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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-04-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2 0 0 3 LE DEVOIR anse et culture Ivf T Flandre culturelle La Flandre et sa culture: des inconnus au Québec.Il en va de même aussi pour le Québec en Flandre.Le Devoir ef le Knack, hebdomadaire flamand, s'associent pour présenter chacun dans ses pages un portrait de /‘«autre».La Flandre culturelle de Christine Albers, journaliste au Knack.Page 2 " ?ü Vooruit Une institution unique au monde qui se consacre aux arts de la Scène et où se côtoient l'art et la culture populaire, tant sur la scène locale qu'internationale.Pages 3 et 4 A N D S B A R Q J fi iÉSliiR If#* PHOTOS: ROY PETERS Du 24 avril au 10 mai se déroulera à Montréal «Vooruit Danse en avant», un événement rendu possible par un centre culturel gantois et la montréalaise Agora de la danse.Présentation d’un lieu et d’une façon de concevoir l’art actuel.SOURCE: VOORUIT L ; édifice peut faire rêver.D\in côté, huit étages.De l’autre, onze.A l’intérieur, des ateliers, des studios, des salles de spectacle.Aussi des lieux pour la technique et pour tout ce qui est nécessaire à un centre d’art afin d’assurer le bon fonctionnement de l’entreprise.La ville où il se situe, c'est Gand.Et le lieu a un nom dont la renommée rejoint tout l’univers de l’art actuel: le Vooruit Le tout se situe en Belgique.Au cœur de la Flandre.Et ce n’est pas tout Les employés, ou salariés plutôt de l’entreprise dépassent la cinquantaine.Il y a là des photographes, des danseurs, des gens de théâtre comme des praticiens des arts plastiques.Ils travaillent dans les locaux qui leur sont rendus disponibles, à leur guise, pendant qu’autour d’eux spectacles, films, concerts ou performances se succèdent.Comment cela a-t-il été rendu possible?«L’histoire raconte que, par un jour de pluie, des étudiants en photographie de l’université sont venus chercher refuge dans ce café désert, nommé le café de la gare tellement c’était immense mais mort.En se baladant dans les salles abandonnées, ils ont découvert l’ancienne splendeur du Palais des ouvriers sous les toiles d’araignées, c’était comme une vieille dame sans maquillage.Ils ont choisi ce sujet pour leur projet final et ça a fait boule de neige.Les gens se sont rappelé le passé glorieux du bâtiment et ont voulu le sauver.» C’est ainsi que Peter Van Den Eede, responsable des relations publiques du centre, aime se souvenir des débuts.Depuis 1982, beaucoup de lourds ciels flamands se sont succédé sans que l’enthousiasme ne retombe.D faut dire que le lieu a sa propre histoire.Ce Vooruit, cet ancien palais pour ouvriers, fut d’abord un temple socialiste inauguré en 1905 comme lieu de culture et d’éducation pour les travailleurs (Montréal ouvrait à la même époque un espace similaire: c’était le Monument national, qui a lui aussi maintenant une vocation culturelle).Il eut par la suite diverses vocations marchandes, avant de devenir cet arrêt obligé pour tout parcours complet de la création contemporaine.Ouverture internationale Pour expliquer le succès de l’entreprise, plus d’une raison doit être reconnue.11 y a la ténaci- « Le Vooruit, c’est la rencontre des genres, des artistes et des publics» té: les subventions publiques, aujourd’hui bien là, ont été longues à venir.D y a la localisation: la Flandre est un carrefour européen, entre le Nord et le Sud, entre l’Angleterre et le continent.Mais surtout il y a eu des choix, ceux des promoteurs du projet: «Dans les années 1980, beaucoup d’artistes étrangers sont venus s’installer en Flandre parce qu’il y a un paysage intéressant.Pour nous c’était merveilleux, mais pour les hommes politiques, c’était moins évident lorsqu’on leur demandait de supporter financièrement des artistes qui n’ont même pas de carte d’identité! Ce fut xut travail de plusieurs années dont hIVs sommes très fiers, car aujourd’hui c’est une liberté très bien acceptée en Flandre et nous travaillons avec de nombreux artistes étrangers.» Guy Cools quitte cette année la direction artistique du Vooruit.Son dernier geste, lui qui accueillait en 1986 Marie Chouinard, est d’être le commissaire de l’événement Vooruit Danse en avant, lequel se déroulera du 24 avril au 10 mai prochain à l’Agora de la danse surtout, mais aussi au Centre Pierre-Péladeau, au Musée d’art contemporain et à l’Usine C.D est d’ailleurs possible de constater cette volonté d’ouverture du centre en jetant un coup d’œil à la programmation.De la danse surtout, avec le Britannique Khan, la Française Ponties, le chorégraphe Baervoets (qui met en scène les Québécois Snelling et Harwood), les praticiens du hip hop de Hush Hush Hush ou la C.de B.(que Le Devoir présentera dans son édition du 3 mai prochain).Mais des arts plastiques aussi, avec des œuvres d’artistes en résidence à Gand, ainsi que la mise en place d’un colloque portant sur l’identité culturelle.La terre des Van Eyck, Bosch, Brueghel et de Charles Quint est souvent mal connue des Québécois.Elle a toutefois un message à leur transmettre.Comme le dit le même Guy Cools: «Le Vooruit, c’est la rencontre des genres, des artistes et des publics.Il y a tellement de choses qui s’y passent que les gens ont mis longtemps à comprendre ce qu’était ce centre d’arts.Et aujourd'hui ils ont compris que c’était un lieu d’art vivant.» Normand Thériault MUSSaLSS des musées québécois ( S M ^ wvmînfusees.quebec.museum “• .- - 1*1 2=3=S- S=SS=-“ QuébecSS CanadS Télé-Québec LE DEVOIR t LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2003 DANSE La Flandre par les lettres La Flandre et sa culture: des inconnus au Québec.Il en va de même aussi pour le Québec en Flandre.Le Devoir et le Knack, hebdomadaire flamand, s’associent pour présenter chacun dans leurs pages un portrait de r«autre».Dans le Knack, Stéphane Baillargeon, du Devoir, signe le texte correspondant, lui aussi en forme d’abécédaire.SOURCE AGORA DE 1.A DANSE Hush Hush Hush sera à l’Usine C avec liobo in Paradise et ses sept interprètes âgés de 20 à 35 ans.Besoin d’expression avec Hush Hush Hush Une mode ou une rage?Le hip hop compte ses adeptes, un public jeune, nouveau, souvent en marge, qui n’hésite pas à s’exprimer avec les danseurs professionnels qui les ont rejoints.Rencontre avec Abdelaziz Sarrokh.GUYLAINE MASSOUTRE Break, head spins, wind mills.les hip-hoppers ont un jargon technique qui les met à part.Il faut dire que dans leur corps, tout est cassé, désarticulé, heurté.Que dans leur tête, c’est quand ça leur tente et comme ça vient.Us dansent, n’importe qui, on les a vus depuis dix ans, partout, dans la rue, dans des bars spécialisés, .dans des petites salles louées, à l’Usine C.Et il y a même des danseurs classiques pour se colleter avec l'énergie brute, l'élan sauvage, le tourbillon de tout ça.Lui, Abdelaziz Sarrokh, Alain Platel lui a donné un sérieux coup de pouce.Il est né au Maroc en 1972, a émigré tout jeune en Belgique, est devenu électricien, puis travailleur social à Gand.En 1997, il reçoit un prix pour Carte blanche, un titre de confiance attrapée au vol.Il fonce, crée sa compagnie.Hush Hush Hush, pour un style en demande.11 a donc des danseurs, des musiciens, un public, de l’adrénaline, et des sous.Incroyable Flandre.Bien sûr, tout cela est assez fragile.Son idée est simple: métisser les formations, les origines, les milieux, les différences.Provoquer l'émotion.Casser les moules.Faire .entrer la rue dans la danse.Déplacer le talent là où rien ne l’attend, et faire monter des marges une raison politique de croire au talent.La tête en bas Lui, Abdelaziz Sarrokh, il fait aller toute sa force dans les épaules et dans les hanches.L'impulsion, c’est comme les champignons, c'est là d’un coup.