Le devoir, 30 décembre 2006, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 80 ET DI M A X l H E 81 DI ( E M B R E 2 0 0 B CINÉMA Pour le meilleur et pour le pire Page E 3 DE VISU Pompéi, ce u est pas Pompéi.Page E 5 CULTURE ET LIVRES 1 MH K< I RADIO < ANADA «Nous assumons a 100 % ce que nous faisons.» PAUL CA UC II O N «Nous voulons juste que ce soit décapant, baveux et rigolo » Le choix est vaste, très vaste.L’élection de Stephen Harper, Stéphane Dion chef du Parti libéral, André Boisclair à l’Assemblée nationale, l’enlisement en Irak, les problèmes de Bush, les caricatures de Mahomet, les menaces de la Corée du Nord, les changements climatiques, puis le mont Orford, l’accommodement raisonnable, et enfin YouTu- be, h)ft Story, Stéphane Gendron, le petit Jéré-my qui rend visite au pape, les pubs de Bell.et surtout, surtout.y aura-t-il une parodie de Tout le monde en parle?Et si c’est le cas, sera-t-elle méchante?Pour sa revue de fin d’année, le groupe Rock et Belles Oreilles a le choix.Ix* choix des armes, pourrions-nous ajouter.Car ce sont des choix qui pourraient faire du bruit.VOIR PACK E 2: BYE BYE LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DI M A X C il E 31 DÉCEMBRE 2 0 0 6 E ‘2 \ L THÉÂTRE Parler des «vraies affaires» Surfant sur la vague de la bonne douzaine de spectacles qui vont prendre l’affiche dans les premières semaines de janvier, le NIE propose un menu corsé qui ne laissera personne indifférent.Guillermina Kerwin et Didier Lucien se partagent la conception, le texte et la mise en scène du spectacle.JACQUES GRENIER UE DEVOIR MICHEL BÉLAIR On peut s’attendre à tout quand on prend le chemin de l’ancienne caserne de pompiers qui abrite maintenant le Nouveau Théâtre expérimental (NTE), on le sait.Et c’est encore plus vrai quand on y met les pieds pour une entrevue puisqu’il faut alors se débarrasser rapidement de cette bizarre impression de tomber, toujours, au milieu d’une fête intime ou d’un party de bureau.Il flotte là un vent de folie qui fait envie.C’était précisément le cas, quelques jours avant Noël, alors que Didier Lucien et Guillermina Kerwin m’attendaient en fin d'après-midi pour me parler du spectacle qu’ils préparent et qui prendra l’affiche le 9 janvier à l’Espace libre.Six acteurs pour un cerveau Ça porte d’ailleurs un titre bizarre ce truc: Amour, cul, violence.ACV.Comme dans «accident cérébro-vasculaire» aussi.Le hasard aurait-il laissé traîner ses gros pieds dans le coin de la rue Fullum?«Hien sûr que non, répond Didier Lucien en se fendant d’un sourire à désarmer un cumulonimbus.C'est d’abord le titre tel quel qui s’est imposé : “Amour, cul, violence”.C’est de ça qu’on avait envie de parler parce que c’est ça qu’on retrouve partout en filigrane d'à peu près toutes les histoires du monde.Nous on s’est dit que ce serait différent de prendre ces trois thèmes majeurs qu’on retrouve toujours quelque part chaque fois que se pointent des humains de sexes pas nécessairement différents.Au premier plan donc, l’amour, le cul et la violence.et on fait découler une histoire de cela.» «Mais il faut dire aussi, enchaîne Guillermina Kerwin, qu’au cours du même souper, on est rapidement arrivé à l’autre sens d’ACV: l’accident cérébrovasculaire.Et ça, c'est crucial parce que ça nous a permis de déboucher sur la forme du spectacle.» Ce «nous» qui apparaît depuis le début traduit la relation de complicité bien particulière que vivent Didier Lucien çt Guillermina Kerwin depuis l’Ecole nationale de théâtre.Ils se partagent ici la conception, le texte et la mise en scène du spectacle, entourés de Valérie Le Maire, Brigitte Poupart, Frédéric Pierre et Widemir Normil.C’est elle qui poursuit «En fait, l'histoire