Le devoir, 31 juillet 2007, Cahier A
I LE MONDE Les talibans disent avoir tué un autre otage sud-coréen Page A 5 ?www.ledevoir.com ?LE DEVOIR Vol.XCV1II N' 170 ?LE MARDI 31 JUILLET 2007 88c + TAXES = 1$ Israël jette du lest litfgi itai mm:- ISMAIL ZAYDAH REUTERS UN SOLDAT israélien vérifie les pièces d’identité d’un Palestinien à un point de contrôle près de Naplouse, hier.Ces contrôles pourraient bientôt être moins fréquents puisqu’Israël se prépare à lever une partie du demi-millier de barrages installés parses forces de sécurité en Cisjordanie, comme le demandait Mahmoud Abbas, afin de renforcer localement la main du président palestinien, face au Hamas retranché à Gaza.Sondage du magazine The Beaver Trudeau, premier au top 10 des «pires Canadiens» FABIEN DEGLISE Pierre Elliott Trudeau, Céline Dion, Jean Chrétien, Conrad Black et Karla Homolka ont désormais un point en commun.Ces personnages publics sont en effet cinq des dix «pires Canadiens de notre histoire», selon les lecteurs du magazine The Beaver.Et ce, pour l’ensemble de leur œuvre, indique la livraison d’août de cette publication de la Société d’histoire nationale du Canada, basée à Winnipeg, au Manitoba.Au terme d’un sondage mené en ligne en mai et en juin derniers par l’organisme qui fait la promotion de ITtistoire canadienne, les 15 000 répondants sont catégoriques: Pierre Elliott Trudeau, l’anden premier ministre du Canada, se hisse au premier rang de ce top 10 des personnages jugés les pires de l’histoire récente du Canada.Motif: «Il a fait plus pour diviser l’Est et l’Ouest [du pays] que n’importe quel autre premier ministre», indique un lecteur-voteur.«Avec des déficits élevés, des impôts élevés et des programmes sociaux qui ne fonctionnent pas, il a été à l’origine d’un échec économique, et nous VOIR PAGE A 8: TRUDEAU Pierre Elliott Trudeau INDEX N Annonces B 4 (,J - Avis publics.B 5 LM ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ CM——W> Idées A 7 Météo B 5 Mots croisés.B 5 LnjggBBHHHBBI 00 Télévision B 7 Opium: l’Afghanistan produit, et consomme Le nombre d’opiomanes et d’héroïnomanes ne cesse d’augmenter Une équipe du Devoir rentre d’un séjour de deux semaines en Afghanistan où, malgré la guerre et les attentats, la vie continue, dans les sourires ou le malheur.Dernier article d’une série en trois volets.CLAUDE LÉVESQUE D.eux policiers en uniforme patrouillent paisiblement à la lisière d’un quartier de Kaboul démoli pendant la guerre civile.À seulement quelques mètres de distance, derrière ce qu’il reste des murs, une vingtame d’héroïnomanes, dont l’âge varie entre la fin de l’adolescence et la quarantaine, se piquent ou fument la poudre brune au milieu des ruines, sur le sol jonché de détritus et de centaines de seringues usagées.La plupart refusent carrément de se laisser photographier, mais quelques-uns se laissent convaincre de jouer le jeu une fois assurés que les photos sont destinées à une publication étrangère.Un jeune drogué nous laisse suivre toute l’opération, qui consiste à fumer la drogue déposée sur un bout de papier d’aluminium sous lequel brûle une allumette.Le tas de poudre se transforme en une boule noire qui fuit vers l’extrémité du réceptacle en laissant derrière elle une volute de fumée.Harid, 35 ans, ne consomme pas pour l’instant.Il est assez lucide pour parler un peu, contrairement à une dizaine d’autres hommes étendus sur le sol après avoir ingéré leur dose.D dit fumer de l’opium depuis huit ans, mais avoir commencé à prendre de l’héroïne (un sous-produit de l’opium) depuis six mois seulement D gagne sa vie comme porteur à 260 afghanis (5 $) par jour.Chaque dose lui coûte 80 afghanis.Aussi bien dire que l’essentiel de son salaire y passe.Pourquoi?«Ça me permet de me retrouver dans un autre monde», répond-il simplement II ajoute ensuite qu’U n’a pas les moyens de fréquenter un des centres de sevrage où il reste des places.La poudre est vendue par des gamins de sept ou huit ans qui la reçoivent du dealer local, un adolescent qui circule à vélo dans les parages.VOIR PAGE A 8: OPIUM PEDRO RUIZ LE OEVOIR Le regard absent, jeune Afghan fume une cigarette après avoir consommé de l’héroïne.Des militants anti-Rabaska muselés Ils ont accepté un règlement hors cour, faute de GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Contraints d’abandonner une poursuite entreprise contre les promoteurs du projet Rabaska, parce que les frais judiciaires étaient devenus trop élevés, 93 citoyens de la Rive-Sud de Québec ont aussi dû renoncer, dans le règlement hors cour, à leur droit de contester la légalité du projet sur le plan du zonage.Ils ont évité en échange de payer les frais de désistement habituels.«C’est clairement une forme de bâillon», dénonce André Bélisle, président de 1 Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).Son organisme n’était pas partie prenante au recours en cause, mais il soutient la lutte des opposants au controversé projet de port méthanier.«Le message qu’envoie le règlement hors cour, c’est qu’on incite les gens à se taire, sans quoi ü y aura des pénalités.Ce moyens n’est pas une poursuite-bâillon, mais c’est le même esprit.» La semaine dernière, un communiqué a été émis conjointement par Rabaska et des représentants des 93 citoyens concernés, dont le porte-parole de la Coalition Rabat-Joie, Yves Saint-Laurent, et le président de l’Association pour la protection de l’environnement de Lévis, Jacques Levasseur.Ces derniers avaient entrepris, le 13 septembre 2006, des procédures en Cour supérieure contre Rabaska et la Ville de Lévis, alléguant que le projet de port allait à l’encontre du règlement de zonage 234 de la Ville de Lévis.Or, le communiqué indique que, après «analyse de la situation, les demandeurs ont jugé opportun de se désister de leurs procédures».D précise ensuite que «les demandeurs se sont aussi engagés à ne pas, directement ou indirectement, évoquer ou VOIR PAGE A 8: MILITANTS JONAS EKSTROMER REUTERS Ingmar Bergman Ingmar Bergman (1918-2007) Le maître suédois rejoint les fantômes de son passé ODILE TREMBLAY Le vieil homme de génie n'arpentera plus les berges de l’île de Farô, sur la mer Baltique, où il vivait quasi reclus depuis la mort de sa dernière épouse il y a douze ans, humant l'air du large et bavardant avec les fantômes de son passé.Le grand défricheur de l’âme humaine, magistral cinéaste et homme de théâtre phare du XX' siècle n’est plus.Ingmar Bergman s’est éteint hier à 89 ans, des suites d’une longue maladie.Il vient de perdre devant la Grande Faucheuse son ultime partie d’échecs.Mais ni sa lanterne magique, ni son visage creusé et scrutateur ne s’évanouiront des mémoires.Le maître suédois nous aura tivre un des phis brillants vaetvient cinématographiques enlre la création, le lève et la vie que le septième art ait enfantes ai cours de sa route.Son nom luit au panthéon des maîtres, aux côtés des Fellini, Kurosawa, Antonioni.Bunuel et des autres géants, ses pairs.D fallait voir, lors du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes en 1997, son ombre géante flotter sur le Palais.Ingmar Bergman a alors reçu la Palme des palmes, inais on 1 aurait cherché en vain parmi l’éblouissant parterre de stars et de cinéastes.Ayant délégué Liv Ullman, qui fut si longtemps sa muse, son actrice et sa compagne, il avait refusé de quitter son repaire suédois, évoquant ses manies, sa sauvagerie, le grand âge.En fait le vieux sage évoluait désormais loin des honneurs et des paillettes, en dialogue avec ses propres maîtres, sans doute: Shakespeare, Strindberg.Ibsen, qu’il avait tant mis en scène au Théâtre dramatique de Stockholm.Il fut le cinéaste des tourments modernes et de Inx'omniunicabilité des êtres qui s'aiment, également un grand peintre de l’âme féminine en son éternel mystère.Le duo de Persona joué en 1966 par Bibi An-dersson et liv Ullman en a offert des profils superposés d’une poésie pure, enfantés par les quêtes de la psychanalyse.Cris et chuchotements, chant choral féminin bouleversant, en 1972.aura exploré aussi tous les remous de l’âme des femmes, tout comme Sonate d’automne, en 1978.Le prolifique artiste a monté 125 pièces en un demi-siècle, réalisé une quarantaine de films, écrivant aussi des scénarios pour d’autres (Bille August.Liv Ullman).Bergman se sera marié cinq fois, en plus d’avoir multiplié les liaisons amoureuses.Il aura engendré neuf enfants, sans avoir la fibre paternelle si développée pour autant VOIR PAGE A 8: BERGMAN ¦ Autre texte en page A 7 * LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 A 2 LES ACTOALITES Le tour du monde en 80.épiceries •.