Le devoir, 7 mars 2007, Cahier A
ÉCONOMIE Microsoft déclare la guerre à Google Page B 1 ?www.ledevoir.com ?CULTURE Montréal appuie le Quartier des spectacles Page B 8 LE DEVOIR Vol.XCVIII N" 49 LE MERCREDI 7 MARS 2007 88c + TAXES = 1$ HOMOPHOBIE L’égalité sociale n’est pas acquise au Québec L'intolérance subie par André Boisclair est répandue, souligne un rapport LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Les propos homophobes tenus récemment par l’animateur Louis Champagne à l’endroit du chef péquiste André Boisclair et de son candidat Sylvain Gau-dreault sont venus crûment rappeler que l’homophobie existe bel et bien au Québec.Un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est venu renforcer ce sentiment hier en montrant que l’égalité juridique obtenue par les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LG BT) tarde à se traduire en égalité sociale.Mais les événements des derniers jours auront tout de même permis de créer un débat jugé «positif» par la commission.Refusant de commenter la portée politique de propos homophobes sur le cours de la campagne électorale, le vice-président de la commission, Marc-André Dowd, a salué la réponse unanime VOIR PAGE A 8: ÉGALITÉ ¦ Louis Champagne retiré des ondes, page A 2 Charest agite le spectre de la partition Le chef libéral soutient avoir commis un lapsus ANTOINE ROBITAILLE ROBERT DUTRISAC HÉLÈNE BUZZETTI T ea J an Québ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest menait campagne hier à Deux-Montagnes, où il a déclaré que le Québec n’était pas indivisible.Il a plus tard déclaré qu’il avait commis un lapsus.' ean Charest a affirmé hier en anglais: «Je ne crois pas que le uébec serait indivisible» après un OUI.Mais dans un communiqué diffusé en catastrophe à 18h38, il a soutenu avoir commis un «lapsus»: «Je réitère, comme premier ministre et comme chef du Parti libéral du Québec, que le territoire du Québec est indivisible», pouvait-on y lire.Néanmoins, Jean Charest a repris hier son discours de 1995 au sujet du «trou noir», c’est-à-dire l’inquiétant iqconnu après un éventuel OUI.A ses yeux, «le lendemain d’un vote pour la souveraineté, on s’engage dans un processus de sécession et de partition d’un territoire [la séparation du Québec], on s’engage dans ce que j’appelle un trou noir», a-t-il dit lors d’une conférence de presse dans une gare de Deux-Montagnes.Puis il a insisté: «Je ne souhaite pas la partition du territoire québécois.Mais ces questions-là vont se poser, on sait qu’il y a des gens qui vont la poser.» Dans son communiqué intitulé solennellement «Correction du premier ministre», il renchérissait «Je réitère également qu’au lendemain d’une hypothétique séparation du Québec, notre peuple affronterait une période de turbulence.Dans ce scénario que nous ne souhaitons pas, nom ne pouvons exclure la probabilité que cette question soit soulevée.» La semaine dernière, le chef libéral avait savamment entretenu l’incertitude au sujet des transferts fédéraux après un OUI.VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ La campagne en pages A 2 et A 3 KAREEM RAHEEM Un pèlerin chiite blessé dans un attentat à Bagdad hier.IRAK Attentats contre des pèlerins chiites ¦ À lire en page B 5 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.A4 Carrières.B 4 Décès.B 6 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Sudoku.A4 W1 Jean Baudrillard (1929-2007) Mort d’un penseur pessimiste Pourfendeur d'une société de surconsommation et des signes ostentatoires de la richesse STÉPHANE BÀILLARGEON Ses signes vitaux se sont arrêtés et Jean Baudrillard est mort hier à Paris à l’âge de 77 ans.Avec le philosophe Jacques Derrida et le sociologue Pierre Bourdieu, tous deux disparus récemment, il était un des intellectuels français contemporains les plus connus en dehors de l’Hexagone, surtout dans les pays de langue anglaise, où il a également contribué à alimenter le secteur des cultural studies.Ce Pierre, ce Jean et ce Jacques formaient la parfaite trilogie postmoderne.Germaniste de formation, traducteur de Marx et de Brecht, Jean Baudrillard s’était vite éloigné de la théorie critique et des maîtres du soupçon pour poursuivre ses propres études originales en franc-tireur de la pensée, pourfendant au passage la responsabilité des masses devenues complices de l’ordre social organisé autour de la surconsommation d’objets mais aussi et surtout de signes ostentatoires de la richesse.Théoricien du simulacre et de la simulation, grand-maître de la séduction, il déployait sa pensée à coups d’aphorismes pétants et de petites phrases ironiques.11 avait choqué en 1991 en déclarant que «la guerre du Golfe n’a pas eu lieu» parce qu’elle avait VOIR PAGE A 8: BAUDRILLARD ERIC FERERBERC AGENCE FRANCE-PRESSE Le philosophe et sociologue français Jean Baudrillard à son domicile parisien, en novembre 2001. Rêvatours, spécialiste des voyages en Grèce depuis plus de 20 ans.www.revatours.com LE DEVOIR Retournez à : Concours Grâce panoramique.2050, rue de Bleuiy, 9* étage, Montréal (Québec) H3A3S1 Le tirage aura lieu le 22 mars 2007 i 15 h.Faites-nous parvenir votre coupon de participation avant le mercredi 21 mars 2007 à 17h30.Le concours s'adresse aux personnes de 18 ans et plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concoure sont disponibles è la réception du Devoir et sur wmv.lv5.ca.Nom :.Adresse :.App.:.Ville: Code postal :.Courriel :.Téléphone :(rés.).(bur.).Indice du jour :.Date de l'émission : : At»nné(e) : Oui J Non ?ùxiiezsivousnedésrezpasiw^desollidtationduDewIry oudeTV5 U Le PQ aidera les familles à se loger Saint-Jean-sur-le-Richelieu — Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a promis hier d’aider les jeunes familles à acquérir leur première maison en leur fournissant une mise de fonds qui ne porte pas d’intérêt C’est dans un bungalow en construction dans un nouveau quartier de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, éloquente manifestation de l’étalement urbain à 40 km de Montréal, qu’André Boisclair a dévoilé les détails de ce programme d’accession à la propriété, qui n’est pas sans rappeler une mesure instaurée par le gouvernement Lévesque en 1981.Un gouvernement du PQ offrira aux jeunes familles prix d’achat de leur première résidence, qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d'une maison existante, jusqu’à concurrence de 18 000 $.«Pour se qualifier, une famille devra avoir un enfant de moins de six ans et avoir un revenu familial inférieur à 100 OOO $», a expliqué M.Boisclair.Cette famille n’aura aucun remboursement à faire pour une pério- de de dix ans, ni aucun intérêt à payer sur cette avance de fonds.La mesure représente un coût récurrent de 11 millions par année, a prè cisé le chef péquiste.En 1981, le gouvernement Lévesque avait conçu un programme d’accession à la propriété qui offrait un rabais d’intérêt de 5500 $ aux jeunes familles avec un enfant et un remboursement de capital de 2000 $ et 4000 $ en sus pour les familles plus nombreuses.Le Devoir NOMINATION Rémy Trudel, ph d.M.Normand Asselin, secrétaire général de la Conférence luso-franco-phone de la santé (C0LUFRAS) est heureux d’annoncer la désignation de M.Rémy Trudel, Ph D., à la présidence de cet organisme international.La Conférence (COLUFRAS) est une ONG internationale dédiée au développement des échanges et de la collaboration en santé entre les pays de langue portugaise et de langue française des Amériques, d'Europe et d'Afrique, ainsi qu'à la promotion du portugais et du français dans les échanges internationaux.Le Québec, la France, le Brésil et le Portugal sont à la base de cette collaboration internationale en santé.M.Rémy Trudel, Ph D.détient son doctorat de l’Université d'Ottawa.Il a été ministre de la santé et des services sociaux du Québec de 2001 à 2002.Il a été membre de l’Assemblée nationale pendant quatorze ans.Recteur-fondateur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue en 1983, il est maintenant professeur invité à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) de l'Université du Québec, en poste à Montréal.Il est également producteur et animateur à la télévision de CANAL SAVOIR.La Conférence luso-francophone de la santé (COLUFRAS) établira son siège social à Montréal pendant la présidence de M.Rémy Trudel.fl CGLUFRA5 ConUié*f»t* krHODGon» MnéP-FièAtèfon* «U I» «anti Les verts recyclent.le programme libéral FABIEN DEGLISE Les verts font du recyclage.Déçu par la performance du gouvernement dans le domaine bio-alimentaire, le Parti vert du Québec (PVQ) a décidé en effet de s’approprier hier les promesses libérales en la matière que le gouvernement Charest a, selon lui, laissées en plan dans son dernier mandat.Avec un ol> jectif avoué: forcer un déblocage sur la question de l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais aussi sur l’accroissement des pouvoirs accordés aux régions dans la sphère agricole.«Les libéraux ont lamentablement failli à leurs engagements en matière d’alimentation et d’agriculture, a souligné hier Scott McKay, chef du PVQ, lors d’un entretien téléphonique.Leur proposition [faite pendant la campagne électorale de 2003] de rendre par exemple obligatoire l’étiquetage des OGM était très intéressante.Mais ils n’ont pas tenu cette promesse et en plus ne nous ont pas expliqué pourquoi.» Symboliquement, le PVQ a donc proposé hier de reprendre cet engagement à Son compte dans l’espoir de lui donner vie politiquement.