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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-06-23, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JUIN 2007 CINÉMA Des destins troublants, mais mal liés Page E 3 ROMAN Un récit existentiel signé André Girard Page E 7 imEHDLTURE FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL JOSHUA JORDAN Angélique Kidjo F I J M Angélique Kidjo: l’arbre dans la forêt sacrée YVES BERNARD Il aura Mu trois décennies avant que ne se lève la véritable héritière de Myriam Makeba, célèbre Mama Africa sud-africaine qui avait ouvert le continent noir à la planète entière.Avec son idole de jeunesse, Angélique Kidjo partage le même attachement aux racines, la même rage de vivre, le même engagement humanitaire, le même espoir dans la blessure, la même façon d’irradier sur la scène internationale, la même ouverture aux musiques afro-américaines.Cette année, après Ibrahim Ferrer, Khaled et Salif Keita, la Béninoise devient la première femme à recevoir, à la surprise de personne, le prix Antonio Carlos-Jobim, remis par le FljM à un artiste qui s’est particulièrement démarqué sur le plan des musiques du monde, hommage dont elle ignorait l’existence et que pourtant elle mérite pleinement «Je viens de Ouidah, dans le sud du pays.C’était le port d’embarquement des esclaves: la porte du non-retour.Près de là on aperçoit toujours la forêt sacrée où l’on pratique encore les cérémonies vaudou.Mon aïeul en fut partie intégrante.Premier à tirer sur les esclavagistes, il fut trahi puis capturé par les Français, avant de disparaître jusqu’à ce qu'on le retrouve dans cette forêt.H avait construit une petite maison autour d’un baobab et avait dit: vous ne retrouverez jamais mon corps; un jour, un arbre poussera à cet endroit précis.Aujourd’hui, l’arbre existe toujours.» Le récit permet de comprendre la trajectoire d’une artiste qui n’a jamais su pourquoi elle chante, qui chantait toute petite des chansons qu’on ne lui avait jamais apprises, qui chante pour le pouvoir de rassembler et pour guérir des traumatismes.«On ne parlera jamais assez de l’esclavage; on cause beaucoup plus souvent de l’Holocauste alors que l’esclavage a tué beaucoup plus de gens.Il est indispensable de n’oublier ni l’un, ni l’autre» Angélique possède cette faculté d’accéder à l’universel en une phrase, d’embrasser le monde en une note.Elle caresse une berceuse, on oublie la sono.EDe laisse couler une VOIR PAGE E 2: KIDJO L’IRRITATION RAFA RIVAS AFP Brandford Marsalis SERGE TRUFFAUT Les frères Marsalis, Wynton le trompettiste et Branford le saxophoniste, agacent.Souvent, ils énervent.D’autres fois, ils sont des sujets de détestation, des cibles de haine.Il est vrai qu’ils ont tout pour aiguiser la jalousie dans ses retranchements les plus noirs, les plus sombres, les plus violents.Cars ils sont habités par tous les talents.Du moins, ceux considérés comme essentiels.Qui plus est, ils ont une capacité à s’indigner quand il y a matière à s’indigner.Comme cela déplaît à certains, ces derniers les traitent de grandes gueules.On emploie à leur égard l’anathème pour réduire la discussion à trois mots, évidemment gros.Surtout lorsque les questions qu’ils abordent sont sensibles et pas né cessairement délicates.Tout reprendre à zéro La dernière en date?Katrina, l’ouragan qui a dévasté La Nouvelle-Orléans, les quartiers noirs en particulier.Ce n’est évidemment pas l’ouragan comme tel qui a provoqué leur colère, mais bien la riposte timide, BRANDFORD MARSALIS Alvin Batiste, Marsalis Music Honors Series la réaction avaricieuse des autorités soi-disant concernées.Cela mais aussi autre chose.Ceux qui touchent des sous pour savoir savaient que la digue imploserait au moindre éternuement du dieu Eole.Cette histoire, en fait cette tragédie, a ulcéré les deux frères; Wynton davantage que Branford.Après Katrina, le premier a décidé de tout reprendre à zéro.Plus exactement, il a dé cidé d’écrire une sé rie de thèmes déclinant la trace des Noirs en Amérique du Nord, et le sort qu’on leur a réservé, de l’esclavage à Katrina.Sa réaction fut analogue à celle qu’avait eue Charles Mingus dans les années 60 à l’endroit du gouverneur de l’Arikan-sas Orval Faubus, de sinistre mémoire.Mais à la différence de Mingus, il a consacré tout un album au sujet Pour baptiser sa production, qui sera évoquée lors de son show au festival, Wynton n’a pas fait dans le détail: From The Plantation To The Penitentiary.De l’esclavage à la prison, en passant par le Vietnam et l’Irak, Wall Street et les droits civiques, il traite de tous les épisodes ayant imprimé BRANDFORD MARSALIS Jimmy Cobb, Marsalis Music Honors Series leurs marques sur les Afro-Américains.Mais voilà, à sa sortie les critiques l’ont éreinté.Notamment le magazine Down Beat.Et ce, à tort la volée de bois vert dont il a été l’objet a été propulsée avec une forte dose de malhonnêteté.Car on s’est employé à descendre le bonhomme pour autre chose que pour le disque.On s’explique.Au début des années 80, Wynton ainsi que Branford avaient osé faire au grand jour ce que beaucoup désirajent dans l’ombre.A savoir?Attaquer de front des mensuels de jazz.Son propos était d’autant plus simple à formuler qu’il s’articulait sur une série de constats, de réalités tangibles, de faits aux relents nauséabonds.Ceux qui frisaient généralement la une, ceux qui s’épanchaient le plus fréquemment, étaient bien souvent les petits Blancs.Et qu’on le veuille ou non, cela n’a guère changé.Combien de fois Diana Krall a-t-elle fait la une?Combien de fois ce fut Abbey Lincoln, autrement plus combative, plus pertinente?Combien de fois Michael Brecker l’a-t-il faite et combien de fois ce fut David Murray?BLUE NOTE Wynton Marsalis, Front The Plantation To The Penitentiary Combien d’articles sur Brad Meldhau et combien sur Anthony Davis, pianiste autrement plus incisif, plus moderne?Combien de reportages sur Spyro Gyra et combien sur The Art Ensemble of Chicago, autrement plus dérangeant, donc nécessaire?Combien de papiers sur le zoulou blanc et combien sur le zoulou noir?Zoulou.noir, il y a comme qui dirait une contradiction dans les termes.En colère La réponse tient à une conception singulière du jazz, cet art mal nommé.Mais encore?Ici et là, on n’aime pas ceux qui dérangent.On aime ceux qui se prêtent à merveille au marketing.On n’apprécie pas ceux qui remettent en question.On apprécie ceux qui jouent la langue de coton, la langue de bois.On affectionne ceux qui obéissent sans broncher, mais moyennant finances, aux diktats de producteurs marrons de la branchitude.Toujours est-il qu’à sa manière, donc différente de celle de son frère, Branford a lui aussi réagi.Comment?En créant une maison de disques consacrée à ces grands et immenses musiciens volontairement négligés par les industriels de la culture.Plus VOIR PAGE E 2: MARSALIS nconvement no s c Pierre Vadeboncoeur Ying Chen Renaud Jean Lakis Proguidia ce numén Isabelle Daunais Dominique Noguez Gilles Archambault Daniel Deschênes André Major Marc Chevrier de Franço» Ricard Gillea Marcotte Réjean Beaudoin Serge Bouchard LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JUIN 2 0 0 7 ULTDRI Wynton Marsalis ’28 JUIN AU 8 JUILLET 2007 DE MONTREAL LE FESTIVAL DÉBUTE uiuiuiiiiiu ££ JEUDI! ^ PLUS DE 150 CONCERTS! I8h LES GRANDS CONCERTS El !%U»I ChomQH EnragiOtM par ^ oaa TRIO BEYOND ¦ JACK DEJOHNETTE JOHN SCOFIELD LARRY GOLDINGS THEATRE MAISONNEUVE-PdA Un concert ?spécial! * Un voyage arabisant au» accents de Itamenco.de musique balkane et de cafés -parisiens.Sublime' j il il ANOUAR BRAHEM LE VOYAGE DE SAHAR 20h PLEINS FEUX EM Rencontre au sommet entre l’Europe et l’Amérique £1^ IL, f juillet (UKa 2 juillet InfpfflO m * •P Ttli^m SALLE WILFRID-PELLETIER-PdA CK 0 fUcNo-Cmad* CONCERT D’OUVERTURE mmum mmwsmARE PREMIÈRE PARTIE: NORTH MISSISSIPPI ALLSTARS FLECK 20h3° HYAHREGENCY MONTRÉAL m CMO"" S METR0P0LIS PREMIÈRE PARTIE: APOSTLE OF HUSTLE PROGRAMME DOUBLE .DViOK.u_________¦rmniT 28 Juin it^n PROGRAMME DOUBLE ___________ PREMIÈRE PARTIE : GHISLAIN POIRIER UVE "O' IJsFw** W LntibKlas/ * U i ;femi kuti & THE PÔSITIVE FORCE BILLETS BILLETTERIE CENTRALE DU FESTIVAL SPECTRUM DE MONTRÉAL «Il R rue Snmte Cntherine Ouest ACHAT DANS LES SALLES OÙ LES CONCERTS ONT LIEU PUCE DES ARTS 514 H42 ?ii?