉÂTRE JEUNESSE Descente aux enfers Enzo Corman revient hanter nos consciences avec un texte d’une lumineuse dureté sur la mémoire et le rôle de l’art Les histoires de Laura MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Enzo Corman ne voyage pas léger.Auteur à texte plus qu’à effets, il n’est pas du genre à sacrifier aux modes pour atteindre ses fins.C’est plutôt un homme qui creuse et qui vous prend par les tripes tout autant que par les connexions neuronales, qu’on est prié de bien vouloir activer pour arriver à le suivre.On l’a compris il y a deux ans, à l’Espace Go, avec le Credo qu’a monté Christiane Pasquier.Et ici, dans ce dérangeant Toujours l’orage que propose Le Théâtre des Trois Arcs, chez Prospero, Corman nous invite, ni plus ni moins, à une véritable descente aux enfers.Des zones de désespérance La proposition de départ ne semble pourtant pas si rock’n’roll.On est dans une étable transformée en atelier d’artiste, quelque part, loin, la nuit, au milieu d’un orage.Le spectateur saisit rapidement que le visiteur, un certain Goldring, est metteur en scène.Et qu’il vient faire une proposition à l'autre, Steiner, l’ermite qu'on a d’abord vu s’activer devant une grande toile.C’est en fait un comédien célèbre disparu en pleine gloire alors qu’il jouait Macbeth, une trentaine d’années plus tôt: et Goldring lui demande de venir interpréter le personnage de Lear dans le théâtre national qu’il dirige.Ce qui provoque tout de suite un autre orage: Steiner, le vieil ermite qui s’est mis à la peinture, explose.Corman ne nous fait pas languir longtemps, et on saisit bien vite que la retraite précipitée du comédien est liée à l’Holocauste: Steiner est juif et il a survécu, au prix d’un grand sacrifice, on l’apprendra, à l’enfer du camp de Terezi-ne.«C’est le nœud qui relie tous les JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le comédien Luc Morrissette (à gauche) et le metteur en scène Ghislain Fillon.fils du texte; le stylo qui trace la dernière ligne», comme l’explique Luc Morrissette, qui jouera le rôle de Steiner — un des plus importants de sa carrière, qu’il a presque toute consacrée à l’exploration des marges.«C’est un personnage au destin chargé, comme dans les grandes tragédies grecques, reprend Morrissette.C’est un homme marqué.Condamné à savoir et à souffrir.Et comme acteur, ça exige d’aller fouiller profondément au dedans de soi pour y trouver cette même rivière souterraine, ces mêmes zones de désespérance qui expliquent le système de défense que s’est peu à peu construit Steiner.» Ghyslain Filion, qui signe la mise en scène du spectacle, poursuit.«Steiner est un personnage qui a connu l’horreur et qui la porte encore comme une douleur, une blessure: comment supporter un tel héritage?Qu’est-ce qu’il doit en faire?Et comment les Autres peuvent-ils recevoir cela?C’est un homme brillant qui joue au dur, mais c’est aussi et d’abord un homme atteint.C'est cette humanité, cette fragilité aussi du personnage qui nous rejoint tous.» Et qui peu à peu nous fait embarquer dans le même bateau que Steiner, faut-il ajouter.Parce que Corman pose, à tra- L_______ 5 - ¦ O > r* ?c ?RH i l théâtre de QUAT’SOUS vers lui et Goldring, de graves questions sur le poids de la mémoire collective.Sur le rôle du théâtre et de l’art en général face à ces gouffres perpétuels que les humains semblent s’entêter à creuser sous leurs pieds et qui portent des noms insupportables comme Terezin, Auschwitz, Rwanda, Bosnie.État de grâce Luc Morrissette sera accompagné de Bruno Mardi, qui sera Goldring; les deux personnages sont solides, forts, stimulants.Ils parlent une langue qui possède un étrange caractère hypnotique, et leur duel atteint des sommets d’émotion et d’intelligence comme on en voit rarement Mais ils ne seront pas seuls sur scène.Peut-être parce que l’art joue un grand rôle dans la production, le metteur en scène Ghyslain Filion et son équipe ont choisi de demander à Maryse Poulin de composer — et de jouer chaque soir sur scène! — une musique originale venant accompagi.T le texte de Corman.«Dès le départ, nous nous sommes entendus sur un point, précise Filion.Il n’y aura pas de bande sonore [Steiner utilise un magnétophone pour enregistrer ses commentaires quand il travaille à ses toiles].Et comme je connaissais le travail de Maryse, qui tire de ses instruments et de ses accessoires des climats incroyables, je lui ai demandé de travailler avec nous.Nous avions quelques pistes: le vent, par exemple, est très présent dans le texte et les annotations de l’auteur se font saccadées lorsque les deux personnages se livrent à une partie d’échecs [.].Maryse était là à toutes les répétitions, ou presque.Peu à peu, la partition s’est construite comme une sorte de trame inconsciente soutenant le texte.Les récits de Steiner, par exemple, sont ponctués par la musique de la même rivière souterraine dont parlait Luc.» N’empêche que c’est un peu spécial, non, de jouer le rôle d’un comédien célèbre qui a rejeté le théâtre.Luc Morrissette esquisse à peine un sourire.«Steiner a rejeté le théâtre parce qu’il ne peut plus “jouer’’, on comprendra pourquoi en voyant le spectacle.Mais il n’a pas rejeté l’art, à travers lequel il trouve encore le moyen de respirer.[.] C’est un personnage d’une fascinante vérité.Un rôle taxant.Qui exige que l’on puise à pleines mains dans des émotions profondes.Mais le fait de jouer la désespérance et la tristesse et de les faire passer au public, ça procure aussi un énorme plaisir.Le fait d’être rempli par son rôle, aussi dur, aussi sombre soit-il, c'est ça l’état de grâce du comédien.» Et c’est celui qu’on vous souhaite au moment d’entrer dans cet étrange univers, dont on ne ressort pas tout à fait indemne.TOUJOURS L’ORAGE Texte d’Enzo Corman Une production du Théâtre Les Trois Arcs présentée en codiffusion par le Groupe de la Veillée Au Théâtre Prospero du 14 octobre au 1er novembre DAVID CANTIN Entre ses fonctions de directeur artistique du Trident et deux spectacles au cours des prochains mois au Périscope, GUI Champagne trouve encore du temps pour mettre en scène le premier texte jeune public d’Erik Charpentier dans la 19' création du Théâtre des Confettis à Québec.En ouverture de saison des Gros Becs, La petite fille qui sentait le papier (destiné aux 7 à 11 ans) retrace le périple de Laura qui décide de s’échapper du livre dont elle est l’héroïne.Un conte pour trois interprètes, qui célèbre les vertus du dépaysement.En salle de répétition, le membre fondateur du Théâtre Blanc s’entoure d’une équipe qu’il affectionne (Jean Hazel, Catherine Higgins, Sonoyo Nishikawa) ainsi que de jeunes comédiens fraîchement sortis du Conservatoire de Québec au printemps 2003.Il a pour défi de rendre concret le parcours initiatique qu’a imaginé l’auteur de Mademoiselle Eileen Fontenot pour les dix sous de liberté.