Le devoir, 20 août 2007, Cahier A
Louragaii Dean, d'Haïti à la Jamaïque Page A 2 «ii Le prix que paie l'Abitibi, un texte de Richard Desjardins Page A 7 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.XCVIII N°187 ?Le 22e perd un premier soldat en Afghanistan ISABELLE PORTER Québec — Le contingent québécois dépêché en Afghanistan vient de perdre son premier soldat Simon Longtin, 23 ans, de Longueuil, a perdu la vie hier matin près de Kandahar quand une mine a fait exploser son véhicule blindé.Son décès porte à 67 le nombre de militaires canadiens morts en Afghanistan depuis 2002.«Cétait un soldat connu de tous, l’un de nos confrères, un bon soldat», a déclaré le commandant intérimaire Casey Mclean lors d’une conférence de presse à Valcar-tier.*[11] n'a pas servi longtemps dans les Forces, moins de deux ans H est arrivé dans le bataillon l’an passé.Il s’est porté volontaire pour aller en mission.Il était heureux, il faisait ce qu’il aimait.» Le jeune membre du Royal 22' Régiment circulait au sein d’un convoi de ravitaillement à l’ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé.Ses coéquipiers ont répliqué immédiatement après l’explosion, et des échanges de coups de feu avec les insurgés ont été signalés.Or la fusillade et l’explosion n’ont pas fait d’autres blessés.Le soldat montrait encore de faibles signes vitaux après l’attaque et a été évacué par hélicoptère.Des manœuvres de réanimation ont été tentées, mais en vain.Son décès a été constaté à l’hôpital militaire de Kandahar.Vivre avec les pertes Devant les drapeaux en berne du quartier général à Valcartier, le Major Mclean a dit avoir été «surpris» par la nouvelle.«Personnellement, j’espérais ne pas avoir de pertes, c’est sûr.» Tout en refusant de faire des conjectures sur le nombre de décès qui pourraient survenir durant la mission, il n’a pas évacué l’hypothèse qu’il y en ait d’autres.«On va être obligés de vivre avec les pertes si on veut réussir en Afghanistan.» La mort de Simon Longtin survient alors que le contingent commence à peine son travail dans la région de Kandahar.Un nouveau groupe de 64 militaires de Valcartier — l’un des derniers à partir — prenait d’ailleurs l’avion hier soir vers l’Afghanistan.Tôt hier matin, le Major Mclean s’est rendu dans la région de Montréal pour rencontrer les proches du VOIR PAGE A 8: SOLDAT «Il s’est porté volontaire pour aller en mission.Il était heureux, il faisait ce .qu’il aimait.» DÉFENSE NATIONALE ! REUTERS Membre du Royal 22' Régiment, Simon Longtin circulait au sein d’un convoi de ravitaillement à l’ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé.INDEX nT Annonces.B 6 Avis publics.B 2 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie.A 5 Éditorial .AS Idées.A 7 Météo.B 2 Monde.B 1 Mots croisés.B 2 Religions.B 6 Sudoku.B 5 Télévision.B 7 LE LUNDI 20 AOÛT 2007 88c -,-taxes = 1$ Montebello: à vos marques.— JACQUES NADEAU LE DEVOIR C’est sous une très imposante escorte policière que près de 2000 manifestants ont défilé cahnement hier à Ottawa pour dénoncer le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, pierre angulaire de la rencontre qui se tient aujourd’hui à Montebello entre le premier ministre canadien Stephen Harper et les présidents américain, George W.Bush, et mexicain, Felipe Calderôn.Harper, Bush et Calderôn auront de quoi discuter HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Qu’ont en commun l’Arctique, les changements climatiques, les pandémies continentales, les jouets contaminés au plomb et la sécurité aux frontières?Ils feront tous l’objet de discussion à compter d’aujourd’hui alors que George W.Bush et Felipe Calderôn arrivent à Montebello pour une rencontre de deux jours avec le premier ministre Stephen Harper.Jaime Gutiérrez Novales, simple vendeur dans une entreprise funéraire de Mexico, espère quand même s’inviter dans la conversation des grands.La rencontre constitue la troisième depuis la création, en mars 2005, du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PS?) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.M.Harper discutera en tête-à-tête avec M.Bush cet après-midi, et les trois hommes souperont ensemble ce soir.Leurs travaux à trois ne commenceront véritablement que demain, alors que 30 personnalités du monde des affaires (dix de chaque pays) leur soumettront une «réflexion» sur la compétitivité.À l’ordre du jour Les sujets à l’ordre du jour sont nombreux, selon l’exposé qui en a été fait la semaine dernière par VOIR PAGE A 8: MONTEBELLO ¦ Inquiétude à Montebello, l’éditorial de Bernard Descôteaux, en page A 6 ¦ C’est reparti comme en 14!, une analyse d’Eric Desrosiers, en page A 5 L’opposition au sommet se met en branle ALEXANDRE SHIELDS Première étape des actions prévues par les opposants au sommet de Montebello, près de 2000 d’entre eux ont manifesté hier à Ottawa.Et le message était on ne peut plus clair le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) aura des impacts négatifs sur l’environnement, l’économie et la santé des habitants des trois pays impliqués.Des critiques également formulées hier par des syndicats et des intellectuels.Les manifestants se sont rassemblés sur la colline du parlement à Ottawa avant de défiler devant les am- VOIR PAGE A 8: OPPOSITION L’ENTREVUE Claude Villeneuve: donner au développement durable les moyens de ses ambitions ÉRIC DESROSIERS Spécialiste mondial de la question environnementale, le biologiste et vulgarisateur scientifique québécois Claude Villeneuve n’a pas de temps à perdre avec les déclarations creuses de ceux qui voudraient en fait que l’on continue comme si de rien n’était et les éternelles condamnations des purs et durs.Son objectif est d’aider l’avancement de la cause du développement durable en en lui donnant des moyens réalistes et concrets.«Ce qui m’a toujours énervé, c’est lorsque l'on reste dans l’énoncé d’idées vertueuses sans chercher à leur trouver des applications pragmatiques, confie-t-il.Une constante dans ma vie est que, quand je dis quelque chose, je m’organise pour que ça arrive.» Le directeur de la chaire en Eco-Conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) n’a rien contre les militants environnementalistes, au contraire.«Un militant, c’est bon, c’est généreux.Mais le problème est que la cause passe avant la réalité.» Savoir composer Dans la réalité, il faut savoir composer avec les grands pouvoirs économiques et politiques, pour qui fa pollution n’est souvent pas le problème le plus un-portant, dit l’auteur de plusieurs ouvrages scientifiques et de vulgarisation, notamment sur le développement durable et les changements climatiques.Mais il faut aussi comprendre que la protection de l’environnement n’est pas le seul défi auquel fait face lliu- SOURCE UQAC manité et que l’on doit aussi trouver la façon de donner du travail aux gens, d’assurer leur sécurité, de défendre leurs droits et de promouvoir leur culture.«La raison d’être du développement durable est d’abord de répondre aux besoins humains, rappelle Claude Villeneuve.Tant que tu n’auras pas satinait ces besoins de base, le reste ne peut pas se faire.Mais ces besoins sont par définition infinis, ce qui oblige l’adoption d’un cadre éthique pour répondre aux besoins dans le respect des capacités de support des écosystèmes et de la façon le plus juste et équitable possible.Dans ce cadre, l’économie continue d’occuper une place centrale, pas en tant qu’objectif, mais en tant qu’outil.» Aux commandes du bulldozer Pour ce faire, dit-il, nos sociétés manquent cruellement de personnes capables d’analyser chaque nouveau projet dans toutes ses dimensions environnementales, économiques et sociales et de trouver des moyens de concilier ces différents impératifs.Des professionnels du développement durable capables de servir de guides aux entreprises et aux gouvernements.Claude Villeneuve enseignait le développement durable à Chicoutimi depuis quelques années déjà lorsque l’UNESCO lui confia, en 1987, la tâche de concevoir un programme universitaire spécialisé en développement durable.Ce programme deviendra un modèle dans le monde entier.Après un passage à la Claude Villeneuve VOIR PAGE A 8: VILLENEUVE LE DEVOIR, LE LUNDI 20 AOÛT 2007 A 2 LES ACTUALITES La Jamaïque se prépare à l’arrivée de l’ouragan Dean De nombreux touristes ont fui le pays avant la fermeture des aéroports CARLOS BARR1A REUTERS Les rues de Kingston, la capitale de la Jamaïque, étaient déjà balayées par de forts vents, hier après-midi, à l’approche de l’ouragan Dean.isiitfe* HOWARD CAMPBELL Kingston — La Jamaïque se préparait hier au passage de Dean, le furieux ouragan de catégorie 4 qui a déjà fait au moins huit morts et d’importants dégâts matériels dans différentes îles des Caraïbes.Des écoles, des églises et des gymnases ont été transformés en abris alors que le cyclone devait frapper l’île avec des vents pouvant atteindre 230 km/h.Mais selon des responsables, seuls 47 abris étaient occupés alors que l’extérieur du système cyclonique commençait à brosser l’île hier après-midi.«Pour la dernière fois, je vous demande de partir, ou vous serez en danger», a déclaré hier la première ministre, Portia Simpson Miller, s’adressant tout particulièrement aux habitants des zones inondables.De nombreux touristes ont fui le pays avant la fermeture des aéroports samedi soir, et les Jamaïcains résidant sur les côtes gagnaient l’intérieur des terres, alors que ceux des zones inondables se dirigeaient vers les abris.Mais plusieurs habitants de cette île de 2,7 millions de personnes avaient peur d’abandonner leurs biens.«Trop de délinquance à Kingston.Je ne quitte pas ma maison», a lancé Paul Lyn, de Port Royal, près de la capitale.George Lee, le maire de Portmore, une autre banlieue de Kingston, a effectivement noté de son côté que «nous avons envoyé des navettes à deux reprises, mais personne n’a réagi».Les autorités ont également commencé à couper l’électricité et ont ordonné la fermeture de tous les commerces jusqu’à ce soir.Selon le commissaire adjoint de police Linval Bailey, des patrouilles seront envoyées pour protéger les quartiers commerciaux, où les boutiquiers ont cloué des planches de contreplaqué pour protéger leurs vitrines, après les derniers achats des habitants.La radio jamaïquaine a rapporté que 17 personnes étaient coincées à Middle Keys, une île à 145 kilomètres au sud de la Jamaïque.L’armée leur a conseillé de sectionner les cadenas d’un bâtiment militaire pour y trouver refuge.«Nous prières sont avec ces pêcheurs alors que Dean se dirige vers ce secteur», a déclaré un présentateur de la radio à l’antenne.Dans les îles Caïman, que l’ouragan pourrait frapper de plein fouet aujourd’hui, les touristes se sont massés dans l’aéroport international Owens, où les files d’attente débordaient sur la pelouse à l’extérieur du bâtiment.Cayman Airways a ajouté 15 vols à destination de la Floride, dont toutes les places ont vite été vendues.Le gouvernement de cet archipel britannique avait ordonné l’évacuation obligatoire avant hier midi de Petit Caïman, la plus petite île de l’archipel où habitent environ 150 personnes.Cuba et Mexique A Cuba, les autorités ont également commencé l’évacuation de 50 000 personnes habitant les parties les moins élevées de l’île.La tempête a causé des inondations samedi dans les zones côtières en frôlant le sud de l’île d’Hispaniola, divisée entre Haïti et la République dominicaine.A Haï1 ti, une personne a été tuée à Mo- ron et une autre sur la péninsule sud du pays.Un garçon a été emporté par la mer en furie en République dominicaine alors qu’il observait les vagues.Par ailleurs, les autorités haïtiennes signalaient des scènes de violence aux Cayes, où les sinistrés se disputaient les rations de nourriture de la Croix-Rouge.Dean devrait poursuivre son chemin vers l’ouest tout en se renforçant et toucher la péninsule mexicaine du Yucatan, près de la station balnéaire de Cancun, dès ce soir ou demain matin.Selon le Centre américain des ouragans (NHC), Dean devrait dors être reclassé en ouragan de catégorie 5, la plus élevée, avec des vents de 255 km/h.A Cancùn, des milliers de touristes se sont massés dans un aéroport bondé.La tempête pourrait également balayer l’intérieur des terres mexicaines et, mercredi, le Texas.Les autorités des deux pays ont d’ores et déjà commencé l’évacuation de certaines zones à risque.L’ouragan a déjà fait au moins sept morts dans les Caraïbes.Outre les deux morts sur Hispaniola samedi, deux personnes sont mortes vendredi en Martinique, où les cultures de banane et de canne à sucre ont été ravagées, alors que Sainte-Lucie déplorait un noyé.Sur l’île de Dominique, une femme et son fils de sept ans sont morts dans un éboulement.Endeavour part en avance Par ailleurs, la navette spatiale Endeavour s’est désamarrée hier de la Station spatiale internationale, un jour plus tôt que prévu, alors que les responsables de la mission au sol suivaient avec inquiétude l’évolution de l’ouragan Dean.Les ingénieurs de la NASA craignent que l’ouragan ne s’approche de Houston, les contraignant à évacuer vers le centre de contrôle de rechange à Cap Canaveral, où les installations ne sont pas de la même qualité qu’au Texas.«Endeavour est partie», a annoncé le commandant de 11SS Fiodor lourchikhine alors que la navette s’éloignait.L’équipage A'Endeavour était arrivé sur l’ISS le 10 août, et a dû accélérer son programme pour pouvoir repartir plus tôt que prévu.La quatrième et dernière sortie dans l’espace depuis l’amarrage A'Endeavour à l’ISS a donc été écourtée de deux heures samedi, et les astronautes n’ont effectué que les plus importantes des tâches d’entretien sur la station.Surveillant de près l’ouragan Dean, la NASA est donc prête à en- voyer une équipe réduite de contrôleurs de vol à Cap Canaveral, mais uniquement si Endeavour pour une raison ou une autre ne peut se poser demain, et si l’ouragan frappe Houston et menace la ville plusieurs jours d’affilée.En 26 ans de vols de navettes, jar mais la NASA n’a dû changer en urgence de site de contrôle d’une mission, même si des entraînements ont eu lieu.Associated Press L’ouragan a déjà fait au moins sept morts dans les Caraïbes Accueillis en héros Atom , , CHRIS HELGREN REUTERS LE VETERAN Donatien Vaillancourt, de Brownsburg au Québec, qui a servi avec Les Fusiliers Mont-Royal durant la Seconde Guerre mondiale, prend place dans une jeep afin de participer à un défilé dans les rues de Dieppe.Les anciens combattants canadiens y ont été accueillis en héros hier, à l’occasion du 65e anniversaire du raid sur Dieppe.La population locale a fait part de sa gratitude et de son admiration, tout le long du parcours.Des gens ont serré la main des anciens militaires canadiens, pour leur dire qu’ils se «souvenaient» de leurs sacrifices.Le 19 août 1942, près de 5000 membres de la 2 Division d’infanterie canadienne débarquaient sur les plages de Dieppe au cours de l’opération «Jubilee».Ce débarquement fut celui qui compta le plus de pertes parmi les Canadiens au cours de la Seconde Guerre mondiale, soit 3300; 913 soldats canadiens perdirent la vie ce jour-là ou succombèrent par la suite à leurs blessures et près de 2000furent faits prisonniers de guerre.I < > I < > OUI lu < Résultats des tirages du: 2007-08-18 6/6 5/6+C 1 5/6 103 4/6 6 165 3/6 113 478 2/6+C 79 248 02 12 32 34 38 48 Gagnants 0 43 i.(C) Lots 4 266 716.00 $ 304 765,30 $ 2 444,30 $ 77,30 $ 10,00 $ 5,00 $ I Ventes totales 14 534 654 $ I Prochain gros lot (appro*.| 9 000 000 $ 0119 21 31 34 46 43 compt.