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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-04-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 S g ¦MHMMflMHBj mm Æ J PHOTOS CHRISTIAN TIFFET Robert Lalonde : aimer aux quatre vents JACQUES GRENIER LE DEVOIR Robert Lalonde CAROLINE MONTPETIT Nous nous rencontrons à la terrasse des Gâteries, son quartier général, rue Saint-Denis, à Montréal.Robert Lalonde y est assis, aux quatre vents, un livre à la main.Enhardi par le temps doux, un jeune homme nous aborde, demande une pièce.L’écrivain se lève, sort un peu de monnaies de ses poches.Espèces en voie de disparition, son dernier recueil de nouvelles, paru chez Boréal, s’intéresse justement à la nécessité de garder le courage d’aimer, d’écouter, d’aider ceux qui vivent et qui souffrent.Un recueil sensible, des nouvelles d’une grande délicatesse, des portraits précieux d’êtres que l’on veut protéger de la mort de la maladie, de la fatalité.Et comme décor à ces liens fragiles, il y a la nature, cette nature omniprésente dans l’œuvre de Lalonde, qu’il observe comme seuls de rares initiés savent le faire, et qui lui donne des pages bruissantes comme des nuits d’été.«Par les fenêtres ouvertes, s’engouffrait le soir mouillé: ça sentait la sève de saule et le caillou froid», écrit-il.C’est que Robert Lalonde, fils d’un père métis d’Oka, a fait tôt l’apprentissage des bois.Lorsqu’il était enfant vers sept ou huit ans, son père l’a laissé toute une nuit à dormir dans la forêt, pour aller le chercher au petit matin.C’était une sorte de rituel, que d’autres Amérindiens avaient vécu avant lui, et qui l’a sans doute préparé, comme d’autres traditions amérindiennes, à la lecture patiente de la nature.Cette observation, l’écrivain et comédien y consacre de nombreuses heures, jusqu’à ce que les petits tracas, les préoccupations quotidiennes, disparaissent pour laisser toute la place aux nuances des champs, au chant de l’oiseau ou à celui des grenouilles.Récemment invité au Japon, Il s’est étonné « C’est mon vo'r ^es i?ens frileux de tout contact avec les éléments: la pluie, la neige, la boue.Et de la même façon, Lalonde se désole de llndividua-Brokeback lisme ambiant qui fait que l’on frissonne à l’idée de se commettre, que l’on s’empresse d’envoyer à des spécialistes l’ami qui nous Mountain à conte sa dépression, son désespoir, que l’on cache ses souffrances, même physiques, .comme une tare, une imperfection, que l’on moi» hésite à aimer, à s’engager.On va jusqu’à dres- ser des listes de qualités que doit posséder l’éventuel être aimé, dit-il, comme si ce n’était pas se condamner inévitablement à l’échec de l’amour, qui suppose que l’on accepte cet être différent de soi Fatalité filiale E dit avoir hérité de sa mère d’une fatalité qui l’oblige à considérer l’impossible, la mort par exemple, à laquel- le nous sommes tous voués, un jour ou l’autre.Enfant, il a dû, suivant les dernières volontés de son grand-père mourant, s’allonger à ses côtés à sa dernière heure, et lui fermer les yeux.Cette épreuve, considérée par certains comme cruelle pour un enfant de six ans, lui semble aujourd’hui bienfaisante, une façon d’embrasser son destin, de faire face à l’adversité.Qu’opposer à la mort, en effet, sinon ce dernier geste de tendresse?D dte Groucho Marx qui disait «La situation est catastrophique mais ce n’est pas grave.» Espèces en voie de disparition, ce sont d’ailleurs aussi des histoires d’amour.Des histoires de couples qui vieillissent ensemble, de couples qui rompent, mais aussi de couples contrariés, comme ces homosexuels qui n’assumeront pas leur amour, brimé par les conventions.«C’est mon Brokeback Mountain à moi», dit Lalonde, qui s’étonnait encore, récemment de voir un couple d’homosexuels pourtant très affirmés dire que leur vie aurait été plus facile s’ils n’avaient pas été homosexuels.Ce recueil, Robert Lalonde l’a voulu plein d’amour, mais d’un amour capable de surmonter les difficultés, capable de vieillir, de s’approcher de l’inconnu.VOIR PAGE F 2: LALONDE LITTÉRATURE BÉDÉ ESSAI Danielle Dussault, Le Claude Jasmin Après 5-FU, Pierre Gagnon Le bain de minuit du Petite philosophie Le temps vu par Alain le don de l’écriture nouveau récidive Concombre masqué du golf Stanké Page F 3 Page F 7 Page F 8 Page F 9 Page F 11 Page F 14 SALON INTER INAL U RE IÉBEC 2007 v l jft H I '' * •>>: LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 F 2 SALON DU LIVRE DE -¦ -.- ¦ ¦ - — -' EN APARTÉ Chronique d’une résistance Jean-François Nadeau Imaginez Robert Lepage ou encore Michel Tremblay qui refuseraient de voir leur théâtre joué au Québec en signe de protestation politique.L’affaire apparaît, bien sûr, aussi invraisemblable qu’improbabîe.Pourtant, en Autriche, en 2000, lorsque des radicaux enveloppés d’un parfum d’avant-guerre reviennent au pouvoir contre toute attente, Elfriede Jelinek, Prix Nobel de littérature, décide d’interdire les représentations de ses pièces.Plus aucune ne sera jouée en son pays.«J’avais tout essayé en matière de protestation.Il me fallait recourir à un moyen totalement différent», explique-t-elle dans un long entretien accordé à Christine Lecerf publié aux Editions du Seuil.Jelinek se désespère alors de l’amnésie des Autrichiens.Jôrg Haider vient de prendre les commandes de l’Etat.Le peuple autrichien semble avoir oublié les pires dérives de son histoire, lui semble-t-il, tout en critiquant le fait que la presse ait dangereusement failli à sa mission de démocratisation.Donc, refus tout nef de collaborer par son art à la bonne conscience d’un régime pareil! Plus de théâtre, parce que les théâtres eux-mêmes sont aussi, dit-elle, des lieux où une certaine bourgeoisie au pouvoir se réunit pour s’autocongratuler, les soirs de première.Les théâtres?Un lieu où, le soir venu, le vice se promène au bras du crime, parfaitement assuré de sa légitimité.Alors, plus de ça! Tout au long de sa vie, Jelinek, dont l’imposant roman Enfants des morts vient de paraître en français, agit avec une obstination et une lucidité pénétrante.Ecrire, publier, jouer, tout cela est aussi pour elle la marque d’un engagement, autant en littérature qu’en société.Dans L’Art de se taire, publié en 1771, un livre qu’il convient de relire de temps à autre, l’abbé Di-nouart explique qu’«on ne doit jamais cesser de retenir sa plume, si l’on n’a quelque chose à écrire qui vaille mieux que le silence».L’art de se taire, pour cet abbé, n’est pourtant pas celui de ronger son os, de se rouler au niveau des chiens, puis de mourir, son jour venu, en silence.Il s’agit certes d’être au sol, tout bas, mais comme une fleur.Dans cette perspective, Jelinek n’a pas cessé d’écrire pour dénoncer les dérives populistes du gouvernement autrichien.Bien au contraire.En Italie, l’auteur de Petits malentendus sans importance, le saisissant Antonio Tabucchi, n’a pas cessé non plus d’écrire après l’arrivée de Sylvio Berlusconi.Il a plutôt donné à lire, autant à l’étranger qu’en son propre pays, une suite de chroniques où il démonte, un à un, les mécanismes par lesquels le gouvernement de Sylvio Berlusconi s’est installé à la tête du système italien.L’œuvre d’art, montre-t-il, peut aussi devenir une œuvre de résistance.Qui a dit que la politique devait être maintenue dans des bureaux de fonctionnaires et dans ceux des illettrés mis à leur service?«Comme si la politique n’était pas elle-même culture, n’était pas faite d’idées, d’instances, de modèles socio-culturels!», écrit Tabucchi dans Au pas de l’oie, un livre qui rassemble ses «chroniques de nos temps obscurs».Duplessis est mort?Pas si sûr, écrivait Pierre Vadeboncœur, juste après nos dernières élections très provinciales.Il a bien été porté en terre par des policiers provinciaux, affublés pour l’occasion de curieuses coiffes dignes des petits Blancs coloniaux qui souillaient l’Afrique, mais un certain esprit de ce régime a continué de flotter chez les vivants, sans parler non plus du populisme du Crédit social qui erre encore ici et là dans les consciences.Le Crédit social?I.a peur de l’étranger, la crainte de la grande ville, la pensée magique appliquée à l’économie, la famille, le travail, la patrie.Toujours vivant, cet esprit populiste du Crédit social.Même morte et enterrée, du moins si on en croit Elfriede Jelinek, «l'histoire ressort toujours un bras de la tombe».L’écrivaine affirme même que, dans un pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, «l’histoire ne peut pas mourir».Louis Hémon, dans son célèbre Marie Chapdelaine, n’affirmait pas autre chose lorsqu’il écrivait qu’«a« pays de Québec rien ne doit mourir et rien ne doit changer».Mais l’histoire nous condamne-t-elle vraiment à