Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

Le devoir, 2003-06-14, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 J C I \ 2 0 0 5 Le devoir Grands bar d Commission internationale Grands ouvrages Il existe dans le monde pas moins de 45 000 ouvrages répertoriés comme étant de grands barrages, dont près de la moitié en Chine.La commission internationale qui les gouverne se réunit à Montréal du 16 au 20 juin prochain.Page 3 Thierry Vandal Le président d'Hydro-Québec Production rappelle les grandes étapes qui ont fait que la part de l'électricité dans le bilan énergétique du Québec, qui se limitait à 19% en 1951, atteint aujourd'hui 40 %.La quasitotalité, soit plus de 92 % des 32 660 MW actuellement produits par Hydro-Québec, est d'origine hydroélectrique.Page 5 La puissance de l'eau Le barrage Daniel-Johnson.Complexe hydroélectrique Manicouagan, Québec.HHRVRM* .-il»'! *- » •, j* - Les ingénieurs rêvent Les images défilent dans leur tête.Au nord du Québec, il est un grand plan d’eau.Cette eau est douce, non salée.Il suffirait de construire un grand barrage, de renverser le cours des rivières et une des plus grandes ressources aquatiques de la Terre deviendrait disponible à la consommation, comme à l’irrigation.Ce plan d’eau, c’est la baie James, dans laquelle se déversent de grandes rivières qui déjà font la richesse du Québec, lui permettant ceUes-ci étant harnachées, d’afficher un surplus dans sa production hydroélectrique, ouvrant ainsi la porte à une rémunératrice exportation.Et il y a 30 ans déjà qu’un Bernard Lamarre a soumis cette idée de récupérer cette eau qui naturellement se fond dans la mer.D en parle encore aujourd’hui, mettant toutefois un bémol au projet faisant constater qu’une telle réalisation ferait à coup sûr l’envie de nos voisins du Sud qui, dans le secteur de l’eau comme dans tous les secteurs qui touchent les ressources naturelles, sont en manque, ou le seront bientôt ils voudraient cette eau potable tant pour alimenter leurs villes que pour arroser leurs champs, les sécheresses du Midwest devenant ainsi chose du passé.Stabilisation Les Québécois voient d’abord les barrages comme autant de machines à produire de l’électricité.Ds en arrivent à oublier que ces ouvrages sont aussi des éléments régulateurs de la puissance aquatique.Dans une réflexion portant sur l’environnement ils les voient aussi comme des «nuisances» car, une fois mis en place, ils transforment le paysage, modifient flore et faune, quand ils n’obligent pas au déplacement des populations.Pourtant sur la planète, ces énormes constructions ont été sources de fierté locale, tout en étant des éléments stabilisateurs tant au plan écono-tpique que social.Si le barrage d’Assouan, en Egypte, a été un temps décrié, ce fut souvent parce qu’il était soviétique de conception, même s’il avait obligé à des déplacements de temples complets.Aujourd’hui, cette réalisation donne à ce pays une nécessaire autonomie face aux caprices naturels, quand les populations se dénombrent par dizaines de millions.Déjà, sur un autre continent, la Chine déplace, aussi par millions, les personnes à l’occasion de l’ouverture prévue du barrage des Trois Gorges.Et ce même pays a au programme le détournement complet de grands fleuves pour alimenter en eau ses grandes villes de l’Est de quoi faire percevoir plus tard sa «grande muraille» comme une réalisation technologique mineure.Avenir La semaine prochaine, à Montréal, ils seront 1200 à discuter de grands barrages: la commission internationale qui les régit siège.Ds viennent de plus de 50 pays et mettront en commun leur expertise, comme ils devront faire état de leurs avancées dans leur champ de compétence.Pour sûr, la sécurité, comme le vieiflissement des ouvrages, fera l’objet de discussions.Pour le Québec, l’occasion est befle d’afficher, et de montrer par une visite des installations, que l’expertise locale est à la fine pointe de la technologie et de l’ingénierie contemporaines.De plus, comme il sera aussi question du financement de tels projets, une corporation comme Hydro-Québec rappellera que le territoire qui lui est délégué par juridiction n’est toujours exploité qu’au trois quarts de son potentiel.Et pourtant, déjà, abondent les réalisations spectaculaires: du plus que trentenaire Manie 5 aux installations de La Grande.Ce qui explique sans doute que des entreprises québécoises oeuvrent maintenant dans une centaine de pays, y réalisant des ouvrages autant hydrauliques qu’électriques.Cependant, au-delà des prouesses techniques ou des discussions portant sur les coûts de vente et de production, évalués tant en dollars qu’en kilowatts, un autre débat est possible: on sait déjà qu’une ressource en apparence abondante n’est pas pour autant inépuisable.Le citoyen ingénieur le sait Mais cela ne l’empêchera pas de rêver à ce que le génie humain peut rendre, demain, possible.Normand Thériault Le barrage Gardiner que l’on retrouve en Saskatchewan.Sur la planète, ces énormes constructions ont été sources « de fierté locale, tout en étant des éléments stabilisateurs tant au plan économique que social CIGB Congrès Page 3 Exposition commerciale Page 7 Aménagamant Macroécologie Financement Page 4 Page 7 Développement durable Environnement Page 6 Ingénlarla Relève Page 4 » 4 J Le Québec : de Peau du génie deVéneme lige üiai «« SëSSs,; :,.S.www.mrnfp.qouv.qc.ca Ressources naturelles.Faune et Parcs Québec f ¥ LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN >005 f.3 GRANDS BARRAGES Commission internationale des grands barrages Des ouvrages transforment le quotidien de millions de personnes «Il n’existe pas deux barrages identiques» Il existe dans le monde pas moins de 45 000 ouvrages répertoriés comme étant de grands barrages, dont près de la moitié en Chine, qui compte à elle seule pas moins de 22 000 de ces ouvrages.La commission internationale qui les gouverne se réunit à Montréal du 16 au 20 juin prochain.MARTIN KOUCHNER Alors qu’en Chine, la très polémique mise en eau du plus grand barrage au monde a commencé ces jours-ci dans la vallée des Trois Gorges, Montréal accueillera du 16 au 20 juin prochain le 2T congrès de la Commission internationale des grands barrages (CIGB).Ce club, réservé à ceux dont l’intérêt se porte sur des ouvrages colossaux — plus de 15 mètres de hauteur ou de 500 de largeur en sont les principaux critères d’admission —, a été créé en 1928 et réunit aujourd’hui en son sein 82 comités nationaux comptant pas moins de 7000 membres venus de tous les pays.Il a pour fonction de compiler les données