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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2007-05-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 Vers des états généraux souverainistes Page B 5 Ém FINANCE Norbourg, un cas parmi d'autres Page B 3 PERSPEOÏÏES PQ : un drame existentiel Trois chantiers de modernisation, deux chefs et une saison des idées plus tard n’ont pas suffi à relancer le parti souverainiste Champion des psychodrames, le Parti québécois a étalé cette semaine pour une éniè-me fois ses désordres internes sur la place publique.André Boisclair parti, le PQ se retrouve donc encore plongé dans une course au sauveur, un exercice qui pourrait peut-être bien illustrer à quel point il y a péril.MATHIEU BÉLANGER REUTERS Le siège d’André Boisclair à l’Assemblée nationale était vide cette semaine.Qui assumera la succession?KATHLEEN LÉVESQUE En mars dernier, en pleine campagne électorale, un travailleur d’usine avait apostrophé Jean Charest en raison de ses promesses non tenues.C’est la colère contre les libéraux qui avait surtout retenue l’attention.Mais un autre aspect du discours de cet homme et de ses collègues touchait pourtant au cœur de la désaffection qui allait frapper le PQ le jour du scrutin.«Je suis pour la souveraineté, mais à en entendre parler tout le temps quand il n’y a rien qui se passe, tu te tannes, tu t’écœures», avait expliqué un des travailleurs.Le commentaire n’a rien d’anecdotique.Pour le communicateur-conseil Michel Fréchette, les grands déchirements péquistes viennent «exacerber le détachement de la population à l’endroit du Parti québécois».«Le Parti québécois ne mérite ni Gilles Duceppe ni Pauline Marais, soutient M.Fréchette.Cest un parti qui est complètement indiscipliné parce que tout le monde veut avoir raison et considère que le chef n’est pas dif férent des autres.Quand ce sont les soldats qui dirigent la guerre, ils perdent la guerre.» Le jour de la démission d’André Boisclair, mardi, l’ancienne ministre péquiste Lise Payette disait ne pas souhaiter à son pire ennemi de devenir chef du Parti québécois.Elle relevait la tentation pour chaque militant de faire valoir son point de vue sur toutes les tribunes.Les égo Le PQ évolue dans un système peuplé d’ego qui menottent le chef et le bâillonnent Lorsque M.Boisclair a été élu en novembre 2005, il a pris acte du programme que les militants avaient remanié quelques mois plus tôt D n’y avait aucun espace pour que le nouveau chef puisse laisser sa marque.Et en se concentrant sur le changement de messager, les péquistes risquent maintenant d’oublier l’essentiel, c’est-à-dire revoir le message.Pointer le chef pour justifier son propre immobilisme ne peut être rentable, croit Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l’Université de Sherbrooke.«Le problème du PQ, et c’est souvent le problème de bien des intellectuels, c’est que les militants sont habités par la conviction que les gens n’ont pas compris.Tant que le PQ sera habité par cette prétention-là, il ne comprendra pas le monde.Et se livrer en public à un tel chamaillage, c’est pire que pire.Ils ont l’air d’enfants incapables de s’entendre.Ils perdent toute crédibilité», fait-il valoir.Ces dernières semaines, les présidents de comté, les porte-parole des différentes instances ont pris d’assaut l’avant-scène.Mais cette façon de faire est devenue agaçante pour la population, croit Michel Fréchette.«Un pays, c’est une marche.Ça prend quelqu’un qui ouvre la marche et qui indique le chemin pour s’y rendre», rappelle Michel Fréchette, qui estime que la culture organisationnelle du PQ est complètement dépassée.Le risque de dérive Le député du Bloc québécois Louis Plamon-don est allé plus loin cette semaine.Il a dit que «ce qui manque le plus au PQ, c’est un chef qui imposerait une discipline, qui botterait le derrière à certains, qui ferait en sorte que le parti pourrait aller de l'avant sans s’entredéchirer».Il semble bien que ce soit là un des problèmes qui sclérosent le PQ.Mais il y a aussi la montée de l’Action démocratique du Québec et le vieillissement des membres péquistes, croit Jean-Herman Guay.