«C’est beaucoup un spectacle d’impressions, note d’abord Champagne.L’univers surréaliste d’Érik Charpentier laisse énormément d’espace pour travailler, mais cela peut aussi devenir un piège.Encore une fois, avec l’aide de Jean Hazel, j’ai puisé dans les arts visuels pour certaines solutions.Il fallait quand même trouver un moyen de faire tomber des poissons du ciel.» Métaphore de la jeune fille qui délaisse farouchement les repères de l’enfance, cette histoire fantaisiste n’a rien de banal.Un jour, Laura quitte la plage afin de mieux se perdre dans les grands bois.Au fil des quatre saisons, elle fera la rencontre de Aaron qui attrape avec une poêle à frire les poissons qui torpbent du ciel Pendant ce temps, Etienne, le célèbre auteur du conte Laura à la plage, part à la recherche de son héroïne en pleine fugue.Pas de comparaison À quoi peut-on comparer le texte de La petite fille qui sentait le papier?«A rien justement! concède le metteur en scène.C’est ce qui est, à la fois, motivant et troublant chez Charpentier.On entre dans un monde où le rêve intervient sans cesse face à la réalité.En mai dernier, Êrik est venu à Québec pendant deux semaines pour discuter des nombreux scéna- rios ainsi que des différentes versions de sa pièce.Il faut rendre cette langue naïve, sans tomber dans le ridicule ou le message facile.L’évocation est extrêmement judir cieuse dans ce texte.» Le contenq du spectacle offre une véritable dimension existentielle.Face à dé grandes questions comme la mort ou l’amitié, l’auteur québ^ cois (qui vit en Louisianne) pro; pose une aventure théâtrale où régnent de multiples ambiances^ Comme l’explique Champagne,’ «on monte un show de 50 minute^ avec 30 minutes de texte.Le spe'Cz tacle demande forcément beaucoup de moyens.Toutefois, plusieurs oit jets entrent en jeu afin de ne pal perdre l’attention des jeunes.U% climat très zen guide principalement le travail des interprètes.» , Puisqu'on discute avec le di; recteur artistique du Trident, otf demande à celui-ci de donner sel impressions sur cette nouvelle tâche qu’il apprivoise chaque jour.«Tout va pour le mieux en moment.Ha ha!.a reçu un aci cueil très favorable qui a dépassé largement nos attentes.Bien qu’il s’agisse d’un choix de Marie-Thérç-se, cela m’encourage à prendra d'autres risques à l’avenir.De plus, des projets de coproductions et de tournées sont déjà sur la tabl\ pour la prochaine saison.J’ai trç( hâte de voir la réaction du public:/ Par ailleurs, on apprend que La petite fille qui sentait le papier prendra la route de l’Europe l'aie née prochaine et que Chaixe pagne n’a aucunement envie dé se détacher de la création.«Je serais incapable de m’enferme^ dans les bureaux du Trident.D( plus, mon rôle est de m’assure)1 que chaque spectacle soit à la hauteur de la réputation du Tridenij J’assiste ainsi ata répétitions et Je discute beaucoup avec les personnes impliquées dans chacune des pièces.Il est nécessaire pour moi de rester très créatif, mais à une échelle différente.Je vais tout de même sûrement faire une mâè en scène par saison.On verra bien ensuite comment les choses vont se placer.» ” LA PETITE FILLE QUI SENTAIT LE PAPIER ; Un texte d’Erik Charpentier mis en scène par Gill Champagne Une production du Théâtre des Confettis en ouverture de saison des Gros Becs Du 14 au 26 octobre SOURCE THÉÂTRE DES CONFETTIS! Détail de l’affiche de La Petite Fille qui sentait le papier.USINE © présente en collaboration avecLE FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE S LAU \ AND i ° www.usine-c.com RIEl ERS une nouvelle performance de et avec CN 19-20-21, nombre del FEVRIER places limité ENVENi 33C1IU \ MONTRÉAL Btl iiiita'.t 19 m 79 FÊVttElt 2004 TE DÈSMAINTTNANiï billetterie: 521.4493 dmission: 790.1245 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2 0 0 3 E 5 THÉÂTRE Responsabilité et différence André Brassard se fait de nouveau l’accoucheur scénique de Tremblay pour son dernier-né, Impératif présent, qui verra le jour au Quat’sous le 13 octobre HERVÉ GUAY A ndré Brassard revient de loin.4"\.Plus précisément d’un accident cérébro-vasculaire, qui lui laisse à peine assez d’énergie pour travailler quelques heures par jour à la mise en scène Impératif présent.La création de la toute nouvelle pièce de Tremblay doit avoir lieu la semaine prochaine au Quat’sous.Elle lui a été confiée ÿie fois de plus par l’auteur des Belles-sœurs.«Je ne crois pas que ce soit par pitié», indique Brassard.Il y voit plutôt la marque d’une fidélité, qui ne se dément pas.À défaut d’avoir un corps qui lui facilite les choses, Brassard garde toute sa tête, n accepte donc difficilement les limitations qui pèsent sur lui.B avoue ne pas s’en sortir aussi bien qu’il voudrait «Le problème, dit-il, c’est d’en arriver à répondre à ses propres critères.» B constate néanmoins que ceux des rires sont relativement «slaques».leurs yeux, il suffit d’avoir l’air bien.Or, c’est loin d’être satisfaisant pour le metteur en scène, qui, du même souffle, s’imagine mal en train de se jeter dans la physiothérapie.Quelque chose gui, de son propre aveu, n’est pas tout à fait «dans sa nature».B regrette en outre de ne plus pouvoir envisager de projets de longue haleine.Or, comme il lui faut déjà s’économiser beaucoup pour se rendre jusqu'à la première, Brassard n’a pas le choix.La situation ne l'empêche pas de rêver à une nouveUe mise en scène du Balcon, de Jean Genet—un premier essai non concluant l’a laissé sur sa faim — jusqu’à ce qu’il convienne que, en ce moment, Les Bonnes seraient davantage à sa portée.Le cercle vicieux de la vengeance D’Impératif présent, qu’il qualité de pièce mystérieuse, Brassard ne veut révéler que des bribes d’information.Celles dont tout le monde a entendu parler.À savoir que Tremblay a écrit une suite au Vrai monde?.Le drame se terminait, rappelons-le, lorsqu'Alex mettait le feu au manuscrit de la première pièce de Claude.Le metteur en scène précise que c’est Wajdi Mouawad {Incendies) qui a suggéré à l’auteur dramatique d’imaginer ce qui arriverait à ses personnages par la suite.Résultat?Trente ans plus tard, la tension est toujours aussi vive entre le père et le fils.En un mot, le ressentiment est de nouveau au cœur de ce drame.En portant ce sentiment à la scène, Brassard entend souligner que tout être humain est responsable de la manière dont il réagit «TW as le choix, dit-U, de garder la blessure et de l’entretenir, dans la rancune, dans le ressentiment, qu bien de passer à autre chose.» A son avis, ni Alex ni Claude n’ont été capables de se défaire de leur haine.Toujours plus optimiste que Tremblay, le metteur en scène a l’intuition qu’une pointe de réconciliation s’amorce entre eux.Mais il n’en est pas absolument sûr.«Je cherche toujours [dans une œuvre] des petites portes qui s’ouvrent.Même si elles ne s’ouvrent pas complètement, même si elles ne font que s’entrouvrir.Pour que l’on puisse dire que dans vingt ans ou dans trente ans.Je «uis incapable de penser que tout est définitif, fai toujours espoir que l’être humain puisse transcender ses “affaires”.Même si Tremblay m’écrit des personnages qui sont durs à sauver» Sur le plan de la structure, Brassard ne voit pas de parenté entre Impératif présent et les autres pièces de l’auteur dramatique.Selon lui, c’est un texte qui pose des problèmes très particuliers.B y voit l’envers du «popa, je faime» de Bonjour, là, bonjour.La dureté de l’œuvre Ta même étonné, venant de quelqu’un qui a toujours paru arborer des sentiments chaleureux à l’égard de son père.- si4.790.''2A5 Les PTCxiuCtonS 6^ r .