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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-05-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 20 0 7 HISTOIRE L’Allemagne s’est rendue sans conditions nnraîTHrü , -, r>, .**• x «si MÊMÊÊË PERSPECTIVES Ilot Voyageur : un trou de 100 à 200 millions -, a îm sii, —4— Une construction sur la marg^e crédit —JL,J, 1 i® flm v rvwata 11 ¥ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un risque mal calculé Comment la dérive immobilière de VUQAM a-t-elle pu se produire ?Comment a-t-on pu en arriver là?La question est sur toutes les lèvres ces jours-ci, à la lumière des révélations du Devoir sur l’ampleur du gouffre financier que constitue le projet de l’îlot Voyageur de l’UQAM, qui s’ajoute à celui du Complexe des sciences.Une direction, un conseil d’administration, un réseau de l’Université du Québec et ultimement un gouvernement féru de PPP, tous les acteurs de cette longue chaîne de décisions semblent avoir été pris par surprise par l’ampleur de la crise.C LAI RANDRÉ E CAUCHY Le chaos de la dérive immobilière de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est apparu dans toute son ampleur à la suite des articles parus dans Le Devoir cette semaine faisant état d’un trou financier de 100 à 200 millions pour la construction de l’îlot Voyageur.Un lapin était sorti du chapeau, exactement comme cela avait été le cas l’automne dernier, encore une fois après que Le Devoir eut révélé le gouffre financier de 100 millions résultant de la construction du Complexe des sciences.Si la première vague de révélations a entraîné la démission du recteur, montré du doigt comme le grand responsable, l’attention médiatique de cette semaine a provoqué une forte réaction: la ministre a demandé au Vérificateur général de se pencher sur le dossier, un ultimatum a été donné à l’UQAM pour qu’elle propose un plan de redressement d’ici la mi-juin et le réseau de l’Université du Québec a nommé un conseiller spécial pour collaborer à l’élaboration de ce plan.Entre les deux épisodes de crise, la construction de l’îlot Voyageur s’est poursuivie, à même la marge de crédit de l’université.Comment se fait-il que la lumière rouge ne se soit pas mise à clignoter plus tôt?Les décisions immobilières de la direction étaient pourtant validées par le conseil d’administration, puis par le réseau UQ (à l’exécutif pour les dépenses de plus d’un million et à l’assemblée des gouverneurs, qui comprend les chefs d’établissement de l’ensemble du réseau, pour celles de plus de deux millions)., «Ce qui est étonnant, c’est la dimension subite de l information qui déboule.Avec une bonne logique de gouvernance, on devrait être capable de voir l’évolution du chaos du projet», observe Yves Boisvert, professeur d’éthique gouvernementale à l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP).Son collègue de la chaire de recherche en gouvernance et en gestion publique de l’Université d’Ottawa, Christian Rouillard, abonde dans ce sens: «C’est étonnant qu’on ait pu se rendre si loin.Jusqu’à présent, c’est l’ancien recteur Roch Denis qui a été identifié comme le principal responsable, mais il y a quand même un conseil d’administration et aussi l’UQ qui ont une responsabilité.» Les deux experts hésitent cependant à départager le degré de responsabilité de chacun dans l’aventure.Pour que la mécanique de gouvernance fonctionne bien, tous les acteurs doivent jouer un rôle précis.«Il y a deux ingrédients miracle dans la recette: la responsabilité et la transparence.Dans le cas de l’UQAM, quelque chose n’a pas fonctionné; soit des gens n’ont pas assumé leurs responsabilités, soit d'autres n’ont pas joué correctement le jeu de la transparence», fait valoir M.Boisvert.Pour sa défense, le président du conseil d’administration de l’UQAM, Alain Lallier, évoque le cas du Complexe des sciences, pour lequel la direction ne fournissait pas, lors des réunions, un bilan complet de l’état d’avancement du projet, se contentant de faire adopter à la pièce des contrats pour des portions bien précises des travaux.Le scénario apparaît similaire du côté du réseau UQ.Outre le jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui ne semble pas avoir bien fonctionné entre les différents paliers décisionnels, les mécanismes de vérification semblent avoir eux aussi été déficients.La vérificatrice interne relevait en effet directement du recteur et ne disposait pas de ressources humaines pour mener à bien sa tâche.Pis encore, elle n’avait pas pour mandat de vérifier les projets immobiliers.Gestion de risques A la suite des recommandations du comité sur la gouvernance remises au conseil d’administration le 17 avril, la vérificatrice interne relèvera dorénavant directement du comité de vérification du conseil d’administration.Son mandat a été élargi à la dimension immobilière et elle devrait se voir octroyer des budgets pour embaucher du personnel à la mi-mai.Outre la vérification après coup, il semble que la direction et le conseil d’administration de l’UQAM aient pris des risques peut-être mal calculés dans la conduite des projets du Complexe des sciences et de l’îlot Voyageur.D’entrée de jeu, les projet^ ont démarré avant même que le ministère de l’Education ne garantisse le financement pour les locaux destinés à renseignement Pour le Complexe des sciences, on n’a finalement reçu que 25 millions des 99,5 millions attendus de Québec.Dans le cas de l’îlot Voyageur, le chantier est bien entamé et l’UQAM ne sait toujours pas si Québec est disposé à financer en tout ou en partie les salles de classe projetées.L’UQAM a aussi pris le pari de financer son futur pavillon de l’îlot Voyageur grâce aux revenus générés par la location d’espace à bureaux, de résidences universitaires et de stationnements.Or les revenus ne sont plus au rendez-vous et on anticipe plutôt un déficit d’exploitation de 12 millions par année si l’UQAM choisit de mener son projet à terme.Ce scénario suppose par ailleurs que les espaces soient bel et bien loués.Au Complexe des sciences, on constatait d’ailleurs cette semaine que seulement 30 % des espaces destinés à la location par des entreprises privées sont occupés.Ces montages financiers chancellent alors que l’UQAM est déjà dans une situation financière périlleuse et n’arrive pas à boucler son budget de fonctionnement depuis trois ans.VOIR PAGE B 2: UQAM « Ce qui est étonnant, c’est la dimension subite de l’information qui déboule » Une carrière en traduction vous intéresse?Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Une soirée d'information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 17 mai 2007 au 688, rue Sherbrooke Ouest, salle 1041, à 18 h.www.mcgill.ca/conted-translation | (514) 398-1484 Développement professionnel - cours à venir Knimwii Démystifier la recherche clinique Introduction à l'industrie pharmaceutique winkmm Planification de la marque dans l'industrie pharmaceutique Propriété intellectuelle Gestion de projet - 26 semaines miUMIfiH» Gestion de projet avancée : de la théorie à la pratique - 12 semaines 5-6 juin 12-13 juin 18-19-20 juin août septembre septembre www.mcgill.ca/conted-general | (514) 398-5454 f McGill DEVOIR, S A M E 1) I DIMANCHE PERSPECTIVES En retard dans les nouvelles j > Jean Dion LW actualité pose un * sérieux problème.(Remarquez comme cet exposé, contrairement à l’accoutumée, démarre en trombe.Pas de chichis, pas de parenthèses à n’en plus finir, pas de «ah oui en passant», soyons bref, parlons peu parlons mieux, allons droit au but, qui quoi quand où pourquoi comment et tout ça.Chronique 101, messieurs dames, et refusez toujours de vous satisfaire des imitations.) Donc, oui, l’actualité pose un sérieux problème: il faut s’y intéresser tout de suite, sinon il est trop tard.En fait, non, il n’est jamais trop tard, mais si on ne fait pas attention, on se ramasse en retard dans les nouvelles.Or, pour passer pour un plouc, rien de mieux.«Quoi, tu savais pas ça?» Remarquez, les gens adorent poser cette question dont ils connaissent déjà la réponse parce que vous venez juste de la leur donner, parce qu’ensuite ils peuvent entreprendre de vous narrer par le menu ce que vous ne saviez pas même si cela ne vous intéresse aucunement, ce qui leur permet de se livrer aux deux activités favorites de l’humanité, soit: 1- parler, sans cesse parler, toujours parler, et 2- apprendre quelque chose à quelqu’un.Le monde adore apprendre des choses au monde.Si donc vous ne saviez pas, vous passerez quand même pour un plouc, mais on vous appréciera justement pour ça.On trouve tellement de gens qui savent tout, quand on en rencontre un qui ne sait rien, on l’adopte.Et on passe soi-même pour en savoir un sacré bout, ce qui est excellent pour l'amour-propre.Du reste, pour enchaîner sur la question des mots qui n’existent pas abordée ici même il y a deux semaines, on note ici que voilà une réalité pour laquelle il n’y a pas de mot: comment appelle-t-on une nouvelle qui n’est plus nouvelle?L’expression «en retard dans les nouvelles» relève elle-même de la contradiction oxymoronique puisque, lorsque la constatation du retard survient la nouvelle ne l’est plus, sinon il n'y aurait pas de retard.J’ai donc l’insigne honneur de proposer ancielle, ni., qui désigne une nouvelle suffisamment ancienne pour que quelqu’un qui n’en est pas au courant se fasse dire «Quoi, tu savais pas ça?» mais pas assez vieille pour qu’on croie que vous l’avez déjà sue mais que cela fait tellement longtemps que vous l’avez déjà oubliée.Selon son intensité, la nouvelle perd son statut et devient ancielle dans un délai variant entre deux minutes et une semaine après son apparition.Après avoir elle-même vécu pendant une période indéterminée, l'ancielle devient à son tour un fait historique, mais peu de gens demandent aux autres «Quoi, tu savais pas ça?» à propos de faits historiques, de crainte de passer pour des intellectuels.11 est par ailleurs proposé de nommer la somme des ancielles, événements présents portés à la connaissance du sujet alors qu’ils sont passés, la réactualité, comme ça, juste pour passer le temps dans l’ignorance.Ceci pour dire que lorsqu’on fait profession de commenter l’actualité, on n’a souvent pas le temps de la suivre, pour la raison précise qu’on est train de la commenter.On aurait tendance à penser qu’une telle posture ne pour- rait tenir le coup longtemps, exposé qu’on se trouve dès lors aux accusations d’imposture, de charlatanisme et de pas rapport, mais ce n’est pas le cas, car ceux qui sont occupés à prendre connaissance de votre commentaire ne peuvent l’être à suivre l'actualité, ne savent pas ce qui se passe et ne sont donc pas en mesure de déterminer si ce que vous racontez est conforme ou non à ce qui est en train de se produire.frire encore, il est tout à fait possible qu’ils se fient à vous pour comprendre l’actualité alors que vous en parlez sans la connaître! Il importe donc de se méfier des gens qui vous demandent «Quoi, tu savais pas ça?», car ce qu’ils «savent», ils peuvent l’avoir appris d’un professionnel qui lui-même ne savait pas! Vous me suivez?Non?C’est bien correct.Vous devriez suivre l’actualité, à la place.Bref, donc, un ami m’envoie un courrier électrique cette semaine pour me dire que Justin Trudeau a dit à un moment donné que le Québec était «une région incroyable du Canada».Cet ami sait que j’adore ce mot incroyable, utilisé à satiété dans le domaine du merveilleux monde du sport et en plusieurs autres circonstances.Personnellement, je m’étonne toujours de ce que la plupart des gens se disent croyants, tout disposés à croire en une quelconque improbable divinité qui aurait parlé aux humains il y a des centaines d’années et exigerait qu'ils se plient à des rites abscons et interviendrait dans la conduite terrestre des choses, mais trouvent «incroyable» une remontée de deux buts ou une hausse d’un dixième de cent du prix du litron de foutu sans-plcmb.Bien sûr, je ne savais pas que le fils du père avait dit ça, ni que, vérification faite, ça remontait a l’automne dernier, soit à la limite de l’ancielle et du fait hL torique.Mais voyez un peu: l’avantage d’apprendre les choses en retan i, c’est qu’on a le temps d’y réfléchir sans se presser puisque si l’actualité trépidante est venue les bousculer, cette actualité est déjà lourdement surannée et donc réfractaire au commentaire.Or la réflexion se présente ainsi: que signifie donc que le Québec est une région incroyable du Canada?Quelques pistes pour un week-end d’enfer à débattre avec les copains: 1- Il est impossible de croire que le Québec est une région.Si c’était