Le devoir, 7 mars 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR ÉCONOMIE Microsoft déclare la guerre à Google Page B 1 1 CULTURE Montréal appuie le Quartier des spectacles Page B 8 & Vol.XCVIII N" 49 LE MERCREDI 7 MARS 2007 88c + taxes = 1$ HOMOPHOBIE L’égalité sociale n’est pas acquise au Québec L’intolérance subie par André Boisclair est répandue, souligne un rapport LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les propos homophobes tenus récemment par l’animateur Louis Champagne à l’endroit du chef péquiste André Boisclair et de son candidat Sylvain Gau-dreault sont venus crûment rappeler que l’homophobie existe bel et bien au Québec.Un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est venu renforcer ce sentiment hier en montrant que l’égalité juridique obtenue par les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) tarde à se traduire en égalité sociale.Mais les événements des derniers jours auront tout de même permis de créer un débat jugé «positif* par la commission.Refusant de commenter la portée politique de propos homophobes sur le cours de la campagne électorale, le vice-président de la commission, Marc-André Dowd, a salué la réponse unanime VOIR PAGE A 8: ÉGALITÉ ¦ Louis Champagne retiré des ondes, page A 2 Charest agite le spectre de la partition Le chef libéral soutient avoir commis un lapsus JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest menait campagne hier à Deux-Montagnes, où il a déclaré que le Québec n’était pas indivisible.Il a plus tard déclaré qu’il avait commis un lapsus.9HI v; -/ ANTOINE ROBITAILLE ROBERT DUTRISAC HÉLÈNE BUZZETTI Jean Charest a affirmé hier en anglais: «Je ne crois pas que le Québec serait indivisible» après un OUI.Mais dans un communiqué diffusé en catastrophe à 18h38, il a soutenu avoir commis un «lapsus»: «Je réitère, comme premier ministre et comme chef du Parti libéral du Québec, que le territoire du Québec est indivisible», pouvait-on lire.Néanmoins, Jean Charest a repris hier son discours de 1995 au sujet du «trou noir», c’est-à-dire l’inquiétant iijconnu après un éventuel OUI.A ses yeux, «le lendemain d’un vote pour la souveraineté, on s’engage dans un processus de sécession et de partition d’un territoire [la séparation du Québec], on s’engage dans ce que j’appelle un trou noir», a-t-il dit lors d’une conférence de presse dans une gare de Deux-Montagnes.Puis il a insisté: «Je ne souhaite pas la partition du territoire québécois.Mais ces questions-là vont se poser, on sait qu’il y a des gens qui vont la poser» Dans son communiqué intitulé solennellement «Correction du premier ministre», il renchérissait «Je réitère également qu’au lendemain d’une hypothétique séparation du Québec, notre peuple affronterait une période de turbulence.Dans ce scénario que nous ne souhaitons pas, nous ne pouvons exclure la probabilité que cette question soit soulevée.» La semaine dernière, le chef libéral avait savamment entretenu l’incertitude au sujet des transferts fédéraux après un OUI.VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ La campagne en pages A 2 et A 3 KAREEM RAHEEM Un pèlerin chiite blessé dans un attentat à Bagdad hier.IRAK Jean Baudrillard (1929-2007) Mort d’un penseur pessimiste Pourfendeur d’une société de surconsommation et des signes ostentatoires de la richesse STÉPHANE BAILLARGEON Ses signes vitaux se sont arrêtés et Jean Baudrillard est mort hier à Paris à l’âge de 77 ans.Avec le philosophe Jacques Derrida et le sociologue Pierre Bourdieu, tous deux disparus récemment il était un des intellectuels français contemporains les plus connus en dehors de l’Hexagone, surtout dans les pays de langue anglaise, où il a également contribué à alimenter le secteur des cultural studies.Ce Pierre, ce Jean et ce Jacques formaient la parfaite trilogie post-moderne.Germaniste de formation, traducteur de Marx et de Brecht Jean Baudrillard s’était vite éloigné de la théorie critique et des maîtres du soupçon pour poursuivre ses propres études originales en franc-tireur de la pensée, pourfendant au passage la responsabilité des masses devenues complices de l’ordre social organisé autour de la surconsommation d’objets mais aussi et surtout de signes ostentatoires de la richesse.Théoricien du simulacre et de la simulation, grand-maître de la séduction, il déployait sa pensée à coups d’aphorismes pétants et de petites phrases ironiques.Il avait choqué en 1991 en déclarant que «la guerre du Golfe n’a pas eu lieu» parce qu’elle avait VOIR PAGE A 8: BAUDRILLARD Attentats contre des pèlerins chiites ¦ À lire en page B 5 INDEX Annonces B 6 ^ " " Avis publics.A4 LcimSimSHmmSimm Décès B6 °" Météo B6 Mots croisés.B 6 ut Sudoku A4 ERIC FERERBERC, ACiENCE FRANCE-PRESSE Le philosophe et sociologue français Jean Baudrillard ù son domicile parisien, en novembre 2001.Libby coupable dans Faffaire Valerie Plame L’ancien bras droit de Cheney a menti à la justice dans le scandale lié à la justification de la guerre en Irak Washington — Lewis Libby, ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, a été reconnu coupable hier d’avoir menti à la justice, dans le cadre d’un scandale politico-médiatique lié à la justification de la guerre en Irak.Après plus d’un mois et demi de procès et 10 journées de délibérations, un jury du tribunal fédéral de Washington a reconnu M.Libby, 56 ans, coupable de quatre des cinq chefs d’inculpation qui pesaient contre lui, dont obstruction à la justice, faux témoignage et parjure.Une première audience est prévue le 5 juin pour déterminer sa peine.M.Libby, qui a été maintenu en liberté, risque jusqu’à 25 ans de prison.L’affaire remonte à juillet 2003, quand un diplomate, Joseph Wilson, a accusé le gouvernement Bush d’avoir menti en affirmant que Saddam Hussein avait tenté d’acheter de l’uranium au Niger, l’un des principaux arguments avancés pour justifier l’invasion en mars 2003, La presse avait alors révélé que l’épouse de M.Wilson, Valerie JIM BOURG REUTERS Lewis Libby Plame, était un agent de la CIA.Ce type de révélation est un crime fédéral aux Etats-Unis, et un procureur spécial, Patrick Fitzgerald, avait été nommé pour en débusquer l’auteur.Washington a bruissé de rumeurs pendant des mois, mais, en septembre dernier, Richard Armi-tage, ancien secrétaire d’Etat adjoint, a reconnu avoir été, par inadvertance, à l’origine de la fuite.VOIR PAGE A 8: LIBBY » à t I; * 1 ECONOMIE Microsoft déclare la guerre à Google CULTURE Montréal appuie le Quartier des spectacles www.ledevoir.com DEVOIR Vol.XCVIII N" 49 LE MERCREDI 7 MARS 2007 88c + TAXES = 1$ HOMOPHOBIE L’intolérance subie par André Boisclair est répandue, souligne un rapport LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les propos homophobes tenus récemment par l’animateur Louis Champagne à l’endroit du chef péquiste André Boisclair et de son candidat Sylvain Gau-dreault sont venus crûment rappeler que Ihomophobie existe bel et bien au Québec.Un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est venu renforcer ce sentiment hier en montrant que l’égalité juridique obtenue par les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) tarde à se traduire en égalité sociale.Mais les événements des derniers jours auront tout de même permis de créer un débat jugé «positif par la commission.Refusant de commenter la portée politique de propos homophobes sur le cours de la campagne électorale, le vice-président de la commission, Marc-André Dowd, a salué la réponse unanime VOIR PAGE A 