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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-11-23, Collections de BAnQ.

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( L K [) K V 0 I li .1.K S S A M K I) I K T !• I M A \ ( Il K 2 I \ (l V K M K I! K 2 0 O 2 DANSE L’attrait du contraste Page E 5 L?s^s CINEMA Les douloureux héritages de l'iiistoire Page E 7 si/.m ANDY CLARK REUTERS JAZZ La fière histoire d’Oscar SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR C) est une histoire d’orgueil tendant vers la fierté et non vers la vanité.Une histoire faite d’acharnement, d’ardeur à la tâche, parce que le sujet de l'histoire en question était — et reste — habité par cette volonté qui favorise ou débouche sur le dépassement Pas tant le dépassement de soi que celui qui cloue au plancher tout ce qui compose cette adversité imposée par autrui, par des tiers.C’est l'histoire d’Os-car Peterson, qui a eu l’ambition d’être le meilleur d’entre tous les pianistes et qui y est parvenu.Pour souligner la parution d’un album qu’Oscar Peterson a enregistré en public à Vancouver en 1958 en compagnie d’Herb Ellis à la guitare et de Ray Brown à la contrebasse, on a longuement parlé du plus célèbre des Montréalais avec un pianiste qui le connaît bien, et depuis très longtemps, soit Oliver Jones.Selon Jones, dont il faut souligner l'extrême affabilité, tout commence — ou plutôt doit commencer — par «il était une fois à Saint-Henri».Dans l’enclave baptisée La Petite Bourgogne, les Noirs montréalais s’étaient rassemblés.Pour des raisons économiques et racistes.A l’époque, les hommes de la communauté en question étaient voués, pour ne pas dire condainnés, à travailler pour le CP ou le CN.«Pour les Noirs, les choses étaient, si on peut dire, simples.Après les études secondaires, c'était obligatoirement les chemins defer.Ce n 'était pas possible de travailler dans les banques ou dans les restaurants.C’était très difficile.Mais heureusement pour nous, les jeunes du quartier, il y avait la maison des Peterson.» Oscar, Paul et Oliver Les Peterson habitaient sur la rue Saint-Jacques, près de la rue Georges-Vanier.Les Jones demeuraient sur Vanier.«Oscar avait neuf ans de plus que moi et mes copains.Je le voyais tous les jours parce qu’à l’époque mon meilleur ami était son voisin immédiat.De chez lui, on entendait toujours de la musique.» Lorsque Oscar ne faisait pas ses exercices, sa sœur aînée Daisy dispensait ses cours.Dans l’histoire du jour, Daisy occupe une place centrale.Elle était une virtuose des touches noires et ivoire.«Elle partageait sa vie entre l’église, les enfants du quartier et la musique.Elle était une excellente pianiste classique.C'est elle qui a formé Oscar, qui là discipliné.Même chose avec moi et d'autres enfants du quartier.Elle avait beaucoup de dignité.» Oscar «était le plus sérieux d'intre nous.Très jeune, il savait ce qu'il voulait: être le meilleur pianiste de jazz au monde, fl était très orgueilleux.Il a pris une direction et s'y est tenu.Pour moi et Paul Bley, Oscar est vite devenu un modèle.Je me souviens que lorsque j’avais onze ans, je voyais Oscar partir jouer dans les clubs, comme l'Alberta VOIR PAGE E 2: OSCAR LE DEVOIR > ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Pas moyen de manquer la pub étalée sur le flanc de 600 autobus, à pleins murs de métro.Oyez! Oyez! Un homme et son péché de Charles Binamé vient ressusciter, dès vendredi prochain au cinéma, sur une centaine d’écrans du Québec, la faune des Pays-d’en-Haut Séraphin, Donalda, Alexis, Jambe de bois mangent une nouvelle fois leur pain noir sur une terre de roches.Jamais le distributeur Alliance Atlantis Vivafilm n’avait autant investi (un million de dollars) pour la promotion d'un long métrage québécois.Jamais Charles Binamé (le cinéaste àEldorado et du Cœur au poing) n’avait fait un film destiné à atteindre à ce point la large audience.Le réalisateur a axé son film sur l’histoire d’amour entre Donalda (Karine Vanasse) et Alexis (Roy Dupuis), intrigue à peine esquissée dans le roman, ici devenue une grande passion malheureuse sur laquelle le spectateur est invité à verser des larmes.«Une personne est sacrifiée.C’est Donalda, explique le cinéaste.Il mà semblé plus intéressant de percevoir l'action à travers son regard, ses amours avec Alexis qui exacerbent les tensions causées parses choix.» Charles Binamé n'aurait pas été de l’avant avec son projet de film si Pierre Lebeau avait refusé de jouer Séraphin.«C'était lui ou personne.» Il fallait une détermination farouche pour mener à terme la renaissance des Pays-d’en-Haut sur pellicule, tant les institutions levaient au départ le nez sur Séraphin, son or et son bonnet.Un homme et son péché a mis trois ans à venir au monde.Téléfilm et la SODEC Ig lïtji ut ont refusé deux fois d’avaliser le projet.«Ils disaient: “Un nouveau film sur le sujet n ’apportera rien de neuf', précise Charles Binamé.De fait, on a 70 ans de cette histoire derrière nous, mais je savais qu’on pouvait renouveler un pareil classique.» Le soutien de Pierre D'beau et de Rémy Girard, comédiens impliqués dans l’aventure, aida à faire fléchir Téléfilm.On connaît la suite: un village du Nord à recréer de pied en cap au bord d’un lac sauvage, car le Sainte-Adèle d’aujourd’hui n’a que peu de rapport avec celui des premiers colons.Des comédiens connus: Benoît Brière, Pierre Lebeau, Roy Dupuis, MarieTiffo, Pierrette Robitaille, Julien Poulin et compagnie, sont entrés dans le bal avec les cachets d’une imposante distribution.Le budget a grimpé à 6,2 millions.Mais que représente donc pour les Québécois le personnage de Séraphin?Son nom est demeuré un symbole d’avarice pour toutes les générations, même celles qui n’ont jamais vu le comédien Jean-Pierre Masson lancer un «Viande à chien!» hargneux sur les ondes de la série télé.Les plus âgés se rappellent le radioroman qui a tenu les auditeurs en haleine à partir de 1939 jusqu’aux années 60.En 1948, Paul Gury réalisa un long métrage suivi d'une suite deux ans plus tard, avec Hector Char-land en Séraphin.Certains ont lu le roman Un homme et son péché que Claude-Henri Grignon a d’abord pondu en 1933 (mais dont l’action se situe à la fin du XIX' siècle) et qui reçut le prix David en 1935.Grignon est né a Sainte-Adele en 1874 d'un fx-re natif de Saint-Jérôme, d’abord médecin puis agriculteur sur ces terres ingrates.Celui-ci s'installa à Sainte-Adè- «Les personnages se sont transformés à chaque version » le à la demande du curé I abolie qui ouvrait le Nord à la colonisation.D-s Pays-d’en-Haut, il connaît.Sous le nom de Valdombre, Grignon a écrit d’abord des pamphlets (au Devoir notamment), mais après quelques tentatives littéraires infructueuses, en 1933 Un homme et son péché lui apporta la gloire.le roman fut rédigé au cours des armées de crise, par un auteur qui crevait de faim.Ensuite, tout se mit à débouler irour Gri-gon.A la demande du directeur de Radio-Canada, il écrivit pour la radio une série d’émissions adaptées du roman.I) l’ignorait encore, mais Séraphin allait l'accompagner jusqu’à la tombe et demeurer son seul vrai fonds de commerce.