le cas, les régions du Québec deviendraient dès lors des sous-régions, et on imagine d’ici le tollé, les régions se sentant déjà assez délaissées comme c’est là.L’aliénation grandirait, les politiciens auraient peur de parler du développement sous-régional et les habitants des sous-régions décrieraient les intellectuels du sur-Plateau.Dans cette optique, l’affirmation est vraie.2- D est impossible de croire que le Québec est une région du Canada.Vrai encore.Si le Québec fait partie du Canada, il n’en est pas une région mais une nation dans un Canada uni, comme on nous l’a dit Et s’il n’est pas dans le Canada, il n’en est pas une région non plus parce qu’il est ailleurs.C.Q.ED.3- Il est impossible de croire le Québec quand il racpnte quoi que ce soit.Re-vrai.Ecoutez-le un peu, le Québec: égalité ou bedon indépendance, si ça marche pas on va se séparer, on veut être une région du Canada mais pas vraiment une région, une partie du Canada mais plus qu’une partie, et puis euh.Concluons donc provisoirement de cette modeste démonstration qu’un Trudeau a toujours raison.Si vous ne saviez pas ça, vous êtes en retard dans les nouvelles.jdion'ulede vo ir.corn Mario Dumont entend jouer dur Une session inédite PQ, PLQ et ADQ tenteront d’établir leur rapport deforce à l’Assemblée nationale ROBERT DUTRISAC Québec — Mardi s’ouvre à Québec une session parlementaire inédite où un gouvernement minoritaire affrontera deux groupes d’opposition formant près des deux tiers de l’Assemblée nationale.Dans cette première confrontation, les trois partis chercheront à établir leur rapport de force daps un contexte où rien n’est joué .A voir Mario Dumont s’entêter à ne rien changer aux règles parlementaires, on sait déjà que l’Action démocratique du Québec entend jouer dur et que l’opposition officielle ne donnera pas sa place.Avant même que la session ne s’amorce, une première partie de bras de fer a cours au sujet des règles parlementaires.A l’heure d’écrire ces lignes, on ne sait même pas si les commissions parlementaires pourront fonctionner.Le Parti québécois menace de bloquer la nomination des présidents et des vice-présidents des commissions, ce qui requiert l’unanimité de leurs membres députés.Mario Dumont refuse de faire des changements à la pièce et renvoie le tout à l’adoption éventuelle de la réforme parlementaire dont les députés discutent depuis dix ans.Il se défend d’être rancunier, mais il n’a certes pas oublié le traitement que lui avait réservé en 2003 André Boisclair, alors leader parlementaire, sur la question du temps de parole lors des périodes de questions à l’Assemblée nationale.M.Dumont en parle d’ailleurs avec acrimonie dans son autobiographie intitulée Avoir la force de ses convictions.Mais au-delà de cette vengeance dont il savoure tous les sucs, Mario Dumont n’est certainement pas sans voir dans la composition contraignante des commissions un moyen de désorganiser le gouvernement et d’épuiser la députation libérale.Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier, l’homme des situations inextricables chez les libéraux, pourrait-on dire, est bien embêté: il ne dispose pas de suffisamment de députés n'ayant pas de charges ministérielles ou autres pour assurer la majorité gouvernementale aux dix commissions permanentes lorsque quatre d’entre elles — c’est le cas lors de l’étude des crédits et à la session intensive — siégeront en même temps.Les libéraux sont même prêts à abandonner leur majorité à ces commissions pour revenir aux règles qui prévalaient avant 1998, selon lesquelles la composition des commissions doit refléter celle de la Chambre.MATHIEU BELANGEK REUTERS Les trois chefs de parti croiseront le fer à l’Assemblée nationale à compter de mardi.C’est d’ailleurs la règle à Ottawa.Mario Dumont avait oublié hier que cette règle avait été modifiée en 1998 afin, justement, de lui permettre de participer aux travaux des commissions.Parions toutefois que les élus parviendront à s’entendre in extremis afin d’éviter la paralysie du Parlement.Des reculs C’est à une série de reculs que Mario Dumont convie Jean Charest quand le premier ministre prononcera son discours inaugural, mercredi: recul sur la privatisation d’une partie du parc du Mont-Orford, recul sur les hausses des droits de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), recul sur les conseils d’agglomération des grandes villes et, surtout, recul sur la baisse d’impôt de 950 millions, tirée du règlement du déséquilibre fiscal, qu’a promise Jean Charest en campagne électorale.«Le jupon dépasse.Il demande des reculs pour, après ça, accuser le gouvernement de ne pas avoir respecté ses engagements», a fait observer Jean-Marc Fournier.C’est juste: dans tous les cas de figure, l’ADQ garde l’initiative.Mercredi, Jean Charest livrera son discours inaugural qui mettra la table pour le budget, à déposer le 24 mai, selon les informations qui ont filtré.Dans ce discours, le premier ministre «en aura pour tout le monde», indique-t-on dans « Il demande des reculs pour, après ça, accuser le gouvernement de ne pas avoir respecté ses engagements » son entourage, façon de tenir compte des résultats du 26 mars.Encore cette semaine, Jean Charest a réitéré son intention de procéder à la baisse d’impôt promise.«Je n’ai rien vu depuis qui m’a fait changer d’idée», a-t-il dit.«On ne renoncera pas aux baisses d’impôt.On ne se reniera pas», in-siste-t-on dans son entourage.Procéder à cette baisse d’impôt substantielle, c’est une façon pour Jean Charest de se refaire une virginité, lui qui a passé pour un chef qui manquait à ses promesses.L'affrontement apparaît inévitable.Tant l’ADQ que le PQ attendent le gouvernement au tournant «Si, sur des enjeux où les deux partis d'opposition sont campés, le premier ministre s'en va tester l’élastique, vous imaginez dans quel genre de crise politique il placerait l'Assemblée nationale», a dit Mario Du-mopt hier.«Ce serait assez fanfaron.» A son avis, Jean Charest n’osera pas, même si le premier ministre «confond parfois l’entêtement avec la détermination».Au PQ, la dernière chose qu’on voudrait provoquer, c’est la chute du gouvernement.Peut-on imaginer qu'André Boisclair se retrouve en campagne électorale avec un parti désargenté et divisé au sujet de sa personne même?