«Ilya un risque sérieux de dérive du Parti québécois.Ce n’est pas seulement la démission de M.Boisclair, mais un ensemble d’éléments qui convergent dans une seule et même direction», fait valoir M.Guay.Au lendemain de la défaite électorale de 2003, ce politologue avait assené tout un coup aux troupes péquistes en leur déclarant que le Parti québécois est le parti d’une génération.Trois chantiers de modernisation, deux chefs et une saison des idées plus tard n’ont pas suffi à faire le grand ménage auquel invitait M.Guay.A ce rythme-là, le PQ semble se destiner à une position de tiers parti pour encore quelques années, estiment les observateurs de la scène politique.Les difficultés actuelles risquent d’en engendrer d’autres, notamment au chapitre du recrutement de candidats et du financement Dans ce contexte sombre, Michel Fréchette soutient que la «cause souverainiste est bien mal prise avec le PQ», qui n’a plus rien «d’inspirant».Il plaide pour que le mouvement souverainiste retrouve la pureté à l’origine de son idéal en dehors du Parti québécois.«La cause serait peut-être mieux servie dans des mouvements qui n'ont pas à s’embarrasser à court terme de la politique politicienne du PQ», suggè-re-t-il avant d’ajouter: «Pour renaître de ses cendres, il faut d'abord brûler!.» Jean-Herman Guay l’exprime moins crûment mais l’idée est la même: «La force d’un général d’armée, ce n'est pas seulement de remporter des victoires, c’est aussi de savoir se replier.Le défi pour les souverainistes consiste à se replier.Ils ont toujours cru que leur mouvement était en expansion.S’ils ne réussissent pas ça, la débâcle les attend», prévient-il.Le Bloc Mais le Parti québécois n’est pas le seul à se trouver sur une pente descendante.Selon un sondage CROP publié au début du mois, les intentions de vote du Bloc québécois ont littéralement chuté, atteignant 28 %.Le mouvement souverainiste à deux têtes ne convient peut-être plus à la conjoncture actuelle, laisse entendre Jean-Herman Guay.Ce qui semblait être un avantage est en train de devenir un inconvénient.«Deux organisations, c’est très exigeant.Tout est en double: les militants, les campagnes de financement, les candidatures et même les gaffes.Quand ça va mal, il y en a un de trop.[.] Si entre les deux ü y a une économie d’énergie et de militance à faire, c’est le Parti québécois qui restera et c’est le Bloc qui disparaîtra.De sorte que, pour M.Duceppe, le leadership du PQ pourrait être une porte de sortie adéquate», explique M.Guay.Ebranlé, bousculé et écorché, le PQ serait-il en mode survie?Il reste encore des membres du PQ pour croire que la crise actuelle est une occasion de redressement et même de changements profonds.Michel Seymour, professeur de philosophie à l’Université de Montréal et membre du SPQ-libre, le club politique au sein du PQ, n’a rien perdu de sa foi.Il brandit la voie de l’affirmation nationale, non pas dans sa forme traditionnelle qui met en veilleuse l’option souverainiste, mais dans celle qu’il associe au «sou-verainisme d’ouverture».«Il faut repenser l’idéal du PQ d’avoir un pays en établissant d’abord les exigences minimales dans la fédération.