Le devoir, 12 avril 2007, Cahier A
AL-QAIDA FRAPPE A ALGER Deux attentats suicide font une trentaine de morts et plus de 200 blessés Page A 5 LE DEVOIR V o l .X C V I I I N " 7 9 ?LE JEUDI 12 AVRIL 2007 8 8 e + i a x e s = 1 $ Un péquiste pour traquer le PLC Harper choisit Daniel Paillé pour enquêter sur Vancien gouvernement HÉLÈNE B UZZETTI ternes commandés par l’ancien gouvernement et dé- d’être en situation de conflit d’intérêts, plusieurs des sur l’opinion publique commandés par Ottawa entre terminer s’ils étaient justifiés ou au contraire desti- sondages commandés par le gouvernement fédéral 1990 et 2003 et de déterminer, entre autres, si une Ottawa — Les conservateurs à Ottawa ont retenu nés à des fins partisanes.en 1994-95 étant liés au référendum québécois, à l’or- enquête judiciaire est nécessaire.Il disposera de six les services d’un souverainiste aguerri pour Le choix de M.Paillé, qui a siégé au cabinet de ganisation duquel M.Paillé participait Les libéraux mois pour faire rapport au gouvernement pourchasser les libéraux fédéraux.Le gouvernement Jacques Parizeau de 1994 à 1996, a soulevé beaucoup voient dans cette initiative une «chasse aux sorcières».D s’agissait d’une promesse électorale conservatrice, de Stephen Harper a recruté l’ancien ministre pé- de questions de la part des journalistes, en particu- Nommé conseiller indépendant, Daniel Paillé aura quiste Daniel Paillé pour revoir tous les sondages in- lier du côté anglophone.M.Paillé a dû se défendre pour mandat de revoir tous les contrats d’enquête VOIR PAGE A 8: PÉQUISTE Place à Kooza, vingtième création du Cirque du Soleil JACQUES GRENIER LE DEVOIR REVOILÀ le Cirque du Soleil avec une vingtième création, un spectacle pour chapiteau baptisé Kooza, soit «boîte» ou «trésor» en sanscrit.Après la dérive plus théâtrale de Corteo, la prestigieuse compagnie montréalaise annonce un retour aux sources circaciennes, avec des clowneries et des performances acrobatiques à profusion, comme ce numéro de planche sautoir présenté hier en amuse-gueule aux médias.Kooza sera lancé en première mondiale à Montréal à la fin du mois.Le spectacle prendra ensuite la route d’une tournée qui pourrait durer plus d’une décennie et attirer des millions de spectateurs sur plusieurs continents.Nos informations en page B 8.Le devoir de s’indigner Paul Gérin-Lajoie plaide pour le droit des enfants à la survie, à la santé, à la protection et à l’éducation CLAUDE LÉVESQUE Sous des dehors affables, Paul Gérin-Lajoie est un homme en colère.Cet artisan de la réforme de l’enseignement et premier titulaire du ministère de l’Education du Québec est «en maudit contre tout ce qu[û voit] dans le domaine de la coopération internationale».«Excusez mon langage, mais je parle de façon à ce que vous me compreniez», a-t-il lancé hier aux invités du Conseil des relations internationales de Montréal, qui ont Paul Gérin-Lajoie VOIR PAGE A 8: GÉRIN-LAJOIE ¦ Des extraits du manifeste, page A 7 INDEX "J Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B 5 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Politique.A3 Sports.B 6 Sudoku.B 5 Télévision.B 7 Back en pleine lumière Exposition d'œuvres inédites, nouveau site Internet: le grand cinéaste d'animation est plus engagé que jamais dans la cause écologiste ODILE TREMBLAY Le connaissait-on vraiment?Un crayon, un rire, un bandeau sur l’œil, une préoccupation environnementale en lui depuis toujours, des films cultes, mais l’artiste derrière L’homme qui plantait des arbres s’était un peu évanoui du décor depuis la sortie de son animation à la gloire du Saint-Laurent Le Fleuve aux grandes eaux, paru en 1993.On s’ennuyait de son univers voué à la sauvegarde des beautés du monde.Lui-même se décrit d’abord et avant tout comme un artiste engagé.Le grand cinéaste d'animation désormais octogénaire, deux fois oscarisé (pour Crac!, délicieuse trajectoire d’une chaise berçante, VOIR PAGE A 8: BACK JACQUES NADEAU LE DEVOIR ÜMf * M Frédéric Back Dumont préfère la fourgonnette à la limousine ANTOINE ROBITA1LLE Québec — Voulant projeter l’image d’un politicien favorable à la famille, le nouveau chef de l’opposition, Mario Dumont, a opté pour une minifourgonnette et non pour une limousine en guise de voiture de fonction.«On est le parti de la famille, après tout», a expliqué son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, au Devoir hier, précisant que M.Dumont, père de trois enfants, trouve un tel véhicule plus «pratique» que celui qui est habituellement utilisé, par exemple la Chrysler 300.Lors de la dernière campagne électorale, M.Dumont a beaucoup misé sur la famille de la classe moyenne, promettant notamment, s’il était élu, de créer un système d’allocations de 100 $ par semaine par enfant.Depuis son élection au titre de chef de l’opposition, M.Dumont n’a plus le droit de se trouver derrière le volant et doit se faire conduire par un chauffeur à bord d’une voiture de fonction fournie par une division de la Sûreté du Québec chargée de la «protection des personnalités».Sauf erreur, c’est la première fois à Québec qu’un élu ayant droit à une voiture avec chauffeur réclame un véhicule du type minifourgonnette, emblématique des familles contemporaines.M.Dumont est temporairement véhiculé à bord d’une Dodge Caravan bleue.Mais bientôt il la troquera VOIR PAGE A 8: DUMONT « On est le parti de la famille, après tout» ACTUALITÉS Le métro roulera jusqu’à Laval dès le 28 avril ¦ À lire en page A 3 Gérard Bouchard Alain Roy Un livre percutant, intelligent, stimulant.Girard Bouchard el Alain Boy Boréal 200 pages • 22,9' LE DEVOIR, LE JEUDI 12 AVRIL 2007 LES ACTUALITES Réchauffement du climat Une menace à la sécurité De nouveaux conflits pourraient surgir du fait de la rareté de l’eau Les changements climatiques ne passionnent plus uniquement les météorologues et les écologistes.Les militaires vont s’y intéresser de plus en plus, puisqu’ils pourraient multiplier les conflits pour les ressources en eau et provoquer des exodes massifs de populations susceptibles de provoquer d’importants remous sociopolitiques.LO l) IS GILLES FRANCŒUR Alors que l’Amérique du Nord apprenait hier le détail des impacts appréhendés du réchauffement climatique.de l’Arctique au golfe du Mexique, le Congrès américain s’apprêtait à inviter les militaires et les services de renseignement à examiner toutes les facettes du dossier susceptibles d’accroître les menaces qui pourraient fragiliser la sécurité du continent.Deux indices majeurs montrent à quel point le rapport publié la semaine dernière par le Groupe intergouvememental d’experts sur le climat (GIEC) soulève des préoccupations de défense nationale.Le Conseil de sécurité des Nations unies se saisira pour la première fois au cours du mois d’avril d’un rapport du GIEC à l’occasion d’une réunion dite de «haut niveau», ont fait savoir ses porte-parole.Par ailleurs, à Washington, une proposition bipartisane a été présentée au Sénat pour que le Pentagone et la CIA évaluent en profondeur les impacts du réchauffe- ment sur la sécurité du continent et les équilibres militaires, économiques et géographiques que les changements climatiques pourraient engendrer.A la Chambre des représentants, la direction bipartisane du nouveau Comité sur la dépendance énergétique et le réchauffement du climat a offert avant-hier d’adopter un double de la proposition.Avec 200 rivières dont les bassins versants regroupent des pays différents dans le monde, les experts militaires estiment que la raréfaction des ressources en eau risque d’exacerber de vieux antagonismes et d’en provoquer d’autres.Le Danube à lui seul draine 12 pays, le Nil, pas moins de neuf et l’Amazone récolte les eaux de sept pays de l’Amérique latine.De plus, les militaires, pris au dépourvu par l’ouragan Katrina, entendent revoir leur potentiel d’intervention si des catastrophes semblables doivent se multiplier.La commande pour une évaluation complète de la stratégie de défense continentale touche explicitement les régions arctiques qui baignent le Canada et le Québec en particulier.Le Congrès veut notamment savoir si sa marine militaire est prête à faire face à l’ouverture du passage du Nord-Ouest aux navires et sous-marins d’autres pays.Sécurité Le bilan plus détaillé rendu public hier par le GIEC ajoute deux nouvelles menaces à la fonte du pergélisol, après la réduction de la banquise annuelle, l’ouverture du passage du Nord-Ouest et l’érosion galopante des rives de cette région froide, soit la possibilité de tempêtes d’une violence inconnue sur ces mers éventuellement déglacées et la possibilité d’une contamination par des matériaux radio-actifs.Le rapport du GIEC fait état de matériaux radioactifs qui auraient été enfouis dans le pergélisol «dans certaines parties de l’Arctique».On savait jusqu’à présent que la région de Mourmansk, en Russie, était une bombe à retardement parce qu’elle est devenue un dépotoir qui abrite plus de 20 000 barres de combustible nucléaire, plus de 12 000 mètres cubes de déchets radioactifs et 11 000 conteneurs de déchets non identi- fiés que la marine russe a tout simplement coulés en mer.De plus, des dizaines de vieux navires rouillés à propulsion nucléaire, y compris 70 sous-marins en démantèlement, souvent difficiles à maintenir à flot en raison de la rouille, dorment dans le port russe en attendant l’argent et un plan pour les éliminer de façon sécuritaire.Mais ces bilans, publiés notamment en 2005 par Der Spiegel en Allemagne, ne faisaient pas état jusqu'ici de l’enfouissement de matériaux radioactifs dans un pergélisol dont la fonte n’avait pas été prévue.Selon le GIEC, cette fonte pourrait atteindre de 30 à 50 % de la profondeur actuelle du pergélisol d’ici 2080.Le pergélisol pourrait aussi perdre de 20 à 35 % de la surface polaire qu’il occupe.Plus au sud Les chiffres publiés hier par le GIEC prédisent une perte de 15 à 40 % des espèces végétales et animales de l’Amérique du Nord d’ici 2050 selon le degré de gravité du réchauffement et l’importance des pénuries d’eau.Mais les arbres pourraient envahir les savanes nordiques.Par contre, un milieu humide côtier sur cinq sera menacé dans la région atlantique états-unienne alors que les grandes villes seront menacées par de puissantes tempêtes maritimes.La fréquence des tempêtes, ARCHIVES REUTERS qui survenaient jusqu’ici une fois en cent ans, passera à une fois tous les trois ou quatre ans dans le cas de New York.D’autre part les vagues de chaleur mortelle pour les humains fragiles, qui frappent une ville comme Chicago en moyenne 12 jours par année, passeront à 100 jours par année.Le GIEC, qui prévoit une baisse sensible du niveau de l’eau des Grands Lacs, estime que les humains voudront les creuser davantage pour maintenir la navigation, ce qui pourrait aussi menacer par ricochet le Saint-Laurent Les niveaux de phosphore attribuables aux détergents des eaux municipales vont multiplier radicalement les éclosions d’algues bleues-vertes au point d’affecter jusqu’à 98 % de toutes les baies des Grands Lacs.Les pertes subies par le milieu agricole en raison du manque d’eau, notamment, pourraient atteindre entre deux et sept milliards de dollars par année alors que les industries et les villes vont réclamer en priorité l’or bleu.D’importantes nappes souterraines, comme celle de l’Ogalla, qui abreuve huit Etats du Sud, n’arriveront plus à se recharger, ce qui pourrait bien les amener à réclamer pour eux l’eau des Grands Lacs qui alimente actuellement le Saint-Laurent Le Devoir Une crise du cancer se profile à l’horizon Entrant dans la soixantaine, les baby-boomers feront augmenter les statistiques déjà inquiétantes LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Non seulement le cancer continuera de progresser cette année au Canada, mais l’entrée officielle des baby-boomers dans la soixantaine va accélérer ce mouvement au point où la Société canadienne du cancer (SCC) appréhenda une véritable «crise du cancer».A ce triste pronostic, c’est le Québec qui risque d’accuser le choc le plus important, en raison de son taux de tabagisme plus élevé mais aussi de son bilan mitigé efa matière de dépistage.Les dernières statistiques mettent en relief le retard qu’accuse le Québec dims la lutte contre le cancer.Distincts jusque dans la maladie, les Québécois sont les seuls pour qui le cancer est devenu le tueur numéro un.Ailleurs au Canada, on meurt encore plus souvent de troubles cardiovasculaires.«Le Québec est à la traîne pour les cancers colorectal, du poumon, du sein et de la prostate, ce qui explique pourquoi son bulletin est moins bon», explique Marie-Claude Lafleur, directrice des communications à la division du Québec de la SCC.ARCHIVES REUTERS Les données rendues publiques hier montrent que l’année 2007 verra 41 000 nouveaux cas de cancer au Québec (159 000 au Canada) et 19 500 décès (72 700 au Canada).Concrètement, ce sont 2700 cas et 400 décès de plus qu'en 2006.Cela paraît énorme, et pourtant, ce n’est rien si on compare ces chiffres à ceux qui se dessinent pour les prochaines décennies au Canada.L’imposante cohorte des baby-boomers atteint en effet pour la première fois le cap de la soixantaine cette année.Or l’âge demeure le principal facteur de risque pour développer un cancer.Globalement, 70 % des nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chez les 60 ans et plus tandis que 82 % des décès attribuables au cancer sont compilés dans cette même tranche d’âge.«Avec l’arrivée des baby-boomers, on se dirige vers une crise du nombre sans précédent.Il y a urgence d’agir parce qu’on n’a ni les ressources ni les structures pour faire face à une pareille crise», croit Mme Lafleur.La division québécoise de la SCC est d’autant plus inquiète que le Québec ne s’est toujours pas doté d’une stratégie nationale de lutte contre le cancer.A son arrivée, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, avait pourtant annoncé son intention de faire du cancer une priorité.Un mandat plus tard, la division attend toujours son plan d’action.«Il faut que les gouvernements s’unissent pour établir une stratégie intégrée capable de prendre les gens en charge rapidement», a défendu hier son président par intérim, le Dr Gilles Pineau.Présentement, on estime que 38 % des femmes et 44 % des hommes développeront un cancer au cours de leur vie.Mais d’ici quelques années, le vieillissement de la population fera en sorte que ce pourcentage grimpera à une personne sur deux.C’est cette force du nombre qui inquiète au plus haut point la SCC.Sur ce point, le Québec gagnerait à miser davantage sur le dépistage, croit le Dr Pineau.«Le cancer du sein est un bon exemple de l’effet positif d’un programme de dépistage.Aujourd’hui, les deux tiers des femmes ciblées y ont recours et cela a eu un impact direct sur le taux de mortalité qui y est associé.» Ce taux a en effet chuté de 25 % depuis 1986.La survie, elle, a grimpé, ce qui met un peu de baume sur ce bulletin statistique, par ailleurs guère reluisant Le bilan est beaucoup moins bon du côté du cancer du poumon, qui demeure la principale cause de décès par cancer tant chez les hommes que chez les femmes au Québec.Le problème est particulièrement aigu chez les jeunes femmes.«Les hommes ont compris le message.Ils ont arrêté de fumer et cela commence à se faire sentir sur les courbes.Les femmes, par contre, tardent à ré- agir.Chez elles, l’incidence du cancer du poumon continue à monter, tout comme le taux de mortalité», note le Dr Pineau.Au second rang des cancers les plus mortels, le cancer colorectal demeure un autre talon d’Achille du système québécois.Au banc des accusés: le dépistage, qui ne fait l’objet d’aucun programme.La SCC évalue pourtant qu’un simple test de recherche de sang occulte dans les selles chez les plus de 50 ans pourrait faire fléchir les statistiques sensiblement puisqu’il per-metfrait d’identifier les polypes précancéreux et ainsi d’agir avant même que le cancer ne se déclare.Même si le dépistage demeure la priorité de la SCC, la recherche devrait aussi être valorisée davantage.