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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-03-01, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI I ' ET DI M A X t II E 1 M A R S 2 O O S CINÉMA Un charme amer Page E 6 ;; 1 DISQUES ^ Des étoiles pour Clémence Page E 7 LE DEVOIR JACQUES GRENIER LE DEVOIR Hybridité, métissage, décloisonnement, inter, multi, pluri-disciplinarité.Le ton n’a jamais été autant à l'échangisme de cultures et de pratiques.Le festival Montréal/Nouvelles Musiques qui débute cette semaine, est le lieu de ces expériences plus que jamais au goût du jour.Dans ce cadre, la Nef change de chemin et se tourne vers la musique originale, vers des compositeurs — Silvy Grenier et Robert Marcel Lepage — bien de notre temps.Changement de cap?Pas certain.La Nef n’a-t-elle pas toujours été un petit laboratoire?BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR La Nef abandonne le répertoire qui a fait sa marque?Que non.Mais le festival nouveau — celui qui du 2 au 11 mars fera entendre à qui le veut bien la musique d’ensembles consacrés aux musiques nouvelles et actuelles — fournira l’occasion à la Nef d’inaugurer un nouveau volet à sa programmation, un volet de musique actuelle.Plus qu’un volet, La Nef ouvre un secteur actuel.En entrevue, Claire Gignac, cofondatrice de la compagnie en 1991, explique que la nouvelle approche s’ajoute aux intérêts de la compagnie et tend une nouvelle corde à son arc.Ce projet est en branle depuis deux ans.Il prévoit qu'un des quatre concerts montréalais de la compagnie sera désormais consacré à des œuvres de commande, donc à la création.Ainsi, l’expertise de La Nef se mesurera un peu moins au canon de la musique ancienne, un peu plus à ceux du répertoire contemporain.Se rapprocher de la création L’ensemble de musique ancienne est connu pour avoir redonné vie à des compositions d’époques révolues.Avec le nouveau secteur, Claire Gignac et la poignée de musiciens qui gravitent autour de la compagnie veulent se rapprocher de la création.•Ça vient d’une envie que j'ai depuis longtemps», explique l’instrumentiste et chanteuse contralto.Déjà, depuis plus d’un an, Silvy Grenier travaille à habiter des portées d'une musique spécifique à ce projet •On voulait essayer toutes sortes de mélanges de disciplines», poursuit Gignac.Le concert inaugural, le 8 mars, commence une série qui, pour l’instant comprend trois projets.Tous impliquent de la musique originale.Par exemple, en septembre 2004, Umos fera volontiers dans l’inter-art entre l’écriture scénique, la mu- sique, les arts visuels et l’anthropologie (vous avez bien lu!).N’ayez crainte, le projet centré sur la cornemuse ne convoquera pas la biologie sous-marine (la blague a été lancée lors de l’entrevue par .Silvy Grenier).«7/ faut sortir des contraintes spécifiques aux arts de la scène», lance Gignac.•Dans ce secteur-là, il y a toujours un lien avec l’ancien, assure la spécialiste des instruments à vent J’ai demandé à Silvy et à Robert de composer une œuvre pour un mélange d’instruments anciens et modernes, d'utiliser au moins quelques instruments anciens.» Une autre des œuvres déjà commandées mettra plus tard en musique des textes anciens.L’hybridité a toujours soufflé dans les voiles de La Nef.Entre le Moyen Age, la Renaissance et la musique des pays méditerranéens, la compagnie s’est toujours réclamée d’une approche créative.«O» n’a pas une approche d’authenticité ou une approche mu-sicologique.On se sert de sources ancienne?que nous servons à notre sauce à nous».A ses débuts, La Nef a aussi puisé dans le théâtre.En témoigne Jeanne la folle.Elle a appuyé ses concerts sur des éléments visuels importants avec Le Jardin des délices.Le Chant d’Éole utilisait des instruments inventés comme des éléments de danse et de musique microtonale.Mais vrai que •dans les dernières années, on a fait plus de musiques anciennes et de x concerts.» La nouvelle série témoigne d'une volonté artistique de travailler avec des musiques originales.Ça sort La Nef de ses propres sentiers battus.Grenier-Lepage Les musiques de Silvy Grenier, qui a déjà joué avec la compagnie, et de Robert Marcel Lepage s'écartent des musiques entendues jusqu’ici dans les concerts et sur les albums de I^t Nef.Sauf peut-être pour quelques goûts moyen-orientaux, notamment grâce à l’utilisation de quelques instruments pré-hispaniques, chez lœpage.lœs instruments qu’utilisera Claire Gignac pour ce concert vont de la flûte chinoise à l'ocarina, en passant par la flûte ancienne et le sax ténor, en plus de petits accordéons trouvés dans le quartier chinois.Chacun des instruments anciens supporte évidemment une esthétique distincte, avec des limites techniques qui s'accordent difficilement avec les instruments virtuoses d’aujourd’hui.Selon Silvy Grenier, lier les instruments anciens aux instruments modernes ne va pas de soi, en ce qu’ils »se comportent de manières tellement différentes».Pour arriver à rivaliser avec la puissance du trombone, deux violes de gambe sont employées de pair: •Il fallait VOIR PAGE E 2: NEF «On voulait essayer toutes sortes de mélanges de disciplines» LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 E T D I M A S C HE 2 M A R S 2 O O 3 Culture NEF De la «musique de théâtre sans théâtre, de la musique de film sans film » SUITE DE LA PAGE E 1 leur donner plus de couleur, de volume.» la lutherie s’est développée afin que les instruments deviennent plus performants.la flûte traversière moderne, avec le demi-ton, peut sans problème jouer de façon virtuose le chromatisme, mais la flûte chinoise peut difficilement y parvenir.«J’ai la gamme de la flûte chinoise à côté de moi en travaillant, et je me rends compte qu'elle ne peut pas faire de sol dièse, explique la compositrice.Alors je passe la note au violon.Aussi, pour mettre la viole de gambe en vedette, il faut que les autres se taisent.L'écriture s’en trouve modifiée, c’est certain».Rarement a-t-on entendu une viole de gambe aux côtés d'un trombone.Comme dans un laboratoire, il a fallu réajuster constamment les opérations.Carte blanche a été donnée aux compositeurs.De son côté, Robert Marcel Lepage a jouxté la «slide guitar» et la viole de gambe, dans une attitude JACQUES GRENIER I.K DEVOIR Claire Gignac et son ocarina.country.Des univers allogènes se rencontrent.Grenier et Lepage ont ceci de commun qu’ils composent pour le théâtre ou le cinéma.Tous les deux sont habitués à composer des musiques qui alimentent les images.Pour Gignac, les deux œuvres engendrées par ce projet sont de la «musique de théâtre sans théâtre, de la musique de film sans film».Dans la musique de L’Eau vive, Grenier s’est sentie libre, loin des contraintes strictes de la forme théâtrale.Lyrisme et onirisme s’y conjuguent.L’eau y est incarnée par la voix qui évoque l’errance.Gignac en parle comme d’une musique où «il y a une grande richesse harmonique, beaucoup de frottements, de grands écarts.» Pour La Machine à explorer le tempo, lœpage aurait beaucoup apprécié travailler avec une dizaine de musiciens en même temps.Luxe et liberté.Comment bouder une telle aventure, que Grenier et Gignac, à l’unisson, qualifient de «terrain de jeu»?LA NEF Salle Pierre-Mercure 8 mars, 19h30 Dans le cadre du festival Montréal/Nouvelles Musiques CorneMuse de Larry Tremblay mise en scène Eric Jean chorégraphie Estelle Clareton avec David Boutin ï Geneviève Martin Alex Bellegarde i Philippe Brault LES CONCEPTEURS Magalie Amyot Etienne Boucher Linda Brunelle Alex Bellegarde Philippe Brault Eric Jean ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE Stéphanie Capistran-Lalonde du 25 fÉvriEr au 15 itiars 2003 une création de Persona Théâtre et du Théâtre d’Aujourd’hui EN COLLABORATION AVEC 3900, rue Saint-Denis métro sherbrooke (514) 282-3900 www.theatredaujourdhui.qc.ca direction René Richard Cyr Jacques Vôzina Gilles Renaud mm Mi ^ 2003 aU 5 Ane Pascal CojJffi-dW scène «sijfonrapWt '.