«On a d’énormes réserves [à propos des baisses d’impôt].Et on ne vendra pas notre âme», assure la leader parlementaire Diane Lemieux.Pour contrer un budget qu’ils trouveraient inacceptable, les pé-quistes envisagent de présenter des amendements au budget ou un projet de loi le modifiant.C’est du jamais vu à Québec, mais c’est une tactique qui a été employée par les partis d’opposition à Ottawa.A cet égard, le Bloc québécois sera de bon conseil.Option Canada Mais avant le dépôt du budget, le gouvernement Charest devra faire face à la tempête politique que risque de déclencher la publication du rapport de la commission Grenier sur Option Canada.Mario Dumont se frotte déjà les mains en attendant que des têtes roulent dans l’entourage du premier ministre.Ce rapport pourrait devenir un fait marquant de la session, «peut-être même plus que le budget et les crédits», estime le chef adéquiste.Le juge Grenier doit remettre son rapport le 15 mai au directeur général des élections (DGE), qui a promis de le rendre public dans les jours qui suivront Gageons que le gouvernement voudra traverser cette mauvaise passe avant le dépôt du budget La session sera courte et intense, répète-t-on de part et d’autre.Si le budget est déposé le 24 mai, les débats sur le budget et sur les crédits s’étendront jusqu’au 15 juin environ, laissant peu de temps avant l’ajournement prévu au plus tard le 22 juin.En fait, à part un projet sur le transport des armes semi-automatiques, le gouvernement n’a rien annoncé sur le plan législatif.Il est à peu près assuré que peu de projets de loi, voire aucun, seront adoptés lors de la session.Si le gouvernement dépose des projets de loi, leur étude sera reportée à l’automne.Dans la dernière édition du magazine L’Actualité, Mario Dumont affirme sans ambages: «Ceux qui me connaissent savent qu’instindi-vement, je suis un gars de pouvoir Il n 'est pas dans ma nature d’être dans l’opposition.» De la part de quelqu’un qui a passé 13 ans dans l’opposition, cette déclaration a de quoi surprendre.Mais compte tenu de l’état d’esprit dans lequel se trouve le nouveau chef de l’opposition officielle, il est clair qu’à partir de maintenant, chaque session sera pour lui une des quelques marches qui le conduiront à son but ultime: devenir premier ministre du Québec.«Faire des compromissions, ce n’est pas dans nos plans», a-t-il dit hier.Jean Charest taxe Mario Dumont d’arrogance, mais sans doute s’agit-il chez le chef adéquiste de l’expression d’une ambition désormais effrénée.Le Devoir UQAM SUITE DE LA PAGE B 1 L'université a dû augmenter considérablement sa marge de crédit depuis deux ans, la faisant passer de 90 millions en 2004 à 275 millions actuellement.Elle voudrait encore la faire augmenter, à 348 millions cette fois, si toutefois le réseau UQ y consent Un autre pari s’est avéré hasardeux: celui de réaliser son ambitieux projet de l’îlot Voyageur en concluant une forme de partenariat public-privé.La firme Busac a elle-même emprunté 269 millions sur les marchés financiers pour la construction du pavillon universitaire, d’une tour à bureaux et de la gare d’autobus.Ce prêt est garanti par l’université.«Une drôle d’idée», au dire même de la vice-rectrice aux affaires administratives et financières, Monique Goyette.Or les coûts de construction risquent d’être plus élevés que prévu et les revenus, moins importants.L’UQAM n’est plus certaine de vouloir aller de l’avant avec ces trois composantes du projet, par crainte de creuser davantage son déficit Mais voilà, peut-elle se désister aussi simplement?«Ce seront des négociations difficiles», confiait jeudi M.Laitier.Le professeur Christian Rouillard, qui a étudié plusieurs projets de PPP à travers le monde, s’étonne que l’UQAM se retrouve à assumer les coûts supplémentaires du projet, du moins selon les informations qui ont filtré à ce jour sur l’entente, qui n’a pas été rendue publique.«Cela semble un contrat particulièrement mal négocié.C’est quand même étonnant, surtout quand on a un gouvernement qui mise énormément sur les PPP», constate M.Rouillard, soulignant que Québec aurait eu intérêt politiquement à veiller davantage au grain, d’autant qu’il a mis sur pied une agence à cette fin.Cette aventure incite à une réflexion de fond sur les grands projets.Citant le cas de l’UQAM, le métro de Laval et les différentes versions du futur CHUM, Yves Boisvert se demande si les administrations publiques sont aussi rigoureuses que nécessaire dans leur façon de gérer les projets en amont «Est-ce qu’on a la lucidité et PRESIDENTIELLES 2 0 07 PROGRAMMATION SPÉCIALE L’AGENDA 1V5 WWW r V 6 , C A ELECTIONS 2e TOUR L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR la volonté, avant de se lancer dans les grands projets, de s’assurer que les scénarios sont réalistes?Dans le milieu universitaire, le classique des classiques, c’est de se dire: “De toute façon, le gouvernement va éponger les déficits s’il y en a.”», illustre-t-il.Pour l’heure, la ministre de l’Éducation attend que l’université fasse le ménage dans sa propre cour.In direction aura fort à faire pour remettre le navire à flot naviguant entre les syndicats, les étudiants, la firme privée Busac, ses financiers, le réseau UQ.Le tout en essayant de préserver sa mission essentielle: l’enseignement et la recherche.Le Devoir DIMANCHE 13h1 0 EN DIRECT LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2 0 0 7 B 3 PERSPECTIVES Les deux Turquie L’affrontement entre laïcité et islam politique touche les plus hautes sphères du pouvoir Nouveau chapitre dans l’affrontement entre laïcité et islam politique en Turquie.Et non le moindre.Cette fois-ci, la guerre touche très directement aux plus hautes sphères du pouvoir politique.Il y a une semaine, elle a déclenché une crise telle qu’elle a soulevé la crainte d’un autre coup d’État militaire.Dans l’espoir de crever l’abcès, le Parlement a convoqué à l’unanimité des élections législatives anticipées pour le 22 juillet.GUY TAILLEFER .T o Turquie est à 99 % musulmane et, A-/donc, je reflète les valeurs de nos citoyens.Les sénateurs américains font la même chose.L’armée finira par s’y habituer», disait Abdullah Gül en 1996.Un an plus tard, le gouvernement ouvertement islamiste de Necmettin Erbakan et son Parti du bien-être, dont faisaient partie M.Gül et l’actuel premier ministre Recep