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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2003-06-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 J C 1 N 2 O O 3 LE DEVOIR Premières Nations Présence autochtone Benoît Pelletier Le ministre délégué aux Affaires autochtones prône le respect de chaque nation, de toutes celles qui se retrouvent sur le territoire québécois.Son message aux «Blancs»: «Saisir toute la richesse et toute l'énergie qui se dégagent de la culture autochtone.» Page 3 Blues Blanc Rouge Sur la scène de l’Usine C, le 19 juin, quatre artistes passionnés de musique et de leur héritage autochtone se relaient pour offrir un spectacle de chants traditionnels aux accents de jazz, de blues et de ballades country en français, anglais, iroquois et innu.Page 4 0jy:fir ALEX MARGINEANU Photo tirée du film Si le temps le permet de la réalisatrice Elisapie Isaac.Acc31 m i g liliËs •’Tir Il y a 15 mois, c’était la Paix des braves.Depuis, à l’occasion, une difficile gestion au quotidien de la mise en place de l’entente signée.Comme quoi il est difficile de modifier les modes traditionnels de fonctionnement.Rouges et Blancs sont toutefois maintenant invités à partager une fête commune.Février 2002.L’événement est toujours qualifié d’historique.Son appellation a même une saveur poétique: la «Paix des braves» est une expression dont la saveur décrit une heureuse conclusion d’une épopée nord-américaine.Il faut dire que l’accolade plus tard senne par Ted Moses au premier ministre québécois du temps, Bernard Landry, semblait mettre un terme aux longs conflits qui ont marqué les rapports entre les Québécois du Sud et du Nord et les citoyens des Premières Nations.Depuis, si cette entente, pour les autochtones, demeure un modèle à suivre lors de toute négociation entre eux et les divers pouvoirs politiques en place, elle ne résout pas pour autant tous les problèmes qui surgissent au quotidien.Un dernier conflit, celui des quotas de pêche, est un exemple.Et il y a aussi, au Canada, une levée de boucliers face au projet fédéral d’amendement à la loi des «Indiens».De plus, la population «blanche», lorsqu’elle a à modifier son mode traditionnel de fonctionnement dans les nou-veües juridictions identifiées communes, montre une résistance forte.La preuve en fut d’ailleurs faite quand l’ancien gouvernement a dû demander à l’ex-ministre Chevrette de retourner sur le terrain pour trouver moyen d’aplanir les difficultés.Concordance Le nouveau ministre délégué aux Affaires autochtones manœuvre d’ailleurs avec beaucoup de tact dans ce dossier.Benoît Pelletier endosse les actions du gouvernement précédent mais il sait que des écueils sont toujours présents: *Je dois m’assurer qu’il y a une concordance des intérêts des autochtones et des non-autochtones dans l’ensemble de la société.Ça veut dire que, pour la suite des négociations, il va falloir qu’on s’assure de tenir davantage compte des préoccupations des non-autochtones, qui se sont plaints d’avoir malheureusement été exclus au tout début du processus.Je ne peux entrer dans les détails des décisions du Conseil des ministres, mais je peux dire qu’il y aura une continuation des négociations et je peux aussi signaler que le négociateur va prendre en considération, à ce moment-là, non seulement le Rapport Chevrette, mais aussi l’ensemble des travaux qui ont été tenus en commission parlementaire.» Cette Paix des braves en fait d’ailleurs rêver plus d’un.Ainsi, les Micmacs de la Gaspésie initient une recherche des titres pour établir leur situation juridique dans cette vaste région du Québec: «Actuellement, il n’y a pas de revendications d’entamées, souligne Donald Jeannotte, mandaté par le conseil tribal pour coordonner cette recherche.Nous sommes dans une période où on est en train d’effectuer des recherches pour savoir si on va aller revendiquer un territoire et des compensations financières.» Même l’entente existante, celle de février de l’année der- nière, devra être finalisée.Roméo Saganash attend ainsi des retours aux appels faits au nouveau gouvernement Charest «Pour clarifier des choses», dit-il.Rencontres Négociations donc, toujours en cours.Pourtant au sud, à Montréal, c’est dans l’harmonie que peut se dérouler une éventuelle rencontre entre les autochtones, venant cette fois de toute la planète, et les autres populations.Car, en juin.Présence autochtone occupe la scène.«S le temps le permet» se transforme ainsi en film, offert à tous, Nanook of the North reprend l’affiche à la Cinémathèque quand le Manikashuna s’installe, du 19 au 22 juin, au parc EnilieGamelin.Et ainsi de suite (les célèbres couleurs du club de hockey local devenant mène le temps d’un soir, celui du 19 juin à l'Usine C, un spectacle: Blues, Blanc, Rouge).Cette fête raconte par un détour vers la création cette lente intégration de peuples dans les sodétés contemporaines, qu’elles soient occidentales ou australes.Ainsi, un cinéma pourra être découvert la Néo-Zélandaise d’origine maorie Merata Mita nous montrera une autre face de son peuple, jusqu’ici mis en images dans un film-choc présenté il y a quelques années: le Once Were Warriors de Lee Tamahori.Si, en cette période de ralentissement économique, la mondialisation néo-libérale semble avoir moins la cote, il ne faut point oublier que l’autre mondialisation, l’altermondialisation, a toujours sa raison d’être: tout ce qui rapproche les peuples vaut le coup d’être vécu.En période d’accalmie, il est plus facile de ressentir la présence de l’autre.Normand Thériault F e s t I Manikashuna Page 3 Jeu de création Page 4 val Mehata Mira Nanook of the North Page 5 Affaires autochtones Inuits Page 6 Cris Micmacs Page 7 Télévision APTN Page 6 / Découvrez la terre aux mille possibilités du Canada Découvrez la baie James, où l’avenir est aussi brillant que le passé est riche.Aujourd’hui, la région de la haie James, au Québec, regorge de débouchés.Et ils sont à la portée de la main! Apprenez comment nous exploitons nos ressources tout en protégeant notre environnement Lancez-vous dans la puissante vague de croissance économique qui a fait de la baie James, la terre aux mille possibilités du Canada.La baie James.Des choses formidables s’y produisent! La baie James.Des choses formidables s'y produisent! Un message du Grand conseil des Cris W, f I Entreprises régionales Air Creebec Monsieur Albert Diamond Air Creebec Inc.101, 7e Rue Val-d’Or QC J9P 4P4 Tél.: (819) 825-8355 Construction Crie Monsieur William MacLeod Compagnie de construction et de développement crie 187B, rue Main Mistissini QC GOW ICO Tél.: (418) 923-3888 PetroNord Monsieur Richard Brouillard Distribution d’énergie Crie 1452, de la Québécoise, case postale 310 Val-d’Or QC J9P 4P4 Tél.: (819) 824-5505 Valpiro Monsieur Albert Diamond Case postale 67 Aéroport de Val d’Or Val-d’Or QC J9P 4N9 Tél.: (819) 825-3312 Développement économique Alfred Loon Créé Regional Authority 277, rue Duke, bureau 100 Montréal QC H3C 2M2 Tél.: (514)-861 -5837 Téléc.: (514)-861 -0760 Développement régional CREE-CO Monsieur Roderick Pachano 203, Opemiska Meskino Oujé-Bougoumou QC GOW 3C0 Tél.: (418) 745-3931 Monsieur James Neacappo Société Eeyou de la baie lames Case postale 360 Chisasibi QC J0M 1E0 Tél.: (819) 855 2830 Communications Monsieur Luke MacLeod Société des Communications cries de la baie James 75, rue Riverside Mistissini QC GOW ICO Tél.: (418) 923-3191 Agents de développement économique février 2003 Jimmy A.Fireman Nation crie de Chisasibi Case postale 30 Chisasibi QC |0M 1E0 Tél.: (819) 855-3380 Téléc.: (819) 855-3374 Jack Diamond / Hugo Hester Première nation de Waskaganish Case postale 60 Waskaganish QC )0M 1 RO Tél.: (819) 895-8650 Téléc.: (819) 895-8901 John Brown Nation crie de Eastmain Case postale 90 Eastmain QC J0M 1W0 Tél.: (819) 977-0211 Téléc.: (819) 977-0281 Marlene Kitchen Première nation crie de Waswanipi Immeuble WDC Waswanipi QC JOY 3C0 Tél.: (819) 753-2587 Téléc.: (819) 753-2555 Margaret Wapachee Don MacLeod Nation crie de Mistissini J 87, rue Main Mistissini QC GOW ICO Tél.: (418) 923-3461 Téléc.: (418) 923-3115 Rachel Etapp Nation crie d’Ou|é-Bougoumou 203, Opemiska Meskino Oujé-Bougoumou QC GOW 3C0 Tél.: (418) 745-2519 Téléc.: (418) 745-3544 Maria Kawapit Première nation de Whapmagoostui Case postale 390 Whapmagoostui QC J0M 1G0 Tél.: (819) 929-3364 Téléc.: (819) 929-3203 Thomas Jolly Première nation de Nemaska 1, rue Lakeshore Nemaska QC JOY 3B0 Tél.: (819) 673-2512 Téléc.: (819) 673-2542 Tony Gull Nation crie de Wemindji Case postale 60 Wemindji QC )0M IL0 Tél.: (819) 978-0264 Téléc.: (819) 978-0258 Alfred Loon Administration régionale crie 277, rue Duke, bureau 100 Montréal QC H3C 2M2 Tél.: (514) 861-5837 Téléc.: (514) 861-0760 Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) * i LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE S J C I X O O S (i PRESENCE AUTOCHTONE Une entrevue avec Benoît Pelletier Le ministre prône le respect de chaque nation «Saisir toute la richesse et toute l’énergie qui se dégagent de la culture autochtone» Le traité connu sous l'appellation de Paix des braves demeure un document historique.Pour le ministre délégué aux Affaires autochtones, le développement des relations entre les diverses nations québécoises doit se faire dans la mise en place d’une politique de respect mutuel des peuples en présence.JACQUES NADEAU I.K DEVOIR Le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, en compagnie du premier ministre