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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2003-01-18, Collections de BAnQ.

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A 10 LE DEVOIR.LES S A .N! E D I 18 ET DIMANCHE 1 D JANVIER 2 0 0 3 -» LE DEVOIR ?- ACTUALITES ARMES CANADIEN SHARON SUITE DE LA PAGE 1 690 000 propriétaires d’armes à feu au Québec et 220 000 en Alberta.Or les données récentes du CCAF indiquent que seulement 501 134 permis ont été émis au Québec, contre 204 893 en Alberta.Les provinces de l'Ontario et de la Colombie-Britannique font elles aussi moins bonne figure, avec des taux de non-respect de la loi de 26,9 % et 25,1 % respectivement Pour les quatre provinces, Iq taux de non-respect a 5 %, est le phis bas au Canada.A part le Québec, seule lile-du-Prince-Edouard n’a pas demandé à Ottawa de suspendre son programme d’enregistrement des armes à feu au cours des derniers jours.Au CCAF, on se montre peu enclin à commenter ce genre d’analyse des données.On estime que l’étude de janvier 2001 de la firme G PC avait pour but de connaître les données non pas province par province mais plutôt à l’échelle nationale.«/c sais que c’est bien tentant de faire une comparaison comme ça.Tout le monde essaie de faire ça, mais ce n 'était pas le but de cette étude-là.Vous pouvez en tirer les conclusions que vous voulez.», a commenté la porte-parole du CCAF, Chantale Breton.Mme Breton a également rappelé que l’évaluation du nombre de propriétaires d’armes à feu par province était basée sur un total national de 2,46 millions.Mais l’étude notait aussi qu’environ 160 000 personnes se disaient sur le point de se débarrasser de leur arme, ce qui fait autant de candidats susceptibles de demander leur permis en moins.Mme Breton a laissé entendre qu'un grand nombre de ces personnes se concentreraient peut-être dans les provinces du Québec et de l’Ontario, sans toutefois le prouver.«Quand on donne les approximations [du nombre de propriétaires] par province, on ne tient pas compte du 6 % de gens qui disaient vouloir se défaire de leurs armes à feu.Donc, c’est un facteur», a expliqué Mme Breton.«[.] Peut-être qu’il y en avait plus ou moins dans certaines régions.» Le contrôle des armes à feu exige deux choses des propriétaires: qu’ils obtiennent un permis et enregistrent chacune de leurs armes.D’après une autre étude de la firme GPC Recherche, il y aurait environ 1,89 million d’armes à feu en circulation au Québec (24 % du total canadien).On ignore encore combien de ces armes ont été dûment enregistrées.La date limite était le 31 décembre dernier, mais une période de grâce de six mois est accordée aux propriétaires qui auraient fait parvenir une lettre d’intention.Vu le cafouillage qui sévit dans l’enregistrement— remis à l'ordre du jour par le dernier rapport de la vérificatrice générale —, il revient à chaque corps policier de décider ou non de porter des accusations contre une personne qui ne respecte pas la loi.A la Sûreté du Québec, on explique qu’on évaluera les cas un à un.«C’est toujours laissé au jugement du policier, a expliqué Johanne Gladu, porte-parole à la Sûreté du Québec.Haie droit d’appliquer la loi.Particle 112 de la loi sur les armes à feu et les articles 91 et 92 du Code criminel lui donnent toutes les possibilités: si vous ne vous êtes pas conformé, vous pouvez avoir six mois de prison ou 2000 $ d’amende, sauf que c’est à la discrétion du policier et de l’événement en cause.» Mme Gladu a expliqué que la décision d’un policier pourrait bien être différente s’il a affaire à un cas de violence conjugale impliquant un propriétaire d’arme à feu sans permis plutôt qu’à un chasseur qui semble ne pas bien connaître la loi.Rectificatif Dans les suggestions de sortie de la rubrique Ici et là publiée en page B 1 hier, la capsule intitulée «Bénédiction des eaux» propose une cérémonie au Musée des civilisations de Gatineau et non pas de Québec, comme nous l’écrivions.SUITE DE LA PAGE 1 vieux rêve pour hù.est un privilège et un honneur.