Le devoir, 19 avril 2007, Cahier A
AIDE SOCIALE : LE MINISTÈRE VIOLE SES PROPRES RÈGLES PAGE A 4 www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.XCVIII N"85 LE JEUDI 19 AVRIL 2007 88c + T A X E S = 1$ lé ï À Odile Tremblay Pas d’Arcand à Cannes Que la nouvelle ait été lancée dans un cornet de miel n’y change rien: L’Age des ténèbres de Denys Arcand ne foulera pas le tapis rouge de Carmes le mois prochain.On nous permettra d’oser quelques doutes quant aux raisons — émises par le distributeur à la toute veille du dévoilement de la sélection cannoise! — censées expliquer l’absence de notre ténor sur la Croisette: retards dans la postproduction, montage et ipixage plus longs et plus complexes que prévu.L’Age des ténèbres, qui devait sortir sur nos écrans printaniers, a été repoussé au 7 décembre.Paf! Oui, mais.Le film d’Arcand a bel et bien été montré aux émissaires cannois.Encore au début de la semaine, il figurait sur la liste des candidats favoris pour la compétition dans les principales publications spécialisées, lesquelles peuvent aussi se tromper.Certes, certes! Sauf que des voix en France déclarent que le film aurait été refusé par l’équipe du Festival de Cannes.Cette histoire de mixage et de montage à terminer servirait donc surtout à sauver la face.L’équipe aurait eu à conjuguer avec un amer refus.D’où ces explications nébuleuses relayées par divers médias.Le distributeur laissait même entendre qu’Arcand ne tenait pas tant que ça à Cannes.Voyons donc! Il ne faut quand même pas nous prendre pour des valises! Cette sélection dans le plus grand festival français était l’attente principale de L’Age des ténèbres.«Pas retenu!» Véritable gifle pour notre cinéaste, qui avait remporté deux prix il y a quatre ans sur la Croisette avec Les Invasions barbares, sans compter une pluie de Césars en France et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère à Hollywood.Pas terminé, L’Age des ténèbres?Peut-être pas à 100 %, comme un grand nombre de films proposés à Cannes.Plusieurs cinéastes présentent souvent aux programmateurs une version encore au brouillon.Puis, encouragés en haut lieu, les artisans s’activent nuit et jour à peaufiner le tout L’équipe du film d’Arcand, comme d’autres, avait mis ses troupes au galop dans sa course contre la montre.Le refus du comité de sélection a dû tomber très tard.«Le film était plus que montrable», assurent 4e leur côté des techniciens de L'Âge des ténèbres, interrogés en coulisse.Prêt soit mais satisfaisant?Pas si sûr.Arcand le remontera peut-être bel et bien, son film, si celui-ci présente de vrais problèmes de structure.Et si c’était afin de le reconstruire de bout en bout que sa sortie a été repoussée aussi tard qu’en décembre?Deux coproducteurs français sont sur le coup, ne l’oublions pas.Eux aussi ont leur mot à dire à propos de la finition, surtout si ça bloque à Cannes.Dans le milieu cinématographique, les gens sou rient beaucoup devant ces explications de la onzième heure offertes par le distributeur.Ils pleurent un peu aussi.En 2003, Arcand avait été un si bon ambassadeur pour le Québec.Son absence là-bas constitue une grosse déception pour la petite délégation québécoise, journalistes compris.Marc Labrèche et plusieurs acteurs en vedette avaient déjà amorcé la tournée de promotion du film à fa télé et dans les magazines.Le making-of intitulé L’Âge des ténèbres - Sur le plateau de Denys Arcand, devait être diffusé le mercredi 2 mai à 21h sur les ondes télé de la SRC.La bande-annonce roulait en boucle à l’entrée des salles de cinéma et sur les grands écrans avant d’autres projections, claironnant VOIR PAGE A 8: ARCAND Ça tombe vraiment mal, car Cannes sera plus médiatisé que jamais en 2007.Belle occasion perdue.Égalité et efficacité Neuf hommes et neuf femmes au conseil des ministres ¦ Charest entend mettre l’accent sur « un nombre limité de priorités» ROBERT DUTRISAC Québec — Le premier ministre Jean Charest a frappé un grand coup hier en dévoilant un conseil des ministres qui marquera l’histoire en étant celui qui comporte pour 1a première fois le même nombre de femmes que d’hommes.Formé de 18 membres plutôt que 26 comme le précédent conseil des ministres, il est aussi un des plus modestes de l’histoire récente du Québec.En fait, il faut remonter à 1960 pour retrouver un plus petit nombre de ministres à Québec, alors que Jean Lesage en avait désigné 16.Pléthorique, le conseil des ministres de Bernard Landry en 2002 comptait 36 membres, un record.Ce conseil des ministres innove aussi puisque, pour la première fois, une personne issue des minorités visibles, fa ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, y figure.C’est un conseil des ministres qui fera également l’histoire parce qu’il est celui du seul gouvernement minoritaire au Québec depuis 1878, a souligné Jean Charest dans son discours qui a suivi l’assermentation des ministres.«Pour le Parti libéral du Il faut remonter à 1960 pour retrouver un plus petit nombre de ministres à Québec, alors que Jean Lesage en avait désigné 16 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le conseil des ministres accueille pour la première fois une personne issue des minorités visibles, Yolande James, nouvelle ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles.Québec, la remise en question est inhérente aux devoirs d’Etat.Donc, ce gouvernement marquera une rupture avec le passé», a-t-il déclaré.En anglais, le premier ministre a même reconnu que, «dans sa sagesse, le peuple du Québec a décidé d’élire un gouvernement minoritaire».Le gouvernement «ne pourra plus décider seul et l’opposition ne pourra plus seulement critiquer», a-t-il dit VOIR PAGE A 8: CABINET La continuité dans le changement n remaniement ministériel est un exercice très exigeant sur le plan quasi bien humain que politique.A moins d’avoir une faute grave à lui reprocher, il est difficile de se résoudre à briser 1a carrière — et le cœur — d’un ministre qui a fait de son mieux, simplement parce qu’il ne cadre plus avec les plans.Les cabinets ont généralement tendance à engraisser lors d’un deuxième mandat Même ceux dont fa présence n’est plus vraiment Michel David requise conservent souvent leur limousine, qui les reconduit chaque matin sur leur tablette.En 1998, Lucien