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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-09-14, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2 0 0 2 L E Exercices de désœuvrement de Robert Melançon Page D 3 DE VISU Roy Arden à l’Espace Vox Page D 8 * LE DEVOIR * 9s V I E CULTURELLE Radios publiques en déroute Qu’en est-il de la mission des radios publiques dans un contexte de commercialisation croissante?L’évolution des chaînes publiques dans une Europe réputée être un bastion important de la culture est-elle différente de celle observée en Amérique du Nord?Notre collaborateur à Francfort a préparé ce bref tour d’horizon européen, histoire de comparer.LOTHAR B AI ER Francfort — Malgré la prolifération de radios privées, c’est-à-dire commerciales, depuis les années 80 du dernier siècle, les radios publiques dans différents pays de l’Europe de l’Ouest — Grande-Bretagne, France, Suisse, Autriche, Allemagne, etc.— occupent encore une place non négligeable dans le paysage audiovisuel.Mais elles ne sont pas sorties indemnes de la bataille sur l’audimat qui s’est engagée au nom de la commercialisation des médias.Cherchant à préserver au moins une partie de l’ancien public constitué à l’époque de leur monopole tout en faisant lace à la concurrence des programmes privés, ces radios publiques se sont lentement mises à alléger leurs productions.France-Inter par exemple, la chaîne d’information de Radio-France, a réduit considérablement, depuis ces dix dernières années, ses émissions d’information.De plus, elle met à la une de ses bulletins des faits divers qui racontent des enlèvements ou des viols d’enfants au lieu de certains événements d’ordre politique.Avec les faits divers non politiques est arrivé aussi le «direct», c’est-à-dire la diffusion de propos d’autant plus insignifiants qu’ils sont réputés «authentiques».Cette tendance s’est imposée au détriment de l’explication raisonnée de nouvelles de nature politique ou sociale, présentées dorénavant sous forme de flashs, à la limite incompréhensibles, au détriment aussi de la transmission de débats d’idées, éléments indispensables à la vie démocratique.Cela mis à part, les radios publiques en Europe, soutenues par une redevance (c’est-à-dire une taxe sur la vente d’appareils télé et radio) et par conséquent indépendantes des revenus publicitaires, ont de plus en plus tendance à concevoir leurs programmes comme si elles devaient tenir compte de la publicité.La contrainte qui oblige les médias commerciaux à interrompre régulièrement leurs programmes au profit de la diffusion de spots publicitaires est parfois reprise par les radios publiques, mais elle prend la forme d'un impératif d’ordre anthropologique: les auditeurs modernes, estiment bien des directeurs de programmes, ne seraient plus capables de se concentrer VOIR PAGE D 2: RADIOS Michael Delisle JACQUES GRENIER LE DEVOIR 'ms C’est le rêve américain comme l’ont vu les années 50: des rangées de maisons de banlieue identiques, des appareils ménagers chromés, du gazon coupé et des antidépresseurs à portée de la main, dans l’armoire de la pharmacie.Dans son dernier roman, Dèe, paru chez Leméac, Michael Delisle plonge dans le désert de Y American way of life, l’isolement des femmes des villes de banlieue en devenir, dans le Québec d’avant la Révolution tranquille.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Dée, c’est la petite Audrey, qu’on appelle aussi Andrée, enfant victime d’inceste qui ne contrôle ni son corps ni son avenir, enceinte à 15 ans, ballottée entre une famille difficile et un mariage sans amour.Mais sait-elle seulement ce que c’est que l’amour?Femme née dans une famille bilingue mais sans instruction, elle ne s’exprime finalement qu’à travers une sexualité trouble et omniprésente.Elle devient en fait une sorte d’objet de deuxième choix, stationnée dans un rêve de plâtre frais, de gazon coupé, de clôtures bien dressées, tout ce que les féministes, les femmes de la génération qui l’ont suivie, n’ont plus voulu être.En fait, Dée traîne une existence sordide entre les bar- reaux de sa cage dorée.«Cette époque, dit Michael Delisle en entrevue depuis son pied-à-terre de Montréal, qu’il partage avec l’écrivain Lise Tremblay, c’était aussi la mort du projet communautaire.On fait des terrains et on dit: c’est mon terrain, c’est pas le tien.» Dans cette banlieue que lui-même a connue alors qu’il était enfant (il est né à Longueuil, dans l’ancienne Ville Jacques-Cartier), les champs, les fermes et les terrains vagues ont en effet peu à peu été remplacés par des rues asphaltées, des trottoirs et des terrains bien délimités par des clôtures.C’est le début de la grande ère de l’individualisme.Et dans ces villes de banlieue froides et éloignées, point de bibliothèques, de cinémas, de librairies.Les agriculteurs, qui gardaient encore ici et là qui quelques vaches, qui quelques cochons, se voyaient sommés de choisir: c’était la vie de banlieue ou l’obligation de déménager ailleurs.Dée, elle, «mariée obligée», comme on disait à l’époque, déménage dans une maison flambant neuve achetée par ses beaux-parents, dans la toute nouvelle rue Fragonard.Elle est aussi mère d’un poupon que l’auteur n’a pas cru bon de nommer tant le poids de son existence est dérisoire.Au milieu de cette ambiance étouffante, dans ce désert affectif, toutes les relations entre les personnages sont teintées d’une sexualité latente, de désirs vains, de pulsions malsaines, d’abus en tout genre.«L’inceste est une conséquence de l’isolement.L'inceste, on l’oublie, mais dans les campagnes québécoises, où il y avait 14 enfants et où c’était isolé, il n’y avait personne à dix milles à la ronde, c’était pas toujours très très catholique, ce qui se passait là.Nos romans québécois n’ont pas beaucoup relancé ça parce que le clergé ne le permettait pas», relève-t-il.Et la sexualité, c’est aussi le seul moyen qu’ont les personnages de communiquer entre eux.Car ce n’est pas l’argent qui manque dans ce roman, c’est tout le reste, fait remarquer Delisle.Durant les longues heures qu’elle passe à traîner dans cette maison ride, Dée n’a pour toute nourriture intellectuelle que des magazines français et américains.Elle imite les poses des stars qu'elle y observe mais ne se retrouve bien sûr nulle part dans le reflet de ces pages glacées.Car le Québec d’alors, c’est une sorte de Québec d’avant le Québec, une culture à rpetlre au monde, entre l’Europe et les Etats-Unis.Dée est pourtant bilingue, comme l’est lui-même Michael Delisle, né d’une mère anglophone et d’un père francophone.