scientifiques existantes sur ces immenses constructions et de permettre la mise en commun d’informations techniques.Sont ainsi attendues au Québec des délégations iranienne, espagnole, française, chinoise, japonaise, indienne.Afin de partager leurs connaissances sur les quatre thématiques qui seront discutées à l’occasion de cette réunion: les nouvelles approches en matière de financement des projets hydrauliques, l’évaluation économique des aménagements, le vieillissement et la réhabilitation des ouvrages en béton et, enfin, les risques sismiques.Barrages par milliers Des questions cruciales pour les spécialistes, car il existe dans le monde pas moins de 45 000 ouvrages répertoriés, dont près de la moitié en Chine, qui compte à elle seule pas moins de 22 000 de ces ouvrages.Or, en dépit de la longue expérience des hommes en la matière — en leur temps, les Romains bâtissaient déjà en Syrie d’immenses réservoirs formés de gigantesques blocs de pierre —, de nombreuses inconnues demeurent quant à leur évolution dans le temps.«Il n’existe pas deux barrages identiques», explique Gérard Verzeni, le président de l’Association canadienne des barrages (ACB), le comité na- tional canadien affilié à la CIGB.Les conditions géologiques, sismiques, environnementales, les ressources disponibles pour la construction diffèrent en effet sur chaque chantier.De plus, contrairement au Canada, la grande majorité des barrages ne sont pas destinés à la production d’électricité.Nombre d'entre eux servent en effet à la régulation des crues, à l’irrigation des terres fertiles ou encore de réservoirs d’eau douce.Du fait de cette diversité, le dialogue entre les ingénieurs, notamment sur les aspects liés à la sécurité des constructions, est indispensable.En matière de vieillissement, par exemple, elle rend très difficile la prévision de l’âge limite de fonctionnement d’un barrage, ou tout au moins de sa nécessaire réhabilitation.Si, communément, les experts estiment à environ 100 ans l’âge à partir duquel une réfection des infrastructures doit quelque ®tre envisagée, il ne s’agit que d’une estima-peu en tion.Ainsi, au Québec, la loi fixe à 50 ans le question.seuil critique.Mais il est arrivé de constater des vieillissements prématurés sur des ouvrages ayant à peine atteint 25 ans, là où d’autres dépassent le siècle de vie sans signes de faiblesse.La période récente a vu le mythe classique du grand barrage remis Une vue du vieux comté de Wushan, près de la municipalité de Chongqing.Le comté sera partiellement submergé afin de permettre la mise en eau du plus grand barrage au monde dans la vallée des Trois Gorges, en Chine.Le niveau de l’eau s’élevant de trois mètres par jour, il devrait atteindre les 135 mètres le 15 juin prochain.Incidents par centaines Les échanges entre participants au congrès porteront donc en grande partie sur les techniques de surveillance.Et celles-ci sont étudiées avec une attention particulière par les membres de la CIGB car, pour colossaux qu’ils soient, ces énormes édifices ont pu, par le passé, se montrer vulnérables et leurs ruptures ont engendré des catastrophes monumentales.Ainsi, en Chine en 1975, l’effondrement des barrages de Banqiao et de Suimanqio, situés sur un affluent du fleuve Yangtsé, avait, selon un rapport de l’organisme non gouvernemental Human Rights Watch, entraîné la mort de 86 000 (chiffre officiel) à 230 000 (chiffre annoncé par les opposants chinois) personnes.La plupart des victimes ont péri noyées ou, plus tard, de la famine et des terribles épidémies que cette catastrophe a engendrées.Il s’agit là du plus important désastre lié à une rupture de barrage jamais répertorié, mais au Nigeria, en Inde, au Mozambique, en France, en Italie et dans bien d’autres pays encore, depuis le début du siècle dernier, plus de 300 incidents de ce type ont été recensés, pour la plupart il est vrai, liés à des événements climatiques exceptionnels et antérieurs aux années 1980.Toutefois, les participants ne se contenteront pas d’offrir leur expertise en matière de sécurité sismique ou de vieillissement.En marge du congrès, les uns et les autres en profiteront pour présenter leurs entreprises, rencontrer de nouveaux partenaires, créer de nouveaux réseaux et, pourquoi pas, remporter quel- ques marchés.Si le montant des contrats liés aux grandes constructions reste difficile à évaluer, il est souvent à la mesure (jes ouvrages qu’il vise: colossal.A titre d’exemple, la construction du plus grand barrage hydroélectrique du Congo par une firme chinoise (CMEC) aurait été estimée à 236 millions $US.Une manne financière loin d’être négligeable.Déplacements par millions Mais la conjoncture est difficile, car la période récente a vu le mythe classique du grand barrage, symbole massif du progrès de l’humanité, remis quelque peu en question.Dans le même temps, le soutien de certaines instances financières internationales s'est effrité.En novembre 2000, la Commission mondiale des barrages (CMB), créée à l’instigation de la Banque mondiale et de l’Union mondiale pour la nature (UMN), a publié un rapport sur la pertinence de l’usage des grands barrages qui a fait grand bruit.Si celui-ci reconnaît clairement leur impact positif global sur le développement humain, il vient aussi remettre en cause les performances économiques de projets liés à l’irrigation et à l’approvisionnement en eau.Plus encore, il vient poser la question cruciale du coût social et environnemental de ces projets.Selon la CMB, ce sont «entre 40 et 80 millions de personnes qui ont été déplacées dans le monde pour assurer la construction de ces ouvrages» et «dans l'ensemble, les impacts sur les écosystèmes sont plus négatifs que positifs».Un point de vue que la CIGB conteste mais qu’elle n’abordera pas lors de ce congrès.11 n’en reste pas moins que ses membres subissent directement les effets de la prise de conscience internationale sur les questions liées au développement durable.De fait, depuis quelque temps déjà, l’aide financière de la Banque mondiale dans le secteur diminue.Jusqu’en 1985, elle aurait contribué à financer environ 3 % des nouveaux barrages construits dans le monde.Mais au cours des 10 années qui ont suivi, ce pourcentage serait tombé à 2 % pour atteindre actuellement environ 1 %.Dans ces conditions, la question du financement des projets et de l'évaluation de leur coût économique sera aussi au cœur des préoccupations des congressistes.21e Congrès de la CIGB Un grand projet humain Montréal accueille 1200 délégués provenant de plus de 60 pays Chaque année, le Palais des congrès de Montréal accueille d’innombrables délégations en provenance du monde entier.Si les retombées économiques et touristiques des congrès sont visibles, le travail d’organisation derrière ces événements est un volet méconnu.Surtout quand le 11 septembre, la guerre en Irak ou le SRAS font toujours les manchettes.JESSICA NADEAU Pour accueillir un congrès comme celui de la Commission internationale des grands barrages (CIGB), qui se tiendra à Montréal du 16 au 20 juin, il y a des années de préparation.