Bouchard avait eu 1a mauvaise surprise de voir tous ses ministres se représenter et être réélus.Il n’avait pu injecter un peu de sang neuf qu’en nommant trois ministres de plus.Incapable de couper des têtes, Bernard Landry avait laissé gonfler son cabinet de façon ridicule.En 2002, plus de fa moitié de ses 72 députés avaient leur chauffeur.Au vu des résultats du 26 mars dernier, Jean Charest ne pouvait pas s’offrir le luxe du bois mort Les stratèges libéraux avaient choisi d’axer 1a dernière campagne sur le thème de 1a continuité.On a vu le résultat Le nouveau conseil des ministres devait im- pérativement envoyer le signal que quelque chose allait changer, du moins en apparence.Lise Payette avait jadis coiffé ses mémoires d’un titre explicite: Le pouvoir?Connais pas! Elle ne pourrait plus écrire le même livre.Il y a indéniablement un puissant symbole dans cette nouvelle parité des sexes au sein du gouvernement mais il n’y a pas que le nombre.L’importance des portefeuilles confiés à des femmes leur accorde plus de pouvoir qu’à leurs collègues masculins.Depuis le jour où René Lévesque avait décidé de retirer le Conseil du trésor à Jacques Parizeau, qui VOIR PAGE A 8: CONTINUITÉ Les réactions ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux ¦ Le discours de Jean Charest > Pages A 3, A 6 et A 7 Le carnage se ponrsnit à Bagdad : 190 morts Page B 5 INDEX Annonces.B 4 Idées.A 7 Avis publics.B 3 Météo.B 3 Bourse.B 2 Monde.B 5 Culture.B 8 Mots croisés .B 4 Décès.B 4 Sports.B 6 Économie.B 1 Sudoku.B 3 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 L’homme qui ne promet rien Dans une France déçue par les «vieux» partis, JH François Bayrou se retrouve au centre du jeu politique «jjr fi 'éiW * * " - CHRISTIAN RIOUX Paris — Il y a cent jours à peine, personne ne donnait cher de sa peau.C’était l’époque où François Bayrou traînait autour de 6 % dans les sondages.Crédité aujourd’hui de près de 20 % des voix au premier tour, le candidat centriste a encore quelques chances d’ici dimanche de coiffer au poteau fa candidate socialiste.Selon les experts, malgré une re- ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE montée de Ségolène Royal, il y a toujours une partie des électeurs qui se promène entre les deux partis et près de 50 % des partisans de l’UDF seraient encore susceptibles de changer d’allégeance.Ce sont eux qui devraient faire 1a différence le 22 avril au soir.Mais il y a un titre que François Bayrou a déjà conquis et que personne ne lui conteste.C’est celui du candidat le VOIR PAGE A 8: BAYROU La France des extrêmes, à lire en page A 7 mira Catégorie Roman hors Québec Extrêmement fort et Incroyablement pris Il faut qu'on parte de Kevin Le lauréat sera annoncé te IttivMwum i Bienveillantes Lhlstolre de l'amour à * « Un voyage.de mille lieues commence toujours par un premier pas.» LAO TSE U r Grande marche « KYOTO, POUR L'ESPOIR » à Montréal, le 22 avril 2007 à 13I130 au parc Lafontaine (coin Calixa Lavallée et Rachel, métro Mont-Royal) INFORMATIONS www.quebec-vert-kyoto.org et www.jourdelaterre.org info@quebec-vert-kyoto.org 514-799-3553 et 514-728-0116 A association «fcotsi « tum cornu sa roumiAiMosftei GReenreAce Équiterre QUÉBEC LE DEVOIR.LE JEUDI 19 AVRIL 2007 A3 Le nouveau conseil des ministres 4,5 ET 6 MAI 2007 POIJTIQIIE (514)382-3913 1-877-66J-6601 WWW.RAOIOVM.COM Les femmes saluent l’audace de Charest KATHLEEN LÉVESQUE Le premier ministre Jean Charest a fait preuve d’audace hier en nommant autant de femmes que d’hommes au sein de son conseil des ministres.D a surtout marqué des points auprès de groupes et d’organisations qui ont salué cette parité.«C’est impressionnant!», s’est exclamée la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Michèle Asselin.«C'est une page de notre histoire qu’il faut souligner.Maintenant, on ne peut plus reculer», a-t-elle ajouté, soulignant à quel point la FTQ est «heureuse».Selon Mme Asselin, c’est d’autant plus important que les femmes ne gagnent pas seulement en nombre mais aussi en influence.La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a également souligné les importantes fonctions qui échoient aux femmes.La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec en a fait autant.«Plusieurs de celles-ci ont hérité de postes dés, ce qui est extrêmement motivant pour toutes ces femmes qui s’impliquent en politique», a affirmé la présidente de la FIQ, Lina Bonamie.Des 18 ministres nommés, neuf sont des femmes qui se retrouvent à des postes clés comme les Finance^ et le Trésor, les Transports, l’Éducation et la Famille, le Développement durable et l’Environnement ainsi que les Relations internationales.«Ça prouve JACQUES NADEAU LE DEVOIR Michelle Courchesne, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la Famille, donne l’accolade au premier ministre Jean Charest sous le regard de Nathalie Normandeau, vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions.qu’avec de la volonté, on peut arriver à la parité.C’est un exemple qui devrait être suivi et maintenu», croit Michèle Asselin.Pour la FFQ, il y a non seulement le nombre record de femmes mais aussi des gestes symboliques comme la première femme noire à faire son entrée au cabinet et la première femme à combiner les très importantes responsabilités des Finances et du Trésor.Le geste de M.Charest compense la perte du nombre de députés féminins lors du scrutin du 26 mars.La proportion de femmes à l’Assemblée nationale a baissé de 5 % par rapport à la situation au moment du déclenchement des élections.Lors de son premier mandat, le gouvernement Charest a adopté une loi obligeant les sociétés dÈtat à avoir la parité au sein de leur conseil d’administration.La Fédération des femmes s’était réjouie de cette avancée mais avait également rappelé que le gouvernement ne pouvait pas ne pas donner l’exemple au sein de son conseil des ministres.«On a l’impression d’avoir été entendues et que k gouvernement libéral a été conséquent», a affirmé Michèle Asselin.Mme Asselin croit que ce choix pourrait avoir une influence sur les électrices, notamment dans la foulée du dossier des accommodements raisonnables.