•J could bum down the dam house if I wanted.I could.It’s mine», se dit-elle, savourant sa nouvelle condition de propriétaire.Mais le bilinguisme n’est pas toujours le gage d’avenir et de prospérité que la publicité sur l’unité canadienne a tant vanté.Le bilinguisme, poursuit Delisle en entrevue, VOIR PAGE D 2: BANLIEUE Dée traîne une existence sordide entre les barreaux de sa cage dorée r « Un roman riche, complexe,fascinant.****1/2 » Reginald Martel, La Presse « La puissance de feu romanesque de Soucy est époustouflante : ce magicien est un bonimenteur qui n’a pas froid à l’imagination.» Le Magazine littéraire « Un roman époustouflant, étrange et déroutant qui allie le récit picaresque et la tragédie.» Danielle Laurin , Bouquinrille, Radio-Canada SOUCY MUSIC-HALL ! Ga«tan SotK-r Roman J%pages* 27,95$ Boréal www.edltlonsboreal.qc.ca PHOTO D'ARCHIVES LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2 0 0 2 Livres SUITE DE LA PAGE D 1 sur des propos qui vont au delà de trois minutes.Aucune preuve scientifique n’a jamais été donnée à l’appui de cette thèse, mais tout le monde fait comme si le sort de la radio publique dépendait de l’observation de cette règle, arbitraire, des trois minutes.les réalisateurs de radio sont tenus de ne diffuser que des dépêches de 180 secondes, de découper les reportages plus longs en petits segments, alternant avec des musiques reposantes, voire, tout simplement, de refuser les contribu-tjons quelque peu exigeantes.Etant donné qu’une argumentation sérieuse demande un certain laps du temps pour être présentée et développée, il est évident que ce parti pris soi-disant esthétique des trois minutes joue le rôle d’une censure douce de la pensée qui n’ose pas dire son nom.Le règne des capsules Un résultat palpable de cette volonté des radios publiques d’imiter les médias commerciaux se voit dans la multiplication des magazines qui font croire au public que l’actualité politique, culturelle, économique ou autre, dûment présentée, n’est rien d’autre qu’un cocktail de brèves et divertissantes nouvelles, présentées par des gens décontractés et toujours de bonne humeur, fuyant les problèmes comme le diable l’eau bénite.Pourtant, la «magazinite», ainsi qu’on appelle, dans les milieux de la radio, cette maladie contagieuse, n’a pas réussi à ronger tous les programmes publics.Les chaînes culturelles des radios publiques suisses — germanophones, francophones et italiennes — continuent de diffuser de longs entretiens avec des écrivains et des chercheurs, des débats intellectuels, et à pratiquer une critique de RADIOS livres qui ne se borne pas à deux exclamations émerveillées.En Allemagne, la situation est plus contrastée puisqu’il n’existe pas une seule radio publique mais des douzaines, chacune dotée de sa propre politique éditoriale.Des institutions de droit public Ces radios-la ne sont pas des radios d’Etat mais des institutions de droit public dont la gestion est contrôlée par des conseils de surveillance où sont représentés partis politiques, syndicats, Églises et groupes sociaux importants.Décentraliser la radio — la télévision n’existait pas encore à l'époque — fut la réponse apportée aussi bien par les Alliés occupant le pays après leur victoire, en 1945, que par les dirigeants allemands à l’ancienne concentration des radios en une seule instance telle qu’elle avait été mise en œuvre par les nazis ainsi qu’à la transformation de celle-ci en un puissant instrument de propagande du régime, contrôlé directement par le ministre de la Propagande et proche d’Hitler, Joseph Goebbels.Les nouvelles radios de l’après-guerre avec leurs bases et leurs publics régionaux avaient pour mission, comme le stipulent leurs statuts, non seulement de fournir des informations «objectives» sur les affaires du pays et celles du monde, voire de divertir, mais aussi de contribuer à l’éducation et à la formation démocratique des Allemands, et ce, par le truchement privilégié de la culture.Pour cette raison, dès le début, les programmes culturels occupèrent une large place dans la grille des programmes des radios de l’après-guerre.Les studios de ces radios publiques se transformèrent au fil des ans en véritables laboratoires littéraires de création, animés par des rédacteurs qui étaient souvent Le baromètre du livre au Québec \ 1 Essais LE LIVRE NOIR DES ÉTATS-UNIS P.SC0WEN les Intouchables 2 2 Roman Qc MUSIC-HALL ! V G.S0UCY Boréal 2 3 Roman J.FRANZEN Boréal 1 4 Dictionnaire LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2003 COLLECTIF Larousse 9 5 Roman LE PIANISTE 4P W.SZPILMAN Robert Laffont 80 6 Érotisme Qc AU FOND DES CHOSES W ST-HILAIRE Lanctât 3 7 Dictionnaire LE PETIT ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE 2002 COLLECTIF Le Robert 7 8 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN ?ABRASHARES Gallimard 12 9 Roman Qc BONBONS ASSORTIS T M.TREMBLAY leméac/Actes Sud 11 10 Roman ŒUVRE DES ILLUSIONS 4P P.AUSTER leméac/Actes Sud 15 11 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT E.TOLLE Ariane 101 12 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?4P J.SPENCER Michel Lafon 89 13 Polar MYSTIC RIVER ¥ D.LEHANE Rivages 21 14 Roman IA FÊTE AU BOUC ¥ M.VARGAS LLOSA Gallimard 16 15 B.D.1ARG0 WINCH.1.12-Shadow VAN HAAWE/FRANCO Dupuis 8 16 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT.E.TOLLE Ariane 19 17 Dictionnaire __________ MULTIDICTIONNAIRE DE U LANGUE FRANÇAISE ¥ M.-E.DE VILLIERS Qc Amérique 251 18 Roman Qc LES QUATRE SAISONS DE VIOLETTA C.BROUILLET Denoêl 11 19 Nutrition BON POIDS, BON CŒUR ¥ M0NTIGNAC 7 DUMESNIL Flammarion Qc 15 20 Roman Qc L'ANGLE MORT J.-F CHASSAY Boréal 4 21 Actualité A.ADLER Grasset 4 22 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD ¥ F.VARGAS Viviane Hamy 39 23 Érotisme Qc BANQUETTE, PtACARD, COMPTOIR ET AUTRES UEUX.W.ST-HILAIRE Lanctfit 30 24 Nutrition IA BOÎTE A LUNCH EMBALLANTE ¥ EM0ND / BRETON Flammarion Qc 55 25 Biograph.Qc L'ALLIANCE DE LA BREBIS G.LAVALLÉE JCL 20 26 Polar TOI QUE J’AIMAIS TANT ¥ M.HIGGINS-CLARK Albin Michel 14 27 Arts 365 JOURS POUR LA TERRE ¥ Y.ARIHUS-BERISAND de La Martinière 41 28 Psychologie cessez d Etre gentil soyez vrai i ¥ T.D’ANSEMBOURG L'Homme 87 29 Actualité M.CHOSSUDOVSKY Ecosociété 1 30 Nutrition MAIGRIR SANS RÉGIME J.