Çébastîê; M**® Jiî Conception îrépan'er iiwir wmr***- -css*® ive, Pa r Coproduction Théâtre de Quat’Sous et la compagnie CIRAAM Réservations 845.7277 Québec SS ^ ' Roger Legér; Philippe Cousineau.Roch Aubert.Ivan Benoit, Marc fiéJanger.Jacques Girard Marcel Poméria.Vincent Magnat, ioachin Tanguay Olivier Morin.Mireille Brullemans CMc«pt*un Soifbod Patricia Ru«! Lmda Brunelle Nicolas Oescôteaui.Méchane Caron lean Begin Ilyse De Lafontaine Ou 14 mars au 5 avril Jeudis et vendredis.20 h ; samedis, 16 h ’Uï""4- «• ««tem en is ruant 10 h M.! J II 30 eUïln DENISE-PELLETIER BIUETTERIE 253-8974 ADMISSION: (514) 790-1245 1 800 361-4595 admission corn BANQUE NATIONALE 4353.rue Sainte-Catherine Est îî Papineau ou Viau autobus 34 îî Pie U, autobus 139 A è LE [) E YT 0 I R .LES SAMEDI I * ET I) I M A \ t II E M A R S 2 0 0 H * Culture* Pour célébrer le théâtre d’ici Lorraine Pintal signe le spectacle de clôture du Festival Montréal en lumière avec un hommage en chansons au théâtre d’ici Quand on se rend compte qu’il y aura 25 comédiens sur scène, que la plupart d’entre eux chanteront alors que d’autres liront des extraits de textes qui ont marqué les 30 dernières années et que le plateau du Théâtre Maisonneuve sera nu à l’exception des seuls éclairages.on a le goût d’en savoir un peu plus sur l’aventure de Montréal brûle les planches.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Lorraine Pintal ne le cache pas: au milieu du tourbillon quotidien dans lequel s’incarne l’administration d’une compagnie comme le TNM, il n’a pas toujours été simple de mettre sur pied ce Montréal brûle les planches qui vient clore dimanche soir le quatrième Festival Montréal en lumière.Mais ça y est! Tous les morceaux commencent enfin à tomber ensemble à la bonne place.El au moment d’entrer en répétition avec quelques-uns des 25 comédiens du spectacle, en début de semaine, elle a aussi trouvé le temps de nous accorder une entrevue en poussant les meubles dans les coins de page de son agenda.«C’est un véritable sprint! dira-t-elle d’abord.Rassembler autant de gens sur une même scène, un seul soir, tient un peu de la folie.Surtout avec le peu de temps qu 'on a eu pour préparer tout cela! Je ne vous cache pas d’ailleurs qu’il a fallu adapter le scénario de base en tenant compte de la disponibilité de tout le monde; il y a des choses qu’on a dû laisser tomber.Mais ça tient! Nous venons de commencer à répéter et, heureusement, il arrive souvent que les comédiens retrouvent sans problème un texte qu’ils n’avaient pas joué depuis des années.Mais tout le monde embarque avec enthousiasme et je peux vous dire que le plaisir de célébrer le théâtre d’ici galvanise les énergies de tous les participants.» Le projet tient en quelques mots: célébrer la vitalité et la richesse du théâtre d’ici dans le cadre d’un festival populaire.Mais il s’articule autour d’un axe assez particulier: celui de la part faite aux chansons dans la production théâtrale des 30 dernières années.On pense tout de suite aux nombreux Brecht montés un peu partout à La Locondiera de Goldoni, à Don Quichotte, bien sûr, à L’Homme delà Mancha, au blues de Fal-staff aussi.Et plus on y repense, plus on se rend compte que cet angle d’approche peut être effectivement assez «riche et diversifié»: on se souvient des productions montées par Dominique Champagne, et en remontant encore plus loin, de L'Osstidcho, de Demain matin, Montréal m’attend, de Nelligan et même de Pied de poule dont Marc Labrèche et Normand Brathwaite viendront rappeler l’énergie.C’est vrai qu’on a beaucoup chanté dans les productions des 30 dernières années.Par contre, le lien sera parfois aussi plus ténu: on aura ainsi droit à Pascale Montpetit interprétant des chansons de Ducharme qu’on n'entend pas dans ses pièces.Et l’on assistera aussi à des lectures de textes qui n’ont rien à voir avec la chanson: Gilles Pelletier, par exemple, lira un passage d’Un simple soldat sur la guerre, qui prend un sens différent à la lumière de la crise irakienne.Mais, grosso modo, c’est un fil musical qui reliera les différentes parties du spectacle et c’est le comédien Pierre Lebeau qui mènera la barque de ce gros bateau.«C’est un spectacle que l’on veut populaire, reprend Lorraine Pintal, et qui est destiné aux gens qui n’ont pas l’habitude d’aller au théâtre.C'est moi qui ai fait la sélection des pièces et des extraits à partir d’une idée de Loui Mouffette, ce qui explique qu’environ le tiers des productions dans lesquelles nous pigeons viendront du TNM.Mais c’est une sélection coup de cœur qui m’est tout à fait personnelle et à travers laquelle j’ai voulu célébrer le théâtre d’ici en balayant large, en incluant tous les genres, tous les courants.Sans prétention aucune.Pour foire en sorte de donner au public du festival, un public qui ne va pas nécessairement au théâtre, le goût d’y revenir.» On verra beaucoup de grands noms envahir la scène du Maisonneuve en construisant peu à peu cet hommage, des noms qui feront courir les foules: Claude Léveillée, Sylvie Drapeau, Roy Dupuis, Céline Bonnier, Andrée Lachapelle, Monique Mercure, France Castel, Rémy Girard, François Papineau, Sylvie Moreau, Jean Maheu et plusieurs autres.Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lorraine Pintal aura ainsi trouvé une façon originale de faire du développement de public.« C’est un spectacle que l’on veut populaire, et qui est destiné aux gens qui n’ont pas l’habitude d’aller au théâtre » USINE 0 « Plusieurs se rappelleront le succès colossal remporté par Jimmy, créature de rêve, lors du dernier FTA.Tant et si bien que la fantaisie surréaliste tourne encore, et en trois langues par-dessus le marché! » Hervé Guay, Le Devoir, janvier2003 Dernière représentation CE SOIR ! créature de rêve de et avec „ Marie Brassard 26 et 27 février à 20h en anglms 28 février et I er mars à 20h en français une codiffusion av en association ave c Montreal en Lurr le Festival Six Stag M ' ttSTim lAl OTNIRtM .» tn LUMltRl USINE 0 billetterie:521.4493admission 790 1245 www.usine-c.com UAmérique dans le collimateur Pascal Contamine met en scène un délirant talk-show au Quat'Sous Ze Bouddha 's Shou.' est une sorte de bédé virulente à la Got-lib.C’est l’histoire d’un homme qui vient de mourir et qui, de l’autre côté de la vie, est accueilli par des fanfares, des applaudissements et des caméras.11 tombe au beau milieu d’un talk-show télévisé animé par Bouddha lui-même.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Quand Wajdi Mouawad lui a proposé ime des trois cartes blanches composant la saison 2002-03 du Quat’Sous, Pascal Contamine a d’abord refusé.Net.Parce que ça lui sortait par les oreilles.Qu’il était débordé, qu’il venait de compléter la série de représentations de son spectacle Op-portet heareses esse et qu’il était en train de préparer la reprise de Five Wolf Deavtov Circus au théâtre La Chapelle.On a beau voidoir, il faut quand même trouver le temps de respirer.Puis, il a repensé à tout ça.,Et U a dit oui.^ A l’époque, c’était il y a moins d’un an, il n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire.«Ma crainte, c’était de ne plus avoir rien à dire puisque j’étais encore jusqu 'au cou dans les deux autres spectacles, explique-t-il.Puis, je me suis souvenu que j’avais en réserve des trucs sur lesquels j’avais commencé à travailler dans le cadre des projets du CIRAAM [le Centre international de recherehe et d’actions artistiques multidisciplinaires, la compagnie qu’il dirige], Entre autres, une idée qui vient directement de Gotlib: une bande dessinée complètement sautée dans laquelle tous les dieux que les humains se sont inventés se saoulent la gueule en se moquant des hommes de la façon la plus vulgaire qui soit.Je suis parti de là.» Intéressant non?Bédé Contamine est un personnage étonnant, une sorte de comète à longs cheveux noirs.Verbo-mo-teur et timide à la fois sous ses airs de rockeur cultivé, il donne l’impression de vouloir tout dire en même temps.Ses idées fusent, éclatent en mots qui partent dans toutes les directions, vont et reviennent en oscillant un moment autour d’un pôle quelconque puis repartent explorer une autre galaxie.Cet homme voit ce qu’il dit ! Et il a de grands yeux.L’entrevue s’amorce autour de cette habitude qu’il a de changer d’identité pour chacun de ses textes: «Ce n’est pas que je veuille en foire une grosse histoire mais plutôt que j’aime fonctionner à partir de contraintes, de défis.C’est ce que je demande aux comédiens en leur lisant mes premiers canevas et c’est ce que je m’impose à moi-même.C’est ma façon de fonctionner! Choisir les sonorités d’un nom d’auteur, c’est aussi définir tout un contexte, un esprit.Henri Scott [l’auteur d’Opor-tet.\, par exemple, m’a permis d’explorer mon côté David Lynch, un humour plus noir, tranchant, clinique presque.Par contre, Tornado Richi [Five Wolf.] et ses fortes consonances italiennes m’ont amené complètement ailleurs, presque dans les plates-bandes de, Calvino.Ici, avec Ze Bouddha.Étienne Thana développe un humour plus français, plus Cavanna.Fred, Gotlib.» Auteur différent égale aussi thématique différente.Jusqu’ici, les deux premières productions du CIRAAM ont aborde des sujets aussi graves que le suicide, les dogmes et les dangers des biotechnologies.Le tout sur fond de farce et de bouffonnerie, «fai été beaucoup influencé par un duo de clowns italiens.les Columbiani.Et je pense que le théâtre peut aussi bien être un divertissement qu’une occasion de questionnement», reprend Contamine en s’ébouriffant les cheveux.«Les deux en même temps.Ici, le héros aura à franchir des étapes qui correspondent à la philosophie de vie des bouddhistes, mais il se montrera dérisoire, drôle et ridicule à la fois: le questionnement à la base de tout cela, c’est notre rapport à l'illusion.Car c’est aussi un show de télé.et ce n’est pas par hasard.Les “étapes” deviendront des épreuves à réussir devant l’œil de la caméra.C’est une charge.Une caricature qui questionne l’importance et la vacuité des grands médias de masse.C'est un regard moqueur sur la société américaine.» Ze Bouddha’s Show, qui prend l’affiche du Quat’Sous dans quelques jours, est un truc absolument délirant, on l’aura deviné.Une sorte de bédé virulente.C’est l’histoire d’un homme qui vient de mourir et qui, de l’autre côté de la vie, est accueilli par des fanfares, des applaudissements et des caméras.11 tombe au beau milieu d’un talk-show télévisé animé par Bouddha lui-même et dé couvre rapidement qu’il est là parce qu’il est le cent milliardième humain à mourir.Mais comme cet homme vient de se suicider à la suite d’une «écœurite sociale», comme dit le programme, il sera soumis à une série d’épreuves devant les caméras: s’il réussit, il vivra le nirvana en direct.S’il rate les épreuves, par contre, il sera réincarné.Contaminations.Cette charge contre l’Amérique et le rôle qu’y jouent les médias mettra en scène sept comédiens interprétant une trentaine de personnages différents: Louise Boisvert, Manon Brunelle, Éloi Cousineau, Catherine de Sève, Patrick Drolet, Adrien Lacroix et Igor Ovadis (qui sera, évidemment, Bouddha).EL comme dans toutes les productions du CIRAAM, viendront s’y greffer des projections vidéo, de la musique, du multimédia et de la danse.Comme Pascal Contamine a aussi de la suite dans les idées, il a construit le spectacle avec deux 4 ! Mx?/fr ËtA/r L’IiIm C prémli l« iMnlli criitlii I* GILLES MAHEU l CARBONE H I équipe de créltkm CLIME UNITIE.NICKEL HKlEt.UEl NIHEItRILEK LOWS HIM.UNCI THU.FlIKEICE CIIIET avec JEH-rilltllt IUICIIM.HH IEITI.HIM IIHE.CUIIE UNItlE HEM UN.tEIICEt NtlHI.IINETTE Nllll.CUBE IMIII ET IlEi IINIII DU 26 MARS AU 12 AVRIL EN VENTE ¦s» USINE O 521.4493 790.1245 www.ttsine-c.com 0 UMropoitan • • * v•a•N .l/U Ijl'l s CKKNIKR I I DI VOIK C’est à une véritable charge contre les médias et contre l’Amérique que nous convie Pascal Contamine.complices qui sont là depuis le début et qui, eux aussi, en seront à leur troisième production avec le CIRAAM: il s’agil de David Pelletier, à la scénographie, et de Stephanie Cloutier, aux costumes.«Nous en sommes venus à développer tous les trois une sorte de vocabulaire scénique.Nous parlons le même langage, et quand vous avez un show à foire entrer dans le petit espace du Quat'Sous, c’est fort utile», ajoute Fauteur-metteur en scène en riant aux éclats.11 y a déjà plus d’une heure qu’on est là, dans ce petit calé du boulevard Saint-Laurent, éclaboussés de soleil et baignant dans une sorte de musique mi-Brel, mi-Noir Désir, déversée par un haut-parleur grincheux placé tout au-dessus de nos têtes.La conversation glisse sur le CIRAAM.Le grand projet de Pascal Contamine.«Je vois toujours le CIRAAM comme un centre, dit-il en s’enflammant.Un lieu.Un espace où des individus pourraient se rencontrer autour d'un questionnement.ce qui est pour moi la meilleure definition qu'on puisse donner du theatre.Nulle part il n'y a d'endroit ici où Ton puisse échanger sur nos projets, il n 'y a pas non plus d’échanges entre les générations de comédiens et de techniciens, et on s'acharne constamment à réinventer la roue.Idéalement.le CIRAAM serait aussi un organisme qui pourrait offrir des services à toutes les petites troupes qui se lancent aujourd'hui dans des projets et qui n'ont rien.Un lieu où on trouverait des imprimantes, peut-être des sendees d'af-jichage ou de publicité communs, pour réduire les coûts.Des salles aussi, pour répéter.Et des entrepôts.Et des ateliers communs pour monter les décors ou fabriquer les costumes.Dans la vraie vie, dans le vrai monde des affaires, ce genre de lieu existe déjà: on appelle ça un “incubateur d’entreprises".Et je pense qu'il n’y a pas de raison pour que ce modèle-là ne puisse pas s’appliquer au théâtre.» C’est une fort bonne idée, non?CAtoMfoiKel 4'édition Association québécoise des auteurs dramatiques Six auteurs explorent six nouveaux textes en trois dimensions Du 4 au 15 mars 2003 ù Espace Libre 1945, rue Fullum.Montréal Prix des billets : 12$‘larif étudiant 10 5 espace libre BESERVI11I0HS El lüfOflMATIOÜS i ESPACE LIBRE : [S14] 521-4131 Les représentations débutent à 20 h 30 LE Devoir avec Christian Bégin Normand D’Amour Genevieve Néron.Marie-Hélène Thibault M5V.PAPINEAU .MONTREAL >QC I lt(SE«U «OMIMION ARCH AMBAÜLT 01 www thettrelalicom».com | S14.790.134S ou 514.S23.22*6 i,»oo ni 4S9S LK IIKVOIH MARS AVRIL '01 LE THf TRE DE IA MANUFACTURE PRÉSENTE de François Archambault mise en scene Michel Monly 62 LE D E V 0 I R .LES SAMEDI 1 ’* ET DIM A N C H E t M A RS 2 0 0 3 Culture DANSE Jiri Kyüan : trois fois plutôt qu’une Les Grands Ballets canadiens de Montréal présentent un triplé des œuvres du grand maître néoclassique, parmi lesquelles deux pièces sont nouvellement acquises.FKÉÜÉKIQUE DOYON Les (îrands Ballets canadiens de Montréal offrent une soirée inédite de ballet, entièrement consacrée à l’œuvre du chorégraphe qui mène de main de maître la désormais vénérable compagnie néerlandaise Netherlands Dans T "heater (NDT).Le programme triple comprend une chorégraphie qui figure déjà au corpus des GBCM, Stepping Stunes, mais surtout deux nouvelles acquisitions qui viendront enrichir le répertoire de la compagnie montréalaise et qui illustrent bien la diversité et la sensibilité du langage de Jiri Kyüan: Six Dances et Bella Figura.