Ça va redonner tout son sens et sa légitimité à l’approche souverainiste», estime M.Seymour, pour qui l’heure n’est plus au romantisme.Il espère ainsi que le remue-ménage en cours conduira à un véritable remue-méninges.VOIR PAGE B 3: DRAME «Le Parti québécois ne mérite ni Gilles Duceppe ni Pauline Marois » Le pari de Gilles Duceppe HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — «Est-ce que c’est responsable d’avoir deux courses au leadership avec le même monde et une élection qui s’en vient?Non.» Ainsi Gilles Duceppe justifiait-il sa décision, en 2005, de ne pas se porter candidat à la chefferie péquiste.Qu’a-t-il bien pu se produire, en deux courtes aimées, pour que celui qui dirige les troupes blo-quistes dans un Parlement fédéral toujours aussi minoritaire et imprévisible décide que La poursuite de ses ambitions personnelles ne soit plus contraire à la vitalité du mouvement souverainiste?D’abord, il y a certes les considérations personnelles.D y a ce sentiment, pour M.Duceppe, que c’est maintenant ou jamais.On ne peut pas lever deux fois le nez sur l’occasion de diriger le Parti québécois et être encore, par la suite, considéré comme un prétendant sérieux.Il y a aussi l’âge.M.Duceppe aura 60 ans en juillet La prochaine fois pourrait arriver bien tard pour lui.Mais il y a plus, évidemment.Contrairement à 2005, où le Bloc flottait confortablement en tête des sondages, le sort du parti fédéral est désormais lié à celui du PQ.Et à l’heure actuelle, le grand frère de Québec dire le Bloc vers le bas», comme l'illustrait un ex-député bloquiste cette semaine.D en va désormais de,la survie, non seulement du PQ, mais aussi du BQ.D’où la «sérénité» (ou résignation?) affichée cette fois par les collègues de M.Duceppe.Tous les sondages publiés depuis six semaines pointent dans la même direction.Les intentions de vote pour le Bloc québécois sont en baisse.Et substantiellement.Le l'r mai, la maison CROP plaçait le parti fédéral à 28 % (plus ou moins 3 %), à peine deux points en avance sur les troupes de Stephen Haiper.A la même date, la firme Décima le plaçait à 34 % (+/- 6,1 %).Quelques jours Gilles Duceppe plus tôt, Ipsos Reid évaluait les appuis du Bloc à 31 % (+/- 6,4 %).Seul Strategie Cpunsel les évaluait encore à 39 % (+/- 6,3 %).A la mi-avril, le Bloc arrivait à égalité avec le Parti conservateur, avec seulement 34 % des intentions de vote (+/- 4,9 %).Tous ces chiffres placent le parti de Gilles Duceppe bien en deçà des appuis traditionnels, dont ses 42 % au dernier scrutin.Advenant des élections fédérales, le Bloc québécois pourrait perdre beaucoup de plumes, en particulier dans les circonscriptions en périphérie des villes où l’ADQ a fait des percées le 26 mars dernier.D’ailleurs, le Parti conservateur a dans sa mire une quinzaine de circonscriptions qu’il pense prenables dans la province.La thèse consistant à dire que Gilles Duceppe fuirait un navire en perdition ne trouve pas preneur aux yeux des députés bloquistes.Au contrai- re, ce serait les perpétuels tiraillements péquistes qui auraient fini pas déteindre sur lui.Et c’est ainsi que les députés bloquistes estiment, contrairement à 2005, que c’est un moindre mal que de perdre un chef efficace si c’est pour aller sauver le vaisseau amiral de la souveraineté.«Ilya unanimité pour dire que la décision appartient à Gilles Duceppe», résumait cette semaine Michel Guimond, le whip du parti.D ne s’en est trouvé que deux hier, Réal Ménard Christiane Gagnon, pour se dire «déçu» et «triste» que son chef ait choisi de sauter en même temps que Pauline Marois.La sortie de Louis Plamondon sur la nécessité de «botter le derrière» et l’attention que celle-ci a attirée sur le style autoritaire de Gilles Duceppe ont nui à sa campagne embryonnaire.Mercredi, M.Duceppe a réuni son équipe pour lui indiquer clairement qu’il n’avait toujours pas pris de décision.Sa réflexion était réelle et sincère, et VOIR PAGE B 2: PARI Une carrière en traduction vous intéresse?Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Une soirée d'information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 17 mai 2007 au 688, rue Sherbrooke Ouest, salle 1041, à 18 h.t www.mcgill.ca/conted-translation| (514) 398-1484 Développement professionnel - cours à venir «MlUMito Démystifier la recherche clinique 5-6 juin Introduction à l'industrie pharmaceutique 12-13 juin iMlimito Planification de la marque dans l'industrie pharmaceutique 18-19^20 juin Propriété intellectuelle août Gestion de projet - 26 semaines septembre Minimum Gestion de projet avancée : de la théorie à la pratique -12 semaines septembre www.mcgill.ca/conted-generai (514) 398-5454 McGill Centra d'éducation parmanenta < « LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 B 2 PERSPECTIVES Air India : une tragédie camouflée ?Les révélations faites depuis deux semaines indiquent que les autorités auraient pu en faire davantage MANON CORNELLIER Dans quelques semaines, des agents de la Gendarmerie royale du Canada apparaîtront sur la colline parlementaire à Ottawa, vêtus de leur habit rouge, à cheval sur leur sombre monture, prêts à être immortalisés par les touristes.L’image de la GRC n’est pourtant plus ce qu’elle était.L’institution vit actuellement une de ses pires crises de confiance.Il y a d’abord eu l’enquête sur l’affaire Maher Arar qui a montré que la police fédérale avait contribué à son malheur tout en mentant à ses maîtres politiques pour sauver sa peau.Puis, tout récemment, le gouvernement Harper a dû ouvrir une autre enquête sur des allégations de fraude touchant le fonds de retraite des employés, malversations que la direction aurait tenté d’étouffer.La vérificatrice générale Sheila Fraser en a finalement rajouté en révélant les ratés répétés des laboratoires judiciaires de la GRC.Mais si on pensait avoir tout vu, on s’était trompé.On n’avait pas encore assisté à l’enquête publique sur la tragédie d’Air India, menée par l’ancien juge de la Cour suprême John Major.Le drame du vol 182 d’Air India et de ses 329 passagers est survenu le 23 juin 1985.L’avion, qui avait fait escale à Montréal cinq heures plus tôt, a explosé en plein vol au large des côtes irlandaises.La thèse de l’attentat est aussitôt soulevée.Les familles, elles, en sont convaincues.La Bureau de la sécurité des transports détermine que tel est le cas en février 1986.L’enquête criminelle, elle, piétine.Un premier suspect, Inderjit Singh Reyat, est condamné à dix ans de prison en 1991 pour le meurtre de deux bagagiers japonais tués ce même 23 juin à l’aéroport Narita.Ce n’est cependant qu’en 2000 que Ripudaman Singh Malik et Ajaib Singh Bagri sont accusés du meurtre des 329 passagers.L’année suivante, Reyat est accusé à son tour.Ce dernier plaide coupable en 2003 à une accusation de meurtre et d’aide à la fabrication d’une bombe.Il est condamné à cinq ans de prison.Le procès des deux autres accusés démarre en avril 2003.Commence alors une litanie de gaffes, d’erreurs et d’omissions.On apprend que des enregistrements de conversations téléphoniques ont été détruits, des filatures interrompues, des avertissements négligés.Le 16 mars 2005, Malik et Bagri sont acquittés.Les familles des victimes sont catastrophées.Le gouvernement fédéral demande alors à l’ancien premier ministre ontarien Bob Rae d’évaluer la pertinence d’une enquête publique.Il pense que des questions restent encore sans réponse mais recommande de confier le travail à un seul commissaire.Ce sont finalement les conservateurs qui, en mai 2006, décident de lancer l’enquête publique.Cette dernière a failli avorter parce que les autorités tenaient à garder des documents confidentiels et tentaient de forcer le juge à tenir des audiences à huis clos.Le juge Major a menacé en février d’abandonner; le gouvernement s’est alors ravisé et, depuis deux semaines, c’est la cascade de révélations.On comprend pourquoi certains ne tenaient pas à voir les faits exposés publiquement Alerte Au début des années 1980, un courant extrémiste sikh milite violemment en faveur de l’indépendance du Punjab.La situation explose quand l’armée indienne prend d’assaut le Temple d’or d’Amri.La GRC