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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-10-28, Collections de BAnQ.

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LE 1» E V 0 1 K .LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE O ( T (I H K E 2 II O li amm DFSK'iN Tiff VI ROMAN Michel Tremblay bascule dans le fantastique Page F 3 Le Rocket, tel qu'en Page F 2 2 5 ans plus tard Brassens le roc de Georges Gibraltar, C’était l’avalanche au 20% ça déboule encore au 25'.Tous et chacun saluent Brassens à l’occasion de l’anniversaire du plus triste 29 octobre depuis le krach de 1929: ce jeudi de 1981 où le bon Georges cassa sa pipe.Dans le lot des parutions (voir encadré), c’est le travail des spécialistes ès chansons de la revue Chorus qui offre sur l’homme et son œuvre le plus de regards neufs et de témoignages inédits, à commencer par l’indispensable livre de Jacques Vassal, le grand livre manquant, le premier dans lequel Pierre Onténiente, dit Gibraltar, le secrétaire, le proche des proches, accepte de partager son bien le plus précieux: quatre dé- cennies d’intimité et d’amitié.SYLVAIN CORMIER CA est le plus important livre sur Bras-/ sens à paraître depuis les grandes biographies du debut des années 90.Peut-être bien le dernier titre majeur.11 s "intitule Brassens Le regard de -Gi-braltar», et il est expertement et passionnément écrit par le grand spécialiste de la chanson française et du folk américain qu’est Jacques Vassal, autour d’entretiens avec Pierre Onténiente.Le Gibraltar en question.Gibraltar, le roc de Georges.L’ami indefectible, inamovible.Le -copain d’abord» parmi les «copains d’abord».Le compagnon du STO (le Service du travail obligatoire, qui envoyait de la main-d’œuvre française en .Allemagne pendant la guerre).Le seul secrétaire de toute la carrière de Georges Brassens, c’est-adire à la fois le bras droit et le gauche, l'agent, le gérant, l'éditeur, le relationniste.et même le chauffeur.Gibraltar, le rempart entre le petit monde de Brassens à l'impasse Florimont et Tex-terieur.Des quelque 200 ouvrages de tous formats et tous genres portant sur Brassens et ses chansons, de son vivant et depuis sa mort aucun n était le livre que tous les admirateurs un brin informés du chanteur setois espéraient sans trop l'attendre: celui de Gibraltar.Livre que voilà.Livre que Gibraltar ne signe pas.Normal, Q a toujours refuse d écrire cfcquil appe- lait des -mémoires de secrétaire de vedette-, expression volontairement péjorative relayée par Vassal au bout du fil transatlantique.Refus par pudeur.Par souci de ne pas faire l'intéressant.Et par peur de n’avoir rien a dire.-Ça parait incroyable, commente Vassal.Mais ça se comprend quand on le rencontre.C'est un homme très modeste.Un homme qui, toute sa oie, a eu pour grande qualité la discrétion, fl n'a pas changé apres la mort de Brassens.» Quand on a été l’homme de confiance par excellence d'un gaillard aussi droit que Brassens.la hantise de trahir demeure.-Gibraltar avait accordé de brèves entrevues ici et là, mais sans Jamais aller très loin, toujours prudemment.Plus que ça, il ne voulait pas fl me donnait l'exemple des mémoires de la secrétaire de Brigitte Bardot, à son avis sans le moindre intérêt, comme ce qu 'il ne fallait pas faire - Ce qull fallait faire?Fournir a l’homme de confiance un auteur de confiance.Idée de Fred Hidalgo, redac-chef de la prestigieuse revue Chorus - Les cahiers de la chanson, le projet Gibraltar a tout naturellement échu a Vassal, biographe rigoureux, féru de Brassens, déjà auteur de Brassens ou la chanson d’abord (paru chez Albin Michel en 1991).Encore fallait-il conquérir le roc.•Sous avons convenu d'une période d'essai Quelques rencontres sans enregistreuse, ni bloc-notes S'il ne le sentait pas.on arrêtait On a commencé par regarder des photos de la carrière de Georges, qu il était Justement en train de classer, et petit à petit les histoires ont surgi - Histoires connues et moins connues.