Le devoir, 22 février 2003, Cahier G
LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET D I M A N C H E 2 S FÉVRIER 2 O O S LE DEVOIR MUSIQUE Montréal/Nouvelles Musiques Walter Boudreau Il est un des coordonnateurs de la première édition de la biennale Montréal/Nouvelles Musiques.Du 2 au 17 mars prochain, au MNM, le choix abonde et des invités aussi prestigieux que l'ensemble vocal Hilliard de Londres ou Cornells de Bondt et Klas Torstensson des Pays-Bas seront à l'affiche.Présentation d'une projet audacieux.Page 3 Denys Bouliane L'autre organisateur de Montréal/Nou-velles Musiques.Son travail premier est de même nature.A McGill, il enseigne autant qu'il dirige.Il y a de quoi faire dans une institution qui compte 700 étudiants en musique et produit annuellement quelque 450 concerts et événements musicaux.Page 4 uvertes Pour que le Québec devienne de la création musicale entre une véritabl l’Europe et e plaque tournante l’Amérique Un autre festival est né à Montréal! Entre le 2 et le 11 mars, 35 événements constitueront la première édition du festival international Montréal/Nouvelles Musiques (MNM).Sans être l’instrument d’un courant particulier non plus qu’un «fourre-tout», MNM se présente à nous comme une grande fête où l’on pourra entendre de nombreuses musiques de création tant acoustiques qu’électroacoustiques, mixtes et improvisées, de plus d’une cinquantaine de compositeurs d’ici et d’ailleurs.Lorsque l’on étudie la programmation du festival, on y décèle la possibilité pour chacun d’établir un parcours musical et intellectuel (par l’intermédiaire des rencontres avec les compositeurs) adapté à ses intérêts et sa sensibilité.MICHEL DUCHESNEAU On se rappellera de la création en 1998 du festival Musique au présent à l’Orchestre symphonique de Québec, codirigé par Walter Boudreau et Denys Bouliane.Dans l’espoir de créer à Québec un événement international et de se définir un nouveau profil, l’OSQ avait décidé de fonder de toutes pièces un festival de musique contemporaine.Cependant, la direction de l’orchestre, tout comme le tandem Boudreau-Boulia-ne, se rendirent à l’évidence après trois éditions que l’aventure ne pouvait être poursuivie.Les conditions premières nécessaires à la réussite d’un tel événement n’étaient pas encore réunies.Malgré la disparition (ou l’échec) de Musique au présent, il était évident que le milieu de la création musicale au Québec devait se doter d’un tel outil.Il fallait créer un lieu d’accueil permanent, sorte de vitrine du grand dynamisme de notre milieu, doté de moyens adéquats afin de pouvoir supporter la comparaison avec d’autres grands festivals internationaux de par le monde, n était enfin nécessaire que le Québec puisse à son tour accueillir les compositeurs et musiciens étrangers, tout comme le sont depuis des années les musiciens québécois, qui font le tour de la planète.Boudreau et Bouliane n’hésitent pas à nous rappeler que «le devenir tout entier de notre culture musicale est plus que jamais tributaire de l’originalité et du dynamisme dont nous oserons /aire preuve au cours des prochaines années».A ce titre, MNM est en définitive tout à fait exceptionnel.Il est en effet rare qu’un tel événement soit dirigé par des compositeurs.Souvent, la direction artistique de ce genre de manifestation est confiée à une tierce partie, théoriquement neutre.Cette singularité de MNM fut longuement débattue.Il s’agit cependant d’une particularité fondamentale du festival et si, pour certains, il pourrait y avoir apparence de conflit d’intérêts, pour la plupart il s’agit en fait d’un gage d’intégrité et d’excellence propre à servir la création musicale d’ici.C’est donc sur ces bases que les codirecteurs et les membres du comité artistique de la SMCQ ont conçu le festival.MNM est d’abord et avant tout, un lieu de rencontre et un tremplin ou «l’échange» devient une monnaie pour la circulation des œuvres et des artistes.Entre les désirs et leur concrétisation, il y a cependant une grande distance à parcourir.Dans le cas de MNM, on ne peut passer sous silence que les conditions budgétaires liées à sa naissance ont été difficiles.Malgré un support appréciable des paliers provincial et fédéral, MNM a été confronté à une situation paradoxale, soit celle de devoir faire ses preuves pour obtenir un appui (des gouvernements, mais aussi de commanditaires potentiels) alors qu’il est très difficile de faire ses preuves sans financement adéquat.On ne peut donc qu’admirer le travail effectué par la direction du festival afin de répondre à cette commande impossible.Bien sûr, il a fallu imposer certaines limites à l’événement, mais avec plus d’une vingtaine de concerts, celles-ci ont été repoussées très loin, et il s’agit déjà d’un événement majeur.Dans ce contexte, on comprend d’autant mieux qu’il est cependant impossible d’inviter tout le monde, ni de jouer tous les compositeurs québécois d’importance.Des noms sont absents de cette première édition, comme d’autres le seront lors de la prochaine.Des grognements se font entendre, des impatiences agitent le milieu et des déceptions ont été exprimées.C’est inévitable! De toute façon, cette situation témoigne de toute l’importance et l’intérêt suscités par MNM.Les éditions subséquentes permettront probablement de répondre à certaines attentes, dans la mesure où les moyens financiers seront au rendez-vous.De par son extrême jeunesse — et probablement aussi pour se distinguer d’autres festivals du même genre dans le monde —, la direction de MNM n’a pas créé de focus sur une personnalité ou un genre particulier.Cependant, deux lignes de force se dégagent.La première concerne le compositeur québécois Michel Long-tin, dont les œuvres ouvriront et clôtureront le festival, et la deuxième est liée à deux compositeurs hollandais, Cornelis de Bondt et Klas Torstensson.On peut cependant s’étonner que le festival n’ait pas cherché à souligner le 20' anniversaire de la mort de Claude Vivier.Bien que MNM soit d’abord et avant tout un lieu pour une musique «vivante» et que l’on puisse juger qu’on a suffisam- ment donné de place à l’œuvre de Vivier — la SMCQ a fait sa part au cours des dernières années —, il n’en reste pas moins qu’il s’agit probablement de la figure la plus marquante de cette génération et qu’il aurait été bon de lui accorder une place dans cette édition de MNM.Québec et Pays-Bas La relation entre les Paysüas et le Québec en ce qui a trait à la création musicale n’est pas nouvelle et certains de nos compositeurs, tel Michel Gonnevil-le, ont des liens étroits avec les compositeurs hollandais.In «découverte» de Claude Vivier par le pianiste et chef d’orchestre Heinbert de Leeuw — devenu le «champion» de la musique du Québécois en Europe — n’est pas non plus étrangère à cet intérêt.En 1999, la SMCQ présentait en première nord-américaine Die Materie, une œuvre m'onu-mentale de Louis Andriessen, l’une des figures phare de Ja musique contemporaine hollandaise.A la suite de cette initiative, il n’y avait qu’un pas à franchir pour que le premier festival MNM soit l’occasion de créer une autre œuvre d’importance, le triptyque licks & Brain de Klas Torstensson.Suédois d’origine, mais vivant aux Pays-Bas depuis 1973, Torstensson domine la nouvelle génération de compositeurs hollandais.Venu au Québec notamment sur l’invitation du quatuor de saxophones Quasar qui a entamé, il y a deux ans, le montage du triptyque, il sera à nouveau à Montréal pour assister à la création nord-américaine de l’intégrale de son œuvre.Si l’on se fie à l’accueil que le public et la critique ont réservé à la présentation des deux premières parties de Ucks & Brain l’année dernière, ce concert sera sans aucun doute l’un des grands moments du festival.VOIR PAGE G 2: CRÉATION Il était évident que le milieu de la création musicale au Québec devait se doter d’un tel outil Sur s c e La Nef Quatuor M o Iin a r i Quatuor B o z zin i Trio Fibonacci Page 4 P u r F o r m Page 5 SuperMusi que