«J’ai au sein de mon équipe des gens d’Hydro-Québec qui travaillent à l’idée d’accueillir cet événement international depuis 1995», explique Yves St-Amand, directeur-exécutif du congrès CIGB-ICOLD Montréal 2003.Une organisation en trois phases La planification de la rencontre a été divisée en trois phases.D fallait tout d'abord sensibiliser des partenaires et commanditaires de démarrage qui s’intéressaient au sujet Cette première phase a dè buté il y a environ six ans.Vint ensuite une phase de sollicitation à l’échelle internationale au cours de laquelle les pays intéressés à recevoir le congrès devaient prè senter un document pour justifier leur candidature.«Il y a trois ans, nous étions en concurrence avec la Chine et ils ont obtenu le congrès, mais nous l’avons eu trois ans plus tard», mentionne le directeur-exè cuti! Ensuite, l'organisation comme telle a pu démarrer.Depuis deux ans et demi, Yves St-Amand travaille à la troisième phase.À quelques jours du rendez-vous triennal, il est fébrile: «Il y a tellement de choses auxquelles il faut penser, de l’inscription coordonnée avec le système de réservation d’hôtel à l’organisation de cocktails ou de banquets, en passant par la planification des activités pour les accompagnateurs, des tournées d’études sans oublier la capacité audiovisuelle et l’accueil des congressistes.» Retombées économiques et visibilité pour les entreprises Montréal accueillera quelque 1200 délégués de plus de 60 pays pour traiter de grands barrages.Les impacts sur la métropole sont identifiables sur le plan du tourisme, de la visibilité internationale et des retombées économiques.Pourtant, Yves St-Amand considère que son congrès aura le même impact qu’un congrès de médecins ou de gens de théâtre: «La seule différence est dans la capacité de payer et de dépenser du congressiste.» Sur un autre plan, le congrès génère des retombées internationales importantes pour les entreprises d’ici qui ont quelque chose à vendre, que ce soit des services, de l’expertise ou des produits.«Ce congrès offre une tribune exceptionnelle à nos partenaires, commanditaires et expo- sants pour témoigner de leur capacité de production et d’expertise à l’échelle internationale.» Après le 11 septembre Le congrès de Montréal a été compromis plusieurs fois par les événements internationaux ou locaux.La toute première véritable activité de promotion en Allemagne a été anéantie par les événements du 11 septembre: «Nous étions là à parler d’une Amérique sécuritaire et à la suite des événements que nous connaissons, notre discours est devenu complètement contradictoire.» Ensuite, il y a eu un changement de dates du Grand Prix à Montréal.Pour Yves St-Amand, la situation était catastrophique: «Nos dates étaient connues depuis longtemps et nous avions prévu éviter la fin de semaine la plus occupée de Montréal.Cela avait un impact énorme sur la disponibilité et le prix des chambres, mais nous avons trouvé des solutions créatives.» Puis, il y a eu la guerre en Irak.Pas seulement les affrontements, mais les semaines précédentes où l'incertitude régnait partout dans le monde.«Ça a ralenti le processus d’inscription au point où nous avons songé à annuler le congrès.» Enfin, le Canada a été frappé par le SRAS et les organisateurs ont été en lien continuel avec les délégués potentiels et des membres de la CIGB.«Avec le SRAS, la crainte des gens est plus présente parce qu’elle est personnalisée: les gens ont peur pour leur propre santé.» De nombreux délégués, dont plusieurs Espagnols, ont décidé de ne pas participer au congrès pour cette raison.«Il a fallu ¦ SOURCE HAÏ.1NGBERG Le congrès de la Commission internationale des grands barrages (CIGB) se tiendra au Palais des congrès de Montréal.changer le ton de promotion pour le rendre plus rassurant et plus personnalisé afin de gérer cette peur collective du SRAS.» Malgré tout, le congrès aura lieu et les organisateurs prévoient même dépasser leurs objectifs, notamment du côté de l’exposition commerciale, une première pour le congrès.Ce nouveau volet permet notamment de trouver des sources de financement différentes pour fai- re diminuer le coût pour le participant moyen et d’ouvrir une porte sur un secteur d’intérêt commun, puisque tous les délégués travaillent avec des fournisseurs du domaine des barrages.L’Iran s’amène avec la deuxième délégation en importance Plus d’une soixantaine de pays des cinq continents seront représentés.Après le Canada, l’Iran est la deuxième délégation en importance avec une cinquantaine de congressistes.Yves St-Amand explique ce phénomène qui peut paraître étrange par une mauvaise perception du pays, que plusieurs imaginent désertique alors qu’il y a beaucoup de montagnes et plusieurs projets de barrages en cours, tant à des fins énergétiques que de contrôle de crues.«Il y a énormément de pays qui ont des besoins particuliers de barrages pour des fins autres que ce que nous, Nord-Américains et particulièrement Québécois, sommes habitués.» En effet, si au Québec, grand barrage rime avec hydroélectricité, pour d’autres pays, les barrages servent à l’irrigation, au contrôle de crues, à la gestion des ressources hydriques ou à des besoins alimentaires.