-C’est surtout son regard qui est nouveau Sa perspective Mais il y a aussi, à force de gratter ensemble la surface, des faits jamais relatés qui sont remmtés L’histoire de Brassens embauché comme garde du corps de Sartre, par exemple, alors que Brassens était encr/re inconnu et Sartre, au début de sa gloire Ou la rencontre avec f)ali.- Cest par Gibraltar que toutes les propositions passaient celles qui n’ont pas abouti, notamment ce projet de Bvre où les textes de Brassens auraient été illustrés par DaM.ne sont restées que dans la mémoire du secrétaire.-Ce que Je sais de leur entretien, raconte Gibraltar page 151, c'est que Salvador Dali avait dit: 'Il y a quand même un point en commun entre Brassens et moi, c'est que lui est anarchiste, alors que mot.Je suis monarchiste "» Mais Le regard de -Gibraltar- n’est surtout pas l'habituelle enfilade d’anecdotes.Cest le livre de ce que Vassal finit par mieux comprendre de la nature de Brassens par le truchement de ce que Gibraltar seul savait -Je n avals Jamais vraiment ccmpns, par KANCUW.I.PHOTOTHEQUE exemple, pourquoi Brassens avait cessé les Umrnées Je croyais que r etail en raison de ses coliques néphrétiques Je trouvais dommage qu’il ait refusé daller chantera IVnivenité de l/a Angeles, auV/ur de 1976.Et je lui reprochais un peu scm i ôté pantouflard, ses habitudes immuables Imi qui n'avait aucun patrrm, lui qui était devenu riche, lui l'artiste aux côtés si libertaires, il partait en vacances en même temps que tout le monde, en août! Grâce a Gibraltar, tout ça s'est éclairé f ai compris que, pour Brassens, chaque voyage, c était des chansons en moins fl n était pas capable décrire en avion ou dans une chambre d’hôtel, il lui fallait sa table, sa piece, impasse Flrmmc/nt On com prend comment Brassens, à la mort de René-hmu la/ forgut, qui l ’avait tant fréquenté.peut faire a Gibraltar ce commentaire si terrible Xe mec, il m 'a fait perdre au moins vingt chansons, alccn Je suis débarrassé "- Ce netait pas par méchanceté, en déduit le lecteur Stricte vérité Simple impératif de la création VOIR PAGE P 2 BRASSENS C’était un homme qui, toute sa vie, a eu pour grande qualité la discrétion F 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 OCTOBRE 2 0 0 6 LIVRES BRASSENS SUITE DE LA PAGE F 1 «Brassens est allé au Québec une seule fois, en 1961.Par Gibraltar, je sais qu'il y a eu d'autres demandes, toutes refusées.Toutes parce qu’il préférait rester chez lui et peaufiner ses chansons.« Brassens, qui «ne supportait pas les conflits» et détestait dire non en personne, d’où le rempart Gibraltar, n’aura pas refusé la demande de dédicace d’un jeune fan, dernier en ligne dans les coulisses de Bobino.«C’était en 1963, j’avais 16 ans, se souvient Vassal.J’avais résolu d’aller lui faire signer le livre alors tout nouveau qu’Alphonse Bonnafé lui consacrait dans la collection Poètes d'aujourd’hui” chez Seghers, le livre qui m'a donné pour la première fois l’idée qu’on pouvait écrire sérieusement sur la chanson.J’avais commencé à fumer la pipe, comme beaucoup d'adolescents de ce temps-là qui voulaient se croire adultes.Je fumais du Scaferlati bleu, très fort.Et je vois un paquet de Scaferlati à peine entamé posé sur la tablette de la loge de Brassens au moment où il me remet mon livre dédicacé.Et bêtement, faute d’autre idée, je lui dis: “Je vois que nous fumons le même tabac.” Il a attrapé son paquet sans rien dire, m’a regardé avec un petit sourire en coin, a fait une deuxième signature sur le côté du paquet et me Ta remis.J’étais éperdu de reconnaissance.J’ai dû me tourner vite, de peur de montrer que j’étais trop ému.J’ai fumé le tabac de Brassens, une pipe par semaine pour le faire durer longtemps.Quand il n’y a plus eu de tabac, j’ai glissé le paquet vide dans la couverture du livre de Bonnafé.» Il y est encore.Collaborateur du Devoir BRASSENS Le regard de «Gibraltar» Jacques Vassal Fayard/Chorus France, 2006,294 pages Le Rocket, tel qu’en nous-mêmes Benoît Melançon propose une histoire culturelle de Maurice Richard D ©JACQUES AUBERT/PHONOGRAM.SOURCE FAYARD/CHORUS Brassens avec