«Il y a encore quelques années, on n’aurait jamais imaginé qu’un vaccin puisse prévenir le cancer, mais c'est pourtant ce qui arrive avec le cancer du col de l’utérus, que l’on prévient grâce à un vaccin contre le virus du papillome humain.La recherche à cet égard demeure fondamentale», plaide Mme Lafleur.Le Devoir Un autre role important pour George Clooney militant pour la paix au Darfour.ENVOYE SPÉCIAL WWW.TV5.CA CE SOIR 21 h JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marie-Andrée Chouinard Nomination en page éditoriale Le Devoir est heureux d’annoncer la nomination de Marie-Andrée Chouinard au poste d’éditorialiste et de responsable de la page Idées du journal.Diplômée de l’UQAM en communication, Mme Chouinard a aussi étudié la traduction à l’Université Laval.Journaliste au Devoir depuis 1996, elle a occupé diverses fonctions à la rédaction, tant à la culture qu’à l’information générale.Avant d’accéder au poste d’éditorialiste, Mme Chouinard assurait la couverture du secteur de l’éducation.On lui doit plusieurs grands reportages qui ont marqué l’évolution du journal au cours des dernières années.En se joignant à l’équipe éditoriale du Devoir, Mme Chouinard accepte de relever le défi de la rigueur intellectuelle dans l’analyse, défi auquel se soumettent de bon gré tous les titulaires de ce poste.Nos lecteurs trouveront en elle un digne successeur de Josée Boileau, qui assume désormais les responsabilités de la direction de l’information du journal.Jean-Robert Sansfaçon Rédacteur en chef BREF CHRIS WATTIE REUTERS Belinda Stronach Retour à la maison Ottawa — La députée libérale fédérale Belinda Stronach a annoncé hier qu’elle ne briguera pas les suffrages aux prochaines élections générales.Elle a fait savoir par voie de communiqué qu’elle allait retourner travailler pour son pere a titre de vice-présidente exécutive de l’empire Magna International, spécialisé dans les pièces automobiles.L’héritière de la compagnie multimilliardaire a connu une carrière politique courte, mais mouvementée.Elle avait œuvré au rapprochement entre l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, puis avait été candidate à la direction du nouveau Parti conservateur qui en était issu.Elle avait toutefois été défaite par Stephen Harper, car elle était plutôt désavantagée par son inexpérience politique et son français de piètre qualité.Élue députée conservatrice de Newmarket-Aurora, en Ontario, elle avait fait défection en mai 2005 au profit du gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin, qui l’avait aussitôt nommée ministre des Ressources humaines.Elle avait alors toutefois perdu au change son ami de cœur, le conservateur Peter MacKay.-PC Un test oral de dépistage du VIH Un examen oral de dépistage du VIH a été mis au point par une équipe de recherche du Centre universitaire de santé McGill, à Montréal Il s’agirait d’une solution de rechange au traditionnel test sanguin du dépistage du virus du sida, dont les résultats peuvent prendre jusqu’à deux semaines avant d’être communiqués au patient Lanouvelle étude menée par le CUSM établit que les résultats du test OraQuick HIV-1/2, administré oralement sur le fluide oral, sont précis à 100 %.Les résultats de ce test oral seraient disponibles dans un délai de 40 minutes.L’auteure principale de cette recherche, Nitika Pai, et ses collègues ont testé 450 personnes pour l’infection au VIH à l’Institut des sciences Mahatma Gandhi de Sevagram, en Inde.Ils ont établi que 32 % des personnes testées présentaient des résultats positifs au VIH.les chercheurs ont comparé la précision diagnostique à l’aide de deux échantillons, le premier prélevé sur le fluide oral et le second par piqûre au doigt aux tests sanguins classiques.Le test pratiqué sur le fluide oral était précis à 100 %, selon eux- PC 4 I t J t £ LE DEVOIR.LE JEUDI I 2 AVRIL 2 0 0 s QUALITES 4,5 ET 6 MAI 2£07 *»$*»** (514)382-3913 #v" WWW.RADIOVM.COM m do RiidioA illt* Moric* Michel David Les deux chartes Le 17 avril 2002, Mario Dumont n’avait pas jugé utile d’être présent à l’Assemblée nationale quand celle-ci avait réitéré son opposition au rapatriement unilatéral de la Constitution, survenu 20 ans plus tôt Comme il allait lui-même l’expliquer quelques mois plus tard dans son malheureux discours devant le Canadian Club de Toronto, la question nationale avait alors disparu de son écran radar.Plutôt que de dénoncer le coup de force de Pierre Elliott Trudeau, le chef de l’ADQ avait donc préféré s’adresser aux membres de la Chambre de commerce de Blainville.Le mois prochain, M.Dumont se fera certainement un devoir d’être à Québec quand l’Assemblée nationale soulignera, avec un peu de retard, le 25" anniversaire du rapatriement.D ne laissera plus la question nationale disparaître de son écran radar.Le contexte est très différent d’il y a cinq ans.A l’époque, Bernard Landry, désireux d’obtenir l’unanimité de l’Assemblée, avait présenté une motion au ton remarquablement modéré, qui ne risquait pas d’effaroucher les libéraux.Elle réitérait simplement que le rapatriement de 1982, qui avait diminué les pouvoirs du Québec sans son consentement, demeurait inacceptable.En sa qualité de chef de l’opposition officielle, Jean Charest avait appuyé cette motion, mais il avait dit le faire simplement par principe.De son propre aveu, il n’avait pas le sentiment d’une bien grande injustice.«Ce que ce rapatriement-là contenait, incluant la Charte des droits et libertés, est largement appuyé par la population aujourd'hui», avait-il expliqué.Cette foisci, le libellé pourrait être nettement plus musclé.Ni l’ADQ ni le PQ, qui ont les moyens d’imposer leur volonté, n’ont avantage à se montrer conciliant envers les libéraux, dont ils n’ont pas cessé de dénoncer la mollesse devant Ottawa au cours de la dernière campagne électorale.Au contraire, le 25' anniversaire du rapatriement pourrait offrir une belle occasion de vérifier jusqu’où le gouvernement Charest est disposé à aller dans la défense des intérêts fondamentaux du Québec au sein de la fédération canadienne.?En décembre 1981, Claude Ryan, alors chef du PLQ, avait appuyé la motion présentée par le gouvernement Lévesque en réaction à la «nuit des longs couteaux».I^e Québec n’accepterait la nouvelle Constitution qu’à la condition où celle-ci lui reconnaîtrait «tous les attributs d’une communauté nationale distincte».Il faudrait soit lui restituer son droit de veto sur toute modification constitutionnelle qui diminuerait ses pouvoirs, soit encore lui accorder un droit de retrait assorti d’une juste compensation financière.Plus encore, étant donné l’existence d’une charte québécoise des droits et libertés de la personne, la portée de la nouvelle charte inscrite dans la Constitution canadienne devrait être sérieusement limitée.Malgré les droits fondamentaux garantis par la charte canadienne, l’Assemblée nationale conserverait le pouvoir de faire prévaloir ses lois dans les domaines de sa compétence.Le Québec demeurerait également libre d’adhérer ou non aux dispositions relatives à l'enseignement dans la langue des minorités française et anglaise.L’acceptation de la primauté de la Charte québécoise des droits et libertés faisait partie du «projet d’accord constitutionnel» que le gouvernement Lévesque avait proposé en juin 1985.Ni dans l’accord du Lac-Meech ni dans l’entente de Charlottetown le gouvernement Bourassa n’avait toutefois osé reprendre cette idée, à laquelle M.Ryan avait pourtant souscrit.La Charte de 1982 est devenue un tel symbole d’unité dans le reste du Canada que la perspective de voir le Québec s’y soustraire soulèverait immanquablement un tollé.Pourtant, celle que le Québec s’est donnée en 1975 est beaucoup plus complète.Elle prévoit non seulement des droits civils et politiques mais aussi des droits économiques et sociaux.EJle s’applique non seulement aux relations entre l’Etat et le citoyen mais aussi aux relations entre personnes privées.?En ce 25' anniversaire du rapatriement, le PQ pourrait reprendre la motion de 1981 et demander à l’Assemblée nationale de réitérer que la primauté de sa charte fait partie des conditions non négociables auxquelles le Québec pourrait éventuellement signer la Constitution de 1982.Mario Dumont ne s’est jamais commis sur cette question, mais la Charte des droits et libertés de la personne serait un des principaux éléments dç la constitution que l’ADQ a promis de donner à «l’Etat autonome du Québec».On voit mal comment l’autonomie québécoise pourrait trouver son compte dans une charte subordonnée à celle d’Ottawa.Tant qu’il était à la tête d’un parti qui comptait cinq députés, M.Dumont n’avait pas trop de mal à se cantonner dans le flou constitutionnel.En sa qualité de chef de l’opposition officielle, il lui faudra se compromettre davantage, et le PQ a tout avantage à le défier sur son propre terrain.Le rapport Pelletier, qui tient toujours lieu de politique constitutionnelle au PLQ, soulignait que l’adoption de la charte de 1975 est le fait d’un gouvernement libéral et qu’elle «constitue une pierre d’assise dans l’ordre juridique québécois».Pourtant dans la longue liste des modifications que le PLQ voudrait voir apporter à la Constitution canadienne dans un avenir indéfini, il n’est aucunement question de sa primauté sur la charte canadienne.Les élections du 26 mars dernier ont révélé à quel point les libéraux sont coupés de la majorité francophone.Même si le rapatriement de 1982 ne semble pas choquer outre mesure le premier ministre Charest, il serait un peu délicat d’entreprendre son deuxième mandat par un acte de soumission.mdavid@ledevoir.com Prolongement de la ligne orange jusqu’à Laval Le métro roulera fin avril Promis au coût de 179 millions par le gouvernement de Lucien Bouchard à l’aube de la campagne électorale de 1998, le tronçon du métro à Laval sera mis en service à la fin d’avril, deux mois avant l’ouverture prévue pour le 1er juillet.L’opération aura finalement coûté 745 millions, un peu moins que le budget révisé, précise-t-on à l’Agence métropolitaine de transport (AMT).CLAIRANDRÉE CAUCHY Terminus Montmorency, merci d’avoir voyagé avec la STM.» Ce message enregistré résonnera dans les oreilles des Lavallois dès le 28 avril, date de la mise en service des trois stations de métro à Laval.L’ouverture du tronçon de Laval a pu être devancée de deux mois, par rapport à l’échéancier prévu, comme l’annonçait Le Devoir en janvier dernier.«Maintes fois promis au cours des 30 dernières années, ce projet connaît aujourd’hui son aboutissement», s’est réjoui le président-directeur général de l’AMT, Joël Gauthier.Chiffres à l’appui, il s’est vanté d’être arrivé à livrer son mandat plus rapidement que prévu et à moindre coût, du moins par rapport au budget définitif autorisé par Québec, qui était plus de quatre fois supérieur à l’engagement de 1998.Le prolongement de la ligne orange vers les stations Cartier, de la Concorde et Montmorency aura finalement coûté 745 millions plutôt que les 803 autorisés.«Cela illustre toute la rigueur avec laquelle le dossier a été géré depuis que nous avons repris les rênes en 2004», a poursuivi M.Gauthier, soulignant que le coût de construction de 143 millions du kilomètre est de 22 % moins élevé que la moyenne internationale.3000 autos de moins Les usagers du métro à Laval devront néanmoins payer un peu plus cher que ceux qui y montent sur l’üe ou à la station Longueuil, lesquels voyagent simplement avec la carte autobus-métro (CAM), vendue au prix de 65 $.Ds devront être munis d’une TRAM 3, une carte de transport régionale au coût de 103 $ qui donne accès à une portion du réseau de train de banlieue, au réseau de la Société de transport de Laval (STL) et à celui de la Société de transport de Montréal (STM).Il sera toutefois possible de payer pour le passage à la pièce, au coût de 2,75 $ (1,75 $ pour le tarif réduit).Ces tarifs seront en vigueur pour les passagers qui embarquent à Laval, mais la CAM et les lisières de tickets réguliers de la STM seront valides pour le voyage entre Montréal et Laval.Les 28 et 29 avril, la STM déverrouillera cependant les tourniquets pour permettre aux usagers de se familiariser gratuitement avec le nouveau tronçon.Le prolongement du métro devrait permettre 50 000 déplacements supplémentaires par jour (en semaine), dont 17 000 à l’heure de pointe.On estime que 3000 automobiles seront ainsi retirées de la circulation sur les ponts, qui auraient produit environ 15 000 tonnes de gaz à effet de serre annuellement «C’est l’équivalent d’une voie d’autoroute», illustre le p.-d.g.de l’AMT, précisant que l’achalandage s’avère très souvent plus important que ne le laissent entrevoir les études de marché.La STM est confiante que le réseau montréalais saura supporter cette hausse de l’achalandage.«Nous avons augmenté le nombre de trains et rénové les MR-73.Nous sommes capables de faire face à la situation sans ajouter d’autres trains», assure le président de la STM, Claude Trudel.Les usagers devront toutefois être vigilants pour se rendre jusqu’à Laval.Un train sur deux traversera vers l’île Jésus aux heures de pointe, l’autre s’ar- rêtera à la station Henri-Bourassa.Un affichage à la tête du train et, éventuellement, sur les quais, préviendra les usagers de la destination.Les trois nouvelles stations seront accessibles pour les personnes à mobilité réduite.Ces dernières ne pourront toutefois pas ressortir aussi facilement une fois rendues à Montréal.A la STM, on assure cependant que cinq stations du métro de Montréal devraient être munies d’ascenseurs d’ici 2010, une opération qui coûte entre 8 et 10 millions par station.Pour inciter les Lavallois et les résidants de la couronne nord à se convertir au métro, l’AMT leur offre quelque 1800 places de stationnement incitatif aux stations Montmorency et Cartier, dont les deux tiers seront gratuites.Le tiers restant devrait être loué environ 80 $ par mois (te tarif définitif sera décidé dans les prochaines semaines), un prix comparable à ce que paient tous tes usagers du stationnement au métro de Longueuil.L’ouverture du tronçon, ainsi que de terminus d’autobus aux stations Montmorency et Cartier, entraînera une reconfiguration complète du réseau d’autobus de la STL, dont la majeure partie des circuits convergent actuellement vers 1e métro Henri-Bourassa.Le Devoir Commission d’enquete Un viaduc à inspecter sur l’effondrement du viaduc de la Concorde au «pc».mais pas tout de suite JACQUES NAOEAU LE DEVOIR Le surveillant routier Jules Bonin et son supérieur, Jean-Pierre Chabot.f m .GUILLAUME B O U R G AU LT - C ÔTÉ Le surveillant routier qui s’est rendu sous 1e viaduc de la Concorde moins d’une heure avant son effondrement a été suffisamment préoccupé par ce qu’il a vu pour demander une inspection de la structure «au PC».D n’a toutefois rien noté qui eût pu justifier la fermeture de l’autoroute 19.La signification exacte de l’expression consacrée «au plus crisse» a occupé une place de choix pendant la deuxième journée des audiences publiques de la Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde (CEVC), hier à Laval Les mots sont sortis de la bouche de Jules Bonin, surveillant routier à l’emploi du ministère des Transports et dernier représentant officiel à avoir vu 1e viaduc de la Concorde debout Le 30 septembre dernier, M.Bonin a donc répondu à un appel vers llh25 signalant la présence de morceaux de béton sur la chaussée de l’autoroute 19, du côté sud-est du viaduc.Arrivé sur les lieux une dizaine de minutes plus tard, te surveillant routier a trouvé sur l’accotement un gros morceau de béton et une vingtaine de petits éclats de la grosseur d’une balle de golf.Mis ensemble, ces morceaux n’auraient toutefois pas atteint la taille d’une valise, a mentionné M.Bonin.Mardi, un des premiers témoins de la commission a témoigné avoir appelé au 911 pour signaler la chute d’un morceau d’une longueur d’au moins un mètre.M.Bonin a ramassé ces morceaux et observé dans la structure du viaduc un trou correspondant sensiblement à la taille du plus gros morceau de béton.Notant qu’il y avait là «un p’tit quelque chose» d’anormal, il a pris une photo, inspecté rapidement 1e viaduc et rédigé un «rapport d’anomalie».Dans ce rapport, te surveillant indique que des «morceaux de béton sont tombés du viaduc dans l’accotement.A faire inspecter au PC».D n’a pas cru bon informer son supérieur de ses observations.Selon ce qu’a indiqué M.Bonin à la commission, «au PC» signifiait pour lui qu’il fallait procéder à une inspection «prioritaire» mais pas «urgente».En clair, cette inspection pouvait attendre jusqu’au lundi matin (l’effondrement est survenu samedi).