-P.ZERMATI Odile Jacob 23 31 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, 1.1,2 & 3 ¥ M.LABERGE Boréal 90 32 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ A-M.MACDONALD Flammarion Qc 95 33 Essais Qc J.-P.CHARB0NNEAU Trait d'Union 4 34 Sexualité FULL SEXUEL J.ROBERT L'Homme 25 35 Roman LACROIX DE FEU, t.5 -11® partie 0.GABAL00N Libre Expression 13 36 Roman Qc MIST0UK G.BOUCHARD Boréal 16 37 Actualité Il SEPTEMBRE 2001 - L'effroyable imposture T.MAYSSAN Carnotéd.18 38 Actualité B.DELLINGER Robert Laffont 2 39 Roman Qc OUF! ¥ D BOMBARDIER Albin Michel 17 40 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N LESTER les Intouchables 41 41 Roman JE L'AIMAIS* A GAVALDA Dilettante 25 42 Sport S RICHARD Hurtubise HMH 3 43 Maternité LE GUIDE PRATIQUE DE LA FEMME ENCEINTE M.-C.DELAHAYE Marabout 117 44 Jeunesse CHANSONS DOUCES, CHANSONS tlNDRES (Um * K) ¥ H.MAJOR Fides 47 45 Roman Eloge des femmes mûres ¥ S.VIZINCZEY du Rocher 70 T : Coup de Cœur RB : Nouvelle entrée rm*ihm» a»»»! f PUcs de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir, l^uccûrsalêsaî^îîebec VISITEZ notre nouveUe librairie de 16 000 p.e.sur 2 niveaux LE NOUVEAU Carrefour Laval 3035, boni.Le Carrefour W (450) S(i ÎU)-» l)omiiiu{tic.(>iii4>i’as" f ml tiLtvvil < wvvw.ulmvil.t a'put 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2 0 0 2 D 6 iSSAIS"*- En marge du 11 septembre Faut-il chercher l’islam derrière les attentats du 11 septembre 2001?Certains commentateurs n'ont pas tardé, à la suite du drame, à déployer cette thèse.Religion de violence, d’intolérance et de conquête, ont-ils clamé, l’islam, c’était certain, jouait un rôle important dans la logique des terroristes.Irrité par ce simplisme qui lui semblait faire écran à une véritable compréhension de l’événement, le professeur de philosophie J.-Claude St-Onge a résolu de revisiter «les textes sacrés des trois grandes religions monothéistes» afin d’approfondir la question.Résultat?Dieu est mon copilote, un essai un peu bancal qui attribue des torts aux trois traditions analysées tout en relativisant le rôle de la religion dans la genèse et le déclenchement des conflits humains.Sur ce dernier aspect, St-Onge est assez clair ce serait une erreur «de croire que la religion est la cause de tous les fléaux qui accablent l’humanité» et «les appels que Bush et ben laden multiplient à l'endroit de Dieu et d’Allah voilent des réalités mercantiles.De l’exaltation religieuse se dégage une forte odeur de pétrole».Pour s’assurer d'être bien compris, l’essayiste résume ainsi son credo d’inspiration marxiste améliorée: «En tant que représentation du monde, ou idéologie, la religion est un produit de la conscience, et la conscience est elle-même produite par les conditions de vie économiques, politiques, sociales et existentielles.» Alors, chercher l’islam derrière les attentats?Non.Plutôt chercher les «intérêts bassement mercantiles» des élites et les conditions matérielles du peuple derrière le discours religieux.Pourtant là-dessus, qui est peut-être l’essentiel dans la logique même de l’auteur, on n’en saura pas vraiment plus, et les motivations des pirates de l’air eux-mêmes resteront obscures.Le gros de l’œuvre de St-Onge, donc, se déploie en marge du cœur annoncé de son projet et consiste en une lecture très critique de la Bible, surtout, et du Coran.Ce dernier inciterait à la violence, a-t-on clamé?L’essayiste entend faire la preuve que la Bible ne donne pas sa place en ce sens.Plus encore que le Coran, explique St-Onge, la Bible fourmillerait d’appels aux massacres, d’incitations au mépris de la vie et à la diffamation de l’être Louis Cornellier ?humain, en plus d’entretenir une vision dualiste de l’être qui contribue au dénigrement du corps et de la sexualité et un souverain mépris de la femme.Par souci d’honnêteté, St-Onge multiplie les appels à la prudence envers une saisie «au pied de la lettre» des textes sacrés qu’il commente, mais il semble lui-même incapable de se plier à cet art de l’interprétation.Pleine d’anachronismes, sa lecture, de relative mauvaise foi pourrait-on dire, s’en tient presque toujours à la littéralité et repose sur une conception de la religion a priori négative, même s’il s’en défend bien.On se rend compte, au fil des pages, que Marx et Nietzsche sont passés par là auparavant et que la thèse de la religion comme opium culpabilisant du peuple détermine l’ensemble.Quand St-Onge, par exemple, règle d’un trait de crayon la grande question du mal pensé dans une perspective chrétienne en décrétant qu «il est impossible de réconcilier le mal avec l’existence d’un Dieu bon», on ne peut que constater que la réflexion ne lèvera pas.Plus loin, quand il donne raison à Marx qui aurait écrit «que les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris, l'avilissement, la servilité, “toutes les qualités de la canaille", alors que l'humanité a besoin de courage, de fierté, d’esprit d’indépendance et du sentiment de sa dignité», on se demande si l’homme sait qui est vraiment le Christ des Ecritures.Quand il pointe «l’équivoque et les contradictions» des idéologies religieuses et qu’il souligne le potentiel de danger de ces discours «instrumentalisables».quand U affirme que la Bible n’est pas plus exempte que le Coran de passages effrayants et douteux, St-Onge rappelle des vérités que les esprits étroits, gnangnan ou dogmatiques, ont la faiblesse d’oublier.Malheureusement, sa propre lecture plutôt primaire de ces traditions ne nous permet pas d’en soupeser les enjeux actuels, et son projet d’ensemble, mal défini, nous laisse sur notre faim.Nos intellectuels face au 11 septembre En marge, lui aussi, du 11 septembre, mais de manière mieux assumée, le professeur Jacques Pelletier, dans un document que publie la revue Possibles, analyse la réaction des intellectuels d’ici aux tragiques événements.Tous les textes sur lesquels il se penche ont paru dans Le Devoir.Son hypothèse, assez peu originale, est la suivante: *[.] les intellectuels québécois ont réagi à la lumière de leurs engagements antérieurs, conformément aux clivages qui les divisent et les opposent à propos d’enjeux moins explosifs et significatifs.» Ainsi, selon lui, les intellectuels d’obédience libérale (Jocelyn