«Les pièces qu'il crée peuvent être complètement différentes, rapporte l’assistant de Kyüan venu diriger les répétitions, Hans Knill.C’est toujours lié à ses émotions du moment, à ce qu il vit et au besoin de communiquer quelque chose.S’il ne peut pas faire sens d’une œuvre et livrer un message au public, pourquoi ferait-il une pièce?Il vit littéralement le message.Et ça, pour moi, c’est ce qui définit un véritable artiste.» Celui qui n’a jamais dansé dans les pièces de Kyüan, mais qui travaille à ses côtés depuis une trentaine d’années, n’hésite pas à parler de «génie».Four situer son esthétique, précisons que Kyüan est le père artistique de l’Espagnol Nacho Nuato, qui lui doit son incroyable musicaü-té, et certainement l’un des maîtres de l’autre chorégraphe majeur de la fin du XX siècle en danse, Wilüam Forsythe.Comme maintes figures de génie, Kyüan est un déraciné.Né à Prague, Kyüan s’exile d’abord en Angleterre pour se soustraire à la dictature dans son pays et poursuivre sa formation de danseur.Mais son chemin s’arrête là où sa carrière de chorégraphe prend un envol qui ne déclinera presque jamais, soit aux Pays-Bas, à la NDT, compagnie dont il devient le directeur artistique à l’âge de 28 ans.Depuis 1975, il crée plus de cinquante ballets et élargit les horizons du NDT, donnant naissance au NDT IL compagnie expérimentale de jeunes danseurs et au NDT III, regroupant des danseurs plus âgés, qui forment, avec la compagnie principale (NDT I), ce que Kyüan appeüe «les trois dimensions de la vie d’un danseur».S’il a quitté la direction artistique depuis 1999, il réside toujours au NDT à titre de chorégraphe et de conseiüer artistique.De Kyüan, on connaît déjà Symphonie de psaumes, pièce maintes fois reprise par les GBCM.Dans un tout autre univers, où la physi-calité brute de la danse a pour UN SPECTACLE CONÇU DANS L’EFFERVESCENCE DES ANNÉES 60; UNE REUNION FESTIVE DUTHEATRE, DE LA MUSIQUE, DU CINÉMA ET DE LA DANSE.mon inc THÉÂTRE MUSICAL MIXMÉDIA -» DU 27 MARS AU 6 AVRIL MONUMENT-NATIONAL DE JACQUES LANGUIRAND musique NORMAN SYMONDS AVEC JEAN PETITCLERC MARIE-CLAUDE MICHAUD GENEVIÈVE BILODEAU & LA BANDE MAGNÉTIK CHOREGRAPHIE LAURENCE LEMIEUX COSTUMES VANDAL COSTUMES MURALE ZILON LUMIÈRES STÉPHANE MÉNIGOT SCÉNOGRAPHIE PIERRE LABONTÉ BILLETS EN VENTE AU RÉSEAU ADMISSION 514790.1245 ET AU GUICHET DU MONUMENT-NATIONAL 514.871.2224 PRIX JEUNESSE POUR LES MOINS DE TRENTE ANS AU GUICHET DU MONUMENT-NATIONAL WWW MAN-INC COM Québec SS UF.# Radio-Canada Groupe Fortune 1000 U: DEMUR u JACQUES GRENIER LE DEVOIR Hans Knill, l’assistant de Jiri Kylian depuis 29 ans, avec les danseurs des GBCM. LE MARTIEN DE NOËL Dl BERNARD GOSSELIN > DIMANCHE 2 MARS.14 H EN PRÉSENCE DE JEAN DANSEREAU ET BERNARD GOSSELIN ?Animation » Catherine Perrin, Le Septième CINQUIÈME SALLE GE LA PLACE OES ARTS ENTRÉE LIBRE - Lalsser-passer obligatoire / billetterie de la Place des Arts UNE PRÉSENTATION DE TÉLÉ-QUÉBEC FRANCO-QUÉBÉCOIS.» BETTY FISHER ET AUTRES HISTOIRES * PRÉSENTATION SPÉCIALE EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR CLAUDE MILLER DIMANCHE 2 MARS, I3H > CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE ACHETEZ LE DÉCOR DU CAFÉ SAQ DES RENDEZ-VOUS I POUR INFORMATIONS, ADRESSEZ-VOUS A L'ACCUEIL DES RENDEZ-VOUS, A LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE •die-Canada Aléviiion Ville (I* MontrAel LE f) E V 0 I R .LES SAMEDI 1 1K ET DIMANCHE 2 MARS 2 0 0 3 Culture CINÉMA Un charme amer MARIE-JO ET SES DEUX AMOURS De Robert Guédiguian.Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Julie-Marie Parmentier.Scénario: Jean-Louis Milesi, Robert Guédi-guian.Image: Rénato Berta.Montage: Bernard Sasia.France, 2002,124 minutes.MARTIN BILODEAU On est tellement fort d’aimer quelqu'un et on est tellement faible d’en aimer deux.» Ces mots, lâchés par Marie-Jo (Ariane Ascaride) à sa fille Julie (Julie-Marie Parmentier) qui lui reproche d'être infidèle à son père, résument tout le sens et l’esprit de Marie-Jo et ses deux amours, onzième long métrage de Robert Guédiguian (4 la vie, à la mort; La ville est tranquille).Le chroniqueur de TEstaque — titre dont on affuble paresseusement Guédiguian depuis le succès inattendu de Marius et Jeannette — amorce son histoire là où beaucoup de triangles amoureux se terminent, soit à l’heure des regrets, des doutes, de la douleur et du marchandage.IMisée en leitmotiv par Evidemment, la chanson de Berger-Gall («Y a comme un goût amer en nous / Comme un goût de poussière dans tout»), portée par Ariane Ascaride, la fibre latine, l’âme tzigane et le cœur marseillais, cette nouvelle chronique inégale sonne toutefois belle et vraie.Le fait qu’elle ait pour protagonistes des gens ordinaires, et qu’elle n’ait pas d’issue possible, contribue pour beaucoup à son charme amer.Marie-Jo, en effet, aime son mari (Jean-Pierre Darroussin) et SOURCE CRYSTAL Gérard Meylan et Ariane Ascaride dans Marie-Jo et ses deux amours, de Robert Guédiguian.son amant (Gérard Meylan), et ne saurait sacrifier l’un pour l’autre sans arracher du même coup une partie de son âme, sans tronquer du même souffle une portion de son bonheur.Elle vit donc son amour p irtagé comme un deuil sans fin, éclairé ici et là par les instants de bonheur furtif qu’elle cueille auprès de l’un ou de l’autre.Marie-Jo voudrait partager avec le premier sa joie d’être amoureuse du second et cherche à exposer ce dernier à sa félicité matrimoniale, la société, la morale, la famille, la renvoient à sa solitude.À l’écart des tourments de Madame Bovary ou de la culpabilité ravalée de Im Femme infidèle, Guédiguian interroge dans son film la responsabilité amoureuse et l’impossibilité d’accéder au bonheur sans semer la souffrance en chemin.Du coup, son histoire sous un soleil trompeur avance dans une sorte de fatalité résignée vers un dénouement inévitable, hélas rendu, comme plusieurs scènes antérieures, ridicule et naïf par des éclats de grandiloquence et une musique assassine.Guédiguian n’est pas un cinéaste subtil, loin s’en faut.Mais il est sincère, et sa démarche, simple et cohérente.Aussi son Marie-Jo et ses deux amours, réalisé comme tous ses autres films avec sa troupe d’acteurs et d’artisans, touche-t-il sa cible, c’est-à-dire le cœur des spectateurs, dans lequel il fait basculer le dilemme de son hérome.Aux côtés d’une Ariane Ascaride sobre et crédible, Jean-Pierre Darroussin compose un cocu émouvant, généreux, qui blâme le destin davantage que son épouse dont il a compris le désir pour l’autre.Cet autre est lui aussi campé avec aplomb par Gérard Meylan (qui fut le Marius de Jeannette), célibataire lucide, romantique, forcément égoïste.Les hommes se situent aux extrémités de l’axe sur lequel repose en équilibre le dilemme de Marie-Jo.Rarement dilemme aura été aussi bien ressenti et partagé.C’est là le grand miracle de ce petit film.PRIX SPÉCIAUX POUR LES 18-30 ANS 514-985-2258 EXTRAITS 514-282-0PERA DE MOI BERNARD LABADIE directeur artistique MM m ; j Pj KRiMMHR Gilberto Gil, ministre en musique Le chanteur brésilien, artiste depuis longtemps engagé en politique et ardent défenseur de la mixité musicale, a accepté un portefeuille dans le gouvernement de Lula.VÉRONIQUE MORTAIGNE ET JEAN-JACQUES SEVILLA LE MONDE Rio de Janeiro — Premier Noir honoré d’un maroquin au Brésil, Pelé a laissé de son passage au ministère des Sports, de 1995 à 1998, une loi portant son nom, qui a mis fin aux droits seigneuriaux détenus par les clubs sur les transferts des joueurs.Ainsi, le roi du ballon rond est aussi passé à la postérité sur le terrain législatif.Voilà qu’une autre superstar noire, toujours en activité, vient d’être conviée par le président Luiz Inacio Lula da Silva à remplir, avec un budget dérisoire, une coquille jusqu’ici désespérément vide: en acceptant le portefeuille de la Culture, le charismatique chanteur Gilberto Gil a pris à son tour le risque de jouer la marionnette sur la scène politique.Une mésaventure qu’il a déjà connue, à la fin des années 1980, en taqt que secrétaire à la Culture de l’Etat de Bahia, mais qui n’a pas démotivé le musicien.