•i.Quand l’été chauffe les trottoirs, qu’on a joué les touristes, fréquenté les festivals, plongé dans les piscines et flâné aux terrasses, que reste-t-il pour encore apprécier la ville et même s’en étonner?Des coins inexplorés, des gens méconnus, des activités inusitées.De Montréal, Ottawa et Québec, nos journalistes vous font part de ce qu’ils ont déniché.^ ouverture récente L/ du Québec à de nouvelles variétés de fruits et légumes a visiblement ses limites.Un doute?Passez donc les portes du Marché Shah Jalal de la rue Ogilvy, au nord de la rue Jean-Talon.Dans ce petit commerce spécialisé dans les produits de l’Inde et du Bangladesh, la verdure y défile en effet dans un comptoir tempéré comme une succession d’énigmes.En raison de ses formes, de ses textures, de ses teintes et, bien sûr, des noms qui viennent avec elles: pani low, shatkora, ada ledu, jali, data sag, chichinga, okra.Racine?Plante feuillue ou potagère?Tubercule?Fruits d’arbres exotiques?Ces aliments, comestibles de toute évidence, n’ont tellement pas prise dans la culture gastronomique d’ici que l’Office québécois de la langue française aurait bien de la peine à leur trouver un nom en fiançais.Et l’on ne peut finalement que s’en réjouir puisque ce ride linguistique donne la chance aux Montréalais de partir en voyage à l’autre bout du monde.,à 10 minutes de vélo de chez eux.A peine.C’est le Montréal que l’on aime.Le nez dans une forte odeur de curry, le dépaysement est total dans cette épicerie du nord de la ville, où la musique qui y joue, la langue qui s’y parle et les clients qui s’y promènent donnent très rite l’impression d’avoir franchi la barrière de l’espace et du temps.Les produits exposés confirment l’étrange sensation.Dans le congélateur, les sacs de bailla, de pangush, de shino, de baim, de khalisa, de koral — un «poisson d’eau douce», souligne l’étiquette, en français — ou de gulsha invitent à l’évasion.«Nous avons une trentaine d’espèces de poisson différentes», explique Mohammed, employé de l’endroit confronté au regard perplexe d’un consommateur qu’il n’a pas l’habitude de croiser en ces lieux.«Tous arrivent congelés du Bangladesh.C’est la seule façon pour nous de les avoir ici à Montréal.» Ailleurs, le regard est attiré par des préparations pour beignets, crêpes ou gâteaux aux lentilles, de marque Gits, un produit fièrement importé de l’Inde.Le mélange à curry, pour les légumes, (National, c’est son nom) rient plutôt du Pakistan, tout comme ce pudding au riz et noix de cajou baptisé laziza.Plus loin, un pot de crème de sésame, pour le déjeuner, arrive du Liban, alors que la boisson gazeuse Goya Refresco à la mandarine, très prisée dans ce coin de la métropole, a pris la route de.Secaucus dans le New Jersey jusqu’à Montréal.Le pays d’en face Sm cette rue Pgilvy, entre Hutchinson et de l’Epée, traverser la rue revient là aussi à partir dans un autre pays.Au Ghana, par exemple, à l’honneur au Marché Ghanacan, qui affiche en devanture ses couleurs: «Produits afri-cains-caraibes et ouest indiens.Poissonnerie».A l’intérieur, derrière son comptoir, Julian discute avec un habitué sur fond d’étagères croulant sous les shampooings, parfums et savons servis dans des emballages où les femmes blanches aux cheveux blonds ont disparu au profit de peaux noires et métissées, plus à-propos dans pareil établissement «Que fait-on avec cette palmnut cream [une préparation en conserve à base de jus de palme, d’eau et de sel, importée d’Accra]?», demande le client-touriste.«On fait m v v- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les Montréalais ont la chance de partir en voyage à l’autre bout du monde.à 10 minutes de vélo de chez eux.À peine.revenir des légumes dedans, répond la propriétaire.Vous pouvez servir ça avec des cuisses de dinde fumée [qui riennent du Québec, précise-ra-t-elle plus tard].C’est très bon.» Les Nations unies de la bouffe Avec sa ribambelle d’épiceries dédiées à l’alimentation de néo-Québécois provenant des quatre coins du globe, Montréal sert finalement chaque jour les Nations unies de la bouffe sur un plateau.Et pour en profiter, il ne faut certainement pas rechigner à parcourir la métropole de long en large à la recherche de ces petits bijoux et de leurs produits capables d’ajouter mystère et drôles de saveurs dans son quotidien culinaire.Dans le quartier Côte-des-Neiges, ce sont les feuilles de là lop, de ngo gui, de ray râm ou de gâp ca — des herbes entrant dans la cuisine vietnamienne — qui fascinent.avant d’aromatiser une soupe ou une salade de tomates! Rue Jarry, dans le quartier Saint-Michel, le consommateur en mal de rafraîchissement peut facilement se laisser tenter par ces sucettes glacées — des pop-sicles, quoi! — à la gelée d’haricot vert ou rouge.Cette spécialité de Taiwan est tenue en inventaire par le supermarché Kim Phat, troisième réseau d’épiceries dites ethniques de Montréal, après Mourelatos et Esposito mais aussi avant Adonis et Al Chalal, selon un rapport de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur les grappes bioalimentaires de la métropole.Daris ce haut lieu de la distribution alimentaire, où étrangement l’Asie semble très bien se marier avec Haiti, les boissons Pokka — des laits à la fraise ou au melon, importés de la Corée du Sud — et les boissons gazeuses à l’aloe vera et au miel de la Thaïlande côtoient en effet les sacs de farine d’akas-san — une préparation à base de maïs — et surtout des pots de confiture d’ananas, populaire au déjeuner à Port-au-Prince.L’axe de l’exotisme Blasé par les minibananes provenant du delta du Mékong ou par les frigos remplis de Dragon, la stout de Jamaïque que le Marché La Foire des Antilles du boulevard Saint-Michel exhibe dans ses frigos?Un coup de barre plein sud conduit rapidement dans un autre univers.Celui d’Aliments Picado, boulevard $aint-Laurent, ou de Boucherie/Epicerie SA et fils rue Saint-Urbain, où le Portugal s’y fait gourmand, en plusieurs saveurs.On y retrouve, bien sûr, l’incontournable morue salée (avec i iF PEDRO RUIZ LE DEVOIR Avec sa ribambelle d’épiceries dédiées à l’alimentation de néo-Québécois provenant des quatre coins du globe, Montréal sert finalement chaque jour les Nations unies de la bouffe sur un plateau.ses joues, à ne pas oublier), les pots de graines de lupin — la gourgane des Portugais!— , les bouteilles d’eau de marque Luso ou Fastio, qui donnent l’impression d’être allé loin, et surtout ces confitures, Quintal dos Açore à la figue, au raisin ou encore à la-patate douce.Parfait avec un morceau d’oaxaxo ou sâo jorge topo, des fromages que seules les épiceries de ce quartier portugais ont en rayons.Dans l’axe nord-sud de la ville, entre l’Asie/Antilles et le Portugal, les curieux s’arrêteront sans doute en chemin au Marché Istanbul Caché dans un minicentre commercial peu attirant au nord de Crémazie, entre Saint-Laurent et Clark, le commerce, comme son nom l’indique, fait respirer un morceau de Turquie à Montréal.Une aubaine pour les consommateurs curieux et une bonne façon aussi pour eux d’impressionner la visite en lui servant des nouilles de marque Piyale achetées là, du sirop de jellab (à base de dattes), des nectars de cerise ou encore de ITJludàg Gazoz.De quoi?Uludàg Gazoz, une boisson gazeuse aux fruits qui, comme tous les produits glanés dans les nombreuses épiceries ethniques de la métropole, permet, en été et par temps chaud, ce qu’Air Canada n’offre pas: de se dépayser pour quelques dollars à peine et une grande balade à vélo.Le Devoir Viaducs sous surveillance La ministre compte sur les camionneurs La ministre des Transports du Québec, Julie Boulet s’en remet à l’autodiscipline et au sens des responsabilités des camionneurs pour éviter les surcharges sur les 135 viaducs sous surveillance au Québec.De passage à Montréal, hier, la ministre Boulet a rappelé que les détenteurs de permis de transport en surcharge n’avaient plus le droit d’utiliser ces structures jusqu’à ce qu’elles aient été inspectées et jugées sécuritaires.Elle a fait valoir que l’Association du camionnage du Québec avait transmis à tous les détenteurs de permis de transport en surcharge, qui représentent 10 % des camionneurs, la liste des viaducs qui leur sont interdits.Mme Boulet a ajouté que quelque 300 contrôleurs routiers assuraient aussi la surveillance des structures visées et que la Sûreté du Québec pouvait également être appelée en renfort pour la surveillance, si certaines structures devaient s’avérer problématiques.La ministre a dit espérer que l’ensemble des structures soient inspectées did la fin octobre, une opération qui coûtera quatre millions de dollars au ministè- re.Par la suite, la ministre affirme que toute réfection requise sera réalisée sans délai, quel que soit son coût, afin d’assurer la sécurité des usagers, et que les réfections moins urgentes seront toutes réalisées à tenne.La ministre a reçu, en ce sens, un appui clair de son homologue fédéral, Lawrence Cannon, qui a indiqué hier que des discussions sont sur le point de s’amorcer entre les deux paliers de gouvernement afin que les ponts et viaducs puissent répondre aux critères d’investissement du nouveau programme d’infrastructures annoncé dans le dernier budget du ministre des Finances, Jim Flaherty.