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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-02-15, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE l t> FEVRIER 2 0 0 3 r Le discours de Villepin au Conseil de sécurité Page B 5 il SANTÉ L’horloge biologique sonne plus tôt Page B 6 LE DEVOIR * PERSPECTIVES Le grand malentendu Que fera la France ?Paris se demande jusqu'où ne pas aller trop loin CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR Paris — Les relations entre la France et les Etats-Unis reposent sur un malentendu, a un jour écrit le journaliste français Joseph Kraft.Lorsqu’ils arrivent aux Etats-Unis, Les Français pensent que les Américains les adorent, dors que ceux-ci n’éprouvent pas de vraie sympathie pour eux.Les Américains, eux, sont convaincus que les Français les détestent Et pourtant ils les aiment! Au moment où la tension est à son paroxysme entre Paris et Washington, les stratèges se demandent comment la France parviendra à sortir de cette partie de bras de fer avec la première puissance du monde.Plusieurs observateurs estiment en effet que les relations entre la France et l’allié américain n’ont jamais atteint un tel degré d’affrontement depuis que de Gaulle s’est retiré du commandement intégré de l’OTAN, en 1966.«Cette crise est très aiguë», disait hier, sur la chaîne de télévision France 2, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et de Lionel Jospin.«Même le général de Gaulle n’a pas eu à faire face à une puissance américaine aussi dominante.» L’opinion de Guillaume Parmentier, un spécialiste de l’OTAN, est moins alarmiste.Le directeur du Centre français sur les États-Unis de l’Institut français de relations internationales (IpRI) estime que la France et les États-Unis ont souvent vécu des moments très durs depuis la fin de la guerre froide.On se souviendra de l’époque pas si lointaine où le ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette se bagarraij avec le chef du département d’État, Warren Christopher, au sujet du Liban et de la Bosnie.«Même pendant la première guerre du Golfe, les Américains nous détestaient parce que nous avions essayé jusqu’au dernier moment de régler le problème par des moyens pacifiques.» Mais Guillaume Parmentier s’entend avec Hubert Védrine sur une chose.«La différence, c’est qu'avant, aux États-Unis, il y avait une administration pragmatique, soucieuse des considérations habituelles de l’intérêt national, alors que nous avons maintenant une administration qui est beaucoup plus idéologique, surtout au département de la Défense.» Contrairement à ce qu’on pouvait prévoir, l’élection d’un gouvernement de droite en France n’a pas du tout rapproché les deux VOIR PAGE B 2: PARIS « Même pendant la guerre du Golfe, les Américains nous détestaient» AGENCE FRANCE-PRESSE Jacques Chirac v*'- % * -r ms**" 8* ' De célèbres poupées russes à l’effigie de Ben Laden, Saddam Hussein et George Bush circulent à Saint-Pétersbourg.Les inspecteurs font rapport à l’ONU Le tour de l’Irak en 80 jours Malgré le rapport d’Hans Blix, les experts doutent que la guerre puisse être évitée Le monde retenait son souffle avant le dépôt, hier au Conseil de sécurité, du nouveau rapport des inspecteurs en désarmement de l’ONU sur leur mission en Irak, qui a duré 80 jours.Il le retenait encore après.Entre la position française présentée par le ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin («Nous venons d’entendre que les inspections donnent des résultats») et celle du secrétaire d’État américain Colin Powell («Davantage d’inspections n’est pas la réponse»), l’écart ne s’est pas rétréci entre Paris et Washington au terme du tour de l’Irak en 80 jours présenté par Hans Blix et Mohamed el-Baradeï.GUY TAILLEFER LE DEVOIR Le professeur Larry Huf-ford enseigne les relations internationales à des militaires de Fort Hood, la plus grande base militaire aux Etats-Unis, située au Texas.Il dit savoir par ses étudiants que le calendrier de déploiement militaire dans le Golfe est établi depuis janvier 2002.Plusieurs d’entre eux sont déjà déployés et poursuivent leurs cours par Internet.M.Hufford est absolument convaincu que les «idéologues purs et durs» de la Maison-Blanche vont déclencher, disons vers le 1" mars, une guerre «aux conséquences incalculables» contre l’Irak.Avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU.Le professeur basé à l’université St Mary’s, à San Antonio, n’entretenait hier aucune illusion de «désarmement par la paix», pour employer le mot du ministre de Villepin, à l’issue de la présentation des inspecteurs de l’ONU.«L’administration Bush n'écoute pas, dit M.Hufford.Elle se fout du Conseil de sécurité et n’a aucun souci pour le multilatéralisme.Elle ira seule faire la guerre s'il le faut.» Il ajoute ced: «Sans compter que le maintien de 150 000 soldats dans le Golfe lui coûte un milliard $US par semaine.Elle ne reculera pas.» Il n’en pense pas moins que Colin Powell est sorti amoché — et le gouvernement Bush encore plus isolé — de l’exercice tenu hier au Conseil de sécurité.«Sa crédibilité a été ternie à l’ONU et au sein de l’opinion publique.» Dans un rapport salué par les analystes, Hans Blix a contesté deux des «preuves» présentées par le secrétaire d’État le 5 février dernier d’abord, certaines photos aériennes dont M.Powell disait qu’elles montraient assurément des installations servant à fabriquer des armes de destruction massive; ensuite, les affirmations faites par M.Powell selon lesquelles le régime irakien avait eu connaissance préalable des sites que l’ONU allait inspecter.Le fonctionnaire Pour Errol Mendes, professeur de droit à l’Université d’Ottawa, «il a été très intéressant de voir M.Blix contester le fondement de certaines preuves de M.Powell».Vrai, dit M.Mendes, que l'inspecteur en chef s’est comporté en •fonctionnaire typique», donnant aussi des munitions aux Américains en ce ui a trait à l’existence potentielle 'armes chimiques ou biologiques pour lesquelles les Irakiens n'ont pas rendu de comptes.Mais sur le fond, son rapport a fait la démonstration que l’Irak coopère davantage, que des progrès sont accomplis dans les inspections, qu’en somme, «il n’y a pas lieu de se précipiter en guerre», dit M.Mendes.Aussi, Michel Fortmann, politologue à l’Université de Montréal, croit que M.Blix «a clairement penché du côté de la position française».Moins mitigé que dans sa première présentation d’étape, le 27 janvier dernier, M.Blix a plaidé hier «en faveur d'une solution non militaire», estime le politologue, qui a toujours soutenu personnellement que le rétablissement des inspections pouvait constituer un puissant antidote à la guerre.Le programme des prochains jours?