Tayyip Erdogan, étaient chassés,du pouvoir par l’armée dans un coup d’Etat qui, à l’époque, fut qualifié de «postmodeme».L’armée ne s’y est pas habituée et ne s’y habitue toujours pas.Dix ans plus tard, M.Gül, actuel ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement «islamiste modéré» du Parti de la justice et du développement (AKP), est au cœur de la crise qui a éclaté le vendredi 27 avril au Parlement autour de l’élection à la présidence de la république, l’institution beaucoup plus qu’honorifique qui, avec l’armée, constitue le grand garant du caractère laïque de l’Etat turc fondé en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.Catégoriquement opposée à l’élection à la présidence de M.Gül, seul candidat en lice, l’opposition laïque du Parti républicain du peuple a boycotté le vote, contestant la tenue du scrutin au prétexte que le Parlement n’avait pas le quorum des deux tiers des députés.L’invalidation du vote a été confirmée quelques jours plus tard dans une décision controversée rendue par la Cour constitutionnelle, dominée par les kémalistes.La fracture Cette crise est d’autant plus grave entre laïcs et islamisants qu’elle s’inscrit dans le laborieux cheminement de la Turquie vers son éventuelle et lointaine intégration à l’Union européenne.«Dans la foulée de ce 27 avril fatidique, la Turquie se fracture», écrit l’analyste Cengiz Çandar dans le Turkish Daily News.«Ce n’est plus une nation confiante, marchant vers l’intégration européenne.Il s’agit plutôt d’un pays profondément polarisé.» C’est dire qu’au-delà du bras de fer qui se joue au Parlement, beaucoup d’analystes jugent que l’affrontement a atteint un point critique.L’état-major de l’armée y est allé d’un avertissement sévère contre l’AKP de M.Erdogan à la télévision et sur son site Internet, ce que certains ont qualifié de «coup d’Etat virtuel».«Personne ne doit douter», ont prévenu les militaires, de la volonté de l’armée de faire son «devoir légal» pour protéger la laïcité de l’État.Et d’ajouter «La mentalité islamique réactionnaire qui se déploie contre la république prend de l’ampleur.» « li L 1 & ï , 'Ve' La société turque est maintenant profondément divisée.OSMAN ORSAL REUTERS L’armée aura voulu se faire conforter dans ses positions par l’immense manifestation anti-AKP qui a eu lieu dimanche dernier à Istanbul en présence de centaines de milliers de citoyens turcs des classes moyennes, dont l’opposition claire et nette à l’islamisation de la société ne fait pas pour autant d’eux, a-t-on noté, des tenants d’une intervention militaire.De fait des milliers de jeunes, souvent des étudiants, a souligné la correspondante du journal Le Monde, étaient parmi les manifestants, mais avec leur propre slogan: «Ni charia, ni coups d’Etat, mais une Turquie démocratique.» En riposte, M.Erdogan a rappelé en termes non moins fermes à l’état-major qu’il était tenu de se soumettre aux autorités élues.Par bravade et pour la forme, M.Gül a maintenu sa candidature à la présidence, qui fera l’objet demain, en conformité avec les règles parlementaires, d’un second vote que l’opposition boycottera de nouveau.L’Union européenne Tout cela montre bien dans quel labyrinthe se trouve la société turque, comme, du reste, l’UE.Les Européens ont condamné l’entrée en scène de l’armée, ce qui les place dans l’étrange position d’avoir à dénoncer une institution qui défend la laïcité contre un gouvernement qui, tout en ayant réalisé certaines réformes démocratiques pro-européennes depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, a aussi fait des tentatives, emmenées par son aile dure, d’islamisation de la société, tentant notamment de libéraliser le port du voile dans les institutions publiques.L’Europe ne veut ni des baraquements, ni des Eglises, ni des mosquées.En entrevue cet- « Ce n’est plus une nation confiante, marchant vers l’intégration européenne » te semaine à la télévision d’Etat TRT, M.Gül a renvoyé l’armée à ses contradictions en mettant en exergue la modération de l’AKP: «Ceux qui bénéficieraient vraiment de l'UE seraient les laïcs qui remplissaient [dimanche] les places à Tandogan et Çaglayan.Une Turquie dirigée par l’islam politique ou par des fondamentalistes ne pourrait pas se joindre à l’Europe.» Difficile, par ailleurs, de croire que M.Erdogan n’ait pas, devant une armée aussi chatouilleuse, prévu qu’en tentant d’imposer son candidat à la présidence, il s’exposerait à pareille crise.Guère une semaine ou un mois ne passe en Turquie sans qu’une déclaration ou un affrontement entre mouvance islamique et défenseurs de la laïcité fasse la manchette des journaux nationaux.Dans l’impasse, le Parlement turc a convenu à l’unanimité, jeudi, de déclencher des législatives anticipées pour le 22 juillet.En parallèle, l’AKP a déposé un projet d’amendement constitutionnel qui ferait en sorte que le président turc soit élu non pas par le Parlement mais au suffrage universel.Que faut-il attendre des élections générales?Le premier ministre Erdogan demeure populaire et, sous sa gouverpe, le pays a connu la croissance économique.A vue de nez, l’AKP est en bonne position pour conserver sa majorité.Il est peu plausible que les élections résoudront la crise, remarquait hier Yusuf Kanli dans le Turkish Daily News, appréciant en même temps que la Turquie «se mette enfin à discuter d’un de ses problèmes les plus fondamentaux: la place de la religion dans le pays».Le Devoir Avec Le Monde et The Christian Science Monitor Représentante d’une région contrôlée par les talibans Le quotidien d’une députée qui vit cachée Dans le sud du pays, les Afghanes sont obligées de raser les murs JEAN PIERRE PERRIN Kaboul et Kandahar — Lorsque Nassima Niazi se rend à Lashkar Gah, la capitale provinciale du Helmand (sud de l’Afghanistan), elle quitte son léger voile en tulle, qui ne cache guère sa chevelure, pour un épais tcha-dri (le voile afghan qui recouvre le corps et le visage), prend un premier bus de Kaboul à Kandahar et un second jusqu’à la petite ville.Son portable, elle le laisse à Kaboul et, lorsqu’il sonne, la personne de confiance qui répond fait croire que la jeune femme est toujours dans la capitale.Si Nassima Niazi se cache ainsi pour se rendre — «deux fois par mois», préci-se-t-elle — à Lashkar Gah, au cœur d’une région sous l’emprise des talibans, c’est parce quelle en est l’une des parlementaires.Elle se doit donc d’y être présente, même si elle reconnaît qu’il ne lui est pas possible d’être efficace dans de telles conditions.Une fois dans la ville, contrôlée par les forces britanniques et où elle se sent «comme dans une prison», elle s'inquiète d’être suivie, ce qui l’incite à changer régulièrement de tchadri.Sachant qu’elle serait exécutée par les talibans si elle était découverte, se décrit-elle comme courageuse, voire téméraire?