«Quand y a la musique, le corps bouge tout seul.On arrête de parler.Je ne suis pas un danseur académique.Je danse avec les copains depuis l'âge de 14 ans, pour plaire aux filles!» De gauche à droite, de haut en bas, le bassin casse dans le hip hop.C’est sexy, mode, plein de codes.les clips de Michael Jackson inspirent toute cette génération.Combien de jeunes ont découvert le plaisir de leur corps — en même temps que leur caractère — au moment où ils ont eu la liberté de se passer de technique et d’harmonie savantes et de partager le hip hop! «Tant que l’énergie est commune, je respecte mes danseurs, explique Sarrokh.On n’est pas dans l’armée! L’académisme peut tuer.Je veux mettre en scène des humains, pas des acteurs, tous vrais et différents.» Le jeune chorégraphe présente Bobo in Paradise, à l’Usine C, un spectacle multimédia, avec un gros clin d’œil aux grosses idoles du cinéma américain.Al Pacino ou Bush, les jeunes, aujourd’hui, doutent des images préfabriquées, des messages trompeurs.La musique, rite de passage pas trop dangereux mais, comme tous les rites, valable une fois et on jette, est un pot pourri de classiques, de drum ‘n base, de musique techno, à l’image de ce qu’ils aiment.Se prendre en main La danse, à son tour, met en avant des solistes, moments de joie et d’amusement purs, ou de bagarre.Ils sont nés en Algérie, en Turquie, en Bulgarie, en France, en Allemagne, en Hollande, en Inde, et vivent en Belgique, en 36 langues.Du hip hop?Il y en aura 15 minutes en une heure.Le reste, c’est une porte ouverte sur la danse contemporaine, où l’improvisation du corps s’aventure au-delà.Choc ou échec, l’émotion cogne.Pourquoi toujours idler au-delà de soi-même?Pourquoi se casser la tête quand on peut être heureux?Pourquoi la vie doit-elle montrer à chacun ses limites, ses cordes cassées ou manquantes?Pourquoi rentrer dans Tordre avant d’avoir bravé sa timidité?Pourquoi ne pas aimer ces jeunes, issus de l’Afrique ou de nulle part, qui veulent danser?Comment les accueillir sur scène sans les faire fuir?Voilà ce que Bobo in Paradise, la pièce mixte de Hush Hush Hush à l’Usine C, avec ses sept interprètes âgés de 20 à 35 ans, va montrer.À l'Usine C les 24, 25 et 26 avril à 20h.?Guylaine Massoutre était l'invitée du Vooruit à Gand.CHRISTINE ALBERS KNACK — ARNO: Le «Serge Gains- bourg flamand»: la voie rauque, il soigne son image d’artiste bohémien, mais la musique de Arno Hintjens est heureusement bien meilleure que celle de Gainsbarre.Fondateur et chanteur (en anglais, en français et (un tout petit peu) dans le dialecte d’Ostende, sa ville natale) du groupe TC Matic, une des formations les plus novatrices du rock européen des années 1980.Des chansons comme l'hypnotisant paquet d’adrénaline Oh la la la, vraiment du «jamais ouï» à l’époque (1981!), et le phénoménal tango moderne Elle adore le noir, navrant et sublime, sont des compositions phares.Dès 1986, Arno poursuit une carrière solo.Succès fou en France.Quelques albums à retenir: Compil Complet (de la période TC Matic), Idiots savants, Arno à la française.B — BARMAN, TOM: Chan teur et guitariste du groupe de rock alternatif dEUS, qui fait des chansons pop éclectiques, avec influences du jazz, du blues et de nombre d’autres styles musicaux.Anti-easy listening-, le dérèglement délibéré de tous les sons.Pionnier d’une nouvelle «Vague flamande» musicale.Chansons à écouter: SudS &SodA, Nothing really ends.C — CLAUS, HUGO: Le Chagrin des Belges, chef-d’œuvre de Hugo Claus, le grand maître et homme-orchestre (il pratique tous les genres) de la littérature flamande contemporaine.Décrit la Flandre des années 1940: la guerre, le catholicisme, la famille, l’atmosphère de province, les ragots.Traduit dans 13 langues, dont le chinois, le russe, l’anglais, l’espagnol.Claus est aussi peintre et metteur en scèpe.Il a reçu cinq fois le prix d’Etat, le prix littéraire national le plus important.Candidat sérieux pour le prix Nobel.Une trentaine de se?livres sont traduits en français.A lire aussi: L’Etonnement, Traces: choix de poèmes 1948-1985.D — DECLEIR, JAN: Plus important acteur flamand; «notre Gérard Depardieu».Dans les années 1970, il devient célèbre avec Mistero Buffo, une pièce de théâtre engagé de Dario Fo qui a réveillé en Flandre toute une génération.Dès lors, il joue dans un très grand nombre de films, pièces de théâtre, feuilletons de télévision.Il a des rôles principaux dans les films Antonia et Karakter (Caractère), tous les deux gagnants d’un Oscar pour ESPACE CHORÉGRAPHIQUE DE LA FONDATION JEAN-PIERRE PERREAULT 2022 rua Sherbrooke Est (Métro Sherbrooke, autobus 24) BILLETTERIES : Usine C (514) 521 4493 Réseau Admission (514) 790-1245 LE DEVOIR Fondation Jean-Pierre Perreault le meilleur film non anglophone, et dans Daens, épopée ouvrière du XIX' siècle également nomi-née pour un Oscar.E — ENSOR, JAMES: «Peintre maudit» flamand (1860-1949).Né d’un père anglais et d’une mère ostendaise.Expressionniste.Mots clés: sarcasme, moquerie, grotesque.Peint dans la tradition des grands maîtres flamands comme Hiëronymus Bosch et Bruegel l’Ancien.Le masque, symbole de l’hypocrisie humaine, est son thème de prédilection.Certaines de ses œuvres au MoMa (New York), à la Tate Gallery (Londres), au Musée d’Orsay (Paris).F — FABRE, JAN: Artiste an-versois de renommée mondiale.Chorégraphe, metteur en scène, dessinateur, sculpteur, «installateur», auteur.Controversé.A coloré tout un château au Bic bleu.A décoré le plafond d’une salle du Palais Royal à Bruxelles avec des coléoptères — qui le fascinent et l’inspirent beaucoup.Son Homme qui mesure les nuages est placé sur le toit du S.M.A.K.(voir la lettre S).Fabre était l’hôte principal du Festival d’Avignon en 2001.Je suis sang, la pièce qu’il a créée pour la Cour d’honneur, sera reprise cet été.H — HEMMERECHTS, KRIS-TIEN: La romancière la plus — pour certains, tristement — célèbre de la Flandre.Féministe qui ne mâche pas ses mots.Ses thèmes: la femme, le sexe, la famille.Fait paraître au moins un titre chaque année: romans, récits, essais.Vie privée mouvementée (beaucoup de morts et de désagréments).I — IMMERSEEL, JOS VAN: Musicien.Joue, entre autres, le piano, le pianoforte, le clavecin.Spécialiste de l’interprétation historique.Fondateur et chef d’orchestre de l’ensemble Anima Eterna.Il a gagné différents prix importants et donne des «cours de maître» partout dans le monde.J — JUILLET, ONZE: Fête nationale de la Flandre.Coipmémo-ration de la bataille des Eperons d’or (1302), où les Flamands ont vaincu l’armée du Roi de France.K — KEERSMAEKER, ANNE TERESA DE: Danseuse, chorégraphe internationalement reconnue.Ancienne élève du MU-DRA, l’école de Maurice Béjart, elle donnera une nouvelle orientation à la danse contemporaine.En 1983, elle fonde sa propre compagnie, Rosas.Douze ans plus tard elle ouvre, en collaboration avec le Théâtre de la Monnaie (voir Mortier, Gérard) sa propre école de danse, PARTS.L — LOTO, HELMUT: Chan teur énormément populaire en Belgique (et, à ce qu’il paraît pas seulement là).Commence sa carrière comme chanteur de charme qui interprète des chansons mélos flamandes.La grande percée survient quand il change de répertoire et commence à chanter les grands succès de la musique classique.Les albums Helmut Goes Classic se vendent partout dans le monde (plus de 10 millions d’exemplaires jusqu’ici).Son dernier album est titré My Tribute to the King et contient des interprétations des chansons d’Elvis Presley.M — MOMU: Mode Museum, le musée de la mode d’Anvers, qui a ouvert ses portes en septembre 2002.Dès les années 1980, quand les «Six d’Anvers» — comprenant entre autres Dries Van Nooten, Ann de Meu-lemeester.Walter