rejouer les scènes de nos propres horreurs politiques sous des formes à peine renouvelées?jfnadeau@ledevoir.com LALONDE Robert Lalonde jouera sous peu au théâtre Jean-Duceppe dans La Leçon d’histoire SUITE DE LA PAGE F 1 Espèces en voie de disparition est aussi porté par le thème de la gémellité: la première nouvelle fait écho à la dernière, comme les deux faces d’un couple jumeau, mâle et femelle.L’image de la couverture du livre, qui présente deux visages semblables qui se rejoignent, exprime l’essence de cette gémellité.Robert Lalonde a aimé y voir un paysage de chair, en même temps qu’une scène de tendresse.S’il n’a pas de jumeau véritable, Robert Lalonde se souvient d’avoir créé, enfant, un personnage imaginaire qui l’accompagnait dans la vie.Salon du livre de Québec Robert Lalonde jouera sous peu au théâtre Jean-Duceppe dans La Leçon d’histoire, mis en scène par Serge Denoncourt.Il est aussi l’un des invités d’honneur du Salon du livre de Québec, qui ouvrira ses portes mercredi prochain dans la capitale.11 y sera aux côtés de Patrick Senécal, qui vient de faiçe paraître Le Vide aux Editions Afire, de Stéphane Bourguignon, auteur du récent Sonde ton cœur, Laurie Rivers, chez Québec Amérique, d’Hubert Reeves, qui vient de signer Chroniques des atomes et des galaxies, au Seuil, et de Marguerite Andersen, qui a fait paraître Doucement, le bonheur aux Editions Prise de parole.Le tout se déroule sous la présidence d’honneur de Dominique De- Lalonde est l’un des invités d’honneur du Salon du livre de Québec ÆW Triptyque n Triptvaue www.tnptyquc.qc.ca triptyquc^editiomriptyque.com Té!.: 514-597-1666 Diane Vincent épidermes.Diane Vincent épidermes roman, 207 p., 20 $ Il est flic, elle est masseuse et fascinée par la peau.Un bout tie chair humaine trouvé dans une poche de manteau les porte à conjuguer leur expertise.Du membre au cadavre et du cadavre au meurtrier, Vincent ei Josette se perdent, cherchent et se retrouvent entre des marchands d’art, des promoteurs de belle chair bien huilée, des pourvoyeurs de stéroïdes ou des dealers de cocaïne, sans oublier la célèbre photographe nippo-américaine.star inconsciente de cette mystérieuse constellation.Gaétan Lebœuf Bébé et bien s'évadent Gaétan Lebœuf BÉBÉ et bien d'autres qui s'évadent roman, 282 p., 23 S » Fable moderne sur l’exil, le deuil, l'amitié et l'engagement.Bébé et bien d’autres qui s’évadent nom entraîne dans un univers original, au ton ludique et enjoué, à ta lisière du fknttmique.La plume de Gaétan Lebœu f, à la fois simple et magique, frôle la nudité des contes pour enfants.Nous sommes detuint une œuvre sensible, imaginative et inspirée.» Suzanne Giguère, Le Devoir Gaston Théberge Béat)-ice, Québec 1918 roman, 192 p., 19 $ Québec.1918 : l’annonce de la conscription vient de retentir, et voilà que Frappe l’épidémie de grippe espagnole.Antoinette, treize ans, enjouée et curieuse, raconte cet épisode mouvementé.Des décennies plus tard, le recul lui confère un regard de survivante.Gaston Théberge IEÀTRICï ébet 1918 rinmptir mers, jusqu’au 15 avril.Le Salon accueille aussi cette année deux délégations d’écrivains d’ailleurs, une délégation flamande et une délégation serbe.Parmi les nombreuses tables rondes qui auront lieu à Québec, mentionnons celle du vendredi 13 avril, «Peut-on sauver la planète?», qui réunira Roméo Bouchard, Gaétan Lafrance, Serge Mon-geau et Barbara Ge-nest, autant d’auteurs et d’activistes qui se sont beaucoup intéressés à la sauvegarde de l’environnement, au développement de l’éolien et à l’éventuelle pénurie de pétrole.Le samedi 14 avril, un dia-Ipgue réunira Chantal Hébert et Eric Montpetit sur le thème «Pourquoi les Québécois ont-ils été séduitç par Harper?», et le même jour, Edith Fournier, Josélito Mi-chaud et Lise Thouin se pencheront sur le thème «Survivre au déclin de l’autre».Robert Lalonde, Hervé Bouchard, Yves Beau-chemin et Lise Bissonnette se demanderont pour leur part: «Pourquoi enseigner Proust quand on a Tremblay?» Le dimanche 15 avril, la cérémonie de clôture présentera un concert de Marie Bernard et les Petits Chanteurs de Charlesbourg.Pour plus d’information, consultez le site www.silq.org.Le Devoir ESPÈCES EN VOIE DE DISPARITION Robert Lalonde Boréal Montréal, 2007,200 pages / è JACQUES GRENIER LE DEVOIR S’il n’a pas de jumeau véritable, Robert Lalonde se souvient d’avoir créé, enfant, un personnage imaginaire qui l’accompagnait dans la vie.VENEZ A NOTRE RENCONTRE au Salon international du livre de Québec ! «l’HEXAGONE WWW.îiDIîEXAtji.ïNE.COM ® QUEBECOR MtDlA Michel Garneau traducteur du Livre du constant désir de Leonard Cohen Marie-Andrée Beaudet Album Miron Hélène Dorion Mondes fragiles, choses frêles Leonard Cohen livre du constant désir Entrez dans ce roman qui est vite devenu un best-seller internatio nal publié dans quatorze pays et qui a été inondé de prix ! Helene Damn Jeffrey Moore Les artistes de la mémoire Mondes fragiles hoses frêlt Traduit de l'anglais par Hélène Rioux roman • 342 p.• 27 $ XYZ éditeur .1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 514.525.21.70.Télécopieur: 514.525.75.37 Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca I t 7444 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 SALON DU LIVRE DE .— .* Le don de l’écriture Danielle Laurin Voici un roman étrange.Déroutant.Et envoûtant.Quand vous l’ouvrez, vous pénétrez dans un monde en apparence normale.Mais plus vous avancez, plus vous sombrez dans le flou, la brume.Vous êtes sur un terrain miné.Celui de Salamandres.Trop tard pour reculer, vous êtes pris.Vous auriez dû y penser.L'auteure, Danielle Dussault, cultive l’art du mystère.Elle adore les histoires de secrets, prend plaisir, on dirait à placer ses personnages dans des situations intenables.Son terrain de jeu favori: le désenchantement, la désillusion.L’absence, l’abandon, la fuite.Et l’insondable complexité de l’âme humaine.Rien n’est jamais donné, acquis.Les points de vue se multiplient, les voix narratives aussi.Reste toujours un doute, un trou non comblé.Il suffit de lire son livre précédent L'Imaginaire de l'eau.Un récit qui lui a valu le prix Alfred-Des-Rochers, récompense qu'elle avait déjà obtenue neuf ans auparavant Il suffit de lire, aussi, Camille ou la fibre de l'amiante, roman pour lequel Danielle Dussault a reçu en 1999 une mention d’honneur au concours Robert-Cliche.D’ailleurs, Salamandres reprend essentiellement les mêmes personnages que Camille ou la fibre de l’amiante, se passe au même endroit: à «Thedford-les-mines».11 faut croire que l’écrivaine, qui vit et enseigne dans la région de l’Amiante, n'en avait pas fini avec sa tragique histoire de mines.Besoin de creuser davantage les réseaux souterrains qui unissent ses personnages?Besoin de mener à terme leur réconciliation avec eux-mêmes?Peu importe, au fond.On peut lire Salamandres sans même savoir que Camille ou la fibre de l’amiante existe.Quand s’ouvre le récit un homme vient de mourir.Autour de son cercueil: sa femme, sa maîtresse, sa fille adoptive.Et un mystérieux revenant porteur d’une mission.Tour à tour, chacun devra affronter ses propres démons.Chacun perdra pied, s’enfoncera dans la noirceur totale, avant d’accéder à Dans Salamandres, Danielle Dussault cultive l’art du mystère.la lumière.Au propre, comme au figuré.Car c’est bien dans les entrailles minières de la ville que se jouera le destin des personnages.Pendant ce temps, vous, lecteurs, vous sentirez comme des mineurs, justement.Des mineurs pris au fond d’une mine, qui crient au secours, appellent à Taide.Vous serez laissés à vous-mêmes, au milieu de phénomènes inexpliqués.Vous verrez apparaître des petites bêtes inquiétantes, des salamandres, qui se faufileront un peu partout.Vous butterez sur des objets étranges, un objet, en particulier, qui semble revêtir un caractère sacré.Vous vous débattrez, entre mythes et réalité.Entre fantasmes et vérité.Pour vous, pas de lumière au bout du tunnel.Au passage, vous entreverrez l’ombre d’Anne Hébert.Celle de Duras, aussi.Et celle de Kafka.Question de ton, de texture, d’images.Question de thèmes?Vous aurez parfois l’impression qu’on vous rejoue une tragédie antique.Tandis que certaines ANONYME NATION IROQUOISE Texte présenté et commenté par Aurélien Boisvert Sous ce titre, un prisonnier des Iroquois (probablement René Cueillerier) a laissé un récit de ce qu’il a vu durant un an et demi de captivité.