«Ça rejoint notre programme», dit McKay.Programme dans lequel cette forme d’étiquetage est d’ailleurs inscrite depuis le début de la campagne.Les verts sont en faveur de cette mesure et jugent, à l’inverse des libéraux, que le Québec peut «aller seul de l’avant» [sans attendre un feu vert fédéral] dans cette voie législative.Autre thème recyclé: la formation politique écolo veut récupérer l’idée de délocalisation des pouvoirs en matière agricole, mise de l’avant par les libéraux lors de la dernière campagne électorale.Le Parti libéral du Québec (PLQ), à l’époque, avait en effet annoncé qu’il voulait donner «aux communautés locales [.] un plus grand pouvoir de décision dans l’utilisation du territoire et sur l’évolution des activités en territoire agricole».Or, quatre ans plus tard, les verts soulignent le ratage de l’équipe libérale dans la mise en application de cette mesure.Ils citent d’ailleurs en exemple l’adoption récente, par la MRC de Ka-mouraska, d’un règlement pour contrôler les odeurs émanant des élevages de porcs, règlement que le gouvernement a refusé, prétextant qu’il était contraire «aux orientations gouvernementales en matière de protection du territoire et des activités agricoles.» Tout en reprenant les grandes lignes du programme libéral, qualifié d’inachevé par le PVQ, Scott McKay appelle aussi son homologue Jean Charest a reconnaître son échec en matière bio-alimen-Làre, «comme il l’a fait pour la santé», dit-il.Les verts déplorent aussi que la cuvée 2007 du programme électoral du PLQ ne fesse désormais plus mention des OGM, un sujet qui a rattrapé le gouvernement à plusieurs reprises dans les quafre dernières années.Le Devoir / 4 5232 LE DEVOIR, LE MERCREDI 7 MARS 2007 A 3 onmc 2007 Dumont demande à Charest de sortir de la boue Le chef adéquiste somme son homologue libéral de défendre son bilan NORMAN DELISLE Saint-Gabriel-de-Valcartier — Le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, somme le premier ministre Jean Charest de mettre fin au «salissage» et de faire plutôt porter sa campagne sur son bilan.«M.Charest s’est lancé dans une campagne de salissage contre les candidats de l’ADQ.Il aurait intérêt à concentrer ses efforts et ses énergies à discipliner ses gens plutôt qu’à s’occuper des candidats des partis adverses», a déclaré hier le chef adéquiste, alors qu’il prenait la parole au Village-Vacances de Valcartier, dans la circonscription de Chauveau.Comme exemples de préoccupations auxquelles devrait s’attarder M.Charest, M.Dumont a rappelé les propos contradictoires de la candidate libérale dans Pontiac, la députée Charlotte L’Ecuyer, qui est adjointe parlementaire du ministre de la Santé et qui a déclaré que les Québécois n’ont pas nécessairement besoin d’un médecin de famille.Le chef adéquiste a aussi cité le candidat libéral de Lotbinière, Laurent Boissonneault, pour qui la crise forestière et ses milliers d’emplois perdus, de même que l’effondrement du viaduc à Laval en septembre dernier, n’étaient que des «pépins» rencontrés par le gouvernement Charest M.Dumont demeure outré du fait que, depuis quelques jours, l’organisation libérale épluche le passé des candidats adéquistes afin d’y découvrir des gestes ou des déclarations susceptibles de nuire au succès électoral de l’ADQ.Des 42 communiqués transmis depuis le début de la campagne par le Parti libéral, seulement 15 tracent le bilan du gouvernement Charest, tandis que 27 «lancent de la boue aux adversaires», a calculé le chef de l’ADQ.Au cours des trois derniers jours, les communiqués des libéraux contredisaient même les déclarations antérieures de Jean Charest lorsqu’il était chef des conservateurs fédéraux, a fait valoir M.Dumont.Par exemple, les libéraux ont dénoncé le projet de charte des victimes que l’Action démocratique a proposée la semaine dernière, mais en 1997 le Parti conservateur fédéral de Jean Charest a proposé une telle charte.De même, les libéraux ont sommé Mario Dumont de se dissocier des propos d’un candidat adéquiste qui remettait en question le registre des armes à feu.Pourtant, en 1997, Jean Charest a proposé d’abroger la Loi sur les armes à feu.Le chef adéquiste a mis en relief les «erreurs» de la stratégie libérale depuis le début de la campagne, comme celle de faire croire que Mario Dumont était menacé dans sa circonscription de Rivière Ontario et le gouvernement i fédéral ont annoncé hier qu’ils consacreront 1,5 milliard de dollars à la lutte contre les changements climatiques et à l’amélioration des transports en commun dans la région de Toronto.Là où l’Ontario a décidé de privilégier les transports en commun à Toronto dans ses projets conjoints avec le fédéral, le gouvernement du Québec a préféré, lui, cibler les infrastructures routières.Résultat des courses: pendant que Stephen Harper et Dalton McGuinty, le premier ministre ontarien, annonçaient hier l’octroi de 1,5 milliard pour lutter contre les gaz à effet de serre et réduire la congestion routière, dont un milliard destiné à l’amélioration des transports en commun dans la région de Toronto, Jean Charest, le premier ministre québécois, recyclait en campagne électorale son plan d’action pour lutter contre les changements climatiques, financé à la hauteur de 350 millions pour l’ensemble de la province.Des 1,5 milliard annoncés hier par le gouvernement Harper, 586 millions iront au plan de lutte contre les changements climatiques, auxquels s’ajouteront 962 millions pour l’amélioration des transports en commun dans la grande région métropolitaine.L’Ontario a-t-il raflé un pactole plus important que le Québec, emportant une mise pour investir dans les transports en commun en plus du plan sur les changements climatiques?Au cabinet du premier ministre Harper, on assure que les sommes équivalentes ont déjà été dépensées au Québec, mais qu’elles ont plutôt servi à financer des projets d’infrastructures routières.«Les projets et les priorités se font en consultation avec les provinces.Le gouvernement de l’Ontario a défini comme priorité les transports en commun, au Québec, on a davantage ciblé sur des infrastructures routières», a expliqué au Devoir Nathalie Sarafian, attachée de presse du ministre fédéral des Transports et des Infrastructures, Lawrence Cannon.Elle cite notamment le projet de prolongement de l’autoroute 30, qui, dit-elle, poursuit le même objectif que celui visé par l’investissement massif dans les transports en commun de Toronto, soit l’allégement de la congestion routière et l’amélioration des transports.Elle ne pouvait cependant préciser si l’ensemble des fonds prévus pour le Québec avaient été annoncés, ni fournir les montants dévolus à la province.Bref, impossible de dire si les sommes investies en Ontario étaient, toutes proportions gardées, équivalentes à celles allouées à la Belle Province.Invité à commenter la rondelette somme de un milliard consentie à la grande région de Toronto, le premier ministre Jean Charest a répondu de façon très générale hier «Le gouvernement fédéral, sur ces questions-là, agit de manière équitable.Si les fonds sont rendus disponibles pour une province, [ils] le sont pour les autres.[,.]Le gouvernement fédéral doit agir de manière équitable s’il offre des fonds supplémentaires à l’Ontario ou à une autre province, il doit le faire pour le Québec.» M.Charest n’a donc pas précisé si son gouvernement avait bel et bien demandé au gouvernement fédéral d’investir dans les transports en commun, à l'instar de son collègue ontarien.L’annonce des gouvernements ontarien et canadien survient au lendemain d’un appel lancé par les maires des grandes villes pour que le fédéral investisse, sur une base récurrente, deux milliards par année pour le développement des transports en commun.A l’hôtel de ville de Montréal, on était forcé de constater que le réseau des transports en commun montréalais n’a pas bénéficié d’investissements comparables à ceux annoncés dans la Ville-reine.«Est-ce que le gouvernement du Québec a fait une demande au gouvernement fédéral?C’est la question qu’il faut lui poser», a indiqué Christiane Miville-Deschesne, l’attachée de presse du maire Gérald Tremblay.Du côté des groupes écologistes, plusieurs s’attendaient hier à ce que Québec et Ottawa sortent de leur chapeau, d’ici la fin de la campagne électorale, un investissement important en transports en commun.Le projet de système de train léger sur rail, évalué à un milliard selon les études, ressortait fréquemment dans les suppositions.De manière plus générale, on dénotait le manque d'accent mis sur les transports en commun au Québec.«Montréal ne veut pas se chicaner avec Québec, Québec ne veut pas se chicaner avec Ottawa.Ce qui ressort de cette timidité, c’est que Montréal reçoit moins qu’ailleurs.En Ontario, le gouvernement McGuinty a fait du transport en commun une priorité, il faudrait que cela en devienne une au Québec», a fait valoir le directeur de Transport 2000, Normand Parisien.Le porte-parole de Greenpeace, Steven Guilbault, constate sur un ton cynique que les gouvernements cherchent à «acheter des votes de façon différente dans toutes les provinces».«On avance à pas de tortue sur le transport en commun, alors qu’on avance à vitesse grand Vpour les grandes infrastructures routières, comme le projet de la 25», a déploré M.Guilbault Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir ¦ '¦ Une histoire d'êtres et de cœur.Chaque jour, Sainte-Justine continue d'accomplir des petits miracles grâce à l'engagement, au dévouement, aux compétences, au dépassement et à la passion de sa grande famille d'employés, de bénévoles et de donateurs.Grâce à chacun de ces hommes et de ces femmes, Sainte-Justine a la centaine rayonnante.Sainte-Justine 1907-2007 ^ fgjpg granCjjr[a Vje l00.chu-sainte-justine.org > UMO O BOMBARDIER LE DEVOIR, LE MERCREDI 7 MARS 2007 A 6 EDITOR AI Méfiance scolaire Si l’on excepte l’épineuse question du dégel des droits de scolarité, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sont comme des frères siamois dans cette campagne électorale quand il s’agit d’éducation.À croire que cela ne va pas si mal dans le secteur?