Le devoir, 12 octobre 2002, Cahier E
DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET ! L E THÉÂTRE L’autre voix Page E 3 D I M A X CHE I » OCTOBRE 2 0 0 2 LE DEVOIR DISQUE Proust, Gabriel : même combat! SYLVAIN CORMIER La dernière fois que l’Iroquois du Genesis première époque (et chouchou à vie du Québec de la génération prog) avait daigné sortir de son dpi à grandeur de planète appelé Real World et faire entendre de nouvelles chansons-fleuves, c’était il y a dix ans.Duc ans d’in-tervalle entre les parutions des albums Us et Up.Dix ans, dont huit en studio, entre autres activités.Et on trouve ça normal.Pensez qu’en dix ans, les Beatles sont venus, ont vaincu et sont repartis.En dix ans, les carrières entières de Jimi Hendrix et dp Buddy Holly sont incluses, bout à bout.A cet effarant rythme-là, Gabriel offrira au monde quatre, peut-être cinq albums de matériel neuf avant de célébrer son centenaire.Pourquoi je fais de cette décennie d’écart un tel cas?Parce qu’on trouve ça normal, justement.Peter Gabriel étant considéré comme un artiste important, parce qu’il fait oeuvre, parce qu’on le sait extraordinairement exigeant, parce qu’il va chercher au fin fond de lui-même la matière de son art et ne recule devant aucun sujet (c’est particulièrement vrai pour Up: il cause de sa condition de mortel dans No Way Out, de la peur enfantine du noir et des monstres dans Darkness, de la décadence dans la parodique The Barry Williams Show, et ainsi de suite), on se dit que Proust et lui, c’est kif-kif.Même combat.Même recherche infinie du temps perdu.Eh ben je m’inscris en faux.Un album de musique pop n’est jamais qu’un album de musique pop.Tel notre Pag national, qui n’a pas offert la moindre chanson neuve depuis la fin des années 80 parce que son fameux projet de «patchwork de moments de grâce» n’aboutit jamais, Gabriel accorde une valeur démesurée à sa production.Qu’il lèche, qu’il peaufine, qu’il distille goutte à goutte son océan de musique, qu’il épure à partir de mille strates de notes et de bruits divers, je veux bien, mais après six mois, franchement, c’est du niaisage.De l’indulgence.Du gaspillage.De la barbe qui blanchit Up vaut six mois de travail, pas plus.Six mois pour une heure d’écoute: le ratio est honnête.Pas besoin de plus pour en arriver à brosser ce tableau noir foncé des dures réalités de la vie, si fins soient les traits, si justes soient les observations, si subtil soit le jeu des as Tony Levin, Manu Katché, Shankar et compagnie, si heureuses soient les contributions des invités Peter Green, Daniel La-nois, Blind Boys Of Alabama et feu Nus-rat Fateh Ali Khan flequel a eu le temps de mourir avant que la chanson Signal Of Noise fasse surface, c’est dire).La mélodie de Sky Blue ne serait pas moins belle si la chanson avait été créée avant-hier et enregistrée hier, piano-voix.Pareil pour My Head Sounds Like That la très lente ballade est prenante et triste et pertinente et tout ça, mais certainement pas plus forte ou réussie ou achevée que Biko ou Carpet Crawlers.Up est un disque de très grande valeur mais qui ne vaut pas dix ans d’une vie.Même si on l’écoutera au moins aussi longtemps.Je ne peux m’empêcher de penser qu’on y perd tous au change, qu’on aurait pu avoir quatre albums tout aussi valables de Gabriel dans le même temps (et quelques spectacles au passage), pour peu que l’homme se soit imposé des échéances raisonnables et un brin contraignantes.«Old men take a little longer to get up» y badine ces jours-ci Gabriel en entrevue.A ce point-là, j’irais voir mon médecin.UP Peter Gabriel Geffen (Universal) ‘Iv?t : - ¦ ’ - t mmm mm 1V ¦ üteft Suzor-Côté, Nue de dos, 1924.Pastel sur papier collé sur carton.Québec, Musée du Québec, moderne qui s’ignore Suzor-Côté, Femmes de Caughnawaga, 1924.Bronze.Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada.Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté.Peintre ambitieux d’un terroir aux relents passéistes ou précurseur des toiles noir et blanc de Bor-duas?C’est là une des questions que soulève la première rétrospective d’importance consacrée à l’artiste originaire des Bois-Francs, qui ouvre cette semaine à Québec.DAVID CANTIN On vient tout juste d’ouvrir les premières caisses.Les journalistes sont déjà nombreux à une semaine de l’inauguration officielle.Suzor-Côté, 1869-1937 - Lumière et matière occupe trois grandes salles au Musée du Québec.L’exposition se transportera ensuite à Ottawa, au Musée des beaux-arts du Canada, dès janvier 2003.Laurier Lacroix, commissaire de l’expo sition, s’explique sur cette relecture qui aura nécessité trois ans de préparatifs.Rencontré au restaurant du Musée du Québec, le professeur d’histoire de l’art et de muséologie à l’UQAiyi songe aux détails qu’il reste à fignoler.A la pause de midi, on ira même jeter un œil sur les travaux en cours.Cette exposition d’envergure, mise sur pied par le Musée du Québec et le Musée des beaux-arts du Canada, connaîtra-t-elle le succès espéré?L’œuvre de Suzor-Côté n’a pas toujours eu la reconnaissance qu’elle reçoit aujourd’hui.«Il existe encore un certain mépris face à Suzor-Côté.Certains le considèrent comme un peintre décorateur alors que d'autres ne retiennent que l’image du paysagiste d’Arthabaska.Par contre, lorsqu'on observe de plus près, on peut découvrir des choses fabuleuses chez cet artiste trop peu connu», signale d’emblée Laurier Lacroix.Cette position est en grande partie celle de l’historien de l’art et conservateur Jean-René Ostiguy, qui parlera du tableau Paysage d’hiver (1909) comme A'«une adaptation d’un schème de pensée européen à un contexte nord-américain».L’auteur voit même chez Suzor-Côté les traces des mouvements symboliste et impressionniste ainsi qu’un précurseur de la peinture moderne au Canada.L’étudiant aux Beaux-Arts Né en 1869 à Arthabaska, le jeune élève part très tôt pour Epris, où il parfait sa formation à l’École des beaux-arts.Très vite, son nom circule, autant en Europe qu’au Canada, et l’artiste participe à l’Exposition universelle à Paris, en 1900.Cet apprentissage européen lui permet d’acquérir d’excellentes bases techniques pour le portrait, la nature morte et la scène de genre mais l’entraîne également à se familiariser avec la peinture de paysage en plein air.Grâce à ses retours fréquents au Québec, Suzor-Côté deviendra l’un des précurseurs de la recherche sur le paysage.Entre 1907 et 1920, on l’identifie comme chef de file de l’école paysagiste canadienne.11 est d’ailleurs reconnu comme un fin stratège dans le but d’accroître sa notoriété.En 1910, la réputation de l’artiste atteint un sommet grâce, surtout, à ses lumineuses scènes hivernales.Le traitement postimpressionniste célèbre une nature sauvage qui compte désormais parmi les icônes de l’histoire de l’art au Québec.Il passera ensuite des scènes du terroir aux portraits de paysans, mais la concurrence deviendra de plus en plus féroce avec l’arrivée de nouveaux artistes.En 1929, à l’École des beaux-arts de Montréal, une première rétrospective annonce pourtant les années sombres à venir.VOIR PAGE E 2: SUZOR-CÔTÉ L K DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DI M A \ < HE I :1 OCTOBRE 2 0 0 2 E 2 SUZOR-CÔTÉ SUITE DE LA PAGE E 2 Selon Laurier I^acroix, il faut se souvenir que les contemporains de Suzor-Côté n’ont jamais manqué d’apprécier la fertilité et la diversité de son art.«Le premier atout de Suzor-Côté réside sans doute dans son charisme, son talent de séduction, qui le place au centre d’un influent réseau de relations sociales, politiques et culturelles.Mais la séduction sans l’œuvre serait oiseuse et vaine.Il est important aussi de se rappeler qu 'il appartient à la première génération d’artistes francophones du Québec qui vivent de leur art.Il tirera largement profit de l’urbanisation et du développement de centres intellectuels et cosmopolites au pays.C'est une facette qu’on ne peut pas cacher», poursuit le spécialiste de l’art au Québec.Avec plus de 142 œuvres (peintures, dessins et sculptures), on conçoit les choix qui ont dû s’imposer afin de mettre sur pied une exposition aussi importante.Comment jumeler les natures mortes aux nus poétiques en passant par les œuvres majeures inspirées par la région d’Arthabaska?La réponse se trouverait-elle dans le sous-titre de l’exposition, htmière et matière?