son ami «Gibraltar», avant d’entrer en scène à Bobino, en octobre 1976 Inépuisable Brassens Outre le livre de Vassal, l’événement de cette commémoration est la livraison d’automne de la revue Chorus (n° 37), un «spécial» Georges Brassens où «quantité» ne rime pas en vain avec «qualité»: le dossier en onze volets totalisant 73 pages pétil’e de fraîcheur, alignant interview inédite (menée par le Britannique Colin Evans en 1970), visite de musée privé, Patachou qui dévoile son «histoire avec Brassens», et témoignage exceptionnel de Marcel Gotlib («Le plus grand souvenir, ce fut l'Olympia, où je m’étais fendu d'une place au premier rang, pour voir comment il plaçait ses doigts.»), etc.Ce n’est évidemment pas tout, les livres se bousculent au portillon: notons une réédition (Brassens, le mécréant de Dieu, essai de Jean-Claude Lamy, dans le Livre de poche), une bande dessinée (Chansons de Brassens, chez Petit à petit), la totale des textes (Œuvres complètes de Georges Brassens, au Cherche-Midi), les souvenirs d’un autre compagnon d’infortune au STO (Dans un camp, Basdorf 1943, par René Iskin, chez Carpentier), et deux romans inspirés par Brassens (!).Chez nous, Innctôt éditeur lançait cette semaine le collectif Les Amoureux des bancs publics, une vingtaine de variations sur le thème de la fameuse chanson, textes signés François Avard, Ariane Moffatt, Yves Beauchemin et consorts.Rayon disques.Putain de toi.Un hommage à Brassens (Mercury - Universal) reprend dix titres de l'hommage de 2001 (Les Oiseaux de passage) et ajoute dix relectures récentes par les Olivia Ruiz, Tété, Caria Bruni et autres Dyonisos: belle brochette et versions sages.Curiosité, un groupe de punk hardcore répondant au doux nom de Brassens Not Dead s’en prend à la Brave Margot, à J’ai rendez-vous avec vous et à moult immortelles qui ne méritaient pas ça.Au recto du livret, la bonne tête de Georges ressemble à une pelote d’épingles.Ç’a au moins le mérite de l’irrévérence.S.C.JEAN DION e temps à autre, pas trop souvent parce que ça deviendrait lourd, les collectivités aiment à se fabriquer des intouchables.Des plus grands que la réalité elle-même, cette foutue réductrice, le fut jamais.Des êtres à propos de qui on pourrait dire, contrairement à ce que prétendait Destouches dans Le Glorieux (tiens donc), que l’art est certes difficile, mais la critique malaisée.Il existe des mots pour désigner pareil phénomène: mythe, icône, légende, héros.Et qu’est-ce qu’on en abuse, dans notre vaine quête de sens.Souffrez quand même qu’on ramène à votre bon souvenir le premier de cordée de l'imaginaire national qui veut faire l’ascension de ses turpitudes passées pour mieux les piétiner: Maurice Richard.Le Rocket (au surnom anglais), le fantôme du Forum en chef, le plus solide mais aussi le plus meurtri des bras à tendre le proverbial flambeau, la figure emblématique de tout ce qu’on voudra et sans doute d’un peu plus aussi.Maurice Richard dont on pouvait légitimement penser que tout avait été dit à son sujet, y compris et peut-être surtout ce qui n’était pas vrai.Mais Richard a tellement occupé l’espace public en son temps — et après — qu’il en restait un grand bout à défricher, une tâche quasi monastique à laquelle s’est attaqué Benoît Melançon, prof d’études françaises à l'Université de Montréal, spécialiste de la littérature du XVIIF siècle (!) et déjà auteur, notamment, du coloré Village québécois d’aujourd’hui.Résultat Les Yeux de Maurice Richard, une reconstitution de Y«histoire culturelle» façonnée autour de l’homme, fruit d’un travail de recherche colossal, qui n’est pas une autobiographie et encore moins une apologie.Une tentative de comprendre comment et pourquoi, on fait et on a fait d’un homme, de cet homme, d’un «simple» hockeyeur, le personnage hors de toute mesure, y compris dans son ordinaire, qu’il est devenu malgré lut même pour ceux qui ne l’ont pas connu ni jamais vu jouer.Culturelle?On pourrait presque dire cultuelle tant l’histoire confine au religieux dans une société qui a carbure à la foi, puis