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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-03-24, Collections de BAnQ.

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8313 0006 ?www.ledevoir.com ?LE DEVOIR 2.50$ 2,20$ De la certitude Du tumulte à l’inquiétude à l’espoir Coude a coude.a coude ?¦ KATHLEEN LÉVESQUE Le premier ministre Jean Charest a entamé hier le sprint final pour convaincre les électeurs après une campagne en denii-teintes, sans grande passion et avec une seule audace: la promesse de baisses d’impôt à même la correction du déséquilibre fiscal.Un événement impromptu, un discours enflammé ou un débat des chefs énergique peuvent modifier le cours d’une campagne électorale.Mais cette foisci, ce tournant ne s’est pas produit d’un seul coup.D a pris Mure d’un courant de sympathie pour Mario Dumont, qui s’est tranquillement incrusté dans la campagne libérale.«L’ADQ a atteint la statiére de cause et Mario Dumont d’icône», analyse Michel Fréchette, communicateur-conseil.Selon ce vieux routier des communications politiques, qui a notamment travaillé auprès du maire de Laval et conseillé Paul Martin, cette situation a déboussolé le chef libéral, dont le plan de campagne visait d’abord et avant tout le Parti québécois.«Personne n’a de prise contre une vague», a dit M.Fréchette.C’est d’autant plus vrai à ses yeux qu’on peut y décoder le message du «nous, les gens du peuple, contre eux, les “big shots’’».Cela n’a pas empêché Jean Charest de s’en prendre à Mario Dumont hier, dont le parti, a-t-il dit, est «l’antichambre de la souveraineté», alors qu’en comparaison, le Parti libéral est le «lobby de la classe moyenne».Mais la certitude du début de la campagne a cédé le pas à une certaine inquiétude dans les rangs libéraux.Le scénario d’un gouvernement minoritaire devient de plus en plus plausible.Même Jean,Charest a failli faire un lapsus à ce sujet jeudi.«Je suis confiant.Moi, je sais que nous formerons un gouvernement min.majoritaire», a-t-il laissé tomber.Hier, la nouvelle charge de Jean Charest est survenue alors que de nouveaux sondages suggéraient encore une montée de l’ADQ, qui semble déborder la grande région de Québec.«C’est un appel à tous les citoyens», a déclaré M.Charest invitant ceux qui ne veulent pas d’un référendum à voter pour le PLQ lundi.Devant des partisans réunis tôt hier matin à Thetford Mines, dans le comté de Frontenac, Jean Charest avait d’abord déclaré que le Parti québécois chante «la même chanson depuis 30 ans» alors que le Québec a changé.«J’en connais plein, des souverainistes qui ne veulent pas de référendum», a-t-il lancé.Aux journalistes, il a ensuite expliqué que les «souverainistes sont ailleurs».Et si des souverainistes se tournent vers l’ADQ, c’est que Mario Dumont entretient une certaine ambiguité sur la question nationale, croit-il.«C’est vrai qu’il y a des gens qui voient l'ADQ comme un véhicule pour fiiire avancer la souveraineté.[.]nyades souverainistes qui se disent: “Dans le fond, Mario Dumont et l’ADQ, c’est l’antichambre de la souveraineté”», a affirmé le chef libéral.D se référait entre autres à l’appui public à l’ADQ du dramaturge Victor-Lévy Beaulieu, VOIR PAGE A 14: CHAREST ANTOINE ROBITAILLE Cela sent 1976!» Quand André Boisclair a lancé cette référence à l’élection mythique du PQ, hier matin à Joliette, plusieurs ont cru que le chef péquiste exagérait Mais à la fin de son discours, alors que les notes hard rock du jingle de la campagne — «Reconstruisons!» — s’estompaient, l'assistance se mit à chanter «Mon cher André, c’est à ton tour» spontanément Fm d’après-midi, à Arthabas-ka, des militants, dont l’un tient un drapeau du Québec, doivent écouter le discours de leur chef à l’extérieur du local électoral puisque ce dernier est plein.Dans Fabre, d’autres avaient ressorti des balais, comme en 1976.André Boisclair répète depuis des semaines que le vent souffle pour lui, qu’il formera un gouvernement majoritaire.Jusqu’au débat peu y croyaient Mais ces derniers jours, un organisateur se risque: «C’est comme si la réalité rattrapait tranquillement le discours d’André.» Hier, «même [le chroniqueur] Alain Dubuc, de La Presse, reconnaissait qu’on a fait une bonne campagne», ajoute-t-il.Majoritaire, le PQ, le 26 mars?André Boisclair répète inlassablement que c’est son seul et unique scénario, mais il serait surprenant qu’il le réalise.Sur son site, le chercheur Greg Morrow affichait hier sa dernière projection, effectuée à partir d’une moyenne pondérée des cinq dernières enquêtes d’opinion.Résultat: le Parti québécois obtiendrait 51 sièges contre 49 pour le PLQ et 25 pour l’Action dé- mocratique du Québec.Quand, en début de parcours fie 24 février), le même chercheur avait projeté 51 sièges au PQ, plusieurs y avaient vu une sorte d’aberration.Départ pénible Et cela nous rappeDe d’où André Boisclair est parti: accablé par de mauvais sondages (lui donnant 32 % des voix), affaibli par des guerres intestines, torpillé par des péquistes de fa première heure.Bernard Landry, au premier chef, mais aussi Yves Michaud.Son air de bête traquée le soir de l’assemblée d’investiture de Pierre Curzi dans Borduas.Reconnu comme un grand orgueilleux