«Je n’ai jamais pensé que le viaduc pouvait tomber», a-t-U répété une bonne dizaine de fois devant tes questions insistantes des avocats qui cherchaient à comprendre pourquoi M.Bonin n’avait pas fermé l’autoroute 19 par précaution.Si la tâche principale d’un surveillant est de veiller à la fluidité de la circulation, il a l’autorité nécessaire pour demander la fermeture d’une autoroute.En après-midi hier, son supérieur Jean-Rerre Chabot est venu confirmer que Jules Bonin avait suivi la procédure prévue, toujours en vigueur aujourd’hui.«Je suis convaincu que si M.Bonin avait craint que le viaduc tombe, il aurait immédiatement appelé le centre de communication» et l’autoroute 19 aurait été fermée à la circulation, a mentionné M.Chabot, contremaître en routes et structures.La fermeture d’une autoroute aussi importante peut quand même prendre une bonne vingtaine de minutes, a-t-on précisé.M.Chabot a aussi indiqué à la commission qu’il était normal que son surveillant n’ait pas prévenu son supérieur de l’incident relevé.«On n’appelle pas pour un objet ramassé au bord de la route.[.] H ne m’a pas appelé parce qu’il croyait qu’il n’y avait pas de danger.» M.Chabot n’a été mis au courant des problèmes du viaduc qu’apres l’effondrement C’est M.Bonin qui l’a prévenu: il venait de recevoir un appel lui indiquant que d’autres débris tombaient du viaduc.Le temps de revenir sur tes lieux, cinq personnes étaient mortes.Les ingénieurs restent Par ailleurs, l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a finalement décidé de continuer à participer à la CEVC, malgré te refus du président Johnson et du commissaire Annand Couture de quitter leur fonction, comme te demandait te syndicat des ingénieurs.En conférence de presse hier midi, 1e président de l’APIGQ, Michel Gagnon, a expliqué que tes ingénieurs ne voulaient pas retarder une commission qui coûtera cher.Mais ils demeurent convaincus que MM.Johnson et Couture n’ont pas l’impartialité requise pour bien juger de la situation et qu’il s’agit d’une commission «fantoche».L’APIGQ craint ainsi d’être injustement montrée du doigt au tenne du processus.Le Devoir Par un collectif d’auteures Sous la direction de Christine T0UZIN GLAC-SONS Collection de musique au primaire Manuels A et B «15,50$ chacun Manuels C et D« 20,75$ chacun Pour renseignement de ta musique dans les écoles GUÉRIN, éditeur Itée 514-842-3481 En uente dans toutes les itorairles Les prix sont indiqués sous réserve de modifications.Montréal 514.845.5545 i.a Grande Braderie de Mode Québécoise |Èc6tiOfiPt«itenps/È!é2007 Les 12,13,14 et 15 avril Rudsak • Muse • Mariage • Report Cotedbn • Bodytag * Dettfif • Rw Jane Coudre Mare Sart-Pieoe • Concubine • te • Nevik • Envers • MSiamo • Gawiette Design JuSe Sou » Bijouterie Marteria's • Vagi Handbags1 Myoo Anna * Mestiza Mane-Pwre Lafatune ?OpheSe • Dire Gaspan • Micüel Desiïaire • Barra Pépin Design • Nénufar • Saatcfr • G# 3000 * ivano Horrwe • Frëît Design Sylvie Germain * Gereœve Dostafer • France Anctü • Banc Mcuton • OCotect»n Jean Airoidi • Pierre Poisson • Lelièvre • Rosanna Design,.les nouveautés : Tavan & Mitto • TXT Carbon Inc, • Surin Les Mains Fofes • F astyesque • Extenso • Dinh 8a Design Liquidation d’échantillons et surplus d'inventaire! , $0% MARCHÉB0NSEC0URS 350, rue Saint-Paul Est et 325, rue de la Commune Est vtKux-wj|tir« imm ¦tnm À 1 VtSA HEURES D’OUVERTURE jeudietvendredi: 10hà2th samedi et dimanche ; 106 à 17h Station de métro : Champ-de-Mars Product*)# DIFFUSION m GRIFF I.*! INFORMATION (514) 866.2006 poste 300 www.braderiedemoclequebecoise.com LE DEVOIR.LE JEUDI 12 AVRIL 2007 A 4 LES ACTUALITÉS Santé dentaire Appel insistant pour une fluoration de l’eau Une coalition menace de recourir aux tribunaux pour forcer la main à Montréal LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, l’a écrit noir sur blanc au maire de Montréal: la fluoration de l’eau est non seulement «sûre» mais «efficace» pour prévenir la carie dentaire.Pourtant, Montréal résiste toujours à fluorer son eau en dépit d’un taux de carie jugé épidémique dans certains arrondissements.Qu’à cela ne tienne, la Coalition de Montréal pour des dents en santé entend bien faire valoir son point de vue, quitte à recourir aux tribunaux s’il le faut.Chiffres à l’appui, sa présidente a brossé un tableau troublant de la santé buccale des jeunes Montréalais.Dans certains quartiers les plus pauvres de l’île, jusqu’à 70 % des enfants ont des caries avant d’entrer à la maternelle.«Et ces enfants n’ont généralement pas une carie, mais des caries en raison de la fragilité des dents à cet âge», explique la D" Stéphane Schwartz.Dans Côte-des-Neiges, par exemple, 47 % des enfants inscrits à la maternelle ont 14 caries ou plus! Idem pour 38 % des enfants de cet âge dans Hochelaga-Maisonneuve et 42 % dans Pointe-Saint-Charles.Jugée épidémique, la situation avait conduit le directeur de la Santé publique (DSP) de Montréal, le Dr Richard Lessard, à recommander formellement à la Ville de mettre en place un programme de fluoration de l’eau potable afin de rendre l’émail des dents des enfants plus résistant aux attaques bactériennes.Mais son avis a été rejeté par le maire Gérald Tremblay, qui évoque «l’expression de préoccupations importantes venant d’une partie de la population et même de certains spécialistes».Négligence passive Sur son site Internet, la DSP accuse maintenant la Ville de Montréal de faire preuve de «négligence passive» parce qu’elle ne fluoré pas son eau potable: «L'omission d’assurer l'effet préventif primaire qu’offre la fluoration de l’eau potable constitue un exemple de négligence passive.C’est un acte auquel nous ne pouvons plus continuer à nous prêter.» Interpellé par la coalition qui l’invite à intervenir dans ce dossier, le directeur national de la Santé publique n’a pas caché sa surprise hier de voir que les résistances persistent.«Il y a une résistance qu’on ne comprend pas.Le maire évoque des réserves scientifiques que nous ne connaissons même pas, explique le D' Alain Poirier.Les bienfaits du fluor dans l’eau potable sont très bien documentés.L'OMS recommande sans réserve la fluoration.Et j’ai ici un rapport que l’Institut national de la santé publique du Québec devrait publier sous peu qui dit exactement la même chose.» A la coalition, on aimerait que le D’ Poirier oblige la Ville à donner suite à la recommandation de la DSP Mais il affinne ne pas avoir ce pouvoir.«J'aimerais être capable de décréter avec un coup de marteau sur la tête de tous les maires qu’il faut fluorer l’eau, mais c’est à eux que revient la responsabilité de la qualité de l’eau.» Le D' Poirier entend plutôt poursuivre son travail d’éducation auprès des maires de Montréal et de Québec, quitte à élargir son action aux responsables de TUnion des municipalités.Mais le temps presse, fait valoir la D" Stéphane Schwartz, qui dirige la clinique dentaire de l’Hôpital de Montréal pour enfants de Montréal.Le haut taux de caries à Montréal chez les tout-petits a un effet direct sur les services offerts.Traiter 14 caries douloureuses dans la bouche d’un jeune enfant est un défi qui rebute les cabinets privés.Puisque le CHU Sainte-Justine n’accepte que les enfants qui sont atteints d’une autre maladie dans sa clinique dentaire externe, celle de l'Hôpital pour enfants déborde littéralement La D" Schwartz estime que la liste d’attente atteint désormais les 18 mois.«C’est insensé, un enfant ne devrait même pas attendre un jour pour recevoir des soins dentaires», a dénoncé hier le président de l’Association des dentistes pédiatres du Québec, le Dr Duy Dat Vu.Si rien n’est fait à court tenne, la coalition entend déposer une plainte formelle auprès de la Commission des droits de la personne, s’adresser à l’ombudsman de la Ville ou même demander aux tribunaux de forcer la Ville à appliquer la recommandation du directeur de la Santé publique.Notons que les fluorures sont des minéraux que l’on retrouve couramment dans la nature.L’eau de Montréal contient naturellement 0,15 mg/1 de fluor, un taux que la DSJ3 suggère de hausser à 0,7 mg/1.A ce taux, il faudrait boire deux pleines baignoires d’eau par jour pour que des risques de surdose apparaissent, fait valoir la D" Schwartz.Au Québec, à peine 6 % de la population a accès à de l’eau fluorée, contre 70 % en Ontario et 66 % aux Etats-Unis.Le Devoir Deux autres soldats canadiens sont tués en Afghanistan Le Canada pourrait se retirer à la fin de 2010, dit O’Connor Kandahar, Afghanistan — Les autorités militaires canadiennes à Kandahar ont confirmé que deux soldats canadiens ont été tués et trois autres blessés au cours de deux attaques distinctes hier.Le colonel Mike Cessford, commandant adjoint du contingent canadien en Afghanistan, a déclaré que deux bombes artisanales à l’ouest de Kandahar avaient causé les décès.Il a ajouté que les soldats blessés sont dans un état stable.Deux soldats ont été tués et deux autres blessés quand une bombe placée en bordure de la route a explosé près de leur véhicule, aux alentours de 20h, heure de Kandahar, à environ 38 km de la vü-le.Quelque deux heures plus tôt, un autre soldat canadien avait été blessé dans une attaque semblable.M.Cessford n’a pas déclaré d’où provenaient les soldats, mais au cours d'un service commémoratif célébré à la base de Gage-town, au Nouveau-Brunswick, le lieutenant-colonel Paul Kearsey a JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gordon O’Connor indiqué que les soldats concernés provenaient de la base de Petawa-wa, en Ontario.Cette nouvelle survient le jour même où les dépouilles des six soldats canadiens tués dimanche dernier sont arrivées à la base de Trenton, en Ontario.Les parents des soldats et des dignitaires ont accueilli sur la piste les dépouilles de Don Lucas, Chris Stannix, Aaron Williams, Brent Poland, David Greenslade et Kevin Kennedy, tués eux aussi par une bombe artisanale, à 75 km à l’ouest de Kandahar.Plus tôt hier, les autorités militaires avaient confinné que 10 civils afghans avaient été blessés au cours d’un attentat au véhicule piégé perpétré contre un convoi militaire canadien, à l’ouest de Kandahar.L’explosion a endommagé un camion-citerne militaire, mais le porte-parole de l’armée, le lieutenant John Netherscott, ne rapportait pas de blessures parmi les soldats.O’Connor Par ailleurs, le gouvernement du Canada pourrait ne retirer ses troupes d’Afghanistan qu’en fin d’année 2010, selon ce qu’a indiqué mardi le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor.Cette date approximative est toutefois conditionnelle à la capacité des forces de sécurité afghanes d’atteindre certains objectifs devant assurer le développement de l’Afghanistan, a précisé le ministre O’Connor en entrevue au National Post.L’engagement actuel des troupes canadiennes vaut jusqu’en février 2009; quant au volet humanitaire de la participation canadienne, il est prévu jusqu’en 2010-11.Mardi, le ministre a ajouté que le Canada va fournir probablement de l’aide à l'Afghanistan, sous d’autres formes, après le départ des troupes.La semaine dernière, lors d’une allocution prononcée à Montréal, le ministre affirmait que les Forces armées canadiennes demeureraient en Afghanistan jusqu’à ce que les progrès y soient irréversibles.Désormais, il pense que les capacités des autorités afghanes progressent Il a cité, à titre de progrès, la construction ou la réparation de 6000 kilomètres de route, le fait que six millions d’enfants fréquentaient maintenant l’école et que 2500 villages étaient dorénavant alimentés par l’électricité.Presse canadienne Procès pour crime de guerre, crime contre l’humanité et génocide Une témoin à la mémoire vascillante BRIAN MYLES Une survivante du génocide rwandais, le témoin C-17, a été affligée de nombreux trous de mémoire, hier au procès de Désiré Munyaneza, alors qu’elle subissait curieusement son contre-interrogatoire par l’avocat de l’accusé.La jeune femme a éprouvé maintes difficultés à se souvenir du nombre de fois où elle a témoigné devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du nombre d’occasions où elle a rencontré les enquêteurs du Canada.« Vous êtes un employé du tribunal, peut-être pouvez-vous me le rappeler, peut-être que vous le savez mieux que moi», a lancé le témoin C-17 à Richard Ferras, l'avocat de M.Munyaneza.La jeune femme a haussé le ton à quelques reprises devant les questions précises de M1' Ferras au sujet de ses déclarations actuelles et antérieures au TPJR.Les unes et les autres sont parfois difficiles à réconcilier, notamment en ce qui a trait à la fréquence des rencontres du témoin C-17 avec un certain milicien hutu nommé Shalom (un ami de Munyaneza) pendant le génocide de 1994.Le juge de la Cour supérieure, André Denis, a même dû rappeler à la jeune femme que l’avocat de la défense «n’était pas son ennemi».«Vous devez comprendre que ceci est un nouveau procès et que l’avocat a le droit de vous poser ces questions», a dit le juge.La veille, le témoin C-17 avait déclaré que Désiré Munyaneza l’avait violée à quatre reprises au cours du génocide et qu’il avait tué un homme à coups de machet- te sous ses yeux.Elle a identifié l’accusé en personne dans la salle d’audiences, et ce, à partir d'un jeu de photographies que lui avaient déjà montré les enquêteurs canadiens en 2005.Or M Ferras a fait ressortir que la jeune femme n’avait pas reconnu Désiré Munyaneza en photo en 2005, citant à l’appui les notes des enquêteurs.«C’est un mensonge», a dit le témoin C-17.«C’est votre témoignage», a répliqué M' Ferras du tac au tac.Le Devoir Haro sur les crèmes antirides PAULINE GRAVEL Les crèmes dites «face-lifts instantanés» qui font disparaître les rides en l’espace d’une heure ne font pas leur miracle sans conséquences.Selon des chercheurs de l’Université Laval, elles interrompent la division des cellules épidermiques et provoquent même la mort de plusieurs d’entre elles, révèlent-ils dans la plus récente publication du British Journal of Dermatology.C’est en étudiant d’autres problèmes de pharmacothérapie que le chercheur de l’Université Laval François Marceau a observé que le 2-diméthylaminoéthanol (ou DMAE) utilisé dans certaines crèmes antirides vendues comme des face-lifts instantanés provoquait une pathologie cellulaire.L’application de DMAE provoque un gonflement rapide et spectaculaire des nombreuses vacuoles des cellules épidermiques ainsi que des fibroblastes du derme, la couche la plus profonde de la peau.Ces petits réservoirs qui interviennent dans les échanges entre l’intérieur et l’extérieur se remplissent d’eau et, de ce fait, font gonfler anormalement les cellules qui les contiennent ainsi que l’ensemble de l’épiderme, la couche superficielle de la peau où se situent les cellules affectées, explique le professeur de pharmacologie expérimentale.