Van Beiren-donck — ont commencé à travailler, Anvers est devenu un lieu important de la haute couture.M — MORTIER, GERARD: Intendant d’opéra.Dirigeait entre 1981 et 1991 le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, qu’il a relevé jusqu’au niveau européen.En 1991, il a succédé à Herbert von Karajan à la tête des Salzburger Festspiele.Le renouvellement qu’il a voulu introduire dans cette Mecque de l’opéra a été critiqué par les forces conservatrices.En 2004, il va diriger l’Opéra national de Paris.N — NOOTEN, DRIES VAN: Couturier.Un des «Six d’Anvers» (voir MoMu).O — OSTAUEN, PAUL VAN: Le grand moderniste de la poésie flamande de l’avant-guerre (1896-1928).A séjourné quelque -temps à Berlin après la Première ' Guerre mondiale.On lui doit la transformation de poèmes romantiques, d’abord en un expressionnisme expérimental (aussi dans la typographie) tout à fait nouveau en Flandre, et finalement en un lyrisme plutôt mystique, mélodieux, «impersonnel».Auteur d’une poignée de vers immortels connus de toute la Flandre lettrée.P — PANAMARENKO: Artiste visionnaire, inventeur, apparenté à Tinguely.Ses objets d’art: des machines à voler, des sous-marins, des voitures.Il mélange science et art, technologie et fantaisie.Dans ses œuvres, il explore le mouvement, le vol, l’espace, la gravitation.De janvier à avril 2002, il y avait une rétrospective de son œuvre au musée Reina Sofia à Madrid.Q — QUEBEC: Terre francophone en Amérique.Très peu connue par la plupart des Flamands.R — R K CTH, BOB VAN: Architecte.Rénovateur.Dès Tannée 1999, il est le maître architecte du gouvernement flamand, qui doit surveiller la qualité des bâtiments de l’État.Des phrases typiques: «Construire doit être interdit» et «La campagne, c’est des vaches».S — S.M.A.K.: Stedelijk Museum voor Actuele Kunst (Musée municipal d’art actuel) de Gand, un des temples culturels les plus branchés du pays, fondé et dirigé par le flamboyant Jan Hoet (qui a été boxeur dans sa jeunesse).Inauguré en 1999, le S.M.A.K.(dont l’acronyme désigne un peu stupidement, en néerlandais, aussi bien le bruit d'un coup de poing, celui d'un objet lourd qui tombe par terre ou celui d’un baiser) abrite une collection intéressante (plus de 2000 pièces) d’art de l’après-guerre.T — TUYMANS, LUC: Peintre.Ses œuvres sont présentes au MoMa (New York) et dans les importantes collections européennes.A renouvelé Tart de la peinture au moment où celle-ci était déclarée dépassée.Intègre des images cinématographiques et photographiques dans son œuvre.Ses peintures sont «indirectes», comme si elles étaient des souvenirs d’elles-mêmes.À voir: Le Regard diagnostique.U — ULTIMA VEZ: Groupe de danse contemporaine du chorégraphe Wim Vandekeybus.Caractéristiques des spectacles: puissance physique, énergie, rigueur.Des «fictions chorégraphiques» avec un mélange de danse, textes, cinéma, musique.Dernière pièce: Blush.V — VELDE, WANNES VAN DE: Chanteur folk anversois.Il chante des anciennes chansons populaires et des chansons qu’il a écrites lui-même.Ses textes sont souvent des chroniques de la ville ou des réflexions sur les temps modernes.Satirique et mélancolique à la fois.Spécialiste aussi de flamenco et de toutes les «vraies» musiques populaires.Déteste le terme world music.W — WATOU: Village dans la Flandre d’Ouest (une des cinq provinces flamandes de la Belgique) où est organisé chaque été un festival d’art et de poésie.Les sculptures, installations, poèmes sont placés dans les maisons et les granges, mais aussi en plein air dans les champs.Le jour de l'ouverture, on y retrouve tout le beau monde artistique de Flandre.X — X, ZENO: Galerie d’art à Anvers, située à hetZuid (le Sud), le quartier artistique branché de la ville.Expositions de Luc Tuy-mans (voir la lettre T), Guillaume Bijl, Raoul de Keyser, Marlene Dumas, parmi beaucoup d’autres.Y— YZER: Rivière de la Flandre d’Ouest où les Belges ont arrêté les Allemands lors de la Première Guerre mondiale.Connotations mythiques pour le mouvement d’émancipation flamand: dans l’armée belge, les chefs étaient des francophones et c’étaient les petits soldats flamands qui allaient au casse-pipe.Z — ZEEBROEK, LUC, alias KAMAGURKA: bédéiste sur-doué.Très populaire auprès d’un public plutôt progressiste.Publie dans l'hebdomadaire flamand Humo et dans la presse internationale: Charlie Hebdo.Hara Kiri, The New Yorker, RAW, etc.Penchant pour l’absurde, la cruauté et La niaiserie.Monte aussi sur scène et participe en tant qu’humoriste aux programmes audiovisuels.LAGORA DE LA DANSE 840, RUECHERRIER MÉTRO SHERBROOKE 514 525.1500 11 ANS DE CRÉATION ! t I L £ DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2 0 0 3 DANSE Vooruit Un lieu d’art vivant pour Gand Ouverture à toute la scène internationale Une institution unique au monde qui se consacre aux arts de la scène et où se côtoient l’art et la culture populaire, tant sur la scène locale qu’internationale.JESSICA NADEAU Depuis ses débuts en 1982, le centre d’arts Vooruit se donne pour mission de diffuser la culture et les arts contemporains sans distinction.Unique en son genre, le Vooruit fait tomber les barrières entre le théâtre, la musique et la danse, s’amusant à mélanger les styles et à confondre les publics.Des débuts difficiles Le Vooruit a été repris en 1982 par de jeunes artistes contemporains désireux d’exprimer leur vision nouvelle de l’art.Dans ce vieux bâtiment socialiste, qu’ils voulaient sauver à tout prix, quelques jeunes Gantois ont eu l’idée de présenter des spectacles éclectiques.«Au début, ce n ’était pas vraiment un centre d’arts, on y huait des salles et nous organisions environ 10 % des activités du centre, explique Guy Cools, le commissaire de l’événement Vooruit danse en avant.Puis, graduellement, quand les politiciens ont compris notre projet et se sont mis à nous aider, ça a progressé jusqu’à ce que les proportions s’inversent.Aujourd’hui, la location de salles ne représente plus que 10 % de nos activités.» C’est en 1985 que le Vooruit a pris l’orientation d’un centre d’arts en faisant le choix de miser sur des artistes inconnus qui «possédaient des qualités qu’on ne retrouvait pas sur les autres scènes».D y avait à cette époque à Gand des centres culturels, des théâtres de répertoire, un opéra, mais rien pour les arts nouveaux.«Nous avons fait le bon choix, car ces artistes que nous avons décidé de soutenir étaient de véritables créateurs, mais à l’époque on ne le savait pas, on prenait le risque», ajoute Guy Cools.Ce n’est pourtant qu’en 1993 que le centre d’arts a été reconnu officiellement comme tel.«Heureusement pour nous, un ministre de la Culture a été intéressé par ce que nous faisions en 1986 et a plaidé notre cause pendant sept ans avant de convaincre ses collègues de la nécessité d’un centre d'arts.» Reconnus par le gouvernement, les artistes du Vooruit ont réussi à aller chercher des subventions intéressantes pour leurs nombreux projets.Accompagnement d’artistes et coproductions L’équipe artistique se compose de cinq spécialistes en danse, musique et théâtre.Ceux-ci parcourent le pays à la recherche de nouveaux talents, même si, depuis plusieurs années, la plupart des compagnies envoient leur matériel directement au centre, qui connaît une grande popularité.