Le devoir, 25 septembre 2006, Cahier A
BEN LADEN Ni mort ni gravement malade ?Page B 1 tsMX 9 w w w .1 e d e v o i r.c* o m ?GOLF L’Europe gagne une 3e coupe Ryder consécutive contre les Etats-Unis Page B 4 LE DEVOIli JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AFP Les Roms, avec 10 millions de personnes, constituent la plus grande minorité européenne, rappelle l’écrivain rom Vasile lonescu.Les oubliés de l’Europe Les deux millions de Roms qui vivent en Roumanie seront-ils les grands perdants de Vadhésion à l'Europe?À l’occasion du sommet de la Francophonie qui se tiendra à Bucarest les 28 et 29 septembre, notre correspondant européen explore quelques aspects méconnus de la Roumanie à l’aube de son adhésion à l’Union européenne.CHRISTIAN RIOUX Bucarest — A 20 kilomètres de Bucarest, dans la petite ville de Glina, s’étend le plus grand dépotoir de la capitale roumaine.Cinq kilomètres carrés qui reçoivent chaque année un demi-million de tonnes de déchets parmi lesquels on trouve de la ferraille augsi bien que des matières toxiques dangereuses.A moins d'un kilomètre de là, presque tous les Roms qui composent le quartier de Bobesh vivent de la récupération des déchets.Chaque matin, ils envahissent le dépotoir en famille et fouillent parmi les détritus pour trouver un bout de métal, une vieille pièce d’électroménager ou une roue de vélo qu’ils revendront sur les marchés.«Le dépotoir représente leur seul revenu», dit Alexandra Toma.Cela fait 200 ans que les Roms de la région, qui se sont installés ici après l’abolition de l’esclavage il y a 150 ans, vivent de la récupération, explique ce pasteur orthodoxe de 25 ans qui dirige la petite école de Bobesh.Dans la matinée, une partie des enfants de l’école va donc travailler au dépotoir.Le midi, ils prennent un bain, avant de venir à l’école.«Un enfant qui ne travaille pas, c’est une perte de revenu pour ces familles qui n’ont rien», dit M.Toma.VOIR PAGE A 8: ROMS POLITIQUE Irak: un rapport secret écorche la logique Bush JONATHAN EKNSI REUTERS Le président américain, George W, Bush, salue les journalistes à la sortie de l’église St.John, à Washington, où il a assisté à la célébration dominicale, hier.Un rapport des services secrets affirmant que l’invasion militaire de l’Irak a considérablement augmenté la menace terroriste dans le monde est une bien mauvaise nouvelle pour le président à la veille des élections de mi-mandat de novembre.La guerre a accru la menace terroriste, concluent les services secrets Non seulement le monde n’est jus i>lus sür deiniis l’invasion américaine en Irak, mais cette guerre a grandement aggravé le problème que représente le terrorisme en favorisant l'émergence d'une nouvelle génération de terroristes islunisres.Cette menace planétaire s'est ainsi accrue au cours des cinq dernières années, selon ce qu’indique la première analyse officielle faite par l’ensemble des Itî agences de renseignements du gouvernement américain.Citant une douzaine de membres du gouvernement américain et des experts externes ayant pris part à la rédaction d'un rapport confidentiel intitulé Tendances du terrorisme mondial implications pour les Etats-Unis, le New York Times révélait hier que l’idéologie du djihad armé s'est propagée à une vitesse aivélérèe d;uis le monde entier et que linvasion militaire de l’Irak, en mars 2003, est une d anniversaire de la fondation de la ville de Québec, en 2008.C’est pourquoi d’ailleurs le premier ministre Charest a invité la mairesse de Québec, Andrée Boucher, à se joindre à la délégation québécoise.Justement, le prochain Sommet de la Francophonie, après celui de Bucarest se tiendra dans la Vieille Capitale à l’automne 2008.Les autorités québécoises comptent bien rappeler que Québec, deuxieme ville en ancienneté en Amérique du Nord et seule ville fortifiée au nord du Rio Grande, est la jonction parfaite entre les cultures d’Amérique et d'Europe, et constitue la porte d’entrée par excellence pour les milieux d’affaires européens qui veulent percer le marché