hautain, le voilà qu’il faisait son mea-culpa: «fientends bien le message.Je peux faire mieux.Je vais mettre mes culottes.» Quand il arrive dans le hall du parlement le 21 février, jour du déclenchement des élections, le chef affiche un air très déterminé, même s’il n’a pas réussi à réunir l’équipe de rêve promise.L’organisateur en chef Nicolas Girard a beau répéter à tout vent que le PQ n’a «jamais eu un niveau de préparation aussi élevé», plusieurs sont sceptiques.M.Boisclair, souligne-t-il, a passé «un an à l’extérieur de l’Assemblée nationale pour faire la tournée de plusieurs régions afin de préparer l’organisation, et cela donne des résultats».Après la tourmente de fin janvier, l’homme a su bricoler une unité toute électorale dans son parti.Les membres de l’équipe parlementaire, concluant qu’il serait suicidaire de se lancer VOIR PAGE A 14: BOISCLAIR >/ QUEBEC 2007 ¦ Niqab: le DGE foit volte-face, page A 3 ¦ L’ADQ, refuge de ceux qui ont tout essayé, page A 3 ¦ Gil Courtemanche: Une campagne de chefs, page A 6 ¦ Michel David: Le réveil du RDQ, page B 1 ¦ L’ère du réalignement politique, page B 3 ¦ Le choix du Devoir: le Parti québécois, page B 4 INDEX Actualités A10 Idées .B 5 Annonces CIO Monde .A9 Avis publics .C 6 Mots croisés.D 5 Bourse .C 4 Météo .C 8 Carrières .C 7 Perspectives.B 1 Décès CIO Rencontres.D 2 Économie .Cl Sports Cil Éditorial .B 4 Sudoku .C 6 Une victoire, quoi qu’il arrive ROBERT DUTRISAC conscient de sa chance.Q «L’ADQ ne fait plus peur», affirme Mario Du- uoi qu'il arrive lundi, Mario Dumont mont dans une entrevue accordée au Devoir.sera le grand gagnant de la cam- Même ses propositions d’ouvrir grande 1a por- pagne électorale.Tout l’au- , te au secteur privé dans la santé n’ef- tomne durant, l’Action dé- fraient plus les électeurs, selon lui.lue du Québec croupissait à C’est tout un contraste avec les élec- 12 % ou 13 % dans les sondages, et 4^%£ -• fions de 2003, alors que l’ADQ était voilà qu’elle s’apprête selon toute vrai- ; 4 vouée aux gémonies par la société semblance à détenir la balance du civile.À commencer par les cen- pouvoir à l’Assemblée nationale et à traies syndicales qui, trop contentes dicter ses volontés à un gouvernement minori- de la possibilité de se débarrasser des libé- taire.À deux jours du vote, on ne peut même raux, sont restées à peu près silencieuses sur pas exclure que cet éternel tiers parti forme l’opposition officielle.Mario Dumont est bien VOIR PAGE A 14: DUMONT Marcel Chaput Pourquoi je suis séparatiste BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE Retour aux sources 264 page www.livres- ) s \ fl • Nf11 4.•i_____y p.' •I "'¦*“• 'Vf' , ^j^ÊStSS^àài^ÊÊ^K J/fib k&HyS^>vÊpÏÈi/!& **},&¦* *%¦¦*• ¦ ¦ ' > it .y t .K «f • * ?' / J?1«k fpolitique des universités de Montréal, du Québec à; Montréal et de Paris III, Mme Boileau a œuvré au-Devoir une première fois de 1989 à 1993 avant de’, passer successivement à la Presse canadienne, au: Journal du Barreau, à Télé-Québec et au magazine; L’Actualité.Elle est revenue au Devoir en 2001 à titre.de reporter généraliste et a été nommée éditorialiste ’ et responsable de la page Idées en 2003.Mme Boileau est une journaliste respectée dans* l’ensemble de la profession.Son expérience variée, son sens de l’éthique et sa grande rigueur intellec-' tuelle serviront les intérêts de la salle de rédaction du Devoir.Les années que nous vivons sont cruciales pour l’avenir de la presse écrite quotidienne et la direction du Devoir est plus résolue que jamais à s’inscrire dans le courant des journaux qui sauront le mieux se démarquer grâce à la qualité et à la cohérence du travail de leur équipe de rédaction.L’arrivée de Mme Boileau à la direction de l’information contribuera certainement à confirmer le rôle essentiel que joue Le Devoir auprès d’une frange de lecteurs qui cherchent plus et autre chose que l’information minute qu’on trouve partout et en tout temps aujourd’hui.C’est donc avec fierté que nous accueillerons' Mme Boileau au sein de l’équipe de direction du Devoir k compter du 2 avril prochain.I n Jean-Robert Sansfaçon Rédacteur en chef , „ -.à .fÈèglllM - - i I- «m - • sssr m Sésê P.Cf i 4 Sififâ ¦ En tant que Québécois, vous profitez de notre engagement continu à développer de nouveaux médicaments et vaccins.Certes, cet engagement est bénéfique pour la santé de toute la population, mais connaissez-vous les autres bienfaits de notre travail ?grâce à (i^p) • 50000 emplois directs et indirects pour les Québécois et Québécoises’ • 450 millions de dollars investis annuellement ici pour la recherche et le développement de nouveaux médicaments2 • Près de 2 milliards de dollars investis annuellement dans l'économie du Québec3 Pour en savoir davantage sur les bienfaits de nos activités au Québec, visitez notre site à l'adresse www.canadapharma.org \ emplois créés au Québec.