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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-04-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DI M ANTRE 13 AVRIL 2 O O 3 ROMAN Révolutions Jean-Marie Le Clézio Page F 7 _ Le fabuleux monde des gros Page F 10 LE DEVOIR r \ - life : WM 'm i tm- ï ï LOUIS CORNELLIER Faire la lumière sur ce qui s’est passé au Rwanda en 1994 n’est pas vraiment à la portée du commentateur québécois, même s’il se prétend bien informé.L'histoire du pays est complexe, tout comme celle du conflit, traversé d’intérêts multiples et difficiles à cerner.On sait qu’il y a eu massacre et que des Tutsis et des Hutus en ont été les victimes.Qui ont été les agresseurs, les coupables?Là-dessus, les interprétations divergent L’année même du drame, Rony Brau-man, ex-président de Médecins sans frontières, publiait Devant le mal -Rwanda: un génocide en direct, un essai qui s’en prenait au rôle de la France dans le conflit Pour lui, la cause était entendue: la population tutsie avait été victime d’une tentative de génocide de la part du pouvoir hutu, et la France, pour défendre ses intérêts en Afrique et par antiaméricanisme primaire, aurait laissé faire.Du côté des méchants, donc: le président Habyarimana et ses milices hutues, de même qu’une France opportuniste.Du côté des bons: les victimes tutsies et les troupes du FPR «Le génocide au Rwanda est à 100 % la responsabilité américaine» (Front patriotique rwandais).En 2000, dans un sombre et très beau roman vérité qu’il présentait aussi comme «une chronique et un reportage», Gil Courtemanche reprenait l'essentiel de cette thèse.Un dimanche à la piscine à Kigali, en effet, raconte le bouillonnement de la haine hutue jusque-là larvée et son éclatement à la fois sauvage et méthodique.Habité par une langueur africaine et de plus en plus effrayant de noirceur violente à mesure qu’il avance, le roman dénonce la propagande du pouvoir hutu, l’attentisme du général Dallaire, commandant de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda, et cherche à rendre avec intensité l’atmosphère génocidaire qui gagne Kigali.Romancier, Courtemanche ménage un petit espace à l’ambiguïté, mais son point de vue d’ensemble ne laisse pas de doute et rejoint sur l'essentiel celui de Brauman, d’ailleurs partagé par la plupart des commentateurs.L’autre Kigali Pourtant, selon l’essayiste québécois Robin Philpot, déjà auteur du dérangeant Oka: dernier alibi du Canada anglais, «ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali» (titre de son dernier ouvrage).Puissamment accusateur lui aussi, ce brûlot renverse totalement la perspective en affirmant que la responsabilité du drame rwandais appartient au FPR, (i majorité tutsie, perfidement appuyé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Belgique.Il cite même Boutros Boutros-Ghali, selon lequel «le génocide au Rwanda est à 100 % la responsabilité américaine».Explosive et très audacieuse, la thèse de Philpot, qui entend démolir le récit «aimable et convenable» qui a cours sur le Rwanda, est aussi solidement défendue.Jusqu’en 1959, explique-t-il, le pays, royaume féodal devenu colonie, est le théâtre d’une organisation inéquitable entre une aristocratie tutsie minoritaire et des paysans hutus majoritaires.A la suite d’une révolte de ces derniers, le Rwanda devient indépendant en 1962 et plusieurs Tutsis s’expatrient alors, surtout vers l’Ouganda.Plusieurs troubles s’ensqivront, mais, écrit Philpot, à la suite du coup d’Etat militaire qui porte au pouvoir le général major Juvénal Habyarimana en 1973, «le Rwanda a vécu dans la paix et une prospérité relative».Le 1" octobre 1990, cet équilibre très fragile éclate au moment de l’invasion du pays par une partie de l’armée ougandaise, qui compte plu- DIANNACAHN sieurs expatriés tutsis.Appuyée par Yoweri Museveni, président de l’Ouganda, et par les Américains qui souhaitent ainsi enrayer l’influence française en Afrique, cette guerre d’agression (ce sont les termes de Hiilpot), dorénavant menée par le FPR de Paul Kagame, constitue la vraie origine