«On choisit un spectacle ou un artiste parce qu’il colle à notre public, ou en fonction de la stratégie artistique du lieu, qui demeure avant tout de développer un paysage artistique local — ville, pays, monde», avance Peter Van Den Eede, responsable des relations publiques du Vooruit L’équipe de programmation peut aussi servir de pont entre l’artiste, le public et le gouvernement «Si un artiste a une idée intéressante, on va le défendre, on va l’aider à trouver l’argent pour réaliser son projet et le soutenir dans la mise en marché», ajoute le Gantois.Au cœur de la programmation, les voyages et le dialogue: «Lorsqu’un artiste nous intémse, nous al-hns le rencontrer, il vient à son tour nous visiter en Flandre.Une relation s’établit et le dialogue s’ouvre entre les partenaires.Si tout va bien, ça peut aller de l’achat d'un spectacle déjà existant à la conception d’une coproduction.» Chouinard en 1986 Dès le début de ses activités, le centre d’arts voulait devenir international et une des premières invitées du centre fut Marie Chouinard en 1986.Selon Guy Cools, les premiers échanges internationaux s’inscrivaient dans un mouvement global: «Dans les années 1970, il n’y avait pas de circuit international pour les arts de la scène.Ça s'est développé dans les années 1980, alors nous étions vrai- ment de notre temps.» Il ajoute que la musique s’est internationalisée plus rapidement.Les échanges entre danseurs se sont multipliés dans les années 1990 et aujourd’hui, c’est le théâtre qui se lance à l’assaut de la planète.Ces précurseurs sont fiers du travail accompli, mais avouent qu’au début, le mandat international n’était pas un choix évident.«Dans les années 1980, beaucoup d’artistes étrangers sont venus s’installer en Flandre parce qu’il y a un paysage intéressant, explique Guy Cools.Pour nous c’était merveilleux, mais pour les hommes politiques, c’était moins évident lorsqu’on leur demandait de supporter financièrement des artistes qui n’ont même pas de carte d'identité! Ce fut un travail de plusieurs années dont nous sommes très fiers, car aujourd’hui c’est une liberté très bien acceptée en Flandre et nous travaillons avec de nombreux artistes étrangers.» Financée en partie par l’argent des contribuables, l’institution a des comptes à rendre et se prête volontiers à des évaluations du gouvernement, du public et des journalistes.Tous les quatre ans, l’équipe révise sa politique artistique et c’est sur cette base que le gouvernement lui donne des moyens pour développer ses projets.Démocratisation de la culture Au fil des ans, le centre a conservé son côté populaire pour répondre à un idéal de démocratisation de la culture.Ainsi, il propose à un large public, constitué principalement de jeunes, des drames de Shakespeare, des chants de Dia-manda Galas, John Cale, Suzanne Vega et Marianne Faithfull, de la danse contemporaine éclectique en provenance des grandes villes du monde, les vers des plus grands poètes flamands, le standard jazz de Mal Waldron, le downtown New York jazz de John Zorn ou encore Le Cuirassé Potemkine, grand classique du cinéma muet accompagné en musique par un live angry young jazz band.Sans oublier les concerts rock, les soirées de danse DJ ou les fêtes étudiantes.«Le Vooruit, c’est la rencontre des genres, des artistes et des publics.H y a tellement de choses qui s’y passent que les gens ont mis hngtemps à comprendre ce qu’était ce centre d’arts.Et aujourd'hui ils ont compris que c’était un lieu d’art vivant.» SA fl PERFECTIONNEMENT POUR PROFESSIONNELS danse David Zambrano (Flying-low technique et improvisation) 5 AU 16 MAI 2003 Angélique Wilkle -(Les Ballets C.de la B.) (Classes de maître et processus créatif) 9 AU 20 jUIN 2003 Lm studios sont également offerts en location.Informations et inscriptions : (514) 525-1569 danse9circult-est.qc.ca www.circult-est.qc.ca CENTRE CHORÉGRAPHIQUE www.circult-est.qc.ca Les membres de Circuit-Est sont : Louise Btdard Panse, Le Carré des Lombes, Sylvain Emard Panse, Fortier Panse-Création, Tedl Tafel et Catherine Tardif.^ Bf-eLL » La trace solitaire d’Akram Khan soil Kl i: AGORA DE LA HANSE Akram Khan (à droite) et une danseuse de sa troupe dans une chorégraphie récente.À Montréal toutefois, le chorégraphe anglais présentera trois solos, avec ses joueurs de sitar et de tabla.Fix, Loose in Flight et Sound of Archery.Univers à la fois impersonnel et personnel, au croisement d'une danse ethnographique — le kathak — et de la liberté contemporaine, les solos du danseur anglais plaisent à l’esprit du Nord.GUY LAINE MASSOUTRE Akram Khan est un merveilleux danseur de kathak.Qu'est-ce que le kathak?Une danse indo-persane ancienne, alliant des pirouettes très rapides et des poses de statues indiennes, la mythologie et la musique hindoustani.Raffinée, spirituelle, teintée d’érotisme à l’origine, elle célèbre les légendes de l’Inde du Nord.Né il y a 29 ans dans une banlieue sud de Londres, au sein d’une famille venue du Bangladesh, Akram Khan a appris de son maitre, Sri Pratap Prawar, les techniques surcodées et sophistiquées du kathak.Renonçant à une carrière plus honorable, le jeune homme, écoutant la voix maternelle, choisit de devenir danseur.Sitôt remarqué pour son grand talent, il rencontre Pandit Ravi Shankar et collabore avec Jonathan Burrows.Peter Brook l’engage, à 14 ans, dans sa grande épopée du Mahabharata.A Bruxelles, son avenir prend un tournant.D est reçu à PARTS, l’école renommée d’Anne Teresa de Keersmaeker.Il allie la discipline asiatique et l’audace contemporaine: l’excellence sort grandie d'une mise en relation du classicisme et de la liberté, telle qu’on la met en pratique à l’instigation de la chorégraphe flamande.En 2001, il fonde sa compagnie.Il s’adjoint le sculpteur Aitish Kapoor et le compositeur d’origine indienne Nitin Sawhney, dont la carrière monte en flèche.Il crée Kaash, sur un programme rythmique de relations complexes entre les temps frappés, puis Fix, qui connaissent un succès immédiat.Au Musée d’art contemporain, à Montréal, il présentera trois solos, avec ses joueurs de sitar et de tabla.Fix, Loose in Flight et Sound of Archery, pièce inédite qui sera le point fort du spectacle montréalais.Rêves féconds Dans le prestigieux édifice vitré du South Bank Centre, au bord de la Tamise, Khan reçoit la délégation du Vooruit.Quelle fascinante beauté, égale à sa présence en scène! Outre sa conversation élégante, son visage racé rehausse l’assurance de sa pensée, férue de références mytholçgiques et de perspectives de sens.«Ma danse explore la mythologie du Mahabharata comme une explication du monde», lance-t-il avec vivacité, en évoquant la symbolique qui associe les mots du sanskrit et les chiffres, les noms et les nombres.Le plus étonnant c’est le concept de l’infini ou celui de zéro.Absence, atmosphère, espace, infini, firmament point, vide, non-créé, insignifiance, non-pensée, explique-t-il, tout converge et débute en zéro, état de plénitude et d’achèvement.Tandis que l'apparition, l’évolution et la disparition des mondes se lisent en cycles, maints textes sansr krits en proposent l'étonnante spéculation.Shiva danse, engendrant l’univers issu des forces mauvaises — sujet de Kaash.Tout dans la littérature, la danse ou les arts indiens ouvre des mondes symboliques, qui fondent la vie quotidienne.Concrets, ils pennettent l’exposé de concepts aux contenus invisibles.Le corps humain n’y échappe pas.