«Comme écrivain, mon pere considérait qu'il avait manqué sa vie, explique sa fille, Claire Grignon.Il aurait voulu écrire d’autres romans, mais des adaptations dl In homme et son péché se présentaient a lui et il fallait payer les créanciers.» Roman, longs métrages, radioroman, télésérie.tous les avatars d’un homme et son péché trouvaient leur auteur scénariste chez Claude-Henri Cirignon, qui remodelait sans cesse ses héros, développait des péripéties, ajoutait des personnages.«C’est la premiere fois qu’une adaptation d\)n homme et son péché n'est pas effectuée par Grignon lui-même, explique Binamé.Cela dit, la fille de l’auteur, Claire Grignon, a communiqué avec moi, apportant des précisions au scénario ici et là.J’avais a travers elle un peu l’impression de.voir le fantôme de l'auteur se pencher sur mon épaule.» VOIR PAGE E 2: SÉRAPHIN VOIR PAGE E 2: OSCAR I.K II K V (I I H .I.h A M K I) I K T I) I M A X l II K 2 4 X 0 V E M B H E 2 0 0 2 K 2 OSCAR Peterson a ouvert la voie des Etats-Unis à tous les artistes canadiens SUITE DE LA DAGE E 1 Lounge.» Aujourd’hui, le génie du lieu est occupé par la place du Canada.Toujours est-il que l’exemple de Peterson a fait mouche.La première et longue étape a consisté à suivre les cours de l’exigeante Daisy pendant dix ou douze ans avant de poursuivre au Conservatoire McGill, où «enseignait un excellent professeur qui s’appelait Paul de Marquis.Lorsque les shows d'Oscar ont commencé à être diffusés à la radio, tout le quartier a été très fier de lui.Lorsqu’il a fait sa percée aux Etats-Unis, nous l’avons été davantage, parce que là, il est devenu très populaire au Canada».Une catégorie à part Aujourd’hui, on a oublié «quelque chose d’extrêmement important: Oscar a ouvert la voie des Etats-Unis à tous les artistes canadiens.]e me souviens très bien qu'à l’époque, les Américains disaient qu’ils n'avaient pas besoin des jazzmans qui venaient du Canada parce qu’ils estimaient être les meilleurs au monde.Grâce à Oscar, tout cela a changé».Tout cela a changé pour la bonne et essentielle raison que personne «n’était capable de jouer aussi vite, aussi bien, aussi haut.Oscar était et demeure dans une catégorie à part.Cela dit, je crois que c’est à l’époque où cet album a été enregistré qu’il a atteint son sommet.Pour moi, le trio qu’il avait formé avec Pay Brown et Herb Ellis a été le meilleur de sa carrière.Après, il y a celui qu’il a fondé avec Ray Brown une fois encore et Ed Thigpen à la batterie».Soit dit en passant, et sui vaut l’exemple d’Oscar, Oliver Jones a lui aussi réalisé des albums avec ces instrumentistes.Intitulée Tenderly, cette production a ceci de singulier qu'on peut entendre une composition originale de Peterson.Lui si voué à faire la mise en relief des beautés qui se cachent dans les standards avait alors décidé que Oscar Peterson soit imprimé sur ruban une pièce baptisée The Music Box Suite AKA Daisy’s Dream.De quel rêve s’agissait-il?Qu’Oscar parvienne au sommet.I>a perfection On dit souvent, et souvent à tort, que la perfection n’est pas de ce monde.Nenni! Il arrive parfois que des artistes atteignent ici-bas la perfection.lors-qu’Ellington a composé Mood Indigo ou Swamp Goo, lorsque Mingus a hurlé Tables Of Fau-bus, ils ont réalisé, si on peut dire, leur perfection.On peut dire la même chose d’Oscar Peterson.En 1958, Oscar était le souverain sans partage du piano.En 1958, ce trio s’est affirmé comme l’un des meilleurs dans l’histoire du jazz.L’alchimie qu’il y avait entre Ellis, Brown et Peterson était si dense que personne n’est parvenu à proposer — sur ce terrain s’entend, ce terrain qu’occupe un trio sans batterie — quelque chose de comparable.Si on aime le jazz, il faut se procurer cet album.Parce qu’il transcende le temps.Parce qu'il nous parle surtout de Daisy Peterson, la virtuose qui demeure inconnue pour «délit de faciès».LES 30 NOVEMBRE ET 1er DÉCEMBRE 2002 O «0 'O Les textes français nouveaux débarquent au Québec ! Samedi 30 novembre à 17 h Ci D EMMANUELLE MARIE mise en lecture DIANE DUBEAU ESPACE LIBRE MONTRÉAL et DE SYLVIE BRUHAT mise en lecture ISABELLE CAUCHY PETIT THEATRE DE SHERBROOKE MM SON Dimanche 1«r décembre à 15 h HISTOIRE (0 Mme».— PAR LUI-MEME.DE LAURENT CAUDE CI jn ICC MISE EN LECTURE Nil K ^ J AÆL MARIE JOSÉE BASTIEN | 111* LES ENfANTS Tl ^ ^ I de fanny mentre MISE EN LECTURE BENOÎT LACRANDEUR et DE SOPHIE RENAULD MISE EN LECTURE MARC ALAIN ROBITAILLE THÉÂTRE DU TANDEM ROUYN-NORANDA Québec n 3 />Ndat Fonderie Dârlincj, 2lhOO 745 rue Ottawa (Vieuk-MontréalmôtroSquare-Victona billets en vente sur le Réseau Admission : (514) 790 124s information et groupes: (514) 284-3344 danse## l/danse « Une pièce brûlante de passion (.)» Ballettan; International « Dès les premiers instants, Il était clair qu’on avait affaire a du grand art.» Dance Magazine, New York ¦% \ - fcMo * lyv C.I924 La compagnie Louise Bedard Danse présente une exposition des œuvres de TINA MODOTTI photographies 1924 1929 DU 8 NOVEMBRE AU 8 DECEMBRE 2002 Maison de la culture du Plateau Mont Royal , 465.avenue du Mont-Royal Est Tel.: 514 872 2266 e//es UNE CHORÉGRAPHIE DE LOUISE BÉDARD INSPIREE DES PHOTOGRAPHIES DE TINA MODOTTI INTERPRETES LOUISE BÉDARD, SOPHIE CORRIVEAU CONSEILLÈRE ARTISTIQUE CINELLE CHAGNON FILM PIERRE HÉBERT MUSIQUE ANA LARA ENVIRONNEMENT SONORE MICHEL F.CÔTÉ COSTUMES ANGELO BARSETTI LUMIERES SONOYO NISHIKAWA DU 20 AU 30 NOVEMBRE 2002 A 20H :¦ A PU 1 nri I r MERCRFDI AU SAMEDI ; L A ÜllAr lLLl 3700.rue Saint Dominique ¦ SCENES CONTEMPORAINES Réservations : 514-843 7738 Billets 22 S.etudiant/age d or 17 J.groupe 10 S Québec* Ville de Montréal du Mourier Compagnie Flak, José Navas HAMAIN/NAVAS PROJECT 28, 29, 30 NOV-20H centRe pierre-peladeau BILLETS (514) 98l ADMISSION (514) ; cZ> Québec:::: K li K I) K V O I H .I.K M K I) I K T I) I M V V ( H K > 4 X O V K M B li K l U fl > Culture I» A N S E CINEMA La musique faite chair Nacho Duato donne corps à la musique de Bach FRÉDÉRIQUE DOYON Qu’elle soit française, russe ou espagnole, contemporaine ou de la Renaissance, la musique |K)r-tée par la danse du chorégraphe espagnol Nacho Duato en ressort toujours magnifiée.Sa plus grande force est sans conteste sa musicalité.Chorégraphe bien aimé du public montréalais depuis que sa pièce/arrfi Tancat est entrée dans le répertoire des Grands Ballets canadiens (GBCM) en 1989, Dua to revient à Montréal pour la troisième fois avec sa Compania National de Danza, à l’invitation des GBCM.Il continue de s’en remettre à la musique, source insondable de son inspiration.Avec Multiplicité - Formes du silence et du vide, c’est la musique de Bach qui prend vie dans le corps des danseurs de la compagnie espagnole et — chance inouïe — en la personne même de Nacho Duato, qui y exécute deux courts solos.Une âme commune Quand la ville de Weimar, consacrée capitale culturelle de l’Europe en 1999, l'a sollicité pour qu’il crée une œuvre à l’image de la cité allemande, Duato n’a pas hésité à nommer un compositeur qu'il vénère.Autrement, il n'aurait peut-être jamais osé l’aborder à travers la chorégraphie.«Il y a des musiques auxquelles on ne devrait pas toucher, comme le Requiem de Mozart, certains lieder de Mahler.» Pour Nacho Duato, Bach est une espèce de monstre sacré.Rendre toute l’âme et l’humanité de sa musique sur scène a été un défi de taille.«J’admire énormément son travail et j'étais très effrayé à l’idée d’utiliser sa musique.» Pour porter tout le poids de cette responsabilité, le chorégraphe n’a eu d'autre choix que de monter lui-même sur scène.«J'entre sur scène et je danse avec Bach.lui demandant pardon d'être aussi ridicule devant la grandeur de son œuvre, raconte Duato.J'imagine que s’il avait été vivant, je lui aurais demandé si je pouvais m'approprier sa musique.Comme je ne pouvais pas le faire, je l'ai imaginé sur scène, comme un hommage, et j'espère qu’il va l’apprécier.» S’il aborde la musique avec une grande humilité, Nacho Duato prend un ton beaucoup plus assuré pour expliquer les liens indéfectibles qui unissent la musique à sa danse.«Ça me fait rire que les gens se surprennent de ma relation avec la musique.Four moi, c'est ça, la chorégraphie, et rien d’autre, affirme I ïuato.J’ai commencé à danser parce qu’entendre de la musique faisait bouger mon corps.Et je suis devenu chorégraphe parce que je voulais exprimer ce que je ressentais dans la musique à travers des corps qui bougent.» Pour le chorégraphe, danse et musique sont comme matière et esprit: ils ne font qu'un.Il n’a donc que faire de la grande révolution chorégraphique déclenchée par l’Américain Merce Cunningham vers 1950, qui met fin au diktat de la musique, joug dont la danse a parfois souffert au cours de sa jeune histoire.Depuis, Cun- La Pologne de toutes les couleurs La Cinémathèque québécoise accueille le Festival du film polonais de Montréal SOURCE GBCM Chorégraphe bien aimé du public montréalais depuis que sa pièce Jardi Tancat est entrée dans le répertoire des Grands Ballets canadiens (GBCM) en 1989, Duato revient à Montréal pour la troisième fois avec sa Compania Nacional de Danza, à l’invitation des GBCM.ningham, comme d’autres chorégraphes, crée séparément danse et musique pour ne pas que celles-ci s'influencent l’une l’autre dans le processus de création.«Je ne considère pas cela comme de la danse, commente Duato.Four moi il s'agit d’expérimentation.C’est intéressant, mais ça ne fait pas nécessairement de la bonne danse pour le public.» S’il reconnaît le bien-fondé de ces recherches chorégraphiques pour le développement de la discipline, musique et danse, pour lui, sont destinées à avoir une âme commune.«Il s'agit de la trouver-, précise-t-il.D’ailleurs, il suffit de voir se dé ployer une œuvre de Duato pour comprendre que sa danse n’est pas tant soumise à la musique qu’elle la rehausse, lui donne une autre dimension, ce qui rejoint en fin de compte l’esprit contemporain.Son art, c’est la musique faite chair et la sublimation musicale de la danse.A défaut de coexister comme la danse de Cunningham et la musique de John Cage, les deux formes d’art existent l’une dans l’autre, chacune contribuant à part entière à l’essence de l’œuvre.Deux volets Deux volets composent la chorégraphie dédiée à Bach.D’abord, Multiplicité rend hommage à l’impressionnante diversité de l’œuvre de Bach.«Sa musique est tellement variée, elle va de ses adagios à ses concertos, arias, cantates.C’est superbe», raconte Duato.Il y a beaucoup d’humour, de tendresse dans sa musique, même si tout cela repose sur un travail extrêmement structuré, quasi mathématique.«Le ton y est donc léger, les changements de couleurs et de costumes se succédant au même rythme que les extraits de pièces méticuleusement choisies qui composent le collage sonore.» Il est impossible de rassembler le meilleur de Bach en deux heures, fait encore remarquer le chorégraphe.«Et je ne pense pas que Bach ait d’œuvre mineure.» Ix- second volet.Formes du silence et du vide, repose entièrement sur les deux derniers mouvements de L’Art de la fugue.Bach est mort avant de mettre les dernières notes à cette œuvre, et Duato l’a choisie particulièrement pour ce caractère inachevé.«Certains musiciens préfèrent lui donner une fin, la jouer comme si elle était finie, explique-t-il, mais Jordi Savait [l’interprète choisi de la musique de Bach] laisse les notes en suspens.