**" kEMlON DE GILLES MIHEU / CARBONE H EN REPRISE POUR 14 SOIRS SEULEMENT DU 21 OCTOBRE M 7 NOVEMBRE ’ Mot» gravts, pesés, r de portes ouvertes sur la ¦T ¦ * r » ü M f : fs équipe de création «FF MU.CIMIE UMTIt.«CIVES HT.RtMEl MME! .; ; IIEL MttEITMlEt.IMIS MMR.RMC! IIKR, F1MERCE CRMET T avec SIIMR âUIIE.«H-FMRÇU» IURCMM.MTII MMt.CUME UHITRE i FRERIX UR, tEMIES RIIRM.CIREÜE Mill, CURE SIMRI E! ITES SINMI J IL - .-p .' ;;LE DEVOIR EN VENTE MAINTENANT AcazMétro •itltsz-aeis et liicrliii-ieis «aw.iilii-c.cea USINE O 521.4493 790.1245 JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Brassard travaille présentement à la mise en scène de la nouveUe pièce de Tremblay, dont la création aura lieu la semaine prochaine au Quat’sous.À telle enseigne qu’il a interrogé l’auteur à ce sujet.sans vraiment obtenir de réponse.D’avoir eu à «côtoyer» tous les enragés inventés par Tremblay, Brassard reconnaît qu’il a dû se résoudre, non sans peine, à décrire une humanité très mal en point B estime en revanche que l’expérience Ta amené à beaucoup réfléchir au cercle vicieux de la vengeance.B s’est interrogé sur ces peuples, ces êtres, qui se rappellent le coup précédent et qui, par la suite, cherchent à tout prix à Étire plus mal qu’on leur a fait mal.Le metteur en scène en vient à penser qu’il y a thez l’homme une espèce d’instinct qu’il résume ainsi: «Tu m’as fait mal.J’va te faire mal, mon tabamak».Disposition d’esprit à laquelle Brassard est étranger.«Je suis le genre, explique-t-il, peut-être par mollesse de caractère, à ne pas me Le dimanche 19 octobre L/V JûURHÉX ouTANC8> GCWTfcie IU& tyeiSMe Sous la présidence d'honneur de Madame Helen Fotopulos Au Chalet de la montagne de 16h00à19h30 Entrée libre Danse folklorique, musique du monde Initiation gratuite au tango Venez pique-niquer Pour info: 514.495.8645 Au Chalet de la montagne à compter de 20h00 GRAND BAL Démonstration de tango Musiciens, d.j.Beau temps, mauvais temps U: l)i:\oii! Ville de Montréal Montréal Buenos Aires vice versa Consulat général de la République Argentine Luc MO R ISSETTE Nomination « Interprétation masculine » Gala des Masques, 199Ç Bruno M ARCIL Prix de l'interprétation masculine du Théâtre Denise-Pelletier, 2000 Maryse POULIN Masque de la conception sonore, Gala des Masques, 1999 et 2000 *** — a théâtre LES TROIS ARCS présente en codiffusfon avec Le Groupe de la Veillée l'orage de Enzo Cormann i Mise en scène de Ghyslain FILION du 14 octobre au 1er novembre au théâtre Prospère \ Concepteurs Jean Gervais Amélie Dionne-Foster Québec \ t|M!\ I | Ai v4 tu VKH< m 1371 rue Ontario Est Billetterie 526-6582 admission 790-1245 “badrer” de rancune.Je me dis plutôt: ce que les autres ont pit, ça leur appartient, ce qu’ils m’ont pit, ça m ’appartient.Autrement dit, je me sens plus confortable du côté des victimes que du côté des bourreaux.» Faire entendre Pour lui, la plupart des personnages de Tremblay sont confrontés au choix de changer ou de rester comme ils sont Par peur de l’inconnu, ils optent le plus souvent pour le statu quo.B en va de même, selon lui, de Genet, qui, s’apercevant qu’on le qualifie de voleur, réagit en se disant «C’est comme ça que vous m appelez, c’est comme ça que je vais être.» Comme s’il y avait une impossibilité pour l'être humain d’aller vers le changement parce qu'il craint de se perdre, de ne plus se reconnaître.Brassard confesse être lui-même passé par là, la maladie rendant nécessaire qu’il se remette en forme, ce à quoi il résiste encore, presque malgré lui.D’autant qu’à son avis, la valeur la plus importante dans une vie consiste à se reconnaître.Il se demande par conséquent comment une personne qui a Étit de la haine le cœur de son existence pourrait envisager l'avenir si elle pardonnait.En tant que metteur en scène, André Brassard entend de plus en plus bannir le verbe «vouloir» de son vocabulaire.Il s’avise plutôt de trouver des métaphores quotidiennes pour guider le travail des acteurs.Plutôt qu’à une volonté très directive, qui rassure Texécu-tant, il croit à la responsabilisation des comédiens.«/espère être dans une époque, lance-t-il, où on partage la responsabilité.» Face à la création, Brassard souhaite avant tout faire entendre le texte.D’une manière plus générale, il pretend être devenu un ennemi juré du concept et de la mise en scène.D trouve qu’aujmirdliui les metteurs en scène prennent trop de place.B salue pourtant en Robert Lepage un créateur «qui a su se donner les moyens de travailler à son goût» et le félicite «d'avoir vaincu la “bébeUe” pour que la “bébeUe’’reprenne sa place» au profit d’un spectacle (tins tou-diant et plus humain.En vieillissant.Brassard a aussi l’impression d’avoir «fait» des en-Éuits, le sentiment que d’autres ont suivi ses traces.Lucide, il convient ne pas avoir produit que de grands spectacles.B est convaincu, en revanche, de ne pas avoir perdu son temps.Le seul regret qu’il ait, c’est d’être devenu «institutionnel» trop vite.Aujourd’hui, il se plaît à rêver de ce qu’il lui serait arrivé si les grands théâtres ne lui avaient pas mis le grappin dessus du jour au lendemain.Au moins, assure-t-il, le succès ne lui est pas monté à la tête.Sa singularité, Brassard l’attribue au Étit qu'il a compris assez tôt grâce à Genet sur tout, qu’il devait faire profiter les autres de sa différence.Au Heu de s’enfermer dans un ghetto à cause d’elle, U a tenté de se servir du recul forcé attaché à la position de l'homosexuel pour développer un point de vue singulier.Le metteur en scène a vécu cette différence comme un don comportant des responsabilités, dont la princi- ep était de partager sa vision avec autres en espérant qu’en retour, la leur s’élargisse un peu.Alors, la banalisation actuelle de l’homosexualité Tinquiète-t-U?«H resterfl toujours quelque part des marginaux, qui vont se recréer une marge, conclut-il.Ça se peut pas que tout le monde marche au même pas.» LE THEATRE DE LR ItRIlUFRCTURE •n coproduction troc TRHI15” THEATRE prènento RETOUR AUX SOUCHES" redécouvrez ses 1 classiques ! 20,21 ET 22 NOVEMBRE ^^GEEGGRVEURKE Dans une traduction de YURn EIEfitiEnUE Mise en scène MICHEL MOIITY J Avec DRUID EDUTin DRflIEL GRDDUR5 i STÈPHRRE JRCUUE5 é FERRCIS POULIR Dm *rH cm tnce n In mise en scène IKIEIE-HELt HE t'UFDET Oernt DLIUIEE LHIIDFEUILLE Costumes 5RERH ERILEUM ecinirnsM tlflRTin LRERECQUE Musique originale JERR-rRRIlCDIS PEMÜ Accessoires PRTRICIR RUEl.Maquillages BUCRRRE TRtPHIlIER Combnfs PRUL DE TOURREIL MONUMENT-NATIONAL BMSli « LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2003 THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Un show tendance Culture LE CHIEN VERT Texte: Sylvain Coron.Mise en scène: Martin Faucher.Avec Paul Labrèche et Sylvain Coron.Costumes: Marc SénécaL Décor et marionnette: Sylvain Coron.Une production du Théâtre Les coups montés présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 26 octobre.Public visé: les entants âgés de 3 à 6 ans.Durée: environ 50 minutes.