«Ces termes évoquent deux aspects à la base même de la quête créatrice de Suzor-Côté.Ils résument en quelque sorte le climat idéologique et philosophique dans lequel l’artiste a évolué.L'art, chez lui, est tout empreint de ce désir de réconciliation et d'harmonie entre le matériau même et la compréhension de la beauté immatérielle qu’il stmhaite représenter», poursuit I-aurier liicroix.11 suffit dès lors d'organiser les salles en fonction de la qualité exceptionnelle du peintre.coloriste, des «types cana-diens-français» qu’il a créés, de même que du génie du sculpteur amoureux des matériaux.Plutôt que d’adopter un ordre chronologique, Lacroix a décidé de prendre une certaine distance par rapport a l’individu pour mieux regarder l’œuvre dans son ensemble.On constate, en parcourant les trois salles, que Suzor-Côté demeure un maillon important de l’art du début du XX' siècle.Comme il le mentionne, «j’ai tenté de remettre du contenu sur cette image d’un artiste un peu passéiste.La rétrospective de 1929, avec ces têtes de paysans, a quelque peu cristallisé la vision du peintre du terroir.En un sens, l’abstraction va être mortelle pour lui.Par contre, aujourd'hui, on voit à quel point les couleurs sont appliquées à larges coups de pinceau, de plus en plus secs et distanciés lorsqu'il s’agit de marquer la profondeur.Dans une toile comme La Tempête de neige [1919],jamais l’artiste n aura été aussi proche d’une forme de déconstruction de l’espace perspectiviste qu’il semble par ailleurs incapable de concevoir.Il pousse alors à l’extrême son expérimentaticm de la matière picturale».D’une salle à l’autre, le feuilletage de l’espace contribue à l’émergence d’un regard neuf et fascinant.La nature morte se prête à une réflexion sur les valeurs du monde et le passage du temps, de même qu’à un exercice où la virtuosité technique est exploitée de diverses façons.Les variations saisonnières et atmosphériques passent de la région de Cernay, au sud-ouest de Paris, jusqu’au sud de la Normandie, sans oublier la côte nord de la Bretagne.\jà scène de genre se veut aussi moralisatrice.Dans ce monde rural en éclosion, des valeurs liées aux conditions de vie difficiles sont évidentes.Portraitiste doué On découvre également un por-trailiste doué.Suzor-Côté réservera cette pratique principalement à ses proches et aux paysans d’Ar- thabaska D’ailleurs, l’artiste semble dresser un véritable inventaire de ces premiers colons.C’est l’image du sage vieillard que les années ont embelli et ennobli.Chez les nus féminins, les sujets se conforment à une exhibition assez prude.De l’avis de laurier Lacroix, «rien ne dissimule le corps du modèle; nous sommes bien dans l’atelier, là où la nudité est permise.la nudité frontale est exceptionnelle chez Suzor-Côté, et lorsque la femme est vue de face, la main, d’un geste pudique ou aguicheur, couvre les seins.Parfois, la pose est plus lascive, quand le modèle est allongé sur le divan, par exemple».Si l’accrochage privilégie les regroupements thématiques, l’intérêt proprement plastique et le caractère expérimental de cette peinture ont aussi leur place.la réunion de quelques tableaux permet de faire ressortir cette diversité.la topographie variée d’Arthabaska trouve aussi son espace dans des pochades esquissées en plein air.On découvrira aussi un sculpteur qui éprouve un plaisir manifeste à modeler l’argile.Des têtes typiques de vieillards aux portraits en buste complètent ce versant de l’œuvre.Un somptueux livre d’art rédigé par Laurier Lacroix, édité conjointement par le Musée du Québec, le Musée, des beaux-arts du Canada et les Éditions de l’Homme, complète cet itinéraire qui réussit à saisir l’envergure d’un travail colossal.L’occasion de (re) découvrir un artiste aussi novateur que polyvalent SUZOR-CÔTÉ, 1869-1937 -LUMIÈRE ET MATIÈRE Au Musée du Québec jusqu’au 5 janvier 2003 Au Musée des beaux-arts du Canada du 24 janvier au 11 mai 2003 eniw l^rn^MV -r MargatÉx Une pièce de théâtre sur le couple, conçue et interprétée par un couple.Une rencontre où le public est partagé entre la fiction et la réalité.Quand un acteur incarne un personnage sur scène, qui est sur scène?JtTE TEXTE, MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION Daniel Brière Evelyne de la Chenelière UNE PRODUCTION Nouveau Théâtre Expérimental www.nte.qc.ca DU 23 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE à Espace Libre 1945 FullUm MÉTRO FRONTENAC - Réservations (514) 521-4191 LE DEVOIR MtSIAUHAN > L‘Aiwrirnifi =SS£5 Le restaurant L'Armoricain Rien a faire.Godot Mise en scène .LORENT WANSON udis et vendredis, 20 h ; same | Avec CYRIL BRIANT, CALO VALENTI, FRÉDÉRIC HÉRION, RENAUD RIGA, GRÉGORY PRAET | Concepteurs : Grégory Praet, Daniel Lesage, Guy Simard.Jean-Paul Dessy I Une corealisahon du Manège-Mons et du théitre National de la Communauté Wallonie Bruxelles BILLETTERIE: 253-8974 ADMISSION (514) 790 1245 I 800 361-4595 admission.corn -THÉÂTRE- DENISi-PEILETIER 4353.me Sainte Catherine Est l'*: Papineau ou Viau.autobus 34 ÎS Pie I*.autobus 139 ure* SOURCE MUSÉE DU QUÉBEC î-âfS V S- V V, b.’¦« 1 "s» fee - i f' ' 7 Les Coteaux de Sentisse est le premier grand paysage que Suzor-Côté a réalisé dans la région de Cernay, au sud-ouest de Paris.Qui se cache derrière ce regard ?Qui était Suzor-Côté au juste?Un mondain ambitieux et extraverti.L’art de se faire valoir en société a toujours été un de ses principaux atouts.René La-vergne citera l’artiste: «Pour vendre, me disait-il, il faut sortir dans le monde, se mêler aux gens riches».Alfred Laliberté parlera d’un inculte, capable pourtant de discourir sur un sujet sans le connaître ou de parler d’un livre sans même l’avoir lu.Suzor-Côté, séducteur ou imposteur?Provocateur, Suzor-Côté, dit-on, aimait surprendre l’auditoire par quelques plaisanteries familières.Il était également amateur de grivoiseries proférées en présence des dames.Vantard, frondeur ou froussard, voilà des traits qu’on lui prête.Sa famille occupe un rang élevé au Canada.Ses tableaux prennent place dans les principales collections de Montréal, de Québec ou d’Ottawa.Selon Rodolphe Duguay, son élève et assistant, l’homme avait quelque chose du mythomane poseur et arrogant.Comme le signale Laurier Lacroix, «son amour-propre l’a réduit, lui si mondain, à mener une carrière solitaire, sans se mêler aux groupes, associations et regroupements qui commençaient à structurer la vie artistique canadienne».Le personnage public l’empêche souvent de se concentrer sur l’œuvre qu’il porte en lui.On le dit immature, don Juan, nerveux et instable.Un journaliste de L’Autorité en 1914 confirmera sa personnalité émotive et agitée: «[.] monsieur Suzor-Côté, (.] dont nous avons, au vol, saisi les opinions, [.] se promenait vivement, ponctuant ses paroles de gestes énergiques et de sourires émus».A maintes occasions où il tente de briller en public, Suzor-Côté oppose aussi un naturel solitaire.C’est dans son village d’Arthabaska qu’il trouve le calme et la tranquillité nécessaires que lui demande son travail d’artiste.Toujours selon Lacroix, dans le prologue de Suzor-Côté.Lumière et matière: «Le développement du capitalisme et de l’esprit d'entreprise qui caractérise la croissance d’une ville comme Arthabaska, la présence d’une élite locale et les valeurs sociales qu’elle impose, le contexte d’émergence d’une région et la création d’un nouveau pays, puis d’une nouvelle puissance politique, dont les Côté connaissent personnellement le premier ministre, mais également des modèles d’artistes qui ont réussi, tels ses professeurs académiciens ou, plus près de lui, le sculpteur Louis-Philippe Hébert, tous ces éléments ont influencé la façon dont Suzor-Côté a organisé les différentes étapes de sa vie.» Par ailleurs, l’artiste nourrit une grande inquiétude quant à la valeur et l’intérêt de son œuvre.En août 1901, lors d’un discours qu’il prononce à Arthabaska, il déclare: «Je suis, passant par Paris incomparable, devenu peintre, c’est vrai mais il me reste encore beaucoup à faire [pour] devenir un artiste.» Contrairement à un homme comme Ozias Leduc, Suzor-Côté ne s’est jamais vraiment intéressé aux aspects théoriques de l’art II ne sera pas, non plus, à l’avant-garde des courants esthétiques de son époque.Il compose pourtant avec la polyvalence du peintre et du sculpteur, tout comme la couleur ainsi que l’exploration des matériaux dépassent parfois le sujet lui-même.On peut désormais le considérer, à juste titre, comme l’ancêtre de Pellan ou de Riopelle.D.C.î’Ti Quelle politique culturelle pour Montréal ?RENCONTRE CULTURE MONTRÉAL Vendredi 18 octobre 2002 13h30à17H30 Salle Saint-Sulpice, Bibliothèque nationale, 1700, rue Saint-Denis, Montréal Conférence d’ouverture : Roland Arpin, Société du 40(* anniversaire de Québec Panel : Quelle politique culturelle pour Montréal ?