Ça me parait beaucoup plus fort comme ça, écouter cette musique sublime qui s’arrête soudain, comme si toute la vie s’éteignait d’un coup.» A croire que le mysticisme qui émane de L’Art de la fugue s'est répandu dans lame de Nacho Duato.MULTIPLICITÉ - FORMES DU SILENCE ET DU VIDE Deux chorégraphies de la Compania Nacional de I )anza, les 29 et 30 novembre à la Place des Arts.ANDRE LAVOIE Même si tant de choses les séparent, le cinéma québécois et le cinéma polonais partagent cette difficulté d’exister en dehors de leurs frontières respectives, de ne plus susciter un réel engouement international, d’être désormais orphelins de cinéastes reconnus un peu partout a l’étranger.Dans ce contexte, les festivals et les rétrospectives prennent une grande importance pour susciter la curiosité et pénétrer des marchés de plus en plus fermés, comme le Québec tente de le faire une semaine par année à Paris.Tandis que l’on pleure encore la mort de Krzysztof Kieslowski et les triomphes de plus en plus lointains d’Andrzej Wajda et d’Agnieszka Holland, malgré un contexte économique et social toujours aussi fragile, les cinéastes polonais persistent et filment.La troisième édition du Festival du film polonais de Montréal, ayant élu domicile à la Cinémathèque québécoise jusqu’au 30 novembre, veut démontrer sa vitalité en secouant un peu notre indifférence, cherchant à se frayer un chemin sur nos écrans encombrés, mais rarement par une trop grande diversité.Orchestré par la Corporation Québec-Pologne pour les arts, l'événement, de dimensions modestes, se déploie sur trois axes, célébrant les nouveaux talents, les productions récentes, tout en portant un regard sur le passé.Quelques longs métrages récents sont d’abord au programme, dont l’un du «réalisateur de la conscience morale», Krzysztof Zanussi, Our God’s Brother (23 novembre à 20h30, s.-t.anglais), adaptation d’une œuvre théâtrale de Karol Wojtyla, surtout connu sous le nom de Jean-Paul II.D'autres n’hésitent pas à flirter avec le cinéma de genre, bousculant ainsi la vision parfois fortement politique et sociale que l’on s’est forgée du cinéma polonais.Entrelaçant vérité historique et éléments fantastiques, Lech J.Majewski propose une description aux accents apocalyptiques d’une secte se préparant à la fin du monde dansA«gW«s (24 novembre à 18h30, s.-t.anglais).Dans un style nettement plus cru, le thriller Station (24 novembre à 20h30, s.-t.anglais), de Piotr Weresniak, reconstruit les événements précédant l’arrivée d'un homme dans un petit village, blessé par balle dans de curieuses circonstances.Le second volet du festival est consacré à la carrière cinématographique d'Anna Prucnal, la Polonaise la plus en vue à Montréal par les temps qui courent.Après le Salon du livre le SttHüo de l'Agora de la danse présente ’UZZLE DANSE RENCONTRE CHORÉGRAPHIQUE FRANCE-QUÉBEC 4 chorégraphes 4 duos hommes-femmes 4 histoires 20-21-22-23 novembre 2002 20 h FRANCE Denis WasMHi François Ve|nmes QUEBEC Hélène Blackburn Harold Rhéaume TOURNÉE AU QUÉBEC Sainte-Geneviève - 24 novembre Lennoxville - 26 novembre Québec - 28-29-30 novembre Baie-Comeau - 4 décembre Le Bit - 6 décembre = L’AGORA DE LA DANSE Mi Mi 840, RUECHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525.1500 pour son autobiographie et pendant son tour de chant au Cabaret Juste pour rire, on pourra aussi la voir sur l'écran de la salle Claude-Jutra.au service des cinéastes les plus différents, et pas que polonais.Avec sa filmographie en dents de scie, les choix d'Anna Prucnal n’ont rien de banal et lui ont même causé des torts considérables, interdite de séjour en Pologne après l’aventure Sweet Movie de Dusan Makavejev.On pourra d'ailleurs «admirer» de nouveau cette bâtarde coproduction internationale (27 et 30 novembre à 20h30, s.-t.français) et jeter aussi un coup d’œil à Carole Laure, tour à tour déguisée en Esquimaude et trempée dans le chocolat.Le film est précédé d’une petite comédie tournée par Andrzej Wajda en 1968, Méli-Mélo.Cette minirétrospective Prucnal nous donne aussi l’occasion de revoir un Fellini méconnu, La Cité des femmes (29 novembre à 20h30, s.-t.anglais) et un Michel Deville plus politique qu'esthétisant dans Le Dossier 51 (28 novembre à 20h30).Et comme toujours, avant ou après une projection, il fait bon se perdre dans la salle Norman-Mclaren.cette fois pour admirer les affiches de Jan I.enici (l’exposition a lieu jusqu’au 19 janvier 2003).Des années 50 jusqu’à 1995, soit quelques années avant sa mort, il a illustré les films de ses compatriotes tout comme ceux de célèbres cinéastes étrangers (René Clair, Jean Renoir, Luis Bunuel, Louis Malle, Fellini, etc.).Une façon originale de voir la Pologne dans tous ses états et de toutes les couleurs.?Pour connaître la programmation complète du Festival du film polonais de Montréal, on peut consulter la Revue de la Cinémathèque, les sites Internet www.cinematheque.qc.ca et www.polfes-tival.com ou téléphoner au n (514) 842-9768.Le Dossier 51, de Michel Deville SOURCE CINEMATHEQUE PRIX MEILLEURE ACTRICE PRIX DU PUBLIC ATTRIBUÉ AU MEILLEUR LONG METRAGE FFM 2002 ?« Ce film s'impose incontestablement.» Luc PerrHauli la Urnsse « Une symphonie rie passions, d'amour et de mort qui nous emporte avec son souffle.» Oriile Tremblay Le Devoir I N \\ u \\ I \ VPI \ \ 4 OM Sweet Movie, de Dusan Makavejev SOURCE CINÉMATHÈQUE l'QFFICE MATIONAL DU FILM PU CANADA PRÉSENTE Réseau Admission S14.790.124S füL A L'AFFICHE! -INF Pi EX OOÉON 1 | CINÉ PL EX OOFO* — IIQUARTIER LATIN ?11 BOUCHERVILLE ?11ST-EUSÏÀCHE ?Il I 1 1“MAISON DU CINÉMA 1 |-CINÉMA 9-I (-CINÉMA PTNE- I JOLIETTE ?1 [SHERBROOKE ?1 [ PATIN EAU ?I [STE-ADÉLE ?I HOMMES DE PA S S AGE w - yaiÀ vn AîrsuUsTAfre nées si te*is.L i/n(yciis caisxSsal .» ii^rô Iav0 ¦— Le Pevotc 26 AU 29 NOVEMBRE.19 H «f CINÉMA ONF BERRI LOAN || !£L$l44tMI>$ L£Si7RQJ££LQN5_SE^PSNLSUM£S.BlJN£ChANGE avec l f pEausatFur g- aRmS SQHYL8AINS » WWWOWFCAyQESHOMMEsnFPts^r.P Y.I» K V O I K .t K S S A M Y 1> I Y I 1) I M A \ t II Y I I \ il V I M H li I Il U 2 i - x Pour rhotxàn eomptet, consultez cinéma u^genda Manon des flords I AM DINA D‘01e Bomedal.Avec Marie Bonnevie, Gérard Depardieu.Christopher Eccleston, Pernilla August.Bjorn Floberg.Scenario: Jonas Cornell, Ole Bomedal.Image: Dan Laustsen.Montage: Thomas Krag, Molly Malene Steensgaard.Musique: Marco Beltrami.Norvege-Danemark Suede-Memagne-France, 2(X)2, 118 minutes.MARTIN B I LOI) K Al Décidément, le Norvégien Ole Bornedal sera passé, en l’espace de trois films à peine, par toutes les moulinettes.Ainsi, après avoir réalisé, dans son pays et dans sa langue, un polar efficace (Nightwatch) qui a trouvé son chemin dans les salles d’art et d’essai de par le monde, il a été invité par Hollywood à en tourner le remake, dans la langue de Shakespeare, évidemment, et avec l’aseptisation que cela suppose.L’entreprise a été un échec cuisant.Depuis, Bornedal est retourné tourner dans une Europe solidarisée par l’euro et la lutte contre le géant américain, lutte à laquelle les milieux du cinéma de là-bas participent, entre autres, par la fabrication d’euro-puddings consensuels financés par quatre ou cinq pays.Ces films, pour la plupart des fresques anémiques ou des drames d’époque emphatiques, sont tournés à grands frais.dans la langue de