«L’épaississement de la peau provoqué par le gonflement pathologique des va- cuoles expliquerait l’effet antirides du DMAE», résume-t-il avant d’ajouter que dans les heures qui suivent l’apparition de ces transformations, la division des cellules épidermiques et des fibroblastes est ralentie, voire arrêtée, et un nombre significatif d’entre eux meurent.Ces manifestations observées in vitro laissent présager des effets néfastes à plus long terme, souligne le scientifique, qui poursuit ses recherches sur ce composé.«Nous ne partons pas en croisade contre les marques de cosmétiques contenant ce composé», se défend François Marceau, qui insiste par ailleurs sur le fait que «cette substance et de multiples autres composés chimiquement comparables se comportent de façon aussi complexe que des médicaments alors qu’ils n 'en sont pas selon la définition légale d’un médicament».«Il faudrait étudier leur mode d’action et leur effets toxicologiques au même titre que n’importe quel médicament», clame-t-il, d’autant que ces composés qui échappent à la Loi des aliments et drogues sont légion.En effet, plusieurs autres produits chimiques de la même fiimille que le DMAE et portant des noms tels que triéthanolamine et méthyl-diéthanolamine sont présents dans une grande variété de crèmes, rouges à lèvres, shampooings, savons et lotions pour bébés.Le Devoir LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL Québec et Ottawa devant le tribunal L'UNIVERSITÉ QUÉBÉCOISE figures, mission, environnements PIERRE LUCIER L'UNIVERSITÉ QUÉBÉCOISE flgm-ws mission, twvimnttewenfc» ISBN : 978-2-7637-8411-3 192 pages • 25 $ (418)656-2131 oxt.10996 www.pulaval.com Procréation assistée : une affaire qui relève du Code criminel ou de la santé ?HÉLÈNE BUZZ E TT I Ottawa — Le gouvernement fédéral n’empiète pas sur les compétences de Québec en légiférant le complexe monde de la procréation assistée: il ne fait qu’exercer sa compétence en matière de droit criminel.C’est du moins la thèse que défendront les avocats d’Ottawa en Cour d’appel, où la loi fédérale est contestée par le gouvernement de Jean Charest.En 2004, Ottawa s’est doté d’une Loi sur la procréation assistée interdisant plusieurs pratiques, comme le clonage humain, et en encadrant une multitude d’autres, allant du don de sperme au recrutement de mères porteuses.La loi a même donné naissance à une entité, Frocréation assistée Canada, qui délivrera désormais les permis de pratique aux cliniques de fertilité.Québec considère qu’Otta-wa empiète sur sa compétence en santé et a déposé un renvoi devant la Cour d’appel pour obtenir l’avis des juges.Les avocats fédéraux ont déposé lundi soir l’argumentaire qu’ils défendront en cour.La loi, plaide Ottawa, n’a rien — ou si peu — à voir avec la santé et tout à voir avec le Code criminel, prérogative d’un gouvernement central.En outre, Québec a beau crier sur tous les toits qu’il a déjà son propre cadre ré- glementaire et que celui-ci est rendu caduc par la loi fédérale, il n’en est rien.«Il s’agit ici de déterminer si les dispositions contestées résultent d’un exercice valide, par le Parlement [fédéral], de ses pouvoirs de légiférer en matière de droit criminel puisque c’est sur cette base, nous le rappelons, que la loi a été conçue et érigée», écrivent les juristes du ministère de la Justice dans leur factum consulté par Le Devoir.Il s’agit d’une belle ironie.En effet, le gouvernement fédéral a mis plus de 10 ans pour accoucher de sa Loi sur la procréation assistée, et ce sont toujours les ministres de la Santé qui ont porté le projet.Tous les libéraux y sont passés: Diane Marleau, David Dingwall, Allan Rock, Pierre Pettigrew et Anne McLellan, qui a fait adopter le tout.C’est sous la responsabilité de l’actuel ministre de la Santé, Tony Clement, que Procréation assistée Canada a été placée.Sans compter que c’est toujours le Comité parlementaire de la santé qui a étudié les nombreuses versions du projet de loi.Qu’importe.Les avocats fédéraux estiment qu’il en va ainsi du Code criminel: il déborde dans d’autres domaines (ici la santé), mais il ne s’agit que de cela: des débordements.L’approche de Québec d’y voir un empiétement «tend plus particulièrement à occulter la réalité voulant qu'une bonne partie du domaine qu’on pourrait considérer comme relevant du droit criminel soit de compétence concurrente, particulièrement lorsqu’il est question de la santé, un sujet qui, en matière constitutionnelle, n 'est pas l’apanage exclusif des provinces».Les avocats ajoutent que la procréation assistée a, somme toute, peu à voir avec le rapport médecin-patient du monde médical régulier dans la mesure où beaucoup des pratiques visées se font en laboratoire en l’absence du patient.«La plupart des dispositions contestées en l’instance visent pour l’essentiel des préoccupations d’ordre éthique et moral qui n’ont finalement que peu ou pas d’impact sur la pratique médicale et la prestation des services de santé comme telles», écrivent-ils.Les avocats illustrent même leur thèse en présentant comme autant d’exemples la criminalisation de l’avortement et de la marijuana.«Dans les affaires Morgenta-ler, la Cour suprême a statué que, bien que ce ne soit pas là le seul but sous-tendant la criminalisation de l’avortement, la protection de la vie et de la santé de la femme demeurait un objectif valide de droit criminel», écrit Ottawa.Agence accessoire En ce qui concerne l’autorité de l’agence Procréation assistée Canada, qui délivrera les permis de pratique aux cliniques de fertilité et effectuera des inspections, les avocats n’y consacrent qu’à peine deux paragraphes sur 317: «Elles [les dispositions de l’agence] sont, pour l’essentiel, accessoires.» Aucune date d’audience n’a encore été arrêtée pour la cause.Ceci n’est pas de nature à retarder pour autant l’entrée en vigueur de la loi.En fait, les choses vont lentement d’elles-mêmes.Plus de trois ans après l’adoption de la loi, la réglementation devant l’accompagner (et qui contiendra le cœur de la loi) n’est toujours pas adoptée.Il s’agit d’un délai anormalement long qui s’explique en partie par la décision de Santé Canada de refaire des consultations avant de concocter chacun de la dizaine de règlements nécessaires.Les avocats fédéraux s’attaquent aux arguments du Québec voulant que la loi fédérale contrecarre les initiatives provinciales en matière de réglementation de la procréation assistée.Ils rappellent d’abord qu’il n’existe pas de consensus sur le caractère «suffisant» et «unique» de la réglementation québécoise en la matière.Ils font ensuite valoir qu’il y a plutôt complémentarité des deux régimes.«Il ressort à l’évidence beaucoup plus de peur que de mal», est-il écrit dans le factum.Le Devoir | « i LE DEVOIR.LE JEUDI 12 AVRIL 2007 A 5 LE MONDE L’Élysée et Sarkozy nient toute collusion L’appui de Chirac aurait fait l’objet d’un troc, soutient Le Canard enchaîné Paris — L’Elysée et Nicolas Sarkozy ont nié hier avoir conclu, comme l’affirmait Le Canard enchaîné, un pacte accordant au président sortant une immunité judiciaire si le candidat de ITJMPestélu.Nicolas Sarkozy, en échange du soutien de Jacques Chirac à sa candidature, se serait engagé en cas de victoire à la présidentielle française à «éviter au président sortant tout retour de flamme judiciaire», affirmait Le Canard enchaîné d’hier.«Le vote d’une amnistie spécifique aux affaires financières, jugé politiquement trop risqué, a été écarté.En revanche, la discussion d’un projet de loi destiné à renforcer la lutte contre la délinquance devrait fournir l’occasion attendue», écrit l’hebdomadaire satirique.Selon Le Canard, «l’équipe de Sarko se montre très discrète sur cette promesse.Mais certains de ses conseillers confirment que le prqjet a été bien étudié».Du côté de l’Elysée, on se montre cependant plus bavard.D’après un «chiraquien pur sucre» cité par Le Canard, «un article de la loi imposera aux juges de clore leurs dossiers dans des délais très stricts, pas plus d’une dizaine d’années après les faits incriminés pour les simples délits.Les dossiers trop anciens, encore à l’instruction, seront purement et simplement annulés».Un proche de Chirac cité par ailleurs avertit que «les promesses peuvent être oubliées, mais nous avons pris des garanties.C’est du rapport de force, du donnant-don-nant.On a des dossiers sous le coude», a-t-il affirmé au Canard.L’entourage du président de la République a d’abord parlé d’allégation «sans fondement» avant que le palais présidentiel ne dénonce le «procédé scandaleux» utilisé selon lui par le journal satirique.«Nous tenons à rappeler que ces allégations sont totalement infondées et mensongères», a-t-on déclaré à la présidence.«Il s’agit d’un procédé scandaleux et inacceptable que la période électorale ne saurait excuser», a-t-on souligné.Cet article «n’est fondé sur aucune espèce de réalité, je démens de la façon la plus ferme et la plus complète», a dit Nicolas Sarkozy en marge d’un déplacement près de Paris.Claude Guéant, son directeur de campagne, avait auparavant déclaré ceci: «Tout cela, je ne sais pas d’où ça vient.C’est une information sans fondement.Par conséquent, je n’ai aucun commentaire à faire.» Tout en qualifiant ces accusations à'«insupportables», le président de l’Assemblée, Patrick Ollier, a fait entendre un autre point de vue en défendant le principe d’une réforme qui obligerait les magistrats à conclure les affaires clans un temps limité après les faits.«Nous considérons que si, au terme de dix ans, l’instruction n’a pas permis de déboucher sur un dossier, ça veut dire que les gens qui ont conduit cette instruction n’ont pas fait diligence pour mener au terme le travail qu’ils avaient à faire», a-t-il dit en marge d’une conférence de presse à l’Assemblée.Or, selon Le Canard enchaîné, l’effacement des dossiers visant Jacques Chirac s’effectuerait justement par le biais d’une instauration de délais-butoirs dans les enquêtes, dans le cadre d’un projet de loi sur la délinquance que le candidat de LUMP s’est engagé, s’il entre à l’Elysée, à faire voter en juillet Un article de la loi imposerait aux juges de clore leurs dossiers dans des délais stricts, pas plus d’une dizaine d’années après les faits.Les dossiers trop anciens, encore à l'instruction, seraient «purement et simplement annulés».Jacques Chirac est susceptible d'être entendu par des juges après la fin de son second mandat, le 16 mai, dans des affaires judiciaires datant de l'époque où il était maire de Paris et président du RPR, entre 1977 et 1995.Agence France-Presse PHILIPPE WOJAZER REUTERS Nicolas Sarkozy UKRAINE La nie parle, louchtchenko cherche un compromis Plus de 20 000 personnes ont manifesté hier à Kiev pour et contre la dissolution du Parlement tandis que les protagonistes de la crise tentaient d’esquisser un compromis politique en l’absence de décision de la Cour constitutionnelle.L’éventualité d’un report des législatives anticipées, fixées à l'heure actuelle au 27 mai par le décret présidentiel controversé de dissolution, a été évoquée par un responsable politique proche de la présidence.D’ailleurs, le président ukrainien, le pro-occidental Viktor louchtchenko, est à la recherche d’un compromis dans le conflit qui l’oppose à son premier ministre Viktor lanoukovitch, favorable à un rapprochement avec Moscou, a déclaré hier son ministre des Affaires étrangères.«Le président continue ses entretiens.Son objectif est de parvenir à un compromis avec toutes les parties», a dit Arseni latseniouk lors d’une conférence de presse au Conseil de l’Europe.L’ancien ministre de l’Économie a rencontré le secrétaire général de l’organisation ainsi que les délégués du comité des ministres pour les informer de la situation engendrée par la dissolution du Parlement ukrainien, le 2 avril, à l’initiative du président louchtchenko.«Une solution doit être trouvée au sein de l’Ukraine.Nous avons dit que nous ne voulions pas avoir recours à des médiateurs», a ajouté Arseni latseniouk.Viktor louchtchenko, qui devait se rendre lui-même à Strasbourg, a annulé au dernier moment sa visite «au vu des développements ces dernières 24 heures», a dit le Conseil de l’Europe.Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, a confirmé que l’organisation de défense de la démocratie et des droits de la personne en Europe se tenait à la disposition de l’Ukraine pour l’aider à résoudre la crise, à condition que la demande lui en soit faite.Le premier ministre lanoukovitch a peu après douché les espoirs d’une telle sortie de crise.«En cas d’élections anticipées, elles doivent avoir lieu avec une présidentielle anticipée», a déclaré M.lanoukovitch devant des milliers de ses partisans sur la place de l’Indépendance, à Kiev.Cette idée est inacceptable pour le président pro-occidental Viktor louchtchenko.«Ce n’est pas un sujet de discussion», a-t-il déclaré mardi à des médias étrangers.Agence France-Presse et Reuters Alger frappé par des attentats suicide revendiqués par al-Qaïda Les attentats en zone urbaine avaient été enrayés ces dernières années sous les coups de boutoir des forces de sécurité LOUAFI IARB1 REUTERS Les forces de sécurité se sont rapidement rendues au bureau du premier ministre algérien hier.Alger — Une trentaine de personnes ont été tuées et 222 blessées hier en milieu de matinée à Alger dans deux attentats aux voitures piégées conduites par des kamikazes et revendiqués peu après par al-Qaïda au Maghreb.Dans un communiqué publié sur un site Internet islamiste, souvent utilisé par le réseau d’Oussama ben Laden, la section locale d’al-Qaïda affirme que trois de ses combattants ont commis les attentats à la voiture piégée à Alger, faisant au moins 53 morts, selon elle.Un attentat contre le siège du gouvernement à Alger a été perpétré par Mouadh ben Jabel au volant d’un véhicule chargé de 700 kilos d’explosifs, selon le texte.Le communiqué ajoute que le kamikaze Zoubeir Abou Sajida, au volant d’un autre véhicule chargé également de 700 kilos d’explosifs, s’est attaqué au siège d’Interpol à Bab Ezzouar.Un troisième attentat a visé le siège des forces spéciales de la police à Bab Ezzouar et a été mené à l’aide d’un véhicule chargé de 500 kilos d’explosifs, que conduisait Abou Dajjana.Le communiqué est accompagné de trois photos, présentées par al-Qaïda au Maghreb comme celles de trois kamikazes.Les autorités algériennes ont quant à elles fait état de deux attentats qui ont fait 24 morts et 222 blessés, selon un bilan provisoire.Elles ont précisé que les deux attentats avaient été commis à l’aide de voitures conduites par des kamikazes, dont l’un visait le siège du gouvernement en plein centre-ville et l’autre à Bab Ezzouar, endommageant gravement un poste électrique et un commissariat de police.La communauté internationale a immédiatement condamné ce que le chef du gouvernement Ab-delaziz Belkhadem a qualifié d’attentats çriminels et lâches.Les États-Unis ont condamné les attentats en Afrique du Nord et dit qu’ils coopéraient avec les autorités algériennes et marocaines pour identifier les auteurs mais qu’ils ne seraient pas surpris si al-Qaïda était impliqué.Le département d’État a parlé «d’atrocités» et «d'actes épouvantables [qui] ont tué sans discrimination des membres des forces de sécurité et des civils».Deux hauts responsables de l’Union européenne, le haut représentant de l’UE pour les Relations extérieures, Javier Solana, et la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferre-ro-Waldner, ont condamné «avec la plus grande fermeté les attaques sanglantes commises aujourd’hui à Alger, qui ont fait un grand nombre de victimes», «ces actes odieux et lâches» et «ce type d’actes barbares qui ne mènent à rien».Alger renoue ainsi avec les attentats en zone urbaine qui avaient été enrayés ces dernières années sous les coups de boutoir des forces de sécurité.11 ne s’agit pas du premier attentat suicide en Algérie.Le 31 janvier 1995, un attentat suicide avait été commis contre le commissariat central d’Alger, faisant au moins 42 morts et 50 blessés.L’armée mène également depuis près de 20 jours une vaste opération de ratissage en Kabylie (est de la capitale), dans la région de Bé-jai'a, où plusieurs milliers de militaires et membres des Groupes de légitime défense (GLD, forces auxiliaires) traquent une centaine d'éléments armés appartenant au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).Le GSPC s’est rallié en sep- tembre à al-Qaïda en se rebaptisant Branche armée d’al-Qaïda au Maghreb et a annoncé un renforcement de ses liens avec la nébuleuse islamiste internationale.Depuis début avril, au moins 33 personnes, dont une quinzaine de membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences attribuées aux islamistes, selon un décompte établi d’après des bilans officiels et de presse.L’Algérie avait sombré dans la violence en 1992 à la suite de la décision du gouvernement, soutenu par l’armée, d’annuler des législatives que le Front islamique du salut (FIS) était en passe de remporter.Les violences qui ont suivi ont fait près de 200 000 morts.Agence France-Presse et Reuters IRAK Des chiites menacent de quitter le gouvernement Un haut responsable démocrate envisage un voyage en Iran Torn Lantos, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, envisage un voyage en Iran au nom de la nécessité du dialogue, mais la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, ne prévoit pas de s’y rendre elle-même, selon son porte-parole.