(C) Gagnants 6/6 0 5/6+C 0 5/6 10 4/6 783 3/6 16 035 Ventes totales : Lots 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00$ 50,00$ 5.00$ 483 818,50 $ Entra * ri Arm 5147920 sooooos decomposable dans les deux sens Résultats des tirages du: 2007-08-17 QSSSiZJ 031321 2036 4244 02 (Cl EQtra 4009079 500 ooo $ 'decomposable dans les deux sens 7/7 6/7+C 6/7 5/7 4/7 3/7+C 3/7 GAGNANTS 0 0 82 4 477 92 465 84 274 767 879 LOTS 2 500 000.00 $ 128 330,00$ 1 565,00 $ 97,40 $ 10,00$ 10,00$ Participation gratuite Prochain gros lot (approx.) Ventes totales 5 000 000 $ 11 166 846 $ Efltra NUMÉRO DÉCOMPOSABLE DANS LES DEUX SENS ! En cas de disparité entre cette liste et la lisle oHictallB da Loto-Québec, cette dernière a priorité Certains employeurs refusent des congés aux réservistes déployés à l’étranger STEVE RENNIE Toronto — Un certain nombre de réservistes de l’armée ont signalé avoir eu des problèmes avec leur employeur quand ils ont demandé un congé, a indiqué un groupe qui agit comme intermédiaire entre la réserve et ceux qui emploient ses membres.Le Conseil de liaison des Forces canadiennes, qui milite auprès des entreprises et des institutions postsecondaires pour qu’elles accordent des congés pour service militaire aux réservistes, a rapporté qu’une quarantaine de cas de disputes avec des employeurs lui étaient signalés chaque année.Le directeur exécutif du conseil, Léo Desmarteau, a ajouté qu’il pourrait y avoir davantage de cas problématiques que les réservistes ne rapporteraient pas par peur de représailles.Les membres de la Première réserve ne sont pas tenus d’être déployés à l’étranger, mais M.Desmarteau a reconnu que les réservistes étaient «fortement encouragés» à l’être parce que la guerre en Afghanistan pèse sur le personnel des Forces canadiennes.«Le problème que nous avons est qu’il y a eu une augmentation de la demande pour les réservistes», a dit M.Desmarteau., La Nouvelle-Ecosse, le Manitoba et la Saskatchewan ont adopté des lois forçant les employeurs à accorder des congés pour service militaire aux réservistes et à leur redonner leur emploi par la suite, mais il n’y a aucune loi fédérale à ce sujet Il y a eu des discussions entre Ottawa et les provinces pour établir une règle unique concernant la service militaire, mais forcer les employeurs a reprendre les employés par une loi n’est pas la solution, a estimé la brigadier-général Linda Colwell, directrice générale pour les politiques de production de personnel de l’armée.«Notes préférerions continuer à travailler avec le conseil de liaison [.„] et maintenir les bonnes relations que nous avons avec la plupart des employeurs au Canada», a-t-elle dit Toutefois, certaines mesures de la Loi sur la sécurité publique, rédigée après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, exigent que les employeurs reprennent des réservistes appelés d’urgence pour diverses situations comme des insurrections, des émeutes, une invasion ou une guerre totale.M.Desmarteau a soutenu que la plupart des employeurs étaient prêts à donner des congés pour service militaire.Le conseil a indiqué qu’il y a plus de 5000 employeurs qui assument ce genre de congé dans sa banque de données comparativement à 16 en 1992.Presse canadienne Trois cas de rage du raton laveur découverts près d’une zone urbaine Bromont — Pour la première fois près d’une zone urbaine, trois cas isolés de la rage du raton laveur ont été découverts récemment dans la région de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.Les trois ratons atteints de la maladie ont été trouvés par les spécialistes du ministère de la Faune à environ 5 km à l’est du secteur Iberville, de Saint-Jean.La plupart des 50 animaux infectés répertoriés cet été l’ont été près de la frontière américaine, dans la région de Saint-Armand.Même si la situation n’est pas préoccupante, une opération de repérage au sol sera entreprise dès aujourd’hui dans la ville même de Saint-Jean-sur-Richelieu, des deux côtés de la rivière, à titre préventif.Entre-temps, l’opération aérienne qui visait à larguer 450 000 appâts vaccinaux près d’une centaine de petites municipalité de la Montérégie et de ï’Es-trie, couvrant une superficie de 5000 km2, s’est bien déroulée ces derniers jours.Elle avait pour but de créer une barrière de protection pour éviter la propagation de la rage du raton laveur.Presse canadienne Un Belge gaspésien vend des champignons sauvages aux grands chefs montréalais ROLLANDE PARENT Originaire de Belgique, Gérard Mathar a choisi de s’installer en Gaspésie, à Matapédia, pour dè velopper la cueillette forestière, particulièrement celle des champignons sauvages.Trois ans plus tard, avec quelque 80 cueilleurs occasionnels et réguliers, il dispose d’environ cinq tonnes de champignons, dont une partie est expédiée à des restaurateurs de prestige.Parmi eux, Toqué et Au pied de cochon, de Montréal, ainsi que La Pinsonnière située à La Mat baie, dans le secteur de Cap41’Aigle.«J’aime la Gaspésie.Je trouve ça beau, fy suis venu à quelques reprises, une fins pendant trois mois, avant de m’y installer avec ma femme et nos trois fils.Cest l’une des régions les plus préservées écologiquement», a-t-il affirmé au cours d’une interview télé phonique.«Que l’on arrête de répéter que la Gaspésie est sinistrée économiquement.R faut développer cette région en fonction de son potentiel plutôt que de tenter d’implanter de grosses entreprises à coup de subventions de plusieurs millions de dollars^ Agé de 39 ans, Gérard Mathar sème pour l’avenir.Il a récemment entrepris d’inoculer certaines espèces de champignons dans les bois, comme le shitaké et la pleurote.Les résultats ne viendront que dans trois ans.«C’est ce qui m’a permis d’avoir ma carte de producteur en agroforesterie et ce qui m’ouvre la possibilité de faire des demandes d’aide financière», a-t-il dit Un métier Pour ce qui est de la cueillette des champignons sauvages, la morille, la chanterelle, le bolet, le cèpe, la russule, une vingtaine d’espèces au total, M.Mathar s’en remet à 80 cueilleurs payés selon la quantité qu’ils lui apportent Ces cueilleurs ont dû recevoir une formation, parce que «la cueillette des champignons n’est pas habituelle ici au Catiada».Si la cueillette des champignons n’est pas fructueuse certains jours, les cueilleurs sont encouragés à ramasser des petits fruits, des baies, des têtes de violon, des plantes pour la tisane et des produits médicinaux «À moyen terme, je voudrais que des gens aient ça comme métier, meilleur forestier en région, a-t-il dit On commencerait au mois de mai avec la tête de violon et on terminerait en octobre, après les premières gelées, avec le pimpina, un arbuste qui produit des baies comestibles qui sont très bonnes en confiture.» M.Mathar tire de la vente des champignons frais, durant la période estivale, le tiers de son chiffre d’affaires qu’il dit modeste.Presque tous les jours, il les expédie par autobus, «faute de mieux», après les avoir placés dans des boîtes réfrigérées.Ils arrivent à Montréal de 8 à 10 heures plus tard.Les autres champignons, ceux qu’il aura triés, tranchés ou non, fait sécher à l’air et qu’il glissera dans un emballage alléchant, se retrouveront dans des épiceries fines, surtout à Montréal et Québec, sous l’étiquette Gaspésie sauvage, à proximité du foie gras et du caviar.Ceux-là lui permettront de vivre le reste de l’année.«Mon but n’est pas d’être un businessman des champignons.C’est de vivre heureux, de m’amuser et de faire de la cueillette avec mes deux plus grands, de sept et neuf ans» Presse canadienne Marie-Paule BESJABPIN5 DICTIONNAIRE BIOGMPHIQVE DES FENIMES CÉLÈBRES ET REMAROUABLES DE NOTRE HISTOIRE 608pages-40$ ISBN 978-2-7601-6946-3 GUERIN, éditeur liée 514-842-3481 POUR QU’ON SE SOUVIENNE D'ELLES.En uenle dans toutes les Moraines Lu prix us! indiqué sous réservo de modifications, é « DEVOIR L E LE LUNDI 20 AOÛT 2007 A 3 ACTUALITES Sondage de l’Association médicale canadienne Un Canadien sur quatre a déjà eu un problème de santé qu’il croit attribuable à l’environnement BRIGITTE SAINT-PIERRE Plus d’un Canadien sur quatre a déjà eu un problème de santé qu’il croit attribuable à l’environnement, selon un sondage Ip-sos-Reid mené en juin pour le compte de l’Association médicale canadienne (AMC) et qui vient d’être rendu public.L’asthme et les allergies sont les deux problèmes de santé les plus souvent mentionnés par ces répondants.Viennent ensuite le cancer, notamment de la peau, puis la bronchite ou d’autres problèmes respiratoires.L’environnement est-il dans les faits responsable de ces problèmes?«C'est une question très intéressante», répond le président sortant de l’Association médicale canadienne, le O' Colin McMillan.«Je vis dans les provinces de l'Atlantique où il y a un taux d'asthme important, en particulier chez les enfants et les jeunes adultes.Beaucoup de théories circulent pour tenter d’expliquer cette situation», dit-U.Des facteurs génétiques pourraient en être en partie responsables, mais certains croient que l’usage de pesticides, d’herbicides ou l’eau pourraient augsi être en cause, mentionne-t-il.A ce jour, ce lien n’a toutefois pas été établi sur le plan scientifique, a-t-il dit Les Canadiens sont néanmoins préoccupés par l’impact de l’environnement sur leur santé, selon le sondage.Quelque 88 % des répondants se sont dits très préoccupés ou assez préoccupés par les normes environnementales d’autres pays et leurs effets sur les fruits et légumes importés, et 81 % par les changements climatiques et leurs effets sur la santé.La pollution de l’air, la contamination du sol et la qualité de l’eau préoccupent aussi plus de sept Canadiens sur dix.Près des deux tiers des répondants ont affirmé avoir pris déjà pris des mesures pour protéger leur santé contre des facteurs environnementaux.L’usage d’écran solaire (28 %), l’achat de produits biologiques (10%), la consommation d’eau filtrée ou embouteillée (5 %) sont au nombre des mesures mentionnées.Qualité des soins Le sondage portait en outre sur la perception qu’ont les Canadiens des services de santé au pays.Un peu plus d’un répondant sur cinq a donné une note de A à la qualité générale des services de santé offerts et environ deux sur cinq, une note de B.Ils devaient choisir entre A, B, C et F.Les Québécois ont été moins nombreux (14 %) que les Canadiens des autres provinces (21 % en moyenne) à donner une note de A.Les Canadiens sont assez critiques de la gestion du système de santé que font les gouvernements.Seulement un Canadien sur trois (33 %) accorde une note de A ou de B au gouvernement fédéral.Au Québec, cette proportion est de 27 % pour le gouvernement fédéral et de 33 % pour le gouvernement québécois.Les Canadiens ayant un médecin de famille ont une image plus positive du système de santé que ceux qui n’en ont pas.Les répon- dants sont un peu moins nombreux (49 %) que l’an dernier (56 %) à croire que les services de santé seront bien meilleurs ou un peu meilleurs au cours des deux ou trois prochaines années.L’Association médicale canadienne a rendu ce sondage public à l’occasion de son assemblée annuelle, qui s’est ouverte hier à Vancouver et qui se terminera mercredi.Le groupe Médecins canadiens pour le régime public, qui s’inquiète notamment de «l’ouverture à l’assurance privée et à la médecine à deux vitesses annoncées dans le dernier document de politique de l’AMC» a tenu une conférence de presse hier, durant laquelle il a notamment été question de «l’impact que pourraient avoir les nouveaux modes de financement par volume de soins (ou “paiement aux résultats”) sur le régime public».Le Dr McMillan a indiqué que ces modes de financement feraient l’objet de discussions à l’AMC.«Nous n’avons pas encore pris position à ce sujet», a-t-il dit Concernant la possibilité pour les patients de contracter une assurance privée et celle pour les médecins de pratiquer à la fois dans le secteur privé et public, il a rappelé qu’un débat avait eu lieu sur ces questions au moment du dévoilement d’un document d’orientation à la fin du mois de juillet «Ce n'est pas à l’ordre du jour de l’assemblée annuelle de l’AMC», a-t-il mentionné.«H y aura peut-être des propositions de résolutions concernant ces questions, mais ce n’est pas inscrit à l’ordre du jour.» Le Devoir Un an après la fusillade Le Collège Dawson de Montréal a renforcé ses mesures de sécurité SIDHARTHA BANERJEE Moins d’un an après qu’un forcené eut tué une étudiante et blessé 20 autres personnes, le Collège Dawson a réorganisé son système de sécurité et de communication.Les changements ne sont pas voyants, mais des responsables de l’institution montréalaise se disent maintenant mieux préparés à affronter une situation d’urgence.Parmi les modifications apportées, il y a des lignes téléphoniques d’urgence, des serrures à pêne dormant que l’on peut verrouiller de l’intérieur sur les portes des salles de classe, et un système d’intercommunication permettant de diffuser des messages dans différents secteurs du collège.Le réseau traditionnel de téléphonie a été amélioré pour permettre aux opérateurs de la ligne d’urgence 911 de retrouver l’origine d’un appel.De plus, la société Telus installe un réseau cellulaire spécifique, utilisant des antennes discrètement placées, afin d’éviter la saturation des communications par téléphone cellulaire, comme cela s’était produit le jour de la fusillade.Mais le collège souligne qu’il comptera toujours sur les enseignants pour prendre la situation en charge en cas d’urgence.Alors que les étudiants circulaient dans les locaux du campus du centre-ville au cours de cette semaine d’initiation pour se familiariser avec les lieux, recevoir leurs horaires de cours et prendre possession de leurs ca- siers, des travailleurs s’affairaient à installer les nouveaux dispositifs de sécurité, dans un effort pour que tout soit prêt pour le début des cours, mercredi Dans le contexte des événements rportels survenus à Dawson et à Virginia Tech, aux Etats-Unis, notamment, l’amélioration de la sécurité et des communications sur les campus constitue une préoccupation courante daps les institutions d’enseignement au Canada et aux Etats-Unis.C’est le 13 septembre dernier que Kimveer GDI est entré au cégep Dawson et y a ouvert le feu en pleine cafétéria, tuant Anastasia De Sousa, âgée de 18 ans, et blessant 20 autres étudiants.Blessé par un policier, D devait ensuite s’enlever la vie.L’Université Concordia, à Montréal, avait aussi connu une fusillade mortelle en 1992, quand le professeur Valery Fabrikant avait tué quatre de ses collègues.L’institution avait également eu à affronter une émeute à la suite de l’armulation du discours que devait prononcer l’ex-premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou.Concordia est aujourd’hui considéré comme un des établissements les plus sûrs au pays, grâce aux leçons tirées de ces événements.Les quatre universités montréalaises ont conclu une entente qui leur permet de partager des opérations de sécurité lors d’un problème majeur.Le Collège Dawson dispose d’une entente distincte pour l’utilisation des ressources de Concordia si besoin était Presse canadienne Une journée de réjouissances LE TRADITIONNEL défilé de l’unité indienne a revêtu un éclat particulier, hier, dans les rues du quartier Parc-Extension, à Montréal à l’occasion du 60r anniversaire de l’indépendance de l’Inde.Etaient notamment présents le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion.Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité La Loi sur l’accès à l’information rebute les entreprises énergétiques DEAN BEEBY Les normes alimentaires intéressent peu le Mexique et les États-Unis Ottawa — Les entreprises énergétiques refusent de partager des renseignements importantes avec les autorités fédérales parce qu’elles craignent que ces informations ne soient rendues publiques en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, a révélé une nouvelle étude.En conséquence, les infrastructures énergétiques canadiennes sont menacées parce que les autorités n’ont pas les renseignements nécessaires pour planifier adéquatement les mesures de sécurité en cas de catastrophes naturelles ou causées par l’homme.«Le secteur privé ne croit pas que les renseignements sur ses installations peuvent être protégés en vertu de la législation actuelle», indique le rapport dont La Presse Canadienne a obtenu copie en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.«En conséquence, les représentants du secteur privé estiment que partager ces informations avec le gouvernement fédéral, en fait, nuirait à la sécurité de leurs installations», poursuit le document de la Division de la protection des infrastructures énergétiques.Cette petite division de six per- sonnes du ministère des Ressources naturelles a été créée en 2002 à la suite des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.Elle travaille de concert avec les entreprises énergétiques canadiennes et Ips départements américains de l’Energie et de la Sécurité intérieure pour s’assurer que les pipelines, les réseaux électriques, les barrages hydroélectriques et les autres infrastructures du genre sont protégés en cas de catastrophes naturelles ou non.Des craintes Le brouillon de l’étude, daté du 18 juillet note que «les infrastructures énergétiques sont des cibles attrayantes pour les terroristes, comme en font foi les arrestations en juin 2007d’individus qui auraient prétendument planifié attaquer le pipeline amenant le carburant pour avions à l’aéroport international John F.Kennedy de New York».Le document rédigé par des vérificateurs des Ressources naturelles, encense généralement le travail de la division, notant qu’un de ses plus grands défi est de mettre en œuvre les recommandations d’un groupe de travail canado-amé-ricain qui avait enquêté sur l’impor- tante panne d’électricité généralisée qui, avait frappé l’Ontario et plusieurs Etats américains en 2003.C’est le ralentissement du travail de la division par les craintes des chefs d’entreprise qui pose problème.«Le secteur privé ne divulguera pas d’informations qui révéleraient des vulnérabilités possibles de ses installations à la [division] par peur qu’elles ne deviennent en vertu de la Loi sur l’accès à l’information», précise le rapport dont certaines parties ont été censurées.Les auteurs ont toutefois noté que le projet de loi C-12 adopté au printemps protégeait mieux les informations confidentielles en reconnaissant la vulnérabDité des infrastructures appartenant à un tiers parti.Le secteur privé, qui contrôle 85 s% des infrastructures énergétiques au Canada, n’est toutefois pas satisfait de ces mesures, ajoute le document Le ministère des Ressources naturelles a mandaté un groupe d’experts à l’interne qui doit lui fournir un rapport à l’automne sur les moyens de protéger les renseignements fournis par des tiers partis.Presse canadienne JENNIFER DITCHBURN Ottawa — Les États-Unis et le Mexique sont moins désireux que le Canada à harmoniser les normes alimentaires en Amérique du Nord, un des objectifs controversés du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP).Selon un document obtenu par la Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, les trois pays n’ont réussi à s’entendre que sur un enjeu lié à l’alimentation, même si le Canada fait pression pour que trois autres questions soient discutées., Le Canada, le Mexique et les États-Unis se sont ainsi entendus afin d’élaborer une approche commune sur la production sécuritaire de fruits et de légumes après qu’une série de maladies liées aux racines, aux petits fruits et aux lé-gumes-feuDles eut soulevé l’inquiétude dans les trois pays.Le rapport de Santé Canada sur une conférence téléphonique tripartite tenue en mars 2006 note qu’aucun consensus n’a pu être atteint sur les trois autres enjeux défendus par le Canada, soit l’indication des allergènes sur les étiquettes, l’étiquetage nutritionnel et les programmes d’inspection de la viande.Mansel Griffiths, un microbiologiste au département des sciences de l’alimentation de l’Université de Guelph, a indiqué que la sécurité des produits frais était effectivement une source d’inquiétude, mais que les pays ont davantage besoin de coordonner leurs efforts au niveau de l’application des normes qu’au chapitre des normes elles-mêmes.«R y a de bonnes lignes directrices pour la production de fruits et de légumes, a-t-D dit Ce dont nous avons besoin, ce sont des lignes directrices adoptées par les producteurs et les transformateurs de fruits et légumes.» Aucun progrès Un programme avait été créé à travers le PSP en 2005 pour discuter des moyens d’établir un mécanisme nord-américain de coordination pour la sécurité des aliments qui devait aider à créer des normes alimentaires communes et à partager les informations sur les questions touchant la sécurité alimentaire.Selon un fonctionnaire de Santé Canada, plus d’un an après la conférence téléphonique qui a recensé un seul enjeu, aucun progrès n’a été réalisé.Le gouvernement avait pourtant indiqué l’an dernier que la création d’un mécanisme de coordination de la sécurité alimentaire était en voie d’être accompli pour septembre 2006.La Presse Canadienne a fait des requêtes en vertu de la Loi sur l’accès à l’information pour un ensemble de programme discuté dans le cadre du PSP et ciblé par le gouvernement l’été dernier.D’autres enjeux liés au PSP soulèvent également des questions.Par exemple, les trois pays avaient indiqué qu’une mesure vi-spt à donner une valeur légale aux signatures et aux contrats électroniques était en voie d’être implanté en mars 2007.En mai 2007, Industrie Canada n’avait encore diffusé aucune information à ce sujet.Le seul document disponible était celui indiquant que le projet était en voie d’être réalisé.Un rapport sur l’évolution des sables bitumineux albertains du Groupe de travaU nord-américain sur l’énergie du PSP n’était qu’une version rérisée d’un rapport ayant le même titre datant de 2002, trois ans avant la création du PSP Le gouvernement n’a pas mis à jour les renseignements sur le statut des projets du PSP depuis août 2006, malgré l’assurance de haut^ fonctionnaires que l’information était facilement accessible au publié et aux médias.Presse canadienne E N Cellucci appuie le Canada Ottawa—La campagne du premier ministre Stephen Harper pour affirmer la souveraineté canadienne dans l’Arctique a reçu un coup de pouce de l’ex-ambassadeur des États-Unis Paul Ceüucd.Ce dernier semble relancer une croisade personnelle auprès de Washington, en vue de faire reconnaître l'autorité du Canada sur le passage du Nord-Ouest Les Américains soutiennent depuis longtemps que ce passage BREF est une voie d’eau internationale.Mais hier, au réseau CIV, M.Cel-lucq a déclaré qu’il était temps pour les Etats-Unis de changer d’orientation sur cette question, afin de renforcer la sécurité continentale.Dans le contexte actuel, marqué par le terrorisme, D y va de leur intérêt que le passage du NordOuest soit considéré comme faisant partie du Canada, a-t-fl déclaré.Ainsi «la marine canadienne pourrait intercepter des bateaux dans le passage du NordOuest pours 'assurer qu'ils n ’essaient pas de faire entrer des armes de destruction massive en Amérique du Nord*-PC Robert PRÉVOST Alain VERVAET GESTION DES ET DES STOCKS Montréal 514.845.5545 Les nouvelles mAinodes ¦ (SBN 978-2-7601-3921-3 OOStlOli En vente tiens toutes les HDraimes François Gendron avocat D20+/^C LE DEVOIR, LE LUNDI 20 AOÛT 2007 LES ACTUALITES L’inflation chinoise pourrait avoir un impact sur l’économie mondiale Les marchés dépendants des produits chinois à bas coût paieront plus cher leurs appareils ménagers, chaussures et autres importations JOE MCDONALD Pékin — La flambée des prix de la viande et d’autres produits alimentaires pèse sur la vie quotidienne des Chinois, mais risque aussi d’avoir des répercussions sur l’économie mondiale, en poussant à la hausse les coûts de production et en limitant encore les importations chinoises.Aujourd’hui, Zhang Xueyi, un cheminot de 31 ans, consacre un tiers de son salaire mensuel de 3000 yuans (420 dollars canadiens) à l’alimentation de la famille.«Si les prix continuent de grimper, il faudra bien payer.On économisera sur autre chose», explique-t-il dans l’allée d’un marché de Pékin, les bras chargés de sacs remplis d’œufs, de légumes et de riz.Le prix de la viande a augmenté de 50 % en un an et ceux des œufs et autres denrées suivent de près.Après quatre ans d’une croissance économique record de 10 %, les analystes craignent que la pression économique n’entraîne un regain d’inflation.Pour l’instant, l’alimentation est le secteur le plus touché par la hausse des prix, avec un bond de 15,4 % le mois dernier par rapport à juillet 2006, ce qui amène la hausse moyenne des prix à la consommation à 5,6 %, un record depuis dix ans.La pénurie de viande de porc semble principale responsable de la progression.Mais les salaires augmentent aussi (+21 % au 1er trimestre 2007 par rapport à la même période en 2006, rien que dans le secteur pu- blic), ainsi que les prix du pétrole et de l’électricité.Les records d’exportations et la fièvre boursière abreuvent l’économie en liquidités, stimulant la demande de biens manufacturés.L’économie chinoise «pourrait être entrée dans une zone dans laquelle nous devrions rester sur nos gardes», déclarait la semaine dernière un responsable de la Banque centrale,, Zhang Tao, cité par le journal d’Etat China Securities Times.Produits plus chers Si la tendance se confirme, son impact pourrait être ressenti à l’étranger, où les marchés dépendants des produits chinois à bas coût paieront plus cher leurs appareils ménagers, chaussures et autres importations.Le yuan se renforçant, les prix en dollars des produits chinois ont déjà augmenté de près de 10 % en deux ans.Les consommateurs chinois quant à eux pourraient économiser sur les biens d’importation, ce qui aggraverait le déséquilibre de la balance commerciale, à l’origine de ten-sion,s avec des partenaires comme les États-Unis.La pression s’accroît aussi sur l’énergie car Pékin empêche les sociétés publiques de relever les prix au particulier, selon Nicholas Kwan, analyste à la banque d’investissement CLSA à Hong Kong.Les raffineries chinoises perdraient 5 dollars par baril de pétrole transformé en essence ou en diesel, affirme-t-il, estimant qu’il faudra rapidement augmenter les prix au risque sinon de provoquer une pénurie, les compagnies refusant de raffiner à perte.Les dirigeants chinois surveillent attentivement la situation, gardant en mémoire qu’une inflation supérieure à 18 % par an a joué un rôle dans le déclenchement des manifestations pour la démocratie de la place Tiananmen, réprimées dans le sang en 1989.Le premier ministre, Wen Jiabao, a pris des mesures d’urgence pour stimuler la production alimentaire, et notamment l’élevage de porcs.Les autorités locales sont sommées de régler les factures d’épicerie des familles les plus pauvres.Depuis le début de l’année, Pékin a déjà relevé trois fois ses taux d’intérêt afin d’éviter l’affolement des prix, et les économistes s’attendent à une nouvelle hausse bientôt Jusqu’ici, la concurrence intense qui règne sur le marché chinois a empêché la plupart des fabricants de répercuter la hausse des coûts sur les prix de vente, mais les entreprises pourraient finir par s’y résoudre.«Si nous n’augmentons pas les prix, nous ne faisons pas de bénéfices», explique Meng Hesu, cadre chez un fabricant de nouilles, réagissant à l’accusation d’entente illégale sur les prix lancée par le gouvernement.Selon lui, renchérissement des matières premières a parfois réduit la marge des sociétés à un misérable 1 %.Associated Press La Chine défend la qualité de ses produits d’exportation Pékin — Le chef de l’agence de sécurité des produits chinois s’est livré hier à un plaidoyer en faveur de la qualité «mode in China», remise en cause ces dernières semaines par plusieurs rappels de grande envergure.Li Changjiang, directeur de l’Administration générale du contrôle de la qualité, de l'inspection et des quarantaines, a assuré lors d’une émission télévisée que son organisme faisait tout son possible pour contrôler les produits §ux normes jugées insuffisantes.«Plus de99%denos produits sont aux normes», a-t-il dit «Diaboliser les produits chinois, ou parler de menace des produits chinois, c’est pour moi simplement un nouveau genre de protectionnisme.» «Je suis ici pour vous dire, ayez confiance dans le mode in China», a déclaré Li à un parterre de journalistes et de dirigeants chinois et étrangers.Le récent rappel par le groupe américain Mattel de 18 millions de jouets est venu s’ajouter cette semaine à une série déjà longue de rappels de produits fabriqués en Chine.Mattel a expliqué que certains jouets contenaient des peintures à forte teneur en plomb ou des aimants susceptibles de se détacher et d’être ingérés par les enfants.L’animateur de l’émission a exhibé quelques jouets pour démontrer que certaines inquiétudes portaient sur des éléments de détail.Des jalousies Ainsi, un ensemble de train en bois, avec engins et signaux Le seul élément contenant trop de plomb était un petit signal de stop rouge brillant «Les enfants ne vont pas manger ce panneau, ou le respirer chaque jour.L’impact est très limité», a déclaré II Le responsable chinois a aussi relevé que pendant des mois,- les produits made in China n’avaient pas attiré autant de suspicions.«Ces dernières années, plus de 90 % de nos exportations ont été aux normes.C’était le cas en 2004,2005,2006 et dans les six premiers mois de l’année.Pourquoi ces problèmes surgissent-ils aujourd'hui! Cest très préoccupant.» «Ce n’est pas un rude hiver, mais m sérieux coup de froid», a-t-il poursuivi.«C’est un grand défi pour notre industrie, mais je pense que la plupart de nos entreprises le relèveront.» Pour Li, la puissance commerciale chinoise suscite inévitablement des jalousies.«Avec les progrès de la mondialisation, les produits chinois prennent de plus en plus de parts de marché.Certains groupes, ainsi que certains responsables, ont encore des préjugés.A l’avenir, quand ils verront des produits chinois aux normes chez eux, et que leurs familles en seront très satisfaites, ils changeront d’avis.» Reuters ' ¦••s-.