Le devoir, 19 septembre 2007, Cahier B
LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2007 « SANTE LE DEVOIR NOUVELLES PRATIQUES Le patient d’abord On n’aura plus les médecins qu’on avait Si le serment d’Hippocrate est aussi vieux que la civilisation occidentale, cela ne signifie pas que l’exercice de la médecine n’a pas été sans connaître une lente évolution.Des symptômes du mal au bien-être de la personne, les étapes à franchir ont souvent été diverses.La formation médicale actuelle témoigne du fait qu’il y a plus d’une méthode à suivre afin de permettre à un candidat d’accoler à son nom le titre aujourd’hui glorieux de docteur en médecine.NORMAND THÉRIAULT Il y a seulement deux siècles, on retrouvait à la même enseigne chirurgiens et barbiers.Les praticiens de ces deux professions se retrouvaient identifiés de façon similaire, que ce soit sur la voie publique (dans ce cas, par le poteau bariolé) ou dans l’évaluation que l’on faisait de leur discipline respective (où tous deux étaient vus comme de simples spécialistes de la découpe, des bouchers du corps, quoi!).En fait, l’Occident a connu une médecine souvent remarquée par la violence de ses pratiques: la saignée ou la ventouse comme méthodes de soins traditionnelles, cela n’a en effet rien de doux.Et longtemps, la théorie, aussi ésotérique qu’elle pouvait l’être, avait priorité sur la santé du malade.Aussi, est-ce avec orgueil que le doyen de la faculté de médecine de l’université McGill rappelle que dans son établissement est née la façon moderne de former les futurs disciples d’Esculape.En 1870, William Osler oblige alors les étudiants à rencontrer des patients en cours d'études! Selon lui, il était impossible de comprendre une maladie sans avoir vu des malades, ce qui était neuf pour l’époque.«Au cours de sa longue carriè- re universitaire au Canada, aux États-Unis et en Angleterre, le [X Osler a littéralement inventé l’enseignement de la médecine tel qu’on le pratique aujourd’hui un peu partout en Occident», affirme ainsi le Dr Richard Levin.Pratiques diversifiées Des innovations, après cela, allait être nombreuses.Et les divergences dans les formations, multiples.Et cela vaut encore aujourd’hui.Ainsi, la pratique dont s’enorgueillit l’Université de Sherbrooke est fort différente de celle d’une université française, avec laquelle elle est pourtant liée par une entente de principe.Ainsi, aux cours obligatoires donnés en auditorium à l’Université de Montpellier pour des groupes totalisant chaque fois 900 étudiants en première année (dans des auditoriums qui ne peuvent en réalité accueillir plus de 400 personnes à la fois), Sherbrooke oppose comme formule d’enseignement celle dite de l’APR l’apprentissage par problèmes, et ce, dès cette même première année.Il y a 20 ans donc, comme le rapporte le doyen de l’établissement des Cantons-de-lEst, Réjean Hébert, «on a démoli les grands amphithéâtres pour les remplacer par des salles de cours où nous formons les étudiants par petits groupes».La formule s'est avérée si efficace que, à l’automne, un congrès international se tiendra pour démontrer les avantages de cet APP et évaluer les progrès toujours possibles.Et l’Université de Montréal sera sans doute bien représentée, elle qui a fait sienne une telle formule pour ses propres étudiants, et cela, depuis 1993.«Si les autorités de la faculté ont été convaincues d’appliquer cette réforme, c’est beaucoup grâce à l’enthousiasme des étudiants qui ont participé au projet-pilote en 1992, rapporte Marcel Julien, directeur du programme d’études médicales de premier cycle.De plus, des études ont prouvé que, à long terme, la rétention des étudiants est nettement supérieure avec une approche par problèmes, par rapport à des cours magistraux.» Au service des collectivités Et il y a plus que la seule méthode d’apprentissage qui soit remise en question dans la formation des futurs médecins.Sommes-nous à McGill: «Nous visons à ce que les médecins que nous formons soient capables d’intervenir efficacement en toute circonstance auprès de patients en crise, indique Richard Levin.En cette époque de progrès technologique, nous mettons l’accent sur la formation de médecins qui savent communiquer avec leurs patients.» Sommes-nous à Ottawa: «On a mis l’accent sur le leadership», explique le Dr Jacques