• i a«6B4?-2ll2»pclnqcca 514 79 -1245 •admissmn corn _ MONTREALJAZZFEST.COM INFO )AZZ Bell Canada 1*7) Canada Trust L-J ““ SM) Heineken CBC -|||' Radio-Canada iMontréal QuébCCcîd MARSALIS \ A la veille du coup d'envoi de la 28e édition, les Marsalis s'annoncent plus remontés que jamais PAT RICK MCBRIDE SUITE DE LA PAGE E 1 précisément, il a fondé Marsalis Music Honors Series.Jusqu’à présent, quatre albums ont été publiés dans le cadre de cette série.Le topo est toujours le même: Branford invite un de ces artistes injustement méconnus à enregistrer un compact dont il est le producteur.Aujourd’hui, on peut réentendre la finesse du clarinettiste Alvin Batiste, qui fut d’ailleurs un des professeurs de Branford.Il est décédé le 7 mai dernier alors que son album venait juste de sortir.La musique, en tout cas, est splendide.Chaleureuse, sensuelle, étonnante.Il y a eu Batiste après les batteurs Michael Carvin, Bob French, qui décline les moments joyeux du new Orleans, et.Jimmy Cobb.Immense pour avoir rythmé le fameux Kind Of Blue de Miles Davis, mais aussi pour avoir accompagné les frères Ad-derley, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Art Pepper, Dexter Gor- don, Red Garland, Wynton Kelly, Sarah Vaughn, Dinah Washington et bien d’autres de cet acabit.Bref, il a frappé au bénéfice de tous et celles qui comptent, exception faite de Duke Ellington, Charles Mingus, John Coltrane et Sonny Rollins.Voilà, à la veille du coup d’envoi de la 28' édition, les Marsalis s’annoncent plus remontés que jamais Voire passablement en colère.Evidemment, les gros mots à leur égard vont fuser.On se consolera en répétant deux fois plutôt qu’une que ce n’est pas la faute des mots si certains d’entre eux sont gros.Le Devoir Wynton Marsalis et le Jazz At The Lincoln Center se produiront le 28 juin à la salle Wilfrid-Pelletier à compter de 20h.Le Branford Marsalis Quartet occupera la scène du théâtre Maisonneuve le 6 juillet à compter de 18h.KIDJO SUITE DE LA PAGE E 1 saudade, on entend Cesaria.Elle s’attaque à la salsa, on ressent Celia Cruz.Elle se mesure aux plus grandes voix du funk, du jazz et du soul, on la croit née dedans.Non pas qu’elle soit parfaite.Djin Djin, son nouveau disque, renferme parfois, à l’instar de ses précédents, ce quelque chose de formaté.«Attention, rétorque-t-elle.On se fait une image de l’artiste africain.On le ARCHAMBAULT”* PALMARÈS DVD Résultats des ventes : Ou 12 au 18 juin 2007 $ QUEBECOR MEDIA FILM/ TÉLÉSÉRIE GHOST RIDER G wf""" DUCK, YOU SUCKER O TQUPIE ET BINOU Il était une fols COMING TO AMERICA B INDIGÈNES BREACH ?DEADWOOO Complete Season 3 CASINO ROYALE VARIÉTÉS n CLAUDINE MERCIER Le troisième spectacle m NOS VOISINS DHANTSU 0 JESSE ÇPOK / One Night at the Metropolis: Montreal ?PATRICK NORMAN Tu peux frapper a ma porte Le chemin oe Compostelle PLANET EARTH Complete Collection YVON DESCHAMPS Intégrale: Années 70-80 ApÜIIpLE’S HISTORY NATHALIE LAMBERT Cardio Latino REUTERS Angélique Kidjo lors d’une mission au Kenya, en 2006, à titre d’ambassadrice de l’UNICEF veut plus roots.Mais enregistrer notre folklore ne nous est pas naturel.J’assume ma modernité et, si des artistes de renom veulent travailler avec moi, je ne dirai pas non.» Ils sont tous sur Djin Djin: Ali-cia Keys, Joss Stone, Brandford Marsalis, Peter Gabriel, Amadou et Mariam, Ziggy Marley, Carlos Santana et consorts.Chacun dans leur genre et, pourtant, tous africanisés par la Kidjo qui, comme toujours, commande naturellement l’autorité.Le disque comporte un retour aux racines identitaires avec la présence soutenue de ses chœurs allumés et de ses cadences rythmées par deux brillants percussionnistes du Gangbé Brass Band, béninois comme la chanteuse.Preuve que le baobab est encore et toujours enraciné dans la forêt sacrée.Collaborateur du Devoir ANGÉLIQUE KIDJO Au Spectrum, le 28 juin “Un examen intelligent, provocant et nécessaire du phénomène Michael Moore” •Joe Leydon, VAHIUY HAO* MICHAEL MOOHEs AUGE OU DÉMOH?NiANUÉACTURING OlSàENT ^ ,AL^S£HE \G\[CINÉMA DU PARC-lp^c^—I I-—1 I 3676 Ou Parc 514-281-1900 11 Moore, oui, mais.Odile Tremblay Il faut le voir à Cannes déambuler sur la chic Croisette, enfant chéri du festival, palmé, cajolé, ventru, avec une affreuse casquette vissée au cap et des bermudas impossibles.Look soigneusement étudié, n’en doutez point.Le richissime Michael Moore, écrivain, animateur, documenta-riste, agitateur passionné, brûle d’être identifié à l’Américain de la rue.Sous son sourire bonhomme, on sent poindre ses canines de pitt bull.Et pourtant.l’Amérique de George W.Bush serait appauvrie sans Michael Moore.Manipulateur, égocentrique, souvent malhonnête, mais dans un pays en manque cruel de détracteurs maison, allez vous en passer.Rare et précieux, ce trublion américain.Comme il est révolu, le temps de la guerre au Vietnam, quand des centaines d’artistes montés au front entonnaient leurs «protest songs» sous les volutes du cannabis.Aujourd’hui, Michael Moore et quelques voix égarées semblent crier dans le désert.Oh! Certaines vedettes s’élèvent contre la guerre en Irak, mais si poliment.Elevez le ton, que diable! Le seul à avoir eu le cran de crier sur la scène du Kodak Theatre, un Oscar en main, «Shame on you, Mr.President'.», c’est Michael Moore.Champion de causes justes, par-dessus le marché: l’ompipré-sence des armes à feu aux Etats-Unis, l'incurie de la guerre en Irak et l’à-plat-ventrisme des médias après le 11-Septembre, l'aberrant système de santé américain (dans son récent Sic-ko).Il faut bien célébrer les héros qui se pointent.Chaque pays a peut-être d’ailleurs ceux qu’il mérite.Hier, prenait l’affiche au Cinéma du Parc Manufacturing Dissent (Michel Moore, ange ou démon?), un documentaire canado-australien dans lequel Debbie Melnyk et Rick Caine se penchent sur les méthodes peu orthodoxes de ce Robin des bois outremangeur de hamburgers.La plus grosse révélation du film, c’est que Moore avait obtenu deux entrevues avec Roger Smith, le p.-d.g.de General Motors, pour Roger & Me.Son premier film dénonçait en 1989 les pertes d’emplois dans les usines GM de Flint, sa ville natale.En excluant du montage ces entrevues, Moore discréditait sa thèse entière.Inacceptable procédé! Dans Manufacturing Dissent, le cinéaste de Fahrenheit 9/11 envoie promener Melnyk et Caine de manière aussi cavalière que les grosses légumes l’éconduisent dans ses propres brûlots.Aux puissants la morgue et l’impunité, même lorsqu’ils jouent la carte des humbles.Mais Manufaturing Dissent déçoit, malgré quelques banderilles bien plantées sur le taureau.Les deux cinéastes s’aplatissent à l’heure d’interviewer Michael Moore, qui les enlace illico pour la belle photo officielle.Clic! — De mauvaise foi, moi?Allons donc! Z’avez pas vu ma tronche réjouie?Sicko sortira sur nos écrans vendredi prochain.Film de Moore équarri à la hache, comme d’habitude.Mais qui d’autre aurait osé s’en prendre aux compagnies d’assurances croqueuses de clients dans le système de santé américain?Personne, faut croire.Lorsque sa caméra traverse nos frontières, on a pourtant le souffle coupé.Dans Bowling for Columbine, il affirmait (sans rire) que les Canadiens ne fermaient pas leurs portes à clé, tant le voisinage était sûr.Farceur, va! Dans Sicko, épaté par notre système de santé national, il évalue à vingt minutes le temps d’attente aux urgences des hôpitaux canadiens.Détails, diront certains.De fait, ce sont les Etats-Unis qui passent avant tout au crible.Mais avec des recherches aussi mal étayées au Canada, on se demande comment le cinéaste pourrait revendiquer ailleurs la rigueur?Son public prend pour argent comptant une information triturée à pleins témoignages.A Cannes, le mois dernier, quand des journalistes l’ont interrogé sur ses méthodes d’enquête parfois contestables, Moore patinait, prenant des mines de victime, réclamant d'être jugé sur la justesse de ses causes et non sur les attaques de ses détracteurs.On veut bien.On veut bien.Remarquez, si les voix contestataires se multipliaient aux Etats-Unis, celle de Moore se noierait dans le concert.Mais à force d’avoir besoin de lui, nous voici moins rçgardants sur ses méthodes.A