«On est sur le point de s’asseoir avec le gouvernement du Québec, notamment pour déterminer les critères et les conditions du nouveau programme d’infrastructures, a dit le ministre Cannon.Et, parmi les choses que nous souhaitons, c'est de rendre accessibles des demandes pour réhabiliter des échangeurs et ainsi de suite.» Presse canadienne NOUVEAU dans la section culture sur R.com Trouvez l'horaire des films à l'affiche En salle / à la télé / et les nouveautés DVD Diabète et crise cardiaque: l’Avandia ne devrait pas être retiré du marché, soutient un comité d’experts ANDREW BRIDGES Washington — Même si des études récentes démontrent que son utilisation peut entraîner une augmentation du risque de crise cardiaque, le médicament Avan-dia, qui est utilisé dans le traitement du diabète, ne devrait pas être retiré du marché, a estimé hier un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement américain.Cette recommandation faite à la Food and Drug Administration (FDA) américaine, non contraignante, a été adoptée à la majorité des membres du comité d’experts.Avant que les experts ne se prononcent, un membre de la FDA, le docteur David Graham, leur avait fait valoir que ce risque accru de crise cardiaque pour les diabétiques ayant recours à l’Avandia, combiné au fait que d’autres médicaments offrent les mêmes bienfaits à court terme, ne justifiait pas la poursuite des ventes du produit La firme pharmaceutique GlaxoSmithKline PLC avait pour sa part réfuté l’existence de ce risque plus élevé, citant ses propres études sur l’Avandia, qui est aussi connu sous le nom de rosiglitazone.Experts convoqués La FDA avait convoqué les experts pour tenter de déterminer si î’Avandia ne devrait être utilisé que chez certains patients soigneusement choisis, et étiqueté d’avertissements clairs, ou s’il devrait être carrément retiré des tablettes.La FDA avait précédemment indiqué que des dizaines d’études font état d’un risque accru de crise cardiaque.Félix BOUVIER CONNAISSANCE DU INONDE C0NTENIP0RAIN 248 pages -43,25$ ISBN 978-2-7608-4653-1 Histoira - Économie - Biographie 3* secondaire Environ un million d’Américains souffrant de diabète de type 2 prennent de l’Avandia.Au Canada, plus d’un million de prescriptions d’Avandia ont été émises l’an dernier, selon IMS Health Canada.Le patron du docteur Graham, le docteur Gerald Dal Pan, s’est lui aussi prononcé en faveur du retrait du médicament, mais d’autres experts ont demandé au comité de la FDA de garder l’esprit ouvert «Il est important que le comité comprenne qu’il y a un désaccord fondamental [au sein des instances de la FDA] concernant les conclusions scientifiques qui doivent être tirées», a dit le docteur Robert Meyer, responsable du service de la FDA qui étudie les nouveaux médicaments pour traiter le diabète.Méta-analyse En mai dernier, le prestigieux New England Journal of Medicine avait publié une méta-analyse de 42 études qui démontrait que le risque de crise cardiaque était 43 pour cent plus élevé chez les patients prenant de l’Avandia que chez les autres.A ce moment Glaxo avait émis un communiqué, approuvé par le ministère fédéral de la Santé, qui affirmait que les patients qui prenaient de l’Avandia ne devraient pas cesser de le faire sans tout d’abord consulter leur médecin.Associated Press Presse canadienne I 4 à LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 ACTUALITES L’Association médicale canadienne publie sa position Pour des garanties de soins dans des délais raisonnables Les Canadiens devraient pouvoir recourir à Vassurance-maladie privée quand le système public ne peut répondre à la demande Algues bleues Greenpeace dénonce l’entente avec rUPA ALEXANDRE SHIELDS Greenpeace revient à la charge dans le dossier des algues bleues et exige que Québec déchire le «Flan d’action concerté sur l’agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse2007-2010», signé en décembre dernier avec l’Union des producteurs agricoles.Le groupe écologiste estime que cette entente nuit à la lutte contre les cyanobactéries puisqu’«eZfe exempte le milieu agricole de toute nouvelle mesure environnementale d’ici 2010».Or, «de nombreux rapports ont établi que les excédents de phosphores provenant de pratiques agricultures non écologiques demeurent la source principale [généralement 75 %] de propagation des algues bleues, et ce, jusqu’à la mort des lacs et des cours d’eau», souligne Eric Darier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace.Tout plan de lutte contre les algues bleues passe donc inévitablement par des efforts plus importants de l’industrie agricole.D’ailleurs, selon M.Darier, «il y a urgence de diminuer les charges de phosphore provenant des bassins versants alimentant des lacs contaminés, particulièrement dans les régions aux cheptels nombreux ou celles où l’on pratique la monoculture du mats».Mais le gouvernement se retrouve pieds et poings liés en raison de l’entente conclue avec l’Union des producteurs agricoles (UPA).«Va-t-il ftdloir continuer à regarder jusqu’en 2010 ce gouvernement fermer des lacs et des plages sans qu’il ne comprenne et ne nous explique le pourquoi ou qu’il ne s’attaque aux plus importantes causes de,la prolifération des cyanobactéries?», demande donc Eric Darier.Par ailleurs, en plus de serrer la vis à l’industrie agricole, Greenpeace juge que Québec doit aller plus loin.D fauchait ainsi rapidement «prendre un virage vert et faire en sorte que tous ceux qui sont à la source des problèmes de contamination, y compris le milieu agricole, aient la chance défaire partie des solutions».«Après plus de 30 ans d’industrialisation à outrance, il semble de plus en plus évident que nos milieux naturels atteignent un point de non-retour», explique Eric Darier.L’Union paysanne appuie d’ailleurs Greenpeace dans sa démarche.Le «Plan d’action concerté sur l’agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse 2007-2010» ne contient effectivement pas de cibles contraignantes pour les producteurs agricoles.On y évoque plutôt la nécessité d’accroître l’efficacité des exploitations et, par le fait même, d’améliorer leur bilan écologique.Le texte parle aussi de «rendre l’utilisation des matières fertilisantes et des pesticides plus efficace pour éviter qu’ils ne soient perdus dans l’environnement».On propose par exemple un «meilleur contrôle des doses de phosphore au moment des épandages».Mesures efficaces LUPA réfute pour sa part les accusations de Greenpeace quant à la «paix réglementaire» conclue avec Québec.«Les producteurs agricoles ont été confrontés, au cours des dernières années, à un resserrement sans précédent des exigences environnementales, jumelé à une multitude de nouvelles normes touchant la gestion des lisiers et des fumiers, la protection de l’eau, l’utilisation des pesticides, etc., a fait valoir ITJPA hier par voie de communiqué.La stabilité réglementaire actuelle permet aux producteurs agricoles d’absorber l’impact financier que ces changements supposent, de s’ajuster aux nouvelles exigences, et laisse une période de temps suffisante pour mesurer l’impact véritable de l’ensemble des nouveaux règlements adoptés jusqu’ici.» Au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, on soutient par ailleurs que le Plan d’action concerté est un outil efficace.Le porte-parole du ministère, Marc Lalancette, explique que cette entente tient notamment compte de la nécessité de «travailler sur le terrain pour améliorer les differentes pratiques».Le ministère compte aussi étudier l’efficacité des bandes riveraines, une mesure qui permet de réduire l’impact de l’activité agricole sur les cours d’eau.H explique en outre que le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), qui régit cette industrie, prévoit déjà que les agriculteurs «ne doivent pas polluer».M.Lalancette ajoute que, depuis 2002, le plan agroenvironnemental de fertilisation impose aux producteurs qu’ils tiennent compte de la capacité d’absorption des sols lors de l’épandage des fertilisants.On espère ainsi en arriver à une ^fertilisation optimale» qui minimise les rejets de phosphore dans la nature.Du côté du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, on soulignait toutefois la semaine dernière que «la réglementation ne vise pas spécifiquement à réduire l’impact sur les cours d’eau de villégiature.Ce