Bradwejn, doyen d’une faculté qui veut que les futurs médecins soient ainsi des gens actifs dans la collectivité où ils et elles œuvrent Comme à runiversité Laval, d’ailleurs, si on entend bien ce que nous dit le D Pierre J.Durand, là aussi doyen de la faculté: «Acquérir des compétences n ’est pas le seul fait de connaître des choses, mais c’est aussi le fait de développer le savoir-fiiire, le savoir-penser, le savoir éthique et le savoir-vivre à titre de professionnel, autour, bien sûr, de connaissances qui demeurent l'expertise clinique.» L’université contemporaine veut donc que ces étudiantes et étudiants aillent plus loin que là où les amènerait la simple accumular tion des connaissances.Et il faut composer avec les besoins sur le terrain (quelle région dans le seul Québec n’est pas sans connaître une carence en nombre de praticiens?), comme avec les multiples spécialisations (l’Université de Montréal à elle seule affiche 24 centres de recherche, au moment même où McGill rappelle que 50 % des fonds de recherche totaux de l’établissement sont consacrés à la seule chose médicale), tout cela quand la santé est un sujet qui peut permettre à un parti politique de gagner, ou lui faire perdre, une élection (l'engorgement des urgences s’explique mal dans un Etat qui inscrit 45 % de son budget total au seul secteur de la santé et des services sociaux).Il faut donc faire comprendre aux étudiants actuels, eux qui n’ont pas encore, à la différence d’un jeune Américain, à se ruiner pour obtenir une formation de qualité dans des conditions qu’envierait plus d’un, leur confière français par exemple, que leur future pratique devra refléter l’engagement qu’a pris à leur égard la société dans son ensemble.Et dire que, dès le diplôme reçu, l’ancien étudiant aura déjà la responsabilité • de maintenir à jour ses connaissances.Le Devoir examine m patien dans un corridor» COLLÈGE ROYAL doivent «repondre aux besoins généraux de la population» Page 5 FACULTÉS UNIVERSI- TAIRES Montreal înteMscipImaire la communication avec le patient Page S Laval a à cœur l'avenir des regions Ottawa promeut le service aux communautés Page 5 Sherbrooke a adopté l'apprentissage par Page 6 INFIRMIÈRES Peu d'étudiantes ment de devenir bachelières Page 2 S>si ' Slr-f^ - - 1 Hj I \ LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2007 B 2 :•= SANTE- Montréal Wage interdisciplinaire Uapprentissage par problèmes est devenu la norme d’enseignement , pn 1877, la faculté de médecine de l’Université de Montréal :(UdM) a accueilli ses premiers étudiants.L’établissement a • donc une longue histoire derrière elle, mais le poids des tra-, ditions ne l’empêche pas de se renouveler constamment.Il y a près de 15 ans, la faculté a laissé de côté les cours magis-' traux pour se tourner vers l’apprentissage par problèmes, et 'bientôt elle prendra le virage de l’interdisciplinarité.Des .changements auxquels les étudiants participent et qui répon- ' Üent aux besoins de la société.?! •' MARTINE LETARTE t * En 1993, la faculté de médecine de l’Université de Montréal a procédé à un grand changement historique.La plupart des ‘ tours magistraux sont transformés en petits ateliers d’apprentissage par problèmes.«Les cours magistraux se donnaient devant 200 étudiants.Le '¦ nombre d’absents variait selon l’inté-' rêt des étudiants et la popularité du ' professeur.Souvent, ceux qui man-’ quaient des cours empruntaient les [ notes d'autres étudiants et pouvaient ' réussir les examens sans trop d’investissement personnel.En petits groupes de huit ou dix étudiants, ce n’est plus '¦ 'possible», explique Marcel Julien, di-.recteur du programme d’études ' médicales de premier cycle à lUni-' Versité de Montréal,.Le but de l’initiative était également de rendre les étudiants plus actifs dans leur apprentissage en ’suscitant leur intérêt par des problèmes donnés.«D’ailleurs, si les autorités de la faculté ont été convaincues d’appliquer cette réforme, c’est beaucoup grâce à l’enthousiasme des étudiants qui ont participé au projet-pilote en 1992.De plus, des études ont 'prouvé que, à long terme, la rétention des étudiants est nettement supérieure •’avec une approche par problèmes, Par rapport à des cours magistraux», poursuit M.Julien, qui est également pneumologue intensiviste à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal.Dès leur première année d’études, les futurs médecins bénéfi-.dent maintenant d’un contact direct avec le milieu hospitalier.Les petits groupes d’étudiants partidpent à dif-tférentes activités organisées par des professionnels de la santé pour se familiariser avec les multiples volets du travail de médecin.On y enseigne entre autres l’éthique.