«Aux fondements du kathak, dit Akram Khan, il y a la destruction et l’ordre, conjugués dans un rapport de complémentarité, et non d’opposition dialectique.Mon rapport à la musique est essentiel pour saisir cette réalité très précise, mais très difficile à percevoir pour un public occidental.L’ordre, ce sont les neuf temps à partir desquels les musiciens improvisent leurs variations parallèles.C’est aussi le respect avec lequel la danse compose avec cette musique.» On l’aura compris, sa création vise à confronter des techniques de danse traditionnelles, très complexes à maîtriser, aux espaces vierges contemporains.11 y découvre, et c'est stupéfiant à voir, la capacité des deux mondes à s'accorder physiquement aux conditions de rythme et aux pensées du mouvement les plus inouïes.Combats Khan croit au rapport des rythmes de la mélopée indienne avec la physique cosmique.Dans sa danse, le découpage de l’espace, la tension entre la lenteur, l’immobilité méditative et une extrême vitesse d’exécution, les signes corporels — postures martiales, rituels d’attente et lâchers soudains de force contenue — obéissent à une mathématique symbolique.Rien, dans la position d’un doigt ou la ligne d’un bras, n’est laissé au hasard.Déposition, ordre, progression, pliés, tout principe de mouvement participe à un système de correspondances, auxquelles la danse contemporaine répond à merveille.Du vide contemporain, la pensée orientale fait un mode d’existence; elle ne sépare pas la réalité physique de l’insubstantialité totale.la poésie rejoint sa foi, musulmane.«Mon nom signifie, selon les langues, le jeu — de Shiva, le danseur — et le chaos, ainsi que le second, celui qui suit.Je porte l’alliances des contraires là où plus rien n'existe comme tel», dit celui qui ne cache pas sa jeunesse médusée devant Tom & Jerry et Michael Jackson.Et d’ajouter en sourdine: «Il ne fuit pris bon parler de religion, ces temps-ci.» Sa dernière pièce, Ronin, ne ixu le que de guerre.Sa capacité d'absorption des mondes occidental et oriental stupéfie.«Je reviens de plus en plus à mes origines, car le déséquilibre qui se produit lorsqu'on retire la structure connue, apprise, inconsciente même, ouvre le champ à une connaissance corporelle plus profonde encore.L'improvisation occidentale m'a appris à défaire ce qui est préétabli.Mais la pratique orientale lui donne une énergie, une vitesse sans pareilles.De plus, elle révèle une inscription du mouvement dans mon corps, qui m'ouvre à la perception chiffrée de la composition chez mes musiciens, eux-mêmes en correspondance avec les théories les plus avancées de l’univers.» Le dialogue artistique de Khan nous entraîne vers le gain de conscience qu’est son kathak contemporain.L’extraordinaire fertilité de son talent ouvre notre regard fasciné sur la danse, sur les mystères d’un imaginaire que la pensée n’épuise pas.Comment mieux dire sa densité vivante, sinon comme un courant invisible, qui traverse sa matière en rivière de l'espace infini.Au Musée d’art contemporain les 2 et 3 mai, à 20h.Adhésions 2003-2004 R ftD REfiftOHPEMENÎ fllftBtC9|$ DE LA DANSE LA CAMPAGNE D’ADHÉSION Du 20lème anniversaire! Choisissez d’être: - représenté activement auprès des nombreuses instances culturelles et politiques où se jouent le développement et le financement des arts et de la danse; - informé de tout ce qui touche votre discipline; - impliqué dans le dynamisme de votre milieu; - soutenu dans l'exercice de votre profession par la voie de programmes et de formations; - représenté ou de représenter vos pairs au conseil d'administration; - au coeur du rayonnement de la danse au Québec à travers une vïàibilité sur votre site Web: www.quebecdanse.org Bientôt! Une Association des professionnels de l’enseignement de la danse au Québec née d’une des côtes du RDQ, verra le jour au 1er juillet 2003.Inscrivez-vous maintenant et participez à Vélection de vos représentants! Renseignez-vous au (514) 849-4003 ou par courriel à: rdq@quebecdanse.org Le Studio de l'Agora de la danse |i resente i^t Un» H, %.1 o- O o- o vale MUSIOUF Jean I SCtNOBBAPHIt ET fti Axel Morgentlialer COSTUMES rTMAni/ILLAGF.Angelo Barsetti 9 au 17 mai 2003 à 20 h rmriT iim 11 «Il II n ÜULLMUUL ¦nrtrt rvn L'AGORA DE LA DANSE 840, RUE CHEKRIER METRO SHERBROOKE SU S2S.1S00 > Réseau Admission S14.790.124S L'AGORA DE LA DANSE 840, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE 514 525-1500 11 ANS D’AUDACE ! » * LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2003 H 4 * DANSE * Vooruit De l’avant-garde politique à l’avant-garde artistique Les Québécois établissent à Gand en 1944 le Café Québec Longtemps connu comme la maison du peuple du Parti socialiste, occupé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale et fréquenté par les Québécois pendant la Deuxième, le Vooruit a été un grand magasin avant d’être abandonné, puis transformé en centre d’arts par de jeunes artistes contemporains.Les nouveaux occupants du bâtiment respectent son histoire et s’en inspirent pour créer.Histoire ________________.SOURCE AGORA DE LA DANSE Après 15 années à Barcelone, la chorégraphe française Karine Ponties s’est fixée en Italie, avant d’adopter la Belgique, à la suite d’un festival Marseille-Bruxelles, il y a 11 ans.Le service réfractaire de Karine Ponties La Flandre et la pensée sociale ont une longue histoire.L’ouverture belge aux rencontres européennes, selon l’axe nord-sud, la réactualise.Karine Ponties est un bel exemple.Elle?C’est lire, voir, penser, danser, à égalité.Humour ludique et critique acerbe des relations sociales.d’une occupation.JESSICA NADEAU Chaque bâtiment connaît son heure de gloire.Celle du Vooruit, situé sur la rue Neuve-Saint-Pierre à Gand en Belgique, était depuis longtemps passée, mais de jeunes artistes ont réveillé l’immeuble en lui donnant un deuxième souffle.Grâce au génie des artistes, le Vooruit jouit aujourd’hui d’une réputation internationale.Le Palais des ouvriers Dans la Flandre du milieu du XIX siècle, Gand était le centre économique urbain le plus important.Le Parti socialiste y fit construire des locaux, dont un des plus importants était le Vooruit, destiné à devenir une salle de fêtes pour l’Exposition universelle de 1913.Utilisant les techniques novatrices de l’époque et conjuguant les styles, l'architecte Ferdinand Dierkens a construit un bâtiment fascinant par son style éclectique.Mais l’annonce de la Première Guerre mondiale et une série de grèves rendirent impossible l'inau- guration officielle du bâtiment, qui fut rapidement envahi par les soldats allemands.A la fin de la guerre, le Vooruit a connu son heure de gloire à titre de maison du peuple socialiste.À cette époque, le parti rouge voulait permettre l'émancipation des ouvriers par la culture.Le «Palais des ouvriers» servait de cinéma pour les Gantois, présentait des concerts et de grandes commémorations et hébergeait d’importantes réunions politiques.De cette époque, il reste l’énorme inscription dans la salle de théâtre, «L’art ennoblit», et le vitrail du plafond sur lequel on peut lire les premières notes de Y Internationale.Café Québec Occupé déjà deux fois par les Allemands, pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales, le Vooruit a aussi servi les Alliés vers la fin des hostilités.En 1944, la guerre sévissait encore à Anvers et de nombreux Québécois qui étaient au front venaient se di- vertir les week-ends à Gand.Avec son grand cinéma et son café très populaire, le Vooruit est devenu une maison de loisirs et de divertissements pour les soldats alliés.«Les Québécois ont renommé le “Kaffee” du Vooruit en “Café Québec”.De l’autre côté, dans la salle de gymnastique, ils ont mis l’affiche en anglais “Games Room”», raconte Peter Van Den Eede, responsable des relations publiques du Vooruit et spécialiste de l’histoire du bâtiment.Si le Café Québec n’a duré que quelques mois, sa mémoire est restée vive et, bien des années plus tard, les artistes du Vooruit ont réutilisé le thème historique dans le cadre d’une production de danse.«Pour nous.Café Québec, c’est une référence aux compagnies de danse québécoises avec lesquelles on aime tellement travailler», ajoute Guy Cools, commissaire de l’événement Vooruit Danse en avant.Deuxième souffle Après la Deuxième Guerre mondiale, la gloire du célèbre bâtiment s’éteignit peu à peu pour sombrer dans l’oubli.Dans les années 1950, on a tenté d’en faire un grand magasin qui n’a pas tardé à faire faillite.Ses nombreuses salles ont été abandonnées et se sont détériorées dans l’indifférence générale.Personne n’attendait plus rien de ce bâtiment et pourtant, il a rejailli de ses cendres pour devenir un centre d’art contemporain de calibre international grâce à de jeunes artistes.