n’est pas une mesure qui est pointue au point de cibler m changement de pratique en vue de minimiser l’impact sur des lacs.Cest un règlement pour encadrer la pratique et réduire les problèmes de détérioration des cours d’eau», expliquait alors Marc Simo-neau, analyste en milieux aquatiques au ministère.Dolors Ranas, spécialiste de l’écologie aquatique, considère elle aussi que le REA est déficient «H ne tient pas compte de la capacité d’absorption de phosphore des cours d’eau [dans la mesure des rejets agricoles], Attssi, il ne prend pas en considération le type d’agriculture», souligne-t-eÙe.Par ailleurs, le nombre de plans d’eau affectés par les cyanobactéries demeure stable.Hier, 83 lacs et rivières étaient touchés, dont une dizaine dans leur totalité.Les régions les plus touchées sont pour l’instant les Laurentides (29), l’Estrie (12), Lanaudière (11) et Chaudières-Appalaches (9).Le Devoir BRIGITTE SAINT-PIERRE L> Association médicale canadienne (AMC) plaide pour l’instauration de garanties d’accès aux soins de santé dans des délais raisonnables.C’est l’une des principales mesures contenues dans un document de l’AMC rendu public hier et intitulé Toujours une question d’accès.L’assurance-maladie bonifiée.Le président de l’AMC, le Dr Colin McMillan, a dévoilé les grandes lignes de ce document dans un discours qull a prononcé hier au Club Rotary de Charlottetown, à niedu-Prince-Edouard.UAMC recommande notamment que «les gouvernements collaborent avec l’AMC et d’autres organisations médicales afin d’établir des points de repère sur les temps d’attente appropriés sur le plan clinique pour tous les principaux services diagnostiques, thérapeutiques, chirurgicaux et d’urgence».Ottawa — La police de Toronto a fait preuve de la plus grande «retenue», lors d’une confrontation avec des joueurs chiliens lors du Mondial de football des moins de 20 ans, a affirmé son chef hier, en rejetant la responsabilité de la violence sur les joueurs.Un affrontement avait eu lieu entre des joueurs chiliens et la police, le 19 juillet, après la défaite du Chili devant l’Argentine en demi-finale de la compétition.Et la violence dont les joueurs ont accusé les forces de l’ordre avait provoqué une vague d’indignation au Chili.L’enquête menée par les services d’évaluation de la police de Toronto a «montré que les officiers impliqués dans cette affaire se sont conduits de façon professionnelle et avec une immense retenue», a déclaré Bill Blair, le chef de la police de la métropole canadienne.«Les policiers ont le droit de se défendre lorsqu’ils sont violemment attaqués.Il ont fait preuve de retenue et de calme face à une grande provocation», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse tenue à Toronto.«Nuit d’horreur» Rapportant les accusations de brutalités policières des joueurs, qui avaient fait état de l’utilisation de pistolets à décharges électriques contre eux, la presse chilienne avait parlé de «nuit d’horreur».Les autorités chiliennes avaient demandé des explications au Canada par note diplomatique et la présidente, Michelle Bachelet, avait elle aussi exprimé son indignation.En rendant public le rapport d’enquête hier, le chef de la police de Toronto a affirmé que la violence a été provoquée par les joueurs et que la police y a fait face avec mesure.Établir des normes de temps d’attente Des points de repère sur les temps d’attente existent déjà au Canada dans cinq domaines cliniques: les soins aux personnes atteintes d’un cancer, les soins cardiaques, l’imagerie diagnostique, les remplacements d’articulation et la restauration de la vue.L’AMC croit qu’il faudrait établir des normes de temps d’attente pour un plus grand nombre de secteurs dintervention, ainsi que des délais maximaux acceptables pour l’accès aux soins de santé de première ligne et aux consultations avec des médecins spécialistes.Quand les normes de temps d’attente ne sont pas respectées, les Canadiens devraient avoir la possibilité de se faire soigner ailleurs que dans leur région géographique ou dans le secteur privé, aux frais du gouvernement, estime l’AMC.«Lorsque le système financé par le secteur public ne peut fournir un accès aux soins en temps opportun, les Canadiens devraient pouvoir recourir à l’assurance-maladie privée pour se faire rembourser le coût «Tous les témoins ont rapporté que la conduite et les actions des agents de police ont été appropriées, nécessaires et louables», a déclaré M.Blair.Parmi ces témoins figurent des responsables de la fédération de football de la province d’Ontario, dont Toronto est la capitale, et le chauffeur de l’autobus de l’équipe chilienne, a-t-il précisé.Selon le chef Blair, la police est intervenue au premier «signe de trouble», mais «les membres de l’équipe chilienne ont non seulement refusé de mettre fin à leur conduite agressive, mais ils se sont au contraire livrés à des actes qui ont enflammé la situation».«Les policiers ont reçu des coups de poing, des coups de pied, dont certains à l’aine, et des crachats», a-t-il dit Les joueurs ont brisé les bras des sièges de leur autobus et les ont utilisés comme projectiles contre les policiers, avec des piles électriques et des vaporisateurs de déodorant, a-t-il ajouté.Quatre poliders ont été légèrement blessés, a indiqué M.Blair, en prérisant qu’une policière a reçu un coup de poing sur la figure.Les dommages causés à l’autobus sont évalués à quelque 35 000 $ et la Fédération internationale de football (FIFA) a accepté de les payer, a-t-il poursuivi.Les joueurs qui avaient été interpellés ont été sermonnés sur leur conduite et remis en liberté sans que des accusations aient été déposées contre eux.Bill Blair a laissé entendre que la dédsion avait été prise en partie pour éviter de perturber la suite du déroulement du Mondial.Agence France-Presse des soins obtenus dans le secteur privé», peut-on également lire dans le document Ce serait une solution de dernier recours, a mentionné au Devoir la présidente du conseil d’administration de l’AMC, la D" Louise Cloutier.LAMC croit que tous les patients canadiens doivent avoir accès à des soins de santé de qualité, peu importe leurs moyens financiers, a-t-elle dit Pour pouvoir fournir des soins de santé dans des délais raisonnables, il faut qu’il y ait un nombre suffisant de professionnels de la santé, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle au Canada, estime l’AMC, qui plaide pour l’adoption d’une stratégie pancanadienne de planification des ressources humaines en santé.Dans un contexte où la population vieillit, l’AMC croit par ailleurs qu’il faudrait envisager la création d’un régime enregistré d’épargne pour les soins de longue durée.Incendie mortel Les pompiers affirment avoir respecté les normes CHARLES-PHILIPPE GIROUX Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) s’est défendu hier d’offrir un service de réponse en deçà des normes nord-américaines, à la suite d’un incendie dans une résidence de l’Est de Montréal qui a coûté la vie à un jeune homme de 27 ans, vendredi dernier.La victime a été identifiée comme étant le rappeur Jonathan Guilbault, connu sous le nom d’artiste de «Joe B.G.» ou «Snake».L’Association des pompiers de Montréal a critiqué, plus tôt dans la journée, les délais d’intervention du service des incendies, estimant que ceux-ci étaient «excessifs» et «hors normes».«Je trouve triste, je dirais même irresponsable, de la part de l’association, d’utiliser un événement tragique de cette envergure, avec la perte de vie d’une personne, pour colporter de la mauvaise information par rapport au temps de réponse et par rapport aux normes en vigueur, que ce soit au Québec ou en Amérique du Nord», a déclaré le directeur du SIM, Serge Tremblay.S’appuyant sur les rapports des opérations de vendredi dernier, le SIM a soutenu qu’une première unité de quatre pompiers s’était présentée sur les lieux de lïncendie moins de cinq minutes après avoir reçu un appel signalant l’incendie et que 15 pompiers combattaient les flammes moins de 10 minutes après cet appel, deux statistiques conformes aux normes nord-américaines de la National Fire Protection Association et aux orientations du ministère québécois de la Sécurité publique.Selon le SIM, les temps de réponses critiqués par l’Association des pompiers de Montréal sont extraits d’une feuille de travail sur laquelle les données sont arrondies et ne permettent pas de recréer avec précision le déroulement des opérations.Négociations Les pompiers sont actuellement en négociations avec la direction du service des incendies pour le renouvellement de leur convention collective, échue depuis le 31 décembre 2006.Les parties ne s’entendent ni sur le nombre de nouveaux pompiers à embaucher, ni sur