«Par exemple, un professeur choisira un étudiant parmi son petit groupe et lui demandera de jouer le rôle d’un méde- cin^ qui doit annoncer à son patient qu'on lui a découvert un cancer du poumon», indique le D Julien.Ainsi, comme les étudiants passent une journée par semaine dans les hôpitaux dès leur première année de médecine, ils ont déjà une bonne introduction au milieu clinique lorsqu’ils commencent leurs stages.D’ailleurs, dans le soud de s’adapter aux nouveaux besoins de la population, TUdM a ajouté, il y a quelques années, de nouveaux domaines de stage, comme la gériatrie, les soins palliatüs et les soins ambulatoires.La méthode d’évaluation a également changé avec cette nouvelle manière d’enseigner.Depuis trois ans, l’UdM n’évalue plus seulement les connaissances en méded-ne, mais aussi les attitudes et les compétences.«Les futurs médecins doivent savoir bien se comporter avec les patients, prendre le temps de leur expliquer la situation.Us doivent aussi être capables de travailler en équipe et d’accepter la critique», prédse Michel Julien.L’UdM a également dû accroître le nombre d’étudiants inscrits en médecine pour s’attaquer au problème de la pénurie.«En 1998-1999, nous avions environ 140 étudiants par année.Nous en avons maintenant 260.Cela fait beaucoup d’étudiants à placer en stage.Pour y arriver, en plus d’avoir notre réseau traditionnel de centres hospitaliers universitaires, nous collaborons avec sept nouveaux établissements de la rive sud et de la rive nord de Montréal.D’ailleurs, l’exposition de nos étudiants à des cas cliniques très diversifiés est certainement l’une des raisons qui expliquent le fiait que, depuis sept années consécutives, üs se classent les premiers au Canada lors des examens nationaux», affirme le D Julien.Visioconférence Le besoin d’augmenter le nombre de milieux de stage va généralement de pair avec le besoin d’agrandir le campus.C’est ce qu’a fait ITJdM en s’installant en Mauricie, en 2004.L’instauration de ce campus décentralisé représentait toutefois un grand défi pour la faculté.Pour des questions d’équité, l’UdM utilise depuis ce temps la visioconférence.«Les examens se déroulent en même temps pour tous les étudiants du campus de Montréal et du campus en Mauricie.La matière à l’étude est donnée en cours magistral à tous les étudiants en même temps par un seul professeur, en visioconférence.Les notes de cours sont donc identiques pour tous les étudiants et ils ont tous exactement le même temps pour étudier», spécifie Michel Julien.Avant de donner leurs ateliers, les professeurs font également une séance de visioconférence pour effectuer des ajustements du contenu.Ainsi, les cours sont en constante évolution et les nouveaux professeurs sont davantage sécurisés.Pratique et collaboration La faculté de médecine de l’UdM s’apprête maintenant à prendre le virage de l’interdisciplinarité et de la pratique plus intensive.En septembre 2008, un nouveau cours d’habiletés cliniques se donnera sur les campus, et ce, tout au long du programme d’études.«Les étudiants y pratiqueront leurs ' questionnaires, leurs techniques et leurs examens physiques, de la simple prise de pression à l’examen gynécologique.Ce travail de laboratoire se fera avec des patients partenaires rémunérés.Dans les hôpitaux, tout va trop vite et le contexte n’est pas toujours favorable à l’apprentissage, alors qu’en laboratoire les étudiants auront le temps de bien pratiquer leurs techniques», affirme le D Julien.Pour favoriser la coopération entre les différents professionnels de la santé, quelques activités de laboratoire seront organisées avec différents départements et facultés de l’UdM.«Par exemple, un jour, nous pourrons simuler un cas de complication chirurgicale.Nous aurons alors dans le laboratoire un étudiant en médecine, un en sciences infirmières et un en inhalothérapie, ajoute-t-il.Il pourra arriver également que nous intégrions des étudiants en pharmacie, en psychologie, en travail social, etc.Cela demande un grand effort de coordination d'horaires, mais nous y travaillons.» Collaboratrice du Devoir .