Le devoir, 29 septembre 2007, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007 DE VISU De plus en plus de cinéma au Mois de la photo :$*r*r**m5m Itftltlt WM k Interprètes: Carol Prieur et Chi Long MARIE CHOUINARD Le retour Æm 1 'üi Inspirée par Glenn Gould, la chorégraphe Marie Chouinard nous revient avec son ode jubilatoire à tous les possibles du corps FRÉDÉRIQUE DOYON J rouver la beauté dans le déséquilibre et le difforme, la puissance dans la fragilité, c’est l’exploit de Body Remix / Les Variations Goldberg de la Compagnie Marie Il Chouinard.A l’instigation de Danse Danse, la pièce revient sur nos scènes deux ans et demi après sa création à Venise et un an et demi après sa première québécoise.Deux danseuses racontent au Devoir comment les pointes, harnais et prothèses à partir desquels s’est construite la pièce sont devenus des secondes peaux.Une danseuse marche à quatre pattes, pieds et mains juchés sur des pointes.L’autre évolue en s’appuyant sur une marchette.Deux interprètes dansent en siamoises réunies par une même prothèse.Avec cet attirail d’éclopés, Body Remix aurait facilement pu incarner la misère du monde ou annoncer l’humanité de demain.Mais la chorégraphe Marie Chouinard a évité ces pièges et signé une ode jubilatoire à tous les possibles du corps, inspirée par le génie multiforme de Glenn Gould inter-prétantLæ Variations Goldberg de Bach.À travers ces drôles de corps mutants, l’artiste remanie les lois de la biologie humaine et de la physique chorégraphique, en une suite de tableaux cise- lés comme de la dentelle et livrés sur la musique de Bach réorchestrée par Louis Dufort «Marie est fascinée par le corps, comment on peut aller plus loin dans le mouvement, au-delà de ce qu’on connaît comme danseurs», rapporte « Quand on Carole Prieur, devenue au fil des 12 années passées dans la compagnie une sorte 6!alter marche a ego ou de muse pour la chorégraphe.Après l’entrevue, j’aurai le privilège de Quatre confirmer ces propos en assistant à une ré- nattes pétition dans le splendide nouveau studio pattes, ça de la compagnie, à l’angle des rues Mont- réveille imo Royal et de l’Esplanade.La grande prêtresse de la danse québécoise y peaufine les dé- autre façon tails de l’oeuvre en reprise: du positionne- * ment des danseurs dans l’espace au rythme de travailler de l’exécution gestuelle.«Trouve ta propre rythmique au lieu du balancement régulier pour le du pied», lancera-t-elle à Chi Long.Alchimiste Le corps est la pierre philosophale de Marie Chouinard.En véritable alchimiste, elle parvient à transmuer ses énergies invisibles et ses pulsions les plus brutes en gestes d’une troublante beauté.Après s’être penchée sur les ressources internes du corps — le travail cerveau» des articulations a donné Le Cri du monde, puis sur celui de la voix a donné Chorale —, la chorégraphe a voulu prolonger ce corps avec des accessoires pour faire naître une autre danse.Le tour de force de Body Remix tient dans le fait qu’à partir d’objets hyper connotés, qui renvoient automatiquement dans l’esprit à la maladie, au vieillissement, la pièce parvient à dépasser totalement ces associations.La douleur évoquée par les béquilles se transmue ainsi en plaisir — charnel ou ludique.On ne voit plus l’arsenal de ITiandicapé, le harnachement du danseur classique, mais un corps transformé, «re-mixé».Ce qu’on percevait comme une entrave donne finalement accès à une liberté nouvelle, jouissive.L’anomalie cède la place à une autre manière d’être.Cette curieuse alchimie tient notamment au long travail d’expérimentation qui a suivi l’entraînement des danseurs, notamment sur pointes, incluant les hommes.La façon particulière de bouger dans Le Sacre du printemps, pièce phare de la compagnie, a d’ailleurs donné naissance au fil des ans à une routine d’entraînement pour les interprètes.Ici, grâce au travail sur pointes si peu naturel pour les garçons, Manuel Roque a raffermi ses muscles du bas du dos et amélioré l’alignement de son corps.«A force de recherches, on trouve des “patterns” kiné-tiques complètement naturels, explique Lucie Mon-grain.Il ne s’agit pas de l’oublier [la béquille], mais de l’intégrer et jouer dans cette nouvelle réalité physique.» «Quand on marche à quatre pattes, ça réveille une autre façon de travailler pour le cerveau, puisque les bras fonctionnent comme les jambes», ajoute Carole Prieur.Comme un trophée Depuis sa création, Body Remix a parcouru le monde.Pas moins de 35 villes l’ont accueillie et encensée.Lucie Mongrain raconte qu’une fois, après le spectacle, un technicien a surpris une vieille dame brandissant sa marchette en l’air comme un trophée dont elle pouvait enfin être fière.«Je crois que c’est la pièce la mieux reçue de Marie jusqu’ici, juge Carole Prieur (qui en a vu d’autres!), parce qu’elle est la plus esthétiquement ouverte; ilya une beauté que tout le monde comprend.» Les accessoires fournissent une base commune, rendant la danse plus lisible.Et le jeu et l’humour sont au rendez-vous.VOIR PAGE E 4: CHOUINARD Éric-Emmanuel Schmitt au-delà du kitsch Le dramaturge et romancier se fait cinéaste avec Odette Toulemonde ODILE TREMBLAY Si l’écrivain de L’Évangile selon Pilate et de Ma vie avec Mozart est de passage à Montréal, ce n’est pas pour lancer up nouveau livre, lui qui en pond pourtant à fière allure.Eric-Emmanuel Schmitt s’est fait cinéaste avec Odette Toulemonde.Autobiographique dans l’esprit inventé quant au reste, ce premier long métragé de l’auteur français est sans doute une catharsis.Il n’en nie pas l’éventualité.Comme il accepte l’étiquette de «feelgood movie».Odette Toulemonde lui fut inspiré par la lettre d’une admiratrice qui lui écrivit sur un papier à lettre ridicule, avec un cœur de mousse rouge à l’intérieur, une missive extrêmement touchante.Au départ, le kitsch des vêtements de cette femme l’irritait, comme son cœur de mousse.D aurait préféré avoir des admiratrices plus raffinées.Puis l’humanité de la lettre l’a jeté à terre.’ «Cette femme, je ne l’ai jamais revue, mais elle m'a inspiré l'idée du film, dit-iL La lettre de l’admiratrice est de mon cru, pourtant.» Immersion totale Le parcours de cet écrivain est en soi atypique.D a peut-être sept vies, tel un chat, et vient d’entrer dans sa troisième incarnation de créateur.D’abord adulé de l’intelligentsia comme auteur de théâtre, puis adoré des foules en tant que romancier plus commercial, voici qu’il entame une carrière de cinéaste.«Tout ce qui est populaire est sous-estimé, estimê-t-il.Quand j’écrivais des pièces de théâtre qui tiraient à 4000 exemplaires, la critique criait au génie.A 40 000 exemplaires, elle m’accordait du talent.A 400 000 et plus, je suis devenu une baudruche.» Dur de devenir suspect aux yeux d’une critique élitiste qui vous a jadis porté aux nues.D’où ce récit Odette Toulemonde raconte l’histoire d’un écrivain à succès (Albert Dupontel), démoli à la télé par un cri- tique en vue, trompé par sa femme, en dépression nerveuse, qui finit par se réfugier en province chez une admiratrice naiVe qui a trouvé la clé du bonheur (Catherine Fret).Précisons que la nouvelle Odette Toulemonde, qui fait partie d’un recueil publié chez Albin Michel, a été écrite après le film.L’univers mis au monde à l’écran y est,condensé.Eric-Emmanuel Schmitt déclare avoir refusé le concours d’un assistant technique même s’il était néophyte en réalisation.«Mais fai eu droit à quatre mois de préparation avec des techniciens experts.On a découpé chaque scène du scénario.Et puis je suis cinéphile.Plusieurs amis cinéastes m’ont donné des conseils, fai lu un tas de livres sur la question.» Bain d’immersion, donc.Catherine Frot a joué plusieurs figures à la Bécassine, dans Un air de famille et Les Sœurs fâchées, entre autres.VOIR PAGE E 2: SCHMITT JACQUES GRENIER LE DEVOIR •hiu'Vy t LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2007 2 CULTURE Le vide et le plein Odile Tremblay Les journalistes qui tournoyaient autour de la dame blonde dimanche dernier devant le chic Saint-James avec leurs micros tendus sont formels: elïe n’avait rien à dire.Nada.Le vide abyssal.La starlette américaine frôlait notre sol pour la première fois de sa vie, sacralisant du coup Montréal en tant qu’escale sur la route du jet-set.Ce Tribe Hyper-club, nouveau lieu branché de plaisirs nocturnes, devenait un point sur la carte internationale des boîtes à fréquenter, parce que Paris Hilton Ta inauguré de ses blanches mains.Payée grassement pour le faire, dit-on.Champagne! Ça s’arrose.Elle semble être taillée sur mesure pour les jokes de blondes, cette riche héritière en éternelle goguette.Riep dans la tête.Beaucoup de blé dans les poches.A écouter ses entrevues à la suite de son incarcération pour conduite sans permis, on perdrait toute ultime illusion sur son cas: sotte, frivole, écervelée.et irrécupérable.Elle aura joué à la prisonnière comme à la fermière.En Marie-Antoinette moderne, de son Petit Trianon aux cachots de la Conciergerie.Le chemin paraît court de Versailles à Los Angeles.Mais il est si facile de tomber sur la tronche de Paris Hilton et de son petit chien bichonné.Trop facile.Ça évite de se poser des questions essentielles.Car si cette starlette est la femme la plus photographiée du monde, c’est qu’elle doit bien tendre un miroir à ceux qui l’adulent.Représentative d’une tendance lourde occidentale.De frit, son vide se reflète sur le vide ambiant Sa notoriété sans fondement trouve des échos à pleins écrans sur les mirages de la télé-réalité et des blogues du «je, me, moi».Une mise en abîme de la superficialité collective.Célèbre pour cause de célébrité.La gloire pour la gloire, comme les lofteurs, mais en plus permanent Un miroir tendu, Paris Hilton?Allons donc! protestera la galerie: «On n’a ni sa richesse, ni sa minceur, ni sa frénésie de consommation, ni sa quête insatiable du plaisir, ni sa sottise, ni son ego gonflé à vide.Du moins, pas à ce point!!!» Pas à ce point Tout est là Chaque icône flirte avec la caricature.Bien sûr qu’elle dépasse en vacuité le gros de la mêlée.Assez pour qu’il soit aisé de prendre ses distances lace à cette femme, qui personnifie pourtant, clinquantes et triomphantes, bien des valeurs du jour.Pas tombée du ciel, Paris Hilton La planète marche à ses côtés.Dans les tragédies grecques, les personnages sont surdimensionnés.Ils égorgent leurs enfants, couchent avec leur mère, tuent leur père.C’est à travers cette démesure qu’ils atteignent l’inconscient collectif.Paris Hilton aussi.Symbole de notre tragicomédie contemporaine.Frivole, creuse et mondialisée, à l’instar d’un certain air du temps.On a les icônes qu’on mérite.Tenez! J’écoutais l’autre jour le concepteur du site Internet de Ça manque à ma culture, l’émission animée par Serge Postigo à TQ.Dans le site, place allait être donnée au «journaliste-citoyen», appelé à donner son avis sur tout et sur n’importe quoi.Les meilleurs d’entre eux seraient invités à l’émission.Du moins, y aura-t-il un filtre susceptible d’éliminer les moins bons ÉRIC GAILLARD REUTERS Paris Hilton entourée de photographes «journalistes-citoyens» avant qu’ils ne s’étouffent dans le micro.Car le journalisme — on dit Hep! en passant—c’est un métier, la critique aussi, balayés par le concept du journaliste-citoyen.Sauf qu’il est de bon ton de placer sur le même plan le métier et le non-métier.