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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-02-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 FÉVRIER 2007 MEDIAS Les journalistes devront-ils manier aussi la caméra?Page E 4 CINÉMA Les années de plomb derrière le rideau de fer Page E 7 1* TIFFET LE DEVOIR Ma fille, mm ange aborde la porno sur Internet ODILE TREMBLAY Alors voilà! L’édition quart de siècle des Rendez-vous du cinéma québécois prend son envol jeudi prochain.Jusqu'au 25 février, le septième art se célèbre en famille.Palabres.Projections.C’est parti! En guise de démarrage, Ma fille, mon ange, un premier long métrage d’Alexis Durand-Brault.Ce réalisateur de 33 ans se sent honoré de partir le bal, quoique fort nerveux.Au lendemain de l’ouverture des Rendez-vous, son film sortira sur une centaine d’écrans du Québec.«Le distributeur a loué les ponts de Montréal pour la pub.C'est un peu gros, non?.» D sent peser sur ses épaules un poids d’attente énorme, vacille sous la pression.«J’ai fait un thriller, collé aux règles du genre sur un sujet difficile.Ce n’est pas C.RAZ.Y.Le scénario n’a pas été peaufiné durant huit ans.» Le voici pourtant Le film aborde la por-no sur Internet, avec un père qui en consomme (Michel Côté) et une fille (Karine Vanasse) qui s’apprête à se déshabiller sur la Toile pour le grand écart triple X.«Je voulais faire un film de divertissement, avec un contenu social, explique le cinéaste.Oui, l’hypersexualisation des jeunes est problématique.Et on en parie si peu.Durant ma jeunesse, je n’avais pas accès à ces images-là.Aujourd’hui, les scènes de bestialité s’étalent sans complexes.Je ne juge pas mes personnages: ni ceux qui consomment ni ceux qui font rouler cette industrie.Loin de moi l’idée de faire la morale à qui que ce soit.Mon film dit quand même aux parents: “Attention! Ça peut arriver à n’importe qui.Communiquez avec vos enfants.”» Alexis Durand-Brault a été directeur photo (notamment sur Elles étaient cinq).D est d’abord issu de l’univers de la publicité, une école d’ellipse à ses yeux, qui apporte le sens de l’image.Ça sert au cinéma.Avec son scénariste Pierre Szalowski, il a voulu installer une jeune fille normale au cœur de son intrigue; ni vulgaire ni particulièrement perturbée.De bons parents, et tout Karine Vanasse avait entendu parler du projet.«C’est elle qui s'est proposée pour le rôle, précise Alexis.Elle voulait modifier son image de fille sage, sans doute.» «Vas-tu te rendre au bout du chemin?», lui a-t-il demandé, au départ un brin sceptique.Elle est réservée, Karine, cérébrale aussi.Difficile pouf elle de plonger à l’écran dans les nuits chaudes de Montréal.«Pour la scène du strip-tease, elle s'est entraînée quatre mois.À la fin de sa prestation, l’équipe l’a applaudie, pas juste pour sa performance, mais à cause des difficultés surmontées.» Avoir Michel Côté à sa distribution.Alexis n’osait trop y rêver.«H est tellement Michel Côté et Laurence Lebœuf dans le film Ma fille, mon ange d’Alexis Durand-Brault.sollicité, si sélectif aussi.Ce qui ne l’a pas empêché d’accepter tout de suite.Michel est habitué à des rôles flamboyants, alors que je lui demandais de jouer en demi-teintes.Sa générosité fut immense.À toutes les étapes du film il m’a aidé.» Alexis Durant-Brault ne tarit pas d’éloges — à juste titre — sur le talent de la jeune Laurence Lebœuf, qui incarne la copine droguée de l’héroïne avec un charisme remarquable.Enfant de la balle, fille des comédiens Diane Lavallée et Marcel Lebœuf, la demoiselle est tombée dans la marmite, joue d’instinct On l’avait vue notamment dans Trafic humain de Christian Duguay.«Elle peut aborder tous les registres.Désormais Hollywood la courtise.Hélas!Elle va nous échapper.» Le cinéaste affirme avoir volontairement laissé dans le flou le personnage de la mère (Dominique Leduc).«Elle sait tout mais ne dit mot, installée au centre du mécanisme.» Alexis, qui lance en même temps une série télé, La Galère, pense déjà à son prochain long métrage.Son sujet la prétention, un défaut surtout masculin, qui lui apparaît particulièrement grotesque.En attendant il se promet de fréquenter les Rendez-vous.Comme les autres années, avec une différence de taille.Le cinéaste du film d’ouverture ne sera plus invisible, qui- dam, sifflotant au milieu de la foule.Et ça lui donne une drôle de crampe.Une page est vraiment tournée pour lui.Place aux Rendez-vous ! Ségolène Roederer dirige depuis 2000 les Rendez-vous du cinéma québécois.L’ère de tous les bouleversements.Elle a vu notre septième art d’abord un peu boudé par la foule, gagner en popularité, gravir les sommets, fléchir en 2006.Quimporte?Les discours moroses sont étrangers à son registre.Juchée sur ce quart de skxie du festival piaison, elle parle de maturité acquise.