Jean Charest.RÉGINALD HARVEY En matière autochtone, les problématiques ne se limitent pas à une seule nation et sont nombreuses.Les négociations semblent pourtant avoir pris le pas sur les tensions les plus profondes qui ont eu cours.Les écueils à surmonter abon-deijt, mais les gens se parlent À Kanesatake, la guerre des clans divise toujours les membres de la communauté et crée des remous à l’intérieur de celle-ci.Au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, l’entente de principe intervenue entre le gouvernement du Québec et les Innus soulève l’ire des populations locales.Du côté des Cris, la Paix des braves conclue par Bernard Landry et Ted Moses a finalement rapproché deux nations qui vivaient à couteaux tirés depuis deux décennies.Et il y a quelques jours à peine, le Québec et le Conseil des Attikameks de Manawan, dans le nord de la région de Lanaudière, signaient une entente cadre.Respect mutuel À titre de nouveau ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes et aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier résume sa vision globale de la situation: «Il y a très nettement une volonté ferme du gouvernement de faire en sorte d'améliorer les relations avec les autochtones au Québec.On veut s’assurer qu’ils se sentent respectés par les Québécois, tout autant que ces derniers désirent l'être, comme société, par les autres Canadiens.Le mot clé, c’est respect; et je parierais même de respect mutuel parce que nous avons tissé avec eux des liens de nation à nations.» Dans cette optique, il ajoute: •Outre cette volonté politique, il y a un désir que je possède de concilier les intérêts et les besoins des autochtones avec ceux des Québécois.Ce mot-là de conciliation est très important parce qu’il est chargé de sens.» En parlant de la guerre des clans qui a cours à Kanesatake.il reconnaît que certains dossiers chauds se présentent souvent dans le secteur autochtone.D réfute le caractère explosif de la situation: *11 y a des dossiers qu’il faut suivre de très près parce qu’on sait être en présence de difficultés à surmonter, qui demandent beaucoup de doigté et de délicatesse.Le ministre que je suis doit faire preuve de beaucoup de pondération et d’un bon sens de la diplomatie.» Il importe de comprendre que chaque nation autochtone possède sa propre réalité: •Une relation peut être plus tendue dans un cas avec une nation X et se montrer plus facile dans un autre avec une nation K Il ne faut pas voir l’univers autochtone comme une entité formant un tout homogène; dans les faits, ce monde-là est composé de plusieurs réalités; chacune des nations a la sienne.» Ententes avec les Attikameks et les Innus Québec et la nation attikamek de Manawan ont paraphé une entente cadre en mai dernier.•Ça démontre bien que nous avons l’intention d’être actifs dans les dossiers autochtones.Nous avons d’abord signé une déclaration de respect mutuel, ce qui constitue un document à saveur un peu plus politique, voire même philosophique.Deuxièmement, on a conclu une entente cadre qui enclenche officiellement tout le mécanisme des négociations sectorielles relatives à leurs intérêts en matière de foresterie, de transport, de santé, d’emplois et autres.» Les pourparlers sur la foresterie entre les Attikameks et le ministère des Ressources naturelles ont même déjà commencé.Ce sur quoi Benoît Pelletier souhaite que son ministère s’inscrive dans la continuité au sujet de l’entente de principe intervenue avec les Innus.Il revient sur la notion de conciliation: *Je dois m’assurer qu’il y a une concordance des intérêts des autochtones et des non-autochtones dans l’ensemble de la société.Ça veut dire que, pour la suite des négociations, il va falloir qu’on s’assure de tenir davantage compte des préoccupations des non-autochtones, qui se sont plaints d’avoir malheureusement été exclus au tout début du processus.Je ne peux entrer dans les détails des décisions du Conseil des ministres, mais je peux dire qu’il y aura une continuation des négociations et je peux aussi signaler que le négociateur va prendre en considération, à ce moment-là, non seulement le Rapport Chevrette, mais aussi l’ensemble des travaux qui ont été tenus en commission parlementaire.» Il ne croit pas qu’il y ait lieu de modifier la table de négociation, mais il espère que les liens entre celle-ci et les communautés non au- tochtones visées seront tissés de façon plus serrée.La Paix des braves et Présence autochtone Le ministre confirme que son gouvernement reconnaît et endosse le traité de la Paix des braves avec les Cris; il le qualifie d’historique.11 en veut pour preuve que le ministère des Transports vient de débloquer une somme de 12 millions de dollars pour la construction d’une route d’accès à la communauté d'Oujé-bougoumou.L’entente est là pour être respectée: «St/ devait y avoir sur leur territoire un développement économique du Québec, ça devrait se faire en collaboration avec les autochtones qui sont partie prenante à la Paix des braves.» À la suite de cette rétrospective de quelques dossiers majeurs, il se penche en quelques mots sur le grand festival autochtone qui sera tenu en juin pour la KF fois à Montréal: •Pour moi, le sens profond de cet événement, c’est qu'il représente une magnifique occasion de mettre de côté les préjugés et de découvrir une culture qui est riche, qui a des racines profondes dans l'histoire; celle-ci mérite d’être mieux connue et explorée.» Il mesure l’importance de cette manifestation: •Présence autochtone occupe une place primordiale dans le calendrier des festivals montréalais.Personnellement, je veux être présent le 21 juin à la cérémonie civique du Jour national des peuples autochtones.Au-delà de cela, c’est dans l'ensemble une belle occasion de saisir toute la richesse et toute l’énergie qui se dégagent de la culture autochtone.» Manikashuna La rencontre des peuples Quatre jours de festivités sur les arts, métiers et traditions amérindiens au parc Émilie-Gamelin Du 19 au 22 juin, le parc Émilie-Gamelin sera envahi par des conteurs, danseurs et artisans autochtones.Avec Manikashuna, les Premières Nations des Amériques érigent des ponts entre elles ainsi qu’avec les non-autochtones pour témoigner des multiples aspects des cultures matérielles et spirituelles hérités du passé et encore présents chez les peuples d’aujourd’hui.JESSICA NADEAU Manikashuna, qui signifie petit campement ou rassemblement en innu (montagnais) , se veut un événement grand public visant la rencontre des peuples par l’art et la culture.«C’est l’événement le plus accessible du festival Présence autochtone et le site du Square Berri en plein Quartier latin est choisi en conséquence.Nous avons toujours beaucoup de monde, des passants, des touristes, des étudiants, des familles qui s’arrêtent et qui apprennent beaucoup sur nous», explique Sylvain Rivard, directeur artistique de l’événement et ethnologue.Selon lui, les visiteurs sont toujours surpris de découvrir des peuples aussi modernes ou des traditions oubliées: «Plusieurs croient que les autochtones en milieu urbain ont abandonné toutes leurs traditions, mais ils sont encore nombreux à parier la langue et à tenter de préserver leur culture.» La première aire géographique, sise sur le boulevard Sainte-Catherine, sera consacrée à la modernité.On y retrouvera des organismes ethnoculturels diffusant la culture contemporaine comme le Musée McCord, le Musée des Abénakis d’Oda-nak, le Musée Pointe-à-Callière, Aatanetsics masque et théâtre, le site archéologique Drouler et la société Makivik.Une saveur des siècles derniers Dans la partie sud du parc, cinq zones seront aménagées comme à l’époque de la fin du XK' et du début du XX' siècle: une zone inuite (Arctique), une des plaines, une zone algonquienne, une iro-quoienne et une d’Amérique du Sud.La division géographique du site permettra, selon l’ethnologue, d’éduquer les gens sur les particularités des différentes nations sans être trop pédagogue.Des artisans fabriqueront des objets de la culture matérielle tels que des tikina-ganes — porte-bébés — richement ornementés selon les traditions respectives, de l’art perlier mohawk inspiré des motifs traditionnels des Cinq Nations et des instruments de musique des Algonquins.La broderie aux poils d’orignal est pratiquée par les Hurons-Wendat depuis des siècles.«C’est une technique qui est quasi éteinte.Il n’y a que quatre femmes au village huron qui la maîtrisent et j’essaie de la faire découvrir aux gens avant qu’elle ne disparaisse complètement», explique Sylvain Rivard.Pour le rassemblement de Manikashuna, Diane Savard fera revivre cet art évocateur des fondements de la culture huronne.Des sculpteurs de pierre inuits et des constructeurs de totems travailleront également sur le site.Dans la zone des plaines, une artiste peintre amérindienne tressera et décorera des chevaux tout en expliquant la symbolique des signes qui couvriront presque entièrement le corps des bêtes de race indienne.Les artisans improviseront des chants et des danses traditionnels pour égayer l’ambiance.Tout au long de la fête, les visiteurs pourront goûter à des mets authentiques comme l’esturgeon fumé, des viandes sauvages sur le feu de bois et la bannique, ce pain amérindien entortillé sur un bâton de bois et cuit sur un feu ouvert.Un traiteur payant offrira également des assiettes typiquement autochtones.