«La présidente de la Chambre n’a pas l’intention d’aller en Iran», a déclaré hier son porte-parole, Brendan Daly.«Elle a un grand respect pour M.Lantos, le seul survivant de l’Holocauste siégeant au Congrès et un soutien inébranlable d’Israël, qui voudrait aller là-bas commencer un dialogue», a-t-elle ajouté.La veille, M.Lantos s’était dit «prêt à prendre l’avion» à tout moment, estimant que, «aussi contestables, injustes et inexactes que soient les déclarations [négationnistes et antisionistes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad], il est important que nous ouvrions un dialogue avec lui».La déclaration de M.Daly clarifie ce qu’avait ajouté M.Lantos, coutumier des visites dans les pays avec lesquels les États-Unis entretiennent peu ou pas de relations, comme la Corée du Nord ou, par le passé, la Libye.La Maison-Blanche avait jugé troublants ces projets, que Mme Pelosi n’avait pas commentés dans un premier temps.Mme Pelosi s’était contentée mardi de souligner qu’elle jugeait «les déclarations du président iranien si répugnantes qu’elles le placent hors du cercle du comportement humain civili- sé.Mais quand quelqu’un de la stature de M.Lantos, avec son expérience personnelle, juge important d’ouvrir un dialogue, je crois que cela montre bien l’importance du dialogue», avait-elle dit.De son côté, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a déclaré hier qu’il ne comptait pas se rendre en Iran.M.Reid a en revanche invoqué les recommandations du Groupe, d’étude sur l’Irak, coprésidé par l’ex-secrétaire d’État James Baker, qui avait recommandé en décembre que «le président et son département d'Etat ouvrent des négociations avec l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie et l’Iran».C’est également au nom du dialogue que Mme Pelosi a défendu mardi sa visite à Damas la semaine dernière, où elle a rencontré le président syrien Bachar al-Assad.Le président Bush avait critiqué personnellement cette visite, estimant quelle envoyait des messages contradictoires minant les efforts pour isoler le président Assad.«Il n’y a pas de différence entre le message du président à la Syrie et le nôtre: la Syrie doit cesser son soutien aux organisations terroristes comme le Hezbollah et le Hamas, la Syrie doit cesser de permettre à des combattants de franchir la frontière irakienne [.], la Syrie doit cesser son ingérence au Liban», a rétorqué Mme Pelosi mardi soir.Agence France-Presse Soudan: Washington cède à l’ONU Washington — Les États-Unis ont reporté de plusieurs semaines l’adoption de nouvelles sanctions contre le Soudan liées à la situation au Darfour pour donner à l’ONU davantage de temps pour négocier avec Khartoum, a annoncé hier l’émissaire spécial de Washington au Soudan.Andrew Natsios a déclaré au Sénat américain que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait demandé fin mars aux États-Unis de lui laisser deux à quatre semaines supplémentaires pour négocier le déploiement au Darfour d’une force de maintien de la paix sous double mandat de l’ONU et de l’Union africaine, que le Soudan a refusé jusqu’ici.«Par égard au secrétaire général, nous avons reporté [les sanctions]», a déclaré Natsios.- Reuters EN BREF Raymond Barre hospitalisé Paris —L’ancien premier ministre français Rayinond Barre a été hospitalisé hier à Paris, à la veille de son 83' anniversaire, après y avoir été transféré d’urgence depuis Monte-Carlo.L’ancien premier ministre, qui séjournait dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat, avait auparavant été admis en urgence au centre cardio-thoracique de Monaco pour un malaise.Souffrant de puis des années de problèmes rénaux, il est régulièrement dialysé, selon une proche de l’ex-maire de Lyon.A cette insuffisance rénale se sont greffés des problèmes cardiaques.-AFP Castro se remet La Havane — Fidel Castro a repris sa plume pour la troisième fois en deux semaines, pour une nouvelle diatribe contre Washington après la décision d’accorder la liberté conditionnelle à l’anticastriste Posada Carriles, confinnant ainsi qu’il était entré dans une convalescence active.Granina, l’organe officiel du régime, a publié hier en une le troisième article du président cubain.Fidel Castro s’en prend encore une fois à George W.Bush.-AFP Bagdad — Les partisans de l’imam radical chiite Moqtada Sadr ont menacé hier de quitter le gouvernement irakien si aucun calendrier de retrait des forces américaines du pays n’est fixé.Le mouvement de Sadr détient plusieurs mimstères et un quart des sièges de parlementaire au sein de l'Alliance chiite du premier ministre Nouri al-Maliki.Dans un communiqué, les fidèles de Moqtada Sadr accusent le gouvernement de «ne pas tenir compte de la volonté du peuple».«En conséquence, le mouvement étudie la possibilité de se retirer du gouvernement irakien», ajoute le communiqué.A l’appel de Sadr, des dizaines de milliers d’irakiens ont manifesté lundi dans la ville sainte de Najaf pour exiger le départ des soldats étrangers déployés dans le pays.Pour sa part l’armée américaine a présenté hier des armes qu’elle affirme être de fabrication iranienne saisies à Bagdad et a réaffirmé que des insurgés luttant contre les forces de la coalition en Irak recevaient une formation en Iran.Le général américain William Caldwell, porte-parole de l’armée américaine, a montré aux journalistes des armes et des munitions saisies cette semaine dans le quartier de Djihad, notamment des obus de mortier et des roquettes, et qui serait fabriquées en Iran.Agence France-Presse et Reuters Pamela GUNNING Rachel LALONDE Wynanne WATTS A Tl NV TWIST TO ENGLISH AH81AII UUI6UE SECtMDf 1* CVCIB IM oriffillre Student Book 1-23,95 $«96 pages ISBN 978-2-7608-5604-2 WB'ro with you every step oi me way.APPROUVÉ PAR U KILLS 514-843-5991 En vente flans tomes les HDrairies Le prix est indiqué sous réserve de modifie nlu 1 I A 6 LE DEVOIR, LE JEUDI 12 AVRIL 2007 DITORIAL Déplacer des montagnes À la une de ce journal hier, la manchette disait ceci: «Lucide ou solidaire?Bay Street entre dans le débat».L’étude dont il était question a été réalisée par des économistes de la Banque Toronto Dominion.Son titre, Convertir les atouts du Québec en une prospérité accrue, résume bien le contenu de ce document qui, pour une fois, n’est ni paternaliste ni moraliste.Cela étant, qui, aujourd’hui, est en mesure de porter l’étendard du changement dans ce Québec décapité?L LE DEVOIR Jean-Robert Sansfaçon orsqu’on y regarde de près, l’analyse que nous proposent les économistes de la Banque TD de la situation du Québec n’est pas très différente du diagnostic souvent posé récemment que ce soit par des regroupements ad hoc comme celui des «lucides» de Lucien Bouchard ou par des organisations comme les chambres de commerce et l’Association des économistes du Québec.Ce qui étonne cette fois-ci, c’est le ton adopté par les auteurs de l’étude TD, à la fois plus conciliant et surtout moins moralisateur que la plupart des mises en demeure qui nous ont été servies.Au lieu de parler d’un mur infranchissable, ces économistes prennent le temps de faire ressortir les forces du Québec contemporain.«Malgré une conjoncture difficile, l’économie québécoise démontre une résilience impressionnante, écrivent-ils.[.] L’espérance de vie y est légèrement plus élevée qu'ailleurs, on y trouve le plus bas taux de mortalité pour cause de maladies cardiovasculaires et les plus faibles émissions de gaz à effet de serre.» Et si la fiscalité des particuliers y est trop élevée par rapport à la concurrence, celle des entreprises est avantageuse, reconnaît-on.En revanche, comme les autres études sur la question, celle-ci met le doigt sur l’urgence d’agir devant les problèmes criants susceptibles de handicaper le développement du Québec.Parmi ces problèmes, aucune surprise, c’est le choc démographique qui vient en tête, pas très loin devant la concurrence des pays asiatiques, voire des Etats-Unis, où les pressions à la baisse sur les salaires risquent de projeter l’économie québécoise sur une pente descendante menaçante pour notre niveau de vie.Cette étude propose des changements bien connus, qui sont dans l’air du temps, pourrait-on dire, comme l’investissement en éducation et dans les infrastructures, le recours plus systématique au principe de Futilisateur payeur dans les services publics (péages autoroutiers, hausse des tarifs d’électricité, des droits de scolarité et des frais de garde, etc.), une fiscalité plus légère et mieux ciblée, l’adoption de programmes favorisant le prolongement de la vie active, l’ouverture des frontières interprovinciales à la libre circulation des biens et de la main-d’œuvre, etc.Pour ces économistes, c’est là le prix à payer pour réduire l’écart de 8000 $ par année qui sépare le revenu disponible d’un ménage québécois de celui d’une autre famille canadienne.Voilà un objectif louable quand on imagine ce que nous pourrions nous payer collectivement et individuellement grâce à cet argent Le hic, c’est qu’on ne déplace par les montagnes en réduisant la vie à une poignée de dollars! Ce qui fait défaut à l’heure actuelle, c’est la capacité des partis politiques qui nous font la cour à inscrire les réformes qui s’imposent à l’intérieur d’un plan de match emballant Personne ne veut payer davantage, encore moins abandonner des acquis à moins d’être convaincu qu’il en va de son bien-être ou de celui des siens.Or, à ce jour, ni les «lucides», ni les «solidaires», ni même les partis politiques, n’ont réussi à convaincre une majorité de Québécois qu’ils avaient eux, un tel projet stimulant La relève saignée es pâturages de la pratique médicale américaine sont à ce point verdoyants que le Canada se prive de 500 médecins chaque année, soit l’équivalent de deux facultés entières dont les diplômés auraient choisi les Etats-Unis J pour jouer du stéthoscope! Remettant à l’avant-scène le =LJ phénomène de l’exode des cerveaux, ce portrait cible de nouveau le retard financier de nos universités et surtout la saignée irrévocable de notre atout le plus précieux: la relève.C’est la dernière édition du Journal de l’Association médicale canadienne qui sonne l’alarme: après avoir ausculté les allées et venues des médecins — tant omnipraticiens que spécialistes — formés dans les seize facultés de médecine canadiennes, les chercheurs concluent qu’un docteur sur douze (sans compter les Américains qui ont étudié ici avant de retourner chez eux) opte pour la pratique de l’autre côté de la frontière.L’analyse ne s’attarde pas au tableau des provinces mais révèle toutefois que la québécoise McGill, dont la réputation d’excellence se répand sur la planète, contribue au quart de ce phénomène, détrônant ainsi l’ensemble des universités scrutées.Sans doute protégée par un écrin linguistique, les universités de Montréal, Laval et de .Sherbrooke comptent pour moins de 10 % de cet exode.Collectivement et sur fond de pénurie de médecins, cette perte sèche est douloureuse.Elle annule au passage une portion des espoirs nés de l’ouverture récente des admissions en mode cine.Elle dévoile plus que jamais la joute implacable qu’on se livre sur l’échiquier mondial pour le recrutement des grands esprits.Ces excursions ne devraient toutefois pas étonner.Même après dix ans passés à user les bancs de nos facultés aux frais de l'Etat, les jeunes résidents partis quérir un fellowship se font offrir bien plus qu’un salaire alléchant Qui résisterait longtemps à la possibilité d’opérer à volonté, alors qu’ici, on se dispute pour une ou deux journées par quinzaine?En cette ère de sous-fmancement universitaire où la course aux médecins défraie encore la manchette, aucun effort ne doit être épargné pour entretenir et garder ici la relève.A cet égard, certaines initiatives sont rafraîchissantes.Depuis 2000, grâce aux fruits d’une fondation, la faculté de médecine de l’Université Laval distribue chaque année une quinzaine de bourses à ces fellows que Québec encourage à se perfectionner ailleurs.La somme peut atteindre les 60 000 $ par résident! La contrepartie est toutefois claire: s’ils ne rentrent pas au bercail pour faire au moins trois ans de service et prendre part à l’enseignement indispensable à la formation de la prochaine cuvée médicale, la bourse doit être remboursée.L’appât financier et la perspective de pratiquer chez soi convainquent presque tous les candidats.L'an dernier, le gouvernement de l’Ile-du-Prince-Edouard a créé un programme similaire visant à retenir les effectifs partis suivre ailleurs une formation de pointe.Il est trop tôt pour en mesurer les effets, mais l’idée est inspirante.Le Québec aussi devra scruter cet enjeu, qui passe bien sûr par l’inéluctable colonne de chiffres mais qui camoufle, sous un sombre mouvement d’exode, une attaque directe au cœur de la relève.Marie-Andrée Chouinard FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE )\ h Çt$T JuSTÊ UW MAUVAIS AAOIACi^T va S V Sauvage et mesquine Mardi 3 avril vers 15h, rue Boyer à Montréal.Deux agentes de la Ville distribuent allègrement des centaines de contraventions de 151 $ chacune sur tous les véhicules .stationnés du côté est de la rue.La raison?A partir du 1" avril, la piste cyclable est ouverte même si aucune barrière n’est installée.Aucun avertissement.Le citoyen fautif n’avait qu’à voir le petit panneau au coin de la rue ou lire les entre-filets des journaux locaux.Cette façon sournoise de soutirer de l’argent aux citoyens démontre bien le peu de civisme de l’administration municipale.Un billet d’avertissement aurait amplement suffi à faire comprendre cette interdiction, mais la Ville a tellement besoin d’argent.Patrice St-Pierre Montréal, le 4 