*u4 25 ans, tu es adulte.Tu as quelques sous de côté.Tu peux sortir voir le monde.SOURCE ALLIANCE ATLANTIS V1VAFILM Là ,est arrivé le cinéma québécois.» A ses yeux, le cru 2007 s’annonce très fort non seulement parce qu’on attend les fjlms de Denys Arcand et de Bernard Emond, mais aussi à cause des œuvres indépendantes en train de se frayer un chemin en marge des grands courants commerciaux.Plusieurs d’entre elles sont présentées en primeur aux Rendez-vous.«Je pense entre autres à Nos vies privées de Denis Côté et au Cèdre penché de Rafaël Ouellet, le musicien-cinéaste.Ces œuvres sont faites avec rien, radicales, vraiment intéressantes.» VOIR PAGE E 2: ANGE DEVOIR S A M E D I D ! M A N C M E FEVRIER 2 0 0 7 CULTURE Le paysagiste négligé Odile Tremblay imanche dernier, sans ressentir les morsures du froid, j’ai bondi dans le Vieux-Montréal au Musée Marc-Aurèle Fortin.11 suffit parfois qu’une menace plane sur une institution pour qu’on coure la visiter, toute affaire cessante.Vingt ans sans y avoir mis les pieds.Mais le sable s’écoulait dans son sablier.Les visiteurs y affluaient plus nombreux que d’habitude, interpellant les préposés à l’accueil: «Comme ça, vous allez transférer vos œuvres au Musée des beaux-arts de Montréal.» Chacun poussait son petit soupir, vaguement mal à l’aise.La nouvelle était tombée comme une brique au cours de la semaine: le musée privé de la rue Saint-Rerre, qui roulait cahin-caha, ferme à la mi-mars, incapable de faire ses frais.Le MBAM héritera de plus de 100 œuvres, avec promesse d’exposition permanente.Voilà pour la bonne nouvelle.La mauvaise, c’est cette décision crève-cœur pour Jacqueline Sabourin de fenner la boîte, elle qui avoue avoir traversé toute la gamme des émotions.Vingt-cinq ans de dévouement et d’amour pour le peintre des grands ormes remontent dans le gargoton de la directrice du lieu.Elle s’agite depuis les premiers pas de la fondation, puis du musée, d’abord aux côtés du foqda-teur René Buisson à titre de directrice artistique.A la mort de ce dernier, elle a pris les commandes.Un musée privé, ça vit maigre, quand les conseils des arts ont négligé son nom sur leur liste.Aucun portefeuille pour placer de la pub, beaucoup de bénévolat, des jeunes à l’accueil, payés à même des programmes fédéraux de travail étudiant Et vogue la galère! Sarah Mainguy rédige une thèse sur Marc-Aurèle Fortin.On rencontre la jeune femme à l’accueil du musée les fins de semaine.Depuis trois ou quatre ans, elle s’échine à temps perdu sur un projet de catalogue raisonné des œuvres du peintre, soupire devant son manque de moyens.«Ça prendrait toute une équipe à temps plein», dit-elle en soupirant Sarah va poursuivre ses recherches après le transfert des œuvres au MBAM.La fondation continuera son bonhomme de chemin, même après la mort du musée.Marc-Aurèle Fortin, grand paysagiste québécois, en aura bavé toute sa vie.Depuis 1970, il en bave aussi outre-tombe.Lui, le fils de famille bourgeoise, né à Sainte-Rose en 1888, devenu vite hobo qui arpentait nos campagnes, les pinceaux à la main, voué corps et âme à son art II fiit exploité en fin de vie par son gérant, Albert Archambault, un individu sinistre, ivrogne, inculte, qui le séquestrait bradait ses toiles, le gardait dans sa crasse.Amputé des deux jambes, aveugle, ainsi aura vieilli Marc-Aurèle.Parlez à d'autres de la vie d’artiste! Aujourd’hui, ses œuvres sont dispersées aux quatre vents des collections privées.La majorité d’entre elles — huiles, aquarelles, Bakélite, etc.