qu’on raconte se déroule à l'intérieur d’un cerveau frappé par un ACV.Elus même: on ne sait pas vraiment à qui appartient ce cerveau même si bientôt la scène est envahie par six comédiens.» Six acteurs pour un cerveau donc.Dans un état comateux en plus.Et tout l’exercice se situe carrément à l’intérieur de la tète de quelqu’un qui est peut-être en train de vivre ses derniers moments et qui voit surgir, mêlés, des souvenirs, des images, des personnages, des bouts de phrase qui tous ont systématiquement un rapport direct à l’amour, au cul et à la violence.«Dans le cerveau, les idées circulent un peu comme une balle de ping-pong qui revoie dans tous les sens, dirn Lucien, et c’est un peu la structure qu’on a voulu donner au spectacle.Il n'y a pas vraiment de logique, les souvenirs et les images s’enchaînant les uns à la suite des autres, sans compter les interférences, sans que l’on puisse vraiment savoir à l'avance ce qui va remonter.[.] On a procédé de façon très abstraite parce qu’on n'avait pas vraiment de repères, mais c'est rapidement devenu très concret.» Pour mieux décrire le lieu d’insertion de ce curieux objet théâtral, Guillermina Kerwin fera allusion, elle, à ces gens cités par Elisabeth Kubler-Ross et qui reviennent de la mort en parlant d’un tunnel et d’une grande lumière blanche.Provocation Quand je raconterai aux deux complices que Coma unplugged de Pierre-Michel Tremblay, qui prendra l’affiche à la Licorne le 9 janvier (voir notre entrevue dans Le Devoir du 6 janvier 2007), met aussi en scène un personnage plongé dans un profond coma.ils ne me croiront d’abord pas.Puis, après moult moues de surprise, les deux complices deviennent bientôt plus bavards en simulant la panique, puis en tentant d’énumérer les grandes caractéristiques de leur show à eux.Didier Lucien souligne d’abord que ACV n’a même pas de personnage principal et que les six comédiens sur scène n’arrivent à en construire qu’un seul qui ne sait même pas qu’il est là! Plus sérieux, il poursuit.«En fait, le spectacle s’est construit une pelure à la fois, de façon organique, comme un show rock, avec beaucoup d'énergie, quelques chansons aussi et des chorégraphies.À partir du texte écrit, tout est venu s’ajouter une couche à la fois — la bande sonore, la musique.Comme si on faisait ensemble une sorte de sculpture collective.1.| Au bout du compte, c’est un show “pour adultes" qui laisse beaucoup de place à la folie et la dérision.» On ne s’en serait pas douté.«Et puis il y a aussi qu’on se paye la traite, reprend Kerwin.Pour un comédien et pour une comédienne (nous sommes trois gars, trois filles), ce sont des zones extrêmement intéressantes à explorer; on y va à fond! Et c’est évident que les spectateurs ne pourront pas rester indifférents: cer- tains se sentiront carrément provoqués parce que, oui, il est vraiment d’abord question d’amour, de cul et de violence dans le show! Mais on le fait, je pense, dans la dignité et dans le vrai.» Belle façon de retomber sur ses pattes, de l’autre côté des fêtes de fin d’année! Le Devoir AMOUR, CUL, VIOLENCE Texte et mise en scène: Didier Lucien et Guillermina Kerwin.Une production du NTE présentée à l’Espace Libre à compter du 9 janvier 2007.L’histoire se déroule à l’intérieur d’un cerveau frappé par un ACV BYEBYE SUITE DE LA PAGE E 1 L’association de ces deux noms, Bye Bye et Rock et Belles Oreilles, fait sensation, et elle annonce l’émission la plus attendue de l’année.Ix-s attentes sont tellement élevées que n’importe qui pourrait céder à la panique.Pas Guy A.Lepage.