«On ne cesse de répéter que l’égalité entre hommes et femmes est une question fondamenta- le.Le gouvernement a choisi d’affirmer son leadership de cette façon», décode Mme Asselin.Elle espère maintenant qu’il y aura de véritables effets pour les femmes, notamment dans le budget attendu au cours des prochaines semaines.La nouvelle mi- nistre responsable du dossier de la Condition féminine, Christine St-Pierre, sera sollicitée, prévient Mme Asselin, compte tenu de la po- litique et du plan d’action dévoilés en décembre dernier.Le Devoir Les ministres ne chômeront pas ANTOINE ROBITAILLE Québec — «Quand allez-vous dormir?» C’est une des premieres questions qui ont été posées hier à Monique Jérôme-Forget, qui a ajouté trois gros portefeuilles — Finances, Services gouvernementaux, Administration gouvernementale—-a sa tâche déjà considérable de présidente du Conseil du trésor.La ministre a répondu être assez «équilibrée» pour relever le défi.D’autant phis, selon elle, que les responsabilités dont elle a hérité sont compatibles.Cela va assurer plus «d’efficacité pour réagir rapidement», un avantage dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, a-t-elle fait remarquer.Mme Jérôme-Forget n’est pas la seule à voir ses responsabilités croître au sein de ce cabinet «compressé».En plus de la Santé, Philippe Couillard a hérité, à l’aube du 400", de la région de la Capitale-Nationale, où le gouvernement Charest a subi une dégelée le 26 mars.Cela en fera-t-il trop?Ce sont les gens occupés qui bouclent les dossiers, a-t-il répondu en anglais {«Busy people get things done»).Est-il déçu de rester à la Santé, comme des sources sûres l’ont encore répété au Devoir cette semaine?«Est-ce que j’ai l’air d’un gars malheureux?Bien sûr que non.fai de nouvelles responsabilités: la capitale, la présidence du comité des priorités, c’est très stimulant», a-t-il dit La palme du ministre actif revient toutefois à Benoît Pelletier, qui hérite en tout de huit dossiers (Affaires intergouvemementales, autochtones, francophonie canadienne, réforme des institutions démocratiques, accès à l’information, leader adjoint Outaouais et Nord-du-Qué-bec).Dans son entourage, on confiait hier être déjà débordé au cabinet avec les quatre dossiers initiaux.«Imaginez huit! Ça va être très très très actif! On va travailler jour et nuit!», affirmait un membre du cabinet de M.Pelletier hier.Ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard devient aussi ministre responsable de trois régions formant un gigantesque territoire.La perte de circonscriptions dans l’est du Québec et l’importance du dossier de la forêt ont conduit le premier ministre à confier ces dossiers au pugnace M.Béchard.«En plus de ces fonctions, vous serez ministre responsable des régions du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, du Sa-guenay-Lac-Saint-Jean.Eventuellement, vous reviendrez à l’Assemblée nationale du Québec», a même plaisanté M.Charest hier en s’adressant à son ministre.Les exclus Certains auraient voulu être actifs mais n’ont rien obtenu.C’est le cas de l’ancien ministre de l’Environnement Pierre Paradis, élu du PLQ depuis 1980, qui avait très mal pris d’être exclu du cabinet en 2003 et qui, à l’époque, n’avait même pas assisté à la cérémonie au Salon rouge.Hier, toutefois, il était présent et prenait la chose avec philosophie.Il a reconnu hier avoir eu des «attentes» ces dernières semaines tout en sachant que dans le cadre d’un «cabinet rapetissé», les places n’étaient pas nombreuses.«Quand vous avez des attentes et que ces attentes ne sont pas réalisées, vous ne pouvez pas sauter de joie.Mais il faut que vous partagiez le bonheur et la joie de ceux qui, aujourd’hui, ont des responsabilités importantes qui viennent de leur être confiées», a-t-il déclaré.Le député de Brome-Missisquoi s’est fait une raison, surtout que dans le cadre d’un gouvernement minoritaire, le rôle du député sera plus intéressant «Le député sera davantage la préoccupation des électeurs vers Québec plutôt que du message de Québec vers l’électeur», a-t-il ajouté, précisant que si c’est la prérogative du premier ministre de former son cabinet «c'est la prérogative des électeurs de Brome-Missisquoi que de choisir leur représentant».Le candidat-vedette et ancien grand patron de Corus, Pierre Ar-cand, aussi exclu du cabinet a eu cette phrase hier «Il faut se rendre compte que je ne suis pas quelqu'un d’expérimenté sur le plan parlementaire.Donc, c’est parfait, on va apprendre.» Quant à Lawrence Bergman, qui a perdu le portefeuille du Revenu, il s’est avoué «très déçu».Les surpris Certàins appelés ont soutenu ne pas avoir eu d’attentes.«Je ne souhaitais rien, ç'a été une surprise», a confié la nouvelle ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.Son conjoint, Jean-Pierre Plante, est un auteur bien connu dans le monde du spectacle et de la télévision, à qui on doit des textes d’humour bien connus: aux Bye Bye, lors de galas des prix Gémeaux, de l’ADISQ et des MétroS-tar.M.Plante a collaboré avec plusieurs humoristes, dont Dominique Michel, Daniel Lemire, etc.Ceux qui pourraient y voir un problème se trompent, a protesté l’ancienne journaliste et \ouvelle ministre hier.«Mon conjoi 't est un artiste, certes, c’est un auteur, il travaille pour des artistes.Le gouvernement était très au courant de ça.C’est sa carrière et fai la mienne.» Pour sa part, la titulaire du nouveau ministère des Aînés, Marguerite Blais, ignorait ce qu’elle allait administrer concrètement Que fera son ministère, exactement Gérera-t-il des centres d’accueil?Mme Blais aura-t-elle des fonctionnaires sous sa gouverne?«Il n’y a pas de ministère comme tel.Je ne k sais pas encore», a-t-elle répondu avec franchise hier.Relèverat-eDe d’un autre ministre?