— n’ont jamais été répertoriées.D’où l’urgent besoin du catalogue raisonné, qui avance à pas de souris.Il a tel- lement produit, ce peintre-là, offert ses toiles en échange d'un repas, ou de quelques dollars fripés.D’autres œuvres ont été brûlées, détruites par son immonde gérant.Combien d’entre elles subsistent?Mystère! Rus de 35 ans après sa mort, la postérité de son œuvre navigue en plein brouillard.J’ai dit à Sarah Mainguy: «Moi aussi, j’en ai un, Marc-Aurèle: une aquarelle, reçue en héritage.» Elle a noté mon nom, l’a classé à la mitaine.Pour recenser les œuvres dispersées d’un artiste prolifique, il faudrait bien sûr passer des annonces, lancer des appels au peuple, injecter des ressources humaines, financières, prendre la chose au sérieux en haut lieu.Osons l’espoir que le MBAM poussera à la roue du catalogue.Jusqu’à maintenant, l’institution de la rue Sherbrooke ne possédait que trois Fortin en tout et pour tout Autant dire rien.Elle a toute une pente à remonter, dans la foulée de l’achat de cette collection.Marc-Aurèle connaît les vertus de la patience.Quand même, de là-haut, il aurait eu de quoi maugréer contre sa société, assis sur des nuages moins beaux que ceux qu’il a peints.Figure de proue Je n’avais jamais mis les pieds au Festival Voix d’Amériques.D y a tellement de rendez-vous culturels à Montréal.Bon coup de cette sixième édition d’une manifestation musicale et poétique qui vient de se terminer Richard Desjardins était son invité d’honneur.On a tous accouru, forcément Tant mieux.A l’ouverture du FVA, dans la salle La Tulipe rue Papineau, sur les chaises droites arrimées aux tables, il fallait entendre un jeune public fredonner par cœur les paroles de Tu m’aimes tu?pour saisir à quel point la vraie poésie saute les frontières des générations.À quel point aussi les revendications environnementales du défenseur de la forêt boréale trouvent leur écho chez les moins de 30 ans, conscientisés depuis le berceau aux enjeux écologiques.D est revenu au festival d’autres soirs, Desjardins, martelant le même clou de la poésie et de l’engagement révélant du même souffle un festival encore tout fragile, pas sclérosé, en marche, vivant quoi.Lakmé en février En ces jours de froid, Montréal aura rarement été aussi chaud à fréquenter.Durant ces soirs de février, le plus beau spectacle de l’Opéra de Montréal vient fleurir sur scène.En français, par-dessus le marché.Etonnant que ce Lakmé mis en musique par Leo Delibes à la fin du XK' siècle soit au programme de l’OPM pour la première fois! D a tout pour plaire, même à ceux qui connaissent mal le bel canto: de la mise en scène aux costumes colorés façon Bollywood, en passant par la qualité des interprètes, quel charme! Et ces arias si mélodiques.Le célébrissime «air des clochettes» est au poste, bien entendu, morceau de bravoure des soprani coloratures, qui révèle le souffle d’Aline Koutan, éblouissante.On ferme les yeux de bonheur aussi durant le magnifique «duo du Dôme».Bien des cinéphiles le connaissaient à travers le film de Patricia Rozema, Le Otant des sirènes.C’est sur cette musique que l’héroïne s’envolait Dans la salle Wilfrid-Pelletier, on s’envole à notre tour.Même qu’il y a cohue au plafond.On se dit que l’Opéra de Montréal peut survivre s’il s’appuie plus souvent sur des spectacles comme celui-là.otrem blaVâledevoir.com ANGE .SUITE DE LA PAGE E 1 La directrice des Rendez-vous est fière de présenter en clôture Panache, d’André-Line Beaupar-lant un documentaire sur la chasse avec Robert Morin à la caméra.«C’est son troisième film.Elle pose un regard personnel sur tout; cette fois, c’est sur les gros chasseurs de caribous, à qui elle fait parler de Dieu, de toutes sortes de sujets essentiels.C’est passionnant.» Ségolène Roederer se dit ravie par toutes sortes d’activités qui se dérouleront-durant ce 25' Rendez-vous.«On est très contents de recevoir Denise Robert pour une leçon de production.Elle s’est imposée, cette dame de fer là.» Excitée aussi, Ségolène, de lancer Les Désœuvrés de René Bail.Le film, réalisé en 1959, terminé vraiment en 2002, est une œuvre québécoise charnière tout autant que trop méconnue, dont Groulx, Car- ie, Labrecque et Lefebvre se réclamaient Elle connaîtra son vrai lancement le 15 février prochain., Pour Ségolène, le jeudi 15 février est à marquer d’une pierre blanche.A la projection des Désœuvrés s'ajoute celle du film de Denis Côté, avant la grande soirée d’ouverture des indépendants.Le 5 à 7 du vendredi, 16 février, consacré au vrai- faux documentaire (Rechercher Victor Pellerin, Im Moitié gauche du frigo.Petit Pow! de Brigitte Haentjens d'après Virginia Woolf avec Céline Bonnier, Marie-Claude Langlois et Sébastien Ricard dernière série de SUPPLÉMENTAIRES 14, 15 et 16 février Rencontre après-spectacle le jeudi 15 février en compagnie d’Yvon Rivard, romancier, essayiste et professeur au Departement de Langue et Littérature Française à l’Université Mc Gill Une création de Sibyllines en coproduction avec L’Usine C jusqu’au 16 FÉVRIER 2007 Billeterie Usine C: 514 521.4493 1.345, avenue Lalonde SIBYLLINES THIATM DE CREATION USINE G ICINTRC DE CRÉATION ET DE DIFfUSICN PIURIDISCIPUNAIHII ITI / DESIGN T BONE Pow! Noël, etc., en présence des réalisateurs, lui apparaît comme un autre moment important Ainsi que le 5 à 7 avec Rémy Girard et la soirée Belgorama.Les 25' Rendez-vous du cinéma québécois sont également l’occasion d’un retour sur la cuvée 2006 si critiquée.Ségolène Roederer a envie de tempérer la vision générale d’un cru 2006 bien faible, cherchant du moins à la remettre en perspective.