À constater plutôt que les problèmes de l’école dépassent le champ des promesses.L a santé et l’éducation sont deux gros bateaux à manœuvrer pour un gouvernement, à cause de leur poids budgétaire, de l’ampleur de leur personnel, du nombre d’établissements qui en relèvent et des mille problèmes quotidiens.Que faire qui n’a pas déjà été tenté?Que promettre tout en restant crédible?Par quel bout prendre ces monstres bureaucratiques?La comparaison a toutefois ses limites car, en dépit des apparences, l’éducation est bien plus mal prise que le secteur de la santé.Pour une raison fondamentale: la confiance n’y est pas.Ce que les Québécois reprochent à leur système de santé, c’est sa difficulté d’accès: la rareté des médecins de famille, les horaires impossibles des CLSC et des cliniques, les urgences bondées, les listes d’attente.Mais, une fois leur tour arrivé, les Québécois ne tarissent pas d’éloges sur la qualité du personnel et des soins reçus.Pour l’école, c’est l’inverse! L’imaginaire collectif ne croit pas que, une fois les enfants dans le système, l’école publique québécoise va vraiment les mener au bout de leurs possibilités, qu’ils soient cancres ou génies.L’incessant débat sur la réforme de l’éducation en offre la démonstration.La réforme redonne du pouvoir au professeur et mise sur le déploiement de toutes les ressources d’un élève.Pourtant, plusieurs tiennent cette stimulante commande pour impossible.On loue les infirmières et les médecins, mais on doute des enseignants au point d’exiger, comme le fait l’ADQ, un bulletin universel qui n’a jamais existé au Québec! Comment surmonter cette méfiance, que même le fait de croiser des professeurs extraordinaires et dévoués n’apaise pas?Les partis n’ont pas de réponse à donner.D’une part parce que la nouvelle donne les dépasse.Nos sociétés, et ce n’est pas propre au Québec, ne sont plus homogènes et l’école vit avec les enfants que nous lui envoyons: gâtés, «po-qués», allumés, issus d’autres cultures, tiraillés entre plusieurs maisons ou trop d’activités, laissés à eux-mêmes, trop couvés.Et, pour faire face à cette complexe réalité, le professeur ne jouit plus de la figure d’autorité qu’a sauvegardée le médecin.D’autre part, nul ne veut s’attaquer à l’organisation scolaire, sclérosée par trop d’acquis.Par exemple, libéraux comme péquistes promettent une école secondaire ouverte une heure de plus pour les uns, jusqu’à 17 heures pour les autres.Dans la vraie vie, les écoles secondaires sont déjà accessibles jusqu’en soirée et disponibles pour une foule d’activités.Mais, pour convaincre des ados d’y rester, encore faut-il qu’en région les horaires d’autobus scolaires soient conçus en conséquence et que, de manière générale, on puisse inciter des profs à rester sur place.De cela, nul ne parle.De la même manière, chacun souhaite faire de l’école un lieu d’appartenance.Mais comment y arriver quand, règles d’ancienneté obligent, un professeur peut être délogé jusque tard dans l’année?Comment consolider des équipes-ecoles dans ces conditions, s’attacher les jeunes profs, respecter les liens créés avec les élèves?Autre tabou politique.Les partis peuvent cibler des actions concrètes: investir dans l’entretien — urgent! — des immeubles, comme le promettent PQ et PLQ, concentrer l’apprentissage de l’anglais en 5' et 6' années, comme le dit l’ADQ, plutôt que l’éparpillement imposé par les libéraux tout au long du primaire.Mais l’école-lieu de vie reste dans leur bouche une affaire de mots plutôt qu’une véritable priorité.Comment dès lors s’étonner que les parents se tournent vers le secteur privé?Josée Boileau c jboileaufaledevoir.ca La lâcheté du Québec est reparti: dimanche dernier, le tiers des employés de soutien de la Société des transports de Montréal (STM), soit 700 sur plus de 2000, sont allés voter pour la grève générale en appui à leurs revendications.Rappelons qu’à l’automne 2003 le même groupe de syndiqués CSN avait eu recours au vandalisme et à une grève de six jours qui avait passablement perturbé la vie des Montréalais.Le Conseil des services essentiels était intervenu, mais au lieu de prendre en compte les besoins des dtoyens en matière de déplacement il s’était limité à fixer les heures de service en fonction du risque que d’éventuels embouteillages feraient peser sur la sécurité publique.Aucun service la nuit et la fin de semaine.Plus obtus, tu meurs! A la suite de ce débrayage, la Ville avait demandé à Québec de décréter que le transport en commun constituait un service essentiel en lui-même.Fraîchement élu et surtout préoccupé de faire adopter une réforme du Code du travail promise aux entreprises, le ministre Michel Després avait répondu qu’il préférait laisser retomber la poussière avant de décider.Quatre ans plus tard, la poussière est bel et bien retombée, mais les Montréalais sont quand même sur le point de faire face à une autre grève du transport dans l’indifférence la plus totale du gouvernement D’ailleurs, quel que soit le gouvernement au pouvoir à Québec, les villes sont depuis toujours abandonnées à leur sort en matière de négociations avec leurs employés.Quand vient le temps de régler leurs propres problèmes financiers, péquistes et libéraux n’ont aucune hésitation à recourir aux lois d’exception.Mais quand la vie quotidienne des simples gens est en cause, on s’en fout! A l’heure actuelle, la rémunération globale d’un employé de métier de la STM est supérieure à celle d’une infirmière.De plus, cet homme (puisqu’il s’agit d’un homme!) a droit à la pleine retraite à 50 ans, après seulement 30 ans de service, au lieu de 55 ans d’âge et 35 ans de service pour les employés de la fonction publique québécoise.Un régime aussi chromé coûte cher, très cher aux Montréalais, qui assument le double des cotisations versées par les employés.Au lieu de geler les salaires pour 2007 comme il le souhaite, le maire Tremblay et son administration devraient exiger de leurs employés une réduction de la contribution des Montréalais de 12 % à 7 % du salaire brut sur une base récurrente, pour ramener le régime de retraite au niveau que celui des employés de l’Etat du Québec.Plus la campagne électorale provinciale avance, plus les candidats jouent à qui sortira la promesse la plus abracadabrante de son chapeau.N’y a-t-il donc aucun politicien assez courageux pour promettre aux municipalités de leur fournir les outils juridiques nécessaires pour ramener leurs coûts salariaux à un niveau proche de celui de l’État québécois?Et n’y a-t-il aucun politicien pour oser promettre de faire du transport collectif un service essentiel en tout temps dans les grandes villes, même en temps de négociations de conventions collectives?Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CF.QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ÎW* JouMêS US M/Vrttff.f wAuTofclrt H CST CkCo&C ïmm ! MWTrt LETTRES -?- «La faute aux purs et durs»?Et alors ?Dans une lettre intitulée «La faute aux purs et durs», le 26 février 2007, François Privé affirme avec conviction que la promesse du Parti québécois de tenir un référendum éloigne ce même parti du pouvoir.Et alors?Le Parti québécois n’a-t-il pas été fondé sur la promesse de réaliser le pays du Québec?Alors, si le Parti québécois n’existe que pour faire l’indépendance, il doit, à tout moment, faire campagne dans cette direction.Ainsi, il peut perdre autant d’élections qu’il en faut, mais l’objectif central du programme, l’article 1, doit être respecté.Analysez les sondages, vous verrez que la souveraineté est bien plus populaire que le Parti québécois, bizarre n’est-ce pas?Si des militants comme M.François Privé, membre du Parti québécois, votent pour un autre parti politique parce que le Parti québécois fait campagne pour la souveraineté, tant mieux.Je les invite même à quitter le Parti québécois et ainsi rejoindre les rangs des partis purement provincialistes qui se réconfortent de la position aliénante du Québec face au Canada.Merci, M.Privé, en ne votant pour le Parti québécois, de libérer celui-ci de son lourd far- deau de devoir présenter un programme de bon gouvernement provincialiste.Francis Ménard Étudiant au baccalauréat en histoire à l’UQAM Montréal, 3 mars 2007 Élection et éducation : de la parole à la réalité En général, les campagnes électorales sont l’occasion de demi-vérités bien frustrantes, tant elles ne correspondent pas toujours à la réalité des faits.Ainsi, à un parent qui se plaignait de la lisibilité des bulletins de la réforme, Jean Charest a répondu qu’il devrait aborder ce sujet lors d’une réunion du conseil d’établissement de son école.Or, le chef du PLQ devrait savoir que les CE n’ont aucun pouvoir de changer les choses.Ce sont les directions d’école qui le possèdent et, pour des raisons de cohérence, elles se sont généralement entendues sur un modèle unique dans chaque commission scolaire.Les parents n’ont donc, à proprement parler, aucun mot à dire quant à la facture des bulletins de la réforme, contrairement à ce que M.Charest laissait entendre à ce parent De plus, afin de rassurer les gens inquiets de la réforme, la plate-forme électorale libérale prévoit des examens à la fin de chaque cycle du primaire et du secondaire.On peut alors croire que les élèves devront bien savoir quelque chose s’ils veulent les réussir.On peut fortement en douter pour deux raisons.Premièrement, de tels examens existent déjà en cinquième secondaire et on ne cesse de dénoncer le laxisme de ceux-ci.Par exemple, en écriture de français de cinquième secondaire, un élève peut faire une faute de grammaire ou d’orthographe tous les 15 mots et réussir malgré tout cette épreuve! Deuxièmement, rien n’indique que ces examens auront un poids déterminant dans le parcours scolaire des