de la tragédie à venir.Déjà soumis par les instances économiques internationales à un programme d’ajustement struc-turel porteur de tensions sociales parce qu'il entraîne l'appauvrissement de la majorité hutue très présente dans le secteur public, engagé sur la voie du multipartisme sous la pression de la France, le Rwanda, au moment même où sa souveraineté est menacée de l’extérieur, se retrouve aux prises avec une insurrection puisque les nouveaux partis appuient., l’envahisseur «Au lieu d'avoir, comme dans toutes les guerres, une coalition nationale contre l’envahisseur, il se crée ainsi une coalition solidaire avec l’envahisseur» D’après Philpot, en 1993, à Kigali seulement, «il y avait 146 cellules clandestines appartenant à l’armée du FPR, laquelle occupait une partie importante du territoire rwandais en poursuivant une guerre d’usure».Et quand les forces présidentielles s’attaqueront à ces ennemis de l’intérieur, VOIR PAGE F 2: KIGALI Le génocide selon Gourevitch LOUIS CORNELLIER Gagnant du National Book Award en 1998, Nous avons le plaisir de vous informer que, demain, nous serons tués avec nos families, de l'Américain Philip Gourevitch, journaliste au New Yorker, est probablement l’œuvre qui défend avec le plus de force et de détails la thèse du génocide rwandais, réfutée par Robin Philpot Très intense et engagé, ce grand reportage, rédigé dans un style rythmé et élégant résume l’histoire du Rwanda jusqu’à ce qu’il désigne comme le «massacre programmé» de 1994, «le carnage le plus efficace depuis le bombardement atomique de Hiroshima et de Nagasaki», expose les suites de la tragédie et dresse un accablant réquisitoire contre le «Pouvoir hutu» et ses sbires.Pour Gourevitch, le tableau est clair Kagame, Museveni et le FPR sont des héros, malheureusement laissés à eux-mêmes par la communauté internationale, et les Hutus fanatisés sont des gé-nocidaires, appuyés par le gouvernement français.Les camps de réfugiés hutus au Zaïre, en Tanzanie et au Burundi, créés à la suite de l’avancée victorieuse du FPR, n’ont été que des fabriques à assassins hutus, placées sous la botte des leaders du génocide et encouragées par le dictateur zaïrois Mobutu, et il fallait les démanteler pour éviter la reprise du massacre.Les bavures liées à ce démantèlement, mené par les troupes militaires de Kagame, appartiennent, selon le journaliste, à la catégorie des malheureux mais inévitables «dommages collatéraux».Scandalisé par cette thèse qui pratique «le manichéisme à outrance», Robin PhilpoL dans son essai, s’insurge: «Ainsi, les massacres commis par l’armée du FPR au camp de Kibeho en avril 1995 seront comparés à la marche du général nordiste Sherman dans la guerre civile américaine mettant fin à l’esclavage et à la libération de la France et de l’Italie du joug nazi: quelques bavures qui n’entachent pas la noblesse de la cause.L’invasion du Zaïre/Congo en octobre et novembre 1996 par le Rwanda et l’Ouganda, le bombardement des camps de réfugiés et leur rapatriement forcé vers le Rwanda, seront des actes de justice et de vérité en action.» VOIR PAGE F 2: GOUREVITCH JEAN-PHILIPPE WARREN Un regard neuf sur les craintes et les espoirs que la sociologie a partagés avec le Québec d’avant la Révolution tranquille.L’ENGAGEMENT SOCIOLOGIQUE La tradition sociologique du Québec francophone (1886-1955) JEAN-PHIUm WARREN L’ENGAGEMENT SOCIOLOGIQUE 448 page*» 12,95$ Boréal www.RdltionsborcRl.qc.ca # f t F ï L K DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2 0 0 3 «¦Livres •»- KIGALI SUITE DE LA PAGE F 1 une attitude normale en temps de guerre selon l’essayiste, on les accusera û’«extrémisme hutu».Il y a bien sûr eu de la répression, mais pas de génocide, ajoute-t-il en citant à l’appui quelques témoins importants.Les vrais coupables du drame, selon Philpot, sont donc le FPR, sauveur d’après la version officielle, les organisations des droits de l’homme, qui «ont servi de paravent à l’action militaire de l’armée du FPR», et les Américains, qui ont encouragé très activement ces manœuvres.Accusé de complaisance à l’endroit du