«Près de deux cents annotations soigneusement fouillées et appuyées sur une solide documentation contribuent à l’intelligence du texte» Montréal en tête, 1997.W papes Pn, tülal : 14 { Les Éditions 101 Enr.C.P.591, Suce.Desjardins Montréal II5151B7 http://www3.sympaticoxa/au.boisvert VENEZ RENCONTRER ; Auteur de La Soupe aux poissons rouges et des Séries Rita et Machin et Enquêtes au collège ^Gallimard Jeunesse) mm K' K rcredi 11 avril h à 11 h jeudi 12 avril 8è 9 h 30 à 10 h 30 le vendredi 13 avril de 10 h 30 à 11 h 30 le samedi 14 avril de 14 h à 15 h AU STAND GALLIMARD DU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC i scènes vous feront penser à des séances de psychanalyse.A moins qu’il ne s’agisse de séquences de rêves?Bien sûr, au bout d’un moment, vous serez à même de connaître les liens qui unissent les protagonistes.A petites doses, vous comprendrez leurs manques, leurs faiblesses, leurs pensées secrètes.Et vous vous désolerez de voir leurs familles déchirées, leurs amours gâchées.Mais pour le reste.Comment dire?Vous sentirez que quelqu’un, quelque part, tire les ficelles d’un monde où vous n’avez pas de repères.Quelqu’un qui s’amuserait, à votre insu.Pour vous déstabiliser.Vous ébranler.Vous provoquer?Vous vous direz que c’est assez.Vous voudrez en finir avec cette SOURCE L’INSTANT MÊME histoire à plusieurs couches qui s’enlise dans le symbolique, la mythologie, le fantastique.Mais vous aurez beau vous rebiffer, vous passerez à travers ce roman de moins de 100 pages sans même vous en apercevoir.Et vous vous demanderez comment elle fait, Danielle Dussault.Comment elle fait pour tenir ses lecteurs en laisse de la sorte?Pra-tique-t-elle une forme quelconque de magie?A-t-elle un don?Le don de l’écriture, oui, sans aucun doute.Collaboratrice du Devoir SALAMANDRES Danielle Dussault L’Instant même Québec, 2007,89 pages LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Documents Voici une œuvre éminemment originale dont le thème dominant est nous-mêmes, ce que nous sommes et qui nous sommes.Préface de Thomas De Koninck Jean Désy Âme, foi et poésie essai • 150 p.• 23 $ ïn b Tv* AUTOFÏCTION rr CléVOU-EMENT Dfc.SOI m éditeur Cet essai propose une lecture de la société contemporaine à travers sa littérature et s’attarde à l’autofiction et à sa sulfureuse et fulgurante expansion.Madeleine Oueüette-Michalska Autofiction et dévoilement de soi essai • 156 p.• 23 $ ROMAN QUÉBÉCOIS Les oranges sont bleues CHRISTIAN DESMEULES S* éloigne-t-on jamais d’une enfance vécue entre les cris et les silences?Sans rien au milieu, comme une coquiDe vide.Un monde où «les pères criaient tout le temps» et hanté par la présence presque fantomatique d’une mère silencieuse et effacée.Un monde d’eau bénite paranoïaque dans lequel il faut deviner «la présence de Dieu derrière tous les miroirs».C’est dans cette atmosphère triste de la Basse-Ville d,e Québec qu'a grandi Elizabeth, qu’un peu tout le monde appelle Zab, petite fleur poussant dans un carré de briques et d’asphalte où l’amour semble encore plus rare que le soleil L’héroïne tourmentée du premier roman de Lyne Richard, Le Bruit des oranges, devient femme dans «une terre dévastée par la peur».La découverte du plaisir, forcément coupable, la mort de la mère.Puis, un jour, très vite, c’est la grande faille, la disparition de son grand frère aimé et admiré.Jusqu'où peut-on fuir ce qui nous a fait?Devenue adulte, puis artiste-peintre, passant d’une passion à l’autre, plante carnivore qui se nourrit de démesure et de révoltes, Zab traînera ainsi sans répit son mal à l’âme, même au gré de la rencontre d’un amour un peu plus vrai et d’une grossesse qui lui donnera ime fille.«Je leur grattais l’âme jusqu’à ce que ça saigne puis je repartais, mes yeux Metis éclairés par ma définition de l’absolu, je partais les sens repus, le ventre plein, mais je revenais quelques jours plus tard avec des nuages qui mangeaient mes yeux.» Toujours assoiffée d’attention, de tendresse, de jouissance.Prisonnière de son passé, qu’elle porte «comme un paravent dressé entre elle et les autres», Zab, on le comprend vite, est un puits sans fond de douleur, de mal de vivre et d’amours impossibles.Elle-même artiste-peintre, nouvelliste publiée dans de nombreux collectifs depuis quelques années, Lyne Richard est avant tout poète, Un premier roman de Lyne Richard qui goûte le mal de vivre et la démesure notamment avçc Tout ce blanc près de Tail (Editions David, 2006), Dans l’infini du rouge (Le Loup de gouttière, 2002).Originaire de Québec, où elle est née en 1953, elle peint comme elle écrit, nous apprend sa biographie, c’est-à-dire qu’elle le fait dans le but de comprendre l’expérience d’être au monde.«Brisée de souvenirs, de quêtes, de misère», une passion plus grande et peut-être plus «tordue» — en venant réactiver des secrets et des douleurs liées au frère disparu — finira ainsi par avoir raison d’elle.Suivant son héroïne à la recherche de ce qui sé rapprocherait le plus du «bruit des oranges», le son de la pelure qu’on déchire entre les doigts, qui représente pour Zab une idée du paradis, le roman s’échoue au bord du fleuve, à Berthier-sur-Mer.Sans que Zab puis se dissoudre tout le noir qui l’habite, guidée par un besoin infini de silence et de bleu parfait «Tant de bleu à s’y calmer /s'y rejoindre / à s’y dissoudre», écrit Geneviève Âmyot, citée par l’auteure en ouverture du roman.Récits à la troisième personne, monologues intérieurs, lettres pu extraits des journaux intimes d’Elizabeth ou d’autres personnages: le roman emprunte une variété de directions narratives.Cette structure désordonnée, qui a peut-être été voulue par l’auteure afin de souligner la détresse de son personnage, contribue aussi, paradoxalement, à nous en éloigner.L’éparpillement narratif nous empêche d’adhérer sans réserves à cette Iris’ toire tragique, pourtant servie par un regard poétique et une langue capable de faire surgir l’émotion d’une couleur, d’un son ou d’uri souvenir brisé.Un roman sensible, mais désordonné.Collaborateur du Devoir LE BRUIT DES ORANGES Lyne Richard Québec Amérique Montréal, 2007,166 pages ARCHAMBAULT"! PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: 27 mars au 2 avril 2007 ® QUEBECOR MEDIA ROMAN maudit que le bonheud coOte cher Francine Ftuel (Libre Expression) ÉVANGÉUME ET GABRIEL Pauline Gill (Lanctôt) LA PART DE L'AUTRE Éric-Emmanuel Schmitt (Livre de Poche) OSCAR ET U DAME ROSE Éric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) U FORTERESSE mentu Dan Grown (Lattes) LEMDE Patrick Sénôcal (Alire) AJtfLE.ANDCHRISTUS Anne Robillard (Lanctôt) LA FHJJE DU PASTEUR Sonia Marmen (XL) 1 ¦ ÉPÉE DE VÉRITÉ T.S: LA FOI DES.Terry Goodkind (Bragelonne) ODETTE T0ULEM0NDE ET AUTRES.Éric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) OUVRAGE GÉNÉRAL LE MERLEUR DE SOI Guy Comeau (Éd.de l'Homme) FRENCH KES Chantal Hébert (Éd.de l’Homme) COMMENT NOURRIR SON ENFANT Louise Lambert-Lagacé (Éd.de l'Homme) U CHMHE DES DESSERTS QUE U FORCE ATTRACTION SOIT.( Michèle Cyr (Transcontinental) M0WTRÉAUSIMI Fabrice de Pterrebourg (Stanké) UES PROCÈS DES MOIAROS: LA CHUTE.Paul Cherry (Éd.de l'Homme) i GUARD nCTIONIIAIRE DES MALAISES | Jacques Martel (ATMA international) LE GUIDE VIVRE PLUS Karine Larose (La Semaine) i audelAdusrbke [ J.-R.Simard / L.Lacombe (Intouchables) JEUNESSE ¦H LÉON» T.9: LE ROYAUME D'ESA ¦JB Mario Francis (Intouchables) 2ERAG0N T.2: L'AlNÉ Christopher Paollni (Bayard) Ef| LES NOMEWLS T.2 : SAIE TEMPS.fliJji Oelaf / Dubuc (Dupuis) K ÉTAIT DEUX FOIS : CORHOA.Collectif (Boomerang) JOURNAL D’AURÉLIE LARAMME T.2 India Desjardins (Intouchables) FUNESTE DESTIN 112 : PÉNULTIÈME 1 ® Lemony Snicket (Héritage) DARHAN T.3 : LES MÉTAMORPHOSES Sylvain Hotte (Intouchables) I.ÉTAIT DEUX FOIS : DE MOCHE A.Collectif (Boomerang) ÉUHK11 : ÉVEIL DU RÊVEUR S.Lévesque / M.Bols (Vents d'Ouest) MONDE DE MAGIE DU DIADÈME T.S John Peel (Ada) ANGLOPHONE TME SECRET Rhonda Byrne (Beyond Words) THE AMBUR WARNMG Hobert Ludlum (St Martin's Press) THE LAST TEMPLAR Raymond Khoury (Signet) ROAD Cormac McCarthy FALSE IMPRESSION Jetlrey Archer (St Marlin's Press) J.Patterson / H.Roughan (Warner Brooks) THE UNCOLN LAWTER Michael Connelly (Warner Brooks) THE HUNT CLUB John Lescroart (New American.) CELL: YOUR NUMBER IS UP Stephan King (Pocket Books) PREDATOR Patricia Cornwell (Berkley) carte-cadeau XYZ éditeur • 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 514.525.21.70•Télécopieur: 514.525.75.37 Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca ARC HAMHAL I I Du plaisir .à la carti 5232 IE 1> K V IK.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2 0 0 7 SALON DU LIVRE DE .Sans prétentions GUYLAINE MASSOUTRE La diversité des romans a de quoi éveiller l’esprit Partisans d’une esthétique riche — parmi les nouveautés, voyez Hace des pensées.Sur Maurice Blandwt (Gallimard) de Richard Millet et la réédition de LEmpe-reur d’Occident (Verdier Poche) de Pierre Michon — ou amateurs d’une écriture blanche — lisez, de Christian Gailly, Les Oubliés (Minuit) ou découvrez la jeune Valérie Sigward, Loin, chez personne (Julliard) —, il vous reste à chiner.Etes-vous attiré par le décentrement lointain?