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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-05-17, Collections de BAnQ.

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0 I M A X CHE IS M Al 2 0 0 A ROMAN QUÉBÉCOIS L'Expérience intérieure Ook Chung Page F 3 LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET rx r l Le devoir ABC de Michel Butor Page F 5 si/,.mk: Léon Nikolaïevitch Tolstoï (1828-1910) archives; f.n Sur les centaines de clichés que l’on possède de lui, Léon Tolstoï apparaît souvent avec sa belle barbe argent qu’il fait couler entre ses doigts.Il semble toujours interroger le monde de son regard doux et scintillant.Depuis sa mort en 1910, ses silences mêmes ont fait l’objet d’interrogations infinies.Combien d’exégètes ont-ils médité sur la sentence — «Tais-toi, tais-toi, tais-toi» — qui éclaire, dans son journal, sa rupture avec sa femme?Et au-delà de la vie du grand romancier russe, que sait-on aujourd’hui de la pensée politique de ce mystique absolument hors norme?Tolstoï est d’abord un homme-orchestre épris de liberté.A la fin du XIX' siècle, alors qu’il est déjà reconnu comme l’un des plus brillants écrivains, on finit d'interdire la vente des hommes de couleur en Occident et, du coup, on se persuade que l’esclavage n’existe plus sur la terre autrement que dans les manuels d’histoire ou dans quelques contrées lointaines.Tolstoï pense, lui, que ce ne sont que les formes extérieures de l’esclavage qui ont été abolies.Car des hommes continuent d’être exploités.On profite d’eux, on les utilise, on les fait travailler comme des bêtes pour des salaires de misère tout en croyant que, parce qu’on ne les fouette plus, on ne les tient pas en esclavage.L’auteur de Guerre et paix, comte de son état jusqu’à ce qu’il délaisse j .son titre, est un des pre- ' olstoi miers à abolir le servage en Russie.Dans son im-mense domaine de las- a laisse naià Poliana, il propose la liberté en idéal et tente, tant bien que mal, d’intro- derrière lui duire dans sa propre maison des mœurs plus simples et plus hu- un Hymalaya maines.Tolstoï éprouve un amour immense pour le (Je papiers peuple même et, tout particulièrement, pour les paysans.Il lui semble que ces gens sont naturellement bons et vertueux.C’est d’ailleurs en partie grâce à son soutien financier que des milliers de doukho-bors peuvent émigrer dans l’Ouest canadien.En toute logique, Tolstoï affectionne aussi la culture issue du peuple, notamment les chants et les contes.Cet ancien militaire prend plaisir à travailler au milieu des arbres et des champs, à s’occuper d’étriller les chevaux et d’entretenir les ruchers.Le voici même qui fabrique de ses mains ses propres bottes de cuir.Tolstoï se dévoue plus que tout à l’éducation des enfants des moujiks, selon une conception de la bonté de la nature humaine qui n’est pas sans rappeler celle mise en avant par Jean-Jacques Rousseau.Epris de la doctrine chrétienne de l’amour du prochain, l’écrivain semble rechercher sans cesse la compagnie des damnés de la terre, à la ville comme à la campagne.Cet amour des humbles n’empêche pas la famille Tolstoï de surprendre ses milliers de visiteurs en mangeant, comme le rappelle sa fille Tatiana, dans des services en argent.Tolstoï adore par ailleurs jouer au tennis et rouler sur la bicyclette que lui a offerte la «Société moscovite des passionnés de vélocipède».Le moderne touche chez lui sans cesse à la tradition.A travers la multitude de ses pensées et de ses préoccupations, l’œuvre littéraire prit assurément chez Tolstoï la plus large place jusqu'à la fin de sa vie.Guerre et paix, amorcé à l’époque de la naissance de ses premiers enfants, fut repris et recopié plus d’une dizaine de fois avec l'aide de sa femme, Sophie Bhers, laquelle laissa dans l’œuvre de son mari une part de sa raison.Tolstoï a laissé derrière lui un Hymalaya de papiers.En français, nous ne connaissons surtout de ce sommet que la partie qui pointe au plus haut du ciel littéraire: les