le cadre financier d’une future nouvelle entente.Par ailleurs, le SIM a dû répondre à plusieurs questions entourant la découverte d’une victime dans le brasier, 36 heures après les faits, alors que les secouristes sur les lieux de l’incendie avaient d’abord indiqué qu’il n’y avait aucun blessé dans l’incident «Dans les circonstances, en aucune occasion nous n’aurions pu sauver la victime», a dit M.Tremblay, concédant néanmoins que la dépouille aurait dû être localisée plus rapidement Ce n’est qu’à la troisième fouille des décombres, samedi après-midi, que le corps du jeune homme a été découvert, après que le service des incendies eut reçu une information selon laquelle un résidant de l’immeuble était toujours manquant Pour sa part, la mère de Jonathan Guilbault a déploré, sur les ondes de la télévision de Radio-Canada, avoir été informée de la possibilité que son fils soit mort seulement hier matin, lorsqu’un enquêteur l’a appelée pour avoir le numéro de téléphone de son dentiste, à des fins d’identification.Elle s’était pourtant déplacée sur les lieux de lïncendie, où on l’avait d’abord rassurée.Joe B.G.devait remettre la version finale de son nouvel album le jour même où le drame est survenu, selon son gérant Jean-François Robert La police de Montréal n’avait toujours pas déterminé hier après-midi si lïncendie était de nature accidentelle ou criminelle.Presse canadienne Le Devoir Fini les vacances! ¦ .JACQUES GRENIER LE DEVOIR LES OUVRIERS de la construction ont repris le travail hier, après deux semaines de vacances.Plus de 128 000 travailleurs de ce secteur d’activité étaient en congé depuis le 14 juillet.Des «vacances de la construction» ont eu lieu pour la première fois au Québec en 1971.Coupe de monde de soccer des moins de 20 ans La police de Toronto montre les joueurs chiliens du doigt _E„y.ac.ances Mür.avec,., ; Ces cahiers permettent | aux parents, à l’année I longue, de procéder à ! un diagnostic des I lacunes chez leurs ! enfants et les corriger.Colette Baillargeon Français-Mathématiques pour tout le primaire 5' 3 s 3 3 3 3 3 5 • 3 3 ; 1, TI-LOUP ISBN 978-2-7601-6940-1 NELLIE ISBN 978-2-7601-6941-8 OCTAVE ISBN 978-2-7601-6948-7 RAPEDO • ISBN 978-2-7601-6950-0 MÉO • ISBN 978-2-7601-6954-8 IDA • ISBN 978-2-7601-6956-2 3 .i \ cV>»e°n.>•.I ; S f il ••I ««• Ç/ Bomme l’a rapporté Le Devoir samedi dernier, le pamphlet de Thomas S.Caldwell était on ne peut plus clair.«La perte de sièges sociaux et de leadership industriel est une tragédie pour le monde des affaires canadien.Les jeunes des futures générations qui voudront grimper les échelons devront se résigner à s’expatrier.Si la tendance se poursuit, le Canada perdra certains de ses plus grands talents.» Et, comme pour être certain d’avoir été bien compris, M.Caldwell a ajouté: «Pour stopper la liquidation du Canada inc., il faut commencer par interdire aux dirigeants de recevoir des primes ou d'exercer des droits d’échange d’options s’ils procèdent à la vente de l’entreprise qu’ils ont été embauchés pour construire.» Voilà qui est très juste.Depuis quelques mois, le monde des affaires canadien a perdu des joueurs majeurs comme Inco, Falcon-bridge, La Baie, Domtar et tout récemment Alcan, qui passera aux mains du géant Rio Tin to.Dans tous les cas, les dirigeants ont retiré des avantages monstrueux de la vente d’une entreprise qui ne ^ leur appartient pourtant pas.Dans le cas d’Alcan, les dirigeants et les ad- * ministrateurs se partageront de 110 à 140 millions, du seul fait d’avoir accepté l’offre de Rio Tinto.Rien ne justifie que des dirigeants soient ainsi récompensés pour.jeter l’éponge.Alcan n’était pas à vendre: c’est une offre non sollicitée d’Alcoa qui a conduit la direction à ouvrir les enchères.Alcan n’avait pas le choix, a-t-on affirmé.Faux! Alcan pouvait elle-même partir à la conquête d’un concurrent au lieu de faire la belle devant ses prétendants ambitieux.Cent millions de gains personnels aux dirigeants pour se vendre au plus offrant, voilà qui porte un nom en langage populaire.Pour pouvoir encaisser les subventions promises à Alcan par Québec et surtout profiter du privilège sans pareil d’exploiter ses propres centrales hydroélectriques sur des rivières du domaine public, Rio Tinto, dont le siège social est à Londres, devra maintenir un semblant de directorat sectoriel à Montréal.Il ne faut pas être devin pour prévoir que toutes les décisions de portée internationale et toutes les transactions financières seront planifiées dans la City et non pas ici C’est donc pour cela que nos valeureux membres du conseil, de sympathiques pures-laines comme cet ancien ambassadeur du Canada, Yves Fortier, devenu président du conseil, recevront une récompense millionnaire?Il y a quelques semaines, le ministre fédéral des Finances, James Flaherty, a créé un comité de travail pour évaluer l’opportunité d’adopter des mesures de contrôle plus sévères lors de tentatives d’acquisition d’entreprises dans des secteurs stratégiques.C’est grâce à de telles mesures que Bell et les grandes banques canadiennes, par exemple, ne sont pas encore passées entre les mains d’intérêts étrangers.Attendons avant de conclure.Mais si, d’aventure, ce comité en arrivait à la conclusion qu’il n’y a rien à faire, qu’ainsi vont la vie moderne et le capitalisme ronronnant, préparons-nous à sortir les pancartes! Jean-Robert Sansfaçon j- rsansfacon@ledevoir.com Le ministre des gaffes inistre américain de la Justice, Alberto Gonzales est plus que jamas sur la sellette.Sa dernière gaffe?Il a induit en erreur les membres du Congrès, qui souhaitent d’ailleurs qu’un procureur spécial examine en détail ses faits et gestes, rappelant ceux posés par son prédécesseur, John Mitchell, lorsque le scandale du Watergate .battait son plein.En clair, les élus qui siègent à la Commission des affaires judiciaires ont la certitude que Gonzales s’est paijuré lors de sa comparution la semaine dernière.Plus exactement, on lui reproche d’avoir nié le rude, très rude combat qui s’est poursuivi derrière les rideaux entre la présidence et le ministère de la Justice.Voici de quoi il s’agit en 2004, le vice-président Dick Cheney ordonne à Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche, d’aller à la rencontre de John Ashcroft, ministre de Injustice.Malade, ce dernier est à l’hôpital.Ce détail, on va le voir, a eu une importance capitale pour la suite de notre histoire.Toujours est-il que Gonzales a pour mission d’obtenir d’Ashcroft l’autorisation formelle permettant la prolongation du programme d’écoutes téléphoniques et de lecture des courriels échangés par des millions d’Américains.On se rappellera que, dans les semaines postérieures au drame du 11-Septembre, Bush évoqua sa fonction de commandant en chef des armées qui revient à tout président pour justifier le contournement de la loi qui balise les écoutes.En 2004, ce programme d’espionnage arrivant au terme fixé, on demande donc à Ashcroft de le cautionner.A peine Gonzales a-t-il fini d’exposer sa requête qu’Ashcroft exige son départ illico.A noter qu’Andrew Card, chef de cabinet à Se rge l’époque de Bush, avait accompagné Gonzales.Truffaut Dans les heures qui suivirent cette visite, les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice ainsi que James Comey, qui assurait l’intérim lors de la maladie d’Ashcroft, sans oublier Robert Mueller, directeur du FBI, menacèrent de démissionner en bloc.Écœurés autant par la manœuvre que par cette volonté de continuer un exercice qui n’avait plus lieu d’être, ces responsables étaient prêts à plonger le gouvernement dans une crise aussi large que profonde.C’est cet épisode que l’actuel ministre de la Justice s’évertue à nier, malgré les témoignages contraires et publics de Mueller et Comey.Au vu de l’attitude ou plutôt de la position adoptée par Gonzales, beaucoup concluent que, après avoir fait la preuve de son incompétence, il vient de faire la preuve de ses.mensonges.Plus concrètement, l’homme passe davantage de temps à gérer et cacher les dégâts causés par le duo Cheney-Bush qu’à observer les devoirs qui incombent à sa fonction.On se souviendra qu’au début de l’année il a causé tout un émoi en licenciant neuf procureurs fédéraux, parce qu’il estimait ces derniers pas assez républicains ou, inversement, trop démocrates.Depuis qu’il est à la tête de ce ministère, les gestes politiques qu’il a effectués ont eu tellement d’impacts négatifs que, selon les témoignages recueillis par le New York Times, l’humeur des fonctionnaires est plus basse qu’elle ne l’était à l’époque du Watergate.C’est dire.C’est à se demander ce que l’exécutif attend pour le renvoyer.UN-' (rwwdrf LETTRES -?- Contester le rapport du BAPE ou le BAPE?