«2006 a eu le malheur d’être comparé à 2005, un grand cru, dit-elle dans un soupir.Et puis, trop de films québécois ont pris l’affiche l’automne dernier, en se marchant sur les pieds.Il faudrait échelonner ça.Mais tout est en train de changer.Il faudra s'ajuster.Par ailleurs, au chapitre du court métrage et du documentaire, 2006fut une année foisonnante, pas faible du tout.» Elle considère que Bon cop, bad cop reposait sur une bonne idée.«Le duo d’acteurs fonctionnait.Si nos films d’auteurs avaient rencontré leur public, le succès de Bon cop, bad cop se serait inséré dans un ensemble.On peut s'étonner de le retrouver à ce point représenté aux Ju-tra et aux Génies, mais ça m’apparaît plutôt circonstanciel.On aura sans doute un tout autre panorama en 2007.Il ne faut pas sauter aux conclusions trop vite.» Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alexis Durand-Brault Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin m m I fl UNE PRÉSENTATION DE Financière Wc' Sun Life CHANTER,,, FRANÇAISE YANNICK NÉZET-SÉGUIN, CHEF // NATHALIE PAULIN, SOPRANO LE CHŒUR DE L’ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN BERLIOZ : CARNAVAL ROMAIN // FAURÉ : PAVANE, VERSION AVEC CHŒUR MERCURE : CANTATE POUR UNE JOIE // POULENC : STABAT MATER LE LUNDI 26 FEVRIER 2007,19 H 30 I Théâtre Maisonneuve Place des Arts I 514 842.2112 1 866 842.2112 www.pda.qc.ca Réteau Admission 5i« 790.1245 LE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL EN TOURNÉE HOCHELAGA-MAISONNEUVE LE LUND119 FÉVRIER, 20 H // AHUNTSIC LE MARDI 20 FÉVRIER, 19H30 CONFÉRENCE PRÉCONCERT GRATUITE UNE HEURE AVANT LES CONCERTS (SAUF À AHUNTSIC] PARTAGEZ NOTRE PASSION 514.598.0870 POSTE 21, ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM jf.ESPACE fISTIVM.V MUSIQUE MONTRÉ.M 10û7,“ EN LUMIÈRE.DIFFUSEUR OFFICIEL LA BOURSE RIDEAU 2007 ?cii5* DU 11 AU 15 FÉVRIER SOYEZ-Y! www.rideau-inc.qc.ca % ¦MNH LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 FÉVRIER 2 0 0 7 E 3 THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Parler de l’amour plutôt que de la mort.La tournée québécoise d’ils se marièrent et eurent beaucoup.s'arrête à la Maison Théâtre JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’auteur Philippe Dorin et la metteure en scène Sylviane Fortuny sont tous les deux au Québec pour la tournée A'Ils se marièrent et eurent beaucoup.A.' rv.:! A ir'* '• ;» k.'tf h1 V 7 \ æ ' .y fin- • .f’v * i1 •' '< IM i > ' I, .l) k:>;vvT ' ! fJjÊk Philippe Dorin et Sylviane Fortuny ont fondé leur compagnie, Pour ainsi dire, en 1997.Dix ans plus tard, les voilà à Montréal avec leur cinquième spectacle, une démarche théâtrale exigeante qui propose la poésie comme instrument de changement.MICHEL BÉLAIR Philippe Dorin écrit pour le théâtre depuis le début des années 1980.A ses débuts, il a même surtout écrit pour le Théâtre Jeune Public/Strasbourg.Lorsqu’il rencontre Sylviane Fortuny, plus d’une douzaine d’années plus tard, en 1994, il a déjà publié plusieurs textes, autant pour les jeunes publics (la plupart pour le théâtre, mais aussi des contes, des romans, même un polar) que pour les «grands» — il continue d’ailleurs à écrire pour eux puisque deux de ses textes (Christ sans hache et Bouge plus!) sont actuellement présentés au Théâtre de l’Est parisien.Et voilà que, après la visite trop rapide de Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu en 2004, ils sont ici tous les deux pour la tournée d'ils se marièrent et eurent beaucoup.qui est passé par Belœil (à l’Arrière Scène) et Québec (aux Gros Becs) avant d’aboutir à la Maison Théâtre à compter de mercredi.Un peu sous le choc encore du froid violent qui a mordu Montréal en début de semaine, nos deux amis français arrivaient à peine de Québec (où il faisait encore plus froid!) quand je les ai rejoints dans un café du Plateau Mont-Royal.Derrière les mots, on peut facilement imaginer trois visages rougis tournant lentement au rose intense sous le cliquetis des fourchettes.Des boulettes et des cailloux «Notre premier travail ensemble s’est fait autour de petites boules en papier chiffonné contenant des textes que l’on lisait en les dépliant», raconte Philippe Dorin après les derniers commentaires sur la vague de froid arctique balayant le Québec tout entier.