Page 3 PETER DIMAKOS LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 FÉVRIER 2003 G 2 MUSIQUE CREATION Le principe de base de Montréal/Nouvelles Musiques consiste à créer des liens étroits entre les artistes étrangers invités, les compositeurs et les interprètes québécois et canadiens SUITE DE LA PAGE G 1 L’autre compositeur hgllandais est Cornelis de Bondt.Elève de Andriessen, De Bondt bénéficie d’une grande réputation en Europe, notamment grâce à des ^euvres qui lui ont été commandées par des formations prestigieuses comme l’Ensemble des instruments à vent néerlandais ou encore l’Ensemble Hilliard.On saisit alors immédiatement la conjonction Hilliard-Bondt-MNM.Nous aurons ainsi droit à une autre création nord-américaine, celle de Bloed (le sang) pour ensemble à vent (McGill Contemporary Ensemble) et quatre voue (Ensemble Hilliard).Cette œuvre fusionne musique de madrigaux et motets du XVI' siècle à l’œuvre du compositeur sur des textes tirés de la Torah, du théâtre d’Euripide et de Virgile.Une œuvre qui trouve son inspiration dans la réflexion sur la relation amour-guerre, et dans la rédemption par l’exorcisme d’un traumatisme, celui vécu par son père dans un camp de concentration.Un autre concert incontournable.Voix britannique et son de Vienne Le principe de base de MNM, qui consiste à créer des liens Le festival est produit par la SMCQ, dont le mandat est suffisamment large pour assumer étroits entre les artistes étrangers invités, les compositeurs et les interprètes québécois et canadiens, s’applique tout particulièrement dans le cas de l’Ensemble Hilliard et du Klangforum Wien.L’Ensemble Hilliard est l’une des formations vocales britanniques les plus réputées dans le monde.À l’aise tant dans le répertoire de la Renaissance que dans celui du XX' siècle, outre sa prestation avec le McGill Contemporary Ensemble, ce quatuor vocal donnera un concert a capella où il créera deux œuvres commandées par le festival: une œuvre du compositeur montréalais José Evangelista et une autre du compositeur vancouverois Paul Steenhuisen.Le Klangforum ^je Wien (le «forum du son de Vienne») est une formation toute particulière.Elle se présente comme un groupe démocratique de 24 membres où chacun a la possibilité de prendre part à toutes les discussions artistiques.Cette assemblée de musiciens remplace les structures hiérarchiques traditionnelles et décide du répertoire et des orientations esthétiques adoptés.Il me semble que ce mode de fonctionnement remet en question l’absolutisme de la «direc- ! Le Klangforum Wien (le «forum du son de Vienne») est une formation toute groupe démocratique de 24 membres où chacun a la possibilité de prendre part i SOURCE MNM articulière.Elle se présente comme un toutes les discussions artistiques.SOURCE MNM Le premier festival MNM sera l’occasion de créer une autre œuvre d’importance, le triptyque Licks & Brain de Klas Torstensson.tion artistique» et les résultats qui en découlent.Donnant en moyenne plus de 80 concerts par année, l’ensemble est désormais l’un des plus renommés en Europe pour l’extrême qualité de ses interprétations.D est particulièrement intéressant de constater que, dans le cadre de sa venue à Montréal, il a mis à son répertoire, à la demande du festival, les œuvres des jeunes Québécois André Ris-tic et Yannick Plamondon.Ce dernier recevra d’ailleurs à cette occasion le prix Jules-Léger pour son œuvre Autoportrait sur Times Square, qui sera jouée par la formation autrichienne.La présence d’œuvres québécoises dans le programme du Klangforum Wien nous offrira une excellente occasion de découvrir une autre vision de notre musique, une autre façon de l’aborder peut-être.Bien que nous ayons eu l’occasion d’écouter les Percussions de Strasbourg invitées par le NEM il y a peu de temps, il faut reconnaître qu’il était devenu assez rare à Montréal d’entendre de telles formations spécialisées et au profil international si fort.Pour le public tout comme pour les musiciens qui viendront les entendre, ce sera une expérience tout à fait exceptionnelle et parions que certains mythes tomberont d’un côté comme de l’autre.Nécessaires partenariats Le festival est produit par la SMCQ, dont le mandat est suffisamment large pour assumer ce rôle et dont la structure peut évoluer avec le temps.Mais la réali- sation d’un tel événement n’est rendue possible que grâce à l’appui de trois autres partenaires: l’Orchestre symphonique de Montréal, la faculté de musique de l’université McGill et la chaîne culturelle de Radio-Canada qui, entre autres, inscrit son concours national des jeunes compositeurs dans le cadre du festival, lui donnant ainsi un profil qu’il n’avait jamais eu jusque-là.La synergie qui s’est établie entre les partenaires offre au festival une configuration séduisante où les éléments «pédagogiques» sont adéquatement intégrés aux activités SOURCE MNM Pohjatuuli, du compositeur québécois Michel Longtin, plongera l’auditeur dans l’univers nordique des paysages boréaux.«professionnelles».On ne saurait trop insister pour convaincre d’aller rencontrer les compositeurs et les artistes invités lors des conférences et classes de maître offertes à la faculté de musique de l’université McGill.Au-delà de l’expérience du concert, ces rencontres sont fondamentalement enrichissantes.Il faut aussi souligner l’appui que de nombreux organismes musicaux montréalais apportent au projet.Et c’est peut-être là l’une des plus grandes réussites du festival, car même s’il ne peut prétendre au consensus, il a uni sous une même bannière plusieurs des acteurs de la scène musicale d’ici, parmi lesquels on compte une dizaine d’organismes qui se spécialisent en «musique nouvelle».MNM sera l’occasion d’entendre l’Orchestre symphonique de McGill, l’OSM, l’Ensemble contemporain de Montréal, La Nef, une formation de musique ancienne mais qui crée un secteur «actuel», Viva voce, un chœur professionnel dirigé par Peter Schubert, SuperMusique consacré à la musique actuelle, le Quatuor Molinari, le Trio Fibonacci et le Quatuor Bozzini.Le festival accueille aussi des concerts électroacoustiques ou multimédiatiques conçus et coproduits par ELEKTRA et Réseau.Europe et Amérique À tout seigneur tout honneur, le concert d’ouverture du festival sera présenté par la SMCQ et sera l’occasion de marquer le festival d’une empreinte particulière.A cheval entre l’Europe et l’Amérique, le Québec musical est une m empreintes DIGITAL.es IT-H *1 Jalons Francis DHOMONT IMED0365 Ækrt contemporam L’adieu au s.o.s.Monique JEAN IMED 0366 Ladleu au s.o.www.empTeintesDIGITALes.com vente en ligne www.electrocd.com LA LISTE t ft LISTE www.m ¦ ¦¦i ¦ ¦ mb .q c .c a CALENDRIER WEB+ LISTE D’ENVOI LA LISTE est, depuis plus de n ans, la liste d’envoi postal et électronique utilisée par plus de 20 organismes musicaux d’ici.S’abonner à ce service est gratuit.LA LISTE est aussi un calendrier web permanent.En plus des concerts des organismes affiliés, vous y trouverez facilement et rapidement tous les détails sur l’ensemble des concerts du festival Montréal/Nouvelles musiques Notre caléYidrier — sans publicité ni interruption visuelle — est consultable à volonté et disponible plusieurs mois d’avance.1(3 I Anhltpctum m mouvement » itlll fttitoâth - UnivigiU .Mtail! » m 1 • , AWÜÎMAUt.UD lour.* ««He tererie» W«b»t«f Roleh - Hu«è« d’irt contempomn d» MonUÉil « 15»; »» l«M« • cuti * " •• Ptlltth - Uniïtnrtt Mtflifl ” 1*1 yoijl.