«Je ne peux vous répondre avec précision, fai comme l’impression que je vais relever du ministère de la Famille.Il n’y aura pas une nouvelle structure de créée.Mais c'est un ministre qui est responsable des aînés et qui a une mission horizontak, [qui devra] travailler en concertation avec d’autres dossiers.» Le Devoir Avec la Presse canadienne Les nominations suscitent espoir et inquiétude LOUIS-GILLES FRANCŒUR STÉPHANE BAILLARGEON GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ De la «satisfaction» complète à la surprise déçue d’hériter d’un ministre «recyclé», l’annonce de la composition du nouveau gouvernement Charest a inspiré des réactions divergentes entre les différents groupes de pression, syndicats, associations et fédérations du Québec.Nouvelle titulaire du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MD-DEP), Line Beauchamp a eu droit à un accueil à la fois poli et critique du milieu hier.La plupart des groupes environnementaux ont surtout souligné que c’est l’augmentation du budget de ce ministère, actuellement limité à 0,34 96 du budget de l’État, qui révélera les vraies couleurs du gouvernement Charest en environnement En effet Nature-Québec, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et le Front commun pour une gestion écologique des déchets l’ont tous indiqué avec insistance.L’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) a quant à elle ajouté que la ministre Beauchamp devra impérativement revoir les règles de protection des milieux humides.A l’AQLPA, on lui demande par ailleurs de prendre le temps de «faire ses devoirs», car c’est elle qui a publiquement soutenu pendant la campagne électorale, contrairement aux chiffres du ministère, que le plan québécois sur les changements climatiques allait permettre d’atteindre les objectife dç Kyoto.Chez Greenpeace et Équiterre, on était plus accueillant Greenpeace a souligné à tort que Mme Beau-champ est la première femme à diriger rÉnvironnement alors que ce fut plutôt Lise Bacon, dans le deuxième gouvernement Bourassa.Greenpeace croit que la nomination de Claude Béchard aux Richesses naturelles et à la Faune, après un passage au MDDEP, en fait un ministre capable de comprendre la nécessité d’éfablir des aires protégées en forêt boréale et d’adopter une bonne stratégie énergétique.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Line Beauchamp Culture La nomination de l’ex-joumaliste de RadioCanada Christine St-Pierre au ministère de la Culture et des Communications a quant à elle été bien accueillie par les organismes du secteur.«C’est une journalisk solide qui travaille très bien et nous sommes donc très contents», a indiqué Paul Dupont-Hébert, président de l’Association québécoise du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ).«Nous allons maintenant demander de la rencontrer pour lui expliquer nos besoins urgents.» L’ADISQ réclame des millions pour prendre le virage numérique.L’écrivain Stanley Péan, porte-parole du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL), a noté que la nouvelle ministre vient d’un milieu généralement sympathique aux arts et aux lettres.«Mais k Parti libéral a fait peu de promesses pendant la campagne, a-t-il dit Les deux partis de l’opposition pourront donc forcer le gouvernement minoritaire à hausser les budgets du conseil des arts et des lettres.» Le MAL réclame une hausse de 18 millions de l’enveloppe annuelle du CALQ.L’Union des artistes juge cette nomination «plutôt positive».Seulement, «tout est à refaire avec une nouvelle ministre, et nous avons hâte de la rencontrer», a dit le président Raymond Legault Valeurs sûres A la Santé, la reconduction de Philippe Couillard n’a surpris personne, plusieurs soulignant qu’il était de loin le plus qualifié pour occuper cette fonction.L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a ainsi mentionné qu’il «maîtri- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Christine St-Pierre se bien les dossiers liés au domaine de la santé», l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) a parlé d’un «ministre d’envergure», dont la nomination assure «de la cohérence dans les actions gouvernementales», tandis que l’Association médicale du Québec (AMQ) se dit rassurée «de constater que le gouvernement a choisi la voie de la stabilité et de la continuité», selon le président Robert Ouellet M.Ouellet a toutefois souligné que les défis restent grands pour M.Couillard.«Même si k ministre Couillard a démontré une maîtrise consommée de ses dossiers, il n’a pas su établir un véritable dialogue avec la communauté médicale», at-il jugé.Moins enthousiaste, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a dit souhaiter qu’un «meilleur climat» s’établisse entre les deux parties, encore blessées par le long conflit d’avant Noël.Mais elle croit que M.Couillard «est en mesure de mettre en avant des réformes adaptées aux ressources et aux besoins de la population québécoise».En Éducation, la nomination de Michelle Courchesne lui a valu un accueil mitigé: chaleureux d’un côté, entre autres de la part de la Fédération des cégeps, de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSÉ), mais plus critique du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).Le président de la FCSQ, André Caron, a vanté les qualités etla «so- lide expérience» politique de Mme Courchesne.«Son habileté à travailler avec des réseaux importants et complexes» constitue un atout de taille pour diriger,un ministère prioritaire comme l’Éducation, estime M.Caron.La FSE a félicité la nouvelle ministre mais a toutefois souligné que si «le parcours de Mme Courchesne n’a pas été controversé jusqu’ici, ses nouvelles fonctions apparaissent plus exigeantes».«U sera important que la nouvelle ministre apprivoise rapidement le dossier de la réforme scolaire pour que les déclarations des derniers mois de son prédécesseur trouvent rapidement application», a-t-on indiqué.La Fédération nationale des énsei-gnantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) s’est aussi dite inquiète du cumul des tâches imposé à Mme Courchesne, qui s’occupera aussi de la Famille.Toutefois, la FÉUQ et la FECQ ont vivement dénoncé le fait que «Jean Charest n’a donné aucun mandat à sa ministre, sauf celui de s’attaquer aux étudiants québécois».Les fédérations ont été déçues d’entendre M.Charest réitérer dans son discours d’hier son intention de dégeler les frais de scolarité, dénonçant l’absence de tout plan «pour régler le sous-financement de l'éducation postsecondaire et assurer l’accessibilité des études».La FEUQ et la FECQ ont tout de même dit souhaiter pouvoir engager un dialogue avec Mme Courchesne afin de tester son ouverture à leurs revendications.Parents pauvres De son côté, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec a très mal accueilli la nomination de Sam Hamad au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.Outre ses liens avec les chambres de commerce, c’est l'expérience ratée de M.Hamad au ministère des Ressources naturelles qui inquiète le FCPASQ.