Shakespeare, là encore.Cela explique, en partie du moins, le manque de fluidité, de cohésion et de sincérité qu'on déplore au visionnement à'I Am Dina, que Bornedal a tourné dans les paysages magnifiques du nord de la Norvège, théâtre sans âge de son étrange histoire inspirée du roman d'Herbjorg Wassmo.A l’âge de huit ans, Dina cause la mort accidentelle de sa mère (Pernilla August) et perd du même coup l’affection de son père (Bjorn Floberg), lequel l’abandonne aux mains des servantes, puis à celles d’un précepteur hédoniste (Mads Dittman Mikkelsen), enfin à celles de son meilleur ami (Gérard Depardieu), un riche commerçant qui, une dizaine d’années après le drame.demanda à Dina (Marie Bonne-vie) sa main et l’obtint.Ce n’est la que le prologue du mélodrame de cette jeune -Manon des tjords- qui, au milieu d’un desert de montagnes rocheuses et de cœurs de pierre, a peuplé son imaginaire des fantômes de ceux qui sont partis et de ceux quelle a fait disparaitre.Du moins jusqu’à ce qu’un militant bolchevique (Christopher Eccleston), égaré dans ces contrées, ne la révélé aux humains.I Am Dina est d’abord un film sur le dédoublement.L’héroïne est en effet la narratrice détachée de sa propre histoire, qu’elle raconte comme si elle était celle d’une autre.Puis, le pompeux melo se mue en un film sur l'affirmation de soi à mesure que les deux voix se rapprochent, que celle de la narratrice se dissout dans celle de l'héroïne.Or il y a quelque chose, dans cette façon de loucher vers l'univers de Bergman, dans celle d'évoquer la colère de Dieu décrite par Dreyer, enfin dans cet académisme de bon ton.qui tient de la courtepointe usinée.L'histoire d’I Am Dina est déclinée presque indifféremment au décor.Bornedal ne nous apprend rien sur la Norvège, sur son histoire et son imaginaire, dont l’héroïne est, justement, une sorte d’emblème.Mettons cela sur le compte de la coproduction, qui nivelle toutes les identités.La réalisation soignée, les images léchées (souvent très belles) ainsi que tous les petits tiroirs du scénario qui s’ouvrent et se ferment au bon moment semblent desservir un film qui n’a pas les aspérités de son climat et la fougue de son héroïne.Peut-être est-ce pour cette raison que Marie Bonnevie joue son personnage avec aussi peu de subtilité et tombe dans une transe chaque fois que celui-ci doit exprimer une émotion.L’usine hollywoodienne a compris qu’en manufacturant des produits homogènes, elle pouvait pé nétrer tous les marchés.Que les milieux cinématographiques européens, où le mot «auteur» signifie encore quelque chose, aient choisi d'appliquer à leur façon une aussi cynique leçon ne laisse présager rien de bon.Ecole de campagne ÊTRE ET AVOIR Documentaire écrit, réalisé et monté par Nicolas Philibert.Image: Katell Djian, I mirent Didier.Musique: Philippe Hersant France, 2002,104 minutes.MARTIN BILODEAU Les films de Nicolas Philibert sont rares.Pas seulement parce qu’ils sont espacé de trois ou quatre ans.Ils sont rares, aussi, dans la mesure où personne d’autre que lui ne signe des documentaires aussi simplement subtils.Des films (Le Pays des sourds, Im Moindre des choses) qu’on dirait portés par le temps qui passe et le flux des événements mais qui proposent, quand on y regarde de plus près, une forme tissée avec la main d’un artisan, un monde observé avec le regard d’un poète.Être et avoir— verbes dont Philibert évoque ici la valeur philosophique davantage que leur sens propre — ouvre une fenêtre sur la classe unique d’une école élémentaire de campagne, située quelque part en Auvergne, et sur l’univers du maître Georges Lopez, chargé de l’éducation de la douzaine d’élèves qui la composent, âges et grades scolaires confondus.A l'instar de La Moindre des choses, documentaire naturaliste (comme celui-ci) sur une residence pour personnes dépressives, Être et avoir s’inscrit dans la durée, son action couvrant la majeure partie LES FILMS SEVILLE Georges Lopez dans Être et avoir par Nicolas Philibert.d'une année scolaire.Dès les premières images, montrant une petite route de campagne à l’automne, le cinéaste nous invite comme en secret à le suivre, installe un climat fragile, un rythme lent Filmés dans la classe, parfois dans la cour de récré ou à la maison à l’heure des devoirs, les enfants ont conscience de la caméra, regardent parfois l'objectif, mais l'approche de Philibert, axée sur l'habitude, est si peu intrusive que l’envie ne leur vient pas de se donner en spectacle.Pas plus qu’au professeur qui, à en croire le dossier de presse, n’aurait pas été vexé si Philibert avait choisi d’aller planter sa caméra sous un autre chapiteau.C'est que le cinéaste en a parcouru, des campagnes, en a visité, des écoles, avant de trouver celle, ni trop grande ni trop petite, avec suffisanunent d'espace autour des tables des élèves, qui convenait à sa vision personnelle.Car Philibert est libre.Les formes dominantes, les structures préétablies, la réalité des statistiques, très peu pour lui.La seule règle a laquelle il se plie est celle du temps.La forme est malléable, adaptable a la situation, à son désir de l’instant.Ainsi, au milieu d’un film sans narration, et surtout sans intervieweur, on s’étonne de voir le maître interrompre son jardinage, un jour de congé, pour raconter à la caméra son parcours familial et professionnel.Jusque-là, le film nous avait installés en apesanteur, dans un univers où le montrer prime sur le dire.Le discours du maître, à cet égard, jaillit comme un coup de tonnerre.Ni poeme bucolique, ni instrument didactique, ni éloge nostalgique de la pédagogie, Être et avoir se situe dans une case à part dans un temps, un espace, une réalité, qui ne sont ni exemplaires ni emblématiques mais qui ouvrent sur l’universel.la grande richesse du portrait tient à la solidité de son pivot le maître Georges lapez, ainsi que sur la force de ses élèves, allumés et respectueux.la caméra de Philibert a beau être proche d'eux — notamment lorsque le maitre gronde le petit Jojo, règle un conflit ou console un nouvel élève —, jamais on n’a l’impression d’empiéter sur un terrain trop intime.A notre insu, Nicolas Philibert a fait en sorte que ce terrain soit aussi le nôtre.e x Ce n t r i s HORAIRCSS14 847 2206 wWVV.EX-CENTim.COM C 1 N É M A Les douloureux héritages de l’histoire ggaifc-.