-ïiV ENRIQUE CASTRO-MENDIVIL REUTERS Accompagné de son homologue colombien Alvaro Uribe (deuxième à droite), le président péruvien Alan Garcia (au centre) a visité hier les ruines de Pisco, détruite par le séisme de mercredi qui a frappé le sud-est du pays.PÉROU Alan Garcia promet que Pisco sera reconstruite FRANK BAJAK Pisco, Pérou — Le président péruvien Alan Garcia s’est engagé hier à faire reconstruire la ville de Pisco détruite par le séisme de mercredi qui a frappé le sud-est du pays.De nombreuses familles sont encore sans abri, et l’espoir s’amenuise de dégager des rescapés des gravats, mais les renforts militaires semblent avoir mis fin aux pillages.Le tremblement de terre de magnitude 8 a fait au moins 540 morts dans les villes de la côte méridionale du Pérou, selon les autorités.Alan Garcia a déclaré lors d’une conférence de presse à Pisco que son gouvernement préparait un plan de reconstruction de la ville portuaire, où 85 % des maisons sont perdues.Le chef de l’Etat, qui dirige les opérations sur place depuis jeudi, a annoncé que les autorités fourniraient aux familles des logements de deux pièces qu’elles pourraient agrandir.Selon un sondage publié hier par l’institut Apoyo, 76 % des habitants de Lima approuvent la façon dont M.Garcia gère la crise (la marge d’erreur est de plus ou moins 4,4 points de pourcentage).Hier, alors que les secours munis de détecteurs de son et de caméras à rayons infrarouges continuaient de sonder les ruines à la recherche d’éventuels survivants, de longues files d’attente se sont spontanément formées dans les rues de Pisco.Secours d’Etat et ONG proposaient eau, nourriture, vêtements et autres fournitures de première nécessité.Aucun incident n’a été signalé, contrairement à la veille, où quelque 500 personnes s’étaient mises à hurler quand un camion de l’armée s’était trouvé à court de fournitures à distribuer.Des camions avaient été pris d’assaut par des dizaines de personnes.Des fa- milles ayant tout perdu se recroquevillaient dans le froid et le vent sous des abris de carton.Des points de distribution de vivres ont été mis en place à Pisco, mais l’aide semblait arriver au compte-gouttes aux quelque 80 000 personnes victimes du séisme dans les trois villes les plus durement touchées.Un policier, Miguel Soto, avait expliqué qu’une partie des camions de vivres étaient attaqués sur la route avant d’atteindre Pisco.Restaurer l’ordre Le président Garcia a promis samedi de restaurer l’ordre «à tout prix».Le déploiement de 1000 soldats supplémentaires a apparemment été efficace.Des dizaines de militaires armés de fusils d’assaut patrouillaient dans le centre de Pisco où aucune tentative de pillage n’a été signalée depuis samedi.À Rome, le pape Benoît XVI a annoncé que le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Berto-ne, se rendrait sur place pour apporter «l’aide concrète du Saint Siège», sous une forme qu’il n’a pas précisée.Mgr Bertone pourrait partir jeudi, selon des médias italiens.Le séisme a surtout frappé les villes d’ica, Chincha et Pisco, situées à environ 200 km au sud-est de la capitale, lima Dans ces zones urbaines, jusqu’à 80 % des habitants pourraient ne phis avoir accès à l’eau potable, et l'on ignore encore l’étendue des dégâts dans les localités rurales isolées, selon Dominic Nutt de l’ONG Save the Children.Des répliques du séisme ont encore ébranlé la région samedi et une secousse de magnitude 5,8 a frappé la côte entre Ica et Chincha Alta Associated Press E N Tornade en Chine Pékin—Au moins 13 personnes ont été tuées par les intempéries en Chine, une tornade ayant frappé les côtes des provinces orientales, alors que la tempête tropicale Sepat touchait le pays plus au sud, ont rapporté füer les médias chinois.La tornade a laissé dans son sillage un couloir de destruction large de 800 mètres, BREF détruisant 156 maisons samedi dans les environs de la ville de Wenzhou, dans la province de Zhejiang.Dans la province méridionale de Fujian, deux personnes ont été tuées et une troisième portée disparue, après le passage de Sepat ayant provoqué inondations et coulées de boue, avec des vents de 119 km/h, toujours selon 1 agence chinoise.Des routes ont été inondées, des toits de maisons et des aribres arrachés.-AFP i ülii |, Salut, bonjour! Gino Chouinard UN VRAI VENT DE FRAÎCHEUR À CHAQUE AAATIN «nra» Ipÿîi ' Ippiip fT - Pénélope McQuade Salut, boujour ! Du lundi au vendredi 5 b 30 Salut, bonjour ! Week-end Samedi et dimanche 6 h 30 En diffusion simultanée sur tva.canoe.ca c’est vrai LE DEVOIR, LE LUNDI 20 AOÛT 2007 ECONOMIE .9.1 Graffiti contre la mondialisation à Séville.v\l ARCHIVES LE DEVOIR Une mondialisation heureuse mais heurtée PERSPECTIVES C’est reparti comme en 14! Les promoteurs de l’intégration économique et leurs opposants se sont trouvé un bouveau champ de bataille.Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, ou PSP, a tout pour leur plaire avec son nom bien ronflant, pour les uns, et inquiétant à souhait, pour les autres.Ils risquent fort, cependant, d’être déçus.La tenue, aujourd’hui et demain, du sommet des chefs de gouvernements des pays de l’ALENA au Château Montebello nous a replongés dans une atmosphère proche de celle qui prévalait lors des grandes batailles sur l’Accord de libre-échange canado-américain à la fin des années 80, sur l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) une dizaine d’années plus tard, ou encore sur la Zone de libreéchange des Amériques, à Québec, en 2001.Les médias font état des mesures de sécurité exceptionnelles mises en place pour la réunion et se font fort de tout nous expliquer sur ces «obscures» négociations qui «changeront nos vies».Les groupes altermondialistes disent tout le mal qu’ils pensent de ces discussions menées derrière des portes closes.Les gens d’affaires restent cois, sachant qu’on les laissera, eux, rentrer et qu’ils pourront exprimer directement leurs opinions.Quand même un peu nerveux, le gouvernement invite tout le monde à garder son calme pour ne pas nous faire honte devant la visite.Comme chaque fois dans ce genre de réunion, la liste de sujets qui doivent être abordés est tellement longue que l’on se demande si ses participants auront seulement le temps de 1^ lire une fois au complet.Comme le président des Etats-Unis sera là, on espère que toutes sortes de grandes questions pourront être réglées.Le plat de résistance de la rencontre doit consister à faire le point sur un processus de discussions formeDes entamé entre les trois pays il y a deux ans et appelé: le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité.Le but officiel du PSP est d’améliorer le flof des échanges commerciaux entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique en convenant de certaines mesures communes de sécurité aux frontières et en harmonisant des normes professionnelles, techniques et autres souvent très proches entre pays, mais suffisamment différentes pour compliquer considérablement les échanges.Dit plus simplement, il s’agit, du point de vue dq Canada, de s’adapter aux nouvelles exigences des Etats-Unis en matière de lutte contre le terrorisme afin que nos échanges économiques n’en souffrent pas, et même qu’ils s’intensifient Bien que lancées à trois, ces discussions, souvent atrocement techniques, se mènent surtout sur une base bilatéra-Ip, l’intégration économique entre le Canada et les Etats-Unis étant depuis toujours beaucoup plus avancée qu’avec le Mexique.Menées en dehors de l’Accord sur le libre-échange nord-américain de 1994 que personne ne veut rouvrir, les discussions sur le PSP sont ce que l’on a jusqu’à présent eu de plus proche de la recherche d’une forme d’ALENA+.Ces dizaines de discussions parallèles entre fonctionnaires sont à des lieues de négociations commerciales formelles en vue d’établir un éventuel marché unique comme en rêve une certaine communauté d’affaires.Les mouvements opposés au processus d’intégration économique n’en sont pas moins extrêmement critiques.A croire ces derniers, le PSP serait une «nouvelle phase du néolibéralisme menaçant tant nos droits civils et politiques que nos droits économiques, sociaux et culturels».Comme à l’époque de l’Accord de libre-échange nord-américain, on dit craindre pour l’avenir des programmes sociaux, la propriété de nos ressources naturelles, la protection de l’environnement et la souveraineté canadienne.On a ressorti le spectre de pipelines qui videraient nos lacs pour arroser la pelouse des terrains de golf américains.On dénonce également le caractère «antidémocratique» de ces discussions entre fonctionnaires et ’du sommet de cette semaine auquel seule la trentaine de gens d’affaires des trois pays membres du club très sélect du Conseil nord-américain pour la compétitivité ont été invités à participer.Police d’assurance Comme il y a vingt ans,*ces peurs et ces accusations apparaissent largement exagérées.Les seules ententes qui semblent avoir été conclues jusqu’à présent portent sur les normes qui s’appliqueraient à certains pesticides et sur les mesures à mettre en place en cas d’épidémie animale.Et puis, n’importe qui de bonne foi conviendra que le Canada serait bien mal avisé de ne pas chercher des façons d’éviter que son économie ne fasse les frais du durcissement sécuritaire aux frontières américaines, ou encore d’alléger les tracasseries administratives inutiles dans ses échanges avec son grand partenaire économique.Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas quand même matière à s’inquiéter.Même les plus petites ententes administratives peuvent avoir des conséquences plus grandes qu’on le pense.La question est importante quand on sait qu’entreprendre une démarche d’harmonisation, de ses normes avec celles d’un pays de la taille des Etats-Unis signifie presque automatiquement l’adoption des leurs.On comprendra, dans ce contexte, pourquoi il est nécessaire que l’exercice soit aussi transparent que possible.Personne ne remettra en cause le fait que les gens d’affaires participent à ce genre de discussions qui les concernent directement Mais on pensait que les gouvernements avaient compris, depuis Seattle et Québec, le besoin d’intégrer une représentation plus large de la société.Même s’ils mettent déjà beaucoup d’informations sur Internet (www.psp-spp.gc.ca), on en fait rarement trop en la matière.Pour l’instant, les Canadiens bénéficient de la meilleure police d’assurance qui soit contre l’éventuelle conclusion d’ententes commerciales secrètes qui menaceraient de bouleverser leur pays.On constate en effet que les populations des trois pays ne sont pas d’humeur ces tempsci à faire le moindre comprpmis substantiel.C’est particulièrement frappant aux Etats-Unis, où la population a l’âme au protectionnisme et tient déjà l’ALENA pour responsable d’un grand nombre de ses maux économiques.PIERRE-ANTOINE DELHOMMAIS C> était peut-être trop beau pour durer.Après plusieurs années d’une croissance sans précédent, profitant aux pays les plus riches comme aux nations les plus pauvres, l’économie mondiale, entraînée dans un cycle vertueux dont on pensait qu’il ne finirait jamais, se trouve brutalement menacée par la crise immobilière américaine.Les experts avaient pourtant espéré, voire prédit, que celle-ci resterait cantonnée aux Etats-Unis, qu’elle ne provoquerait de dégâts que dans de petites institutions spécialisées punies pour avoir pris des risques inconsidérés en accordant des prêts à des personnes à peine solvables.Mais voilà qu’elle touche maintenant de grandes banques prestigieuses, américaines mais aussi asiatiques et européennes.En Allemagne, le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a dû interrompre ses vacances pour voler au secours d’une banque en perdition, IKB, une déroute qualifiée de «plus grave crise bancaire depuis 1931» par le patron du régulateur boursier d’outre-Rhin.Devant ces nouvelles inquiétantes, les investisseurs prennent peur, ce qui fait grimper les taux d’intérêt et fait chanceler les Bourses.Et c’est tout le système financier international qui est déstabilisé et, avec lui, l’économie mondiale.Celle-ci allait pourtant si bien.Fm juin, le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), Malcolm Knight, évoquait même un « âge d’or».Dopée par le décollage des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), pays de moins en moins émergents, la croissance économique mondiale s’est élevée à 5,4 % en 2006.La planète n’avait pas connu une augmentation aussi rapide de sa richesse depuis les années 1960.Surtout jamais celle-ci n’a été aussi équitablement redistribuée.Même l’Afrique, laissée-pour-compte économique des deux dernières décennies, a vu son PIB progresser de 5,5 % en 2006.N’en déplaise aux détracteurs de la mondialisation.cette croissance exceptionnelle permet une diminution spectaculaire de la pauvreté dans le mond: 985 millions de personnes vivaient avec moins de un dollar par jour en 2004, contre 1,25 milliard en 1990.De façon tout aussi inédite, cette forte croissance ne s’est accompagnée d’aucune poussée d’inf lation, malgré la flambée des cours des matières premières.Cette sagesse des prix apparaît là aussi comme une conséquence bénéfique de la mondialisation, la concurrence effrénée à laquelle se livrent les entreprises les empêchant d’augmenter le prix de leurs produits.Sans difficulté Autre élément nouveau, les déséquilibres commerciaux gigantesques sont absorbés sans difficultés — en particulier sans crise de change —, les excédents des uns venant financer les déficits des autres : pour acheter des T-shirts made in China, les Américains creusent des trous que Pékin s’empresse de combler çn acquérant massivement des emprunts du Trésor des Etats-Unis.Dernier volet de ce panorama de rêve : malgré la concurrence des pays émergents et les mouvements de délocalisations industrielles, le chômage est tombé à des taux historiquement bas dans les pays industrialisés (4,6 % aux Etats-Unis, 3,7 % au Japon, 6,9 % dans la zone euro).Des niveaux qui démentent ridée selon laquelle la mondialisation est l’ennemie de nos emplois et les Chinois et les Indiens nous volent notre travail.Après avoir évoqué l’âge d’or de l’économie mondiale, le directeur de la BRI indiquait en juin que l’excellence de la conjoncture économique était «si insolite» qu’il fallait s’interroger sur sa «pérennité».Car, si la mondialisation est heureuse, elle est aussi heurtée, pleine de chocs et d’ondes de choc.Que le moral des ménages américains flanche parce que la valeur de leur logement baisse, et ils consommeront moins.Dans ce cas, les exportations chinoises baisseront, Pékin achètera moins d’emprunts çl’Etat américains, les taux d’intérêt s’envoleront aux Etats-Unis, le dollar plongera, l’euro s’envolera, étranglant les exportations européennes.Tout le monde, au final, souffrira.L’enchevêtrement des échanges commerciaux, des participations capitalistiques et des intérêts financiers a une conséquence: aussi sûrement que la croissance des uns fait la prospérité des autres, la crise économique chez les uns entraîne presque fatalement de fortes turbulences chez les autres.La mondialisation est pleine de chocs, car elle est pleine de bulles spéculatives.La financiarisation de l’économie favorise leur apparition fies actifs financiers représentent 160 000 milliards de dollars, soit trois fois le PIB de la planète), tout comme le laxisme des banques centrales, très dures en paroles mais très généreuses dans les faits, ce qui permet aux spéculateurs de se livrer à leur sport favori.Après les bulbes de tulipe en Hollande au XVIP siècle ou le krach de 1929, voilà donc la crise américaine des subprime mortgage, dont nul ne peut prédire aujourd’hui quel sera l’impact Certains rêvent déjà d’un Grand Soir financier qui remettrait en question une libéralisation économique qu’ils jugent débridée et l’omnipotence des marchés, qu’ils estiment antidémocratique.D’autres affirment au contraire que l’économie mondiale a récemment démontré sa résilience, sa capacité à corriger ses excès et à surmonter les chocs : les pays d’Asie affichent des performances économiques exceptionnelles, dix ans après la crise finan-cièraqui les avait mis à terre; le gigantesque krach des valeurs technologiques de 2000 n’est plus qu’un lointain souvenir.