«On a l’impression qu’on hérite du ministre qu’il fallait recycler», a dit Nicole Jetté, porte-parole, en rappelant que les compétences de Sam Hamad ont été «remises en cause».«Sa nomination illustre que ce n’est pas un ministère très important pour le gouvernement.C’est comme si on était vraiment les parents pauvres de ce gouvernement-là, un ministère de seconde zone.» Le Devoir Mi*.')»*''11’ Cahier • 208 pages • 15,75$ ISBN 978-2-7601-8957-9 Corrigé • 68 pages ¦ 26,25 $ ISBN 978-2-7601-6958-6 Michel DAVID POUR ÉUITER DE SE CASSER LES DENTS préparation au test da français nouveaux critères de correction QUÉfllNj ^ditfur itéc En uente dans toutes les iidraines 514-842-3481 Les prix sont indiqués sous réserve de modifications Montréal 514.845.5545 % a LE DEVOIR, LE JEUDI 19 AVRIL 2007 ACTUALITES Chèques d’aide sociale amputés Le ministère viole ses propres règles CLAIRANDRÉE CAUCHY La pratique qui consiste à déduire des chèques d’aide sociale la valeur des denrées fournies sur une base régulière par des amis ou des proches contrevient aux règles administratives émises par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.Le Devoir révélait hier qu’un assisté social a vu son chèque coupé intégralement après avoir refusé de fournir une liste des gens qui l’aidaient à se nourrir.Un autre a vu sa prestation amputée d’un montant équivalent à celui des deux épiceries que lui fournissait sa mère à chaque mois.Ces exemples trouvaient écho dans plusieurs organismes communautaires joints aujourd’hui.Or le manuel d’interprétation du ministère stipule que les «dons en nature ou de services» ne doivent pas être considérés comme des «avantages comptabilisables» susceptibles d’être déduits des chèques d’aide sociale.On explique que la fourniture de vêtements, de meubles, de denrées alimentaires et de repas ainsi que les réductions de loyer «sont des exemples où il n’y a pas lieu d’imputer un avantage en monnayant la valeur du bien».«Cette interprétation s’appuie sur le fait que tout type d’entraide, qu’il provienne d'un membre de la famille, d'un ami, d'un organisme communautaire ou d’un propriétaire, est encouragé et ne doit pas pénaliser le prestataire qui en bénéficie», peut-on encore lire dans le manuel d’interprétation.Le porte-parole du ministère, Claude Morin, déclarait pourtant au Devoir mardi: «Qu’elle soit en argent ou en denrées, c’est le caractère régulier de cette aide qui peut intervenir dans le montant de la prestation et être considéré dans le jargon comme un avantage comptabilisable.» Pratique courante Sur le terrain, il semble que le manuel d’interprétation ne soit pas suivi à la lettre par certains agents.«Cela arrive constamment qu’ils comptabilisent l’aide reçue des proches sous forme de nourriture.On s’obstine continuellement avec les agents là-dessus.Ils évaluent la valeur de l’aide et déduisent le montant», a fait valoir la coordonnatrice de l’Organisme populaire des droits sociaux Maison Aline Gendron, Catherine Fortin.Cet organisme met systématiquement les assistés sociaux en garde contre de tels interrogatoires sur leurs façons de subvenir à leurs besoins.Le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRA-PRU), François Saillant, précise lui aussi que cette pratique est bien connue dans le milieu communautaire.«Quand on ne donne pas aux gens des sommes suffisantes pour vivre et qu’en plus on vient les pénaliser s’ils reçoivent de l’aide pour se débrouiller, c’est d’une mesquinerie totale», s’insurge-t-il.11 rappelle que selon les données du recensement de 2001, quelque 50 000 ménages montréalais devaient consacrer plus de 80 % de leur revenu à se loger.L’indignation est aussi grande au Réseau d’aide aux personnes seules ou itinérantes de Montréal (RAPSIM).«C’était connu dans le milieu et c’est tout à fait inacceptable.[.] Ce sont des gens qui doivent aller dans les banques alimentaires, qui crèvent de faim, qui mangent mal, et, trop souvent, plutôt que de les aider, d’augmenter leurs prestations, de leur donner un logement social, on les pénalise.On pénalise la pauvreté et on la criminalise quand elle est rendue dans la rue», tonne le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreau.Si l'aide régulière des proches est considérée par des agents d’aide sociale comme un revenu d’appoint, ce n’est toutefois pas le cas de celle fournie par des banques alimentaires, celle-ci étant considérée comme «ponctuelle».Or la porte-parole de Moisson Québeç, Hélène Côté, constate justement un accroissement du recours aux services des banques alimentaires: «Il y a plus de gens qui doivent revenir plus souvent pour demander de l’aide alimentaire, souvent chaque semaine.Même les meilleurs gestionnaires du monde ne feraient pas des miracles avec 548 $ par mois.» Mme Côté s’inquiète du message ambigu lancé par l’État: «Quand tu es pauvre, il faudrait que tu le sois dans tout, que tu n’aies pas de réseau social en plus.Cela va à l’encontre des valeurs québécoises.» Réaction politique Le nouveau ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, a refusé de commenter hier, tout juste après son assermenta- tion, les cas mis au jour par Le Devoir.L’Action démocratique du Québec, qui prônait une approche plus stricte avec les assistés sociaux lors de la dernière campagne électorale, n’a pas délégué de porte-parole pour commenter.Du côté du Parti québécois, l’ancienne ministre Louise Hard, qui a piloté la réforme de l’aide so-riale en 1997, estime que de telles pratiques ne s’inscrivent pas dans l’esprit de la loi.