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Le théâtre jeunes publics ne s’adresse pas qu’aux enfants, on le sait bien.C’est ce qu’a saisi l’équipe du Théâtre Les Coups montés, une compagnie de la relève, comme on dit, en abordant dans sa première grande production un sujet qui ne manquera pas d’intéresser autant les parents que leurs rejetons: le travail à la maison.On verra vite, dans ce Chien vert qui vient de prendre l’affiche à la Maison Théâtre, que le fait de travailler chez soi n’est probablement pas la meilleure façon d’être plus présent aux besoins des enfants.Fiston, lui, mettra peu de temps à se rendre compte que ce n’est pas vraiment le cas.Dans sa tête d’enfant de trois ou quatre ans, les choses sont simples: si son père est là, c’est pour jouer avec lui.Sauf que, évidemment, les choses ne se passeront pas tout à fait comme il les voit Et son papa, qui avait déjà tendance à disparaître littéralement derrière ses tâches habituelles — trouvaille de mise en scè- STÉPHANE TREMBLAY Sylvain Coron (à droite) et Paul Labrèche dans une scène du Chien vert.ne de Martin Faucher ou notation du texte?—, se mettra aussi à disparaître derrière son rôle d’homme de maison.Tant pis pour Fiston qui, au bout du compte, se verra réduit à jouer avec Fido, son «chien vert», jusqu’à ce que.Le texte de Sylvain Coron est intéressant.Par le thème qu’il aborde, on l'a dit, mais aussi par sa façon de souligner une tendance toute neuve: celle de la présence des pères seuls auprès de leur enfant.La «quotidienneté» de la chose et la façon dont elle s’articule tout au long du spectacle sont très justement traitées, bravo.Le texte sait aussi faire réagir les enfants dans la salle: on a beaucoup ri, l’autre matinée, alors que trois grands autobus jatmes de tout-petits amorçaient eux aussi leur saison.On peut par contre lui reprocher, à ce texte, de s’en tenir à la caricature et d’utiliser trop souvent des ressorts un peu faciles, genre pipi-caca, pour aller chercher l’attention des enfants.La mise en scène de Martin Faucher donne à tout cela un allant et une énergie de tous les instants.Par petites touches, Faucher parvient parfois à créer une sorte de ballet, ce qui n’est pas étonnant étant donné ses penchants pour la danse.Sylvain Coron, qui joue aussi le rôle du père en plus d’être le créateur de la marionnette du petit voisin et de signer le décor, tout comme Paul Labrèche, qui est aussi directeur général de la compagnie, donnent beaucoup de vie et de souplesse à leurs personnages.J’avoue toutefois avoir eu un petit problème avec l’âge de Fiston: il est parfois difficile de croire aux grimaces d’un adulte d’une trentaine d’années quand il joue à l’enfant de quatre ans.ENTREVUE Le retour du Viking Beau méconnu de la chanson d’auteur des années 70, chantre du déracinement et de la dignité humaine, créateur de Thunder Bay et Le Frigidaire, le doux Madelinot revient au disque après un hiatus d’un quart de siècle.Avec les Iles en bagage.SYLVAIN CORMIER Georges Langford monte à l’appartement d’un pas gaillard.Belle pièce d’homme.Un peu Viking.Encore blond comme sur la pochette de son premier album d’il y a 30 ans, Arrangez-vous pour qu’il fiasse beau.Avec la barbe en plus.Blonde aussi.Cerpant un grand sourire accueillant Etrange et agréable impression, le voilà dans notre troisième à l’est du FTa-teau et pourtant, c’est comme si on était aux îles de la Madeleine, dans sa maison de Bassin, sur 111e de Havre-Aubert Juré craché, il y a du vent, un vent vivifiant qui tourne les pages du livret ouvert sur la table.*On a senti la rafale / Jusque dans le cœur des mots», chante Georges Langford dans L’Hiver en personne, l’une des onze chansons de son nouvel album intitulé II n’y a qu’une histoire.Son cinquième, le premier de matériel neuf en 25 ans.Georges Langford?Mais si, le chansonnier.Le Georges Langford de La Butte, La Coupe Stanley, Le 15 de mai et surtout Thunder Bay.Refrain indélébile pour qui aima la chanson québécoise dans les années 70: «Tout c’qui m’reste à faire / C’est m’taire /À boire ma bouteille de spare / The- JACQUES GRENIER LE DEVOIR , Georges Langford, chansonnier méconnu des années 70, sort un nouveau disque.re's a hole in the sky of Thunder Bay.» Le Frigidaire, c’était aussi une chanson à lui.Le Frigidaire que découvrit Tex Lecor quand Langford la chanta en 1971 à Sous mon toit, la populaire émission de télé que Tex animait au «Canal 10».On connaît tous la version de Tex, qui tourna mille millions de fois à la radio et fut traduite en dix langues.On sait moins que Tex changea le refrain pour le rendre moins dur.«Tant qu’il m’restera queq’chose dans l’frigidaire/J’pren-drai l’métro, j’fermerai ma gueule / Pis jlaisserai faire», entonnait Tex.Dans la version originale, le Madelinot était moins résigné: «Tant que j’pourrai toffer dans le frigidai- Avez-vous du Vigneault chez vous ?Disant: ?- La Presse «Un travail délicat du vers» - Le Devoir «Déjà un classique» - SRC .Montreal Ce soir SPCCT/W I I : P «un mircK le dint ci inflation et d’oi /c\ i ci ic.( haï me.captive, enw.» - Le Devoir ^ «Un spectacle khc! Un redo niable conteur.» - 5R( , Montreal 1 \press GitUrfi Vieneauli boni Jti lit or ALBUM DISPONIBLE MAINTENANT SUPPLÉMENTAIRES 14-15-16 NOVEMBRE En spectacle au Théâtre Corona à 20h Billetterie : ( 514) l) J1-208S Admission: (514) /90-1245 pu T2 4-5 nQ'-MrWc 4u 19 22 rto\ktT)W?2oo3?cfb Cinquième salle Place des Arts Québec» Billets en vente au 514 842 2112 et au www.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790 1245 EN TOURNÉE.2003 25 octobre Ste-Geneviève - Salle Pauline Julien 4-5 novembre Québec - Petit Champlain - Coup de coeur francophone 2004 11 janvier Granby - Palace 16 janvier Joliette - Salle Roland Brunelle 17 janvier Laval - Salle André Mathieu 22 janvier Chicoutimi - Auditorium Dufour 23 janvier Baie-Comeau - Théâtre de Baie Comeau 29 janvier Longueui! - Théâtre de la Ville 30 janvier Gatineau - Maison de la culture 1 février Trois-Rivières-Salle Antonio Thompson 5 février Québec-Petit Champlain 6 février Québec - Petit Champlain 7 février Drummondville - Centre culturel 27 février Chàteauguay - Salle Jean-Pierre Houde 28 février Terrebonne - Théâtre du Vieux terrebonne 27 mars Ste-Thérèse - Théâtre Lionel Groulx 6 avril Sherbrooke - Salle Maurice O'Bready Québec SS muarcaction Cmu«n re.» Langford commente: «Le fri- r ‘ gidaire, pour moi, c’était la ville.Montréal.Dans la version de Tex, c’est l’électroménager.» Méchante nuance de sens.Il manque aussi : ' un couplet dans Le Frigidaire de Tex, le dernier, qui s’achève sur ces mots: «Ici, tu crèves de faim A On déjeune sur ton dos.» Tout le contraire du ventre plein dont Tex se contente.i-, «U me l’a fait entendre avant de a \ l’enregistrer», relativise Langford: ¦ i «La vérité, c’est que j’ai aussi profi- ir té du succès.Pour faire mon prery: mier disque, je n’ai pas eu à cogner aux portes des compagnies de disques.Ce qui est drôle, c'est que s’: partout où je vais aujourd’hui, il y Ac a des gens qui me parient de la dif jc.férence entre les deux versions.» Db-i rit d’un grand rire qui doit s’en* • tendre d’un bout à l’autre des îles.! /.«C’est devenu une sorte de légen-c de.» La chanson ne lui a pas u constitué une rente.Droits d’au*.• leur?Grand rire derechef.