Létourneau, Daniel Jacques et Antoine Robitaille, inspirés par la figure tutélaire d’Alain Fin-kielkraut), en stigmatisant toute critique radicale de la domination américaine parce que ce point de vue, selon eux, légitimerait l’action terroriste, se sont transformés en faucons à la solde de la politique étrangère impérialiste des Etats-Unis.Quant à eux, les experts (Albert Legault, Charles-Philippe David), soi-disant neutres, ont manœuvré avec plus de subtilité, mais ce fut, finalement, pour aboutir au même résultat une position pro-américai-ne plus feutrée mais qui se contente de critiquer les modalités de la «guerre sainte» contre «l’axe du mal», sans remettre en cause ses fondements.Pelletier conclut donc «à une politique effective de démission face à la domination impériale».Seuls certains journalistes du Devoir (Descôteaux, Sansfaçon, des Rivières, Leclerc, Dion et Courte-manche), en fin de compte, trouvent grâce aux yeux de Pelletier.Par leur «volonté de comprendre» et leur «refus d’une politique purement revancharde», par leur rejet d’une «logique militariste» dans la recherche d’une solution globale et durable «au déséquilibre mondial identifié comme principal facteur pouvant, sinon justifier, à tout le moins inspirer l'action terroriste», ils auraient incarné une «liberté d’espnt» absente chez les penseurs libéraux et les experts.Jacques Pelletier n’échappe pas à sa propre hypothèse: il réagit lui-même aux réactions «à la lumière de [ses] engagements antérieurs».Parce que, pour lui, «l’hyperimpérialisme américain» ne fait pas de doqte et détermine tout débat mettant en cause les Etats-Unis, toute posture pro-américaine est considérée, à ses yeux, comme une démission face au pouvoir.Les libéraux qu’il dénonce lui répondraient probablement que le 11 septembre ne permet plus ce raisonnement en forme de pente fatale, mais pour Pelletier, rien ne justifie cette révolution du regard critique.D’où son extrême sévérité à l'endroit des libéraux, un jugement qui reste à étoffer puisqu’il demeure fondé sur un à-priori qui n’est plus partagé, peut-être à tort, par certains qui, l’an dernier encore, l’acceptaient En ce sens, «Le 11 septembre des intellectuels québécois», première partie d’une analyse dont on annonce déjà la suite, pour être vraiment utile, devra quitter la marge et aller au fond des choses, c’est-à-dire expliquer ou rappeler, à ceux qui pensent le contraire, pourquoi le 11 septembre n’a rien changé à ce qui, d’un point de vue progressiste, justifie un antiaméricanisme de bon aloi.louiscornellierfâparroinfo.net DIEU EST MON COPILOTE La Bible, le Coran et le 11 septembre J.-Claude St-Onge Editions Ecosociété Montréal, 2002,192 pages «LE II SEPTEMBRE DES INTELLECTUELS QUÉBÉCOIS» Jacques Pelletier Dans Possibles, volume 26, numéro 4, automne 2002 Le matheux et le grand méchant flou La vérité, tout le monde la cherche.Mais existe-t-elle?N’est-elle pas toujours parcellaire, contingente?La raison est limitée, contrairement à ce que pensaient les premiers modernes.Dans ce contexte, nous dit Marco Bélanger, contentons-nous de viser la «lucidité».C’est déjà là un grand défi! Mais quelle est-elle, cette lucidité, exactement?Suffit-il d’être scientifique?Toutes questions à la source de son essai Le Flou dans la bergerie (Liber).Nous avons rencontré M.Bélanger dans son bureau — sous le portrait stimulant et intimidant de Galilée —, au collège Brébeuf, où il enseigne les mathématiques depuis 18 ans.Conversation avec un matheux devenu doctorant en philosophie.* ANTOINE ROBITAILLE Le Devoir.Vous avez été le président des sceptiques du Québec.Marco Bélanger.Oui, c’était au moment du passage à l’an 2000.Je me disais qu’on allait entendre plein de choses curieuses, non fondées.J’étais dans ce mouvement depuis cinq ans.Le Devoir.Vous ne vous êtes pas présenté de nouveau à la présidence.Avez-vous cessé ., .d’être sceptique?L A M.B.Certainement pas.Deux choses m’ont empêché de me représenter: des ennuis de santé passagers, d’abord.Mais surtout, c’est que, chez moi, le questionnement philosophique a D E S I pris le dessus.Les sceptiques adhèrent pleinement au discours scientifique alors que moi, j’avais envie de prendre mes distances par rapport à celui-ci.Non pas pour le réfuter, mais simplement pour me poser des questions autres.Le Devoir.Et voilà que vous nous faites un livre qui porte en partie sur le «flou» omniprésent et sur les limites de la raison.Ce ne sont pas des thèmes fréquents chez les mathématiciens comme vous! M.B.Peut-être.Mon rapport aux mathématiques est simple: je suis allé dans cette branche parce que j’y avais de la facilité, mais aussi parce qu’elle m’offrait des certitudes.Et quand on est jeune, on cherche la certitude, on aime à la côtoyer.Mais je me suis rendu compte assez vite que les certitudes mathématiques sont toujours conditionnelles.Conditionnelles à des axiomes, à des prémisses: des choses que l’on admet, mais qui sont le fait de la contingence du monde.Si l’on utilise une géométrie plane, c’est que localement, on a l’impression que la surface de la terre est plane.Bref, nos certitudes en mathématiques ne sont que cqndition-nelles.Pas absolues.Evidemment, plusieurs mathématiciens continuent à dire que les mathématiques sont un discours «certain», mais dans les faits, non: il a été démontré qu’il est impossible de démontrer certains théorèmes.Bref, j'ai maintenant envie d’aller plus loin: non seulement y a-t-il de l’incertitude en mathématiques, me suis-je dit, mais si on explore celle-ci, ne peut-on pas découvrir des choses?J’en suis donc venu à la conclusion que les interrogations les plus intéressantes sont celles qui relèvent de l’éthique et de la morale, où il n’y a pas de réponses absolues.Le Devoir.C’est frustrant, non, l'incertitude, le flou?M.B.Non, c’est tant mieux! S’il y avait des réponses absolues, il faudrait les suivre impérativement comme des règles.On dirait lorsqu’un cas Y se produit il faut appliquer la solution X.Ce serait la solution finale de la pensée, sa fin.On deviendrait tout simplement des animaux, n’ayant pas I D C beso'n de réfléchir, R C obéissant à des instincts.Nous serions des exécutants.Mais heureusement, il semble que la science ne puisse arriver à ce terme.