¥/ CM) 1.Référence : PricewaterhouseCoqpws.Les entreposes de Rx&D : Pour une économie canadienne plus saine et plus torte, 2005.2.Référence : CEPMB Rapport annuel.Palmef & D'Angelo Consulting Inc.3.Référence : Rapport annuel du CEPMB et Slatistique Canada, \fcleur totale ajoutée pat empM (Fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments). A 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 MARS 2007 LES ACTUALITES Virus du papillome humain Le vaccin contre le VPH doit être offert, lobbying ou pas, disent les médecins LYLE STAFFORD REUTERS (IIP Stephen Harper a annoncé un programme de 300 millions pour financer la vaccination contre le VPH, mais sa décision a rapidement soulevé une controverse.LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Conflit d’intérêts ou simple apparence de conflit?La communauté médicale a défendu hier la décision du gouvernement Harper de dégager 300 millions pour financer la vaccination contre le varus du papillome humain (VPH).Balayant du revers de la main les accusations de lobbying qui ont été soulevées la veille par l’opposition, plusieurs groupes ont plutôt mis en avant la nécessité d’implanter un programme de vaccination le «plus rapidement possible».Lobbying ou pas, il s’agit d’un avis scientifique solide, croit la chef du service de gynécologie-oncologique de l'hôpital Notre-Dame.«Même si les enjeux politiques, mercantiles et cliniques semblent se rejoindre, ce qui compte, en définitive, c’est la santé des jeunes femmes», tranche la D" Diane Provencher.Celle-ci en veut pour preuve le rapport du Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI), qui recommande que toutes les jeunes filles et femmes de 9 à 26 ans soient vaccinées pour les protéger contre les maladies liées au VPH, mais aussi contre le cancer du col de l’utérus.En entrevue téléphonique, le président sortant du Regroupement des gynécologues-onco- logues du Québec (RGOQ) a pour sa part insisté sur l’impact que peut avoir une vaccination dans la lutte contre le cancer du col.«Ce vaccin est ce qui est arrivé de plus important depuis la cytologie, dans les années 1950.D’un point de vue scientifique, c’est très solide et on aurait tort de ne pas aller de l’avant maintenant qu’on a les sous pour le faire», a déclaré le Dr Michel Roy, gynécologue-oncologue à l’Hôtel-Dieu de Québec.N’empêche que l’empressement du gouvernement canadien à financer un tel programme alors que le vaccin fait encore l’objet d’analyses dans la plupart des provinces a créé un certain malaise.Au centre de la controverse, Ken Boessenkool, un lobbyiste pour la compagnie pharmaceutique Merck and Frosst, le seul fabricant canadien du vaccin contre le VPH.Le problème, c’est qu’avant d’occuper cet emploi, M.Boessenkool a conseillé le premier ministre Harper sur les politiques de santé et d’immunisation.Prise entre l’arbre et l’écorce, l’Agence de santé publique du Canada n’a pas voulu commenter ces possibles tractations.Elle a toutefois précisé que la vaccination figure depuis longtemps sur l’écran radar de nombreuses associations, au premier chef de celui de la Fédération des femmes méde- cins du Canada, qui en a fait une priorité.Pas plus tard que la semaine dernière, les gynécologues-oncologues du Québec ont appuyé le rapport du CCNI à l’unani-mité, emboîtant ainsi le pas à la Société canadienne des gynécologues-oncologues du Canada et à l’Alliance pour la prévention des maladies chroniques au Canada.En février dernier, le CCNI avait conclu que l’efficacité du vaccin atteindrait son efficacité maximale chez les filles de 9 à 13 ans, avant le début des relations sexuelles, mais que les jeunes femmes de 14 à 26 ans pourraient aussi bénéficier du vaccin.Pour l’instant, un seul vaccin a été approuvé par Santé Canada, mais un second vaccin pourrait bientôt être disponible au Canada.Le hic, c’est que l’immunisation est un dossier qui appartient aux provinces.Les 300 millions ne sont donc qu’une étape, prévient la Fédération des femmes médecins, qui demande aux gouvernements provinciaux de mettre rapidement en place un programme d’immunisation universelle contre le VPH.Au Québec, le vaccin contre le VPH fait présentement l’objet d’une analyse par le comité d’immunisation.On sait toutefois d’ores et déjà que les fonds promis par Stephen Harper ne suffiront pas à immuniser toutes les Québécoises de 9 à 26 ans si jamais Québec juge bon d’aller de l'avant La part du Québec a en effet été établie lundi à 75 millions, ce qui est bien en deçà des 350 millions nécessaires pour vacciner toute la première cohorte.Mais attention, la vaccination n’est pas une panacée, prévient la D" Provencher.«On ne peut pas envisager la vaccination sans un dépistage plus serré du cancer du col de l’utérus.» Le Québec fait en effet bien piètre figure en la matière puisqu’il est la seule province, avec les Territoires du Nord-Ouest, à ne pas avoir de programme organisé de dépistage du cancer du col.Pour le Dr Roy, pourtant, l’un ne va pas sans l'autre, comme l’a d’ailleurs montré le comité consultatif québécois sur le cancer en 1997.Le VPH est la cause principale, non seulement du cancer du col de l’utérus mais aussi des cancers du vagin, de la vulve, de l’anus ainsi que des lésions précancéreuses qui les précèdent de plusieurs années.On estime à 75 % la proportion des femmes qui seront affectées par une infection causée par les virus de papillome humain durant leur vie.Cette année, 1400 Canadiennes se verront diagnostiquer un cancer du col de l’utérus et 390 