«L'histoire raconte que, par un jour de pluie, des étudiants en photographie de l’université sont venus chercher refuge dans ce café désert, nommé le café de la gare tellement c'était immense mais mort.En se baladant dans les salles abandonnées, ils ont découvert l’ancienne splendeur du Palais des ouvriers sous les toiles d’araignées, c'était comme une vieille dame sans maquillage.Ils ont choisi ce sujet pour leur projet final et ça a fait boule de neige.Les gens se sont rappelé le passé glorieux du bâtiment et ont voulu le sauver», se rappelle Peter Van Den Eede.Situé à quelques pas de l’université, le Vooruit est apparu comme l’endroit idéal pour tenir des fêtes, présenter des concerts rock ou aller boire un verre dans une ambiance branchée.Parallèlement, de jeunes artistes se cherchaient des locaux pour présenter des spectacles d’avant-garde, le public voulait des représentations innovatrices et le Vooruit attendait le public: «La renaissance du Vooruit est due à un concours de circonstances.C’était le bon endroit au bon moment», commente Guy Cools.C'est ainsi que des jeunes gens ont cogné à la porte du Parti socialiste, qui voulait détruire l’immeuble, pour leur demander de conserver le Vooruit.Un bail emphytéotique a été conclu en 1982 entre le propriétaire et le groupe du Vooruit, donnant un deuxième souffle à l’ancienne maison de la culture.L’année suivante, le Vooruit a été classé monument historique et les travaux de restauration ont débuté avec l’aide du gouvernement belge.Arts et culture populaire: dans l’esprit du batiment Pendant 18 ans, les travaux allaient bon train au Vooruit, en même temps que se développait le centre d’arts.On ouvrait les salles une à une.«Au début, on louait surtout des salles pour survivre.Puis, en travaillant avec des artistes d’avant-garde, nous avons acquis une solide réputation», souligne fièrement Guy Cools.Le Vooruit, nommé bâtiment flamand de l’année en 2000, compte une salle de théâtre, une salle de concert, une salle de bal, une salle du dôme pour solos de danse, cinq studios, deux boîtes noires (petites salles de théâtre) et un grand café où sont également présentés des concerts.«Chaque salle a sa propre identité et le choix de la programmation est en lien avec l'espace.» Selon les deux hommes, ce qui caractérise le Vooruit avant tout, c’est son ambiance, son éclectisme.«Que l’on assiste à un concert d’opéra ou de rock, tout le monde se rencontre au café.Le mélange de l’art et de la culture populaire crée une ambiance extraordinaire: c’est vivant et c’est l’âme même du bâtiment qui le veut ainsi», soutient Peter Van Den Eede.«Le passé socialiste du bâtiment nous obligeait en quelque sorte à conserver le côté populaire, avoue Guy Cools.Nous avons fait nôtre cette philosophie de la maison de la culture — l’art ennoblit — en donnant la chance à tous d’avoir accès aux arts et à la culture en présentant des activités multiformes.» GUYLAINE MASSOUTRE Brucelles, la pièce de Karine Ponties, est la première sortie montréalaise de sa compagnie Dame de pic.Ce spectacle dans un restaurant — «brucelles», c’est le nom d’une pince à servir! — est un bijou très simple d'autodérision, qualité toute belge qu’elle a épicée d’un sérieux grain de démence.Bienvenue à l’Agora de la danse, puis à Montréal Danse où, bel augure, elle travaillera en mai.Helsinki, 1996.Karine Ponties reçoit un prix des Pépinières européennes pour jeunes artistes, décerné en architecture, écriture, dessin, arts de la rue.Grâce à quoi elle travaille en Finlande, puis en Roumanie (1998).On la retrouve à Newcastle, en 2001, où elle donne un atelier à 11 interprètes venus de toute l'Angleterre.Il en ressort, 11 jours plus tard, une petite chorégraphie de rien, rien que duc minutes, qui confirme son aptitude à réveiller, dans un groupe, des personnages ensommeillés en chacun.Un talent fou D’où lui vient ce doigté?Après 15 années à Barcelone, la chorégraphe française s’est fixée en Italie, avant d’adopter la Belgique, à la suite d’un festival Marseille-Bruxelles, il y a 11 ans.Elle fréquente l’école MUDRA de Maurice Béjart, à Bruxelles.«J'ai hésité longtemps entre la danse et les études, dit la licenciée en philologie.Très tôt, ma mère a eu besoin de m'aidera canaliser mon énergie.J’apprenais déjà la musique, mais à 13 ans, je dansais des claquettes comme professionnelle; deux ans plus tard, je signais un opéra rock.» La danse?Elle ne lui suffit pas plus que la traduction, la littérature, le théâtre, le cinéma.«H me faut même la bande dessinée», dit-elle en tendant un album de dessins que sa compagnie vient d’éditer.Pour Brucelles, l'écrivain suisse allemand Robert Walser lui a permis de jouer ses cartes.En plongeant dans son œuvre onirique et fluide, elle trouve comment relier cinq interprètes clownesques, hallucinés par une présence féminine fantomatique, dans un vrai chaos.Us doivent leur anormalité fragile un peu à Petronio, à Childs, à Droulers, plus qu’à Cunningham, dans les œuvres desquels elle a entre autres dansé.Qui est Walser, ce marginal solitaire, interné durant le quart de sa vie, mais doué d’une énergie cinétique et d’une humanité qui ont retenu tant Walter Benjamin, Kafka.Musil que Marthe Robert?Difficile de ne pas penser à Artaud.Dans l’univers non conformiste et impénétrable de L’Institut Benjamenta (1909), qui inspire directement Brucelles, Walser décrit le jeu insensé par lequel les drôles d’élèves de cette école d’hôtellerie déjouent des règlements drastiques.En une vision affolante des rapports d’autorité et de soumission, ce roman — et, donc, Brucelles — dévoile la personnalité intime d’étranges pensionnaires, résignés à déborder d'imagination.Tant pis pour la catastrophe! En accueillant l’absurde sans sourciller, ils se tiennent au bord du vertige.Prisonniers dociles un jour, rebelles inconditionnels le lendemain, leur passivité timide et leur provocation effrénée les tient dans un état de jeu souverain; là, entre la liberté et la servilité, toute tension disparaît.Objectivement purs, ils laissent divaguer leur sensibilité, un rien pata-physique.Qu’elle jaillisse d’une part inconnue, et l’être irrationnel danse à foison.Une liberté bohème Eclectique, imprévisible, Ponties est une femme de tête entraînante.«En peinture, j’aime ce qui me questionne et me touche, ce que je ne comprends pas.En littérature, les histoires m’attirent, mais je lis autant d’essais.J’aime la musique en tous genres, et je prépare un film avec un dessinateur.» Après 20 ans d’interprétation, elle constate: «J’ai des univers distincts, que j’ai montés avec mes partenaires de création.Le vocabulaire a suivi.A l’issue d’une carte blanche, j’ai créé un clown lunaire, une sorte de personnage d’Almodo- var, en plus politique.Je l’ai joué 80 fois à travers l’Europe.» Comme le Pierrot des Rêveries de Walser, il ne laisse pendre sa tête au sol que pour mieux saisir le fol entrain du bal masqué qui tourbillonne alentour.Déjà, dans son quatuor Negato- vas, elle créait un huis clos absurde d’hommes, avec des non-danseurs.Brucelles en est tout imprégné.Mais elle insiste sur la différence entre théâtre et danse: «Pour un acteur, le rapport à l’espace, à la danse est si étrange, si différent de ce qu’il connaît.Lorsque je parle de pièce fermée, d’abord il comprend désert, ce qui n’est pas le cas d’un danseur.Bien sûr, il y a l’enfermement, pour l’un comme pour l’autre.Il faut donc trouver un métalangage commun.» Elle déniche alors un dessin animé de Hartmann, l’interview d’un lion dans un zoo, et crée un lien: l’acteur saisit l’esprit de la manipulation.Alors, la chorégraphe peut diriger non pas le jeu mais la danse, à partir du senti corporel.Avec la maladresse comme symptôme d’expression, Ponties met la danse au défi de s’aventurer dans la primauté de l’instant, dans la trouvaille ironique et vers l’insouciance bohème.