-»c-< SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM Une scène d'Ararat, d’Atom Kgoyan.ARARAT Realisation et scénario: Atom Egoyan.Avec Charles Aznavour, Arsinee Khanjian, Christopher Plummer, David Alpay, Elias Kcv teas.Marie-Josée Croze, Bruce Grenwood.Image: Paul Sarossy.Musique: Mychael Danna.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il existe une inimitable signature Atom Egoyan, signature complexe s'il en est avec des histoires à tiroirs, mais aussi un regard de voyeur, une ironie supérieure.Si Ararat se revèle l'enfant d’Egoyan (davantage que ses œuvres précédentes même, tant le film lui a tenu à cœur) il est aussi celui dont le cinéaste toron-tois d’origine arménienne s’est le moins détaché.Ce qui lui confère un frein.Egoyan ne pouvait se sentir voyeur à l’heure d’aborder la question du génocide arménien aux mains des Turcs à la fin du XIX" siècle.Son ton s’est fait soudain plus grave que d’habitude, sous la responsabilité de témoigner au nom de son peuple.D’autant plus que le génocide est occulté et toujours nié par le gouvernement turc.Pourtant, la technique Egoyan est au poste.Au delà d’une simple reconstitution historique du massacre des Arméniens, le réalisateur de The Sweet Hereafter a voulu montrer les conséquences du génocide sur une cohorte de personnages.Il y a aura donc intrigues croisées.Au centre: Saroyan (Charles Aznavour) un réalisateur qui tourne un film un peu pompier sur le génocide arménien.Ani, une historienne d’art (Arsinée Khanjian) spécialiste de l’œuvre d’Arshile Gorky, un peintre d’origine arménienne qui se disait Russe.La belle-fille révoltée d’Ani, Celia (Marie-Josée Croze).Mais aussi le fils de Celia, Raffi (David Alpay), amant de Celia, qui part à la reconquête de son histoire en Turquie.Ajoutez au tableau un douanier en fin de carrière (Christopher Plummer) qui vivra un face à face avec Raffi, dont le cours du destin basculera.Ararat est construit comme un labyrinthe qui ne peut conduire à la révélation mais montre les avenues pour s’y rendre.Egoyan a toujours été un brillant scénariste, qui refuse l’appui du sacro saint personnage principal pour offrir un chant choral où chaque participant est seul avec lui-même et doit pourchasser sa vérité.Ararat n’est pas une production politique au sens strict du terme, du moins seulement en partie.Le film rend aux Arméniens la réalité de leur passé dramatique mais la leur rend en facettes.Et le spectateur sera ren- voyé a ses propres perceptions de l’Histoire.Cela dit, si le jeu des acteurs— surtout celui d’Aznavour en cinéaste au profil charismatique et celui d’Arsinée Khanjian en femme complexe, érudite et passionnée — est crédible, l’émotion a du mal à percer ce film (qui est pourtant le plus chargé émotivement d’Egoyan).Ararat constitue une construction intellectuelle avant tout et peut sembler rébarbatif.Ce qui n’empêche pas le film de constituer une démarche d’une grande honnêteté vers les sens multiples revêtus par l’Histoire et sur ses douloureux héritages.Œuvre importante, mais œuvre d’architecte davantage que d’auteur tactile, Ararat s'inscrit dans la filmographie d’Egoyan comme une fresque imposante mais une œuvre qui peine à prendre son plein envol.Sans doute parce qu elle n’est pas qu’un film mais également une cause.Premier pas THE BARONESS AM) THE IMG (LA BARON ESSE) Realisation et scenario: Michael Mackenzie.Avec l’atricia Clark son.Colm Feore, Caroline Dha-vernas,.Image: Eriç Cayla.Mu sique: Philip Glass.A Ex Centris ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Entièrement conçu en haute de finition numérique, diffuse sur l'Ecran d’Ex-Centris par un projtv leur adapté à cette technique.Die Banmess and the Pig est le premier long métrage du metteur en scène Michael Mackenzie.Le seul film auquel on pourrait le comparer serait L'Anglaise et le duc du veteran Eric Rohmer qui utilisait aussi des techniques numériques, tout en abordant dans le scénario un épisode historique.Pareil maria ge du pass»- et du futur étonne.Si, dans le cas de Rohmer, le pari était brillamment relevé, le film de Michael Mackenzie ne fera date au ci nema ni pour l’intérêt de son in trigue, ni par la qualité do sa mise en scène, les images sont belles et chaleureuses pourtant.Comme quoi la Haute Définition numérique est pleine de promesses mais réclame le doigté d'un réalisateur d'expérience pour fleurir.Cette histoire, dont le cadre est un château dans le Paris du XIX' siècle, met en scene une riche Ami» ricaine ayant épousé un baron fran çais (Colm Feore).la baronesse (Patricia Clarkson) aime les ré contes inventions et goûte les theories sociales d’égalité des classes.An ixiint de prendre à son service une jeune fille sauvage élevée parmi les porcs, Emily (Caroline 1 lhaver nas), de la décrotter, de l'élever et do découvrir avec elle la vraie libération.Entre un méchant mari volage et une duchesse snob et rosse (Louise Marleau), auprès d’un pho tographe au service des puissants (Benoît Brière), la dame apprend que l'argent n’est pas tout à Paris et que les vieilles familles gardent la dragée haute.Le film est faible et sa réalisation lourde.Mackenzie se révèle un piètre directeur d’acteurs.Des interprètes de la trempe de Ixiuise Marleau et de Colm Feore livrent des prestations de caricature suides répliques sans envol.Chaque personnage est réduit à son propre archétype et on ne saurait parler ici d’œuvre expérimentale inspirée.Seules les images auxquelles la caméra et les manipulations virtuelles apportent une légère distorsion porteuse de, mystère, dégagent une chaleur.A souligner aussi la musique de Philip Glass mariant la quête du progrès au futur antérieur.Mais 'Phe Haro-ness and the Pig est trop desservi par sa réalisation boiteuse ixiur intéresser longtemps par sa technique.Dommage! Puisque il s'agit du premier enfanté par Media Principia, le studio que Daniel Langlois consacre à l'expérimentation des œuvres en Haute Définition numérique.Geste de la main LA MAIN INVISIBLE Réalisation: Sylvain L’Espérance.Documentaire.Québec.