«J’ai grandi avec le gilet du Canadien sur le dos, a-t-il note.C’est un défi que je veux relever.Mon but est tris simple: fai l’intention de tout faire pour que le dub accède aux séries éliminatoires.» En vertu de son contrat, M.Julien dirigera l'équipe jusqu'à la fin de la saison 200304.Dans l’immédiat, le nouvel entraineur aura du pain sur la planche puisque le Canadien connait des ratés depuis quelques semaines.A l’heure actuelle, le club a une fiche de 18-19-54, pour un total de 45 points.Ceci lui confère le dixième rang de l’Association de l’Est alors que seules les huit premières équipes participeront aux séries éliminatoires.De plus, l’équipe a perdu ses neuf derniers matchs sur les patinoires étrangères, les deux dernières défaites en lice étant un revers de 1 à 0 mercredi contre les Trashers d’Atlanta et un autre de 4 à 1 jeudi soir contre les Flyers de Philadelphie.«Match après match, on voyait la situation se répéter», a indiqué André Savard en faisant référence au fait que ses joueurs ne travaillaient pas 60 minutes par match.Et c’est justement ce que Claude Julien a pour mission de changer.«Ma force a toujours été d’établir une éthique de travail pour sortir fort à tous les soirs.[.] Et ça, ça commence parles entraînements», a-t-il expliqué aux nombreux journalistes tout juste avant de sauter sur la patinoire.pour diriger sa première séance d’entraînement.«Je veux ramener l’équipe là où tout le monde la voit.» H s’agit du prerryer poste d'entraîneur-chef de M.Julien dans la LNH.Agé de 42 ans, cet homme originaire du nord de l’Ontario et élevé dans la région d’Ottawa a fait ses classes dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et dans la Ligue américaine.D a dirigé les Olympiques de Hull de 1996 à 2000 — son équipe a remporté la coupe Memorial en 1997 alors que José Théodore était son gardien — avant de se diriger vers Hamilton.Cette saison, les Bulldogs dominent fa Ligue américaine avec une impressionnante fiche de 33-6-3-3 et un total de 72 points.Avant d’entamer les pourparlers avec Claude Julien, André Savard a dû obtenir la permission du directeur SUITE DE LA PAGE 1 avait rendu deux décisions controversées durant le match.Selon des sources toujours près de l’action, Savard, en plus de quelques remarques destinées à un auditoire adulte, nous préférons vous en avertir, aurait demandé à Fraser s’il avait une petite idée de combien cela coûterait à M.Gillett si, à cause de ce revers, son équipe venait à rater les séries éliminatoires.Or on sait maintenant, pour l’avoir entendu 35 fois plutôt qu'une, que l’objectif de l’autrefois glorieuse Flanelle pour les mille prochaines années consiste à participer aux séries éliminatoires, rien dp vraiment plus.We’re numbers!, comme disait Paul Eluard.Alors il faut produire rapidement Pas de niaisage, pas de reconstruction, pas de jeunes ou si peu, pas de temps à perdre.Vite, un club moyen pour sauver les meubles.Ça ne marche pas?On va essayer quelqu’un d’autre.N’importe quoi, mais vite.Et en voulant aller vite, on manque les séries de peu, on bouche les trous d'année en année au lieu de faire le ménage et on se ramasse avec un dossier de 18-19-54, en plein milieu du paquet On augmente 1a masse salariale, ce qui oblige à aller encore plus vite puisqu’il faut bien justifier les grosses rémunérations, sans garantie de résultats justement parce qu’il n’y a pas de plan.La mèche du propriétaire est de plus en plus courte et, paradoxalement, elle coûte de plus en plus cher.C’est comme les vêtements pour dames: moins il y a de tissu, plus le prix au centimètre carré est élevé.Et n’oublions jamais, par ailleurs, que lorsqu’un entraîneur-chef est congédié, cela peut toujours être vu general des Oilers d’Edmonton.Kevin 1 owe.la fran- | chise des Bulldogs est à fa fois le club-école du Cana- ! dien et des Oilers.L'équipe montréalaise devra faire contrepoids en offrant un choix de cinquième ronde (ou de quatrième ronde si elle participe aux series).Quel est fa secret de Claude Julfan pour fouetter ses joueurs?