•frffrrTf: JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’Université de Montréal n’évalue plus seulement les connaissances en médecine, mais aussi les attitudes et les compétences.Formation des infirmières ?Du cégep à l’hôpital Peu d’étudiantes poursuivent au niveau universitaire Le Québec manque cruellement de personnel infirmier pour plusieurs causes connues et documentées, qui sont notamment d’ordres démographique, politique et social.Les effec-jtifs sur le terrain du réseau peinent en ce moment à suffire à Ja tâche.Pour parer à cette pénurie de main-d’œuvre, 42 cégeps et neuf universités dispensent actuellement la formation pn soins infirmiers.qu’on ait un taux qui ne soit pas du même niveau que dans une autre technique.On travaille pour faire en sorte que le plus grand nombre d’étudiants réussissent.N’importe quel collège pourrait témoigner du fait que plusieurs mesures sont prises pour améliorer la réussite de nos étudiants en soins.» FERRAN PARADES REUTERS L’Université de Montréal se penche sur les apprentissages de la discipline de la science infirmière, qui est plutôt mal connue.?j RÉG1NALD HARVEY f De façon générale, les étudiantes, parmi lesquelles figu-hent de rares représentants du jsexe masculin, obtiennent leur diplôme d’études collégiales (DEC) en l’espace de trois ans.De leur côté, les universités acceptent les étudiantes ayant réussi une formation collégiale de deux ans en Sciences de la nature, profil santé, bù elles obtiendront leur bac après [rois ans.Certaines universités ouvrent même leur programme aux titulaires d’autres diplômes, j Les bachelières et détentrices l’un DEC pourront exercer la profession après avoir passé avec suc-:ès l’examen obligatoire de l’Ordre les infirmières et infirmiers du Québec (OI1Q).Parmi le nombre otal d’étudiantes (DEC et bac) qui jnt passé l’examen une première bis en septembre 2006,86,2 % provenaient du réseau collégial, et le aux de réussite a été de 81,5 %.Depuis quelques années, il exis-:e aussi une formation intégrée (DEC/Bac) en vertu de laquelle il ?st possible d’obtenir un baccalau-•éat universitaire en soins infir-niers sur une période de cinq ans, ;oit après trois ans d’études collé-fiales et deux années de cours universitaires.Malgré l’existence de :e parcours, la grande majorité les détenteurs d’un DEC se diriment vers le marché du travail aussitôt le DEC en soins infirmiers et e permis de l’Ordre en poche.Cégeps et soins infirmiers Denyse Blanchet est devenue récemment directrice générale du collège Montmorency.Infirmière de fonnation, elle a mené de front une carrière en santé, en enseignement et en gestion.Elle cerne le principal avantage du progranune DEC/Bac: «C’est la responsabilité des établissements d’enseignement de pouvoir fournir aux étudiants la possibilité d’un continuum deformation.Voilà ce qui est important! On ne peut pas, en éducation, se retrouver en situation de cloisonnement.C’est une valeur ajoutée et pour moi c’est essentiel.» Il y a 42 cégeps qui dispensent le programme de soins infirmiers, dont les compétences à atteindre sont fixées par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).Les collèges disposent d’une certaine forme d’autonomie par rapport à la formation: «Celle-ci réside dans la façon qu’on a de traduire l’acquisition des compétences à travers les activités d’apprentissage; celles Jacques Bradwejn, l’école accueille normalement une douzaine de Québécois.Cette année, par contre, seulement six feront partie de la classe de première année.La santé étant de compétence provinciale, et les places, chèrement disputées, la priorité est accordée aux candidats ontariens, qui forment la majorité de la cohorte.Outre la proximité géographique, la langue d’enseignement attire les Québécois vers cette université ontarienne: tous les cours sont disponibles en français dans cette faculté, qui se décrit comme «la seule école en Amérique du Nord où la médecine est enseignée dans les deux langues».Sur les 152 étudiants qui forment la classe de première année, 40 sont francophones.Mais il n’y a pas seulement des Québécois: il y a, bien sûr, des Franco-Ontariens, mais aussi des Fransaskois, des Acadiens