àrhunnçMr terre de rencontres qui mènent à une brillante mixité régénératrice.C’est ce mélange que l’on retrouvera avec le Ballet mécanique du compositeur américain George Antheil, qui fut créé à Paris en 1927, célébrant la modernité la plus absolue et la rencontre de deux mondes, et Pohjatuuli de Michel Longtin, qui nous plongera dans l’univers nordique des paysages boréaux.De ce concert, l’oreille sortira «formatée» pour tout ce que l’on entendra dans les 10 jours qui suivront La participation de l’OSM au festival est importante.D’autant qu’il n’est pas facile pour un orchestre symphonique de remplir son mandat auprès de la musique contemporaine dans une «commercialisation forcenée» de l’activité culturelle.Il semble cependant que l’association avec la SMCQ et McGill soit une avenue prometteuse.Après la série des OSMCQ et une participation très réussie au mini-festival Musi-mars (prototype pour le futur MNM) qui avait permis d’inviter en mars 2002 le compositeur et chef d’orchestre Tan Dun, l’OSM poursuit son association et contribue à MNM dans le cadre d’un concert symphonique dédié aux musiques nouvelles.Dirigé par le jeune chef français Pierre-André Valade, l’OSM y jouera en création nord-américaine Saturne du compositeur français Jean-Philippe Bec (commande de Radio-France pour le festival Présence 2003), In the Flesh de Sean Ferguson et Quaternions de Michel Longtin, une œuvre d’une durée de 50 minutes.Il faut insister sur cette dernière, car il s’agit là d’un événement exceptionnel de nos jours où les œuvres contemporaines pour orchestre se limitent aux 10 minutes réglementaires des œuvres d’ouverture des concerts symphoniques.Longtin n’est pas à proprement parler un compositeur prolifique, mais chacune de ses œuvres mérite une attention particulière et se distingue par ses très grandes qualités d’inspiration et d’orchestration, comme en témoigne La route des pèlerins reclus (commande de l’OSM et créée en 1985) qui fut reprise en novembre 2000 sous la direction de Lorraine Vaillancourt.Quant à l’oeuvre de Ferguson, il s’agit d’une commande conjointe de Radio-Canada et de Radio-France initiée par MNM.L’œuvre a donc été donnée en première mondiale par l’Orchestre philharmonique de Radio-France dans le cadre du festival Présence à Paris le 7 février dernier.Je ne me suis arrêté qu’à certains des événements de MNM.Il reste de nombreuses œuvres intéressantes, des démarches à découvrir et des musiciens à entendre qui mériteraient que l’on en parle longuement! MNM est une porte ouverte sur le monde qui doit permettre la plus libre circulation des œuvres, des artistes et du public.Avec MNM, ses fondateurs souhaitent que le Québec devienne une véritable plaque tournante de la création musicale entre l’Europe et l’Amérique.A ce titre, il est à souhaiter que MNM tienne ses promesses.Pour le moment tous les espoirs sont fondés! Michel Duchesneau est professeur à l’Université de Montréal.Il a quitté l’année dernière la direction générale de la SMCQ.poste qu’il occupait depuis 1997.\ ¦ ¦: i LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A X l' H E A LEVRIER > O (I A MUSIQUE Montréal/Nouvelles Musiques Le goût du risque musical L’avenir de la musique québécoise passe par une ouverture à ce qui se fait ailleurs La première édition de la biennale Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) sera-t-elle à la hauteur des attentes?Du 2 au 11 mars prochain, le choix abonde tout de même avec des invités aussi prestigieux que l’ensemble vocal Hilliard de Londres ou Cornelis de Bondt et Klas Torstensson des Pays-Bas.Selon Walter Boudreau, l’événement pourrait devenir un nouveau carrefour ainsi qu’un tremplin international pour un bon nombre de compositeurs québécois.Par le biais d'une prolifération de styles, d'approches et de tendances, le MNM s’engage donc avec enthousiasme dans le monde fascinant des musiques contemporaines.DAVID CANTIN Avec l’aide de son fidèle complice Denys Bouliane, Walter Boudreau ne se gêne surtout pas pour promouvoir un festival comme le MNM.Le directeur artistique et chef attitré de la SMCQ attend beaucoup de son nouveau-né dans la métropole.«C’est non seulement une occasion dé faire entendre le talent exceptionnel de nombreux compositeurs, mais aussi un espace d’échanges entre les créateurs, les interprètes et les diffuseurs tant d’ici que de l’extérieur.De plus, il y aura l’attrait des conférences, des répéti- tions publiques, ainsi que certaines classes de maître comme le colloque pancanadien organisé par le Conseil québécois de la musique.» Avant d’aller trop loin, on demande au compositeur de revenir sur l’expérience du défunt festival Musiques au présent, qui n’a survécu que le temps de trois courtes éditions à Québec.Evidemment, un certain malaise accompagne la réponse.Fort sympathique, Boudreau n’hésite pas un instant à parler des grandeurs et misères de cette tentative plutôt décevante.Comme il l’indique lui-même, « Denys et SOURCE MNM L’Ensemble Hilliard, un des invités de prestige du festival Montréal/Nouvelles Musiques.moi avons beaucoup réfléchi avant de nous lancer dans une aventure comme le MNM.Bien sur, il y avait certains problèmes à l'interne qui ont eu des incidences malheureuses sur le festival Musiques au présent.D’une édition à l'autre, on constatait un manque d'intérêt flagrant, ainsi que beaucoup trop d'obstacles à surmonter.Par ailleurs, on garde de bons souvenirs de plusieurs concerts, quoiqu’il faut aussi savoir tirer certaines leçons.Pour grandir, un tel festival doit mettre sur pied des ententes avec des partenaires internationaux».Tribune internationale Inutile de dire que l’ancien élève de Gilles Tremblay insiste sur cette opportunité d'une tribune internationale pour le milieu de la vie musicale contemporaine, qui s'ouvre avec le MNM.D’ailleurs, le festival «s’inscrit dans la continuité de plusieurs événements musicaux récents ayant contribué à dynamiser le milieu de la création en mettant plusieurs de ses forces en synergie».Il salue de très haut des initiatives comme le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (qui fête cette année son 201 anniversaire) ou encore la reconnaissance à l’extérieur du Québec d’un rendez-vous tel MUTEK.D précise ainsi sa pensée: «Des personnes comme Michel Levasseur [le directeur du FIMAV] ont très vite compris qu’il fallait s’ouvrir au monde et établir des liens durables à l’étranger pour la réussite à long terme d’un tel événement.C’est pourquoi MNM, dès sa première édition, cherche à inscrire Montréal dans le circuit international des hauts lieux de création musicale.» On précise, évidemment, que certaines commandes maintiennent le désir de faire entendre la voix originale de nombreux créateurs québécois.Pour sa première visite dans la métropole, le Klangforum Wien offrira un programme Québec-Autriche qui mettra en vedette de jeunes compositeurs doués tels Yannick Plamondon et André Ris-tic, et même le formidable Ensemble Hilliard fera une place d’honneur, lors de son concert, à des œuvres nouvelles des Canadiens José Evangelista et Paul Steenhuisen.En soirée de clôture, l’OSM, sous la direction du chef français Pierre-André Valade, met- SOURCI- MNM Walter Boudreau tra de l'avant In the Flesh de Sean Ferguson, Quaternions de Michael Longtin, ainsi qu’une commande de Radio-France au compositeur français Jean-Philippe Bec.Décloisonnement des publics Pourtant, on cherche à mieux comprendre les choix qui sous-tendent cette programmation comptant 33 rendez-vous, dont 19 concerts.D'un ton chaleureux, Boudreau souligne qu’une palette artistique très large invite aussi à un décloisonnement des publics.«On veut offrir une vaste fenêtre sur la création musicale contemporaine.Pour l’instant, la question des thématiques nous intéresse peut-être moins.Il faut insister sur des voix aussi diverses que complémentaires, ce qui renvoie à une richesse ainsi qu'une abondance peu communes.Tout repose tant sur une ouverture d'esprit que sur un sentiment de convivialité.À la suite de la participation québécoise au festival Présences 1999 de Radio-France, on a compris en quelque sorte qu 'il fallait mettre la création musicale au premier plan et bien au-delà de son cadre habituel.» En ouverture, le 2 mars, c’est Walter Boudreau lui-même qui dirigera l’ensemble de la SMCQ, où l’on pourra entendre la puissance sonore du Pohfatuuli (Le vent du Nord) de Michel Longtin, ainsi que l’étonnant Ballet mécanique de George Antheil dans une version mettant en vedette dix pianos et huit percussions, en plus des sirènes et des moteurs d’avion! Par la suite, du grand orchestre au quatuor à cordes sans oublier les technologies numériques, une sœ rie de trajectoires seront mises en valeur.L’un des deux directeurs artistiques du MNM soulève clairement cette perspective.