(Réplique à Pierre-Paul Sénéchal, Le Soleil et Le Devoir, 23 juillet 2007) Dans sa réplique au Collectif économique pour Rabaska, le vice-président du GIRAM pose une question fort pertinente.A-t-on le droit de contester le rapport d’un organisme consultatif?Les récents événements nous ont révélé au contraire que le débat n’a pas porté seulement sur le rapport du BAPE, mais aussi sur l’existence même du BAPE.L’auteur de la réplique pose la question en ces termes: «Le BAPE n’a-t-il pas affaibli sa propre crédibilité?» Dans L’Avantage Appalaches (13 juillet 2007, page 3), cinq organismes s’attaquent au BAPÈ.«Selon Gaston Cadrin, président du GIRAM, c’est la crédibilité du BAPE qui vient d’en prendre pour son rhume», écrit Simon No-let, dans le Journal Le Peuple du 14 juillet 2007.Au nom de l’Association de l’île d’Orléans, Patrick Plante écrit que «l’acceptation du projet Rabaska par Je BAPE ne sera rien d'autre qu’un coup d’Etat» {Cyberpresse, 18 juillet 2007).Monsieur Sénéchal a raison de nous inviter à discuter et critiquer le rapport du BAPE.El est rendu public justement pour activer le débat, aider à la prise de position collective et permettre aux deux paliers de gouvernement de prendre une décision éclairée.Tirer sur le messager n’a jamais été un fait d’armes dans aucune guerre.Ce qui fait la force d’une armée, ce sont ses motifs de faire la guerre, ses stratégies et sa force du nombre.Les opposants ont apparemment de bons motifs.Ils l’ont démontré avec conviction lors des audiences du BAPE.Leur stratégie de cibler l’organisme consultatif plutôt que son rapport est toutefois discutable.Cherchent-ils à dissimuler en quelque sorte un vide sur le fond, un peu à la manière des avocats qui recourent à des vices de procédure pour sauver une mauvaise cause?Quant au nombre, il leur reste à convaincre les deux tiers de la population de Lévis qui soutient ce projet depuis le début.Le BAPE est le fruit d’une conquête sociale pour plus de démocratie dans la prise de décisions collective, face à des acteurs puissants des domaines tant privé que public, devant des projets d’envergure nationale, régionale ou locale.Les deux paliers de gouvernement se sont entendus pour lui donner des moyens importants pour tenir des audiences et écouter la population.Le BAPE l’a fait avec une rigueur et une perfection qui ont forcé les plus fermes opposants à lui adresser des félicitations à la fin de l’exercice du projet Rabaska.Remettraient-ils en cause sa crédibilité si le BAPE leur avait donné raison?Jean-Claude Tardif Beaumont, 26 juillet 2007 Pureté biotech! Le Tour de France est terminé.Un autre Tour éclaboussé par le contenu de la seringue (dopage), pourrions-nous dire.On parle encore de scandale, même de la fin du Tour et de sa faillite! Sans être devin, je ne serais pas surpris que ce scénario se répète à l’avenir.On veut des athlètes purs, mais on ne les trouve pas! Pourquoi?Personne n’a pensé que les athlètes n’étaient pas des demi-dieux, mais des humains! Alors, ils nous ressemblent Ils ne peuvent être élevés au petit lait et au miel quand on valorise les biotechnologies et qu’on «boost» le vivant.Nos poulets doivent être matures en quelques semaines, nos bovins aussi.Si on est moins productif au travail, on nous prescrit beaucoup plus souvent des suppléments alimentaires et des médicaments (mots politiquement corrects pour dire des drogues) qu’un mois de vacances.L’alimentation est biotech.Les solutions, chimiques! On trouve toutes sortes de suppléments en vente libre, tant dans les pharmacies que les épiceries, certains qui vous disqualifieraient même du Tour, et après on est surpris que les athlètes en usent et en abusent! Bref, on voudrait des athlètes purs dans un monde imparfait Des saintes dans un bordel! Des demi-dieux dans un monde humain.Belle hypocrisie.Un jour viendra où un cycliste ou un autre athlète dira qu’il ne s’est pas dopé, mais qu’il s’agit des additifs chimiques que l’on retrouve dans l’alimentation! Pourra-t-on lui donner tort?On ne peut avoir des athlètes à l’eau pure avec un système économique qui valori- se le supplément pour l’atteinte de la productivité à tout prix! il est là le scandale.Le Tour n’est qu’un photofinish de la société dans laquelle nous baignons.La performance.Toujours la performance.On ne peut pas avoir le plaisir?Ce sont nos valeurs qui doivent changer et les athlètes changeront aussi.Sinon, ce ne sera que parole de dopé, que ce soit aux stéroïdes ou à l’argent! Michel Handfield Societas Criticus, revue de critique sociale et politique, vol.9, no 5, éditas: www.societascriticus.com Publicité en franglais Je suis propriétaire d’une Jetta familiale TDI depuis deux ans et j’en étais heureux et fier jusqu’à récemment.Mais quelle horreur d’entendre la publicité en franglais de Volkswagen diffusée à la télévision de Radio-Canada! «Zéro dépôt de sécurité», nous dit-on.Et si nous devions payer pour la «sécurité», s’agirait-il d’une forme de chantage?Faudrait-il payer le parrain Volkswagen pour la protection?Ce franglais est ridicule.En fait, Volkswagen veut dire «aucun cautionnement» ou, à la rigueur, «aucun dépôt de garantie», mais cette riche multinationale ne semble pas avoir les moyens de se payer les sendees de bons traducteurs ou de publicitaires sachant parler français correctement Elle fait appel à des gens qui, pour quelques centaines de dollars l’heure sans doute, ne sont même pas capables d’ouvrir leur dictionnaire.Et le pire dans tout cela, c’est que notre télévision publique, dont je suis «actionnaire» comme tous les Canadiens, se permet de diffuser régulièrement pareille bêtise, notamment pendant le Téléjournal chaque soir, au mépris en particulier des Québécois.Radio-Canada doit faire ses frais.Money talks.Au diable le français! Je m’adresse donc à Radio-Canada et à Volkswagen: est-ce trop vous demander que de^respecter notre langue?Je m’adresse aussi à l’Office québécois de la langue française: pouvez-vous informer ces gens que le respect de la langue française fait partie des lois du Québec?Bernard Desgagné Gatineau, le 26 juillet 2007 LIBRE OPINION -?- «Produit du Canada».source de confusion CLAUDE LACOSTE Producteur de légumes de transformation à Mercier Président de la Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation Saviez-vous que les petits concombres marinés (dill pickles) et une foule d’autres produits qui portent la mention «Produit du Canada» n’ont pas nécessairement été cultivés ici, mais parfois en Chine, en Inde, en Thaïlande ou ailleurs?Vous êtes-vous déjà demandé par quelle logique vos olives vertes préférées portent la mention «Produit du Canada», alors qu’il ne se cultive pas d’olives en terre canadienne?Incongruité, incohérence, aberration ou fausse représentation?L’appellation «Produit du Canada» représente-t-elle la réalité?Informe-t-elle adéquatement le consommateur sur la vraie nature des concombres, olives, haricots, mais ou autres fruits et légumes transformés qu’il achète à l’épicerie?Pas vraiment.Savez-vous pourquoi?En vertu de la réglementation canadienne, un aliment transformé peut porter la mention «Produit du Canada» si 51 % de son coût de production est canadien.C’est ainsi qu’une multitude d’aliments, dont la matière première est importée mais dont seulement la transformation — ou encore l’emballage — est réalisée au Canada, arborent en toute légalité la mention «Produit du Canada».Cette réglementation — archaïque — fait en sorte que, sur les tablettes des épiceries, rien ne permet au consommateur de différencier les concombres asiatiques ou les asperges sud-américaines de ceux qui sont cultivés au Canada; à condition qu’ils aient été transformés chez nous, ils portent tous deux la mention «Produit du Canada».