«Aucun hot dog ou pizza ne sera servi sur le campement», assure en riant l’ethnologue.Contes, légendes, musique et danse traditionnels Sur ce même site, à la tombée du jour, des contes et légendes seront murmurés dans l’ambiance très intime des tipis illuminés.Les conteurs Bob Bourdon, Don Waboose, Marina Tremblay, Sedalia Fazio et Sylvianne Sioui-Trudel utiliseront leur voix et la musique pour ressusciter des histoires depuis longtemps oubliées.Les spectateurs qui ne trouveront pas de place à l’intérieur des tipis pourront suivre de l’extérieur le narrateur qui se détachera en ombres chinoises fantasmagoriques.«Nous avons choisi cette année de présenter les contes et légendes de façon très intimiste pour que le public puisse bien voir la gestuelle et le non-verbal des porteurs de paroles.» Sur le site pavé, où trônera une grande scène circulaire, des artistes se réuniront pour y pré- senter Les Boréades de la danse.Ce concours se tiendra le 21 juin.Jour national des peuples autochtones.Cinq troupes de danse invitées offriront un spectacle haut en couleur issu des traditions amérindiennes.Au son des tambours, les danseurs exécuteront des chorégraphies inspirées de prières, de démonstrations guerrières et d’hymnes à la joie pour célébrer la naissance d’un enfant ou une récolte abondante.Le gagnant de cette épreuve présentera un spectacle le soir même.Mythes et réalités Pendant longtemps, l’événement grand public a été «boudé» par les intellectuels.Pour répondre à leurs questions plus précises, les organisateurs de Manikashuna y ont intégré un débat sur les mythes et réalités des Premières Nations avec Pierre Lepage de la Commission des droits de la personne, auteur de Mythes et réalités sur le peuple autochtone.Des auteurs autochtones et non autochtones prendront part à la discussion.Les questions de la territorialité, du statut indien — exemption de taxes et carte de citoyenneté indienne — et des opinions préconçues seront abordées dans un 5 à 7 les 19 et 20 juin et se tiendront dans un wikiup.«Ces questions reviennent à chaque année.Auparavant, c’étaient les artisans qui y répondaient, mais nous avons voulu approfondir le sujet afin d'éclairer ceux qui s'intéressent à des situations particulières», ajoute Sylvain Rivard.Avec toutes ces nouveautés, Manikashuna se veut plus que jamais un espace où les représentations ritualisées issues de la tradition se marient aux performances innovantes de l’imaginaire contemporain.Sur le site pavé, où trônera une grande scène circulaire, des artistes se réuniront pour présenter Les Boréades de la danse SDBJ et communautés cries partenaires du développement économique du territoire de la Baie-James Société www.sdbj.gouv.qc.ca de développement de le Baie-James Québec ES b J il ES , G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2003 PRESENCE AUTOCHTONE Jeu de création Jeu d’echecs, façon autochtone SOURCE PRÉSENCE AUTOCHTONE L’échiquier conçu par l’artiste-sculpteur innu Jean-Pierre Fontaine, surnommé Anisneniu — qui signifie ange en dialecte innu.Mythologie.Symbolisme.Manichéisme.Relation avec la nature.Dualisme entre deux forces.L’exposition Jeu de création, qui sera présentée à la Bibliothèque nationale du Québec du 5 au 30 juin, propose un univers où les jeux d’échecs se transforment en royaumes fantastiques où s’affrontent personnages mythiques, religions et représentations symboliques des us et coutumes amérindiens.ULYSSE BERGERON Sept artistes, représentant six des 11 nations autochtones du Québec, ont conçu et sculpté chacune des pièces qui se retrouvent immobiles sur les échiquiers qu’ils ont également façonnés.Une occasion est donc donnée d’en connaître davantage sur les Premières Nations, par le biais d’un des jeux les plus populaires que l’Ocddent ait connu.•Chacune des créations autour du jeu d’échecs s’appuie sur la relation qu’ont les artistes avec leur tradition, leur spiritualité et avec certains aspects de leur culture.» Michel Côté est responsable des arts visuels chez Terres en vues.Il ajoute que des jeux se différencient également par les matériaux utilisés».Car selon la nation de l’artiste, les matériaux varient: pierres, peaux, écorce, os et corail.•C’est un jeu où deux puissances s'affrontent.De plus, les formes qu’ont prises les pions sont souvent empruntées à la mythologie amérindienne.Le Roi et la Reine ont leurs équivalents», souligne M.Côté.Pour la majorité des jeux présentés, les clans qui s’affrontent ne représentent ni le Bien, ni le Mal.Us sont plutôt le miroir d’une confrontation entre deux forces qui, elles, se trouvent à la base de ce qui forme la réalité.D’un côté de l’échiquier, on retrouve des pions prenant la forme de symboles chrétiens: croix, bibles, chapelets, églises.Et en face, des icônes innues: mocassins, tentes, caribous.Un véritable champ de bataille où s’affrontent deux civilisations, deux religions, deux visions.Puissante symbolique de l’assimilation occidentale.L’échiquier, au manichéisme patent, découle en fait de l’expérience personnelle qu’a vécue l’artiste-sculp-teur innu qui l’a conçu, Jean-Pierre Fontaine, surnommé Anisheniu — qui signifie ange en dialecte innu.•C'est ce que je visa l’intérieur de moi.J'étais chrétien avant.Aujourd’hui, je suis spirituel: je crois en moi et la force que je cherche est en moi.Ce jeu d’échecs, c’est la représentation de la guerre spirituelle que je me suis faite à l’intérieur de moi», dit-il, soulignant du même coup les paradoxes du christianisme.Cette confrontation transposée en jeu d’échecs symbolise la dualité qui, pendant plusieurs années, particulièrement au cours de son enfance, l’a habité.Cheminement personnel, n’ayant aucune prétention collective: «J'aime mieux parler par moi-même et pour moi, plutôt que de parler au nom de tout le monde.Mais il faut avouer que c'est pas mal ce que les Innus vivent en général.Ils sont mêlés parce que plusieurs ont perdu les racines qui les liaient à leur tradition.D'un bord, la Bible nous dit qu’il faut s’entraider.De l'autre bord, qu’on va aller en enfer si on fait telle ou telle chose.On nous a pas mal fait peur avec la religion.» La légende de Klooskombe Pour sa part, l’artiste abénakise Christine Sioui-Wawanoloath fait revivre le mythe de Klooskombe, divinité qui serait venue enseigner l’astronomie, la philosophie et la morale à l’humanité.Parsemant son échiquier des personnages de cette légende, elle y expose un pan important de sa culture.«Je me voyais mal illustrer autre chose, parce que c’est ce qui m’a été donné en héritage», admet-elle.Le lien avec la culture est indissociable du processus créatif auquel se sont livrés les artistes.Torn Bulowski, âgé de 23 ans, le plus jeune d’entre eux, a profité du projet pour en connaître davantage sur sa culture algonqui-ne et renouer avec celled.À travers ces formes originales et inédites, l’univers amérindien s’ouvre à tous.Les oppositions primordiales y sont représentées.La mythologie des Premières Nations s’y dévoile et la dualité entre tradition et modernité y est sculptée.Il s’agit, en quelque sorte, d’un portrait symbolique des liens qui unissent, à l’heure actuelle, ces artistes à leur communauté.Blues Blanc Rouge Musique pour Sur la scène de l’Usine C, quatre artistes passionnés de musique et de leur héritage autochtone se relaient pour offrir un spectacle de chants traditionnels aux accents de jazz, de blues et de ballades country en français, anglais, iro-quois et innu (montagnais).JESSICA NADEAU Dans le cadre de la 13' édition du festival Présence autochtone, qui se déroulera à Montréal du 10 au 22 juin, un grand spectacle gratuit sera présenté le 19 juin à l’Usine C.Ce temps fort du festival réunira sur une même scène de nombreux artistes d’origine autochtone pour un grand spectacle de musique contemporaine.L’idée du Blues Blanc Rouge date d’il y a 13 ans.«A l’époque, c’était un spectacle-bénéfice pour venir en aide au Festival du film et de la vidéo autochtone de Montréal, qui était notre unique activité, explique Herre Thibault, un des instigateurs du festival Présence autochtone.Nous avons gardé la tradition, mais ce n’est plus un spectacle-bénéfice.» Selon lui, le spectacle contribue à jeter des ponts entre les non-autochtones et les autochtones par le biais de la musique et de la culture.•Les autochtones n’existent pas juste dans l’imaginaire et ils sont contemporains.Comme tous les artistes, ils ont été influencés par différents styles, et notamment le blues.C’est un peuple qui s’adapte, qui pige allègrement dans le contemporain pour ensuite lui donner une couleur autochtone.» Le spectacle Blues Blanc Rouge rassemble cette année de grands noms de la musique des Premières Nations.Chloé Sainte-Marie offrira quelques chansons en innu.