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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-05-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2 0 0 3 LE DEVOIR Sciences etcuture Anny Cazenave À la tête d'une équipe toulousaine, celle de Géodésie, océanographie et hydrologie spatiales (GOHS), cette astronome et géophysicienne française a fait de notre système Terre son terrain de jeu.Page 2 71e congrès de l'Acfas Nadine Norman En décembre 2002, elle était au Musée d'art contemporain avec Je suis disponible.Et vous?Son art illustre l’évolution du Web et des manifestations qui l’accompagnent.Le nouveau monde électronique Page 6 ÉtÉÉfi: ¦ • »*.' .oseras, T'- «(Jir-1 .jrTV*' ¦' -T»/.Le savoir en heritage Le fleuve y est d’une largeur impressionnante.Presque une mer, qui est à portée de voile.Qui s’y rend découvre une nature encore sauvage.Là, à quelques kilomètres.Il suffit de se laisser couler sur l’eau, ou de plonger à l’intérieur des côtes.Telle est l’invitation lancée, à laquelle répondront 3500 universitaires venus de tout le Québec pour se retrouver une semaine durant à Rimouski, ville devenu du 19 au 23 mai prochains la capitale québécoise du savoir.Une première fois, en 1993, l’Université du Québec à Rimouski avait accueilli le congrès de l’Acfas.Pour sa 71' édition, l’Association francophone pour le savoir renouvelle l’expérience.Et le lieu influe sur le contenu même de l’événement La mer, le climat ont ainsi droit de cité car, outre le cégep local, l’Institut maritime du Québec s’associe à l’université pour garantir l’organisation et la présentation des 2400 conférences et communications qui y seront prononcées durant les quatre jours de colloques et d’ateliers intensifs.Et ce n’est ainsi pas un hasard si l’une des grandes conférences publiques sera le fait de la Toulousaine Anny Casenave, qui fera état des dernières recherches portant sur le «niveau de la mer et réchauffement global».Le propos sera alors celui d’une spécialiste, mais qui se veut une adepte de l’interdisciplinarité.Du pluri au multi Elle n’est d’ailleurs pas la seule chercheure universitaire à défendre une approche qui se situerait au confluent de plusieurs disciplines scientifiques.En fait, le présent congrès, s’il avait à être caractérisé par quelques mots, le serait en conjuguant des descriptifs qui combinent l’inter, le multi ou le pluri avec la définition du secteur.D’ailleurs, le thème retenu pour ce congrès annuel, «Savoirs partagés», en témoigne.Et la grande conférence publique, que prononcera le mercredi soir la présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec, Lise Bissonnette, va dans ce sens: «Le savoir en partage, en notre temps et lieu».Qui feuillette la programmation déposée, abondante (le document publié compte 223 pages!), comprend que la science, qu’elle soit humaine ou technique, déborde des secteurs disciplinaires étroits.Il suffit de plonger dans un colloque, porterait-il sur les dernières avancées en psycho- logie, voire en histoire de l’art, pour constater qu’il n’est plus possible de définir le progrès en termes étroits.Irions-nous dans le monde de la biotechnologie recueillir les propos de Michel Lachance, du Centre québécois de valorisation des biotechnologies, le CQVB, qu’il serait possible de l’entendre déclarer: «Nous cherchons à connaître tout le monde et à faire en sorte que les bonnes personnes se parlent entre elles.Ainsi, en regardant ce qui se fait comme travaux tant dans les universités, les centres de recherche que dans les entreprises privées, on en vient parfois à découvrir quelqu'un à qui on dit, par exemple: “Vous êtes en biologie, vous devriez peut-être parler avec telle personne en génie chimique.ouen médecine".» Une nouvelle approche caractérise donc l'univers de la recherche universitaire.Et qui se rendra à Rimouski découvrira comment se formule le nouveau savoir: dans un langage qui établit un lien avec toutes les connaissances reçues.Partage des savoirs, reconnaissance d’un héritage commun.Normand Thériault Savoirs partagés Rimouski 2003 Recherche et financement Page 2 Rage 3 Études Qualité de vie Climatologie Page 4 Page 6 Université du XXI" siècle Communautés culturelles Page 5 > LE DEVOIR.LES SAM ED ET DIMANCHE 18 MAI 2 0 0 3 A.C.F.A.S Le partage du savoir Déplacement de 3500 universitaires pour