«La balle est dans le camp des Américains», croit M.Fortmann, qui n’écarte pas la possibilité que la Maison-Blanche veuille calmer le jeu à brève échéance.«Un principe de la doctrine américaine veut qu’afin qu'une menace soit crédible face à un Etat paria, il faut se faire extrêmement menaçant.» L’impossible comédie C’est un jeu très dangereux.«Peut-on concevoir que les Américains jouent la comédie?», se demande M.Fortmann, qui avoue avoir renoncé à comprendre une logique américaine qu’il trouve caractérisée par la faite en avant Difficile d’imaginer, dans l’état actuel des choses, que Washington recule alors qu’il s’est «peinturé dans un coin» et que son «investissement militaire» de 150 000 soldats est installé dans le Golfe.M.Mendes affirme que les États- Unis vont à partir de lundi tenter d’arracher du Conseil de sécurité une seconde résolution sur le désarmement de l’Irak.«L’affrontement est grave et constitue un enjeu majeur pour l'avenir du Conseil de sécurité.» Quoi qu’il arrive à l’ONU, il s’attend maintenant au déclenchement de la guerre à la mi-mars.Pour le Texan Larry Hufford, la crise irakienne met en exergue le fossé culturel qui sé,pare historiquement l’Europe des États-Unis: des Européens plus habitués à coopérer entre eux pour résoudre Jeurs problèmes contre des États-Unis «ancrés dans l’individualisme».Ce professeur réfute donc toute possibilité que Washington exerce toutes ces pressions militaires sur l’Irak afin de le convaincre de se soumettre au régime des inspections.«Im motivation fondamentale du gouvernement dangereux des États-Unis est de mettre le pied en Irak et de redessiner la carte du Proche-Orient.Rien de moins.» Ce qui ne sourit pas à tout le monde parmi ses militaires étudiants de Fort Hood.«Les forces aériennes et navales feront la guerre à distance, alors ça ne les inquiète pas trop.» Pour les soldats de l’armée de terre, c’est autre chose, souligne M.Hufford.S’il est vraisemblable que le régime de Saddam Hussein puisse être renversé avec une certaine rapidité, dit-il, le contrôle du territoire requerra une occupation militaire qui pourrait s’étendre sur plus d’un an.«Les soldats seront des cibles faciles pour les groupes terroristes qui répliqueront à la présence américaine.Beaucoup de soldats étaient tout à fait prêts à aller se battre en Afghanistan.L’idée d’aller occuper Bagdad les emballe considérablement moins.» «Sa crédibilité a été ternie à l’ONU et au sein de l’opinion publique » LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 FÉVRIER 2003 B 2 ?PERSPECTIVES* Je an Dion ?Tout gommé En Amérique du Nord, l’essence précède l’existence.Ce n’est pas un postulat philosophique, ni même une hypothèse, c’est un fait.En nos contrées bénies, «faire le plein» n’est pas une expression réservée à George W., qui passe en revue ses troupes en se pourléchant les babines et à qiii il ne manque plus guère que le bras levé pour nous rappeler certains va-t-en-guerre de l’ancien temps qui faisaient étalage de leurs armées en guise d’annonce de leur imminente conquête du monde.C’est une façon d'être et de militer en faveur de la démocratie et de la liberté.L’essence précède l’existence: on vérifie qu’il y a bien du gaz, et pour pas trop cher, et après, on peut commencer à vivre.Aux nouvelles, il n’y a pas de nouvelles sur le prix du jus de pamplemousse, ni du cream soda, ni de la bière d’épinette, ni du Windex, ni même de l’eau po-table — qui sont tous plus chers —, mais si le prix du foutu gaz s’avise de bouger vers le haut d’un dixième dè cent le litron, vous aurez une manchette au parfum de scandale avec des entrevues de clients pompés à la pompe et des experts en barils.(D’ailleurs, en passant, qu’est-ce que c’est que ça, afficher le prix de l’essence au dixième de cent?Un millième de dollar, canadien par-dessus le marché! D est vrai qu’à notre époque incertaine, formidable mais incertaine, il ne faut pas niaiser avec la gestion de son pécule et qu’à l’instar du compulsif qui ingurgite ses émotions, c’est avec des petits morceaux qu’on finit par faire un gros tas.Tenez, un dixième de cent, à un plein de 40 litres par semaine, ça donne quand même, au bout de l’année, 2,08 $.Multipliez ça par 50 ans et vous aurez un brun du dominion pour le dépôt initial sur la poignée de porte de ce charmant chalet où vous pourrez couler une retraite paisible.Et puis, en passant encore mais dans l’autre sens pour voir si le prix n’a pas augmenté entre-temps, la décimale est, de toute manière, toujours un 9, genre 79,9 C.Ce qui m’amène à une question qui me tarabuste depuis si longtemps que lorsque cela a commencé, la mer Morte n’était pas encore malade: pourquoi ça tient encore, ces 49 $ et ces 7,95 $ et ces 29,99 $?Y a-t-il encore quelqu’un, quelque part, qui se dit: «Si c’était 30 $, je consulterais mon institution financière ou mon-ma tendr-e époqx-se ou les deux, ¦ mais à 29,99 $, bonjour l’aubaine! A moi les produits de consommation!» (Si vous en connaissez, dites-moi comment les joindre, je veux une entrevue.) Ainsi, cette semaine, le monsieur à la télé est parvenu in extremis à ne pas succomber à la panique lorsqu’il a indiqué qu'à certains endroits, le litre de super avec service atteignait 1 $ le litre.Ce qui a fait genner dans mon Ford intérieur qui fait mille milles au gallon une autre question, vous savez combien j'aime les questions: hé chose, je n’entends rien au merveilleux monde de l’automobile et m’en porte assez bien merci, mais as-tu songé que le gars qui a un char qui prend du super a les moyens de payer 1 $ le litre, surtout s’il est trop lâche pour sortir de son précieux véhicule?Et as-tu songé qu’en Europe, ils paient leur litre d’essence 1,60 $ au bas mot et n’en sont pas encore décédés dans des souffrances terribles?As-tu songé que lorsqu’ils entendent des trucs sur le gaz en provenance d’ici, ils doivent trouver qu’ils se font fourrer au cube et ainsi éprouver du ressentiment à l’endroit des USA et ainsi avoir moins le goût d’appuyer leur guerre, qui n’a pourtant qu’un unique but: non pas l’approvisionnement en pétrole mais le maintien de son cours au plus bas niveau possible?Ah! tu es contre les gros sabots américains et pour l’essence pas chère en même temps.Pardonne-moi.?Mais il n'y a pas que l’essence dans la vie.11 y a aussi le ruban gommé.Et dans ce cas, c’est la même chose (l’imbécillité augmente), sauf que c’est le contraire fie prix baisse).La semaine dernière, le gouvernement des États-Unis a décrété une alerte orange.Du même coup, il a Recommandé aux citoyens de se préparer au mieux contre ime éventuelle attaque terroriste, notanunent en faisant des provisions et en prévoyant une «zone dè sécurité» dans leur résidence.Ergo, le peuple a afflué au Home Depot situé le plus près de chez lui et fondu sur le ruban gommé hyperrésistant — le mondialement célèbre duct tape — afin de calfeutrer une pièce, sinon la inaison au complet.