• Il y a pire le matin sur les ondes d’Espace-Mu-sique, depuis le début de la saison automnale.La chaîne perd des plumes d’une année à l’autre, mais ça, c’est une autre histoire.Quoi qu’il en soit, désormais des auditeurs ayant reçu des billets de faveur sont invités à devenir critiques d’un jour.Ils viennent commenter un concert, un opéra, une pièce de théâtre, etc.Sur papier, ça devait paraître très bien, comme concept faire participer le public.Vive l’interaction et tout Rien à redire.A l’usage, les choses se gâtent Les critiques d’un jour bafouillent ignorent par quel bout de la queue prendre l’œuvre en question, faute d’habitude, faute aussi de posséder les codes de communication.Rien de plus normal d’ailleurs.Qui irait le leur reprocher?Mais on finit par changer de poste, mal à l’aise pour eux, tellement ils s’empêtrent dans leurs impressions confuses.La culture du vide ne réclame ni expérience, ni bagage, ni mots pour le dire.Demandez ses trucs à Paris Hilton.Elle règne sur cette bulle-là Il y en a pourtant d’autres.Oui, on peut encore s’aventurer sur des chemins opposés à ce ride glorieux, alors tout ébloui, comme sous une percée de soleil.Ce même dimanche qui valait à Montréal la visite-éclair de Paris Hilton, Loui Mauffette et toute une bande de comédiens présentaient à la 5' salle de la Place des Arts Poésie, sandwich et autres soirs qui penchent.Ce spectacle magique nous a entraînés dans son tourbillon lyrique, avec Miron, Nelligan, Jim Morrison, Rimbaud, Aragon et les autres, en clôturant le Festival international de littérature.Des interprètes qui vivaient joyeusement chaque vers et chaque mot donnaient à la poésie sa plus merveilleuse rampe d’envol.Pur antidote au néant de la blondinette venue humer Tair de la ville, quelques pâtés de maisons plus bas.Pris entre deux vents contraires, on a choisi de se laisser emporter par celui de Mauffette.En le remerciant de nous souffler doucement dans le cou sa brise venue d’en haut otremblay@ledevoir.com HVOROSTOVSKY Un des plus célèbres barytons au monde remarquables carrières internationales.Sa uoix est un pur joyau.” New YORK TIMES L’art de la musique vocale russe avec L'Orchestre de chambre de Moscou L'Académie d'art vocal de Moscou Constantine Orbelian, Direction Samedi, 24 novembre 2007, 20H00 Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts 514 842.21 12 1866 842.21 12 www.pcla.qc.ca Reseau Admission su 790.1245 Show One Entertainment présente Ç.www showoneproductions.ca LE DEVOIR mufrlnsn ^ y»-\OuTo*\ SCHMITT SUITE DE LA PAGE E 1 «Elle est une des rares actrices françaises à maîtriser cet art de porter un personnage naïf sans le rendre ridicule.Ce registre du beau naif est plus courant chez les acteurs masculins, poussé à son sommet par Bourvil et Villeret.Par Dupontel aussi, mais dans mon film, il était le clown blanc et Catherine Frot, l’auguste.» Le personnage d’Odette Toule-monde, mère de jeunes adultes pas toujours faciles, il l’a inscrit à Charleroi dans un décor intérieur de papier peint avec amants s’étreignant au crépuscule et collection de poupées.«Plus personne n’ose se moquer des pauvres, constate l’écrivain, mais tout le monde se moque de la culture du pauvre.Un regard sans considération est posé sur ce kitsch.Oui, c’est ringard, mais il faut aller plus loin.Odette embellit tout.Sa générosité est infinie.» On ne voit pas souvent Bruxelles filmé de cette manière, du moms le Bruxelles de l’image d’Epinal.«J’ai pu filmer la Galerie de la Reine, rare privilège qui me fut accordé par la mairie de la ville.Je voulais mon- Catherine Frot (à gauche) dans Odette Toulemonde trer le Bruxelles d’Odette.Celui qui la fait rêver.» Des effets spéciaux, des scènes mêlées de fantastique s’entremêlent au récit.Plusieurs comparent son film h Amélie Poulain, pour cette héroïne optimiste et généreuse, pour la fantaisie visuelle aussi.«Je me suis contenté de filmer les métaphores qui venaient sous ma plume, QHydro, -t-—-5|"''|’JÏr'' THÉÂTRE DU RIDEAU VERT *¦* f* *?*r * Mm Québec présente: MARIE UNE PIÈCE CE Friedrich von Schiller' TEXTE FRANÇAIS DE Normand Chaurette D’APRÈS UNE TRADUCTION LITTÉRALE DE Marie-Élisabeth Mort MISE EN SCÈNE DE Alexandre Marine PARTENAIRE PRINCIPAL QUEBECOR DU 25 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 2007 BILLETTERIE 514 844-1793 www.rideauvert.qc.ca DISTRIBUTION SYLVIE DRAPEAU ! LISE ROY ! CATHERINE BÉGIN I ROBERT LALONDE ! JACQUES GIRARD I ÉMILE PROULX-CLOUTIER ! JEAN-FRANÇOIS CASABONNE I JEAN-LOUIS ROUX I FRÉDÉRIC DESAGER ! VITAL! MAKAROV concepteurs Jean Bard I Jessica P.Chang I Spike Lyne I Dmitri Marine ! Nikita U.François Caron Martin Desgagné d.rau 20 OCTOBRE 2007 thifllrea ON JOUE AU PROSPERO]/ UnecoNMIudande: W CHANTAL BARIL, MARIE-JOSÉE FORGET, ALEXANDRE MÉRINEAU ET JEAN TURCOTTE ASSISTANCt ET RÉGIE LISON PLANTE SCÉNOGRAPHIE SIMON GUILBAULT COSTUMES HÉLÈNE SOUCY ACCESSOIRES JULIE MEASROCH SON ÉRIC FORGET ÉCLAIRAGE ERWANN BERNARD ATTACHÉE DE PRESSE JOHANNE BRUNET GRAPHISME ANDRÉ LAPLANTE PHOTOGRAPHIE JULIE ARTACHO [PROSPERÔ] 1371, me Ontario otl (514) 526-8582 il EMtt .¦*«4'y www.latol.qc.ca oSétecBS & sr Canada Council forth* Arts ARCHIVES LE DEVOIR déclare Schmitt.Le fait d’être écrivain m’a donné une liberté de faire des choses surréalistes.Quand Odette est heureuse, elle s’envole.Son monde est dans son imagination.» Il avoue avoir trouvé jubilatoire de faire dire à Jacques Weber (en critique féroce) un texte de salaud.«Je comprends que les critiques éprouvent du plaisir à écrire des horreurs pareilles.Ce personnage représente tout ce que je dénonce.J’ai été pour ma part poussé par Bernard Pivot, qui était un passeur, un ouvreur de portes, pas un çlémolisseur.» Eric-Emmanuel Schmitt s’attend à un mauvais accueil critique, pour avoir fait un film sur la joie, en une ère de cynisme.Mais il n’a pas dit son dernier mot au cinéma, se propose d’adapter un de ses livres déjà écrit D lance par ailleurs en septembre un nouveau recueil de nouvelles: La Serveuse d’Ostende, cinq histoires sur la place de l’imaginaire dans nos vies, dans la lignée optimiste d’Odette Toulemonde.Le Devoir ^all pr 'mt JACQUES GRENIER LE DEVOIR Georges Leroux EN BREF Georges Leroux sur Glenn Gould Le philosophe Georges Leroux, qui signe aussi dans les pages du Devoir, participera le mardi 2 octobre à 19h à une causerie soulignant la parution de son dernier livre, Partita pour Glenn Gould, un honunage au musicien dont c’est par ailleurs le 25' anniversaire de la mort Cette causerie se déroulera à la librairie Olivieri, et sera animée par Marie-Andrée Lamontagne.- Le Devoir r LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007 CULTURE Comme un coup de poing déguisé en éclat de rire.Après une série de textes dénonciateurs semés tout au long de trois décennies, Jean-François Caron veut maintenant vous faire rire! MICHEL BÉLAIR Depuis le quart de siècl.e («déjà !») qu’il est sorti de l’Ecole nationale de théâtre (ENT), Jean-François Caron s’est fait connaître par la nature, disons, «sexe, drogue & rock’n’roll» de son écriture dramatique, f écrirai bientôt une pièce sur les nègres (1989), Ata hommes de bonne volonté (1993), Sa-ganash (1995) et La Nature même du continent (2003) sont des textes «qui brassent la cage», c’est le moins que l’on puisse dire.Et puis voilà qu’avec Laine sans mouton, que Martin Desgagné met en scène dans la grande salle du Prospère dès mardi, il plonge dans.la comédie! «Je connais bien Martin et je travaille avec lui depuis longtemps, explique le dramaturge.Nous sommes des complices: il a travaillé à la mise en lecture de certains de mes textes et moi, aux scénarios de quelquesuns de ses films- Je suis sensible aux préoccupations sociales qui colorent tout ce qu’il fiait.Et lorsqu’il m’a demandé de lui écrire un texte pour le théâtre, fai d’abord accepté, ce que je ne fais jamais, et fai tout de suite décidé que je fierais une comédie.» Mais pourquoi une comédie?«Parce qu’on m’a souvent parlé de l’humour dans mes pièces et que f avais le goût de creuser cet aspect de mon écriture.De façon étrange, cela semble presque s’effacer lorsque mes textes arrivent à l’étape de la production et il n’en ressort que le côté dramatique.Cest donc une sorte de défi que je me suis donné.[.] Et je me suis rendu compte que c’est difficile, la comédie; il faut travailler longtemps pour réussir à faire rire en abordant des choses “heavy”!» C’est là que la conversation prendra vraiment son envol.Comme si l’on venait d’aborder un point sensible ou de toucher le cœur d’une interrogation longtemps retournée comme un caillou au fond de la main.Caron reviendra d’abord sur la difficulté d’écrire une comédie.D dira que ce n'est pas simple.Qu’il n’y a rien de superficiel à faire rire sur des trucs qui ne sont pas drôles du tout «Il faut se trouver soi-même, être solide dans ses souliers pour que le gag passe.C’est vrai à chaque réplique et en plus, il faut que cela monte, que ça progresse constamment.Pour moi, la comédie n’a rien à voir avec l’humour; c’est un genre théâtral en soi que de dire des choses difficiles en faisant rire! Molière dénonce des abus de pouvoir — plutôt raides, non?— en les ridiculisant complètement, fai vécu là une sorte de traversée.Mais je ne me doutais pas que c’était une entreprise aussi labyrinthique, que c’était d’une aussi incroyable complexité.Au bout du compte, c’est presque plus “facile” d’écrire un drame parce qu'on peut y trouver des endroits où se cacher.Et puis de toute façon, j’avais le goût de faire quelque chose de different de tout ce que j’ai fait jusque-là: j’ai plongé dans l’aventure avec beaucoup de plaisir!» Une comédie donc.Avec deux JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Je me suis rendu compte que c’est difficile, la comédie; il faut travailler longtemps pour réussir à faire rire en abordant des cno Caron.