avril 2007 Brigade.net Et voilà le doux printemps revenu.Après la fonte des blanches neiges, il y a toujours la résurrection.A Montréal, où j’habite, cette résurrection prend la forme d’amoncellements hétéroclites en tout genre: pêle-mêle dans les ruelles ou carrément en bordure des rues, des restants de bouts de n’importe quoi jonchent les lieux publics.Les responsables sont ces citoyens insouciants, inconscients et asociaux.C’est aussi le fruit empoisonné d'une nonchalance municipale qui ne sait pas trop comment juguler cette problématique collective.Mais ce serait sous-estimer l’esprit créatif de l’équipe du maire Tremblay qui, comme solution, nous propose la création d’une nouvelle brigade de la salpbrité.A défaut de faire le boulot, donnons ce loisir, que dis-je, ce privilège aux citoyens, et gare à ceux qui pécheront par laxisme: une petite amende de 60 $ devrait les remettre dans le droit chemin de la propreté.LETTRES -*- À mon avis, le premier à recevoir cette amende devrait-être le vent.Le vent de la discorde.Gaétan Fontaine Montréal, le 5 avril 2007 À quand une hôtellerie verte?J'ai récemment séjourné dans quelques établissements hôteliers des villes de Québec et de Montréal.Grande fut ma déception de constater que dans aucun des établissements visités, il n’y avait de système de recyclage.Bouteilles d’eau vides et papiers de toute sorte y sont abondamment jetés aux ordures, un peu comme dans l’«ancien temps»! En 2007, compte tenu de l’état de santé environnementale de notre belle Terre, comment peut-on encore se permettre de produire autant de déchets qui seraient pourtant recyclables?Je me suis renseignée auprès du personnel: bien que tout le monde semblait conscient de l'absurdité de la situation et de la nécessité de créer un système de récupération, il n’y avait personne dont cela aurait pu être la responsabilité.Tout le monde se renvoyait la balle dans un dédale exaspérant et bureaucratisé de fonctionnaires consciencieux.Il devrait y avoir une loi motivant ces établissements à emboîter le pas au mouvement vert actuel.Apres tout, il en va de l’avenir de notre planète, de notre avenir à tous! Caroline Théberge Montréal, le 9 avril 2007 Un anniversaire sans la SRC Havre-Saint-Pierre célébrera durant tout l’été 2007 son 150e anniversaire de fondation.C’est un anniversaire qui permettra de souligner la riche histoire de cette municipalité, notamment au chapitre religieux, puisque ce fut le berceau de la religion catholique sur la Côte-Nord.De nombreux prêtres y ont exer- cé leur mission, et c’est à Havre-Saint-Pierre que fut bâti le premier évêché de ce diocèse.Afin de bien marquer la ferveur toujours présente de ses habitants, nous avons, le 9 juin 2005, demandé que l’émission Le Jour du Seigneur soit réalisée dans notre église.Malgré un délai de près de deux ans pour étudier cette possibilité, les responsables de Radio-Canada nous ont avisés le 15 décembre 2006 (18 mois plus tard) qu’ils ne pouvaient pas accepter l’invitation de célébrer la messe du 10 juin 2007 chez nous.Ce n’est pourtant pas le temps qui leur a manqué pour y penser.Si les responsables de cette émission s’étaient donné la peine d'analyser toute l’importance que revêt cet événement pour nous, s’ils avaient de plus pris connaissance de l’histoire liée à cette communauté courageuse, ils auraient accepté de partager ce que nous sommes avec le reste du pays.On y voyait une vitrine magnifique pour présenter notre chaleureuse région.Je suis déçu et choqué de l’indifférence dont on a fait preuve à Radio-Canada.Je considère que c’est un manque flagrant de respect envers notre population.Nous sommes loin des grands centres, c’est vrai, mais cela ne devrait jamais être une raison pour nous ignorer de la sorte, surtout avec le laps de temps accordé pour inclure cette visite dans la programmation de 2007.Nous sommes des Canadiens et des Québécois fiers de notre municipalité et nous serons heureux d’accueillir toutes les personnes qui nous feront l’honneur de venir nous voir afin de fêter avec nous.De nombreuses activités marqueront ce 150' pendant tout l’été, et j’ose espérer que Radio-Canada rerqplira adéquatement son rôle de télévision d’Etat.Même si on est éloigné, on sait faire.Les milliers de touristes qui s’arrêtent à Havre-Saint-Pierre le savent très bien.Pierre Cormier Maire de Havre-Saint-Pierre Avril 2007 LIBRE OPINION Penser l’avenir de la planète avec la sensibilité DOMINIC DESROCHES Professeur de philosophie au Collège Ahuntsic La crise écologique s’aggrave de jour en jour.Les sommets d’experts consacrés à l’environnement tentent d’expliquer l’ampleur des problèmes.Si l’avenir s’annonce sombre, une chose est claire: tous s’entendent pour dire que la température augmente et que cela aura des conséquences graves pour la population mondiale.L’heure est désormais à la diffusion rapide de la «mauvaise» nouvelle.L’alarme sonne partout.Mais les gouvernements, en spectateurs, ne bougent pas.Pourquoi?Sont-ils sourds?On peut penser que les problèmes environnementaux sont bien connus — surtout connus par la raison, comme l’écrivait le philosophe allemand Hans Jonas dans son Principe responsabilité en 1979 — mais peu «sentis».En effet, l’homme moderne s’intéresse plus au virtuel qu’au réel.Tout se passe un peu comme si l’humain déniait toujours plus son animalité au profit de ses possibilités techno-scientifiques.Une fois ses besoins matériels comblés, il préfère la fiction à la nature, le rêve à la réalité, le jeu au travail du corps.C’est ainsi que, l’histoire le rappelle, de nombreux paysans ont fui les campagnes pour gagner les villes afin de se trouver un emploi tout en se déconnectant de la nature.Le résultat de cette fuite «en avant» est la perte de la sensibilité: les sens étant moins sollicités, ils deviennent de moins en moins «sensibles».Les cinq sens ont pour tâche de guider l’homme dans la nature.Ils lui permettent de se retrouver et de déjouer l’étrangeté du réel.Ainsi en va-t-il, comme nous l’apprend le langage, du sens de la vie elle-même.L’animal humain cherche une direction, un sens, en se mettant d’abord à l’écoute de ses sens.Ici, le mot «sens» renvoie à la capacité de sentir et, par extension, à la capacité humaine de «vivre la rie» et d’y retrouver un sens.Il y a fort longtemps, Augustin écrivait que la rie humaine doit être sentie, orientée avec le goût (cum sa-pit), sinon elle perd tout sens.Et Augustin a peut-être davantage raison aujourd’hui, à l’ère des changements climatiques: une rie qui n’a plus de «saveur» pour nous, une rie de smog, polluée par les gaz et les mauvaises odeurs, est indésirable et insensée.Vivre avec son nez et goûter la vie Comme on le sait, le mot «sentir» peut être entendu dans un sens plus précis: sentir, c’est percevoir l’odeur par le nez.Or, si l’animal reconnaît les dangers par ses sens, surtout auditif et olfactif, l’humain fait de même: il sent l’odeur du feu, du gaz et de la pourriture, par exemple.On constate dès lors quelque chose de troublant: l’humain, dans son évolution, a privilégié la vue à l’olfaction.Pensons ici à la référence visuelle durant l’Antiquité (la contemplation des Idées), l’époque médiévale (la conversion du regard vers Dieu) jusqu'à la modernité (éprise d’optique) et les Lumières (le nom du siècle parle de lui-même).La leçon est simple: l’homme préfère voir plutôt que sentir son avenir.Et c’est là que se trouve le problème et sa solution: la vue ne suffit pas à assurer un changement de l’agir humain.Un exemple illustrera cette thèse: les effets du monoxyde de carbone.L’homme moderne produit de la révolution industrielle a inventé la voiture pour se déplacer rapidement.Rouler en voiture, c’est non seulement voir au loin mais aussi dégager du gaz dans l’atmosphère, du monoxyde de carbone.Contrôlé partiellement par des filtres, ce gaz est invisible et inodore, donc imperceptible à vue de nez.Cependant, en quantité, il s’avère mortel pour l’homme.Ainsi comprise, l’humanité vieillissante ressemble en tout point à cet homo faber qui a choisi de voir plus loin grâce à ses outils, capable de s’entasser dans des villes polluantes mais incapable de sentir que son mode de rie constitue une fuite infinie et une menace pour lui-même.S’il n’est pas trop tard pour agir, l’homme, appelé à plus de sensibilité à l’égard de la rhétorique environnementale et la recherche du sens de la rie, devra peut-être s’allier à la nature par la redécouverte du corps et du goût.Plus que jamais, il importe de faire du sport — nos jeunes n’en font pas assez — et de développer les goûts afin de mieux sentir l'environnement Au centre de la santé environnementale, la pédagogie du goût est promise à un bel avenir, car c’est par elle qu’on retrouvera une partie de nous-mêmes que nous avons depuis trop longtemps cherché à oublier, à savoir notre sensibilité.Pour reprendre un mot connu, les 50 prochaines années seront «olfactives» ou ne seront pas! I LE DEVOIR, LE JEUDI 12 AVRIL 2007 A 7 IDEES Manifeste de Paul Gérin-Lajoie •» m * Entendez-vous ces enfants ?Jusqu'à quand les laisserons-nous sans école et sans défense?Premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec, qu’il occupa entre 1960 et 1966, Paul Gérin-Lajoie est aussi président-fondateur de la Fondation Paul Gérin-Lajoie, dont il dirige le conseil d’administration.Cette organisation philanthropique se consacre à l’éducation des enfants, particulièrement dans les milieux démunis d’Afrique francophone et d’Haïti.Âgé de 87 ans, M.Gérin-Lajoie a prononcé hier devant le Conseil des relations internationales de Montréal une allocution sur l’urgence d’agir dans les pays en développement, tout particulièrement dans la sphère de l’éducation primaire.Il résume ici ce qu’il a intitulé son «manifeste», né d’une révolte personnelle devant l’injustice.: PAUL GÉRIN-LAJOIE wmv.fondationpgl.ca ourquoi je lance ce manifeste à l’âge de 87 ans?Je suis profondément troublé par le sort actuel des enfants dans le monde.Oui, je suis révolté devant cette injustice.Il est tard.Je ne peux plus cacher ma colère.Il me faut parler.Après 30 années d’action et d’observation à la Fondation Paul Gérin-Lajoie et 30 autres années de responsabilités politiques en éducation et en coopération internationale, l’homme de 87 ans que je suis n’a pas seulement le droit de s’indigner, il en a le devoir.Ce manifeste, ses questions et ses propositions d’avenir tout autant que l’espoir qui le traverse, sont d'ailleurs le principal héritage que je voudrais laisser.Les enfants ont des droits.Il est temps qu’on prenne au sérieux la Convention internationale relative aux droits de l’enfant Les droits des enfants à la survie, à la santé, à la protection et à la participation sont bafoués, mais surtout leur droit à l’éducation de base, ce droit sur lequel tous les autres droits reposent et auquel la communauté internationale s’est fermement engagée, dans les campagnes mondiales de l’Education pour tous et des Objectifs du millénaire pour le développement.Pourquoi si peu de résultats ?Après tant d’années, pourquoi l’aide publique au développement a-t-elle produit si peu de résultats positifs, particulièrement en éducation?On ne peut éviter de poser la question de la gouverne et de la corruption, en se méfiant toutefois des réponses trop faciles et demeurant conscient du poids du dépérissement des termes d’échanges économiques et des ajustements structurels imposés par les institutions financières internationales.On doit aussi mettre en lumière la résistance des acteurs politiques, au Nord comme au Sud, à faire une véritable priorité de l’éducation de base pour tous et à la mettre en œuvre.Certaines avancées sont indéniables.Le PNUD souligne un certain progrès dans la réalisation des Objectifs de développement du millénaire entre 1990 et 2002: baisse significative (20 %) du taux mondial de mortalité infantile, légère augmentation (9 %) de l’accès à l’eau potable dans les pays en développement De 1998 à 2002, certains progrès en éducation ont aussi été réalisés.Dans l’ensemble des pays en développement entre 1998 et 2002, le nombre d’enfants privés d’accès à l’école a un peu baissé, passant de 102 millions à 95 millions.Mais quefle baisse modeste! Malgré ces percées, un constat général s’impose: celui de l’extrême pauvreté de centaines de millions d’enfants dont les droits fondamentaux sont méprisés et surtout, devant cette misère, la lenteur, sinon la stagnation de l’aide multilatérale et bilatérale.Les violations les plus flagrantes des droits des enfants sont multiples.Le taux de mortalité infantile demeure deux fois plus élevé dans les pays les moins développés que le taux mondial moyen.Cette extrême pauvreté est elle-même liée à l’exclusion que produit l’absence d’enregistrement légal des enfants.Dans la seule année 2003, près de 50 millions d’enfants, soit 36 % des naissances de cette année, n’ont pas été déclarés et enregistrés, et ce, en contradiction flagrante avec la Convention des droits de l’enfant Ces enfants, sans statut légal et donc non repérables, peuvent alors faire l’objet de toutes les traites et de toutes exploitations économiques possibles.Oui, le sort des enfants du monde est inquiétant.l a litanie de leurs malheurs n’a pas de fin: discrimination des filles, exclusion des enfants des milieux ruraux, pandémie du sida chez les enfants, orphelins de parents sidéens, stigmatisation des enfants handicapés, travail forcé des enfants, enfants enrôlés dans la prostitution, abandon et répression violente des enfants de la rue, enfants violés, battus, esclaves domestiques, enfants des camps de réfugiés, enfants détenus et maltraités.Alors que les «petites» et «moyennes» guerres se multiplient, des milliers d’enfants deviennent orphelins et subissent des violences sans fin au cours de ces conflits.Il y a pire encore.Une conscription nouvelle est apparue: celle des enfants-soldats, garçons et filles.Pour celles et ceux qui en sortent vivants, la difficulté de réhabilitation montre bien la tragédie de ces enfants.De nouvelles armes, légères et simples à utiliser, permettent même d’armer plus facilement ces enfants avec un entraînement réduit au minimum.Il faut que le monde sache ce qui arrive à ces enfants pour que cesse cette perfide participation forcée à la violence.Devant ces faits, on est tenté de s’insurger contre l’ONU et toutes les conventions internationales qui se montrent incapables d’intervenir pour faire respecter l'ordre international.Après le Rwanda, on disait «plus jamais», et aujourd’hui, il y a le Darfour.Après la Deuxième Guerre mondiale, on disait la même chose: «Plus jamais!» Et il y a, dans le monde d’aujourd’hui, des conflits armés à ne plus pouvoir les compter.Oui, l’ONU, en raison de toutes ses contraintes, est menacée de perdre sa crédibilité.Mais ce serait alors une catastrophe.Je me rappelle trop bien l’effondrement de la Société des nations et ses conséquences tragiques.Il faut reconnaître les grandeurs et les misères des Nations unies.D ne faut pas perdre confiance dans l’ONU, lUNES-CO et le Comité des droits des enfants à Genève.Toutefois, cela ne veut pas dire de garder le silence et ainsi devenir complice de ceux qui voudraient tant se défaire de l’ONU.Il faut déplorer haut et fort le manque ou la défaillance de volonté politique au Nord et au Sud, y compris au Canada.Certes, les pays donateurs consacrent des milliards à l’aide au développement (79,5 milliards en 2004).Toutefois, cette aide est loin d’atteindre les engagements renouvelés d’y participer à hauteur de 0,7 % du PNB des pays donateurs.Et cela, d’autant plus qu’une partie de l’aide actuelle est utilisée pour l’allégement de la dette et des programmes d’aide intégrés à des opérations