Ça y est.vous riez déjà.C'est bien vous, ça, avoir aussi peu de respect pour les gens en danger.Résultat: il y a presque, pénurie de duct tape dans les magasins aux États.A tel point que, dans un effort patriotique, un gros fabricant de duct tape (wuimducttapefiishion.com) en offre en solde sur son site Internet.«ALERTE A LA TERREUR! L'alerte à la terreur a provoqué l'épuisement des stocks dans certaines régions.Nous avons réduit nos prix pour satisfai-ré, à cette urgente demande.Le hic, c'est que vous ne pouvez choisir la couleur; nous vous en enverrons d'une couleur disponible en stock.Livraison du lendemain et du surlendemain disponible.» Evidemment, le hic est moins la couleur que le fait d’imaginer qu’on puisse sceller hermétiquement quoi que ce soit avec du duct tape (ou de la pellicule plastique, aussi très populaire) et en isoler l'intérieur contre toute saleté que pourraient balancer les suppôts d’al-C^aida dans l'air pur et frais du Nebraska ou du Wyonung.En outre, comme disait l'autre, si cela était seulement possible, les gens qui se trouveraient dàns l’intérieur en question ne tarderaient pas à être asphyxiés.Ainsi va, chers amis, la nation la plus puissante de la planète, celle dont le symbole est une statue appelée La Liberté éclairant le monde.Y a pas que le ruban qui soit gommé.Je crois vous avoir dit raffoler des questions, aussi la citation de la semaine est-elle précisément cela, une question, venue de ce terreau fertile du point d’interrogation qu’est la Chambre des communes du Canada, posée par Joe Clark, chef du Parti progressiste-conservateur et ancien premier ministre, qui réagissait mercredi à la diffusion sur vidéocassette du dernier succès d’Oussama ben Laden.•Les agences canadiennes de sécurité, a demandé M.Clark à Jean Chrétien, savent-elles où se trouve Oussama ben I/idcn ?» Comme le dit le bras droit d'Oussama lui-même.Ré ben Pris entre l’empreinte de Paul Martin et les priorités de Jean Chrétien Le dilemme de John Manley Le ministre des Finances a peu de marge de manœuvre pour son premier budget MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Quand les projecteurs se braqueront mardi sur le ministre des Finances, John Man-ley, deux grandes ombres apparaîtront au-dessus de son épaule.Celles de Paul Martin et de Jean Chrétien.L’ex-ministre des Finances a laissé une telle empreinte sur le processus budgétaire canadien qu’il sera difficile pour son successeur d’imposer la sienne à son premier tour de piste.Ce sera d’autant plus malaisé qu’il doit se faire le porteur du plan d’action d’un premier ministre en fin de parcours et déterminé à changer son image.Ce contexte explique le caractère relativement prévisible des plus importants éléments du budget.On sait qu’il y aura des surplus, qu’on appliquera les réductions d’impôts annoncées en l’an 2000 et qu’il y aura des investissements importants dans une série de domaines jugés prioritaires dans le discours du Trône de l’automne dernier.Ainsi, le dossier de la santé a été scellé avec r«arrangement» du 5 février.Les sommes sont connues: de nouveaux transferts de dix milliards en trois ans pour les provinces et des fonds fédéraux de sept milliards déjà promis ou à être dépensés par Ottawa, y compris ceux destinés aux congés pour soins palliatifs.La ratification du protocole de Kyoto exige l’adoption de mesures concrètes.Le ministre de rÉnvironnement, David Anderson, a laissé échapper qu’on parle de milliards de dollars sur quelques années.Ottawa veut aussi en faire plus pour la petite enfance en haussant, comme promis, la prestation nationale pour enfants et en finançant des places subventionnées dans les garderies.Ce dernier projet dépend de la conclusion d’une entente avec les provinces.L’Ontario résiste.Pour le Québec, la question demeure de savoir ce qu’Ottawa exigera en échange alors que le programme provincial est bien établi.Le contexte international ne permet plus au gouvernement de différer une injection d’argent frais dans les forces armées.On envisagerait 800 millions de plus par année, soit moins que le milliard ou plus jugé nécessaire, y compris par la vérificatrice générale, pour maintenir la défense à flot.On parle aussi de fonds pour les infrastructures, la recherche et la formation ainsi que quelques allégements fiscaux pour les entreprises.Contexte favorable John Manley bénéficie d’un contexte favorable pour réviser ce plan.Les finances publiques sont saines, l’économie canadienne roule à plein régime et les perspectives d’avenir sont relativement bonnes, malgré l’incertitude associée à la possibilité d’une guerre en Irak, la faiblesse de l’économie américaine et la flambée des prix du pétrole.En somme, le ministre des Finances n’a aucun tour de force à accomplir pour présenter un budget équilibré et satisfaire à la plupart des attentes du discours du Trône.Dans ces circonstances, il sera difficile pour lui de se démarquer.Aussi, depuis quelques jours, les fuites précédant le budget se sont multipliées — comme lors des meilleures années de Paul Martin.Le ministre Manley a lui-même contribué à cette situation en accordant — fait unique — quelques entrevues prébudgétaires.Il s’en dégage une volonté d’imprimer une marque de commerce, une intention peu surprenante quelques jours ou quelques semaines avant son entrée possible dans la course au leadership libéral.John Manley veut en effet se faire l’apôtre de la transparence.Si tel est le cas, trois tests s’imposent à lui pour prouver son sérieux: afficher l’ampleur du surplus, cesser de brouiller la valeur de la contribution fédérale au système de soins de santé et mettre fin au détournement des 0 AGENCE FRANCE-PRESSE John Manley était applaudi par ses collègues en juin dernier après avoir été nommé vice-premier ministre et ministre des Finances.Il n’y a pas de place pour un coup d’éclat de John Manley mardi plantureux surplus du programme