«Le flou est dans la ber-' r p grric des concepts com-D E E S muns», comme je l’écris dans le livre.Le flou est essentiel.Sans lui, pas de poésie.On ne pourrait plus avoir le plaisir d'affiner le langage.Avec des mots définis de façon certaine une fois pour toutes, on ne ferait en quelque sorte que télécharger des informations.Le Devoir.N’est-ce pas, d’une certaine manière, ce que nous annoncent les prophètes de l’intelligence artificielle?M.B.Oui, et je crois qu’il y a certains mythes dans ce domaine, lorsqu’on dit que l’on pourra un jour copier l’intelligence humaine avec des ordinateurs super-puissants, j’en doute beaucoup.Peut-on vraiment réduire l’intelligence humaine à un ensemble de connections, que celles-ci soient mécaniques, électroniques, chimiques, etc.?Je crois que c’est impossible.C’est un mythe qui dé coule d’un autre mythe: celui du pouvoir infini de la raison.Le Devoir.Bref, la raison n’est pas toute-puissante.M.B.En effet pour moi, elle a de grandes limites.J’ai parlé des incertitudes en mathématiques.Mais on pourrait aussi parler des théories scientifiques: on a longtemps pensé, surtout au XIXe siècle, que ces dernières disent des choses «vraies» sur la nature.Or, elles disent des choses fort «probables», elles font un pari provisoire et assez limité.Les théories scientifiques sont vraies, mais jusqu'à nouvel ordre.Rien ne dit qu’à un moment donné, de nouveaux faits ne pourraient pas se présenter et contredire nos théories actuelles.Le Devoir.On essaie encore de tout quantifier de nos jours.Je pense à l’économétrie.Que diriez-vous à ces gens-là?M.B.Les scientifiques, en géné HISTOIRE DES RELIGIONS Vingt siècles de christianisme SOURCE ÉDITIONS LIBER «Lorsqu’on dit que l’on pourra un jour copier l’intelligence humaine avec des ordinateurs super-puissants, j’en doute beaucoup», fait remarquer Marco Bélanger.LOUIS CORNELLIER T) e» de gens se souviennent que " X leurs croyances, leur mentalité, ont été marquées profondément par ce long cheminement du christianisme.Beaucoup ne sont plus très sûrs de leur fin.Mais elle n’est pas tout à fait éteinte en eux.Lhistoire de l’Église a marqué leur mentalité et ils l’ignorent.Elle n’est d’ailleurs au programme d’aucune école.C’est un trésor qui reste à découvrir.» C’est par ces mots que Georges Suffert lance sa majestueuse histoire du christianisme qui lui a valu le prix des Maisons de la presse françaises en 2000.Ancien membre des cercles de la revue Esprit, journaliste et essayiste catholique à la plume vive, Suffert avec cet essai brillant fouillé et accessible, livre une œuvre essentielle.A peu près unanimement mé connue, victime des bobards et des légendes entretenus à son sujet, l’histoire de l’Église méritait qu’on la raconte enfin simplement dans le détail, et dans un esprit digne de sa grandeur et de sa complexité.De l’enthousiasme minoritaire des premiers apôtres à la ténacité de Jean-Paul II, en passant par les conflits et les enjeux militaires, idéologiques et spirituels qui ont marqué sçs deux millénaires d’existence, l’Église chrétienne revit dans ces pages l’épopée que fut son histoire grâce à un guide érudit qui a veillé à ne pas rendre assommant l’objet de sa passion.Toutes les époques, tous les personnages importants et tous les événements essentiels (l'affaire Galilée, ral, croient que leurs discours permettent de réduire le réel à des formulations langagières.Moi, je ne le crois pas.Si on pouvait le faire, ça voudrait dire au fond que le réel est très semblable au langage humain.Ou même au langage symbolique, aux «meilleurs» langages: les langages formels comme la logique.Mais j’en doute parce que ce serait en quelque sorte trop beau pour être vrai.Je me méfie toujours de ce qui nous porte à nous rassurer.Pareil réel nous rassurerait beaucoup.Ce serait un réel «rationnel».Je préfère être sceptique.Le Devoir.Diriez-vous que vous n’êtes plus attiré par la science?M.B.Enfin, ce qui me préoccupe moins, aujourd’hui, c’est la recherche de réponses définitives.Parce que je sais qu’il n’y en a pas.Mais c’est tout de même plus stimulant et enrichissant de se poser des questions auxquelles il n’y a pas vraiment de réponse définitive.C’est plus stimulant pour l’intelligence.Et ça permet de dire que la pensée restera une aventure.Le Devoir.Justement, il y a un grand malaise de l’être humain face à l’incertitude découlant de l’effondrement des grandes explications religieuses et idéologiques.Vous nous dites: on doit apprendre à vivre avec cette incertitude, cette angoisse.Ma question est est-ce à la portée de tous les êtres humains?M.B.Grande question! On tente toujours de se rassurer.Or, ce sont les langages qui nous rassurent, pas la réalité.La réalité nous rassure très peu.Nous rassurer par les langages, c’est en partie efficace, mais cela nous amène parfois à décoller du réel.On continue alors d’être rassurés par nos propres constructions abstraites.Mais lorsqu’on quitte trop le réel, on finit par être moins «lucide».C’est ce que j’ai tenté d’explorer dans mon livre.Il faut tenter d’être lucide dans les limites de ce que l’on peut trouver de plus vrai mais aussi, à la fois, de plus supportable.C’est là le grand défi de notre lucidité.On ne peut toujours le relever.On ne peut toujours arriver à connaître ce qui est le plus vrai et, en même temps, se trouver rassuré parce que, souvent, ce qui est le plus vrai est le plus cruel et, là, on a tendance à le refuser.On choisit alors, souvent, d’être rassuré.Mais cela mène rarement à plus de lucidité.Et inversement être lucide mène rarement à être rassuré! Nous sommes toujours tiraillés entre ces deux pôles.Moi, je me suis donné comme ligne de conduite de préférer ce qui est le plus vrai à ce qui est le plus rassurant Ce que je trouve rassurant, je m'en méfie.LE FLOU DANS LA BERGERIE Marco Bélanger Editions Liber Montréal, 2002,209 pages entre mille autres) y passent racontés avec une verve soutenue et un constant souci de rigueur.Catholique affiché, Suffert ne cache pas ses sympathies pour une foi et une institution auxquelles il adhère, mais son honnêteté intellectuelle transparaît à chaque page de cet ouvrage.Sa reconstitution des premiers siècles du christianisme, sa présentation des hérésies (arianisme, pélagianisme, nestorianisme) qui, écrit-il, ont contribué à fabriquer la foi, son lumineux récit de la réforme luthérienne et ses propos sur le catholicisme au XX' siècle brillent plus particulièrement à travers cet ensemble admirable en tous