«Non, je suis obligée d’agir ainsi.Et un proverbe afghan dit que l’on ne peut pas se prétendre vaillant si Ton est obligé de l’être.» «Hier, ajoute-t-elle, mon beau-père est mort, mais il m’a été impossible d’aller à son enterrement.Je n’avais aucun moyen de m’y rendre rapidement.» Pas moyen non plus de compter sur les forces de l’ISAF (la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN).«Elles ont les moyens de m’aider à me rendre à Lashkar Gah, mais elles ne veulent rien faire pour un simple député.Et l’ambassade britannique refuse aussi de m’aider», poursuit-elle.« Pire pour les jeunes » Nassima Niazi reconnaît que la peur dans le Helmand est désormais générale.Elle y a accompagné il y a quelques semaines le président afghan, Hamid Karzaï.À l’aéroport, toutes les femmes professeurs venues l’accueillir avaient revêtu un tchadri pour ne pas être reconnues.«Elles craignaient d’être ensui- te tuées.C’est pour cela que la présidente de l’Association des femmes ne s’est pas déplacée, indique-t-elle.La situation est encore pire pour les jeunes générations.Pour toute la province, deux garçons seulement ont pu s’inscrire à l’université de Kandahar, et pas une seule fille.» Après la chute des talibans, fin 2001, le gouvernement afghan avait fait de l’éducation des filles l’une de ses priorités.Aujourd’hui, dans quatre provinces du Sud (Kandahar, Helmand, Zaboul, Oruzgan), les écoles pour filles, où les talibans sont les plus actifs, sont souvent brûlées, leurs instituteurs risquent d’être assassinés et les parents d’écolières sont menacés de mort.Selon la presse afghane, sur les 224 écoles qui se sont ouvertes à partir de 2002 dans le Helmand, au moins 90 d’entre elles ont dû fermer ou ont été détruites.Seules les écolières de la capitale provinciale Lashkar Gah peuvent encore aller en classe sans danger et celles demeurant dans un district qui échappe encore aux talibans.Officiellement, deux districts seulement des quatre provinces du sud sont entre les mains des talibans, l’un dans le Helmand, l’autre dans celle de Zaboul.En réalité, la plupart des districts sont contrôlés par les talibans, à l’exception des chefs-lieux tenus par les forces gouvernementales, le plus souvent des policiers.Ce sont d’ailleurs ces derniers qui payent le prix le plus lourd, à tel point que le ministère afghan de l’Intérieur se refuse à publier les chiffres de leurs pertes pour ne pas freiner le recrutement.Mais, selon un conseiller de ce ministère, plus d’un millier de policiers ont trouvé la mort en un an, la plupart dans le sud et le sud-est du pays.«Les talibans sont implantés désormais dans chaque district du sud de l’Afghanistan», résume Mohammed Issa, l’ancien procureur général de Kandahar et de quatre autres provinces, qui a démissionné pour protester contre la corruption généralisée «dans tous les secteurs de l’administration, y compris la justice»-.«Ils profitent du fait que 80 % de la population ne soutient plus personne.«Un proverbe afghan dit que l’on ne peut pas se prétendre vaillant si l’on est obligé de l’être » Il n’y a que 10 % des gens du côté des talibans, mais ils n’appuient pas davantage le gouvernement.Car celui-ci n 'a nommé que des sales types, ce qui fait que tous les bons sont aujourd’hui à la maison», ajoute-t-il.«Oui, nuance Taymour Shah, journaliste à Kandahar et cofondateur de la Société civile des jeunes Afghans, mais les talibans ne permettent pas à la population de rester neutre.Et puis, ils lui disent: “C’est mieux d’avoir les talibans que les soldats britanniques qui tuent vos enfants ou détruisent vos maisons et ce gouvernement qui n’est pas honnête.”» Grande bataille «Chaque jour, la situation se dégrade davantage», renchérit Nassima Niazi, qui blâme à la fois le gouvernement Karzaï' et l’ISAE Karzaï', pour la corruption et le népotisme de l’administration qu’il a mise en place, «ce qui fait que les populations ne croient plus en l’État».L’ISAF, pour sa méconnaissance du pays et de ses traditions, ce qui donne du grain à moudre aux talibans.Un exemple?«Le fait que des soldats occidentaux viennent dans les villages fouiller maison après maison, une pratique totalement contraire aux us et coutumes afghans.» Taymour Shah est aussi sévère envers les forces de l’OTAN: «Il n’y a aucune coordination entre elles.Dans TOruzgan, nous avons les forces néerlandaises qui ne veulent pas se battre contre les talibans.Dans le Helmand, les Britanniques, eux, sont encore plus lâches: ils cherchent à s’entendre avec eux.Seuls les Canadiens, dans la province de Kandahar, sont vraiment agressifs.» Les insurgés viennent d’annoncer une nouvelle offensive, appelée Ghaz-watul Badr, nom d’une bataille victorieuse menée par Mahomet il y a 1400 ans, qui atteindrait cette fois le nord du pays.Mais celle-ci, si elle délaisse le terrain de la guérilla, risque de s’avérer très coûteuse en hommes et in fine désastreuse pour les talibans.Libération Michel David Le carré de sable Il a suffi d’un petit mois après la percée fulgurante de l’ADQ pour faire naître chez les deux autres partis représentés à l’Assemblée nationale une furieuse envie de doter le Québec d’une constitution.Cela donne la mesure de la recomposition du paysage politique québécois depuis le 26 mars.Après avoir été l’instigateur du «partenariat», Mario Dumont avait été complètement marginalisé après le référendum de 1995.Aujourd’hui, c’est lui qui redéfinit le cadre du débat sur la question nationale.Le député péquiste de Mercier, Daniel Turp, avait été mortifié de voir André Boisclair ranger sur les tablettes le projet de constitution initiale d’un Québec souverain sur lequel il planchait depuis des années et que prévoyait le programme adopté au congrès péquiste de juin 2005.11 lui a fallu à peine trois semaines pour rédiger un projet de constitution d’un Québec faisant toujours partie de la fédération canadienne.Le virage est pour le moins abrupt, mais il n’est jamais trop tôt «pour affirmer notre identité et nos valeurs», n’est-ce pas?Bien entendu, sa démarche n’a pas fait l’unanimité parmi ses collègues, mais le PQ devra bien prendre acte de la nouvelle réalité d’une manière ou d’une autre.L’intérêt nouveau du ministre responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes, Benoît Pelletier, est tout aussi révélateur.M.Pelletier, qui n’avait encore jamais trouvé le projet aussi «porteur».Cette fois, ça y est «Le Québec est mûr» pour une constitution.Le PLQ y aura mis le temps.Le rapport Gérin-Lajoie, adopté par la Fédération libérale du Québec en octobre 1967, en faisait déjà la proposition.