FPR et présenté comme une marionnette des États-Unis, le général Dallaire ne s’en tire pas trop bien lui non plus.En 1994, l’attentat qui a causé la mort du président Habyarimana, attribué lui aussi au FPR par Phil-pot, déclenchera finalement le carnage que l’on connaît et dans lequel les Hutus, sur la défensive, n’auraient pas joué le rôle de gé-nocidaires mais celui de protagonistes d’une guerre civile.I,a thèse, j’insiste là-dessus, est très explosive, et il faut la recevoir avec beaucoup de précautions.Féroce à l’endroit des tenants de la thèse adverse (Gil Courte-manche, Carole Off, Philip Gou-revitch et Colette Braeckman), qu’il accuse de mépris colonialiste, Robin Philpot dénonce avec virulence l’ethnocentrisme d’une certaine tradition littéraire euro- péenne et américaine qui «régit la littérature populaire sur l'Afrique».Du roman de Courte-manche, par exemple, il dira ceci: «Courtemanche infantilise tous les Africains.[.] Comme dans tous les livres populaires sur l’Afrique, les images de paysages bucoliques et de luxuriance africaine que l’on trouve dans ce roman servent seulement de toile de fond à des descriptions de mort, de sexe et de violence inouïes.[.] Comment peut-on auréoler un roman qui déshumanise si crûment une partie de l’humanité?» Opposé à la «justice des vainqueurs», à la chasse aux sorcières que représente pour lui le Tribunal pénal international sur le Rwanda, défenseur de l’œuvre africaine du père Lévesque que l’on a, selon lui, injustement accusée à mots à peine couverts, Robin Philpot, avec cet essai troublant dédié à la mémoire du président Habyarimana, lâche une véritable bombe dans le rayon interprétatif réservé à la tragédie rwandaise.A-t-il raison?Je n’aurai pas l’outrecuidance de trancher ici ce grave débat qui doit se poursuivre.louiscornellier (a)parroinfo.net ÇA NE S’EST PAS PASSÉ COMME ÇA À KIGALI Robin Philpot Les Intouchables Montréal, 2003,224 pages S A Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises BOURSE DE DOC TORAT EN LITrÉRATURE QUÉBÉCOISE AU CENTRE DE RECHERCHE INTER UNIVERSITAIRE SUR LA I.I'ITÉRATURE ET LA CULTURE QUÉBÉCOISES (CRILCQ), srm DE L'UNIVERSITÉ LAVAI.Le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ), site de l’Université Laval annonce l’ouverture d’un concours pour l’obtention d’une bourse de 10 ()(K)$ pour une étudiante ou un étudiant ayant obtenu un diplôme de deuxième cycle.Cette bourse sera offerte h une personne répondant aux exigences suivantes : Exigences • Avoir tenniné des études de 2' cycle dims une université québécoise, canadienne ou étrangère autre que L Université Laval ; • s'engager à s'inscrire au programme de 3' cycle en litlérature que bécoise au Département des littératures de l’Université Laval en septembre 2003 et de faire une thèse de doctorat sous la direction d’une ou d’un professeur du CRILCQ.Présentation du dossier Pour s'inscrire au concours, nous faire parvenir : 1- un curriculum vitæ ; 2- les rapports d’évaluation du mémoire de maîtrise ; 3- un projet de thèse (environ 500 mots) ; 4- une copie de son diplôme de maîtrise (ou une lettre officielle confirmant que les exigences du programme de deuxième cycle ont été respectées) ; 5- une lettre de recommandation de la directrice ou du directeur de thèse pressenti.I .a bourse est offerte pour une durée de 12 mois h compter du 1" septembre 2003.Date limite pour le dépôt des demandes : 15 mai 2003.Pour plus d'informations sur le CRILCQ, on peut consulter le site http://www.creliq.ulaval.ca/.Les dossiers devront être envoyés ou déposés au CRILCQ à l'adresse suivante : Local 7191, Pav.Charles-De Koninck.l'acuité des lettres.Université Laval, Sainte-Foy (Québec)GlK 7P4.Le comité rendra sa décision le 16 mai 2003.CRILJ ( taixlr Jusmta ÉCRIVAIN CHASSANT lSé ÉCUREUIL CŒUR CLAUDE JASMIN DE JOUR CjSStrC^&O POUR 1 ARGENT Kl lAGlOIRK ASMIIST un ecnyair ifTdes'ffiots fftfeîtfcîllt» La Côte-Nord d’Arlette Cousture CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il y a une dizaine d’années, la romancière québécoise Arlette Cousture mettait le pied pour la première