«Je crois beaucoup en la ligne fine qui existe entre le respect et l’autorité.Si on est capable de garder un équilibré.les choses semblent bien fmctümner» D essaiera de mettre en place un jeu axé sur une défensive plus serrée afin de réduire fa nombre de tirs au but de l'adversaire.le directeur général de l'équipe est convaincu d’avoir fait 1e bon choix, un choix qui pourrait sauver fa saison du Canadien.«Nous l’avons démontré Tan dernier.Quand cette équipe tramiüe furt et avec passùm, nous obtenons de bons résultats.Im clé est de fournir un effort amstant», a soutenu André Savard.Du côté du vestiaire, les joueurs ont accueilli fa nouvelle avec 1a diplomatie de circonstance.Du reste, 1e gardien José Théodore croit que Claude Julien fera un excellent boulot à Montréal.«Je l'ai eu comme entraineur pendant deux ans.J'ai aussi participé à un de ses camps d’été.U connaît le hockey pour y avoir joué.Durant les entraînements, il aime wir du mouvement.Il veut aussi que les joueurs soient intenses, f espère que ce changement va aider l’équipe.» Nommé en novembre 2000 pour remplacer Alain Vi-gneault, Michel Therrien en était à sa troisième saison comme entraîneur du Canadien.En 190 rencontres, il a compilé un dossier de 77 victoires, 77 défaites et 23 matchs nuis.Il faut rappeler que malgré de nombreuses blessures dans ses rangs 1a saison dernière, Michel Therrien avait réussi à motiver ses troupes et à qualifier l’équipe pour les séries éliminatoires.11 est le sixième entraîneur à perdre son poste dans la IFJH depuis le début de fa saison de hockey.Claude Julien recevra son baptême de la L.NH ce soir.Son équipe affrontera les Maple Ix*afs de Toronto, qui ont mis le pied sur l'accélérateur après un début de saison médiocre, la présence des chouchous de la métropole canadienne signifie que le match sera diffusé partout au pays.Avec la Presse canadienne comme le geste d’un directeur général qui cherche à sauver, au moins pour un temps, sa propre peau.?Dans sa dernière livraison, le magazine Sports Illustrated examine, à 1a lumière des déboires des Sénateurs d'Ottawa, le sort qui pourrait échoir aux équipes canadiennes de 1a LNH.En ce qui concerne le Canadien, on note que George Gillett a acquis 1a franchise et son amphithéâtre à prix très abordable mais que, malgré cette illustration de 1a valeur décroissante de l’équipe, «une Ugue nationale sans ce club à la riche histoire est impensable».La disparition du Canadien, même au vu de la démesure financière qui ne semble pas avoir de fin et du rendement de l’argent Canadian Tire qui ne semble pas pressé de soigner sa chute, est certainement impensable, mais le fait qu’il puisse continuer de poireauter pendant un sacré bout de temps ne l’est pas.Pour l’instant, avec une masse salariale approchant les 50 millions SUS, ce n’est en tout cas pas une question de fric.Mais ça peut être une question de patience (surtout de 1a part des fans qui appellent Ron et demandent des têtes après une défaite de suite), de reconnaissance des cycles qui marquent le sport et pourquoi pas, de l’évocation de quelques faits: que Chicago, par exemple, n’a pas gagné la coupe Stanley depuis 40 ans, Toronto depuis 35 ans, Boston depuis 30 ans, que New York a gagné une fois en 60 ans et que Detroit, avant que le vieux Scotty ne le relance récemment, avait traversé un désert de 40 ans.On n’est plus dans le bon vieux temps, mais ce n’est pas une raison pour