«Ce que nous savons avec certitude, expliquait l’économiste américain John Kenneth Galbraith, c’est que les épisodes spéculatifs ne se terminent jamais en douceur.U est sage de prédire le pire, même s'il est, selon la plupart des gens, peu probable.» Le Monde Entrevue avec Yanick Desnoyers, économiste « Le ralentissement américain n’empêche pas la croissance » Yanick Desnoyers est un des principaux économistes de la Banque Nationale du Canada.Dans une récente étude, il montre la perte de vitesse progressive des États-Unis dans l’activité économique mondiale.Reprenant l’expression de son compatriote, le cinéaste Denys Ar-cand, il y voit le signe précurseur du «déclin de l’empire américain».Qu’est-ce qui vous fait croire à un «déclin de l’empire américain», première puissance économique mondiale?Pour la première fois en 2007, on assiste à un découplage des scénarios américain et mondial.Un ralentissement de l’économie américaine n’aura pas d’impact sur la croissance mondiale.C’est ce que le FMI (Fonds monétaire international) prévoit, puisqu’il table toujours sur une croissance mondiale de 5,2 %, alors qu’il a revu à la baisse — pour la première fois en période d’expansion mondiale — sa prévision de croissance américaine de 2,9 % à 2 %.Nous sommes dpns une conjoncture particulière: les États-Unis voguent en dessous de leur rythme de croisière — entre 2,8 et 3 %—mais ils n’empêchent pas l’économie mondiale de filer plus vite que la leur (autour de 3,5 %).À quoi est dû ce découplage ?L’empire américain s’endette : sa dette extérieure représente plus de 45 % du PIB.Autrement dit, ce sont des étrangère — de plus en plus les Chinois—qui détiennent près de la moitié du revenu national sous forme d’qbligations américaines (émises par l’État et les entreprises).Donc, le dollar se déprécie et les importations américaines coûtent plus cher.Mais le choc ne vient pas que du côté américain.En Asie, le rythme de croissance de la Chine et de l’Inde est quatre à cinq fois plus élevé que celui des États-Unis ! Il se maintient autour des 10 %.Le poids cumulé de ces deux pays dans l’activité économique mondjale a ainsi dépassé en 2006 celui çles États-Unis (21,4 % contre 19,7 %).A long terme, la croissance mondiale va être dépendante de cette Asie émergente, qui imposera le tempo.Et s’il ne se produit pas d’accident de parcours d’ici à 3020-2025, la Chine prendra la place des États-Unis comme première puissance économique mondiale.Ce n’est pas la première fois que la croissance des États-Unis ralentit Pourquoi serait-ce cette fois une tendance à long terme?Les États-Unis, comme d’ailleurs tous les pays industrialisés du G7, connaissent un déclin de la croissance démographique qui érode le taux d’activité du pays et, par là, le potentiel de croissance: le nombre de personnes qui travaillent par rapport à l’ensemble de la population diminue, donc il y a moins de bras pour produire des richesses.Cela fait quatre trimestres d’affilée que la croissance américaine est en dessous de son potentiel.Quels sont les effets de cette perte de vitesse outre-Atlantique ?Pàr le passé, un ralentissement américain affectait les prix mondiaux, faisant notamment baisser celui des matières premières.Aujourd’hui, c’est moins le cas.La demande venant d’Asie fait au contraire grimper les coure.La Chine est importatrice nette de matières premières et tire les prix vers le haut Le déclin est-il mauvais pour le pays ?Non, les Américains eux-mêmes gagnent à cette situation.En matière de pouvoir d’achat d’abord, car les produits importés d’Asie sont moins chers.Ils peuvent acheter leurs jeans à 30 $ au lieu de 80 $ par exemple.Cette déflation du prix des biens dégage un surplus d’épaigne.Pàr ailleurs, avec un certain ralentissement de la productivité dans le pays, le coût unitaire de la main-d’œuvre est en hausse—environ 4 % en un an.C’est d’ailleurs la raison actuelle des tensions inflationnistes qui font que la Fed (Banque centrale américaine) ne baisse pas ses taux d’intérêt, malgré la crise du marché immobilier qui traverse le pays.Le marché du travail américain connaît une réallocation des ressources, et non une simple perte due aux délocalisations.Le taux de chômage se maintient à un niveau très bas.Globalement, le déplacement mondial de l’emploi est bénéfique pour les pays du G7.Au Canada, on a appris que le taux de chômage était ramené à 6 % [au plus bas depuis 1974].Les pertes enregistrées dans certains secteurs sont compensées par des créations dans les services.Les États-Unis vont y perdre en pouvoir de négociation, notamment à l’OMC.C’est une question de rapport de force, notamment avec la Chine.Et cette évolution se fait à long terme, pas du jour au lendemain.Propos recueillis par Laureen Ortiz Libération SUSSE ltfe)(S»SKF 128 pages-30$ ISBN 978-2-89458-088-2 editions LA PENSEE 514-848-9042 Sylvie MONETTE Cathia RIOPEL JE GRANDIS EN FRANÇAIS s« année - Séria s coBBPe in oDieciiis das ppoBrammat oitidBls d’Btuflss br iraRçats immsrsiOR Ibrobb sbgorob.En vente nans mules les iinraines Desrosiers LE DEVOIR.LE LUNDI 20 AOÛT 2007 EDITORIAL Inquiétude à Montebello Montebello accueille aujourd’hui et demain la troisième rencontre du Partenariat sur la sécurité et la prospérité qui réunit les États-Unis, le Mexique et le Canada.D’aucuns craignent que ce partenariat soit le cheval de Troie d’où sortira une uniformisation des politiques sociales et économiques de ces trois partenaires, voire qu’il débouche sur la mise en place d’une communauté nord-américaine.Y-a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter?Disons que la circonspection s’impose.c P» Bernard Descôteaux ette idée de Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) est née en mars 2005 lors d’une première rencontre trilatérale.On venait de célébrer le 10e anniversaire de l’ALENA, et George W.Bush, Vicente Fox et Paul Martin voyaient là un moyen d’élargir sa portée sans avoir à le modifier.Plutôt que d’affronter leurs opinions publiques réfractaires à tout renforcement de cet accord, ils convenaient de se consacrer à lever les obstacles réglementaires et sécuritaires au renforcement de leurs relations économiques.Autrement dit, d'avancer par petits pas.Cette approche n’est pas sans vertus.Dans bien des cas, l’harmonisation de pratiques et de règlements, et éventuellement l’adoption de politiques communes, est souhaitable.Si l’on y arrivait, l’on pourrait faire l’économie de crises commerciales aussi inutiles que coûteuses, comme celle de la vache folle de ces dernières années.Réduire les obstacles réglementaires et administratifs à une réelle libre circulation des biens et marchandises est dans l’intérêt de tous.Ce processus de discussions à trois n’est toutefois pas sans danger du fait que les enjeux y sont d’abord définis par les Etats-Unis, question mm tout simplement de poids économique.Com-B ment alors éviter un nivellement vers le bas de certaines normes?Plusieurs s’inquiètent, surtout que cela vient d’arriver avec les résidus de pesticides sur les fruits et les légumes importés qu’autorise Ottawa.Résister à la pression de Washington sur des questions comme l’environnement, où les approches américaine et canadienne sont sous certains aspects aux antipodes, sera évidemment difficile.Un autre sujet d’inquiétude est le lien obsessif que frit le gouvernement américain entre sécurité et prospérité dans la foulée des événements du 11 septembre 2001.La protection de l’Amérique du Nord contre des menaces extérieures ne pouvait pas ne pas se retrouver au cœur des échanges du PSP Sur ce plan, le Canada et le Mexique sont en mode réaction devant les gestes effectués péremptoirement par Washington.L’illustrent bien les contrôles frontaliers de toutes sortes qui ont rendu la libre circulation des biens et des personnes beaucoup plus difficile.C’est pour cette raison que le Canada a dû imiter les Etats-Unis et se doter d’une liste d’interdits de voler sur laquelle se retrouvent sans le savoir un certain nombre de citoyens canadiens.Il ne faut pas se faire d’illusion.PSP ou pas, le Canada ne peut ignorer les desiderata du voisin américain.PSP ou pas, il lui faudra un jour ou l’autre aborder avec Washington la sécurisation de l’accès aux ressources naturelles — pétrole, gaz naturel, eau, qui sont nécessaires au maintien de la croissance des États-Unis.L’avantage du PSP est d’établir un ordre du jour des discussions, un avantage bien limité cependant car tout se passe derrière des portes closes entre hauts fonctionnaires et leaders politiques.Le véritable danger que représente le PSP est là.Il serait bien étonnant qu’à Montebello les Calderon, Bush, et Harper arrêtent des décisions majeures.Ces deux derniers tout particulièrement n’ont pas la légitimité politique nécessaire.Toutefois, au fil des discussions et des négociations, l’harmonisation de politiques et de règlements avancera sans que l’on en soit vraiment conscient A force de petits pas, on pourrait avoir franchi un grand pas à l’encontre de la volonté populaire.A cet égard, il ne s’agit pas tant de craindre inutilement le PSP que de vouloir rendre le processus de discussions transparent.La moindre des choses serait qu’un mécanisme de reddition de comptes devant les parlementaires soit mis en place, seule façon de savoir où l’on met les pieds.bdescoteaux@ledevoir.com La provocation du mois écidément, le président russe, Vladimir Poutine, ne peut s’empêcher de formuler une provocation par mois.La dernière?Il a commandé à des bombardiers ayant une capacité nucléaire de survoler tous les océans, des espaces terrestres qui collent, ce n’est pas un hasard, à la géographie qu’avait l’ex-Empire soviétique, ainsi que le pôle Nord.Cet acte militaire, Poutine î’a dévoilé, c’est à retenir, alors qu’il participait en compagnie du président chinois, Hu Jintao, aux manœuvres conçues par les états-majors des nations membres de l’OCS.Soit cette association qualifiée de club des dictateurs par plus d’un politicologue parce que regroupant les dirigeants, hormis les ¦L deux mentionnés, du Kazakhstan, du Kirghizis-^ tan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan.Ce retour à un exercice militaire qui avait cours lors de la guerre froide, Poutine l’a justifié en soulignant que, lorsque le gouvernement russe avait mis un terme à cette pratique, le Kremlin avait espéré que les autres en feraient autant Ce ne fut évidemment pas le cas.On notera que Poutine a fait l’impasse sur la réalité brute des faits.En effet si un arrêt de ces vols avait été commandé en 1992, c’est tout simplement parce que ce pays ne disposait plus alors des moyens financiers nécessaires à l’entretien d’une flotte de bombardiers.Bref, la Russie était pauvre, elle ne l’est plus.A cet argument le maître du Kremlin en a ajouté un autre qui, lui, annonce une poursuite de cette politique des muscles et non sa réduction.De quoi s’agit-il?A son avis, la Russie est confrontée à plus d’une menace.S’il ne les a pas déclinées, certaines d’entre elles sont connues.Dans la foulée de la chute du Mur, la plupart des nations européennes auparavant enclavées dans l’espace soviétique ont rejoint les rangs de l’OTAN.Autrement dit la frontière russe est désormais à portée de fusil et non plus de canon.L’autre menace n’est pas encore concrète, mais est dans.l’air! Le président Bush en est l’auteur.On pense évidemment à son plan négocié avec les gouvernements tchèque et polonais et qui prévoit l'installation d’un bouclier antimissile sur leurs territoires.Toujours est-il que Poutine ne croit pas un mot de l’exposé formulé par Bush pour justifier le tout Ce dernier avait alors indiqué que l’objectif fixé à cette infrastructure était d’intercepter les missiles pouvant être lancés par des pays reconnus pour leur rhétorique très anti-américaine.Comme l’Iran évidemment Résultat net de cet activisme: plus tôt cette année, Poutine a ordonné le retrait du Traité sur les armes conventionnelles avant de commander un retour des bombardiers dans l’espace.Ce dernier geste confirme, si cela était nécessaire, que la résurgence de la Russie corn me puissance internationale est un fait réel tangible, observable.?Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE VA IWonT£&£UO, LBTRotf î’érAT vÇfcRc’MT LCS MANIFESTATioM* ¦ mëvtS.oN cipCU'tT ^ lî \ AP*** y AaAnCHES: 15.CH Pfùî ' llS CoM # wvftTRAQUÊ M V mÊNÎi /> xT-r^ a.Bienvenue au Québec Mario Dumont envoie un message fort ambigu aux candidats à l’immigration au Québec: nous avons besoin de vous pour faire marcher l’économie, mais la société québécoise n’a plus de capacité de vous intégrer.Nous voulons vos bras et vos cerveaux, mais pas vos cœurs.Le chef de l’ADQ dit craindre la création des ghettos, mais, consciemment ou non, il invite les immigrants à y entrer.A moins que les jeunes Québécois ne décident soudainement de se dévouer à la procréation, le Québec devra non seulement accepter, mais inviter des immigrants et tâcher de les retenir.Alors, aussi bien les accueillir avec sérénité et, de préférence, avec le sourire aux lèvres.J’aimerais que nous tous, les Québécois de naissance et d’adoption, projetions une image de confiance en nous, que nous soyons fiers de notre société.Francophone, ouverte au monde, progressiste, pacifique, tolérante, soucieuse de l’environnement, sûre de ces valeurs égalitaires, une société moderne à laquelle tous les nouveaux arrivants auront envie de s’identifier.D’ailleurs, la plupart des immigrants ne demandent pas mieux qu’à s’intégrer.Bien entendu, il y aura toujours quelques extrémistes qui formuleront des demandes indues, pour, entre autres choses, mieux manipuler leur propre communauté.Il convient de désamorcer ces dérives sans qu’à chaque événement on remette en question l’opportunité d’accueillir des immigrants.LETTRES -?- D’autre part, il ne faut pas oublier que le fait de quitter son pays d’origine, bien que libérateur sur le plan politique ou économique, demeure une expérience déchirante et douloureuse.Il n’est pas facile de perdre son pays, parfois pour toujours, de laisser ses amis, son emploi, de voir disparaître tous ses repères et d’affronter un monde nouveau.L’intégration de l’immigré ne se fera que graduellement à travers des expériences favorables vécues au sein de la société d’accueil.Si cette dernière projette une image de fermeture et d’hostilité, qui voudra s’y intégrer et d’y contribuer de manière durable?Jana Havrankova Saint-Lambert, le 15 août 2007 Réflexe de conquis Les coprésidents de la commission Bouchard-Taylor l’affirment.Les Québécois voient de manière suspicieuse leurs minorités même s’ils constituent la culture majoritaire sur leur propre territoire.Un fait que le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) avec ses propos toujours «éclairés» a encore démontré en affirmant récemment que la capacité du Québec d’accueillir les immigrants avait atteint ses limites, ce qui nous rappelle les politiques de Duplessis en matière démographique qui favorisaient la forte natalité des Québécois de souche.Un non-sens, lorsque le Québec a besom de plus en plus d’immigrants afin de renflouer son faible rendement de remplacement des généra- tions.Aussi, un comportement de conquis, qui empoisonne notre inconscient collectif depuis la conquête britannique et tend à nous diriger vers la méfiance envers les nouveaux arrivants.Les anciennes déclarations de Mario Dumont sur les accommodements raisonnables visant à limiter les droits culturels des immigrants vont dans le même sens.Il s’agit peut être d’un signe des temps.Une nation québécoise qui connaîtra une baisse démographique de sa population peut engendrer une riposte politique réactionnaire.L’histoire du monde a déjà connu ce genre de revirement d’une société se sentant menacée dans sa survie et qui, pour contrer un possible déclin, se tourne vers la xénophobie, le protectionnisme culturel ainsi qu’économique, et accepte un recul social vers des valeurs plus conservatrices pour renforcer son sentiment d’identité nationale.C’est la voie de la facilité, engendrée par la peur de tout un peuple de disparaître, mais les Québécois ne doivent pas s’engager dans cette direction.Il est important de s’intégrer au reste du monde, d’accepter les différences et de trouver d’autres solutions à nos problématiques nationales.Il est préférable de propager l’image d’une nation ouverte sur l’égalité de tout un chacun, capable d’accueillir les ethnies sans préjudices, pour permettre un apport accru d’immigration qui bénéficiera économiquement et socialement à tout le peuple québécois dans l’avenir.Jimmy St-Gelais Saint-Jérôme, le 15 août 2007 LIBRE OPINION - Que nous réserve l’Association médicale canadienne?DR DANIELLE MARTIN Présidente de Médecins canadiens pour le régime public DR SIMON TURCOTTE Membre du conseil d’administration L) Association médicale canadienne (AMC) tient cette semaine à Vancouver son assemblée annuelle au cours de laquelle elle devra s’expliquer auprès de ses membres et de la population.Son tout récent document d’orientation intitulé L’Assurance-ma-ladie bonifiée: vers un système public de santé viable au Canada a en effet été condamné dans tout le pays par le public, les éditorialistes et les politiciens de toutes allégeances.On ne trouvera guère de voix pour s’élever contre certaines recommandations présentées par le président de l’AMC, le Dr Colin McMillan.Nous reconnaissons tous que le système de santé doit pouvoir compter sur suffisamment de médecins, de personnel infirmier et d’autres professionnels de la santé, ainsi que sur des normes et une garantie d’accès, assortie de fonds publics, pour que les Canadiens ne soient plus aux prises avec des temps d’attente déraisonnables.En outre, il faut étendre partout au Canada la couverture de l’assurance-maladie aux médicaments coûteux et aux soins de longue durée.