fois, de nuit, à Harrington Harbour, cette petite île surgie dans les eaux du golfe du Saint-Laurent, sur la Côte-Nord.Sur le chemin du retour de cette croisière à bord du Nordic Express, elle s’est arrêtée sur l’île de nouveau, de jour cette fois, et a su que ce village aux trottoirs de bois allait être le site de son prochain roman.C’est ainsi que Tout là-bas, le dernier ouvrage d’Arlette Çoustu-re, paraît ces joursei aux Editions libre Expression, faisant sortir de l’ombre la célèbre romancière populaire.C’est un petit livre, un instant volé au temps plutôt qu’une saga.Un livre qu’Arlette Cousture a décidé de livrer au monde avant l’épilogue final des Filles de Caleb, qui doit paraître à l’automne.Ce qui l’avait frappée lors de cette visite dans ce petit village du Québec, sur la route de Blanc-Sa-blon, c’était l’attente, dit-elle.Comme si tout le monde y attendait Godot, peut-être par l’entremise du bateau livrant régulièrement ses marchandises.Le premier personnage à avoir germé dans l’imagination d’Arlette JACQUES GRENIER LF.DEVOIR Arlette Cousture Cousture est d’ailleurs Manny, une femme qui attend désespérément qu’un événement vienne perturber son quotidien, tout tissé d’ennui.Ensuite sont venus les autres, notamment les jumeaux Lucy et Luke, deux parties d’un couple qui se complètent, d’une certaine manière, puisque le second ne termine jamais ses phrases tandis que la première les termine toutes.Reste que Luke est un enfant handicapé.En cela, il rejoint les préoccupations de l’écrivaine, qui a adopté une enfant handicapée intellectuelle.aujourd’hui âgée de 28 ans.Mais malgré la pauvreté, les deuils, la maladie, les abandons, la solidarité est d’ailleurs omniprésente dans 111e que décrit Arlette Cousture, dans un livre où tout est inventé sauf le lieu.Pour elle, ce livre est sans doute celui qui lui ressemble le plus: en effet, U présente ses valeurs, celle du partage notamment.Mais le partage a aussi ses revers.Et aussi sent-on courir dans le village de Harrington Harbour des rumeurs, des perceptions, comme dans chaque petit village où on sait tout sur tout le monde.Selon Técrivaine, le village lui-même est devenu un personnage avec ses opinions sur les gens, ses jugements.Reste qu’il y a des chances que le roman d’Arlette Cousture popularise cette petitç ile perdue du nord du Québec.A ce sujet, Mme Cousture fait d’ailleurs ses mises en garde: le village n’est desservi que par bateau et on n’y trouve pas plus de cinq chambres à louer.TOUT LÀ-BAS Arlette Cousture Libre expression Montréal, 2003,160 pages GOUREVrrCH SUITE DE LA PAGE F 1 Au passage, dans un amalgame visant à discréditer le point de vue du journaliste américain, Philpot mentionne même que «Gourevitch était très proche de Madeleine Albright, secrétaire d’État sous le prési- dent Clinton: Jamie Rubin, responsable des communications d’Albright, est son beau-frère».Elles aussi très accusatrices, comme tous les ouvrages portant sur le carnage de 1994, les Chroniques rwandaises de Philip Gourevitch, profondément déran- Le baromètre du livre au Québec du 2 au 8 avril 2003 1 Actualité LA GUERRE DES BUSH y É.LAURENT Plon 7 ï Roman SEPT JOURS POUR UNE ÉTERNITÉ M.LÉVY Robert Laffont 7 3 Essais MIKE CONTRE-ATTAQUE ! T M.MOORE Boréal 4 Roman SANS SANG A.BARICCO Albin Michel 6 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?T J.SPENCER Michel Lafon U8 Actualité APRÈS L'EMPIRE V E TODD Gallimard ü 7 Roman Qc M.FRÉCHEttE Vents d'Ouest JS Polar L'HÉRITAGE J.GRISHAM Robert Laflont 3 9 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT ?E.TOLLE Ariane 130 10 Spiritualité DIEU ?A.JACQUARD Stock n Loisirs Qc LES MORDUS N- 1 y M.HANNEQUART Rudel Médias 4 u Spiritualité JE VOUS DONNE SIGNE DE VIE M.CARON Marjolaine il 11 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P MORENCY Transcontinental IL il Essais J.SAUL Payot 2 11 Roman Qc A.COUSTURE Libre Expression 11 Psychologie | CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! ?