«J’étais obligé d’accepter, parce que cela réveille un type d’idéologie socialiste qui existe en moi.» Courtois, enjoué, Gilberto Gil était sur la Croisette à Cannes fin janvier, avant le sommet économique de Davos, afin de participer au Midem, marché international du disque, qui l'avait accueilli pour la première fois en 1973, avec sa consœur bahianaise Gai Costa.Entre une rencontre préparatoire de Tannée France-Brésil prévue pour 2005 et un dîner privé — en prime, un bœuf avec le violoniste israélien Ivry Gitlis et Iharmonicis-te amateur Claude Nobs, directeur du Festival de jazz de Montreux — , le ministre en dreadlocks bien rangées réitérait «son attachement à la lusophonie, à la francophonie et à l’Afrique».L’histoire de Gilberto Gil avec la France passe par des décorations (celle de chevalier des Arts et des Lettres, remise par Jack Lang en 1990, puis celle de commandeur en janvier 2003 par Jean-Jacques Ailla-gon), des festivals d’été en pagaille, des Olympia bondés, et un tube composé en français aux belles heures de SOS-Racisme, Touche pas à mon pote, où il est question de Harlem Désir et de Yannick Noah, ainsi que de la France «terre ARCHIVES LE DEVOIR Gilberto Gil d’accueil».Mais en 1969, après quelques mois passés dans les geôles des généraux au pouvoir au Brésil, c’est à Londres qu’il choisit de s’exiler en compagnie de son ami Caetano Veloso.Gil chanteur vient de publier un album consacré à Bob Marley et au reggae, «sorte d’internationalisme noir».Gil politique fut un militant du «black is beautiful» dès les années 1960, à une époque où le concept n’était pas de mise dans un Brésil dominé par la dictature et l’obsession de l’identité nationale.Invité au Nigeria à participer au Festival d’art et de culture nègres en 1977, il rencontre Fêla à Lagos.Gilberto Gil, qui vit à Rio de Janeiro, n’a pourtant jamais tout à fait quitté Salvador de Bahia, la plus grande ville noire du Brésil.fi reste très lié à la culture des afoxés, ces groupes de militants nègres, percussionnistes de tradition yoruba, qui animent le carnaval et les quartiers.Gil appartient au Ilê Aiyé, qui, à sa création en 1974, n’acceptait que les Noirs et les métis.Depuis, les règles se sont assouplies.En 1998, il crée avec le Pemamboucain Nana Vasconcelos, le Percpan, Festival international de percussions, qui eut pour premier mérite d’introduire le djembé dans les mœurs brésiliennes.Exporté à Paris, le Percpan (Latitudes Brésil à La Villette en 2001) apporta l’un des meilleurs récitals de Gilberto Gil, consacré aux chansons de Luiz Gonzaga, accordéoniste, chanteur, symbole du peuple paysan du Brésil nordestin, mort en 1989 — Gil s’était replongé dans le Nordeste de son enfance en composant cette année-là la bande originale du film Eu tu eles, du jeune réalisateur Andrucha Waddington.Né en 1942 à Bahia, d’un père médecin et d’une mère institutrice, Gilberto Gil a cultivé les racines hybrides du Nordestç — vaste région qui englobe sept Etats du nord du tropique du Capricorne et du sud de l’Equateur.Etudiant en administration d’entreprise à Salvador de Bahia, il apprend l’accordéon, instrument symbole des fêtes nordes-tines.Puis, à la fin des années 1960, ii invente avec Caetano Veloso, Maria Bethania, Gai Costa, Torn Zé, le tropicalisme, entreprise de déstructuration de la bossa-nova et de la chanson bien-pensante, qu’il nourrit de ses créations fortement ancrées dans le social, truffées d’allusions politiques qui lui valent Tire des militaires arrivés au pouvoir en 1964.Maigre budget Sa nomination à la Culture a fait grincer des dents au Parti des travailleurs fondé par Lula.Les intellectuels du PT lui reprochent notamment d’avoir tourné casaque en soutenant Fernando Henrique Cardoso à la présidentielle de 1998.Ils sont aussi incommodés par ses accointances anciennes et indéfectibles — qu’il partage avec son compère Caetano Veloso au nom de l’intérêt supérieur de la «bahiani-té» — avec le sénateur Antonio Carlos Magalhaes, grand cacique politique de Bahia et figure sulfureuse de la droite brésilienne.Militant d’un Parti vert (FV) qui a pris il y a quelques années ses distances avec le PT, le chanteur a d’autre part déclenché une volée de critiques en annonçant qu’il allait, en raison des onéreuses pensions alimentaires qui grèvent son budget, poursuivre ses tournées artistiques pour compléter ses émoluments ministériels équivalant à 2000 euros, soit plus de 300 fois le salaire minimum.Après tout le ministre Pelé menait bien de pair son activité gouvernementale et ses campagnes de publicité.Comment le nouveau ministre de la Culture prétend-il s’illustrer dans un rôle ingrat où son prédécesseur, Francise Weffort transfuge du PT, s’est distingué par son extrême discrétion?«Nous savons très bien qu’en matière de culture, comme pour l’éducation et la santé, U faut examiner et corriger les distorsions inhérentes à la logique du marché, qui est toujours régie, au bout du compte, par la loi du plus fort», a déclaré un Gilberto Gil exceptionnellement cravaté à l’occasion de son investiture, le 2 janvier à Brasilia.Quelques jours plus tard, à l’occasion de la présentation de son staff à la presse, le barde sexagénaire de la musique populaire brésilienne justifiait non sans lyrisme, l’intervention étatique qu’il entend financer avec ses maigres deniers ministériels: «R faut, a-t-il clamé, procéder à me sorte de doin anthropologique, en massant des points vitaux, mais momentanément délaissés ou endormis, du corps culturel.» MADAME BUTLERFLY LÉGENDES INTEMPORELLES Edith Butler Kappa (Sélect) La musique d’Édith Butler avait certes besoin d’un ravalement de façade: le très bel album A l’année longue de 1995, dont l’allégeance folk-rock quasi Byrds avait beaucoup à voir avec la participation de Francine Raymond et Pierre Bertrand, n’avait hélas pas assez frappé les esprit^ pour reléguer au* oubliettes l'Edith des partys d’Edith, contraignante perception.Huit ans plus tard, dame Butler n'ayant plus rien à perdre a décidé de frapper encore plus fort genre machinerie lourde.S’ils ne com- prennent pas cette fois que je tente d’évoluer, s’est sûrement dit Tégé-rie de Paquetville, ce ne sera pas faute d’avoir essayé.La voilà donc complètement ailleurs, mais alors là dans un ailleurs qui n’est vraiment pas de chez nous, livrant ses airs traditionnels à l’aide de Catherine Lara, ,à la manière de Catherine Lara.A la manière de la Lara d’Aral, s’entend.Aral?C’est le récent disque de pièces instrumentales de la violoniste-hérisson, données façon Deep Forest, avec les gars de Deep Forest dans le décor.La façon Deep Forest?J’appelle ça de la musique ésotérico-électroni-co-pompière.De l’ambiance gran-dilo-grandiose en pot.De l’ersatz de Carmina Burana à la sauce ceT tico-moyenâgeuse, avec des tas de programmations à Tordi.La version pas reposante de la musique de relaxation.Du nanane pour la boutique Quintessence de Saint-Sauveur et assjmilés.Saisissez?Voilà donc Edith Butler sautant VOIR PAGE E 7: VITRINE U* FHx RIDEAU 26>C>3 Depuis treize ans, les prix RIDEAU soulignent le travail d'artisans de la diffusion des arts de la scène, qu'ils soient diffuseurs, producteurs, agents, artistes ou partenaires de la diffusion.L'ardeur, Tingéniosite et la passion qui guident ces gens mènent à des résultats éloquents.Ces prix ont été remis lors de la soirée de clôture de la Bourse RIDEAU 2003 le 20 février au Theatre Capitole de Québec.Grâce à la contribution de Loto-Québec, commanditaire officiel des prix RIDEAU, les lauréats ont reçu une estampe originale de l’artiste Marc Séguin.www.rideau-inc.qc.ca Karen Young f / îac des Vtxvuxee/ (ejo œquxy) Société de diffusion culturelle de la Baie-des-Chaleurs ÏÆ/ J*** Luc Mercure - Diffusion culturelle de Lévis Andre Menard - Festival International de Jazz de Montréal Prix P cuire Yuxeicut et et» f0^0*0" d« développement des arts •I lo cl.,,, de Ville to T„que e, RSo“ JCFim pcuo TcnM'née/ c us pwhli.l’i" ^ Al'' P Tidcr I nCtiatiA/e' Ligue d’improvisation à Torai V p ans 0 11 > r< > CH)f:m c: LE DEVOIR.LES SAMEDI I “ ET D I M A N (' Il E 2 M A R S 2 O O A Culture DISQUES Spectacles La vie est moins dure quand Clémence chante Jensen en concert et sur disque On avait sur disque la Près-qu’intégrale de ses monologues.On a maintenant quinze de ses quelque 200 chansons.Ses immortelles.C’est-à-dire celles qui parlent tout doucement de mort et de vie.Comment avait-on pu vivre sans?SYLVAIN CORMIER Combien d’étoiles?» On n’était même pas assis qu’elle voulait savoir si j’avais aimé son disque.Des étoiles! Clémence DesRoehers est à 69 ans la petite fille excitée qu’elle a toujours été, quelque part entre ses personnages d’Odette et Valentine, pour toujours la Kikite de papa Alfred.Je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de cotes d’appréciation pour les disques au Devoir.Seulement des mots.