Ça doit changer et vite! Dans le contexte actuel de la mondialisation des marchés, la définition de «Produit du Canada», qui date de près de 40 ans, est non seulement désuète, mais.aberrante.Au lieu d’informer adéquatement le consommateur, elle le confond.Pire, si un produit importé présentait, sous l’actuelle réglementation fédérale, un problème d’innocuité, c’est l’ensemble de la production canadienne qui en serait affectée! La solution est simple et peu coûteuse.En toute logique — c’est juste une question de gros bon sens — seuls les aliments cultivés et transformés au Canada devraient porter la mention «Produit du Canada».Quant aux aliments importés de l’étranger, transformés ou emballés au Canada, leur pays d’origine devrait être indiqué clairement sur les emballages, juste à côté de l’appellation «Préparé au Canada» ou «Emballé au Canada».Les modifications que le gouvernement canadien se doit d’apporter le plus tôt possible à la définition de «Produit du Canada» visent à donner une information juste au consommateur.Elles ne diminueront en rien l’apport économique des transformateurs québécois et canadiens qui transforment et qui emballent des aliipents en vrac provenant de l’étranger.A l’heure de la mondialisation des marchés, les nouvelles définitions de «Produit du Canada» et de «Prepare au Canada» permettront tout simplement d’informer avec clarté et transparence les consommateurs québécois et canadiens en redonnant sa juste place a la production locale dans les paniers d’épicerie.» LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 A 7 IDEES Ingmar Bergman, 1913-2007 Un génie n’est plus SOREN ANDERSSON/SCANPIX SWEDEN REUTERS Une admiratrice d’Ingmar Bergman, Kerstin Stalstam, a pris la peine d’écrire un mot de condoléance à la suite du décès du célèbre cinéaste suédois.LAURENT LAP I ERRE , PH.D., C.M.Titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau, HEC de Montréal n peut aimer ou ne pas aimer le cinéma de Bergman.Sa contribution au cinéma suédois (et universel) n’en demeure pas moins phénoménale.C’est fort probablement parce que son œuvre colle à son histoire, qu’elle est un effort pour comprendre et accepter ce qu’a signifié la vie pour lui, qu’il atteint un niveau de vérité qui touche un public qui s’y identifie et y trouve aussi une ou sa vérité.Comme beaucoup de grands créateurs Headers, écrivains ou artistes), Ingmar Bergman est un «écorché vif» qui éprouve le besoin de réaliser de grandes œuvres pour se rassurer, attirer l’attention et quêter l’affection.Très tôt dans sa vie, la réalité a été difficile ou impossible à accepter.Sa sensibilité (son intelligence de l’affectivité et des émotions) et sa lucidité lui permettaient de «sentir» ce qui se passait autour de lui.Il avait conscience du drame individuel qu’avaient vécu ses deux parents avant sa naissance (Les Meilleures Intentions) et qu’ils ont continué de vivre pendant sa vie (Fanny et Alexandre, etc.) et jusqu’à la fin (Les Fraises sauvages).Il éprouvait ce qu’avait pu être, bien avant sa naissance, la faillite du couple de ses parents sur le plan affectif.Aucun des deux n’était véritablement capable d’aimer.La même sensibilité lui faisait ressentir son incommensurable besoin d’être aimé, l’incapacité de ses parents d’y répondre, sa conscience précoce du manque et le cul-de-sac dans lequel il se trouvait sur le plan affectif.Tout cela lui a fait éprouver une grande souffrance psychique.Il était profondément triste et malheureux, malgré de grands moments de joie.D’autres voies auraient pu s’ouvrir à lui: la dépression, le délire ou l’inhibition névrotique paralysante; il a «choisi» la voie de la création.Dans le monde du rêve Il a pu trouver refuge dans le monde du rêve, du théâtre et du cinéma.Son imagination a été un exutoire merveilleux: le «mensonge» et l’imagination.Heureusement, il a éprouvé le besoin et a eu le talent de réaliser ces histoires en dehors de lui.Construire un théâtre, inventer des personnages, monter des spectacles sur scène et réaliser des films sont devenus pour lui des façons de recréer les fêtes de famille qui ont fait son bonheur chez sa grand-mère, et de rechercher l’amour.Son cinéma met en scène sa force de vie, sa lucidité et sa tristesse.Sa mythomanie (avoir été vendu par ses parents) a d’abord été une tentative d’échapper à sa réalité affective intolérable (Fanny et Alexandre, Les Enfants du dimanche).Il prête des monstruosités à ses parents, ce qui est une façon de projeter sa propre monstruosité et de s’en déculpabiliser.Dans Fanny et Alexandre, il y a deux images de père, un bon père «homme de théâtre» et un mauvais père «pasteur», comme l’était son père biologique.Il fait mourir le premier de façon douce et naturelle, et le second de façon violente, mais ces deux images vont continuer de le hanter.D y a là aussi une image de grand-père adoptif, le juif Isak qui, malgré les apparences de vulnérabilité, est le véritable «homme fort».C’est lui qui sauvera les enfants et la mère.Sensation de vide intérieur Cependant, le besoin de sécurité affective de Bergman, le petit comme le grand, était tel qu’il était impossible à combler.L’homme était toujours à la recherche d’une mère toute-puissante qui lui aurait ouvert les bras, l’aurait aimé et protégé de façon inconditionnelle et totale.Et les «histoires inventées» lui ont permis de contrôler sa réalité de façon omnipotente.Bergman a tenté de combler une sensation de vide intérieur, mais il lui fut difficile de trouver à l’extérieur ce qui lui manquait à l’intérieur.Il a eu la chance de travailler sur lui-même.D a recherché dans la convivialité et la sexualité des moyens de se sécuriser sur le plan affectif.D a fait, en quelque sorte, un travail qui consiste à (re) trouver sa vérité en créant des œuvres qui (re)font son histoire.Son angoisse le pousse à savoir et à comprendre.L’acceptation viendra beaucoup plus tard.Cette curiosité, jointe à son désir de plaire et d’être aimé, fait de lui un grand travailleur, un perfectionniste en constante quête de vérité.Ce n’est jamais total et il est donc toujours déçu, insatisfait C’est probablement ce qui explique qu’il ait réalisé tant d’œuvres.Fuir la dépression Il s'est perçu très tôt comme génial.D peut s’agir d’une réaction excessive à un manque affectif.Bergman sent la destruction en lui, de même que les démons qui l’habitent, mais des gens lui ont donné confiance en lui-même: sa grand-mère qui le traite en ami, sa mère dépressive qui prétend avoir vécu une enfance heureuse dans une maison ouverte où les fêtes étaient fréquentes, et son père qui lui a enseigné, à distance, à être professionnellement aimé en pratiquant le sens du devoir et en travaillant sans relâche.Il sait qu’il est aimable et qu’on l’aime mal- gré sa monstruosité, ce qui lui fait éprouver beaucoup de culpabilité.Sa vie professionnelle lui a permis de se défendre contre la dépression que lui a léguée sa mère en recréant par ses productions cinématographiques et théâtrales les fêtes de sa grand-mère, dont il a gardé la nostalgie, avec le souci du devoir que lui a transmis son père.Travaillomanie et érotomanie vont ensemble ici.Il lui a fallu fuir la dépression sous-jacente.Ses relations avec les autres étaient très difficiles et pénibles, sur les plans tant professionnel que personnel.Il se croyait tout-puissant, au-dessus de toute contrainte et de tout contrôle, ce qui lui a valu bien des humiliations.On comprend qu’il ait été fasciné par le national-socialisme et qu’il ait exigé des femmes de sa vie une disponibilité totale.Il y avait cependant un fond de confiance et une force de vie qui ont été plus forts que sa destructivité et sa fascination pour la mort Comme Orson Welles l’a fait avec le cinéma américain, Ingmar Bergman a profondément marqué le cinéma suédois, en collant de très près, à ce qu’il était comme personne.Ce cinéma nous touche beaucoup, nous qui sommes aussi un pays du Nord comme la Suède, dont la population ne dépasse pas beaucoup celle du Québec.La Suède, un modèle pour le Québec?Oui, mais.CLAUDE POMERLEAU Texte en réponse à celui de M.Yanick Labrie («Pourquoi le modèle suédois fonctionne», Le Devoir, 19 juillet 2007) -e modèle suédois n’est pas le seul qui pourrait servir d’exemple pour le Québec.En fait, il faudrait faire porter notre réflexion sur l’ensemble des pays de l’Europe dp Nord afin de comprendre pourquoi des Etats plus petits ou de taille équivalente au Québec sont parmi les plus performants au monde dans le domaine de la création et de la répartition de la richesse (la social-économie)) et représentent donc des modèles à suivre pour le Québec.Il est raisonnable toutefois d’affirmer qu’un «expert», qui est confiné dans le double cadre idéologique de l’Institut économique de Montréal (IEM), puisse de bonne foi identifier les deux conditions qui ont prévalu pour que ces Etats de l’Europe du Nord entreprennent des réformes majeures qui leur ont permis de relever le défi de la productivité de façon aussi convaincante.Ces deux conditions sont les suivantes., Premièrement, et il faut l’affirmer haut et fort, ces Etats sont souverains et indépendants et ils possèdent en conséquence, contrairement à la «province de Québec» inféodée au gouvernement fédéral d'Ottawa, tous les leviers de pouvoir pour en arriver à un processus décisionnel çohérent La souveraineté ou l’indépendance de ces Etats constitue, de facto, le facteur clé de la productivité, et ij faut en prendre acte.Deuxièmement, ces Etats pratiquent une culture du consensus économique et social, la social-économie, ce qui leur permet de s’ajuster rapidement à la mondialisation (autre facteur de cohésion stratégique).Ce sont ces deux conditions qui ont permis à la Suède de