[.] On note toutefois que le Dr McMillan — de même que le sondage mené par Ipsos Reid à la demande de l’AMC sur les réactions des Canadiens au document — reste silencieux sur le fait de permettre aux médecins d’être rémunérés à la fois par les fonds publics et les fonds privés pour des soins médicalement nécessaires, puis d’autoriser l’assu-rance-maladie privée pour des soins déjà couverts par le régime public.Taire ces propositions donne à penser qu’elles sont source d’embarras pour l’AMC.Il y a effectivement lieu d’être embarrassé lorsque l’on considère la somme de données qui démontrent qu’un système de soins de santé privé parallèle serait nuisible dans le contex- te canadien.Dans un système «à deux vitesses», les médecins qui ont une pratique mixte peuvent se placer en conflit d’intérêts, tirant profit de l’allongement des temps d’attente dans le système public pour ainsi promouvoir une pratique privée plus lucrative.La population ne peut pas être dupe de ce manège.Cette question a pourtant été étudiée par l’AMC dans un document de discussion rédigé en 2006 — «Une question d’accès» — qui concluait que le développement de l’assuran-ce-maladie privée n’améliorerait pas l’accès aux services assurés par le régime public; ne réduirait pas les coûts ni n’améliorerait la qualité des soins; pourrait avoir pour effet d’allonger le temps d’attente des personnes qui n’ont pas d’assurance-maladie privée; pourrait exacerber les pénuries de personnel dans le système public.De mauvais remèdes En fait, les conclusions de l’AMC rendues publiques en 2006 sont conformes aux recommandations de la Commission Romanow qui s’opposaient au développement d’un régime d’assurance-maladie privé parallèle; elles reflétaient aussi les résultats des expériences menées dans les quelques pays occidentaux où elle est autorisée.[.] Dans ces pays, on a constaté que le système parallèle et la pratique mixte réduisent l’efficacité et accroissent les temps d’attente pour les patients du système public.Il n’y a aucune raison de croire que cela ne se produirait pas au Canada, surtout si l’on tient compte de la pénurie actuelle de professionnels de la santé, situation dénoncée à juste titre par l’AMC.Au moment même où nos voisins des États-Unis réaffirment le besoin d’instaurer un régime public d’assurance-maladie et considèrent que les soins de santé ne doivent plus demeurer sous la coupe d’assureurs privés en quête de profits, l’AMC devrait rejeter tout recul en ce sens au Canada Cela s’impose d’autant plus que les soins de santé offerts au Canada sont aussi bons ou meilleurs que ceux de nos voisins, et ce, pour beaucoup moins cher.Nous sommes tous d’accord pour dire que le système de santé doit continuer à évoluer.Les enjeux des délais d’attente, la croissance des coûts liée aux médicaments et la pénurie de professionnels de la santé posent de réels défis qu’il faut relever.Toutefois, aucun événement récent n’explique que l’AMC fasse fi des conclusions de sa propre étude de 2006.Au contraire, comme l’a lui-même dit le Dr McMillan, «le fait est que les gouvernements font des progrès».Le Canadian Centre for Policy Alternatives documente déjà depuis plusieurs années les réels progrès qui ont été réalisés en termes de réduction des temps d’attente, notamment grâce à une meilleure gestion du travail et une réorganisation en équipes interdisciplinaires.En tant que médecins et membres de l’AMC, nous devons demander à notre association pourquoi elle ne fait pas la promotion de solutions qui accroîtraient l’accès aux soins en fonction des besoins, dans le cadre du régime public, où les ressources médicales sont souvent sous-utilisées?Pourquoi l’AMC maintient-elle sa proposition de pratique mixte et d’assurance-maladie privée, qui auront pour conséquence de drainer hors du système public le personnel infirmier, les techniciens et autres dont il a besoin?Pourquoi l’AMC ferme-t-elle les yeux sur les données probantes, sur les risques que poserait le développement d’un nouveau marché des soins de santé?Au cours de son assemblée, l’AMC aura l’occasion de faire preuve d’une approche plus constructive lors des discussions portant sur les soins à domicile, l’assurance-médicaments et la santé environnementale, de manière à améliorer et à moderniser le système de santé financé publiquement, pour le rendre apte à répondre aux besoins de tous, non seulement des mieux nantis.Les récentes sympathies de l’AMC pour l’as-surance privée et la pratique mixte ne figurent pas à l’ordre du jour des débats en assemblée; leur sort devrait s’apparenter à celui des mauvais remèdes, rapidement rejetés. LE DEVOIR, LE LUNDI 20 AOÛT 2007 A 7 Le prix que paie l’Abitibi Autour de chez nous Abitibi La dernière année politique a laissé l’impression d’un Québec divisé, voire d’une société dressée contre elle-même.Le Québec serait-il à ce point morcelé?Le débat sur les accommodements raisonnables a accéléré certains grands questionnements, favorisant au passage des quereUes tout émotives et dénuées de rationalité.Le Devoir a posé la question à diverses personnalités venues de différentes régions du Québec.Sommes-nous déchirés à ce point?Voici le neuvième d’une série de duc textes.RICHARD DESJARDINS Vice-président de l’Action boréale a question, depuis les élections, est-elle de savoir si le Québec est divisé?Vu de l’Abitibi, la question ne se pose pas vraiment Pour sentir cette division, il faut tout d’abord qu’il y ait eu une sorte d’adhésion.Et elle n’a pas encore eu lieu.La route qui relie la région à la vallée du Saint-Laurent date de 1939.Autrement dit hier.Et déjà, ce territoire abritait trois mondes intégralement dli-visés: celui des Algonquins, réduit à l’errance.Celui des mines, cosmopolite, dirigé depuis Toronto et exclusif aux villes de Val-d’Or et de Rouyn-No-randa.Celui de l’agroforestier, peuplé d’esclaves catholiques blancs abrutis par la misère noire.Comment ces mondes pouvaient-ils seulement parler d’une seule voix?Tout au plus n’ont-ils pu conclure qu’un pacte de méfiance collective à l’égard de tout pouvoir exogène.Pacte s’exprimant parfois sous des formes fantasques.C’est ici qu’a fleuri le mouvement surréaliste créditis-te clamant «On n’est pas à gauche, on n’est pas à droite, on est en avant!» Je me souviens, dans les années soixante, d’une spectaculaire croisade corporatiste qui ne promouvait ni plus ni moins que la création d’une onzième province englobant l’Abitibi et le nord minier de l’Ontario.On a même eu la surprise d’être représentés par un député communiste qui n’a jamais siégé.Et les Algonquins de Kitsisakik qui ne votent toujours pas.Peut-être n’auraient-ils pas de parti politique à honorer en particulier, après 6500 ans d’occupation du territoire, ils n’ont toujours pas d’école, pas d’aqueduc et pas de système d’égouts.D n’y a pas trop d’illusion à se faire.Notre influence démographique diminue.Près de la moitié de la population du Québec vit désormais dans un rayon de 100 kilomètres autour de Montréal.C’est là le petit drame diviseur.Non pas que le PIB de l’Abitibi ait diminué, mais la mécanisation et l’informatisation des opérations minières, forestières et hydroélectriques ont transformé les «jobs» en «jobines».Sinon en chômage, en exil outaouais.Injuste traitement Aussi, ce sentiment de perte collective s’ajoute à celui, diffus, d’être injustement traité.Je ne suis pas en mesure d’estimer si l’étude du professeur Moussally de l’Université du Québec à Chicoutimi s’avère libre de tout reproche, mais, selon ce document, les Abitibiens paient en impôts, taxes, redevances et autres formules payantes annuelles, cent millions de dollars de moins qu’ils n’en reçoivent en services.(Cent millions par année, qui constitueraient, il me semble, un bon fonds de développement régional).«Pour distribuer la richesse, il faut d’abord la créer.» J'entends ça à cœur de jour.Laissez-moi vous dire que si la richesse produite chez eux avait été convenablement distribuée, les Abitibiens seraient tous riches.En réalité, on n’appelle pas mon territoire «région ressource» pour rien.D n’est essentiellement que ça.Dans son fascinant ouvrage Les Veines ouvertes de l’Amérique du Sud, l’essayiste uruguayen Eduardo Galeano se demande comment il se fait que l’Amérique du Sud, territoire immensément plus riche que l’Amérique du Nord, recèle une population immensément plus pauvre.C’est que, de façon générale, les produits que les Européens ont trouvés en Amérique du Nord avaient leurs équivalents en Europe, en moins cher.Ds se devaient donc de les transformer sur place, se créant ainsi un marché intérieur sur lequel ils ont pu bâtir leur puissance.Tandis qu’en Amérique du Sud, toute la richesse naturelle demeurait exotique.On la vendait en vrac sur les marchés européens.Le rôle des Sud-Américains s’est résumé à l’extraire.- » YVESOUELLET L’Abitibi possède des beautés sauvages qui plaisent aux rares esprits libres.Mais encore faudra-t-il les défendre, une par une.Le parc Aiguebelle par exemple, avec ses 10 000 ans de virginité, reste encore dans la mire des minières.À plus petite échelle, ce principe est valable pour expliquer la situation coloniale de ma région.Et celle de bien d’autres.Sa courte histoire économique se résume, elle aussi, à l’extraction brutale, bancale et sale de ses richesses naturelles.En premier, il y avait les Indiens, dit-on.Puis les Blancs sont arrivés.Or on oublie qu’entre les deux, ce sont les compagnies à argent qui se sont installées.Elles ont obtenu, au départ, les droits exclusifs sur l’exploitation des richesses naturelles.Et les ont toujours gardés, se les transférant au gré de leurs mutations corporatives.Même si la Constitution canadienne de 1867 accordait aux provinces la souveraineté sur leurs ressources territoriales, le Québec ne l’a réalisée que sur son hydro-électricité.Nos mines et nos forêts demeurent sous emprise étrangère; aujourd’hui suisse-allemande pour les mines et américaine pour les forêts.Or la nationalisation des ressources est essentielle.Elle offre au moins la possibilité d’introduire la société comme joueuse reconnue à la table du poker économique.Que serait-il advenu du Chili s’il n’avait pas nationalisé son cuivre, il y a 35 ans?Un bidonpays.Un statut chèrement payé Autre belle formule jovialiste fataliste: «C’est le prix à payer.» Eh bien, chez nous, c’est amplement payé.Nos forêts sont pelées.Nos eaux de surface sont sales.La loi des Mines, d’inspiration rhodésien-ne, sévit toujours, qui permet d’exproprier n’importe qui, n’importe où.Le gros gibier de toute la région est empoisonné au cadmium diffusé par l’incinérateur Horne à Noranda, dans cette ville où il faut régulièrement remplacer les pelouses du quartier avoisinant parce que les enfants bouffent du plomb.L’exploration minière patauge actuellement dans la source d’eau potable de Val-d’Or; on envisage de tasser un quartier complet de Malartic pour fouiller sous les maisons; la compagnie d’exploration Northern Star a saccagé l’été dernier le marais Piché-Lemoyne que le gouvernement voulait protéger.Et ce, sans permis.Sans pénalité non plus.C’est toujours comme ça.Aujourd’hui, un Algonquin qui abat une épinette commet fatalement un crime parce que tous les arbres appartiennent à des compagnies.Nos grossistes en bois de construction ne peuvent même pas s’approvisionner en région, ce qui fait que le madrier plein de nœuds nous coûte phis cher que dans le reste du pays.De plus, le gouvernement vient de décider que le restant de notre bois pourra être sorti en vrac de la région.Ce bois ne sera plus assujetti à une usine particulière mais à sa compagnie globale, et pourquoi pas, finlandaise.Je me souviens d’une conversation entre des professeurs de foresterie et des étudiants qui avaient conçu de mettre sur pied une petite entreprise à valeur ajoutée.