“heavy”», souligne Fauteur de Laine sans mouton, Jean-François contraintes principales pour l’auteur: le fait de travailler avec quatre personnages puis de les faire évoluer dans un monde caricatural, peut-être, mais bien en prise sur le réel.On s’étonne moins du fait que Jean-François Caron parie de défi.Une «drag-queen Mqsquée» Au moment de l’entrevue, il n’avait toutefois assisté qu’à deux ou trois enchaînements.Et le sourire en coin, il parle d’une «surprise qui fait plaisir».«C’est beaucoup plus “farce”, beaucoup plus “gros” que je ne le pensais! Ça me surprend et ça me fait plaisir.Pourtant, l’histoire repose sur quatre citoyens ordinaires.Des gens comme tout le monde, pris dans le tourbillon incessant de la vie d’aujourd’hui et qui essaient de maintenir la tête hors de l’eau et de ne pas sombrer tout à fait.Un portrait que l’on connaît bien.Ce sont des gens qui ne se connaissent pas et que l’intrigue réunira sans qu’ils en soient vraiment responsables.En fait, cela se produira à la veille d’une élection générale, au moment où une tempête de neige tombe sur la ville.en plein mois de juillet.» Tout cela se passe dans une ville imaginaire située dans un pays imaginaire dont l’économie repose sur.la laine.En toile de fond: la tempête de neige en juillet les élections et, pourquoi ne pas vous le dire, un enlèvement aussi.Et puisqu’on y est, ajoutons également que le personnage clé de la pièce est une drag-queen couronnée d’un Masque de l’interprétation féminine et que tout se dénouera dans son théâtre fraîchement rénové à grands coups de subventions béton.Oufffff.«f ai voulu créer ce monde en biaisant à peine quelques références pour mieux faire voir le réel, raconte Caron./« veux que les spectateurs puissent se dire que c’est de nous que l’on parie, mais toute cette question de la laine et des moutons qui fait partie de notre psyché collective n’est là qu’en arrière-plan.C’est un portrait du monde, oui, cette tempête de neige en juillet est orchestrée de toutes pièces et vient illustrer le fiait que le divertissement joue maintenant un rôle aussi essentiel que ridicule dans nos vies.Mais c’est d’abord l’intimité profonde des personnages et leur vie quotidienne que l’on verra sur scène, pas la dimension sociale des questions posées par l’intrigue.» Jean-François Caron tient aussi à préciser que Laine sans mouton est «une pièce sur la prise de parole à travers la métaphore du pouvoir sur scène».Et qu’avec le recul, tout ce travail n’a été possible que «parce que beaucoup de territoire était déjà déblayé avec Martin [Desgagné]».«Je suis évidemment hanté, conclut le dramaturge, par le fait que les gens puissent ne pas trouver ça drôle.Qu’ils ne rient pas et qu’il soit alors impossible de faire croire quoi que ce soit.Cest peut-être parce qu’il me reste à assumer le fait d’avoir écrit une comédie.C’est le fun, mais c’est “tough”!» Bizarrement, la compagnie de Martin Desgagnés se nomme le Théâtre officiel del farfadet, le TOF.Le Devoir LAINE SANS MOUTON De Jean-François Caron dans la mise en scène de Martin Desgagné.Au Théâtre Prospero du 1" au 20 octobre, tr 514 5206582 LE GROUPE DE LA VEILLÉE présente dans une version pour la salle intime Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal CONQUGRANT D€ L'INUTILe d’André Frappier Mise en scène de Paolo de Paola avec Gilles Pelletier Sébastien Frappier, Mylène Pelletier et André Frappier Scénographie de Maurice Day, son et musique de Christian Frappier Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier 4353, Sainte-Catherine ESI, métro Pie-IX du 25 septembre au 13 octobre, du mardi au samedi à 19h30 Billetterie; 514-253-8974 Admission: 514-790-1245 1-800-361-4595-admlssion.com CARTE PREMIÈRES Claude Lemieux s'empare de la prose À sinueuse et imagée de Hrabal en Le nous forçant à oublier son caractère te littéraire [.] une prestation Tt éblouissante.c'est le rôle d'une et vie.[.] le plus beau spectade du F.Groupe de la Veillée, celui, en tout cas, où brûle le plus vivement Cl l'amour de la littérature.l’i W.Gi/iiy, te Devoir rii .remarquable interprétation de Claude Lemieux [.] il campe un y.Hanta magistral [.] lecture intelli- ;e gente, respecteuse du célèbre roman.j( Téo Spychalski témoigne d’- personnel et aiguisé su l'œuvre tchèque.S.Despatie, Voir À ne pas manquer, pour Claude Lemieux, pour sa performance d'acteur absolument admirable.Bravo à Téo Spychalski, responsable de la mise en scène.F.Grimoldi, Radio-Conaria Claude Lemieux tient là sûrement l’un des rôles marquants de sa carrière.M.Poggy, Radio Ville-Marie Un direct au plexus : c'est ainsi que je définirais la mise en scène de Téo Spychalski.laferrière, La Presse % K ?Adaptation et mise en scène Téo Spychalski avec Claude Lemieux Tania Duguay-Castilloux et Marie-Daniel Lussier Éclairages Mathieu Marcil • Montage sonore Jean-Luc Thiévent oé 19 sept.au 13 oct.à 20 h 15 fVV' ON J0UE AU i prospero] 1371, rue Ontario est Billetterie (514) 526-6582 • Admission (514) 790-1245 jeudi 2 pour 1 (coilames conditions s'appliquent) Des univers irréconciliables MomÉ-MomÉ De Daniel Keene.Traduction: Séverine Magois.Miçe en scène: Kristian Frédric.A l’Usine C jusqu’au 13 octobre.HERVÉ GUAY Tant l’univers de Koltès (La Nuit juste avant les forêts) que celui de Koffi Kwahulé (Jlig Shoot) convenaient bien à l’imaginaire glauque mais organique du metteur en scène français Kristian Frédric.Par contre, Moitié-moitié, de l’auteur dramatique australien Daniel Keene, résiste à cet Jiomme de théâtre pourtant doué.A l’Usine C, ce dernier signe une réalisation convenable, sur le plan esthétique, de cette pièce au dénouement prévisible.Mais l’interprétation de Denis Lavalou et de Cédric Do-rier paraît forcée.Et la langue de Keene, émule cynique de Beckett et de Pin ter, ne sort pas grandie de la traduction franco-française, d’une artificialité ordinaire, de Séverine Magois.Le problème principal de ce Moitié-moitié, c’est que la violence qui sous-tend cette pièce ne repose sur rien de concret.Les tableaux apparaissent très détachés les uns des autres et répétitifs.Le goût de la confrontation gratuite ainsi que celui de l'aphorisme et des bons mots — souvent creux—l’emportent ici sur le reste.Les acteurs sont alors obligés d’amplifier la haine que ces demi-frères se vouent et d’exagérer le contraste entre l’aîné et le cadet.jusqu’à la caricature.Avec la conséquence que le spectateur est lassé de voir ces deux-là sinvectiver bien avant qulls ne se réconcilient à la faveur d’une incartade surréaliste.Kristian Frédric traite ces Les deux acteurs ont tendance à s’enfoncer dans le stéréotype, en particulier Denis Lavalou dont la composition physique alambiquée laisse dubitatif scènes, qui tiennent plus de la construction mentale que d’une réalité définie, en les situant dans une cuisine presque naturaliste qu’il n’aura de cesse de rendre étrange et de faire littéralement déconstruire par les comédiens qui y évoluent.L’opération ne réussit qu’à moitié.Moins parce qu'elle est illogique qu’en raison du caractère interchangeable dps scènes auquel le metteur en scène tente de conférer une progression dramatique que cellesci ne sont pas en mesure d’appuyer.Il a beau en tirer de beaux effets, une ou deux images amusantes (comme ce dictionnaire rangé dans le congélateur), ce petit jeu n’est ni convaincant ni surprenant J’en dirais autant de l’interprétation des deux frères: l’un, féminin et intellectuel (Cédric Do-rier), l’autre, dur à cuire et borné (Denis Lavalou).D’une part, le contraste choisi ne pèche pas par excès d’originalité.D’autre part, les deux acteurs ont tendance à s’enfoncer dans le stéréotype, en particulier Denis Lavalou dont la composition physique alambiquée laisse dubitatif.Reconnaissons que les acteurs ne sont pas tellement aidés par une pièce qui présente des personnages dont l’évolution est conventionnelle.Mais ceux-ci ne semblent pas non plus en mesure de fournir l’engagement corporel que Frédric exige habituellement de ses interprètes.Privée d’une véritable charge corporelle et primitive, la dernière étape de sa trilogie sur les liens fraternels ne remplit pas ses promesses.Bref les véritables frères ennemis sont moins les personnages de Moitié-moitié qu’un metteur en scène et un auteur dont les univers ne collent pas.Collaborateur du Devoir LE TRAITEMENT everybody £ Welles *'pour tous Le Théâtre PàP PRÉSENTE DU 5 AU 20 OCTOBRE 2007 Le Traitement DE MARTIN CRIMP_ MISE EN SCÈNE DE CLAUDE POISSANT Avec Peter Batakliev, Félix Beaulieu-Duchesneau, Violette Chauveau, Amélie Chérubin-Soulières, Francis Ducharme, Catherine Larochelte, Widemir Normil, Gilles Renaud et Catherine Trudeau Concepteurs.Jean Bard, Angelo Barsetti, Nicolas Basque, Linda Brunelle, Éric Champoux, Mathieu Giguère, Karine Lapierre et Dave St-Pierre En coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques Gagnant de 4 Masques dont Production Montréal 2006 DU 23 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 2007 Everybody’s Welles pour tous DE PATRICE DUBOIS ET MARTIN LABRECQUE.MISE EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS Avec Patrice Dubois et Stéphane Franche Concepteurs.Martin Labrecque, Catherine La Frenière, Olivier Landreville, Larsen Lupin et Caroline Poirier Gagnant de 2 Masques dont Production Montréal 2004 À ESPACE G0_ 514.845.4890 www.admission.com 514.790.1245 Le Conseil des Arfs du Canada a 50 ans LE DEVOIR t DEVOIR SAMEDI D I M A N C H SEPTEMBRE CULTDRE ’ CHOUINARD SUITE DE LA PAGE E 1 C’est peut-être pourquoi 1 oeuvre a valu à la compagnie le 22' Grand Prix du Conseil des Arts de Montréal l’an dernier.Au-delà des références animales qu’on y reconnaît parfois, de la sensualité et du désir qui traversent toutes les œuvres de la chorégraphe, Body Remix met surtout à nu la mécanique complexe du corps, nimbée de beauté.