tort, soit.Reste à insérer un petit avis au début de ses films: «Contenu précieux, mais mise en boite douteuse.A consommer avec modération.» PS: Cette chronique s’interrompt durant cinq semaines.Vive les vacances! otremblaÿàledevoi r.com SOURCE ALLIANCE ATLANTIS Dans son récent film Sicko, Michael Moore dénonce l’aberrant système de santé américain.Le Festival International du 23 JUIN AU 25 AOUT 2007 (TOUS LES CONCERTS SONT PRÉSENTÉS À S»H3fl A MOINS D’AVIS CONTRAIRE) www.domaineforget.com 1 888-DFORGET / 418 452-3535 I Iï, .r Québec îï 51 » Billetech-â 13 MERCREDI, 27 JUIN La Musique de chambre MATHIEU DUFOUR, flûte PEDRO R.DIAZ, ELAINE DOUVAS el NORMAND FORGET, hautbois MARIE PICARD et ROBERT SPRING, clarinettes RICHARD GAGNON et CHRISTOPHER MILLARD, bassons GUY CARMICHAEL, cor DENISE PÉPIN, piano P0ULCNC DOING LALLET - MARTINU BCETWVtN VENDREDI, 29 JUIN La Musique ancienne U NEF MEREDITH HALL, soprano MATTHEW WHITE, contre-ténor LA BATAILLE DE KULlKRANKlE Chansons il amour al de guerre en écosse libre SAMEDI, 30 JUIN Les Solistes ARNALDO COHEN, piano BACH-BUSONI - BRAHMS - CHOPIN RETOUR DES BRUNCHES-MUSIQUE BERNARD CIMON, accordéon Chanson française 1W JUILLET DENIS LABRIE, accordéon Au temps de la mise * f LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JUIN 2007 CULTURE E 3 F ô' >4 e x Centris EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 ENSEMBLE, C’EST TOUT / CLAUDE BERRI 13h30 15H20 17H20 19h1S 21h25 SOURCE PARAMOUNT CLASSICS On est frappés par la ressemblance entre la vraie Mariane Pearl et l’actrice qui joue son rôle (Angelina Jolie).Au bord de la crise de nerfs A MIGHTY HEART (Un cœur invaincu) Réalisation: Michael Winterbottom.Scénario: John Orloff.Avec Angelina Jolie, Dan Futterman.ODILE TREMBLAY Au dernier Festival de Cannes, on était frappés par la ressemblance entre la vraie Mariane Pearl et l’actrice qui joue son rôle (Angelina Jolie).Mariane est la veuve de Daniel Pearl, ce journaliste américain du Wall Street Journal pris en otage et assassiné par ses ravisseurs islamistes au Pakistan en 2002.Le film du Britannique Michael Win-terbotton remonte le coure des événements, du bonheur conjugal au cauchemar de l’enlèvement du reporter, puis de la vidéocassette montrant son exécution (que sa veuve, t-galement journaliste, a toujours refusé avec raison de regarder).Angelina Jolie était enceinte de plusieurs mois au cours du tournage, tout comme Mariane Pearl quand elle perdit son mari, ce qui a contribué à rapprocher les deux femmes, déjà liées d’amitié.Le film est basé sur le récit biographique de Mariane Pearl, et on sent que son interprète, Angelina Jolie, et le réalisateur, au reste, eurent une faible marge de manœuvre pour multiplier les points de vue.Brad Pitt, célèbre acteur et mari de Jolie, est un des producteurs du film.Winterbottom a toujours été un cinéaste extrêmement polyvalent, à qui Ton doit des œuvres aussi différentes que The Road to Guantanamo, sur de jeunes Pakistanais pris dans la tourmente de l’invasion de l’Afghanistan et des prisons américaines à Cuba, 24 Hour Party People, sur la ville frénétique de Manchester, épicentre de la musique rock des années 80, le sombre Jude, etc.Winterbottom, également documentariste, ne craint jamais d’affronter des sujets difficiles et manifeste souvent un vrai courage de réalisateur.11 se révèle par ailleurs un excellent technicien de l’image.Dans A Mighty Heart, c’est cette caméra à l’épaule, imposant un rythme d’urgence, toujours au bord de la crise de nerfs, qui constitue Tatout principal du film.Car les téléphones frénétiques, les réunions embrasées, les courses dans les rues de Karachi (où l’action fiit tournée en partie, avec un danger réel pour l’équipe), apportent une pulsation d’angoisse palpable.De vrais fixers, de vrais chauffeurs de taxi se mêlent aux acteurs.Mais le film est tourné comme un thriller, ce qui lui retire un regard politique et l’enferme dans un genre trop anodin pour la portée de son histoire.On ne verra jamais Daniel Pearl (très bien incarné par Dan Futterman) aux mains de ses ravisseurs, mais des flash-back le ramènent aux années de bonheur, à leur mariage, aux reportages à Karachi avec le dernier «au revoir» à l’épouse, sans connaître le destin qui l’attend.Bien fait, rythmé, A Mighty Heart souffre d’une vision tronquée des événements.Le film, malgré une fin multiple qui appelle à l’apaisement, est trop patriotique.Il va jusqu’à avaliser tacitement l’usage de la torture par les autorités pakistanaises pour faire parler les suspects.Le point de vue américain n’est jamais vraiment remis en cause par Mariane Pearl, donc également par le cinéaste, qui épouse sa position.Winterbottom laisse à peine les islamistes s’exprimer.Ce qui étonne de la part du cinéaste de The Road to Guantanamo.Dans ce film infiniment moins manichéen que A Mighty Heart, il montrait au contraire la montée des tensions musulmanes à l’heure de l’invasion de l’Afghanistan.Ici, rien de tel.Dans le film, Mariane Pearl interdit d’ailleurs à un musulman de tenir des propos antiaméricains.Ay Pakistan! En 2002! Quand les Etats-Unis se faisaient si vertement critiquer.Et puis Angelina Jolie, Toscarisée de Girl, Interrupted, ne tient pas ici, loin s’en faut, son meilleur rôle à l’écran.On sent que ses liens avec Mariane Pearl, comme l’implication de cette dernière dans le processus du film, ont paralysé l'actrice, qui n’osait manifester des expressions et prendre des initiatives dramatiques.Elle a Tair pétrifiée, engourdie, sauf dans une courte scène de pleurs et dans un sursaut de rage contre un journaliste de CNN mal embouché.Que la véritable Mariane ait vécu dans la dignité l’horrible épisode de la disparition de son mari ne l’empêchait pas d’éprouver la gamme complète des émotions.Mais où sont-elles?Le manque de recul et l’état de stupeur non surmonté produisent un film orphelin de questionnements, dont la maîtrise technique peut masquer les carences de fond.Le Devoir Peu reluisant 1408 Réalisation: Mikael Hafstrom.Scénario: Matt Greenberg, Scott Alexander, Larry Karaszewski, d’après une nouvelle de Stephen King.Avec John Cusack, Samuel L Jackson, Mary McCormack.Image: Benoît Delhommç.Montage: Peter Boyle.Musique: Gabriel Yared.Etats-Unis, 2007,104 min.ANDRÉ LAVOIE Devant tant d’adaptations poussives de romans dont le sort serait plus honorable sur une étagère qu’à l’écran, il m’arrive parfois de croire que la nouvelle constitue une solution de rechange honorable.Mes convictions sont quelque peu ébranlées devant 1408, de Mikael Hafetrom (Derailed), inspiré d’une nouvelle du prolifique et inégal Stephen King, dont chaque fond de tiroir représente une mine d’or pour Hollywood.Version new-yorkaise de l’hôtel Overlook (dans The Shining), affichant cette même splendeur d’un autre âge, le Dolphin est toutefois plus fréquenté, sauf la chambre 1408, imprégnée d’une malédiction qui fait en sorte que les clients y passent toujours la dernière nuit de leur existence.Mike Enslin (John Cusack), auteur d’ouvrages sur les phénomènes paranormaux dans les hôtels, trimballe d’un lieu à l’autre son scepticisme, et son cynisme.La chambre 1408 représente toutefois un défi de taille puisque, contrairement à tous les propriétaires qui rêvent de publicité, les dirigeants du Dolphin semblent plus re-doytables que les gardiens d’une forteresse.À force de persuasion, et à coups de menaces judiciaires, Mike réussit à convaincre le gérant (Samuel L.Jackson) de lui remettre les clés de la chambre 1408.C’est alors que commence son cauchemar, et le nôtre.On l’avait pourtant prévenu, photos à l’appui, que les gorges tranchées, les sauts dans le vide et d’autres trucs sordides y étaient aussi fréquents que le service aux chambres.Entre des visions de son passé, celles, entre autres, de son ex-épouse (Mary McCormack) et de leur fille décédée à la suite d’une terrible maladie, et le radio-réveil faisant rugir des chansons du groupe The Carpenters, Mike traverse des épreuves aussi insoutenables qu’improbables.Mais tout cela ne serait-il que le fruit de son imagination d’écrivain?