• Simon Brault, Culture Montréal • Robert C.adotte, Commission scolaire de Montréal • Normand Cazelais, chroniqueur.Le Devoir • Hélène Laperrière, Groupe Culture et Ville • Frédéric Metz, École de design, UQÀM • Philip O’Brien, Devencore • Raymonde Provencher, Macumba International Information et inscriptions : Culture Montréal 1:514-842-2400, poste 2101 info@culturemontreal.ca www.culturemontreal.ca Culture Montréal remercie ses membres, le Conseil regional de développement de file de Montréal, ainsi que la Fondation de la famille Samuel et Saidye Bronfman.4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IA OCTOBRE 2 O O 2 K ;** full are- THEATRE Brigitte Poupart: une passionnée.ROLLINE LAPORTE Dans le ventre de la Bête Trans-Théâtre propose une œuvre dénonçant Vuniformisation Il y a deux ans, Brigitte Poupart se lançait dans une entreprise un peu délirante qui porte le titre de Babel', le spectacle prendra l’affiche dans quelques jours à l’Espace Go.Belle occasion de refaire avec elle le parcours d’une aventure baroque et passionnelle.MICHEL BE LA IR LE DEVOIR On l'a surtout vue dans les parages de Trans-Théâtre, qu’elle a fondé avec Michel Monty en 1991.Et avec Momentum: l’hiver dernier encore, elle était des quatre laboratoires Crête.Elle a joué dans une trentaine de productions un peu partout, au théâtre surtout mais aussi à la télé et au cinéma.C’est une petite femme, menue, mais qu’on devine étonnamment vive et bouillonnante d’énergie.Pour tout dire, rien qu’à la voir et l’entendre dévoiler son projet on sent que Brigitte Poupart est une passionnée.Depuis quelques années, elle est aussi passée à quelques reprises de l’autre côté du texte en signant quelques mises en scène.«Jusqu’ici, tient-elle à préciser d’entrée de jeu, j’ai fait des mises en scène à plusieurs mains.Le Défilé des canards dorés avec Hélène Mercier à Im Licorne puis WC avec Marie Michaud, il y a déjà presque trois ans.Une production qu’on a promenée un peu partout.Et évidemment, j'ai beaucoup travaillé avec Michel Monty à Trans-Théâtre.Michel, qui signe ici le texte et la dramaturgie de la production.Mais là, avec Babel, je plonge toqte seule, pour la première fois.A la mise en scène, je veux dire.Et je suis un peu fébrile, je l'avoue.» Un terrain d’exploration Pour ceux qui ne fréquentent pas régulièrement les productions de Trans-Théâtre, précisons que, dans la mouvance du théâtre expérimental montréalais, c’est une compagnie regroupant des concepteurs plutôt qu’un noyau d’acteurs.Par rapport au Nouveau Théâtre expérimental (NTE), à Momentum et au défunt Grand Théâtre émotif du Québec (GTEQ) — où Brigitte Poupart a participé aux spectacles Nudité et Suicide —, Trans-Théâtre se présente comme une compagnie qui «ne se définit pas selon un créneau esthétique».Trans-Théâtre entend raconter, de plusieurs façons, des histoires qui touchent et qui posent des questions.Ses spectacles, peut-on lire dans le cahier de presse de Babel, «mettent en scène le choc des contraires: le politique et le privé, le rire et le tragique, l’introspection et la fête».Cela correspond exactement à ce que me raconte Brigitte Poupart, qui dit être «allumée par l’ambiguïté».Elle reprend: «Je Pense que c’est une mise en scène d’instinct: j’essaie des choses.Le spectacle est une expérience plus physique, plus visuelle, un terrain d’exploration dans lequel le texte est moins important que l’écriture scénique.C’est aussi un show que je veux in- teractif et exploratoire, un peu dans le même esprit que les laboratoires Crête, c’est-à-dire que le spectacle veut provoquer une réaction et une réflexion du public.» Babel, c’est bien sûr la tour, le mythe de la tour du même nom.Ici, c’est une monstrueuse construction, une gigantesque pyramide de plus de 700 étages abritant un million de personnes.Un modèle.Un prototype.Il y a là des quartiers entiers, des parcs, des usines, des écoles et des magasins.Rien n’est dit clairement, mais on peut presque deviner que les gens qui habitent la tour n’ont plus besoin que d’une seule et même langue, que d’une seule et même culture puisqu’ils vivent de la seule et même économie.C’est un peu le symbole de l’absurdité mondialisante portée à des dimensions «totalitaires».Pour situer clairement les enjeux, la pièce commence au moment où l’architecte-concepteur de la tour va donner une entrevue télévisée au chef d’antenne jouissant de la plus forte cote de popularité, une sorte de «twit qui pogne» avec lequel l’architecte devra assez rapidement croiser le fer.En arrière-plan, un chœur.Rajoutez de l’ironie, du sarcasme, de l’absurde.A larges doses, l’absurde.Puis laissez mijoter jusqu’à ce que le mythe remonte à la surface et que craque sous vos doigts la coquille de l’homogénéité.«J’ai choisi de rendre ce climat trouble, reprend Brigitte Poupart, par une mise en scène baroque.Qui fait coexister des trucs incompatibles qui s’entrechoquent.Parce que je pense que le texte de Babel, que la situation qu’il montre du doigt ressemble beaucoup à notre société.Il n’est pas vraiment question d’OGM, de mondialisation ou du protocole de Kyoto, mais ça s’inscrit dans cette dynamique de dénonciation du faux consensus d’indifférence.À la télé, par exemple, on saisira rapidement que l'architecte est une sorte de mégalomane philosophe qui n’est pas du tout d’accord avec ce qu’est devenue sa tour.» Politique du chaos Pour le texte, Michel Monty s’est inspiré d’un article déroutant de Bill Joy — le fondateur de Sun Microsystems devenu philosophe — publié dans le magazine américain Wired il y a déjà quelques années.Joy y dénonce une situation alarmante, preuves à l'appui: la venue prochaine de l’humain re-ingéniré sur mesure dans un monde où l’hybridation homme-machine deviendra à tout le moins courante.Il s’est aussi inspiré de La Politique du chaos et des Particules élémentaires de Houellebecq.«Il en résulte un texte, reprend la metteu-re en scène, débouchant sur le mé- tissage et la diversité plutôt que Tuniformité.» Le tout rendu dans une imagerie plutôt 1950 avec force projections et l'omniprésence d’un logo rappelant la montée de tous les fascismes.Bref, ce n’est pas parce qu’on rira que c’est drôle.Le plus intéressant dans tout cela, c’est qu’avec ce Babel à l’imagination débridée, Trans-Théâtre veut rejoindre un public jeune.La compagnie a la bonne habitude de préparer une trousse pédagogique pour chacun de ses spectacles.Ainsi les profs peuvent-ils travailler la pièce avec leurs élèves en fouillant des dossiers parallèles comme celui de la mondialisation, du métissage ou même de l’architecture, de la mythologie et de la cybernétique: des sujets hot, presque full cool.Brigitte Poupart explique aussi la volonté de la compagnie d'offrir «aux jeunes la chance de voir du théâtre contemporain, du théâtre qui risque, comme eux.C’est un public extrêmement important pour nous».«Nous avons l’habitude, conclut-elle, de les rencontrer après le spectacle, de discuter avec eux de ce qu’ils ont vécu pendant la pièce.J’espère promener Babel un peu Partout à travers les régions du Québec.C'est toujours très émouvant, très intense.» C’est une grâce qu’on souhaite.Teesri Duniya, l’autre voix Pour un théâtre engagé, politique et pertinent Multiethnique, multiculturelle et tiers-mondiste par l'angle de traitement qu’elle propose, la compagnie Teesri Duniya s'intéresse, avec Soah's Ark 747, à la frontière trouble et mal balisée de l’immigration.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR C* est quelque part entre 1977 et 1981 que la compagnie Teesri Duniya s'est peu à peu matérialisée en plein cœur de Montréal.Teesri Duniya, ça signifie «Tiers-Monde».«Third World», comme l’explique Rahul Vanna en racontant les débuts difficiles de la petite compagnie qu’il a fondée il y a 20 ans et qui aura néanmoins réussi à produire plus d’une douzaine de spectacles avec trois fois moins que rien avant de recevoir sa première subvention du Conseil des arts en 1994.«Nos spectacles sont toujours socialement engagés, par définition», poursuit Varma, qui écrit la plupart des textes de la compagnie et qui en est aussi devenu le directeur artistique en 1986.Sur ces derniers mots, dans la fenêtre derrière lui, le soleil vient de faire exploser un arbre en ce radieux après-midi d'automne.Ça commence bien.Tout juste à côté En fouillant sur Internet ou en faisant le tour de vos amis «qui sortent», vous découvrirez probablement que les productions de Teesri Duniya sont réputées mettre en relief la condition de ce qu’on en est venu à appeler «les minorités ethniques».Isolated Incident, par exemple, revenait sur la mort d’Anthony Griffith, abattu accidentellement par le policier Alan Gossett, et Land Where The Trees Talk était consacré aux revendications des Premières Nations.Mais c’est en 1999 avec L’Affaire Fahradi, la version française de Counter Offense, présentée l’année précédente, que le milieu théâtral montréalais a vraiment pris conscience de l’existence de Teesri Duniya — peut-être tout bêtement parce que l’excellent Paul Lefebvre avait piloté le projet.Puis, Reading Hebron en 2000 — sur le massacre du même nom — et Bohpal, l’an dernier, sont venues consacrer la compagnie comme l’une des seules à faire du théâtre social et politique ici.Dehors, maintenant, il fait rouge, ocre, jaune; un déluge de lumière et de couleur.Beau temps pour parler de l’arche de Noé.Pourquoi l’arche de Noé?Parce que le prochain spectacle de Teesri Duniya, Noah’s Ark 747, de Sylvija Jestrovic, prend l’affiche jeudi prochain au MAI.Et aussi parce que devant moi, Rahul Varma et Paulina B.Abar-ca, la metteur en scène du spectacle, sont là pour tout me dire sur cette compagnie que l’on connaît mal et qui joue un texte inédit d’une auteur yougoslave dont on n’a jamais entendu parler.Ce qui correspond d’ailleurs Soah's Ark se déroule à Belgrade en 1994, au moment éclate à l'image générale que l’on a de Teesri Duniya.Une voix autre.Tout juste à côté.On parlera d'abord de la compagnie.D’années difficiles, de survie.D’une orientation presque •géographique».