«C’est y pas avec ça que je vis.» De quoi vit* -il donc, hors circuit depuis 25 ans?De tout ce qu’un chansonnier dé./, brouillard peut vivre aux Iles, hi «Quand ç’a commencé à sentim?moins bon pour la chanson québé- c _ coise, au début des années 80, je me suis dit que c’était le temps de re-ao' tourner chez nous.» Lui qui avait i ouvert aux Des des boîtes à chan- • son au temps béni des boîtes àio; chanson (L’Astrid en 1966, Le .Vieux Quai en 1967) s'est remis à .¦ bâtir.À commencer par la radio : < communautaire locale, CFIM:: ; «J'ai programmé, j’ai animé.Ja-, y mais loin de la chanson.» Depuis! six ans, il est directeur artistique ** de La Côte, à l’Étang-du-Nord.Et chansonnier en résidence.«C’esteq un petit café de cent places, dans unit beau site.Il y a tous les bateaux de pêche autour.L’été, je fais mon petit-spectacle, et on présente des artistesm-locaux.C’est pas juste une boîte,az c’est une atmosphère.» .oL‘ Un retour nû au fil des saisons C’est là, au fil tranquille des saisons, qu’il a continué de mettre à v l’eau ses chansons, vieilles comme neuves, jusqu’à ce que s’impose tout naturellement l’idée d’un retour sur disque.«J’ai un petit public qui me demandait quand-j’allais les sortir, mes nouvelles.» Des nouveautés qui étaient devenus là-bas de véritables morceaux de patrimoine.«J’ai pris celles qu’on me réclamait le plus.» Et il les a enregistrées à Québec parce qu’il n’y a pas de studio d’enregistrement aux Iles.«Ç’a été fait sur un an et demi.» Selon les rentréesj d’argent «Ça coûte cher, voyager,^ quand on vient de pareil boutte^ comme moi.» Entouré par amitié des meilleurs musiciens aux alentours (ceux de Vigneault, notamment, avec Paule-Andrée Cassidy et Louise Forestier aux choeurs), Langford a produit l’album «pas à moitié» qu’il souhaitait Un disque d’exquise facture, avec des chan-, sons à la fois tendres et vivifiantes.Ma préférée, Le Havre qu’est g’ié, douce valse sur lit de cordes, est farde de ces petits détails criants de vérité qui rendaient Thunder Bay si évocatrice: «Us ont formé des équipes de hockey/ Sans arbitre [.] Ys’passent.le fort par les vitres de chars I.V Carnaval sauvage / Sans reine nT tirage /Le havre qu’estglé.» Il y a aussi une reprise de La'' Butte, magnifique chanson d’éveil; à l’amour du premier album («La' première fille qui m’a montré l’pôle Nord.»), trait d’union nécessaire entre le Langford d’hier et d’aujourd’hui.«C’est Louise [Forestier] qui avait chanté les ‘ou ou ou” dans le temps.Je l’ai rappelée parce qu’elle passait à Québec quand on était en studio.Elle est venue.» Tout simplement «Avec moi, c’est-> jamais trop compliqué.» IL NT A QU’UNE HISTOIRE Georges Langford GSI Musique (Sélect) LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2 0 0 3 E 7 MOIS DE LA PHOTO Horizon d’attentes THE LIQUID HORIZON GÂBOR ÔSZ Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël-Desmarais 1380, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 11 janvier BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR T f exposition du Hongrois Gâ-1-4 bor Ôsz au Musée des beaux-arts de Montréal, dans le cadre du Mois de la photo à Montréal, est époustouflante.sur papier.Et le papier dont on parle n’est pas nécessairement photographique.En théorie, l’idée qu’a eue le photographe est tout simplement soufflante.Ces images n’ont pas comme sujet l’attente, elles incarnent, littéralement une fulgurante pause.Les résultats, en termes esthétiques, sont discutables, mais la série est à ce point chargée de contenu qu’il faut rendre au photographe ce qui lui revient, à savoir qu’il a eu une idée de génie.Ôsz a conçu des tirages de grand format.L’iconographie qu’ils soutiennent est le résultat d’un processus fascinant.Ces images ont été prises depuis l’intérieur de bunkers datant de la Second Guerre mondiale, disséminés le long de l’Atlantique, depuis l’Espagne jusqu’à la Norvège.Le photographe a transformé les bunkers en camera obscura, c’est-à-dire en immenses boîtes photographiques.Avec des caches, Ôsz a réduit la quantité de lumière qui entre dans ces architectures, de la même manière que la lumière entre en petite quantité dans un appareil photographique pour impressionner la pellicule.Les temps d’exposition des images de Ôsz sont effarants: jusqu’à six heures d’attente pour que s’imprime l’image sur la surface sensible.Les images résultantes sont avant tout l’accumulation de longues minutes lors desquelles un paysage déjà immuable se voit complètement figé sur image.Au temps qui, dans les lieux qu’Ôsz a fréquentés, passe et ne semble faire ique cela, s’écouler, la démarche du photographe retire tout mouvement, l’assèche de toute action.Aussi, ces images sont-elles celles d’une pure attente, le regard tourné vers l’océan.L’exposition n’est pas sans rappeler les images extrêmement séduisantes du photographe allemand Erasmus Schrôter, diffusées à Montréal lors de la cinquième édition du Mois de la photo, en ,1997.Dans le cadre de l’exposition Photographie et immatérialité, Schrôter exposait de puissantes et futuristes architectures, qui ca- lai Galerie d'art Stewart Hall ' 176, Bord du Lac, Pointe-Claire 11 octobre au i 23 novembre 2003 DU COLLAGE L'ARTISTE COMME COLLECTIONNEUR Œuvres Choisies de la Collection John A.Schweitzer I Fnsh Kills: XXIV Elegies \ Vernissage Le mercredi 15 octobre à 19 h Info: (514) 630-1254 No.12, Sangatte, Mont St.Martin, 12.06.2000, de la série The Liquid Horizon, cibachrome, camera obscura de Gâbor Ôsz.chaient toutefois une réalité renversante: bien réelles, éclairées ici de couleurs vives, ces constructions à l’allure inviolable comptaient parmi les 24 000 bunkers de protection allemands laissés le long des côtes ouest-européennes par les deux guerres mondiales.Très efficaces, immédiates, puissantes, ces images avaient notamment comme sujet la chaîne des fortifications ruinées du Mur de l’Atlantique d’Hitler, les transformant en de futuristes et magnifiques architectures.Le projet d’Ôsz ne saurait se situer plus à l’opposé que celui de Schrôter.Plutôt que d’utiliser les bunkers comme motif à photographier, comme le fait l’AJlemand, Ôsz nous situe à l’intérieur de ces édifications, fl nous situe, en fait, à l’endroit exact où, autrefois, les soldats allemands devaient attendre l’ennemi.Le projet fait frémir.Non seulement nous place-t-il à la position des soldats, mais il nous force en quelque sorte à guetter à notre tour.Ainsi se sur-prend-on à scruter nous-même ces «horizons liquides» dans l’espoir, rapidement déçu, d’y trouver quelque anecdote ou un point auquel se rattacher.Ces images sont l’expression d’une durée, comme l’écrit Vincent Lavoie, commissaire général du Mois de la photo.Elles ne sauraient être plus loin de la soif de traquer l’événement à laquelle la photographie est sujette en général L’histoire est présente dans ces images, dans la mesure où Ôsz redonne à ces ruines leur fonction première de lieu de surveillance.Le photographe provoque aussi un iviee La Galerie Olivier Martin vous invite au vernissage de « bleu vague », œuvres récentes de Gilles Boisvert, jeudi lel6 octobre, de 17hres à 19 tires.L’exposition se terminera le 4 novembre 2003.1257, Avenue du Mont-Royal Est, Montréal, Qc 514-525-1444 GALERIE BERNARD «Click-Clic» photographie contemporaine Mercredi 10 septembre au Samedi 11 octobre 2003 • Patrick Chénier • TjiHot, TJftwhttllft • • Michelle Qreen-Echenberg • 3986 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) (614) 277-0770 Rétrospective 1953 - 2003 Vous êtes cordialement invités à l'exposition qui se poursuit jusqu'au 2 novembre Lundi au vendredi : 10H à 18h Samedi : llh à 17h MARCEL BARBEAU La Galerie d’arts contemporains 2165, Crescent, 2 , Montréal (514) 844-6711 www.aitscQntefnporains.net du 18 octobre au 30 novembre 2003 La maison de la culture Pointe-a ux-T rembles H»ur«s douvertur, Mtrdl et mtrcrtdi: 1 Jaudi «t mndndi: n Samadi «t «fimancha: — 14001, rua Notre-Dame est Montréal, Qc H1A1T9 Renseignements (514) 872-2240 inaisonpt@ville.montreal.qcca Exposition Itinérante 2003-2005 «raanfiaeper Galerie McClure, Canna d« am vtoMb www.cantredeiartsvlsuels.ca Maison de la Culture Point* aux Tr*tnW*f, Québ*c Dalhousie University Art Gallery Halifax, Mov» Senti* The Visual Arts Cantra of Clarlngton SowmanvfHa, Ontario m IP m Susan G.Scq Les enfants terrib) Vite de» sentiment proche de 1’antidpation, puisqu’on se met à balayer ces panoramas, d’image en image (et le fait de présenter la plupart de ces images dans un long corridor, au musée, renforce cet effet de balayage du regard).En bref, il donne un aperçu de l’angoisse que devaient Û nous semble, ressentir les soldats enfermés dans ces espaces, dans l’attente que quelque chose se produise.Les images de la série Liquid Horizon sont chargées de toutes ces considérations.En cela, elles sont absolument captivantes, tout en offrant à ce Mois de la photo une des propositions les plus intéressantes pour le thème qu’elle défend, Maintenant - Images du temps présent.Par contre, à la longue, serait-on tenté de dire, elles lassent.En matière de composition ou de langage de l’image, sniim i mois lu i a l’iioro il ne se passe pas grand-chose non plus.La froideur de ces images et l’implacable rigueur de la démarche qui les a fait naître font en sorte que l’intérêt du projet est d’abord théorique.Par contre, les images sont le seul canal par lequel s’incarne l’étendue des considérations soulevées par le projet Ce sont donc celles-ci que nous irons voir au Musée des beaux-arts de Montréal.du 10 octobre 2003 au 11 janvier 2004 Yves Gaucher MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec s: 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métro Ptace-des-Arts (514) 847-6226 www.macm.org Tree UmkAw, A VerilMO* ’*71 4 KIOAIH, too* Photo Mit Irvnérwy 1 E 8 L£ DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2003 ?, :f .y Kzjm Le photographe Nicolas SOURCE MACM Baier est de retour au Musée d’art contemporain de Montréal avec son exposition Scènes de genre.Un monde en morceaux NICOLAS BAIER Scènes de genre Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 4 jtmvier BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), comme c'est son habitude, rappelle à lui un artiste, Nicolas Baier, qu’il a déjà défendu, Celui qui f igurait dans la très débattue exposition De fougue et de passion, en 1997, est comme une petite comète dans le ciel du milieu de l’art québécois.C’est pour le moins rapidement que le photographe dans la mi-trentaine s’est imposé.Depuis 1999, année qui correspond à un changement de vitesse pour Baier, les choses se sont accélérées radicalement pour lui, sans ralentir.Et ce solo au MACM est des plus justifié.Baier, en plus de ce solo, vient de décrocher le plus important contrat d’intégration de l’art à l’architecture de l'histoire du Québec.Il a été sélectionné, on le sait, pour réaliser une murale vitrée de 22 mètres sur 25 mètres, une verrière qui sera érigée rue Mackay pour le nouveau pavillon intégré de génie, d’nformatique et d'arts visuels de l’université, dans laquelle il a déjà été inscrit comme étudiant en arts plastiques.L’œuvre sera gigantesque — la presque totalité de la façade est de l’édifice sera couverte — mais en quelque sorte atteindra un certain degré de fragilité.Différentes technologies d’assemblage de pellicule plastique supportant l’imagerie seront étudiées pour que, en fonction de notre emplacement à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, des effets de transparence variables soient obtenus.Certains segments laisseront entrer la lumière, d'autres ne la laisseront pas sortir, certains fragments de l’immane image seront visibles de l’intérieur, d’autres pas, de sorte que l’œuvre sera livrée au cycle des changements de lumière naturelle à l’extérieur, tout en étant animée par les éclairages changeants en fonction de l’utilisation par les usagers des différents espaces attenants à la façade.Fragments Cette instabilité en acte, on la retrouve justement dans les œuvres en montre au MACM.Ce qu’il y a de fascinant avec Baier, c’est qu’on peut sans gêne se servir du cliché selon lequel les photographes ont l’œil, le bon, non pas qu’ils voient des choses que les autres ne voient pas, mais qu’ils s’arrêtent à des détails que plusieurs négligent de considérer.De cette manière, l’exposition semble aller dans tous les sens et ne recule pas devant une sorte de boulimie, tant le nombre d'œuvres est poussé à sa limite pour un espace relativement petit.En effet, Baier aime jeter des regards sur son environnement immédiat, son décor et les objets qui le modulent L’actuelle exposition est à une ou deux lieues des intérêts auxquels le photographe nous a habitué depuis cinq ans environ.Si Baier continue de faire valser ses motifs photographiés grâce au numérique, il a quelque peu élargi ou déplacé le domaine sur lequel se pose son regard.Si bien que, dans quelques cas, la photographie n’entre qu’à peine en jeu.En effet le scanner se charge de tout Un des dénominateurs communs de cette production dépareillée concerne la manière avec laquelle la photographie a l’habitude de bien nommer la réalité.Ainsi, au cœur de la production de Baier se retrouve la pulsion endurcie de l'homme à mettre de l’ordre dans les choses.Or, de l’ordre, quitte à perdre le fil (ce qu’il parvient à ne pas faire, comme un acrobate se ressaisissant à la toute dernière se- """U"'1!!! Jean-Marie MARTIN peintures nécessaires 8 octobre au 8 novembre 2003 ¦ ^ Galerie Eric Devlin 1407, Saint-Alexandre, Montréal (Québec) H3A 2G3 t 514 866 6272 P$14 866 72$4 www.galeriericdevlin.com www.jeanniflriemartln.com A.RELÈVE Laurent Bordenave Peter G.