À partir du moment où Cusack met le pied dans cette chambre, le film ne repose plus que sur ses solides épaules, lui que Ton voit davantage en amoureux transi qu’en «action hero».Son interprétation, visiblement nourrie par l’énergie du désespoir, compense rarement pour la lassitude qui nous gagne devant cette série de cauchemars préfabriqués, chemin de croix où aucune résurrection ne semble possible, pas même celle de notre intérêt On sent bien que ce personnage antipathique a quelque chose à se faire pardonner, confronté aux visions d’un passé récent parfois idyllique, parfois tragique, mais jamais aussi effrayant que le manège des horreurs dans lequel il a pris place.Cette longue expiation, chargée de symboles à donner le tournis à un psychanalyste, provoque bien sûr quelques timides sursauts, mais après de multiples coups de théâtre et coups de tonnerre, ici une fenêtre colmatée, là un mur suintant le sang, l’étonnement fait vite place à l’ennui.De quoi donner Tenvie de se louer une chambre à TOveriook et d’exiger la présence de Jack Nicholson.Collaborateur du Devoir Un ballon sous ses pieds GRACIE Réalisation: Davis Guggenheim.Scénario: Lisa Marie Petersen, Karen Janszen.Avec Carly Schroeder, Dermot Mulroney, Elisabeth Shue.Image: Chris Manley.Montage: Elizabeth Kling.Musique: Mark Ishman.Etats-Unis, 2007,95 min.ANDRÉ LAVOIE Vont-ils réussir un jour, ces passionnés américains du soccer?Le défi semble démesuré, voire perdu d’avance: faire aimer à leurs compatriotes un sport qui donne de grands frissons au monde entier.Or, devant la ferveur d’une famille du New Jersey pour le ballon rond dans Gracie, de Davis Guggenheim, on pourrait croire que toute l’Amérique du Nord affiche la même fièvre.Celle-ci n’est pas totalement fabriquée puisqu’elle s’inspire des souvenirs d’adolescence de Tactri-ce Elisabeth Shue, elle-même une adepte dans les années 1970 et reléguée aux gradins en raison du machisme ambiant Sa détermination à jouer aux côtés des garçons et plus tard la mort de son frère adoré forment la trame, légèrement modifiée, de ce véritable film de famille, où Shue interprète le rôle de sa mère, dirigée par son mari dans une production où ses frères sont également de la partie.Ces détails représentent les principales angularités d’un film orchestré par un arbitre soucieux de faire respecter les codes du drame sportif où un athlète solitaire (pensez à Rocky) triomphe devant l’adversité.Et une horde d’admirateurs en liesse qui peu de temps auparavant n’auraient pas parié un sou sur sa victoire.Avant d’en arriver là, Gracie (Carly Schroeder, très convaincante) aura bien des ballons à frapper, déployant des trésors d’imagination pour convaincre son entourage de la laisser remplacer son fi ère Johnny, le joueur étoile de l’équipe de son école, mort dans un accident de voiture.Bryan (Dermot Mulroney), père inconsolable depuis le départ de son jeune champion, va mettre du temps à redevenir un entraîneur fougueux pour sa fille.Sa conversion sera lente, tout comme celle des autorités scolaires et des membres de l’équipe, qui feront tout pour décourager Gracie.Mais entre ses bravades d’adolescente et ses moues boudeuses, elle sera capable de marquer quelques points.Alors que la culture du soccer comjnence à peine à s’incruster aux Etats-Unis, grâce surtout à l’immigration hispanique, les cinéastes américains se sentent encore obligés de nous en expliquer les rudiments, de nous montrer une partie sous tous les angles.Et il faut d’ailleurs voir le contraste frappant entre l’approche pédagogique, et édifiante, de Gracie avec celle de l’Iranien Jafar Panahi dans Offside, qui fraite de la même passion et de son influence sociale sans même s’embêter de filmer le match historique dont tous les personnages du film ne cessent de parler.Même si Gracie traite d’un sport résolument atypique (d’un strict point de vue yankee), Davis Guggenheim ne déroge pas des limites de ce petit conte sportif à haute teneur moraliste.Des slogans positivistes (sur le ton du «nothing’s impossible») aux trahisons des adultes bien-pensants suivies du triomphe final qui ne surprendra que les habitants d’autres planètes, ce drame, plus anecdotique que biographique, ne mérite aucune Coupe du monde.La reconstitution «historique» des années 1970 est ici plutôt modeste, reposant d’abord sur une riche trame sonore.Cette sobriété est à l’image des ambitions générales du cinéaste, qui ne péchait pas non plus par excès d’outrances en filmant l’instructive présentation PowerPoint d’Al Gore dans le documentaire An Inconvenient Truth.Mais le cinéaste ne craint pas l,es causes désespérées, car aux Etats-Unis le soccer est un peu comme les changements climatiques: un truc étrange qui excite le reste du monde.Collaborateur du Devoir Destins troublants TROIS ROIS Réalisation, image et scénario: Katia Paradis.Avec Paul Nabor, Florencio Mess, Wildred Peters.Montage: Natalie Lamoureux.ODILE TREMBLAY Un beau documentaire, hélas pas toujours monté de façon dynamique, sur des musiciens attachants a été réalisé par la Québécoise Katia Paradis.Trois rois aborde l’univers de musiciens âgés qui vivent au Belize, tout pe» tit pays d’Amérique centrale.Trois hommes qu’on est ravis de rencontrer dans leur quotidien.Paul Nabor est un compositeur du peuple Garifùna, qui rit une longue histoire d’amour avec sa guitare, cajolée jour après jour, quand les femmes passent en coup de vent dans sa vie.Des chansons qu’il a composées, il en a oublié la plupart 11 est loin, le temps où les villageois le faisaient venir pour accompagner fêtes et mariages.Florencio Mess, harpiste maya, est un luthier et un grand fabricant d’instruments à cordes beaux et étranges.Quant à Wilfred Peters, accordéoniste créole, il a joué dans un festival vénitien comme devant la reine d’Angleterre, les grandes fiertés de sa rie.Les rêves de ces hommes pauvres et leurs bonheurs de musiciens forment le cœur sensible du film.On ne peut s’empêcher d’évoquer, pour la parenté des thèmes, le remarquable Buena Vista Social Qub, documentaire réalisé par Wim Wenders en 1998 sur de vieux musiciens cubains sortis des boules à mites, ressuscités dans la foulée du film, avec la gloire au bouL Ici, les trois musiciens du Belize, sans avoir nécessairement l’envergure de leurs compères cubains, nous livrent une humanité et des destins troublants.Leur musique, de belles images du pays, certaines scènes fort belles, dont le dénouement et les confidences de Paul Nabor, captivent.Malheureusement, le film n’arrive guère à sauter d’un univers à l’autre,en tissant des liens cohérents.A des moments forts succèdent des longueurs, le rythme du film se cherche sans trouver son pouls, comme avait su le faire le documentaire de Wenders.Le Devoir MANUFACTURING DISSENT (v.o.) Lun au j«u A 19h00 et 21h00 / Sam «t dim A 15h15, IShOO at 21h00 ; 17Ii15 (VF) RED ROAD (awc s.-t français) Tout las jours A 17h00 • RED ROAD (avac t.-L anglais) Tous Im jours A 19M5 28 WEEKS LATER (version anglaise) Tous les jours A 21h30 • AFTER THE WEDDING (avec s.-t anglais) 8am 1 dim A 14h45 » LIVES OF OTHERS (v.o.attemande avac a.-t anglais) Sam al dim A IShOO WfPITfGWT WRPfPSS Sam.: AZUMI à 23630 .Samedi: PUSHER III à 23645 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT rCINÉMA DU PARC~ 3575 Du Parc 514-281 -1900 I LA CINÉ-CARTE DU PARC» 8 FILMS POUR 40S www.cinemaduparc.com DERNIERS JOURS! LA SUITE PERCUTANTE D’ELECTION DU RÉALISATEUR JOHNNIE TO _______version originale cantonnise avec s -t.anglais à 21h15 UN PORTRAIT DU 21e SIEGU Un film à la croisée du sport, de la performance, du cinéma, de la peinture, du document et de l’installation conceptuelle.» - Les Inrocks Tous les jours à 17h30 et 19h30 fw ctrlstil fllns primtt audrey tautou juillaume einet aichlssant.» «.une distribution Étincelante.» .un divertissement intelligent et sensible qui saura sans aucun doute charmer.» Bruno Lapointe, le Journal rie Mantrrial Guillaume Cane! est extrêmement attachant.» ii.Laurent Stocker.Irrésistible, il est la révélation du film.» «.une jolie parenthèse enchantée.» Snma Sarlati, H Presse «C’est trop court!» Marie Christine Trottier, Desaiitels.SHC «.l’univers de Gavalda s’incarne de façon vivante, charmante et attendrissante.» Mannn Humais, Voir un tilm de Claude berri d'apres le romau d'anna yavalda www.ensemhlBcesIlDut leliini.ciim