d’assurance-emploi.La tradition.Tout un défi! Et ça s’annonce déjà mal du côté des surplus.Comme il le fait chaque année, le Bloc québécois a procédé à sa propre évaluation.Par le passé, il est toujours tombé à peu près pile.Cette fois-ci, Pierre Paquette prédit que le gouvernement aura la marge de manœuvre nécessaire pour corriger, entre autres, le déséquilibre fiscal: en effet, ses surplus pour l’année qui s’achève atteindront 10,4 milliards et non quatre milliards comme le prédisait M.Manley à l’automne.Pour l’année 2003-04, ces surplus pourraient atteindre 10,6 milliards, comparativement aux 7,1 milliards envisagés par John Manley.Dans les officines fédérales, on évoque maintenant un surplus sur deux ans d’environ 18 milliards, un chiffre similaire à celui mis en avant par les prévisionnistes privés.On saura mardi si M.Manley a adopté les mauvaises habitudes de son prédécesseur.Une légère sous-évaluation, dictée par la prudence, ne ferait pas sourciller grand monde, mais les écarts enregistrés au cours des dernières années sont tels que la crédibilité même du processus budgétaire commence à être remise en question.John Manley peut y voir.La balle est dans son camp.En matière de santé, Ottawa tente depuis le 5 février de jouer avec les chiffres pour se donner belle figure.La transparence exige de présenter les choses comme elles sont Un premier pas a été franchi avec la décision de créer un transfert voué exclusivement à la santé à partir du 31 mars 2004.On ignore comment celui-ci sera établi, mais le budget pourrait fournir des indices, indiquent des fonctionnaires.Ce nouveau transfert est un bon pas vers la transparence, mais cela ne suffit pas, note le politologue Alain Noël, de l’Université de Montréal.«Il faut cesser d’inclure les points d’impôt dans le calcul de la contribution fédérale et mettre fin à la fixation arbitraire des sommes par Ottawa.[.] Il faut une entente sur une formule de calcul prévisible», dit-il.Le recours aux surplus de l’assurance-em-ploi pour équilibrer le budget, une situation que le Bloc, le NPD et le vérificateur général dénoncent depuis des années, pourrait être corrigé, à en croire M.Manley.D a déclaré jeudi que «les primes que les gens et les entreprises paient doivent correspondre approximativement aux coûts du programme.Nous ne devrions pas avoir un surplus basé sur les primes d'assurance-emploi, et j’espère que nous pourrons établir un procédé qui entraînera plus de transparence».Selon un haut fonctionnaire des Finances, une consultation devra de toute façon précéder l’établissement d’un mécanisme de fixation des cotisations.Le problème, c’est que cette consultation a été annoncée une première fois en 2001 et qu’elle n’a pas eu lieu.Bref on se rattrape.Mais l’idée de diminuer les cotisations à un niveau tout juste suffisant pour financer les coûts du programme ouvre le chemin à d’autres problèmes.En cas de ralentissement économique et de flambée du chômage et des coûts, les cotisations suivront-elles la même voie?Le système actuel supposait des surplus pour encaisser ces mauvais coups.Le gouvernement les a tous utilisés, mais si M.Manley veut vraiment un programme autosuffisant au cours de la période d’un cycle économique, il doit prévoir un mécanisme pour bâtir ce genre de coussin.Et la façon la plus transparente de le faire, note M.Noël, est de créer une caisse séparée.M.Manley n’en est pas là.Au bout du compte, il n’y a pas de place pour un coup d’éclat de John Manley mardi et, par conséquent, aucun tremplin pour son éventuelle course au leadership.Ce budget pourrait toutefois être un frein s’il ratait son coup.D’où l’attention intense qu’il a consacrée à l’exercice.PARIS SUITE DE LA PAGE B I pays.«Il n’y a jamais de haine plus forte que lorsqu’elle se déclare entre des gens qui se croyaient amis», dit Guillaume Parmentier, selon qui les Européens n'ont pas compris le traumatisme du 11 septembre 2001.«Les Américains sont tellement traumatisés par le 11 septembre qu'ils n'arrivent plus à comprendre ce qui se passe ailleurs.» De vieilles divergences Les différences de vues sur la région entre la France et les États-Unis ne sont pas nouvelles.Les Américains ont toujours été obsédés par l’Irak alors que la France estime que ce pays pose un problème grave, mais un problème parmi plusieurs autres.•Nous favorisons une approche globale, dit M.Parmentier.Nous croyons qu'il est dangereux d'essayer de traiter le problème de l Irak sans prêter attention au processus de paix au Moyen-Orient.Quant au problème des armes de destruction massive, il doit être envisagé de manière globale.Quel que soit le gouvernement au pouvoir en Irak, il voudra toujours se procurer des armes de destruction massive.Les Iraniens en ont, les Israéliens aussi, les Pakistanais en vendent même partout.» Rappelons que la France est, avec la Russie, le premier partenaire économique de l’Irak.Jacques Chirac, alors qu’il était premier ministre, avait d'ailleurs négocié directement avec Saddam Hussein la construction de la centrale nucléaire d'Osirak.Selon un récent reportage de la chaîne France 3, Paris aurait continué pendant et après la guerre du Golfe à négocier en sous-main avec Saddam Hussein.O ne faudrait nas en conclure nue la Hinlnma- pays dangereux Les ambassadeurs français ont voté en faveur de toutes les résolutions de l’ONU à ce sujet, y compris la dernière, la célèbre résolution 1441.Guillaume Parmentier rappelle que les inspections ont permis de détruire plus d’armes que la première guerre du Golfe.Mais quel poids auraient les inspecteurs sans la menace de guerre américaine?Aucun, reconnaît Guillaume Parmentier.•Mais il faut faire attention.La théorie de la dissuasion nous apprend que si vous allez trop loin, il n’y a plus de dissuasion.Si vous dites que vous jerez tomber le régime, de toute façon, ça ne marche plus.» Jusqu’où ira la France?Selon une majorité d’observateurs, la France sera aux prises avec un dilemme au cours des jours qui viennent.«Même si, sans preuves supplémentaires.Bush demandait un vote sur l’action militaire contre l'Irak et que les pressions de Washington permettaient d'obtenir une majorité au Conseil de sécurité, la France serait confrontée à un choix très difficile.Opposer le veto provoquerait les foudres de Washington», dit Pascal Boniface, président de l’Institut des relations internationales et stratégiques.M.Parmentier refuse de dire jusqu’où la diplomatie française sera prête à aller dans son opposition aux États-Unis.