8: ÉGALITÉ Louis Champagne retiré des ondes, page A 2 RARE KM RAHEEM Un pèlerin chiite blessé dans un attentat à Bagdad hier.IRAK Attentats contre des pèlerins chiites ¦ À lire en page B 5 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.A4 Carrières.B 4 Décès.B6 Météo.B6 Mots croisés.B 6 Sudoku.A4 Charest agite le spectre de la partition Le chef libéral soutient avoir commis un lapsus \ % ¦ ANTOINE ROBITAILLE ROBERT DUTRISAC HÉLÈNE BUZZETTI Jean Charest a affirmé hier en anglais: «Je ne crois pas que le Québec serait indivisible» après un OUI.Mais dans un communiqué diffusé en catastrophe à 18h38, il a soutenu avoir commis un «lapsus»: «Je réitère, comme premier ministre et comme chef du Parti libéral du Québec, que le territoire du Québec est indivisible», pouvait-on lire.Néanmoins, Jean Charest a repris hier son discours de 1995 au sujet du «trou noir», c’est-à-dire l’inquiétant ipconnu après un éventuel OUI.A ses yeux, «le lendemain d’un vote pour la souveraineté, on s’engage dans un processus de sécession et de partition d'un territoire [la séparation du Québec], on s’engage dans ce que j’appelle un trou noir», a-t-il dit lors d’une conférence de presse dans une gare de Deux-Montagnes.Puis il a insisté: «Je ne souhaite pas la partition du territoire québécois.Mais ces questions-là vont se poser, on sait qu ’il y a des gens qui vont la poser.» Dans son communiqué intitulé solennellement «Correction du premier ministre», il renchérissait «Je réitère également qu’au lendemain d’une hypothétique séparation du Québec, notre peuple affronterait une période de turbulence.Dans ce scénario que nous ne souhaitons pas, nous ne pouvons exclure la probabilité que cette question soit soulevée.» La semaine dernière, le chef libéral avait savamment entretenu l’incertitude au sujet des transferts fédéraux après un OUI.VOIR PAGE A 8: CHAREST JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest menait campagne hier à Deux-Montagnes, où il a déclaré que le Québec n’était pas indivisible.Il a plus tard déclaré qu’il avait commis un lapsus.¦ La campagne en pages A 2 et A 3 Jean Baudrillard (1929-2007) Mort d’un penseur pessimiste Pourfendeur d’une société de surconsommation et des signes ostentatoires de la richesse STÉPHANE BAILLARGEON Ses signes vitaux se sont arrêtés et Jean Baudrillard est mort hier à Paris à l’âge de 77 ans.Avec le philosophe Jacques Derrida et le sociologue Pierre Bourdieu, tous deux disparus récemment, il était un des intellectuels français contemporains les plus connus en dehors de l’Hexagone, surtout dans les pays de langue anglaise, où il a également contribué à alimenter le secteur des cultural studies.Ce Pierre, ce Jean et ce Jacques formaient la parfaite trilogie postmoderne.Germaniste de formation, traducteur de Marx et de Brecht, Jean Baudrillard s’était vite éloigné de la théorie critique et des maîtres du soupçon pour poursuivre ses propres études originales en franc-tireur de la pensée, pourfendant au passage la responsabilité des masses devenues complices de l’ordre social organisé autour de la surconsommation d’objets mais aussi et surtout de signes ostentatoires de la richesse.Théoricien du simulacre et de la simulation, grand-maître de la séduction, il déployait sa pensée à coups d’aphorismes pétants et de petites phrases ironiques.Il avait choqué en 1991 en déclarant que «la guerre du Golfe n’a pas eu lieu» parce qu’elle avait VOIR PAGE A 8: BAUDRILLARD ERIC FKRERBERG AGENCE FRANCE-PRESSE Le philosophe et sociologue français Jean Baudrillard à son domicile parisien, en novembre 2001.Libby coupable dans l’affaire Valerie Plame L’ancien bras droit de Cheney a menti à la justice dans le scandale lié à la justification de la guerre en Irak Washington — Lewis Libby, ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, a été reconnu coupable hier d’avoir menti à la justice, dans le cadre d’un scandale politico-médiatique lié à la justification de la guerre en Irak.Après plus d’un mois et demi de procès et 10 journées de délibérations, un jury du tribunal fédéral de Washington a reconnu M.Libby, 56 ans, coupable de quatre des cinq chefs d’inculpation qui pesaient contre lui, dont obstruction à la justice, faux témoignage et paijure.Une première audience est prévue le 5 juin pour déterminer sa peine.M.Libby, qui a été maintenu en liberté, risque jusqu’à 25 ans de prison.L’affaire remonte à juillet 2003, quand un diplomate, Joseph Wilson, a accusé le gouvernement Bush d’avoir menti en affirmant que Saddam Hussein avait tenté d’acheter de l’uranium au Niger, l’un des principaux arguments avancés pour justifier l’invasion en mars 2003.La presse avait alors révélé que l’épouse de M.Wilson, Valerie Lewis Libby JIM BOURG REUTERS Plame, était un agent de la CIA.Ce type de révélation est un crime fédéral aux Etats-Unis, et un procureur spécial, Patrick Fitzgerald, avait été nommé pour en débusquer l’auteur.Washington a bruissé de rumeurs pendant des mois, mais, en septembre dernier, Richard Armi-tage, ancien secrétaire d’Etat adjoint, a reconnu avoir été, par inadvertance, à l’origine de la fuite.VOIR PAGE A 8: LIBBY 9 à v LE DEVOIR, LE MERCREDI 7 MARS 2007 A 2 L’ADQ promet de mettre de l’ordre dans les finances publiques Saint-Gabriel-de-Valcartier — La «créativité» dans la comptabilité du gouvernement «amènerait n'importe quel comptable du secteur privé devant les tribunaux, mais est permise au gouvernement», a soutenu hier le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont.En conférence de presse en compagnie de ses candidats de la région de Québec, M.Dumont a accusé le gouvernement Charest de «tromperie» parce qu’il dissi-.mulerait plus de 5,3 milliards en déficit caché et «camouflerait le vrai portrait des finances publiques du Québec».M.Dumont visitait la circonscription de Chauveau, au nord de la ville de Québec, où le candidat adéquiste est une vedette du parti, l’ancien président du Conseil du patronat, Gilles Taillon.Pour éviter ce qu’il considère une manipulation des chiffre^ sur la situation financière de l’Etat, l’Action démocratique propose qu’un bureau prévisionnel soit constitué au sein du bureau du vérificateur général.Son rôle serait d’informer les députés et la population en général à partir d’analyses économiques et budgétaires non partisanes, avec des projections financières réparties sur 10 ans.M.Dumont a déploré que «l'argent coule à flot» la veille des élections alors que le gouvernement invoquait l’état déplorable des finances publiques depuis trois ans pour ne pas respecter ses engagements électoraux.L’Action démocratique s’ep prend à l’escalade de la dette de l’Etat au moment même où est censée s’appliquer une loi interdisant le déficit budgétaire.La dette a crû de 11 milliards depuis quatre ans.Cette dette cumulative atteint maintenant 122 milliards.Presse canadienne QUEBEC 2007 Corus retire des ondes son animateur Louis Champagne L’animateur du Saguenay avait tenu des propos homophobes qui ont été condamnés par tous les chefs des principaux partis PAUL CAUCHON Lt animateur Louis Champagne r vient d’être écarté des ondes pour ses propos homophobes tenus il y a deux semaines sur les ondes de CKRS à Saguenay.Le groupe Corus, propriétaire de la station, a qualifié hier les propos $ «inacceptables», ajoutant qu’ils ne «représentent pas l’opinion de Corus Québec».Ces propos avaient soulevé la réprobation de tous les chefs de parti politique dans l’ac-tueDe campagne électorale.Dans son