«Je la vois [Marie Chouinard] comme une grande sage du mouve- ment, une sorte de yogi qui peut lévi-ter, confie Carole Prieur.Elle a une compréhension de l’énergie du mouvement, comment aller chercher tout le potentiel du danseur.Elle “intui-tionne" une mathématique universelle.» Qui se révèle ici avec brio.Le Devoir BODY REMIX / LES VARIATIONS GOLDBERG Du 4 au 6 octobre au Théâtre Maisonneuve DANSE MARIE CHOUINARD Body Remix met surtout à nu la mécanique complexe du corps.ZAB MABOUNGOU COMPAGNIE DANSE NYATA NYATA DECOMPTE ^ 10 AU 13 OCTOBRE 2007 / 20 H CHORÉGRAPHE ET INTERPRÈTE ZAB MABOUNGOU CONCEPTION ARTISTIQUE -» ZAB MABOUNGOU MUSIQUE -y JEAN-SÉBASTIEN BACH, ZAB MABOUNGOU INTERPRÉTATION MUSICALE EN DIRECT MARC KEYEVUH JEAN-CHRISTOPHE LIZOTTE SCÉNOGRAPHIE -y CHRYSO BASHONGA ÉCLAIRAGES -> ÉRIC DUVAL CONSULTANT AUX ÉCLAIRAGES -y FRANÇOIS O HARA COSTUMES -y MOOV DESIGN AGORA DE LA DANSE 840, RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW.AGORADANSE.COM BILLETTERIE -> 514 525.1500 ADMISSION y 514 790.1245 PHOTO CINDY DIANE RHÉAULT ALTA REAÜTAT ET DMDANZA BARCELONE ÔLELÉS -> 3 AU 6 OCTOBRE 07/20 H EN PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE CHORÉGRAPHES ET INTERPRÈTES -» JORDI CORTÉS ET DAMIÀN MUNOZ COLLABORATION -y MARIA MUNOZ ICOMPANIA MAL PELOI ÉCLAIRAGES y JAVI ULLA SCÉNOGRAPHIE y JORDI CORTÉS, DAMIÂN MUNOZ ET MARIA DE FRUTOS « UNE ŒUVRE 4 GOÛTER DE PRÈS.EN GROS PLANS.».LA VANGUAROIA "SHEER PLEASURE FOR THE EYES AND THE NINO 1.1 BEAUTY AND EMOTION A PLENTY." ANDRÉS MOLINARI - IDEAL - ORANADA ''111 IMIÜUI fjrruM» (Ml 1 ** trffcrt UlltMM AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW.AGORADANSE.COM BILLETTERIE y 514 525.1500 ADMISSION y 514 790.1245 PHOTO J0SIP A 2 N A R JOSEPH AZNAR Ôlelés, sacré spectacle de danse de l’année 2004 par la Ville de Barcelone, devrait nous en révéler davantage sur les formes actuelles de la danse dans la péninsule ibérique.Duel catalan Les chorégraphes barcelonais Jordi Cortés et Damian Munoz se pointent à l’Agora de la danse FRÉDÉRIQUE DOYON Même la plus solide amitié n’est pas à l’abri du mensonge et de la haine.Le passage du temps permet parfois de recoller les morceaux, de rétablir la confiance.C’est ce que tentent les deux protagonistes de Ôlelés, des chorégraphes barcelonais Jordi Cortès et Damian Munoz, présenté à l’Agora de la danse cette semaine.De la danse contemporaine espagnole, on connaît surtout le nouveau flamenco.Ôlelés, sacré spectacle de danse de l’année 2004 par la Ville de Barcelone, devrait nous en révéler davantage sur les formes actuelles de la danse dans la péninsule ibérique.Et paraît-il que Barcelone bouillonne en ce moment d’un renouveau chorégraphique.«La scène de la danse est très active, c’est une bonne période, rapporte le chorégraphe catalan Jordi Cortés de la compagnie Alla Realitat, à propos de sa discipline qui a émergé dans les années 1980, un peu comme à Montréal.H y a beaucoup d’organisations et de théâtres qui dynamisent le milieu.Beaucoup d'artistes partis se ressourcer à l’étranger reviennent s’y installer.» Ils seront deux créateurs plutôt qu’un à venir témoigner de l’effervescence hispanique.Jordi Cortés, Barcelonais, et Damian Munoz, du Pays basque voisin, se sont rencontrés il y a six ans.Et malgré leurs différentes approches esthétiques fils ont chacun leur compagnie, Alta Realitat pour le premier et DMDan-za pour le second), leur quête commune a scellé une amitié artistique qui s’est exprimée dans plusieurs collaborations, avant et après Ôlelés.«Beaucoup de gens se disaient: mais qu’est-ce qu’ils font ensemble, ces deux-là?Ils ne nous imaginaient pas collaborer à cause de la différence de notre travail, mais on cherche foi même chose et nos différences nous nourrissent l’un l’autre.» C’est peut-être en partie pourquoi ils se sont sentis interpellés par le roman hongrois Les Braises de l’auteur Sandor Marai, qui décrypte les grandeurs et misères de l’amitié dans un féroce huis clos.«Un ami me l’a recommandé et fai été ébranlé par cette histoire d’amitié entre deux hommes, raconte M.Cor-tés./ai tout de suite appelé Damian, qui a pensé comme moi, après l’avoir lu, qu’il fallait faire quelque chose avec ça.Ces deux hommes ont une amitié très solide pendant leur adolescence et quelque chose arrive qui les sépare pendant 40 ans.Plus vieux ils se retrouvent et tentent défaire la lumière sur leur rupture.» Aussi, la danse semblait propre à mettre en scène un ouvrage littéraire dont la principale qualité se trouve, selon le chorégraphe, dans cette maîtrise du sous-texte.«On a l’impression qu’il ne se passe rien, mais beaucoup de choses se passent dans le non-dit, on ressent la tensions entre ces deux hommes.» Le titre cristallise cette tension puisque le mot hongrois ôlelés signifie à la fois massacre et étreinte.L’appel du risque Dans leur pièce, les deux chorégraphes ne prennent pas la parole, bien qu’un extrait de texte préenre-gistré ponctue la performance, autrement concentrée sur le geste et sa psychologie.Décors et accessoires «tiennent dans une seule valise», note Jordi Cortés.Le tandem a aussi respecté l’unité de temps du roman, dont l’intrigue se déploie en unç nuit, du crépuscule à l’aube.A l’Institut du théâtre de Barcelone où il a été formé dans les années 1980, Jordi Cortés a entretenu des liens étroits avec les étudiants en théâtre de sa cohorte.Une dynamique d’échange qu’il a maintenue dans son parcours professionnel.D a d’ailleurs vécu 11 ans à Londres — «une période cruciale», dit-il — dont sept à coUaborer avec la réputée compagnie DV8 Physical Theatre.Après quoi il est revenu à Barcelone fonder sa propre compagnie, Alta Realitat «Le théâtre m’a toujours beaucoup intéressé et influencé», admet-il, en soulignant toutefois que le texte ne dicte pas toutes ses œuvres.Certaines pièces de son cru ont pris racine dans des obsessions ou préoccupations plus personnelles, telles que nos peurs intérieures, entraves à notre liberté, tandis que d’autres ont émané de ses lectures.Une de ses chorégraphies (au titre intraduisible, dit-il) s’inspire d’ailleurs de la poète canadienne Anne Michaels et de son recueil Fugitive Pieces.Ce qui ne l’a pas empêché de créer un solo très conceptuel pour le Festival d’Avignon dans le cadre de sa série «Le Vif du sujet» en 2001.«Je crois que j’ai un peu peur de tomber dans une formule», avoue-t-il.Au risque de s’éparpiller un peu.«J’aime explorer, je ressens le besoin d’essayer de nouvelles choses.» Avec Ôlelés, il semble que 1’appel du risque et de la nouveauté a porté fruit Le Devoir ÔLELÉS De Jordi Cortés et Damian Munoz, du 3 au 6 octobre à l’Agora de la danse CINQUIÈME SALLE La Place des Arts présente RONNIE BURKETT 10 DAYS ON EARTH Spe6 842 2112 laplacedesarts.com Réseau Admission 514 7'X) 1245 .CHOUINARD RÉPOND À LA MUSIOUE AVEC UNE CRÉATIVITÉ EÏ0,U1SE.(.) U S'AGIT D’UNE RENCONTRE ENTIERE1IENT NOUVELLE ENTRE LA DANSE ET LAHUSIRUE., Allemagne / f/s DANSE WWW.DANSEDANSE.NET COMPAGNIE marie CHOUINARD DE RETOUR À LA DEMANDE GÉNÉRALE B0DYJEMIX/ LE S _VARIATI0NS_G0LDB E RG OHOREORAPHI: MARIE CHOUINARD 4,5,6 0CT.2007 LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007 Crise identitaire chez Deutsche Grammophon Pour un examen de conscience, et vite ! Une véritable avalanche de nouveautés consacrées à Beethoven sur étiquette Deutsche Granunophon nous amène à nous interroger sur le credo artistique actuel du leader du marché classique.CHRISTOPHE HUSS \ A tort ou à raison, Deutsche Grammophon (DG) a, depuis les années 1960, été perçue comme la grande étiquette classique, celle qui menait le marché, rassemblait les artistes les plus fameux et donnait le la en matière d’interprétation.Il faut reconnaître que ce statut était intimement lié à une suprématie culturelle attribuée aux grands chefs de la sphère germanique (Herbert von Karajan, Karl Bôhm, Eugen Jochum) dans l'interprétation de leur répertoire, celui-là même qui cimente l’histoire de la musique classique et romantique.La condescendance européenne envers les orchestres américains et ce qui se faisait outre-Atlantique — alors même que le niveau purement technique Ce ne parle pas de couleurs ou de personnalité sonore) des orchestres de New York, Chicago, Boston ou Cleveland dépassait aisément celui des prestigieuses phalanges de Vienne ou Berlin — amenait à regarder le monde musical à travers une lunette déformante, qui n’avait d’yeux que pour l’Allemagne, l’Autriche et l’Angleterre.Beethoven, maître étalon Ludwig van Beethoven a été le compositeur à travers lequel DG assoyait sa suprématie.Evidemment, après la mort de Furtwàn-gler — auquel aucune étiquette de disque n’avait eu l’idée de confier l’enregistrement en studio d’une intégrale des symphonies! —, c’est Herbert von Karajan qui fut le symbole de cette quintessence beethoyénienne.Ceci n’empêcha pas le label d’enregistrer des intégrales des célèbres symphonies par Eugen Jochum, Karl Bohm et Rafael Kubelik, ainsi que confier des disques isolés à Lorin Maazel, Igor Mar-kevitch et Ferenc Fricsay.Leonard Bernstein, recruté en fin de carrière par DG qui désirait, à juste titre, documenter l’histoire d’amour musicale du chef américain avec le Philharmonique de Vienne, réalisa la dernière intégrale DG de l’ère du microsillon.En compact, Karajan, pour une dernière fois à Berlin, et Abbado à Vienne, se virent attribuer le rôle de défenseurs du bastion beethovénien de DG, avant que, sous étiquette Archiv, l’éditeur ajoute, à travers l’intégrale de John Eliot Gardiner, une pierre à l’édifice des «relectures baroques» très à la mode dans les années 1990.Un flot erratique Sur étiquette DG nous sont arrivés depuis trois semaines une intégrale des symphonies par Mikhail Pletnev et l’Orchestre national de Russie, une 9e Symphonie par Franz Welser-Most à Cleveland, un Concerto pour violon par Vadim Repin et Riccardo Muti et surtout, une ribambelle hélènete;rimaud BEETHOVEN concerto no.5 “emperor" | piano sonata no.28 staaiskapelle dresden L vladimir jurowski m Le pianiste Michael Pletnev de concertos pour piano.Depuis trois mois, trois pianistes différents sont amenés à succéder à > Wilhelm Kempf et Maurizio Pol- * lini: Lang Lang, accompagné par Christoph Eschenbach (Concertos «° 1 et 4), Mikhail Pletnev, cette fois pianiste, dirigé par l’in-corinu Christian Gansh (Concertos n° 1 et 3, Concertos n° 2 et 4) et Hélène Grimaud dans le Concerto l’Empereur.Esthétiquement, cet aréopage tire à hue et à dia et semble illustrer la nouvelle nécessité des labels internationaux de couvrir diverses zones géographiques avec des artistes à forte notoriété dans certains pays, plus personne ne semblant faire autorité.Seul le Concerto pour violon de Vadim Repin et Riccardo Muti à Vienne, complété par une Sonate à Kreutzer avec Repin et Ar-gerich possède cette aura de «disque référence».Les interprétations du Concerto pour violon par Repin-Muti et du Concerto l’Empereur par Hélène Grimaud et Vladimir Jurowski sont opposées.Repin et Muti nous livrent un concerto presque chambriste (pourquoi prendre le Philharmonique de Vienne à ce compte-là?), très apollinien et raffiné.C’est intéressant, plutôt qu’essentiel.Grimaud et Jurowski se lancent dans un Beethoven puissant et ravageur, qui privilégie l’avancée.C’est de loin le disque le plus éminent du lot, le meilleur de la pianiste française depuis son 1" Concerto de Brahms chez Erato en 1998.De Lang Lang et Escheqbach on craignait une musique sirupeuse, mais, là aussi, c’est de loin le meilleur disque de Lang Lang à date.On a l’impression que le chef allemand a donné une leçon de bon goût au pianiste chinois, la qualité première de cette inteipré-tation étant le toucher Lang Lang, léger et très fluide.Le 1” Concerto est un petit miracle.