Présentement e l'aftiohe rCMtPuxnvnnwaeMBdT^ rc*MPLwav«RTiMO«NT-| [QUARTIER LATIN ISTMClrt MONTREAL [Ï^Sf se poudra et se passa de l’eau de rose sur les poignets et derrière les oreilles.Elle portait une robe de lainage léger bleu marine à pans froncés jaune mais, et une large ceinture à nœud qui soulignait sa taille fine.» Je ne saurais dire ce qui m’épate le plus dans ce passage: la marque du tube de rouge ou le jaune mais des fronces de la robe?En bon macho, je préfère quant à moi habiller Eva en imagination.Savoir qu’elle est jolie comme un cœur me suffit.Et puis, espionne, russe, femme fatale: elle a décidément tout ce qu’il faut.Tout ce qu’il faut Parce que, vous vous en doutez peut-être, comme lecteur, je ne me suis pas tapé ces heures supplémentaires uniquement pour m’initier au jargon de la mode vestimentaire.Sous ses délicatesses prous-tiennes, le roman d’espionnage de Boyd est passionnant.Et une seule chose me paraît pouvoir rivaliser avec un bon roman d’espionnage: la vie des espions eux-mêmes.Les gens se comportent en général comme si ces derniers n’existaient pas.Comme si les espions de tout poil ne pouvaient exercer aucune forme d’influence sur la sphère immédiate de leur réalité.Ce qui est curieux, car si on trouve, par exemple, des policiers dans de nombreux romans, personne ne songe pour autant à nier l’existence des tickets de vitesse.Appelons-ça «le syndrome de James Bond».Il offre un rempart utile contre la paranoïa.D’autre part, je suis de plus en plus convaincu que l’histoire, comme résidu de décantation de l’actualité, est vouée à rester incompréhensible sans une vision plus claire et une connaissance plus complète de l’action des services dits secrets.Alliant l'utile à l’agréable, le roman de Boyd nous aide à y voir un peu mieux.Le contexte d’abord: juste CARL DE SOUZA REUTERS L’auteur écossais William Boyd avant la Seconde Guerre mondiale, une jeune femme d’origine russe est recrutée par les services secrets britanniques.Grâce à Boyd, qui passe, paraît-il, deux ans à documenter chacun de ses livres, on aura droit à un aperçu plutôt stimulant de l’entrainement d’un agent spécial de Sa Majesté.Eva est éventuellement envoyée en Amérique, où la grande tâche de la perfide Albion est de convaincre les Etats-Unis d’entrer en guerre à ses côtés, ce qui, avec le recul, n’avait absolument rien d’évident.Ça nous rappelle quelque chose, pas vrai?Pas (encore.) d’armes de destruction massive, ni d’al-Qaida, et contre un Roosevelt qui aspire secrètement à en découdre, un isolationnisme faisant figure de doctrine officielle de San Francisco à New York.Le grand mérite du livre de William Boyd est de montrer (de nous rappeler, si nous l’avions oublié.) que le renseignement est le véritable nerf de l’histoire.Que l’arme préférée de l’espion n’est pas le parapluie-épée, ou même une quel- conque substance radioactive, mais bien cette chose si simple en apparence, pareille à un feu de broussailles contrôlé au début et qui s’échappe: la rumeur.Oui.Pas de fumée sans feu.Longtemps avant l’apparition d’Internet, les services secrets anglais avaient compris que le fait qu’une information soit vraie ou fausse importe assez peu finalement: l’essentiel est qu’elle soit diffusée.Tout média est d’abord un espace structuré dont le vide sidérant aspire à recevoir un contenu.Et si tous ces journaux et agences du monde entier sont à l’affût de la moindre dépêche de presse, alors pourquoi ne pas mettre la main à la pâte et les alimenter dans le respect de nos intérêts vitaux?Voilà comment raisonne le cerveau d’un réseau d’intelligence.Et c’est ainsi que, en plein Manhattan, en 1941, sur deux étages du Rockerfeller Center, peut s’installer la British Security Coordination, «une véritable société d’espionnage» forte de centaines d’agents dont la mission, digne du meilleur studio hollywoodien, est de réécrire la réalité.Il suffit de contrôler une petite agence de presse et d’inventer une bonne histoire, comme, par exemple, la découverte d’une mystérieuse carte du Brésil avec des lignes aériennes allemandes dessinées dessus, puis de l’accompagner, de la regarder faire son petit bonhomme de chemin, faire surface à Madrid, et de là gagner Buenos Aires.Quand l’histoire est mûre, qu’elle a acquis la crédibilité du nombre, on la reprend pour consommation américaine.Ou bien, on redécore l’aventure de ce U-boat qui a envoyé un contre-torpilleur yankee par le fond.De toute fàçon, la réalité — ce que les gens prennent pour la réalité — s’en trouve transformée.J’ai trouvé dommage que Boyd, après nous avoir lancé sur une si belle piste, la laisse en friche, réduisant ultimement toute l’affaire à une alternative beaucoup plus classique et banale, où le traître, vendu aux Soviétiques, s’oppose aux agents sans scrupules, quoique bien intentionnés, de la Forteresse Angleterre.Vaste sujet sur lequel beaucoup reste à dire, et des choses qui, vous l’aurez compris, n’ont rien à voir avec la couleur des robes d’Eva.Collaborateur du Devoir LA VIE AUX AGUETS William Boyd Traduit de l’anglais par Christiane Besse Le Seuil Paris, 2007,333 pages É C En gros caractères Les Editions Guy Saint-Jean lancent un nouveau concept qui s’adresse aux personnes qui ont du mal à lire en petits caractères.L’éditeur reprend en effet plusieurs best-sellers parus ailleurs et les publie en gros caractères.Déjà, on peut se procurer dans cette collection Le Royaume de mon père, de Fabienne Cliff, les trois premiers tomes des Années du silence, de Louise Tremblay-D’essiambre, et Cap-au-Renard de Louise Portai La maison prévoit notamment publier cet automne La grosse femme d’à côté est enceinte, de Michel Tremblay, et Madame Perfecta, d’Antoni-ne Maillet - Le Devoir Tous ces livres sont à Québec Après avoir été présentée à Montréal, l’exposition Tous ces livres sont à toi prend le chemin de Québec.Elle sera présentée au Musée de la civilisation de Québec, qui l’a d’ailleurs adaptée à son goût L’ex- H O S position présente l’histoire des bibliothèques publiques au Québec jusqu’en 1968.-Le Devoir Prix de littérature jeunesse Les prix Québec/WaDonie-Bruxelles de littérature pour la jeunesse ont été remis respectivement à Pierrette Dubé et Caroline Hamel, pour Maman s’est perdue, publié aux 400 Coups, et à David Merveille pour Le Jacquot de monsieur Hulot, livre d’illustrations d’après l’œuvre de Jacques Tati, publié aux Editions du Rouergue.- Le Devoir Trintignant de nouveau à Montréal Jean-Louis Trintignant sera de nouveau l’invité du Festival international de littérature cet automne, n y présentera son spectacle consacré au journal de Jules Renard, du 12 au 16 septembre, à la Cinquième salle de la Race des Arts.- Le Devoir Tout sur la littérature et les auteurs québécois K- Abonnez-vous à Lettres québécoises le magazine de l'actualité littéraire depuis 1976 et recevez en prime (valeur 25$) L'histoire de Pi (roman) de Yann Martel S’abonner à Lettres québécoises, c’est participer à la pérennité de notre littérature.Merci de nous encourager! •—’•Awart* 1 « J **bisR>jnpv/(, Vf ' ¦ É$ I i .« • 7* 1 an / 4 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 25$ Canada 35$ Étranger 35 $ Étranger 40 $ 2 ans / 8 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 45 $ Canada 65 $ Étranger 65 $ Étranger 75 $ 3 ans /12 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 65 $ Canada 95 $ Étranger 95 $ Étranger 110 $ Les prix sont toutes taxes comprises No 126 • ENTREVUE: LOUISE SIMARD Adresse Courriel Q Chèque O Mastercard Signature Retourner à : Lettres québécoises ^ 1781.rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 514.S25.95.18 Télécopieur: S14S25.75.37 • Courriel : info@lettresguebecoises.qc.ca • www.lettresquebecoises.qLca LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Ruptures en eaux troubles LA PETITE CHRONIQUE Au-delà de l’exotisme ÉMILIE FOLIE-BOIVIN Sur le quatrième de couverture, l’auteur le précise: «Méduses n’est pas un roman, je n’ai pas écrit de roman, Méduses est une descente.Une descente dans l'intérieur du cœur.» Dès les premières pages, il y a rupture.Et celle-ci n’est pas qu’amoureuse.«J’étais bien, quoique horriblement mal, et je m’apprêtais déjà à recommander de peur que tu ne profitasses de ton verre vide pour t’en aller.