«Sur une période de dix jours, avec des œuvres dune cinquantaine de compositeurs.on propose une sorte d'instantané de ce qui se fait présentement en musique contemporaine On comprend par ailleurs que le grand public conserve encore aujourd'hui une image souvent biaiser face à un genre pareil.Il est donc crucial de s en remettre à un éventail très large, sans toutcfiiis perdre de vue les objectifs initiaux.» Courants actuels Parmi les concerts à retenir, outre la présence exceptionnelle tant du réputé Klangforum Wien que de l’Ensemble Hilliard, on si gnale quelques initiatives fort attrayantes.Un groupe de musique ancienne, In Nef, inaugure un volet contemporain grâce à des œuvres de Silvy Grenier et Robert M.Lepage.Désormais, l’ensemble dirigé par Sylvain Bergeron, Claire Gignac et Viviane 1c-Blanc produira chaque année un spectacle exploratoire ouvert aux nouvelles musiques.Toujours dans le secteur des courants actuels, Joane Hétu, accompagnée de SuperMusique, propose «une véritable cérémonie pour une saison de frimas et de grands vents» : l'improvisation québécoise dans son contexte le plus typique.Plus décapant encore, le duo PurForm, formé de Alain Thibault et Yan Breuleux, revient avec sa performance/installation, FausTechnolo-gy.Dans un registre complètement différent, l’éledroacoustique sera à l'honneur, en ouverture de festival, avec une carte blanche à l'artiste phare Yves Daoust et ses Petites Musiques sentimentales, une suite de dramatiques sonores abordant la relation du musicien avec son instrument.Plus optimiste que jamais, Walter Boudreau ne cherche surtout pas à enfermer le MNM dans un parti pris esthétique quelconque.Comme il le précise, «U existe une marge énorme entre les expériences psychosensorielles extrêmes de PurForm et les silences vertigineux d'un Morton Feldman.On espère que cet aspect éclaté de la programmation stimulera l'intérêt du public».Mais comment promouvoir un événement de cette envergure sans tomber dans une forme d’élitisme quelque peu trompeur?«la qualité de l'œuvre ne ment jamais.On a fait nos choix particulièrement en ce sens.Si les gens veulent en apprendre ikmintagc, il y a aussi le colloque « McGill.L'appui pédagogique et institutionnel compte pour beaucoup.D'un autre côté, le but n'est pas de créer une ligne de partage entre les traditions populaires et les musiques dites plus sérieuses.En juin 2tXW, à l'oratoire Saint-Joseph, plus de 40 OOO personnes étaient là pour entendre la Symphonie du millénaire.On ne peut pas croire qu'un tel événement soit reste sans lendemain.» Visibilité De plus, le directeur artistique du MNM parle aussi de l’importance de sensibiliser les gens à la création québécoise: «L'avenir de notre culture musicale contemporaine repose beaucoup sur sa visibilifé à l'extérieur du Québec.» A titre d’exemple, Boudreau mentionne que la grande majorité des compositeurs d'ici n’ont pas le privilège de vivre de leur art.Il faut donc que les œuvres sortent de leur milieu trop restreint pour avoir ainsi accès aux scènes européennes.Dans un élan des plus fébrile, le grand «infoniaque» imagine que le MNM peut représenter un pas dans cette direction.«Après avoir interprété du Evangelista ou du Steenhuisen, fait-il remarquer, le quatuor vocal britannique Hilliard voudra peut-être reprendre ces œuvres dans un autre contexte par la suite.En Europe, les droits d’auteurs permettent à uq artiste d’approfondir son art.» Évidemment, Boudreau compte aussi sur l’importance de la métropole: «Montréal est devenue un centre important de création et d’interprétation qui a tout pour faire de MNM un grand succès.» On mentionne que les nombreux concerts du MNM se tiendront dans plusieurs salles du centre-ville de Montréal, notamment aux salles Pollack, Redpath, Pierre-Mercure, à l’Usine C ainsi qu’à la salle Beverly Webster Rolph du Musée d'art contemporain.Joane Hétu et l’Ensemble SuperMusique Uhiver de force Une expérience bruitiste en quatre temps Nouvelle Musique d'hiver, second volet d’un triptyque en construction, donne suite à Musique d’hiver.Une célébration d’une saison bien québécoise que signe Joane Hétu.MARIE CLAUDE MIRANDETTE En 2000, SuperMusique présentait Musique d’hiver, une composition pour quintette de Joane Hétu, toute en atmosphère, célébrant l’hiver québécois.Cette année, la compositrice québécoise revient en force avec Nouvelle Musique d’hiver, second volet d’un triptyque en devenir.Cette fois, Hétu a construit sa composition autour d’un septuor où s’entremêlent la voix, le saxophone alto, le piano, l’accordéon, le synthétiseur, la batterie, les flûtes, les clarinettes mais aussi divers objets dont un tourne-disque et un cd.Au menu, une expérience «bruitiste» mais néanmoins médi- SOURCE MNM Joane Hétu tative, où les sons acoustiques et électroniques cohabitent le temps de quatre mouvements qui sont autant de tableaux élaborés autour des quatre mois d'hiver, de décembre à mars.«Cette pièce s'appuie sur un canevas et un concept “composition-nels” [sic] laissant la part belle aux musiciens, qui improvisent afin de créer des textures et des climats sonores, de préciser Hétu.Les musiciens sont au cœur de mon travail de composition.Ils sont plus que de simples interprètes; ils participent véritablement au jaillissement de l’œuvre via l’improvisation.Dès l’instant où Ton entre dans le processus de répétition, je deviens une musicienne parmi les autres et c'est à ce titre que je participe alors à la création.» Œuvre pluridisciplinaire Afin d’amener un peu plus loin cette idée de collégialité et de pluridisciplinarité, Hétu s’est adjoint le scénographe-éclairagiste Jonas Slowanski ainsi que le concepteur sonore Bernard Gre-non.Ainsi, aux musiques et aux textes de la compositrice se greffent des projections visuelles de paysages hivernaux.«Avec ses boites de son, Grenon travaille l’espace afin que la musique l'habite le plus pleinement possible.» L’hiver risque d’être chaud et haut en couleurs grâce à cette coproduction SuperMusique/MNM présentée pour souligner le SD anniversaire du Centre de musique canadienne du Québec.«A l’origine, on avait pensé reprendre la Musique d’hiver mais dès l’automne dernier, Tenvie m’est venue de profiter de l'occasion pour élaborer le second volet du triptyque d’hiver L’idée même à la source du festival, à savoir la présentation d’un mélange, d'une multiplicité de genres, invitait à cela.Le festival MNM est une vitrine élargie qui décloisonne un peu la nouvelle musique en créant un engouement pour celle-ci, une effervescence.Il permet aux musiciens de se positionner dans le monde de la nouvelle musique tout en offrant au mélomane une véritable vue d’ensemble de cet univers éclectique qu'est celui de la musique et de la création actuelles.«Si je pouvais formuler un souhait, ce serait que les spectateurs assistant à un concert de musique actuelle soit pleinement conscients que les musiciens sont en train de créer l'œuvre in situ et qu’ils assistent à cette naissance.» Supermusique à la salle Beverly Webster Rolph du Musée d’art contemporain le vendredi 7 mars à 21h30.M U S I Q ü E M 0 N T H É A L / N 0 U V E L L E S M U S I Q U E S CE CAHIER SPÉCIAL EST P 11 B L I Ê PAR LE DEVOIR Responsable NORM A .V D THÉRIAULT Dtheri»nlt»ledfVolr.ea 2050.rne tir Blrnrv.!)’ étage.Montréal (Vnébeel HAA A MM, Tél.: (51 11 985-5333 reilartiniiolr devoir.com F A 1 S CE QUE DOIS LL FESTIVAL INTERNATIONAL Dit Domaine iymjeV Les Rencontres de Musique Nouvelle en Charlevoix Du 17 au 30 août 2003 Ensemble en résidence : Le Nouvel Ensemble Moderne Direction : Lorraine Vaillancourt Compositeurs invités: Luis de Pablo Jose Evangelista Jean Lesage Denys Bouliane Stage offert aux interprètes et aux compositeurs Concerts dans la Salle Françoys-Bernier 27 août -20h30 - Quatuor Bozzini 28 et 29 août - 20h30 - Le Nouvel Ensemble Moderne I.e Domainç Forget 5, Saint Antoine, Saint Irénéc, Charlevoix (418) 452-3535 ou 452-8111 ou 1888 DFORGET (336 7438) info^domai ncforgct.com www.domaineforget.cofn www.actueecd.com DES CENTAINES DE DISQUES DE MUSIQUE ACTUELLE EN LIGNE Lori t Freedman 1 À un moment donné En concert au MNM Cram b Freedman mercredi 5 mars à 21h30 Musée d'art contemporain de Montréal Joane Hétu Musique d’hiver En concert au MNM présenté par Productions SuperMusique Joane Hétu - Nouvelle musique d'hiver jeudi 6 mais à 21h30 Musée d'art contemporain de Montréal LE DEVOIR.LES SAMEDI IL ET DI M A X C H E 23 LÉVRIER 2 0 0 3 (i 4 Faculté de musique de Tuniversité McGill Croire en la musique d’ici Un festival s’ajoute aux 450 concerts et événements musicaux annuels Plaque tournante entre les créateurs, les interprètes et les diffuseurs d’ici comme d’ailleurs, le festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) apparaît comme la promesse d’une tribune rêvée pour les étudiants d’ici.En effet, ceux-ci pourront non seulement plonger à satiété dans le riche programme de la biennale, qui réunit plus d’une cinquantaine de compositeurs, mais les membres de l’Orchestre symphonique de McGill et de l’Ensemble de musique contemporaine de McGill auront également le privilège de se mesurer à quelques-uns de ces géants.Place à la relève! LOUISE-MAU DE RIOUX SOU C Y LE DEVOIR SOURCE MNM Le compositeur Denys Bouliane est codirecteur artistique du festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM), mais aussi chef de l’Ensemble de musique contemporaine de McGill.Avec ses 700 étudiants et ses quelque 450 concerts et événements musicaux produits chaque année, la faculté de musique de McGill est sans conteste la plus importante du genre au Canada.Fondé en 1920, son campus a depuis toujours accordé une large place aux créateurs.SOURCE MNM Le compositeur hollandais Cornelis de Bondt.Convaincue que la vie musicale est avant tout faite de rencontres et d’échanges, la faculté ne s’est donc pas fait prier pour sauter à pieds joints dans l’aventure de cette première édition de la biennale MNM.«Nous n’avons pas hésité à répondre “présents” lorsque Walter Boudreau et Denys Bouliane [les codirecteurs de l’événement] ont proposé d’élargir le cadre des collaborations qui existaient déjà sur divers plans entre la Société de musique contemporaine, l’Orchestre symphonique de Montréal et nous-mêmes», déclare le doyen de la faculté de musique de McGill, Don McLean.Il faut dire qu’en matière de partenariat musical, la faculté montréalaise est certainement celle qui s’investit le plus au pays.«La faculté de musique de l’université McGill a toujours été un lieu d’échanges dynamiques, rappelle M.McLean, elle accueille régulièrement compositeurs et interprètes et tisse des liens privilégiés entre eux.» Réel potentiel créateur Mais avec le festival MNM, le bassin de créateurs et d’interprètes sera autrement plus imposant.Non seulement ce sera une première pour l’université, mais ce sera également du jamais vu pour les artisans du milieu musical québécois.Des forces vives dont le Québec a pourtant bien besoin.Car, pour que la création québécoise s'épanouisse, elle doit aussi se frotter à ce qui se fait ailleurs, s’exporter.«Il faut se sortir un peu de cette mentalité selon laquelle tout est meilleur ailleurs; il faut peut-être être fier de ce qui se fait ici et avoir des structures qui permettent de parler —- disons-le artistiquement au moins — d’égal à égal», croit Denys Bouliane, codirecteur artistique du festival MNM, mais aussi chef de l’Ensemble de musique contemporaine de McGill.C’est justement parce qu'il croit si fermement au potentiel du milieu musical — tant québécois que canadien — que le compositeur Denys Bouliane a accepté de codi-riger l’événement.Pour lui, chaque pièce d’ici que l’on joue ailleurs dans le monde est une toute petite pierre qu’on ajoute à notre édifice culturel.«Le discours musical — en fait la communication par la musique — est peut-être ce qui arrive quand une société a atteint un certain niveau, appelons cela de la maturité, une confiance en soi», pense M.Bouliane.Avec MNM, c’est justement ce que lui et son partenaire comptent patiemment édifier.«Il faut bâtir un patrimoine et c’est là qu’on en est», constate-t-il.Défi relevé À la tête de l’Ensemble de musique contemporaine de McGill, c'est donc le futur que Denys Bouliane prépare.Pour MNM, ses élèves accueilleront le quatuor vocal Hilliard, un célèbre ensemble londonien.Ils présenteront ensemble Bloed, une œuvre du Hollandais Cornelis de Bondt, l’un des compositeurs les plus en vue d’Europe.Présentée en première nord- américaine, la pièce met en scène un imposant ensemble de quatre solistes vocaux et de 14 instruments à vent, soutenus par une version moderne du basso continua, un clavier électronique, omniprésent.Stimulés par le défi, les élèves ont mis le paquet «Ce qu’on n 'a pas en expérience, on l’a mis en temps», confirme le chef.Intemporelle, Bloed rassemble des œuvres de madrigalistes et des motets du XVP siècle, des musiques de Josquin des Prez et la propre musique de Cornelis de Bondt, inspirée de textes issus de la Torah (Exode), d’Euripide (Héraclès) et de Virgile (Bucoliques).«Sa musique est d’une belle froideur, elle est dure et pure», confie Denys Bouliane, manifestement gagné par la beauté de l’œuvre.«Cest une espèce de panorama très, très, très large stylistiquement, et tout ça se tient admirablement bien.» Denys Bouliane retrouvera également, à titre de chef invité, quelques-uns de ses élèves pour Les Temps modernes, un concert présenté par l’Orchestre symphonique de McGill auquel se joindront des membres de l’Ensemble de musique contemporaine.Dirigé par Alexis Hauser, l’orchestre abordera des œuvres imaginées par trois piliers de la musique du XX siècle.On pourra y entendre Déserts d’Edgar Varèse, un classique par excellence de la musique moderne, Ramifications de Gybrgy Ligeti, un condensé de son style caractéristique de la fin des années 1960, et la Symphonie n ' 1 de Dmitri Chos-takovitch, sa première grande œuvre symphonique, une œuvre qui dénote déjà son penchant pour l'ironie, le grotesque et un lyrisme exacerbé.BLOED - NOCES DE SANG Le mercredi 5 mars, à 19h30, à la salle Pollack de l’université McGill LES TEMPS MODERNES Les 7 et 8 mars, à 19h30, à la salle Pollack de l’université McGill Les billets sont disponibles à la billetterie de la faculté de musique de McGill au ® (514) 398-5145 ou via le réseau Admission au o (514) 790-1245, www.admission.com.Nouvelles voies pour La Nef La musique de chambre contemporaine Première rencontre avec le répertoire contemporain Süvy Grenier et Robert Marcel Lepage à l'affiche La Nef ose.Cet ensemble, connu pour son interprétation de la musique ancienne, aborde à l’occasion du festival Montréal/Nouvelles Musiques la création contemporaine en produisant un spectacle exploratoire fait des œuvres de créateurs québécois.MARIE CLAUDE MIRANDETTE On connaît tous La Nef, cet ensemble de musique ancienne qui, depuis une dizaine d’années, redonne vie au répertoire d’une époque révolue en en recréant nombre de compositions.C’est justement cette dimension «création» que l’on cherche à pousser tut peu plus loin avec l’introduction d’un secteur dévolu aux créations actuelles.Si bien qu’annuellement, La Nef produira un spectacle exploratoire composé de formes d’expression artistique variées.Pour inaugurer cette avenue, La Nef a fait appel à Silvy Grenier et Robert Marcel Lepage, deux compositeurs québécois renommés pour leurs créations dans les domaines du théâtre, de la télévision et du cinéma.