y succomberont Le Devoir b \^|§ UN ACCÈS FACILE À TOUS LES PROGRAMMES ET SERVICES DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL Service Canada, un accès facile à toute l'information relative aux programmes et services offerts par le gouvernement fédéral, comme la Sécurité de la vieillesse, l’obtention d’un numéro d'assurance sociale, notre banque d’emplois, l’assurance-emploi et bien plus.Service Canada wmiimmmmtt&t?COMPOSEZ: 1 800 O-Canada (1 800 622-6232) ATS: 1 800 926-9105 CLIQUEZ: servicecanada.ca OU VISITEZ un centre Service Canada Consultez notre site Internet ou composez le 1 800 O-Canada pour obtenir la liste des centres de service près de chez vous.Service w Canada Au service des gens Fabienne Thibeault veut vendre le terroir québécois aux Français FABIEN DEGUISE Âprès les sauces tomate Paul Newman et les pâtés au saumon Maman Dion, voici les confitures, les tisanes et les tartes à l’érable.Fabienne Thibeault.Vivant en France depuis 25 ans, la chanteuse cherche en effet à vendre le terroir du Québec aux Français à travers une gamme de produits qui mettra à profit son nom et son image.Et elle compte bien profiter de son passage au Salon international de l'alimentation (SIAL) de Montréal, la grande foire de la bouffe qui ouvre ses portes la semaine prochaine, pour faire de la prospection et dénicher des aliments à Y «identitaire fort» qui devraient se retrouver dans les supermarchés français au cours des prochains mois, a-t-elle annoncé hier.«Actuellement, il y a une forte progression des produits dits ethniques en France», a expliqué au Devoir l’ex-serveuse automate de l’opéra rock Starmania.«Or le Québec est sous-représenté.Il y a bien sûr le sirop d’érable, qu’on retrouve à côté du miel dans les épiceries, mais les Français sont désormais prêts à découvrir plus que ça.» Pour combler ce goût de la découverte, la chanteuse souhaite donc lancer une gamme de produits agroalimentaires du Québec sous la marque Sélection Fabienne Thibeault.Le réseau de distribution français Système U (l’équivalent d’IGA) se serait montré intéressé à les placer sur ses rayons, affirme Mme Thibeault, qui précise que des pourparlers sont également en cours pour que sa gaimne de produits se retrouve dans les Auchan, Leclerc et Carrefour, ces grands réseaux de supermarchés et d’hypermarchés qui s’apparentent aux Wal-Mart et aux Loblaws d’ici.«Les Français m’aiment bien, dit-elle, et nous croyons qu’à travers mon image, cela va donner de la valeur ajoutée à ces produits.» Folklore et modernité Même si le sirop d’érable et ses dérivés pourraient occuper une grande place dans le catalogue alimentaire de Fabienne Thibeault, l’artiste souhaite toutefois sortir de cette image folklorique et présenter une image plus moderne du Québec, dit-elle.«Je veux que les Français fassent connaissance avec d’autres visages de l'agroalimentation de chez nous, par exemple les produits à base d’avoine, avec lesquels ils ne sont pas familiers.J’aimerais aussi que les produits mis en marché reflètent bien le Québec d’aujourd’hui et l’expertise que nous avons développée ici au cours des dernières années.» Dans sa ligne de mire, la Marie-Jeanne de Starmania met donc les alcools de petits fruits, les aliments à base de bleuets ou de canne-berges, les pâtés de viande et les tisanes qu’elle souhaite faire rayonner de l’autre côté de l’Atlantique.Pour commencer.«Pour des raisons techniques, nous allons nous concentrer au début sur les produits d’épicerie sèche ou les aliments en conserve, souligne la chanteuse.Mais au cours des prochaines années, nous espérons aussi faire entrer en France des fromages et même, pourquoi pas, du foie gras sous la marque Sélection Fabienne Thibeault.» Depuis une dizaine d’années, Mme Thibeault est passée maître dans l’art de faire la promotion de l’agroalimentation en France.Par l'entremise d’une association baptisée Les 6 Rivières, la voix de Question de feeling et Secrétaire de star se porte en effet à la défense des terroirs de son pays d’adoption depuis dix ans.En mars dernier, son engagement lui a d’ailleurs valu d’être élevée au rang d’officier de l’Ordre du mérite agricole français, une décoration prestigieuse là-bas.Par ailleurs, au début de l’année, l’artiste s’est également portée publiquement à la défense des terroirs du Québec en dénonçant dans les pages du Devoir l’inertie du gouvernement Charest dans le dossier de la vache canadienne, du cheval canadien et du poulet Chantecler, les trois seules races patrimoniales québécoises, menacées d’extinction par l’industrialisation de l’agriculture.Mme Thibeault souhaite d’ailleurs profiter de son passage au Québec la semaine prochaine pour «revenir à la charge» et alerter «le nouveau gouvernement» de l’urgence d’agir pour préserver ces trois espèces, a-t-elle indiqué.Le Devoir F .