«Elle connaît bien les communautés mon-tagnaises et elle a été encadrée par des gens de la communauté pour interpréter quelques chansons dans cette belle langue.» Elle présentera également quelques extraits de son dernier CD.Tom Jackson est, selon Pierre Thibault, très près de l’urbanité autochtone: «C’est quelqu’un qui vient de la rue et qui, étant aujourd’hui très connu, aide les indiens urbains» De sa voix de baryton, il interprétera des chansons dans un style country-folk pour l’événement Blues Blanc Rouge.Derek Miller Derek Miller est un Iroquois de l’Ontario.Le récipiendaire d’un Juno Award s’inspire de son héritage et des grands noms de la musique comme Bob Marley ou Bob Dylan pour créer un mélange de blues et rock n’roll.Son message est universel et sa vision de la musique, assez particulière: •Pour moi, faire de la musique, c’est comme partir à la chasse.Je me prépare, je traque le morceau que je vais attaquer et quand je joue, c’est comme si je tuais ma proie.Quand j’ai fini, je suis satisfait de moi», lance-t-il en anglais.Ses traditions et son héritage iro-quois sont assez présents dans sa musique, mais le plaisir de jouer l’emporte sur le message: «C’est certain que ma musique est inspirée de mon héritage culturel, car j’ai grandi avec ces valeurs et elles influencent l’homme que je suis aujourd’hui ainsi que le musicien, mais à la base, je joue pour être bien avec moi-même et pour me développer comme personne.» Par sa musique, Derek Miller croit pouvoir aider sa communauté: •Aujourd’hui, c’est parla culture pop que nous pouvons faire passer nos messages.» Malgré tout, il ne considère pas son œuvre musicale comme un travail social, mais plutôt comme une capture des émotions par le langage universel de la musique.Selon lui, les Premières Nations ont grandement influencé le blues car, par la misère qui les unit les Noirs et les autochtones partagent l’âme du blues.Le chanteur, compositeur et musicien est très fier de participer à Blues Blanc Rouge.C’est pour lui une chance de pouvoir partager sa vision de la musique.Pour les organisateurs de l’événement c’est aussi un honneur de recevoir ce grand nom du blues: «Derek Miller, c’est la vie SOURCE PRÉSENCE AUTOCHTONE Joanne Shenandoah un véritable virtuose de la guitare».souligne fièrement Pierre Thibauh.Joanne Shenandoah Celle que la critique a appelée «la Enya des Premières Nations américaines» sera également de la fête.Cette Iroquoise de New York utilise sa voix comme instrument de musique principal et reste très attachée à ses racines.«Elle fait surtout des chants en iroquois, des ballades dans lesquelles on sent beaucoup la trame et l’influence amérindiennes», explique Pierre Thibault Joanne Shenandoah sera accompagnée sur scène de sa sœur et de sa fille.•Cest très excitant de faire ce spectacle à Montréal, car c’est une rencontre exceptionnelle entre les musiciens et les spectateurs.Même dans la musique dite autochtone, il existe divers styles et le fait de pouvoir partager tous ces horizons sous m même toit avec un public ouvert aux découvertes sonores, c’est fabuleux.» Depuis son expérience au festival montréalais l’an dernier, la chanteuse adore le public québécois, qu’elle trouve beaucoup plus ouvert aux sons des aborigènes que le public américain: »BlueS Blanc Rouge, c’est la célébration de la culture autochtone, mais aussi la célébration du public québécois, qui participe avec tellement d’enthousiasme à cet événement.» Selon elle, la musique des Premières Nations cache un pouvoir qui a permis aux autochtones de survivre pendant des générations.•Avec la situation mondiale, la guerre, la destruction de la planète, c’est maintenant plus que jamais le temps pour la musique autochtone car cette musique célèbre la vie», conclut la célèbre Iroquoise.Partageons nos d prv/prç JL* \f tür ET NOTRE AVENIR "O* Le Québec a choisi la voie du dialogue afin d'établir avec les Autochtones un partenariat fondé sur la confiance et le respect mutuel.Cette voie nous assure que le développement du territoire du Québec sera profitable pour tous.Québec II » < LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A X OHE S J T I X 2 0 0 3 ü 5 PRESENCE AUTOCHTONE Merata Mita À la première personne du pluriel L’autre cinéma de la Nouvelle-Zélande En 1988, elle devenait, grâce à son film Mauri, la première femme à réaliser un long métrage en Nouvelle-Zélande.Toutefois, Merata Mita est avant tout une cinéaste maorie engagée, utilisant son art pour lutter contre le racisme et faire connaître, reconnaître et respecter la culture dont elle est issue.Du 12 au 22 juin prochain, une rétrospective de ses œuvres sera présentée à la Cinémathèque québécoise dans le cadre de la IS' édition du festival Présence autochtone.ULYSSE BERGERON Les raisons qui ont poussé les organisateurs à inviter la cinéaste sont nombreuses.Le directeur de Terres en vues, André Dudemaine, souligne qu’il y avait d’abord «une raison cinématographique.Mais il s’agit également de la pertinence du propos, de la justesse du ton, de la qualité du montage et de la rigueur cinématographique qu’on retrouve dans le travail de Merata Mita.Tout cela fait déjà d’elle JASON RYLE La cinéaste maorie Merata Mita.une figure importante du cinéma des Premières Nations».Mais c’est avant tout, l’histoire d'amitié unissant Mme Mita à la cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin qui se trouve à l’origine de sa visite au Québec et de sa participation au festival.Comme Mme Obomsawin, la cinéaste maorie teinte ses œuvres de l’histoire, de la culture et des aspirations de son peuple.Par ailleurs, cela ne signifie aucunement que leurs productions soient ethnocentriques et fermées aux aspects extérieurs à leur culture.Au contraire.Si le contenu découle de préoccupations communautaires et identitaires, la réalité présentée dans les œuvres de Merata Mita est universelle.«On retrouve toutes les préoccupations de l’actualité, qu’elle soit européenne ou américaine.On retrouve des choses qui nous sont très familières, mais sous un angle totalement différent.On a là quelque chose de familier et de singulier à la fois.» Merata Mita propose une réalité qui se veut universelle, mais dont le traitement particulier et original met en relief certaines caractéristiques régulièrement occultées.SOURCE PRESENCE AUTOCHTONE Scène de mariage de Mauri, premier long métrage néo-zélandais réalisé par une cinéaste maorie, Merata Mita.Filmographie et influence Sous plusieurs aspects, la ressemblance entre les films de Mme Mita et ceux des Premières Nations d’Amérique du Nord est frappante, particulièrement lorsqu’on s’attarde à certaines des premières productions qu’elle signa.Bastion point: Day 505 (1980), un court métrage de 26 minutes qu’elle coréalisa avec Leon Narbey et Gerd Pohlann, raconte la lutte menée par les Maoris afin de préserver certains de leurs droits fondamentaux et la répression policière qu’ils subirent lorsqu’ils revendiquèrent leurs droits territoriaux.En 1983, elle réalise Patu!, une production considérée comme l’un des docu- mentaires majeurs de l’époque.Elle remporta avec ce film un prix de L’Amiens Festival of Films Against Racism.Points communs: la lutte acharnée de son peuple, la dénonciation virulente du racisme et l’aspiration des Maoris à la reconnaissance et à la préservation de leur culture.L’œuvre de la cinéaste est profondément inscrite dans le mouvement identitaire maori.Au cours des dernières décennies, il a considérablement et incontestablement influencé la société néo-zélandaise.Conune le souligne le directeur de Terres en vues, «cela a changé la perception que les Néo-Zélandais avaient de leur propre culture et de leur histoire.i Et Merata Mita était impliquée dans plusieurs des changements culturels importants qui se sont opérés au cours des dernières années».Il est clair aujourd’hui que la cinéaste maorie, qui réside à l'heure actuelle à Hawaii, a su faire reconnaître et accepter, par le biais de ses films, le multiculturalisme néo-zélandais.Les films des Premiers Peuples •Très souvent, les films des Premiers Peuples ont à se situer par rapport à un mouvement d'affirmation global.un mouvement d'affirmation nationale.Et on le sent non seulement dans les thèmes abordés, mais également dans la façon dont on va traiter ces thèmes.» Les cinéastes des Premiers Peuples, selon André Dudemaine, se sentent en grande partie «redevables à leurs communautés».Celles-ci sont d’ailleurs grandement impliquées et engagées dans un processus d’identification et d’affirmation communautaires.«Tout cela donne une empreinte particulière aux propos des cinéastes.» Il fut un temps où le cinéma des Premières Nations abordait principalement deux thèmes: les combats illustrant les occupations et les revendications, et le processus de guérison et de thérapie collective découlant des abus subis, entre autres choses, dans les pensionnats.Toutefois, au fil des ans, les productions se sont diversifiées.