l’a abandonnée tout en en gardant cependant les repères.L’annonce est d’ailleurs faite dès la page frontispice: une photo de Richard publiée par le magazine américain Sport en avril 1955 et qui est calquée, volontairement ou non, sur Le Martyre de saint Sébastien, une peinture baroque du XVJL siècle de Luca Giordano.Puis suivent près de 300 pages d'un récit minutieux, tantôt drôle, tantôt dramatique, toujours lucide, où on suit avec étonnement le parcours de «l'idée Maurice Richard», que n'hésitent pas à exploiter le théâtre comme le fabricant de teinture à cheveux, le moralisateur comme le chansonnier, le journal comme le simple fan soucieux d'en découdre avec les autorités TASCHEN S'EXPOSE! Du 1er novembre au 1er décembre 2006 60SCARS conceptuel TASCHEN, le plus irrévérencieux des éditeurs %Van Gogh 1 Dadaïsme La Librairie Monet accueille une rétrospective exceptionnelle RRT NOUU Van Got,h Æ Venez découvrir le catalogue TASCHEN! Courez la chance de gagner des livres Taschen ! Détails en librairie.Galerie» Normandie • 2752, de Salaberry Montréal, Qc H3M U3 514.337.4083 www.librairiemonet.com SOURCE FIDES En première page du Maclean’s du 28 mars 1959, Maurice Richard est entouré d’une nuée d’enfants.Image tirée de l’album Les Yeux de Maurice Richard.(personne n’a oublié l’émeute de mars 1955, quand même).Benoît Melançon lui-même confie n’avoir aucun attachement particulier pour Maurice Richard, ayant plutôt eu pour idole Guy La-fleur, et s’être largement éloigné du hockey depuis de nombreuses années en raison de l’ennui distillé par le sport jusqu’à la «nouvelle» Ligue nationale, dont il dit toutefois attendre encore des preuves; on le comprend.Et cela est une excellente chose.Car à de rarissimes exceptions près, on le voit du reste éloquemment dans son bouquin, le commentaire sur le personnage au fil des ans n’a pas particulièrement fait dans la nuance.On se retrouve donc avec un portrait, disons, moins subjectif, duquel le lecteur peut tirer ses propres conclusions.Le miroir n’est pas retourné, simplement nettoyé.L’historien de la culture, note Melançon en épilogue, «n’a pas à critiquer un homme, mais à comprendre ce qu une société, depuis une soixantaine d’années, a voulu faire de cet homme, ce que le Québec et le Canada ont voulu investir dans la figure de Maurice Richard.Pareille position peut mener à une forme plus ou moins revendiquée de cynisme, À force de dire qu'il voit réapparaître sans cesse les mêmes histoires, il arrive à l’interprète de donner l’impression qu’il est parfaitement extérieur à son objet et qu ’il ne fait que juger, du haut de sa tour d’ivoire.Ça ne doit pas être le cas, mais c’est un risque avec lequel il doit apprendre à vivre.Il y en a de pires».Holà: le Canada, vous avez dit?Qu’est-ce qull vient faire kniedans, celui-là?Certes, il a pu chercher à récupérer à sa manière le mythe du Rocket en allant jusqu’à mettre un chandail numéro 9 au dos des billets de cinq dollars, mais il est le méchant dans l’histoire, non?L’Anglais, je veux dire?N’est-ce pas contre lui que l’émeute du Forum, peut-être prélude à la Révolution tranquille, a éclaté?La détermination de Maurice Richard ne se posait-elle pas précisément en réaction à l’exploitation et au mépris dont il était victime en tant que francophone?Sans doute, répond Melançon, mais il ne faut pas tout mélanger.D existe aussi un culte pancanadien de Richard.Sa description donne d’ailleurs Heu aux pages les plus fascinantes du livre.Les yeux, comme dans Les Yeux de Maurice Richard, renvoient évidemment au cliché, né après qu’on eut répété cent mille fois que l’homme parlait peu, très peu, mais avait dans le regard un feu capable de faire fondre les cinq joueurs qu’il se trimballait sur le dos alors qu’il s’en allait marquer un but d’une seule main contre Boston.Mais tout l’art de Melançon est là: faire vivre les clichés, et montrer qu’une société n’avait rien de mieux à faire que de les empiler concernant son icône, peut-être pour avoir à éviter de se regarder elle-même dans les yeux.Car