grands romans — Guerre et paix, Anna Karénine — et des textes aussi riches que divers — Im Mort d’Ivan Ilitch, Le Diable, Im Sonate à Kreutzer, Le Bonheur conjugal, pour ne nommer que ceux-là.Pour ces œuvres majeures, Tolstoï eut toujours un très vaste public, aux quatre coins du monde.Ses derniers récits, plus sombres, plus empreints des terreurs de l’existence humaine, surent séduire quelqu’un tel Kafka tandis qu’un Lénine se sentait dans l’obligation de répondre à certains aspects d’une œuvre qu’il admirait fiar ailleurs.Toujours en lutte contre lui-même autant que contre son milieu, s’analysant autant qu’il analysait son époque, Tolstoï a écrit, surtout vers la fin de sa vie, plusieurs textes de nature politique dont seuls quelques militants d’une frange de la gauche semblaient jusqu’à tout récemment avoir mesuré l’importance.Souvent déconsidérés par plusieurs exégètes de son œuvre, ces écrits sont pourtant empreints d’un humanisme étonnant Faut-il rappeler que quelqu’un comme Gandhi jugea bon de correspondre avec le grand écrivain russe avec qui il partageait les principes de la non-violence?Un traducteur passionné, Éric Lozowy.professeur à l’université McGill, vient de traduire quelques-uns de ces beaux textes de Tolstoï.On peut regretter que son éditeur VOIR PAGE F 2: TOLSTOÏ s'Tolstoï LE DEVOIR.LES F 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2008 —-«-Livres TOLSTOÏ Tolstoï s’insurge contre ce qui lui semble être le stade suprême de Tesclavage: l’Etat SUITE DE LA PAGE F 1 n'ait pas su mieux l’encadrer dans son travail de présentation des textes, mais il faut saluer sa belle traduction et l’originalité de son travail.Lozowy révèle sans conteste une facette importante du géant de la littérature russe.Voyez ici Tolstoï s’insurger contre ce qui lui semble être le stpde suprême de l’esclavage: l’Etat.«// s’agit d'une organisation très artificielle et chancelante, et le fait quelle peut être détruite par la moindre secousse ne prouve aucunement qu’elle est nécessaire mais, au contraire, que si elle a déjà pu l'être, elle est maintenant inutile, donc nocive et dangereuse.» L’armée?L’ancien héros de Sébastopol en parle d’expérience.Il la considère comme une machine à abrutir l’esprit des soldats autant que l’âme du peuple: «Pour que cessent l’oppression des peuples et les guerres inutiles, pour qu’on ne s’insurge plus contre ceux qui semblent coupables de celles-ci, pour qu’on ne les tue pas, il faut semble-t-il, peu de choses: il faut seulement que les gens comprennent les choses telles qu'elles sont et qu’ils les nomment par leur véritable nom, qu’ils sachent qu’une armée est un instrument de meurtre et que le rassemblement et la direction d’une armée — justement ce que font avec tant de présomption les rois, les empereurs, les présidents — sont une préparation au meurtre.» Contre la violence Dans un autre texte fort consacré à la résistance contre SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Tolstoï considère l’armée comme une machine à abrutir l’esprit des soldats autant que l’âme du peuple.l’oppression des puissants, Tolstoï propose aussi une réflexion sur la situation coloniale de l’Inde.Il est résolument contre la violence, même menée dans la perspective de la libération du joug anglais.Pourquoi?Au nom même de la libération totale: «Lorsque les Hindous se plaignent qu’ils ont été asservis par les Anglais, c’est comme si des ivrognes se plaignaient d’avoir été asservis par les vendeurs de vin qui se sont installés parmi eux.Vous leur dites qu'ils ne peuvent pas boire, mais ils vous répondent qu’ils y sont tellement accoutumés qu’ils ne peuvent plus s’abstenir, qu’ils doivent puiser leur énergie dans le vin.[.] Ne résistez pas au mal, et ne participez pas vous-mêmes au mal, à la violence des administrations, des tribunaux, des collectes d'impôts et, surtout, de celle de l’armée, et personne au monde ne pourra vous asservir.» On comprend bien, à la lecture des Ecrits politiques de Léon Tolstoï, pourquoi plusieurs penseurs libertaires ont senti le besoin de faire de ce colosse de la littérature universelle un des piliers de leur pensée.