[.] Le cadeau t’avait plu, j’avais beaucoup de succès avec le serveur et j’avais vaguement envie de me tuer devant tes yeux pour voir la gueule que tu ferais.Je me demandais si tu serais triste, pourquoi tu ne m’avais plus donné de nouvelles durant si longtemps.» Au fil du récit, le narrateur expose son ccçur tailladé, brûlé par l’ennemi.Ecorché vif, il aime, mais il malmène ses femmes tout en amplifiant la rime pour que la baise s’incline devant le viol, pour que l’amour, le quotidien et la vie prennent la mort comme synonyme.Le personnage se la joue dans une démence assumée.Au lecteur de trouver la mince ligne entre la réalité et un imaginaire fécond.«J’avais perdu plus ou moins 16 kilos.Je me nourrissais pour l’essentiel à base de mort froide, de désastre sous vide, de petits enfers indivi- duels tout préparés.» Les idées de mort annoncée s’enchaînent au rythme des lubies.Scènes glauques Vient ensuite la cassure, l’araignée au plafond.La folie du personnage est solidement ancrée.Puis la chute dans laquelle il nous entraîne pour le reste de la baignade en est une dans des profondeurs où même la lumière peine à filtrer, où l’on se demande qui de nous ou du narrateur s’en sortira indemne.L’aliénation se transpose dans une série de scènes glauques dans lesquelles Jimmy Namiasz, alter ego du narrateur et seule entité prénommée, apparaît comme la clé de ce fol univers.Les parents du personnage apparaissent au même moment, tel un raz-de-marée de délire médicamenté qui semble sans issue.Alors que les méduses flottent à la surface, Antome Brea nous attire vers le fond.L’auteur brille dans les bas-fonds de l’humanité, en eaux troubles, un peu à la Darren Aronofsky dans son Requiem for a Dream.Collaboratrice du Devoir MÉDUSES Antoine Brea Le Quartanier Montréal, 2007,148 pages éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Les défis de la diversité culturelle et religieuse 1 1 O ¦vmr.iit|tnuKi#ull d'itbiqu* tsciNUIt « L’aménagement rie la diversité culturelle et religieuse tiebal des accommodements raisonnables I ri* Bo*y *1 Femom collaborateurs Pierre Anctil, Daniel Baril, Paul Bégin, Yves Boisvert, Pierre Bosset, Laurent de Briey, Estelle Ferrarese, Bergman Fleury, François Grin, Montserrat Guibernau, Jean-Claude Icart, Will Kymlicka, Micheline Labelle, Justine Lacroix, Jean-Marc Farouche, André Lecours, Georges Leroux, Marie Mc Andrew, Tariq Modood, Geneviève Nootens, François Rocher, Daniel Weinstock INRS Chaire Fernand-Dumont m UMVJjHSI 111.1»l, SHERBROOKE CIREA ffim mivtuvu 9 g LAVAL IDEA Gilles Archambault On ne saurait nier que la figure de Paul Bowles est plus qu’attachante.Né à New York en 1910, il commence très tôt — neuf ans — une carrière de compositeur, un itinéraire qui lui a permis de travailler avec Orson Welles, William Saroyan, Tennessee Williams, entre autres.Petit à petit, la littérature prend le dessus.Musique, écriture littéraire et voyages forment le tissu d’une vie dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle fut bien remplie.Paul Bowles meurt à Tanger en 1999, ville qui lui servait de port d’attache depuis une cinquantaine d’années.Chez Gallimard, on fête le 30 anniversaire de Ja collection dite de L’Imaginaire.A cette occasion, certains titres sont offerts accompagnés soit d’un DVD, soit d’un CD.Un thé au Sahara, le roman le plus connu de notre auteur, nous parvient en même temps que le long métrage de Bernardo Bertolucci.La photographie exceptionnelle du film ne fait pas oublier l’aspect convenu de l’adaptation.Ce qui est dans le roman intériorité et interrogation sur le sens de l’existence devient au cinéma prétexte à un exotisme de pacotille.Pourtant, c’est bien la voix de Bowles que nous entendons, ce dernier ayant accepté d’en être le narrateur! Un thé au Sahara raconte les péripéties d’un couple d’Américains qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, décide de partir à la recherche d’une partie du monde que l’Occident n’a pas gâchée.Le Sahara leur apparaît comme le lieu rêvé de cette quête.Le couple se porte mal.Port et Kit font chambre à part.Un ami américain est du voyage, Kit a une courte aventure avec lui.Lorsque Port meurt d’une fièvre typhoïde, l’Américaine redécouvre l’amour physique auprès de Belquassim, un homme du désert.Elle finit par perdre la raison, on la rapatrie aux Etats-Unis.En exergue de la troisième partie du roman, Bowles inscrit cette phrase de Kafka: «Au-delà d’un certain point on ne peut plus revenir en arrière.C'est ce point qu’il faut atteindre.» Le Sahara devient pour Kit l’expérience ultime dans laquelle elle se perd.«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l’aube ou du crépuscule.La notion de distance disparait: une ride toute proche du sable, peut-être une chaîne de montagnes éloignée, chaque petit détail prend l’importance d’une variation capitale sur le thème répété du paysage.» Si Bowles est un romancier ensorceleur, il est aussi un nouvelliste de premier plan.Réveillon à Tanger, également paru dans la même collection, en est la preuve irréfutable.Les courts récits réunis sous ce titre ne sont jamais indifférents, ils sont l’œuvre d’un observateur averti.En règle générale, ils mettent en scène des Occidentaux qui se démêlent comme ils peuvent dans une ville peuplée par une population qu’ils ne parviennent jamais à comprendre tout à fait malgré les efforts — soutenus ou non —qu’ils mettent à la maîtriser.Sauf L’Education de Marika, les nouvelles du recueil ne dépassent pas les dix ou quinze pages.Si la couleur locale est un élément primordial du livre, il ne fàut pas en conclure, comme pour Un thé au Sahara du reste, qu’eÜe explique tout.Bowles va nettement plus loin que l’image d’Epinal.Ses dialogues sont précis, comme le sont également ses descriptions et ses mises en situation.Un auteur américain, Bowles?On ne sait plus trop.Probablement un exilé de l’intérieur, que le spectacle du monde réussissait à divertir la plupart du temps.Pour le reste, un esprit inquiet, torturé, un honnête homme quoi, ainsi que l’on disait il y a bien une centaine d’années.Collaborateur du Devoir UN THÉ AU SAHARA RÉVEHLON À TANGER Paul Bowles Gallimard, coll «L’Imaginaire» Paris, 2007,324 et 239 pages .IBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC POUR L’ACHAT DF.B1BI.IOTIIF.QUES IMPORTANTES. LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JUIN 2007 LIVRES ESSAIS QUÉBÉCOIS L’État-nation est-il en décomposition?Très dense mais toujours clair, le solide essai de Jean-François Lessard nous propose d’examiner l’avenir du fait national à l’heure de la mondialisation n Louis Cornellier Quand il m’arrive, comme le dit ironiquement mon jeune frère, de «pencher dangereusement vers le socialisme», c’est-à-dire de défendre bec et ongles le modèle québécois et de souhaiter des hausses d’impôt pour sauver et améliorer les services publics, une petite voix me dit que j’en suis au baroud d’honneur et que, à l’ère de la mondialisation, mes souhaits ^ont devenus des vœux pieux.L’Etat-nation, en effet, a-t-il encore les moyens de déterminer les choses dans le sens que je préconise?Dans un bref essai à la fois savant et lumineux, judicieusement publié en format de poche, le politologue Jean-François Lessard explore cette question en se penchant avec brio sur, selon le titre de son ouvrage, «l’état de la nation».Sous les coups de boutoir dç la «globalisation», explique-t-il, l’État est atteint dans ses prérogatives et «la nation subit une péri-phérisation politique», deux tendances qui remettent en cause la souveraineté de l’État.Cette dernière doit être comprise en deux sens: la souveraineté nationale désigne le fait que le peuple détermine son régime politique et la souveraineté étatique désigne la reconnaissance de l’État par ses pairs sur la scène internationale.Dans les deux cas, on assiste à un ébranlement L’explosion des «flux transnationaux financiers et économiques» Ijés au néolibéralisme met les États en concurrence les uns avec les autres pour attirer les grandes entreprises.Cela a pour effet de réduire leur marge de manœuvre en matière fiscale, c’est-à-dire d’entraver la gestion nationale des impôts et de la redistribution.Même