«Je dirai qu’il y a aujourd’hui un éclatement de genres et de variétés: on produit maintenant des films de création avec des comédiens, des films expérimentaux.poétiques, des dessins animés, des légendes et des films plus contemporains.Mais il y a tout de même une constante: les cinéastes parient encore beaucoup à la première personne du pluriel», affirme M.Dudemaine.Si on est porté, par moment, à établir un parallèle entre le mou ventent d’affirmation nationale qu’on retrouve dans le cinéma autochtone et le mouvement souverainiste qui teintait plusieurs des productions du cinéma québécois au cours des années 1960 et 1970, il faut néanmoins prendre en considération certaines caractéristiques fondamentales des procfuctions des Premiers Peuples.A ce sujet, le directeur de Terres en vues énonce: «Il peut y avoir un parallèle en ce qui concerne l'insistance mise sur certains thèmes, dont l'affirmation nationale.Mais il faut faire attention, car la notion de communauté — le fait que l'individu n'est pas tout — est très ancienne, très imprégnée et très ancrée dans les cultures des Premières Nations.» Ce «nous» risque-t-il, au cours des années, de se transformer en «je», comme le cinéma québécois a pu le faire?M.Dudemaine répond: «J'hésiterais a dire oui.car ce "nous’'s’inscrit dans une continuité traditionnelle.» Et comme l’œuvre de Merata Mita, le cinéma des Premières Nations gravi te principalement autour de concepts communs tels que l’unité, l’affirmation nationale, l’importance de la communauté et les tr aditions.Nanook, star d’un soir Gabriel Thibodeau met Flaherty en notes Grâce au soutien financier des frères Revillon, célèbres fourreurs parisiens souhaitant obtenir un charmant petit film publicitaire, l’histoire du cinéma s’est enrichie du premier long métrage documentaire qui, en 1922, a connu un succès phénoménal.Nanook of the North, hommage à la débrouillardise jçt à la ténacité du peuple inuit, fruit de six années d’expédi-$ons de l’explorateur et cinéaste américain Robert J.Flaher-îfy dans le Grand Nord canadien, revient à l’affiche, un soir seulement, à la Cinémathèque québécoise.ANDRÉ LAVOIE ic< ;Oi es sourires moqueurs, sa • bouille sympathique, son agili-|té à pêcher le poisson, extirper un phoque des glaces ou sortir femmes et enfants d’un kayak — Icomme le magicien un lapin de «son chapeau — ont fait de Nanook (de son vrai nom Allakaria-;luk) une star grâce au regard ad-miratif de Flaherty.et à ses astuces pour filmer une existence sous le signe constant de la survie.Car si l’on accole souvent l’étiquette «documentaire poétique» à Nanook of the North, le cinéaste a voulu faire son film avec Nanook, et non pas seulement sur Nanook.De nombreuses scènes de sa vie quotidienne dans le petit village de Port Harrison (Inukjuak, en langue inuite) de la baie d’Hudson furent entièrement reconstituées.Flaherty a décidé de bannir les fusils alors que les Inuits les utilisaient déjà, modifié la construction des igloos pour qu’une caméra puisse filmer ce qui s’y passe à l’intérieur et demandé à Nanook de s’émerveiller devant un gramophone alors qu’il connaissait déjà cet appareil.Sans compter que les femmes entourant le célèbre Inuit, comme dans l’amusante scène du kayak, sont plutôt les «femmes» du réalisateur! En musique Lors de sa nouvelle présentation à la Cinémathèque québécoise le 11 juin prochain à 20h30 dans le cadre de l’événement Présence autochtone, le film de Flaherty, son plus célèbre et celui qui fut tourné dans la plus grande liberté (après ce triomphe, la carrière du cinéaste ne sera qu’une longue suite de bagarres et de frustrations cinématographiques) aura de nouveau droit aux bons soins de Gabriel Thibodeau, pianiste et compositeur.Les habitués de la Cinémathèque le connaissent bien, toujours à son piano les vendredis soirs, depuis plus de 15 ans, pour accompagner la présentation de films muets.Parfois, en quelques grandes occasions, le compositeur éclipse l’improvisateur et Gabriel Thibodeau livre des partitions d’accompagnement pour L’Homme qui rit de Paul Leni, La Chute de la Maison Usher, ou The Phantom of the Opera.Ce qui l’amène un peu partout à travers le monde pour la tenue de projec-tions-concerts, Thibodeau se préparant, dans quelques semaines, pour un voyage en Biélorussie afin d’y diriger l’Octuor de France à l’occasion d’une (autre!) présentation de L’Homme qui rit, après Cannes, Tokyo, Athènes, Helsinki, New York.et Besançon en France («des conditions techniques impeccables, une acoustique parfaite et à la fin du film, tous les spectateurs pleuraient: un souvenir inoubliable»).Pendant plusieurs mois, le compositeur a concocté la partition musicale du film de Flaherty, vou- lant offrir une version de Nanook of the North «qui soit le plus près possible de la réalité inuite, du Grand Nord, avec la participation d’un quatuor de flûtes, un quatuor vocal et un percussionniste pour illustrer le souffle, le vent, etc.», précise le compositeur.Cette œuvre devait être offerte au public mais pour des questions financières, Gabriel Thibodeau a dû revoir ses ambitions à la baisse tout en demeurant philosophe: «La grandeur des moyens n’altère pas la qualité d’une œuvre et c’est ce qui est merveilleux en art.» Chants de gorge Lors de cette présentation spéciale, la structure de l’œuvre sera beaucoup plus libre et les moyens, par conséquent, plus limités.Par exemple, on ne pourra entendre, lors de la construction de l’igloo, «le crissement de la neige reproduit en utilisant un bol rempli de grains de café écrasés à l’aide d’un pilon».Avec la participation de Sylvia Ipirautaq Cloutier et June Shappa, maîtrisant les chants de gorges traditionnels inuits, Gabriel Thibodeau s’installera au piano et non devant un ensemble avec sa baguette de chef d’orchestre, faisant une fois encore «le lien entre le spectateur et le film».L’accompagnateur ne cache pas qu’il va s’offrir quelques plages d’improvisation même s’il va puiser abondamment dans cette œuvre musicale qui ne demande qu’à naître devant public.Et il en- tend bien profiter du souffle de liberté que lui ont procuré tant le film de Flaherty que les bases de la culture inuite.Car Gabriel Thibodeau ne considère pas Nanook of the North «comme un documentaire ou une fiction, mais davantage une réflexion sur un peuple, sans trame dramatique.Comme il n’y a pas de dénouement, qu’il s'agit plutôt d’une rencontre entre deux cultures, sur le plan musical, ça m’a laissé plus de liberté».Ses nombreuses recherches sur la culture inuite lui ont permis de découvrir une donnée fondamentale qui étonne souvent les citadins pressés et stressés que nous sommes.Pour les Inuits, le temps n’est pas fractionné au quart de seconde, la vie ne se résume pas à une implacable course contre la montre.«Le temps, souligne Gabriel Thibodeau, c’est ce qu’il y a entre le jour et la nuit, l’hiver et Tété.Le reste, c’est toujours un recommencement perpétuel.» Flaherty l’avait d’ailleurs bien compris, divisant sôn film en saisons, cherchant à illustrer le mode de vie «intemporel» des Inuits.En direct Cette manière de concevoir le temps qui passe sur un mode moins fragmenté, moins obsessionnel, a déjà réservé quelques surprises à Gabriel Thibodeau car ce n’est pas la première fois qu’il accompagne en musique Nanook of the North à la Cinémathèque québécoise.«Je me souviens d’une projection avec des chanteuses inuites.Elles chantaient, s’arrêtaient en riant, parce que tout cela pour eux est un jeu, et tout à coup un spectateur s’est levé pour jaser avec elles.pendant que j'improvisais! La nécessité de faire les choses à la seconde près, c'est absolument absent de leur façon de penser.Je trouvais cette notion intéressante, surtout dans mon travail où je découpe toujours le film de manière extrêmement précise.» Même si Gabriel Thibodeau reconnaît que certains lui ont collé l’étiquette de «pianiste de la Cinémathèque», elle n’a rien d’encombrant car, comme pour ses improvisations et sa partition de Nanook of the North, il travaille dans la plus grande liberté «et ça n’a pas de prix», souligne-t-il avec satisfaction.Sans compter que, les gens pratiquant ce métier étant peu nombreux à travers le monde, «ça nous permet de voyager».Il serait sensible aux offres des cinéastes de son époque pour composer la musique de leur film mais reconnaît que, pour le cinéma muet, «le véritable plaisir est d’avoir un orchestre et de constater que notre musique demeure vivante puisque réinterprétée sur scène.Peu à peu, lorsque mes œuvres sont écrites, elles deviennent le fruit de quelqu'un d'autre.Quand je dirige un orchestre, j’ai un recul, je peux changer des choses.car je refuse d'être “momifié” de mon vivant!».Gabriel Thibodeau sera bel et bien en chair en os à son piano le 11 juin prochain pour cette projection de Nanook of the North, enveloppant de sa musique Ihommage de Flaherty à la culture de son ami qui, deux ans après le tournage, est mort de faim lors d’une expédition qui ressemble tristement à celle que le réalisateur a illustrée dans son film.Tout ce qu’il manquera, ce sont ces fameux «esquimaux» que l’on a commencé à vendre à l’entracte dans les salles du cinéma suite au succès retentissant des aventures de Nanook.LE CENTRE D’ETUDES AMÉRINDIENNES Le Centre d'études amérindiennes de l'Université du Québec à Chicoutimi est une structure officielle unique au Québec.Son mandat est de créer des programmes répondant aux besoins de formation des autochtones, de promouvoir la recherche et d’offiir des service correspondant aux attentes exprimées par les directions en éducation des communautés autochtones.Programmes offerts par le Centre d’études amérindiennes .Certificat en enseignement en milieu amérindien .Certificat en technolinguistique autochtone .Certificat en études pluridisciplinaires .Programme court en relation d’aide .Programme court en comptabilité financière.Création de programme Un Programme en histoire et culture des Premières Nations du Nord-Est de l'Amérique du Nord est actuellement en préparation.Consortium de recherches amérindiennes Un Consortium de recherches amérindiennes existe à l'UQAC depuis 1997.Il établit un partenariat entre l’Université et les communautés autochtones.Le camp d’initiation scientifique Depuis 1995, un Camp dTmnation scientifique est offert aux élèves autochtones des niveaux secondaires 1.11 et lit.Nunavut Eastern Arctic Shipping Inc.NEAS est fier de faire partie du projet de développement des Inuits.Nous sommes là pour combler tous vos besoins en transports maritimes dans l'Arctique.Appeliez sans frais au 1 877 CAL-NEAS (255-6327) Montréal : (514) 597-0186 www.neas.ca L’histoire au indienne *ntrion LES PREMIÈRES NATIONS m du Canada SB B Olive Patricia Dlckaeon Les premières nations du Canada Histoire des peuples fond atours dopuls los temps les plus lointains L’histoire ¦ souvent échoué Sons la compréhension de la société amérindienne, mob tes Premières Mations du Canada utilise une approche Interdise!pllnolre pour retrouver l’histoire complète do Canada, en commençant par l’arrivée ées premiers occupants m Amérique et en révélant lour Influence sur l’ensemble canadien.aillas Havard Empire et métissages Indians et Français dans la Pays d’on Haut, 1660-1718 Dans one approche reposent i ta fats sur l’histoire, l'anthropole0e et la géographie, Gilles Havard étudie la genèse ée ce territoire.Il mot en scène les relations franco autechtanos antre 1660 et 1715, époque où la Nouvetle-France, d'ahord confinée dans b vallée du Saint Laurent, commence i se dilater è l'échelle du continent.Claudm Câlinas Entre l’assommoir et le Godendart Las Atlkamokw at la conquêta du Moymn-Nord québécois, 1870-1940 Us AtikasMkn de b Haste-Mesricb ont entretena dee rapports étroits avec les nemhrmu Eurecenedlens venus exploiter les msoorcet és la Hasts-Mm rida.C'ait 4a la réactlwi 4at Atfcanakw m aan4c occMoirtal 4ont N ast Id asortlon.Sylvain Fortin Stratèges, diplomates et espions La politique étrangère franco-indienne 1667-1701 Derrière le fattt 4s prstacsia offldd 4m échaftpn, m 4MslsMde l'advers « souterrain » de h d^tomatie.Cet ouvrage nous bit décos-vrtr la rtfrtftirtff tssMttsesx 4m ratattam frar Septentrion i G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JL7 l.N 2003 PRESENCE AUTOCHTONE Société inuk Au temps de la fonte des glaces «Nous sommes à développer une économie basée sur les valeurs imites» La société Makivik demeure le moteur du développement économique du Nunavik.Son premier mandat est de favoriser l’émergence d’une économie où sont conciliés la tra- dition du grand peuple du Nord et les besoins d’une société contemporaine.CLAUDE LAFLEUR La vie dans le Grand Nord n’est pas facile, c’est même un cliché que de le relater.Hélas, comme l’observe Lisa Koperqualuk, agente de communication pour la société Makivik, pratiquement tous les reportages qui traitent de la vie des Inuits se concluent généralement en relatant les problèmes d’alcool, de drogue ou de suicide qui affligent les populations nordiques qu’on appelait autrefois les Esquimaux.•Pourtant, dit-elle, il n'y a pas que cela, loin de là! Nos communautés se prennent en main et on s'organise pour créer des emplois et pour se développer.Il ne faut donc pas exagérer quand on parle de nos problèmes, poursuit-elle.Notre problème, c’est Justement que, souvent, ces problèmes sont automatiquement associés aux autochtones!» Mme Koperqualuk concède sans hésiter que son peuple vit d’importants problèmes de suicide et d’alcoolisme, mais elle insiste pour dire qu’on exagère parfois un peu: «Cest comme si tous les gens des communautés inuites étaient alcooliques.Or, ce n'est pas le cas! Il y a beaucoup de familles qui vivent très bien, qui vivent une vie saine, si Je puis dire.Pour moi, le vrai problème, c’est que les Journalistes ont tendance à seulement parler de nos problèmes.Cest comme si nos communautés ne vivaient que cela!» Or, quantité d’actions positives sont prises par les habitants du Grand Nord.Ainsi, pourrait-on résumer, les Inuits sont passés en La société inuite connaît une existence à la fois traditionnelle et Makivik a mis sur pied un service de sports et de loisirs.SOURCE SOCIÉTÉ MAKIVIK moderne.Pour eux, la société 50 ans de l’igloo à Internet, preuve de leur grande capacité à s’adapter.Lisa Koperqualuk est d’ailleurs elle-même un bel exemple de cette capacité d’adaptation.Née à Puvir-nituq, cette Inuk 0e singulier d’Inuit) a fait ses études élémentaires au Nunavik avant de réaliser son secondaire en Ontario puis son cégep à Montréal, pour finalement les terminer à l’université Concor- dia (en science politique).«Quand elle " j’étais enfant, se rappelle-t-elle, on se chauffait au bois et on s’éclairait à l’huile.Aujourd’hui, nous avons l’eau courante et tout fonctionne à l'électricité.» Elle représente la société Makivik — nom qui signifie «le lieu où on se tient debout» — qui est le mo-teur du développement économique du Nunavik Cette société d’investissements a pour mission de développer le terri- toire québécois situé au nord du 55' parallèle.Près de 10 000 personnes habitent le Nunavik, dont la superficie représente le tiers du Québec.Les Inuits 0e «peuple») vivent dans 15 villages répartis le long des côtes de la baie dTJngava, du détroit et de la baie d’Hudson.L’une des caractéristiques de cette population est d'être jeune, les moins de 30 ans constituant plus de 60 % d’entre eux 0e double de ce qu’on observe dans le reste du Québec).Nouvelle économie Mme Koperqualuk relate que le taux de chômage est en baisse puisque, un peu partout dans la communauté, on s’active à créer de nouveaux emplois.«Nous sommes entre autres à développer une économie basée sur les valeurs inuites», évoque-t-elle.Ainsi, Maki- Hydro-Québec est heureuse de participer au festival Présence autochtone.Québec vik finance dans plusieurs villages inuits des centres de couture où on s’affaire à fabriquer des vêtements traditionnels qui sont destinés tant aux besoins de la communauté qu’à l’exportation.Ces vêtements connaissent d’ailleurs un franc succès, dit-on, car ils sont chauds et même •à la mode».Les jeunes Inuits connaissent une existence à la fois traditionnelle et moderne.Ainsi, ils vont à l’école tout en se consacrant à la chasse.•La plupart vont à l’école jusqu’au secondaire, relate Usa Koperqualuk, et un petit pourcentage continue leurs études dans le Sud [à Montréal] au cégep et à l’université.Ils font aussi du sport et delà musique.ils font tout!» Certains jeunes se sont même regroupés au sein d’une association pour mener à bien divers projets communautaires, dont la sensibilisation aux problèmes de consommation et de suicide.Pour eux, Makivik a mis sur pied un sendee de sports et de loisirs qui permet à des équipes du Nunavik de participer aux jeux de l’Arctique qui ont lieu tous les deux ans.Ces jeux mettent à l’honneur diverses compétitions traditionnelles, dont des sports qui demandent de l’agilité, de la concentration, de la flexibilité et de l’endurance.Aboriginal Peoples Television Network APTN vise le marché québécois Les peuples autochtones ont un réseau de télévision qui leur est propre En 1999, le CRTC autorisait la création d’une nouvelle chaîne de télévision autochtone.APTN devait être diffusée obligatoirement sur le service de base du câble.L’annonce de cette nouvelle venue, basée à Winnipeg, allait faire peu de vagues au Québec.La cause?Une sous-représentation du milieu francophone.Le nouveau directeur d’origine québécoise, Jean Larose, entend bien renverser la vapeur.MYLÈNETREMBLAY Le retour des chiens! La société Makivik travaille aussi à réintégrer les attelages de chiens nordiques, jadis un mode de transport courant mais qui a été décimé par suite d’une décision «prise dans le Sud».En effet, •des fonctionnaires du fédéral et du provincial ont un jour décidé de tuer les chiens errants, mais aussi les chiens qui étaient attachés et pas dangereux!», de dire Mme Koperqualuk, déconcertée.Conséquemment, depuis trois ans, Makivik organise des courses d’équipages de chiens.Le 10 mars dernier, 14 équipes inuites ont ainsi pris le départ de la course de traîneaux à chiens Ivakkak 2003 — un mot qui signifie «courir à une vitesse confortable»! Durant dix jours, des concurrents de sept communautés du Nunavik ont parcouru quelque 600 kilomètres.Cette activité a pour but de promouvoir le retour des chiens de pure race inuite.C’est également une source de grande fierté pour les Inuits de tous les âges, relate Usa Koperqualuk: «Les gens sont ravis de voir arriver les équipages dans leur communauté, dit-elle, les vieux sont heureux au point de se mettre à pleurer.» Par ailleurs, les Inuits subissent de plus en plus le problème du réchauffement de la planète.«On remarque que la glace fond de plus en plus tôt et que la neige arrive plus tard», indique la porte-parole.Or.cela pose des risques additionnels aux chasseurs, qui doivent traverser des glaces de plus en plus minces et qui voient leur saison de chasse s’amenuiser.Les scientifique observent d’ailleurs que la fonte du couvert de glace dans l’Arctique est le premier symptôme du réchauffement climatique.Ils considèrent même que, d’ici 50 ans, la glace de l’Arctique pourrait disparaître complètement durant les mois d'été.Ceci aura des impacts considérables sur le peuple inuit sur les espèces fauniques nordiques et sur le climat général.•Nous, ça nous affecte déjà!», d’insister Mme Koperqualuk.•A quoi rêvent nos jeunes?, poursuit-elle.Je pense que fa dépend de leur personnalité.Certains sont très ambitieux et rêvent de gagner beaucoup d’argent.sinon même d'être président de Makivik! D'autres désirent plutôt demeurer dans leur communauté et vivre de la chasse.» «I^°S ^str^mteurs n0113 ont cés sur la stratosphère, passé la neige; si quelqu’un a le courage de continuer au-delà des cinquante.», il pourra enfin tomber sur APTN! Ceux et celles qui connaissent déjà le Réseau de télévision des peuples autochtones, niché à Montréal sur le 58, ont pu constater à quel point cette télévision généraliste offre des émissions de qualité s’adressant à la fois à un public autochtone et non autochtone.Née de la Television Northern Canada (TVNC) qui diffusait depuis 1991, du Yukon au nord du Labrador, des émissions produites par et pour les autochtones et les gens du Nord, la nouvelle APTN (pour Aboriginal Peoples Television Network) se veut le reflet de tous les peuples autochtones du Canada.Un mandat très vaste, compte tenu des 633 communautés des Premières Nations disséminées un peu partout à travers le pays.