émission Champagne pour tout le monde sur les ondes de CKRS, Louis Champagne avait reçu le candidat péquiste de Jon-quière, Sylvain Gaudreault II avait alors insinué que les employés des usines d’Alcan et de Price hésiteraient à voter pour lui parce qu’il est homosexuel, tout comme André Boisclair.D avait ajouté: «À Jonquière, pensez-vous que, quand vous arrivez avec un autre homosexuel, vous n’allez pas vous faire poser vraiment la question: “Coudonc, le Parti québécois, c’est-tu un club de tapettes?”» Les propos de l’animateur avaient soulevé la réprobation générale, et dans la région du Sague-nay-Lac-Saint-Jean plusieurs intervenants régionaux avaient exprimé leur honte.Le chef du Parti québécois, André Boisclair, avait par la suite ajouté que, si des gens voulaient amener la campagne électorale sur cette question, ils rencontreraient des millions de Québécois qui souhaitent plus d’égalité et plus de justice.Corus a été plutôt avare de commentaires hier, se contentant de dé- clarer quelle fera «la lumière sur cet incident et que, dans l’intervalle, monsieur Louis Champagne ne sera pas en ondes».Dans le Progrès-Dimanche de dimanche dernier, un homme d’affaires de la région du Saguenay avait d’ailleurs annoncé qu’il annulait sa campagne publicitaire sur les ondes de CKRS.Informé de b suspension de M.Champagne, André Boisclair a déclaré hier qu’il avait «bien raison défaire confiance aux Québécois».Louis Champagne est un pilier de la radio au Saguenay.Il avait oeuvré à CJMT à Chicoutimi, mais il s’est vraiment fixé depuis 1992 à CKRS comme morning man, où son franc-parler et ses opinions tranchées le rapprochent du courant de la radio trash.Le Devoir Les jeunes veulent sensibiliser les politiciens à ce qui les préoccupe Le regroupement Concertation jeunesse a choisi d’interpeller les politiciens québécois en campagne électorale d’une façon plutôt originale.Ils ont lancé, hier matin à Montréal, leur propre plateforme électorale, intitulée Pour m Québec en phase avec les aspirations de sa jeunesse!.Leur action vise à interpeller les partis politiques sur les préoccupations des jeunes.Dans leur plateforme, les jeunes retiennent cinq grands thèmes, soit l’éducation, l’emploi, l’environnement, la culture et la famille.En ce qui concerne l’éducation, ils réclament surtout le maintien du gel des droits de scolarité à l’université et de la gratuité au niveau collégial.Ils demandent aussi la mise en application des recommandations du rapport Bernier, rendu public en février 2003.Le rapport du professeur Jean Bernier, qui contenait plus de 50 recommandations, portait sur les besoins de protection sociale des personnes en situation de travail non traditionnel, dont les travailleurs à temps partiel ou sur appel, ce qui est souvent le cas des étudiants.Les jeunes réclament l’amélioration et l’expansion des systèmes de transport en commun.Ils souhaitent également que le budget du ministère de l’Environnepient passe de 0,3 % du budget de l’Etat à 3 %.Parmi les 10 groupes qui forment Concertation jeunesse, on retrouve les fédérations étudiantes collégiale et universitaire du Québec et les centrales syndicales CSN et FTQ.Presse canadienne Nationaliser le vent serait une perte de temps et d’énergie L'épreuve des faits LOUIS-GILLES FRANCŒUR Faut-il nationaliser l’éolien?Le Conseil national du Parti québécois a approuvé cette idée, officiellement reprise cette semaine par le parti concurrent, Québec Solidaire.Quant au chef du PQ, André Boisclair, il s’est opposé à cette idée.Qui a raison?La réponse est étonnante: il n’y a strictement rien à nationaliser dans le domaine de l’éolien.Le monstre craint par les uns n’existe pas plus que les géants combattus par Don Quichotte.Et le projet de nationalisation proposé par d’autres est sans objet L’épreuve des bits est., éprouvante.«Nationaliser, explique Jean-Thomas Bernard, professeur d’écono-ntie à l'université Laval, signifie que l’Etat acquiert des actifs appartenant à des intérêts privés.Comme on l’a fait pour mettre la main sur l’hydroélectricité à l’époque.Or, qu’est-ce que Québec pourrait bien nationaliser dans les vastes territoires nordiques publics, qui lui appartiennent déjà et que personne n’a encore développés?» «Quant à nationaliser la production éolienne privée déjà en place ou autorisée en Gaspésie, ajoute le professeur Bernard, ce serait inutile car il faudrait rembourser les profits anticipés par le secteur privé, ce qui serait l’équivalent de ce qu’on va leur payer en achats d’électricité mois après mois pendant la durée des contrats en cours.Mais comme la collectivité québécoise est propriétaire par anticipation des parcs éoliens présentement en place ou en chantier, il n’y a strictement rien à nationaliser de ce côté.Et nous n'avons aucun intérêt à le faire, puisque HydroQuébec pourra récupérer toute cette production gratuitement à la fin des contrats en cours.» Le modèle québécois en éolien a suivi une tangente quelque peu différente de celle adoptée en hydroélectricité.Lorsque Québec a lancé le programme des petites centrales privées dans les années 90, HydroQué-bec a clairement indiqué que, à la fin des contrats de 25 ans, la propriété des centrales lui revenait de plein droit Pas besoin de nationaliser, en somme, ce secteur ouvert au privé: il est, par, anticipation, propriété entière de l’Etat à la fin des contrats.Dans le domaine de l’éolien, explique Stéphane Boyer, dHydromé-ga, président du comité éolien de l'Association québécoise des producteurs d’énergie renouvelable (AQ-PER), Hydro-Québec n’a pas prévu une rétrocession automatique comme pour les petites centrales.Mais les contrats prévoient le démantèlement automatique et obligatoire des parcs d’éoHennes à la fin des contrats de 20 ans si Hydro-Québec décide alors de ne pas renouveler les contrats.En somme, Hydro-Québec n’a qu’à laisser le contrat s’éteindre et n’aura strictement rien à acquérir ou à nationaliser de ce côté, puisqu’il se retrouvera en général sur ses propres terres.Et, contrairement à la forêt souvent dévastée par les exploitants privés, le vent sera toujours là, aussi intense.Dans le cas des projets actuellement situés sur des terres privées, le démantèlement sera automatique là aussi si Hydro-Québec ne renouvelle pas le contrat Un fonds spécial alimenté par les promoteurs est même prévu pour que la collectivité n’hérite pas de la facture.La société d’Etat pourra alors négocier avec le propriétaire privé du site les conditions de son exploitation future si elle décide de l’exploiter elle-même.Aucune nationalisation ici non plus.«Le gouvernement, explique Jean-Thomas Bernard, peut décider d’ac- corder à Hydro-Québec un monopole de la production sur les terres publiques.Mais un monopole, ce n’est pas une nationalisation.Et Québec n’a strictement rien à nationaliser pour assurer un tel monopole car le vent est gratuit et le gouvernement bénéficie sur ses terres des plus importants gisements éoliens, ceux des régions nordiques.Quant aux projets privés actuels ou à venir, il n’y a rien à nationaliser de ce côté car il serait contre-productif d’acquérir ce qui va lui revenir de plein droit gratuitement à la fin du contrat.» Dans ce contexte, parler de nationalisation, pour s’y opposer ou pour la favoriser, escamote la vraie question: qui est le mieux placé pour développer maintenant cette filière?Hydro-Québec ou le secteur privé dans les grands domaines publics, ou les coopératives et les corps publics locaux dans le territoire municipalisé?Le Devoir CONCOURS LE DEVOIR'* TVS en collaboration avec .