< I 1 Les sondages ne mentent pas ! Deux fois plus de gens considèrent qu'internet Vidéotron est plus fiable que son principal concurrent1.j INTERNET À partir de 95$ /mois LES TROIS PREMIERS MOIS* • MODEM CÂBLE INCLUS* • INSTALLATION GRATUITE • 1 MOIS GRATUIT AUX SERVICES DE SÉCURITÉ* j videotron.com 514 281-1711 1 88-VIDEOTRON Également offert dans les boutiques Vidéotron et les magasins Le SuperClub Vidéotron participants.VIDÉOTRON > VIDÉOTRON «QUKXMMHM i — Le plus rapide et le plus fiable.Point final.il pour Internet Intermédiaire Vidéotron, le tarif mensuel de 5,95$ pour Sncomrtîli»"SmoéiÜ* onA- Ôb pénalités s'appliquent en cas de bris d'engaqanem.Location du modem dble Induse.Temps d'utilisation «mité.Lé où la technologie le permet 'offre et les tarifs peuvent changer sans préavis.Taxes en sus.Certaines conditions s'appüquenl.JLe pouvoir infini du câble INTERNET VI DE 0 T RDN ® QtlEBECOK MEDIA ?» t f A 14 LE DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 2 5 MARS 2007 ACTUALITES SUITE DE LA PAGE 1 les visées de l’ADQ cette année.Mario Dumont rappelle le discours de Jean Cha-rest de 2003, où il a brandi une carte de crédit en disant qu’elle allait remplacer la carte d’assurance maladie si les plans de TADQ étaient appliqués.«Ce n’était pas rien en 2003.C’est épouvantable ce qu’on a dit de nous», se remémore-t-il.«Cest sûr qu’il y a une évolution de mentalité [depuis 2003].On a fait un grand bout de chemin.Une campagne de peur, tu peux faire ça juste une fois», estime-t-il.Selon lui, D faut mettre fin à «l’hypocrisie actuelle» qui fait que le secteur privé «rentre par la porte d’en arrière» dans le domaine de la santé, comme en fait foi la multiplication des cliniques privées qui ne participent pas au régime public.L’ADQ veut permettre aux Québécois de payer pour obtenir des soins de santé, affranchir le Québec du «carcan de la Loi canadienne sur la santé qui impose un monopole coûteux» et inefficace, en établissant des règles du jeu qui protègent l’offre de services dans le réseau public, plaide le chef adéquiste.La campagne de 2007, en dépit de déclarations sexistes, homophobes ou encore antisémites de quelques-uns des candidats adéquistes — deux d’entre eux ont dû démissionner —, s’est bien déroulée pour Mario Dumont Pas une sinécure, mais presque.«On a certainement gagné un volet: c'est d’imposer nos thèmes sur la place publique.Au lendemain du débat, de quoi parlait-on dans les chaumières du Québec?Des idées de l’ADQ.En bien ou en mal, ça fuit partie de la vie», se réjouit-il Dans les tout derniers jours de la campagne, Mario Dumont a réservé ses salves les plus assassines pour André Boisclair, ignorant presque Jean Charest «André Boisclair n’a pas l’autorité morale pour faire un référendum», martèle-t-il.Il lance depuis quelques jours des appels aux souverainistes pour qu’ils votent en faveur de l’ADQ.«Le Québec n’a jamais été aussi loin d’un référendum à l’heure actuelle.Le Parti québécois n'a ni le leader, ni le projet sur le plan du travail bien fait, ni le contexte parce qu’à Ottawa, il y a de l’ouverture, il n’y a aucune chicane en vue», avance-t-il.Certes, des raisons stratégiques expliquent cet acharnement contre l’adversaire péquiste.Mario Dumont souligne «la fin de campagne pitoyable» que mène Jean Charest, aggravée par ce lamentable engagement de puiser à même le règlement du déséquilibre fiscal pour baisser les impôts.Résultat: le Parti libéra] est troisième dans bon nombre de comtés francophones et des luttes extrêmement serrées opposent candidats péquistes et adéquistes.A d’impuissance» à laquelle confine le FQ, Mario Dumont oppose sa vision autonomiste, qui est «collée à la réalité cfaujourd’hui».«Uouverture à Ottawa et l’autonomisme à Québec, c’est la combirumm gagnante pour les Québécois en2007», èiti vatoir.Limiter le pouvoir fédéral de dépenser dans un amendement constitutionnel éliminer les empiétements dans les champs de compétence du Québec, «c’est la moitié des pouvoirs [réclamés dans le rapport Allaire]», soutienti Mario Dumont se fait bourasaen.«L’autonomie, ce n’est pas un absolu.Ce n’est pas le rêve d’un grand soir comme l’idée d’un référendum.L’autonomie, c'est une affirmation BOISCLAIR progressive, une théorie des pas vers l’avant», expose+ü.Tout au long de ses 13 années d’existence, l’ADQ fut perçue comme un «parking» pour électeurs mécontents.Certes, le mécontentement à l’endroit du gouvernement Charest est bien présent, reconnaît Mario Dumont Mais «la beauté de la chose dans une course à trois, c’est que tu ne peux pas juste avoir un vote de mécontentement, jouer la trappe, comme on dit».Il faut offrir une voie différente.«Une des farces de l’ADQ de 2007, c’est que c'est un parti qui s’assume.On ne laisse pas les autres nous mettre des étiquettes», dit-il.L’ADQ est un parti de centre-droit.Canalise-t-il un courant de conservatisme particulièrement présent en région?«C’est un conservatisme qui, à mon avis, est plus que modéré», affirme-t-il sans sourciller.Mario Dumont présente aujourd’hui le courant incarné par l’ADQ comme «la conséquence logique de la pleine maturation de la Révolution tranquille».Des progrès énormes ont été accomplis en matière d'éducation et d’aide aux entreprises.«On a créé une première génération d’entrepreneurs», rappelle-t-il.«L’État a joué un grand rôle pour aider à la mise en place de la réalité économique qu’on connaît.» Lejeune entrepreneur des années 60 avait besoin de l’État pour percer.L’entrepreneur d’aujourd’hui trouve que le gouvernement, «ce n’est que de la petite quantité de paperasse.On a l’impression que ce même gouvernement est devenu un obstacle [à] sa progression».