•APTN cherche à la fois à permettre à toutes ces communautés d’apprendre à se connaître et à permettre aux Canadiens de briser les stéréotypes qui touchent les peuples autochtones du Canada», estime son directeur, Jean larose.En somme, rallier la troisième solitude — celle des peuples autochtones — aux deux autres.seau?«Pas nécessairement, soutient M.Larose, parce que sur les 18 heures, plusieurs émissions sont des versions francophones d’émissions anglaises.Mon but premier est d’assurer une programmation originale francophone pour le plein pourcentage requis, soit 15 % du temps d’antenne.» L’APTN veut rallier la troisième solitude, celle des peuples autochtones, aux deux autres Objectif Québec Depuis son arrivée à la tête d’AFTN en décembre 2002, Jean Larose, d’origine abénakise et anciennement directeur des communications à l’Assemblée des Premières Nations, s’affaire à mettre au point un plan d’action visant à faire connaître la chaîne au Québec.Son but faire rayonner davantage le français auprès des auditoires de la belle province.•Lorsque APTN a été créée en 1999, l’intention était d’avoir une programmation particulière au Québec, indique-t-il.Mais entre le moment où APTN a reçu sa licence en février et le lancement de la chaîne en septembre, le personnel n’a bénéficié que de six mois pour établir une infrastructure et remplir la grille horaire.Maintenant qu’on est établi, il est temps de retourner en arrière et de regarder l’étendue de notre mandat, de rediriger nos tirs et de s'assurer que le marché du Québec connaisse notre existence.On doit faire en sorte qu’il soit bien représenté et qu’il puisse se reconnaître dans la programmation d’APTN.» Jean Larose compte étendre le mandat d’APTN en assurant d’abord au réseau une présence journalistique au Québec.D’ici quelques semaines, un bureau de nouvelles ouvrira ses portes à Montréal afin de couvrir l’actualité québécoise sous toutes ses coutures.«On devrait commencer à voir, à l’occasion, à partir de septembre, des reportages en français sur les ondes d’AFTN dans le bulletin de nouvelles.» Reste la formule à déterminer: inclure dans la programmation un deuxième bulletin de nouvelles en français ou développer un volet francophone à l’intérieur du bulletin actuel.Par la suite, un agent de liaison, dont le poste reste à combler, cherchera à établir des contacts avec les producteurs autochtones francophones du Québec.«On veut travailler avec eux pour essayer de développer des émissions qui pourraient être possiblement traduites en anglais ou en langue autochtone afin de présenter le visage des peuples autochtones du Québec, de toutes les nations autochtones du pays et de la population canadienne en général qui nous écoute.» Présentement, sur les 120 heures d’émissions diffusées par semaine, on compte 72 heures en anglais, 30 heures en 15 langues autochtones différentes et 18 heures en français.Ce dernier nombre risque-t-il d’augmenter avec la nouvelle orientation du ré- Productions maison > Au total, 70 % du contenu de la programmation d’APTN est canadien.Le pourcentage restant consiste en des émissions autochtones provenant du monde entier, de l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Amérique centrale, à l’Amérique du Sud en passant par les Etats-Unis.En 2001, APTN avait demandé au CRTC de modifier sa licence en vue de réduire de 90 % à 70 % le niveau des émissions canadiennes.«Lorsqu’on s’est lancé, avoue Jean Larose, c'est vite devenu apparent qu’on devait al» 1er chercher des émissions produites à l’extérieur du pays, en Australie oti ailleurs, pour remplir là grille horaire.Mais notre production originalè.considérée comme étant du contenu canadien est présentement au-delà de 70 % et atteint les 80 %.»: À l’instar de la télévision d’État, la Société Radio-Canada, APTN diffuse et produit des émissions.«On cherche à créer une industrie télévisuelle, cinéma^ tographique et autochtone, indique M.Larose.Notre mandat est d’identifier les producteurs, trfr voilier avec eux et les aider à trouver les ressources nécessaires pour pouvoir produire des émissions originales.» À l’exception de l’émission Contact, une tribune d’affaires pu- bliques, ainsi que des bulletins de nouvelles et des reportages en < rect réalisés quotidiennement dans les studios de Winnipeg (bureau chef), Halifax, Ottawa, Toronto, Vancouver, Yellowknife et bientôt Montréal, Whitehorse ef Iqaluit, la majorité des émissions diffusées sur APTN sont l’œuvre de producteurs autochtones indépendants du Canada Certaines productions se voient financées en grande partie par le réseau national de télévision autochtone, tandis que d’autres reçoivent des subventions du Fonds autochtone de Téléfilm Canada.«APTN est actuellement la seule chaîne de télévision autochtone au pays, et dans le monde entier, avance Jean Larose.La télévision est donc pratiquement la seule entité à financer ce genre de productions.» La chaîne préconise également les coproductions avec Télé-Québec et TVO du côté francophone.«J’ai même approché Pierre Lampron pour voir si TVA serait intéressée à coproduire des émissions avec APTN», ajoute-t-il.Et qu’en est-il de la société d’Etat ?«On n’a pas encore approché Radio-Canada parce qu’à date, elle est une de celles qui est le moins intéressée à nous parler.On espère que Radio-Canada va réaliser qu’on est loin d’être une menace pour eux.C’est un peu l’Empire romain versus le petit Gaulois!» APTN projette aussi la réalisation d’une émission d’information en français qui «traiterait les sujets plus en profondeur».Beaucoup de projets donc, mais peu de moyens.«Il ne faut pas se leurrer, dit-il, on ne nage pas dans l’argent et on doit s’assurer que l’infrastructure puisse supporter ces ententes.» Jean Larose convie d’ailleurs, le 21 juin prochain, tous les citoyens de la grande région de Montréal à la réunion du conseil d’administration qui se tiendra à l'Hôtel des Gouverneurs, Place Dupuis, pour entendre leur son de cloche quant à leurs besoins et leurs attentes.«On aimerait les rencontrer pour leur démontrer qu’on est sérieux dans notre démarche de bien représenter la réalité du Québec.Nous voulons leur dire qu’on est là pour très longtemps et qu’on cherche à établir des ponts avec la population québécoise en général.» "11“' LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2003 PRESENCE AUTOCHTONE G 7 Cris En attente d’une décision gouvernementale La Société de développement des Cris (SDC) qui devait être créée en 2002, selon l’échéancier prévu dans le cadre de la Paix des braves, ne verra vraisemblablement pas le jour avant l’automne.La principale raison invoquée pour ce retard est un «changement de gouvernement», a indiqué au Devoir l’avocat Robert Mainville, responsable de piloter ce dossier auprès du Grand Conseil des Cris.THIERRY HAROUN Pour Robert Mainville, le fait que le gouvernement Charest tarde à nommer ses représentants au sein du conseil d’administration de la SDC explique la lenteur de la mise en branle de cette société autonome dédiée au développement économique et communautaire des Cris.Car la Société de développement des Cris est «une société complètement contrôlée par les Cris».Le conseil d’administration de la SDC sera composé de onze membres: cinq membres désignés par Québec qui disposeront de un vote; cinq membres désignés par les Cris qui disposeront de deux votes, et le président sera choisi par les Cris, mais après consultation du Québec.D’autre part, le montant qui sera alloué à la SDC, tiré à même l’enveloppe globale prévue dans la Paix des braves, reste encore à définir.Évolution des budgets Selon les dispositions financières de la Paix des braves, signée en février 2002, Québec s’est engagé à verser une somme de 23 millions en 2002-2003, de 46 millions en 2003-2004 et de 70 millions en 2004-2005.Par la suite, cette contribution sera indexée selon une formule qui reflétera l’évolution de l’activité économique sur le territoire visé dans les secteurs de l’hydroélectricité, de la foresterie et des mines.La SDC prend donc la relève de k Société de développement autochtone de la Baie-James (SO-DAB), fondée en 1978 dans la foulée de la Convention de la Baie-James, «qui était de fait contrôlée par le gouvernement», affirme l’avocat Mainville.Pour sa part, le directeur des relations avec le Québec pour le Grand Conseil des Cris, Roméo Saganash, se réjouit de l’implantation de cette entité économique qui aura désormais les coudées franches.«Par contre, précise-hL si ça va bien tant mieux, mais si ça va mal on n’aura que nous à blâmer.C’est ça l’autonomie économique et politique autochtone.» Bien que la mise en œuvre de la Paix des braves se déroule «très bien», constate M.Saganash, celui-ci se dit inquiet des ambitions éner-gétiques du gouvernement Cha-rest Ainsi rappelle-t-il les propos qu’a tenus Jean Charest lors de la journée d’assermentation de son gouvernement.