«Dans Brucelles, j’ai beaucoup travaillé à partir d’alphabets que j’invente.Le percussionniste, par exemple, s’est inspiré de verbes pour créer dix mouvements, combinés rythmiquement, avec ses bras.La gestuelle s'invente sur les images.» Le mouvement déformé, jazzé, en contrepoint de la parole, établit une passionnante réciprocité d’échange.Et jamais les enchevêtrements et les dissonances ne mettent en péril l’équilibre des chimères et des travestissements dansés.La présence d’un sous-texte, poétique et théorique, permet à cet art brut de toucher des points précis de dysfonction, aussi maniaques que vivifiants.À l’Agora de la danse les 4, 5 et 6 mai à 20h.« Une démonstration d’intelligence physique et mentale.» Ismene Brown, The Daily Telegraph « L’effet est hypnotisant.» David Dougill, The Sunday Times Akram Khan Sounds of Arc Deux soirs seulement !!! Vendredi 2 et samedi 3 mai, 20 h Billets en vente sur le Réseau Admission (514)790-1245 Renseignements : (514)847-6226 MUSÉE 0'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Quebec: 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métro Place-desArts danse## l/danse • présente • Pour 1a premi'ère fois À MontréaL Ia COMpAqNÎE de dANSE COINTEMpORAÎINE U plus RENOMMÉE d'ARQENTiNEl Ballet Contemporaneo del Teatro San Martin El MesIAS (Lr Me ssit) Chorégraphie : Mauricio Waimot H Musique : G.F.Haendcl Théâtre M.iisonneuve Pince ties Arts 24, 25 et 26 AVRIL À 20 H Billets en vente à la Place des Arts (514) 842-2112 et sur le réseau ADMISSION (514) 790-1245 Québec"" 1+1 Patrimoine Canadian canadien Heritage __ Delta S L’AGORA DE LA DANSE AUi Wà 840, RUE GUERRIER METRO SHERBROOKE 514 525.1500 11 ANS DE DANSE CONTEMPORAINE ( / i LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 1 S AVRIL 2 O O S Il "> DANSE La nuit noire d’Alexander Baervoets «Territoires en mouvance» Sensations.Performance et jeu.Articulation: pensée du mouvement en trio.Repères corporels dans l’espace, exploré par la peau, surface tactile de tous les contacts.Un travail exploratoire des corps flamands et québécois.GUY LAIN E MASSOUTRE L> avant-garde flamande, sans lourde tradition, re-1 garde volontiers à l’étranger.Le chorégraphe flamand Alexander Baervoets ne connaissait pas les interprètes québécois Lin Snelling et Andrew Harwood retenus pour sa nouvelle pièce, Blind: «Je les ai vus sur vidéo et je les ai invités de Belgique, par téléphone.» Et tous trois de s’esclaffer de rire.Comment se passe la rencontre, au studio d’Anvers?«Cela n'a pas été simple.Je n’ai pas de problème de communication avec les jeunes danseurs, mais leur manière de bouger n’est pas la mienne», lance Baervoets, incisif.L’événement Vooruit Danse en avant coïncide avec un projet qui a débuté, pour lui, il y a trois ans.à l’Agora de la danse.«Je n 'avais pas de but précis ni de plan en tête.Je travaille contre l’idée d’une performance idéale, contre l’interprète parfait, contre l’état de jeunes corps luttant contre le temps.» Au départ, une idée simple a suffi: comment passer de la vidéo de danse au corps réel de l’interprète?Entre les deux, la distance, la différence des cultures ont valu le voyage.«Le fait que les interprètes viennent ici est une motivation suffisante pour le projet», déclare Baervoets, attentif et présent.Un Snelling et Andrew Harwood ne sont pas débutants, et Baervoets aime le risque.Partage ou confrontation, il leur faut se départir vite de l’inné et de l’appris.Bousculeront-ils les conventions?Cette occasion, souligne Baervoets, ne reviendra jamais.La rencontre artistique est donc ciblée, dense et personnalisée.Qui es- tu?L’expérience est contrainte jusqu’à l’absurde: ils danseront aveugles.Mais sur le toit du théâtre d’Anvers, dans le studio lumineux, le résultat s’annonce net, non dénué d’humour et vivant.Il fait apparaître les étranges repères quq chacun se donne pour rester libre de son corps.Etant lui-même en scène, Baervoets doute pourtant du miracle.«Je n’ai jamais travaillé durant trois semaines en studio sur une chorégraphie dont je n’ai même pas la certitude qu’elle puisse déboucher sur une pièce.Allions-nous tenir bon?Nous ne dansons jamais ensemble les yeux ouverts.» Chacun fait sa vidéo dans sa tête, disent-ils de concert.Le chorégraphe ne leur a donné que le toucher et l’ouïe.Ils se déplacent, les yeux bandés, dans un espace vide, entouré d’une corde au sol.Leur langage?La mémorisation corporelle et sensorielle.«Il nous arrive d’enlever le bandeau durant quelques minutes pour regarder les deux autres.Nous nous donnons des ordres, des consignes.Ceux qui nous ont vies disent que ce que nous faisons est spécial, unique.» Au trio s’ajoute un concepteur sonore, un DJ qui, les yeux ouverts, accompagne les danseurs.Mais, par instinct, il s’abstient parfois de les voir bouger.Sans repère visuel, les tâches les plus simples — comme courir, traverser l’espace en ligne droite, marcher à reculons, se déplacer latéralement — s’avèrent des plus ardues.«Nous rions souvent de nos actes, lorsque nous les voyons sur vidéo!, s’esclaffe Snelling.Nous constatons à quel point nous avons peur du noir.» La surprise, c’est bien de découvrir à quel point l’inconnu affecte et fige le mouvement Les méprises sont fréquentes.Ces erreurs donnent une qualité neuve au toucher.«Le fait que je connaisse Andrew mais pas Alexander rend les rencontres tantôt immédiates, tantôt fragiles et vulné- Interrogation de l’identité culturelle Faire d'un colloque un happening Dans le cadre de l’événement Vooruit Danse en avant, qui se tiendra du 24 avril au 10 mai prochain, place à des rencontres pluridisciplinaires sur l’identité culturelle.Sous le thème Territoires en mouvance, ce sont des gens de tous les horizons qui viendront s’exprimer sur la question, que ce soit en paroles ou en danse.SOURCK AGORA DK LA DANSK Le chorégraphe flamand Alexander Baervoets.râbles», explique Snelling.Rectifier une impression erronée trouble et affecte la sensation d'une intensité inouïe.Dans l’espace, les objets prennent des reliefs inédits.«Nous prenons conscience de notre liberté, de nos entraves et de notre aisance, grâce à cette expérience aveugle», ajoute Harwood.la somme des décisions visuelles au quotidien devient évidente.L’inconnu «Ceux qui deviennent aveugles disent souvent qu’il leur faut le silence absolu pour se repérer U leur faut reconditionner leurs sens», dit encore Baervoets.Mais l’expérience dansée rejoint celle de la perte, et non la rééducation des sens.«Nous sommes passés du silence au bruit assourdissant, de manière à supprimer aussi l’ouïe», renchérit Snelling.Vertige?Cauchemar?Non.los danseurs savent récupérer les pertes d’équilibre et d'orientation.Dans le noir, ils replacent l’un, admirent l’ingéniosité de l’autre.Coupés du monde, ils raffinent leurs sensations, réduisent leur être aux perceptions tactiles, à la peau même.«C'est comme poser un masque et dévoiler sa nudité.L’espace passe de l'encombrement, de la complexité à une simplicité gagnée sur l'imagination», dit Baervoets.Joie de se dépouiller et de sentir l’acte corporel, fondé sur l’existence — «je vais donc tu es», «tu es donc je suis», cogito réapproprié par la danse —, la pièce, toute conceptuelle, hésite à se nommer chorégraphie, plutôt que «situation de mouvements et de traversées à trois personnes».