élèves.En effet, un mauvais résultat à ceux-ci peut être noyé dans ce qu’on appelle le «bilan des apprentissages», une évaluation du cycle entier que plusieurs enseignants et parents estiment douteuse et subjective.De toute façon, mauvais résultat ou pas, comme le redoublement est devenu une mesure exceptionnelle, il faut se demander quelle importance véritable auront les examens de fin de cycle promis par le PLQ.Cette méconnaissance manifeste de nos leaders politiques explique peut-être pourquoi, même si elle est une de leurs priorités, l’éducation se porte si mal au Québec.Luc Papineau Enseignant Le 4 mars 2007 LIBRE OPINION -+- Un autre cas d’acharnement médiatique LINA TRUDEL Retraitée et ex-analyste des médias Immobilisée pour des raisons de santé, j’ai décidé d’occuper mon temps à suivre de près la «couverture journalistique» de la présente campagne électorale.Préoccupée par la récurrence de nombreux problèmes sociaux, dont ceux relatifs aux systèmes de santé et d’éducation, ainsi que par l’élargissement des inégalités, il m’importait de mieux saisir, au-delà des explications partisanes, les raisons pouvant expliquer les impasses actuelles et de me faire, en conséquence, une opinion plus éclairée sur les solutions avancées par les partis politiques.Je comptais donc sur les médias pour m’aider à faire la part des choses et à dépasser l’impression que c’est toujours du pareil au même avec la politique.Ce qui a d’abord retenu mon attention, c’est l’écart important pouvant exister entre les contenus livrés par les partis, lors des points de presse, et ce qu’en retiennent notamment les médias électroniques (grâce à RDI, nous avons accès aux points de presse quotidiens des partis).Dès la première semaine, j’ai, en effet, été surprise par la nature des questions posées par les journalistes et frappée par l’attrait que représentent, pour eux, les formules-chocs et les propositions alléchantes et faciles à comprendre, de même que par les joutes et stratégies électoralistes.J’ai aussi été choquée par le traitement injuste réservé à André Boisclair, de même que par celui fait aux tiers partis.Je m’en tiendrai toutefois au cas Boisclair, car il s’agit pour moi d’un exemple révélateur des trop nombreuses distorsions qui s’introduisent dans le mode actuel du traitement de l’information.Voyons les faits.Contenu négligé Les discours des chefs des principaux partis, lors du déclenchement de la campagne électorale, étaient loin d’être pauvres en contenu.N’étant pas péquiste, j’ai cependant trouvé que le chef du Parti québécois avait apporté des éclairages particulièrement intéressant?sur les principaux enjeux de cette élection.A mon avis, c’est lui qui a lait la meilleure performance.Les médias, cette fois, se sont bien privés de le signaler.Pire encore, ils ont choisi l’extrait le plus négatif de son intervention, celui où il compare Jean Charest à un pyromane.Après avoir reproché au PQ d’avoir tardé à faire connaître sa plateforme électorale, ils ont, une fois la chose faite, mis l’accent uniquement sur la maladresse stratégique du parti de parler de consultation populaire et non de référendum.On en vient à se demander si les journalistes et commentateurs, devenus trop souvent désabusés et cyniques, s’intéressent encore au contenu et s’ils sont en mesure d’analyser plus en profondeur les enjeux politiques?C’est toutefois au cours de la deuxième semaine que les médias ont commencé réellement à déraper.Pris dans le tourbillon des sondages, par les multiples déplacements des chefs et par la valse des engagements à grands coups de milliards et de millions, ils ont oublié de prendre le recul nécessaire pouvant leur permettre de mieux traiter l’information.Radio-Canada s’écarte quelque peu de cet engrenage, mais la place consacrée à l’analyse y demeure, pour un diffuseur public, encore trop ténue.Ce n’est pourtant pas par manque de savoir-faire! L’émission sur la dette réalisée par Zone libre en est une preuve éloquente.Édifiant! Mais revenons au sort réservé à M.Boisclair.Lors du point de presse qu’il a donné vendredi dernier, les journalistes ont carrément dépassé les bornes.Alors que le contenu de cette rencontre portait sur les engagements du PQ en matière de santé, les journalistes se sont tous acharnés à lui poser les mêmes questions relatives à son leadership.Il s’est d’ailleurs agi davantage d’une remise en question de son leadership que de questions visant à recevoir des explications sur les raisons de la baisse de la popularité du PQ.Voici un échantillon de ces édifiantes questions: «Votre leadership est catastrophique pour le PQ, vous ne pensez pas que vous êtes un handicap pour le PQ?Ne trouvez-vous pas que c’est vous qui êtes dans la tempête et que c’est Dumont qui passe la gratte?Pourquoi vous ignorez les feux qui clignotent?Qu’allez-vous faire pour empêcher les souverainistes de quitter le PQ?Allez-vous faire appel à des gens de l’extérieur, des gens qui sont écoutés par la population?» Une telle attitude de la part des journalistes m’a, sur le coup, choquée et complètement interloquée.Quel était le but de ce genre de questions?Quelles réponses pouvaient-ils recevoir?Le droit du public à l’information aurait certes été mieux servi si les questions s’étaient centrées sur l’objet du point de presse.Ce jour-là, les journalistes ont non seulement fait preuve d‘un manque flagrant d’objectivité, mais ils ont eu un comportement tout simplement inhumain.Je me demande qui serait en mesure de bien performer dans un tel contexte?Il ne s’agit pas ici de défendre André Boisclair, mais davantage de mettre en cause un système médiatique qui produit des ratés toujours plus nombreux et souvent lourds de conséquences.La tendance à «l’acharnement médiatique» prend de plus en plus d’ampleur et le cocktail devient explosif lorsque cette pratique se combine aux biais depuis longtemps déplorés qui se rapportent à la personnalisation des problèmes et au goût marqué des médias pour le sensationnalisme.Cette fois, c’est au tour de M.Boisclair d’être pris pour bouc émissaire, auparavant c’étaient les accommodements raisonnables et demain ce sera à qui et à quoi le tour?Les rapport entre les médias et la politique sont devenus passablement malsains.L’informa-tion-spectacle et la politique-spectacle s’influencent mutuellement et les conséquences sont souvent désastreuses pour le bon fonctionnement de la démocratie.t LE DEVOIR.LE MERCREDI 7 MARS 2007 A 7 IDEES Réforme de l’éducation Les idées nuisibles de la réforme ANTOINE BABY Sociologue et chercheur en éducation Lettre à Paul Inchauspé her monsieur, La meilleure façon que les gens favorables à la réforme ont trouvée pour désarmer les gens qui s’opposent à la réforme ou qui sont simplement critiques est de leur dire qu’ils n’ont pas lu le bon document et qu’ils ne parlent pas de la «bonne» réforme.C’est exactement ce que vous faites dans votre «Lettre aux enseignants» parue dans Le Devoir (1er et 2 mars 2007).Vous commencez par dire que si on avait lu «ligne à ligne, page à page» le Programme de formation de l’école québécoise^ (PFEQ), on ne parlerait plus d’une réforme ou d’un renouveau «pédagogique», mais simplement d’une réforme du programme d'études, bref une réforme de contenu.En vous adressant aux enseignants, vous ajoutez même, comme si cela n’était pas évident: «Peut-être serez-vous appelé à changer quelques-unes de vos pratiques pédagogiques, peut-être pas.» Ai-je bien lu?Vous dites bien: peut-être que la présente réforme n’obligera pas les enseignants à revoir leurs pratiques pédagogiques?Je me propose de vous démontrer que, en lisant le PFEQ-qui-est-la-réforme, ligne à ligne, on découvre qu’il s’agit au contraire d’une réforme essentiellement pédagogique et qu’ils devront nécessairement revoir leurs pratiques pédagogiques de fond en comble.Autrement üs n’appliquent pas la réforme.Le «comment» est imposé Puisqu’il fallait avoir lu le bon document c’est précisément ce que j’ai fait et ce, bien avant que vous ne m’y invitiez.J’ai lu d’abord la version du PFEQ qui concerne le primaire, puis celle du secondaire.Et ce que j’ai lu dans ces documents fondateurs est exactement le contraire de ce que vous dites en début de votre article.Les deux versions du PFEQ recèlent en effet des considérations pédagogiques.Ces documents ne sont en fait qu’une restructuration des anciens contenus en fonction de paramètres pédagogiques précis et clairement identifiés.D’une part, comme le nouveau programme est «conçu dans la perspective de connaissances construites par l'élève plutôt que transmises par l’enseignant», il était logique de remplacer le tout-puissant behaviorisme par ce qui semble être un amalgame de trois théories de l’apprentissage apparentées, soit le constructivisme, le socioconstructivis-me et le cognitivisme.Ce qui est clairement exposé à la page 9.D’autre part, toujours en poursuivant dans la logique constructiviste, il était normal de remplacer la transmission de connaissances, comme mode pédagogique dominant, par «la construction des ' connaissances par l’élève», l’acquisition de connaissances comme telle étant reléguée aux «connaissances utiles à l’adaptation à un environnement changeant» (p.10).Par la même occasion, c'en était fait de l’enseignement par objectifs qui, comme mode unique de structuration des contenus, était remplacé par l’approche par compétences.Si ce n’est pas de la pédagogie ça, je me demande ce que c’est.Vous invitez ensuite les enseignants à «ne pas écouter ces discours savants sur les théories de l’apprentissage, ces discours qui invitent à se convertir en changeant de paradigme», comme si c’était là pure invention des adversaires de la réforme et des médias en mal de copie.Vous semblez avoir oublié ou ne pas avoir lu que c’est