points.Admirateur de Jean-Paul II dont il salue la foi généreuse et intense, Suffert ne racole jamais et témoigne à visage découvert de sa perspective globale: «“L’opium du peuple”, décrétaient les esprits avancés du XDC.En vérité, cette longue procession, cette prière unique qui se poursuit à travers le temps et l’espace, n’a qu’une raison compréhensible: il s’agit de la lutte des vivants en face de la mort» Son indispensable somme ne convertira pas les incroyants, mais elle devrait confondre les ignorants qui se plaisent à mépriser ce qui les dépasse.TU ES PIERRE L’histoire des vingt premiers SIÈCLES DE L’ÉgUSE Georges Suffert IJvre de poche Paris, 2002,672 pages ROMAN HISTORIQUE Une rue mythique NAÏM KATTAN Grand voyageur, Jacques Lanz-mann rapporte dans ses bagages des histoires vécues ou inventées.Comme s’il désirait rentrer chez lui, il raconte, dans son dernier roman, Rue des Rosiers, l’histoire de cette rue située au cœur de Paris et peuplée depuis des siècles par des immigrants juifs qui y implantaient leurs traditions.Certains fuyaient la misère, d’autres étaient chassés de leur pays par les persécutions.Le déferlement des nazis allemands à Paris a vidé cette rue de sa population juive, la condamnant à l’incarcération dans les camps de concentration et à la mort dans les chambres à gaz.Pour raconter l’histoire de cette rue, Lanzmann prend comme point de départ le nom du lieu.Rosiers, roses, son personnage principal est un obtenteur, un inventeur de roses.Débarquant dans cette rue, des années après la guerre, U tombe sur Charme, une jeune femme qui occupe un appartement qui appartenait à des juifs et dont elle attend le retour des descendants.Elle est convaincue que Noam est un fils des déportés, rescapé, et que l’appartement lui revient Une passion les unit bientôt, un amour physique, une quête d’eux-mêmes et d’un passé qu’ils récupèrent en le découvrant Charme s’emploie à écrire l’histoire de cette rue à travers les siècles, faisant le récit des persécutions dont furent victimes ses habitants, génération après génération.Lanzmann tient le lecteur en haleine grâce à une intrigue où fourmillent les révélations et les coups de théâtre.Noam, le nouveau résidant de la rue, est-il véritablement l’héritier, le rescapé?Son histoire se prolonge dans celle de la rue, histoire fabuleuse qui met côte à côte juifs ashkénazes et sépha-rades, musulmans arabes et juifs orientaux, restaurants, librairies et jeunes couturiers.La passion amoureuse s’aligne sur l’histoire et Lanzmann a aussi inséré dans ce récit des pages émouvantes sur Auschwitz ainsi que sur le Moyen Age.On lit avec plaisir ce roman pour les péripéties de l’intrigue mais aussi pour les raccourcis historiques qu’il permet de prendre.RUE DES ROSIERS Jacques Lanzmann Editions du Rocher Paris, 2002,242 pages LE DEVOIR.LES SAMEDI IV ET DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2 0 0 2 RÉFÉRENCE OUVRAGES SOURCE TVS Marguerite Duras Voyage aux pays du grand roman LOUIS CORNELLIER Le titre, 100 romans français qu'il faut lire, pourrait laisser croire à un ouvrage plutôt scolaire, à un inventaire sans saveur comme il en existe tant sur le marché du livre.L’essai des professeurs québécois Hélène Gaudreau et François Ouellet n’a pourtant rien de ce type de pensum.Allègres et significatives malgré leur brièveté (deux ou trois pages chacune), les 100 présentations de romans fiançais qu’il contient sont admirablement bien menées et constituent de pressantes invitations à aller lire ces grands ouvrages qui, souvent, échappent encore, en partie du moins, à notre bagage culturel.Pour.la période qui va du Moyen Age au XVIII' siècle, Gaudreau et Ouellet ont retenu six romans, de Perceval ou le conte du Graal de Chrétien de Troyes à La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette, en passant par le Gargantua de Rabelais; pour le XVIII' siècle, la liste comporte neuf ouvrages, oeuvres, entre autres, de Montesquieu, de Laclos, de Rousseau et de Diderot; au XIX' siècle, c’est la manne, avec 27 titres, plus particulièrement trois de Balzac et deux chacun pour Stendhal, Hugo, Zola, Flaubert et Maupassant; au XX' siècle, c’est l’explosion, avec 58 ouvrages, dont trois de Gide (mais un de ceux-là appartient au XIX'), deux de Giono et le reste, immense, que se divisent ces monstres sacrés que sont Proust, Aragon, Breton, Céline, Mauriac, Bernanos, Sartre, Camus, Vian, Beckett, les nouveaux romanciers, Queneau, Perec, Duras, Sellers et plusieurs autres, parfois moins connus, mais qui ont droit, ici, au même traitement de faveur, fait d’éloges bien sentis.Les présentateurs mettent en contexte et résument les intrigues, bien sûr, mais ils s’attachent aussi, avec une acuité critique remarquable et dans une langue simple mais élégante, à saisir les innova- SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Albert Camus lions formelles et thématiques qui marquent la grande et riche histoire du roman français.Ils donnent, en début de parcours, ces pertinentes clés de lecture: «Les notices sont ordonnées chronologiquement, mais chacune se lit indépendamment des autres.Toutefois, le lecteur qui déciderait de soumettre sa lecture à la chronologie remarquerait une évolution dans le développement des formes romanesques, qui correspond globalement à l’histoire du genre.» Un seul petit oubli le nombre de pages de chacun des romans n’est pas mentionné, alors qu’il s’agit pourtant d’une indication essentielle à l’heure de faire des chok de lecture.Pour le reste (description des intrigues et des personnages, commentaires sur les procédés narratife et stylistiques, petits essais d’interprétation intégrés), ce généreux voyage aux pays (il y en a plusieurs!) du grand roman français s’avère un réel plaisir de lecture et une franche réussite pédagogique.100 ROMANS FRANÇAIS QU’IL FAUT LIRE Hélène Gaudreau çt François Ouellet Editions Nota bene Québec, 2002,318 pages ESSAI Les nouveaux visages de la culture française DAVID CANTIN \ A pareille date l’an dernier, le Québec accueillait La France au Québec/la saison, une manifestation culturelle jouant sur toute la palette de la jeune création française, à travers diverses disciplines artistiques.En guise de souvenir de l’événement, le consulat général de France à Québec a demandé à Guillaume Leingre de constituer un parcours photographique de la manifestation.Un