«C’était une belle idée, une belle façon de travailler avec les enfants.On leur demandait d’écrire un mot ou une phrase sur une feuille, de la froisser en boule puis de la jeter dans une boîte.On a baptisé l’exercice: “Les poubelles d’écrivain”.Et puis on a continué avec cette idée décidément très riche, moi avec mes mots, Sylviane avec son héritage des arts plastiques.Plus tard, nous nous sommes amusés à jouer les archéologues trouvant des boulettes de papier vues comme autant de tessons ou de cailloux blancs racontant l’histoire de mondes disparus dont on reconstruisait des fragments en édifiant un grand livre, page par page, avec les enfants.R nous est aussi arrivé de reconstituer avec eux la vie de l’écrivain imaginaire responsable de ces traces.» Sylviane Fortuny, qui est une habituée du Québec et qui a mis en scène un des plus beaux spectacles jeunes publics qu’on ait jamais faits ici (Emile et Angèle, bien sûr, de Joël Da Sylva et Françoise Pillet), plisse les lèvres de plaisir en écoutant Dorin raconter tout cela.Puis voilà qu’elle intervient pour souligner le côté «matériel» de la démarche.«Dans ces boulettes froissées, on retrouve aussi le rapport à la matiè- re papier; à sa texture, à sa forme, à ses origines.Je me souviens, par exemple, que, dans une petite ville de banlieue donnant sur la campagne, on avait placé côte à côte chacune des feuilles de papier défroissées et que l’aventure s’était terminée au bout du chemin de feuilles, plusieurs centaines de mètres plus loin, dans un champ de mais.A un autre moment, les feuilles étaient plutôt roulées puis tissées ensemble ou déposées sur un damier.» On est déjà quelque part en 1997 lorsque Dorin et Fortuny fondent leur troupe de théâtre: la compagnie Pour ainsi dire.Et de tout ce travail avec et auprès des enfants allait sortir un premier spectacle commun, Dorin au texte, Fortuny à la mise en scène et à la scénographie.C’était une «petite forme» conçue pour être jouée dans les bibliothèques: Le monde, point à la ligne, un spectacle destiné aux enfants de cinq à sept ans et dont le principal élément scénique était., un grand damier noir et blanc.A partir de ce moment, tout s’est mis à aller très, très vite.Rouge rideau Coup sur coup, en l’espace de quelques années, sont venus En attendant le Petit Poucet (1999) puis Dans ma maison de papier.(2001), toujours avec Dorin au texte et Fortuny à la mise en scène.Ils se mettent à tourner beaucoup à travers la France et tout à coup voilà que leur théâtre suscite beaucoup d’intérêt.Bientôt, leur réputation était faite: on les considère comme un tandem «sérieux», presque austère.«D’où, explique Dorin en prenant son air d’enfant espiègle de 50 ans, la volonté de faire un spectacle plus léger cette jbis-ci, qui parle de l’amour plutôt que de la mort.Quelque chose d’un peu moins gra- Au THÉÂTRE DE QUAT’SOUS du 22 janvier au 24 février 2007 Texte ROLAND SCHIMMELPFENNIG Traduction Johannes Honigmann et Laurent Muhleisen Mise en scène THEODOR CRISTIAN POPESCU Avec SIMON BOUDREAULT, EVELYNE BROCHU, GUILLAUME CHAMPOUX, GAÉTAN NADEAU, CRISTINA TOMA Concepteurs : Magalie Amyot, Manon Bouchard, Michel F.Côté, 1 Ginette Grenier, Marc Parent, Julie Vérès Une coproduction du Théltre de ûuat’Soua et de la Compagnla Theodor Crlttian Popeacu Une nuit 'èSnw pc m am ES DE LIBRAIRIE GALLIMARD [Activité gratuite! SUR LES PLAN a f | lecture de textes choisis parmi son La comédienne Kim Yaroshevskayarerdw -i3h30 répertoire de contes d à du 13 février au 3 mars 2007,20 heures LAM0UR est un opéra muet D'après Cosi fan tutte de Mozart Maîtrise d’œuvre Jean Asselin Direction musicale Normand Forget IJMMIBUS br corps ^théâtre pojntaèdre I SPECIAL 2 POUR t le i 17 heures suivi d'une rencontre avec les artistes: 1 place achetée.1 place offerte LIBRE Billetterie: 514.521.4191 Tarif régulier : 30 $ .