«Tout dépendra du rapport des inspecteurs.Si le rapport dit que les inspections ne fonctionnent pas, il faudra entrer en guerre.Les Français le feront aussi, selon les termes de la résolution 1441.» Mais si les inspections semblent fonctionner, même mal, la France pourrait refuser jusqu'au bout de s’engager Hans une «nterre mi’elle ne «rnihaite nas après avoir poussé son allié, le chancelier allemand Gerhard fjchrôder, aux limites d’un conflit ouvert avec les États-Unis?L’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine ne voit pas lui non plus «comment le président de la république pourrait changer d’opinion à la dernière minute, d’autant plus qu’il est en phase avec sa population».Selon lui, la question du veto ne se posera pas puisque les États-Unis pourraient se considérer justifiés d’agir avec leurs alliés sans passer par une nouvelle résolution de l’ONU.Chose certaine, l’Europe sortira de l’opération profondément divisée puisque huit pays ont fait «un mauvais coup à l'Europe» .(Chirac) en publiant une lettre de soutien aux États-Unis dans le Time.Mais elle ne sera certainement pas aussi divisée que l’OTAN, qui pourrait ne pas s’en relever.«L'OTAN est dans une situation beaucoup plus difficile car elle n’a pas d’autre rôle que militaire, dit Guillaume Parmentier.L’Union européenne, elle, a beaucoup d’autres sujets pour refaire son unité.» Jacques Chirac tire sa force du fait qu’il représente l’opinion de l’immense majorité des Européens.La proportion de la population opposée à une intervention américaine sans l’accord de l'ONU atteint 87 % en Allemagne, 86 % en Grèce, 85 % en France, 81 % en Suède, 80 % aux Pays-Bas, 79 % en Italie et même 68 % en Grande-Bretagne.Avant son élection, Jacques Chirac avait déclaré au magazine Time que les rapports à long terme entre les deux pays «ont été et seront toujours conflictuels et excellents.C'est dans la nature des choses Les Etats-Unis trouvent la France insupportable de prétention.Et noue «nue tmuvnne les Étnts-I luis insufitinr- LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE IR FÉVRIER 2 0 0 3 '! B PERSPECTIVES «i 4 m- > >ji i r n il m Le président George W.Bush s’est rendu en mai dernier au cimetière américain en Normandie.La guerre diplomatique ACU V i FRANCK PRKSSK French bashing La France a été prise à partie par la presse et par les politiciens américains pour ses positions sur l’Irak GUY TAILLEFER LE DEVOIR Ingrats, les françouillards, pour tout ce que les Etats-Unis ont fait pour eux pendant la Deuxième Guerre mondiale?C’est le tabloïd New York Post qui a mené le bal cette semaine, avec le plus de méchanceté démagogique, contre le «pacifisme» de la France sur la question irakienne.«Où sont les Français?Ils se cachent, ils pètent de trouille», écrivait lundi le journal populaire dans un reportage intitulé «Ils sont morts pour la France, mais la France les a oubliés», avec une grande photo à la une des petites croix blanches du cimetière américain d’Omaha Beach, en Normandie.«Mesquin», a répliqué un porte-parole du ministère français de la Défense.La rancœur s’est très publiquement emparée des cercles médiatiques et politiques aux États-Unis face au «front du refus» franco-allemand, une rancœur emmenée par la récente sortie du secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld, contre une «vieille Europe» qui ne se laisse pas intimider, pour le moment.Sauf erreur, et vérification faite dans certains journaux, la virulence du propos américain n’a pas eu son équivalent dans la presse principale française.L’opinion L’agressivité américaine est essentiellement tournée vers «les Français» — qui mènent la charge antiguerre — alors que l’ensemble de l’opinion européenne, de façon très majoritaire, ne veut pas de guerre, y compris dans des pays comme l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Espagne, où les chefs de gouvernement se sont ralliés à la position de George W.Bush.Mercredi, le New York Post poursuivait sa campagne de dénigrement dans un autre reportage intitulé «Boycottons nos alliés ingrats», l’auteur et éditorialiste Steve Dunleavy lançant un appel au boycottage des vins français — qui représentent environ 12 % du marché américain — et déclarant qu’il faudra faire «la même chose avec les Allemands».Il ( Si encore cette rancœur n’était canalisée que par la presse jaune.Le Wall Street Journal y est allé de ses propres obus injurieux en qualifiant le président Jacques Chirac de «rat qui tente vainement de rugir», caricature à l’appui, alors qu’après le dépôt des «preuves» de la culpabilité irakienne au Conseil de sécurité par le secrétaire d’État Colin Powell, le New York Times, qui a l’habitude de faire des nuances, jugeait que «seul un imbécile, ou peut-être un Français», douterait de leur irréfutabilité.7 Tous les reproches ne sont pas carrément injurieux — des sites Internet comme fuckfrance.com et francesucks.net s’en donnent à / cœur joie — mais tous expriment la vexation que la France ne respecte pap sa dette historique envers les États-Unis.«De la part des Américains, il s’agit moins d’hostilité que de confiance trahie», disait-t-on cette semaine dans Le Figaro.Ainsi, s’il n’en tenait qu’à Thomas Friedman, chroniqueur au New York Times, la France serait chassée du Conseil de sécurité de l’ONU et remplacée par l’Inde.La langue selon Friedman «Dominique de Villepin [le ministre français des Affaires étrangères] a suggéré que le régime irakien adopte une loi interdisant la fabrication d’armes de destruction massive.Je n’invente rien, raille M.Friedman.Cette seule proposition rappelle que si les Etats-Unis n’existaient pas et que si l’Europe avait dû se fier à la France, la plupart des Européens aujourd’hui parleraient l’allemand ou le russe.» Allusion non voilée aux années de collaboration.L’agacement qui s’exprime à Washington et dans certains médias cache du reste une frustration plus profonde, celle d’avoir à jouer le jeu du multilatéralisme et de voir la puissance américaine contestée.