«Ce genre d'information change la perspective d’organisation, car je ne m’adresse pas à des gens qui viennent ici pour se demander s’ils devraient faire de l’éolien ou de l’hydroélectricité, mais à des spécialistes qui veulent échanger des techniques très précises sur des thématiques très pointues.» Cette année, deux volets concernent le financement, une problématique très présente dans les pays émergents.Un troisième volet s’attaque à la problématique mondiale des barrages vieillissants et le dernier s’intéresse à l’aspect sismique relié aux barrages.Le congrès et l’exposition commerciale se tiendront du 16 au 20 juin, mais des activités connexes se dérouleront du 11 au 27 juin. LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 15 JUIN 2 0 0 3 G 4 • GRANDS BARRAGES Relève en ingénierie Moins de jeunes s’intéressent à la construction des grands ouvrages La seule Hydro-Québec devra rénover 125 barrages Cette année, lors du congrès annuel de la Commission internationale des grands barrages, les organisateurs ont choisi d’accorder une place plus importante à la relève.Question de relancer l’intérêt pour ce secteur, car l’époque est loin où le Québec était un immense chantier hydroélectrique.PIERRE VALLÉE «"VT ous avons formé un comité • il pour encourager la partici-, pation des jeunes au congrès, ex-: plique Italie-José Nollet, profes-t seur à l’École de technologie supérieure (ETS) et membre de ce • comité.Nous nous sommes rendu compte que le coût élevé d’inscription pouvait nuire à leur participa- i tion.» Ainsi, tous les jeunes diplômés et les professionnels de • moins de 35 ans pourront assister , au congrès à demi-tarif.i De plus, un concours a été or- • ganisé avec les universités cana-, diennes afin de récompenser des étudiants s’étant démarqués dans : un projet d’étude.Les deux lauréats seront accueillis gratuite-i ment au congrès et pourront pré-.senter leur projet lors de l’exposi- • tion commerciale du congrès.Une invitation a été lancée aux autres comités nationaux afin de i mettre sim pied un concours simi-.laire dans leur pays.Un jury international décernera un prix à trois , de ces étudiants.i Pénurie ou non?Pareil effort pour rejoindre les ¦ jeunes trahit-il la crainte d’une pé-, nurie de jeunes ingénieurs intéressés par les grands barrages?La relève est-elle au rendez-vous?Difficile à dire.«Cest vrai qu 'il y a moins de jeunes, avoue Pierre Lé-, ger, professeur et spécialiste en grands barrages à l’École poly-t technique de Montréal, mais il y a aussi beaucoup moins de construc-i tion de barrages.» i En effet, l’effervescence des années 1960 et 1970, lorsque le > Québec était un immense chantier hydroélectrique, est maintenant révolue.Il est donc normal que les jeunes ingénieurs s’intéressent à d’autres domaines.«Ces dernières années, plusieurs jeunes ont choisi les domaines des télécommunications et de l'informatique, avance René Tinawi, directeur du service de la recherche et création à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Mais comme cette bulle s’est dégonflée, les jeunes s'intéressent à nouveau au génie civil.» Selon Pierre Léger, il faut aussi comprendre qu’environ 90 % des étudiants en génie civil seront appelés à travailler dans les secteurs du bâtiment ou des infrastructures, tels les ponts.«Peu d’étudiants se spécialisent à l’université dans les grands barrages, renchérit Marie-José Nollet.C’est souvent un domaine auquel on s'intéresse une fois sur le marché du travail, à la suite de l’obtention d’un emploi, à Hydro-Québec, par exemple.» Quoique l’intérêt des étudiants pour les grands barrages ait fléchi, René Tinawi n’est pas inquiet outre mesure.«Les compétences sont là.S’il y avait un grand ouvrage à bâtir, nous serions en mesure de relever le défi.» Mais il ne faut pas pour autant s’asseoir sur ses lauriers, croit Marie-José Nollet «Ilya beaucoup de têtes grises à nos rencontres.» René Tinawi est d’accord: «Plusieurs ingénieurs prendront leur retraite d’ici quelques années, et nous avons donc une obligation de formation.» D’où l’intérêt d’agir maintenant et d’attirer la relève.Un domaine d’avenir?A moins que les autorités politiques ne décident d’aller de l’avant avec un nouveau projet de développement hydroélectrique, il ne se construira peu ou pas de barrages au Québec.La même situation prévaut dans les pays industrialisés mais ce n’est pas le cas dans les pays en voie de développement.René Tinawi donne en exemple la Turquie où l’on trouve présentement plus d’une centaine de barrages en chantier.Comme plusieurs firmes québécoises d’ingénierie sont impliquées dans ces projets, les jeunes ingénieurs y trouveront de l’emploi.Pour Pierre Léger, l’exportation de notre savoir-faire représente un beau défi.«Est-ce possible d’exporter nos solutions dans les pays en voie de développement?Nous travaillons ici dans un contexte où la main-d'œuvre est chère mais les matériaux relativement accessibles.C’est tout le contraire pour les pays en voie de développement.Nous devons donc nous adapter, ce qui est un beau problème à résoudre.» Mais les jeunes ingénieurs qui s’intéressent aux grands barrages n’auront pas tous à s’exiler.Deux domaines s’ouvrent à eux au Québec: la réfection et l’optimisation des ouvrages déjà existants.«L’âge moyen des ouvrages au Canada est de 50 ans, certains barrages datent de 1920», précise René Tinawi.Et comme Pierre Léger aime le rappeler, «tout ce qui est construit doit être un jour rénové».Un parc à rénover La réfection des barrages n’est pas rendue nécessaire parce qu’ils ont été mal entretenus et qu’ils posent un quelconque risque de sécurité.C’est que les normes concernant la résistance au stress causé par les crues ou les séismes ont évolué.Récemment, le gouvernement du Québec a adopté une loi sur la sécu- rité des barrages qui oblige les propriétaires des ouvrages à s’assurer que ces derniers répondent aux nouvelles normes.«Tout le parc devra y passer, explique Pierre Léger.Uniquement chez Hydro-Québec, on parle de 125 barrages.» La réfection d’un grand barrage pose un défi d’ingénierie et nécessite l’utilisation de technologies de pointe.«Par exemple, beaucoup de jeunes s'intéressent à la robotique, dit Pierre Léger, mais peu savent que l’inspection sous-marine des ouvrages se fait souvent grâce à des robots puisqu’il est parfois impossible d’y accéder par plongée sous-marine.» L’optimisation des ouvrages existants est aussi un secteur d’avenir.«Il n’est pas toujours nécessaire de construire de nouveaux ouvrages, explique René Tinawi.On peut tout simplement augmenter la productivité des barrages existants.» Par exemple, on peut relever la chute d’eau et accroître la productivité des turbines.«Dans le domaine de l'hydroélectricité, chaque goutte d’eau vaut de l’argent», tient à souligner Pierre Léger.Comme on peut le constater, il y a du pain sur la planche pour les jeunes ingénieurs qui s’intéressent au domaine.D'autant plus que la construction, la réfection et l’optimisation des grands barrages sont des travaux complexes et multidisciplinaires où le génie civil côtoie le génie électrique en passant par la géophysique.