au fond, cette histoire est moins celle de Maurice Richard que de ceux qui l’ont porté aux nues.Peu importe quelle collectivité de référence on prend pour parler de «nous», cette histoire, c’est celle du Rocket, mais tel qu’en nous-mêmes.D ne l’a pas choisi, ou si peu.A moins que ce ne soit là un autre cHché.?Le De vo ir LES YEUX DE MAURICE RICHARD Une histoire ci lti relle Benoît Melançon Fides Montréal, 2006,279 pages CONFÉRENCE DE DANIEL M.WEINSTOCK Professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal, auteur de Profession éthicien (PUM, 2006) et lauréat du prix André-Laurendeau 2006 sur le thème « Profession éthicien » dans le cadre des Belles Soirées le jeudi 2 novembre à 19 h 30 au 3744, rue Jean-Brillant, Montréal Informations et réservation : http://www.betIessoirees.umomreal.ca/PasseursSa voir.html (SU) 343-2020 Les Presses de l'Université de Montréal www.pum.umontreal.ca Université fHî de Montréal « K ;t DEVOIR L E S S A M E l> I l> I M V N ( H E O 1' T O B R E tl O t ITTERATURE Refoulé au paradis Michel Tremblay bascule dans le fantastique avec Le trou dans le mur Danielle Laurin CtÊ est un roman sur la mort Sur ce qui vient après, ce qui nous attend, de l'autre côté.Faut-il s'en etonner?Michel Tremblay l'a écrit après avoir lui-même frôle la mort.Ça ne veut pas dire que l’écrivain de 62 ans s’apitoie sur son sort.Au contraire.11 célèbre avant tout l'imaginaire.Bascule même dans le fantastique.Un genre qu’il pratiquait à ses debuts, il y a plus de 35 ans.Tout commence par un trou.Un trou dans un mur.que jamais personne ne semble avoir aperçu.Sauf un certain François Laplante, héros d’une ceuvre de jeunesse de Tremblay, La Cité dans l’œuf.C’est lui, François Laplante, aujourd'hui sexagénaire, qui raconte.Mais sans être tout à fait certain de la véracité de son récit.Car le bonhomme, autrefois traumatisé par une experience liée à un œuf de verre qui lui avait fait voir un monde parallèle, doute lui-mème de ses facultés.• Il a déjà été interné, prend des antidépresseurs et, de son propre aveu, a tendance à tout exagerer.Tant pis.On ne demande qu’à le croire.On le suit.; Ce jour-là, un dimanche, il ne peut résister à l’envie de s’empiffrer de frites bien grasses, et pourquoi pas, de hot-dogs bien moelleux.Il se rend au chic Montreal Pool Room du boulevard Saint-Laurent.En sortant, il s’attarde au Monument-National.Cürieux de nature, il scrute l’endroit où il a décou-vért jadis tant de vedettes.C’est là qu’il le voit.Le trou dans le mur.Celui qui donne son titre au roman de Tremblay et, par conséquent, au manuscrit de Laplante qu'on a sous le nez.Un manuscrit qui, soit dit en passant, ne devait pas être publié, et qu’on dévore.Qui nous attendrit, nous fait rire, nous étonne.Le pauvre François serait-il encore une fois victime de son imagination?Une porte secrète s’ouvre.Hallucination?Le voici qui bascule.Trop tard pour reculer.Il est déjà de l’autre côté du mur.Et nous avec lui! Le temps de reprendre ses esprits, de se rendre compte qu’il a atterri, et nous aussi, dans un sous-sol JOSHUA Kl ss! m Michel Tremblay est de retour parmi nous avec son dernier roman, Le Trou dans le mur.miteux aux allures de bar malfamé, une faune bigar- nourrit depuis tant d’années l’œuvre de notre écri rée apparaît.La faune de la Main.celle-là même qui vain national célèbre partout pour son universalité.Izi confession Belle entourloupette de romancier.Et ça marche! l\ites.travestis, souteneurs, vedettes ratées et jk'tits pegreux rencontres ici et là dans les écrits precedents île Michel Tremblay sirotent un Jnnk.tiges Pas étonnant qu'ils aient l'air de zone lues ils sont moi ts Ils ont tous été assassinés sauvagement La plupart ont eu la gorge tranchée, c’est vous dire.Us sont la.ils croupissent dans ce musée pous siereux.ce purgatoire obligatoire, en attendant mieux l e paradis, pas pour eux Pas pour tout de suite, en tout cas 11 leur faut d’abord se départir du l>oids de leur passe, expier leurs tantes et, même, pardonner à ceux qui les ont offenses Ils doivent tout