«On peut difficilement mettre en doute la nécessité de réunir dans un document strictement québécois les règles fondamentales devant régir l’organisation et le fonctionnement de l’État du Québec», pouvait-on y lire.«Petit à petit, le ruisseau perce le rocher», se plaisait à répéter Claude Ryan.Sauf que c’est long.?En toute justice pour M.Pelletier, son rapport de 2001 évoquait implicitement la possibilité de rédiger une constitution.«Il pourrait être opportun qu’un prochain gouvernement libéral procède à une mise à jour ou à une consolidation des principes tirés ou inspirés de certains documents constitutionnels, législatifs et jurisprudentiels jugés fondamentaux pour la société québécoise.» Cette «consolidation des valeurs québécoises» devrait faire l’objet d’une commission parlementaire où la société civile pourrait se faire entendre, précisait le rapport.On n’utihsait pas le mot «constitution», mais le PLQ a généralement peur des mots.De toute manière, le projet est demeuré lettre morte.M.Pelletier se plaint aujourd’hui que Mario Dumont lui ait volé son concept d’autonomie, mais à qui la faute si rien n’a été fait pour la concrétiser?Maintenant que l’ADQ n’est plus une quantité négligeable, on comprend très bien que le gouvernement Charest ne peut pas se permettre de lui abandonner le terrain de l’affirmation sans séparation, mais M.Pelletier a été très clair sur un point: cela devra se faire sans heurter Ottawa.Selon lui, le projet présenté par Daniel Turp est inacceptable parce qu’il suppose le rapatriement de certains pouvoirs, donc une réouverture de la Constitution canadienne.«C’est une démarche qui est viciée à la base parce qu’elle repose sur une réforme du fédéralisme canadien», a-t-il expliqué dans une entrevue au Soleil.On peut se demander dans quelle mesure M.Pelletier était bien conscient de la portée de ce qu’il disait.Il est inacceptable de tabler sur une possibilité de réforme du fédéralisme! Autrement dit, tout est permis à la condition de ne rien changer.Voilà un remarquable résumé de la politique constitutionnelle du PLQ depuis les échecs de Meech et de Charlottetown.Remarquez, on ne sait pas encore à quelle hauteur Mario Dumont va placer la barre.La plate-forme électorale de l’ADQ parlait simplement d’une démarche visant à «affirmer notre identité et nos valeurs dans une démarche non partisane».M.Pelletier n’aurait pas dit autrement.Le projet de constitution adopté par le conseil général de l’ADQ en 2001 allait cependant beaucoup plus loin, reprenant intégralement les recommandations du rapport Allaire, qui ne laissait au gouvernement fédéral que cinq domaines de compétence exclusive: la défense, les douanes, la gestion de la dette commune, la monnaie et la péréquation.Au congrès de Drummondville, en septembre 2004, il était encore question de «récupérer tous les leviers politiques, économiques, culturels et sociaux» nécessaires à l’épanouissement des Québécois.«Cette vision est en cela fidèle à la recherche d’autonomie qui est au cœur du rapport Allaire», pouvait-on lire dans les documents remis aux congressistes.Où en est aujourd’hui la réflexion parfois sinueuse de Mario Dumont qui, en 2002, avait carrément chassé la question constitutionnelle de son écran radar?Les propos que le nouveau leader parlementaire de TADQ, Sébastien Proulx, a tenus à ma collègue Kathleen Lévesque donnent clairement à penser que la perspective du pouvoir l’incitera à réduire ses demandes d’antan.Certes, le rapport Allaire est redevenu une source d’inspiration, mais de plus en plus lointaine.«Le rapport Allaire, c’est d’où on vient.Mais aujourd’hui, le Québec a changé.Le Canada aussi.Il y a des pans de notre activité qu’on contrôle complètement.Il y a plein de choses qu’on peut faire à l’intérieur de la Constitution canadienne», estime M.Proulx.Quels sont les secteurs dont la nouvelle ADQ renoncera à réclamer l’exclusivité?La langue?La culture?Les communications?La santé?Les résultats du 26 mars ont permis à M.Dumont de déterminer sur quel terrain va se jouer la partie au cours des prochaines années, mais il reste à en déterminer les limites.Une démarche comme celle de Daniel Turp vise manifestement à l’empêcher de le réduire à un simple carré de sable.Le chef de l’ADQ ne devrait cependant pas trop s’en faire: après avoir liquidé André Boisclair, le PQ préférera sans doute continuer à jouer tout seul dans son coin.mdavidfaledevoir.com B 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2007 EDITORIAL L’avenir d’André Boisclair La campagne pour obtenir la démission d’André Boisclair de la direction du Parti québécois est bien enclenchée.De sourde qu’elle était il y a encore quelques jours, elle se déroule maintenant sur la place publique.Certains réclament la tenue d’un vote de confiance rapide; d’autres, tout simplement son départ.La situation, si elle n’est pas clarifiée rapidement, entraînera ce parti dans un débat destructeur.L e Parti québécois n’est pas comme les autres partis.On exagère à peine en disant que ce sont les militants qui dirigent, le chef n’étant à leurs yeux que leur porte-parole.Celui-ci ne peut sans risque d’être blâmé, s’éloigner de l’orthodoxie partisane.Par contre, on attend qu’il ouvre la porte du paradis de la souveraineté.André Boisclair ayant été incapable de répondre à leurs attentes, il n’est pas étonnant qu’aujourd’hui nombre de militants souhaitent le voir partir.La performance électorale du chef péquiste a été, il est vrai, décevante.On peut de fait parler d’échec puisque le Parti québécois a même perdu son titre d’opposition officielle à l’Assemblée nationale.Les 28,4 % de suffrages recueillis le ramènent presque à son point de départ de 1970, alors qu’il avait recueilli 24 % des voix.Le recul est majeur.La responsabilité de cet échec revient en premier à M.Boisclair.Certes, il s’est montré combatif durant cette campagne électorale, mais son style personnel et son absence de charisme rendent ,1a communication avec les électeurs difficile.A l’intérieur même du parti, il n’a pas non plus été ce chef rassembleur, capable de mobiliser ses troupes.D a plutôt heurté nombre de militants en voulant faire un «nouveau Parti québécois», qui s’est révélé n’être qu’un simple maquillage, comme l’a illustré Lia rénovation graphique du logo du parti.