«Si l’on veut assurer la relève dans le domaine, affirme Marie-José Nollet, il faut en parler aux jeunes.Au Québec, les grands barrages se trouvent dans des régions éloignées et, par conséquent, peu accessibles.Les jeunes n’ont pas souvent l’occasion de se familiariser avec ces grands ouvrages.Il est donc important de les renseigner à ce sujet, ce que nous avons choisi de faire cette année au congrès.» « Plusieurs ingénieurs prendront leur retraite d’ici quelques années » Entre Hewitt et Hydro-Québec, le courant passe ! Chef de file en matière d’équipement Caterpillar depuis plus de 50 ans, nous sommes très fiers de contribuer activement au développement des projets majeurs à travers le Québec.Expertise, support, mobilisation, exécution rapide.Aujourd’hui comme hier, nous mettons tout en œuvre pour bâtir, ensemble, le monde de demain.TOUTES NOS VENTE • LOCATION • FINANCEMENT • PIÈCES ET SERVICE Division Succursales Québec Val-d'Or Division Énergie Équipements Équipement lourd et divisions (418) 878-3000 (819) 825-5494 Pointe-Claire K Poiardy Pointe-Claire (514) 630-3100 Baie-Comeau (418)296-3003 Saint-Hubert (450) 678-6091 Wabush, Labrador (514) 426-3000 2000 inc.Saint-Damose Ms* serinl Chicoutimi Sept-îles (709) 282-3350 Division (450) 797-3325 Pointe-Claire (418)545-1560 (418) 962-7791 Division Camion Manutention Location (514)630-3100 Hull Trois-Rivières Pointe-Claire Pointe-Claire ¦ •WinriiT inc.(819)770-1601 (819) 371-1005 (514) 630-3100 (514) 426-6700 (514)352-6121 MACROÉCOLOGIE SOURCE GRAM Jean-François Lefebvre, directeur du GRAM.\ A la recherche du moindre impact par unité énergétique Trop coûteux, dommageables pour l’environnement, inutiles selon les besoins actuels des Québécois en matière énergétique.De Grande-Baleine à Eastmain, tout a été dit sur la construction des grands barrages au Québec.Le sujet a fait couler beaucoup d’encre, mais peu de choses ont cependant été accomplies depuis l’immense chantier de la Baie-James.Du temps perdu que les Québécois regretteront un jour, s’il faut en croire Jean-François Lefebvre, directeur du Groupe de recherche en macroécologie (GRAM), pour qui la construction des grands barrages reste tout de même la meilleure des solutions, tant au plan économique qu’environnemental.GUYLAINE BOUCHER «'T' « environnement, on dit sou- 11/ vent que small is beautiful.Le problème, c’est que certains ont érigé cette phrase en dogme religieux alors que ce n’est pas toujours vrai.Une étude réalisée dans les années 1990 sur près de 200 projets de toute taille a en effet démontré que la mauvaise réputation qu’ont les grands barrages n’est pas toujours fondée.La tendance moyenne est plutôt contraire.Ce sont en effet les grands barrages qui engendrent le moins d’impact par unité énergétique.» Logique, lorsqu’on sait que, par définition, les grands barrages produisent aussi plus d’énergie.Jean-François Lefebvre l’admet, tout comme il avoue être conscient des impacts environnementaux qu’ont ces immenses constructions.«Les grands barrages ont bien sûr des impacts sur l’environnement.Prétendre le contraire serait faux.Ce sont des infrastructures lourdes en coûts de capital, de main-d’œuvre et de territoire.Par contre, contrairement à d’autres types de centrales ou de barrages, leurs impacts tendent à diminuer avec le temps.Ils sont assumés à l’intérieur d’une génération et la suivante peut uniquement bénéficier des effets positifs.Lorsqu’on pense en termes de développement durable, c’est le meilleur des scénarios.» Le fait que les impacts engendrés soient concentrés dans un seul endroit plaide aussi en faveur des grands barrages, selon le chercheur.«Pour beaucoup de gens, il est plus acceptable de construire plusieurs petits barrages qu’une seule grande centrale.C’est à voir.Doit-on limiter “les dégâts” en concentrant le développement en un seul endroit ou, au contraire, favoriser la construction de plusieurs petits barrages qui laisseront leur marque un peu partout sur le territoire?» Pour Jean-François Lefebvre, le problème réside dans le fait que les gens ne se posent pas souvent les questions sous cet angle.«On aligne les chiffres, la production prévue, les besoins connus et on trouve que les grands projets sont démesurés.Bien sûr que c’est impressionnant, mais il faut voir à long terme.» Anticiper les besoins A son avis, le débat est encore plus significatif au Québec, compte tenu de la préférence marquée pour l’hydroélectricité.«On ne construit pas une centrale hydroélectrique en un an.On parle de travaux qui durent des années.presque une décennie parfois.R est donc particulièrement important de voir à long terme.R est possible que, lorsqu’on amorce les travaux, les besoins énergétiques ne soient pas aussi importants que ce que générera la centrale, mais à plus ou moins long terme ce sera payant pour tout le monde, parce qu’on pourra compter sur une énergie renouvelable et propre.» Rappelant que le débat entourant les grands barrages ne date _ pas d’hier, le chercheur affirme d’ailleurs que le Québec paie déjà pour ses craintes injustifiées envers les grands projets hydroélectriques et ses choix passés.«Dans le passé, lorsque par exemple il a été question de Grande-Baleine, il y a eu une levée de boucliers telle que Ton a décidé de mettre le projet sur la glace.On prétextait alors que le Québec n’avait pas besoin d’une aussi grosse centrale, etc.C'était vrai à ce moment-là, mais aujourd’hui, nous aurions besoin de cette énergie.La preuve: pour combler rapidement la demande, le gouvernement vient d’autoriser la construction d’une centrale thermique.On en parle moins parce qu’on ne devra pas harnacher une rivière, mais le projet aura, objectivement, des impacts beaucoup plus négatifs sur l’environnement, ne serait-ce qu’à cause de ses émissions [dans l’atmosphère].» Pour le directeur du GRAM, le problème principal vient de la méconnaissance généralisée de la population envers les différents types d'énergie et leurs impacts sur l’environnement.À son avis, l'opposition réelle aux projets d’envergure n’est d’ailleurs pas si importante que le laissent entendre les médias.«Je suis convaincu que la population en général est plutôt favorable aux grands barrages.Il y a d’ailleurs une fierté non dissimulée au Québec pour des installations comme celles de la Baie-James.Si on prenait le temps d’expliquer vraiment les choses, ce serait encore plus prononcé.L’opposition vient d’une minorité de groupes d’activistes qui s’opposent systématiquement à tout développement énergétique.Ce n’est pas réaliste et il y a beaucoup de désinformation là-dedans, malheureusement.Pour ma part, je reste convaincu que les grands barrages représentent la meilleure solution qui soit pour les générations futures.