pratiquer 1a fuite en avant VITE LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ES Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury.9 étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il eut imprimé par Imprimerie Queberor St-Jean.800.boulevard Industriel Saint Jean-sur Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et * diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0658.Dépôt légal Biblicthèque nationale du Québec.RETOUR SUITE DE LA PAGE 1 cette chorégraphie était indiqué sur papier.» La comédienne se dit folle de joie à voir renaître les films de son père.Au sein de sa famille, les dissensions et les chicanes ont eu trop longtemps 1a partie belle.«Entre nous, on se bagarrait sans cesse.Les uns étaient si respectueux de ses films qu ’ils voulaient les garder dans une cathédrale en les adorant à genoux.Moi, j’étais du camp qui les souhaitait dans le domaine public.» Le producteur français Marin Karmitz, à 1a tête de MK2, a réconcilié tout le monde.En 2001, il a acquis de 1a famille les droits mondiaux du catalogue Chaplin et entend diffuser les films (restaurés) en salles, puis en version DVD.Le Dictateur est le premier Chaplin à renaître par ses bons soins.«Cela dit, je ne veux plus me mêler de rien, avoue Geraldine.Ce sont mes frères qui s'occupent du futur musée dans le domaine de mon père, en Suisse, et des droits sur ses œuvres.J’en avais assez des disputes.Je me suis barrée.» «Mon père était fasciné par Hitler, évoque-t-elle.Ils étaient nés à quatre jours d'intervalle, en 1889, et commencèrent tous deux leur vie comme vagabonds.Ils se ressemblaient physiquement.En plus, on dit qu’Hitler portait la même moustache que Chariot afin d’attirer sur lui un peu de l’immense popularité du clown.À tous deux, on a prêté des origines juives.Mon père a laissé courir ces rumeurs, mais un jour, à la question “avez-vous du sang juif?”, Je Tai entendu répondre: “Je n 'ai Pas cet honneur.’» Dans le film, le barbier juif baragouine une langue qui ressemble à l’allemand, mais Chaplin ne parfait pas cette langue.D s’est amusé à en recréer les tonalités.Chariot, en se mettant à parler, offre un message de paix.À 1a toute fin du Dictateur, son personnage de barbier juif livre un long discours pacifiste demeuré célèbre qui le fit taxer de communisme par plusieurs: «L’envie a empoisonné Tesprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous fiait sombrer dans la misère et les effusions de sang», disait-il, entre autres.«Mon père a tourné la scène du discours après que le film eut été monté et fini, raconte Geraldine.Il voulait que Charlie Chaplin prenne la parole plutôt que Chariot, le barbier juif ou le dictateur.Dans cette scène, il apparaît avec des rides, des cheveux gris, pour livrer son propre message au monde, un message qui n'a pas vieilli.» Réaliser Le Dictateur ne fut pas une mince affaire.«Personne ne voulait que le film se fisse.Les Allemands menaçaien rn,r.père de représailles.L’Amérique était très isolationniste et plusieurs là-bas admiraient Hitler sans vouloir cmnaitre ses méfaits.Des juifs craignaient que le film nuise à leurs familles demeurées en Europe.L’Angleterre affirmait qu’elle ne le diffuserait jamais, mais elle a changé d’idée au moment du lancement, et ce fut un grand succès.Mon père Ta financé lui-même.» En 1940, les pays sous le joug nazi ont interdit U Dictateur.longtemps après 1a guerre, des scènes demeurèrent invisibles dans certains pays.«En Italie, toutes celles qui montraient la femme de Napaloni fit-rent retranchées du vivant de Mme Mussolini [qui y était parodiée].En Espagne, il n’a jamais été présenté, car le règne de Franco a duré longtemps.J’en avais là-bas une copie que je montrais aux amis sorts le manteau.