entendre 2400 communications C’est à Rimouski que l’Association francophone pour le savoir (Acfas) tiendra, du 19 au 23 mai, la 71e édition de son congrès annuel, où près de 3500 congressistes sont attendus.Les activités scientifiques se dérouleront principalement à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’établissement hôte, ainsi qu’au Cégep de Rimouski et à l’Institut maritime de Rimouski.Présentation de «Savoirs partagés».THIERRY HAROUN La Tl" édition du congrès de l’Acfas donnera l’occasion de découvrir les plus récentes recherches menées dans le monde, par le truchement d’une centaine de colloques et de quelque 2400 communications scientifiques, le tout sous l’égide du thème retenu par ITJOAR: «Savoirs partagés».Les domaines qui seront abordés vont des sciences de la vie et de la santé aux sciences physiques en passant par les mathématiques, les arts, les lettres, la génomique et le clonage humain, les régions et la mondialisation, les femmes, l’environnement et l’éducation, notamment «Pour déterminer le thème du congrès, on a fait une réflexion à l'interne [UQAR], et ce thème faisait référence au besoin de partage entre les universités et leur milieu.Donc, c’est l’idée d’un savoir qui n’est pas exclusif mais plutôt inclusif» explique Michel Bourassa, le président du congrès et secrétaire général de l'UQAR.¦ Du même avis, le président du comité scientifique et professeur d’histoire à l’UQAR Benoît Beau-: cage, reconnaît «qu’il y a une ten-; tative de rendre la diffusion de cette connaissance [scientifique] acces-.sible au plus grand nombre, d’où le ¦ thème.Ce n’est pas un thème plaqué qu’on a mis là; ça vient d’une préoccupation qui est importante».Continuité Pour la plupart des disciplines, ce congrès s’inscrit dans une certaine continuité par rapport aux précédents.Par ailleurs, précise Michel Bourassa, le comité organisateur du l’UQAR a mis l’emphase cette année sur les créneaux d’excellence de l’UQAR: le développement régional et les sciences de la mer — qui mènent au programme de doctorat.D’autre part, «on a essayé d’identifier pour nous, dans l’Est-du-Qué-bec, des problématiques qui nous sont particulières et qui pouvaient avoir une certaine incidence sur le développement de notre région».L’UQAR fête cette année 30 ans de formation en développement régional par l’entremise du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l’Est-du-Québec (GRIDEQ).Il faut, poursuit-il, sortir de l’idée que les régions ressources ne sont que des régions de ressources naturelles et comprendre qu’elles sont aussi des régions de ressources humâmes et technologiques.«Il s’agit vraiment de faire éclater la notion de régions ressources du savoir; et c’est ça le défi qu’on a» lors du congrès.Sur la centaine de colloques, 28 seront sous la responsabilité de professeurs de l’UQAR.Ce dernier inscrit l’Acfas «dans ce rôle» qu’ont les universités en région de démontrer leur savoir-faire.«Les universités en région ont été fondées d’abord avec des missions d'enseignement; par la suite, elles ont développé parallèlement des créneaux dans lesquels elles prétendent être des chefs de file», soutient pour sa part Benoît Beaucage.Sans pour autant créer une “compétition” mais plutôt une “émulation”, parce que la science exclut la Jalousie!» Acfas pour les jeunes L’Acfas iimove cette année avec un espace dévolu aux jeunes scientifiques.Le comité Acfas-jeu-nesse s’est donné pour mandat de créer des activités qui sauront stimuler l’intérêt des jeunes du 3' et du 4' secondaire.Ainsi, quelque 1200 élèves pourront profiter de conférences qui porteront sur les fonds marins, les avalanches, la forêt, le tourisme d’aventure, la bio- L7 logie marine, la chimie des fruits de mer, le design industriel et le génie civil (21 et 22 mai).