«Tout le monde ressent de la pression, sauf nous, indiquait-il il y a quelques jours au Devoir.Nous ne sommes pas nerveux.En fait, depuis 25 ans, j'ai rarement senti aussi peu d’inquiétude entre les membres du groupe.» Rock et Belles Oreilles est l’exemple même du groupe qui a su bien gérer sa légende.Formé en 1981, RBO a sévi sur les ondes de plusieurs stations de radio et réseaux de télévision, a parcouru le Québec avec des spectacles qui ont fait sensation, et s’est séparé dans la joie en 1995, pour ensuite distiller à petites doses contrôlées les VHS, les CD, les DVD de ses meilleurs sketches, de ses meilleures chansons, etc.Mais cette fois-ci, c’est le vrai grand retour du groupe.Non pas pour se remémorer les meilleurs moments du passé, comme ce fut le cas avec cette Le Théâtre de La Manufacture présente Cdma iff , .Qui l'eût cru?1a- film le plus sous-estimé Man of the Year v\ V for Vendetta.Ils ne sont certes pas parfaits, mais leur intelligence et leur perte nence auraient dû les mettre à l’abri de ixireüle indifférence.Moi en tout cas, j’y ai pris mon pied.Ia* plus bel adieu A Traîne Home Companion.Ro- bert Altnuui nous a quittes le cirut en fête avec cette amusante chro nique d’une mort annoncée, celle d’une émission radiophonique country animée jxu un original qui refuse d'admettre que le rideau tombe.Martin Hiliuirnu ?1a‘ film de l'année J'aimerais bien qu’il en soit autre ment, question d'éviter les redites, mais une lois encore c’est Pedro .Al modôvar qui trône au sommet de mon palmarès personnel.Volver (qui signifie revenir) scelle de grandes retrouvailles, entre autres avec une de ses actrices fétiches (Carmen Maura) et surtout ave< toutes les femmes de son enfance, source exreptioiinetk' d mspirnunn Un grand film, à voir toutes affaires cessantes et avec une discrète pro vision de papknHnouehoirs.Ia1 meilleur scénario Souffrant parfois d’être dans l’ombre du cinéaste Alejandro Gonzalez Inarritu, le scénariste Guillermo Arriaga poursuit tout de même avec son compatriote LE CRAZY HORSE SE DEVOILE Une soirée memorable avec des danseuses magnifiquement sensuelles et élégantes.LUNDI 2 1 h La Volée d’Castors, Les Batinses.lundi 1 9h30 les animaux sacres DES PHARAONS JEANNE POISSON MARQUISE DE POMPADOUR Une fresque romanesque sur la vie mouvementée de la favorite de Louis XV.Une palpitante enquête archéologique sur les mystères du monde animal.MARDI 21 h30 MARDI 20h mexicain une solide collabora lion (Biibel met la touche finale à lent superbe trilogie incluant Amores Perros et 21 (Irams) Fl il sait faire preuve de générosité auprès de l ummy 1 ee Jones, dont le premier long métrage destine au cinéma.The Three Burials ot Melquiades Extrada, constitue un autre exemple de collaboration artistique de haut vol Une grande année pour un grand scénariste.1 ai meilleure imiHiti, 25b (xtges R O M A \ K T K A N (i 1 R La tragédie de Columbine revisitée Il faut qu’on parle de Kevin est une fiction qui s'inspire de la longue séné de crimes commis dans les collèges américains PAUL BENNETT IJ était inévitable que le massacre de Columbine au Colorado, survenu en 1999, et les tueries en milieu scolaire qui se sont multipliées depuis inspirent les romanciers: de Stephen King à DBC Pierre, qui a obtenu le Booker Prize en 2003 pour Vernon God Little, de Jim Shepard à Douglas Coupland, les grandes questions du pourquoi et du comment de telles tragédies ont fasciné les écrivains, surtout américains.La romancière Lionel Shriver est la dernière en lice.Il faut qu 'on parle de Kevin, publié en 2003 mais qui vient seulement d'être édité en français chez Belfond, n'est pas une reconstitution des événements de Columbine, mais une fiction qui s'inspire de la longue série de crimes semblables commis dans les coDèges américains.Se glissant dans la peau d'une mère, Eva, qui tente de comprendre