«Nous avons décidé de ce qui s’appellerait début, péripéties et fin, explique Baervoets.Mais il survient des événements qui précipitent l’écriture et changent la convention de ce à quoi nous avions attribué une fonction.Le questionnement est permanent, toujours lié au fait d’être aveugle.» Minimaliste et d’une durée très contrôlée, cette recherche écarte la farce et cesse avant que l’interprète ne bascule dans la frustration d’avoir perdu un sens essentiel.«La pièce risque d’être très exigeante pour le public.Saura-t-il quoi voir?Faute d’en connaître les prémices, la composition, le mouvement risque de le décevoir», dit Baervoets, inquiet.Faisons-lui confiance.Les improvisations aveugles témoignent de ressources si inattendues que chaque spectateur d’images, averti, fera la lumière.L’hypothèse ludique donne à lire sur les corps le montage à trois de ces sensations.À l’Agora de la danse les 29 et 30 avril à 20h.MADELEINE LEBLANC Issue du milieu académique et professionnel de la danse (et an-cienne critique au Devoir*.), la res-ponsable de Territoires en mouvance, Andrée Martin, aussi professeu-re de danse à l’UQAM, voulait créer un programme dynamique, varié et accessible.«J’ai moi-même pris part à de très nombreux colloques et, sincèrement, je trouve qu 'il y a bcaueoup de place à l'amélioration.Si le contenu véhiculé est habituellement très intéressant, c’est souvent la manière de le transmettre qui Test moins.On n 'a done pas le sens du spectacle!» Elle croit fermement que.pour faire évoluer les modes de transmission des idées, on peut utiliser d’autres canaux de communication.«Cest très valable pour Tapprentissa-ge et pour le développement de la connaissanee.Fendant tout le temps que j'ai consacré à la mise en place et à la programmation de cet événement.j'ai toujours eu en tète de tenter d'éviter les écueils de Tennui que ces événements peuvent provoquer.» Grâce à la diversité proposée (projections de films, lectures, improvisation en danse, conférence/démonstration et débat public), elle espère parvenir à donner un souffle de vitalité à la formule tout en respectant l’objet de ce «happening».«Il est toujours question de l'identité culturelle.Mais on n’est pas obligé de s’appesantir sur le propos, explique-t-elle en reprenant une des nombreuses allégories sur la danse dont elle se sert pour étayer son point de vue.Si ça pouvait donner des idées aux autres, je serais bien contente, ça me permettrait d'assister à des événements plus intéressants», lance-t-elle dans un éclat de rire.Ce quelle désire surtout, c'est que les gens retirent quelque chose de leur présence à ces rencontres et qu’ils repartent enrichis.C’est son but premier.Souhaitant donc dépasser la simple succession de spectacles, les organisateurs de Vooruit se sont adressés à Andrée Martin pour qu'elle mette sur pied un volet à caractère réflexif avec un mandat très libre, celui de créer, en quelque sorte, un événement dans un événement «Oui, c'est un peu une mise en DANSE ET CULTURE V 0 DROIT I) A NSE EN A V A N T CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIE PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT ntheriaultBlcdfvoir.ca 20511.nir dr Bleury.!)' étage.Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Têt: (511) II85-3333 redactionolcdevoir.com FAIS CE QUE DOIS du 3 au 23 août 2003 > V E R T I O « Inscription avant le 31 mai 2003 Info : (514)-251-9177 Téléc.: (514)-251 -7358 info@overtigo.com www.overtigo.com Directrice artistique et chorégraphe : Ginette Laurin i Enfants Adolescents Adultes Au V du plateau Mont-Royal 521-3456 PRINTEMPS - ETE cours, stages et camps de jour ^ artistiques Q0ej Louise Lapierre www.danse-louiselapierre.qc.ca abime où fai eu la latitude nécessaire pour penser à l’élaboration d’un événement d'une journée et demie à caractère international et qui tienne compte de la diversité des points de vue et de celle des origines des conjè-renners.À partir du moment où on aborde la question de l’identité culturelle, il est significatif 'que la diversité se retrouve aussi dans la programmation, sinon on n'atteint pas notre but complètement.» Elle a donc voulu mettre de Tavant cette idée de métissage, de diversité, de transnationalité à l'intérieur de la composition d'une programmation enlevée à partir d’un panorama très large.«Au départ, il fallait faire des choix.Cest une étape difficile.Il y a beaucoup de possibilités, de points de rue et de regards sur ce type d’intervention 1m programmation ressetnble à ce que je voulais au départ, mais mille chemins ont été empruntés entre les tleux.» Comme une création Le piège dïui tel thème, c’est la possibilité presque illimitée d’intervenants qu'il permet Deux leitmotiv ont servi de point de départ.Le premier, c’était d’aborder l’identité culturelle comme tut prisme, ce qui offrait plusieurs angles et différents points de vue.Le deuxième, c’était de mettre au point un événement qui soit une rencontre entre les milieux académique et artistique — les partenaires étant l'Agora de la danse, le Centre d’arts Vooruit.le département de danse de l’Université du Québec à Montréal et le Centre d’études interuniversitaires sur les lettres, les arts et les traditions de l’Université Laval.Par ailleurs, ces rencontres sont placées sous le haut patronage de l’Unesco.«En fait, cela signifie que TUnesco cautionne, parson patronage, l’événement dans son approche et sa dynamique.Dans les idées que Ton souhaite véhiculer aussi, même si ce ne sont pas des idées fixes mais M1CHAK1 SIOHOUIAN Paul-André Fortier bien des territoires en mouvance.Mais notre optique entre directement dans la vision tie TUnesco.Cet événement se nuirie avec ses idéaux.» Quant au caractère à la fois im temporel et très actuel du thème, il permet de jouer sur plusieurs fronts.«Si on veut être cohérent, je .pense qu on ne peut parier d’identité culturelle comme étant ancrée seulement dans la milité actuelle.Il manquerait un volet et Ton ne peut pas aborder cette question tie façon théorique et abstraite sans tenir compte de la conjoncture actuelle.L'idée, c'était d'avoir une double programmation.Autant une Christel Stalpaert analyse le modèle vestimentaire de la robe de mariée dans les films de cinéastes féminines, autant le chorégraphe Faul-André Fortier se penche sur l’identité d'un homme qui, à 50 ans passés, en Occident, est un homme de 50 ans passés qui danse: ce n'est pas un danseur.Alors que Joël Des Rosiers s’intéresse aux identités postcoloniales, donc à la réalité d'aujourd’hui.Ij1 décentmnent est au centre de beaucoup de débats et donc ça, c’est vraiment ancré dans la réalité de même que notre débat publie, qui va attaquer la question de front en analysant l'identité culturelle, Taltéri-té et la mondialisation.On passe d’un aspect à l’autre, car ils sont tributaires Tun de l’autre et s’influencent donc obligatoirement.» Territoires en mouvance au Studio de l'Agora de la ilanse les 25 et 26 avril.USINE 0 présente Hush Hush Hush (Belg'9ue) Le gouvernement du Québec est fier de souligner le dynamisme des éclpnges dans le domaine de la danse entre X \//y f i /y f is?la Flandre et le Québec t f i f i f -L / m Devoir"!, Hollande.200 1 © 24-25-26 avril billetterie_514.521.4493 admission_514.790.1245 www.usine-c.com La compagnie animera des ateliers publics de danse hip hop.Infos 521.4198 00 Mrtmprftlam S i > A* du Mauri.t Culture et Communications Québec rara Avec la participation de : •Conseil des arts et des lettres •Ministère des Relations internationales '5 \ \ VS'iè V, î 3 r ¦ ¦ ; UN ÉVÉNEMENT FUNDRE - QUÉBEC SMCTACtES - EXPOSITIONS - RENCONTRES 8 88», m * SfejSÎ '8-8-,-, ‘ ÿ | ' 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