«L’Acfas-jeunesse, ça va être leur Acfas à eux.On va aller directement dans les écoles [.] pour leur démontrer qu’ils Peuvent faire tout leur curriculum de formation en science en région [.] et rester par la suite.» Une façon de contrer l’exode des jeunes, de dire M.Bourassa.Selon le Conseil permanent de la jeunesse, la principale raison invoquée pour expliquer la première migration vers une autre région pour l’ensemble des jeunes Québécois est la poursuite de leurs études.Chez les Gaspésiens elles Madelinots, la proportion est de 66,7 %, de 72,1 % sur la Côte-Nord et de 60,3 % dans le Bas-Saint-Laurent, comparativement à 49,8 % pour l’ensemble du Québec.De son côté, Benoît Beaucage voit dans cette «belle fenêtre» qu’est l’Acfas-jeunesse l’occasion de démontrer aux jeunes professeurs qu’il est possible de faire carrière à Rimouski étant donné «que nous sommes, comme ailleurs au Québec, en plein renouvellement du corps professoral, un élément qui n’est pas à négliger», admet-il.Activités spéciales et culturelles Dans le cadre d’activités spéciales, le grand public est invité à innove cette année avec un espace dévolu aux jeunes scientifiques assister à des conférences publiques.Ainsi, Anny Cazenave, membre de l’Académie des sciences (France) abordera les problèmes de réserves d’eau de la planète et le changement climatique (20 mai); Claude Ville-neuve, spécialiste de la question du réchauffement de la planète, proposera une réflexion sur le thème «Les changements climatiques: une fias deuxième décennie pour le protocole de Kyoto» (20 mai); et Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec, s’interrogera sur le rôle des institutions qui donnent accès à des espaces vivants de découverte et d’apprentissage (21 mai).Aussi, et pour souligner le caractère maritime de la région, le volet «Fenêtre maritime» englobera une foule d’activités, dont une exposition sur les sciences de la mer, une croisière dans l’estuaire du Saint-Laurent, une projection de film sur l’expédition North Water dans l’Arctique, des visites guidées du navire de recherche le Coriolis II et de l’Institut Maurice-Lamontagne; et, enfin, des festins de la mer seront servis.Les congressistes pourront d’ailleurs profiter d’activités culturelles telles qu’une exposition de métiers d’art, de photographies et de peintures, une foire du livre scientifique et un spectacle de jazz.«On reçoit ce congrès avec beaucoup d’enthousiasme et d’empressement», a dit au Devoir Michel Tremblay, le maire de Rimouski.Ce congrès est pour lui une question de «rayonnement» pour sa ville.Les retombées économiques pour la région immédiate sont estimées à plus de quatre millions de dollars.Un entretien avec Anny Cazenave SOURCE ACFAS L’astronome et géophysicienne française Anny Cazenave.Variations climatiques extrêmes prévues La géodésie spatiale au service de la mer À la tête d’une équipe toulousaine, celle de Géodésie, océanographie et hydrologie spatiales (GOHS), l’astronome et géophysicienne française Anny Cazenave a fait de notre système Terre son terrain de jeu.Cette spécialiste, notamment reconnue pour son expertise en géodésie spatiale, s’est longtemps intéressée à l’étude de la croûte terrestre.Désormais c’est plutôt sa voisine, la mer, qui la fascine.Saisies du haut du cosmos, ses observations tracent les bases d’une minirévolution dans le monde de l’océanographie et de l’hydrologie.Portrait d’une spécialisation en pleine effervescence.Je veux promouvoir mes idees.Je veux faire avancer les connaissances.Je veux atteindre mes objectifs et inventer ma carrière.L’Université Lavfil m'offre le meilleur environnement d'études et de recherche.’remière université francophone en Amérique Parmi les 10 plus grandes universités de recherche au Canada Plus dé 125 chaires, instituts, centres et groupes de recherche Plus de 1100 chercheurs Environ 170 programmes de formation lux 2 et 3 cycles dont plusieurs avec ProW/nfernaf/ona/ 230 millions de dollars en fonds de recherche Bourses, stages, aux 2 et 3 cycles dont plusieurs avec Profil inte orociramme etudes-travail et soutien financier à Faites des études de 2e et de 3e cycle Le monde s ouvre a vous.Jusqu ou irez-vous?A vous de choisir.université LAVAL i/vww.ulaval.ca VimxiixI luu OuclxY.iloniam le momc LOUISE-MAUDE RIOUX S O UC Y LE DEVOIR Rattachée au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS), dont Anny Cazenave est également la directrice adjointe, l’équipe de GOHS a fait de l’altimétrie spatiale l’une de ses spécialités.Développée à la fin des années 1970, cette technologie a d’abord donné de brillants résultats dans l’étude du géoïde marin.D faudra cependant attendre le début des années 1990, avec notamment le lancement du satellite franco-américain Topex/Posei-don, en 1993, pour en voir les premières applications océanographiques avec la mesure absolue de la hauteur instantanée de la mer.