• De la P" Symphonie par Franz Welser-Môst, premier disque de la Canadienne Measha Bruegger-gosman sur étiquette DG, il n’y a rien à dire: c’est ennuyeux et mal enregistré.Ce disque .confirme qu’en ce moment, aux États-Unis, c’est à Cincinnati, Los Angeles et Minneapolis que les choses se passent, plus qu’à Cleveland, Philadelphie, Chicago ou New York.Le gros point noir, qui vient entériner l’impression de cacophonie et d’erratisme artistique chez Deutsche Grammophon, s’appelle Mikhail Pletnev.Le (bon) pianiste et (mauvais) chef semble avoir inventé un nouveau métier: celui de clown musical.«Bozo» Pletnev utilise les notes de Beethoven pour en faire n’importe quoi en termes de rythmes et de phrasés.Son intégrale symphonique est, avec celle de Dâvid Porcelijn et l’Orchestre symphonique de Tasmanie, la pire jamais éditée, alors que ses concertos tiennent du cirquè musical.Qui donc a accepté de dévoyer 60 ans d’histoire d’une marque prestigieuse entre toutes pour éditer cette musique de caniveau?Un examen de conscience est pour le moins nécessaire! Collaborateur du Devoir ¦ Disque recommandé Beethoven: Concerto pour piano n° 5.Sonate pour piano n° 28.Hélène Grimaud (piano), Staatska-pelle Dresden,-Vladimir Jurowski.DG 4777 6595 PALAIS M NTCALM WEEK-END À QUEBEC VENEZ DÉCOUVRIR LE PALAIS MONTCALM PALAIS M( NTCALM WEEK-END À QUEBEC VENEZ DÉCOUVRIR LE PALAIS MONTCALM FRANKBRALEY, ÉRIC LESAGE, MARC-ANDRÉ LAL0NDE, ANDRÉ MORIN Deux pianistes, deux timbaliers Au programme : Stravinsky, Poulenc, Bartok, Ravel.Une rencontre rare entre quatre superbes musiciens.PRIX: 45,00$ - prix jeunesse 12,50$ 8 OCTOBRE MARC-ANDRÉ LALONDE, ANDRÉ MORIN, ANNE-JULIE CARON, STEVE ROUSSEAU, ZIYA TABASSIAN Musiques du monde, classique, contemporaine.Une fête des percussions enlevante animée par Pierre Potvin.PRIX: 20,00$ - prix jeunesse 12,50$ 6 OCTOBRE 2o hoo GARY BURTON ET MAK0T0 OZONE Un vibraphone, un piano Un gourou, un virtuose Improvisation, jazz, sons et rythmes cools PRIX: 45,00$ - prix jeunesse 12,50$ taxes incluses - trais de services en sus pour tous les tarifs BILLETTERIE: 1 877 641-6040 - (418) 641-6040 www.palaismontcalm.ca Grand partenaire Ai OA MOI IF «M~nmirTlinfritrn— VILLE DE Bâ nationale Québec Sü Québec OCTOBRE DEUX SOIRÉES SCHUMANN DEUX SOIRÉES ROMANTIQUES ÉRIC LE SAGE PASCALE GIGUÈRE, JEAN-SÉBASTIEN ROY JEAN-LUC PLOURDE, BENOÎT LOISELLE Un virtuose au piano, trois violons, un violoncelle De grands interprètes Choisissez votre soirée PRIX: 45,00$ - prix jeunesse 12,50$ OCTOBRE itoo ALAIN LEFÈVRE ET L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DUSAGUENAY-LAC-ST-JEAN Un invité de prestige La musique d'André Mathieu Un après-midi de rêve.PRIX: 45,00$ - prix Jeunesse 12,50$ taxes incluses - frais de services en sus pour tous les tarifs BILLETTERIE : 1 877 641-6040 - (418) 641-6040 www.palaismontcalm.ca Grand partenaire xi BANQUE ___ VILLE PE NATIONALE Québec SS QUÉBEC Un beau casse-tête PHILIPPE PAPINEAU L> automne est déjà commencé, ' et la plupart des gros festivals de musique sont derrière nous.D en reste tout de même un gros à franchir: le monstre Pop Montréal Du 3 au 7 octobre, plus de 360 •groupes, et pas des moindres, envahiront une quarantaine de salles de la métropole.Sacré casse-tête en perspective pour les festivaliers! Pour sa sixième édition, Pop Montréal est plutôt fier d’avoir attiré toute cette ribambelle d’artistes, composée autant des-vétérans comme Patti Smith, Pere Ubu ou Eric’s Trip, que des plus jeunes pousses telles que Socalled, Yelle, Final Fantasy ou Miracle Fortress.Le spectre est large, concède Dan Seligman, fondateur et directeur artistique du festival.«Cesit un festival de musique populaire, alors on doit avoir des styles de musique différents.Ce qui est vraiment important pour nom, c’est plutôt l’originalité des artistes.» Dan Seligman cite en exemple le soulman Cody ChestnuTT.«Il représente vraiment l’âme de Pop Montréal.Il est un peu “outsider" des grands courants, il fait les choses comme il veut.En même temps, il chante avec The Roots, il apparaît même dans film Dave’s Chappele Bloc Party.C’est un honneur pour nom de l’avoir.» Pop Montréal réserve une belle place aux artistes d’ici, et le plus souvent le festival choisit des formations de la relève avant les gros noms — question de budget, certes, mais aussi de sensibilité.«On essaie de chercher, de découvrir les groupes prometteurs, comme Mahjor Bidet ou Le Hmky Malaju-be a joué au Pop Montréal déjà, comme Patrick Watson, Arcade Fire et Besnard Lakes.» Cette année, plusieurs Québécois ont trouvé leur niche quelque part dans l’immense programmation du festival.On pourra voir ou revoir Bivouaq, Bonjour Brumaire, Chocolat CPC Gangbangs, Creatu- Le festival choisit des formations de la relève avant les gros noms — question de budget, certes, mais.aussi de sensibilité re, Maxime Robin et compagnie.Même Michel Pagliaro sera de la partie.«Pag est un esprit indépendant, bilingue, montréalais, exactement dans l’esprit de Pop Montréal, explique Seligman.Il jouera sur scène avec Le Nombre et Mongrels, alors ça va faire trois générations de musi-dens, anglos et francos Ça, c’est vraiment notre raison d’être.» De la grosse salle au petit bar Pendant les cinq jours de Pop Montréal, les salles de la ville seront littéralement prises d’assaut De l’Escogriffe au National en passant par le Lambi ou 1’Ukrainian Federation, il y en aura pour tous les goûts et tous les formats.«Quand tu découvres une salle, c’est un moment important d’un concert.Tu découvres une nouvelle énergie, une nouvelle ambiance, explique le fondateur.Le spectacle n’est plus simplement musical.» Seligman le concède, il est franchement impossible de tout y voir.D faudra donc faire des choix, parfois déchirants, même si un effort a été fait pour éviter les conflits d’horaire entre les concerts qui attirent naturellement les mêmes foules.Ceux qui maîtrisent le «télétransport» seront privilégiés; jxmr les autres, le vélo et le métro restent les meilleures options.Comme si Pop Montréal n’était pas assez attrayant ainsi les prix des concerts sont ridiculement bas, oscillant entre cinq dollars pour les groupes moins connus et 35 $ pour les Patti Smith et consorts.Un laissez-passer donnant accès à tous les concerts est même disponible au coût de 70 $.Cinq soirs de concerts pour 70 $?Vous seriez fous de vous en passer.Le Devoir POP MONTRÉAL • Du 3 au 7 octobre • Tous les détails au www.popmontreal.com r\ Hydro Qué Québec (esséries T)„„ Musica 2007-2008 POUR IC PLAISIR DE TOUS LES MÉLOMANES SÉRIE ÉMERAUDE ^ Théâtre Maisonneuve, Placé des Arts QlJATÜOR ST-LAWRENCE, Cordes Lundi, 1" octobre 2007, 19H30 PROGRAMME Haydn, Quatuor op.77 n° 1 Hindemith, Quatuor n° 3 Beethoven, Quatuors op.130 et 133 Billets : 37,50 $, 32 $ et 18 $ (étudiants) V - ' -æ ¦ MgfflMfi (taxes et redevance en sus) ’ Abonnements; Tél.: 514-845-0532 Téléc: 514-845-1500 Courriel : concerts@promusica.qc.ca : MU*fi D'Afll CONtlMTtMUMH M MONTAI Quebec « UiScena Musirolc Place de.Arts (514)842.2112 1-866-842-2112 Orfbecr www.pda.qc.ca Roseau Admission 514-790-1245 NOUVEL ENSEMBLE MODERNE SOUS LA DIRECTION DT I ORRAINf VAU LANCOURT SAISON POUR LA PAIX 2007-2008 WWW.LFNFM CA 514-.143-5636 INF0GLENEM.CA FROM IVRY CONCERT DE LA RENTRÉE VENDREDI 5 OCTOBRE IVRY GITLIS, INVITÉ D’HONNEUR .: Envies de NICOLAS GILBERT, CHRISTOPHER TRAPANI, FRANÇOIS PARIS, JEAN VIG0 El ANDREA LIBER0VICI 20:00 - SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 220, VINCENT-DTNDY (MÉTRO ÉDOUARU-MONTPETIT) À LA RENCONTRE DU NEM AUTOUR DE LA MUSIQUE DE NICOLAS GILBERT SAM! DI 29 SEPTEMBRE À LA CHAPELLE HIST0RIUUE DU BON-PASTEUR À 14:00 I 614 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DI MAN CHE 30 SEPTEMBRE 2007 E 6 De Vise Le (sur)poids du cinéma DOUGLAS GORDON Galerie de l’UQAM, 1400, rue Berri, jusqu’au 6 octobre STAN DOUGLAS Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, jusqu’au 7 octobre L’EXPÉRIENCE PRÉHISTORIQUE Christelle Lheureux Cinémathèque québécoise, 335, boulevard de Maisonneuve Est, jusqu’au 28 octobre JÉRÔME DELGADO Gros budgets, citations de cinéastes-cultes et manières démesurées, assumées, relient trois expos du Mois de la photo 2007.Les univers de Douglas Gordon, Stan Douglas et Christelle Lheureux n’aboutissent pas, heureusement dans le même panier.Même si on ne s’en sort pas: ce 10e Mois est très cinéma.Pouvait-il en être autrement de ces «explorations narratives» défendues par la commissaire Marie Fraser?Démesuré, vous demandez?Pour Montréal, Christelle Lheureux a reformulé, pour la huitième fois, un film de 1936, Les Sœurs de Gion de Kenji Mizoguchi.Un processus entamé en 2003 qui ne s’arrêtera visiblement pas au Québec, la version chinoise restant «à venir».Mais ce «long métrage à plusieurs [sic] versions narratives» exagère finalement peu comparé au Klatsassin, de Stan Douglas, qui décortique en cinq minutes le crime du légendaire Rashomon d’Ald-ra Kurosawa Cinq minutes, scéna-risées différemment 850 fois, pour un total de 70 heures! Encore là, c’est peu: la projection de 5 Year Drive-By de Douglas Gordon, ralentissant au maximum un western de John Ford (The Searchers) pour qu’il corresponde au temps du récit fictif, dure, attention.cinq ans.Ces trois projets, en jouant ainsi avec la durée, redéfinissent le rôle du spectateur, remettent en question la réception de l’art.Ce n’est pas la première fois que les limites sont repoussées (pensez au Empire de Warhol), mais l’obsession de «consommer» une œuvre, si propre à l’industrie du cinéma, est soulignée avec fermeté.Simple et complexe, L’Expérience préhistorique de Lheureux, exposée à la Cinémathèque québécoise, remonte aux sources du cinéma, le film de Mizoguchi étant un des premiers films parlants.Aussi, l’artiste française épluche le septième art, séparant son et image, les confrontant en deux trames presque distinctes.A la fois film, installation et performance, son œuvre place le spectateur dans une position instable.Ses yeux ne peuvent suivre ce que ses oreilles entendent.Et pourtant, c’est de la même histoire quil s’agit Christelle Lheureux remet en question avec beaucoup de doigté la pertinence de la réédition, du remake, pour reprendre ce terme dé- signant habituellement la tendance cinéma, à déterrer des vieilles histoires.A chaque version de ce projet «en expansion» (Marie Fraser), l’artiste demande à un auteur un nouveau scénario qu’il interprétera devant la caméra.C’est Wajdi Mouawad qui a été invité pour le volet québécois et U va de soi que sa diction ajoute au dramatique.Son visage en gros plan fait face à l’auteure-performeu-se de la version japonaise, dont la manière de dire les choses est autre.Le contraste alimente bien sûr la distorsion de l’ensemble, fait de mots, de bruits de fond et de silences.Et pour la cohésion, le film de Moziguchi défile dans la mise en scène muette et contemporaine de Lheureux elle-même.Du côté des Douglas Ce jeu pseudo cinématographique n’en vaut pas autant la chandelle lors de§ deux expériences «Douglas».A la galerie de l’UQAM, l’image fixe qu’impose le Britannique Gordon peut contester la narrativité, le concept s’épuise vite.