et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) savaient que des militants sikhs extrémistes avaient jeté des bases au Canada.Leurs agents en surveillaient plusieurs mais, malgré les soupçons de complots contre des intérêts indiens ou des représentants du gouvernement de Delhi, personne ne fut arrêté.En fait, certaines filatures ont même été interrompues.Le gouvernement indien a protesté sans véritable résultat.On avait le sentiment que la GRC et le SCRS ne saisissaient pas la gravité de la menace.Deux diplomates en poste au Canada avaient pourtant été attaqués.Le gouvernement indien est si inquiet qu’il envoie ses propres agents au Canada.Air India, de son côté, apprend que ses avions sont dans la mire des terroristes.Les menaces sont sérieuses.Chaque fois, elle alerte les autorités canadiennes.En juin 1985, les menaces se précisent, mais la GRC, qui demande une évaluation indépendante du SCRS, ne lui fournit pas l’information transmise par Air India.On CHRIS WATTIE REUTERS Un participant entre dans les locaux de la Commission d’enquête sur la tragédie d’Air India, à Ottawa.conclut qu’il n’existe pas de menace spécifique.On accepte quand même d’augmenter la sécurité à Toronto et à Montréal pour surveiller le vol hebdomadaire d’Air India.Mais en cette fin de juin, l’appareil à rayons X qui sert à inspecter les bagages ne fonctionne pas à Toronto.On se rabat alors sur un appareil manuel qui est pourtant reconnu inefficace pour déceler les explosifs.Pis, une valise est mise à bord même si le passager qui Ta enregistrée n’embarque pas.A Montréal, trois valises sont retirées des soutes, sans plus.Les signaux d’alarme étaient pourtant nombreux, si on en croit les révélations faites depuis deux semaines, et ils auraient dû inciter les autorités à en faire davantage.Un informateur de police, un policier municipal de Vancouver et un diplomate disent avoir transmis des informations à la GRC, certains des mois à l’avance, au sujet d'un complot pour faire exploser un avion d’Air India.Pis encore — et ce fut sûrement le coup de théâtre de la semaine —, un ancien policier de la Sécurité du Québec a révélé avoir été appelé à Mirabel avec son chien renifleur afin d’inspecter l’avion et ses bagages.Quand Serge Ca-rignan est arrivé, l’avion avait décollé et il ne restait que trois valises laissées derrière.GRC et SCRS L’enquête du juge Major a aussi permis de constater les problèmes occasionnés par la mise sur pied du SCRS à la demande de la commission Macdonald.Cette dernière, créée pour faire la lumière sur les actes illégaux commis par des agents de la GRC dans le cadre de leur lutte contre le FLQ, avait suggéré de confier les renseignements de sécurité à un organisme distinct.Lorsque la tragédie d’Air India est survenue, le service n’avait que 11 mois.Ses systèmes informatiques n’étaient pas encore au point.La coopération avec la GRC n’était pas acquise, la police fédérale acceptant mal de se voir amputée d’une portion de ses pouvoirs.Mais pourquoi a-t-il fallu attendre 22 ans pour apprendre tout ça?Parce qu’il fallait at- tendre la fin de l’enquête policière, ont toujours répondu les autorités canadiennes.Une enquête publique aurait pu la compromettre.Mais pourquoi cette enquête policière a-t-elle pris tant de temps?On ne le sait toujours pas.Ancien premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique et aujourd’hui député libéral fédéral, Ujjal Dosanjh se demande si tous ces délais n’étaient pas qu’une tentative de camouflage.