réaliser une réforme majeure qui lui a permis de réduire le nombre de ses fonctionnaires d’un tiers et de réaliser un gain de productivité de 4 %.Cette réforme n’aurait jamais été possible si la Suède avait été une province enfermée dans un fédéralisme de tutelle, avec un pouvoir central qui contrôle la moitié de ses impôts et qui intervient dans pratiquement tous ses champs de compétence.Ce qui est le cas du Québec.Doublement piégés Le Québec fait face à des défis majeurs pour améliorer sa productivité politique et économique.Il en va de l’intérêt supérieur du Québec que ce débat se fasse dans la plus grande rigueur.Malheureusement, à cet égard nous sommes doublement piégés par l’idéologie politique que nous vivons.Le premier piège est celui de l’idéologie fédéraliste, qui nous condamne à chercher des solutions dans le confinement du provincialisme, et l’autre piège est celui de ce débat entre gauche et droite qui nous fige dans un braquage stérile alors qu’il y a péril en la demeure.A cet égard, il est douteux que l’IEM, confiné dans cette double idéologie, nous fournisse quelques solutions valables pour répondre au seul défi qui se pose: améliorer la productivité politique et économique du Québec.Pour réussir des réformes structurelles majeures du type de celles que les pays d’Europe du Nord ont accomplies, le Québec doit donc réunir les deux conditions indispensables à la réussite: l’indépendance et une culture de consensus entre les différents acteurs que sont le gouvernement, le patronat et les syndicats, afin d’établir une véritable économie sociale.Réplique à Mario Cardinal Les pressions du B’nai Brith: quelques nuances.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada MOÏSE MOGHRABI Conseiller juridique B’nai Brith Canada — Région du Québec .e jeudi 26 juillet 2007, un article est apparu Ldans la section «Opinion» du journal Le Devoir, écrit par M.Mario Cardinal, relativement «aux pressions du B’nai Brith» quant à la candidature de M.Jocelyn Coulon.u=J M.Cardinal a l’impression que le B’nai Brith «confond ses propres valeurs», qu’il considère comme «des valeurs idéologiques [et] partisanes», avec «les valeurs canadiennes» qui, selon lui, puisent à d’autres sources.11 y va en longueur à détailler des valeurs qu’il considère siennes, allant de la désapprobation «sans nuances» de «l’occupation israélienne» à la guerre du Liban de juillet 2006 et à la qualification de la politique américaine au Moyen-Orient «d’hypocrite».Bien que je respecte tout à fait les opinions ainsi que le droit de M.Cardinal à ses opinions, celles-ci n’ont absolument aucun rapport avec les reproches que le B’nai Brith M à M.Jocelyn Coulon.Tout d’abord, étant dans un pays démocratique et nonobstant le droit d’un premier ministre de nommer qui il veut au cabinet qu’il veut, encore faut-il que la personne nommée ait été élue dans son comté au préalable.Cette élection est un processus démocratique par lequel les personnes allant aux urnes ont le droit de tout savoir sur les opinions et le candidat pour lequel on leur propose de voter.D n’a jamais été question déjuger «les valeurs canadiennes» en matière de politique étrangère, ni d’en discuter de quelque façon que ce soit, mais plutôt de discuter des positions biaisées qui disqualifieraient M.Coulon du poste qu’il convoite.Les politiques canadiennes établies Il existe, à ce jour, des politiques bien établies au Canada vis-à-vis de ses alliés et vis-à-vis du monde en général.Ces politiques n’ont pas changé de gouvernement en gouvernement, que ce gouvernement ait été conservateur ou libéral.M.Coulon fait plus qu’émettre ses opinions dans ses écrits lorsque, dans son article du 15 septembre 2004, il indique que les Américains massacrent délibérément des civils et que le 11 septembre 2001 est devenu une justification du massacre des musulmans en Palestine.Dans un article du 15 novembre 2006, M.Coulon se réfère à l’Irak en tant qu’ «abattoir» et parle de «carnage» et «de faire cesser la boucherie» dont la source, est Washington et Londres, qui entretiennent la guerre et propagent la violence alors que les Irakiens «crè-ee[nt] par milliers».La nuance est grande entre la désapprobation et même la répugnance envers les pertes de vie et le massacre de la vérité que fait M.Coulon dans un article qui vraisemblablement ne cherche qu’à soule- ver des sentiments de révolte et de haine envers nos alliés.Lorsque le B’nai Brith critique M.Coulon quant à sa position sur le Hamas, comme incompatible avec la politique canadienne, il se réfère aux articles répétés de M.Coulon (le 22 février 2006, le 8 février 2007, le 5 avril 2007 et le 19 juin 2007) où, à plusieurs reprises, il appelle l'Occident, dont le Canada, à «négocier» avec le Hamas, qualifiant d’absurde le refus de tout dialogue avec «les fauteurs de troubles» et «les terroristes» (les derniers guillemets sont de M.Coulon), ce qui s’applique, selon lui, au Hamas palestinien.D cite dçs auteurs qui partagent sa position, pour appeler les Etats-Unis à «cesse [r] de marginaliser les autres puissances et de favoriser constamment Israël» -r- il est difficile de croire qu’il s'agit d’un ami d’Israël qui ne fait que critiquer sa politique, comme le prétend aujourd’hui M.Coulon.À l’encontre de la position du Canada Cette position consistant à négocier avec un groupe terroriste est une position contraire à la politique du Canada, établie par le Parti libéral du Canada.Il ne s’agit aucunement de discuter de «vrais valeurs canadiennes», comme le prétend M.Cardinal.Le 1" mars 2007, M.Coulon affirme que «toute cette agitation martiale autour de l’Iran, tous ces coups fourrés» n’ont rien à voir avec la sécurité de la région, il dit que «tout cela fait parti d’une campagne de provocation graduelle visant à augmenter la pression sur l’Iran» dans le but de préparer la «joyeuse guerre [,] destinée à remodeler le nouveau Proche-Orient».M.Coulon fait abstraction tant de la position du Canada aux Nations Unies que des pressions que tente d’exercer l’ONU sur l’Iran pour faire cesser ses activités nucléaires.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada Lorsque, le 29 mars 2007, M.Coulon écrit que «le terrorisme islamique» est une «menace insignifiante » et que l’Iran est une menace «parfaitement neutrali-sable [ ]», il fait fi de la politique du Canada concernant ces problèmes, y compris la position du Parti libéral qui a initialement instauré la loi antiterroriste, ainsi que de la réalité des attentats et des activités terroristes, à New Yoric, Madrid, Londres, Toronto, au Maroc, en Egypte, et dernièrement des événements à la Mosquée rouge au Pakistan.Avec l’incitation au génocide des Juifs par le président iranien et le développement nucléaire accéléré de l’Iran, ainsi que le soufien documenté à des groupes terroristes par cet Etat, n’est-il pas légitime pour le B’nai Brith d’être préoccupé par les opinions de M.Coulon.qui n’y voit pas de menace sérieuse?Les citations ci-haut ne sont qu’un petit échantillon des écrits de M.Coulon, qui sont d'ailleurs intégralement disponibles dans Internet, et l’on ne peut s’empêcher de s’inquiéter de la direction que prendra un gouvernement au sein duquel M.Coulon serait le conseiller expert eq matière internationale, compte tenu de ses positions bien arrêtées sur ces sujets.Tout est question de nuances.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information).Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise: Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Générât).Jean Dion.louis-Gilles Francoeur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).F.milie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Laurence OsmUpupitre).Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau (pupitre) IouiseMaude Rioux Soucy (Santé); Pauline Gravel (sciences) ; Michel Gameau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudos.Michèle Malenfanl et Christine Dumazet (rriecteurj; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; h rMnrmalini i-uhmeBe Michel Bélair (théâtre et adder Cuhurr Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay l'rmrmnt Isabelle Paré (culturr); à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information) Dominique Rony (pupitre).Eric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; è l’information internationale : Jean-Pierre iegault (pupitre international et page éditoriale).Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) : h l'information politique : Hélène Biuætti e Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaiüe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction); Marie-Pier Frappier.Émille Parent Bouchard (romans
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