«Oubliez ça, tout le bois est alloué», qu’ils se sont fait dire.Après on se demande pourquoi les jeunes désertent les régions.Ce sont les régions qui abandonnent les jeunes.Beautés sauvages Bien sûr, il nous en reste des beautés.Elles ne résident pas dans nos villes qui ressemblent pas mal à n’importe quelle autre petite ville d’Amérique du Nord.Des beautés sauvages qui plaisent aux rares esprits libres.Mais encore faudra-t-il les défendre, une par une, et se battre non pas seulement contre les compagnies, mais aussi contre le ministère des Ressources naturelles qui n’a toujours pas compris que son mandat était premièrement de préserver nos ressources et non pas de les «dispatcher» jusqu’à leur extinction.Le parc Aiguebelle, avec ses 10 000 ans de virginité, reste encore dans la mire des minières; tout comme le splendide territoire archéologique du Kanasuta, dont le plan de protection est bloqué par un veto, lui aussi minier, de même que les bois autour des marais uniques du lac Parent, investis par les forestières aussitôt que le ministère responsable de l’environnement a voulu les protéger.C’est fou ce qu’il faut de pressions, d’études, de négociations, d’audiences publiques pour protéger quelques hectares de beauté alors que ces compagnies se font octroyer, pour fin d’abattage, des «patches» de milliers de kilomètres carrés sur un déclic de clin d’œil de ministre.Et sans audiences publiques.En huit ans de sparage vert, le gouvernement n’a pas réussi à protéger 8 % de son territoire.Pourtant, 92 % livrés au saccage, c’est quand même beaucoup, non?Le rapport Coulombe n’aura-t-il été qu’un rot?Bien sûr, il nous en reste des beautés: les groupes qui s’opposent à cet état de fait; aussi, les nombreuses associations sociales et communautaires qui essaient de rendre potable, jour après jour, la vie réelle d’une large fraction de la société considérée «économiquement» inutile.Je suis toujours étonné du fait que les ministres qui débarquent ici pour saupoudrer du cash — qu’on croirait le leur — dirigent systématiquement leurs causeries amc chambres de commerce, ces autoproclamés décideurs golfeurs qui ne décident rien.Ces ministres devraient, des fois, parler à ces groupes sociaux qui accomplissent eux, une vraie job de ministères régionaux.Je pense à «Ressource pour personnes handicapées», dirigé par Rémy Mailloux, lui-même atteint de paralysie cérébrale, qui réussit avec ses 1500 bénévoles à amasser un demi-million de dollars par année pour offrir des services concrets à 1500 autres personnes.Je pense au Centre Bernard Hamel de Rouyn-Noranda, dirigé par Martine Dion, qui réussit à colmater la faim de milliers d’êtres humains.Je pense au Ceptre d’amitié autochtone de Val-d’Or, magistrale institution dirigée par Edith Cloutier, qui réussit à retenir un tas d’Indiennes et d’indiens de basculer dans le cauchemar de leur condition.Restent encore des beautés.Le del, la nuit Huit épaisseurs entoiles.En masse pour espérer.Forum social Un autre Québec est en marche ! Collectif est aujourd’hui un lieu commun de dire qqe nous vivons à C*} l’ère du néolibéralisme.Une époque où l’État est vu comme un obstacle à la croissance économique et où le libre marché doit régner en maître.Où les normes du travail et le salaire minimum apparaissent comme des rigidités en-u=J travant le jeu de l’offre et de la demande.Où les syndicats défendraient des intérêts corporatistes rétrogrades alors que les grands patrons seraient devenus des promoteurs du bien commun.Où la fonction publique est perçue comme une bureaucratie inutile et les entreprises comme des bienfaitrices socialement responsables.Où le peuple est appelé à se serrer la ceinture alors que les entreprises reçoivent des subventions et que des dizaines de milliards de dollars s’envolent chaque année en évasion fiscale.Où les impôts des mieux nantis baissent alors que les tarifs des services publics augmentent Où l’aide au développement sert à acheter des armes.Où les capitaux et les marchandises font le tour du monde alors que les personnes sont fichées et bloquées aux frontières.Où les travailleurs et travailleuses sont du capital humain, les problèmes écologiques des «externalités» et le travail des enfants de la concurrence déloyale.Les partisans de ce néolibéralisme vont encore plus loin et accusent maintenant plusieurs acteurs sociaux, organismes communautaires, syndicats et autres regroupements de paralyser le développement économique du Québec.Devant l’opposition de la société civile à leurs projets et leurs réformes, ils crient à l’immobilisme, au corporatisme, à un attachement démodé aux valeurs de la social-démocra-tie.Les groupes opposés à leurs projets sont ainsi présentés comme étant contre l’essor du Québec, alors que leur dévouement, leurs valeurs et leur engagement les amènent au contraire à vouloir le faire grandir, le faire progresser.de façon différente! Une importante partie de la population québécoise désire une autre évolution pour le Québec.Un Québec plus égalitaire, plus ouvert et dont le développement va s’appuyer avant tout sur des valeurs sociales et écologiques plutôt que sur les seuls impératifs économiques.Un Québec qui sera plus à l’écoute de ses citoyens et de l’ensemble des organisations qui le composent, et pas seulement des grandes entreprises et leurs groupes de pression qui ne pensent qu’à voir gonfler le PIB.Un Québec qui va oser être différent des sociétés qui l’entourent parce qu’il comprend que l’Histoire ne saurait s’arrêter sur un seul modèle de société.Nous avons collectivement le pouvoir de créer une société meilleure et il est possible de façonner le monde selon d’autres aspirations.On parle peu du travail important accompli par un grand nombre d’organisations et par une multitude de personnes, souvent bénévoles, qui travaillent concrètement à développer des projets, à seconder les personnes en situation de pauvreté dans l’amélioration de leur situation de vie, à créer et à promouvoir des emplois de qualité et des conditions de travail dignes, à développer des solidarités avec les peuples du Sud qui luttent pour éradiquer la pauvreté, à penser des alternatives écologiques pour protéger nos écosystèmes, à protéger les droits de toutes et tous, à favoriser l’expression des diverses cultures, à mieux informer la population, à restituer un sens éthique à la vie en société.Un lieu de mise en commun de ces autres façons de faire est aujourd’hui nécessaire.Voilà pourquoi nous participerons au premier Forum social québécois qui aura lieu du 23 au 26 août à Montréal, à l’UQAM et au parc Émilie-Gamelin.Ce Forum, dans la continuité de ceux qui se tiennent un peu partout dans le monde et à différentes échelles depuis celui de Porto Alegre en 2001, se veut un espace de prise de parole, d’échange, de dialogue, d’éducation populaire, de pratique citoyenne, de réseautage et d’élaboration de programmes d’action concertés dans le but de stimuler le dynamisme des mobilisations sociales et de la vie démocratique afin de construire, ensemble, une société solidaire, démocratique, juste et durable au Québec.Il est de notre responsabilité, en tant que citoyens et citoyennes du Québec, de participer à la construction de notre société et de revendiquer la place qui nous revient afin que notre milieu de vie collectif n’évolue pas au seul gré de la logique de l’argent.Ont signé ce texte: Rachad Antonius, Michèle Asselin, Alain Auger, Normand Baillargeon, Pierre Beaudet, Louise Beaudoin, Lina Bonamie, Geneviève Bond-Roussel, Marie-Hélène Bonin, Roméo Bouchard, Deborah Bourque, Gilles Bourque, Dorval Brunelle, Sophie Cadieux, Ronald Cameron, Claudette Carbonneau, André-Pierre Contandriopoulos, Claudette Demers-Godley, Boucar Diouf, Gilles Dostaler, Pascale Dufour, Guy Dufresne, Gilles Dussault, Bernard Émond, Lance Evoy, Conseil exécutif de CASSE, Jean-Marc Fontan, Steve Foster, Pierre Gaudreau, Yolande Geadah, Mariette Gélinas, Lorraine Guay, Jean-Pierre Hétu et Micheline Bélisle, Robert Jasmin, Evan Kapetanakis, Tania Kontoyanni, Daniel Lamoureux, Maxime Copiante, Gérald Larose, Anne Latendresse, Hugo Latulippe, Georges LeBel, Peter Leuprecht, Raymond Levac, Yan Levasseur, Margie Mendell, Maria-Luisa Monreal, Hugo Montecinos, Jean Panet-Raymond, Réjean Parent, François Parenteau, Ghislain Picard, Jean-Marc Piotte, Denis Prescott, lanis Queval, Mikael Rioux, Patrice Rodriguez, Serge Roy, Roméo Saganash, Michel Sawyer, Pierre- Yves Serinet, Eric Shragge, David Sines, Alice Tofan, Armand Vaillancourt, Béatrice Vaugrante, Dominique Verreault, Laure Waridel, Karen Young.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes è l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint an directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (iditorialiste, responsable de la page Idies) Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Émilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel(MMfn).Jean-Guillaume Dumont Philippe Papineau (pupitre) I ouise-Maude Rioux Soucy (Santé): Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteur) ; Jaques Grenier et Jacques Nadeau (pbotogmphes) ; à rMuramtan cukureüe : Michel Béiair (théâtre et cahier Odtsri Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay l'ràiémajlsabelie Paré (culture)-, à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information) Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; A l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste) : h l'information politique : Hélène Buzaetti e Alec Castonguay (correspondauls parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaitle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires â Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire i la rédaction)-, Marie-Pier Frappier, Émilie Parent Bouchard (commis d la rédaction) La documentation ; Gilles Pâté (directeur) Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy.Jean-François Bossé.Dave Cameron, Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais.Claire Paquet, Martine Riopelle Isabelle Sanchei Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé Secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Fillon.Yannick Morin Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross.I >* •JF LE DEVOIR.LE LUNDI 20 AOUT 2007 A LES ACTUALITES OPPOSITION SUITE DE LA PAGE 1 bassades du Mexique et des Etats-Unis.•Non au PSP, oui à la démocratie», ou •Basta Bush» proclamaient des pancartes, tandis que d’autres réclamaient la ûn de la guerre en Irak et en Afghanistan.Plusieurs ont également dénoncé le caractère opaque et antidémocratique de la rencontre qui se tient aujourd’hui et demain à Montebello.L’organisatrice de la manifestation, Maude Barlow, du Conseil des Canadiens, a soutenu que les gens devraient savoir qui établit vraiment l’ordre du jour du sommet, soit les 30 chefs d’entreprise du Conseil nord-américain de la compétitivité qui conseillent les trois gouvernements nationaux, selon elle.Ce groupe comprend des dirigeants de 10 entreprises de chaque pays, notamment Wal-Mart, General Electric et Lockheed Martin.•Ces gens ne s’intéressent pas à vous, ils ne s’intéressent pas à votre qualité de vie, ils ne s’intéressent pas à la sécurité alimentaire et ils ne s’intéressent pas à la vraie sécurité, a lancé Mme Barlow.Ils s’intéressent Juste à l'argent.» «Nous pensons que ce processus n’est pas démocratique parce qu’il n’a fait l’objet de débats dans aucun des trois pays», a aussi déclaré En-' ka See, une étudiante américaine en droit pour qui le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité va «diminuer la souveraineté du Canada en matière de politique énergétique et de sécurité».On proteste «contre la militarisation que représentent Bush et son gouvernement et qui est suivie de trop près par notre gouvernement canadien» a confié pour sa part Edouard Napier, 76 ans, manifestant avec le groupe Echec à la guerre.Difficile de protester Si les personnes présentes avaient un éventail de revendications à faire valoir, Elizabeth May, chef du Parti vert canadien, a insisté pour dire que les protestataires avaient deux choses en commun: «Ils sont hostiles au manque de transparence du PSP» et ils craignent ses conséquences «pour nos libertés civiles, nos politiques énergétiques et environnementales et notre souveraineté».Selon elle, l’importance des mesures de sécurité rend cependant difficile de «protester contre ce sommet».Seulement à Ottawa, où les organisateurs avaient appelé à une manifestation «familiale», les me- sures de sécurité étaient très imposantes.En plus des centaines de policiers mobilisés, des barrières métalliques avaient été installées, l’on avait retiré l’ensemble des poubelles sur le parcours de la manifestation et des commerçants avaient barricadé leur devanture.Les mesures sont encore plus importantes à Montebello, ou des actions d’opposition au PSP sont prévues aujourd’hui et demain.De plus, selon ce qu’a indiqué le ministère des Transports, des perturbations de la circulation sont à prévoir sur la route 148, entre les Basses-Laurentides et l’Outaouais.En plus de la manifestation tenue hier après-midi, la capitale fédérale a accueilli un forum public organisé par le Conseil des canadiens pour discuter du PSP.Tous les partis politiques présents à Ottawa y étaient représentés, à l’exception des conservateurs.Une intégration dangereuse Des représentants de syndicats du secteur de l’énergie des trois pays ont eux aussi dénoncé hier le PSP, à la suite d’une rencontre consacrée à cet enjeu qu’ils ont tenue samedi à Montréal.Selon eux, ce partenariat consti- tue «un modèle d’intégration axé sur le programme du président Bush, obsédé par les besoins des multinationales et la surenchère militaire et sécuritaire.Pourtant, la sécurité des peuples, fondée sur leurs droits démocratiques et sur leur capacité à utiliser leurs ressources pour se développer durablement, est gravement compromise parle PSP».Le coordonnateur des syndicats dHydro-Québec pour le syndicat canadien de la fonction publique, Charles Paradis, y voit une me/iace directe sur la capacité des Etats à assurer leur «souveraineté» en matière de gestion énergétique.D estime notamment que le PSP, «dicté par les entreprises», impose une «intégration complète des réseaux électriques» et la «déréglementation» de cette filière énergétique.Cela risque de forcer une remise en question du «tarif patrimonial» dont jouissent les Québécois, selon M.Paradis.De plus, craint-il, le développement des lignes de transport de l’électricité pourrait être décidé en fonction des besoins des entreprises.M.Paradis déplore en outre que le Québec ne soit pas inclus dans les discussions énergétiques qui auront lieu à Montebello, d’autant plus que la gestion de l’électricité est de compétence provinciale au Canada.Les syndicats ont ausçi déploré le fait que les chefs d’Etat et de gouvernements ont décidé d’ouvrir la porte du château de Montebello uniquement aux représentants des grandes entreprises des trois pays, regroupés au sein du Conseil nord-américain de la compétitivité.Gaétan Ménard, porte-parole du syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, a d’ailleurs souligné que des représentants de l’industrie pétrolière auront droit de cité lors de la rencontre tripartite, y voyant un obstacle de plus à la réalisation du protocole de Kyoto.M.Ménard a du même coup affirmé que les Stephen Harper et George W.Bush entretiennent des liens étroits avec cette industrie.Sommet majeur D pourrait se prendre des décisions très importantes concernant l’intégration économique et la gestion des ressources naturelles au sommet de Montebello, sans pour autant que les instances législatives soient interpellées, croit lui aussi le professeur à l’Université du Québec en Outaouais, Donald Cucciolette.Selon le spécialiste en politique américaine, le sommet va bien au-delà d’une simple rencontre diplomatique, et des décisions majeures pour l’avenir de l’Amérique du Nord pourraient y être prises.«On n’a pas d’idée claire de ce dont il va être question, mais on ne dérange pas trois des politiciens les plus puissants du monde et 30 hommes d’affaires pour discuter de choses comme l’étiquetage de vêtements pendant trois jours.By a des enjeux plus importants que ça», a d’ailleurs fait valoir Dorval Bru-nelle, directeur de l’Observatoire des Amériques et professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal.M.Cuccioletta estime que les ressources naturelles pourraient constituer un des thèmes majerns du sommet D est d’avis que le président américain George Bush demandera au premier ministre canadien Stephen Harper ce que devient le dossier de l’expprtation de l’eau canadienne aux Etats-Unis.M.Bush pourrait aussi faire pression sur le président mexicain, Felipe Calderon, pour la «dénationalisation» de la compagnie pétrolière mexicaine Pemex.Le Devoir Avec la Presse canadienne SOLDAT SUITE DE LA PAGE 1 jeune soldat «Ils ont exprimé leur fierté [.] Ils vivent un deuil incroyable en ce moment et veulent vivre ce deuil dans l’intimité.» Le corps du défunt sera rapatrié cette semaine à la base de Trenton en Ontario où se tiendra une cérémonie officielle avant que le corps ne soit remis à la famille.Originaire de Longueuil, Simon Longtin était parti pour l’Afghanistan le 27 juillet Malgré son peu d’expé rience dans l’armée, il était apparemment bien connu et apprécié de ses compagnons.L'un d’eux, le sergent Stéphane Ferras était complètement bouleversé hier.