«Aujourd’hui, le Québec est rendu ailleurs, croit Mario Dumont Une des résultantes de la Révolution tranquille, c’est que le Québec a aujourd’hui des assises beaucoup plus solides dans des sphères de vie qui [ne sont pas celles de] l’État, qui sont des sphères de vie privées: des citoyens plus confiants, mieux farinés, et c’est normal que le rapport à l’État évolue.Et, oui, on est peut-être l’incarnation deçà.» S’il y a une «énigme de Québec» pour le Bloc québécois, il y a sûrement «une énigme de Montréal» pour TADQ.Le parti de Mario Dumont éprouve encore de la difficulté à percer à Montréal.Mais le chef adéquiste signale qu’il fonde de sérieux espoirs pour sa formation politique dans des comtés de la couronne de Montréal.Le sentiment'antiadé-quiste des Montréalais, «ç’a quand même beaucoup changé, ça aussi.Si on lit même les chroniqueurs qui vivent sur le Plateau —je ne suis pas en train de dire qu’on va tout rafler —, il y a quand même, là aussi, une évolution par rapport à la perception de l’ADQ», fait-il observer.Il est déjà acquis que l’ADQ dépassera l’objectif qu’elle s’était fixé au début de la campagne: obtenir 12 députés, ou 20 % des voix, le seuil minimal pour que le parti soit officiellement reconnu à l’Assemblée nationale.A compter de lundi, Mario Dumont pourra caresser de bien plus amples ambitions.Le Devoir Maya Merrick SEXTANT Roman « Je m'appelle Cassy Peerson.Je suis une sirène.J'habite une Chevrolet 57.» Découvrez le premier roman d'une talentueuse jeune Montréalaise.Traduit de l'anglais (Canada) par ton Saint-Martin et Paul Gagné 350 pages • 25,95 $ Boréal p www.editionsboreal.qc.ca Dès le lendemain du débat, André Boisclair sent qu'il peut au moins sauver les meubles et peut-être même espérer — mieux.Il se met tout de suite «en mode blitz».SUITE DE LA PAGE 1 dans une course à la direction, serrent les coudes.Le 23 février, le club de gauche SPQ-libre, dont le président Marc Laviolette est candidat dans Soulanges, se rallie à la plateforme, rebaptisée «feuille de route» dans la langue de Boisclair.André Boisclair compte secrètement sur les étudiants, à qui il a promis le gel des droits de scolarité pour embêter son adversaire.Les premiers jours de campagne semblèrent difficiles et tumultueux, vus de l’extérieur.«Mais de l’intérieur, ça roulait», raconte un journaliste qui a suivi André Boisclair jusqu’au débat des chef du 13 mars.Les annonces sur l’éducation, les éoliennes, se suivent à un rythme régulier.Il fait f ' mouche en rappelant à Jean Charest, pour qui la ., «première priorité» est toujours la santé, que «le c.Québec n’est pas qu’un hôpital».La campagne a carrément l’air de déraper quand * l’animateur de radio Pierre Champagne qualifie le Parti québécois de «club de tapettes».Mais le chef péquiste a alors une réponse percutante et reste, selon l’expression d’Alain Juppé, «droit dans ses bottes»: il y -, explique que ce sont les Québécois, épris de liberté A.et d’égalité, qui répondront à ses propos le 26 mars, j Les deux chefs adversaires se portent alors à la dé- | « fense du chef péquiste, condamnant l’animateur de 1 m radio saguenéen.Il répète inlassablement qu’il ne se laissera pas * H «distraire» et qu’il gardera les yeux rivés sur son J | «plan de campagne».Un soir toutefois, il cède à un t moment d’émotion.Sa gorge se noue pendant 48 secondes.Le politicien, présenté comme une sorte de robot par les caricaturistes, aura montré un côté «humain» que peu ont jugé inauthentique.Jean Charest lui facilite la vie en semblant retourner à de vieilles tactiques de peur des années 70: perte des pensions de vieillesse.Ce qui place le chef péquiste dans la situation facile, pour un chef souverainiste, de s’indigner et de condamner le «chantage».Et Jean Charest ne s’arrête pas là: il commet son lapsus sur la partition et refuse de s'engager clairement, quoi qu’il advienne, à défendre le territoire québécois.En termes de baseball, on appelle ça une balle à circuit pour un souverainiste.Débat CHAREST «Jean Charest s'est enfargé dans les pensions de vieillesse et la partition.Cela a entaché l'image de premier ministre qui devait rester au-dessus de la mêlée.» SUITE DE LA PAGE 1 » un souverainiste de longue date.Mais comme l’a soutenu M.Charest, le Québec n’a pas besoin d’un référendum qui «va nous faire reculer».«Après avoir fait un redressement pendant quatre ans dans tous les domaines où l’État a une mission, [.] même ceux qui sont souverainistes voient ça et se disent que ce n’est pas le temps d’arrêter», estime le chef libéral.M.Charest a également attaqué son adversaire adéquiste à propos de la «confusion» qu’il entretient, a-t-il dit, en ce qui concerne les finances publiques.L’ADQ n’explique pas où elle va faire des compressions pour atteindre la réduction de 1 % de la croissance des dépenses du gouvernement dans les services comme la santé et l’éducation.