À saisir absolument, un bref texte posthume de Thierry Hentsch, La Mer, la limite, essai sur le fantasme créatif.La littérature y joue un rôle essentiel, ni psychanalyse ni solution de remplacement à une philosophie qui dirait mal son nom.lire tous azimuts: le professeur n’aura cessé d’en louanger l’indispensable bénéfice.Il n’est guère de lieux, selon Hentsch, où l’inépuisable étrangeté ait autant de sens.La littérature explore rimpermanence du monde et de tous ses «moi»: «Cest la présence en chacun de nous de cette altérité intérieure dont a priori personne ne sait rien, et dont personne ne veut rien savoir.» Avec son intelligence éloquente, il parle librement de la mort, comme d'une frontière à passer, «au dehors comme au dedans».Les romans, à ce compte essentiel, offriraient une solution à nos limites peureuses.Devant sa méditation bouleversante, laïque et globale, nul besoin de chercher ailleurs de quoi contrer la vanité.L’envers des choses ' Vous aimeriez devenir écrivain?Lisez donc Philippe Ségur.Dans son récit Ecrivain (en dix leçons), D raconte la rocambolesque expérience de sa vocation, depuis l’enfance.Pas facile d’entrer dans la noble activité, si bien synthétisée par Hentsch.Levant le nez sur la médiocrité du cirque culturel, Ségur y confronte lïdéal aux circuits obligés.Que devient l’ambition littéraire, ceOe que Dominique Noguez stigmatisait, au tournant de notre siècle, comme figure du «grantécrivain»?Cet inteUectuel crépusculaire, dissimulant à peine le vice de soi derrière l'autofiction, suit le parcours du combattant; éditeurs, journalistes, médias audiovisuels, prix littéraires, libraires.Le lecteur n’est pas le moins saugrenu de ses interlocuteurs.Voilà le sommet atteint une fois sa punition solitaire accomplie, l’écrivain rencontre du monde.Rien que cela?Dilettante, mordu de Tautodérision, Ségur se concocte entre les lignes un beau nœud coulant Il n’est pas le seul que les petites morts fabriquées font glousser.Jean Teulé, dans Le Magasin des suicides (Julliard), met en vente un arsenal de trucs infaillibles pour en finir.Son humour insupportable, même sain et cocasse, n’évite pas les irritants.Daniel Fohr non plus, dans Un mort par page (Laffont), ne trouve rien d’assez loufoque pour parodier le polar et ricaner de la dépression littéraire.Bah, que ce quotidien donne l’idée de fuir! Une génération discrète Et si lire, c’était aussi se mentir?Du côté de ceux qu’on appelle «la génération fantôme», à savoir de tout jeunes écrivains, la réaction est vive.Deux auteures de nouvelles, qui ont commencé à publier en 2000-2001, se font remarquer par leur talent à manipuler acidité et sécheresse.Résultat efficace.Claire Castillon, dont reparaît en poche, l'excellent recueil Insecte, portant sur les rapports mère-fille, récidive dans On n’empêche pas un petit cœur d’aimer.Vingt-trois nouvelles sur règlements de comptes, mesquineries jalouses et coups bas rancuniers de la relation amoureuse.Vraiment il y a chez elle une déception révoltée qui fait plaisir à lire.Christine Montalbetti aussi, avec ses Nouvelles sur le sentiment amoureux (PO.L), se refrise à la complaisance nostalgique et sentimentale.Sans doute n’a-t-elle pas fini d’exorciser, dans son espace évanescent et abstrait les personnages qui hantent ses rêveries.Mais on y sent la résistance à reconnaître l’illusion mensongère dans le for intérieur.Au sujet pensant elle donne le soin d’ébranler ses points d’appui, pour voir comment les images s’intercalent et se comportent entre création et remémoration contemporaines.Son esthétique du camouflage fait ap paraître le voile inexplicable de la fiction.Vues de l’esprit, bis Après cette lecture stimulante, qu’une universitaire parisienne, originaire d’un port du Nord, Le Havre, nous livre sans insistance, retour aux œuvres imperméables aux postures du «grantécrivain».Chez Christian Gailly, fils de prolétaire né en 1943 à Belleville, la musique et l’écriture se confondent avec celle de sa génération, le jazz.On swingue depuis vingt ans, entre les pages de Gailly.Saxophoniste à seize ans, il a le don d’improviser sans se perdre, composant avec maîtrise sur l’air du temps et parmi les gens.Les Oubliés (Minuit), quïl publie, est un pur hommage à tous les perdants de Beckett, dont l’ironie caustique rayonne en reprise, comme une adaptation.Brighton et Schooner, sa paire d'enquêteurs farfouilleurs, trouvent les mots de Beckett, dans leur désespoir à fleur de peau.Entre doute et lucidité, place, chez Gailly, à la musique innommable du free-jazz.Jouir en rythme et en écho y est un abandon entre corps instruments.Dès le départ il sacrifie les personnages.C’est pour qu’ils puissent gamberger, entre déplacements et rencontres gratuites, d’où le titre.Collaboratrice du Devoir LA MER, LA LIMITE Thierry Hentsch Héliotrope Montréal, 2006,84 pages ÉCRIVAIN (EN DIX LEÇONS) Philippe Ségur Buchet Chaste! Paris, 2007,189 pages ON N’EMPÊCHE PAS UN PETIT CŒUR D’AIMER Claire Castillon Fayard Paris, 2007,159 pages ROMAN QUÉBÉCOIS À quel âge cessons-nous d’être immortels?Salon du livre 2007 L INSTANT MEME ESPACE DIMEDIA STAND 100 FRANÇOIS BLAIS Iphigénie en Haute-Ville Finaliste au Prix des Libraires du Québec Vendredi 20h à 21 h Samedi 13h à 14h et 16h à 17h Dimanche 15h à 17h GUY BOIVIN / HANS-JÜRGEN GREIF La Bonbonnière Vendredi I8h à I9h Samedi 17h à 19h Dimanche 14h à 15h et 16h à 17h ROLAND BOURNEUF Pierres de touche Vendredi 16h à 17h Samedi 13h à 14h et 15h à 16h DANIELLE DUSSAULT Salamandres Jeudi 20h à 21h Dimanche 13h à 14h et 15h à 16h NICOLE FORTIN La rhétorique mode d'emploi Jeudi19h à 21h Vendredi 17h à 18h Samedi 14h à 15h Dimanche 12h à14h PIERRE GAGNON S-FU Vendredi 20h à 2lh Samedi 16h à 17h Dimanche 15h à 16h CLAUDE J.HERDHUIN Chuchotements Samedi 13h à 14h et 18h à 19h Dimanche 12h à 13h et 14h à 15h STEFAN HERTMANS Lumières du Nord Vendredi 19h à 20h Samedi 12h à 13h CLAIRE MARTIN À tout propos Samedi 14h à 15h Dimanche 12h à 14h GILLES PELLERIN Lumières du Nord Vendredi 16h à t7h et 19h à 20h Samedi 12h à13het14hà15h HÉLÈNE ROBITAILLE Les cigales en hiver Vendredi 18h à I9h Samedi IShà tôhet 17hà 18h Dimanche t3h à 14h PIERRE YERGEAU La Cité des Vents Mention spéciale de l’Organisation Internationale de la Francophonie-Prix des Cinq continents Finaliste au Prix du Gouverneur général Vendredi I9h à 21h Samedi IShà 16h et 17h à I8h L/i/.ïïc/i/t mê/i/t NOUVELLES • ROMANS • ESSAIS SUZANNE G1GUÈRE Lu un jour sur le programme d’une pièce italienne: «La vie est triste, la vie est gaie, il faut cotiser à la commedia dell’arte.» Autrement dit, saisir la vie dans toute sa rondeur, faire d’un seul instant de vie un pur moment d’éternité, sachant que la mort, tel un cataclysme, peut surgir en un éclair et dérégler toutes no§ vies.A quel âge cessons-nous d’ètre immortels?Quels changements passagers ou profonds cette révélation provoque-t-elle dans nos existences?Ester Croft, nouvelliste de l’empathie absolue, explore ces questions dans Le Reste du temps, une introspection humaine poignante à l’ombre des mots d'une grande styliste.L’onde de choc Un médecin n’en finit pas de sauver la vie de petits prématurés dans l’espoir de racheter la mort de sa compagne fauchée à 23 ans dans un accident.Chaque année, il revient sur les lieux de leur amour.Au cimetière, une gerbe de glaïeuls à la main, les souvenirs viennent percuter sa mémoire.Faire en sorte que la présence encore vive de l’absente ne l’assaille plus, que le passé ne fasse plus mal, vivre avec les souvenirs en essayant de les dominer pour qu’ils ne le blessent plus, voilà ce à quoi il est confronté.Réparation parle de la nécessité du deuil pendant qu’en sourdine on entend une cantate de Bach.Lasse de lire dans le regard de ses parents et de ses professeurs sa différence, une adolescente, déficiente légère, n’a plus assez de musique en elle pour faire danser la vie.Après une tentative de suicide, elle remonte à la surface de la vie d’une manière imprévisible (Evelyne Côté-Simard).Jusqu’où peut aller un fils pour arracher de force à son père ce que ce dernier n’a pas réussi à lui donner?Dans cette nouvelle très forte, l’auteure ausculte les rapports difficiles d’un père et de son fils, nous faisant ressentir MICHEL BOULIANE Esther Croft jusqu’au plus profond le désarroi du père face à ses échecs.Un spectaculaire accident d’avion viendra remettre en perspective la fragilité de la vie et servir de cure intérieure à tous les deux (Le Père de son fils).La prise de conscience de la mort peut se creuser dans l’angoisse d’une attente interminable et forcer les bilans comme dans la nouvelle De chaque côté du lit.Un couple divorcé au chevet de son fils plongé dans le coma rêve de «reprendre les mailles échappées et de tout recommencer».De ne plus abdiquer devant l’enfant mélancolique aux idées sombres et d’essayer de lui transmettre le simple bonheur d’exister.Souvent l’onde de choc de la mort emprunte la voie des mots qu’on n’a pas dits.Dans L’Œil de Caïn, un écrivain nourrit un tenace sentiment d’infériorité vis-à-vis de son frère aîné, un neurochirurgien réputé.Il apprend à sa mort que son frère n’avait jamais cessé de croire en lui, le désignant comme son seul héritier, «avec l’espoir qu’il se libère enfin de ses doutes et quïl écrive en toute liberté».Langue superbe La mort peut s’apprivoiser dans la grâce d’un sursis inespé- ré.Dans Dérives, une femme dans la cinquantaine qui a hérité de la détresse de son père la reconnaît aujourd'hui dans les yeux de son fils.