et SOURCE UNIVERSITÉ D’OTTAWA î' ?NJ L’Université d’Ottawa a créé ü y a trois ans un programme à l’intention des candidats en médecine d’ascendance autochtone.aussi d’autres représentants de minorités francophones du Canada.Un visage communautaire et rural Les particularités de la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa?Tout d’abord, son étalement, car la faculté a de nombreux centres de formation situés à l’extérieur d’Ottawa, et même à l’extérieur de l’Ontario en ce qui concerne les stages.Une belle occasion pour les étudiants d’expérimenter divers milieux de travail, estime le doyen.La faculté a aussi un aspect rural: «Beaucoup d'étudiants proviennent de milieux ruraux, et l’Université d’Ottawa compte le plus grand pourcentage de médecins de famille et de spécialistes qui choisissent de travailler en milieu rural ou dans de petites communautés», constate le doyen.La médecine familiale est par ailleurs le choix de pratique du phis grand nombre de ses étudiants.Mais ce qui distingue surtout la faculté, c’est son engagement communautaire, note le doyen: «Retourner les médecins dans leur communauté est très important.» Et c’est ce qui est envisagé pour les étudiants provenant de communautés minoritaires francophones et aussi autochtones.Le doyen veut aussi que ses 590 étudiants, en plus d’être des médecins compétents, deviennent des bâtisseurs de la sodété: «Cela veut dire que, dans le cadre de lajbrmation universitaire, on a mis l’accent sur le leadership», explique le Dr Bradwejn.D souligne que, à ce titre, l’enseignement inclut une formation de base en santé publique et en gestion de la santé et des hôpitaux.Tout cela afin que ces faturs médecins participent à l’élaboration des politiques de santé.Le parti de la recherche On retrouve à l’Université d’Ottawa sept instituts de recherche en santé.Ses forces?La neuroscience, la médecine moléculaire, la recherche cardiovasculaire et aussi la recherche sur les cellules souches.Le Dr Bradwejn souligne que la faculté de médecine de ITJniversité d’Ottawa se classe au quatrième ou cinquième rang en ce qui a trait à l’intensité de la recherche, selon les différentes études sur la question.La faculté abrite en outre deux centres d’excellence, soit le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires et le Réseau des cellules souches.Programme autochtone L’Université d’Ottawa a créé il y a trois ans un programme à l’intention des candidats en médecine d’ascendance autochtone.Les premiers étudiants autochtones ont été admis en septembre 2005.Huit places leur sont réservées.Le programme a pour objectif de diplômer plus de cent nouveaux médecins autochtones did à 2020.«Le programme vise aussi à éduquer les étudiants non autochtones et le corps prqjèssoral sur la culture et les problèmes de santé qui affectent les autochtones», indique le doyen.La faculté d’Ottawa n’est pas la seule à offrir un tel programme, mais celuki importe particulièrement aux yeux du doyen: «Cette population est celle qui a le pire accès aux soins de santé, il n’y a même pas de débat sur cette question.Les autochtones ont beaucoup de problèmes de santé'.Le but du programme est d’apporter une certain^ équité à cette population qui est mal servie.» Un autre bénéfice du programme?Ces médecins, une fois formés, retournent dans leur communauté et deviennent un modèle pour les jeunes.Services et stages en français L’enseignement de la médecine en français a été inà- ¦ tauré à la faculté pour permettre aux étudiants des nq- : norités francophones de recevoir un enseignemertt dans leur langue, mais aussi pour assurer à la population francophone de la région des soins dë santé en fiançais, explique le Dr Denis Chauret, membre du Bureau des affaires francophones de la faculté de médecine dé l’Université d’Ottawa et directeur du bureau de formation médicale de l’hôpital Montfort Tout cela n’est bien sûr pas étranger au combat qui a été mené afin de sauver l’hôpital Montfort de sa fermeture annoncée.Sauvé in extremis, l’hôpital reçoit aujourd’hui une vingtaine d’étudiants francophones de l’Université d’Ottawa qui y font leur résidence.Il eSt d’ailleurs leur principal lieu de stage.Seton le !