de «maintien de la paix» en dehors du Tiers-Monde, réduisant ainsi les véritables budgets d’aide.Déjà, il y a presque 40 ans, en 1969, Lester B.Pearson proposait de hausser le montant de l’aide publique pour atteindre 0,7 % de son produit national brut «en 1975 et en aucun cas plus tard que 1980».Or, encore en 2004, l’aide canadienne atteignait seulement 0,27 % du PNB canadien, soit moins qu’en 1968 (0,28 %).Le Canada est en queue de liste, en quatorzième place des pays membres de l'OCDE.C’est honteux.L’aide canadienne a augmenté à 0,34 % du PNB en 2005, mais les autres pays ont fait de même à l’occasion de la guerre en Afghanistan et du tsunami en Asie.Et pendant ce temps, les seules dépenses militaires mondiales atteignent chaque année plus de 700 milliards de dollars, soit dix fois plus que l’aide au développement.Ce constat est d’autant plus choquant que le besoin de fonds additionnels pour assurer la scolarité universelle au primaire et l'alphabétisation des adultes s’élève à 11 milliards $US par année.Or la guerre menée en Irak par nos voisins coûte sept milliards $US.par mois.Je suis révolté devant ces centaines de millions d’enfants qui souffrent et voient tous leurs rêves kidnappés par ces injustices, des rêves pourtant bien semblables à ceux de mes petits-enfants et arrière-petits-enfants comme aux vôtres, sans doute! Le droit à l’éducation La voue des enfants doit être entendue.Oui, surtout celle des centaines de millions d’enfants dont les droits sont bafoués, et d’abord leur droit à l’éducation, si essentiel à l’exercice de tous les autres droits.Ce droit est «une priorité stratégique pour la lutte de l’Afrique subsaharienne contre la pauvreté extrême, la faim, la malnutrition et l’analphabétisme».Pourtant, les investissements en éducation de base demeurent nettement insuffisants, niant à 95 millions d’enfants leur droit fondamental à l’éducation.Des 87 pays en développement l’atteinte, en 2015, de l’objectif de l’éducation primaire universelle est sérieusement compromise dans 23 d’entre eux et peu probable dans 44 autres.Rappelons-nous qu’en Afrique, moins de deux jeunes sur trois sont admis à l’école primaire.Et l’accès n’est pas tout Seulement les deux tiers des élèves admis réussiront à terminer le premier cycle d’études primaires.Il faut voir l’état de délabrement des écoles.Les enfants n’ont souvent qu’un manuel scolaire pour trois élèves.Ils manquent de papier et de crayons.Les bibliothèques scolaires sont presque inexistantes.La préparation des enseignants est minimale.Cela doit cesser! La campagne mondiale de l’ONU en faveur de l’éducation pour tous s’est donné comme objectif, d’ici 2015, de diminuer de moitié l’analphabétisme pour permettre aux parents d’aider leurs enfants à l’école et à eux-mêmes de participer plus activement dans une société qui repose de plus en plus sur la communication écrite.Or, selon l’UNESCO, 50 pays, dont 20 en Afrique subsaharienne, ne pourront pas atteindre cet objectif Compte tenu de toutes les forces d’inertie, d’ordre interne et externe, qui font obstacle dans tous les pays à une concentration suffisante de fonds publics, nationaux et internationaux, pour financer au moins l’éducation de base et même dar vantage, est-il politiquement possible de réaliser l’objectif de la fréquentation scolaire primaire universelle à titre entièrement gratuit?Je réponds sans hésitation, à la lumière de l’expérience du Québec et de ma propre expérience à titre de ministre responsable de la grande réforme québécoise des années 60, que cet objectif est politiquement réalisable.In réponse à la question posée, dans les articles précédents, sur la faisabilité politique de la fréquentation scolaire universelle et gratuite réside dans la volonté politique des dirigeants et dans leur capacité de gagner l’adhésion de la société civile.J’ajouterai que cette volonté politique s’impose non seulement dans les pays du Sud mais aussi dans les pays du Nord, qui ont une responsabilité de coopération internationale.C’est le temps que ça change Certes, je n’ai pas la prétention d’être seul à manifester mon exaspération, mais mon devoir d’indignation n’en est pas moins impérieux pour autant Je suis exaspéré, et le conseil d’administration de la fondation dont je suis le président-fondateur comprend et partage entièrement ma déception, mon sentiment d’urgence, mon appel à l'action.Ma colère n’est pas seulement profondément sentie et nourrie par mille images d’enfants qui me reviennent sans cesse en tête.Elle est fondée sur des constats indubitables.D’ailleurs, beaucoup d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes veulent, comme moi, que ça change.Ils exigent, tout comme l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, l’AQOCI, dont la Fondation Paul Gérin-Lajoie est fière d’être membre, une aide internationale publique qui fasse une différence et, en particulier, une différence dans les conditions de vie des enfants.On sait que les États membres de l’OCDE ont convenu, en 2002, d’une nouvelle politique concertée pour l’aide publique au développement (voir la déclaration de Paris).Au Canada, on s’interroge en divers milieux sur l’efficacité de l’aide canadienne au développement international.Le Sénat canadien en a fait une étude centrée sur l’Afrique subsaharienne et vient de publier un rapport sur la question.Pour ma part, je présente ici cinq propositions majeures, qui ne sont pas toutes nouvelles mais dont la mise en œuvre me paraît s’imposer.¦ Premièrement, que le Canada hausse graduellement, et ce, dès 2007, l’aide publique au développement pour vraiment atteindre, en 2012, l’objectif de 0,7 % du produit national brut, tel que le demandait déjà Lester B.Pearson en 1969.L’annonce récente de surplus budgétaires rend la chose possible et permettrait au Canada de tenir ses engagements tout comme le fait maintenant la France, notamment ¦ Deuxièmement il faut grandement s’inquiéter d’une intégration possible de l’ACDI dans le ministère des Affaires étrangères.Je crois que l’AC-DI, pour mieux réaliser son mandat doit conserver son statut relativement autonome d'agence directement responsable devant le Parlement ¦ Troisièmement, l’ACDI doit réserver son aide bilatérale aux gouvernements qui s’engagent à assurer une bonne gouverne des fonds publics, y compris des mécanismes d’imputabilité, ainsi qu’à démontrer une vigilance devant la corruption et à respecter les conventions internationales, en particulier celle sur les droits des enfants.¦ Quatrièmement après mon plaidoyer en faveur de l’éducation de base, on ne s’étonnera pas que je réclame fortement de l’ACDI l’affectation de sommes beaucoup plus grandes que maintenant à ce domaine fondamental pour toute société.¦ Enfin, cinquièmement il faut qu’on reconnaisse plus sérieusement le rôle crucial des ONG de coopération internationale et des organisations de la société civile, ici et dans les pays en développement En conséquence, la part des ONG dans le budget de l’ACDI devrait atteindre, d’id cinq ans, un minimum 20 % de l’aide publique canadienne.On doit aussi faire une place plus grande, au Canada, à l’éducation au développement En effet si on veut rendre l’aide publique plus efficace, on ne peut pas tenir la société civile à l’écart du processus de décision politique.On ne reconnaîtra jamais assez le rôle crucial des ONG de coopération internationale et des organisations de la société civile au Sud comme au Nord.Pour continuer à jouer ces rôles importants en coopération internationale, nous, les ONG, devons apprendre les unes des autres.Nous devons davantage lier la mobilisation de fonds à la solidarité et à l’éducation au développement et devons faciliter un dialogue réciproque Nord-Sud.Il nous faut devenir des intermédiaires authentiques entre la population solidaire du Nord et la population en quête de sa dignité au Sud.Appel à tous Je fais, au terme de ce manifeste, un appel pressant et concret Pour cela, je reprendrai la proposition du philosophe australien Peter Singer, soit de demander à chaque citoyen de donner à l’ONG reconnue de son choix 1 % de son revenu personnel ou, tout au moins, 1 $ par jour pour la coopération internationale non gouvernementale.Oui, en complémentarité à l’aide publique qui doit grandir et se transformer profondément, chaque personne éprise de justice se doit de participer à une action volontaire qui atteint directement son objectif.Elle peut le faire, par exemple, en acceptant de verser 30 $ par mois, soit 1 $ par jour, en dons à l’ONG de coopération internationale qu'elle trouve la plus appropriée.Avec lucidité en même temps qu’avec la vive émotion que je ressens à ce moment de ma vie, j’ai voulu essayer de saisir le sens et la portée future des actions posées.Un autre monde est possible.Ce manifeste est certes marqué par les colères et les regrets que je ressens, mais il traduit surtout les joies et les espoirs qui ont coloré ma vie et me convainquent aujourd’hui qu «un autre monde est possible».Je voudrais tellement vous communiquer ma passion en faveur des enfants et pour le droit de tous et chacun d’eux à l’éducation, ce droit suprême, ce trésor que personne ne pourra jamais leur ravir une fois qu’ils l’auront acquis.Oui, je crois vraiment que tous les enfants du monde sont en quelque sorte nos enfants.D faut que nous les traitions comme tels.lfl>KV0K!com Lire le texte intégral du manifeste sur le site du Devoir imvw ledevoir com/monde/patü jjerin-lajoiejmnifeste.html L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Générât).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau (commis Internet), Louise-Maude Rioux Soucy (Santé)’, Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteur)’, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay Isabelle Paré (culture)’, à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; À l'information politique : Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Marie-Pier Frappicr, Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome.Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais.Claire Paquet, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), I^urence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation).Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross.h i DEVOIR JEUDI 2 AVRIL 2 0 0 7 A 8 LE DEVOIR.LE \ (QUALITES DUMONT SUITE DE LA PAGE 1 pour une Toyota Sienna neuve pouvant accueillir sept passagers, a-t-on précisé à son bureau, une voiture qui se détaille entre 37 000 et 50 000$.Hybride?Si la minifourgonnette est bien appréciée des familles, elle est aussi considérée comme très gourmande en énergie.En mai 2006, le choix du premier ministre Stephen Harper — pour qui M.Dumont dit avoir voté aux dernières élections fédérales — de circuler dans un cortège de SUV Tahoe avait défrayé la manchette.Au bureau de M.Dumont, on souligne que la Sienna n’a rien à voir avec ces monstres dotés de moteurs V8.Toyota vante sa Sienna, équipée d'un V6, soulignant que c’est un des plus économes de sa catégorie: 11,7 litres aux 100 kilomètres en ville et 8,1 litres aux 100 kilomètres sur la grand-route.Le chef de l’ADQ a-t-il réclamé une voiture hybride, comme la Honda Civic du ministre de l’Environnement, Claude Béchard?«Des minifourgonnette hybrides, est-ce que ça existe?», a rétorqué Jean-Nicolas Gagné au Devoir.Non, mais certains Jeep et le SUV Lexus RX 400H sont proposés en version hybride.«Ce n’est pas un Jeep qu’il veut.Et il ne faut pas que ça coûte 100 OOO $! H faut gérer les deniers de la classe moyenne avec prudence», a ajouté M.Gagné.Une vieille tradition Par ailleurs, on ignorait hier si l’ancien chef de l’opposition officielle, André Boisclair, allait conserver une voiture de fonction maintenant quid est «chefçlu deuxième groupe d’opposition».A son bureau, on a indiqué que «le service lui est offert», sans plus de précision.Soulignons que les politiciens québécois les plus importants non seulement ont droit aux services d’un chauffeur et de gardes du corps, ils ont aussi l’obligation de les utiliser.Il en est ainsi depuis longtemps et, selon plusieurs observateurs, ce n’est pas un luxe.Après son élection, en 1976, René Lévesque avait cherché à prendre ses distances par rapport à ces signes ostentatoires du pouvoir.«Homme simple et modeste», écrivait Gilles Lesage en février 1977 dans Le Soleil, M.Lévesque avait «horreur d’être constamment entouré et suivi d’une horde de gardes-chiourmes et d’esclaves» et il refusait, au début du mandat, de se faire conduire par eux.Or, dans la nuit du 5 au 6 février 1977, rentrant d’une soirée chez des amis au volant de sa propre voiture, le chef du gouvernement avait mortellement happé un clochard, Edgar Trottier.Chauffeur et garde du corps, «ce ne sont pas là des caprices», expliquait Gilles Lesage, mais la simple reconnaissance du fait que les personnes occupant ces fonctions le font 24 heures sur 24 et que tout doit être mis en œuvre pour leur «éviter de perdre [leur] concentration», écrivait-il.Embaucher la famille Enfin, c’est à 14h aujourd’hui que les 41 députés adéquistes formant l’opposition officielle seront assermentés.Le «parti de la famille» tiendra un caucus en matinée au cours duquel on décidera entre autres si les élus ont le droit d’embaucher leurs proches.C’est le cas du député de Vanier, Sylvain Léga-ré, dont la mère est employée dans son bureau de circonscription depuis un an.Il disait hier qu’il fera tout pour que rien ne change: «Il n’est pas certain que je vais mettre ma mère dehors», a-t-il dit avant d’ajouter: «On verra demain [aujourd’hui].» Mais au bureau de M.Dumont, on estimait qu’il serait temps de «resserrer les règles» à cet égard.Or TVA révélait mardi que le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, avocat chez McCarthy Tétrault qui conseille les députés sur les questions d’éthique, croit qu’on doit mettre fin à de telles pratiques, déjà interdites au fédéral.Au Parti québécois, le nouveau whip Stéphane Bédard a émis une directive cette semaine pour interdire cette pratique.Le député Claude Boucher, dans Johnson (battu le 26 mars), avait son propre fils à son emploi depuis quelque temps.Chez les libéraux, deux députés défaits, Bernard Brodeur (Shefford) et Pierre Descôteaux (Groulx), avaient aussi embauché leur épouse.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Paul Gérin-Lajoie SUITE DE LA PAGE 1 semblé apprécier la verdeur de cet homme de 87 ans.Paul Gérin-Lajoie, qui a également occupé les fonctions de président de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) de 1970 à 1977 avant de diriger une fondation consacrée à la promotion de l’enseignement dans les pays en développement, vient de publier un manifeste très critique, dont Le Devoir publie un résumé en page A 7.Pourquoi ce document?«Après 30 années d’action et d’observation à la Fondation Paul Gérin-Lajoie et 30 autres années de responsabilités politiques en éducation et en coopération internationale, l’homme de 87 ans que je suis n’a pas seulement le droit de s’indigner, il en a le devoir», a affirmé M.Gérin-Lajoie, qui veut laisser en héritage ce manifeste qui «fait état de préoccupations d’avenir tout autant que de l'espoir qui [le] traverse».Conscient de marteler des thèmes qui n’ont plus grand-chose de neuf, M.Gérin-Lajoie a beaucoup insisté sur le fait que «les droits des enfants, leur droit à la survie, à la santé, à la protection et à la participation mais surtout leur droit à l’éducation de base, ce droit sur lequel tous les autres droits [.] sont basés, sont bafoués».L’ancien ministre de la Jeunesse dans le gouvernement de Jean Lesage a rappelé que la Société des nations avait adopté une charte des droits des enfants en 1924.Plus récemment, la communauté internationale s’est engagée en faveur de ces droits à l’occasion de plusieurs conférences, dont celles qui ont donné naissance à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant en 1989, et aux Objectifs du millénaire de l’Organisation des nations unies, en 2000.