«/.eau vive» Pour Silvy Grenier, l’approche s'est faite naturellement «parer que nous nous connaissions déjà.J’ai déjà joué avec La Nef et les musiciens de cet ensemble ont participé à des enregistrements de mes œuvres pour le théâtre.J’avais justement envie de travailler à une œuvre plus longue, plus substantielle.Claire Gi-gnac et moi en avons discuté et la commande a ainsi pris forme, lœ mandat était très ouvert au niveau du style et de l'écriture.La seule contrainte: travailler avec des instruments anciens.J'ai donc introduit deux violes de gambe, avec toutes les difficultés inhérentes à la présence d’instruments anciens dans une orchestration moderne, notamment en ce qui a trait à la puissance des instruments.«L'eau vive se veut une véritable création conjointe des musiciens et de la compositrice.Je conçois les répétitions comme la seconde phase de création, phase durant laquelle chaque musicien met sa connaissance intime de l’instrument au sendee de l'œuvre.» L'eau vive est une œuvre onirique, poétique, qui s'est dessinée au gré de promenades dans la nature.«L'eau, incarnée par la mix, parle de la mort et des choses emportées.J’aime cette idée d’errance, ces moments où le voyage a plus d’importance que la destination.Je cherche les détails, la délicatesse, la fragilité des petites choses, et je trouve merveilleux de voir un gros trombone se comporter avec délicatesse.» «La Machine» Lepage, lui, aime bien l’idée de confrontation entre le primitif et le contemporain dans l’instrumentation.«H y a un aspect éclectique dans cette exploration; si je devais me définir, je dirais que je suis un compositeur éclectique.La pièce réalisée pour l’occasion s'intitule In machine à explorer le tempo, référence à H.G.Wells mais aussi clin d'œil à un certain cinéma qui utilise les musiques de diverses époques dans un tout baigné d'éclectisme.» lit pièce se compose de mouvements conçus comme autant de «courts métrages» aux thèmes et aux écritures variés.«La Machine est une sorte de laboratoire d’exploration bercé de paradoxes.Dans cette optique, la création englobe aussi le choix des instruments, leur jumelage.Par exemple, j'ai utilisé conjointement une viole de gambe et une “slide" dans une écriture inspirée de la musique country — que je considère comme la musique “médiévale” de l’Amérique — pour créer des sonorités nouvelles.Tout est acoustique sauf l'échantillonneur Là encore, il y a paradoxe.» Cette première rencontre de La Nef avec le répertoire contemporain est donc pleine de promesses.Im Nef en concert à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, 300, de Maisonneuve Est, samedi le 8 mars à 20lu Le compositeur et musicien Robert Marcel Ixpage.ARCHIVES LE DEVOIR Le Quatuor Molinari profitera du festival MNM pour revisiter le Quatuor no 7 que R.Murray Schafer avait créé pour l’ensemble en 1998.Un grand soir pour la musique intimiste Ils se succéderont à l’unisson.D’abord, le Molinari avec une rencontre entre leur «peintre fétiche» et Murray Schafer, puis le Fibonacci qui s’attaque à Provost et Rihm, avant de conclure avec le Bozzini qui va du côté de Jean Lesage et de Luigi Nono.Un tour d’horizon de la musique actuelle.MARIE CLAUDE MIRANDETTE Dès que l'on parle de musique de chambre, on s’imagine un petit ensemble interprétant un quatuor de Mozart ou une sonate de Corelli dans un hôtel particulier.Nenni! Du moins pour les trois formations qui convieront les mélomanes à un triptyque intimiste dans le cadre du festival MNM.Car.sans réfuter les génies du passé, les musiciens des Quatuors Molinari et Bozzini de même que du Trio Fibonacci ne se frottent pas à ce genre de répertoire, lui préférant ceux des XX et XXI' siècles.Quatuor tf 7 Le Quatuor Molinari propose un programme «son et lumière» qui ouvre le bal de ce concert-marathon.Et profite de l’occasion pour revisiter le Quatuor tf 7 que R Murray Schafer avait créé pour l’ensemble en 1998.«Cette œuvre de Murray Schafer fait directement référence aux couleurs de Guido Molinari.notre peintre fétiche, de dire Olga Ranzenhofer, premier violon.Par ricochet, cela a donné lieu à une rencontre entre Murray Schafer, Molinari et les interprètes du quatuor afin de développer un concert-concept où les éléments sonores et visuels fusionnent.» Les éclairages de Marie-Claude Boilard, les décors de Molinari et les costumes du Cirque du Soleil, portés par les musiciens et la soprano invitée, Marie-Danielle Parent participent conjointement au jaillissement de cette œuvre protéiforme.Toute la salle est mise à profit et devient le lieu de cet étrange dialogue entre le quatuor et le citant d’une schizophrène.«Grâce au support technique et à la salle qu ’il fournil, le festival MNM nous permet de revisiter cette œuvre endisquée en 2000 (sur étiquette Atma Classique) mais aussi de créer, probablement pour la première fins au Canada, le Quatuor n' 4 de Sofia Gubaidulina (1993) avec ses jeux de lumière indiqués parla compositrice, de même que de découvrir à nouveau la troublante modernité du Quatuor n 3 de Bêla Bartok (1928).» La pietra che canta et Fremde Szenen /-//-/// Le Trio Fibonacci propose La pietra che canta (2001) du Québécois Serge Provost, une pièce qui «intègre les nouvelles technologies mais qui est néanmoins empreinte de lyrisme», précise le violon du trio, Julie-Anne Derome.La seconde œuvre retenue, les Fremde Szenen I-II-III de Wolfgang Rihm (19824), est toute postmoderne.«Rihm, un des compositeurs actuels les plus prisés, s’est inspiré de Schuman et du romantisme pour écrire une œuvre au langage tonal à la fois très actuel et tout à fait dans l’esprit du XIX' siècle, et qui touche directement aux émotions, de préciser Derome.C’est un bonheur pour nous de rejouer ces pièces.» Quatuor tt’ 2 et Fragmente-Stille Quant au Quatuor Bozzini.c’est du côté de Jean Lesage (Quatuor n" 2, 2001) et de Luigi Nono qu’ils ont glané les œuvres qui couronneront cette soirée relevée.«Le Fragmente-Stille, an Diotima de Nono (1980) est une œuvre phare du répertoire contemporain pour quatuor à cordes, précise Isabelle Bozzini, violoncelliste.Le festival MNM nous permet de revisiter une fois encore cette pièce.C’est trop peu souvent le cas avec les œuvres contemporaines.Pourtant, le compositeur et les interprètes ont besoin de fréquenter l’œuvre pour atteindre à une certaine maturité.Et aussi pour permettre à ces créations d’être jouées, rejouées et entendues et.le cas échéant, de trouver leur place au sein du répertoire.De cette manière, on peut, d’une part, enrichir le répertoire, mais aussi susciter, développer et entretenir la curiosité du public.» Bref, cette soirée propose rien de moins qu’un tour d'horizon de la musique des XX' et XXI siècles à travers des œuvres maîtresse sélectionnées par trois ensembles qui s’affirment chaque jour un peu plus.Aucune raison ne peut justifier de se passer d’un tel voyage initiatique! Triptyque intimiste.Le Quatuor Molinari, à 19h30.le Trio Fibonacci, à 21h30, et le Quatuor Bozzini, à 22h45, le lundi 10 mars, à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, 300, de Maisonneuve Est. LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 2 3 FEVRIER 2 0 0 S MUSIQUE (i r> PurForm Le langage des modernes La «technologie de l’illusion» transfigure un Faust tout en son et images PETER MMASKOS / El EKTRA FausTechnology, de PurForm, va permettre aux Montréalais de reprendre contact avec les trois écrans des environnements sonores progressifs de l’œuvre inaugurée en 2000.HÊÊÈmas:;: ¦ •IM MMi HMK Le FausTechnology est de retour.La pièce, depuis sa création en 2000, a fait son petit tour de planète avant de revenir pour être à nouveau proposée aux Montréalais.Pour Yan Breuleux qui, avec Alain Thibault, compose le duo, l’œuvre est immersive, progressive: «L’idée de PurForm est de partir d’éléments simples pour les amener vers une complexité plus grande.» BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Changement de programme.Ceux qui attendaient Black-box/PurBlue, du duo PurForm, dans le cadre du MNM, auront plutôt droit à FausTechnology.Le duo montréalais formé de Alain Thibault (musique) et Yan Breuleux (images) revient à cette proposition rarement vue et entendue à Montréal, si ce n’est à rUsine C lors d’une édition du festival ELEKTRA.PurForm devait créer une nouvelle œuvre pour le festival Montréal/Nouvelles Musiques.En reprise, FausTechnology va permettre aux Montréalais de reprendre contact avec les trois écrans des environnements sonores progressifs de l’œuvre inaugurée en 2000.La forme pure des modernes est derrière le travail du duo montréalais.Elle l’est du moins derrière le travail plastique de Yan Breuleux, qui procure aux œuvres leur imagerie.En 1996-97, l’événement «Neige sur neige» avait fait se rencontrer les deux comparses.