> Chauret, le bilinguisme à la faculté de médecine n’est pas qu’un bilinguisme d’apparat «Le programme en français existe depuis 11 ans et il est en voie de francisation complète, constate-t-il.Cependant, il y a toujours moins de professeurs francophones qu’anglophones.Sept fins moins, en fiait» Et alors qui est possible de faire la formation de premier cycle complètement en fiançais, ce n’est pas le cas du deuxième cycle: certaines spécialités ne peuvent être effectuées complètement dans cette langue.Le Bureau des affaires francophones de la faculté sert en quelque sorte de chien de garde à la francophonie.Tout en travaillant en faveur de cet objectif dë francisation complète, le Dr Chauret constate ced: «Le défi de l’enseignement en français a été relevé et celui-ci est non seulement de même qualité que celui dispensé en anglais, mais il est perçu comme tel» Collaboratrice du Devoir La santé n'est pas une marchandise, ." .: • r", c'est un droit.FÉDÉRATION 1 FESSIONNELLE DU QUÉBEC LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2007 B 6 SANTÉ Sherbrooke Au cas par cas «L’innovation est depuis toujours notre marque de commerce!» ê La faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke accueille cette année un nombre record de nouveaux étudiants, 577, dont 194 futurs médecins.Elle inaugure en outre deux nouvelles formations: l’ergothérapie et la physiothérapie.«Je dirais que ce qui caractérise notre faculté, c’est l’innovation, souligne fièrement son doyen, Réjean Hébert.Notre faculté essaie sans cesse d’innover, de sortir des sentiers battus, tant en pédagogie et en recherche que dans de nouveaux champs professionnels.» CLAUDE LAFLEUR ' ' 1 y a deux ans, l’établissement sherbrookois a été .renommé «faculté de médecine et des sciences < e santé», puisqu’elle forme bien plus que des mé- < ecins.En effet, outre les 194 candidats en médecine, la faculté accueille cet automne 213 étudiants en sciences infirmières, 35 en biochimie, 79 en pharmacologie ainsi que des étudiants en toxicomanie.•L’innovation, c’est depuis toujours notre marque de commerce!», lance avec satisfaction le doyen.•Cette année, nous innovons entre autres grâce à deux nouveaux programmes d’enseignement en réadaptation, révèle Réjean Hébert.Avec une cohorte de 56 étudiants, nous inaugurons un programme de physiothérapie et un autre d’ergothérapie.C’est l’élargissement des enseignements de la faculté.» Former les médecins au travail qu’ils doivent faire D y a vingt ans, la faculté de médecme a inauguré une façon de former les médecins: l’apprentissage par problèmes.«Ce fut un changement radical, rapporte le D' Hébert, puisque, du jour au lendemain, on a démoli les grands amphithéâtres pour les rempla- cer par des salles de cours où nous formons les étudiants par petits groupes.Pour célébrer ces vingt ans, nous organisons d’ailleurs un colloque international sur le sujet afin de continuer de développer cette méthode pédagogique.On a été la première faculté au Québec à adopter cette méthode et nous sommes ceux qui l’utilisons le plus largement.» Ainsi, dès leur première année de formation, les étudiants consacrent 80 % de leur temps à affronter, en petit groupe, un cas soumis par leur professeur-tuteur.Ils doivent d’abord analyser le problème et déterminer les connaissances qui leur manquent, afin de les acquérir.Ils font ensuite la synthèse en groupe de leur apprentissage, puis essaient de résoudre le problème posé.Les 20 % de la fornftation restante consistent en des cours magistraux et en démonstrations en laboratoire.•L’apprentissage par problèmes ressemble beaucoup à la pratique quotidienne d’un médecin, relate le Dr Hébert En effet, lorsqu’un patient se présente à nous, il nous soumet un problème.Nous devons le décortiquer puis émettre des hypothèses.Parfois, il nous faut parfaire nos connaissances pour en arriver à déterminer le meilleur traitement.Ainsi, notre façon d’enseigner reproduit le travail clinique d'un médecin.» • Cette pédagogie donne d’ailleurs de bons résultats, puisque le doyen rapporte que les diplômés de sa faculté se classent parmi les premiers à l’examen national du Conseil médical du Canada.