«As-tu aimé ça, d’abord?» Bien sûr que oui.Les chansons de Clémence, surtout les plus poétiques et les plus tendres et les plus terriblement vraies quelle a choisi de réenregistrer et de réunir sur l’album De la factrie au jardin (laissant de côté les drôles), sont les chefs-d’œuvre d’art naif de la chanson québécoise.Naïf comme dans limpide, comme dans pur.Pure doideur, pure tristesse, pure peur, pure joie, pur émerveillement, pure beauté.La Grosse Raymonde, par exemple: «À chacun son tour on pleure sur le monde / A chacun son tour on pense en mourir/ Ce soir c’est au tour de la grosse Raymonde / Elle a des sanglots qui coupent le respif».Rien à ajouter, rien à enlever.A la fois la plus belle et la plus simple expression.Et c’est encore plus beau quand c’est chanté par Clémence.Même si elle n’a pas le coffre fort des chanteuses québécoises.Et peut-être justement parce qu’elle n’est pas perçue comme une vraie chanteuse.La douceur, la fragilité même de son timbre, ce petit trémolo à la fin de ses notes, tout est conducteur d’émotion.Je le lui dis.Elle est contente.Etoiles dans les yeux.«Je suis comme la fille dans chaque famille québécoise qui n'est pas chanteuse professionnelle, mais qui aime chanter.Celle qui n'a pas un gros, gros registre, mais qui chante joli- A T JACQUES GRENIER LE DEVOIR Clémence DesRoehers: «Je suis comme la fîlle dans chaque famille québécoise qui n’est pas chanteuse professionnelle, mais qui aime chanter.» ment.Pour chanter La Vie d’factrie, c’est parfait.La fille là-dedans, elle citante, fai rien à dire.Tu peux pas chanter ça en mettant de l'emphase.D'ailleurs, j’ai toujours trouvé que les gens qui chantent mes textes, en général, en mettent trop.» Nouveaux arrangements Ah.Même Pauline Julien?«Surtout Pauline.En plus, fallait toujours qu’elle change des mots.Elle était fatigante!» Clémence s’esclaffe.Il y a tout l’amour de Pauline et tout l’amour de la vérité dans ce rire.«Elle était intense.Elle appelait à six heures du matin.Mon père la trouvait ben énervante.» Et Clémence de me redemander si j’ai aimé le disque.Et moi de répondre que, puriste, je préfère toujours les versions originales, même quand les arrangements sont vieillis.Même si je comprends parfaitement qu’elle préfère les reprendre dans de meilleures conditions.Même si je trouve que le réalisateur-arrangeur Denis Larochelle et les autres musiciens ont admirablement servi les chansons.«Tes bloqué! Pour moi, la grosse différence, c’est que là, je trouve ma voix belle.Avant, je ne pouvais pas m'écouter.Ou bien on me faisait chanter trop haut, ça forçait.Ou bien j’étais enterrée par la batterie.» Après quinze minutes auprès de Clémence, c’est fou, on est tout nu.On parle.Je lui dis qu’à mon goût il y a trop de flûte.«Moi non plus, je suis pas très flûte, renchérit-elle.Denis est ben flûte.» Désarmante transparence.«Mais la clarinette, c’est ben beau.» Ce qui est surtout bien, lui dis-je, c’est qu’on a pour la première fois ses chansons douces existant pour elles-mêmes, sans monologues et chansons comiques pour en atténuer l’effet «Sur scène, il fallait alterner.Mais sur disque, je peux ne pas être drôle.» De la factrie au jardin, les chansons parlent de mort (Full day of mélancolie), de rupture (La Ville depuis), de solitude (Le Lac en septembre), d’enfants qui partent (Où sont les enfants?), mais aussi, et de plus en plus à mesure que le disque avance, de «fraises en mai» (On a eu un bien bel été) et du «coin de la terre / le plus beau» (La Chaloupe Verchères).Ce n’est pas le rire qui permet de supporter l’intolérable, mais la nature.«Cest triste la vie, commente-t-elle.Il y a toujours des morts.Toujours quelqu’un qui a une peine, une maladie.Toujours quelque chose de grave, mais en même temps, il y a un petit vent d’été qui vient te caresser la joue.» Pour ça, pour la tristes se partagée et pour le vent d’été, je lui donne toutes les étoiles qu’elle veut Dans son cahier de petite fille.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Les deux concerts de Tomâs Jensen cette fin de semaine au bistro culturel le Va-et-Vient, dans Saint-Henri, marqueront l’histoire de la petite boi te.Non seulement Jensen éprouvera une nouvelle formule d’avant qu’il ne s’installe ici, mais ces concerts constituent les premiers pas d’une nouvelle étiquette, Edectik, essentiellement consacrée aux enregistrements en concert.Le chansonnier engagé, la trentaine à peine entamée, se prête volontiers à cette première.Le groupe Caïman Eu y a bien enregistré son album-démo sur place, en concert, mais l’approche sera systématisée.11 faut dire que Jensen est un proche du Va-et-Vient.«Je le connais.Je lui ai parlé du bistro six mois avant qu’il n'ouvre.Ç’est symbolique que ça commence avec lui» Eric Pineault, proprio de l’endroit.«Le projet part de l’enregistrement, jusqu’à la sortie de l'album.Les artistes gardent leurs droits.On sépare les frais à SOSO.» Un troisième associé se joint à l’aventure, à la sono.Le bistro a comme projet de publier chaque année une compilation «live au Va-et-Vient».La compil comme les disques seront à l’image de ce qui se joue sur la rue Notre-Dame: jazz, chanson, musique plus actuelle, etc.La petite institution vise à élaborer des archives de tous les concerts joués sur cette scène et de les rendre disponibles sur des postes d’écoute, dans Le nouveau disque de Jensen devrait sortir au printemps , lance un autre volet de l’affaire, qui serait d’ouvrir une boutique de disques.Par ailleurs, explique Pineault, «on ne veut pas se limiter au show live, mais pour /instant, les coûts sont minimisés par cette approche.Iss albums studios sont dans nos plans.» Pour l’occasion.Jensen revient à un genre qu’il avait affectionné avant de s’installer à Montréal, un projet d’avant les Faux monnayeurs, son groupe actuel.Los Deux, que ça s’appelle, tout sim plement.Deux, c’est Jensen et un comparse, le contrebassiste David Eglème, débarqué au pays exprès.L’affaire est un projet démarré en France.«C'est de la chanson pure et dure, plus classique que ce que je fais avec les Faux monnayeurs.C'est plus poétique, un peu moins engagé en général», explique le compositeur-interpète.Jensen explique que depuis qu’il est ici, il a composé une dizaine de pièces qui collaient moins à ce qu'il tait avec son groupe.«Je me suis dit, pourquoi on ne ferait pas un deuxième disque avec Iss Deux.J’en ai parlé avec Éric et nous nous sommes entendus».Plus intimiste, «moins fêtard», ce projet convie la voix, la guitare et la contrebasse.les concerts comprendront les pièces du premier disque du duo et les nouvelles.Mais le disque sera rempli de nouveautés, onze au total.Une d’entre elles a été écrite, paroles et musique, par Ivy du duo québécois Ivy & Reggie.Le disque devrait sortir au printemps.Entre-temps, ne cherchez pas le premier disque de les Deux.Jensen n’en possède plus que quelques rares copies.Mais ce premier disque devrait être réédité sous peu.On se le souhaite.VITRINE DU I) S Q V SUITE DE LA PAGE E 6 à pieds joints dans cette marmite.Grand bien lui fasse.H y a un public pour ça.large public: voyez l’engouement planétaire pour Deep Forest.Pas difficile d’imaginer pour Edith un joli succès à travers la francophonie.Le genre celtique gonflé à l’hélium a la cote dans les vieux pays, où l’on aime encore plus «faire moderne» qu’ici.Ce n’est pas un reproche, tout juste un constat.N’empêche que moi, je peux pas.C’est cutané.Démangeaisons.Urticaire.Grattage au sang.