«J’ai entendu sa musique et je me suis dit: c’est exactement ce que je fais, mais au niveau sonore, explique Yan Breuleux.Sans directives, je lui ai donné une bande de l’animation de cinq minutes que j’avais faite, et il a créé une musique là-dessus.» Puis Breuleux, un ex-étudiant en arts plastiques de l’UQAM , a voulu travailler sur la lumière artificielle.«Il m’a passé sa musique.J’ai fait le truc sur la lumière, directement sur sa musique», précise l’artiste.Cette collaboration a donné A-B-C Light, qui a tourné pas mal en Europe et qui leur a valu en 1998 une résidence de création au Centre des nouveaux médias du Centre culturel canadien à Paris.«C’était une pièce qui martelait avec la lumière.Sans être agressante, la pièce pre- nait les gens malgré eux.J'utilisais les stratégies de la publicité pour saisir les gens.» FausTechnology est une œuvre immersive, progressive tant par sa musique que par sa portion visuelle.Elle a été montrée au Batofar, à Paris, et dans le contexte de 1TSEA (Inter-Society for Electronic Art) à Nagoya, au Japon Art moderne Avec PurForm, le nom même du duo, se joue un joli glissement sémantique qui lie la forme pure (pure form) et la performance (perform).Les deux artistes oscillent entre les deux pôles.«Derrière PurForm, il y a une volonté de travailler l’image et le son synthétiques.On part de l’ordinateur comme outil, mais on l’amène ailleurs complètement.L’idée de PurForm est de partir d’éléments simples pour les amener vers une complexité plus grande.» L’inspiration visuelle de Breuleux vient de la peinture abstraite, des modernes, de la peinture hard-edge, des constructivistes ou encore des expressionnistes abstraits.Il table en effet sur ces langages essentiellement picturaux pour nourrir Tunage vidéo.Le duo est également connu sous le nom de Dance Against the Machine (DATM), qui leur permet de développer leur côté un peu plus sucré.«Avec DATM, notre côté pop émerge.PurForm, c’est davantage expérimental.» Mais les deux pôles se croisent: «On amène l’expérimental dans les clubs avec DATM; avec PurForm, c’est l’inverse: on amène des stratégies connues dans la techno ou dans la musique électronique, et on utilise ce langage dans une perspective expérimentale.» Fa us Tech nology Peu de gens ont vu la pièce à Montréal.Présentée à l’aide de trois écrans, cette pièce hypnotique permet un retour sur Faust — sur la technologie faustienne plus précisément: «La technologie de l'illusion.» «Les images que j’ai créées ressemblent à un expressionnisme abstrait animé.Il y a de la place pour que le spectateur puisse se projeter dans les images.C’est la même chose pour la musique.Alain et moi nous sommes entendus pour que ni la musique ni les images ne soient trop complexes.Ainsi, ni la musique ni les images ne prennent le dessus pour que les deux soient en fusion — dans la mesure où chacune est limitée —, pour que chacune joue avec l'autre.» Plus spécifiquement, Breuleux s'est inspiré de La Nuit de Wal-purgis du récit faustien.«Méphistophélès pendant cette nuit montre les pouvoirs de l’illusion et à quel point il maîtrise le visible.J’ai créé mes images en pensant à cet acte.» En montrant le spectacle, Breuleux se positionne de manière à «tomber dans le côté manichéen» de l’histoire.«La richesse du mythe tient dans le fait qu ’il interroge notre tentation.» Ainsi, le potentiel de séduction de la technologie est mis sous examen.Côté musical, les micro-variations dominent.Une série de boucles se relancent sans cesse, changent progressivement et créent des modifications à peine perceptibles.Plutôt que de privilégier des images saccadées, Breuleux a préféré travailler «des transitions sur le temps, à long terme».la matière visuelle et sonore se module continuellement tout au long de la pièce.11 faudra attendre le mois de mai pour entendre Blackbox, «une métaphore du cerveau humain» proche de l’art cinétique, et PurBlue, «un monochrome bleu en vidéo», où les références à l’artiste français Yves Klein fusent.Et le langage des modernes de continuer à frayer dans le travail de PurForm.Purform à l’Usine C, au 1645, Lalande, le samedi 8 mars à 21h30.Le phénomène MUTEK Musiques émergentes Le festival montréalais de musique électronique a des répercussions outre-frontières Il y a encore de l’espoir pour les créneaux parallèles.En 2000, une poignée d’individus organisait à Montréal un festival de cinq jours voué à la diffusion ainsi qu’au développement des formes émergentes de musique électronique.Déjà, à sa quatrième édition, le succès de MUTEK ne cesse de croître et de faire jaser un peu partout à travers le monde.Et si MNM était le prochain MUTEK?DAVID CANTIN DJ et coprogrammateur de MUTEK, Vincent Lemieux connaît plutôt bien la scène électronique montréalaise.Proche de Marc Leclair (Akufen), Scott Monteith (Deadbeat) et Steve Beaupré, il vient tout juste de mettre sur pied avec eux la nouvelle étiquette Risquée.C’est pourquoi on lui a demandé de dresser une sorte de bilan de santé de MUTEK, à l’instar du foisonnement des musiques urbaines dans la métropole.«Si les choses vont bien, Mutek risque de voyager à Berlin, après Valparaiso, au Chili, dès le mois de janvier 2004, précise-t-il.On veut aussi organiser des soirées Mi-cro_MUTEK à l’extérieur de Montréal, afin de promouvoir le festival un peu partout.Le directeur artistique, Alain Mongeau, revient justement du MIDEM où les rencontres ont été très positives.Pour la quatrième édition, qui se tiendra du 28 mai au 1" juin 2003, on réfléchit avec espoir sur une manière de développer un spectacle de laptop.L’aspect visuel devrait s’étendre à plusieurs niveaux.» Entente avec Kompakt Au sujet de Risquée, Lemieux parle d’une entente avec l’étiquette allemande Kompakt, qui prête un sérieux coup de main.Le but reste essentiellement de sortir, sur vi-nyle, des pièces fortes où le côté rigolo prédomine.Par rapport à la scène locale, Vincent Lemieux commente sur une note plutôt lucide.«En ce moment, il y a une baisse générale des ventes pour la musique électronique.Après de grosses sorties pour Marc [Akufen sur Force Inc.], Scott [Deadbeat sur -scape] ou Mike Shannon [Force Inc.], l’année 2003 s’annonce quand même fort prometteuse.On entendra sans doute beaucoup parler de Tim Hecker avec son nouvel album sur Mille Plateaux [Radio Amor, chez les bons disquaires le 25 mars] et d’Akufen avec la suite de My Way dans les environs du mois de novembre.» Aussitôt, on le questionne sur l’engouement qui ne cesse de monter à l'extérieur de nos frontières.Des labels prestigieux comme Force Inc.vont même jusqu’à ouvrir des bureaux à Montréal.Est-ce qu’un pareil phénomène risque encore de soulever l’intérêt en 2003?«Il y a des créateurs extraordinaires dans la métropole, mais il faut aussi comprendre qu’une réelle démarche musicale ne s’improvise pas du jour au lendemain.C’est comme écrire un livre, on ne compose pas sur le bord d’une table.Je crois que MUTEK stimule également grâce à un réel échange entre les artistes électroniques.On entendra peut-être davantage parler de EGG et de quelqu ’un comme Steve Beaupré en 2003.» Scott Monteith (Deadbeat), un électronique à Montréal.Compétition De plus, d’autres manifestations telles que le MEG ou ELEKTRA ne viennent-elles pas compromettre les enjeux en sol MARYSE I.ARI des gros noms de la musique québécois?Sans vouloir envenimer certaines polémiques, Lemieux admet que les rapports sont parfois difficiles.