ÉCRITS POLITIQUES Léon Tolstoï Textes choisis, tracjuits du russe et présentés par Eric Lozowy Ecosociété Montréal, 2003,162 pages SUR MON PÈRE Tatiana Tolstoï Allia Paris, 2003,128 pages Le baromètre du livre au Québec 1 Roman Qc TOUT U-BAS A.COUSTURE Libre Expression r 6 2 Roman M.KUNDERA Gallimard 13 3 Roman Qc U MAISON DES REGRETS 0.MONETTE Logiques 12 4 Roman SEPT JOURS POUR UNE ÉTERNITÉ M.LÉVY Robert Laffont 12 5 Polar M.CONNELLY Seuil 1 6 Roman Qc LES ÉILS DE LA CORDONNIÈRE P GILL vlb éditeur 4 7 Roman L'AIGLE SOLITAIRE D.STEEL Pr.de la Cité 13 8 Loisirs Qc LES MORDUS N‘ 1 ¥ M.HANNEQUART Rudel Médias 9 9 Biographie BRÛLÉE VIVE V SOUAD Oh ! Editions 6 10 Polar LES CHIENS DE RIGA H.MANKELL Seuil 2 II Scénario Qc 0.ARCAND Boréal 1 12 Loisirs Qc LES MORDUS N’ 2 M.HANNEQUART Rudel Médias 3 13 Spiritualité DIEU ?T A.JACQUARD Stock U 14 Roman JE NE SAIS PAS COMMENT ELLE FAIT A.PEARSON Plon 20 15 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transcontinental 27 16 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT ?E.TOLLE Ariane 135 17 Roman Qc LIFE OF PI V - Booker Prize 200Z v MARTEL Vintage Canada 28 18 Roman IMPRIMATUR ?MONALDI / SORTI JC Lattès 16 19 Roman TOUT CE QUE J’AIMAIS V S.HUSTVEDT Leméac 8 20 Roman Qc CATALINA ?G.GOUGEON Libre Expression 30 21 Roman Qc S.MYRE Marchand de feuilles 4 22 Faune Qc LES OISEAUX ET L'AMOUR T J, LÉVEILLÉ L'Homme 4 23 Psychologie ASHNER/MEYERSON Sciences et culture 127 24 Biograph.Qc C.LAMER Publistar 2 25 Biograph.Qc WILLIAM FYFE, TUEUR EN SÉRIE M.PIGEON Lanctôt 4 26 Polar GONE.BABY.GONE V 0 LEHANE Rivages 2 27 Polar L'HÉRITAGE J.GRISHAM Robert Laffont 8 28 Roman Qc BONBONS ASSORTIS ?M.TREMBLAY Lemeac/Actes Sud 45 29 Flore AMÉNAGEMENT PAYSAGER POUR LE QUÉBEC HODGSON/AOAMS Braquet 5 30 Santé GUÉRIR V SERVAN-SCHREIBER Robert Laffont 4 31 Essais MIKE CONTRE-AHAQUE ! ?M.MOORE Boréal 29 32 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR.1.1 - Gabrielle » M.LABERGE Boréal 125 33 Essais Qc DEUX FILLES LE MERCREDI SOIR BÉRARD/TURENNE Transcontinental 6 34 Psychologie QUI A PIQUE MON FROMAGE ?J.SPENCER Michel talon 123 35 Psychologie cessez cEtre gentil, soyez vrai 1 ¥ T.O'ANSEMBOURG L’Homme 121 36 Jeunesse LE PETIT PRINCE ¥ A.SAINT-EXUPERY Gallimard 154 £ Actualité U GUERRE DES BUSH ¥ É.LAURENT Plon 14 38 Roman SARAH : RENCONTRE AVEC ABRAHAM ¥ M HALTER Robert Laffont 4 39 Psychologie LA SYNERG0L0GIE ¥ P TURCHET L'Homme 155 40 Spiritualité JE VOUS DONNE SIGNE DE VIE M.CARON Marjolaine 63 41 Roman OSCAR ET IA DAME ROSE E.-E SCHMITT Albin Michel 17 42 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN ¥ A.BRASHARES Gallimard 46 43 Santé Qc EN 2 TEMPS 3 MOUVEMENTS LE CORPS HEUREUX CAORIN-PETIT/ DUMOULIN L'Homme 11 44 Cuisine CUISINE VÉGÉTARIENNE ¥ COLLECTIF Marabout 16 45 Roman B OELINSKY JC Lattès 2 V : Coup d« Cæur RB : Nouvelle entree Ntw de itmjum depuis pinitw) 1 Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.24 succursales au Québec www.renaud-bray.com Si vous n’avez pas accès à Internet, profitez de notre service téléphonique pour commander.«(514) 342-2815 sans frais : 1-888-746-2283 Nous excédions partout.Insondable originalité eu’o Ra; i, R GUYLAINE MASSOUTRE ’ont en commun Pierre Loti, Raymond Roussel, Salvador Rosa Luxembourg, Sarah Winchester et Bobby Fisher?Ce sont des farfelus.Des idiots du village.Des fantômes palpables qui crient haro sur les bourgeois.Braudeau, après un volumineux — et excentrique — L’Interprétation des singes (Stock, 2001), donne quelques clés de ses lectures enthousiastes dans le journal Le Monde: il réunit en recueil six portraits d’originaux, assez libres pour flirter avec les folies, en évitant le crime, la tyrannie et la camisole.Bonjour la déraison.Le scientifique Braudeau excel- le à recenser les traits de personnalités, communs ou spécifiques, chez ces récalcitrants au