| T.D ANSEMBOURG L'Homme 111 17 Biographie SOUAD Ohéd.1 11 Roman Qc LA MAISON DES REGRETS D.M0NETTE Logiques 7 19 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN y A.BRASHARES Gallimard 41 20 Polar L'EMPIRE DES LOUPS J.-C.GRANGE Albin Michel 10 11 Biograph.Qc SALE JOB: UN EX-MOTARD PARLE P PARADIS L'Homme 5 22 Cuisine CUISINE VÉGÉTARIENNE V COLLECTIF Marabout U 23 Roman IMPRIMATUR y MONALDI / SORTI JC Lattès 11 24 Actualité LA QUESTION IRAKIENNE y P-J.LUIZARD Fayard 11 11 Essais LES NOUVEAUX MAÎTRES OU MONDE y J.ZIEGLER Fayard 22 26 Roman N.ROBERTS Belfond 1 27 B.D.| GARFIELD, t.36 - Tout schuss | J.DAVIS Dargaud 4 28 Roman Qc 1C.LAROSE Vents d'Ouest 2 29 Roman Qc I LIFE OF PI ?- Booker Prize 2002 | Y.MARTEL Vintage Canada 23 30 Horreur S.KING Albin Michel 1 31 Jeunesse Qc CHANSONS DOUCES, CHANSONS TENDRES (Livre S DO y H.MAJOR Fides 76 11 Roman TOUT CE QUE J'AIMAIS y S HUS1VEDT Leméac 3 33.Roman Qc CATALINA y G.GOUGEON Libre Expression 25 11 Récit Qc LE JEU DE L'OIE y S.DESROSIERS la courte echelle 9 35 Essais Qc G.BOUCHARD Boreal 1 11 1 Roman | U TERRE ET LE CIEL DE JACQUES DORME | A.MARINE Mercure de France 9 Psychologie TURENNE/BEDARD Transcontinental 1 38 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT E.TOLLE Ariane 48 11 Roman Qc MEILLEURS CONTES FANTASTIQUES QUÉBÉCOIS COLLECTIF Fides 63 40 Psychologie DE L'ESTIME DE SOI A L’ESTIME DU SOI J MONBOURQUETH Novalis 24 41 BD.CALVIN ET HOBBES, t 22 - Le monde est magique 1 y B.WATTERSON Hors Collection 8 42 Roman L'AIGLE SOLITAIRE D.STEEL Pr.de la Cité 8 43 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION y F.DELAVIER Vigot 250 44 faune LES CHATS NOUS PARLENT DIBRA/RANDOLPH le lour 12 45 Santé ET SI ÇA VENAIT DU VENTRE ?P PALLARDY Robert Laffont 33 y : Coup de Coeur RB Wm/mm Nouvelle entrée m n«« wmt».\ Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.Les soldes d’éditeurs des livres magnifiques à prix incroyables de rabais et plus.50% Des cadeaux chers à petit prix, pour toutes les occasions.géantes, inculpent systématiquement tous les acteurs que l’essai de Philpot cherche à disculper.Saurons-nous un jour qui dit vrai?Il en va de notre devoir de mémoire et de justice à l’endroit des victimes et des survivants de cette effroyable boucherie africaine.NOUS AVONS LE PLAISIR DE VOUS INFORMER QUE, DEMAIN, NOUS SERONS TUÉS AVEC NOS FAMILLES Chroniques rwandaises Philip Gourevitch Folio documents Paris, 2002,496 pages Gazole de Bertrand Gervais est porté à l’écran (Le Devoir) — Les droits cinématographiques de Gazole, un roman de Bertrand Gervais publié en 2001 chez XYZ éditeur, viennent d’être acquis par les films Zingaro.La scénariste Michelle Allen (Diva, L’Or, Tribu.com) a été pressentie pour scénariser ce roman qui porte sur un groupe rock dont le parolier s’est suicidé.Estuaire passe en d’autres mains (Le Devoir) — Gaston Bellemare a décidé de céder ln revue de poésie Estuaire à Jean-Eric Riopel.Outre la direction administrative, le jeune poète assumera la direction littéraire de la revue avec Monique Deland.La revue Estuaire, qui publie quelques numéros par année, existe depuis 25 ans.Pas de prix Odyssée (Le Devoir) — Il n’y aura finalement ni gala ni prix littéraires Odyssée cette année.L’ensemble de cette aventure, qui n’aura connu qu’un seul gala Tan dernier, semble s’être abîmé dans le désintérêt et dans l’absence de subventions.Poésie et silence (Le Devoir) — Pierre Nepveu fait paraître chez Nota Bene, dans la collection «Visées critiques», un.essai intitulé Les Mots à l’écoute.A travers une analyse de la poésie et du silence chez Fernand Ouellette, Gaston Miron et Paul-Marie La-pointe, Nepveu cherche, si on en croit le quatrième de couverture, à y faire ressortir la conscience tragique du monde qui a accompa- .gné la poésie québécoise de la Révolution tranquille.Jean-Françd Lanseigne 24 succursales au Quebec )eui-Fr*nçois LmUlfHE Pas de fuite possible quand c'est en soi que gronde l'orage «I ex murs sont bleus et le sol es! froid.Je m'Appelle Cari l ai ham e.Je suis un mauvais garçon.J’ai treize ans el je déteste le bleu.» vlb éditeur : www.edvlb.com ) \ 4 % LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS AVRIL 2 O O