-*r * -w 3 joui Questions .s Pour participer, regardez l’émission / tfpaursf' / Questions pour un champion à 18 h sur jes ondes de TVS et notez l’indice du jour.Rêvatours, spécialiste des voyages en Grèce depuis plus de 20 ans.www, revatours.com LE DEVOIR Nom : .App.:.Ville: Code postal :.Courriel :.Retournez à : Concoure Grâce panoramique, Adresse 2050, rue de Bieury, O' étage, Montréal (Québec) H3A3S1 La tirage aura Heu le 22 mare 2007 é 15h.Faites-nous parvenir votre coupon de participation avant Téléphone : (rés.).(but).le mercredi 21 mare 2007 à 17h30.Le concoure s’adresse aux personnes de 18 ans et plus.Un seul coupon par i enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas moice OU jour : acceptées.Les conditions et réglements du concoure sont disponibles à la réception du Devoir et sur www.tv5.ca.Abonné(e) : Oui U Non J Cochez si vous ne désta pas recevoir de sollicitation du Devoir ?oudelVS ?.Date de l'émission :.Le PQ aidera les familles Saint-Jean-sur-le-Richelieu — Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a promis hier d’aider les jeunes familles à acquérir leur première maison en leur fournissant une mise de fonds qui ne porte pas d’intérêt C’est dans un bungalow en construction dans un nouveau quartier de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, éloquente manifestation de l’étalement urbain à 40 km de Montréal, qu’André Boisclair a dévoilé les détails de ce programme d’accession à la propriété, qui n’est pas sans rappeler une mesure instaurée par le gouvernement Lévesque en 1981.Un gouvernement du PQ offrira aux jeunes familles prix d’achat de leur première résidence, qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une maison existante, jusqu’à concurrence de 18 000 $.«Pour se qualifier, une famille devra avoir un enfant de moins de six ans et avoir m revenu familial inférieur à 100 000 $», a expliqué M.Boisclair.Cette famille n’aura aucun remboursement à faire pour une pério- à se loger de de dix ans, ni aucun intérêt à payer sur cette avance de fonds.La mesure représente un coût récurrent de 11 millions par année, a précisé le chef péquiste.En 1981, le gouvernement Lévesque avait conçu un programme d’accession à la propriété qui offrait un rabais d’intérêt de 5500 $ aux jeunes familles avec un enfant et un remboursement de capital de 2000 $ et 4000 $ en sus pour les familles phis nombreuses.Le Devoir -————¦ NOMINATION Rémy Trudel, ph d.M.Normand Asselin, secrétaire général de la Conlérence luso-franco-phone de la santé (COLUFRAS) est heureux d’annoncer la désignation de M.Rémy Trudel, Ph D., à la présidence de cet organisme international.La Conférence (COLUFRAS) est une ONG internationale dédiée au développement des échanges et de la collaboration en santé entre les pays de langue portugaise et de langue française des Amériques, d’Europe et d'Afrique, ainsi qu'à la promotion du portugais et du français dans les échanges internationaux.Le Québec, la France, le Brésil et le Portugal sont à la base de cette collaboration internationale en santé.M.Rémy Trudel, Ph D.détient son doctorat de l'Université d’Ottawa.Il a été ministre de la santé et des services sociaux du Québec de 2001 à 2002.Il a été membre de l’Assemblée nationale pendant quatorze ans.Recteur-fondateur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscàmingue en 1983, il est maintenant professeur invité à l'École nationale d’administration publique (ÉNAP) de l'Université du Québec, en poste à Montréal.Il est également producteur et animateur à la télévision de CANAL SAVOIR.La Conférence luso-francophone de la santé (COLUFRAS) établira son siège social à Montréal pendant la présidence de M.Rémy Trudel.^0 COLUFRAS Carvt*v»r>t>« Cent*i* l.u*o Funtiofena d* Vf «tnt* «u «Jfad* Les verts recyclent.le programme libéral FABIEN DEGUISE Les verts font du recyclage.Déçu par la performance du gouvernement dans le domaine bio-alimentaire, le Parti vert du Québec (PVQ) a décidé en effet de s’approprier hier les promesses libérales en la matière que le gouvernement Charest a, selon lui, laissées en plan dans son dernier mandat.Avec un objectif avoué: forcer un déblocage sur la question de l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais aussi sur l’accroissement des pouvoirs accordés aux régions dans la sphère agricole.«Les libéraux ont lamentablement failli à leurs engagements en matière d’alimentation et d’agriculture, a souligné hier Scott McKay, chef du PVQ, lors d’un entretien téléphonique.Leur proposition [faite pendant la campagne électorale de 2003] de rendre par exemple obligatoire l’étiquetage des OGM était très intéressante.Mais ils n’ont pas tenu cette promesse et en plus ne nous ont pas expliqué pourquoi.» Symboliquement, le PVQ a donc proposé hier de reprendre cet engagement à son compte dans l'espoir de lui donner vie politiquement.«Ça rejoint notre programme», dit McKay.Programme dans lequel cette forme d’étiquetage est d’ailleurs inscrite depuis le début de la campagne.Les verts sont en faveur de cette mesure et jugent, à l’inverse des libéraux, que le Québec peut «aller seul de l’avant» [sans attendre un feu vert fédéral] dans cette voie législative.Autre thème recyclé: la formation politique écolo veut récupérer l’idée de délocalisation des pouvoirs en matière agricole, mise de l’avant par les libéraux lors de la dernière campagne électorale.Le Parti libéral du Québec (PLQ), à l’époque, avait en effet annoncé qu’il voulait donner «aux communautés locales [.] un plus grand pouvoir de décision dans l’utilisation du territoire et sur l’évolution des activités en territoire agricole».Or, quatre ans plus tard, les verts soulignent le ratage de l’équipe libérale dans la mise en application de cette mesure.Ils citent d’ailleurs en exemple l’adoption récente, par la MRC de Ka-mouraska, d’un règlement pour contrôler les odeurs émanant des élevages de porcs, règlement que le gouvernement a refusé, prétextant qu’il était contraire «aux orientations gouvernementales en matière de protection du territoire et des activités agricoles.» Tout en reprenant les grandes lignes du programme libéral, qualifié d’inachevé par le PVQ, Scott McKay appelle aussi son homologue Jean Charest a reconnaître son échec en matière bio-alimentaire, «comme il l’a fait pour la santé», dit-il.Les verts déplorent aussi que la cuvée 2007 du programme électoral du PLQ ne fesse désormais plus mention des OGM, un sujet qui a rattrapé le gouvernement à plusieurs reprises dans les quatre dernières années.Le Devoir I 1 LE DEVOIR.LE MERCREDI 7 MARS 2007 ACTUALITES Le pari électoral Manon Cornellier Le premier ministre Stephen Harper était à Toronto hier pour distribuer plus de 1,5 milliard de dollars pour les transports en commun et la lutte contre les gaz à effet de serre.L’élection provinciale n’aura pourtant lieu qu’en octobre, ce qui a mené bien des observateurs et politiciens fédéraux à parler de manœuvre pré-électorale mais fédérale.D est clair que le chef conservateur ne néglige rien et prépare le terrain pour un éventuel scrutin.Minoritaire, il ne peut rien tenir pour acquis.Mais de là à orchestrer sa défaite dès ce printemps?Les thèses s’affrontent Les conservateurs ont l’argent, l’organisation et les attributs du pouvoir.Ils ne se gênent pas pour se servir de ce dernier avantage, distribuant allègrement des fonds depuis des semaines.Et ils essaiment Lundi, par