À plus forte raison lorsqu’on opte pour l’hydroélectricité comme le fait le Québec.En Amérique du Nord, nous sommes parmi les plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre.Ce n’est pas rien.» li' .¦ .¦¦¦.—— GRANDS BARRAGES COMMISSION INTERNATIONALE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT nthfrianllalrdrvoir.ra 2050.rue de Blenry.»' éla.içe.Monlreal (qnébec) H3A 3M9.Tel.: (514) 985-3333 redaflioneledevoir.com FAIS GF.QUE D 0 I S ( LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE IA .II I N ¦> O O 3 GRANDS BARRAGES Rencontre avec Thierry Vandal La terre des grands barrages La part de l’électricité dans le bilan énergétique du Québec se limitait à 19 % en 1951.Elle atteint aujourd’hui 40 %.La quasi-totalité, soit plus de 92 % des 32 660 MW actuellement produits par Hydro-Québec, est d'origine hydroélectrique.Et le Québec peut compter, en outre, sur les 5428 MW qu’il a développés conjointement avec Terre-Neuve sur le fleuve Churchill, au Labrador.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Cela n’était donc pas évident, il y a un demi-siècle, que le Québec allait devenir la «terre des barrages» même si on savait déjà que son territoire — 1,6 million de kilomètres carrés — était couvert d’eau sur plus de 10 % de sa surface, soit sur 183 000 km A Ce qui explique que le Québec recèle 3 % des réserves d’eau douce de la planète, entreposées dans près d’un million de lacs qui s’écoulent via plusieurs dizaines de milliers de cours d’eau d'inégale importance.Le Québec, terre des barrages, s’est construit progressivement Le ton avait été donné par certaines des premières centrales hydroélectriques d’Amérique, dont celle de la Montreal Light, • Heat and Power Consolidated, , qui produisait dans le rapide de Lachine à la hauteur de LaSalle.Plusieurs projets privés importants allaient suivre sur différents cours d’eau du Québec, comme le Saint-Maurice et autour du lac Saint-Jean.Mais la première pha-¦ se des véritables grands travaux hydroélectriques québécois a démarré avec la construction du complexe Manie-Outardes à la fin des années 1950.Et c’est la nationalisation de l’électricité en 1962, qui allait confier à Hydro-Québec la totalité de la production privée existante et potentielle, qui a fourni l’impulsion décisive, même si ses objectifs premiers étaient sociaux, soit de niveler les tarifs * , souvent exagérés de certains fournisseurs et d’assurer un service fiable à tout le monde.La première phase du com- plexe La Grande à la Baie-James allait engager le Québec dans un défi technologique, social et financier encore plus exceptionnel même si la construction du complexe de la Manicouagan, en particulier du barrage Daniel-Johnson, était déjà devenue un motif de fierté nationale.A cette époque, rappelle Thierry Vandal, le président d’Hydro-Québec Production, on voulait à la fois satisfaire les besoins internes en énergie et même les «devancer» pour vendre les excédents temporaires à nos voisins américains, ce qui permettait d’alléger la facture globale.Les deux crises du pétrole survenues à cette époque ont dramatiquement illustré la pertinence de cet investissement, dont la productivité allait toutefois dépasser pour un temps les besoins de la province.D faut attendre la fin des années 1980 avant que ne devienne nécessaire la Phase II du complexe hydroélectrique La Grande, pendant que le débat public se centrait sur le mégaprojet de la rivière de la Grande-Baleine (3000 MW), finalement remisé.jusqu’à nouvel ordre.Législation Les années 1990 ont constitué une période d’accalmie en matière de grands projets même si les enjeux énergétiques allaient prendre le haut du pavé avec le débat public qui a entouré les travaux de la Table ronde nationale sur l’énergie et, par la suite, l’adoption d’une Politique nationale de l’énergie.Les changements qui bouleversaient alprs le marché de l’énergie aux Etats-Unis allaient provoquer un chambardement majeur du dossier de l’énergie, modifiant plusieurs des priorités de la politique fraîchement adoptée.Québec avait décidé, avec cette nouvelle politique, de mettre de côté sa politique de devancement des projets hydroélectriques pour placer plutôt sa principale société d’Etat sous l'autorité d'une Regie indépendante, qui devait établir les besoins de la province, examiner chacun des projets pour en valider la pertinence et faire en sorte que chacun constitue le meilleur choix non seulement au plan économique, mais aussi au plan social et environne mental, dans le cadre d’une véritable «planification intégrée des ressources» (PIR).Mais, finalement, Québec allait modifier tout ce plan avant qu’il n’entre en vigueur et enlever à la Régie tout pouvoir d'examen sur les grands projets hydroélectriques.Redistribution des pouvoirs Si la Régie conserve la responsabilité de définir les besoins de la province via le plan de développement d’Hydro-Québec Distribution et d’Hydro-Québec Transport (de la haute puissance), elle n'a plus le pouvoir d'examiner les projets d’Hydro-Québec Production.Ces trois «entités», qui fragmentent artificiellement Hydro-Québec, ont été créées, explique Thierry Vandal, pour que la société d’Etat se conforme aux décisions de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) des Etats-Unis.Cet organisme exige la réciprocité en matière de libre circulation de l’énergie pour qu’Hydro-Qué-bec puisse vendre son électricité sur le marché américain.Les industriels américains ou québécois peuvent donc théoriquement utiliser le réseau de transport pour rejoindre des clients.Mais la distribution demeure un monopole d’Etat.Ce n’est toutefois pas le cas de la production, où le secteur privé peut y aller à son gré, sauf en hydroélectricité, où on lui a ouvert la porte à hauteur de 50 MW.Plusieurs parmi les écologistes, les consommateurs et de grands producteurs ou consommateurs estiment, plus cyniquement, que Québec a confié à la Régie les do- maines où les coûts devront être haussés grâce à ses décisions (distribution, transport et nouveaux projets, payes au coût mar ginal) mais qu'il a laisse entière liberté à Hydro-Quebec.dont les coûts de production vont décroissants avec la fin du financement de plusieurs grandes centrales.Thierry Vandal n’est pas de cet avis.La Regie, dit-il.a un mandat strict d’assurer l'approvisionnement du Québec dans un marché où les fournisseurs sont de plus en plus nombreux, sur le modèle de ce qui se fait dans le gaz naturel La croissance des revenus d’Hydro-Québec repose désormais à la fois sur la croissance de la demande interne, qui a repris depuis quelques années, et du «marché ouvert» nord-américain, où la