(On pense au cri du cœur de Loup lancé à sa mère dans Forêts, la pièce de Wajdi Mouawad: «Tu ne m’as pas donné la vie, tu m’as légué ta douleur.») Le diagnostic d’un cancer, au lieu de l’abattre, desserre l’étau de son mal de vivre.Elle s’est battue pour ses enfants, elle va maintenant se battre pour elle.Se résoudre aux adieux.Après 45 ans de vie commune, sous le regard attendri de son mari, une femme se laisse hypnotiser par la clarté du bleu à sa fenêtre et le balancement des branches du grand pin.11 lui reste peu de temps à vivre.Pendant qu’il joue pour elle la première sonate en sol mineur de Bach, «cette marche déchirante et enchantée du monde», elle lui explique qu’il «n’est pas nécessaire de se rendre jusqu’au bout de la désolation pour se sentir humaine.que leur vie a été trop belle pour la voir ainsi défigurée» (Libre chute).Esther Croft a le don de créer des univers intérieurs au charme lourd, de saisir les sentiments secrets, à peine perceptibles mais combien significatifs de ses personnages, de tracer des voies qui mènent de la nuit à la lumière.La puissance évocatrice de son écriture fait que certaines scènes nous poursuivent longtemps après la lecture.Sans doute est-ce là ,la marque d’une vraie écrivaine.Ecrit dans une langue d’une éclatante beauté, Le Reste du temps est le quatrième recueil de nouvelles dTsther Croft, lauréate du prix France-Québec/ Philippe Rossillon Prix des lecteurs, pour son roman De belles paroles (2002), et du prix Adrienne-Choquette pour son recueil commencement était le froid (1993).L’auteure vit à Québec.Collaboratrice du Devoir LE RESTE DU TEMPS Ester Croft XYZ, coll.«Romanichels» Montréal, 2007,112 pages La Fondation Mossman présente Conférence Elizabeth B.McNab sur l’histoire des sciences Date : le lundi 16 avril 2007 Conférencier : Professeur Adrian Johns Département d’histoire, Université de Chicago Titre : The open-source campaign in Victorian England (in English) Date : le mercredi 18 avril 2007 Conférencière : Professeure Alison Winter Département d’histoire, Université de Chicago Titre : Recordings in the Brain : Wilder Pentield and the Sciences of Remembering in the mid-Twentieth Century (in English) Endroit (les deux conférences) : Salle Moyse, Pavillon des Arts Université McGill, 853 rue Sherbrooke Ouest Heure (les deux conférences) : 18h00, Entrée LIBRE Renseignements : (514) 398-4681 Venez nous rencontrer au Salon international du livre de Québec, stand 264 ^Valeurs sentiments u*,2 à 5 ans Valeurs et sentiments des 2 à 5 ans Comment parler des émotions avec votre enfant Michael Schleifer Avec la collaboration de Cynthia Martiny Les enfants peuvent-ils parler des sentiments et des valeurs dès l'âge de 2 ans ?Bien sûr ! Mais qu'est-ce qu'un sentiment, une valeur, une valeur morale ?Qu'est-ce que l'empathie ?30$ Pour une Él liVI mil lli efficace ?Ehlteks pêwwei y ûsaï tes ?Avec ?inteatpiiktrist Pour une communication efficace Quoi dire et comment le dire Claude Jean Devirieux Tout ce que nous devons savoir, sur le fond comme sur la forme, pour communiquer efficacement avec les autres, dans les organisations, avec les médias et en situation de crise.22$ L'auteur sera présent au Salon du livre, samedi le 14 avril de 11 hà 13h.Iff Presses de l'Université du Québec 4444 Venez rencontrer nos auteurs .stand #190 Droifïïevant Sophie CHiASSON Druic devant Sam.14 h à 16 h l >im 14 h a 16 ii ÏIOÎI DE CODE: wACHOUETTE S.( I>anitl LEBLANC Non de code : MaChauette Sam.14 h à 16 h Dim.12 h a 14 h Les Éditions LOGIQUES Louise DOÜCET Femmes bu travail Ven 14 h à 16 h Sam.11 h à 13 h Dim.12 h à 14 h L^eys, l’un des critiques les plus cinglants du maoïsme, a eu l’heureuse idée de rééditer, en le mettant à jour, son livre Orwell ou l’horreur de la politique.Devenu introuvable, l’ouvrage, publié d’abord en 1984, l'année qui rappelait le titre du célèbre roman d’anticipation de l’écrivain britannique, constitue un exposé d’une grande clarté.Leys précise que le romancier n’a jamais lutté contre le totalitarisme au nom du capitalisme.Il condamne la récupération de l'anti-totalitarisme orwellien par Norman Podhoretz, ce néoconservateur américain très sévère à l’endroit des régimes de gauche qui menacent les libertés individuelles, mais très indulgent envers des régimes de droite aussi dangereux.Fidèle au penseur politique qui ARCHIVES LE DEVOIR George Orwell en 1945 s’élevait au-dessus de tous les dogmes, Leys n’épargne pas non plus les doctrinaires de gauche.Dans un nouvel appendice de son essai, il dément les rumeurs que «d’indécrottables staliniens», pour employer son expression, ont propagées, en 1996 et en 2002, au sujet des communistes qu’Orwell aurait dénoncés aux services secrets britanniques.L’antitotalitarisme orwellien s’applique aussi bien aux régimes de gauche qu’aux régimes de droite parce qu’il est beaucoup plus subtil que ne le pensent ses défenseurs tendancieux ou ses détracteurs aveugles.Même si Leys n’insiste pas assez sur cette subtilité, il n’en ignore pas l’importance.«Ce qui caractérise l’État totalitaire, écrit Orwell, c’est qu’il régente la pensée, mais ne la fixe pas.Il établit des dogmes intangibles, puis les modifie d’un jour à l’autre.» L’écrivain mentionne l’exemple du pacte germano-soviétique du 23 août 1939 entre Hitler et Staline, idéologiquement impensable la veille, sacro-saint le jour même et de nouveau impensable deux ans plus tard, lorsque les deux Etats totalitaires s’affrontent dans une guerre sans merci.En devenant variables, les dogmes défient la logique.Ils peuvent former les éléments d’un monde imaginaire que Swift n’aurait pas dédaigné.Admirateur de ce précurseur littéraire, Orwell réinvente l’allégorie satirique.Dans son roman 1984, l’un des slogans du parti que dirige Big Brother s’énonce comme suit «La guerre, c’est la paix.» D est vain de contester cet oxymoron et tant d’autres.Même si le slogan changeait demain, les mots ne pourraient plus identifier ce changement L’histoire est soumise à une perpétuelle réécriture en fonction d’une vérité mouvante.Le passé ne compte plus, ni l’avenir.La propagande du régime de Big Brother, maître invisible d’une Angleterre fictive, définit une seule réalité: l’immédiat Orwell a le génie de concevoir que la Police de la Pensée annihile l’énergie créatrice du langage.Façonné par le Parti, un idiome inédit «le novlangue», risque de rendre impossible la pensée dissidente, puisque, d’après le roman, «il n’y aura plus de mots pour l’exprimer».L’étouffement des consciences L’originalité d’Orwell consiste à voir dans le mécanisme dénaturé du langage la source de l’étouffement des consciences.L’écrivain a compris que la forme la plus extrême de l’oppression n’est ni économique ni même politique, mais linguistique.Capable des acrobaties les plus diverses, la langue est l’arme secrète du pouvoir.Le totalitarisme des mots ne suppose pas une dictature irréelle de l’esprit D reflète les forces les plus terre à terre.Après tout ceux qui manient le mieux les mots assurent souvent d’une manière très concrète la durée d’une domination quasi absolue.L’histoire des religions le prouve abondamment «Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires», expliquait Orwell, dont l’œuvre montre qu’il n’y a rien comme les mots acérés d’un romancier horrifié pour disséquer les mots truqués du pouvoir.Collaborateur du Devoir ORWELL Simon Leys Plon Paris, 2006,126 pages Un monde commun est-il possible?GEORGES LEROUX Réunis à Venise pour des entretiens sur «le bon gouvernement», un thème repris de la grande fresque de Lorenzetti à Sienne, voici douze penseurs européens engagés dans un dialogue étonnant sur le bien commun.Par moments lumineux, mais