«II y a là tous les éléments d’un camouflage.La pure incompétence n ‘explique pas tout ça», a-t-il déclaré cette semaine.Amer, il a ajouté; «C'est peut-être dur de ma part [de dire ça] en ce moment, mais je crois sincèrement que, si vous aviez eu 329 Anglo-Saxons blancs tués dans ce désastre d’Air India, vous auriez eu une enquête surde-champ.Je n’ai jamais été aussi dur, mais c’est la vérité, et les Canadiens doivent, nous devons faire face à la vérité.» M.Dosanjh avait un sentiment de déjà-vu.Lui-même sikh, il s’est publiquement opposé aux extrémistes sikhs, alors qu’il était jeune avocat.On Ta menacé de kidnapper ses enfants, de tuer sa femme, de s’en prendre à lui s’il ne se taisait pas.Il s’en est plaint à la GRC à l’époque.En vain.Peu de temps après, il fut sauvagement battu et hospitalisé.Personne n’a jamais été accusé pour cet assaut A la conclusion de ses travaux dans l’affaire Arar, le juge Dennis O’Connor avait proposé un système plus musclé de supervision civile de la GRC et des activités de renseignement du gouvernement fédéral.Le gouvernement avait promis une réponse rapide, on l’attend encore six mois plus tard.La pertinence de cette recommandation est encore plus évidente à la suite des révélations sur l’affaire d’Air India et des autres scandales qui ont confirmé l’existence d’une culture d’autoprotection bien enracinée.Dans ce contexte, la nomination du nouveau commissaire de la GRC, attendue cet été, prendra aussi une tout autre dimension.Pour le gouvernement Harper, il s’agit d’un test dont il se serait bien passé.Collaboratrice du Devoir PARI Jean Dion Le plus tôt possible au cours d’un premier mandat Un citoyen qui suit ça de quand même assez près s’est déclaré cette semaine «quand même assez étonnamment satisfait» de constater qu’une promesse électorale formulée par un parti québécois avait été tenue «dans des délais quand même assez raisonnables».«On entend tellement de paroles en l’air qui débouchent sur rien qu’il faut le souligner lorsqu’un engagement est respecté», a fait savoir le citoyen lors d’un rond-point de presse, «vous savez, ce truc dans lequel on entre et on tourne sans jamais être certain de pouvoir en sortir un jour».La promesse en question, a révélé le citoyen, consistait à dire qu’il allait se passer quelque chose «le plus tôt possible au cours d’un premier mandat».«Je ne me souviens plus exactement de quoi il s’agissait, mais il ne faut pas m’en vouloir parce que, même pour quelqu’un qui suit ça de quand même assez près, on a affaire à un parti québécois quand même assez mélangeant.Mais une chose reste indubitable: il a bel et bien été question du plus tôt possible au cours d’un premier mandat.Et cela s'est produit.Moi, je dis chapeau pour la suite dans les idées», a expliqué le citoyen, qui se dit bien mal placé pour blâmer un parti d’être mélangeant étant donné que lui-même Test tout autant.«Selon la conjoncture, selon mon humeur au réveil, selon ce qu’il y a pour dîner et selon quel club a gagné la veille, je change d’opinion politique fondamentale pratiquement tous les jours, comme une bonne partie de mes concitoyens d’ailleurs.Un moment donné, je suis pour telle option, un peu plus tard pour telle autre, et un bout de temps après j’en favorise une troisième, puis une quatrième par la suite.S’il n’y a pas de quatrième option, j’en invente une.Aussi, quand les partis viennent dire qu’ils sont à l’écoute de la population et que leur message est clair, laissez-moi rire.Les deux ensemble, c’est impossible.Cela étant, je pense qu’il est tout à fait possible d’être en faveur de plusieurs choses et de leur contraire et de s’y opposer simultanément.Quand on se retrouve dans cette position, on se décrit soi-même comme “nuancé”, et les autres nous qualifient de “mou”.» Lorsqu’on lui a fait remarquer que ce n’était peut-être pas le chef d’un parti québécois qui avait évoqué le plus tôt possible au cours d’un premier mandat et qu’il ne s’agissait donc peut-être pas d’une vraie promesse électorale, le citoyen a déclaré que cela ne revêtait aucune importance.