-Ray Stéphanie Cevrey Nicolas Grenier Nerodi Vasil Nikov Francesca Penserini André Shirmer Sharon Ramsay Benoît Robert Du 9 au 20 octobre SboLo 261.St-jacques ouest, Montréal (Québec) Tél.: (514) 845-0261 - www.studio261.ca conde), Baier ne s’encombre pas de ces catégories.De fait, il s’attaque à la dénomination des choses, une entreprise qu’il n’hésite pas à mettre en ruine.Le commissaire responsable de l’exposition, Gilles Godmer, écrit avec raison, dans le petit catalogue qui accompagne l’exposition, que son œuvre s’évalue plus que tout face aux registres de la peinture.Dans Planète (2002), Baier, sauf erreur, se paie un premier tondo dans sa production, une forme ronde qui tranche avec les habituels formats rectangulaires.Comme une immense lune criblée de ses cratères, cette œuvre consiste (probablement) en l’image d’un dessus de comptoir en formica dont l’usure laisse voir, derrière une première couche ruinée, un drôle de petit paysage, une plage, une étendue d’eau et une montagne.Plusieurs ordres d’échelle travaillent ici, tout comme dans une autre pièce, Cinémascope (2002), placée tout près.Pour cette incommensurable étendue de noir, qui encore pourrait ressembler au dessus d’un comptoir, Baier a tout simplement utilisé son scanner pour numériser les particules et poussières déposées sur la vitre de l’appareil, les traces d’essuyage ou les égrati-gnures.Ainsi, le photographique pour ainsi dire disparaît Et le traitement de cette «image» la transforme par la suite en une étendue cosmique difficile à sonder, chacune des poussières devenant une étoile, les taches prenant Mure d’une galaxie.Tant le processus de fabrication de l’image que le résultat de ce processus sont fascinants.Même lorsqu’il trafique l’image de manière plus convenue, continuant tout de même à jouer sur les échelles de la représentation, Baier retient notre attention.Dans Janvier, un personnage féminin se tient devant une fenêtre gigantesque derrière laquelle se découpe une scène urbaine, baignée dans la lumière si singulière du premier mois de l’année.Rien ne fonctionne dans cette image, si l’on s'arrête à la perspective et aux proportions de ce qui est montré.En bout de ligne, l’image est rattrapée par l’atmosphère qu’elle dégage.Ici comme dans d’autres images, on ne sait plus nommer, on ne s’y essaierait même pas, comme pour Squames et sa perspective tordue: là, la ruien opère plus que dans les autres images.Autrement, tout juste passé le seuil de l’exposition, on est déjà mis au défi: un arbre, photographié à contre-jour, sans doute dans la lumière tombante de la fin de la journée, est basculé pour donner l’impression d’un réseau d’artères.Cela s’intitule, étrangement, Capillaires (2002).Dans une autre image, une très dérangeante Stèle (2003), Baier a réactivé la découpe en quadrillé de la surface photographique qui a fait sa marque précédemment c’est là encore, par les éclairages asynchrones, pris à différents moments de la journée, que le photographe-peintre stimule la curiosité, ce qu’il fait le mieux.Par contre, au centre de la salle d’exposition, en plein milieu de ces œuvres qui pour la plupart interrogent notre capacité à désigner les choses, une œuvre expose son foisonnement.Sans retenue aucune, serait-on tenté de dire, Baier a accumulé une myriade d’objets tirés de son intimité.Cette fresque, paradoxalement intitulée Petits riens (2002) en raison de sa taille, est un véritable fouillis devant lequel on ne peut s’empêcher de penser à certaines branches du pop art.Sous tous les angles, sous toutes les coutures, triturant les images résultant de ces objets, Baier s’en est donné id à cœur joie, saturant la photographie.Là, c’est un peu trop dans la face, trop criard, confondant par surenchère, alors qu’ailleurs c’est l’effacement des indices qui l’emporte.Aucune censure n’opère dans cette image qui nous dérange, pas plus que dans les autres images retenues pour cette exposition.C’est entre autres ce qui lui donne sa valeur.En bonification, Baier signe une trame sonore avec Emmanuel GaL land: On n’a pas le droit de rire au musée.Des rires en boîte lancés à l’occasion qui ont ceci de réussi qu’ils atteignent leur but à les entendre, on rigole nous aussi CAROL BERNIER Éclipse JEAN-PIERRE SCHNEIDER La déposition Jusqu'au 22 novembre 2003 GALE RIE SIMON BLAIS 5420, boni.Samt-Uiiçnt H2T ISl 514,849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lûh a 18 h samedi I0h a 12h La Papeterie Saint-Gilles Saint-Joseph-de-la-Rive Portes ouvertes le 12 octobre à 14 heures Cérémonie Prix Félix-Antoine-Savard et Sérigraphie commémorative du 20f anniversaire de Claude LeSauteur e la Collection Inventaire d’inventaires LES INVENTAIRES DE L’IMAGINAIRE SYLVIA SAFDIE Galerie Lenoard & Bina EDen de l’université Concordia 1400, boulevard de Maisonneuve Ouest Jusqu’au 1" novembre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Je vous invite à passer à la Galerie Lenoard & Bina Ellen de l’université Concordia pour voir les œuvres de l’artiste montréalaise Sylvia Safdie, même si, dans le fond, je ne peux m’empêcher d’exprimer ma lassitude envers des propositions de ce type.Les Inventaires de l’imaginaire, annonce cette rare exposition locale d’une artiste pourtant importante.La présentation impeccable de la commissaire Irena Zantovskâ Murray n’y fait rien.L’exposition a beau mettre l’accent autant sur les œuvres de l’artiste que sur ses activités d’atelier, c’est-à-dire le «collectionne-ment» d’un héritage culturel et terrestre, rien n’y fait Les objets peuvent capter l’intérêt un bref moment, mais la démarche à mes yeux ne fait qu’ajouter une aile au musée déjà vaste géré par des artistes-collectionneurs.Certains y trouveront leur trésor, pas moi.L’exposition a ceci d’intéressant, toutefois, qu’elle s’intéresse autant aux œuvres de l’artiste qu’à ses carnets de dessin (cela est habituel) et aux activités excentriques mais combien fondamentales entourant sa pratique, ce qui est plus rare.Ainsi, on se retrouve au cœur d’une production pour laquelle la notion de phénomène est primordiale et dans laquelle se mesurent les transformations du monde terrestre, même les plus minimes.La forme organique, comme l’écrit la commissaire dans la très belle publication qui accompagne l’exposition, intéresse l’artiste, ses transformations également On a droit à une rare exposition qui place autant, sinon plus, les réflecteurs sur les méthodes et les processus de l’artiste que sur les objets finaux qui résultent de cette démarche.Ainsi, nage-t-on dans les eaux de la poiesis, puisque l’étude concerne ce qui est en amont de l’objet créé.En cela, cette présentation touche au cœur de la création de Safdie.On a donc droit à un inventaire d’inventaires.Au moins deux des pièces présentées sont des collections de l’artiste.Earth consiste en une installation toujours en cours de réalisation, où se retrouvent déposés, dans de petits récipients en acier moulé alignés sur le sol, des échantillons de terre, «souvenirs tangibles de trente ans de pérégrinations», écrit la commissaire.La référence au paysage est claire ici par le matériau et le mode de disposition retenu.Dans une autre installation, simplement présentée sous le titre Inventory, une foule d’objets naturels sont classés, parmi eux des branches, mousses et autres étrangetés visiblement sélectionnées pour leur singularité.Evidemment, cette visite rebranche sur ce qui captive l’artiste.Et jamais je n’oserais douter de la riche sensibilité de Safdie.En fail je serais plutôt enclin à mettre ma propre sensibilité en cause ici.De fait l’intérêt de l’artiste pour les facultés alchimiques et autres phénomènes de transformation de la nature ne me touche tout simplement pas, même si l’artiste a évidemment l’œil pour dénicher des objets insolites et que son coup de crayon est touchant, rempli de pathos.Des œuvres de la série des Conjunction ne m’apparaissent n’êfre que cela justement, la jonction d’éléments naturels (des ra-cines, des branches) avec' d’autres, usinés, pour donner de rudimentaires armes, de métaphoriques carabines.En cela, on