«Au début, Teesri regroupait surtout des gens venant du Sud-Est asiatique qui avaient choisi de rendre compte de leur culture, se souvient Rahul Varma.Mais ça n'a pas duré très longtemps et, peu à peu.le groupe s’est ouvert à d'autres minib rités.Au lieu de nous ghettoïser, nous voulons plutôt contribuer à la so- , ciété d’ici, donner notre ou perception de déracinés, notre éclairage à nous sur ce qui se passe ici.Aujourd'hui, cette distinction "géographique" s'est complètement estompée et plusieurs francophones travaillent avec nous.» Et l'orientation, la philosophie de la compagnie.•Elle n ’a pas vraiment changé, reprend-il.Des années de disette, il est resté la passion de faire du théâtre, de s’exprimer à travers des productions dont l'orientation sociale est très nette.Il y a une démarche politique derrière tout ce que nous faisons, une dimension politique et sociale pertinente à la réalité présente [“relevant to now”}.Bhopal faisait directement allusion aux événements que vous connaissez alors que des milliers de personnes ont perdu la vie [la pièce sera bientôt jouée en Inde, précise Varma], Et Noah’s Ark se déroule à Belgrade en 1994, au moment où tout éclate et que les quatre personnages de la pièce décident d’émigrer au Canada.» Triangle amoureux Paulina B.Abarca parle de Noah’s Ark 747 et de Sylvija Jestrovic avec beaucoup de respect.«C’est un texte d’une grande richesse, d’un haut niveau de sophistication.L’absurde y est très présent; on retrouve dans la pièce un climat très caractéristique des anciens pays de TEst, où la vérité admise, en une sorte de distorsion permanente, n'a rien à voir avec la vérité.J'ai voulu rendre cela concrètement, en plaçant les personnages dans une pièce ouverte, une sorte de cage à armature de métal que Ton peut surveiller facilement de tous les angles.Une sorte de bateau aussi.d'arche de Noé.puisque les personnages se préparent à émigrer au Canada .• L’histoire se déroule sur un fond de triangle amoureux et met en scène les histoires personnelles des quatre personnages qui n’ont pas vraiment envie de quitter le pays qui les a vu naître.mais qui n’ont plus vraiment le choix.•C'est un regard sarcastique sur la société, reprend la metteur en scène, sur ce drame des déplacements forcés de populations et des réfugiés politiques qui aboutissent un peu partout et qui sont presque forcés de renier leur passé pour s'intégrer à leur nouvelle société d'accueil.C'est une pièce dure, déroutante, qui continue de vivre avec vous une fois que vous êtes sortis du théâtre.» Pour les curieux, précisons que Sylvija Jestrovic est aujourd'hui âgée de 32 ans et qu elle a commencé à écrire ce texte à Belgrade, en 1994.Elle vit au Canada et vient de terminer un doctorat en théâtre dans une université fort cotée du ROC.Soyez aussi prévenus qu’après le rideau et les derniers applaudissements, ça ne s’arrête pas là.A Teesri Duniya, on a l’habitude d’inviter les gens à participer à un débat sur le thème de la pièce.Aiguisez vos arguments pour affronter les dédales sibyllins de la bureaucratie de l’immigration canadienne.On peut se renseigner sur la compagnie et ses productions au http.V/www.teesriduniya-theatre.com/ ou en composant le (514)982-3386.NOAH’S ARK 747 Texte de Sylvija Jestrovic mis en scène par Paulina B.Abarca.Au MAI, rue Jeanne-Mance, du 17 octobre au 3 novembre.r SOURCE TEESRI DUNIYA Adrian Bishop, Howard Rosenstein, Lynn Adams et Lili Catherine Wexu dans Noah’s Ark 747.,y\v N y % o V c -°,î o • % 4L, o \ * \ O.Jf- L6-.O. % * % C* ^ ^ ^ \ ^ 'L L.V5; r V ^ ^ ^ ^ XVi ^ » me ' tL O % \ % \ w \ ’ IHAXS-tH! 4 tm www transtheatrexom LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES : TOUT EST DÉSIR ET CHACUN A SON PRIX Théâtre pu Nouveau Monde 1 ’ÉnUANfiF-MUL CLAUDEL ^ WfilMUlCBHMAimN FAUCHER avec MARKITA BOIES + PIERRE COLUN + MAXIM GAUDETTE + MACHA UM0NCHIK DÈS LE 29 OCTOBRE I LAVtK (CUMMES ¦ARTM maniuvi www.tnm.qc.ca RESERVATIONS S14.866.8668 ©coulisse q: Québec PtariMwi m wwuMf EN EXCLUSIVITÉ DANS NOTRE PROCHAIN NUMÉRO : MARKITA BOIES, PIERRE COLUN, MAXIM GAUDETTE ET MACHA UMONCMK SE DONNENT U RÉPLIQUE ! INSCRIVEZ-VOUS AVANT LE 21 OCTOBRE.WWW.TNM.QC.CA I.K I) t V 0 I R , l K S S A M EDI 12 ET DI M A N (HE I A O < T O B R E 2 O O 2 K I "Culture* CINÉ M A Jerzy Kucia, le Bresson animé A NI) R K LAVOIE Je croyais avoir mal entendu, a cause non pas tant de la distance téléphonique entre Cracovie et Montréal mais de la franchise désarmante de l’aveu.C’est en rigolant que le cinéaste d'animation Jerzy Kucia me disait avoir réalisé Reflets (1979), un de ses plus beaux films, afin de «gagner des prix dans les festivals.Four un cinéaste d’animation, c’est essentiel, sinon les producteurs ne vous font pas confiance».Tout comme dans son œuvre, Kucia n’hésite pas à être déroutant, même s’il pourrait s’amuser à l’être davantage, la barrière des langues le forçant à adopter un anglais hésitant et limité.S’il trébuche parfois sur les mots, le réalisateur polonais éprouve plus de confiance devant les images, et on pourra y jeter deux formidables coups d’œil rétrospectifs.Li Cinémathèque québécoise, en collaboration avec le FCMM, propose un panorama en deux temps (qui a commencé hier et se poursuit ce soir à 2()h:i() à la salle Claude-Jutra) des films de Jerzy Kucia, considéré par plusieurs comme «le Robert Bresson de l'animation», un titre dont il est très fier «et qui n’est pas du tout lourd à porter!», souligne-t-il sans fausse modestie.Un seul long métrage L’occasion est offerte de vérifier quels sont les liens thématiques qui unissent l'un et l'autre, et peut-être aussi ceux qui le rapprocheraient d’une autre animatrice de grand talent, Caroline Leaf, que Kucia connaît bien.Si, comme la réalisatrice de The Street, il utilise les possibilités de la peinture sur verre, ce n’est pas la seule, et c’est ce qui frappe dans sa filmographie, soit la grande diversité des techniques.Depuis son premier film, U Retour, en 1972, Kucia ne cesse d’explorer des manières nouvelles de traiter de mêmes sujets.C’est pourquoi il me confie qu’«e« plaçant tous mes films l'un derrière l’autre, on n’obtiendrait qu’un seul long métrage, tout à fait cohérent.Je crois même que si je choisissais n ’importe quel de mes films en utilisant une technique différente, le résultat final serait identique».Kucia se préoccupe peu de la narration, ce qui lui a valu l'étiquette de cinéaste impressionnis- La Cinémathèque québécoise propose un panorama en deux temps des films de Jerzy Kucia te.Ces ambitions sont ailleurs, plus souterraines, cherchant à mettre en forme et en lumière la vision cachée du quotidien, de l’histoire, du passé.Exploration souvent de nature sensuelle aux contours mystérieux, son cinéma semble toujours osciller entre le rêve et la réalité, dans des mouvements répétitifs et cycliques.Voilà pourquoi il refuse de se soumettre à une seule technique, passant du dessin au papier découpé ou à la photographie: «C’estgrâce à ce que je vois et à ce que je vis qu’il m’est possible de trouver la forme de mes films.» L'approche de celui qui est devenu cinéaste «par hasard» alors qu’il voulait plutôt se consacrer à la peinture est parfaitement illustrée dans le magnifique Parade (1986).«Je voulais décrire la réalité rurale de mon pays parce quelle est en train de disparaître, précise Kucia.Il y a bien sûr une part de nostalgie dans la démarche, mais c'est une façon de mettre en images la mémoire de mon passé.Et cette vision ne cesse de se transformer au fil des ans.» Alors qu’il se fait une joie d’offrir l’ensemble de son (ouvre au public montréalais, Jerzy Kucia avoue être à la fin d’une longue période et arrive mal à définir l’étape suivante.Les bouleversements en Pologne au cours des dix dernières années ont rendu le cinéaste à bout de souffle: «J'ai du mal à aborder tous ces changements dans mes films car ils sont si rapides.Il faut dire aussi que le cinéma d’animation exige beaucoup de temps, et donc de l’argent, mais il n’y en a pas en Pologne.Même si j’enseigne l'animation à de jeunes étudiants passionnés, ce qui me stimule beaucoup, j’ai l’impression de perdre un temps précieux quand je ne tourne pas.Et j’en souffre.» I-e cinéaste apparaît toutefois enthousiaste de laisser ses frustrations de côté le temps d’une rétrospective.Un public qui, à n’en pas douter, sera certainement médusé et perplexe devant le surréalisme de Printemps (1980) ou la dilatation du temps dans Ij> Passage à niveau (1979).Kucia sait très bien à quoi s’attendre: «Beaucoup de spectateurs me demandent ce que j’ai voulu dire dans tel ou tel film.Je ne fais que chercher un langage cinématographique, une façon d’envoyer des signaux aux spectateurs.Je suis en attente de réponses.» JACQUES O RENIER LE DEVOIR «Nous sommes beaucoup moins civilisés que nous nous plaisons à le croire», estime le cinéaste Oliver Hirschbiegel.Oliver Hirschbiegel se penche sur la violence Le cinéaste allemand arrive avec un film-choc ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il a une bonne tête rieuse mais accompagne un film profondément violent et dérangeant.Avec Das Experiment (L’Expérience), l’Allemand Oliver Hirschbiegel avait remporté en 2001 le prix de la réalisation au FFM.Le film avait alors impressionné les cinéphiles autant que le jury.Si bien qu’on a attendu longtemps sa sortie en salles commerciales.Des vendredi prochain, L’Expérience y sera.Même s'il s'agit d’un premier VOYAGE DANS [.’INFINIMENT GRANDET L'INFINIMENT PETIT.