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Sylvain L’Espérance, documenlariste québécois plein de talent à qui l’on devait déjà entre autre Pendant que tombent les arbres et Le Temps qu’il fait, a réalisé en Guinée un excellent film au regard attentif posé sur les hommes et les choses.Le réalisateur est un peu dans la lignée des frères Dardenne, cinéastes belges issus du documentaire, allergiques à la théorie, qui préfèrent filmer les gestes des êtres que de les expliquer.Bresson aussi montrait le gestes dans ses films.Im Main invisible est un poème dédié à un pays mais surtout a ceux qui vivent la modernité en demeurant collés aux traditions.Plutôt que de disserter sur la Guinée, ses misères et ses beautés, la caméra de Sylvain L’Espérance traque la gestuelle des métiers: celle des ferblantiers qui marient le fer et le feu, celle des bijoutiers qui ]x>-sent la boule d’argent avec une délicatesse d’amoureux sur le cercle de la bague.les artisans répètent des mouvements transmis de maître à apprentis depuis toujours, semble-t-il, et la transmission de la vie passe ici par eux.Cette quête du mouvement traquée par une caméra do gros plans trouve son apogée dans ceux des danseurs d’une troupe folklorique, superbes de grâce et d’agilité, qu'on regarde bondir avec éblouissement dans plusieurs scènes du film.1 )u train, au bateau, sur la route de l’aluminium, une des richesses naturelles de la Guinée, le voyage de Sylvain L’Espérance en est un d’intériorité dans la chaîne humaine qu’il nous donne à observer à ttavers des rapports hypnotiques établis avec la matière.£ ’opinion du pubti A L'AFFICHE! HPAWMgNln [ 'MONTREAL r—rwwxmpu»»**» —i r—rankïu» ——* r- m*oa pi** - ooMo .cinéma ¦ i r— CiNtPvlx orrton '¦ ¦ i iPOtNTE-CLAIRE ?! ICEHTWi LAVAL ?] [POHT-VIAU 16 ?! [T-gurTACHE ?11 8T-BWUNO ?|-UNtPrt» OOtON-I r— Cl N» PC»/ rjat'j* ——1 «—-ONtPlfJ! 'Art ON ¦¦ ¦ i r—-CINÉMA • "¦ I f—cmt fM’HfPfOêt —l ICAWHtWAPàwOW/l 1 PLAZA PELSON ?| loaTUüQÜW WCOEI ?| [ QAT1NEAU ?11 CINEMA PU CAP ?1 [•.*.F»*t »> HYAZIM'M* * .—- MfuP D» I»»- f OAAtKWA DU N0*0—1 r—ONÉM* IMANmN* 1 r— UN*MA OAATTU —.8T-HYAC1NTHE ?! ITTWIt^yVIWH 0.?I [ ST-JtWÔMK ?11 tHAWINtOAH ?1 [OBUMMONOVILIE ?r—.» -,AAMf • —n f—emtMU rTLAUMNT —1 f—WTWtpwis» —, | rjNÉMA O* PAAi* ¦ QRANBY ?M JOLIETTE ?11 ftOHEL-TRACV ?11 «T-BAS!LE ?11VALLEVFIELD Merveilleux ! Nicolas, IS ans Super bon.Bravo Jean-Claude l ord.Stéphane.I S ans Magnifique conte de Noel.Ce film est à voir absolument ! -famille tir quntic À voir absolument par les coeurs d’enfants de tout age.roui, SO ans * Mes enfants sont âgés de S et 9 ans, ils oht adoré ce film, nous avons hâte de le revoir.hmSUle dé quatre - www.stationnordlefilm.com ceniRe pierre-péladeau * «L'esprit inventif percutant de Stomp et l'élégance des scénographies du Cirque du Soleil.» — The Philadelphia Daily /'"N Hydro j * VoV Québec mÂt présente mmb tÊ Scrap ArTslllusic 24 novembre, 13 h et 16 h 30 humour vocal britannique « Leur enthousiasme contagieux et leur maîtrise technique sont impeccables» New York Times 25 novembre, 20 h « Leur musique est un délice et leur sens de l'humour irrésistible.» — Die Weit, Berlin «Quand on a vu le Sacre de Preljocaj.on se dit qu'on ne peut guère aller plus loin.» — Le Républicain Lorrain Banque Scotia présente Ballet Preljocaj 26 novembre, 20 h Sacre du printemps Hllikopter abonnement et billets : 514 987 6919 Admission : 514 790.1245 www.centrepierrepeladeau.com arts.com l+l Pafrtmotn# CwMKHan Québec SS LE DEVOIR WWW. K l> K V (Il H .I K S S A M K I» I 0 (I 1* J :» Y.r l> I M A \ t 11 Y L* I \ t» \ I M K It I ?K î) CINÉ M A \ 1 T K I \ K PI I) I S g r K Gloire à la main-d’œuvre Rien ne résiste au groove des Funk Brothers.STANDING IN THE SHADOWS OF MOTOWN Réalisation: Pauljustman.Scénario: Walter Dallas.Ntozake Shange.Avec The Funk Brothers.Joan Osborne, Ben Harper, Bootsy Collins, Chaka Khan.Image: Doug Milsome.Lon Stratton.Montage: Anne Erikson.Y.o.anglaise.États-Unis, 2002,108 minutes.SYLVAIN CORMIER Après les Cubains, la bande à Motown.Être cynique, on di-' rait: encore une autre bande de : p’tits vieux musiciens retrouves et réunis.Ne s’agit-il pas en effet d’un autre documentaire à propos de vétérans méconnus de la musique de l’Amérique, tel que produit par Artisan Entertainment, la boîte qui avait déjà donné au monde le film du fameux Buena Vista Social Club?Oui.Standing In 'Fhe Shadows Of Motown est de la même façon un film qui raconte l’histoire passionnante, truculente et souvent poignante d’extraordinaires laissés-pour-compte, véritables héros de l’ombre | qui ont enfin droit à leurs 108 minutes dans la lumière.Et tout cynisme s’effrite à la première formidable frappe basse-batterie-piano-guitares-percussions des compères: rien, mais alors là rien ne résiste au groove des Funk Brothers.Qui ça, les Funk Brothers?C’est précisément ce que le cinéaste Paul Justman demande à des gens de tout âge dans un magasin de disques de Detroit au début de son 3 film.Et personne ne sait, comme de raison.Remarquez, je savais, moi, et ne suis sûrement pas le seul, mais bon.l’ignorance unanime fait meilleur effet.Ce que Justman cherche à faire comprendre en appuyant un peu fort sur le piton, c’est que tout le monde devrait connaître les Funk Brothers.Mieux, qu’on les connaît déjà mille fois par cœur sans le savoir.D’où injustice à réparer.C’est la mission que remplit assez admirablement Sta.nding In Me Shadows Of Motown.A la fin, on sait On sait que Baby Love, My Girl, I Heard It Mrough Me Grapevine.Dancing In The Streets.What’s Going On et toutes les autres fabuleuses chansons enregistrées dans le minuscule sous-sol de la maison de Berry Gordy à Detroit, celle avec Hits Factory en grosses lettres sur la devanture, maison-mère des disques Motown jusqu’en 1972, c’est eux.Leur groove.Leurs mains, leurs doigts, leurs pieds.Leur cœur, leur sueur.U- petit groupe maison de jazzmans qui joue sur tous les succès de Motown n’est plus, comme dans la plupart des «rookumen-taires», réduit à ces deux mots-là.Groupe maison.Justman montre les visages, donne les noms.Et laisse parler les gars.Entre eux, surtout.Et i]s en ont à dire.A commencer par évoquer les disparus, principalement James Ja-merson et Benny Benjamin, la fondation basse-batterie du son Motown.Deux musiciens de génie, deux torturés qui finiront mal.D’autres, aussi.Robert White, par exemple.Savez, l’intro de guitare de My Girl?les six notes répétées?C’est White qui les joue.Dans le documentaire, ses comperes décrivent sa manière de jouer ces notes.Et puis on le voit les jouant.De sorte qu’après, l’intro de A/y Girl ne sera plus jamais seulement l’accompagnement des steppettes des Temptations dans l’habituel clip d’archives.Que Justman fait exprès de ne pas utiliser.De fait, les vedettes de Motown sont à peu près absentes du film, à un Stevie Wonder près.Même le fondateur Gordy n’est qu’évoqué brièvement Jamais Diana Ross ou Michael Jackson ne viennent tirer la couverte de leur trop célèbre