exemple, ils ont annoncé dans toutes les provinces, sauf au Québec, une aide de 10,6 millions pour inciter les aînés à être actifs dans leur communauté.L’annonce d’hier cible quant à elle une autre clientèle convoitée, celle du Grand Toronto.Le fameux 905, où les banlieusards souffrent des embouteillages, mais aussi tous ceux qui vivent à la marge de la région centrale de la métropole, le 416, traditionnellement libéral et néo-démocrate.M.Harper prépare donc le terrain.Pour le court et le long terme.Son parti s’est déjà chargé d’imposer une image négative de M.Dion au Canada anglais.Maintenant, en répondant à certaines attentes de Jean Charest et de Dahon McGuin-ty, il s’immisce entre le chef libéral et ses homologues provinciaux en plus d’empiéter sur son terrain de prédilection, l'environnement Les libéraux sont frustrés, car ils disent avoir créé ces programmes pour voir les conservateurs les éliminer pour maintenant les ressusciter et en prendre le crédit Malgré ces atouts, les conservateurs ont un problème s’ils veulent aller aux urnes bientôt.Les sondages les placent toujours au même niveau d’appuis qu’en janvier 2006.Angus Reid donne une autre image, avec 40 % d’appuis, mais ce sondage a été réalisé par Internet ce qui incite même les experts à la prudence avant de le comparer aux sondages traditionnels menés par téléphone sur la base d’un échantillon aléatoire.Les deux plus récents sondages de ce type, Ipsos Reid et Décima, montrent plutôt que 36 % environ des électeurs appuient les conservateurs.Il s’agit d’une légère remontée depuis les précédentes enquêtes, mais c’est le même score qu’aux dernières élections.Les libéraux ont reculé depuis décembre, mais ils font aussi bien (27 %) ou même mieux (32 %) que lors du dernier scrutin (28 %).Selon Ipsos-Reid, les conservateurs auraient perdu du terrain au Québec et les libéraux en auraient gagné depuis un mois.Mais le nerf de la guerre reste l’Ontario, et là, les deux partis ont légèrement glissé, bien que ce soit trop peu pour être significatif Par ailleurs, les libéraux y devancent encore les conservateurs, mais seulement par quelques points, selon Ipsos-Reid et Derima.Pour le PLC, ce n’est pas une bonne nouvelle, car cela signifie que son avance ontarienne s’effrite.Ces chiffres montrent donc que les libéraux sont vulnérables, mais aussi qu’une majorité conservatrice n’est pas assurée.Pour l’obtenir, Stephen Harper doit gagner au moins 30 sièges de plus.D ne peut par conséquent se contenter de gains éventuels au Québec.D doit en faire ailleurs.Or, dans la région atlantique, personne ne voit de réel mouvement dans un sens ou dans l’autre.De plus, le Halifax Chronicle Herald révélait la semaine dernière que le budget de Fagence de développement régional ACOA avait été réduit depuis deux ans, contrairement à la promesse faite par M.Harper l’an dernier.En Alberta, le PC ne peut pas faire mieux, lui qui détient tous les sièges.En Colombie-Britannique, les conservateurs ont perdu cinq sièges lors des dernières élections.Leurs appuis sont à peu près au même niveau actuellement alors que les libéraux ont reculé.Le PC souhaite faire des gains dans les Prairies, mais l’avenir de la Commission canadienne du blé crée beaucoup de remous en Saskatchewan et au Manitoba et personne ne peut en prédire l’effet.Pour l’instant, le PC s’y maintient le PLC glisse et le NPD monte.Il reste l’Ontario, le nerf de la guerre.C'est la province qui a permis aux libéraux de se maintenir au pouvoir de 1993 à 2006, mais leurs 10 ans de gouvernement majoritaire sont aussi attribuables à la division du vote de droite.C’est grâce à elle si Jean Chrétien a même pu garder le pouvoir avec seulement 38,5 % des voix en 1997.Ce scénario n’est phis possible.La droite est unie, au grand dam des libéraux.Et si la gauche est divisée, elle l’est généralement dans des comtés où les conservateurs sont trop faibles pour en profiter.Du moins, par le passé.La grande inconnue est l’évolution du comportement électoral du Grand Toronto, où la population a beaucoup changé depuis 20 ans.Et 11 y a l’enjeu de la lutte contre la criminalité.Lors des dernières élections municipales à Toronto, cette question figurait au sommet des préoccupations des citoyens, selon les sondages.Les libéraux provinciaux en font d’ailleurs un de leurs chevaux de bataille.Selon le Globe and Mail, le procureur général Michael Bryant a même recommandé à Stéphane Dion de corriger le tir à ce sujet, soulignant le danger de laisser les conservateurs seuls sur ce terrain.Et il y a le budget une pièce maîtresse de ce jeu d’échecs électoral, en particulier au Québec.M.Harper doit cependant mesurer ses gestes pour éviter d’irriter d’autres provinces.Si on considère qu’il est trop généreux à l’endroit du Québec et accommodant avec l’Ontario, ça ne passera pas en Alberta, surtout s’il prend des mesures qui affectent l’industrie pétrolière.Ça ne passera pas mieux en Saskatchewan et à Terre-Neuve s’il devait adopter une formule de péréquation qui prend en considération les revenus des ressources naturelles.Tout ça ne veut pas dire que Stephen Harper ne plongera pas, mais s’il va de l’avant maintenant, ce sera parce qu’il mise sur la poursuite, en sa faveur, du déclin de Stéphane Dion.Ça se défend, mais c'est un pari qui, s’il est perdu, pourrait coûter à M.Harper son emprise sur son parti.mcomellier@ledevoir.com ._ MIKE CASSESE REUTERS Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, celui de l'Ontario, Dalton McGuinty, et les ministres ontarien et fédéral des Finances, Greg Sorbara et Jim Flaherty.L’Ontario obtient un milliard pour les transports en commun CLAIRANDRÉE CAUCHY L?Ontario et le gouvernement ' fédéral ont annoncé hier qu’ils consacreront 1,5 milliard de dollars à la lutte contre les changements climatiques et à l’amélioration des transports en commun dans la région de Toronto.Là où l’Ontario a décidé de privilégier les transports en commun à Toronto dans ses projets conjoints avec le fédéral, le gouvernement du Québec a préféré, lui, cibler les infrastructures routières.Résultat des courses: pendant que Stephen Harper et Dalton McGuinty, le premier ministre ontarien, annonçaient hier l’octroi de 1,5 milliard pour lutter contre les gaz à effet de serre et réduire la congestion routière, dont un milliard destiné à l’amélioration des transports en commun dans la région de Toronto, Jean Charest, le premier ministre québécois, recyclait en campagne électorale son plan d’action pour lutter contre les changements climatiques, financé à la hauteur de 350 millions pour l’ensemble de la province.Des 1,5 milliard annoncés hier par le gouvernement Harper, 586 millions iront au plan de lutte contre les changements climatiques, auxquels s’ajouteront 962 millions pour l’amélioration des transports en commun dans la grande région métropolitaine.L’Ontario a-t-il raflé un pactole plus important que le Québec, emportant une mise pour investir dans les transports en commun en plus du plan sur les changements climatiques?Au cabinet du premier ministre Haiper, on assure que les sommes équivalentes ont déjà été dépensées au Québec, mais qu’elles ont plutôt servi à financer des projets d’infiastruc-tures routières.