se saurait suivre la commissaire, qui écrit de ces tiges que, «à la manière des artefacts d’une tribu perdue», elles «s’allongent et se tendent horizontalement comme si elles suivaient une flèche invisible qtti remonte dans le temps à travers l’espace transpercé.» Ces œuvres peuvent posséder pour certains un pouvoir «mystérieux qu’elles exercent sur l’imaginaire du spectateur», un prolongement qui «engendre d’autres liens, il est porteur d’énergie et de direction», pour moi, elles se replient rapidement sur elles-mêmes, leur signification rabattue par la parenté formelle qu’elles entretiennent avec les armes modernes.Plusieurs sont susceptibles de trouver leur compte dans cette exposition entièrement livrée à des conjectures presque mys» tiques.Un diptyque de projections vidéos, également, n’est pas banal.Mais, vu le nombre grandissant d’installations qui puisent dans les registres du «collection-nement» depuis une quinzaine d’années et même plus, une sorte de carapace peut se former et rendre les spectateurs moins sensibles, par usure, à ce genre de proposition.C’est mon cas.Même malgré les qualités évidentes du travail de Safdie et de celui de la commissaire, je reste relativement froid.SYLVIA SAFDIE’ L’exposition Earth consiste en une installation toujours en cours de réalisation où se retrouvent déposés, dans de petits récipients en acier moulé alignés sur le sol, des échantillons de terre.CONCOURS S’ADRESSANT AUX ARTISTES EN ARTS VISUELS Le PRIX PIERRE-AYOT est destiné aux jeunes artistes.Le PRIX LOUIS-COMTOIS est destine aux artistes en nii-carriéie.Le formulaire d’inscription et les règlements du concours sont disponibles dans les maisons de la culture, les lieux de diffusion culturelle, au bureau de l'Association des galeries d'art oontempoiain (AGACI et au Service du développement culturel de la Ville de Montréal.Date limite de présentation des dossiers : le 24 octobre 2003, avant 17 h Renseignements : AGAC : 514 861-2345 (du lundi au vendredi, 9 h à 17 h) Ville de Montreal : M.Normand Biron, commissaire, Prix, partenaiiats et projets internationaux 514 872-1160 www.ville.montreal.gc.ca/cultui e i LE DEV L E > SAMEDI h T D I M A N V II E 1 2 U V T 0 B R E 2 0 D K î) C r L T l'R E MISEES C I N É M A 'SSi^y ’ ¦ ¦ tf1 ' y • fs ' r^fti '-K 1 "¦^,i Le Dia: Beacon, qui a ouvert ses portes au mois de mai dernier à Beacon (à 100 km au nord de Manhattan), est sans conteste le plus grand musée d’art contemporain au monde.Les 24 artistes de la collection permanente se partagent quelque 22 000 mètres carrés d’espace d’exposition.JEAN-PHILIPPE U Z E L .COLLABORATION SPECIALE Après plusieurs années de recherche, la célèbre fondation américaine Dia a jeté son dévolu sur une ancienne usine de Bea-cbn, une petite localité de la vallée dé l'Hudson située à 80 minutes de train de Manhattan, pour exposer les plus belles œuvres de sa collection consacrée à l’art des années 1960 et 1970.Les travaux de restauration et d’aménagement de l’édifice ont éj:é confiés à l’artiste Robert Ir-win, qui a également dessiné le jardin du musée, et au bureau d’architecte Open Office.Le résultat est tout simplement spectaculaire.La superficie du Dia: Beacon dépasse en effet celle du MoMA, du Guggenheim et du Whitney réunis.Si le nouveau musée reprend les grandes options muséo-logiques du Dia: Chelsea de Man-Ifettan (espace neutre et autonome pour chaque artiste, primauté djbnnée à la lumière naturelle, elle.), son envergure permet à plu- turs œuvres conçues dans les tées 1960 et 1970 d’être pour la première fois exposées dans les conditions exactes prévues par les ajrtistes.Au sortir, c’est notre cbnception du minimal art qui se tfouve totalement transformée.Le minimal art à l’honneur j.Le ton est donné d'entrée de jççi par une mise en scène architecturale spectaculaire.Après oir passé le vestibule aux di-nsions réduites et aux parois mbres, le spectateur fait face à _ ux galeries parallèles de 100 mètres de long exclusivement consacrées à Equal Area Series (1976-1977), de Walter de Maria.Gette œuvre, composée de deux séries de carrés et de cercles en acier poli posés sur le sol, interro-le rapport entre le volume des jets et l’espace: une des séries bree l’illusion perspective en duisant progressivement la lie des carrés et des cercles, .rs que l'autre, en les agrandissant, vient la contrarier.Mais l’effet époustouflant vient avant tout du contraste entre la discrétion de ^oeuvre et l’immensité de son espace d’exposition — qui n’est pas Sans évoquer l’esthétique du land ârt, on pense entre autres à Lightning Field que Walter de Maria aÿait réalisé en 1977 dans le dé-Sprt du Nouveau-Mexique, r Dans la galerie latérale ouest, qui donne sur l’Hudson, le sculpteur néodadaiste John Chamber-trin expose ses assemblages dans OU espace qui n’a rien à envier à celui conçu pour de Maria.Mais ici, c’est une explosion de couleurs qui attend le visiteur: les tôles de voitures découpées, pliées, soudées sont violemment bigarrées.Dans The Privet (1997), Up mur de filaments de tôle coloriés semble être agité par un Souffle secret venu du sol.Le Dia: Beacon a en effet cette capacité dè défier les lois de la pesanteur.Des œuvres monumentales com- me les célèbres Torqued Ellipses, de Richard Serra, trouvent, grâce au jeu combiné de l’espace et de la lumière, une légèreté paradoxale.Un sentiment d’éternité Si chaque artiste bénéficie d'un espace autonome, la conservatrice Lynne Cooke s’est permis d’établir certains clins d’œil plus ou moins explicites entre les salles.Cela est tout particulièrement évident dans le cas des deux immenses sculptures de Michael Heizer.Son Negative Megalith tt5 (1998), un rocher de 40 tonnes encastré dans une niche d’acier à un mètre du sol, est flanqué de deux alcôves accueillant chacune une œuvre conceptuelle: à droite, un dessin exécuté selon les instructions de Sol Lewitt en 1969, à gauche, une proposition de Lawrence Weiner datée de 1987.Un peu plus loin, North, East, South, West (1967), composée de quatre formes géométriques creuses qui s’enfoncent de 6 mètres dans le sol, dialogue plus ou moins directement avec les parallélogrammes que dessinent les fils tendus dans l’espace de Fred Sandback.Il est évident que la conservatrice a voulu ici faire résonner la monumentalité des œuvres de Heizer avec l’économie des moyens employés par ses voisins.Ces dialogues sont par contre totalement absents entre les peintres.Cela vient peut-être du fait que l’immensité des lieux sert beaucoup mieux les installations sculpturales (tout particulièrement celles de Maria, Heizer, Flavin, Serra) que les peintures.A l’exception de la magnifique série de peintures abstraites de Warhol, Shadows (1978-79), présentées dans une des toutes premières salles du musée, les œuvres de Robert Ryman, Gerhard Richter, Blinky Palermo, Agnes Martin font l’ob- L'Orchestre symphonique du Conservatoire de musique de Montréal et l'Orchestre symphonique de la faculté de l'Université de Toronto présentent un concert-conjoint réunissant 110 musiciens " sous la direction de Raffi Armenian Ac Ci’ii.'iTVtilire (L- mn,i11/iw ^ 2396 rue Beaubien Est, Mtl.SSJASSL»
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