«Pour m’exprimer brutalement, je crois que la politique française consiste à diminuer l’influence américaine en Europe, et même dans le monde», déclarait cette semaine, comme si cette influence allait de soi, un important conseiller du Pentagone, Richard Perle.Antiaméricaiqs, les Français, comme le pensent ceux aux États-Unis qui réagissent avec francophobie?Plus maintenant.Lantiamérica-nisme a fleuri au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, puis a été cultivé par des gens comme Jean-Paul Sartre.Sa tête de pont a été, jusqu’au début des années 80, le Parti communiste français, aujourd'hui réduit à une force politique marginale.Les temps ont changé.Ironiquement, l’un des best-sellers sur le marché français du livre est, par les temps qui courent, L’Obsession antiaméricaine, de Jean-François Revel, qui est justement un plaidoyer contre l’antiaméricanis-me.Si ce sentiment et son contraire se mesurent à l’aune de l’industrie du livre, alors il peut-être éclairant de signaler que 30 % de la production éditoriale en France est constituée de livres traduits, en grande partie de l'américain.Les traductions,ne représentent que 3 % de la production aux États-Unis.Une autre voix La francophobie américaine fait beaucoup de bruit, mais elle ne fait pas l’unanimité.le journal new-yorkais Village Voice trouvait rè-cemment «bien facile de ridiculiser les Français, la nation dont les services de renseignement ont alerté le gouvernement Bush au sujet des menaces potentielles d’al-Qaïda avant tout le monde et avant, plutôt qu’après, le 11 septembre.[.] Notre problème, ce n ’est pas les Français.Notre problème, c'est notre politique étrangère».Il faut apparemment s’attendre à ce que cette guerre franco-allemande fasse des «dommages collatéraux» dans les domaines du tourisme, des exportations de vin, de fromages et de produits de luxe.Des membres du Congrès ont commencé à faire du tapage, brandissant la menace de sanctions contre les eaux ipiné-rales et les vins français importés aux Etats-Unis.Un restaurateur italo-américain de Manhattan a retiré de sa carte tous les vins français.Une PME exportatrice de fromages français par Internet, cheese-online.com, basée à Tours, a annoncé une baisse sensible de ses ventes aux États-Unis.On ne s’attend cependant pas à ce que ces «dommages collatéraux» soient au bout du compte très préjudiciables.Ceux que ferait une intervention militaire le seraient bien davantage.Les organisations pacifiques s’organisent Les artistes américains se mobilisent contre la guerre MARION PIEKAREC New York — Aux États-Unis, l’opinion publique fait de plus en plus entendre sa voix contre les visées guerrières du président Bush en Irak.Un des moyens que les organisations pacifistes consiste à utiliser l’art, que ce soit en photographiant des gens nus dessinant le mot peace avec leurs corps dans la neige de Central Park ou en donnant des spectacles de «jazz contre la guerre», des pièces de théâtre pacifistes ou des soirées de poésie engagée.Parmi les initiatives les plus originales, celle de Kathryn Blume et Sharron Bower, deux comédiennes new-yorkaises qui ont décidé d’organiser, le 3 mars prochain, des lectures à l’échelle planétaire de la comédie du poète grec Aristophane, Lysistrata.Cette pièce, qui date de 411 ans avant Jésus-Christ, raconte l’histoire de l'Athénienne Lysistrata, qui décide de convaincre toutes les femmes de la Grèce de refuser leurs faveurs à leur mari tant que ceux-ci n'auront pas mis fin à la guerre fratricide qui oppose Athènes à Sparte.L’invitation est ainsi lancée à tous de faire la lecture de cette pièce dans la rue, au théâtre ou dans son propre salon en invitant des amis.Pour l’instant 3#0 lectures seraient prévues dans 44 des 50 États américains et dans 31 pays: à Singapour, en Australie, en Pologne, au Brésil, à Jérusalem, en Afrique du Sud, à Athènes, où la pièce de théâtre a été créée, ainsi que dans plusieurs villes canadiennes.«Et ça augmente à tous les jours», se réjouit-elle.«Nous avons le devoir d’être dans la rue, affirme André Gregory.Dans une période comme ça.où nous avons un gouvernement plutôt fasciste, je crois que notre travail devient très important.Il s'agit d’ouvrir les yeux, d’être des Je ne suis jamais allé à Jérusalem, Mais Shirley parle des bombes.Je n’ai pas de dieu, mais j’ai vu les enfants prier Pour qu ’elles cessent de tomber.Ils prient différents dieux.Les nouvelles laissent une impression de déjà-vu, de répétition, Comme une mauvaise habitude, comme du tabac bon marché, comme le mensonge social.U Bientôt, le président va parler.H va avoir des choses à dire sur les bombes, Et sur la liberté, et sur notre façon de vivre.J’éteindrai alors la télévision, comme je le fais toujours, Parce que je ne supporte pas de voir, Dans ses yeux, les pierres tombales.L'état de l’Union, Sam Hamill, 2003 lumières dans l’obscurité, de chercher la vérité, dit-il En tout cas, le travail de l’artiste va vers la vie, pas vers la mort.» Deux actes de dissidence récents ont inspiré Kathryn Blume: le mouvement Sudanese Mothers For Peace et le groupe Hayir.Dans le cas des Mères soudanaises pour la paix, les femmes ont décidé de refuser leurs faveurs à leur mari tant que la guerre civile qui déchire le Soudan ne sera pas terminée.Dans le cas du groupe turc Hayir («non», en turc), non seulement les femmes ont marché nues dans les rues pour protester contre la compagnie minière qui voulait développer des projets d’extraction qui prévoyaient d’avoir recours à du cyanure (très toxique et responsable de désastres écologiques), mais dans la ville de Pergame, elles ont également refusé leurs faveurs à leur mari jusqu’à ce que ceux-ci expulsent la compagnie minière de la ville.Est-ce à dire que Kathryn Blume fait la promotion de cette tactique pour lutter contre la guerre en Irak?«Pas vraiment», dit-elle, quoique si Laura Bush veut refuser ses faveurs à son mari, voire les épouses de certains sénateurs clefs, elle dit ne pas y voir d’inconvénient.Même si son objectif est d’avoir une pièce drôle, elle veut que celle-ci puisse rassembler les gens pour qu’ils parlent de paix.Là deuxième initiative remarquable vient des poètes engagés, selon une tradition établie notamment par Boris Vian en Francç, Pablo Neruda au Chili et Robert Lowell aux États-Unis.On peut ainsi trouver 100 poèmes contre la guerre sur le site Internet www.nthposition.com, qui invite à les imprimer et à les distribuer à loisir sans exiger de droits de reproduction.Mais c’est le site www.poetsagainstthewar.org qui fait le plus parler de lui.Ce site a en effet été créé à la suite de l’invitation de son auteur, Sam Hamill, à un symposium de poésie portant sur les œuvres d’Emily Dickinson, Langston Hughes and Walt Whitman, à la Maison-Blanche.Non seulement Sam Hamill a décliné l'invitation de Laura Bush, l'hôte de ce symposium, en exprimant son dégoût {«J’ai été envahi par une sorte de nausée», dira-t-il), il a aussi envoyé une lettre ouverte à une cinquantaine de ses collègues et amis