‘wCjfc André Boisclair n’est toutefois pas le seul res-W ponsable de cet échec électoral.Les militants ont aussi leur part de responsabilité.Ce sont eux qui ont fait en sorte qu’une partie de la campagne électorale porte sur la démarche vers la souveraineté adoptée au congrès de juin 2005.Ce discours était en porte-à-faux eu égard aux attentes des électeurs.Et il faut bien le souligner, nombreux sont aussi les militants qui n’ont pas voulu donner à leur chef la chance au coureur qu’il méritait refusant de mettre la main, qui à la pâte, qui à son portefeuille.Devant un tel échec, André Boisclair doit-il quitter la direction du Parti québécois, comme le souhaite par exemple un Denis Lazure qui a lancé un appel en ce sens dans nos pages cette semaine?Chose certaine, le leader péquiste doit regarder la réalité froidement et se demander s’il a la capacité de rallier son parti et de le conduire dans le processus de réflexion sur le programme qu’il a proposé d’engager.Pugnace, André Boisclair nous a montré qu’il peut l’être.Il peut avoir le goût d’affronter les militants pour les forcer à changer, mais il est difficile d’imaginer qu’il puisse être au Parti québécois ce que Tony Blair a été au Parti travailliste en Grande-Bretagne.Son leadership est trop affaibli pour qu’il puisse exercer une autorité morale sur les militants.Mieux vaudrait qu’il laisse la place à quelqu’un d’autre.Un nouveau chef élu après avoir défendu sa vision de l’avenir du Parti québécois aurait cette autorité.L’actuel chef péquiste peut croire qu’il demeure l’homme de la situation ou qu’à a droit à une seconde chance.Il est des analyses que lui seul peut faire à cet égard.Si c’est la conclusion à laquelle il devait arriver, il lui faudrait alors se soumettre à un vote de confiance auprès de ses militants.Cela devrait se faire sans tarder, au plus tard au début de l’année prochaine.Des élections générales pouvant survenir à n’importe quel moment dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, le Parti québécois est tenu d’agir dans une certaine urgence.Le contraire pourrait lui être fatal.Bernard Descôteaux Ça discute ! ?administration Bush commet aujourd’hui le geste qu’elle se refusait de faire hier: prendre langue avec le diable.En marge d’un sommet consacré à l’avenir de l’Irak, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a échangé des mots I avec le chef de la diplomatie iranienne avant de s’entre-tenir plus longuement avec son homologue syrien.Ce changement d’inflexion a ceci de spectaculaire qu’il indique qu’après s’être obstiné à défendre la politique de la chaise vide, Bush vient enfin d’adopter une des conclusions fondamentales de l’Irak Study Group (ISG): avoir recours à la diplomatie et pas uniquement à la force.Fait à noter, il est plus que probable que dans la modification apportée, l’actuel patron du Pentagone, Robert Gates, a imprimé son influence.On se rappellera en effet que ce dernier était membre de l’ISG codirigé par James Baker, secrétaire d’Etat de Bush père, et Lee Hamilton, représentant démocrate.Au retour d’une tournée à Bagdad, Gates n’avait pas eu la critique timide.Bien au contraire.Toujours est-il qu’au cours des dernières semaines, il a milité pour que l’augmentation du nombre de soldats américains en Irak s’accompagne d’une offensive diplomatique.Détail non négligeable, Gates fut conseiller pour les affaires de sécurité intérieure de.Bush père avant que celui-ci ne le nomme patron de la CIA en 1991.Cela étant, cette modification qu’on ne peut pas encore qualifier de métamorphose est également attribuable au lobbying incessant qu’ont mené depuis quelques mois les chefs de file des nations arabes et sunnites, soit les Egyptiens et les Saoudiens.Très inquiets de la montée en puissance de l’Iran, auquel on prête l’intention de former un croissant chiite allant de Téhéran au littoral libanais, les leaders égyptiens et surtout saoudiens s’employaient depuis juin dernier à détacher la Syrie de l’Iran, c’est-à-dire à réduire l'emprise qu’avait le régime des ayatollahs sur leurs cousins alaouites, d’un point de vue religieux s’entend, qui dirigent depuis des lunes un pays où les sunnites sont très majoritaires.En favorisant un rapprochement entre les États-Unis et la Syrie, dont la discussion entre Rice et le ministre syrien symbolise l’amorce.Le Caire et Riyad ont un objectif qui.comment dire?, est davantage palestinien qu’irakien.Conscients que la Syrie n’acceptera jamais qu’un accord soit conclu entre Israéliens et Palestiniens sans être invitée aux pourparlers, Égyptiens et Saoudiens poussent leur pion avec d’autant plus de volonté qu’ils ont multiplié les initiatives sur le front israélo-palestinien.Signe d’un temps changeant, selon des témoins de la discussion entre les chefs de la diplomatie américaine et syrienne, le dossier Hariri, du nom de l'ex-premier ministre libanais assassiné, n’a jamais été abordé.Or, à cet égard, il faut souligner que Washington s’est fait le parrain, au sein de l’ONU, d’une résolution prévoyant la traduction devant un tribunal moitié international, moitié libanais des responsables de la mort d’Hariri.L’Irak?Rice a demandé au Syrien de mettre un terme au transport par son pays des sunnites qui vont combattre contre les chiites.En fait, s'il n’y a rien de neuf de ce côté, c'est que les uns et les autres en sont encore à l’étape des balbutiements.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE U ClMuE Pu ?AfcTi QDÉKK002A ^ tS!, V ÉARNeTTf io
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