«En France, comme à l’échelle mondiale, c’est vraiment un sujet qui démarre.C’est très excitant parce qu’il y a encore tant à faire», confie Anny Cazenave depuis son bur eau de Toulouse.A dix ans, le projet de son équipe de mesurer l’élévation de l’ensemble des océans est en effet encore très jeune.D n’en a pas moins déjà engendré d’intéressantes pistes d’observation.«Ce que nous avons découvert, et qui est très intéressant, c'est que le niveau de la mer ne monte pas du tout de manière uniJbrme, confie Mme Cazenave.Il y a des régions où il monte davantage qu’à d’autres» En effet, si tout le Pacifique de l’Ouest, la région au nord de l’Australie, les environs de l’Asie du Sud-Est ou même l’Aflan-tique-Nord ont vu le niveau de leur mer monter, c’est tout le contraire qui s’est produit sur la côte ouest de l’Amérique du Nord.Globalement, cependant, la tendance est bel et bien à la hausse, ont confirmé les chercheurs de l’équipe GOHS.Une élévation qu’ils estiment, très précisément, à environ 2,5 mm par année.Cette précision des mesures collectées depuis dix ans grâce à l’altimétrie spatiale a également donné un sérieux coup de pouce aux océanographes.«La qualité des mesures est telle avec les satellites qu’on peut mesurer le niveau de la mer avec une précision meilleure que quelques millimètres par an, ce qui est assez remarquable», confirme Anny Cazenave.En effet, la marégraphie a longtemps été la seule technique permettant d’observer directement les variations actuelles du niveau de la mer.Mais la marégraphie ne permet de mesurer que la variation relative de la mer et ses mesures in situ se restreignent encore aux bordures continentales et aux îles.De la mer à la climatologie En plus de la couverture complète du domaine océanique, l’observation par satellite a aussi permis pour la première fois de carto-graphier les variations régionales du niveau de la mer.Un savoir qui trouve de multiples applications, notamment en hydrologie.«Avec ces mêmes satellites, on mesure aussi le niveau des eaux continentales, particulièrement sur les grands fleuves de la planète», explique la chercheure.«Depuis près d’un an, on a d’ailleurs de nouveaux satellites en orbite, dotés de nouvelles VOIR PAGE H 3: CAZENAVE Dans le cadre du Congrès de l'Acfas 2003, l’Université du Québec à Rimouski I invite toute la population ff| Université à assister à la aR.mouski A Grande conférence publique de Lise Bissonnette Présidente-directrice générale Bibliothèque nationale du Québec Le savoir en partage, en notre temps et lieu Mercredi 21 mai 2003,19 h 30 Université du Québec à Rimouski Amphithéâtre Ernest-Simard (F-210) Entrée libre Bienvenue à tous ! LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2 0 0 3 A.C.F.A.S CAZENAVE SUITE DE LA PAGE H 2 technologies qui permettent aussi de mesurer les stocks d’eau, y compris les eaux souterraines.» Des données qui sont d’autant plus précieuses que tout ce qu’on appelle la branche occidentale du cycle de l’eau, c’est-à-dire toute la partie des eaux continentales, reste encore largement méconnue.L'étude des niveaux des eaux de surface et souterraines ouvre également la voie à une meilleure compréhension de la variabilité climatique, le violon d'Ingres d’Anny Ca-zenave.En effet, le niveau de l’océan est largement tributaire de son réchauffement «Les changements climatiques, c’est la principale cause de l’élévation du niveau de la mer, corrobore Mme Cazenave.Si on comprend mieux les variations du climat, on comprendra mieux ses conséquences.Et U y a toutes les perspectives économiques, ne serait-ce qu’au niveau de la gestion des ressources » Cette meilleure compréhension du cycle de l’eau, si elle a peu de répercussions à l’échelle de la planète, s’avère très précieuse pour les communautés régionales, particulièrement en ce qui a trait à leurs réserves d’eau douce.«L’élévation du niveau de la mer a peu d’influence sur l’ensemble des réserves d’eau douce de la planète, sauf bien sûr dans la région des deltas des grands fleuves», explique Anny Cazenave.Fragilisées, ces régions extrêmement plates, comme le Bangladesh par exemple, pourraient voir leurs réserves d’eau douce souterraines menacées par la mer.