raconter.Autrement dit, sc confesser.Afin de taire une croix, une lois pour toutes, sur l'enfer qu’ils ont vécu sur terre.François 1 aplanie va prendre le temps de les ecouter C hacun leur tour Pas tous, seulement quelques uns.Il v a quand meme ries limites à jouer le rôle de passeur, pour ne pas dire de sauveur.D'autant que ça commence a le titiller, et nous ans si: il se (xisse quoi, au juste, une lois tranchie la por te du purgatoire?la réalité dehors, le monde quotidien, il connaît trop bien, tout comme nous I i lui comme nous, on peut y retourner a notre aise, quand l’atmosphère du musee nous pose trop Mais là-bas.au ciel, ça ressemble à quoi?Wow' Musique, champagne, tenues de soiree.Ç a rit, ça chante, ça s’embrasse Mivhant party de retrouvailles! A condition d'y avoir ete invite.N'est |xis le bienvenu qui veut au pai adis de la Main, t lus te, dehors, Ion imposteurs Pas de place ici pour François laplante C e n’est |ms son monde, ce n'est pas son heure Nous non plus, d'ailleurs Pour ce qui est de Michel Tremblay, il est en ré mission d'un cancer de la gorge 11 a écrit le trou dons le mut a Key West, Ta commencé le t décembre 2005, Ta achève le 17 mars 2006.le voici de return a Montréal |H>ur lancei son roman, au Mo nument National 11 y a de quoi célébrer! Collaboratrice agcs LITTÉRATURE JEUNESSE It É l> É Potions et potirons en dix leçons CAROLE TREMBLAY Depuis le fameux Harry et son non moins célèbre collège, la sorcellerie ne se présente plus comme un simple don, mais comme un apprentissage aussi exigeant que n'importe quelle matière scolaire.Deux ouvrages récemment parus invitent les amateurs de sorts et de potions à suivre la voie du maître pour accroître leurs connaissances et perfectionner leurs techniques dans le domaine du surnaturel.Dans la lignée des Dragonolo-gie et Egyptologie, deux magnifiques ouvrages fac-similés publiés chez le même éditeur, Ma-gieologie, le livre des secrets de Merlin, propose aux jeunes adeptes de magie un faux-vrai livre, écrit de la main même de Merlin.Comme dans les autres titres de la collection, on trouve des tirettes, des cachettes et des gadgets, tapis au cœur des pages richement illustrées à l’ancienne.Cette fois, ce sont des cartes de tarot, une plume de phénix et un petit livre de divination qui agrémentent le savant grimoire qui permet aux apprentis de se familiariser avec les diverses facettes du travail de magicien.Franchement chic.Moins spectaculaire, mais tout aussi éducatif, Le Grand Livre pratique de la sorcière explique en dix leçons pleines d’humour tout ce qu’on doit savoir pour passer maître dans l'art de la sorcellerie.La garde-robe de la sorcière, ses secrets de beauté, sa maison, son jardin, sa cuisine et ses animaux de compagnie, tout y passe.Les illustrations, souvent en noir et blanc, sont remplies de détails farfelus sur lesquels il est amu- livre la sorcière sant de s’arrêter.À travers les nombreux éléments complètement loufoques que comporte ce manuel, on trouve aussi de vrais conseils de jardinage, des trucs de bricolage pour se fabriquer un costume et surtout, mes passages préférés, de vraies recettes horriblement délicieuses à concocter à la maison pour dégoûter ses invités.Collaboratrice du Devoir MAGICOLOGIE, LE LIVRE DES SECRETS DE MERLIN Texte de Dugald Sterr, illustrations de Helen Ward, Anne-Yvonne Gilbert John Howe et Tomislav Tomic Milqn Jeunesse, 32 pages (À partir de 7-£ ans) LE GRAND LIVRE PRATIQUE DE LA SORCIÈRE Malcolm Bird Gulf Stream Junior, 92 pages (A partir de 6 ans) ivieri librairie ?bistro m Olivieri et le Regroupement des éditeurs canadiens-français Mardi 31 octobre 19 h 00 Animée par Hélène Pedneault Entrée libre 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RS VP 514-739-3639 L'ÉCRtTURE DES FEMMES EST-ELLE GUIDÉE PAR UNE VOLONTÉ DE CHANGEMENT ?Cette causerie réunira trois écrivaines actives au Canada français et dont l'œuvre ou le travail manifeste un engagement à l'égard de l'écriture et de la situation des femmes.Marguerite Andersen, Romancière, nouvelliste, poète, essayiste, elle