nord-américain.Plusieurs rencontres Le Sommet francophone donne par ailleurs lieu a de multiples rencontres parallèles.S’y tiennent des réunions de l’Association des universités francophones, de l’Association des maires des grandes villes francophones du monde ou de l’Association des journalistes de langue française.Le premier ministre Charest participera au jumelage d’une école du Québec avec une école roumaine.Notons qu’un important volet culturel permettra à de jeunes artistes québécois ou néo-brunswic-kois de donner un spectacle sur une scène de la capitale roumaine.Quatre jeunes auteurs-compo- siteurs-interprètes québécois se produiront Catherine Major, Catherine Durand, Thomas Heilman et Yann Perreau, de même que le chanteur Jean-François Breau du Nouveau-Brunswick et le groupe acadien Blou.Une exposition de livres québécois se tiendra d’autre part à Bucarest et on ‘présentera dans un cinéma local une version sous-titrée en roumain du film La Grande Séduction du cinéaste Jean-François Pouliot Presse canadienne L’écrivain Pierre Yergeau rate de peu le Prix des cinq continents MICHEL DOLBEC Paris — Il s’en est fallu de peu que le Prix des cinq continents, décerné par l’Organisation internationale de la Francophonie, n’aille pour la première fois cette année à un écrivain québécois.Cette récompense littéraire a été décernée hier à Bucarest (où s’ouvrira jeudi le 1U sommet de la Francophonie) à la Mauricienne Ananda Devi pour son beau roman Eve de ses décombres, publié chez Gallimard.Elle a échappé par seulement quelques points à Pierre Yergeau, qui s’est vu gratifié d’une inhabituelle mention spéciale pour La Cité des vents, publiée à L’instant même, un petit éditeur de Québec.Le jury a voulu rendre hommage, a-t-on indiqué, à «l’écriture talentueuse de Pierre Yergeau, à son imaginaire captivant et riche de promesses».Composé d’écrivains aussi importants que Jean-Marie Le Clézio, Andreï Makine ou Paula Jacques, le jury a eu du mal à départager les deux romans.«C’est une très bonne décision, mais ça aurait pu être l’un ou l’autre, puisqu’il s’agit de deux livres remarquables sur le fond et sur la forme», a souligné Lise Bissonnet-te, la présidente de la Grande Bibliothèque du Québec, également membre du jury.Même s'il n’a pas remporté le grand prix, le roman de Pierre Yergeau a fait l’unanimité.J.M.G.Le Clézio l’a, dit-on, appuyé sans réserve.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pierre Yergeau «C’est un livre violent, a estimé l’écrivain né en France de parents mauriciens.Il y a un vrai souffle.Ça fait penser un peu à l’époque de la beat generation.On a un peu l’impression de lire un road novel C'est un livre en mouvement, qui est écrit en bougeant.En même temps, il y a un côté satirique.Cette description de la ville de Chicago et de la société américaine à travers le regard des hobos, des vagabonds, c’est très prenant.C’est un très beau livre, qui ferait aussi un très beau film.» Lise Bissonnette connaissait déjà Yergeau, dont elle a «tout lu».La Cité des vents l’a profondément séduite.«Ce qui est extraordinaire chez Yergeau, c’est qu’il arrive à faire du rêve américain un personnage à part entière, fait-elle remarquer.De tous ses romans, celuifà est le plus achevé, Yergeau est un écrivain qui sculpte ses phrases.Le risque dans ces cas-là, c’est de perdre le lecteur.Lui réussit à garder notre attention jusqu'à la fin.» Un romancier qui doute Curieusement, ce concert de louanges n’a pas calmé les doutes de l’exigeant romancier, né en Abitibi en 1957.