«Après tant d’années, 50 ans de coopération internationale, depuis le plan Colombo, pourquoi l’aide publique au développement a-t-elle produit si peu de résultats positifs, particulièrement en éducation?, a-t-il déploré en lisant des passages de son manifeste.On ne peut éviter de poser la question de la gouverne et de la corruption, en se méfiant toutefois des réponses trop faciles et en demeurant GERIN-LAJOIE conscient du poids de la dépréciation des termes d’échanges économiques et des ajustements structurels imposés par les institutions financières internationales.» M.Gérin-Lajoie a comparé ces politiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à celle du «déficit zéro» qui a été appliquée au Québec pendant les années 90.«Le déficit zéro, on l’a imposé aux pays en développement.Ils ont dû couper comme chez nous dans le nombre de salariés de l’État», a dit M.Gérin-Lajoie, ajoutant ceci: «Eux, ils ont dû couper dans les effectifs des enseignants et dans le personnel du système d’éducation.» «Faisons notre propre mea-culpa parce que les maîtres de la Banque mondiale et du FMI ne sont pas issus des pays en développement», a-t-Û ajouté.Rappelant son expérience de ministre québécois, il a rappelé que la réforme de l’éducation n’a été possible que grâce à une «volonté politique à toute épreuve».«Je voudrais bien retrouver dans un seul pays en développement cette même volonté politique», a-t-il déclaré.M.Gérin-Lajoie a égratigné au passage le récent rapport du Sénat canadien qui reproche à l’ACDI de favoriser en Afrique les «valeurs du bien-être social», dont l’éducation et la santé.«Comment peut-on assimiler éducation et bien-être social?», s’est insurgé l’ancien homme politique, qui souhaite être entendu par les parlementaires.«J’ai moi-même vu des classes de 100 et même 125 élèves, a-t-il raconté.Je suis en colère devant une situation totalement intolérable», a-t-il poursuivi.M.Gérin-Lajoie s’est montré particulièrement révolté lorsqu’il a rappelé que «le droit des enfants à être protégés de la guerre a été bafoué au point où non seulement ils souffrent de la guerre qui fait rage autour d’eux mais où ils sont aussi recrutés comme soldats».«On va encore plus loin, a-t-il poursuivi.Les armes confiées normalement aux adultes ont été reconçues et retravaillées pour prendre une jbrme plus légère, permettant aux enfants de les manier.Cela montre jusqu’où l’inconscience humaine peut aller.» Le manifeste de Paul Gérin-Lajoie dénonce également «ces dépenses mili- taires folles qui ne cessent de croître face à la vraie défense [.], celle des populations menacées de famine, perdues dans les camps de réfugiés, sinon abandonnées dans les déserts, et face à la défense des droits de centaines de millions d’enfants qui [.] voient tous leurs rêves kidnappés par ces injustices».M.Gérin-Lajoie a quand même fait état de «certaines avancées indéniables»-.baisse du taux de mortalité infantile, «légère augmentation» de l’accès à l’eau potable et «certains progrès» en éducation en matière de taux net d’admission à l’enseignement primaire.D a vanté à cet effet l’action des organisations non gouvernementales, signalant que la fondation qui porte son nom a permis, «directement ou indirectement», de scolariser cinq millions d’enfants en Haïti et en Afrique, en plus d’alphabétiser près de 14 000 adolescents et adultes et de former quelque 3500 enseignants.Au chapitre des recommandations, la Fondation Paul Gérin-Lajoie exige une augmentation de l’aide publique au développement tout en s’inquiétant d'une intégration possible de l’ACDI au sein du ministère des Affaires étrangères, qui a ses propres priorités.Elle souhaite toutefois une réforme de cette agence, qui devrait selon elle décentraliser ses décisions au niveau des intervenants sur le terrain, investir davantage dans l’éducation et réserver son aide aux gouvernements qui s’engagent à assurer une bonne gouverne.En entrevue après son allocution, M.Gérin-Lajoie a dit que le principal reproche adressé aux responsables de l’aide canadienne concerne la lenteur de la prise de décisions.Il a cependant souligné que les pays bénéficiaires apprécient le respect témoigné par les Canadiens pour les coutumes et les désirs locaux.Il s’est enfin dit particulièrement fier du travail accompli par sa fondation en Haïti.Pour ce qui est de l’Afrique, il a vanté un programme créé au Sénégal afin de permettre aux diplômés du cours primaire d’apprendre un métier.Le Devoir PEQUISTE SUITE DE LA PAGE 1 L’équipe Harper a toujours soupçonné 1 ancien régime libéral d’avoir utilisé des fonds publics pour taire faire des sondages utilisés à des fins partisanes mais présentés de manière trompeuse comme une façon de mesurer la popularité de certaines politiques gouvernementales.«La recherche sur l’opinion publique est un outil important pour le gouvernement du Canada», a déclaré Michael Fortier, sénateur et ministre fédéral des Travaux publics.Mais en même temps, a-t-il ajouté, ces sondages «ne doivent pas être utilisés pour des raisons personnelles ou partisanes».Mais s’il s’agit d’aller au fond des choses, pourquoi ne pas demander à M.Paillé de se pencher sur les plus récents contrats, y compris ceux commandés par l’administration conservatrice depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2006?, Le ministre Fortier a répondu que les problèmes n’existaient plus depuis 2003, selon ce qu il a compris de la dernière mise à jour de la vérificatrice générale, Sheila Fraser.«On ne sent pas le besoin de se rendre jusqu'à 2006.» En fait, il n’en est rien.En 2003, Mme Fraser avait conclu que 20 % des projets fédéraux de recherche sur l’opinion publique n’avaient pas été justifiés.Son suivi de février 2007 détermine que «le taux de conformité à la politique est [.] à peu près le même qu’en 2003».«Les progrès sont insatisfaisants pour ce qui est des documents justifiant la nécessité de la recherche», est-il écrit.M.Fortier n’a pas été en mesure d’expliquer ce que M.Paillé à lui seul réussira à découvrir de plus que ce que l’équipe de Mme Fraser avait permis de débusquer en deux enquêtes, d’autant plus qu’il n’aura pas le pouvoir de forcer des témoins à collaborer.Il s’est bien défendu d'entreprendre quelque vengeance que ce soit contre le gouvernement libéral précédent, rappelant qu’en remontant à 1990, Daniel Paillé touchera aussi une administration conservatrice (1990-93).Pour le libéral Denis Coderre, il s’agit justement d’un «vote de non-confiance» envers Sheila Fraser.M.Coderre dénonce le choix «indécent» de l’ancien ministre pé-quiste.«Daniel Paillé, c’est un séparatiste qui n’aime pas les libéraux qui va faire une job de bras.» Selon lui, le mandat de M.PaiUé consiste à en faire «manger une maudite» au PLC.«C'est une opération de salissage.» Le coût de cette nouvelle enquête n’a pas été précisé «mais restera bien en deçà d’un million de dollars», a assuré le ministre Fortier.L’annonce d’hier ne s’est pas faite en douceur.Plusieurs journalistes ont demandé à Daniel Paillé s’il se considérait encore comme un souverainiste, ce à quoi il a refusé de répondre.«C’est une affectation que je vois [comme étant] de nature professionnelle, a répondu M.Paillé.Donc, mes opinions politiques maintenant, après 12 ans, demeurent du domaine privé.» M.Paillé se sent-il en situation de conflit d’intérêts?Pas du tout, assure-t-il.«Que ce soit 1994 ou 1996, je vais les passer [les contrats] un par derrière l'autre sans aucun vibrato personnel concernant une période particulière.Je ne pense pas avoir quelque conflit de quelque nature.» Dans les coulisses conservatrices québécoises, on voit en lui un péquiste désabusé depuis l’arrivée d’André Boisclair à la tête du PQ qui n’aurait pas appuyé les siens le 26 mars dernier.«Disons que ce n’est pas sorti comme on pensait», a dit un de ceux-là en commentant la conférence de presse d’hier matin.Daniel Paillé est un personnage qui avait beaucoup fait parler de lui pendant son court passage en politique québécoise.Il avait notamment fait connaître au maire de Montréal, Pierre Bourque, son opposition à l’ouverture d’une garderie devant sa résidence, et ce, par lettre rédigée sur papier à en-tête du ministère de l’Industrie, du Commerce et des Technologies, qu’il dirigeait.Plus tard, il avait dû s’en excuser à l’Assemblée nationale.Il avait aussi signé une pétition portant sur une éventuelle privatisation de la SAQ.qui lui était destinée à titre de ministre.Il est aussi le père du contesté plan Paillé d’aide au démarrage d’entreprises qui, en raison de la faillite de plus d’une entreprise sur quatre qui en a bénéficié, a fait perdre 116,5 millions de dollars au trésor québécois.Le Devoir BACK SUITE DE LA PAGE 1 et pour L’homme qui plantait des arbres, adapté de l’œuvre de Jean Giono, avec en prime la voix de Philippe Noiret), nous revient à travers une exposition d’une soixantaine de ses créations picturales.Rendez-vous à l’espace création Loto-Québec pour ce parcours: Frédéric Back, l’œuvre et les gestes.En contrepoint est lancé un site Internet (www.fredericback.com) extrêmement élaboré, consacré au créateur et à ses combats.Deux années de travail incessant ont été nécessaires pour créer ce site sous la direction de la fille de l’artiste, Süzel Back-Drapeau.Frédéric Back refusait la perpective du bel ouvrage d’art pour servir d’écrin à ses œuvres.D’abord, il aurait fallu couper des arbres pour en fournir le papier.Ensuite, ces livres coûtent trop cher.Le site Internet lui est apparu comme la tribune idéale, même si lui-même provient d’un univers antérieur à ces technologies.Back a rédigé une autobiographie pour le site.Six rubriques ouvrent sur une multitude d’entrées qui renvoient aux dessins, aux films, à l’engagement écologiste, aux ateliers pédagogiques, etc.Le cinéaste espère que cet outil servira à accroître la sensibilité planétaire de ses visiteurs.Quant à L'œuvre et les gestes, ouverte gratuitement au public jusqu’au 5 août, elle constitue la toute première exposition de son œuvre picturale.Né à Sarrebruck, en Allemagne, en 1924, Frédéric Back s’est embarqué pour le Canada en 1948 et s’est installé à Montréal la même année.Son long parcours de vie se déploie sur papier, des deux côtés de l’Atlantique, avec un talent indéniable, même dans ses plus simples esquisses.On y voit entre autres des animaux se diriger à l’abattoir, des ouvriers victimes des pires conditions de travail, des Inuits chassant, des bélugas en bande, le rafiot de guerre sur lequel il traversa l’Atlantique, etc.Même ses lettres sont illustrées.D est né un crayon à la main.Jamais Frédéric Back n’avait imaginé exposer ses gouaches, dessins et esquisses.Il peignait sur le motif, debout, des toiles de dimension modeste qui ne dépassaient pas le cadre de ses bras, s’arrêtant quand un coup de vent ou le déclin du soleil sonnaient le tocsin pour agiter ses pinceaux.fi ne peignait pas pour les autres — sauf à l’heure d’illustrer des livres ou des affiches —, croquant plutôt personnes et paysages en guise d’aide-mémoire ou de pistes pour ses films dans le but également de se lancer un jour dans l’élaboration d’huiles sur toile, qu’il n’a jamais eu le temps de créer.Dès 1952, Back a été un pionnier de la télévision d’Etat, travaillant aux décors et aux dessins d’émissions éducatives et scientifiques avant de devenir permanent de 1968 à 1993, vite affecté à la création de films d’animation qui ont fàit sa gloire internationale.Cette expo, rue Sherbrooke, il la considère comme un cadeau.Louis Pelletier, conservateur de la Collection Loto-Québec, s’avoue de son côté stupéfait par l’ampleur et par la qualité des œuvres inédites que cette expo Back lui a fait connaître.«On a fait de grandes découvertes, précise-t-il.Plus de 60 ans d’interrogations illustrées défilaient sur papier devant nous.» La soixantaine d’œuvres sur les cimaises de l’exposition sont tirées des quelque 5000 qui ont survécu aux destructions successives.«Un grand nombre de mes gouaches et dessins ont été abandonnés dans les ruelles, lors des déménagements successif», explique Frédéric Back en riant.C’est son épouse qui insistait pour sortir ses dessins du sous-sol, Avec raison.A l'espace création Loto-Québec, les œuvres inédites voisinent des carnets, lettres, photos, souvenirs de famille, extraits de films, entrevues vidéo, statuettes: Oscars, Génies, etc., récoltées un peu partout, maquettes, storyboards, prêtés par la Société RadioCanada.200 éléments en tout sont exposés.Frédéric Back assure que son message est plus important que ses dessins, se disant surtout satisfait de la cohérence de son œuvre.Ce chevalier des causes écologiques a lancé un cri d’alarme avant tout le monde, ayant l’impression de prêcher dans le désert «Déjà, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les nappes dhuile laissées par les bateaux polluaient les rives.Et je m’en inquiétais.» Depuis toujours, il estime avoir pratiqué le journalisme, faisant de l’éditorial avec ses dessins.«On possède une liberté d’interprétation quand on dessine, explique Frédéric Back.On peut y mettre de la fantaisie mais aussi injecter nos idées et nos convictions.Ce qu’il y a de bien avec les films d’animation, c’est qu’ils sont accessibles à tous.» La responsabilité de l’homme face à la Terre qui le porte et le nourrit aura été le grand combat de la vie de Frédéric Back.«À Montréal, il y a eu Terre des hommes, mais en intitulant ainsi l’Expo de 1967, on se plaçait démesurément au centre du monde, estime-t-il.Lhomme n'est pas le maître de la création.On dépend d’éléments subtils, des insectes, des minuscules particules qui nous entourent, des animaux, des plantes qu’on sacrifie sans vergogne.Les chalutiers qui draguent le fond des mers en détruisant les fonds sont d’une telle irresponsabilité! Les hommes, politiciens, industriels, forestiers, simples citoyens, agissent avec une inconséquence révoltante.» Quand il a fait l’extraordinaire film d'animation L’homme qui plantait des arbres, en 1987, Frédéric Back a ému aux larmes une foule de gens à travers le monde, contribuant à l’éveil collectif en matière environnementale.Aujourd’hui, alors que les questions écologiques s’étalent en manchette des journaux et deviennent les dossiers chauds des programmes électoraux, le pionnier soupire.«Déjà, à l’époque, j’avais l’impression qu’il était bien tard.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514985-3322 Par télécopieur 514985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 5149855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-4657559 ’.At, L’agenda culturel Au téléphone 5149853346 Par télécopieur 514-9853390 , j, iWrasiim nv-lln- la liste d’admwe» d.ses abonné» à la disposition d'orpinisMioin reconnue* donl k cause, le» produki ou Im Krvkm neuvoit btercmer SM lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de corrapondancc dp œ» orvanreaBOM, veuillez «i «verttr noire •arvte à 18 „ ., „ , , ™,hlS II nH » samiài iiar lu- Devoir Inc.donl le siège social est silué au 2050.rue De Bleury, (T étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest Montréal, liigemv^ïbesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /c Devvir.U Oemr est distribué |iar Messageries Dynamiques, division du (iruupe Québécor Inc- 90(1, boulevard Saint-Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement n 0858- Depot legal: Bibliothèque nationale du Quebec.L
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