le PFEQ lui-même qui tient un savant discours sur les théories de l’apprentissage et qui parle de «changement de paradigme pédagogique» (p.9).Et vous soutenez toujours que cette réforme n’est pas une réforme pédagogique, qu’elle n’est qu’une réforme du programme d’études?Et vous osez toujours écrire aux enseignants: «Il vous reviendra ensuite de déterminer le comment»?Croyez-vous vraiment qu’avec cette réforme ils ont encore quelque chose à dire sur le comment c’est-a-dire la pédagogie?Des bonnes idées déjà là Au fond, il y a des bonnes idées dans cette réforme aussi bien que dans celles qui l’ont précédée.L’ennui, c’est que, d’une part il n’y a rien de nouveau dans ces bonnes idées, qui étaient déjà présentes dans l’école d’avant la réforme, et que, d’autre part les seules véritables nouveautés ne sont pas de bopnes idées.A titre d’exemple de bonnes idées déjà prises en compte, je rappellerai simplement que le système scolaire assumait déjà la nécessité d’une formation fondamentale qui transcende les connaissances disciplinaires, la nécessité de faire le tri devant une prolifération exponentielle des informations et d’apprendre aux élèves à apprendre, le développement fulgurant des technologies de l’information, la nécessité de faire de l’élève l’agent premier de sa formation et ainsi de suite.Pourquoi alors ce remue-ménage sans bon sens qui est non seulement coûteux, mais qui est aussi et surtout préjudiciable autant aux élèves qu’aux enseignants, qui ne s'y retrouvent toujours pas après sept ans?Les seules véritables nouveautés de cette réforme ont consisté à remplacer: 1) une théorie hégémonique de l’apprentissage, le behaviorisme, par une autre également hégémonique, le socioconstructivisme; 2) un procédé pédagogique structurant toutes les matières, l’enseignement par objectifs, par un autre également structurant, l’approche par compétences.Or, étant donné l’usage qu’on en fait les seules véritables nouveautés de cette réforme ne sont pas de bonnes idées! Elles sont même nuisibles.En soi, le socioconstructivisme n’est pas une mauvaise idée pédagogique.Il devient nuisible dès lors qu’il est érigé en théorie unique et totalitaire de l’apprentissage et devient un dogme pédagogique auquel tout le monde doit obéissance et soumission.Le professeur qui se plaisait et qui réussissait dans son rôle de transmission et d’acquisition de connaissances doit céder sa place à l’accompagnateur de l’élève, puisque le PFEQ-qui-est-la-réforme ne cesse pas de lui dire que c’est à l’élève qu’il revient de «construire ses connaissances».Ainsi en est-il de l’approche par compétences qui, en soi, n’est pas un mauvais procédé pédagogique, mais qui le devient dès lors qu’elle est hégémonique, qu’elle a préséance sur tous les autres procédés et qu’elle oblige l’enseignant à profiler tous ses autres outils pédagogiques selon le gabarit des compétences.Ça aussi, c’est écrit en toutes lettres, et que les preachers de la réforme ne viennent pas me dre que je n’avais pas le bon document En réalité, la seule chose qu’il était urgent de faire disparaître dans le système sco- x laire d’avant la réforme, c’est \ l’affreux régime de l’enseigne- \ ment par objectifs.Mais il \ ?û n’était pas nécessaire de jeter le bébé avec l’eau du bain et surtout de remplacer ce dogme par un autre dogme.La prochaine chose qu’il nous faudra réformer, c'est cette manie que nous avons de faire des dogmes pédagogiques avec des choses qui, partout ailleurs dans le monde, y compris en Suisse, dont nous nous sommes inspirés, ne sont que des procédés pédagogiques.À faire Dans ces conditions, que faut-il faire avec la ré forme actuelle?Il importe d’adopter un train d< mesures pour remédier à une situation tellemenl confuse quelle risque à tout moment de tourner au chaos.Je m’en tiendrai à énumérer ici celles qu’il faut adopter sans délai.Il faut stopper le processus de mise en œuvre de la réforme, éliminer le socioconstructivisme comme théorie hégémonique de l’apprentissage, de même que l’approche par compétences, qui remplace abusivement les savoirs par des «savoir-agir».Il faut par ailleurs maintenir deux des rares mesures positives de la présente réforme, soit le regroupement des matières en domaines et la répartition du temps alloué à chaque matière par le nouveau régime pédagogique, et rétablir sans délai, pour chaque domaine et chaque matière, des programmes-cadres exempts d’a priori pédagogiques.Enfin, il faut laisser à chaque établissement scolaire, en concertation avec les autres établissements de la même commission scolaire, le soin de choisir les théories de l’apprentissage et les outils pédagogiques appropriés pour ses élèves.En réalité, la seule chose qu’il était urgent de faire disparaître dans le système scolaire d’avant la réforme, c’est l’affreux régime de l’enseignement par objectifs.Mais il n’était pas nécessaire de jeter le bébé avec l’eau du bain.„ V r- - Vf f*.Des comparaisons douteuses LOUISE LAFORTUNE Professeure titulaire, Département des sciences de l’éducation, Université du Québec à Trois-Rivières epuis le début de l'application de la réforme en éducation au Québec, on dirait que se comparer avec la Suisse est essentiel, comme si la Suisse était un exemple, comme si elle était un modèle.Quand on regarde de plus près les comparaisons, on se rend compte que c’est du canton de Genève dont il est question et non de la Suisse au complet Alors, est-ce comparable?Plusieurs Suisses n’apprécieraient pas qu’on les assimile au canton de Genève.C’est un peu comme si on considérait que le Québec peut être assimilé à Montréal.Les premières différences sont géographiques et chiffrées.La Suisse, un pays de 7,2 millions d’habitants, comporte 26 cantons qui ont chacun leur système d’éducation.De ces 7,2 millions d’habitants, il y en a environ 1,5 million (moins d’habitants que sur l’île de Montréal) de francophones répartis dans six cantons.Le canton de Genève est un de ces cantons, le deuxième des cantons francophones pour la taille de sa population avec ses 440 000 habitants.Il comporte une importante proportion d’étrangers (entre 35 et 40 %).Ce canton a une superficie 6780 fois plus petite que celle du Québec.Avec des différences aussi importantes en matière de population et de superficie, peut-on comparer le Québec au canton de Genève en Suisse lorsque l’on parle d’éducation?Multiples distinctions On peut dire que des différences géographiques ne sont pas importantes lorsqu’on veut comparer les résultats de deux systèmes d’éducation, mais d’autres différences, par exemple culturelles, permettent de dire que toute comparaison est boiteuse.Le Québec et le canton de Genève n’ont pas la même histoire au plan de l’éducation; le cheminement pour en arriver à cette réforme n’est pas le même; la formation à l’enseignement ne prend pas la même forme; les liens entre les instances politiques, les universités et le milieu scolaire ne sont pas les mêmes; les moyens utilisés pour mettre en œuvre la réforme sont différents; les documents mis à la disposition du milieu scolaire par les instances politiques ne sont pas les mêmes et ne sont pas produits en même quantité.On peut bien regarder ce qui se passe ailleurs, on peut bien s’en inspirer si cela peut être utile, mais de là à dire que s’il y a un échec ailleurs, il y aura automatiquement un échec au Québec, il y a une marge importante.De telles conclusions manquent de fondements, de réflexions, de connaissance de la situation dans deux milieux scolaires, dans deux cultures.Parler la même langue n'est pas suffisant pour être comparable.Le Québec ne peut-il pas réfléchir à sa propre réforme, se demander ce qui va, ce qui ne va pas et éviter des comparaisons impossibles, des comparaisons trop rapides qui mènent à des remises en question complètes?Il y a peut-être des influences réciproques, mais notre réforme est liée à un mouvement international; elle a pris nos couleurs et est partie de notre histoire en éducation, de notre cheminement depuis le rapport Parent, depuis différents avis du Conseil supérieur de l’éducation (1993,2003), depuis la Commission des états généraux de l’éducation (1996), depuis le rapport Corbo (1994).Lors de mes nombreux voyages professionnels en Suisse, on me demande: «CommentsefaM qu’au Québec, ce soit si dynamique et créatif en éducation?» N’est-ce pas là un bon départ pour réussir un changement Un consensus en vue JACQUES DUFRESNE Editeur du magazine L’Agora et de /Encyclopédie de l’Agora dans Internet her Paul Inchauspé, L’une des étapes importantes sur la route de la réforme scolaire a été, après la publication des travaux des états généraux dont vous faisiez partie, la publication de votre rapport sur le programme des études en 1996.Commandé par la ministre de l’Éducation de l’époque, Pauline Marois, dans le sillage des travaux de fa Commission des états généraux de l’éducation, dont l’un des mandats était de consulter fa population, ce report jouissait de fa plus graiile légitimité démocratique.Clermont Gauthier le r$ume ainsi dans l’Annuaire 2006: «Le rapport Inchauspé proposait notamment (pp.22-25) de mettre davantage l’accent sur la mission d’instruction de l’école, de rehausser les exigences sur le plan de la lecture et de l’écriture, d’augmenter les contenus de certaines matières comme les sciences au primaire, l’histoire, les langues secondes, de relever le contenu culturel des programmes d’études.» Dans votre livre, vous développez chacun de ces points avec tant de bon sens et de profondeur que, à la dixième page déjà, on a acquis fa conviction que si une réforme fondée sur de si bonnes idées a suscité tant de réactions négatives, c’est que non seulement on vous a trahi en cours de route, mais qu’en outre on a détourné un processus jusque-là démocratique à des fins reliées à des intérêts particuliers.