Ça m’irrite au moins autant que ça m’assomme.A mon sens, ça manque surtout de.mesure.Mon celtique, je le goûte plus du côté d’une Claire Pelletier, qui a chevillé au corps l’art de doser.Pour moi, tous ces arrangements estampillés Lara dçs Marie Cais-sie, Grain de mil, A la claire fontaine, L’Enfant au tambour et autres Meurettc me semblent excessivement chargés, étouffant les mélodies sous les bruitages apocalyptiques et les chœurs célestes.Seule Le Mois de mai est délicatement sertie de cordes: le reste est perdu dans la forêt profonde.Libre à vous d’y pénétrer: je vais plutôt réécouter [m 20, ma chanson préférée d’À Tannée longue.Sur l’asphalte.Sylvain Cormier .1 A /.Z TC HAT Rémi Bolduc Justin Time La sonorité du saxophoniste Rémi Bolduc a ceci de rare, et de très séduisant, qu’elle est chatoyan- VOIR PAGE E 8: VITRINE QHCQ.v McGiii SYMPHONIQUE DE MONTREAL Montréal Nouvelles Musiques Festival international du 2 au 11 mars 2003 Honneur aux Pays-Pas ! 19 concerts, 50 compositeurs, 300 musiciens, 8 conférences, 5 classes de maître, 1 colloque et 1 concours CBC*fr radiate* jggglRfcïi if: Ensemble contemporain de Montréal Hilliard Ensemble KlangforumWien La Nef McGill Contemporary Music Ensemble McGill Symphony Orchestra Orchestre symphonique de Montréal Elektra/Purform Société de musique contemporaine du Québec Quasar, quatuor de saxophones Quatuor Molinari Quatuor Bozzini Réseaux SuperMusique Trio Fibonacci VivaVoce www.festivalmnm.ca (514) 843-9305 —iSïLss 1*1 ÿglT* L* hmdmtkm SOCAS B^+ MARSH e m • YAMAHA ARCMAMBAUJ* UIKWIH Masiik ORCHESTRE DE CHAMBRE MCGILL PRESENTE UN HOMMAGE À McGILL Boris et Alexander Droit, chefs d'orchestre Avec le Groupe vocal de McGill et les gagnants du concours Concerto Sophia Kim, piano et Eva Kozma, violon Œuvres de Holst, Mendelssohn et Æ ¦ Handel Le lundi 10 mars 2003 20 h Salle de Concert Pollack : 555, rue Sherbrooke Ouest Commanditaire du concert: Parrainé par Gaz Métropolitain série Topaze Cinquième salle Place des Arts Billets en vente au 514 842 2112 Réseau Admission 514 790 1245 Pour en savoir plus et acheter des billets, visitez le site www.OCm-mCO.OrCJ ou appelez Orchestre de chambre McGill (514) 487-5190 LUNDI, 10 MARS 2003, 20h Lé Philharmonica Quartett Berlin Renseignements : Promu Québec Programme MUSICA DIMANCHE, 9 MARS 2003, 11 h JIMMY BRIÈRE, piano Programme : Huit improvisations, opi 20, Sz 74, de Bartôk Sonate en si mineur, de Liszt Sonate n°7, op.83, de Prokofiev Billets : 22 $, 10 $ (taxes et redevance en sus| Renseignements et réservations : Promusica 514 845-0532 Atelier d'éveil musical pour enfants de 5 à 10 ans, pendant les concerts Coût 3 $ par enfant; maximum 35 enfants Hydro k Québec orésente Québec ThéAtrs Maisonneuve Place des Arts Bill«U «n vente eu 514 842 2112 et au www.p4a.qe.ee Réseau Admission 514 790 1246 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI l ET DIMANCHE 2 MARS 2 0 0 3 E S -* Culture *- Momie blues étais en Égypte la semaine dernière, trop contente de pouvoir enfin regarder le sphinx dans le blanc des yeux et de fouler le sable autour des pyramides.En chaque visiteur occidental sommeille, il est vrai, un égyptologue, la fréquentation précoce et intensive de bandes dessinées, la lecture d’œuvres ésotériques entourant les malédictions de momies vengeresses et la fascination pour Toutankhamon et autres pharaons cousus d’or dans leurs sarcophages sont à l’origine de puis-saqtes vocations, prêtes a jaillir au moindre appel.A l’heure de parcourir les dédales du Musée égyptien et de s’approcher des pyramides, on rêve aux trésors des grandes civilisations éprises d’immortalité en s’imaginant être ffoward Carter en train d’ouvrir un tombeau scellé de la vallée des Rois.Photos à l’appui.Et pourtant.Même avec une âme d’égyptologue en ardent éveil, certaines situations, là-bas, semblent irréelles.Qui eût dit qu’un jour je me retrouverais au Caire à un dîner du Club Kiwanis, section féminine, pour assister à une conférence en arabe sur le mystère de la Grande Pyramide?Personne.Or l’unique façon de rencontrer Zabi Hawass, le très médiatique directeur général du Conseil des antiquités égyptiennes, était de l’immobiliser après son exposé devant ces dames.Entourée de femmes cairotes aux grosses bagues en or, qui buvaient les paroles de l’orateur comme du petit lait, j’attendais donc mon entrevue, mi-stoïque, mi-amusée.Fort intéressante conférence au demeurant, si j’en crois la traduction de mon interprète.On doit à Zabi Hawass, archéologue et membre du gouvernement.Odile Tremblay ?la découverte des tombeaux des ouvriers constructeurs de pyramides.C’est lui aussi qui a dirigé en septembre dernier un petit robot chargé de sonder (en vain) les entrailles de Khéops.Le robot a frappé un mur, mais l’archéologue planifie de nouvelles explorations, espérant découvrir un jour l’énigme de la Grande Pyramide qui, avec ses circuits d’aération, pourrait receler un alléchant contenu funéraire.Depuis des siècles, tant de conjectures fantaisistes ont entouré l’édification des pyramides qu’à force de voir les gens gober les théories fumeuses, Zabi Hawass est devenu obsédé par les faits, rien que par les faits.«Qui les a construites?Quand?Comment?, demande-t-il.Tout le reste n’est que foutaise ésotérique.» Les élucubrations selon lesquelles des peuples mythiques, voire des extraterrestres, auraient érigé ces gigantesques monuments le mettent en furie.«Lqs Egyptiens ont construit ces pyramides», proteste-t-il.A ses yeux, la découverte des tombes des ouvriers bâtisseurs est capitale parce qu’elle fournit la preuve que ces blocs de pierre n’ont été transportés ni par des Martiens ni par des citoyens de l’Atlantide mais bel et bien par des enfants du pays en chair et en os, dont les restes témoigneraient d’ailleurs d'une ressemblance criante avec les Égyptiens d’aujourd’hui.Hélas! Les pharaons ne sont pas nécessairement prophètes en leur pays.On sent d’entrée de jeu que bien des Égyptiens, à l’instar d’autres peuples au passé glorieux — les Grecs, par exemple —, éprouvent des complexes face à leurs ancêtres: l’impression de ne pas être à la hauteur, traduite par un refus d’y plonger.En tout cas, Zabi Hawass n’en finissait plus l’autre jour de déplorer l’indifférence de ses compatriotes face à un legs jugé fascinant par le reste de l’humanité.Il s’est même juré de captiver les Égyptiens au sujet de leur histoire, en plus de leur redonner une partie d’un héritage culturel disséminé à travers la planète.Tout un programme! Au Louvre, au British Museum, au musée de Munich comme ailleurs, les trésors égyptiens flamboient à pleines salles.Sans vouloir arracher à ces vénérables institutions l’ensemble de leurs richesses pharaoniques, Zabi Hawass eptend récupérer une partie du patrimoine national.A tout le moins quand la preuve est établie que des biens ont été acquis par piljage.Certains sarcophages importés illégalement d’Égypte à Toronto sont entre autres l’objet d’intensifs pourparlers.11 précise avoir ouvert le département d’État des artéfacts volés, promulgué une loi protectrice.