«Si on avait porté à ma connaissance, quand j’étais ministre, que la loi pouvait être interprétée comme permettant de réduire le chèque mensuel parce qu’une personne recevait de l’aide alimentaire, j’aurais mis fin à cela», a déclaré Mme Hard.L’ancienne ministre plaide par ailleurs pour une indexation du montant de 200 $ qu’un assisté social peut gagner en travaillant et croit que cette exemption devrait aussi s’étendre au soutien finan-der que peut avoir un prestataire.Le Devoir «On penalise la pauvreté et on la criminalise quand elle est rendue dans la rue» BREAKING NEWS MBC releases photo sent by Va.Tech killer msnbc Featuring Today Show NBC Nightly News Dateline NBC Meet the Press MSNBC TV A Ftittwr Spectrum ot ftews Video U.S.News Politics World News Pusiness Sports c'tertainment Health Tech / Science Travel m gj jj Mï jjJÆfôiijy, NSCNe REUTERS Le tueur de Virginia Tech a tourné une vidéo entre les deux attaques EN BREF Cadavre démembré C’est ce qui s’appelle une histoire sordide.Le corps démembré d’un jeune homme de 21 ans, Shane Jim-rattie, a été retrouvé mardi soir dans plusieurs sacs de poubelle qu’un homme venait de décharger dans une ruelle attenante aux rues Rosemont et Cartier.Le corps de la victime avait été découpé à la sde.C’est le frère de la victime qui a alerté les poliders mardi: il était en train de distribuer dans le secteur des affiches annonçant la disparition de son frère, 24 heures auparavant.La voiture du disparu venait d’être retrouvée près de cette intersection.Le témoin a donc vu le comportement suspect d’un homme qui tentait de sortir des sacs de poubelle — visiblement très lourds — de son véhicule.Arrivés rapidement sur les lieux, les poliders ont procédé à l’arrestation de Michel Côté, 44 ans, qui a tenté en vain de fuir en courant 11 a comparu hier au Palais de justice de Montréal sous des accusations de meurtre au deuxième degré et d’outrage à un cadavre.Il reviendra en cour le 16 mai.Selon la police, il s’agirait d'une histoire de drogue qui a mal tourné.Une autopsie sera pratiquée pour déterminer de quoi est morte la victime avant d’être démembrée.- Le Devoir Munyaneza revient en cour Le procès pour génocide de Désiré Munyaneza a repris hier matin à un rythme laborieux.L’accusé, encore sous le choc des blessures qu’il a subies en prison, a demandé l’ajournement des procédures à la mi-journée, tellement il était épuisé.Le juge André Denis a ordonné à 12h30 le report du procès jusqu’à ce matin.Accusé d’avoir commis au Rwanda des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’avoir participé à un génocide, Désiré Munyaneza a été sévèrement battu par un codétenu de 17 ans, mercredi dernier, à la prison de Rivière-des-Prairies.Le procès a dû être ajourné pour une semaine afin qu’il se remette de ses blessures.Il revenait pour de bon devant la justice hier matin, mais il n’a tenu que trois heures dans le box des accusés.«Son état s’est amélioré, mais il se fatigue très rapidement», a expliqué son avocat, Richard Ferras, à sa sortie du tribunal.Le procès reprend ce matin avec le dernier volet du contre-interrogatoire du témoin C-17.La jeune femme a déjà déclaré qu’elle avait été violée à quatre reprises par M.Munyaneza lors du génocide rwandais, qui s’est soldé par la mort de 800 000 Tutsis et Hutus modérés aux mains des milices extrémistes hutues.Un quatrième témoin, aussi venu expressément du Rwanda pour cette cause unique, devrait amorcer son récit dans l’après-midi.- Le Devoir Prostitution: Ottawa reste ferme Ottawa — Le gouvernement conservateur ne décriminalisera pas la prostitution comme le lui demandait en décembre l’opposition à la Chambre des communes.La prostitution est, selon Ottawa, «dégradante et inhumaine» et ne mérite pas d’être tolérée.La majorité libérale, bloquiste et néo-démocrate avait recommandé avant Noël que la prostitution soit décriminalisée pour des raisons de «santé publique».«La prostitution est avant tout un problème de santé publique, et pas seulement un problème de droit criminel», écrivaient les trois partis dans un rapport du Comité parlementaire de la santé.Selon cette logique, il faut donc miser sur la «réduction des préjudices».Non seulement les deux députés conservateurs avaient-ils refusé d’appuyer la décriminalisation, mais des députés des partis en théorie favorables (et ne siégeant pas au comité) s’étaient dissociés de leurs collègues, dont la bloquiste Maria Mou-rani.Le gouvernement conservateur a donc écouté la voix de ses deux députés et des autres sceptiques.Dans sa réponse du 30 mars dernier, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, indique que le gouvernement n’a pas l’intention de s’engager dans cette voie.«L’actuelgouvernement condamne tout comportement qui entraîne l’exploitation ou l’abus et par conséquent n ’appuie pas toute réforme, telle que la décriminalisation, qui faciliterait ce type d’exploitation.» - Le Devoir Pour une politique en itinérance Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, le RAPSIM, tenait hier une assemblée publique afin de demander au gouvernement Charest l’adoption d’une politique globale en itinérance et d’un pjan d’action.Le Réseau, qui regroupe 72 organismes d’aide aux sans-abri de la métropole, rappelle que, selon les données fédérales, quelque 30 000 personnes se retrouvent dans la rue au cours d’une année donnée à Montréal et entre 12 000 et 15 000 dans la Vieille Capitale.Le RAPSIM dénonce notamment la judiciarisation des persoimes itinérantes, notant que plus de 15 000 contraventions ont été données à un peu phis de 2400 itinérants pour une occupation de l’espace public.- PC GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Son ton est dur, ses propos à la fois incohérents, très violents et déterminés, son attitude glaciale: entre les deux attaques qu’il a menées lundi à l’université de Virginia Tech, Cho Seung-hui a vraisemblablement pris le temps de tourner une vidéo le montrant avec ses armes, animé d’une immense colère.Il a ensuite posté le document vers les bureaux du réseau NBC News, qui l’ont reçu hier.«Vous auriez eu 100 milliards d’occasions et de moyens d’éviter d’en arriver là», déclare dans cette vidéo Cho Seung-hui, 23 ans.Plusieurs extraits ont été télédiffusés hier soir.«Mais vous avez décidé de répandre mon sang.Vous m’avez poussé dans mes retranchements et ne m’avez pas laissé d’autre issue.La décision vous appartenait.Désormais, vous avez du sang sur les mains et vous ne pourrez jamais l’enlever.» Selon les informations disponibles au moment de mettre sous presse hier soir, la vidéo aurait été tournée et postée dans le laps de temps d’environ deux heures qui a séparé les deux attaques distinctes survenues lundi et ayant fait 32 victimes en plus du tueur.Le paquet contenait aussi une longue lettre d’une vingtaine de pages ainsi que plusieurs photos présentant Cho tenant ses deux armes à la main, habillé comme on l’a retrouvé lundi et regardant fixement la caméra.Selon Brian Williams, présentateur-vedette de la NBC, «il s’agit d’un très long manifeste multimédia».notamment «d’une longue diatribe» que le tueur a enregistrée sur CD-ROM.