«Tout commence en mystique, tout finit en politique», disait Péguy.Dira-t-on un jour, en évoquant les réformes scolaires: tout commence en philosophie de l’éducation, tout finit en doctrines pédagogiques?Dans le site de Radio-Canada, on présente votre ami Robert Bisaillon comme le concepteur de la réforme scolaire.Vous en fûtes le penseur.Personne ne vous aurait reproché de vous présenter comme le penseur trahi par les doctrinaires de la pédagogie, tant ce qui vous sépare d’eux est manifeste.Vous les avez pris au contraire sous vos ailes kantiennes, faisant preuve par là d’un sens des responsabilités qui vous honore.Le malaise persiste Vous ne parvenez cependant pas à dissiper le malaise, vous apportez même des arguments convaincants en faveur de la thèse de la trahison des doctrinaires.«Ce que je n’avais pas prévu, c’est que, dans le champ de la pratique pédagogique désormais ouvert, essaieraient de s’installer à grands bruits, au son des buccins et des trompettes, les promoteurs des nouvelles pédagogies Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce bruit déplacerait l’accent de ce qui est en cause dans cette réforme.D’une réforme qui était d’abord une réforme du programme d’études, on ferait une réforme d’application d’une théorie pédagogique.» Dans l'analyse que vous faites ensuite des causes de ce glissement, vous reprenez dans vos mots les thèses qui ont éveillé l’esprit critique de 1a plupart de ceux qui ont de sérieuses réserves sur 1a réforme.Quelles sont ces causes, selon vous?Premièrement, le marché du perfectionnement des enseignants.Deuxièmement, les facultés universitaires qui, à ce moment, vivaient «l’un de ces changements de doxa, d’opinion dominante» qui font partie de leur culture.Troisièmement, le ministère de l’Éducation.Au ministère, dites-vous, «j’ai vu poindre la possibilité du glissement fatal».Vous racontez à ce propos une anecdote qui, à elle seule, justifie 1a publication de votre livre.Au sortir d’une réunion de travail convoquée par le ministère, un directeur d’école rejoint votre groupe de travail pour y faire 1a déclaration de foi suivante: «H n'y aura de réforme que s’il y a un véritable changement de pratique pédagogique, et il ne peut y avoir de changement de cette nature sans connaître le fondement de ces pratiques nouvelles: la théorie socioconstructiviste de l’apprentissage.» Vous avez été atterré: «Il était descendu rayonnant de la Montagne, portant les nouvelles tables de la Loi.» Vous avouez ensuite: «Les choses sont ainsi et je ne sais comment elles pourraient être corrigées.» Neutraliser le glissement «So ist», c’est ainsi.Ce sont les mots de Hegel devant le mont Blanc.Mais l’impAture doctrinaire qui s'est substituée à la réforme déirocratique n’est pas le mont Blanc, même si eDe a été importée de Suisse.Vous avez identifié vous-même les causes du glissement D ne reste qu’à les neutraliser, ce que devraient s’engager à faire tous les partis politiques, éclairés comme ils le sont désormais, grâce à vous notamment L’Action démocratique du Québec a fait quelques pas dans la bonne direction.Pour le Parti québécois, la voie est toute tracée: «C’est, devrait déclarer leur chef, notre réforme démocratique qu’il faut appliquer, celle du programme d’études, et non celle des doctrinaires.» Les libéraux de leur côté auraient intérêt à éviter d'assumer l’odieux d’un glissement qui a commencé sous le gouvernement péquiste.Tous les partis devraient se mettre d’accord sur deux points: 1) dissocier les deux réformes, n’imposer à tous que celle du programme, parce qu’elle est démocratique et qu’elle assure le fonds culturel commun de fa nation, ne mettre la réforme doctrinaire à l’essai qu’à une échelle réduite et dans des condition^ telles qu’aucun élève ne puisse reprocher un jour à lEtat québécois d’avoir fait de lui un cobaye; 2) rouvrir le champ de la pratique pédagogique que les doctrinaires ont fermé.Ëcrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support L’ÉQUIPE DU DEVOIR r.nc uesrosiers, I,iauue i un mu-, riaiiVui= "unjaiu"^.« ¦ mnuuii mieriKiuonare jean-rierre Legauu [pupitre mtematwmt et page eaitonale), Claude Levesque, Ouy Taillefer [adjoint au directeur de l’in/omation) Serge Truffeut [éditorialiste) l Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Caudreau (secrétaire à la rédaction) ; Marie-Ber Frapoier Alexandre Shields tcommis] La dorumentarinn : r M^n Dero^ fttridt Cossette (Québec), Rachel Rochefort (0^)1* PUBUClrt ET LE MARKETING AméHe Bessette, Jean de Billy.Jean-François Bossé.Dave Cameron, Marlène Côté, Christiane legault, Ita^lî^MaltakJacquM A Nadtm'ciaireœaqin-t'^dartîne RioSle, £w“h£ Nadia Sebar, Melisande Simard (publicitaires).Laurence Thénault (directrice adjointe).Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchea, Johanne Brunet Danielle Cantara Richard Des Cormiers Donald FUinn Yannirt uÜriê' Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation).Caroline Simard fa ôfo^fNanCT^auKeTNniim mutate’ nXiLku™ Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Ghislaine Lafleur, Claudette Beliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, MoniqueXteau.D^iel“ Ross Blanchette.Nathalie Fillon. LE DEVOIR, LE MERCREDI 7 MARS 2007 A 8 \CTUALITES ÉGALITÉ SUITE DE LA PAGE 1 que leur ont réservée les différents partis en lice.«H est important de dire clairement que ce sont des propos homophobes qui ont été tenus et qu’ils doivent être dénoncés.Cela dit, la commission se réjouit du fait que ces propos ont été dans les faits largement dénoncés», a commenté M.Dowd, en marge d’une conférence de presse pendant laquelle il a livré les grandes lignes du rapport de consultation du Groupe de travail mixte sur l’homophobie.«Un mouvement semble se dessiner pour dire que l’homophobie n’a pas sa place au Québec et ça, c’est très encourageant.Même le secteur privé s’y est mis», a commenté pour sa part le président de Gai écoute et de la fondation Emergence, Laurent McCut-cheon, qui a salué la décision de Corus de retirer son animateur des ondes.Il y a deux semaines, Louis Champagne avait insinué sur les ondes de CKRS, à Saguenay, que les employés des usines d’Alcan et de Price pourraient hésiter à voter pour Sylvain Gaudreault et son chef André Boisclair en raison de leur homosexualité.Selon Laurent McCutcheon, qui agissait hier comme porte-parole des groupes communautaires du Groupe de travail mixte sur l’homophobie, le Québec a fait un pas de géant au cours des dernières semaines.Mais il y a encore beaucoup à faire et M.McCutcheon espère que les discours des politiciens seront moins timides dans les prochaines semaines.«Les partis politiques ont le sentiment de marcher sur des œufs.Ils hésitent, n’osent pas trop se prononcer.Et c’est dommage.C'est aussi dommage pour M.Boisclair parce que lui doit porter tout cela sur ses épaules alors qu’il n’est pas un militant et qu’il n’a pas à l’être.» Les chefs de parti devraient toutefois trouver de nombreuses munitions dans le rapport rendu public hier par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.Intitulé «De l’égalité juridique à l’égalité sociale», ce rapport brosse le portrait d’une minorité sexueUe qui continue à subir la discrimination au quotidien.Certes, en 35 ans, les victoires ont été nombreuses, pour culminer en 2005 avec la légalisation du mariage entre conjoints de même sexe.Mais cette égalité juridique récemment acquise n’a pas trouvé d’équivalent dans la société encore, montre le rapport de la commission.Les communautés LGBT continuent d’avoir «peur du mépris, de l’isolement et de l’abandon», ce qui les pousse à vivre leur homosexualité de façon «cachée et inavouée».Ces craintes sont légitimées chaque jour par des comportements discriminatoires qui montrent bien que l’homophobie sévit encore, et ce, dans tous les domaines scrutés par le groupe de travail, au premier chef l’éducation, la santé et le travail.«On ne peut pas chiffrer l’homophobie, mais nous pouvons mesurer l’incidence d’événements homophobes, qui nous indique que l’homophobie existe dans tous les secteurs que nous avons identifiés», a dit M.Dowd.Pour l’enrayer, le Québec doit se doter d’une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie axée sur la mise en oeuvre d’une politique gouvernementale et d’un plan d’action musclé, recommande la commission.Ce plan devra en priorité cibler certaines lacunes sur les plans de la sensibilisation, de l’information ou de la formation.Une chaire de recherche constituera à cet égard un précieux soutien.Mais pour que ça marche, il faudra une volonté politique forte, prévient M.Dowd.Voilà pourquoi la commission recommande la nomination d’un ministre responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la fameuse politique à naître.Malgré le débat relativement serein des derniers jours, les autorités auraient tort de ne pas presser le mouvement.Car la détresse est réelle.On estime que les jeunes homosexuels présentent des risques de six à seize fois plus élevés de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels.Chez les jeunes filles, les lesbiennes font cinq fois plus de tentatives de suicide que les autres.«Le désespoir ressenti par trop de jeunes des minorités sexuelles à l'étape très sensible de leur “coming out” commande, à lui seuf, l’urgence d’agir», lance Marc-André Dowd.A ses yeux, agir dans le milieu de l'éducation paraît tout à fait prioritaire.Et ça commence dans les cours, les corridors et les classes des écoles primaires, prévient la commission.Une étude réalisée en 2002 auprès de la Cominission scolaire de Montréal révélait que 89 % des intervenants du milieu scolaire constataient la présence d’homophobie.Les trois quarts disaient entendre des commentaires homophobes à l’école et 55 % dans la cour d’école.Le groupe de travail souhaite changer ce climat en proposant notamment des modèles plus positifs des communautés LGBT dans le matériel didactique destiné aux élèves.Dans son rapport, la commission a mis en lumière plusieurs autres idées qui pourront servir de base aux rédacteurs de la politique.