bons sens.Tolérance, sympathie, plus que désir de contagion, ce regard sur l’insensé plaide en faveur des silhouettes du bizarre.L’idée de les collectionner leur va comme un gant.Seul l’un d’entre eux court encore: c’est le plus étranger à toute récupération.Pensez-y.C’est le joueur d’échecs Bobby Fisher, névropathe de l’ombre qui, semble-t-il, tel un nouveau Pingouin contre Batman, laisse parfois sa trace sur l’échiquier endiablé d’Internet SIX EXCENTRIQUES Michel Braudeau NRF Gallimard Paris, 2003,97 pages Le dernier ouvrage de Jean-Louis Roy Illustrés par la guerre américaine contre l'Irak, des nouveaux rapports de puissance ont ébranlé le système onusien, les alliances vouées à la sécurité et la convergence historique des grandes démocraties.à farte é «i*» L'IMPASSE HfiîtttHl HMH www.hurtubisehmh.com f ÉCHOS Prix Rina-Lasnier (Le Devoir) — Le prix Rina-Lasnier 2003 a été décerné au poète Bertrand Laverdure pour son recueil intitulé Les Forêts, publié aux Editions du Noroît Ce prix récompense un auteur de la Monté-régie publié au cours des trois dernières années.Concours de poésie pour étudiants du secondaire (Le Devoir) — La Centrale des syndicats du Québec lance un appel aux enseignants du secondaire pour produire un ouvrage de poésie, qui s’intitulera Poèmes d’amour et de révolte, avec leurs élèves.Cette initiative reprend le modèle qui a inspiré la production du livre Les Plus Beaux Poèmes des enfants du Québec en 2002.Cette activité est menée en collabora- tion avec le groupe Ville-Marie Littérature.Selon la présidente de la CSQ, Monique Richard, il s’agit de faire la promotion de la littérature auprès des jeunes.Un jury de poètes et d’artistes sélectionnera une centaine de textes pour la publication d’un recueil Salon du livre anarchiste (Le Devoir) — Le quatrième Salon du livre anarchiste se tient cette fin de semaine à Montréal au 2515 de la rue Delisle (métro Lionel-Groulx).Plus d’une cinquantaine de maisons d’édition, de distributeurs et de groupes en Amérique du Nord, de même que la Fédération anarchiste de la France seront au rendez-vous.L’an passé, ce salon militant avait accueilli quelques milliers de personnes intéressées par les idées anti-autoritaires.L’entrée est gratuite.Pour information: (514) 844-3207 ou http://ivww.tao.ca/~lom-brenoire.Vente de la bibliothèque Ragazzoni AGENCE FRANCE-PRESSE La vente aux enchères de la très belle bibliothèque du collectionneur monégasque François Ragazonni, comprenant plus de 300 livres rares, a atteint 6,33 millions d’euros (plus de 10 millions SCAN) cette semaine.Menée par la société Tajan, la dispersion de ces ouvrages somptueusement reliés et dont certains sont illustrés a en outre établi de nombreux records pour des livres anciens et éditions originales et a suscité une préemption de la Bibliothèque nationale de France.L’enchère phare a été remportée à 383 044 euros (environ 612 000 $) par YHypnerotoma-chie, ou Discours du Songe de Po-lyphile, déduisant comme Amour le combat à l’occasion de Polia, première édition et premier tirage de la traduction française par Jean Martin de l’ouvrage de Francesco Colonna (1546).Los Caprichos de Francesco Goya (1799), premier tirage d’une édition illustrée de 80 eaux-fortes originales du peintre espagnol, dont le tirage frit limité à environ 300 exemplaires, est parti aussi à un prix record: 360 512 euros (environ 576 000$).Très attendu également, le Nouvel atlas ou théâtre du monde, publié entre 1658 et 1662 par le cartographe hollandais Johannes Jan-sonnius, dix volumes in folio, et un des deux seuls exemplaires connus de cette édition française (l’autre se trouvant à la Bibliothèque nationale de France), a atteint 304 200 euros (486 000 $).Le Grand Atlas, ou Cosmographie blaviane de Johannes Blaeu (1667), seconde édition de cet Atlas major, la plus complète dédiée ARCHIVES LE DEVOIR J Une planche tirée des Caprices de Goya.