S F Livres -> ESSAI L’écrit ROMAN QUÉBÉCOIS et sa propriété Il est attachant, ce grand enfant THIERRY BISSONNETTE La notion de plagiat acquiert une importance particulière à des époques où l’on valorise l’individu et l’originalité.La reproduction voilée des propos d’autrui, qui apparaissait davantage comme pédagogique avant l’invention de l’imprimerie, est devenue un type de vol qui possède ses avocats spécialisés.Pourtant, au sommet de la pyramide d’intertextes d'où nous écrivons, qui peut prétendre ne pas répéter et utiliser ce que d’autres ont dit et publié?Passionnée par la question trouble de l'authenticité et des emprunts, Yzabelle Martineau a retracé, au début de son ouvrage Le Faux littéraire, l’arrière-fond historique des pratiques plagiaires.Un effort qui nous ramène à l’aube du concept d’auteur et qui, selon Martineau, peut fournir un portrait indirect de cette figure: «Par sa longue survie historique et parce qu’ü est, plus que jamais, au centre du débat littéraire, je crois que le plagiat peut servir de baromètre permettant d’observer la manière dont l’auteur a considéré sa production textuelle au cours des siècles, mais aussi comment il a conçu son travail, puis sa profession.» Dans un condensé brillant, on possède là un panorama des réflexions sur la falsification.Tout débute avec Chartes Nodier qui, dans ses Questions de littérature légale en 1824, tente d’établir un inventaire des pratiques illégales.Imitation, citation, allusion, supposition, la question du faux s’y diffracte énormément, ce que montre Martineau par sa revue des successeurs de Nodier dans cette «étude des pratiques littéraires transgressives».Ces typologies de l’emprunt littéraire trouvent un dénouement provisoire au XX' siècle avec la problématique de l’intertextualité.L’entité-livre en prend alors pour son rhume, puisqu’on la considère comme un faisceau de citations et de réappropriations qui dépasse la volonté individuelle du sujet écrivant, lequel en retour voit son imputabilité réduite à néanL Citer retrouve ici certaines de ses origines latines: «mettre en mouvement», •faire venir à soi»: «Les pratiques de la citation sont donc innombrables, de la redondance à l’antithèse, de la marque de l’autorité au papier collé, et il semble clair quelle ait tendance à se confondre, dans les textes littéraires modernes, avec le plagiat.» Par delà ces fonctionnements hybrides et proliférants, Martineau juge bon de ramener la portée de l’intertextualité à un degré plus modestie, afin d’en tirer une réelle utilité.A l’heure du copier/coller, la pertinence de ce point de vue apparaît nettement Là où Le Faux littéraire fait preuve d’une polyvalence supplémentaire, c’est dans son point de vue corn paratif sur le plagiat dans les universités européennes et américaines.Dans le second chapitre intitulé «Le plagiat, le droit et l'université», on voit s’opposer les valeurs d’universalité et d’initiative individuelle.Des livres pour savoir DANIEL CHARTIER Dictionnaire des écrivains émigrés au Québec 1800-1999 369 p.35.9Î $ Couverture rigide Illustré Daniel Chartier Au cours des deux derniers siècles, plus de 600 écrivains ont émigré au Québec.Ils ont graduellement fait évoluer le paysage littéraire québécois.Cet exceptionnel dictionnaire en témoigne.avec pour résultat un traitement bien different du plagiat professoral ou estudiantin dans les modèles français et anglo-saxons.La troisième partie est à la fois instructive et dangereuse.Son panégyrique des plagiaires pourrait devenir, entre les mains d’apprentis faussaires, un répertoire machiavélique.Outre le célèbre cas du Cid de Corneille, dont la proximité avec l’émergence de la figure sociale de l’écrivain interdit de parler de plagiat au sens strict, on a droit à un survol des cas Diderot, Cendrars, Oulipo, ainsi qu’à une incursion du côté des arts visuels.Le XIX" siècle est aussi abordé en bloc en tant que «grand siècle du plagiat», et on regrette un peu de voir un cas comme celui de Lautréamont si vite abordé, bien que les études à son propos ne manquent pas.Pendant que prolifère la