«La salinisation dans les régions basses, on commence déjà à la voir», atteste d’ailleurs la chercheure.Faire converger les savoirs Les effets du réchauffement climatique sur l’élévation du niveau de la mer, comme l’équipe GOHS l’a observé, se notent également dans d’autres domaines, que ce soit par la migration de certaines espèces vers les pôles nord et sud ou l’extension de certaines maladies comme le paludisme.«Il y a effectivement plusieurs conséquences inquiétantes aux changements climatiques, que ce soit la fonte de la banquise, la pollution, l’érosion du sol, l’élévation du niveau de la mer ou la météo, avec plus de précipitations dans des régions et moins dans d’autres», énuméré Anny Cazenave.Cette méteo devrait d'ailleurs nous en faire voir de toutes les couleurs dans les années à venir.«Les modèles prédisent davantage de ce qu’on appelle des événements extrêmes, c’est-à-dire des précipitations extrêmes avec des inondations ou de violentes tempêtes».ajoute la chercheure.Véritable baromètre climatique, l’étude de l'élévation de la mer s’avère donc un élément essentiel à notre compréhension du réchauffement climatique.D’où l’importance de continuer à prendre des mesures pendant les 10,20, voire les 30 prochaines années, question de mieux se projeter dans l’avenir.•Au niveau de la mer, les changements se verront au terme de plusieurs décennies.Si les tendances des modèles se maintiennent, le niveau de la mer devrait d’ailleurs continuer à monter, explique la responsable de l’équipe GOHS.Par contre, il y a beaucoup de désaccords d’un modèle à un autre pour quantifier le phénomène et préciser les changements à l’échelle régionale.» Les chercheurs devraient cependant être en mesure d’apporter des précisions à toutes ces questions assez rapidement.«Cest un domaine qui évolue très vite, explique Anny Cazenave.Le temps, c’est un peu notre bête noire.On aimerait bien disposer de 20 à 30 ans de données satellites pour avancer plus vite.» En attendant c’est plutôt du côté des hydrologues, océanographes et biologistes que la chercheure compte orienter ses énergies.«J’ai toujours été convaincue que la pluridisciplinarité, ou l’interdisciplinarité, comme vous le voulez, est extrêmement porteuse, du moins dans mon domaine, les sciences de la terre», confie-t-elle.Un défi prometteur, mais assurément audacieux, sachant combien il est difficile, surtout en Europe, de faire communiquer des communautés qui n’ont pas l’habitude d’observer les mêmes échelles.Anny Cazenave donnera une conférence publique à Rimouski, le mardi 20 mai, à 19h30, à la salle Mohammed-El-Sabh de l’ISMER, dans le cadre du Congrès de l’Acfas.L’entrée est libre.RECHERCHE UNIVERSITAIRE Quand le financement, va tout va «Le Québec aurait besoin de 10 000 PhD au cours des cinq prochaines années» Ils travaillent le plus souvent dans l’ombre et font rarement les manchettes.Pourtant, leur travail contribue à alimenter la majorité des débats sociaux et des avancées scientifiques actuelles.Chercheurs universitaires, après des années de vache maigre, ils ont récemment renoué avec le financement.Beaucoup reste cependant à faire selon le vice-président de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), Marc-André Sirard, pour qui il est plus que temps de miser sur les gens plutôt que sur le béton.GUYLAINE BOUCHER T es années 1990 ont été très ^ JL/ pénibles pour le milieu de la recherche universitaire.Il fallait continuer à travailler avec des ressources restreintes, faire preuve d’imagination et surtout d’une grande persévérance», raconte le vice-président de l’organisme de promotion de la recherche, également professeur et chercheur à l’Université Laval.Les nouvelles sources de financement qui ont émergé à la fin des années 1990 leur ont toutefois donné raison de persévérer.Créée en 1997 par le gouvernement fédéral, la Fondation canadienne pour l’innovation a de fait donné un second souffle aux milieux universitaires de recherche.De l’avis de Marc-André Sirard, c’est en partie ce qui explique le fait que la recherche se porte un peu mieux aujourd’hui.«Nous avions désespérément besoin de nouvelles ressources.La création de la FCI est arrivée au bon moment.Les sommes investies ont notamment permis de mieux équiper les chaires et les groupes de recherche.