aussi parfois quelque peu labyrinthiques, leurs échanges témoignent des difficultés de la pensée critique à réamorcer ce qui semble s’être éteint avec la génération de Michel Foucault une théorie en prise sur le politique.Bruno Latour, qui agit comme animateur, ne ménage pas ses efforts pour recentrer les débats sur les problèmes de l’écologie politique, proposée ici comme concept prospectif.Comment le politique affecte l’environnement, ou comment la délibération politique est influencée par la recherche scientifique, ces questions sont présentes dans son œuvre depuis longtemps (par exemple, Politiques de la nature.Comment faire entrer les sciences en démocratie, La Découverte, 2004) et ces discussions vénitiennes leur donnent beaucoup de relief.Elles butent sur une aporie de fond: une approche globale ou unitaire du politique est-elle encore possible?Chacun présente un bref aperçu de son travail, parfois de manière limpide, comme François Jullien et Gilles Kepel, parfois de manière plus oblique, comme Isabelle Stengers et Peter Sloterdijk.Les échanges qui suivent prennent l’allure d’une conversation, avec leur lot de malentendus et d’accords acquis un peu rapidement: sur des sujets aussi graves, le lecteur appréciera la liberté du propos, mais il sera sûrement désarçonné par la désinvolture des uns et des autres dans le développement de l’argument.Provenant de domaines aussi différents, cette légèreté était sans doute inévitable: chacun tend à reproduire pour sa propre entreprise une métaphore générale qui pourrait la propulser vers des conclusions universelles.Sloterdijk, penseur des serres et des bulles, le dit mieux que d’autres: autrefois, les entreprises humaines se mesuraient à une nature plus grande qu’elles; aujourd’hui, elles ne peuvent que constater la faiblesse des systèmes naturels et s’inquiéter de leur pouvoir de les détruire.S’il doit y avoir une écologie politique, elle ne peut que découler d’une théorie compatible avec l’ensemble des sciences, mais comme celles-ci sont dans un processus constant de révision, l’autonomie du politique s’en trouve renforcée.! Ecologie des cultures La rencontre des cultures appartient elle aussi à ce paradigme écologique.L’Occident doit-il, même provisoirement, faire le deuil de ses prétentions à une rationalité universelle s’il veut prendre acte de l’accélération de la destruction de la différence?L’intérêt d’écouter sur ces questions des spécialistes de la Chine ou de l’Islam est d’autant plus grand que ces univers culturels ne sont pas déterminés de l’intérieur par le même idéal du savoir scientifique.L’enjeu est alors de comprendre si la différence politique est tributaire de différences dans le rapport au savoir et à la nature.Lui-même très critique d’une écologie politique qui ne serait que naturaliste, c’est-à-dire certaine de pouvoir distinguer clairement les enjeux de la nature et ceux de la culture, Bruno Latour ne manque pas une occasion de souligner la difficulté de cette position.Dans le catalogue qui a accompagné l’exposition qu’il a préparée avec Peter Weibel (La Chose publique.Les atmosphères de la démocratie.Musée de Karlsruhe, 2005), il insistait déjà sur la nécessité de multiplier les lieux du politique: des laboratoires aux ateliers d’artistes, tout le tissu social de la parole publique est à réinventer.Dit autrement, toute chose doit devenir publique et l’idée de séparer une technologie du gouvernement, chasse gardée des professionnels de la politique, et une zone franche réservée aux sciences apparaît de plus en plus comme une aberration.Casser ce modèle hérité de Bacon est la tâche de notre temps.Discuter des «atmosphères de la démocratie», c’est en fin de compte tenter de mesurer tout ce qui pollue la liberté.Mais c’est aussi prendre la mesure du regard porté sur la modernité par ceux qui commencent à s’en méfier.Sebastiano Maffettone insiste sur l’importance d’une raison publique qui ne serait pas seulement un plus petit dénominateur commun, mais un projet infini d’universalité.«Apprendre à hériter de notre tradition», propose Bruno Latour en se réclamant du travail d’Isabelle Stengers.Celle-ci évoque plutôt une «raison diplomatique», chargée de dépasser les embarras de parole qui crispent la démocratie: comment échapper à l’autodénonciation, au postmodernisme indifférent, et en même temps résister au naturalisme de ceux qui ont des explications pour tout?La solution: une légère «mise en non-équilibre par rapport aux formulations habituelles», bref, un décentrement.Cela, personne ne permet mieux de le penser que François Jullien dans son interprétation de la culture chinoise.Ces trois journées, fertiles en rebondissements, se terminent par un exercice poétique du Polonais Adam Zagajewski, une manière de suggérer que la littérature a encore sa place dans l’approche de la vie bonne et de la liberté.Prenant congé de ses invités, Pasquale Gagliardi peut se rassurer, le séminaire a permis de respirer.Collaborateur du Devoir LES ATMOSPHÈRES DE LA POUTIQUE Dialogue pour un monde commun Sous la direction de Bruno Latour et Pasquale Gagliardi Les Empêcheurs de tourner en rond Paris, 2006,348 pages ans de les Éditions du Noroît mm wmm www.lenoroit.com Prix littéraire des Venez rencontrer des auteurs de Québec Michel Leclerc La fatigue et la cendre Pierre Ouellet Dépositions Guy Cloutier L'étincelle suffit à la constellation Catherine Fortin Le silence est une voie navigable Normand Génois Le même souffle Yves Laroche L'alcool des jours et des feuilles Agnès Riverin Ce tremblement singulier Louis-Jean Thibault Reculez falaise £ ÂZmPJ iG ÙAi Au stand 126 vieNt De paaaitRe Dossier La religion dans l’espace public Dans les sociétés sécularisées, la religion est souvent reléguée à tort à la sphère privée Pourtant, l'expérience du politique, comme espace privilégié de l’autonomie et de la liberté humaine, n'est pas étrangère à l'expérience religieuse.L’espace public est aussi un lieu où se retrouvent croyants et incroyants.La finalité de cette rencontre n'est pas Dieu ni sa non-existence.C'est la lutte commune contre le destin et l'injustice établie; c'est la création d’un monde commun, solidaire, égalitaire.Artiste invité : Daniel LeBlond Numéro 716 • mai 2007 ABONNEZ-VOUS 1 ReLatiONS 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an : 35 $ Deux ans: 65$ À l’étranger (un an) : 45 % Étudiant : 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ Par téléf^ine : (514) 387-2541 Par courriel : relationslgJcjf.qc.ca Par la poste : Relations 25, rue jarry Ouest Montréal (Québec) HaP 1S6 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 4,95 $ + TAXES Croyants et citoyens Autonomie du politique Une mémoire trouble La culture religieuse à /'école Coritrovsrse Pacifisme et non-violence Oht-ifs des limites?Religions et espace public: quel droits et au nom de quels fondements?Dans la foulée de notre dossier, vous êtes invités à une table ronde avec nos invités : Georges Leroux, professeur de philosophie à PUQAM Louis Rousseau, professeur de sciences des religions à l'UQAM Pearl Eliadis, conseillère juridique en droits de la personne Lundi 16 avril 2007, à 19 h au Centre Paulines, 2661, rue Masson (coin 2’ Avenue), Montréal.Contribution volonlaire ; 5 $ Pour plus de renseignements, contacter Jean-Claude Ravel : 514-387 2541 ou jcravet.relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca Titres des œuvres en lice pour le PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS 2007 : ALIA Mélikah Abdelmoumen - Marchand de feuilles HADASSA Myriam Beaudoin - Leméac VOTRE APPEL EST IMPORTANT Normand de Bellefeuille - Québec/Amérique PARENTS ET AMIS SONT INVITÉS À Y ASSISTER Hervé Bouchard - Le Quartanier LA TRADUCTION EST UNE HISTOIRE D’AMOUR Jacques Poulin - Leméac www.prixlitterairedescollegiens.ca LE DEVOIR -.iV Culture et Communication* Québec n n NATIONALE CrIlCQ # RADIO V V larmrinHMi ««dlo.Canada TJTISrEO U groupe SCABRINI 5252 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 SALON DU LIVRE DE QUEBEC Promenade au pays des images PAUL CAUCHON Plus de 1100 pages, des dizaines de collaborateurs, 400 articles et un projet qui apparaît un peu fou: établir un dictionnaire mondial des images.Laurent Gervereau, le directeur du projet, est l’auteur de plusieurs livres sur l’analyse des images, et il est président de l’Institut des images en France.Cet ouvrage est «un outil de culture générale et de compréhension, une mise en perspective des enjeux — considérables — de l’image dans notre société», explique-t-il.Il s’agit donc d’un véritable dictionnaire, avec des entrées par ordre alphabétique (et une profii-sion d’illustrations, forcément!), autour