circulation électronique des discours, le débat sur la propriété esthétique ou intellectuelle côtoie des intérêts mercantiles en émergence.La politique et l’esthétique du plagiat abordées dans le quatrième chapitre relèvent d’une urgence, celle de penser l’emprunt textuel dans toute sa complexité.C’est ce qui incite Martineau — après qu’elle a divisé le phénomène en concepts juridique, poétique et moral —, à indiquer une possible éthique du plagiat.Faux, intertexte, citation, emprunt, plagiat, la liste des termes évoqués laisse songeur quant à la perspective globale à adopter.Doté d’une bibliographie assez imposante pour éliminer tout soupçon de plagiat à son égard, l’ouvrage d’Yzabelle Martineau fournit un rigoureux état de la question qui, espère-t-on, suscitera de nombreux remakes argumentatifs! LE FAUX LITTÉRAIRE Plagiat uttéraire, INTERTEXTUALITÉ ET DIALOGISME Yzabelle Martineau Nota bene Québec, 2002,281 pages LA TÊTE DE PHIUPPI Philippe Jean Poirier Editions Stanke Montréal, 2003,307 pages Voici un livre agréable, qui tient bien dans la main.Le format et le papier rappellent un peu les livres publiés chez Actes Sud.La mise en pages est belle.Très réussie egalement est cette photo de couverture, dont on n’indique nulle part de qui elle est: une moitié de visage, ombres et lumières rendues dans un grain sablonneux, en noir et blanc, sauf pour l’œil dont l’iris est bleu-mauve.C’est du beau travail, vraiment.Pour son premier roman.Philippe Jean Poirier a été choyé, question présentation.Il serait, lui, «un écrivain dans la vingtaine», selon ce qu’on indique au dos du livre.Ecrivain autoproclamé, cachottier peut-être, ou les deux?Je ne saurais dire.Je n’avais en tout cas rien lu de lui jusqu’ici.A lire, dans ce roman, le récit assez linéaire d’une année dans la vie d’un certain Philippi Renaud, raconteur et héros, si on peut dire.On le comprend dès les premières pages: celui qui se raconte par le relais aléatoire de l’écriture est un de ces nombreux personnages de jeunes hommes en colère qui habitent notre littérature, et d’autres: mal fixés dans la vie alors qu’ils sont au mitan de leur vingtaine, peu pressés de quitter l’insouciance de leur première jeunesse, ce sont des adolescents attardés qui, si leur tendance se maintient, deviendront au mieux des hommes-enfants.Conune ce Philippi Renaud est très préoccupé de lui-même — de son look un peu punk, du regard des autres —, on aura affaire à un personnage qui tente de se composer une physionomie bien plus qu’au narrateur d’une histoire en bonne et due forme.Elle est pourtant, cette histoire, plutôt banale, pleine de trous.Montréalais de fraîche date, émigré de l’intérieur si on peut dire, il a quitté le Bas-du-Fleuve où il est né, cette «Vallée des sans-soucis», verte et idyllique, et plus précisément «une ville indécise entre son mandat Robert Chartrand ?d’être belle et respectable, et son envie d'être un terrain de jeux d’adolescents délinquants».Il s’agit peut-être d’un Rimouski romanesque, proche et loin de celui où est né l’auteur.Cette ville des origines, quittée il y a peu.est déjà un souvenir lointain, embelli par la nostalgie, pour Philippi: là-bas, à en croire le narrateur, tout n’était que jeux et insouciance, riches et pauvres y fraternisaient, etc.Or, Philippi, conscient d’être un «pas d’ici», s’essaie à devenir Montréalais.Il vit dans le quartier de la PetitoPatrie, que Claude Jasmin a si bien raconté.Il est d'abord «préposé à l’entretien» dans un hôpital et amoureux-désireux d’une étudiante, Sophie.Petite vie, belle vie au fond, où se succèdent le travail abrutissant, les virées avec des antis et les séances sexuelles avec la «copine», le tout entrecoupé de saouleries qui ont le mérite de donner parfois une certaine impulsion à son imagination.Cela va donc à peu près, si ce n’est que la grande ville expose, avec une certaine obscénité, les laideurs de sa ntisère.Philippi voit tout cela, surtout dans la deuxième partie du roman, alors qu’il est promu, grâce à un ami, technicien en téléphonie.Il découvre alors, sans le désigner précisément, le