«Nous avons fait arrêter deux personnes qui creusaient sans permis dans la vallée des Rois.Ce genre de situation ne sera plus toléré», assure le directeur général du Conseil des antiquités.Hep!, se dit-on quand même.Récupérer est une chose.Reste à mettre en valeur les trésors du pays.Parce que, voyez-vous, le Musée égyptien du Caire, comme c’est là, tient de la vraie caverne d’Ali Baba.Tout et rien s’y entassent en vrac: bijoux, sarcophages, statues, momies, masques, figurines.Il y a bien quelques fiches d’identification jaunies, souvent manuscrites, pour identifier quelques artéfacts, mais allez vous y retrouver.Sans compter que le gros des collections crpupit au sous-sol, privé de vitrines pour s’exposer.A entendre Zabi Hawass, les jours d’un pareil bazar sont comptés.Un nouveau Musée égyptien sera construit au cours des prochaines années, interactif, moderne, digne écrin pour l’or des momies, promet-il.Faut-il compter là-dessus?Mystère.On pense à la guerre qui plane sur la région, mettant peut-être en péri] les projets de musée, à la somme colossale que coûterait le projet.Pids on admire les pyramides rescapées de toutes les catastrophes, encore scellées sur leurs secrets.Et leur vue nous rassure.Les âmes d’égyptologue ne se laissent pas démonter si facilement par la moindre caverne d’Ali Baba.On quitte alors Le Caire avec la tête pleine de mythes, comme on y est venu.* Je sais que je ne tiens pas en place, mais au moment où vous lirez ces lignes, j’arpenterai des rues grecques à l’occasion du Festival du documentaire de Thessalonique.Je vous en donnerai des nouvelles.otrembhiVqledevoir.com SUITE DE LA PAGE E 7 te.C’est en tout cas celle qu’on entend sur l’album intitulé Tchat qu’il a concocté en compagnie du pianiste Kenny Werner.Dans l’univers du jazz, les duos sont plutôt rares.Gommer le soutien de la contrebasse, laisser la batterie au placard, accrocher la guitare sur le porte-manteau, c’est avoir un goût prononcé pour le risque.Instrumentation oblige, le duo s’avère synonyme de ballades.De temps lents.Toujours est-il qu’il y a eu dans le jazz de grands duos, de fabuleux dialogues à deux.Qu’on pense à ceux de Horace Parian et Archie Shepp, de Chet Baker et Paul Bley, de Houston Person et Ron Carter, de Randy Weston et David Murray, de lee Konitz et Harold Danko et enfin, pour ce qui nous occupe aujour- d’hui, celui de Kenny Barron et Stan Getz.D y a ime bonne dizaine d’années de cela, Barron et Getz avaient signé un album exemplaire.En quoi?La ballade et le souci de la précision dominaient le tout On rappelle cela parce que c’est exactement à cela que nous fait penser Tchat.Le duo Bolduc-Werner.Ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont gravé, s’avère une suite, et non une copie, aux petits bijoux enregistrés par leurs aînés.On sait que les musiciens n’aiment pas qu’on évoque ou cible les influences.11 n’empêche qu’à peine Bolduc avait joué quatre ou six notes, on s’est senti en présence de Stan Getz.Comme ce dernier.mais aussi comme Paul Desmond, Bolduc a le goût de la pureté.L’amour de la note mélodieuse.Jamais il n’est agressif.Jamais il ne joue contre la musique, mais bien avec elle.VITRINE D Au piano, il s’est adjoint un caméléon.Un homme capable de devancer, de soutenir, d’appeler, de freiner quand il le faut et comme il le faut.Pianiste prisé par les plus grands du genre, Kenny Wemer se distingue ainsi: il ne concède jamais un pouce au racolage.Serge Truffaut FOLK WELCOME CRUMMY MYSTICS Frankie Spare (Constellation) Au même titre qu’Hangedup, Frankie Sparo demeure l’un des secrets les mieux gardés de la scène musicale montréalaise.Après une collaboration fructueuse avec The Silver Mt.Zion, l’auteur-composi- U DISQUE teur anglophone s’aventure encore plus loin sur Welcome Crummy Mystics.Avec des fondations introspectives comparables à My Red Scare, ces nouvelles pièces s’enrobent désormais d’une section de cordes, de cuivres, d’un chœur, de même que de quelques nuances électroniques.De la ballade élégiaque au rock incongru, Sparo et sa complice N.Moss inventent une écriture polymorphe où les textures sombres varient selon les goûts comme selon les humeurs.Jamais hermétiques, ces morceaux ne cessent d’approfondir des climats d’une beauté aussi limpide qu’intense.Avec l’aide d’Efrim (Godspeed, Silver Mt.Zion) à la production, des extraits tels Hospitalville ou City As Might Have Been transportent cette fanfare folk sur un chemin des plus évocateurs.Encore une fois, les textes de Sparo vont de la féerie urbaine au portrait le plus subtil.Il y a aussi une magnifique complainte en français, sobre ment intitulée Caméra.Un autre superbe album de la part des gens de Constellation.Le lancement a lieu ce soir à la Casa Del Popolo.David Cantin É L E C T R O DELHI 9 Tosca (!K7-Fusion III) Depuis le phénomène Kinder & Dorfmeister, Tosca est devenu une référence incontournable du down-tempo à l’échelle mondiale.Comment expliquer un tel engouement?Il est pourtant vrai que le duo viennois fait les choses avec classe, bien que Richard Dorfmeister et Rupert Huber retournent toutefois à la case départ sur Dehli 9.Puisant dans la musique du monde (les influences turques notamment), le jazz et la culture psychédélique, cette électronique, parfois racoleuse, tente de séduire sans trop remettre en question une formule gagnante.On demande à quelques précieux collaborateurs (Anna dementi, Earl Zinger, Graf Hadik) de venir chanter sur certaines mélodies plutôt décoratives.Pourquoi cette impression de redite continuelle?Il faut dire que Tosca vise une clientèle qui savoure, langoureusement, une musique à la mode du jour: beaucoup d’artifices mais peu de réelle substance.Le résultat final laisse songeur, surtout à l’écoute d’un deuxième album où des variations pour piano se frottent à un dub un peu trop chic.Même si les fans risquent encore d’adorer, Tosca ne franchit aucune nouvelle frontière sur Delhi 9.Est-ce le down-tempo qui serait en panne d’inspiration?D.C.ARTISTES VARIÉS The Night Is Young, VoL 3 (Fusion III) Prendre un peu d’avance sur l’été.Avec ce troisième volet de la compilation The Night Is Young, l’étiquette belge Life Enhancing Audio fait dans la continuité.Mais quand la recette est bonne, à quoi bon la changer.Un peu chillout, parfois deep house avec des tonalités de bossa nova ou de flamenco, ce nouvel opus affiche clairement ses couleurs — suaves! — en proposant une invitation au voyage dans «l’esprit du soleil couchant».Avec succès.En 75 minutes, la magie de la gititare espagnole, savamment remixée par Enrico Riva, du jazz de Dizzie Gillespie mis au goût du jour par Georges Russell ou encore des trompettes impressionnistes du Clan Greco, opère.Le résultat: une incontrôlable envie de se dandiner sur sa chaise ou, mieux, de partir au volant d’une voiture décapotable le long d’une route de bord de mer.Note: l'album peut également très bien s’écouter sur le patio d’une maison du 450 ou dans un salon branché du Plateau.Fabien Deglise 22e saison C ,6èncerts piano Dorothy Fieldman-Fraiberg violon Nadia Francavilla violon Yukari Cousineau alto Annie Parent violoncelle Vincent Bernard Œuvres de Eggleston.Shostakovich I Brahms jeudi 6 mars, 20 heures Salle Redpath.Université McGill Entrée libre vertu (ftf« entente avec ia PédèraitOè Amôncatf’e des Musiez fAÉMi.ieiconvagriM de deques sutweniorrerit ir ce» événement-rtuscai pour active Dafi enlriritseoeaGuttdedesMuscienscXiOuebHC Les coulisses montent sur scène, Pour la première fois, BMO Groupe financier vous invite à soumettre la candidature d'un concepteur d'ici au prix Siminovitch.Édairagistes, techniciens de sons, costumiers, concepteurs de décors: tous les artisans du théâtre qui ont su vous en mettre plein la vue cette année sont admissibles à ce prix, l'un des plus prestigieux au pays.Le gagnant recevra 100 000 $.Inscrivez votre candidat en visitant le www.prixsiminovitch.com avant le 30 mai 2003.BMO e Groupe Prît V U financier Siminovitch J, THÉÂTRE Montréal Nouvelles Musiques Festival international du 2 au 11 mars 2003 www.festivalmnm.ca (514) 843-9305 Concert d’ouverture du festival Le 2 mars à 19 h 30 : Démons et merveilles Ensemble de la SMCQ, direction Walter Boudreau, Salle Pollack (514) 398-4547 21 h 30 : Petites musiques sentimentales Tout Daoust, Musée d’art contemporain de Montréal (514) 847-7226 5NCQ.^ McGill ABffil ommvntE SYMPHOMQUG I» MHNTHFA1 *1007 »> S i i
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