[Geraldine Chaplin a longtemps été l’épouse du cinéaste espagnol Carlos Saura.] Les Espagnols viennent tout juste de découvrir le film.» «Dansson autobiographie [1964], Charlie Chaplin confiait que s'il avait su quelles atrocités Hitler allait commettre, jamah il n’aurait réalisé Le Dictateur, mais j’ai Impression qu’il l’aurait fait quand même.Ailleurs, il affirmait qu ’il fallait opposer le rire à cette horreur» Hitler a vu Le Dictateur au moins deux fois.«On a rapporté à mon père que le Führer n 'avait ri ni au premier visionnement ni au second.On peut comprendre pourquoi.» Si le public aimait Chaplin, les grosses gommes le jugeaient suspect «Aux Etats-Unis, le maccarthysme Ta très tôt pris pour cible.Dès 1922, le FBI s’est préoccupé de ses activités.Plus tard, Les Temps modernes, qui s’attaquait au travail à la chaîne, a accru ses ennuis.Et le Dictateur Ta incrusté sur leurs listes noires.» En 1952, Chaplin, à bout de tracasseries, est parti s’installer avec sa famille en Europe, aboutissant en Suisse.Née en 1944, Geraldine Chaplin a travaillé pour lui.Figurante dans ümelight, en 1952, et dans Un roi à New York, en 1957, elle a joué dans La Comtesse de Hong-Kong, le dernier film de Chaplin (en couleurs), en 1967, aux côtés de Marlon Brando et de Sophia Loren.«C’était fascinant de le voir travailler II mimait tous les rôles afin de les expliquer aux comédiens.» Pour David Lean, Carlos Saura, Robert Altman, Alain Resnais et compagnie, Geraldine Chaplin a poursuivi, loin de son père, une impressionnante carrière d’actrice, jamais tarie.En février, elfe amorcera en Espagne le tournage d’un film de Mary McGuckian aux côtés de Robert De Niro, Kathy Bates et Harvey Keitel.Quand on lui demande si le fait de suivre les traces de son géant de père n’a pas été une expérience éprouvante, elle rit, répond: «Non, non! Il était si adoré que chacun avait envie d’aimer sa fille en retour Ça m'a ouvert toutes les portes.D’autant plus grand qu’avec mm père, f avais reçu la meilleure leçon possible de cinéma.» SUITE DE LA PAGE 1 guerre du liban, qui brigue de nouveau la direction du pays.Ni l’intervention exceptionnelle du directeur des élections qui, au debut de la semaine, a abruptement interrompu 1a télédiffusion d’une de ses conferences de presse, qualifiée de propagande.Ni fa crist' économique, qui a fait monter l’inflation à 6.6 % et provoque de nombreuses faillites.Ni les scandales à répétition, qui continuent d’ébranler la droite israélienne et 1a famille Sharon.Rien de tout cela n’a empêché le premier ministre de remonter dans les sondages après une légère chute, il y a deux semaines, la* leader du likoud est maintenant crédité d’environ 30 députés, trois de plus que la semaine précédente, sur les 120 que compte la Knesset, les travaillistes tirent de l’arriére avec seulement 20 élus, contre 24 la semaine dernière (ils en avaient 25 dans le précédent gouvernement).Un autre sondage réalisé par Geocartogra-phia accorde au likoud jusqu’à 34 sièges, contre 19 aux travmllistes.Ariel Sharon n’a évidemment pas ivcupéré fa quarantaine de sièges qu’on lui prédisait il y a un mois.Mais il semble assuré de former le prochain gouvernement et de faire de son parti fa premier parti israélien.«Plus la presse et la justice attaquent Ariel Sharon, plus il apparaît comme une victime», explique David Green, journaliste à l’hebdomadaire The Jerusalem Report.«En Israël, la gauche est perçue comme le parti de l’establishment.Quand les journalistes et les juges s'en prennent à Sharon, ils ne font que renforcer son image de représentant des classes populaires.» En Israël, les couches populaires sont généralement séfarades (orientales) alors que les classes favorisées sont plutôt ashkénazes (européennes).le sommet a été atteint lorsque le président de la commission électorale, le juge Mishael Cheshin, a suspendu 1a diffusion d’une conférence dans laquelle Ariel Sharon répliquait violemment à son adversaire travailliste.Toute «propagande» électorale étant interdite à la télévision en dehors des publicités, strictement réglementées, le président de la commission a tout bonnement interrompu 1a diffusion.