à Louis XIV, pour laquelle une partie du texte a été recomposée, a atteint 281650 euros (450 000 $).Il y a eu aussi 247 900 euros (396 000 $) pour L’Encyclopédie de Diderot, dans sa première édition ?en 22 volumes, totalisant 71818 articles et 2795 gravures (estimation à 100 000 euros), et 157 724 euros (252 000 $) pour la Description géographique, historique, chronologique, politique et physique de l’Em-\ pire de la Chine et de la Tartarie chinoise de Du Halde (1735).Parmi les éditions originales modernes, un des douze exemplaires numérotés sur papier de Hollande du roman de Marcel Proust Du côté de chez Swann a été enlevé à 100 250 euros (160189 $).Et un des trente exemplaires de l’édition originale du Cornet à dés de Max Jacob, non mise dans le commerce, a été préemptée par la Bibliothèque nationale de France à 38 920 euros (62190$).M Bertrand Laverdure Lauréat Prix Rina-Lasnier 2003 Les forêts 1495S ÉDITIONS DU .NOROIT 30 ans de poésie www.lenoroit.com r l enscignc de la déambulation, les récits prenant le relais l un de l'autre pour composer le tableau d’une ville, New York, qui tient à la fois de l’ile et du continent.mmsmlmr' ¦ ¦- IL - Louise Cotnoir CARNET AMÉRICAIN LmBant même mUt s) Linshint même NOUVELLES- ROMANS • ESSAIS LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A N l H E S M Al 2 0 o ;i ITTERATURE ROMAN QUÉBÉCOIS N O U V E L l.E Les plumes de l’humeur noire Mourir avec style CATHERINE MORENCY Auteur d’un roman (Kimchi) et d'un recueil de nouvelles (Nouvelles orientales et désorientées) publiés durant la dernière décennie, Ook Chung a également traduit l’étonnant premier roman de Kerri Sakamoto, Le Champ électrique.Né au Japon de parents coréens, il écrit cependant en français et c’est dans une langue empreinte des grands questionnements huma-niètes qu’il livre, avec L’Expérience interdite, un récit en forme de panse, chargé d’une farce noire, insolite.À dessein, Chung emprunte à Ovide ce passage des Métamorphoses: «Et ignotas animum di-mittit in artes (“et il tourna son esprit vers l’étude d’un art inconnu”).» Ranimée en exergue du roman, la formule acquiert une vocation prophétique.En effet, le récit qui va suivre tâtera, mu par une ardente curiosité à l'égard de la transformation, le pouls d’un art obscur, remettant en question la nature d’une telle pratique.Car dans les dédales de la prose chungienne, l’art ne véhicule pas son lot habituel de prestige et de charme: on en fait un masque pour la perversion, le prétexte inventé pour anéantir la conception même de l’humanité.«C’est en s’inspirant des techniques mises au point au début du XX' siècle et visant à produire des perles de culture toujours plus proches de la perfection qu’un certain Bill Yeary a inventé une méthode lui permettant d'exploiter les écrivains pour en obtenir, à partir de l’humeur noire que sécrète leur foie, cette chose aussi rare qu’une perle parfaite: un manuscrit génial.» Retiré sur une île déserte au large des Philippines, le singulier tyran bâtira un donjon qui, sous des airs d’enfer, accueillera des générations de martyrs pour en faire les cobayes d’une sombre mascarade, cette expérience interdite évoquée d,ès les prémisses de l’œuvre.A l’heure du libre-échange et de l’ouverture des marchés, pourquoi n’a-t-on pas encore pensé à faire le commerce d’une denrée aussi accessible que l’écrivain?se demande Yeàry, qui s’empressera de sauter sur l’idée avant qu’une multinationale ne récupère celle-ci.République des animaux Partant du principe élémentaire que l’homme ne crée rien de bon s’il est heureux, il infligera â ses prisonniers un indicible supplice, histoire de voir si l’âme s’en trouve stimulée.«Notre équipe de chercheurs (moi-même, pur mégalomane) avùit mené une enquête et conclu qu’il existait un lien indubitable entre la littérature dite “sérieuse” et:., le syndrome de l’épine au pied», explique le despote à une visiteuse un peu trop curieuse.«Sans cette épine, il manque une colonne vertébrale au squelette de l’écriture [.].Nous avons U 9.?
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