a publié une quinzaine d’ouvrages, dont De mémoire de femme (1982), Parallèles (2004), et Doucement le bonheur (2006).Louise Renée, Professeur à HJ du Manitoba .spécialiste notamment du roman canadien-trançais de l'Ouest.EBe vient de publier Tir-na-nôç (2006).Mila Younes, EBe a publié Ma mère, ma Me, ma sœur (2003).livre qui remet en question l'oppression des femmes au sein de sa culture algérienne Divagations techno-altermondialistes Illustration tirée de l'album La Muse récursive de David Turgeon, publié aux Editions Fichtre!.FABIEN DEGLISE C* est un peu le bordel et ça me plaît bien.- Rares sont les auteurs capables de poser un regard juste sur leur création.Le dessinateur David Turgeon y arrive très bien, lui, en résumant parfaitement avec cette phrase écrite dans un communiqué de presse, les 112 pages décousues, débordantes de lenteur et parfois faussement ou lourdement cérébrales, de La Muse récursive (Editions Fichtre!).Premier tome d’une série de trois, ce bouquin offre un voyage dans l’univers de «ITtommerie», avec en toile de fond une invention hautement techno mais chargée d’idéaux et un magnat de l’industrie qui rêve de mettre la main dessus pour dominer le monde, bien entendu.L'action se déroule à Camp Canyon, en Colombie-Britannique, dans le domaine mystérieux des sœurs Nancy et Nicole Hollen-berg, où le «Plurdge» a vu le jour.Avec un nom sonnant comme un borborygme, cette nébuleuse «nanopâte» étonne par ces propriétés, 1 qui semblent transcender le j temps et l’espace.Elle fait aussi : saliver un certain Edmund Tate, le king de la pétrochimie, prêt à j tout, avec son fidèle négociateur Jonathan Stone, pour détourner a I des fins militaires cette invention du tonnerre.Lignes confuses et brouillonnes Dans ce schéma greimassien : prévisible, Turgeon trace ici les lignes franchement confuses et même brouillonnes par moments de cette aventure en noir et blanc, sans nuance, qui com- me toute aventure distille son lot de personnages plus typés les uns que les autres.Il y a Noise, un superhéros romantique qui débarque chez les Hollenberg après un accident de voiture.Il y a Rhonda, une serveuse rêvant de sortir de sa condition pour plonger dans la cybernétique.Et il y a aussi une poignée de manifestants antimondialisation ve nus sous les fenêtres d’un grand hôtel dénoncer une rencontre secréte d’une autre poignée de puissants de ce monde .comme un scénario aux ficelles appa- ries de son époque, cette Muse recursive, on l'aura compris, exploite allègrement la rhétorique d’une generation qui aime dénoncer le coquin mondialisant, poL luant et/ou cupide, ainsi que tout ce qui va avec lui: conspiration, privileges odieux et médias complaisants qui, a la solde de ces riches, cachent la «vraie vérité unique» aux gens Classique.totalement délirant et exubérant.l’exercice peine toutefois à envelopper complètement le lecteur (ou la lectrice) pour le trôné porter dans le monde déjanté de turgeon.Sans doute à cause d'un trait agité et bordélique — l’auteur nous avait prévenus — et d’un découpage qui gagnerait, tout comme les dialogues parfois creux, à être resserré par moments.Apres ce premier chapitre, l’auteur se prépare h récidivât deux autres fois dans les chains mois, annonce ton déjà, avec la sortie des tomes 2 et 3 de cette histoire exposée dans le confort douillet des Editions Flchtres!, une maison d’édition associée a la célèbre librairie spécialisée dans le 9' art de la rue de Bienville à Montréal.Ce nouvel éditeur a vu le jour cette année, prouvant ainsi que l'univers de la bande dessinée mise en case au Québec se porte finalement bien.Autant avec ses hauts qu'avec ses bas.* Le Devoir IA MUSE RÉGI KSIVK • Tome 1 David Turgeon Jxlitions Fichtre! Montréal, 2006,112 pages éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • I ittcramn Éric Volant Culture et mort volontaire Le suicide à travers les pays et les âges La culture en soi Ce Nre es?fe frtjif une paberrt© réflexfc/n.nie
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