Œuvre de longue durée, vite consommée: drôle de paradoxe.Au mieux, Gordon donne une démonstration de son pouvoir, non pas technique, mais économique — bien que Ford, en matière de droits, ne vaille sûrement pas Spielberg.A la Fonderie Darling, Stan, le Douglas vancouvérois, n’utilise pas, lui, les images du Kurosawa.Il délaisse le Japon du Ville siècle pour une histoire «cow-boys versus indiens».Un choix cohérent, les films de Kurosawa, inspirés de Ford, étant souvent qualifiés de westerns japonais.La facture anti-narrative, complexe, concorde aussi avec Rashomon, admiré pour la multiplication de ses points de vue.Mais encore là, l’ampleur du projet, son côté léché, frôle davantage la célébration que la remise en question.De Stan Douglas et Douglas Gordon, mieux valent les corpus exposés en complément.Dans le cas du premier, des images fixes tirées de Klatsassin, d’autres autonomes, qui formulent mieux questionnement narratif et critique sociale.Du second, Faire le mort.En temps réel, poésie dramatique et formelle mettant en vedette un éléphant.Déception supplémentaire: cette expo, présentée comme le premier solo à Montréal de Gordon, ne réunit que deux œuvres, dont une du Musée des beaux-arts du Canada.Pourquoi parler d’événement?Pas de doute, le Mois de la photo 2007, au risque de se répéter, est très cinéma.Le passage à l’És-pace vidéo du quartier Saint-Henri vous en aura convaincu.Ajoutez les citations à Mizoguchi, Ford, Kurosawa, puis le suspens chez David Claerbout (Musée des beaux-arts) ou un certain croisement de jambes de Sharon Stone repris par Candice Breitz (centre Vox) et vous serez en droit de poser la question.Est-ce trop?Collaborateur du Devoir Un parc sans nom sur la carte PEINTURE FRAÎCHE 28 au 30 septembre Lancement, interventions et conférences LE NID Chih-ChienWang Jusqu’au 7 octobre FAIRE DES PLACES Alexandre David Jusqu’au 31 octobre Une proposition de Dare-Dare dans un parc sans nom (entre la rue Clark et le boulevard Saint-Laurent près du viaduc Rosemont-Van Horne) MARIE-ÈVE CHARRON En cette fin de semaine des Journées de la culture, tous les espaces à vocation culturelle seront de la fête.Et si cet espace prenait la dimension du quartier?Et que, de surcroît, l’art dans ce quartier se vivait au quotidien, fête ou pas de la culture?Ce quartier, c’est le Mile-End.Le confirmait cet automne la mise en circulation d’une carte frisant la promotion d’un «circuit d’art Mile-End», une initiative des centres d’artistes du quartier.Aujourd’hui au nombre de sept, incluant l’Agence Topo, Articule, l’Atelier circulaire, Clark, Dare-Dare, Diagonale et La Centrale (le centre plus excentré vers le sud), ces lieux voués à la relève et à l’exploration artistique n’ont pas toujours reluqué de ce côté de la ville.Entraînée notamment par certaines contraintes économiques, leur relocalisation en direction du viaduc Van Home a toutefois fini par en convaincre plusieurs de son bien-fondé.Une identité bien distincte de celle du centre-ville, où tous les regards ont tendance à converger, et un lien plus organique avec le quartier (souvent motivé par le désormais incontournable «développement des publics»), font les atouts d’un tel repositionnement Parmi les centres, Dare-Dare frit de cette inscription dans le tissu urbain son dada, lui qui, depuis 2004, a élu domicile dans une roulotte et qui a trouvé il y a un peu plus d’un an son port d’attache dans un terrain vague, une zone eq friche près du viaduc Van Home.A partir du parc sans nom où il se trouve, le centre privilégie toujours les interventions et les actions artistiques hors les murs.Il fait office de véritable laboratoire vivant portant sur les usages dans l’espace uribain.Un lalx>ratoire qui comporte un certain coefficient de risque, exposant des projets d’art à l’air libre, s’ouvrant à la cohabitation avec les autres usagers.Le prouve l’intervention récente de Chih-Chien Wang.Le nid qu’il avait conçu sous le viaduc de béton dans le cadre du Mois de la photo a reçu dimanche dernier la visite des vandales.Sa forteresse de carton, une boîte blanche qui pouvait accueillir les visiteurs pour les baigner dans la lumière et les exposer au mixage et à l’amplification sonore de la circulation au-dessus de leur tête, s’est retrouvée au sol, dans un triste fatras, toute décom- * ^ ,Y>t* * »eV w 2 ^ Musée d’art de Joliette Jennifer Angus Effroyable beauté 23 sept.2007 - 6 janv.2008 Voir/Noir Une vision à perte de vue 23 sept.- 30 déc.2007 Décoratif ! Décoratifs ?(Quatre questioas autour du décoratif dans l’art québécois Organisée et mue en circulation par le Musée national des beaux-arts du Québec 23 sept.2007 - 6 janv.2008 MUttl D'ART Ol JOLIITTK | 1V67 145, rue Wllfrld-Corbeil Joliette (Québec) CANADA (450) 756-0311 www.musee.joliette.org Mardi au dimanche, 12 h é 17 h Québec s:: Müïjâîÿ Point de vue : René Payant Raymonde April, Thomas Corriveau, Sylvie Laliberté, Louise Robert, Marcel Saint-Pierre, Serge Tousignant et Bill Vazan Commissaires : Martin Champagne et Nathalie Dussault Visites commentées : les 29 et 30 septembre, à 14 h.Salle MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest Renseignements : 450 662-4440 www.vllle.laval.qtca ta wsimfiii - H) ., -IF?.* £> , ‘ Y VN* .# SOURCE DARE DARE L intervention récente de Chih-Chien Wang sous un viaduc a reçu dimanche dernier la visite des vandales.Sa forteresse de carton s’est retrouvée au sol.posée.Depuis, l’artiste, qui faisait d’ailleurs cet été ses premiers pas dans le domaine des interventions extérieures dans le cadre d’Arte-fact, travaille sur une seconde mouture du projet prêt semble-t-il à voir là une occasion de poursuivre l’exploration du caractère instable de la vie implicite à sa démarche.Aménagement à faire soi-même C’est peut-être son expérience des interventions hors les murs qui donne au projet d’Alexandre David une flexibilité qui s’adapte mieux au contexte et à la vie du quartier.Avec Faire des places, en cours depuis le mois d’août le sculpteur donne de la mobilité à des structures qui s’apparentent à celles auxquelles il nous a habitués, des compositions minimalistes conçues de bois.Au nombre de trois, les structures se présentent comme des boîtes sur roulettes quil est possible d’ouvrir pour déployer ime place publique ou un banc.Rudimentaires, ces kits mobiles proposent un aménagement instantané, s’offrent à la portée de tous.La semaine dernière, et peut-être encore aujourd’hui, un de ces dispositifs se trouvait à l’intersection des rues Bernard et Clark portant les traces d’usages récents, les restants d’un lunch et des graffitis.«We love public art» pouvait-on y lire, comme un indice de l’approbation spontanée de SOURCE DARE DARE Les structures d’Alexandre David se présentent comme des boîtes sur roulettes qu’il est possible d’ouvrir pour déployer une place publique ou un banc.Louisa Nicol Réalisme Résiduel Prismacolor, papier marouflé sur toile Du 5 septembre au 6 octobre GALERIE BERNARD 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (614) 277-0770 mercredi llh-17h jeudi-vendredi llh-19h qamedl 12h-17h www.gnlertebernard.ca UlltlL VWVW.GALERIESIMONBLAIS.COM cette présence par les passants.L’ambiguïté cultivée habituellement par David dans ses œuvres, entre le bâti et le mobilier, la sculpture autonome et l’objet fonctionnel, est ici indéniablement servie, comme si les recherches antérieures de l’artiste se voyaient confirmées.En ayant pensé les œuvres pour littéralement les livrer à l’expérience, l’artiste révèle les usages familiers comme il en provoque de nouveaux.Les structures deviennent des prétextes pour prendre «sa place» dans le quartier, elles ont le potentiel de générer des rencontres, des détours ou encore de soulever la confusion sur la nature et la fonction des espaces investis.Art urbain en fête Si toutes ces manifestations évoluent au rythme de la vie quotidienne, le centre a aussi montré au cours des années son sens contagieux de la fête.De fait, il faudra certainement aller du côté du parc sans nom aujourd’hui et demain à l’occasion de l’événement Peinture fraîche, une célébration de l’art urbain qui promet d’être colorée et instructive.En plus d’interventions artistiques comme celle de Frédéric Chabot (alias Doublemots) qui refera en direct le look de la roulotte avec sa peinture, des conférences seront données.Le sociologue Pascal Nicolas-Le Strat prendra la parole ainsi que l’arüste Peter Gibson (alias Roadsworth) qui exposera le récit de ses démêlés judiciaires autour de ses célèbres pochoirs sur le bitume.En compagnie de Daniel-Joseph Chapdelaine et de Francisco Garcia, il sera également possible de faire des balades urbaines, de l’avenue du Parc à la rue Saint-Hubert autour du chemin de fer, pour en apprendre sur l’histoire du quartier et découvrir les graffitis qui se multiplient dans cette zone.Soirées dansantes, projections et expérimentations musicales sont également prévues pour samedi et dimanche.Notez qu’on trouve toute la programmation en ligne sur www.dare-dare.org Collaboratrice du Devoir On notera également qu’il est possible de trouver toute la programmation des Journées de la Culture sur www.joumecsdelactdture.qc.ca ,1 « LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007 Cinûmn 111U1I1UJ E 7 K f e x Ce n t r i s 4' ' EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 UN CRI AU BONHEUR / PLUSIEURS RÉALISATEURS 15h30 19h15 La jeune femme d’à côté est enceinte PUFFBALL Réalisation: Nicolas Roeg.Scénario: Dan Weldon, d’après le roman de Fay Weldon.Avec Keilly Reilly, Miranda Richardson, Rita Tushingham; Donald Sutherland.Image: Nigel Willoughby.Montage: Tony Palmer.Musique: Chris Crüly, Thierry Gauthier, Delphine Measroch.