«Essayer de comprendre le cadre financier de l'ADQ, c’est bonne chance.Si vous aimez les cubes Rubik, vous allez avoir du plaisir», s’est-il moqué.Une mission sacrée Sa tournée l’a ensuite conduit dans sa circonscription, où il a pris la parole devant la Chambre de commerce de Sherbrooke.Comme il l’a fait au cours des derniers jours, M.Charest a donné des accents nationalistes à son discours.Il s’est engagé à prendre fait et cause pour le Québec dans le cadre fédéral.«Vous pouvez compter sur une chose: ma mission de défendre les intérêts du Québec est sacrée», a-t-il affirmé.M.Charest a rappelé que le Québec a dû se battre tout au long de son histoire et que cela continue aujourd’hui sur le plan politique.«Les succès que nous avons dans la société québécoise ne viennent pas tout seuls.H y a 400 ans d’histoire dans chacune de nos familles, 400 ans de détermination, de persévérance pour préserver notre langue, notre culture, pour être ce que, nous sommes aujourd’hui», a-t-il affirmé.A ceux qui le critiquent d'avoir choisi de s’engager à diminuer les impôts grâce au transfert de péréquation annoncé plus tôt cette semaine par le gouvernement fédéral, M.Charest a répété que la classe moyenne mérite que son fardeau fiscal soit allégé.«Le lobby de la classe moyenne, c’est le Parti libéral du Québec», a-t-il lancé.Cette expression n’est pas sans rappeler qu’en tout début de campagne, Mario Dumont avait soutenu que l’ADQ était le parti de la classe moyenne.D’ailleurs, les plus récents sondages tendent à montrer des intentions de vote de plus en plus favorables à l’ADQ.S'agit-il d’un geste de contestation ou d’un espoir de la population?, a-t-on demandé au chef libéral.Visiblement agacé, M.Charest a affirmé ne pas croire aux sondages, lui que les sondeurs ont plusieurs fois donné perdant au cours de sa carrière.Il a déploré «l’accoutumance» LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts fis sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 des médias à se nourrir de ces enquêtes.A deux jours du scrutin, M.Charest a expliqué à quel point il aime la politique et faire campagne.Et tant pis s’il apparaît comme le «négligé» de cette course.«J’aime les défis.Ça ne m’a jamais intimidé, le fait de devoir me battre en campagne.J’ai toujours conçu la politique comme une bataille, mais une bataille qu'on ne fait pas seul», a-t-il dit La confiance du début Mais la confiance qu’il dit l’habiter n’avait rien à voir avec celle qu’il affichait au déclenchement des élections.Les semaines précédentes avaient été nourries de plusieurs annonces.La machine libérale huilait ses rouages, prenant les adversaires de court Par la suite, la faiblesse du leadership du chef péquiste, André Boisclair, contesté dans ses propres rangs, a accentué l’assurance de Jean Charest.Et rien ne laissait entrevoir que Mario Dumont remonterait la pente au bas de laquelle il avait glissé au scrutin de 2003.Le chef libéral a donc mis en avant son bilan ainsi que la nécessité de ne pas laisser en plan le travail amorcé.M.Charest avait revêtu ses habits de chef d’État, laissant les gants de boxe au vestiaire.Du coup, la campagne libérale a semblé manquer de vigueur.Par exemple, le chef libéral a été lent à réagir à la disparition du mot «référendum» au PQ.Mais quelques jours plus tard, Jean Charest s’est lancé dans une campagne quasi référendaire.Ce fut une erreur, estime le communicateur-conseil Michel Fréchette.«Jean Charest s’est enfargé dans les pensions de vieillesse et la partition.Cela a entaché l’image de premier ministre qui devait rester au-dessus de la mêlée.Dès lors, il a perdu son élan», fait-il valoir.Dans cette mouvance, l’affaire d’Option Canada a resurgi.Jean Charest a été contraint de reconnaître qu'il a été appelé à témoigner.Devant les questions pressantes des journalistes, l’attaché de presse du premier ministre, Hugo D’Amours, s’est rendu à bord de l’autobus des journalistes pour préciser certaines choses.Dès lors, M.D'Amours devait diriger les points de presse.Des règles strictes ont aussi été établies (maximum de deux questions par journaliste), ce qui a créé des tensions supplémentaires.Les premiers sondages ont alors montré que TADQ devenait un adversaire sérieux.Jean Charest a tourné ses canons vers Mario Dumont et ignoré le PQ.Il a montré les dents en tentant de mettre en lumière les aspérités de l’équipe adéquiste.Il a attaqué nommément duc candidats de TADQ lors d’un discours à Gatineau.La faiblesse de l’adversaire semblait le conforter.Mais le chef libéral a eu beaucoup de mal à se dépêtrer de son bilan dans le domaine de la santé, dont les aspects les moins reluisants Tont rattrapé.Il a cia- Comment nous joindre La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 mé ne pas avoir violé le «pacte» qu’il avait proposé aux Québécois en 2003.Et il a répété avoir fait tout ce qui était humainement possible pour résoudre les problèmes en santé.Arrive alors le débat des chefs.Les partis politiques et le consortium des médias s’entendent pour qu’il ait lieu à Québec.Les trois partis veulent ainsi séduire une région où TADQ semble s’enraciner.En attendant le budget fédéral Jean Charest ne gagne aucun point au débat.Il apparaît amorphe.11 se retrouve sur la défensive pendant quelques jours, notamment à cause de la note de service du ministère des Transports sur le viaduc de la Concorde, qui s’est effondré en septembre dernier, document que Mario Dumont a brandi lors du débats.Jean Charest tente alors de redonner du souffle à sa campagne en recyclant des annonces.C’est le cas de projets de développement hydroélectrique.Mais c’est compter sans une visite d’usine liée à sa stratégie énergétique, qui tourne mal pour lui.Un travailleur l’apostrophe, déversant toute la grogne d’une classe moyenne malmenée par les hausses de tarifs et qui n’a pas reçu les baisses d’impôt promises.Ce travailleur s’identifie de surcroît comme un souverainiste aujourd’hui sympathisant de TADQ.