«Bien des personnes associent encore systé- matiquement la musique électronique aux raves, alors qu’un festival comme MUTEK n’a rien à voir avec cette mode.Le vrai problème à Montréal reste encore, selon moi, les lieux de diffusion.Il faudrait avoir accès à davantage d’endroits comme O Patro Vys [sur Mont-Royal Est, en haut du Bily Kun|.En ce qui concerne le MEG et ELEKTRA, on ne cherche pas à se créer d’ennuis.Chacun a sa place de même que son rôle à jouer.» En attendant la prochaine édition de MUTEK, le DJ du Laïka espère aussi qu’une soirée Mi-cro_MUTEK se déroule à Québec quelque part au début du printemps.«Il faut aussi promouvoir l’événement dans les environs, c’est pourquoi une visite à Québec s’impose dans les mois à venir.On va arriver avec des noms connus de la scène montréalaise.» Jouissant d’une renommée internationale, le festival doit maintenant apprendre à grandir sur son propre territoire.Pour ceux qui aimeraient en connaître davantage sur ces musiques, on recommande chaleureusement l’écoute de l’excellente compilation Montreal Smoked Meat (Force Inc.-Fusion III) ou encore les albums MUTEK 2001 et MUTEK 2002 (Mutek-Fusion III).Le vrai problème à Montréal reste encore les lieux de diffusion Le Festival Montréal Nouvelles Musiques et la Faculté de musique de l'Université ‘H’ McGill présentent Y Ensemble Hilliard et ['Ensemble de musique contemporaine de McGill Denys Bouliane, chef œuvre de Cornelis de Bondt Le 5 mars 2003 à 19h30 et ['Orchestre symphonique de McGill et des membres de ['Ensemble de musique contemporaine de McGill Alexis Hauser et Denys Bouliane, chefs œuvres de Varèse, Ligeti et Chostakovitch Les 7 et 8 mars 2003 à 19H30 Salle PoUack - 10 $ Renseignements : (514) 398-5145 Billetterie : (514) 398-4547 ktnÇf CRÉATION DES ŒUVRES MUSICALES «L'Eau Ivre», de Silvy Grenier et «Lcr Machine à explorer le tempo», de Robert Marcel Lepage avec • Stéphane Allard violon, violon baryton • Ganesh Anandan percussions • Nicolas Boucher échantillonnage et traitement de son en direct • • Nicholas Caloia contrebasse • Yannick Cloutier guitare, banjo • Claire Gignac contralto, flûte traversière en do et en sol, saxophone ténor, flûtes rituelles, flûte de bambou • Patrick Graham percussions • Betsy MacMillan viole de gambe, basse • Francine Poitras soprano • • Elin Soderstrom viole de gambe • Alain Trudel trombone, tuba ténor, saqueboute • Samuel Vero bugle, trompette, trompette piccolo • Jeudi 6 Mars, 20h00 Caserne Dalhousie 103, rue Dalhousie,Québec oduHes 23 $ • étudiants et aînés 13 $ (taxes induses) Réseau Billetech 418 643 8131 • 1 877 643 8131 www.billelech corn Samedi 8 Mars, 20h00 Dans le cadre du Festival Montréal Nouvelles Musiques Centre Pierre-PéUdeau S a I If Fiorrr-Mercure 300, boul de Maisonneuve Est, Montréal adultes 27.50 $ • amés 22,501 • étudiants 14 S flaxes et redevances induses) Billeterie du Centre Pierre-Péladeau 514.987.6919 Réseau Admission 514.790.1245 Québec ! B- * ?Lti Are.du Mauri»r t I sHca Ç McGill Société de musique contemporaine du Québec Walter Boudreau, directeur aiUsbque ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Montréal Nouvelles #100 1.7 ŒC^radio^^z Festival international mars Honneur auxn 19 concerts, 50\ 5 classes de nu ipositeurs, 300 musiciens, 8 conférei 1 colloque et 1 concours.mimé ¦ ?Mars Dimanche March Sunday Lundi Monday Mardi Tuesday 4 Mercredi C Wednesday ü Jeudi Thursday 6 Vendredi Friday 7 Samedi Q Saturday 0 Classe de maître Masterclass HILLIARD ENSEMBLE Causerie/Talk MICHAEL JARRELL MAL Classe de maître Masterclass CORNEUSDE BONDT Classe de maître Masterclass KLAS TORSTENSSON McG Classe de maître Masterclass R.MURRAY SCHAFER McG Dimanche Sunday 9 Lundi Monday 10 Tuesday 11 Mars March RENCONTRES DES MUSIQUES NOUVELLES AU CANADA : COMMUNICATION ET RÉSEAUTAGE SYMPOSIUM FOR NEW MUSIC IN CANADA : COMMUNICATION AND NETWORKING Organisé par / organized by Le Conseil québécois de la musique Ou 9 au 11 mars, à compter de 10 h tous les matins / March 9 to 11, from 10:00 am every morning.Chapelle Histonque du Bon-Pasteur 100, Sherbrooke E.Inscnpbons (4501923-2896 14:00 Met 16:00 17:30 Ciunris/Wk CORNELIS DE BONDT McG Causerie/Talk PAUL STEENHUISEN JOSE EVANGELISTA McG Causerie/Talk Causerie/Talk KUSTORSTENSSON R.MURRAY SCHAFER 19:30 ENSEMBLE DELA SMCQ Présenté par/ Presented by Yamaha Music Canada Ltd Groupa Archamtauft Anther! Longtin POL 5$15$25$ Répétition publique Public Rehearsal HILLIARD ENSEMBLE Staenhuisen Evangelista McG VIVAVOCE Feldman Chamay Gabrieli Villeneuve Dufay RED 12$ 25$ 20:00 21.30 TOUTDAOUST Electroacoustique I Electroacoustic MAC 8$ 15$ HILUARD ENSEMBLE Présenté par/ Presented by Marsh Staenhuisen Evangelista liddle Pirt Metcalf Hallawafl Raskatov Kalterbom POL 5$ 15$ 25$ HILUARD ENSEMBLE & MCGILL CONTEMPORARY MUSIC ENSEMBLE Présenté par/ Presented bv Pall Medical Da Bondt POL 10$ KLANGFORUM WIEN Beyer Canada Hess Ristic Pfamondon Lang SPM 5$ 15$ 25$ TABlfRONDt/ROUND TABŒ Avec les compositeurs invités aiwnee par / with the guest composers hosted by JOHN RIA Mtfi(Mti) QUATUOR MOUNARI Dialogue à TAtelier 414h) Musique et arts visuels 32» Sti Catharine E 15' CONCOURS NATIONAL DES JEUNES COMPOSITEURS DE RADIO-CANADA/ 15™ CBC YOUNG COMPOSERS NATIONAL COMPETITION evec/with: RÉSEAUX Eteciroacousbque / Electroacoustic Finalistes MAC 0$ MCGILL SYMPHONY MCGILL SYMPHONY ORCHESTRA ORCHESTRA Causerie/Talk JEAN LESAGE SERGE PROVOST McG Causerie/Talk MICHEL LONGTIN SEAN FERGUSON Varèse Ligeti Chostakovitch POL 10$ RESEAUX Jean Bouhalassa Gauthier Tremblay Dhomont MAC 8$ 15$ impagma des •tuor HiWard, au unis CONCEIT Réception an cor membres du qui bénéfice de MNM Coût du billet : 150$ | concert inclus) 1514)843-9305 AFTERMATH Meet the members of the Mittiird quartet and contribute to the MNM Ticket price $150 (including the concert) (514)843-9305 CRAM & FREEDMAN SUPERMUSIQUE Présenté par / Sponsored by CSC Redie Two 93,5 Jarrell GonnevtHe Rosing, Schow H Freedman Daniel Mather L Freedman SPM 0$ Joane Hétu MAC 12$ 18$ QUASAR & SMCQ Présanté par/ Presented by Meceoae - Sobeco Torstensson SPM (21 30) 5S15$ 25$ Varèse Ligeti Chostakovitch POL 10$ LANEF Graniar Lepage SPM 14S 22,50$ 27,50$ ELEKTRA/PURFORM Thibault Breuleux is1 CONCOURS NAnONAl DES JEUNES COMPOSITEURS DE RADIO-CANADA / IS™ CBC YOUNG COMPOSERS NATIONAL COMPETmON avec 'with L'ENSEMBLE CONTEMPORAIN DE MONTREAL lECM) Musique de chambre ' piano Chamber music / piano Finalistes et Sokolovic SPM OS TRIPTYQUE INTlMISTt QUATUOR MOUNARI Bartok Gubaiduhna Schafer 21:» TRIO FIBONACCI Provost Rhèn 22:46 QUATUOR BOZZINI Lesage Nono SPM 10$ 15$ 30$ Une soirée marathon avec pauses goûter A marathon-like evening with food end friends ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Présenté par / Presented by Promette Bec Ferguson Longtin POL 5$ 15$ 25$ * Entrée kbr* aux conférences, .-tasses de maîtres et è la table SALLES : ronde.MAC: McG: RED: Billets Jisporvbits sur / •Free admission to al tabs masterclasses and to fie round Sade Beverly WabsterRoiph Du Musse d‘ art contemporain Faculty ofMusic McGi Umversitv Redpath Ha» 346) Mc lavish Tickets available at ADMISSION : de Montréal 555, Sherbrooke OAV (514) 398 4547 (5141790-1245 185, SteCathenne 0,W 1514) 398 454/ 1 801)361 4595 (514) 847-6226 MAL: POL: SPM: Sale Pierre-Mercure du adrmssion com PoNackHal Centre Piene-Pèledeeu Conservatoire de musique 555.Sherbrooke 0/W 300, de Maisonneuve E.du Québec à Montréal Sale Matépert 4750, Hann-Juken (514)873-4031 (514) 398-4547 (514) 987 «19 Le festival MNM tient é remercier es tertres Québec SS l+l Canadian Patrimoine Heritage canadien Conseil des Arts SjSs Canada Council du Canada for the Arts La Fondation SOGAN Bayer^ marsh (pÂll) Medical ARCHAMBAULT39 ProMftic cent ne pwrra-pélacfeau ttul HtéCVtt LE DEVOIR (SJastik I
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