«À le regarder aller, ça ne fait aucun doute: tout le monde est le chef dans ce parti.Si quelqu’un l’a dit, il faut en tenir compte.Voilà l’un des aspects fondamentaux de la démocratie», a-t-il méticuleusement analysé.Selon le citoyen qui suit ça de quand même assez près, il serait du reste indiqué pour un parti québécois d’envisager une direction rotative, en vertu de laquelle chacun des membres accéderait au poste de chef en titre pour une période d’une demi-heure.Pendant cette période, le chef aurait tout loisir d’élaborer des politiques, de tenir des états généraux, de lancer une saison des idées, de poser les questions de fond, de se soumettre à des votes de confiance et de redéfinir toutes sortes d’affaires.Il se ferait ensuite sacrer dehors et on le remplacerait illico par quelqu’un d’autre qui ne ferait pas plus l’affaire et se mettrait en frais de tout débâtir, de proposer des scénarios de reconstruction, puis de laisser le parti dans un triste état au moment de démissionner dans la disgrâce.Son successeur, acclamé pendant cinq minutes jusqu’à ce qu’on découvre chez lui une orthodoxie délabrée, tenterait de limiter des dégâts et de promouvoir une option en en parlant juste avant d'être victime d’un putsch orchestré par une coalition de purs, de durs et de sûrs manipulés par une frange militante étapiste social-démocrate pressée.Et ainsi de suite, toujours avec des déchirements de chemises à faire décupler les cotes boursières des Habits Saint-Eustache.Bien sûr, a tenu à préciser le citoyen, lorsque le chef, si c’est bien lui, a parlé du plus tôt possible au cours d’un premier mandat, il ne songeait sans doute pas à son propre autocongédiement.«Mais une fois qu’il a vu que ça roulait pas pour lui, qu’il faisait face, pourrait-on dire, à des non-conditions gagnantes, il a pris les choses en main.Il s’est arrangé pour que ça bouge le plus tôt possible au cours d’un premier mandat.Les gens comme moi, je le répète, ne savent déjà plus ce qui devait arriver au juste le plus tôt possible au cours d’un premier mandat.Mais ils ont retenu que ça devait se faire le plus tôt possible au cours d’un premier mandat.Cela annonce un bel avenir pour celui ou celle qui tient ses promesses», a confié le citoyen.Le citoyen a aussi noté qu’ordinairement, on scrute les promesses d’un parti qui a remporté ses élections.Le renversement de la donne pourrait augurer une nouvelle façon de faire de la politique.«C’est même peut-être déjà commencé.Prenons deux autres partis québécois.L'un n'a pas promis d’agir le plus tôt possible au cours d’un premier mandat, et il n’a encore rien fait: engagement respecté.L’autre non plus n’a pas promis de passer aux actes le plus tôt possible au cours d'un premier mandat, et pour cause, puisqu'il s'agit de son deuxième mandat: là encore, c'est régla.On n’avait jamais vu ça avant.Il y a quelque chose d’extrêmement rafraîchissant dans cette façon de procéder.Depuis des années, on parlait d’une nouvelle façon de faire de la politique, mais on sentait qu'on voulait le faire le plus tard possible, au cours d’un mandat qui ne viendrait jamais», a ausculté le citoyen.Le citoyen suit quand même ça de quand même assez près pour réfréner ses ardeurs et ne pas se bercer d’illusions.«La direction rotative, on ne la verra pas tout de suite.Déjà, un parti québécois est enferré dans la même routine que d’habitude, élire un seul chef, tenter de faire triompher des idées, avoir une plate-forme cohérente.Pourtant, on a vu et revu que ça ne marchait pas.Moi, je vous le dis: le prochain chef d’un parti québécois, même si on ne connaît pas son identité, il n 'est déjà pas le bon.» «Venez pas dire que je ne vous l’avais pas dit: ça va mal finir, tout ça», a conclu le citoyen, qui se promet de suivre ça d’encore plus près le plus tôt possible.jdionflildevoir.com SUITE DE LA PAGE B 2 il ne voulait pas que son équipe lance des signaux dans un sens ou dans l’autre qui lui nuiraient par la suite.Dans les coulisses à Ottawa, plusieurs blo-quistes reconnaissent que M.Plamondon n’a fait que dire tout haut ce que bien des militants pensent tout bas.