des sujets les plus variés, dont le choix nous apparaît quelquefois obscur.Ainsi, on peut trouver des entrées nationales, par exemple un article sur les images du Japon ou du Brésil, sans trop savoir pourquoi d’autres pays n’y sont pas.Certains articles sont consacrés à des thèmes précis.Par exemple, l’entrée «carte postale» raconte l’histoire de ladite carte (sachez que la première est apparue en 1869).Au mot «bouddha», vous lirez l’histoire des représentations du Bouddha, et à «super-héros», l’évolution de l’image du super-héros, bien sûr.D’autres entrées sont plus théoriques, par exemple la «mondialisation des images».Le dictionnaire nous réserve aussi des surprises: précédant l’article consacré à la cartographie, on en trouvera un consacré au «carré», à la façon dont il a été utilisé dans les images de l’art, par exemple.On peut également lire des articles consacrés à des couleurs précises, comme le rouge ou le jaune, à des mouvements, comme le dadaïsme, ou encore à des termes plus généraux, comme le tourisme.Mais ce choc constant entre les thèmes et les époques correspond aux objectifs du directeur du projet, qui explique que nous sommes maintenant en contact constant et simultané avec des images de toutes les époques et de toutes les civilisations.Ce dictionnaire «correspond donc au besoin nouveau de comprendre l'accumulation planétaire des formes visuelles et leur circulation accélérée».C’est une promenade qui emprunte plusieurs sentiers, mais qui demeure fort fascinante.Le Devoir DICTIONNAIRE MONDIAL DES IMAGES Sous la direction de durent Gervereau Septentrion/Editions du nouveau monde 2007,1120 pages Un autre regard sur la Gaule d’Astérix L’entrée «guerre», dans le Dictionnaire mondial des images.SOUS LA DIRECTION DE LAURENT GERVEREAU DICTIONNAIRE IMAGE ROBERT COMEAU T ean-Louis Brunaux, qui a dirigé I de nombreuses fouilles archéologiques et publié sur les Gaubis et leurs rituels celtiques, leur armement et leurs monnaies, nous explique, au cours de ce qui constitue une véritable enquête, ce qu’ont été les druides.Ils nous sont souvent présentés comme des maîtres à penser ésotériques, reconnus pour la cueillette du gui, celui-ci réunissant à lui seul plus de vertus que toutes les autres plantes.Le portrait qu’il nous trace des druides dans la société celtique est fort éloigné du sympathique druide Panoramix de la bande dessinée Astérix.Il veut briser ce mythe «des magiciens barbus s’exprimant à coups de potions magiques» qui font figure de héros charismatiques.Après avoir remonté aux plus anciennes mentions des druides dans les textes grecs et romains pour découvrir leur origine au début du premier millénaire précédant notre ère, et avoir raconté leur histoire, il peut reconstituer les multiples représentations dont ils ont fait l’objet jusqu’à nos jours.Mais qui sont les druides gaulois qui suscitent un étrange intérêt et demeurent énigmatiques depuis les 2000 ans qui ont suivi leur disparition?On aurait tort de croire qu’ils ont été de simples prêtres, comme nous l’a laissé croire César dans sa Guerre des Gaules.Les druides ont été considérés par les philosophes grecs comme leurs semblables.C’est la thèse que défend Jean-Louis Brunaux: les druides sont des philosophes.Il insiste sur les relations culturelles et linguistiques entre Grecs et Gaulois depuis le IV- siècle av.J.-C.Les façons de vivre rapprochaient également les Gaulois des Grecs.Ds avaient une égale passion pour la beauté corporelle et pour les exercices nécessaires à son entretien.Les Gaulois leur paraissaient alors plus sauvages qu’eux, plus portés vers la guerre, plus excessifs dans leur comportement religieux.Marseille, fondée vers 600 av.J.-C., ouvrit aux Grecs un nouvel axe de commerce et d’échange avec le monde celtique occidental jusqu’aux îles britanniques.D ne faut pas confondre la civilisation des mégalithes (dolmens et menhirs de l’époque néolithique) et celle des Gaulois.Trois mille ans au moins séparent les constructeurs des mégalithes des premiers Gaulois.Brunaux affirme d’abord que cette civihsation n’est nullement l’ancêtre des Gaulois.On parie surtout des Celtes pour la période de 800 à 500 av.J.-C.Les Gaulois, quant à eux, sont des Celtes qu’on situe phis précisément au second âge de fer, vers 500 av.J.-C.jusqu’au début de notre ère.Les termes Gaulois et Celtes ne sont pas équivalents: les Gaulois sont des Celtes, mais tou?les Celtes ne sont pas Gaulois.A l'époque de Vercingétorix, on trouve des Gaulois un peu partout à travers l’Europe, en dehors de la Gaule celtique.Les Celtes sont encore plus difficiles à situer avec précision.L’auteur veut détruire le mythe d’une grande communauté celtique présentant un peuple celte, issu de l’histoire indoeuropéenne la plus ancienne et ayant résisté à Un-fluence des civilisations méditerranéennes.D veut nous faire découvrir le druide historique, connu exclusivement en Gaule, son rôle dans la cité, ses cultes et ses dieux de type grec.De César à nos jours, selon Brunaux, le seul savant qui ait bien compris leur place dans la société est le philosophe Poseidonios d’Apamée, un ethnologue, géographe et historien grec qui enseigna à Rhodes et à Rome, voyagea en Gaule et témoigna sur les druides; son œuvre fut perdue, mais César et Cicéron ont utilisé son témoignage, quoique en réduisant le rôle des druides à celui de simples prêtres et devins.«La fonction de prêtre était la seule que pouvaient leur concéder des historiens qui voyaient encore les Gaulois comme les Barbares que les Grecs et les Romajns n’avaient pas encore civilisés.» A Rome, les images caricaturales que l’on avait des Gaulois insistaient sur leur barbarie, leur caractère belliqueux, leur religion sanglante.«César crée pratiquement de toutes pièces, le mythe du druide grand-prêtre.» Lucain en fait des promoteurs du sacrifice humain, des meurtriers pour la cause religieuse».Les auteurs romains «effacent toute référence aux trois grandes activités authentiques des druides: la philosophie au sens large, la pratique judiciaire et l’éducation».Pour comprendre qui étaient réellement les druides, Brunaux revient aux témoignages des philosophes grecs.On y apprend que l’apparition des druides en Gaule est beaucoup plus ancienne qu’on ne le pensait; elle est contemporaine ou antérieures au V siècle av.J.-C.et les druides ont été d’emblée considérés par les philosophes grecs comme leurs semblables.La philosophie des druides est comparable à celle des disciples de Pythagore pendant la période hellénistique; elle avait en commun avec elle une volonté d’action politique.C’est seulement les travaux de Nora K.Chadwick de 1966 qui, à partir des textes littéraires les plus anciens, arriveront à la conclusion selon laquelle les druides seraient avant tout des philosophes et non d'authentiques prêtres.Brunaux se demande pourquoi «les historiens contemporains ne parviennent pas à imaginer que la civilisation gauloise des cinq siècles précédant notre ère ait pu produire une pensée rationnelle s’appliquant à des sujets aussi divers que l’étude des astres et de la terre, la mesure du temps, la nature dans sa totalité, mais aussi la vie sociale des hommes et leur possible progrès».Il croit que les Français cherchent chez ces lointains ancêtres un autre modèle de culture qui ne devrait rien au monde gréco-romain.Contrairement à cette vision, «les druides, qui avaient semblé incarner au plus haut point ce celtisme, se révèlent en fait des penseurs, proches non seulement des Pythagoriciens grecs, mais aussi des sages de la Thrace ou de Perse, qui ont si profondément imprégné la philosophie grecque».Voilà un ouvrage fascinant qui recrée avec le plus d’exactitude la société gauloise et donne vie, en quelque sorte, aux personnages présentés dans le Dictionnaire historique de la Gaule, des origines à Clovis de Jean-Pierre Picot (La Différence, 2002).Collaborateur du Devoir LES DRUIDES.DES PHILOSOPHES CHEZ LES BARBARES Je^n-Louis Brunaux Editions du Seuil Paris, 2006,381 pages Agissez.nnnr.concrètement lenvironnement gayals?/ vv< Suivez les guides.Vendredi 13 avril 19h00 à 20h00 Marlène Hutchinson Samedi 14 avril 13h00à15h00 à 20h00 e 15 avril IShOO MULTlMONKS r/1 san I Th pour mieux préparer l'avenir.19h ¦ GAËTAN LAFRANCE CMeWHmtfln IfSficoeRitterU Vivre changements climatiques QUOI 8£ NEUF?Æ Virai Ar81$ MISSION IMPOSSIBLE?