bord.Ils ont eu leur tour.Cent fois.Quand on apprend quejamer-son avait dû acheter d’un revendeur son billet pour assister au spectacle-anniversaire Motown 25: Yesterday.Today, Forever, on déteste Gordy et ses stars.C’est ce que Justman veut.Son documentaire est un parti pris.Pour faire une place — plus que méritée — aux musiciens, il exclut tous les autres, les vedettes, mais aussi les équipes d'auteurs-compositeurs, les réalisateurs.Comme si le son de Motown était, à l’instar du jazz, création spontanée à partir de motifs mélodiques.Simple affaire de musiciens.These discutable.On pourra aussi reprocher à Justman son recours abusif aux scènes reconstituées: nul besoin d’illustrer ainsi les anecdotes, déjà porteuses d’images.le concert-retrouvailles des Funk Brothers, soigneusement tourné en 35 mm pour le film, sert bien mieux l’intention: on veut surtout voir les gars jouer, et ils jouent.Fiou! Peu importe quels invités ils accompagnent, de Ben Harper à la très soulful Joan Osborne, c'est le même groove imparable.Le groove Motown, comme à l’époque.A cela près qu’on re connaît tout le monde.Génies en herbe et en toge 1 THE EMPEROR’S CLUB Réalisation: Michael Hoffman.Scénario: Neil Tolkin, d’après une nouvelle d'Ethan Canin.Avec Kevin Kline, Emile Hirsch, Embeth Davidtz, Rob Morrow.Image: Lajos Koltai.Montage: Harvey Rosenstock.Musique: James Newton-Howard.États-Unis, 2002,109 minutes.ANDRE LAVOIE Même si les producteurs de The Emperor’s Club tentent de multiplier les comparaisons flatteuses avec Dead Poets Society de Peter Weir, le film de Michael Hoffman (Restoration) est loin d’y ressembler.Certes, dans les deux cas, on y sent l’odeur âcre des collèges conservateurs pour fils de bonnes et riches familles où les professeurs y sont dévoués jusqu’à la servilité et les élèves trop disciplinés pour être vraisemblables.Au milieu de ce timide brouhaha scolaire règne le professeur William Hundert (Kevin Kline), fasciné autant par son métier que par l’Antiquité grecque et romaine, une éternelle source d’inspiration qu’il tente de transmettre dans ses cours.Ayant reçu une curieuse invitation d’un ancien élève rebelle, Sedgevick Bell, il se remémore l’année 1976, celle où quelques-uns de ses nombreux principes ont été malmenés.Alors qu’il n’affronte aucune contestation, l’arrivée de Bell (Emile Hirsch), fils impertinent d'un sénateur, va fissurer sa confiance.Pour tenter de le remettre dans le droit chemin, Hundert va l'encourager à participer au Mr.Julius Caesar’s Contest, une compétition plutôt ardue pour génies en herbe, où les trois grands finalistes revêtent la toge.Voyant les efforts que Bell déploie pour être sélec- t» » » I» t» » I» » » t» » t» » I» t» » » I» I» t» » » t» Récital D'Orgie JEAN LEBUIS organiste Maison provinciale des Frères Maristes 14, Chemin des Patriotes St-Athanase (autoroutes 10 et 35) Dimanche le 24 novembre à 20 h 04 Entrh libn ¦ Projection tir écrit SOURCE UNIVERSAL Dans la peau de William Hundert, Kevin Kline fait preuve d’une grande sobriété, insufflant un peu d'humanité à un personnage sans envergure, mais tout cela ne tient jamais du tour de force.tionné, Hundert en fera un peu trop, gonfler ses notes par exemple, au point de le regretter amèrement après avoir découvert ses tricheries lors de la finale, sans toutefois remporter les honneurs.25 ans plus tard, devenu un aspirant politicien-vedette, Bell propose à son ancien professeur une lutte amicale du même genre avec les camarades de classe de l'époque.Hundert va découvrir que le temps n’arrange pas toujours les choses.Le film démarre d'abord comme un vidéo d’entreprise pour vanter les mérites d’une institution d’enseignement bon chic bon genre; l’apparition, fortement attendue, de l’élément perturbateur vient quelque peu secouer notre ennui.Pourtant, Michael Hoffman ne semble pas avoir été engagé pour bousculer les règles de ces contes où le professeur tient lieu de fée et où sa craie tient lieu de baguette de magique pour transformer des zéros de conduite en élèves brillants.The Emperor’s Club, contrairement à Dead Poets Society, ne magnifie jamais la créativité et l’esprit de rébellion, bien au contraire.Tout comme il ne faut pas marcher sur le pelouse verte du joli campus, le film cherche plutôt à faire de la discipline et de l'accumulation boulimique de connaissances des vertus cardinales, les seules clés possibles du succès.C’est pourquoi l’affrontement entre Hundert et Bell a surtout trait aux valeurs et non aux personnalités: d’un côté, un homme à la sexualité inexistante (il aime secrètement une femme mariée à un autre) et à l’existence monotone; de l’autre, un garçon sans scrupules, élevé par un père qui n’en a pas plus que lui, qui deviendra plus tard le politicien cynique et manipulateur que l’on voyait déjà se profiler dans la salle de classe.Michael Hoffman obtient pour ses efforts la note de passage, aménageant çà et là quelques moments de franche rigolade et d’autres d’babile sensiblerie avec violons et mouchoirs a l’appui.C'est également la troisième fois qu’il collabore avec Kevin Kline, après l’hilarant Soapdish et A Midsummer Night’s Dream.Personne n'a jamais remis en doute le potentiel énorme d’un acteur aussi virtuose dans le registre comique (A fish Called Wanda) que dramatique (The Ice Storm), mais sa propension à multiplier les mauvais choix cinématographiques (la liste serait trop longue à établir.) ne cesse d’étonner.Dans la peau de William Hundert, il fait preuve d’une grande sobriété, insufflant un peu d’humanité à un personnage sans envergure, mais tout cela ne tient jamais du tour de force.On ne voit à l’œuvre qu’un comédien de talent qui le gaspille dans des films que l’on oublie à la minute où ils se terminent.Kevin Kline mérite mieux.Et nous aussi.» CLAIRE GUIMOND W Directrice artistique / ma a a ¦ * Ensemble de musique ancienne aux instruments d’époque Chef invitée : EMMANUELLE HAÏM clavecin ETE Apollo e Dafne D atrr\i t\/a-7 Arn-*n at coc ¦ n w I f Ac r4ar»c iir» f^mcrram Solistes invités .Karina Gauvin, soprano et Russell Braun, baryton hautbois • Retrouvez Arion et ses invités dans un programme tout-Handel, où seront interprétés en plus d'Apollo e Dafne, la cantate Crudel Tiranno amor, ainsi qu’un concerto grosso.Les vendredi 29 et samedi 30 novembre 2002 Salle Redpath | Université McGill à 20h Le dimanche 1er décembre * Théâtre Paul-Desm^\M
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