«C’était mon chauffeur au cours de la dernière année.{.] Je suis sous le choc d’apprendre que mon chauffeur a perdu la vie.Quand je l’ai appris ce matin, ça a été assez dur», art-11 déclaré avant de fondre en larmes.Le PLC presse Harper À Valcartier comme ailleurs, tous se demandent comment l’opinion publique québécoise va accueillir la nouvelle alors que pas moins de 70 % de la population s’oppose à l’intervention militaire.Hier, le Major McLean a dit espérer que la population comprenne «que c’est une mission dangereuse» tout en se faisant une «meilleure image de la mission».Les derniers jours ont été sanglants en Afghanistan.La journée de samedi a été singulièrement meurtrière alcys qu’au moins 15 personnes ont été tuées dans un attentat suicide survenu dans les faubourgs de l’ouest de Kandahar.Dans le collimateur des insurgés talibans, les convois militaires canadiens n’ont eu aucun répit ces derniers jours, avec trois attaques en une semaine, dont l’explosion qui a coûté la vie à Simon Longtin.D y a tout juste sept jours, cinq soldats ont été blessés lorsque le véhicule dans lequel ils circulaient est passé sur une bombe artisanale dissimulée sur la même route où le militaire québécois a été tué.L’armée soutient que cette route avait été sécurisée'entre les deux incidents.Les insurgés auraient tout simplement posé de nouveaux explosifs avant le passage du convoi, hier.® Réactions officielles Les manifestations de sympathie à l’endroit de Simon Longtin et sa famille se sont multipliées hier dans les cercles politiques.«Ses proches et ses amis peuvent être fiers de lui, puisqu’il jouait un rôle fort important dans un environnement très difficile.Il manquera beaucoup à la famille des Forces canadiennes», a déclaré le premier ministre Stephen Harper par voie de communiqué.Au Québec, le premier ntinistre Charest a, lui aussi, rendu hommage par écrit au jeune soldat et à ses compagnons d’armes: «Je tiens à souligner le courage et la bravoure de ceux et celles qui servent en Afghanistan et ailleurs dans le monde au péril de leur vie pour défendre la paix, la liberté et assurer la sécurité des populations civiles.Le soldat Longtin a payé de sa vie la poursuite de ces idéaux.» « De son côté, le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de Défense, Denis Coderre, en a profité pour mettre de la pression sur le gouvernement Harper.Après avoir offert ses condoléances à la famille, il a indiqué espérer que le premier ministre profitera du sommet de Montebello pour informer le président américain du retrait du Canada d’Afghanistan en février 2009.Selon lui, le Canada a M sa part pour la mission de l’OTAN en Afghanistan et il est normal que d’autres pays prennent la relève.À Québec, la mairesse Andrée F Boucher a tenu aussi à exprimer sa sympathie.«On a une communauté tissée serré et on a beaucoup de militaires sur notre territoire.C’est certain que ça va provoquer un gros mouvement de sympathie», a-t-elle déclaré au Devoir en fin d’après-midi.Interrogée sur l’impact politique de ce décès, la mairesse a laissé entendre que «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d’une guerre n’étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d’abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation.Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada.L’appui aux soldats ne se discute pas.» Hier, les responsables de Valcartier ont invité les gens qui le souhaitent à venir déposer des fleurs à l’entrée de la base.Le Devoir, avec la Presse canadienne SUITE DE LA PAGE 1 de hauts fonctionnaires fédéraux.La souveraineté canadienne en Arctique, que le gouvernement conservateur s’est mis en tête d’exercer davantage, sera discutée.«Je serais surprise si les leaders ne soulevaient pas cette question», a indiqué une des fonctionnaires jeudi dernier.«Ils voudront prendre un peu de temps pour discuter de leurs intérêts respectifs dans l’Arctique, non seulement dans une optique de souveraineté, mais aussi en tant que gardiens des ressources qui s’y trouvent.» Devant le nombre croissant de rappels de biens fabriqués en Chine, la sécurité des biens importés risque aussi de se tailler une place dans les courtes discussions des trois leaders (leur rencontre et leur lunch à trois dureront un total d’environ trois heures).«Je ne m’attends toutefois pas à ce qu’une entente en résulte», a indiqué la fonctionnaire.Voyageurs mexicains bafoués Un des sujets que le président mexicain abordera sans aucun doute avec M.Harper lors de leur tête-à-tête de mercredi matin sera le traitement des voyageurs mexicains refoulés à la frontière canadienne.Un nombre croissant de visiteurs se sont vu refuser l’accès au Canada au cours de la dernière année.Sans aucune explication, ils sont interceptés par les agents canadiens d’immigration et renvoyés dans leur pays après avoir été traités cavalièrement C’est arrivé à Jaime Gutiérrez Novales.L’homme travaille comme coordonnateur des ventes dans une entreprise funéraire à Mexico.Le 28 décembre 2006, il atterrit à Montréal pour venir y rendre visite à un ami en touriste avec en poche 1500 $ comptant et un billet de retour.Après l’avoir interrogé, un agent d’immigration demande à voir l’ami qu’il venait visiter, à qui il exige 3000 $ pour permettre le séjour de trois mois du nouvel arrivant.Comme c’est impossible, M.Gutiérrez Novales est emmené dans une pièce à l’écart pour y subir un interrogatoire de quatre heures.SUITE DE LA PAGE 1 tête de l’Institut européen pour le conseil en environnement à Strasbourg, il lance en 2002 un programme de maîtrise à 1TJQAC où des étudiants de tous les horizons géographiques et académiques apprennent à devenir ce que l’on appelle des «éco-conseiîlers».«Tu ne peux pas faire changer de trajectoire à un bulldozer en tapant dessus avec une pancarte.H faut que tu t’assoies à côté du conducteur et que tu lui expliques, résume-t-il.Un éco-conseiller, c’est cela.C’est quelqu’un dont la connaissance des bulldozers et la compréhension des plans des ingénieurs lui donnent la crédibilité pour qu’on lui confie le mandat de s’asseoir à côté du conducteur.C’est quelqu’un aussi dont les connaissances, les méthodes de travail et la capacité de montrer une vision plus large lui permettront d’éviter à ce conducteur de causer des dommages irréparables.» Depuis 2002, une soixantaine d’écoconseillers sont repartis de Chicoutimi avec l’équivalent d’un diplôme de maîtrise en poche.La plupart n’ont pas attendu longtemps avant de se trouver des emplois chez Befl, au ministère de la Santé, au Mouvement Desjardins, à la Ville de Québec, et à bien d’autres endroits.En plus de ses .activités de formation et de recherche, la Chaire en Eco-Conseil se voit donner des contrats par des ministères, des entreprises privées et des gouvernements locaux.L’expérience a valu à son instigateur plusieurs éloges et distinctions, dont celle de «scientifique de l’année» de Radio-Canada.Elle sera également l’un des cas abordés lors d’une journée de conférences et de discussions sur l’entrepreneuriat social organisée vendredi à Montréal par l’Institut du Nouveau Mqnde dans le cadre de son école d’été.Sur le thème «A go, on change le monde!», l’événement, auquel participeront notamment le pédiatre Gilles Julien, le cofondateur dÉquiterre, Sydney Ribaux, et le p.-d.g.de Com-munauto, Benoît Robert, sera suivi en soirée d’un gala durant lequel seront décernées des bourses à de MONTEBELLO Ce n’était que le début d’un cauchemar pour le Mexicain.On le menotte, on l’enferme dans une cellule de 3 m x 3 m pendant une bonne partie de la nuit avant de l’emmener avec d’autres détenus mexicains dans un centre d’immigration au centre-ville de Montréal.Une douche lui est alors permise, mais aucun repas ne lui est servi.S’il admet n’avoir jamais été brutalisé, M.Gutiérrez Novales a néanmoins dû se déshabiller à dix reprises pour des fouilles complètes.Tôt le lendemain, toujours menotté, il est reconduit à l’aéroport pour être renvoyé sur-lechamp vers Mexico.«On m’a démonisé.Ç’a été une expérience traumatisante.Je n’ai pas compris sur le coup pourquoi on me traitait ainsi et je ne comprends toujours pas.fai de l’argent, je possède même une maison et un appartement», a raconté M.Gutiérrez Novales en entrevue avec Le Devoir.«J’ai perdu de l’argent parce que mon billet ne m’a pas été remboursé.J’ai écrit à l’ambassade canadienne au Mexique et au ministère des Affaires étrangères d’ici, et tout ce que fai reçu comme réponse c’est un message du ministère me disant que ma plainte avait été transmise au consulat à Montréal.» A l’ambassade mexicaine à Ottawa, on compile ce genre de cas, qui sont au nombre d’une vingtaine pour l’instant «Le gouvernement mexicain ne conteste pas le droit souverain du Canada d’accepter ou de rejeter des visiteurs, mais on réclame un traitement plus digne et plus humain», explique le porte-parole Mauri-cio Guerrero.Le Mexique est désormais le pays d’où provient le phis grand nombre de demandeurs du statut de réfugié au Canada, avec 3419 demandeurs en 2006, quatre fois plus qu’il y a neuf ans.Pesticides au menu Ces discussions au sommet sont parfois informes et débouchent sur des déclarations à ce point générales qu’elles n’ont pas l’air d’avoir d’impact Pourtant les retombées du PSP sont très concrètes.Ainsi en va-t-il de la volonté dharmoniser la réglementation entre les trois pays et de réduire les irritants commerciaux.Le Canada et les Etats-Unis testent chacun de leur côté l’innocuité des nouveaux pesticides avant d’en jeunes entrepreneurs sociaux qui se sont démarqués.Une revue sera également publiée spécialement pour l’occasion.Savoir écouter Le métier de conseiller en développement durable n’est pas simple, observe Claude Villeneuve.«La première difficulté est d’accepter de remettre en cause nos certitudes et de passer par-dessus l’efficacité apparente des processus, explique le professeur.La ligne droite n’est pas toujours le meilleur chemin entre deux points lorsque l’on se soucie des impacts à long terme d’un projet.Et puis, ça prend du temps d’aller demander aux gens ce qu’ils pensent d’un projet.» C’est qu’il faut, en effet, aussi se mettre à l’écoute des populations directement concernées.On s’évitera ainsi bien des problèmes, dit-il.On se fera même parfois souffler des solutions si l’on prend le temps de consulter ceux qui auront à vivre avec les conséquences de nos décisions et qui, à défaut d’avoir le titre d’experts, ont une connaissance intime des gens et des lieux où l’on s’apprête à intervenir.«Il faut savoir écouter, dit Claude Villeneuve.Ce n’est pas facile lorsque l’on est un professionnel et que l’on nous a plutôt appris à dire aux autres ce qu’il faut faire.Il faut aussi avoir l’humilité d’accepter que la réalité ne rentre pas toujours dans le moule où on a pris l’habitude de le faire entrer.» Collectivement, on a encore beaucoup de mal à placer nos actions dans un contexte plus général.On ne réalise généralement pas, prend-il pour exemple, que le produit fabriqué à l’étranger que l’on achète au magasin du coin parce qu’il nous coûte moins cher peut avoir toutes sortes d’impacts à long terme comme l’aggravation du problème des changements climatiques en favorisant le transport des biens sur de longues distances, comme la fermeture d’usines au Québec au profit de leurs concurrentes étrangères et par conséquent une augmentation du chômage et des impôts.autoriser l’utilisation.Désormais, les deux pays se partageront la tâche.Si un pays autorise un produit, l’autre l’autorisera aussi sans effectuer ses recherches indépendantes.Autre conséquence du PSP, le Canada a récemment accepté de revoir à la hausse la quantité de résidus de pesticides admise sur les fruits et légumes mis en vçnte.Les normes divergentes entre le Canada et les Etats-Unis étant considérées comme des «irritants» par les agriculteurs, les deux pays ont choisi de les harmoniser.Les normes canadiennes sont plus sévères que les américaines pour 40 % des pesticides contrôlés et moins sévères pour seulement 10 %.Mais on n’entendra rien de tout cela au sommet Comme l’a indiqué la fonctionnaire fédérale, on «ne [s] ’attend pas à ce que les leaders discutent de réglementation spécifique, mais un des domaines où des progrès significatifs ont été faits, et où on s’attend à en faire davantage, est la coopération réglementaire».Le sujet sera, en public, abordé de façon très générale pour être par la suite discuté dans ses applications concrètes par les bureaucrates, loin des projecteurs.C’est justement en réaction à cette absence de suivi public que le chef libéral Stéphane Dion a réclamé cette semaine la divulgation de l’identité des participants aux groupes de travail et de l’état d’avancement de leurs travaux.Afin d’alerter le public sur ce qui se trame.M.Dion a d’ailleurs déploré la révision à la baisse des normes canadiennes.«Qu’on s’aligne sur les meilleures normes.Si ce sont les canadiennes, que les Américains, et si possible les Mexicains, les mettent en œuvre.C’est cela, la solution et non le contraire», a-t-il déclaré vendredi.Selon les hauts fonctionnaires, il ne faut pas y voir une américanisation du pays.«Il ne s’agit pas d’abdiquer notre souveraineté.Il ne s’agit pas de renoncer à notre capacité à réglementer au nom des Canadiens.Il s’agit d’adopter une réglementation intelligente qui n’engendre pas des coûts inutiles pour les entreprises.» Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais Le Devoir Mieux informés Le message commence toutefois à faire son chemin dans les coçurs et dans les têtes, estime Claude Villeneuve.A la fin des années 70, le Québec «était le tiers-monde» en matière environnementale.«Les nageurs de la traversée du lac Saint-Jean se plaignaient de rencontrer des objets flottants non identifiés», rappelle-t-il en riant.Les Québécois sont aujourd’hui beaucoup mieux informés et beaucoup plus sensibles à ces questions qu’ils ne l’étaient.«Personne ne se lève le matin en disant: “chérie, je m’en vais polluer la planète et exploiter les gens”.Dans la plupart des cas, les gens font ce qu’on leur demande.C’est par ignorance, insouciance, ou parce qu’ils n’ont pas le choix qu’ils poseront des gestes qui provoqueront toutes sortes d’impacts chez eux ou ailleurs et dont ils n’auront pas nécessairement conscience.» Il arrive d’ailleurs souvent que les premiers à venir dire merci à ceux qui aident les entreprises à adopter des pratiques plus respectueuses des principes du développement durable soient les employés eux-mêmes qui se rendaient bien compte que l’on pouvait faire mieux, dit-il.La clef du succès se trouve presque toujours dans le pragmatisme et un travail de terrain bien ancré dans la réalité locale, martèle-t-il.Les grands principes sont évidemment nécessaires, mais les solutions concrètes sont rarement les mêmes d’un endroit à l’autre.Cette grande leçon apprise au fil des ans lui rappelle une phrase que lui avait dite un jour un ami, l’Italien Francesco di Castri, ancien sousriirecteur général à l’UNESCO aujourd’hui décédé.«Tu ne peux pas avoir des ailes avant d’avoir des racines, dit Claude Villeneuve.Cest vrai pour un individu.Cest aussi vrai en développement durable.» Le Devoir mENEWE LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 El Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier re4action@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel Au 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