pour leur demander de lui faire parvenir leurs poèmes contre la guerre.Une quinzaine de ces poètes contre la guerre feront entendre leur voix en personne lundi au Lincoln Center, à New York.Cet événement est organisé par Not In Our Name, une des organisations pacifistes les plus importantes à l’heure actuelle.M Michel D avid ?Madame Net Il est de notoriété publique que Gaétan Frigoij n'était pas le premier choix de Pauline Marois pour la présidence de Loto-Québec et quelle avait dû s'incliner devant le choix du premier ministre landry.Ou de son chef de cabinet, Claude H.Roy, ce qui rerient au même.Personne n’aime faire rire de soi.Mme Marois avait vraiment eu l’air nounoune à l'Assemblée nationale, en mai 2001, lorsqu'elle avait dû justifier l’achat d'une Jaguar à l'intention de M.Frigon à l’époque où il était encore président de la Société des alcools du Québec (SAQ).Selon elle, il n'y avait pas de problème puisque la Jaguar en question était montée sur un châssis de Ford Taurus! In ministre des Finances avait cependant des raisons plus sérieuses de réagir de façon aussi expéditive aux allégations de conflit d'intérêts à l'endroit de M.Frigon.La ministre des Finances pouvait légitimement penser qu’il n’avait pas joué franc jeu avec elle.Avant même que Le Devoir ne mette la main, en mars 2002, sur le rapport d’une firme de détectives qui avait pris M.Frigon en filature, le bureau de Mme Marois avait appris qu’il était sous enquête.On n’a jamais su exactement qui, du Parti libéral du Québec ou de la société Groupaction, l'avait commandée.In poursuite devant la Cour supérieure que M.Frigon a intentée contre la firme de détectives en est toujours au stade des interrogatoires préliminaires.En revanche, le but de l'enquête était très clair: il s'agissait d'établir si la SAQ avait accordé des contrats à des entreprises dans lesquelles son président détenait des intérêts personnels.le rapport du détective faisait déjà état de la «position particulière» du Fonds de solidarité de la FTQ, qui avait des intérêts à la fois dans la Maison des Futailles — l’embouteilleur de la SAQ — et dans la société Publipage, propriété de M.Frigon et de son épouse.?Quand le bureau de Mme Marois a eu vent de l’affaire, M.Frigon a aussitôt été convoqué.On lui a expliqué que le gouvernement allait l’appuyer sans réserve s’il était en mesure de garantir qu’il n’y avait aucun cadavre dans le placard.M.Frigon a assuré qu’on ne pouvait rien lui reprocher.On imagine aisément l’irritation de la ministre des Finances quand elle s’est rendu compte que M.Frigon ne lui avait peut-être pas tout dit.Et aussi sa colère lorsque le sous-ministre aux emplois supérieurs a confirmé que le président de la SAQ s’était bel et bien placé en situation de conflit d’intérêts en accordant sans appel d’offres un contrat de 200 000 $ à une firme de publicité qui lui devait personnellement 400 000 $.On ne parle même pas de ces 26 tableaux que Loto-Québec a achetés d’un marchand d’art poursuivi à de multiples reprises pour fraude ou fausse représentation, qui témoignent à tout le moins d’une certaine désinvolture en ce qui a trait à l’utilisation des fonds publics.Quand M.Frigon a déclaré, par l’entremise du directeur des communications de Loto-Québec, que l’enquête de la firme de détectives avait été «l’élément déclencheur» de la réflexion qui a mené à son départ, il ne croyait peut-être pas si bien dire.Personne ne peut douter que sa démission a été fortement inspirée par la ministre des Finances, à qui cette liquidation n’a dû donner aucun état d’âme.Au contraire, elle venait enfin de trouver une bonne raison d’écarter un personnage qui, en plus de l’avoir trompée, était devenu sérieusement embarrassant pour le gouvernement ?Le PQ avait entrepris une véritable descente aux enfers, début 2002, quand les médias avaient révélé les lucratives activités de lobbying d’amis du régime.Il est difficile de déterminer dans ’ quelle mesure ces affaires ont contribué à la montée fulgurante de l’ADQ, mais les dommages ont été considérables.À la veille des élections, ce n’est pas le moment de provoquer un nouveau débat sur l’intégrité.Déjà, le gouvernement peut dire un gros merci à Henri-Paul Rousseau, grâce auquel la découverte du laxisme qui a caractérisé la gestion de la Caisse de dépôt au cours des dernières années ne semble pas avoir égratigné le gouvernement outre-mesure.Les partis d’opposition ont clairement indiqué qu’ils n’entendent pas lâcher le morceau.La liquidation de M.Frigon a cependant été suffisamment expéditive pour donner l’impression qu’on n’entend plus badiner avec l’éthique.Depuis qu’elle a exigé et obtenu la tête de l’ancien directeur général du PQ, Raymond Bréard, pourtant un ami personnel de M.Landry, la vice-première ministre est devenue la Madame Net du gouvernement landry.Souhaitons-lui seulement qu’il n’arrive rien de fâcheux à la SGE Pauline Marois ?En sa qualité d’organisatrice en chef du PQ, Mme Marois a pourtant bien d’autres chats à fouetter ces jours-ci.Qu’elle soit en Suisse pour participer au Forum économique de Davos ou à Ottawa pour la conférence des premiers ministres sur la santé, elle consacre une bonne partie de son temps à multiplier les coups de fil à des candidats susceptibles de donner une impression de renouveau, mais aucun gros poisson n'a encore mordu à l’hameçon.Au PQ, on se contenterait volontiers d’une seule des vedettes que l’ADQ a réussi à recruter au cours des dernières semaines.On ne se fait pas d’illusions sur la possibilité de dénicher un autre Pierre Bourque, mais une Diane Bellemare, par exemple, aurait été la bienvenue.Sa défection a été un coup très dur.I>a confirmation que Louise Harel sera de nouveau candidate dans Hochelaga-Maisonneuve est assurément une bonne nouvelle.Après cinq mandats, on ne peut cependant pas dire qu'elle incarne la relève.Mme Marois peut bien nettoyer la maison, mais il faudrait aussi la redécorer.mdavidfa ledevoir.com A LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 FÉVRIER 2 0 0 3 ÉDITORIAL Le contre-pied de Blix Rien dans le rapport signé par le patron des inspecteurs de l’ONU, Hans Blix, ne peut être utilisé comme prétexte au coup d’envoi d’une guerre contre l’Irak.Au grand dam de l’administration Bush, l’exposé de Blix s’avère même une caution de la politique avancée par le duo franco-allemand.D Serge Truffaut ?ans son rapport d’étape du 27 janvier dernier, Hans Blix avait déploré le manque de coopération des Irakiens, il avait alors illustré en quoi et comment Saddam Hussein et les siens avaient fait preuve de mauvaise volonté et de mauvaise foi, mais pas au point de justifier ou de recommander, indirectement, un recours à la force.Par contre, Blix — qui, après tout, est mieux placé que quiconque au sein du Conseil de sécurité pour déterminer s’il faut abandonner la partie aux militaires — avait noté que la marge de manœuvre était assez ample pour qu’on lui accorde le temps nécessaire à une poursuite sereine et sérieuse du mandat voté, il n’est pas inutile de le rappeler, il y a seulement deux mois et demi.Son tout récent exposé présente des différences notables à plus d’un égard par rapport au premier.Contrairement au précédent, la mauvaise volonté et la mauvaise foi ont été gommées.