«.entre le conte de fées et le traité scientifique.» The New York Times «.pièce émouvante (.) à haute teneur poétique.» Le Devoir «.véritable feu roulant d’images évocatrices qui vous happent.» «Un bonheur du début à la fin.» La Presse long métrage, Oliver n'a pas l’impression d’avoir fait ses classes à travers lui.«J’ai réalisé huit téléfilms auparavant, dit-il, et je les ai tournés exactement comme s’ils étaient des films.» Ive cinéaste allemand est tellement cinéphile qu’il a appris son métier à la cinémathèque et en visionnant à répétition les vidéocassettes des films des maîtres, imitant les plans d'Hitchcock, de Huston et de Hawks, dessinant parfois leurs story boards.Des grands du septième art, il a appris que tout est important, autant les figures de premier plan que les détails touchant les personnages secondaires.L’Expérience, adapté d’un roman de Mario Giordano, met en scène deux groupes témoins invités à incarner des faux gardes et des faux prisonniers à des fins d’expérimentation psychiatrique.Mais tout ira de travers et finira dans un bain de sang.«Nous sommes beaucoup moins civilisés que nous nous plaisons à le croire, estime le cinéaste.En nous survit l’instinct des chasseurs et des tueurs, comme chez ces faux gardes qui prennent leur rôle au sérieux et deviennent féroces.Si les prisonniers avaient été les gardes et les gardes les prisonniers, aurait-on assisté au même phénomène de violence?Je le crois.C’est la situation qui crée la violence.» Des psychologues ont d’ailleurs affirmé que les scènes les plus féroces du film demeuraient plausibles.Cela dit, aux yeux du cinéaste, l'expérience décrite dans le film paraît un peu inutile aujourd’hui, tant on sait déjà quelles extrémités des êtres humains peuvent atteindre lorsqu'on leur offre une position de pouvoir.«Dans le roman, les personnages étaient très caractérisés et j’ai conservé leur structure, explique Oliver Hirschbiegel, mais avec les comédiens, nous avons beaucoup improvisé.Le tiers environ des scènes sont le fruit de discussions.» Le cinéaste allemand refuse de voir dans son film une métaphore du régime nazi dont l’horreur lui paraît sans rivale.«Mais il est vrai qu'en temps de guerre, des hommes normaux et pacifiques peuvent se transformer en bêtes sadiques qui violent et mas- sacrent sans scrupules.» La métaphore touche aussi les mouvements de droite dont la montée en Europe effraie le réalisateur.Hirschbiegel a donné le rôle principal du prisonnier rebelle à Moritz Bleibtreu, une grande vedette en Allemagne, mais recruta des comédiens peu connus pour le reste de la distribution, histoire de permettre au spectateur d'y croire et de s’identifier à certains personnages.«À partir du moment où l’action s’emballe et où la violence se met de la partie, les scènes ont été tournées en continuité et sans cascadeurs.J'ai été étonné de constater à quel point les moments tragiques étaient vécus avec gravité et intensité par les acteurs.Personne sur le plateau ne songeait à prendre ça à la rigolade.» L’Expérience a connu un franc succès dans plusieurs pays où le film fut distribué.Même aux Etats-Unis, où le cinéaste a reçu des propositions des Studios.On le courtise là-bas, et comme un des scénarios lui plaît, il est fort possible qu’Oliver fasse le saut à Hollywood, en essayant de ne pas trop y laisser son âme.ÉèjtiDal dar\îe 0 VERTIGO un une chorégraphie de Ginette Laurin (0 Vertigo) 12 OCTOBRE 2002.20 h MONUMENT-NATIONAL 1182, bout Saint-Laurent 514.871.2224 514.790.1245 www.festivalnouvelledanse.ca Québec ! Canada f«iiimti-lefili».iom I ËSt H I » < » > n I r——ONÉPLtX OOÉON—f—-aNMHJXOOÉON—T t—— CINÉ l'c EX OOCON-i | ONéPlF* OOtON 1 iQUAimSB LATINVl [iMAlLg IWo») ?H IBROsSaBD ?11 BOUCHERVILLE ?] [• OALMCS ST MVAC1HTMC •.-MAISON OO CINÉMA-, r—CINÉMA a- I-LI CANWTOUNJ 0-1 I-FLÉIMM LYS-1 8T-HYACINTHE ?I [ÏhER BROOKE ?] IQAT1NEAU ?] IJOUETTE ?I |TBO«-WVIÉBCa 0, ?[ MJÀ L’AFFICHE!^ VÉnkm originale française marre, des alliances et des liaisons dangereuses se forment parmi quelques étudiants, pas les plus brillants mais assurément les plus pervers et les plus perturbés.Tous les regards convergent vers Scan Clames Van Der Beek), petit vendeur de drogue à l’allure de mannequin rebelle, Paul (lan Somerhalder), bellâtre à la dérive et hétérosexuel à temps partiel, et Lauren (Shannyn Sossamon), en amour avec Victor mais aussi séduite par la beauté de Scan, qui se disputent ses faveurs, ou du moins son attention.Autour d’eux gravite l’habituelle bande d’amis sortis d’un magazine pour ados, s’interférant avec joie dans leurs intrigues amoureuses.Raconté ainsi, le tout pourrait s’apparenter à un épisode de Beverly Hills 90210 — et le film y puise quelques clins d’œil —, mais ce serait ignorer le cynisme dévastateur de Bret Easton Ellis, in nJiiJ iis, lAmcHEina^Éi^n Q Homlr»; 13h25 * 1Gh06 - 18h50 - 21h15 «UNMMFJÜi THRILLO A U HlfLHOCK ELLE LUI APPREND LES DONNES MANIERES SS, J IL LUI ENSEIGNE LES MAUVAISES MES LEVRES SUR qui prend un malin plaisir à dépeindre un univers où l’apparence et le sexe font la loi et le désordre.Tout cela est bien sûr enrobé de la mise en scène stro-boscopique de Roger Avary.On devrait d’ailleurs moins parler de scènes que de vignettes et de cartes postales tant il excelle dans l’art de l’ellipse (les exploits de Victor en Europe sont à couper le souffle) et celui de l’artifice (judicieuse utilisation du splitscreen pour la première rencontre entre Lauren et Victor avant un séminaire sur la condition postmoderne.).Même si le spectateur le plus indulgent va vite découvrir les limites de cette faune collégienne, le cinéaste utilise bien des subterfuges pour distraire notre attention, le film devenant une immense boule en miroirs, scintillante jusqu’à l’aveuglement.Le récit est divisé en autant de points de vue que de protagonistes, se déroulant en un long flash-back prenant son origine dans une de ces soirées survol-tées où se scelle le destin, incertain, de ce trio de mal-aimés.The Rules of Attraction n’en finit plus d’exercer sur nous une certaine attirance, de par sa forme clinquante et racoleuse, et une forte répulsion, surtout à voir s’agiter tous ces pantins upper-class désespérément vides et atrocement cons.C’est d’ailleurs le même paradoxe qui nous habitait à la lecture comme au visionne-ment à'American Psycho.Il y a là tout un étalage d’existences dérisoires, affichant avec tant de fierté leur vacuité que l’on ne sait plus trop si l’on doit en rire ou en pleurer.H faut croire qu’il s'agit là de la vie étudiante des jeunes gens riches et pas encore célèbres, passage obligé pour une caste dorée qui ne réinventera pas le bouton à quatre trous.Pleins feux sur Jean Duceppe Ce lundi 19 h Tous contre un Émission spéciale ! Jeu-questionnaire sur le grand comédien Jean Duceppe et son époque.Télé-Québec telequebec.tv M U S 1 Q U E ?Culture* i Retour vers le futur BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Swayzak.Ladytron, The Russian Futurists: toutes ces formations musicales et bien d’autres flirtent de près ou de loin avec une esthétique du passé qui n'a jamais été si à la page que maintenant.Regardez et écoutez autour de vous: les années 80 cognent à votre porte depuis quelques saisons.Nouvelle tendance du recyclage, les claviers cheapo, les mélodies accrocheuses de lelecfro-pop reviennent à la charge.A ceci près que l’engouement pour la pop synthétique n’est pas l’apanage des nouveaux venus.Voilà que l’original.Human League, qui a inspiré les groupes susnommés après avoir lancé l’an dernier Secrets.sera à Montréal demain, dans le cadre du Black and Blue, au Stade olympique.Nostalgie?Les bandes sonores de films se remplissent de chansons des années 80, les looks asymétriques et les cravates minces regagnent les pistes de danse.La pop lustrée de ces années est réellement de retour, les groupes de l’époque également.Duran Duran, Simple Minds, Culture Club sont tous revenus avec de nouveaux disques depuis un an, sinon une tournée, ou encore préparent un nouvel opus.Même Tears for Fears se serait remis au boulot.De ce lot, Human League revient après un silence de six ans.Philip Oakey, Joanne Catherall et Susanne Gayle ont remis sur disque leur romantisme léché.Issu du Sheffield de la fin des années 70 (la ville nous a donné des groupes comme Human League, Heaven 17, ABC et Cabaret Voltaire), inspiré de Kraft-werk, le groupe a connu un succès en 1981 avec l’inégalé Dare, qui comprenait l’inoubliable Don't You Want Me.Par la suite, Keep Feeling (fascination), The Lebanon et la sentimentale Human, c’étaient eux.Au téléphone, Phil Oakey explique que les nombreux silences de Human League ne sont qu’apparents.