Ça permet au Québec et au Canada de se positionner confortablement à l'échelle nord-américaine en termes d'infrastructures de recherche.Cest très bien pour les générations montantes parce qu’elles pourront travailler avec des équipements performants, à la fine pointe de la technologie.Dans une société qui repose sur l'économie du savoir, c’est loin d’être négligeable.» «Labos» cherchent ressources humaines Au total sur six ans, soit de 1997 à 2003, plus de 446 millions de dollars ont été distribués au Québec seulement par la Fondation canadienne pour l’innovation.C’est beaucoup, mais insuffisant en même temps, rétorque le vice-pré sident Sirard.Axé sur le financement des infrastructures — ordinateurs, équipements spécialisés, etc.—, l'organisme subventionnaire a, selon lui, commis la grave erreur de négliger les chercheurs eux-mêmes.«On peut avoir les plus beaux laboratoires de la planète et les équipements les plus sophistiqués qui soient, s’il n’y a pas d’argent pour financer directement les chercheurs et les étudiants qui les feront rouler, on n'avance à rien.C’est la plus grosse lacune du financement accordé par la FCI.» Un manque d’autant plus grave que l’effort financier du gouverne ment fédéral a aussi cristallisé celui traditionnellement accompli au palier provincial.«En obligeant les gou- vernements provinciaux à garantir une aide équivalente à ce qu ’die donnait, la Fondation canadienne pour l'innovation a imposé une seule et unique voie de financement.Du jour au lendemain, des sommes imposantes étaient dirigées vers les infrastructures seules.L'idéal aurait été qu’une partie des sommes investies aille plutôt aux ressources humaines et professionnelles dont les labos’ont besoin pourfimctionner.» Plus qu'une simple question de fonctionnement inunédiat, l’investissement dans les ressources alitait aussi permis de préparer la relève, selon Marc-André Sirard.«Le Quebec fait face à un manque cruel de relève dans le secteur scientifique ou de la recherche au sens large.Les plus récentes études affirment que nous aurons besoin de 10 OOO FhD au cours des cinq prochaines années.Cest énorme compte tenu du nombre d’étudiants actuels.La possibilité de travailler dans des chaires de recherche dynamiques et animées peut être un incitatif à poursuivre des études supérieures Le hic, c’est qu'en ce moment, nous ne pouvons pas permettre à beaucoup d'étudiants de travailler en recherche parce que nous manquons d'argent.» Question d’avenir?Mais alors quoi litire?Pour Marc-André Sirard, comme pour bien d’autres chercheurs, les derniers espoirs de voir la situation changer ont pratiquement été mis en veilleuse avec la dernière campagne électorale et l’arrivée du nouveau gou- vernement.«En aucun rrumient durant la ikmièrr campagne les candidats tmt parie de recherche et d'enseignement supérieur.Rire encore, itans le nouveau gouvernement, nous n avons plus vraiment d'interiocuteur désigné en matière de recherche ou de sciences Cest inquiétant.» Le nouveau scenario est d'autant plus difficile à accepter pour les milieux de la recherche que la poli tique sur le développement de la recherche mise de l'avant par le gouvernement péquiste avait fait naître de nombreux espoirs.«Four une rare fois, affirme le vict^prési-dent de l'Acfas, une politique faisait consensus.Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps d'avoir vrai ment une oreille financière et rien ne nous garantit que ce sera le cas dans un avenir proche.Cest dommage, parce qu 'avec la fin du programme de subvention fédéral, le Québec serait plus libre d'investir l'argent où bon lui semble.» Déçus de la tournure des événements, l'Acfas et son porte-parole ne pensent pas pour autant bai» ser les bras.En fait, l’organisme, de concert avec la majorité des organismes subventionnaires de la province, compte même faire des représentations auprès du gouvernement pour préciser la place que l’on compte y faire à la science et à la recherche.«Nous l’avons fait par le passé et nous allons le refoire.Ce sera difficile parce qu'on ne semble pas spontanément y accorder une grande importance, mais nous gardons le cap.» W Des livres pour savoir Éditions Nota bene L’éditeur des lettres, des sciences humaines et sociales au Québec LE FAUX LITTÉRAIRE 1924.Le frère Marie-Victorin découvre le Chardon de Mingan 2002.Le Dr Hui Fang Chen greffe des ovaires congelés.m ri ri \ n s Écrire en langue étrangère loreriérciwf-* fli- Gngiit'.cl «lr i
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