«Les projets et les priorités se font en consultation avec les provinces.Le gouvernement de l’Ontario a défini comme priorité les transports en commun, au Québec, on a davantage ciblé sur des infrastructures routières», a expliqué au Devoir Nathalie Sarafian, attachée de presse du ministre fédéral des Transports et des Infrastructures, Lawrence Cannon.Elle cite notamment le projet de prolongement de l’autoroute 30, qui, dit-elle, poursuit le même objectif que celui visé par l’investissement massif dans les transports en commun de Toronto, soit l’allé gement de la congestion routière et l’amélioration des transports.Elle ne pouvait cependant préciser si l’ensemble des fonds prévus pour le Québec avaient été annoncés, ni fournir les montants dévolus à la province.Bref, impossible de dire si les sommes investies en Ontario étaient, toutes proportions gardées, équivalentes à celles allouées à la Belle Province.Invité à commenter la rondelette somme de un milliard consentie à la grande région de Toronto, le premier ministre Jean Charest a répondu de façon très générale hier «Le gouvernement fédéral, sur ces questions-là, agit de manière équitable.Si les fonds sont rendus disponibles pour une province, [ils] le sont pour les autres.[.]Le gouvernement fédéral doit agir de manière équitable s'il offre des fonds supplémentaires à l’Ontario ou à une autre province, il doit le faire pour le Québec.» M.Charest n’a donc pas précisé si son gouvernement avait bel et bien demandé au gouvernement fédéral d’investir dans les transports en commun, à l’instar de son collègue ontarien.Au cabinet du ministre des Transports, Michel Després, on fait toutefois valoir que le Québec investit déjà des sommes importantes dans le transport en commun, notamment en allouant 1,2 milliard pour les nouveaux wagons de métro ou encore en consacrant 430 millions à la Politique sur les transports collectifs.Hier, Jean Charest promettait justement 220 millions pour une voie réservée aux autobus à Gatineau, le Rapibus.L’annonce des gouvernements ontarien et canadien survient au lendemain d’un appel lancé par les maires des grandes villes pour que le fédéral investisse, sur une base récurrente, deux milliards par année pour le développement des transports en commun.A l’hôtel de ville de Montréal, on était forcé de constater que le réseau des transports en commun montréalais n’a pas bénéficié d’investissements comparables à ceux annoncés dans la Ville-reine.«Est-ce que le gouvernement du Québec a fait une demande au gouvernement fédéral?C’est la question qu’il faut lui poser», a indiqué Christiane Miville-Deschesne, l’attachée de presse du maire Gérald Tremblay.Du côté des groupes écologistes, plusieurs s’attendaient hier à ce que Québec et Ottawa sortent de leur chapeau, d’ici la fin de la campagne électorale, un investissement important en transports en , commun.Le projet de système de train léger sur raü, évalué à un milliard selon les études, ressortait fréquemment dans les suppositions.De manière plus générale, on dé notait le manque d’accent mis sur les transports en commun au Qué bec.«Montréal ne veut pas se chicaner avec Québec, Québec ne veut pas se chicaner avec Ottawa.Ce qui ressort de cette timidité, c’est que Montréal reçoit moins qu’ailleurs.En On- _ tario, le gouvernement McGuinty a fait du transport en commun une priorité, il faudrait que cela en devienne une au Québec», a fait valoir le directeur de Transport 2000, Normand Parisien.Le porte-parole de Greenpeace, Steven Guilbault, constate sur un ton cynique que les gouvernements cherchent à «acheter des votes de façon différente dans toutes les provinces».«On avance à pas de tortue sur le transport en commun, alors qu’on avance à vitesse grand V pour les grandes infrastructures routières, comme le projet de la 25», a déploré M.Guilbault Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir Un Boeing s’écrase en Indonésie Yogyakarta, Indonésie — Au moins 49 personnes sont mortes dans le crash d’un appareil de la compagnie aérienne indonésienne Garuda qui transportait 140 personnes, ce matin, à l’aéroport de Yogyakarta, a annoncé le se- E N BREF crétaire de la province Bambang Susanto.«Nous avons trouvé 48 corps sur place.Une personne est morte à l'hôpital Sardjito», le principal centre médical de la ville, a précisé Susanto.Auparavant des responsables de la compagnie avaient affirmé à Reuters que 76 personnes avaient été extraites de la carcasse calcinée de l’appareil, sans préciser combien d'entre eux étaient encore en vie.Le Boeing 737400 en provenance de la capitale Djakarta s’est écrasé lors de son atterrissage.H a explosé et pris feu après être sorti de la piste.L’avion de ligne «a pris feu en atterrissant.Cela s’est produit lorsqu’il est sorti de la piste et a explosé», a expliqué Susanto.La compagnie a confirmé la présence à bord de 133 passagers et sept membres d’équipage.Des dirigeants australiens ont par ailleurs annoncé que des journalistes, membres de la diplomatie et du gouvernement australien se trouvaient parmi les passagers.Ils accompagnaient la visite officielle en Indonésie du ministre des Affaires étrangères Alexander Downer, qui n’était pas dans cet avion.- Reuters Wmmm Une histoire d'êtres et de cœur.Chaque jour, Sainte-Justine continue d'accomplir des petits miracles grâce à l'engagement, au dévouement, aux compétences, au dépassement et a la passion de sa grande famille d'employés, de bénévoles et de donateurs.Grâce à chacun de ces hommes et de ces femmes, Sainte-Justine a la centaine rayonnante.Sainte-Justine 1907-2007 x à faire grandir la vie.i00.chu-sainte-justine.org 0 BOMBARDIER A 6 IE Ü E V 0 I R .LE MERCREDI 7 MARS 2 0 0 7 EDITORIAL L Josée Boileau Méfiance scolaire Si l’on excepte l’épineuse question du dégel des droits de scolarité, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sont comme des frères siamois dans cette campagne électorale quand il s’agit d’éducation.À croire que cela ne va pas si mal dans le secteur?À constater plutôt que les problèmes de l’école dépassent le champ des promesses.a santé et l’éducation sont deux gros bateaux à manœuvrer pour un gouvernement, à cause de leur poids budgétaire, de l’ampleur de leur personnel, du nombre d’établissements qui en relèvent et des mille problèmes quotidiens.Que faire qui n’a pas déjà été tenté?Que promettre tout en restant crédible?Par quel bout prendre ces monstres bureaucratiques?La comparaison a toutefois ses limites car, en dépit des apparences, l’éducation est bien plus mal prise que le secteur de la santé.Pour une raison fondamentale: la confiance n’y est pas.Ce que les Québécois reprochent à leur système de santé, c’est sa difficulté d’accès: la rareté des médecins de famille, les horaires impossibles des CISC et des cliniques, les urgences bondées, les listes d’attente.Mais, une fois leur tour arrivé, les Québécois ne tarissent pas d’éloges sur la qualité du personnel et des soins reçus.Pour l’école, c’est l’inverse! L’imaginaire collectif ne croit pas que, une fois les enfants dans le système, l’école publique québécoise va vraiment les mener au bout de leurs possibilités, qu'ils soient cancres ou génies.L’incessant débat sur la réforme de l’éducation en offre la démonstration.La réforme redonne du pouvoir au professeur et mise sur le déploiement de toutes les ressources d’un élève.Pourtant, plusieurs tiennent cette stimulante commande pour impossible.On loue les infirmières et les médecins, mais on doute des enseignants au point d’exiger, comme le fait l’ADQ, un bulletin universel qui n’a jamais existé au Québec! Comment surmonter cette méfiance, que même le fait de croiser des professeurs extraordinaires et dévoués n’apaise pas?Les partis n’ont pas de réponse à donner.D’une