«Le premier ministre a été très clair “Notts voulons du développement économique et nous voulons du développement hydroélectrique au Québec ' Et c’est le mandat qu’il a accordé à Sam Hamad [le ministre des Ressources naturelles).Et qui parle de développement économique, poursuit-il, parle nécessairement des Cris et du territoire de la Baie-James.» Inquiétudes M.Saganash, ne craint pas une réouverture de la Paix des braves, mais «d’inclure ou d’ajouter» un autre projet d’envergure «comme probablement Grande-Baleine».D’autant plus, dit-il, qu’Hydro-Qué-bec répète depuis plusieurs années qu’elle voudrait voir des allégements aux processus d’évaluation environnementale.De son côté, le député péquiste d’Ungava et porte-parole en matière de développement du Nord québécois, Michel Létourneau, reconnaît qu’il y a «peut-être des longueurs» en ce qui a trait aux processus d’évaluation environnementale.«Moi, je suis prêt à regarder ça[.] mais faut pas l’escamoter et il faudra être vigilant» Quant aux inquiétudes de Roméo Saganash en ce qui concerne Grande-Baleine, le député Létourneau répond: «Je vais être très clair.Il ne se fera pas dans le nord du Québec une deuxième Baie-James comme la précédente.Sam Hamad ne trouvera pas que des Cris sur son chemin, il va aussi trouver des Nord-Québécois.» Enfin, M.Saganash espère que Jean Charest saura répondre dans les plus brefs délais à la demande du Grand Chef du Grand Conseil des Cris, Ted Moses, pour une rencontre au sommet «pour clarifier les choses».PREMIÈRES NATIONS PRÉSENCE AUTOCHTONE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT ntheriaolteledevoir.ca 2050.rue de Blenry, 9' étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 redactionaledevoir.com FAIS CE QUE DOIS Important producteur et distributeur de films autochtones, l’Office national du film du Canada participe fièrement à la 13e édition de Présence autochtone en présentant.Ceux qui attendent Écrit et réalisé par Hemténégild» Chiasson Produit par Cécile Chsvrior (Los Productions du Phan-£st Inc.) Jacques Turgeon (ONF) The Spirit of Annie Mae Réalisé par Catharine Anne Martin Écrit par Angola Baker Produit par Kent Martin Sally Bochrter SI le tempe le permet Réalisé par Elisapie Isaac Écrit par Elisapie Isaac Manon Barbeau Produit par Yvea BiaaiHon le the Crown at war with tie?Écrit et réalisé par Alanis Obomsawln Produit per Alanis Obomsawln Sally Bochner OUVREZ L'ŒIL www.onf.ca | 1.800.267.7710 t Micmacs La renaissance d’un peuple «Arrêter la division qui a toujours existé depuis la colonisation» Mus par un profond désir de faire reconnaître leurs droits inaliénables et imprescriptibles, les chefs de bande des trois communautés micmaques de la Gaspésie ont fondé, à l’automne 2001, un Mi’gmawei Mawiomi, c’est-à-dire un conseil tribal.THIERRY HAROUN Les Micmacs de la Gaspésie sont au nombre de 4000, répartis en trois communautés: la bande de listuguj, à la frontière du Nouveau-Brunswick, la bande de Gespeg à Gaspé, et la bande de Gesgapegiag à Maria.«U faut travailler ensemble, on ne peut plus vivre séparé et isolé et faire notre petit bout de chemin sans se parier», lance Donald Jean-notte, celui qui a été mandaté par le conseil tribal pour coordonner le Wesgijinualuet — qui signifie en langue micmaque «la renaissance du peuple Micmac» —, une étude de recherche des titres micmacs de la Gaspésie.Cette étude multidisciplinaire, à laquelle s’est greffée une équipe de chercheurs universitaires, d’avocats, de linguistes et d’archéologues ainsi que William Wicken, un spécialiste des traités qui a participé la cause de Donald Marshall fils, comprendra plusieurs volets comme la biologie, l’écologie, la linguistique et l’histoire, notamment Un autre volet important de ce projet de recherche, qui en est à sa deuxième année d’existence, est celui de circonscrire pour la première fois le territoire d’occupation traditionnel des Micmacs de la Gaspésie (le Gespegenema-gi ou T district) qui s’étendrait, selon la tradition orale, de la source de la rivière Miramichi (Nou-veau-Brunswick) à lHe d’Anticosti en passant par la Gaspésie et les île&de-la-Madeleine.Une culture peu doctunentée Pour ce faire, l'équipe de recherche devra recueillir les témoignages de «tous les membres» des trois communautés micmaques afin de connaître l’étendue du territoire sur lequel ils pratiquent leurs activités traditionnelles.Les chercheurs comptent aussi sur l’étroite collaboration du Aboriginal and Treaty Rights Center, en Nouvelle-Ecosse, un centre qui a déjà réalisé une étude d’utilisation et d'occupation du territoire pour les Micmacs des Maritimes.C’est un projet de recherche très complexe et qui demandera plusieurs années, affirme M.Jeannette, parce que «toujours tributaire du financement du fédéral», mais surtout en raison de la rareté des documents.Par contre, la Gaspé Land Claim Commission, une commission qui s’est échelonnée sur plusieurs décennies au XK' siècle et sur laquelle «on esta gratter la surface», s’avérera un précieux outil de recherche.M.Jeannette se refuse à arrêter une date butoir pour déposer son rapport final.«Je ne peux pas prédire, dit-ü, parce qu’il y a toujours des surprises quand on fait des recherches sur les Micmacs, car c’est une culture qui a été très peu documentée, et la moins recherchée.» Particulièrement celle de Gespeg, ajoufét-fl, parce qu’ils n’ont pas de territoire de réserve.Une communauté qui n’a été reconnue qu’en 1972.«Us étaient dissimulés parmi la population en général; ça faisait partie des politiques assimilatrices du fédéral», rappelle ce Micmac engagé.À terme, le rapport final veut être un document de référence qui servira aux Micmacs de la Gaspésie afin «de prendre des décisions éclairées» pour d’éventuelles revendications territoriales, entre autres.«Actuellement, ü n’y a pas de revendications d’entamées; nous sommes dans une période où on est en train d’effectuer des recherches pour savoir si on va aller revendiquer un territoire et des compensations financières.» L’option de poursuivre devant les tribunaux n’est pas non phis exclue.«Évidemment.poursi i’.-ü, si le gouvernement du Québec décide de ne pas vouloir négocier avec nous, on a toujours l’option d'aller en cour.C'est pas facile d’aller en cour, mais c’est moins,facile d’aller en revendications.» Ce dernier cite le cas du Conseil tribal des Montagnais, qui négocie depuis près de 25 ans une entente de principe sur une revendication territoriale globale.«S’ils avaient pris l'option d'aller en cour, ils auraient probablement un jugement [en main].» Développement économique La «renaissance» du peuple micmac passe inexorablement par une prise en charge de son développement économique.Les Micmacs revendiquent désonnais im droit de cité quant aux retombées économiques provenant de l’exploitation des richesses naturelles de leur territoire, notamment dans l’exploitation des hydrocarbures, comme en fait foi le mémoire déposé, en février dernier, par le Conseil tribal des Micmacs de la Gaspésie devant la Commission d’étude sur la maximisation des retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles dans les régions ressources.Depuis le jugement Delga-muukw (1997) de la Cour suprême du Canada, en appel de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique, les Premières Nations ont désormais voix au chapitre quant à exploitation des ressources naturelles sur leur territoire traditionnel.L’étude que dirige Donald Jeannette compte apporter «des pistes de solution afin d’en arriver à un partage de la ressource [.].Il faut, déplore-t-il, toujours se battre; on ne nous donne rien gratuitement».Cette étude, continue M.Jeannotte, mettra en place un certain nombre de possibilités, surtout pour nos jeunes, afin qu’ils restent dans nos communautés et qu’ils étudient en fonction du marché local.«S'il y avait une exploitation de gaz et de pétrole dans la règum gaspésienne.on veut s'assurer que nos jeunes auront des emplois de qualité», une façon de contrer l’exode des jeunes Micmacs vers les régions centres.Un partenariat avec Hydro-Québec M.Jeannotte confirme que les Micmacs ont entamé il y a quelques semaines des discussions à cet effet avec la direction de la firme Junex, qui exploite des gisements gaziers en Gaspésie depuis plusieurs années en partenariat avec Hydro-Québec.Des pourparlers ont aussi eu lieu avec des pétrolières ainsi qu’avec l’eç-ministre péquiste déléguée à TÉ-nergie, Rita Dionne-Marsolais.Pour sa part, Hydro-Québec envisage d’investir 300 millions de dollars au cours des sept prochaines années dans l’exploration d’hydrocarbures dans le golfe du Saint-l^urent, partie d’un plan d’investissements totaux de plus de un milliard de dollars avec le secteur privé, ce qui, à terme, créera quelque 5000 emplois en Gaspésie.Cnez Hydro-Québec, Elise Proulx a afljnné au Devoir que la société d’Etat attend toujours le feu vert d’Ottawa.Fait à noter, le conseil tribal a confié le dossier des hydrocarbures à Phil Fontaine, l’ancien chef des Premières Nations du Canada.L’étude multidisciplinaire s'inscrit à long terme dans un projet global auquel s’adjoindra un centre de recherche, une institution financière semblable à la Société de développement des Cris, ainsi qu’un collège micmac qui aura une mission fédératrice de la nation micmaque au-delà des frontières gaspésiennes «afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rassembler notre nation en une seule, et d’arrêter la division qui a toujours existé depuis la colonisation».Enfin, M.Jeannotte espère que le gouvernement de Jean Charest «saura être aussi sympathique à la cause des autochtones» que l’a été Bernard Landry: «On verra sur le plancher des vaches», conclut-il.LP«Ab Société Makivik akivik Corporation LPOJ Makitavugut LPAb d0>n.S" 25cr
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