«Nous ne partons pas de zéro, il existe différentes mesures dont nous pouvons nous inspirer pour rendre plus efficace notre action contre l’homophobie», a rappelé M.Dowd.Toutes ces suggestions ont été accueillies avec intérêt par le ministre de la Justice et procureur général, Yvon Marcoux, qui avait confié à la commission le mandat de présider les travaux du Groupe de travail mixte sur l’homophobie, en juin 2005.«Le gouvernement entend donner suite à la recommandation de la commission d’adopter une politique nationale de lutte contre l’homophobie», a mentionné le ministre Marcoux par voie de communiqué.Québec solidaire, qui la veille encore dévoilait son intention de mettre en place une politique nationale de lutte contre l’homophobie au coût de dix millions, a aussi donné son appui aux propositions qui y sont formulées.«Non seulement la commission assoit les bases d’une stratégie nationale de lutte contre l'homophobie, mais elle propose également la mise en place d’une chaire de recherche portant sur le sujet.Elle insiste aussi sur la désignation d'un ministre responsable de la lutte contre l’homophobie.C’est exactement la direction qu’il faut prendre pour venir à bout d'une intolérance si répandue au Québec», a souligné Manon Massé, candidate dans Sain-te-Marie-Saint-Jacques.Le Devoir CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 Le thème de la partition a été remis sur le tapis hier matin, lorsqu’une journaliste de The Gazette a interrogé Jean Charest au sujet de certaines de ses déclarations passées.En effet, dans son édition du 29 janvier 1996, ce journal avait cité des propos de M.Charest tenus lors de l’émission de télévision Sunday Edition, diffusée sur la chaîne BBS Television.«Si les séparatistes ont un droit à la dissidence, ils ne peuvent nier ce même droit aux autres», avait déclaré à l’époque M.Charest, chef du Parti conservateur à cette époque et ancien vice-président du camp du NON.Selon lui, cette question de la partition ferait inévitablement partie du «trou noir» dans lequel le Québec serait plongé si jamais le OUI l’emportait «B est loin d’être clair que le Québec n’est pas divisible.Je crois que les Cris et les Inuits auraient une très bonne cause» devant les tribunaux, avait-il clairement déclaré à l’époque.Hier, avant de diffuser son communiqué, il n’a pas formellement nié ces propos.Au contraire, en matinée à Gatineau, en réponse à la question sur la partition, il avait rappelé l’idée du 4rou noir» si le Québec s’engageait dans la voie proposée par le Parti québécois.«Il est très difficile de savoir où l’on aboutirait avec ce projet», avait-il dit La loi 99 En fait lîdée contenue dans le «lapsus» du premier ministre contreviendrait à une loi, la loi 99, mais aussi à une convention politique.Pour ce qui est de cette dernière, deux premiers ministres libéraux l’ont confirmée au tournant des années 90.Le premier ministre Daniel Johnson avait en effet déclaré en Chambre, quelques mois avant de perdre le pouvoir (18 mai 1994): «S’il y a un engagement que tous ceux qui sont élus contractent dès leur entrée en politique, c’est celui de défendre l’intégrité territoriale du Québec.Et je suis de ceux-là.» Trois ans plus tôt, le 27 août 1991, Robert Bourassa, répondant à une question du chef pé-quiste Jacques Parizeau, disait «En 1980, lorsqu’on a tenu le référendum, on avait reconnu l’intégrité territoriale du Québec, et que les lois de 1867,1871 et 1982 se trouvent à consacrer cette intégrité territoriale.» Quant à la loi 99 «sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec», elle a été adoptée le 7 décembre 2000 en réponse à la loi fédérale sur la clarté et contient un chapitre sur le territoire québécois.Son article 9 se lit ainsi: «Le territoire du Québec et ses frontières ne peuvent être modifiés qu'avec le consentement de l’Assemblée nationale.» Hier en soirée, à Nicolet, l’attaché de presse du premier ministre, Hugo D’amours, a rendu visite aux journalistes dans l’autobus afin de rappeler que les élus libéraux, sous la gouverne de Jean Charest, s’étaient opposés à l’adoption de cette loi.Mais, a-t-il insisté, les libéraux, avec en tête Jean Charest et le critique en matière constitutionnelle de l’époque, Benoît Pelletier (aujourd’hui ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes), avaient offert au LIBBY SUITE DE LA PAGE 1 Karl Rove, l’un des principaux conseillers du président George W.Bush, a également été identifié comme seconde source par des journalistes.Mais M.Fitzgerald a confirmé hier que personne ne serait poursuivi pour la fuite.Seul M.Libby l’était pour avoir fourni, dans le cadre de l’enquête, un récit inexact de ses conversations avec trois journalistes en juillet 2003.Vêtu d’un costume sombre, l’ancienne éminence grise de M.Cheney a accueilli le verdict assis, sans marquer de réaction.Son avocat, Ted Wells, a fait part de sa «profonde déception».Il entend désormais demander une révision du procès et, en cas de refus, engager une procédure d’appel.M.Libby avait plaidé non coupable, expliquant que les inexactitudes contenues dans ses témoignages n’étaient dues qu’à sa mauvaise mémoire.Après le verdict, le président Bush a fait part de sa tristesse, alors que le sénateur Barack Obama, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2008, a évoqué «un épisode honteux» illustrant «ce qui arrive quand la politique étrangère ou la sécurité nationale sont perverties par les tactiques politiques et l’idéologie».«Le jugement signale indéniablement, au plus haut niveau du gouvernement Bush, un manque flagrant de considération dans la gestion des informations sensibles relatives à la sécurité nationale et une inclination à la calomnie contre les détracteurs de la guerre en Irak», a de son côté noté la présidente de la SUITE DE LA PAGE 1 basculé dans l’irréalité d’une pure représentation médiatisée.Il en a récemment remis dans son Requiem pour les Twin Towers (2002).«On peut se demander ce qu’il resterait de la pensée de Baudrillard si l’on retirait tout le vernis qui la recouvre», demandaient sévèrement les critiques Alan Sokal et Jean Bricmont dans Les Impostures intellectuelles (1997).lx' style, c’est l’homme, non?Celui-là, satrape du Collège de pataphysique, proche des situationnistes, en avait à revendre.Dans ses textes, y compris ceux livrés aux journaux pour pourfendre les médias, l’esbroufe le disputait constamment à la provocation.«La séduction représente la maîtrise de l’univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de Tunivers réel», selon une de ses belles formules-synthèses.Né en 1929 à Reims, diplômé de philosophie, il était entré comme professeur de sociologie à l’Université de Nanterre en 1966.«La sociologie était la seule discipline qui restait ouverte, expliqua-t-il plus tard.Au début, j’étais obligé d’apprendre au fur et à mesure ce que je devais enseigner à mes élèves.» gouvernement Bouchard, pour éviter de «judiciariser ce qui est une question politique» d’adopter une «déclaration solennelle».Or, a souligné M.D’amours hier, ce projet de déclaration contenait «certains principes énoncés dans le projet de loi 99», notamment la «référence à l’intégrité territoriale du Québec».Le Devoir a tenté de joindre Benoît Pelletier hier, mais le porte-parole de ce dernier, Vincent Lamontagne, a expliqué que le ministre était en «activités électorales».Du reste, au moment d’écrire ces lignes, une réaction du chef péquiste André Boisclair avait été programmée pour plus tard en soirée.Plan «O» Par ailleurs, le chef péquiste a déclaré hier qu’il n’y aurait aucune incertitude au lendemain d’un prochain référendum sur la souveraineté si le OUI l’emportait Aussi, la mise en œuvre d’un plan «O», comme celui que Jacques Parizeau avait conçu en 1995, serait donc inutile.Le plan «O» visait à constituer une réserve de 17 milliards en liquidités pour stabiliser les .marchés financiers.A cette somme s’ajoutait une cagnotte de 20 milliards amassée par le Mouvement Desjardins, la Banque Nationale et la Banque Laurentienne.Cette réserve de 37 milliards aurait servi à racheter les obligations du Québec après le référendum en cas de «vente de feu» sur les marchés financiers.L’incertitude sera d’autant plus absente lors du prochain référendum qu’elle n’a pas été au rendez-vous en 1995.«Ceux qui voudraient agiter le drapeau de la peur, qu’ils se rappellent ce qui s’est passé en 1995», a fait valoir M.Boisclair.Personne ne pouvait prévoir le résultat du référendum.«Est-ce qu’on a vu de l’incertitude sur les marchés financiers?Est-ce que le gouvernement du Québec s’est retrouvé dans une situation plus difficile?Est-ce que les entreprises se sont retrouvées dans une situation plus difficile?Non, le cours de la vie s’est poursuivi.» Qui plus est, le contexte est aujourd’hui bien différent de ce qu’il était en 1995.«U n’y a plus de débat entre les formations politiques sur le droit du Québec à l’autodétermination, sur l’intégrité du territoire québécois, sur la capacité financière du Québec à faire la souveraineté», a soutenu M.Boisclair.Même Jean Charest, lors d’un séjour en Europe l’an dernier, a reconnu que le Québec avait les moyens financiers de faire la souveraineté, a rappelé le chef péquiste.Au lendemain de la victoire électorale, le gouvernement péquiste s’attellera à s’assurer de la reconnaissance d’un Québec souverain sur le plan international.