les raisons de la folie meurtrière de son fils de 16 ans.Kevin, Shriver tente de décortiquer tous les aspects — psychologiques, familiaux et sociaux — qui peuvent entrainer un adolescent à commettre l’irréparable.Sous forme de lettres adressées à son mari dont elle est séparée, Eva Khatchadourian relate son calvaire et retrace l’itinéraire meurtrier de son fils, qu’eüe visite régulièrement en prison depuis ce jeudi fatidique où il a tué.seul, dans le gymnase de son collège, sept de ses camarades de classe, un professeur et un employé de la cafétéria.Une seule question hante la narratrice: a-t-elle été une «mauvaise mère», ou son fils est-il un monstre?Femme de carrière, Eva decide un jour, malgré ses préventions contre la maternité et après bien des hesitations, d'avoir un enfant pour secouer ses habitudes et cimenter son couple.Mais aussitôt enceinte, elle ne peut s'empêcher de remettre en question sa décision et de regretter cette vie où •les enfants n'ont pas leur place».Les renoncements et les restrictions imposés aux futures meres lui semblent autant de carcans, les encouragements de son mari et de ses amis autant de trompe- A JCfit ,AM MIKt OVtt H HI rim-.la tragédie de Columbine au Colorado, en 1999, a inspiré les romanciers.l’œil.Après l’accouchement, elle ne ressent que •lassitude et indifférence» pour Tentant qui refuse le sein de sa mère.•J'étais en colère J'avais peur, j'avais honte, mais j'avais aussi la sensation de m'être fait avoir.Ce n'était pas le lait maternel qu'il refusait, c'était la mère.En fait, j’ai fini par être convaincue que notre petit paquet de bonheur m'avait démasquée.» Des la naissance.Kevin est un enfant difficile.Eva se sent coupable •d'incompétence émotimnel-le».Le père, lui, ne comprend pas son attitude négative et prend a tout coup le parti de son fils.En grandissant Kevin devient de plus en plus apathique, -inaccessible et sarcastique».O ne s'intéresse a rien.Son expression favorite?*C>st nul».Les passions des autres de mettent en rage».Eva doit vite sacrifier sa carrière pour tenter redresser la situation.L'arrivee d'une petite sœur n’arrangera rien, au contraire, et ne fera que creuser Je fossé entre la mère et le fils.Les tentatives de réconciliation avec le fils, qui se complaît dans la cruauté gratuite et une malveillance de tous les instants, échouent les unes apres les autres.Et puis arrive le jour fatidique, raconté avec un luxe de détails presque insoutenable.Condamné a une peine de prison relativement clémente.Kevin ne regrette rien, brandit son «exploit» comme un trophée, revendique haut et fort la pleine responsabilité de son acte.Il refuse de se décharger sur sa mere, crache son mépris pour son père qui Ta pourtant toujours défendu.Eva essaie de comprendre son geste: comment a-t-il pu planifier ce massacre sans jamais reader, corn ment a-t-il pu passer a l'acte?«Les grandes actions sont une accumulation de petites actùms successives, et c'est ce que Kevin a dû piger se dit-eUe.On s'occupe de chaque constituant.et la somme des elements se déploie comme par magie.» Quant au pourquoi, il est encore plus difficile a cerner.Kevin a-t-il voulu avoir enfin l’impression d’exister aux veux des autres?At-fl Quelques livres pour le temps des Fêtes.et surtout de la joie, de la douceur et de la sérénité pour vous et votre famille.Que cette nouvelle année voit s'accomplir vos projets les plus chers et soit rythmée aux couleurs du vrai bonheur L’équipe de !a librairie LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d'occasion de qualité LIBRAIRIE ' % .alire LIBRAIRIE INDÉPENDANTE AGRÉÉE Place Longueuil — 825.rue Saint-Laurent Ouest 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