société d’État vend désonnais à court tenue, ce qui constitue une toile de fond radicalement différente de celle des années 1970-1980.Electricité à prix fixe et au prix du marché Les Québécois, dit-il, sont néanmoins assurés de bénéficier d’un bloc de 165 TWh d’électricité à un prix fixe qui reflète les investissements historiquement consentis.Pour le reste, la partie va se jouer selon les règles du jeu économique, c’est-à-dire au prix réel des nouveaux projets.M.Vandal ne précise pas en quoi, cependant, les nouveaux projets toujours financés par le gouvernement québécois sont moins patrimoniaux que ceux du bloc de 165 TWh.Pour le président d’Hydro-Québec Production, le nouveau «signal des prix» va avoir un effet bénéfique sur la consommation d’énergie des Québécois.Mais plus globalement, dit-il, le marché contrôle le développement et les investissements d'Hydro-Québec.Les écologistes, eux, n’y voient pas un «contrôle» mais plutôt une incitation structurelle à la surproduction, au gaspillage et au développement des dernières grandes rivières vierges du Nord.Toujours est-il que c’est sur ce fond de grandes manœuvres stratégiques et réglementaires que les projets redémarrent de- Thierry Vandal puis la nomination d’André Caille à la présidence d’Hydro-Québec en 1996 et de son bras droit, Thierry Vandal.De la Portneuf à la Rupert Ce furent d’abord une série de dérivations de rivières de la Côte Nord (Portneuf, Sault-aux-Co-chons et Manouane) vers les turbines du complexe Bersimis à l’époque des projets à «3 cents du kHTi», qui furent bien utiles pour écarter tout le programme d’économies d'énergie, jugé trop cher à ce prix! Quand ce bassin de projets bon marché a été épuisé, Québec a relancé le programme des petites centrales privées, mis en échec récemment par les écologistes.Mais là, la barre était soudainement relevée en haut des 6 cents du kWli, ce qui a justifié soudainement l’avancée du Québec dans l'éolien avec un programme de KXX) MW en dix ans, la construction de nouvelles centrales comme Toulnoustouc (en construction), Péribonka (en examen) et Eastmain-1, qui ne serait pas vraiment justifiée au plan économique sans les apports éventuels de la dérivation de la Rupert, dont l’examen démarre, y compris celui de sa pertinence! Le projet a cependant été avalisé par les Cris qui en escomptent d’importants bénéfices économiques et qui le préfèrent au défunt projet du complexe NBR.Les Inuits n’auront pas la même chance car après examen préliminaire.les 6500 MW qu’Hydro pensait tirer des grands projets envisages au Nunavut, comme sur le fleuve George, ont été globalement remisés en raison notamment de leurs impacts sur le saumon atlantique.l^es 10 OOO MW restants Par contre, explique Thierry Vandal, il reste encore un bon 10 (XX) MW à développer à l’intérieur de paramètres éc onomiques viables d’ici 15 ans.Hydro-Québec, dit-il, a certes fait une croix sur le complexe NBR avec le détournement de la Rupert.Mais si l’on redémarre éventuellement le projet Grande-Baleine et qu'on y ajoute les mégawatts escomptés de Eastmain-1 et de Rupert, Hydro-Québec peut encore tirer autour de 4000 MW de cette région.Au labrador, nonobstant un accord avec Terre-Neuve, les projets de Gull Island et de Muskrat peuvent ajouter près de 3000 autres MW à la puissance disponible au Québec.En Minganie, où le projet Sainte-Marguerite-3 n’en finit plus de donner des maux de tête et de multiplier les reports de mise en service, le harnachement des forces hydrauliques des rivières Romaine et Petit Mecatina, près de Saint-Augustin sur la Basse-Côte-Nord, peuvent fournir un total de 3000 autres mégawatts au parc hydro-québécois.Cette liste, que plusieurs écologistes jugent déjà abusivement longue, s’allongera inévitablement dans 15 ans alors que les hausses du prix de l'électricité justifieront des projets qui sembleraient irréalistes aujourd’hui.Voilà une question dont plusieurs veulent débattre maintenant: de ces grands trésors naturels, lesquels faut-il irréversiblement protéger et comment le faire avec plus de rigueur qu’on ne le fait dans nos parcs nationaux, devenus des succursales pour promoteurs à la Disneyland, si on veut que les générations futures perçoivent les cours d’eau différemment d’un escalier aquatique bétonné?Un débat qui commence à peine ici au Québec.CIVA Tout le génie de l'énergie |É ¦ .qtll%voluent en synergio avec lei/Tfe clients et partenaires pc#âèvclopp^dle8 solutions optimistes et respectueuses de l'environnement dans le domaine de l’énergie ainsi que dans chacun do ses autres champs d'experiise Gatineau Laval Longueuil Montréal Québec Rivièrc-du-Loup SHorbrooko St-JérAmr* St-Romunld Sto-Agntho Niamey (Niger) Bâtiment Services urbains Énergie _________ Transport Industrie Environnement Nouvelles technologies Gestion de projet ISO 9001 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUIN 2003 G G • GRANDS BARRAGES DÉVELOPPEMENT DURABL Des apôtres venus d’Afrique du Sud Le barrage d’Assouan a sauvé l'Égypte de la famine pendant les années de sécheresse Outils de développement dans un contexte de développement durable, les grands barrages continuent d’être une source de controverse mais, avec le temps, les critiques se font moindres alors que les avantages qu’ils génèrent deviennent de moins en moins discutables.ANDRÉ SALWYN Paul Roberts, président de la Commission sud-africaine des grands barrages, est très clair: •La construction de grands barrages à travers le monde nous a beaucoup appris et depuis les années 1970, aucun barrage n'est construit sans d’intenses études préalables sur son impact écologique et social, déclare-t-il au Devoir.Des changements énormes ont été apportés et, avec la création du Conseil mondial des grands barrages, cette approche est maintenant universelle et nous permet de réduire au minimum les dommages causés à la nature et aux populations.Par exemple, dans le passé, on s’assurait que les populations déplacées retrouvent un niveau de vie au moins égal à celui qu'elles avaient avant le déplacement.Aujourd'hui on s’assure que ce niveau de vie soit plus élevé et corresponde aux désirs exprimés par les populations au cours de consultations.» Établir le coût réel d’un projet de développement En fait, la construction d’un grand barrage doit répondre désormais à des critères très stricts qui s’appliquent dans toute une variété de domaines et qui permettent de peser le pour et le contre en termes d’avantages acquis et de dommages causés.