«On nous dit aussi que nos étudiants, lorsqu’ils réalisent leurs stages en hôpital, ont une plus grande facilité à analyser les problèmes qu’on leur présente, dit-il.On a donc des étudiants qui sont performants et qui, je pense, deviennent de très bons médecins.» Au service des communautés La faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke se délocalise par ailleurs de plus en plus.Ainsi, depuis l’an dernier, elle forme 24 de ses étudiants au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 24 autres à Moncton, au Nouveau-Brunswick.«Or, parce que les étudiants ne peuvent se déplacer facilement [à cause des distances], nous sommes obligés de délocaliser SOURCE UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Le Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke complètement notre programme et de développer un cursus complet dans chacun de ces endroits, relate le Dr Hébert.Nous sommes la seule faculté ainsi délocalisée dans une autre province, ce qui n’est pas une mince affaire puisque la santé et l’éducation sont des compétences provinciales.ce qui pose quelques problèmes administratifs!» En outre, la faculté innove encore en offrant des séminaires de médecine destinés au grand public.«Nous vivons à une époque où nous sommes inondés de connaissances, souligne Réjean Hébert, et il est souvent difficile de faire le tri entre ce qui est scientifiquement valable et ce qui ne l’est pas.Baptisé Cursus Santé, notre programme vise à combler cette lacune.» La faculté offrira deux programmes par année: le premier, qui débute en octobre, portera sur le cancer, alors qu’après les Fêtes on abordera les maladies cardiovasculaires.Dans chaque cas, il s’agit de sue conférences d’une heure et demie environ données en soirée par un professeur de la faculté, choisi non seulement pour son expertise mais tout autant pour ses talents de vulgarisateur et de communicateur.Le public visé, indique le doyen Hébert, comprend notamment les retraités qui ont ce genre de problèmes de santé, qui en ont dans leur famille ou encore qui veulent tout simplement en connaître bien davantage sur ces maladies.Il n’y a pas de prérequis ni d’examens, la faculté remettant toutefois une attestation aux participants.Prochaine innovation : l’enseignement interdisciplinaire Pour l’instant, l’enseignement des diverses disciplines — médecine, soins infirmiers, biochimie, pharmacologie, etc.— se fait de façon séparée.Toutefois, la direction de la faculté s’est donné pour mandat, au cours des prochaines années, de créer de l’interdisciplinarité en aménageant des passerelles entre les différentes disciplines.«Nous sommes un milieu extrêmement intéressant pour le faire, relate Réjean Hébert, puisque toutes ces disciplines sont situées sous le même toit.Nous cherchons donc à voir comment on pourrait former nos étudiants au travail interdisciplinaire puisque, dans leur pratique, ce sera pour eux la voie de l’avenir, étant donné la complexité sans cesse croissante des problèmes de santé qu’ils auront à résoudre.On essaie donc de voir quelles sont les meilleures stratégies pour innover dans ce domaine, stratégies d’interdisciplinarité que nous voulons implanter d’ici deux ans.» Collaborateur du Devoir AQESSS -a- Recours électronique « Un colloque qui colle à la réalité du réseau de la santé » Le colloque-santé 2007, présenté par l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), mettra cette année l’accent sur la sécurité, la facilité d’utilisation et l’efficacité de l’informatique dans les établissements de santé et de services sociaux.L’industrie des nouvelles technologies se donne donc rendez-vous au Palais des congrès de Montréal, les 11 et 12 octobre.THIERRY HAROUN La «santé électronique» est le thème qui coiffe cet événement annuel organisé par l’AQESSS et qui en sera cette année à sa 18r mouture.Ce thème sera étudié sous trois angles.Premièrement, la sécurité.«Lorsqu’il est question d’un réseau de santé sur le plan de l’électronique, il est primordial de garantir la protection des renseignements personnels.Il faut s’en préoccuper car, quand un problème survient, ça inquiète les gens», observe Use Denis, directrice générale de l’AQESSS.Cela dit, selon elle, le dossier-patient sous sa forme électronique est «beaucoup plus sécuritaire que le dossier-patient sous sa forme papier qui, lui, nécessite le transport de documents ou encore qui engendre l’accumulation de feuilles».Deuxièmement, la facilité d’utilisation des nouvelles technologies de l’information sera également abordée au cours de ce colloque-exposition, autour duquel graviteront près de 700 personnes, des organismes gouvernementaux et des dizaines d’entreprises, dont Bell Canada, Dell Canada, IBM Canada, Microsoft Canada, Philips et Toshiba.