«Je ne cesse jamais de faire de la musique», confie celui qui fournit des pistes instrumentales pour d’autres formations, lorsque ce n’est pas sa voix chaude et profonde.«Nous ne cessons pas de travailler, même si vous ne nous entendez pas.» Alors, ces silences?«Vous savez, le plus diffi- SOURCE L MUSIC Human League se produira à Montréal demain, dans le cadre du Black and Blue, au Stade olympique.cile, c’est de trouver le financement pour réaliser les albums.Nous n'avons jamais fait tellement d’argent.C'est dur pour d’anciens groupes de signer des contrats de disques.La majorité des groupes de notre âge n a pas d'ententes, créent leurs propres labels ou vont sur Internet.» Human I-eague a toujours eu de la difficulté à retomber sur ses pattes après les quelques succès qui ont saupoudré sa carrière.Après Human, en 1986, le groupe a attendu 1990 pour refaire surface avec Romantic?, qui connut peu de succès, puis cinq ans pour Octopus (1995) et six ans pour Secrets (2001).Entretemps, le groupe a tourné avec Culture Club et un autre rejeton des années 80, ABC (ces derniers font en ce moment partie d'une tournée, 80's Mania, avec Heaven 17 et Katrina, anciennement de Katrina and the Waves: c’est tout dire!).Oakey entend coller à l’esthétique qui fait qu’on reconnaît Human League à des kilomètres à la ronde.«Je suis surpris par notre longévité.Mais je suis surtout surpris de voir que d'autres groupes abandonnent», explique celui qui dit nourrir un véritable sentiment de loyauté envers le concept de Human league.Le revival des années 80 n’a rien pour nuire au retour de la formation.«Ça rend les choses plus faciles pour nous.La musique que j'aime faire est une musique de synthétiseurs, celle de Kraftwerk ou de Giorgio Moroder.Dans une certaine mesure, nous attendions que les gens se remettent à aimer cette esthétique.Les gens sont passés par la période grunge, qui était fantastique.Nous faisions des disques qui ne sonnaient pas comme ceux qui montaient dans les palmarès.» Ces temps-ci permettent à Human League de se sentir bien entouré, «rassuré» même, par les Ladytron ou autres Miss Kitten and the Hacker.«Ça rend notre business plus facile.» Oakey et ses deux comparses ne se sentent pas un seul instant déphasés.Secrets, pour Oakey, est l’album que le groupe tente de faire depuis plus de vingt ans.«Si je meurs demain, j’aurai fait l’album idéal pour moi.» De fait, le disque a reçu son lot de critiques élogieuses.Seules les interludes instrumentales, qui marquent des excursions dans la techno, ont été moins bien reçues par les commentateurs.En cela, le groupe négocie son passage dans le XXL siècle de la même manière que pour l’ensemble de sa carrière, comme sur des montagnes russes.Une pièce comme Liar montre du mordant, une autre comme Never Give Your Heart est plutôt pénible.C’est non seulement un Phil Oakey fier qui arrivera en ville demain pour la première fois depuis 1987.C’est un Phil Oakey invité par un des événements «dance» les plus courus en ville, le mégaparty Black and Blue, une manifestation gaie quj a déjà attiré 15 000 personnes.A noter que Human League débarque à Montréal à trois, sans musiciens.L'esprit sera donc uniquement axé sur la danse.Les profits du Black and Blue sont toujours versés à des fonds qui viennent en aide aux victimes du sida.Et pour bien faire, le thème du festival, «Humanité», va à ravir au groupe de Sheffield.VITRINE D DISQUE Faire fort sans fard mW* LA FEMME TROMBONE DES RITA MITSOl KO Les Rita Mitsouko Virgin (EMI) Les Rita sont les Rita et on les aime encore autant après 23 ans et six albums parce que le Fred et la Catherine n’ont encore et toujours rien à cirer des tendances gagnantes et des plans de carrière.Logique du succès, ils auraient dû poursuivre dans la veine du grisant Cool frénésie de la dernière fois (rappelez-vous les fabuleux et frénétiques concerts au Métropolis), accélérer encore le tempo de leur techno-funk imparable, jusqu’à la folie et jusqu’à la gloire.Mais non.En lieu et place, c’est bras d'honneur à la mode et retour au rock de base: le Chichin hache de nouveau ses riffs de guitare menu sans se demander si on ne trouvera pas ça vieux genre, et la Ringer se livre avec l'abandon le plus glorieusement total à sa spè cialité, la rime tellement crue qu’on fait oh la la.Oh la la?Qui d’autre, en effet, que la fille des Rita peut se permettre de causer état présent du féminisme sans exaspérer le chrétien?Elle y parvient dans Vieux rodéo: «Soit la maman, soit la putain / Entre les deux, y aurait rien / Ils sont forts pas toujours doux / Faut-il apprendre à rendre les coups?» Dans Tous mes voeux, chanson de douleur sur la perte de l’ètre aimé aux bras d’une autre, elle arrive même à parler du point de vue de la menstruée: «Parfois, quand rient le temps du sang/Je pleure grandement [.] Quand je perds un ovule / Je pleure, je pleure c’est ridicule.» Cela dit sur une mélodie fichtrement entrainan-te: avec les Rita, on n'oublie jamais qu’il faut que ce soit bon à fredonner et que ça groove.Pied de nez salutaire aux figno-leurs des studios et autres bi-douilleurs sans fin, c’est presque à l’état de maquettes que sont livrées les treize pièces de La Femme Trombone des Rita Mitsouko (c’est le titre entier), dont deux instrumentales, la bien-nommée Entrée et la tout aussi évidente Interlude.Et entre ces ponctuations, c'est bing, bang et rentre dedans: presque tout est flanqué à la face, comme autant de bonnes gifles à la Eddie Constantine.Sinon Tu me manques et son ambiance d’aéroport à la Burt Bacharach, et la «caracole» manière années folles de la chanson finale (1928), c’est riff après riff, sur lesquels reposent tout naturellement des mélodies pas trop emberlificotées.Simplicité, efficacité, honnêteté.La sainte trinité.On ressort de l'écoute tout rafraîchi, en se disant que le rock est encore bien vivant quand on l'offre brut.Sylvain Cormier FORTY LICKS 'Die Rolling Stones Rolling Stones Records/ Virgin/Decca/ABKCO (EMI) THIRTY#! HITS Elvis Presley RCA (BMG) Impossible d’ignorer la parution concurrente de ces compilations, ne serait-ce que pour constater l’évidence, à savoir que Capri, c’est vraiment presque fini.Entendez par là que ces résumés de carrière, dans la foulée du triomphal One des Beatles, constituent probablement l’ultime hourrah des héros de l’âge d’or de l’histoire du rock: l’heure est à la rationalisation des discothèques, comprend-on.Ouste, les coffrets et leurs mille et une prises alternatives pour spécia- listes, à L’Échange les albums d’origine.voilà le minimum qu’il vous faut pour le reste de vos jours, signale-t-on au boomer vieillissant.En mettant l’accent sur la qualité améliorée du son: si l’achat est définitif, il faut bien que ça sonne.C’est tout juste si on a ajouté un peu de nanane à l’essentiel, le récent re-mixage de la chanson A Uttle Ijss Conversation dans le cas d’Elvis.et quatre nouvelles chansons dans le cas des Stones.Boni justifié pour le Pelvis, douteux pour les Rouleux: sinon Losing My Touch, valable point d’orgue signé Keith Richards, les nouveautés souffrent atrocement de la comparaison avec les immortelles du groupe.Difficile d’imaginer du Stones-by-the-book plus déprimant Le choix des titres est forcément discutable, à Memphis comme à Londres.Wooden Heart parmi les trente essentielles du King?Plutôt que Uttle Sister, mettons?On rigole.You Got Me Rocking au nombre des quarante riffs stoniens élus?Plutôt que Time Waits For No One ou Memory MoteP Ridicule.Mais tant pis.Ceux qui se procureront ces disques auront ce qu’ils méritent: un choix.Qui n’est pas le leur.Et on viendra dire après que l’industrie fait tout ce qu’il faut pour contrer le téléchargement par MRI.Moi, j’appelle ça des incitatifs.S.C.S O l! I THE KING OF NOTHING HILL Barry Adamson (Mute/Fusion HI) Après quelques albums, on finit par connaître la recette, un peu stagnante, de l’ancien membre de Magazine et bassiste des Bad Seeds.Sur The King Of Nothing Hill, Barry Adamson joue toujours le rôle du crooner solitaire dans cette trame sonore plutôt glauque qu’il s’invente de toutes pièces.Dès Cinematic Soul, on comprend que le compositeur tient chacune des ficelles.On entre alors dans le monde noir du dandy qui s’empresse de séduire