À la différence du 27 janvier, le chef des inspecteurs s’est senti dans l’obligation de s’arrêter sur l’organisation même du travail exigé des inspecteurs pour mieux souligner que l’infrastructure inhérente à une telle mission a atteint son plein potentiel d’efficacité dernièrement seulement.À ce propos, iî est important de souligner qu’il y a trois semaines à peine, une centaine d’inspecteurs experts en objets nucléaires étaient toujours en formation à Vienne, en Autriche.Mais la grande différence réside probablement dans ces piques envoyées à l’administration Bush.Ainsi, Blix a tenu à désamorcer un des arguments avancés par le secrétaire d’Etat Colin Powell le 5 février dernier.On se rappellera que celui-ci avait alors dévoilé des photos aériennes de camions en mouvement.Et alors?Selon Blix, cela pourrait fort bien être une simple «activité de routine».À l’endroit de ceux qui, au sein de l’administration Bush, ont affirmé que la mission onusienne était noyautée par des espions irakiens, Blix a rétorqué que pas une fois il n’a eu ou obtenu des preuves convaincantes que les Irakiens étaient au courant à l’avance des déplacements des inspecteurs.La volonté affichée de Blix de contrer un certain nombre d’allégations formulées entre le 27 janvier et aujourd’hui découle probablement du détournement de sens que l’administration Bush a tenté de réaliser, détournement qui avait d’ailleurs obligé Blix à faire une intervention dans le New York Times.Cela étant, à la suite de négociations, les Irakiens ont accepté que le nombre d'anges gardiens (si l’on ose dire) par inspecteur passe de cinq pour un à un pour un.Comme on s’en doute, cette mission ne se poursuit pas sous une enseigne très radieuse.S’il y a moins de points d’achoppement aujourd'hui qu’hier, il n’en demeure pas moins que sur un certain nombre de dossiers, des correctifs devront être apportés.On pense notamment aux preuves qui manquent toujours et qui établiraient hors de tout doute que l’Irak a bel et bien détruit des armes chimiques et bactériologiques.Dans la foulée de la livraison de Blix, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a proposé qu’une rencontre ministérielle soit tenue le 14 mars prochain pour évaluer la situation.Il a surtout prévenu Washington que jamais «la précipitation, l'incompréhension, la suspicion ou la peur» ne doivent imprimer leur influence dans les décisions qui doivent être prises dans l’enceinte des Nations unies.Autrement dit, l'inspection doit se faire avec rigueur et dynamisme tout en s’assurant que des tiers cessent le travail de sape dont l’objectif évident consiste à lui ôter toute légitimité.Faute de temps, faute d’arguments, Powell ainsi que le président Bush ont répété jusqu’à plus soif que l’Irak doit remplir ses obligations puisque l’Irak, selon leurs croyances, ne s’y soumet pas.Si ces derniers veulent vraiment convaincre le monde qu’il y a matière à attaquer Bagdad, il serait temps qu’ils fournissent des preuves irréfutables et qu'ils précisent les buts de leur guerre.Un corps étranger —- 1 a démission de Gaétan Frigon de la présidence de Loto- L Québec n’est en rien surprenante.Lorsqu’on remonte le fil des événements, on voit que la conclusion s’imposait d’elle-même.Le président de Loto-Québec avait commis des erreurs, de bonne foi espérons-le, et il lui .-Il Mail quitter son poste avant d’être invité à le faire.Présenté comme un gestionnaire exceptionnel, M.Frigon n’était pas à l’aise comme administrateur d’État, ce qu’il avoue volontiers dans sa lettre de démission.L’obtention de résultats était plus importante à ses yeux que le respect des règles inhérentes au secteur public.À la vue des résultats enregistrés à la Société des alcools du Québec sous sa gouverne, on peut imaginer qu’il a tourné les coins ronds à quelques reprises.Il y avait un style Frigon.Direct un peu rustre même, l’homme ne prenait pas de détours.L’opposition libérale à Québec l'a pris en grippe dès son arrivée à la tète de la SAQ, en 1997, choquée par ses réponses cavalières lorsqu’il était invité à rendre compte de sa gestion devant l’Assemblée nationale.Les libéraux n’ont eu de cesse de le suivre à la trace.Ce fut l’hallali lorsque, cette semaine, il a reconnu "* ^ avo'r om's de se conformer au règlement sur les conflits d’intérêts en ne déclarant pas déte-nir une créance d’un fournisseur de la SAQ.Une fois l’erreur avouée, il ne pouvait plus échapper à son sort Le mariage privé-public auquel rêvait Bernard Landry en 1997 en recrutant Gaétan Frigon pour diriger la SAQ a donné des résultats qu’on ne peut nier.Par contre, il faut voir les limites de ce type de mariage.Les gens venus du privé ne se sentent pas à l’aise dans le secteur public.Il est difficile de les recruter et de les garder.Au delà des questions salariales, ces gens arrivent mal à s’adapter à la culture des administrateurs d’Etat et à des règles d’imputabilité fort lourdes.Tels des corps étrangers, ils sont rejetés par le système.Le passage de M.Frigon dans le secteur public se termine donc sur un échec.Cela ne sera pas de nature à inciter d’autres gestionnaires du privé à rejoindre le secteur public.À son époque, Robert Bourassa avait lui aussi tenté d’attirer au sein de la fonction publique québécoise des gestionnaires du privé.L’expérience était restée sans lendemain.Cela devrait rappeler aux gouvernements que les personnes les plus aptes à assumer les fonctions de direction de nos grandes sociétés d’État se trouvent dans les rangs de la fonction publique.Le secteur privé le sait d’ailleurs fort bien puisqu’il vient souvent y recruter.bdescoteauxfiledevoir.ca Bernard Descôteaux ?le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE il
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