étudiant : 20 S Prévente : 2 billets pour 30 S, valables du 13 au 18 février 2007 1945 rue Fullum, Montréal © Frontenac // www.mimeomnibus.qc.ca Québec c îO Montréal© LKliEVnili ve quoi.C’est de là que vient [en 2004] Ils se marièrent et eurent beaucoup.On parle peu aux enfants de l’amour, surtout pas des histoires d’amour ordinaires.Du bonheur, de la jalousie et de la séparation.C’est cela qu’on a voulu aborder cette fois.» «En travaillant aussi avec le rouge, enchaîne Sylviane Fortuny.Jusque-là, j’avais toujours rendu l’écriture scénique de Philippe dans des scénographies où dominaient le noir et le blanc, alors qu’ici j’ai suivi la piste du rouge.C’est le rideau de théâtre, le rouge, le théâtre, la scène.Et tout de suite, par exemple, j’ai proposé à Philippe de reculer le rideau en fond de scène et de toujours se faire dérouler l’action devant ce rideau rouge symbolisant le théâtre.Le plateau devenait ainsi la page de l'écrivain, un lieu de rencontre où le théâtre parle toujours de lui-même.» Dorin poursuivra en soulignant que l’écriture poétique du spectacle ouvre toutes les portes, «même s’il n’y a pas vraiment d’histoire», puisque les mots évoquent les lieux tout autant que les pensées ou les sentiments des personnages et que c’est là que tout se passe.Fortuny raconte, elle, qu’elle a dû relever plusieurs défis de mise en scène, en montant la production qui prend l’affiche de la Maison Théâtre cette semaine, et que cela est toujours stimulant pour un créateur.Elle parlera aussi de sa volonté profonde de dépasser la «narration convention- nelle» dans tout ce qu’elle monte.Du fait que les situations mises en scène dans Ils se marièrent et eurent beaucoup.sont toutes simples, quotidiennes, ordinaires, décrites avec des mots concrets de tous les jours.mais que l’on atteint aussi aux grandes choses par la simplicité.«Un peu comme les enfants peuvent parfois raconter des choses très profondes avec des mots tout simples.» Mais, vous le devinez, il s’est dit là tout plein d’autres trucs dont on ne parlera pas ici pour toutes sortes de raisons toutes moins importantes les unes que les autres.Et la façon la phis sûre de vous mesurer vous-même aux propositions toujours un peu dérangeantes du tandem Dorin-Fortuny est de vous trouver un flo âgé entre sept et douze ans et des billets, puis de vous pointer, même incognito, à la Maison Théâtre durant le week-end prochain.Un conseil en passant: faites vite! Le Devoir ILS SE MARIÈRENT ET EURENT BEAUCOUP.Un texte de Philippe Dorin mis en scène par Sylviane Fortuny.Une production de la compagnie Pour ainsi dire présentée à la Maison Théâtre du 14 au 25 février.Public visé: les enfants de 7 à 12 ans.On se renseigne au 514 288-7211./Théâtre de la Ville, Longueuil on joue au [prospero] / Montréal 10 février, 20h - 11 février, 15h 20 février au 10 mars, 20h 150, rue de Gentilly Est.1371 rue Ontario Est billetterie 450-670-1616 billetterie 514-526-6.582 et $.î pnoduction/Théâtre Complice | f Adaptation et mise en scène/ Denis Lavalou Admission 514-790-1245 www.!aveillee.qc,ca www theatret)elavil(e.qc.ca lÊSlüiisIraniB w de/ Philippe Besson Avec/ Marie-josée Gauthier, Ginette Morin et Marcel Pomerlo /Rencontrez Philippe Besson les 20 et 21 février au Prospéra jg j| LE DEVOIR H-—" Irai USINE © O DU 19 AU 24 FÉVRIER 07 WERTHER ! GRUPPE STEMANN (ALLEMAGNE) EN ALLEMAND AVEC SURTITHAQE EN FRANÇAIS D'APRÈS JOHANN WOLFGANG VON GOETHE MISE EN SCÈNE NICOLAS STEMANN INTERPRÉTATION PHILIPP HOCHMAIR À L’ÈRE DE LA VIDÉO ET DE L’ECSTASY, QUEL SENS A LE ROMAN DE GOETHE SUR LA MALADIE D’AMOUR DU JEUNE WERTHER ?INFOS AU WWW.USINE-C.COM GUICHET 514 521 4493 ADMISSION 514 790 1245 / WWW.ADMISSION.COM « Le monologue exaltant d’un Werther saisissant, brûlant et fiévreux.» I 1994 K 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 FÉVRIER 2007 Cabaret coquin JACQUES GRENIER LE DEVOIR A, K| Ëjëafcfea g IL FAUT BIEN çwe /e corps exulte, chantait Brel.Avec son cabaret coquin où les corps de tout gabarit se dévoilent avec une fausse pudeur, le Blue Light burlesque pourrait bien en faire sa devise.La petite troupe d’effeuilleuses amateurs en herbe se produit trois soirs, les 13, 14 et 15 février, à la Maison hantée, à l’occasion de la Saint-Valentin.«Redonner ses lettres de noblesse à l’art du strip-tease», voilà ce qui motive Mlle Oui Oui Encore, jeune fondatrice du Blue Light burlesque avec Blue Eyes, son partenaire de scène.