«La déclaration est difficile à suivre», a pour sa part déclaré le directeur de l’information de NBC, Steve Capus, à qui le paquet était adressé.La police de la Virginie a confirmé que le paquet est arrivé hier au siège de la NBC, livré par les services postaux américains.La NBC a immédiatement appelé le FBI.Le paquet était un «colis ordinaire», envoyé par la poste normale.Le tampon de la poste indique 9hl, lundi matin.Plus de 48 heures après le drame, la police a dévoilé hier que l’auteur du massacre — du moins de la tuerie qui a fait 30 victimes puisque la première attaque survenue dans un dortoir ne lui a pas encore été officiellement attribuée — était connu de ses ser-vices.A la fin de 2005, la personnalité inquiétante de Cho avait en effet alarmé plusieurs étudiants et professeurs de Virginia Tech.Assez pour que la police juge nécessaire d’enquêter sur Cho et l’oblige à subir un examen psychiatrique, sans que cela permette toutefois de déceler le potentiel violent de l’étudiant En "conférence de presse hier matin à Blacksburg, les autorités policières ont indiqué avoir rencontré Cho Seung-hui à plusieurs reprises après que deux étudiantes du campus se furent plaintes de harcèlement de sa part Au même moment au moins deux professeurs s’étaient aussi sérieusement inquiétés du comportement de Cho Seung-hui en classe: les textes qu’écrivait l’étudiant étaient si dérangeants qu’ils effrayaient ses camarades de classe, au point où plusieurs d’entre eux désertaient ces cours.Les policiers ont donc rencontré Cho, a expliqué Wendell Flinchum, chef de la police du campus, avant de lui imposer, le 13 décembre 2005, une hospitalisation dans mi hôpital psychiatrique situé près du campus, à Christiansburg.Un ami du tireur avait alors indiqué à la police qu’il croyait que Cho allait se suicider.Un médecin a rencontré le jeune homme, mais celui-ci a nié avoir des idées suicidaires.Résultat on lui a donné son congé, le docteur suggérant qu’il suive un traitement de façon volontaire.Le rapport signé par Paul M.Barnett et destiné à la cour indiquait que Cho présentait «un risque imminent de danger pour lui-même, résultat d’un problème mental».Il déconseillait une hospitalisation forcée.Après ces événements, les autorités sont restées sans nouvelles de Cho.«Depuis ces contacts, je n’ai pas eu d’autre information sur d’autres incidents ou rapports envoyés à notre service», a dit M.Flinchum.Il a aussi indiqué que les écrits du jeune homme, remis à la même période par une de ses enseignantes qui les estimait très troublants, «n’exprimaient aucune intention menaçante et ne faisaient pas allusion à une quelconque activité criminelle».Le Devoir Avec le New York Times, le Washington Post, l’Agence France-Presse et l’Associated Press L’armature du viaduc n’était pas conforme La thèse des barres d’armature mal placées dans le viaduc de la Concorde se confirme de plus en plus, un ingénieur de la société qui l’a conçu ayant admis que l’armature telle que construite n’était pas conforme à ses plans et était donc inadéquate.«Ce n était pas fait suivant les plans.C’était très important que ce soit posé comme il faut.Posé comme ça, oui, c’était inacceptable», a reconnu hier l’ingénieur de la firme Desjardins et Sauriol qui a conçu le via-duc, Gilles Dupaul.L’ingénieur, âgé de 78 ans, a été appelé par le procureur en chef de la commission d’enquête, Michel Décary, à comparer des photographies de la console du via-duc qui s’est effondré avec ses propres plans.Et 1 ingénieur a pu y relever plusieurs anomalies.Entre autres, certaines barres qui devaient avoir 41 pouces de long n’en avaient que 39.De plus, des étriers de 1 armature ont été penchés pour suivre une pente alors qu’Us ne devaient pas l’être.«De la façon dont ils sont placés, ils ne remplissent pas la fonction qu’ils devraient remplir», a souligné l’ingénieur.Aussi, des barres qui devaient être au-dessus d’autres barres se sont retrouvées en dessous, dans les faits.Interrogé pour savoir s’il aurait accepté ce qu’il voit aujourd’hui sur les photographies s’il avait été surveillant du chantier à l’époque, M.Dupaul a rétorqué: «U aurait fallu que je sois là en permanence pour surveiller la pose de l’armature, parce qu’un coup que c’est tout posé, ce n’est pas si évident que ça» à distinguer.Presse canadienne Changements de nom de rue La mort d’un enfant relance le débat à Québec ISABELLE PORTER Québec — La mort d’un enfant mardi dans un violent incendie a relancé un débat à Québec sur les changements de nom de rue découlant des fusions municipales.Or la mairesse Andrée Boucher, qui fut une ardente militante en faveur du maintien des anciens noms, n’entend pas retourner en arrière.Telle est l’essence de ce qu'elle a dit aux journalistes à la sortie de l’assermentation du nouveau conseil des ministres.«Je ne pense pas qu’on se rendrait service en retournant encore la ville à l’envers.Je ne peux pas le croire», aA-elle déclaré à propos d’une remise en question des changements de nom de rue, qui visaient notamment à pallier les nombreux doublons qui ont découlé des regroupements municipaux Dans la nuit de lundi à mardi, des employés d’Hy-dro-Québec mandatés pour couper l’électricité sur les lieux d’un incendie ont éprouvé de la difficulté à trouver la rue Raoul-Jobin, connue anciennement sous le nom de Sainte-Thérèse ou «rue du Carnaval».L’enregistrement des communications entre la centrale du service des incendies et les pompiers est sans équivoque.Au chef pompier qui réclame avec impatience le délestage de la zone par les employés dTly-dro-Québec, l’opératrice de la centrale répond qu’«i7s ne sont pas capables de retracer l’adresse».Plus tard dans la conversation, elle évoque «les changements de rue» et signale que «c’est pour ça qu 'ils ne savent pas trop».Pressée de questions sur cette affaire, Hydro-Qué-bec a ordonné une enquête interne sur cet incident.qui a pris d’autant plus d’ampleur qu’un jeune garçon de 10 ans est décédé dans l’incenctie.La responsable des communications, Claire Trépanier, préfère parler de «vérifications» découlant des «reproches» qui lui ont été faits depuis le début de la semaine.