jardin français vient ainsi compléter 1’ouvrage de Nathalie Chapuis, paru il y a quelque temps aux Editions Autrement, Créateurs - Création en France, qui porte sur la scène contemporaine en France.Deux visions de l’état actuel de la culture en territoire français.Le catalogue de Guillaume Leingre laisse peu de place au texte, beaucoup à l’image.Les 80 photos vont d’un portrait à l’autre, d’une répétition à une représentation en cours.Le chok se défend, sauf qu’il aurait été peut-être intéressant d’inclure une courte préface pour revenir quelque peu sur ces trois mois d’activités intenses.Mis à part les présentations officielles du début, la suite ressemble davantage à un jardin-fouillis.Pour en savoir davantage, il faut plutôt mettre la main sur le livre beaucoup plus intéressant de Nathalie Chappuis à propos des figures émergentes de la nouvelle scène française.Cet état des lieux fait un survol, assez subjectif, des créateurs de talent à l’heure actuelle en architecture, en design, en graphisme, en arts plastiques, en photo, en danse, en littérature, en musique, en théâtre, en cinéma et dans les nouveaux médias.Les photographies sont magnifiques, de même que la mise en page qui invite à découvrir un contenu riche d’information.À quoi ressemble la nouvelle scène artistique française?Elle progresse certainement à travers des hybridations interdisciplinaires, des échanges internationaux, ainsi qu’un héritage de la pensée moderne et postmoderne.Dans le domaine musical, Christophe Conte (de la revue Les Inroc-kuptibles) arrive à faire un excellent survol des tendances du moment avec Sébastien Tellier, Luke, Télépopmusik et Saïan Supa Crew en tête.Côté littéraire, on met plutôt l’accent sur des noms comme Houllebecq (évidemment) ou encore Marie NDiaye.Chez les scénographes, Olivier Py, Didier-George Gabily et Jean Luc Lagar-ce ont la cote.On pourrait ainsi continuer, mais l’important réside surtout daps la qualité des introductions.Evidemment, certains diront que les chok sont parfois discutables.On fera valoir, par contre, qu’il est rare de pouvoir mettre la main sur une synthèse aussi stimulante à parcourir, ne serait-ce que d’un point de vue strictement graphique.L’avenir dira si cette somme d’informations est appelée à demeurer d’actualité.L’ouvrage est en fait un tableau synthétique, aussi agréable que facile à consulter.UN JARDIN FRANÇAIS Guillaume Leingre Consulat général de France à Québec Québec, 2002,95 pages CRÉATEURS - CRÉATION EN FRANCE (LA SCÈNE CONTEMPORAINE) Sous la direction de Nathalie Chapuis Éditions Autrement/CNDP Paris, 2002,396 pages D 7 «'Essais*»- BÉDÉ Si cru et si sain L’assassin Vuiilemin court toujours DENIS LORD Drôle de chose que ce catalogue bédé d’Albin Michel depuis quelques années.Hormis quelques rares jeunes auteurs fantastiques, le plan éditorial semble se limiter à la (re)publication des vétérans de L’Écho des savanes et d'Hara-Kiri, les Reiser, Wolinski, Manara.Par ailleurs, d’excellents titres de Willem, de Crumb ainsi que de Munoz et Sam-payo sont disparus du catalogue.Mais faut-il bouder son plaisir lorsqu’on nous offre un délicieux florilège du sulfureux Vuiilemin?Les planches de cet album, comme celles des 20 albums précédents, ont pour la plupart été prépubliées dans le mensuel L'Écho des savanes.C’est du Vuiilemin égal à lui-même, c’est à dire vulgaire et méchant, sinon assassin, «toujours plus loin, toujours plus fort, jamais trop con», comme il le dit lui-même.Au-tra-vers des gags en une planche et des récits plus développés, le dandy destroy oscille entre ses «propres» versions de farces de comptoir, comme ils les appellent en France, et la mise en relief des bêtises de la société.SDF, richards, touristes ou immigrés, nul n’est épargné.Quel plaisir de relire, entre autres, Sentier allumé, où des tortion- naires sud-américains se font payer par Amnesty International des vacances chez des pacifistes français.On a peut-être trop souligné la férocité de Vuiilemin au détriment de son dessin.Le monsieur possède un talent fou pour dessiner, dans des coloris délibérément atroces, des faciès grotesques d’olibrius fleurant bon la joie d’être stupide.Pour ceux qui étaient à l’extérieur du système solaire ces dernières années, voire en état de catalepsie (ça arrive), mentionnons qu’en 2000, Niffle-Co-hen publiait l’excellent Vuiilemin - Entretiens avec Numa Sadoul.De l’intérêt des choses tues Notre planète reçoit un signal d’origine extraterrestre qui se révèle, une fois décrypté, hospitalier.Un cosmonaute est donc envoyé chez nos frères de l’espace, qu’il devrait rejoindre après cinq années d’hibernation.Parvenu à ce terme, hélas, il rentre chez lui bredouille et la population est fort déçue.Mais ce que tous ignorent, c’est que Youri, le cosmonaute, a atterri sur une planète à ce point semblable à la nôtre que ses habitants ont envoyé simultanément chez nous un autre voyageur également prénommé Youri.Cette intrigue reflète le type de trame narrative à l’œuvre dans les courts récits que présente La Pastèque et qui ont préalablement été publiés, entre 1995 et 2002, dans les revues Spoutnik, Lapin et Le Cri du margouillat.Il est donc question ici, de non-événement ou.plutôt, d’événements mystérieux, inconnus de tous parfois, sinon du narrateur.Dans Les Records du monde, Delisle fait état de cet homme «potentiellement capable d’écrire le Coran sur un grain de riz», de celui qui a le plus petit gros intestin.Dans Im Dernière Case, imprimé en deux couleurs, le voisin de l’auteur, un professeur de philo victime d’un burn-out, disparaît, enlevé par un étrange infirmier.Guy Delisle travaille dans le cinéma d’animation en France et a publie plusieurs albums à L’Association, dont l’excellent Shenzhen, récit autobiographique.Chez Dargaud, sa série policière et humoristique «Inspecteur Moroni» fait l'objet d'une publication en couleurs.Comment ne rien faire offre un regard sur la variété de ses styles.Avec toujours beaucoup de talent, Delisle passe du croquis au dessin plus léché, la ligne claire s'efface pour faire place aux lavis.Cette aisance à jouer les caméléons, originant peut-être de la nécessité, en animation, de se plier à différentes esthétiques, ne laisse d'impressionner.Expérimentaux ou intimistes, les récits de l'auteur, aux chutes parfois déconcertantes, rappellent la joie des rêveries solitaires