«C'était le meilleur service à rendre à Sharon», dil David Green.C’est aussi l’opinion de Yaacov Ahimeir.«Les scandales ont tris peu d’effet sur les sondages car les Israéliens ont peu confiance dans les médias.Ils y voient une conspiration pour renverser les dirigeants sans passer par une élection.» Pour cet animateur de 1a première chaîne de télévision israélienne, ces élections ont été déclenchées sans raison véritable par le retrait des travaillistes du gouvernemenL «Deux mois plus tard, je ne sais toujours pas ce qui est vraiment en feu.» Une atmosphère de corruption S’il ne semble pas faire de doute qu’Ariel Sharon sera premier ministre le 28 janvier, les enquêtes en cours risquent d’empoisonner la |x>litique israélienne pendant des mois encore.Il y a d’abord l’achat de votes auquel un des fils de Sharon, Omri, aurait pris part.Il y a ensuite l’implication d’un autre de ses fils, Gilad, dans un projet touristique en Grèce.Il y a enfin cette garantie bancaire de deux millions de dollars accordée secrètement à Gilad Sharon par un ami sud-africain du premier ministre, Cyril Kern, afin de rembourser des fonds perçus illégalement lorsqu’Ariel Sharon a pris le contrôle du likoud.In politique israélienne a rarement baigné dans un climat aussi délétère.«Ce brouillage des frontières entre le gouvernement et la famille est un précédent dans l'histoire israélienne», écrit Arie Caspi dans le quotidien Haaretz.I>es messages publicitaires travaillistes ont beau décrire le premier ministre comme un parrain de 1a mafia, rien n’y fait.Il faut dire que le quotidien Maa-riv a aussi révélé mercredi que le chef travailliste, Amram Mitzna (qui est maire de Haifa), aurait favorisé 1a construction de projets immobiliers financés par des Américains soupçonnés de blanchir de l’argent issu du marché colombien de 1a drogue.L’effritement de l’électorat israélien risque cependant de compliquer sérieusement la constitution d’une nouvelle majorité.D’autant plus que le leader travailliste a annoncé cette semaine son intention de ne pas reformer de grande coalition avec le likoud, comme celle qui dirigeait le pays il y a trois mois à peine.«]e me demande vraiment à quoi servent ces élections, dit Yaacov Ahimeir.Les travaillistes nous disent maintenant qu 'ils ne veulent pas participer au gouvernement.Pourquoi m ont-ils été membres pendant deux ans?» Une coalition avec qui ?Selon un sondage publié jeudi par le quotidien Ye-diot Aharonot, les Israéliens ne partagent pas l’avis du chef travailliste.51 % veulent que lui et son équipe participent à un gouvernement d’union nationale.Selon un autre sondage, 57,5 % croient que les travaillistes ne pourront tout simplement pas refuser une telle coalition.Selon David Green, les travaillistes auront vite fait de se débarrasser de leur leader si celui-ci ne fait pas élire au moins 20 députés.Ijes anciens ministres travaillistes pressés de retrouver un siège dans le nouveau gouvernement auront alors la voie libre.L’effritement des voix des grands partis profite actuellement aux ultraorthodoxes du Shass mais aussi aux laïcs du Shinouï.Fait exceptionnel, ces derniers pourraient faire élire jusqu’à 15 députés.Et comme ils refusent de participer à toute coalition impliquant un parti religieux, Ariel Sharon risque d’avoir quelques maux de tête pour composer son gouvernemenL Ce qui fait dire à plusieurs que les Israéliens pourraient retourner aux urnes dans environ un an.C’est peut-être à ces élections que songent déjà les travaillistes israéliens.REUTERS Ariel Sharon ÉbÉfei 4
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