¦1 iiwiiMwwss wimMONOES Contes /errances, cm fyf f^Salonté ÉDITIONS MULTlMONDES Des connaissances d'avenir à votre portée Salon international du livre de Québec Stand #18, sous le chapiteau Prologue 3 F 14 LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIM ANCRE 8 AVRIL 2007 SALON DU LIVRE DE —- - U _ Entrevue avec Alain Stanké GUIDES PRATIQUES Florilège de portraits humains en mode majeur % il à ISABELLE PARÉ Il l’avoue d'emblée, la mort lui va si bien.Mais jusqu’ici, il l’a toujours habilement esquivée.Témoignage de l’immense fragilité de la vie, le dernier ouvrage d’Alain Stanké se penche sur ceux, connus et moins connus, qui l’ont marqué à vif et l’accompagneront, à n’en pas douter, jusque de l’autre côté de la vie.Inénarrable récidiviste de l’autobiographie, Stanké a visiblement encore des picotements dans la plume et de quoi raconter dans sa besace.Dans un 27' livre, Malheureusement, c’est tout le temps que nous avons, l’auteur va au-delà de ses faits d’armes connus avec des personnages flamboyants.Cette fois-ci, il lève en sus le voile sur quelques rares moments d’intimité vécus avec des amis disparus, dont l’absence, on le devine, demeure douloureuse.Parmi ceux-ci, Guy Mauffette, un ami de toujours, accompagné jusqu’au soir de la vie et dont il loue l’humour et l’extrême lucidité face à la vie qui le quittait petit à petit.«Je suis à la veille de prendre mon éternité sabbatique», disait Mauffette à son copain, se moquant de son état déclinant.«La mort ne m'aura pas vivant», d’ajouter le célèbre animateur de Radio-Canada, doté jusqu’au dernier souffle d’un ineffable sens de la formule.Au fil des chapitres, Stanké parle aussi de moments d’éternité passés avec des inconnus qui l’ont marqué par leur courage, dans la lutte contre la maladie ou l’adversité.Ainsi en est-il des pages consacrées à Twinkle Rud-berg, qui a fondé l’organisme d’aide aux jeunes LOVE après que son mari, qui voulait porter secours à une vieille dame, eut été assassiné par de jeunes voyous, ou du Dr Jacques Voyer, un psychiatre dévoué en fauteuil roulant, emporté dans un tragique accident d’auto.Alain Stanké photographié lors sculptures, à la Place des Arts Au-delà des anecdotes portant sur ses rencontres professionnelles avec Muammar Kadhafi, Frédéric Dard (l’auteur des San Antonio) ou le drolatique Dr Patch Adams, on sent en filigrane la mort qui rôde dans ces pages où Stanké avoue d’emblée entretenir avec la Grande Faucheuse pne relation quasi symbiotique.A preuve, il y recense plusieurs de ces rendez-vous manqués, notamment lors d’un incendie et de l’écrasement d’un avion dans lequel il devait s’embarquer, pour rattraper une correspondance ratée.Arrivé à destination par un autre vol, il se pointe à un hôtel affichant complet, mais obtient in extremis une chambre.celle des personnes qui volaient sur le funeste vol et qui ne s’étaient jamais présentées.Mortelle destinée! JACQUES GRENIER LE DEVOIR d’une exposition de ses livres «C’est vrai que j’ai tellement côtoyé la mort que j’ai un sens aigu de la vie et que j'admire ceux qui la vivent pleinement», confie Alain Stanké, qui, à cinq ans, se retrouvait devant un peloton d’exécution.«On vit tous comme si on était éternels, alors que le temps est compté.La mort, c’est beaucoup en moi, conclut-il, c’est probablement pourquoi je tenais à raconter ces choses et que je continue d’en faire autant.» Le Devoir MALHEUREUSEMENT, C’EST TOUT LE TEMPS QUE NOUS AVONS , Alain Stanké Les Éditions de l’Homme Montréal, 2007,319 pages C’est vous le patron, mais à 80 $ le feuillet STÉPHANE BAILLARGEON Le journaliste cultive et chérit quelques obsessions.L’une d’elles concerne l’art d’arriver en retard, mais le plus tôt possible.Une autre s’appelle le droit du public à Tinfonnation, très commode pour diffuser n’importe quoi.Une autre encore porte sur l’amorce, la première phrase, le lead quoi, adulé comme concentré pur jus du talent synthético-analytique d’un chieux d’encre au quotidien.Jeap-Benoît Nadeau est journaliste.A la page 314 de son nouvel ouvrage sur son métier, il confie être particulièrement fier d’une accroche dite «simplissime» pondue à la va-vite pour un article sur le président de l’Association pour les droits des non-fumeurs: «Tous les fabricants de cigarettes veulent faire un cendrier avec la tête de Garfield Mahood.» Pas mal trouvé, en effet Un réviseur pointilleux aurait amélioré la proposition pour donner quelque chose du genre: «Tous les fabricants de cigarettes rêvent de transformer la tête de Garfield Mahood en cendrier.» Ou encore, en plus précis: «Bien des fabricants de cigarettes du pays rêvent d’en écraser une sur la tête de G.M.» Mais bon, c’était bon.Et de toute manière, l’idée principale de ce livre est ailleurs.Où exactement?Dans tout ce qui mène au lead et tout ce qui le suit.Autour du cendrier de Garfield, quoL Ecrire pour vivre se veut le parfait manuel de la rédaction alimentaire: comment formuler une bonne idée de reportage ou de livre?Comment la vendre à un éditeur?Comment négocier ses tarifs?Quelques pages après l’amorce, apparaît le seul conseil jamais donné par Stephen King aux aspirants auteurs: «Écrivez!» M.Nadeau a plutôt choisi de développer le sujet sur plus de 400 pages pour enseigner à écrire donc, mais surtout à vivre de son écriture, ce que le donneur de leçons semble très bien réussir depuis des années.Écrire pour vivre Très facile à lire, l’ouvrage se révèle bourré d’anecdotes et de tranches de vie de pigiste qui pourront aider les étudiants des programmes de journalisme à comprendre dans quel bourbier ils mettront bientôt les pieds.Jean-Benoît Nadeau aime parler de lui, rappeler ses bons coups, donner des détails sur la vente de certains articles ou évoquer des discussions avec les puissants des fiefs médiatiques.Jean Paré est du nombre évidemment La poubelle du fondateur de L’Actualité serait d’ailleurs le plus gros élément mobilier de son bureau.Une torpinouche de grosse poubelle pour accumuler les mauvais tapuscrits et les idées folles, un détail qui m’avait échappé, même si j’ai aussi été un serf de cette baronnie, il y a des lustres.Le bon prix.Le livre a beaucoup de mérites, dont celui de systématiser les trucs du métier et de proposer quelques solutions évidentes, résumées par des maximes de bonimenteur: «Une bonne idée, c’est une idée intéressante»-, «Si vous avez besoin d’aide, dites4e»\ «N’ayez jamais peur du rédacteur en chef ou de l’éditeur»-, «Le bon prix, c'est celui que le client accepte de payer».Justement, au chapitre 13, un long tableau de deux pages présente les tarifs de base de diverses pu- blications québécoises.Le magazine enRoute, champion du lof paye 250 $ le feuillet Les profitables Lundi, 7 jours, Dernière heure et Star Réalité offrent entre 40 et 50 $, soit moins que le pauvre Devoir.La moyenne oscille autour de 80 $.Curieusement, L’Actualité ne figure pas dans la liste, mais il est bien connu des pigistes que ses tarife dépassent rarement 150 $ le feuillet M.Nadeau ne dit rien du scandale que représentent ces données figées depuis des décennies.Son hommage au merveilleux système de la pige et ses propres recettes pour petite entreprise de production de textes vendus, remâchés et revendus développent plutôt une perspective marchande, quasi darwinienne, où les plus aptes survivent en exploitant les failles du système d’exploitation.Le fait que le livre soit préfacé par un ancien marxiste devenu secrétaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ne fera qu’élargir le sourire des initiés aux arcanes de la corporation.Passons et répétons: ridée de ce livre est ailleurs, pas dans le pamphlet syndicaliste mais bien dans le guide pratia>pratique sur le modèle de «La pige pour les nuis».Comme ce Guide du travailleur autonome republié par le même éditeur, cet «antidote au mythe de la précarité» qui explique que «c’est vous le patron» et que «le client n'a pas toujours raison».Le roi des pigistes non plus.(Et la chute aussi est une obsession journalistique.) Le Devoir ÉCRIRE POUR VIVRE Jean-Benoît Nadeau Québec Amérique Montréal, 2007,416 pages LE GUIDE DU TRAVAILLEUR AUTONOME Jean-Benoît Nadeau Québec Amérique Montréal, 308 pages Le secteur livre de QUEBECOR, cest: le plus important groupe d’édition, de diffusion et de distribution de langue française au Canada Un pôle de développement solide pour l’industrie du livre au Québec Le secteur livre de Québécor est le premier groupe d’édition, de diffusion et de distribution de langue française au Québec et au Canada.GROUPE LIVRE QUEBECOR MEDIA LE GROUPE LIBREX libre I Expression » *QUEBKOR MEDIA Les Éditions LOGIQUES LE GROUPE HOMME Stanké QUEBECOR MEDIA .\\ILES ÉDITIONS iÜPUBLISTAR (fy QUEBECOR MEDIA TRÉCARRÉ % QUEBECOR MEDIA LES EDITIONS DE L’HOMME « QUfBKOHMSDIA "UTILISÉ & jour, éditeur QUEBECOR MEDIA «QMECQtMEMA LE CROUPE VILLE-MARIE LITTERATURE ?1b éditeur 4 QUEBECOR MEDIA LES ÉDITIONS CEC LES MESSAGERIES ADP ’HEXAGONE «J QUEBECOR MEDIA CEC TYPOB
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