Élle s’attend à ce que l’enquête prenne fin d’id «quelques jours».Priée de dire si la société d’État avait des normes en matière de délais d’intervention, Mme Trépanier «refuse de parler de généralités» alors qu’on a en tête un «cas très spécifique».Hier, le président du Syndicat des pompiers, Éric Gosselin, s’est presque porté à la défense d’Hydro-Québec.«C’est embêtant.Il y avait énormément de demandes cette nuit-là à cause des vents violents.Il y avait beaucoup de délestage à faire.» Quant à savoir si les noms de rue retardent le travail des pompiers lors de sinistres, M.Gosselin se rappelle certes «un ou deux événements où il y a eu un léger délai», mais il estime qu’en général «il n’y a pas de problèmes».La mairesse Andrée Boucher a néanmoins demandé qu’on fasse des vérifications du côté de la Ville, notamment en ce qui a trait à la transmission des nouveaux registres de noms de rue aux services publics.«Que nous on les cherche [les nouveaux noms], ce n’est pas grave.Qu'une lettre prenne huit jours pour arriver à destination, c’est un moindre mal.Mais quand on parle de sécurité, il faut que les gens en première ligne puissent avoir les registres en main pour trouver la rue, c’est une évidence.» Collaboratrice du Devoir > LE DEVOIR.LE JEUDI 19 AVRIL 2007 LES ACTUALITÉS Lutte contre l’alcoolisme fœtal Les conservateurs s’allient aux bloquistes pour battre les libéraux Harper nommera un premier sénateur « élu » Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper nommera sous peu le tout premier sénateur «élu» de la Chambre haute — du moins sous son gouvernement II s’agit de l’Albertain Bert Brown, a annoncé hier M.Harper à la Chambre des communes.M.Brown, un militant de longue date pour la réforme du Sénat a recueilli le plus grand nombre de votes lors de la troisième élection sénatoriale albertaine, en 2004.L’agriculteur de Kathryn, en Alberta, avait même déjà fait inscrire dans le champs d’oige de son voisin le message: «Un Sénat triple E ou rien» (soit élu, égal et efficace).M.Brown comblera ainsi le siège qui sera laissé vacant par le vétéran libéral Dan Hays, qui a annoncé, mardi, qu’il comptait se retirer de la vie politique à la fin juin.Mais Bert Brown n’est pas le premier sénateur élu.Le gouvernement albertain avait tenu une première élection sénatoriale en 1989 avec l’accord tacite de Brian Mulroney, premier ministre à l’époque.Stan Waters avait alors été élu.Presse canadienne HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — La Chambre des communes a refusé de donner son aval hier soir à une approche plus musclée contre le syndrome de l’alcoolisme fœtal, les conservateurs se ralliant au Bloc québécois dans leur opposition à la motion libérale.Ce sont 161 députés qui ont voté contre alors que 112 ont voté pour.Ce vote visait à donner du poids à un rapport parlementaire demandant l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre cette maladie.L’objectif était de forcer la main à Santé Canada, qui n’intervient pas assez au goût des députés.Personne n’a été en mesure hier soir d’expliquer l’opposition conservatrice.Les conservateurs avaient appuyé le rapport de juin dernier et, quelques heures avant le vote hier soir, le ministre de la Santé, Tony Clement, disait être d’accord avec ses objectifs, dont la tenue d’une campagne nationa- le de sensibilisation publique.M.Clement disait trouver non seulement acceptable, mais souhaitable qu’une telle campagne en vienne à exercer une pression sociale sur les femmes enceintes pour qu’elles ne boivent pas d’alcool.«Je l'espère, ce serait une bonne chose», a-t-il répondu au Devoir à la sortie de la Chambre des communes.«Parce que votre bébé est ce que vous mangez et buvez.Voilà ce qu’est un bébé.Alors, nous espérons que les gens se feront rappeler par le gouvernement, par leurs amis, par la famille que c’est votre responsabilité.Si vous choisissez d’avoir un enfant, vous avez une responsabilité envers celui-ci.» En Ontario, province de M.Clement, il est obligatoire d’afficher dans les bars, les restaurants et les points de vente d’alcool des avertissements sur les risques de boire de l’alcool pendant une grossesse.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n’aime pas cette approche.Il préférerait que l’in- formation soit véhiculée de manière plus ciblée, dans les écoles ou encore les CLSC.En outre, il y voit un empiétement sur les compétences provinciales.D’ailleurs, contrairement à ce que nous écrivions dans notre édition d’hier, le Bloc n’avait pas appuyé le rapport du Comité de la santé pour cette raison.Les tentatives de rendre socialement inacceptable la consommation d’alcool pendant la grossesse sont multiples dans la capitale.Plusieurs projets de loi privés ont tenté de rendre obligatoire l’inscription d’avertissements à cet effet sur les bouteilles d’alcool.On doit la paternité de plusieurs d’entre eux au libéral Paul Szabo, le même qui a réclamé le vote d’hier soir.Farouche militant pro-vie, M.Szabo a même confié au Devoir cette semaine que les femmes sexuellement actives en âge de procréer devrait s’abstenir de boire de l’alcool à cause des risques de grossesse imprévue.Son chef, Stéphane Dion, était mal à l’aise avec cette sortie hier, un peu avant le vote.«On va voter pour les recommandations et mon député a parié pour lui-même, pas pour moi.» Le NPD a voté avec les libéraux.Pour la députée Judy Wasy-lycia-Leis, il ne s’agit pas de «poser de jugement moral», assure-t-elle, bien qu’elle aussi milite pour les avertissements sur les boissons alcoolisées.Le corps médical ignore à partir de quel seuil la consommation d’alcool cause des dommages irréversibles au fœtus.Santé Canada ne reconnaît pas que la prévalence de la maladie serait beaucoup plus élevée dans les populations autochtones, plus durement touchées par l’alcoolisme chronique.La fréquence de la maladie serait, selon plusieurs recherches, d’un à trois cas pour 1000 naissances, mais Santé Canada utilise le chiffre de 9 pour 1000 sans fournir d’études à l’appui.Le Devoir PHILIPPE HUGUEN AFP „
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