dur passage qu’il y a du public au privé, c’est-à-dire d’un travail-corvée où on peut ménager ses efforts à un autre où on ne peut plus compter ses heures.Philippi se met alors à parcourir la grande ville, et il lui semble alors voir sa complexité, dans un condensé un peu commode.Ces obligations sérieuses ne l’empêchent pas de jouer au baby-foot, de regarder la télé — et par moments, n’importe quoi —.bref d’être un ado attarde, libido comprise: il aime les seins et les fesses des femmes quand ils sont de fortes dimensions: ils sont alors excitants et «obsi'ènes».Dans la deuxième partie de son récit, Philippi vit une vague descente aux enfers et une remontée cahin-caha.11 lui arrive de prier Dieu, et de douter de son statut de •rebelle», qui ne serait qu’une affaire de représentation: du goût pour une certaine musique tonitruante, pour un look et l'affichage d’un je-m'en-foutisme conimmle.Bref, il ne lui arrive presque rien, à ce jeune homme, un brin pique-assiette, grand jaseur, qui se lance avec délices dans des bavardages qu'il appelle pompeusement des «discussions» sur les femmes, sur la vie de couple, sur la pauvreté, ou, par-devers soi, sur les vieux.Il faut prendre ses propos et ceux de ses amis avec un grain de sel car.précise-t-il, «je me laisse la liberté d'être incohérent, inconséquent, je dis n’importe quoi pour voir si quelqu'un va me rappeler à l'ordre et pour en apprendre un peu plus aussi».Ce personnage sans assises ne pense pas grand-chose, à la véri té.Content de lui-même en cours de vie, il joue les sociologues d'occasion avec une belle naïveté que lui dictent ses humeurs du moment.Poirier l’a laissé à lui-même, à jouer par hasard les redresseurs de torts, en héros d’un jour ou d’une heure.Au risque de le laisser paraître ridicule ou pitoyable, souvent.Philippi se dit raisonnablement cultivé alors qu’il n’a lu que Bu-kowski, des journaux, des périodiques, vu un peu de cinéma, et écouté de la musique populaire.Mécréant, il lui arrive de prier le plus sérieusement du monde, de demander à Dieu la force de persévérer, de lui envoyer une femme qui réponde à ses fantasmes: une «punkette» bien roulée.Laissé à lui-même également — sans qu’on sache si cela est voulu —, il reprend à son compte des expressions entendues partout, avec les mêmes erreurs de sens, comme «se taper» devenu mélioratif.Et il aligne les calques de l’anglais: M IWrkT La tête de Phi «menu à mes sens», «fait la distance», un «.fusil fumant», mine de rien.Enfin, mais ce n’est pas la faute du personnage, les coquilles sont assez nombreuses, surprenantes dans un livre dont la présentation est si soignée.Un ami de Philippi, ayant lu ses «poèmes», l'en félicite ainsi: «C’est fameux.C’est comme de l'or pas raffiné! Un diamant bnd.Tu négliges les mots.Tu te fous de leur sens.Mais tu bombardes la feuille demotions.» Cet ami, réputé cultivé.sait de quoi il parle.Un curieux roman, donc, dont le narrateur-héros semble proche du (ialameau de Jacques Godbout et de personnages plus récents, conune ceux du film d’André Turpin Un crabe dans la tête.Et admirateur de l’œuvre de Maxime-Olivier Moutier — Risible et noir, Marie-Hélène au mois de mars, parus chez Triptyque — même si, lors d’un épisode, il épelle le nom de ce dernier ainsi: M-O-U-T-HTE-R.Il est touchant, ce personnage de Philippi, quoiqu’un ixhi bâcleur.Et parti pour rester un homme-enfant si on en croit les courriels qu’on lui adresse à la fin: de maman qui lui réaffirme son attachement, d’un ami qui lui propose une virée et d’une éventuelle nouvelle «copine».robort.chart ru ntl5 (d'sympatico.eu -, \ lomier-^y Herve Fischer 1 CybeiPtomiilliee ri- w3it*.-ur Rose-Marie Charest O vous invite à regarder la vie.avec psychologie dans un livre issu de ses chroniques hebdomadaires dans le cadre de l’émission C’est bien meilleur le matin sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada.Préface de Rene Homier-Roy wcssion EN VENTE PARTOUT l'instinct de puissance à Pane du nuniériciue 4 au 17 mai 2003 (relâche les 10 et H mai)
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