part parce que la nouvelle donne les dépasse.Nos sociétés, et ce n’est pas propre au Québec, ne sont plus homogènes et l’école vit avec les enfants que nous lui envoyons: gâtés, «po-qués», allumés, issus d’autres cultures, tiraillés entre plusieurs maisons ou trop d’activités, laissés à eux-mêmes, trop couvés.Et pour faire face à cette complexe réalité, le professeur ne jouit plus de la fi-¦ gure d’autorité qu’a sauvegardée le médecin.D’autre part, nul ne veut s’attaquer à l’organisation scolaire, sclérosée par trop d’acquis.Par exemple, libéraux comme péquistes promettent une école secondaire ouverte une heure de plus pour les uns, jusqu’à 17 heures pour les autres.Dans la vraie vie, les écoles secondaires sont déjà accessibles jusqu’en soirée et disponibles pour une foule d’activités.Mais, pour convaincre des ados d’y rester, encore faut-il qu’en région les horaires d’autobus scolaires soient conçus en conséquence et que, de manière générale, on puisse inciter des profs à rester sur place.De cela nul ne parle.De la même manière, chacun souhaite faire de l’école un lieu d’appartenance.Mais comment y arriver quand, règles d’ancienneté obligent, un professeur peut être délogé jusque tard dans l’année?Comment consolider des équipes-écoles dans ces conditions, s’attacher les jeunes profs, respecter les liens créés avec les élèves?Autre tabou politique.Les partis peuvent cibler des actions concrètes: investir dans l’entretien — urgent! — des immeubles, comme le promettent PQ et PLQ, concentrer l’apprentissage de l’anglais en 5' et 6' années, comme le dit l’ADQ, plutôt que l’éparpillement imposé par les libéraux tout au long du primaire.Mais l’école-lieu de vie reste dans leur bouche une affaire de mots plutôt qu’une véritable priorité.Comment dès lors s’étonner que les parents se tournent vers le secteur privé?jboileau@ledevoir.ca La lâcheté du Québec est reparti: dimanche dernier, le tiers des employés de soutien de la Société de transport de Montréal (STM), soit 700 sur plus de 2000, sont allés voter pour la grève générale en appui à leurs revendications.Rappelons qu’à l’automne 2003 le même groupe de syndiqués CSN avait eu recours au vandalisme et à une grève de six jours qui avait passablement perturbé la vie des Montréalais.Le Conseil des services essentiels était intervenu, mais au lieu de prendre en compte les besoins des citoyens en matière de déplacement, il s’était limité à fixer les heures de service en fonction du risque que d’éventuels embouteillages feraient peser sur la sécurité publique.Aucun service la nuit et la fin de semaine.Plus obtus, tu meurs! A la suite de ce débrayage, la Ville avait demandé à Québec de décréter que le transport en commun constituait un service essentiel en lui-même.Fraîchement élu et surtout préoccupé de faire adopter une réforme du Code du travail promise aux entreprises, le ministre Michel Després avait répondu qu’il préférait laisser retomber la poussière avant de décider.Quatre ans plus tard, la poussière est bel et bien retombée, mais les Montréalais sont quand même sur le point de faire face à une autre grève du transport dans l’indifférence la plus totale du gouvernement D ailleurs, quel que soit le gouvernement au pouvoir à Québec, les villes sont depuis toujours abandonnées à leur sort en matière de négociations avec leurs employés.Quand vient le temps de régler leurs propres problèmes financiers, péquistes et libéraux n’ont aucune hésitation à recourir aux lois d’exception.Mais quand la vie quotidienne de§ simples gens est en cause, on s’en fout! A l’heure actuelle, la rémunération globale d’un employé de métier de la STM est supérieure à celle d’une infirmière.De plus, cet homme (puisqu’il s’agit d’un homme!) a droit à la pleine retraite à 50 ans, après seulement 30 ans de service, au lieu de 55 ans d’âge et 35 ans de service pour les employés de la fonction publique québécoise.Un régime aussi chromé coûte cher, très cher aux Montréalais, qui assument le double des cotisations versées par les employés.Au lieu de geler les salaires pour 2007 comme il le souhaite, le maire Tremblay et son administration devraient exiger de leurs employés une réduction de la contribution des Montréalais de 12 % à 7 % du salaire brut sur une base récurrente, pour ramener le régime de retraite au niveau que celui des employés de l’État du Québec.Plus la campagne électorale provinciale avance, plus les candidats jouent à qui sortira la promesse la plus abracadabrante de son chapeau.N’y a-t-il donc aucun politicien assez courageux pour promettre aux municipalités de leur fournir les outils juridiques nécessaires pour ramener leurs coûts salariaux à un niveau proche de celui de l’Etat québécois?Et n’y a-t-il aucun politicien pour oser promettre de faire du transport collectif un service essentiel en tout temps dans les grandes villes, même en temps de négociations de conventions collectives?) Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE MES JpuMeS ?0\>ï its AAMifS.¦> W'AmTdBi»^ Vî CAAU5T ççr Cncorc mmi ?A, % I>£ Au ' $£L !Y, 4— J n j ùWolft WT-oyai «La faute aux purs et durs»?Et alors ?Dans une lettre intitulée «La faute aux purs et durs», le 1er mars 2007, François Privé affirme avec conviction que la promesse du Parti québécois de tenir un référendum éloigne ce même parti du pouvoir.Et alors?Le Parti québécois n’a-t-il pas été fondé sur la promesse de réaliser le pays du Québec?Alors, si le Parti québécois n’existe que pour faire l’indépendance, il doit, à tout moment, faire campagne dans cette direction.Ainsi, il peut perdre autant d’élections qu’il en faut, mais l’objectif central du programme, l’article 1, doit être respecté.Analysez les sondages, vous verrez que la souveraineté est bien plus populaire que le Parti québécois, bizarre n’est-ce pas?Si des militants comme M.François Privé, membre du Parti québécois, votent pour un autre parti politique parce que le Parti québécois fait campagne pour la souveraineté, tant mieux.Je les invite même à quitter le Parti québécois et ainsi rejoindre les rangs des partis purement provincialistes qui se réconfortent de la position aliénante du Québec face au Canada.Merci, M.Privé, en ne votant pour le Parti québécois, de libérer celui-ci de son lourd far- LETTRES -¥- deau de devoir présenter un programme de bon gouvernement provincialiste.Francis Ménard Etudiant au baccalauréat en histoire à l’UQAM Montréal, 3 mars 2007 / Election et éducation : de la parole à la réalité En général, les campagnes électorales sont l’occasion de demi-vérités bien frustrantes, tant elles ne correspondent pas toujours à la réalité des faits.Ainsi, à un parent qui se plaignait de la lisibilité des bulletins de la réforme, Jean Charest a répondu qu’il devrait aborder ce sujet lors d’une réunion du conseil d’établissement de son école.Or, le chef du PLQ devrait savoir que les CE n’ont aucun pouvoir de changer les choses.Ce sont les directions d’école qui le possèdent et, pour des raisons de cohérence, elles se sont généralement entendues sur un modèle unique dans chaque commission scolaire.Les parents n’ont donc, à proprement parler, aucun mot à dire quant à la facture des bulletins de la réforme, contrairement à ce que M.Charest laissait entendre à ce parent De plus, afin de rassurer les gens inquiets de la réforme, la plate-forme électorale libérale prévoit des examens à la fin de chaque cycle du primaire et du secondaire.On peut alors croire que les élèves devront bien savoir