«Quand on parle de la facilité d’utilisation des technologies de l’information, ça signifie, en fait, de donner le goût aux professionnels de la santé de les utiliser parce que, au fond, il faut qu’ils y trouvent leur compte.Et que ces technologies leur fassent gagner du temps.Et, dans ce sens, il y a aura au cours de ce colloque plusieurs témoignages de professionnels qui visent à convaincre leurs col- lègues» de ne pas craindre la nouveauté, soutient Mme Denis.Enfin, l’autre angle qui sera abordé au colloque, qui sera animé par le journaliste Stéphan Bureau, est le suivant: l’efficacité d’un réseau électronique passe par des résultats cliniques améliorés.«Il s’agit d’obtenir de l'information fiable et intégrée en temps réel.» Chose certaine, rappelle Mme Denis, ce sera «un colloque qui colle à la réalité du réseau de la santé».Et aux réalités régionales, ajoute-t-elle.«Il faut en effet que nos systèmes d’information électroniques prennent la couleur du réseau régional de la santé pour ainsi répondre adéquatement à leurs besoins respectifs.» Aussi, plusieurs grands rendez-vous sont prévus au programme.Notons le débat des décideurs intitulé «Sécuriser les applications et les utilisateurs, faciliter le travail et améliorer les résultats: sommes-nous prêts?», ainsi que la conférence en plénière intitulé «Digital Hospital», une nouvelle forme d’hôpital.Dans ce cas, les conférenciers présenteront l’expérience de l’hôpital Saint-Olav, situé en Norvège , un établissement entièrement «numérisé».Les experts s’attarderont sur les bénéfices de ce type d’organisation des soins pour les cliniciens, les praticiens, le personnel et les patients.Une dizaine d’ateliers permettront également aux participants de mettre leurs connaissances à jour.L’AQESSS?Qu’est-ce?Au printemps 2005, l’AQESSS est née de la fusion de l'Association des hôpitaux du Québec et de l’Association des CLSC et des CHSLD.La nouvelle organisation est ainsi devenue le porte-voix de quelque 140 établissements membres, dont 99 centres de santé et de services sociaux et 16 centres hospitaliers à vocation universitaire.A ces établissements s’ajoutent des membres d’affaires et des membres associés.Les centres jeunesse et les services régionaux spécialisés, tels les centres de réadaptation en déficience intellectuelle, les centres de réadaptation en déficience physique et les centres de désintoxication, ne sont pas représentés par l’ÀQESSS, précise Mme Denis.Les membres de l’AQESSS gèrent plus de 85 % du budget global des établissements du réseau de la santé.Cette association a notamment pour mission de contribuer au développement des réseaux intégrés de santé et de services sociaux, dans une perspective de responsabilité po-pulationnelle, et de gérer les programmes d’assurance de dommages des établissements qu’elle représente.Le réseau de la santé au Québec Que pense Lise Denis de notre réseau de santé?«Il se porte relativement bien par rapport au reste du Canada.Il faut reconnaître aussi que [le gouvernement du Québec] a fait des efforts importants au cours des dernières années sur le plan des investissements financiers, même s’il reste encore des efforts à faire en ce sens.» Par contre, ajoute-t-elle, il faut porter une attention particulière au vieillissement du personnel du réseau de la santé.«C’est un grand défi qui se pose à nous.Il s’agit de penser à la pénurie de la main-d'œuvre qui en découlera.S’ajoutent à cela les difficultés de recrutement de professionnels dans des métiers qui sont très nobles, mais qui ne sont pas reconnus à leur juste mesure.» Collaborateur du Devoir SANTÉ NOUVELLES PRATIQUES CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable: NORMAND THERIAULT nthcriaultoledevoir.ca 2050, rue de Bleury, élage, Montréal (Çuébee) HSA SM!).Tél.: (514) 985-3335 rrdactioDtledevoir.com FAIS CE QUE D 0 I S Tél.: 450.670.2411 1.866.521.2411 www.aptsq.com elmMl WvSmmKÊm Alliance du personnel r E professionnel et technique ¦ ¦ d« la santé et des services h de la santé et des services sociaux cliniciennes et professionnelles itrent au quotidien que v
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