avec une voix grave, quelque part entre Isaac Hayes et Barry White.Cette soul, toute en finesse, tente d'inscrire une forme de narration avec l’aide de cordes sophistiquées, pour ainsi mettre en relief un climat des plus inquiétants.Inutile de le répéter, c’est très bien fait Toutefois, U semble plutôt difficile de prendre Adamson au sérieux.Sur la scène du crime, l’auteur chante au milieu de Whispering Streets: «I don’t even know how the gun got in my hand.» Baroqueux par moments, le contenu sonne faux.Par ailleurs, l'image langoureuse finit par devenir lassante, le soukboy anglais déçoit avec son discours aussi naiïque nébuleux.Il faut bien l’admettre, Adamson régresse.David Cantin Il I I* - Il o I* SEED TO SUN Boom Bip (lex Records/Outside) Après une collaboration des plus surréalistes avec Dose One sur Circle, Boom Bip arrive enfin avec un premier album solo sur lex Records (une nouvelle subdivision chez Warj)).Est-ce qu’il serait déjà trop lard?Entre le hip-hop et l’électronique abstraite, Seed To Sun manque franchement d’idées.Discret à l’origine, Bryan Hollon devient beaucoup trop sage sur ces pièces embryonnaires.Loin des dé-constructions savantes d’un l‘refuse 73, le producteur suit les traces d’un DJ Shadow à la lettre.Contrairement à RJ 1)2, on assiste à un collage mal ciselé où le rock instrumenta] ainsi que la musique de film s’en tiennent trop souvent à l’essentiel.Les boucles hypnotiques sont prévisibles, tout comme les mélodies trop sirupeuses.Même Buck 65 se fait prendre au piège avec une curieuse imitation dç Tom Waits sur The Unthinkable.A d’autres endroits, Boom Bip tente sa chance du côté de la musique ambiante sans véritable succès.On a parfois de la difficulté à croire qu’il s’agit d’un des types qui ont répandu la bonne nouvelle au sujet d’Anticon.Curieux tout de même.D.C.É t.i: t t k o THE BOY AND THE TREE Susumo Yokota (Ijeaf/Fusion III) Plus près de Philip Glass que de Squarepusher, les compositions de Susumo Yokota ont la pureté d’un jardin zen.Les lignes sont même trop parfaites, à l’occasion.Après un détour sans intérêt vers la house, le Japonais revient avec un autre album dans la lignée de Grinning Cat.Ainsi, l’épuration sonore est de mise sur ihe Boy And The Tree.S'imprégnant des traditions et des coutumes des campagnes nipponnes, Yokota tente de créer une musique qui serait le reflet d’un équilibre spirituel intérieur.Développant certains thèmes, l’aspect répétitif est à l’œuvre sur chacune des douze pièces rêveuses.On pense, surtout.en écoutant cette électronique minimale, à une calligraphie aussi precise qu'évocatrice.Toutefois.un certain vide se dégage de cette musique parfois caricaturale.D’ailleurs, l'utilisation de clochettes n’aident en rien à masquer l’élément kitsch exotique.C’est lors de ces envolées aériennes qu'on doute de la justesse d’une telle recherche.Dans un registre similaire chez la-af, le Mexicain Murcof semble beaucoup plus à l’aise et inspiré sur un Martes qui tient presque de l'exploit.D.C.WALKING IN JERUSALEM Randomjnc.(Mille Hateaux/Fûskm III) Il faut fermer les yeux et s’imaginer quelque part dans une rue à Jérusalem.On entend une circulation abondante, des paroles, des cris: du mouvement, quoi! Sur ce deuxième disque des Allt» mands Randomjnc., on a décidé de recueillir des bruits au hasard afin de mettre en musique une errance imaginaire dans un lieu plus paisible que le réel.Avec l’aide du Montréalais Tim Hecker, d'Electric Birds ou d'Ultra Red, cette invitation à la déroute conceptuelle porte fruits.Walking In Jerusalem ouvre une brèche où la musique ambiante prend toute la place.Les créateurs utilisent aussi des échantillonnages d’instruments (violon, piano) pour accompagner ce voyage en territoire fertile.On suit donc chacun des extraits comme les signes sur une carte qui guiderait d’une extrémité à l’autre de la ville, lx's titres font d’ailleurs référence à cette excursion mentale qui dure un peu plus d’une heure.Le magnifique livret permet également de lire quelques extraits de l’œuvre de Yehuda Amichai, de Mahmound Darwish ou encore d’Amos Oz.Un parcours photographique complète le tout à l’intérieur.Une idée riche et fructueuse.D.C.NUEVA BOSSA NOVA Compilation (Wagram - Fusion III) Déjà que la bossa nova faisait rêver.Imaginez maintenant cette musique de danse brésilienne proche de la samba revue par les maîtres de l’électronique.Résultat: Nueva Bossa Nova, une compilation de quinze mélodies toutes plus enivrantes les unes que les autres.la recette derrière cet album made in France est simple.Plutôt que de réinventer la roue, on plaque tantôt des nouvelles chansons, tantôt des airs plus connus sur des rythmes contemporains tout en respectant à U lettre les contraintes du genre musical imposé dans les années 60 par des artistes de renom tels Stan Getz, Joao Gilberto et Antonio Carlos Jobim.Le tour de force est d’autant plus impressionnant que les artistes ne sont pas tous brésiliens.Français, Anglais, Aller mands et Danois ont mis la main à la pâte avec brio.Ainsi, Bebel Git berto (la sœur de l'autre) est re-mixée par King Britt, les Français Torn & Joyce et le Yougoslave Suba se fendent de chansons plus brésiliennes que les vraies, l’excellent groupe allemand De Phazz revoit à sa manière toute particulière une mélodie chantée par Helena, l’Italien Nicola Conte revisitie les Allemands de Maxwell Implosion et Mo’ Horizons nous VOIR SUITE PAGE E 8 i Savourez le week-end d’ouverture du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue tout en découvrant les attraits de la région! mm PETITS INCIDENTS Prix au meilleur film européen, Berlin 2002 Film danois, 2001, version originale sous-titrée en français Comédie dramatique réalisée par Annett* K.Olesen forfait Festival 3nuits-4jours du vendredi 25 au lundi 28 octobre Q?Hydro Québec tourisme abtttM lémlst amintjue Québec5! www bonjourquebec corn 1 971 BONJOUR ïYï riüSd Où-bon Places limitées, réservation avant te 21 octobre Transport non inclus J par personne en occupation double ; taxes en sus .Votre forfait comprend • La soirée d'ouverture (Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda) • Les projections et activités avec les invités du Festival • Les visites touristiques dont le Refuge Pageau (Amos) • L'hébergement et six repas Tourisme Abitibi-Témiscamingue 1 800 808-0706 www.ijno.com/festlvaJdnema LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2 0 0 2 -* Culture «- La planète Céline Je n’ai aucun disque d'elle et sa voix ne me fait pas-vibrer.Quelle importance, après tout?Céline Dion se passe très bien de moi.Mais comment pourrais-je l’oublier de mon côté?Pas moyen de la fuir.Elle me rattrape partout.Au fil des ans, j’ai entendu sa voix fuser d’une hutte de l’île Maurice, d’une discothèque de Tokyo, d’un boui-boui mexicain.«Elle, encore elle.» Mais oui! La mondialisation passe par la voix de notre colombe nationale.En Céline s’effacent les méridiens.Déambulant quelque part sur la boule, il suffit de proférer la phrase magique: «Je suis Québécoise», pour qu’aussitôt les yeux s’allument, pour que l’étranger jusque-là glacial vous assène une grande claque dans le dos: «FA comment va Céliiine?» Aux yeux du reste de l’humanité, on a tous planté des choux à Charlemagne H Q.avec la star et sa famille, perdu notre chemise contre René au black jack, bercé René-Charles sur nos genoux.Si tricotés serré, les sept millions de Québécois, qu’ailleurs chacun nous imagine engouffrant les tourtières de maman Dion autour d'une table surdimensionnée, sous un haut-parleur hurlant sans fin My Heart Will Go On.Pitié! Comment va Céline?Je l’ignore, voyez-vous.Mais la planète ne m’a jamais semblé assez grande pour échapper à son emprise.En balade du côté de Las Vegas l’hiver dernier, le chauffeur de taxi a fait un détour pour me désigner fièrement les premières pierres du Colosseum où mon illustre compatriote se produira le printemps prochain.11 y a trois semaines, dans une espèce de si- Odile Tremblay ?mili casbah marocaine non loin d’Agadir, des aristocrates français décatis, bec pincé et éventail à la main, conversaient le plus sérieusement du monde de la mirifique carrière de notre reine du solfège.Comment changer de sujet sans risquer l’outrage à leur sang bleu et à leurs blanches mains?J'ai dégluti, résignée, repris mon souffle: «Céline, ah oui, Céline.» Tenez: la semaine dernière, de passage en Belgique, de qui était-il question?Devinez pour voir.D’elle.Eh oui! Sauf que c’étaient les Belges qui m’apportaient des nouvelles fraîches de la chanteuse, en grognant contre elle, qui plus est.Le monde à l’envers.Vous ne connaissez pas l’histoire de la maison louée en terre wallonne par Céline?C’est que vous n’êtes pas Belge.Là-bas, il n’est guère de sujet de conversation plus brûlant par les temps qui courent.Proférer en Wallonie la phrase fatidique: «Je suis Québécoise», équivaut à recevoir illico l’affaire Céline Dion en pleine poire.Retour