la monnaie échappe à leur contrôle.Ce phénomène s’accompagne d’une explosion des «flux transnationaux culturels et démographiques» qui oppose une culture mondiale (cinéma, télé, Internet) aux cultures nationales et engendre une hausse de la population immigrante désonnais réfractaire à l’assimilation.L’Etat-nation, donc, est affaibli.Une des conséquences de çes tendances est justement que l’État «s’éloigne de la nation».Alors qu’il contribuait à la diffusion d’une culture nationale commune par son système d’instruction publique et qu’il se légitimait en se présentant comme au service de cette nation, il n’arrive plus, aujourd’hui, sur le plan économique, à concilier les objectifs nationaux et la réalité mondiale, et il voit la nation se fragmenter sur le plan identitaire.Les immigrants délaissent la citoyenneté nationale pour s’inscrire dans des réseaux transnationaux (la technologie permet les contacts avec leurs lieux d’origine) et, en retour, des particularismes réactionnaires «internes aux nations» se développent De plus, l’État participe à certaines discussions au niveau supranational (réfugiés, armement, finances internationales) sans consulter la nation, et son retrait relatif de la protection sociale l’éloigne des citoyens, qui répondent par une désaffection envers la politique.Et l’État et la nation, donc, subissent actuellement une perte de souveraineté.Ils sont même concurrencés, ajoute Lessard, par «un nouvel imaginaire» qui en appelle à transcender le cadre national en plusieurs matières (environnement, lutte contre le terrorisme, nouvelles technologies) et à faire jouer les droits de la personne contre certaines législations nationales.L’avenir de l’action politique Le principe de l’action politique, dans ces conditions, ne peut se penser comme hier.Le fait national, explique Lessard, comportait cinq avantages: un sentiment unificateur, la possibilité de participer à la sphère politique, le sens de l’identité collective, l’attachement à un idéal natio-nal et la préservation de la diversité culturelle.C’est cela qui recule dans le monde actuel, ébranlant aiqsi le goût de l’action politique.A la belle époque des nations, pourrait-on dire sans oublier les ratés de cette ère, «si l’on voulait du changement, on s’adressait aux instances nationales appropriées».Les lieux de pouvoir, depuis, se sont multipliés.Les revendications aussi, d’ailleurs, sous l’effet de la fragmentation identitaire.Assiste-t-on alors au développement «d’une société-monde» qui viendrait remplacer le temps des nations?En partie, répond Lessard.Le monde, il est vrai, s’homogénéise sous l’effet d’une culture mondiale et industrielle dont les codes sont américains.Les «non-lieux», constate Lessard en reprenant le terme de Marc Augé, se multiplient.Il s’agit de ces espaces sans signification identitaire comme les grands hôtels de luxe, les stations balnéaires et les aéroports.Les cultures nationales, pour autant, n’ont pas disparu et les clivages ethniques réapparais- Les éditions tïnsfanf même félicitent CLAIRE MARTIN, reçue Officier de l'Ordre national du Québec L/nstunt même I nouvellesromans-essais JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les immigrants délaissent la citoyenneté nationale pour s’inscrire dans des réseaux transnationaux et, en retour, des particularismes réactionnaires «internes aux nations» se développent, comme l’a montré cet hiver la polémique sur les accommodements raisonnables et le code de vie d’Hérouxville.sent «On peut donc penser, écrit le politologue, que les cultures nationales et les grandes dynamiques culturelles mondiales se mélangeront pour donner de nouvelles cultures hybrides.» Pour le meilleur ou pour le pire?C’est à voir.A ce jour, la nation fut «le meilleur moyen d’expression politique trouvé».Comment réagir à son ébranlement actuel?«Comment pourrons-nous, demande Lessard, assurer une certaine forme de vivre ensemble?Si le lien politique connaît un processus d’éclatement, qu’adviendra-t-il de la notion de solidarité?» Certains penseurs ont proposé une «démocratie cosmopolite» à multiples niveaux.Lessard rejette cette proposition.«L’individu, écrit-il, n’est pas exclusivement un animal politique, il est également un être privé.» La politique «n’est qu’un des intérêts de l’homme moderne».Multiplier les lieux du politique, en ce sens, relève de l’illusion.Il suggère plutôt, en toute sagesse, «l’approfondissement des communautés politiques déjà existantes qui aura pour avantage de relever le défi de l'altérité en considérant les communautés nationales comme encore et toujours des lieux forts de cohésion dans un monde marqué par une polyphonie grandissante».La nation est ébranlée, mais elle demeure, dans la tempête, le meilleur socle du politique, lieu d’épanouissement de la «pluralité humaine».Très dense mais toujours clair, le solide essai de Jean-François Lessard rappelle, par ses qualités stylistiques et interprétatives, la pénétrante réflexion que nous offrait le sociologue Jacques Beauchemin, il y a presque trois ans, dans La Société des identités (Athéna, 2004).Des lectures exigeantes, certes, mais très éclairantes.louisco@sympatico.ca L’ÉTAT DE LA NATION Jean-François Lessard Liber Montréal, 2007,128 pages artez en bonne compagnie loin "cavalière Robert Lallont Le dernier coup de chapeau du prince des saltimbanques.Le Devoir Simone berteaut KOHEÏI Simone Berteaut a tout vécu, tout connu.Grâce à elle, c’est bien Piaf tout entière qui revit sous nos yeux.Joseph Ratzinger Benoît XVI Frédéric Mitterrand Le festival de Cannes Le regard à la fois ultrasensible et acéré de cet amoureux du cinéma et la liberté de ton et de pensée de La Mauvaise Vie.de Nazareth Un regard nouveau sur I histoire de la Seconde Guerre mondiale.Marc Çirauci Calme plat chez les soles La vie intime des ammaur de la mer de la ptase et des rochers La vie intime des animaux de la mer, de la plage et des rochers.Le livre-événement de Benoît XVI Connaître et comprendre Jésus Flammarion 4 4 E10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JUIN 2 0 0 7 ESSAI t I L’Amérique latine « glocale mmm ANDREW WINNING REUTERS Le dixième des Argentins, des Colombieps, des Cubains, des Mexicains et des Salvadoriens vivent aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays latino-américains.GUY TAILLEFER Le Nouvel Observateur l’a désigné en 2005 comme l'un des «25 grands penseurs du monde entier».Quand on le lui rappelle en entrevue, Néstor Garcia Canclini hausse les épaules et fait «bof».C’est pourtant bien d’un penseur qu’il s’agit ici, d’un esprit libre et critique de la latino-américanité qui n’embouteille pas le monde dans des idéologies.Né en Argentine en 1939, «exilé» au Mexique depuis le milieu des années 1970, il étale de nouveau sa vivacité intellectueDe dans un essai par ailleurs froidement intitulé L’Amérique latine au XXI' siècle, récemment publié en traduction française aux Presses de l’Université Laval.Le titre espagnol, Latinoamericanos buscando lugar en este siglo, colle beaucoup mieux au propos.Un propos qui discute sur cent pages de l’effritement et des mutations des identités nationales en Amérique latine et du poids de la mondialisation sur le développement culturel de la région.«L'un des points de départ de cet essai, écrit justement le chercheur, est de prêter attention à ce qui échappe au marché.» Si ce n’est qu’entre les lignes, sa réflexion résonne auprès de cultures minoritaires comme la nôtre.Les Latino-Américains «se cherchant un lieu en ce siècle», M.Garcia dispose avec l’Amérique latine d’un laboratoire en or pour l’examen de ce qui le fascine depuis 30 ans et de ce qu’il appelle, ici, la «transnationalisation de la culture», là, «l’hybridation interculturelle».Que signifie le fait d’être latino-américain?Moins une essence qu’une «tâche à accomplir» devant laquelle les Latinos sont du reste dubitatifs, finit-il par dire, d'autant que l’émigration influence l’évolution de sa vie régionale de manière fondamentale.En 1999, signale-t-il, le nombre de personnes qui ont quitté l’Uruguay fut égal à celui de celles qui y sont nées.Le dixième des Argentins, des Colombiens, des Cubains, des Mexicains pt des Salvadoriens vivent aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays latino-américains.Ainsi, «l’Amérique latine ne se trouve pas qu’en Amérique latine: son image lui est renvoyée par des miroirs disséminés à travers l’archipel formé par les migrations».Les frontières géopolitiques restent les mêmes, affirme M.Garcia, mais «les cartographies se modifient sur le plan symbolique».