«On va investir au lendemain de notre élection.Le message sera clair.Il sera bien porté dans la communauté internationale», a-t-il dit Cette reconnaissance internationale, elle sera facilitée par le fait que le Parlement canadien a reconnu que les Québécois forment une nation, estime M.Boisclair.Quant à la loi fédérale sur la clarté, qui impose une kyrielle de conditions pour que la souveraineté se réalise, elle a été contrée par la loi 99, laquelle affirme que c’est aux Québécois de décider de leur avenir et à l’Assemblée nationale de déterminer la question qui sera posée au référendum, juge M.Boisclair.L’accession du Québec à la souveraineté, «elle est Chambre des représentants, Nancy Pelosi.«Il est temps que quelqu’un au sein du gouvernement Bush assume la responsabilité des efforts visant à manipuler les renseignements et à discréditer les adversaires de la guerre», a jugé pour sa part Harry Reaj, chef de la majorité démocrate au Sénat Ce procès montre qu'«M» responsable de haut niveau, travaillant dans le bureau du vice-président, a-fait obstruction à la justice et menti sous serment»,fu déclaré M.Fitzgerald à la sortie du tribunal.Au cours de l’enquête, M.Libby avait expliqué sous serment avoir été surpris d’apprendre l’identité de Valerie Plame le 10 juillet 2003, alors que, selôn l’accusation, il en avait discuté avec au moins neuf personnes tout au long du mois précédent Pendant le procès, la plupart de ces personnes, journalistes, membres du renseignement, responsables du gouvernement Bush, ont témoigné, révélant à l’occasion les liens étroits entre la presse et la Maison-Blanche, tissés autour de scoops savamment répartis et de fuites orchestrées.Les audiences ont aussi levé un voile sur le fonctionnement ordinairement très opaque de l’équipe du vice-président mettant notamment en lumière les efforts quasi obsessifs pour discréditer toute critique de la guerre en Irak.Après le verdict, l’un des jurés, Denis Collins, s’est présenté devant les caméras massées depuis des semaines devant le tribunal, pour expliquer comment le jury avait conclu à la culpabilité de M.Libby, tout en exprimant «une très grande sympathie».«Cela a été dit un certain nombre défais [pendant les délibérations]: qu'est-ce qu’on fait ici avec ce type?Où est [Karl] Rove?Où sont les autres types?», a expliqué M.Collins, alors qu’Hollywood prépare un film sur l’affaire.BAUDRILLARD Le Système des objets, son premier ouvrage, paraît en 1968, en pleine chienlit.Il enchaîne immédiatement avec La Société de consommation.Sa réputation est déjà établie, mais une cinquantaine d’autres livres et d’innombrables articles suivront, dont Simulacres et simulations {1981), Amérique (1986, avec Montréal en page couverture.) et cinq volumes d’un journal par aphorismes {Cool memories, de 1987 à 2005).Ce tout ne forme pas vraiment un système et surtout pas une théorie générale de la société contemporaine.Seulement, la ligne de force de l’ensemble veut que, dans notre société où prolifère la communication, la signification et le sens forment une masse opaque réduisant le réel aux seuls signes autoréférentiels de son existence.C’est cette idée de l’hyperréalité, déjà présente chez d’autres penseurs, que Baudrillard définissait comme «la simulation de quelque chose qui n’a jamais réellement existé».Il avait aussi résumé l’interrogation fondamentale de notre temps en retournant la célèbre formule de Leibniz {«Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?») pour qu’elle devienne «Pourquoi y a-t-il rien plutôt que quelque chose?».Il avait observé finement ce désert de la réalité en avant toute chose de nature politique», a-t-il souligné.La transition se fera de façon ordonnée, a-t-il réitéré, signalant qu’il y va de l’intérêt non seulement des Québécois, mais des Canadiens.Harper The Gazette a aussi ressorti hier les déclarations de Stephen Harper sur le sujet en décembre 1995, alors qu’il était député fédéral pour le Parti réformiste.M.Harper soutenait que seuls les Québécois «pure laine» forment un peuple et qu’à ce titre, eux seuls pourraient se séparer.Comme ils ne constituent pas une majorité dans toutes les régions du Québec, cela conduisait inéluctablement à la partition du Québec.Averti que ces déclarations vieilles de 11 ans seraient rapportées, l’entourage de M.Harper a quand même refusé de les commenter hier, que ce soit pour les confirmer ou pour s’en dissocier.Ces commentaires ne sont pas sans résonances avec le débat qui a conduit à l’adoption, en novembre dernier, d’une motion de la Chambre des communes reconnaissant que les Québécois «forment une nation au sein d’un Canada uni».La dimension ethnique de la motion, cristallisée par l’utilisation du mot «Québécois» dans sa version anglaise, avait conduit à la démission du ministre des Affaires intergouvernementales, Michael Chong.Le 11 décembre 1995, Stephen Harper avait pris la parole à la Chambre des communes dans le cadre d’un débat sur le droit du Québec à l’autodétermination.Le futur premier ministre avait puisé sa définition du mot «peuple» dans le dictionnaire de droit Black Law Dictionary pour en conclure que tous les Québécois n’en formaient pas un.Un peuple, selon cette définition, est un groupe d’individus devant non seulement parfager une terre et une langue, mais aussi être «distinct des autres groupes par son origine et ses caractéristiques raciales».De là, M.Harper concluait que «de toute évidence, étant donné la constitution ethnique et socioculturelle de la société québécoise moderne, seuls les Québécois “pure laine” pourraient prétendre à être considérés comme un peuple.Même s’üs constituent une majorité de la population québécoise, ils ne constituent pas une majorité dans toutes les régions du Québec.Cela nous amène à un résultat curieux.Si les Québécois “pure laine” constituent un peuple, et s’ils ont le droit de se séparer, ils ne pourraient pas prétendre à l’intégrité territoriale».Plus loin dans son discoure, M.Harper concluait que «le gouvernement du Québec devrait également reconnaître l’importance du fiiit qu’m grand nombre de Québécois se prononcent en faveur du fédéralisme.Pour l’instant, ils constituent encore la majorité mais, même s’ils n’étaient qu’une minorité à opter pour le Canada, cela constituerait, du point de vue de la démocratie, un fait important dont le gouvernement du Québec aurait à tenir compte».Interrogé à ce propos hier, Jean Charest a répondu: «Demandez à M.Harper ce qu’il en pense.» Mais lorsque Le Devoir a cherché à savoir si la position du premier ministre fédéral avait changé sur la partition du Québec depuis 1995, son porte-parole, Dimitri Soudas, s’est borné à dire hier «Je n’ai rien à dire.» Le Devoir En 2002, Wilson enquête pour le compte de la CIA au Niger pour déterminer si le régime de Saddam Hussein a tenté ou non d’y acquérir de l’uranium.D conclut que rien ne permet d’étayer ce soupçon, mais son rapport n’est pas retenu par la Maison-Blanche, et George Bush affirme le contraire dans son discours sur l’état de l’Union en janvier 2003, moins de deux mois avant l’invasion militaire de l’Irak.L’affaire éclate véritablement en juillet 2003 lorsqu’un éditorialiste conservateur, Robert Novak, révèle, en citant deux responsables du gouvernement Bush, que Joe Wilson est marié à une agente de la CIA, Valerie Plame.C’est elle, poursuit Novak, qui aurait suggéré que la mission au Niger soit confiée à son mari.L’enquête menée par le procureur spécial, Patrick Fitzgerald, va frapper jusqu’au cœur de la Maison-Blanche.Libby est contraint à la démission.Quant à Karl Rove, conseiller politique de George Bush, il est soumis à une intense pression des procureurs avant d’être officiellement blanchi.Personne n’a été inculpé pour avoir volontairement révélé le nom de Plame.Les avocats de Plame et Wilson ont fait part de leur satisfaction après l’énoncé du verdit, en laissant entendre qu’ils ne souhaitaient pas en rester là.«Les Wilson continueront à mener des actions en justice contre le vice-président Cheney, M.Libby, M.Rove et M.Armitage», ont affirmé leurs avocats.Mais le procureur Patrick Fitzgerald a estimé que ce verdict marquait la fin de l’enquête sur ces fuites.«Je n’envisage de prononcer aucune mise en inculpation supplémentaire, a-t-il dit.Nous retournons tous à notre travail de tous les jours.» Agence l’Agence France-Presse et Reuters Amérique et surtout à Las Vegas, ce monde imaginaire où tout le monde joue.C’est aussi cette conception du simulacre et de la copie remplaçant l’original qui l’avait amené à proposer que l’image de la guerre avait remplacé le conflit réel.Ses positions sur le brouillage du vrai par les signes auraient d’ailleurs fortement influencé la trilogie cinématographique amorcée avec The Matrix par les frères Wachowski.Baudrillard croyait que les médias et la consommation incessante de signes nous enfermaient dans une cage virtuelle.Le penseur pessimiste et moraliste aimait d’ailleurs tourner en dérision la prétention de la gauche à changer la vie et celle des intellectuels à peser sur les choix politiques.Cette attitude lui valait une réputation de fossoyeur des utopies et d’intellectuel dégagé.«Il faut vivre en intelligence avec le système et en révolte contre ses conséquences.Il faut vivre avec l’idée que nous avons survécu au pire», selon une de ses observations résignées.«La lâcheté intellectuelle est devenue la véritable discipline olympique de notre temps», ajoute une autre.Avec l’Agence France-Presse LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 t?3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel L# Detvir peut à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services r Le Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est 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