«Le strip-tease était un art avant, poursuit-elle, reconnaissant ne pas avoir l’âge d’avoir vécu la glorieuse époque de Lili St-Cyr.Ce n’était pas la sexploitation d’aujourd’hui.» On pourrait ajouter à cela: redonner leurs lettres de noblesse aux formes féminines généreuses et surtout divertir, dérider le public.A mi-chemin entre le burlesque et le slapstick, le spectacle aligne les courts numéros pas toujours très maîtrisés.Les sketches sont tantôt ancrés dans une mise en scène théâtrale ou un petit swing sur du Frank Sinatra, tantôt plus directement axés sur le strip-tease lui-même.Pasties, culottes et jarretelles sauvent la pudeur.Les petites gênes et maladresses de débutantes font partie du jeu, puisque les danseuses, qui ne sont pas des professionnelles de la scène ou du poteau, n’offrent que leurs charmes naturels, parfois aiguisés d’une leçon de strip-tease burlesque offerte par Mlle Oui Oui Encore elle-même.La troupe reconnaît aussi qu ’elle joue avec les clichés érotiques les plus éprouvés — parce que peut-être les plus efficaces?— et l’assume pleinement.Si la lapine hante les fantasmes masculins, pourquoi ne pas la faire jaillir du chapeau d’une magicienne?«On ne croit pas franchir la ligne en le faisant avec humour, bon goût et dans un contexte», estime la danseuse.La Saint-Valentin et la salle de style cabaret de la Maison hantée se prêtent peut-être bien à l’expérience encore verte.D’ailleurs, si les corps vous invitent à la gourmandise, un repas (14 février) ou des amuses-gueule (13 et 15 février) sont aussi au menu de la soirée.We5 Ganesh Anandan, Lubo Alexandrov, Danielle Richard, Vlada Tomova (NYC) et Josh Dolgin « Socalled » Les 16 et 17 février Vendredi et samedi à 20h 20$ / 15$ - Avec abonnement 16$ /12$ MAI (Montréal, arts interculturels) 3680, rue Jeanne-Mance Montreal, QC h2x 2k5 T.514 982-3386 www.m-a-i.qc.ca Chants traditionnels bulgares et juifs arrangés avec un twist ! Montréal© P, LE DEYIHK iS- **i ! lüBl Québec * Québec &KUT A Danse contemporaine www.tangente qc.co 840Qitrm $ 9iertxtx*e dc'VXS fe t'ikir*’ de /WKÊÊF".'19^Êi: .I EDMOND BENSI$QN?i «ce Gérard Darmdn Charles Aznavour ; Soualem Lucien Jean-Baptiste (jjflrçfen Jouillerott Brandir la caméra comme d’autres lèvent le poing Le cinéaste Fernando Solanas présente La Dignité du peuple, qui vient de prendre l’affiche à Ex-Centris SOURCE MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION mm?«Ma vie, mes films, tout est mélangé.Je ne suis pas un politicien, affirme le cinéaste argentin Fernando Solanas.Je suis quelqu’un d’engagé politiquement vis-à-vis des grands sujets du pays.» MARTIN BILODEAU L> Argentin Fernando Solanas ’ n’est pas un politicien.S’il ne peut nier avoir séjourné dans le «Frente Grande» de l’opposition au début des années 90, le réalisateur des films Tango, l’exil de Gardel et Le Sud se perçoit avant tout comme un citoyen engagé.Mémoires d’un saccage, qui racontait de l’intérieur la faillite économique de son pays et la chute du gouvernement de Fernando de la Rüa qui en avait été l’artisan (après celui de Carlos Menem), était le cri du cœur d’un homme blessé, qui brandit la caméra comme d’autres lèvent le poing.Pour réparer une erreur historique, pour rétablir les faits, à la face du monde.Produit dans le même élan, La Dignité du peuple, qui vient de prendre l’affiche à Ex-Centris, cherche à rétablir la vérité des gens.Le film, tourné en numérique, dans la foulée des événements tragiques, relève du même pari, revendique le piême parti pris du citoyen sur l’État, de l’humain sur la machine politique, juridique et économique qui le broie.On y suit des dizaines de «personnages», qui individuellement se relèvent de l’affront par la force de leur dignité et qui collectivement demandent réparation par la voix de la solidarité.Pallier au plus urgent «Je travaille en fresque sur l’Argentine», explique Fernando Solanas, rencontré en septembre 2005 lors de sa visite au Festival international du film de Montréal, où La Dignité du peuple était présenté.