«Entre les promesses d’un cosmopolitisme global et la disparition de projets nationaux», le penseur souligne que «jamais nous n’avons eu l’occasion d'être aussi cosmopolites que nous le sommes maintenant, aussi contemporains de cultures multiples; et cela, sans avoir à voyager».D parle d'un monde «glaçai» (entre le global et le local) et raille une «mondialisation à domicile» où s’étale la culture à la télévision sous forme de reality show.Industries culturelles Ni pessimiste ni militant, il constate la pesanteur de la mondialisation néolibérale mais refuse de voir dans la «domination étrangère» le fin mot de l’histoire.S’agissant de développer «le potentiel socioculturel en latence sur le continent» et de respecter sa «polyphonie», il appelle à une profonde restructuration de ses industries culturelles, menottées par des réseaux transnationaux de production et de distribution de la musique, de la littérature, du cinéma et des communications qui sont contrôlés de l’exté- rieur, à Madrid, à Miami et à Los Angeles.L’état des lieux n’est guère reluisant Des bénéfices mondiaux générés par les biens culturels et de communication, l’Amérique latine en tire un maigre 5 %.Gracieuseté, dit le chercheur, du faible investissement des gouvernements latino-américains dans les sciences, les technologies et l’industrie culturelle.S’il en résulte, bien entendu, un niveau anémique de compétitivité à l’échelle mondiale, le drame non moins grand est que la diffusion de films et de disques est gravement restreinte à l’intérieur de chaque pays.C’est ainsi qu’en musique, l’Amérique latine est considérée comme le marché dans le monde qui connaît le taux de croissance le plus élevé depuis les années 1990.Pourtant, 80 % du chiffre d’affaires en Amérique latine est entre les mains d’entreprises étrangères.En cinéma, note M.Garcia, «la seule ville où il est possible de voir, en une semaine, de cinq à dix films de pays différents de l'Amérique latine n’est pas Buenos Aires, ni Bogota, ni México, mais bien Madrid».Comment éviter que les pays latino-américains ne deviennent un «paquet de franchises»! Contrairement à certains autres, M.Garda n’attend pas de miracle de l'élection de présidents de gauche au cours des dernières années.Plutôt, il dresse assez minutieusement une longue liste d’avenues, invitant notamment des gouvernements qui se contentent de «politiques culturelles publiques à faible intensité» à se faire infiniment plus dynamiques et revendicateurs.L’intérêt d’Hollywood, de MTV et de Sony pour la région, dit-il, «nous laisse imaginer ce que nous serions en mesure de faire avec un peu plus d’autonomie de gestion».Le Devoir L’AMÉRIQUE LATINE AU XXIe SIÈCLE Néstor Garcia Canclini Les Presses de l’Université Laval Québec, 2006,118 pages BIOGRAPHIE Castro à la trace LOUIS CORNELLIER Le Castro dépeint par le journaliste Serge Raffy dans Castro l’infidèle est-il bien le bon, le seul, le vrai?Les preuves pour l'affirmer manquent.Mais tout de même, quelle magistrale biographie que celled! Rédigée dans un style riche et saisissant, elle suit avec passion le Comandante à la trace, de l’enfance à aujourd’hui.Castro y apparaît comme un être tourmenté, obsédé par le chaos et le pouvoir à tout prix, comme un don Quichotte rouge, friand de répression, de mensonge et de propagande pour imposer sa «posture politique unique, mi-fasciste mi-communiste».Au libérateur tiers-mondiste que d’aucuns chantent encore, Raffy, dans cette somptueuse enquête librement menée, oppose le caudillo sans foi ni loi, prêt à éliminer ses adversaires, mais aussi ses frères d’armes, sans états d’âme, afin de conserver son ascendant sur tout un peuple.Revenant sur l’assassinat de Kennedy, sur la mort du Che (dont il trace un portrait très sombre), sur la chute d’Allende et sur une foule d’autres épisodes dans lesquels Castro, parfois à son corps défendant, a joué un rôle, Raffy présente des faits, quelquefois nouveaux mais pas toujours bien appuyés, et en propose de passionnantes interprétations.11 se penche aussi sur la vie privée de «l’infidèle» en évoquant ses multiples épouses, maîtresses et enfants, officiels ou non.Près de 50 ans après les prémices de la révolution castriste, les Cubains, écrit Raffy, «ne sont même plus cyniques.Ils sont amorphes, hébétés comme les membres d’une secte hypnotisés par un gourou».L’humour, toutefois, ne les a pas totalement quit-tés, comme en fait foi cette blague où l’un demande à un autre pourquoi les Cubains appellent les aliments «les Américains»'.«Parce que, comme eux, on dit toujours qu’ils vont débarquer et on ne les voit jamais.» Publiée cette année en édition de poche revue et augmentée, cette biographie est une œuvre contestée mais fascinante, qui se lit tambour battant.Collaborateur du Devoir CASTRO L’INFIDÈLE Serge Raffy Le livre de poche Paris, 2007,704 pages REUTERS Fidel Castro en compagnie de Salvador Attende au Chili en 1972.o ' .ARCHAMBAULT PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: 12 au 18 Juin 2007 @ QUEBECOR MEDIA ROMAN n LES EHNUCTS DE LA UBERTt Marc Lévy (Robert Laffont) ECHO PARK Michael Conelly (Seuil) ZONE GRISE Chrystlne Brouillet (Boréal) U DERNIÈRE SAISON T.2: THOMAS L.Tremblay-Dessiambre (Guy St-Jean) CETTE CHANSON QUE JE N'OUBUERAI Mary Higgins Clarfc (Albin Michel) U SORCIÈRE DE PORTOBELLO Paulo Coelho (Flammarion) ENSEMBLE, C'EST TOUT Anna Gravalda (J’ai lu) LE BIEN DES MIENS Janette Bertrand (Libre Expression) LA DÉFENSE UNC0LN Michael Connelly (Points) LABYRINTHE Kate Mosse (Livre de Poche) OUVRAGE GÉNÉRAL LE SECRET Rhonda Byme (Un Monde Différent) TOUTE L'HISTOIRE OU MONDE: DE.J.-C.Baneau/G.Bigot (Livre de poche) BARBECUE: TOUTES LES TECHNIQUE! Steven Raichlen (Éd.de l’Homme) QUE LA FORCE D'ATTRACTION SOIT Michèle Cyr (Transcontinental) L'ART DE LA SIMPUCITÉ Dominique Loreau (Marabout) LA CLÉ DE LA MAITRISE Chartes F.Haanel (Dauphin Blanc) 1967, QUÉBEC ENTRE DEUX MONDE! Collectif (Les 400 Coups) MÉMOIRE CAVALIÈRE Philippe Noiret (Robert Laffont) AIMES-TU U «ET Georges Thurston (La Semaine) LE MEILLEUR DE SOI Guy Comeau (Éd.de l'Homme) JEUNESSE ANGLOPHONE L0RHUNE T.1: ET U SECRET OE.Suzanne Julien (Pierre Tisseyre) JOURNAL D'AURÉLIE LAFLAMME T.S India Desjardins (Intouchables) 2 ERAGON T.2: L'AlNÉ Christopher Paolini (Bayard) TRE SECRET Rhonda Byme (Beyond Words) BEACH ROAD James Patterson (Warner Vision) LAST TEMPLAR,THE Raymond Khoury (Signet) AHIEUE QUEEN T.3: LA RPOSTE.Michel J.Lévesque (Intouchables) a LÉ0N1S T.0: LE ROYAUME D'ESA Mario Francis (Intouchables) MONDES DE MAGIE DU DIADÈME T.7 John Peel (ADA) UES NOMBRILS T.1: POUR QUI TU.Delaf/Dubuc (Dupuis) délirons avec léon t.i Annie Groovie (Courte Échelle) THE CHILDREN OF HURIN J.R.R Tolkien (Harper Collins) A THOUSAND SPLENDID SUNS Khaied Hosselni (Pinguin Books) THE ROAD Cormac Mc Carthy (Vintage) THE AMBLER WARNING Robert Ludlum (St-Martin’s Press) FUSE IMPRESSION Jeffrey Archer (St-Martin's Press) PAXKAL T.7: LE SECRET DE TUZUMA Maxime Roussy (Intouchables) ASTÉRIX CT SES AMIS: HOMMAGE.Collectif (Albert René) PROMISE ME Hadan Coben (Penguin Books) DEAD WATCH John Sandford (Berkley) Demandez notre circulaire en magasin.DÉCOUVREZ S* i i oleil de p .ou jours de pluie lomb Nathalie Le Coz Découvrir le Bas-Saint-Laurent Nature et culture 224 pages • 24,95$ % œf* o 111/ B I 1n.M.Vl-.Wi Un nouveau guide, unique en son genre, qui présente les trésors de la nature et de la vie culturelle d'une région haute en couleurs.trètorr* et ïstiu'e mM Mélinda Wilson Fleurs comestibles Du jardin à la table NOUVELLE ÉDITION 256 pages • 24,955 « Un livre original et complet, pour s'initier au monde fascinant des fleurs comestibles » La Tnbune «Drôlement intéressant.superbement illustré» Le Soleil Y1 Ha *4 Yves Beauchemin Charles le téméraire Emmenez Charles en vacances ! 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