• Grande-Bretagne/Canada, 2007,120 min.ANDRÉ LAVOIE La frontière entre le réel et l’imaginaire est particulièrement poreuse dans les films de Nicolas Roeg (Performance, The Man Who Fell to Earth).Comme la couche d’ozone, elle continue de s’amincir dans Puffball, dont le climat angoissant rappelle la déroute sur les canaux de Venise d’un couple endeuillé incarné par Donald Sutherland et Julie Christie dans Don't Look Now, le chef-d’œuvre de Roeg.Rien ne permet d’affirmer que Liffey (Keilly Reilly, la charmante British de LAuberge espagnole), une jeune architecte, est victime de la folie maléfique de deux sorcières.En fait Mabs (Miranda Richardson) et sa mère Molly (Rita Tushingham), ses voisines un peu fêlées, se méfient de cette fille insouciante, déterminée à restaurer une maison en ruine perdue dans la campagne irlandaise.Celle-ci découvre qu’elle est enceinte après des ébats torrides dans les bois et alors que son fiancé est en voyage d’affaires.In nouvelle s’ébruite et suscite des réactions étranges chez les deux mégères.Car Mabs, dans la quarantaine et mère de trois filles, désespère de mettre au monde un garçon tandis que Molly est convaincue que l’esprit de son fils, mort dans la maison que Liffey veut reconstruire, s’est infiltré dans le corps de la future maman.L’étrangeté, selon Nicolas Roeg, est souvent faite de peu de chose, tournant le dos aux outrances pour faire surgir l’insolite de manière plus subtile et allusive.Et aussi parfois en brouillant volontairement les ï 4 *¦ i ¦ - f-*-ï,s*vv SOURCE TVA FILMS Liffey (Keilly Reilly), une jeune architecte déterminée à restaurer une maison en ruine perdue dans la campagne irlandaise, suscite la méfiance de ses deux voisines un peu fêlées.cartes pour nous laisser dans le doute: les maléfices des unes et les malheurs des autres ne sont-ils au fond que le fruit d’une imagination déréglée?Comme toujours chez ce cinéaste de l’horreur zen, le sexualité y est présentée de manière plus cruelle que sensuelle, les personnages étant souvent sous influence (d’une drogue quelconque ou d’un pouvoir censément occulte), s’accouplant de toutes les façons et rarement les plus romantiques.Grâce au magnétisme parfois pervers de ses interprètes, Puffball distille angoisse et mystère, un savant cocktail doublé d’un retour aux sources pour Nicolas Roeg, celui d’un cinéma fantastique dépouillé de ses artifices, mais jamais avare de visions terrifiantes puisées à même la banalité de l’existence.Collaborateur du Devoir Touchants univers troubles LE DIABLE AU CORPS Réalisation: Johanne PrégenL Scénario: Johanne PrégenL Nelly Arcan.Image: Mario Munger.Musique: Pierre Benoit Montage: Babalou Hamelin.v ODILE TREMBLAY La ville de Québec se profile en arrière-plan, avec son fleuve, les nuages, la beauté.Mais le film nous introduit vite dans l’univers troublé de quelques-uns de ses habitants.Le Diable au corps met en scène d’ex-psychiatrisés qui s’expriment à travers le langage de la peinture.Le programme «Vincent et moi» à l’Institut Robert-Giffard fournit du matériel et de l’encadrement aux artistes.Johanne Prégent s’était déjà penchée sur l’anorexie avec La Peau et les Os.Elle a coscénarisé ce documentaire avec la romancière Nelly Arcan (Putain, Folle, etc.) pénétrant à deux les délires évoqués.Art brut?Pas nécessairement, car plusieurs de ces artistes manifestent d’immenses dons et se jet- tent dans le travail.Ce beau film qui plonge au cœur de la maladie mentale, défonce les tabous.Ann Warren, la première figure du documentaire, raconte une enfance abusée et ses fêlures d’adulte.Quelque chose s’est cassé en elle.Hospitalisée 17 fois entre 1989 et 1995, elle était confrontée à des choix multiples: abuser à son tour, devenir folle ou s’en sortir.Il lui fallait tuer le dragon en elle.Les rapports entre l’art et ce qu’il est coutume d’appeler la folie sont innombrables et jonchent son histoire de chefs-d’œuvre, Van Gogh en proue.Le film, qui pénètre l’imaginaire des interviewés, multiplie les images oniriques, et les effets sonores.Entendre des voix, halluciner tout cela s’accompagne d’une terrible souffrance, ici exprimée par la voix et le pinceau.Les témoignages sont souvent bouleversants et livrés sans fards.L’humour de Benoît Genest-Rouiller avec sa toile hurlante du Fourieux, le talent extraordinaire de Jacques Laçasse, sosie de Claude Gauvreau (autre artiste psychiatrisé) qui évoque sa plongée dans tous les excès d’intoxication, la fragilité de Mireille Bourque, le courage d’Ann Warren nous touchent au cœur.Ce documentaire éclaire de l'intérieur l’univers atroce de la psychose, mais aussi ses fulgurances, et les œuvres qui en témoignent plus éloquentes que tous les mots, brûlantes.C’est l’intolérance d’une société aveugle et sourde à ces malheurs qui s’inscrit en filigrane, tendant le miroir de peur et d’indifférence, vrais barreaux de prison pour les malades mentaux, souffrant des autres plus que d’eux-mêmes.Le Devoir ARCHAMBAULT?» PALMARÈS DVD r « Une totale réussite.» - PIERRE VAVASSEUR, LE PARISIEN « Moment parfait, qui n'a pas de prix en effet.» - JACQUES MORICE, TÉLÉRAMA « .un luxe qu'on ne saurait refuser.» - JULIEN BARCILON, TÉLÉ 7 JOURS CHRISTAL FILMS PRÉSENTE AUDREY TAUTOU ELMALEH horsdeprix un film do PIERRE SALVADORI • um.d buncln WWW.HORSDEPRIX-LEFILM.COM ' ISfe” E3 Au cinéma dès le 5 octobre Résultats dasmtlM: Ou 18 au 24 Kfiteintire 2007 «QUfKCOa MEDIA 13 14 15 16 JL 18 19 Ü SMALiyiLLE Season 6 DAVID GIHLMOUR/ REMEMBER THAT NIGHT DEATH PROOF STARGATE: ATLANTIS Season 3 FAMILY GUY Volume 5 02 Popmart: Live Mexico GREY’S ANATOMY Season 3 SAMANTHA OUPSI Volume 4 SUPERNATURAL Season 2 BARBIE The Island Princess OVER THE HEDGE THE CONDEMNED CHARMED Seasons PRISON BREAK Season 2 TOUPIE ET BIHOU L’Halloween de Toupie HEROES Season 1 GUYNANTEL Les vraies affaires WE ARE MARSHALL ANDRE RIEU Live In New York CAflDK) LATINO Nathalie Lambert Six personnages en quête d’Austen La cinéaste Robin Swicord partage sa passion pour Vunivers de Jane Austen MARTIN BILODEAU De tous les plaisirs de la vie, celui de lire est sans aucun doute le moins cinématographique.Comme le cinéma, la littérature est une activité solitaire qui se savoure en position assise.Si bien que le spectacle de quelqu’un lisant peut sembler rébarbatif, et pour cause.Celui de gens parlant de littérature aussi, à moins que ça ne soit intelligent et bien fait C’est le défi qu’a relevé la cinéaste américaine Robin Swicord en portant à l’écran The Jane Austen Book Club (en salle la semaine prochaine), un best-seller de Karen Joy Fowler détaillant en six chapitres la rencontre de six personnages, cinq femmes et un homme, rassemblés par leur passion commune pour les six romans de l’auteure d’Orgueil et préjugés.Bru du défunt Elia Kazan (elle est mariée à son fils Nick) et scénariste d’adaptations remarquées (Mémoires d’une geisha, Les Quatre Filles du docteur March), Swicord signe enfin, à 55 ans, son premier long métrage.La frustration de l’attente étant un des thèmes récurrents des romans d’Austen, le jumelage paraît on ne peut plus naturel.D l’est d’autant plus qu’avant de s’engager dans la production de The Jane Austen Book Club, Robin Swicord a écrit la première ébauche d’un projet de série intitulé The Jane Prize, inspirée de l’œuvre de l’écrivaine morte en 1817 à 41 ans, qui avait nécessité une recherche approfondie: biographies, correspondance, visites à la Jane Austen Society, pèlerinage sur les lieux de sa vie, rencontre avec des spécialistes du monde académique, etc.«/ai fait mes devoirs», résume modestement la cinéaste rencontrée il y a trois semaines au Festival international du film de Toronto, non sans savoir que peu de cinéastes débarquent sur le plateau mieux préparés.Dans un monde du cinéma qui retourne vers le divertissement forain duquel fl est venu, un film sur la lecture, axé sur les dialogues, peut sembler révolutionnaire.Ou à tout le moins casse-cou.Swicord est d’accord: «Exception faite de Charing Cross Road et You’ve Got Mail, sur le monde des libraires, je n'avais jamais vu de film dans lequel les gens étaient poussés les uns vers les autres par le plaisir de lire.» L’engouement-planétaire pour l’écrivaine — pas un mois ne passe sans l’apparition d’un nouvel essai, ou d’une nouvelle édition d’un de ses romans — a abattu la plupart des obstacles au projet Le scénario simple et éloquent qui multiplie les effets de miroir entre les personnages et les romans d’Austen, a frit le reste.«Ceux qui ne connaissent pas les romans ne saisiront peut-être pas toutes les nuances, toutes les allusions.Mais je ne pense pas que ça va atténuer leur plaisir, soutient la cinéaste.Je me suis donné beaucoup de mal, au stade de l’écriture, pour que les personnages du film verbalisent en quelques mots les intrigues des romans dont ils parlent.Mais de toute façon, le film ne parle pas tant des romans de Jane Austen que de la façon dont ces six personnages en viennent à se connaître, voire à se trouver, et à former une petite communauté.» Bonheur supplémentaire Les connaisseurs auront pour leur part le bonheur supplémentaire d’associer les personnages avec-les héroïnes, de dénicher dans le comportement de Prudie, institutrice malheureuse en ménage campée par Emily Bhint les traces de la Fanny Price de Mansfield Park, ou de la Ann Elliott de Persuasion.Maria Bello, en célibataire endurcie désireuse de trouver un nouvel amoureux à sa meilleure amie en instance de divorce, évoque Emma presque trait pour trait.Kathy Ba- ker, en doyenne du club, divorcée six fois (encore ce chiffre), est plus difficile à identifier.Pour Robin Swicord, elle a plusieurs choses en commun avec Elizabeth Bennett, «notamment sa façon de foire face à l’adversité en souriant».Hormis le jeu d’associations, c’est une radiographie du monde contemporain que la cinéaste a voulu livrer avec cette adaptation ludique et sincère, où le manque évident de puissance, sur le plan artistique, est compensé par une réflexion précise, jamais futile.«L’intention du film est très proche de celle du roman.J’ai voulu toutefois y apporter une dimension supplémentaire, qui est implicite dans le roman et sur laquelle je tenais à mettre plus d’emphase, soit notre dépendance technologique.On n’a jamais été aussi en contact avec le reste du monde.En même temps, l’attention qu’on porte aux autres, à notre communauté, n’a jamais été aussi fragmentée.