«Il faudrait que l’aile parlementaire péquiste comprenne qu’elle n’est pas toute seule, explique un stratège bloquis-te dans l'entourage du chef.Il y a les militants aussi et ils ne sont pas subordonnés aux élus.Au contraire, ces élus devraient être au service des militants.Et des commettants en général, bien sûr.» Dans cette optique, peut-on penser que, dans le contexte d’une élection au suffrage universel, cette sortie a satisfait bien des militants qui se disent fâchés de voir les péquistes se déchirer continuellement sur la place publique?Certes, reconnaissait ce stratège cette semaine, mais avant de se rendre au scrutin lui-même, il fallait lancer sa candidature.«C’est ce à quoi Louis [Plamondon] n’a pas pensé.C’est le très court terme qui est important en ce moment.» Et ce court terme, laisse entendre cette personne dans la haute direction bloquiste, a été hypothéqué par la sortie de M.Plamondon, «colorée» peut-être, mais condescendante aussi.«Le Bloc québécois est encore perçu comme le petit frère du PQ, et on n’aime pas ça quand le petit frère botte le derrière du grand.» C’est que la position de M.Duceppe cette semaine était intenable.Ne sachant pas encore s’il ferait le saut sur la scène provinciale, il n’a pas voulu demander aux députés péquistes qui l’appuient de «sortir» publiquement, question de faire contrepoids aux commentaires négatifs des élus péquistes tels que Pascal Bérubé, Danielle Doyer ou encore Denis Trottier.Il s’en trouve plusieurs au Parti québécois pour mettre en garde les militants contre l’arrivée de Gilles Duceppe, un ex-syndicaliste à la CSN.Duceppe a voulu immédiatement minimiser ces liens.«Écoutez, même Pierre Elliott Trudeau est passé par la CSN!», avait-il lancé à la blague mercredi.Il n’en demeure pas moins que, sous sa gouverne, la coalition arc-en-ciel qu’était au départ le Bloc québécois a pris une tendance résolument de gauche.Graduellement, ses éléments les plus à droite ont quitté le navire.Ainsi, les Ghislain Lebel (candidat controversé à la dernière course à la chefferie péquiste) et Pierrette Venne, pour ne nommer que ceux-là, sont partis.Les deux avaient confié au Devoir en 2006 avoir voté conservateur aux élections! Il reste certes quelques éléments plus tracli- tionalistes, comme Gilles-A.Perron, Gérard Asselin ou encore Serge Cardin, mais ils restent discrets et ne sont pour ainsi dire jamais invités à prendre les devants de la scène au nom du parti.En 2000, par exemple, l’entourage de Gilles Duceppe avait été irrité que Le Devoir souligne qu’un quart de sa députation avait voté contre un projet de loi accordant aux conjoints de même sexe des privilèges égaux.De ces 10 récalcitrants, seulement trois (ceux nommés plus haut) sont encore en place.Le plus récent débat sur le mariage gai a laissé Louise Thibault sur le carreau, et celle-ci a finalement claqué la porte elle aussi.Gilles Duceppe, fils du comédien Jean, est né et a grandi dans le quartier populaire montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.Exposé jeune aux idées les plus progressistes, il est toujours resté fidèle à ses idéaux de justice sociale et de redistribution de la richesse.Il se joint au milieu des années 1970 au Parti communiste ouvrier, ce qui l’amène à s’abstenir au référendum de 1980.Il rompt avec le PCO au début des années 80 et devient organisateur, puis négociateur syndical pour la CSN dans le secteur de Thôtellerie.Il a été le premier député bloquiste élu, à la faveur d’une partielle, le 13 août 1990.Le Devoir \ t LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 B 3 PERSPECTIVES JACQUES NADEAU LE DEVOIR ~- •'s ffijf 8 r mm mmm ¦ Wm fkèftM:: y.ïtjrfQK: • •.• A': .mm «;.'¦, .; ¦A/,; ¦ .-.y’, vt.v , '¦.rnTm.m ¦~ K,J V« f#' .timi^
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