•On peut alors établir le coût réel du projet de développement, ajoute M.Roberts.Ainsi nous nous occupons en ce moment de la construction d’un grand barrage-réservoir dont le but sera d’approvisionner Le Cap [Cape Town], la capitale administrative de l’Afrique du Sud, en eau.Le barrage sera situé dans une région peu peuplée car elle est recouverte en grande partie d’une forêt de pins.Comme le projet donnera naissance à de nombreuses installations récréatives et permettra de créer de nouvelles conditions économiques comme la création d'emplois et la construction d’ensembles résidentiels, la réaction des communautés locales a été en fait très positive.» Il faut dire qu’en Afrique du Sud, l’eau est rare.Dans certaines régions, l’eau doit même être importée de pays voisins et, sans ces barrages-réservoirs, près de 90 % des développements urbains ou miniers (mines d’or) ne pourraient être approvisionnés.Cette situation n’est pas unique à l’Afrique du Sud et on la retrouve dans bien des pays du monde comme l’Iran, l’Inde, le Népal, le Brésil et la Chine.Oppositions Le rôle des grands barrages dans le développement durable a commencé à faire l’objet d'études internationales en 1927.C’est cette année-là que s’est tenue la première conférence au cours de laquelle les diverses technologies utilisées dans le monde ont été présentées.Théo ¦ SOURCE 1TAIPU BINACIONAL Le barrage brésilien d'Itaipu.«gf-* a:- ^ .IBW Bü ; ISSOUF SANAGO AP Vue aérienne du barrage hydroélectrique Inga qui alimente Kinshasa, la capitale du Congo, .^ V-.; , - * * JS.- «.r-V - -r 'WM van Robbroek, ancien président de la Commission sud-africaine des grands barrages, est devenu un expert en matière de barrages après les avoir étudiés pendant près de 40 ans.Il connaît fort bien le pour et le contre des grands barrages pour s’être frotté au lobby international anti-barrage auquel il a eu affaire pour la première fois à San Francisco en 1988.«Les critiques à l’égard des grands barrages sont de deux ordres, déclare-t-il.On leur reproche, d’une part, d’abord de forcer la migration de populations généralement pauvres, de causer la perte de terres et de forêts, de détruire la faune et la flore, d’empêcher le limon de fertiliser les terres en aval, de causer l’érosion des lits de rivières et celle des côtes, de réduire la qualité de l’eau, de causer la perte d’eau par évaporation, de causer la sédimentation du réservoir, de détruire la pêche en rivière, de détruire le potentiel d’installations récréatives en bordure de rivière, de provoquer un tremblement de terre, de créer le spectre d’un bris de barrage et de causer la perte de l’héritage culturel.On leur reproche, d’autre part, d’être à la source de maladies transmises par l’eau, d’être un berceau de parasites et d’augmenter la salinité du sol.Quant aux constructeurs, on leur reproche d’exagérer les avantages et de sous-estimer les coûts.» Il est indubitable que certaines de ces objections sont réelles et qu’elles doivent être prises sérieusement en considération.Mais il ne faut pas oublier le besoin vital d’eau dans certaines régions du monde et il ne faut pas négliger non plus l’investissement financier que cela exige pour le bien des communautés en général.«Au Brésil, par exemple, 39 milliards de dollars seront investis dans les industries minières et métallurgiques, le développement de l’agriculture et de l’élevage et dans l’industrie forestière, dans la région de Carajas.» Miracle indonésien Mais c’est sur les avantages que les grands barrages ont déjà amenés dans le monde que Théo van Robbroek insiste: «Prenons le cas de l’Indonésie, qui devait importer une grande partie de sa nourriture; grâce à des barrages-réservoirs permettant la culture par irrigation, le pays est maintenant capable de s’autosuffire en alimentation, ce qui a fait passer les revenus per capita de 50 $ par mois en 1960 à 1000 $ par mois en 1990, malgré une augmentation de la population de 115 millions à 204 millions au cours de la même période.Au Kenya, un barrage-réservoir permet, grâce à l’irrigation, de produire 18 000 tonnes de légumes par an sur une surface de 800 acres.Quant aux bénéfices des barrages hydroélectriques, il suffit de constater la croissance de l’urbanisation et de l’industrialisation dans les régions affectées pour s’en convaincre.» Un des barrages dont la construction a fait l’objet d’une opposition intense non seulement à l’échelle locale, mais aussi à l’échelle internationale, a été celui d’Assouan en Egypte.Cette pyramide pour les vivants, comme la décrivait le président Nasser à l’époque, s’est avérée en fait une source de développement durable inestimable puisqu’elle a permis, entre autres, de doubler la,population qu’il fallait nourrir en Egypte.En outre, les experts s’accordent,à dire que ce barrage a sauvé l’Egypte de la famine pendant les années de sécheresse entre 1979 et 1987 et, qu’en plus, il a protégé la vallée du Nil contre d’importantes inondations en 1964,1975 et 1988.Écoterrorisme?Devant tous ces faits, l’opposition aux barrages diminue-t-elle?Certes mais «les écoterroristes sont encore nombreux, puissants et mieux organisés que les membres de la Commission internationale des grands barrages, note Théo van Robbroek.Et je tiens à le dire, ce sont des fanatiques enragés qui n’hésitent pas à utiliser des arguments fallacieux.Par exemple, alors que l’on vante les avantages des barrages hydroélectriques qui n émettent aucun gaz nocif, comparés aux centrales électriques alimentées au charbon, les opposants aux barrages ont fait toute une campagne en affirmant que la végétation et les forêts inondées étaient une importante source de gaz méthane.Ce qu’ils oublient d’ajouter, c’est que cette émission de gaz n’est que temporaire.Mais, ajoute-t-il en conclusion, c’est une chose avec laquelle il faut apprendre à composer, sachant que les grands barrages constituent sans aucun doute une source sans pareille de développement durable.» ENVIRONNEMENT Les populations locales sont devenues réticentes face aux grands projets d’aménagement «On pourrait dire qu'on n'a développé que la moitié de notre potentiel» Parle-t-on d’ériger un barrage?«Aujourd’hui il y a un obstacle technique additionnel: celui de rendre acceptable un projet dans son intégration à l’environnement, à la fois naturel et humain.» Pour les ingénieurs, le patrimoine hydraulique du Québec est une mine d’or à exploiter, un Heritage Fund local.SOURCE GROUPE ROCHE L’aménagement de la chute de la Chaudière a donné un coup de pouce à l’aménagement des sentiers pédestres.SISK .i f •ç.\ » * É’f % X B
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.