[.] J’ai voulu montrer le monde dans lequel je vis comme Austen montrait le monde dans lequel elle vivait.» Mais par quel étrange phénomène les petits mondes ruraux et repliés sur eux-mêmes décrits par Austen il y a deux siècles parviennent-ils encore à nous interpeller?En fière «janeite», Robin Swicord risque cette analyse: «Je ne pense pas que les gens cherchent à nourrir à travers les romans de Jane Austen une nostalgie du temps jadis, avec son rythme lent et ses règles d’amour courtois.Je pense qu’ils y voient, inconsciemment ou non, des modèles d’organisation pour nos propres vies.Sa vision des amours compromises, des problèmes financiers, bref, de toutes ces inquiétudes récurrentes dans son œuvre, sont très contemporaines.Elle l'ont d’ailleurs été pour toutes les générations qui nous séparent d’elle depuis 200 ans.» Collaborateur du Devoir contactimage impression grand format PRESENTE ioe édition B SEPTEMBRE RU ZI OCTOBRE Z0D7 FYDI nRÛTinN.ïwi3 © umo Ci.ftwaur, Vidto «H J] few* yrii^LUri U» vu.3.Cour r A绫 l'ftlfM’-iu ewt'srikyWo^ flœ* ’ »rtl -iU *t ¦ e» flf’tBè «rt Vit •'ré ?il;.* Prortiri- Ll afl* LE MOIS DE.LA PHOTO A MON T îi fw-VU •f UMtoflTM Québec S b *>Kkiartd|a(or*i S sas*" *?» SfSSsr ÏSS" CanadS £ nordon ¦tonM LutontoM Montreal# ri.toiMgtn • f«**» « LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007.inmmtt Toulemonde en parle, mais.ODETTE TOULEMONDE Réalisation et scénario: Éric-Emmanuel Schmitt.Avec Catherine Frot, Albert Dupontel, Fabrice Mur-gia, Nina Drecq.Image: Carlo Varini.Montage: Plti-lippe BourgueiL Musique: Nicola Rovani.France-Belgique, 2007,100 min.ANDRÉ LAVOIE Quand Odette Toulemonde (Catherine Frot) pense à Balthazar Balsan (Albert Dupontel), son écrivain préféré, elle lévite.Littéralement Sinon, elle est capable d’agiter trois plumeaux à la fois, de se prendre pour Joséphine Baker — «je suis noire à l’intérieur» — ou de transformer une tapisserie kitsch en cinérama.kitsch.Les pouvoirs de la littérature ne sont pas illimités.C’est pourtant de cela que cause l’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt dans sa première incursion au cinéma avec Odette Toulemonde.La naïveté candide de Son héroïne l’a déjà consacrée héritière, ou proche parente, d’Amélie Poulain.Le parallèle donne d’ailleurs une bonne idée du ton résolument optimiste qu’adopté le cinéaste pour décrire ce choc entre deux mondes qui, le plus souvent, s’ignorent d’un côté les lecteurs — mais surtout les lectrices —anonymes d’un écrivain à succès, et de l’autre, ces auteurs fortunés enfermés dans leur tour d’ivoire qui ne frayent avec le peuple que pour griffonner leur nom sur leur dernier ouvrage.Cette banale vendeuse dans un grand magasin de Charleroi en Belgique pourrait passer sa vie à se plaindre: de son veuvage, de son fils homosexuel, de sa fille désœuvrée flanquée d’un copain parasite et de ses longues heures de travail.Pourtant, tout lui semble très léger, surtout depuis sa découverte de l’œuvre de Balthazar Balsan, et elle compte bien le lui dire.Or, cette femme qui maîtrise l’orthographe mais n’a guère de poésie — c’est ce qu’elle prétend — est sans voue devant Balsan lors d’une séance de signature.Elle décide alors de lui écrire une lettre qui va le toucher droit au cœur, d’autant plus que l’homme traverse l’un des pires moments de sa vie, meurtri par les critiques dévastatrices et les infidélités de son épouse.11 ira se réfugier chez Odette, histoire d’apprendre le secret de son bonheur tout simple, son bonheur d’occasion.Un apprentissage douloureux, pour la maîtresse autant que pour l’élève.Toujours porté par cetfe candeur qui fait de ses récits des fables édifiantes, Éric-Emmanuel Schmitt a tenté d’en transposer la fraîcheur sur grand écran.La tâche n’était pas aisée, d’autant plus les comparaisons cinématographiques semblent inévitables: au côté du célèbre film de Jean-Rerre Jeunet, Odette ne fait pas le poids devant Amélie, pas plus que Schmitt par rapport à la beauté sobre de son «Monsieur Ibrahim» sous le regard toujours juste de François Dupeyron.L’excentricité du personnage, si attachant soit-il, est constamment stérilisée par une mise en scène parfois strictement tape-à-l’œil et un récit au rythme hésitant; on a rarement vu amoureux tourner autant autour du pot Cette collection de petits moments du quotidien, parfois délicieux, le plus souvent anecdotiques et scandés par les chansons de Joséphine Baker, est dominée par la figure rayonnante de Catherine Frot qui, depuis Un air de famille, La Dilettante et Chaos, se confond à merveille avec ces femmes naïVes et pourtant débordantes d’ingéniosité.La rencontre avec Odette Toulemonde semblait aussi prédestinée qu’inévitable, tout comme celle avec Albert Dupontel, dont le physique athlétique et la fragilité en font un double parfait de Son créateur.Celui-ci ne signe pas ici un échec mais un film somme toute consensuel, bien gentil, destiné parfois aux caissières et aux shampouineuses dont Schmitt se moque un peu.On oserait presque dire qu’il ne filme en somme que pour les converti(e)s.Collaborateur du Devoir Entrevue avec Paul Haggis L’Irak, du dehors et du dedans Après Crash, brillants chassés-croisés sur les clivages raciaux dans le Los Angeles contemporain, Paul Haggis raconte dans le douloureux In the Valley of Elah la guerre en Irak.Du dehors, puisque l’action se passe chez l’Oncle Sam.Mais du dedans aussi, puisqu’on y parle des blessures des soldats rentrés «vivants» du pays de Saddam.Rencontre avec un cinéaste inquiet et inspiré.Jusqu’à la dernière goutte FEAST OF LOVE Réal.: Robert Benton.Scén.: Ali-son Burnett, d’après le roman de Charles Baxter.Avec Morgan Freeman, Greg Kinnear, Jane Alexander, Alexa Davalos.Image: Kramer Morgenthau.Mont: Andrew Mpndshein.Mus.: Stephen Trask.États-Unis, 2007,102 min.ANDRÉ LAVOIE La hantise de plusieurs cinéastes, et le drame de certains, c’est d’être associé à un seul grand film, peu importe la longueur de la filmographie.Pour Robert Benton, il se nomme Kramer vs Kramer (1979), un glorieux fait d’armes qu’une production plus récente, et ratée, comme The Human Stain (2003), n’arrive pas à éclipser.Cette trajectoire maudite ne sera pas modifiée avec Feast of Lave, un joyeux ramassis de personnages sympathiques légèrement écorchés par la vie et dont l’agitation sentimentale est obser- vée par Harry, un vieux sage dont nous voudrions tous être l’ami.D’ailleurs, incarnée par Morgan Freeman, la perspective devient très invitante.Encore faut-il qu’il ait autre chose à débiter que sa philosophie de café — un lieu que les Américains ont découvert après tout le monde.— même si celui où il passe le temps affiche un charme certain.Sous ses yeux mélancoliques, et on comprendra plus tard pourquoi, les couples se font et se défont: Bradley (Greg Kinnear), le propriétaire du café, voit son épouse partir avec une autre femme tandis que ses deux employés se mettent en ménage malgré la violence du père du garçon et le.s mises en garde d’une voyante que la jeune fille a consultée.Bradley retrouve tout à coup espoir en l’amour grâce à une belle agente immobilière, qui lui cache qu’elle s’envoie en l’air avec un homme marié.Pendant ce temps, Harry rumine en silence la mort de son fils, aux côtés (parfois.) de sa tendre épouse Cane Alexander).Dans un cadre verdoyant et souvent pluvieux — les environs de Portland, Oregon —, Feast of Lave ressemble à un beau téléroman luxueux, filmé avec soin mais sang véritables étincelles d’audace.A l’image du café de Bradley, tout est charmant et harmonieux, légèrement déjanté lorsque le chaos s’installe, et il ne s’incruste jamais longtemps.Évidemment, autant d’acteurs d’exception au mètre carré suffisent à masquer le caractère plutôt banal de cette chronique amoureuse doublée d’une étude de mœurs sur les escapades sexuelles parfois dangereuses entre adultes consentants.Aussi réconfortant que les souhaits d’une carte Hallmark, Feast of Love a au moins le mérite de célébrer les joies du bon café en bonne compagnie, et pas sous une quelconque bannière aseptisée d’un vert suspect.Collaborateur du Devoir MARTIN BILODEAU Un article paru dans le magazine Playboy, en mai 2004, a eu pour le Canado-Américain Paul Haggis l’effet d’une révélation.Il s’agissait du récit d’un père, vétéran de l’armée à la retraite, racontant la disparition de son fils soldat peu après son retour d’Irak, et l’enquête qu’il a menée pour tenter de le retrouver.De l’aveu de Paul Haggis, rencontré récemment au Festival international du film de Toronto, ce texte synthétisait toutes les questions qui le préoccupaient au sujet du conflit en Irak, parmi lesquelles les «motifs moralement corrompus» de cette guerre, ainsi que les dérapages qu’ils provoquent.Abou Ghraïb en étant un excellent exemple.Celui de son film, que je tairai ici par crainte de trop en dire, en est un autre.«L’article m’a donné la possibilité de raconter ce qui se passe en Irak en montrant ce qui se passe aux États-Unis.Je voulais que mon film soit une tragédie américaine, afin d’aborder de front ce que j’appelle le péché américain: l’orgueil.Un excès d’orgueil qui conduit à l’aveuglement.Je l’ai fait à travers un héros classique, d’une grande droiture morale, qui glisse vers le drame, et qui est détruit par la vérité.» Ce héros droit est campé par Tommy Lee Jones, remarquable de retenue et d’intelligence.Dans les premières minutes du film, il reçoit en pleine nuit un coup de fil de la base militaire d'Albuquerque, au Nouveau-Mexique, l’informant que son fils a «déserté».L’enquête qu’il ira mener sur place opposera les autorités militaires, indifférentes à cette disparition, et la police locale, impuissante devant cette affaire militaire.La découverte d’un cadavre calciné, dans un champ voisin, va cependant provoquer une réaction en chaîne, et amener une détective de police (Charlize Theron, bien dirigée) à enquêter avec le père.«Cest une sorte de meurtre et mystère qui, vers le milieu, bascule vers quelque chose de plus large.Qui a tué devient une question futile.La question qu’il faut poser, c'est: qui est responsable?», soutient le scénariste des trois derniers films de Clint Eastwood (dont Million Dollar Baby) et du prochain James Bond.uts HUAS ÉQUINOXE ET GASPARD DE CHAVAGNAC PRÉXtMTFHr Catherine Frot Albert, Dupontel al IL % Odette Toulemonde un film de Eric-Emmanuel Schmitt ., m A l’affiche rsîsïsrasi rasasmST rTS&aiiïUei iôiisa5KaiSî7i li^isafi&an é WÉmBM I Vi i liÿV.'l M .'U'i T/IMil' ' 9SK '00' ivanus u nrsr si u ru nu l I k U I ( N A N I GÉNI-RM ROM f O OAMAIRl fjîMlWüflÉ.WI9MM »«Kn • IHW ¦ liMtWIlli ; ?mm- s»%m nnii* .«m *• • - -s '•a»* v/»w » .s/.H.’.l 0.' -I * + i £] — ¦ t?a, ROMLODAllAIMIFOUNDAIKIN OHM SH CA [BOUCH1FVH.UI ] [ pnossÀïio ] fiSÂMÂwSxBôHl [»h«bbwoom'1 riMWWvRn r^jjSoiiEyiVLii ra“SH.NAMii rassasm Ï3j PRESENTEMENT A L'AFFICHE! -crNB’cex mverniMCMem rcwvrx (vvnmncMBNT-s omémm mmuNi ——i r— us cinéma» ouno—i i— méoa imuc» ouzzo—i QUARTIER latin! faMCra ÜoinHil.1 [cÂHH AWaRiaNÔw] |lanoiliir »| Ijacquu ÛmiER i
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.