sur le fameux show qu’elle présentera a Las Vegas des mars 2003 (durant trois ans et contre la modique somme de 100 millions de dollars).Céline sera accompagnée de cinquante danseurs de la troupe de Franco Dragone (le metteur en scene de plusieurs spectacles du Cirque du Soleil).Or Dragone possède son propre studio-domaine à La Louvière en Belgique.Dans ce plat pays, pendant trois mois, la star peaufinera son spectacle avec la troupe dragonienne dans le but d’éblouir plus tard la ville-néon.Encore faut-il pour les répétitions loger la star, son mari, son enfant, sa nounou, sa famille, ses gardes du corps, en toute sécurité et plein confort C’est à Bousval, dans le Brabant wallon, qu’une grande propriété moderne, laideronne au demeurant (quoique ombragée), fut finalement louée afin d’abriter la diva et sa cour.Pour obéir aux directives de Céline, ou par zèle du propriétaire brûlant de contenter sa riche cliente (ou de s’offrir des rénovations qui lui profiteront par la suite), ordre fut donné de modifier les lieux, histoire de les rendre dignes de leur distinguée pensionnaire: piste d'atterrissage pour hélicoptère, piscine couverte, caméras pivotant à 360 degrés, portails blindés, détecteurs de mouvement dans le jardin, filets antipa-parazzis, etc.Pour trois maigres mois d’occupation célinien-ne, le montant des rénovations a grimpé à 400 000 euros (400 000 $US environ).Facture, dit-on, qui fit hurler tant René Angélil que Franco Dragone, riches mais pas idiots.Protestations, bouderies, refus dans un premier temps de payer la douloureuse note.Un règlement à l’amiable fut finalement conclu entre les parties il y a deux semaines, sans que le quidam ne comprenne très bien qui paie quoi.Cela dit, Céline emménage bel et bien avec armes et bagages parmi cette belgi-tude agitée.A Bousval et dans les médias régionaux, chacun y va de son petit mot contre les mesures de sécurité, le bruit, la foule.Après tout, nul n’avait demandé leur avis aux voisins avant de les bousculer de la sorte.Au grand dam des résidants de la commune, les gens viennent fouiner, rêvant d’apercevoir l’idole, de lui soutirer de l’argent, ou pire encore, sait-on jamais, de kidnapper René-Charles contre rançon.Au bistrot du coin, voilà la quiétude wallonne du patron perturbée par les fans qui débarquent en coup de vent, cherchant Céliiine! sous les bouteilles, sur le zinc.Emoi dans le Brabant! Le restaurateur chez qui on a échoué pour souper, dans une ville située non loin de l’épicentre du drame, secouait l’autre soir la tête, attristé: «Votre chanteuse est trop coupée du monde, trop protégée pour savoir qu’elle dérange tant de personnes-, soupirait-il, un brin déçu par l'extravagance de sa star préférée: « Vous lui direz.Vous lui direz.» On ne lui dira rien, à Céline.On est des nobodys contents de l’être.On n’a pas planté les choux avec elle ni mangé les créions de sa maman.Compatriotes de la star, tant qu’on voudra, mais si éloignés de ses besoins, de ses fantaisies, de son train de vie que nous sommes plus étrangers d’elle que de vous, monsieur le Wallon.En sortant du resto, je me suis sentie soudain très Belge, ce soir-là.otrem hlayCà ledevoir.ca SUITE DE LA PAGE E 7 transporte avec un excellent jazz-bossa.Dans le genre musical lounge-à écouter-un-dry-martini-à-la-main, on ne fait pas mieux.François Cardinal DISQUES C I.A S S I QU I-.S ^"Matthias Goerne * • .Schubert Die schône Mi 'llÜn Eric Schneider, SCHUBERT - GOERNE Franz Schubert: Die Schône Müllerin (La Belle Meunière), cycle de 20 lieder sur des poèmes de Wihelm Müller, D.795.Matthias Goerne, baryton; Decca 470 025-2.Une pratique courante de la fin du XVIII1' et du début du XIX'' siècle était celle des tableaux vivants.Les membres de la maisonnée et leurs invités «copiment» une toile connue en en imitant le décor et les personnages, les costumes et les poses ou les mines.Cela se transformait en petite soirée où l’on composait des poèmes sur des mélodies connues et où l’on se faisait un petit spectacle chanté.C’est ainsi que le poète Wihelm Millier écrivit vingt-cinq poèmes qui narrent gentiment l’histoire d’un jeune meunier en période de compagnonnage qui tombe amoureux de la fille de son employeur (ou serait-ce que la meunière est elle-même l’employeuse?l’histoire n’est pas claire là-dessus).Elle lui accorde ses faveurs un temps puis le délaisse pour un autre.Notre jeune apprenti s’en voit tellement meurtri qu’il se jette dans le ruisseau qui alimente le moulin et meurt noyé, trouvant la paix au fond de son cher et fidèle ruisseau qui a reçu tant de ses confidences.Prenant connaissance du cycle publié par Millier, Schubert, alors isolé du monde par une grave manifestation de la syphilis, décide de le mettre en musique.11 choisit vingt des vingt-cinq poèmes.Tandis que l’original se termine sur une touche d’espoir, Schubert qui se sait condamné à plus ou moins brève échéance, décide de couper certains poèmes pour que sa fin à lui soit noire.La composition est rapide et la publication, en cinq feuillets, s’avère un succès.On prend généralement ce cycle avec un peu de légèreté.Matthias Goerne en propose une version radicalement différente de ce qu’on a l’habitude d’entendre, un peu comme à l’opéra on peut modifier l’environnement pour mieux orienter la perception.C’est ce qu’on appelle le sens de l’interprétation.la première chose qui frappe sur cet enregistrement, c’est la lenteur des tempos.Si Goerne n’a pas la plus belle voix du monde, son souffle et sa technique lui permettent de tenir des lignes si longues que parfois on étouffe! L’optique est celle d’un théâtre intimiste dont, dès le début, on pressent la noirceur de l’aboutissement.Même dans les moments d’espoir joyeux et juvénile, il y a toujours une pointe de fatalisme.Cela accorde une incroyable unité au cycle, parfois à la limite du supportable dans la lourdeur psychologique, mais dont la poésie s’avère incroyablement enrichissante (je n’oserais dire rafraîchissante).Superbement accompagné par Eric Schneider (qui le suit au quart de tour et se fond complètement à cette vision particulière du cycle) et doté d’un sens du théâtre aussi certain que de bon goût dans l’émission du texte (il use presque de sprechgesang par endroits), Goerne nous emmène en voyage avec ce meunier légèrement naïf, un peu comme un idiot en sait plus sur la profondeur des sentiments qu’un intellectuel qui arrive à mieux se distancier des émotions.Ce qui est formidable donc, c’est qu’on passe du sourire à la langueur, de l’espoir à la dépression la plus profonde dans un temps qui s’étire comme l’éternité du désir et les abysses infinis de l’écroulement amoureux.Il y a ici non seulement une superbe leçon de chant, mais aussi U DISQUE une énorme leçon de musique.Certains chanteurs, dotés par dame Nature d’une voix exceptionnelle ou de capacités techniques hors de l’ordinaire, aiment généralement s’y complaire.Matthias Goerne refuse cela et met tout ce qu’il a à être profondément original sans jamais trahir l’intention ni le mot de la partition.Seulement, il nous traduit l’œuvre à sa manière individuelle et nous l’impose sans effort tant c’est convaincant Comme quoi, dans les mains d’un grand artiste, un chef-d’œuvre sait toujours révéler une autre facette quand celui qui l’édaire sait ce qu’il veut et peut le faire.Qui eût cru que La Belle Meunière pouvait passer au prisme de l’existentialisme?François Tousignant Each.and Every Inch un parcours + multimédia INSTALLATIONS SONORES + VIDÉO 3D + MUSIQUE PERFORMANCES + ART VISUEL + TEXTES à travers la vie et l’œuvre de l’écrivaine canadienne Elizabeth Smart Tassions Tantasmes .Secrets Obsessions 22 au 26 octobre 2002 dès 19 h (places limitées) USINE 1345, avenue Lalonde [métro Beaudry] Billets: 20$/ 15$ (étudiants) Billetterie: 514-521-4493 A 1 SUPERMUSIQUE (Montréal) et Theatre Cryptic (Glasgow) en coprésentation avec l’UsiNE C avec le soutien du British COUNCIL dans le cadre de.www.supermusiquc.qc.ca 11 Di vom SHCÛ Société de musique contemporaine du Québec Walter Boudreau, directeur artistique 2 0 0 2 2003 37e SAISON Jeudi 17 octobre 20 h L’Ensemble de la SMCQ sous la direction de Walter Boudreau Linda Catlin Smith, Justin Mariner, Béla Bartok Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau 300, bout de Maisonneuve Est Régulier : 25 $ Aîné : 15 $ Étudiants : 5 $ / Réservations : (514) 987-6919 Cette soirée marque le 10“ anniversaire du premier concert Ai Centre Pierre-Péiadeau ________________________ | L» Ann du Mourâr II DEVOIR Québec SS flkær- __ CMMfldMAfW Cttm ÉuCmmtÊ *or* La Fondation SOCAN Miche MH avec FnKisCsY» et Marie Léin (âLcÆ^ À/Ys ti/rfKJL.SUPPLÉMENTAIRES MiHMartcMiiTiainimai »¦» —mmrnu+ummn* OUTREMONT Québecï «Source lU^W^ortobre,2ofc ange 10SAng^Tirnes Une*0'*39 ® GE Capita! cenTRe pierre-péladeau SALLE PIERRE-MERCURE ÊMl «?¦ sr ÉCONOMISEZ 35% EN VOUS ABONNANT À UNE SÉRIE ! 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