«En 2002, j’ai compris que je ne pouvais pas raconter toute l'histoire, toute cette crise, en un seul film.Mémoires d’un saccage expliquait toutes les politiques issues du modèle néolibéral, dont la corruption de l’appareil judiciaire et le vol des droits sociaux des gens.Le génocide social, en somme.J'avais besoin d'un film complémentaire qui me permettrait de me rapprocher de l’individu, sans l’exclure du mouvement social dans sa globalité.» Plus il avance, plus Solanas prend conscience de la profondeur du puits.Si bien que Mémoires d’un saccage et La Dignité du peuple sont les deux premiers volets d’une fresque documentaire qui en compte quatre, les deux autres (inachevés à ce jour) étant Argentine latente (sur les ressources du pays) et La Terre révoltée (sur le vol des terres).Avec La Dignité du peuple, Solanas reconnaît avoir voulu pallier au plus urgent, et que les deux derniers volets peuvent attendre un peu.«C’est un film sur les droits des individus qui ont été volés.Sur des droits, d’ailleurs, que les gens revendiquent un à un, des gens qui s’organisent.Mon film exprime la recherche d’une nouvelle sorte d’éthique: l’éthique de la coopération, de la solidarité, dans un monde où on mythifie l’individualisme.» Solanas, l’individu, est pluriel.Son cinéma se décline en deux mouvements qui se rejoignent par le fond: la fiction poétique et le documentaire engagé.«L’engagement artistique n’a pas besoin d’expliquer le monde.Pour moi, le noyau de l’expression demeure l’expression poétique», explique le réalisateur, dont le dernier long métrage de fiction, Le Nuage, date déjà de dix ans.«Je cherche à faire un cinéma libre, de création libre, dans lequel il y aurait une unité.A un certain moment, j’ai besoin d’une récréation, d’une atmosphère.A un autre, j’ai besoin d’exprimer plus directement mes idées.» Admiré pour ses longs métrages récompensés dans tous les grands festivals du monde, Solanas l’est moins, dans son propre pays, pour ses chroniques documentaires, dont L’Heure des brasiers, qui en ip?2 (quatre ans avant le coup d'État, la dictature et son propre exil vers la France) dénonçait le système néocolonialiste argentin.«Ma vie, mes films, tout est mélangé.Je ne suis pas un politicien.Je suis quelqu’un d’engagé politiquement vis-à-vis des grands sujets du pays.Mais mon travail est de nature plus socioculturelle», dit celui que les télévisions argentines boycottent mais que les universitaires admirent et respectent S’il se réjouit de cette reconnaissance, qui relève d’une forme de résistance vis-à-vis de l’establishment, le cinéaste déplore que les mouvements politiques et sociaux qui se produisent dans l’hémisphère Sud indiffèrent encore aujourd’hui les médias de l’hémisphère Nord.L’Amérique du Sud, qui dans certaines parties est encore la proie du néolibéralisme sauvage et des privatisations que ses politiques inspirent, ne peut compter sur le devoir de vigilance des autres continents.Mais un mouvement se dessine, constate Fernando Solanas, par lequel les valeurs de solidarité et du bien-être collectif semblent reprendre le dessus, et pas qu’en Argentine.«Après les pénuries, les dictatures, les dérives du néolibéralisme, l’Amérique du Sud a atteint un nouveau stade de sa conscience.En Uruguay, au Brésil, au Venezuela, on retrouve des gouvernements progressistes, de centre-gauche.Je ne dis pas que la révolution se prépare.Mais üyaun mouvement vers la gauche.» Un mouvement qui, visiblement, fait plaisir à ce vert militant de 70 ans, qui voudra certainement filmer les quatre cloisons de son cercueil avant de s’endormir.Mais ça, c’est encore bien loin, car pour lui «le travail est la seule façon de rester jeune».Collaborateur du Devoir «CAPTIVANI UAJN BOUT E"*"’~,I^J^I°-cANADA IDtSAUTEL») M.ri.-chri.ti'’.- gagnant \ WIUEUB Æsr®.GAGNANT '(), wiufURnu, r,Hb"8vlltOM«W*T»“B I .AVOIR-ALIRE.COM gagnant ¦PBIL Ml WBIKj Uibmnuu RATION • Haldu dimanche MPSON, THE OUARIMAN CHUTE DU MUR DE BERLIN, MENT TOUT — — autres ™ „.rrHFNCKEL VON DONNERSA ^ oéAl PAR FLORIAN HENurcl „„ u,.,aA«r>" ÉCRIT ET r^AL,SE rvsAf-ronn O mvv r/M' f métropole ÉCRIT ET varalon original* avec aoua-lltraa français varsion originale avec .i - - I •ou.tllrom or.alnK A Â L AFFICHE I EX-CENTRIS il [le FoKIiM 22I Après “MÉMOIRE D'UN SACCAGE SÉLECTION OFFICIELLE-FESTIVAL DE VENISE LA DiGNiïE DU PEUPLE UN FILM DE FERNANDO SOLANAS |±] PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE métropole version originale espagnole avec sous-titres français EX-CENTRIS H^tNMri.Salnt-Uunirt.Mtl Ç INÉMA Billetterie ($14) 847-iaoS PARAI L $ L E 13h30 - 17h30 - 21h15 /GAGNANT} * Meilleur Documentaire • European Film Awarda * ?IA PRESSE mo UN PILM DN PHILIP QRONINO version original* française et latine avec sous-titres anglais - np^^n[E^^.^ii£irTiccTÂ^r^H^BRooK^
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