lorsqu'on déambule sans but au hasard des chemins.C'est important.don islord@endirect.qc.ca LE MEILLEUR DE VUIILEMIN Vuiilemin Albin Michel Paris, 2002,81 pages COMMENT NE RIEN FAIRE Guy Delisle les Editions de la Pastèque Montréal, 2002, 100 pages SDF, richards, touristes ou immigrés, nul n’est épargné VERNISSAGE Géographie d'un lieu Marie-Claude Pendleton Jusqu'au 27 octobre 2002 mardi et mercredi : 13 h a 20 h jeudi et vendredi : 13 h a 17 h samedi et dimanche : 12 h à 17 h Entrée libre Maison de la culture Pcynte-aux-Trembles 14001, rue Notre-Dame Est (514) 872-2240 www.ville.montreal.qc.ca/maison Ville de Montréal LE DIMANCHE 15 SEPTEMBRE jusqu’au 4 octobre Nicole Simard GALERIE Linda Verge 1 0)9.AVI \i I Dis I RA HI I s QI’I IU ( (4 I 8) 525-8393 CIPvOÎN GALERIE I GAI.ERIE II ROBERT MANUELA SAUCIER LALIC Du 14 septembre au 12 octobre 2002 Vermssage le samedi 14 septembre de 15 h a 18 h 372, rue Sainte-Catherine Ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi eu samedi de 12 h 00 à 17 h 30 Le Centre d'exposition Circa remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.ml présente Exposition Angelica par Gabrieli Les oeuvres du peintre seront exposées du 22 septembre au 19 octobre 2002 Vernissage: Dimanche 22 septembre 1Ih30 à 16H30 Qù Çt> Çl> Horaire d’ouverture Lundi au dimanche lOhOOà 18h00 www.72anges.ca Tous les profits sont versés à un organisme sans but lucratif La Galerie 1637 1637,ouest rue Sherbrooke, Montréal QCH3H 1E2 Tél.: (514) 846-3008 EXPOSITION M E R O L A Œuvres multiples Dessins, reliefs, sculptures, poèmes illustrés, pliages, livres, photographies de murales et d'installations de Mario Merola il septembre au 4 octobre 2002 Bibliothèque nationale du Québec 1700.rue Saint Denis, Montréal mardi au samedi, de 9 h à 17 h Entrée gratuite Bibliothèque nationale * û S > 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2002 D 8 ARTS VISUELS la mécanique des choses ROY ARDEN: ŒUVRES CHOISIES 1985-2000 Commissaire: Marnie Fleming Espace VOX, 350, rue Saint-Paul Est Se poursuit jusqu’au 27 octobre JEAN-CLAUDE y RPCHEFORT A l’exception d’une brève participation à l’exposition collective Panique au Faubourg organisée par le Quartier éphémère en 1997, l’artiste de Vancouver Roy Arden n’a jamais eu l’occasion de montrer son travail â Montréal.L’exposition-bilan de la Oakville Art Gallery qu’accueille l'Espace Vox vient donc compenser cette absence, absence qui devient de plus en plus inexplicable au fur et à mesure que l’on découvre l’ampleur de ce travail et la clairvoyance du regard qu’il porte sur le monde urbain et la société dite post-industrielle dans laquelle on est censé vivre.la disposition des œuvres ne respecte pas l’ordre chronologique — ce qui est tout à fait indiqué car on repère instantanément les séries d’œuvres plus conceptuelles du milieu des années 80 — et la dynamique de l’alternance entre les grands formats et les petites séries fonctionne à merveille.Dans l’ensemble, donc, l'accrochage favorise une fluide et fort agréable déambulation dans les galeries, la hic, c'est qu’on a placé dès l’entrée de l’exposition une œuvre vidéographique accompagnée d’une trame sonore qui affecte dramatiquement la lecture des images silencieuses.C’est d’autant plus dommage que ce choix — non pertinent de notre point de vue mais peut-être intentionnel — nous fait presque détester une œuvre qui n’a que le défaut d’être mal placée.Juggernaut (2000), tel est le titre de.l’œuvre en question, est une bande vidéo montrant en plan rapproché un moteur Volvo 847.L’image semble de prime abord fixe, si ce n’est les imperceptibles vibrations du moteur.Puis, graduellement, l’accélérateur accroît sa vitesse et entraîne des mouve- ments plus saccadés.C’est alors que se font entendre les inconfortables toussotements du moteur.Par-delà le réalisme rigide de l’image montrant la banale mécanique d’un moteur, c’est toute la vision du monde de Roy Arden qui se déploie dans cette œuvre déconcertante.Une chose, selon Roy Arden, n’est jamais que ce qu’elle est; elle porte en elle un coefficient d'étrangeté qui ne demande qu’à être révélé.Dans ce cas-ci, on passe en un rien de temps du mécanique à l’organique, le moteur Volvo se voulant la métaphore d’un cœur qui bat bien logé au creux de la cage thoracique.Des paysages de désolation Les grandes images photographiques qui suivent dépeignent des paysages de désolation (remblais de sable, décharges de billes de bois) et des scènes de banlieues où cohabitent péniblement développement domicilier, activités industrielles, exploitation des ressources naturelles et détérioration de l’environnement L’artiste affirme s’être inspiré, pour réaliser les photographies de ce monde mis sous tension et souvent déserté par l’homme, de l’art de Durer, d'Antonioni et de ses expériences personnelles.Grâce à un sens de la composition exceptionnel, son penchant pour les formes insolites du monde extérieur s’exprime dans ces photos-tableaux avec naturel.Mais ce naturel est toujours un peu trompeur.Car à l’instar de l’art des maîtres cités par l’artiste, les images captées par Arden installent peu à peu un climat d’inquiétude.Dans Tree Stump, Nanaimo, B.C.(1991), une énorme souche occupe la partie centrale de l’image.En arrière-plan, juste derrière l’une des plus grandes tentacules de cette méduse égarée, on aperçoit un petit pavillon de banlieue.En juxtaposant de cette manière un symbole de la vie paisible et sans histoire à la représentation d’un objet menaçant, Roy Arden dialectise, sans toutefois trop insister, le rapport entre le monde des apparences et les tréfonds de l'âme.Dans cet esprit, la série de photographies documentant le Violaine CAUDREAU PORTRAIT D'UNE VOIX - ŒUVRES RÉCENTES Bertrand CARRIÈRE SIGNES DE JOUR - PHOTOGRAPHIES Expositions jusqu’au 5 octobre 2002 GALERIE SIMON BLAIS 5420, boni.Saint-Laurent H211S1 514 849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lOh à I8h samedi lOh à I7h LE CENTRE D'EXPOSITION • DE BAIE-SAINT-PAUL H+lèrw Boy.Chnnt Un* itnguitoi* rtncontr*.Album n- 6 (détoM).2001-2002 Peinture *t 2 OCTOBRE 2002 GALERIE D'ART DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL vente et location Mardi jeudi vendredi 11-16 h • Mercredi 11-17 h • Samedi 12-18 h • Dimenche 13-17 h 1390 Sherbrooke Ouest 514 285 1611 « i
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