«Mario Dumont n’a pas participé au même concours que Jean Charest et André Boisclair puisqu’il vise non pas le pouvoir mais te fauteuil de chef de l’opposition.Il était donc beaucoup plus difficile à attaquer», croit Michel Fréchette.Mais les libéraux s’accrochent au dernier atout qu’ils conservaient dans leur manche: la correction du déséquilibre fiscal contenue dans le budget fédéral.Le Québec obtient 905 millions de dollars en nouveaux fonds, dont 700 millions liés aux transferts de péréquation.Le lendemain, Jean Charest s’engage à redonner cet argent aux contribuables de la classe moyenne sous forme d’une réduction d’impôts.«Pour diriger le Québec, il faut être capable de nommer la destination où nous allons», a dit Jean Charest hier.Il aura fallu le budget Flaherty pour connaître cette destination, qui a par ailleurs soulevé de nombreuses critiques.Cela a donné des munitions à M.Charest qui, tout à coup, s’est mis à défendre l’autonomie du Québec.«Je n’ai pas de comptes à rendre à Ottawa et aux autres provinces», a tranché M.Charest d’un ton passionné.Mais peut-être était-ce trop peu trop tard pour les grands élans d’affirmation nationale?Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 .Par télécopieur 514-985-3340 Le vrai point tournant pour lui est le débat des chefs.Dans le jeu des attentes, il est avantagé: celles-ci ne sont pas très élevées à son égard.Mais il arrive préparé, insistant, prêt à l’attaque.Aux yeux du grand public, il ne l’emporte pas, mais il «tire son épingle du jeu».Et cela a l’effet escompté sur ses militants et sa base.Lui-même a «reconstruit» son «estime de soi», comme le disent les psychologues.Dès le lendemain du débat, André Boisclair sent qu’il peut au moins sauver les meubles et peut-être même espérer mieux.Il se met tout de suite «en mode blitz», comme on dit dans son entourage.Il augmente le nombre de ses critiques à l’égard de l’Action démocratique et de Mario Dumont, l’homme du «one man show», expression qu’André Boisclair vole aux libéraux Tout et son contraire Les tendances observées dans l’opinion peu avant le débat se confirment rapidement les élections sont bel et bien une course à trois.André Boisclair adopte très rapidement le discours du rassemblement II demande aux pacifistes, altermondialistes, féministes, progressistes et bien sûr souverainistes de se joindre à son parti.Tous les pourcentages de vote comptent même ceux de Québec solidaire.Tout en conservant son discours «progressiste», André Boisclair continue à promettre de «soulager le capital».Lorsque Stephen Harper annonce qu’il fera tomber sa manne sur le Québec, il refuse de prendre d’autres engagements et promet un «vrai déficit zéro» et vante les vertus de Lucien Bouchard.Sur le plan des finances publiques, il a les accents des fiscal conservatives américains.Quand, la même journée, Françoise David dit de lui qu'il n’est pas un «progressiste» et que Mario Dumont le traite de gau-gauche, il s’emballe et saute sur l'occasion: le Parti québécois est «à la bonne place», déclare-t-il, parce qu'il possède la «meilleure synthèse».Le voilà qu’il incarne le centre, lieu convoité entre tous par tout politicien occidental.Et il en remet à gauche.Jeudi, il pige un slogan au Forum social mondial, mecque des altermondialistes: «Je crois qu’un autre monde est possible.» Mais hier, en Mauricie, il parle soudainement, comme l’ancien premier ministre ontarien Mike Harris, de «révolution du bon sens».Lui qui avait défendu la joueuse de soccer musulmane et son hijab, il saisit le cas des électrices portant la burka ou le nikab pour marquer quelques points dans le dossier des «accommodements raisonnables».Il parle aussi de souveraineté, partout.Et reprend pour ce faire le slogan de Jacques Parizeau, «l’autre façon de gouverner».Lors d’un autre discours, il promet un «bon gouvernement», comme en 1976.La surprise de 1976 peut-elle se rééditer?«Je ne suis pas René Lévesque», a déjà reconnu André Boisclair.Réussira-t-il seulement à atteindre le score du PQ de 33 % de 2003?Tel est le seuil pour lui.Mais qu’on évoque 1976, c’est déjà une victoire, pour un chef qui était parti de loin.Le Devoir *¦ Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-4637559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Jje Devoir peu!, à l'occasion, mettre la liste d'adn^-s de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.l* Devoir est publié du lundi au tCunedi i>ar le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, nie De Bleury.lé étage.Montreal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 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