quelque chose s’ils veulent les réussir.On peut fortement en douter pour deux raisons.Premièrement, de tels examens existent déjà en cinquième secondaire et on ne cesse de dénoncer le laxisme de ceux-ci.Par exemple, en écriture de français de cinquième secondaire, un élève peut faire une faute de grammaire ou d’orthographe tous les 15 mots et réussir malgré tout cette épreuve! Deuxièmement, rien n’indique que ces examens auront un poids déterminant dans le parcours scolaire des élèves.En effet, un mauvais résultat à ceux-ci peut être noyé dans ce qu’on appelle le «bilan des apprentissages», une évaluation du cycle entier que plusieurs enseignants et parents estiment douteuse et subjective.De toute façon, mauvais résultat ou pas, comme le redoublement est devenu une mesure exceptionnelle, il faut se demander quelle importance véritable auront les examens de fin de cycle promis par le PLQ.Cette méconnaissance manifeste de nos leaders politiques explique peut-être pourquoi, même si elle est une de leurs priorités, l’éducation se porte si mal au Québec.Luc Papineau Enseignant Le 4 mars 2007 LIBRE OPINION Un autre cas d’acharnement médiatique LINA TRUDEL Retraitée et ex-analyste des médias Immobilisée pour des raisons de santé, j’ai décidé d'occuper mon temps à suivre de près la «couverture journalistique» de la présente campagne électorale.Préoccupée par la récurrence de nombreux problèmes sociaux, dont ceux relatifs aux systèmes de santé et d’éducation, ainsi que par l’élargissement des inégalités, il m’importait de mieux saisir, au-delà des explications partisanes, les raisons pouvant expliquer les impasses actuelles et de me faire, en conséquence, une opinion plus éclairée sur les solutions avancées par les partis politiques.Je comptais donc sur les médias pour m’aider à faire la part des choses et à dépasser l’impression que c’est toujours du pareil au même avec la politique.Ce qui a d’abord retenu mon attention, c’est l’écart important pouvant exister entre les contenus livrés par les partis, lors des points de presse, et ce qu’en retiennent notamment les médias électroniques (grâce à RDI, nous avons accès aux points de presse quotidiens des partis).Dès la première semaine, j’ai, en effet, été surprise par la nature des questions posées par les journalistes et frappée par l’at-tnut que représentent, pour eux, les formules-chocs et les propositions alléchantes et faciles à comprendre, de même que par les joutes et stratégies électoralistes.J’ai aussi été choquée par le traitement injuste réservé à André Boisclair, de même que par celui fait aux tiers partis.Je m’en tiendrai toutefois au cas Boisclair, car il s’agit pour moi d’un exemple révélateur des trop nombreuses distorsions qui s’introduisent dans le mode actuel du traitement de l’information.Voyons les faits.Contenu négligé Les discours des chefs des principaux partis, lors du déclenchement de la campagne électorale, étaient loin d'être pauvres en contenu.N’étant pas péquiste, j’ai cependant trouvé que le chef du Parti québécois avait apporté des éclairages particulièrement intéressant sur les principaux enjeux de cette élection.A mon avis, c’est lui qui a fait la meilleure performance.Les médias, cette fois, se sont bien privés de le signaler.Pire encore, ils ont choisi l’extrait le plus négatif de son intervention, celui où il compare Jean Charest à un pyromane.Après avoir reproché au PQ d’avoir tardé à faire connaître sa plateforme électorale, ils ont, une fois la chose faite, mis l’accent uniquement sur la maladresse stratégique du parti de parler de consultation populaire et non de référendum.On en vient à se demander si les journalistes et commentateurs, devenus trop souvent désabusés et cyniques, s’intéressent encore au contenu et s’ils sont en mesure d’analyser plus en profondeur les enjeux politiques?C'est toutefois au cours de la deuxième semaine que les médias ont commencé réellement à déraper.Pris dans le tourbillon des sondages, par les multiples déplacements des chefs et par la valse des engagements à grands coups de milliards et de millions, ils ont oublié de prendre le recul nécessaire pouvant leur permettre de mieux traiter l’information.Radio-Canada s’écarte quelque peu de cet engrenage, mais la place consacrée à l’analyse y demeure, pour un diffuseur public, encore trop ténue.Ce n’est pourtant pas par manque de savoir-faire! L’émission sur la dette réalisée par Zone libre en est une preuve éloquente.Édifiant! Mais revenons au sort réservé à M.Boisclair.Lors du point de presse qu’il a donné vendredi dernier, les journalistes ont carrément dépassé les bornes.Alors que le contenu de cette rencontre portait sur les engagements du PQ en matière de santé, les journalistes se sont tous acharnés à lui poser les mêmes questions relatives à son leadership.Il s’est d’ailleurs agi davantage d’une remise en question de son leadership que de questions visant à recevoir des explications sur les raisons de la baisse de la popularité du PQ.Voici un échantillon de ces édifiantes questions: «Votre leadership est catastrophique pour le PQ, vous ne pensez pas que vous êtes un handicap pour le PQ?Ne trouvez-vous pas que c’est vous qui êtes dans la tempête et que c’est Dumont qui passe la gratte?Pourquoi vous ignorez les feux qui clignotent?Qu’allez-vous faire pour empêcher les souverainistes de quitter le PQ?Allez-vous faire appel à des gens de l’extérieur, des gens qui sont écoutés par la population ?» Une telle attitude de la part des journalistes m’a, sur le coup, choquée et complètement interloquée.Quel était le but de ce genre de questions?Quelles réponses pouvaient-ils recevoir?Le droit du public à l’information aurait certes été mieux servi si les questions s’étaient centrées sur l’objet du point de presse.Ce jour-là, les journalistes ont non seulement fait preuve d‘un manque flagrant d’objectivité, mais ils ont eu un comportement tout simplement inhumain.Je me demande qui serait en mesure de bien performer dans un tel contexte?fi ne s’agit pas ici de défendre André Boisclair, mais davantage de mettre en cause un système médiatique qui produit des ratés toujours plus nombreux et souvent lourds de conséquences.La tendance à «l’acharnement médiatique» prend de plus en plus d’ampleur et le cocktail devient explosif lorsque cette pratique se combine aux biais depuis longtemps déplorés qui se rapportent à la personnalisation des problèmes et au goût marqué des médias pour le sensationnalisme.Cette fois, c'est au tour de M.Boisclair d’être pris pour bouc émissaire, auparavant c’étaient les accommodements raisonnables et demain ce sera à qui et à quoi le tour?Les rapport entre les médias et la politique sont devenus passablement malsains.L’information-spectacle et la politique-spectacle s’influencent mutuellement et les conséquences sont souvent désastreuses pour le bon fonctionnement de la démocratie. LE DEVOIR, LE MERCREDI 7 MARS 2007 ACTUALITES LIBBY •certains principes énoncés dans le projet de loi 99», notamment la «référence à l'intégrité territoriale du Québec».Le Devoir a tenté de joindre Benoît Pelletier hier, mais le porte-parole de ce dernier, Vincent Lamontagne, a expliqué que le ministre vaquait à ses «activités électorales».Réaction de Boisclair En soirée, André Boisclair a vivement condamné l’attitude du premier ministre.«M.Ckarest, depuis le début de la campagne joue avec le feu.Il joue avec des allumettes.Cette fois
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