«C’est très particulier, a-t-il confessé, parce que c'est un des livres envers lequel je nourris le plus de doutes.Je doute du rythme, je doute de certaines scènes, de la place du roman dans le cycle dans lequel il s’inscrit.Malgré cette récompense, je continue de douter.» Pierre Yergeau a publié 11 romans en moins de 15 ans.La Cité des vents est le quatrième volet d’une vaste saga faniiliale inaugurée en 1996 avec L’Écrivain public et qui s’est poursuivie avec La Désertion et Les Amours perdues.Plus de 140 ouvrages venus d’une trentaine de pays avaient été soumis cette année aux trois comités de sélection québécois, français et sénégalais du Prix des cinq continents.La liste finale comprenait dix romans, dont quatre venus du Québec.C’est le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, qui a remis leurs récompenses à Ananda Devi et à Pierre Yargeau au cours d’une cérémonie au Théâtre national de Bucarest.Presse canadienne Projet touristique de 230 millions dans Charlevoix Les négociations progressent au Centre de ski Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François ISABELLE PORTER Québec — La dernière condition à la réalisation du projet récréotouristique de 230 millions de dollars dans Charlevoix est en voie de se réaliser grâce au progrès des négociations entre les propriétaires du centre de ski Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François et leurs employes.«Idéalement, on espère que les négociations pourront aboutir avant la fin de l’année», a expliqué la porte parole du groupe, Diane Laberge.«On voudrait pouvoir s’entendre en décembre pour pouvoir commencer les travaux à la fin du printemps 2007.» Du côté syndical, on affiche aussi beaucoup d’enthousiasme: «A partir du moment où les deux parties embarquent dans le processus de bonne foi et l'esprit ouvert, tout est possible», a commenté Ann Gingras, de la CSN.Mais de là à fixer des échéances, Mme Gingras préfère s'abstenir, répétant que, justement «tout est possible».Les deux parties se rencontraient la semaine dernière pour déposer leurs cahiers des charges en vue du renouvellement de la convention collective, qui arrivera à échéance en décembre 2007.Cette démarche découle de l’intervention, en juillet dernier, d'un conciliateur du ministère du Travail, Jean Beauchesne, qui les a convaincues de revoir la totalité de la convention, et ce, dans des délais rapprochés.Conditions Le patron, l’homme d'affaires Daniel Gauthier, avait imposé une série de conditions — dont des concessions syndicales et des investissements publics considérables — avant de lancer son projet de complexe touris- tique écolo autour du centre de ski.M.Gauthier, qui dirigeait le Cirque du Soleil avant d’acquérir la station de ski, se dit prêt à réunir 170 millions de dollars en capitaux privés sur les 230 millions que coûtera son projet.Après de longues tergiversations, les deux ordres de gouvernement avaient accepté à la mi-juillet d’investir les 60 millions manquants.Le groupe Le Massif avait par la suite laissé entendre que le projet ne pourrait pas être réalisé à défaut d’une entente avec le syndicat.«Une problématique demeure encore omniprésente.soit l’incapacité de s’entendre avec l’exécutif syndical représentant les employés syndiqués de la station de ski Le Massif», avait alors déclaré M.Gauthier.Les membres du syndicat ont en outre dû tenir compte de l’intérêt suscité par le projet dans la région Qflill » M fi a 1 - " ' .W Si Leur passion?Chiner, farfouiller, négocier, dénicher la perle rare Bienvenue dans l univers des collectionneurs, grands et petits TOUS A LA BROCANTE! Pour la première de la saison, une visite guidee dans les coulisses du Palais-Royal et de la Comedie-Francaisc à Paris.DES RACINES ET DES AILES CE SOIR 1 9h ce soir 1 9h30 de Charlevoix, a convenu Mme Gingras.«Les gens de l 'exécutif ont décidé d’avancer leur date de négociation parce que, de toute façon, la négociation arrivait à échéance l’année prochaine.En même temps, ce sont tous des citoyens de Charlevoix, et ils sont conscients de l’importance de ce projet-là en matière d'emplois et pour l’économie.» Par ailleurs, on apprenait début septembre, que Daniel Gauthier laissait son poste de p.-d.g.du groupe Le Massif au profit d’un de ses lieutenants, Claude Choquette.«M.Gauthier se retire un peu des opérations.[.] Ça lui permet de se consacrer à autre chose, la vision du projet», a précisé hier Mme Laber-ge, assurant que M.Gauthier demeure le maître d’oeuvre du projet «R va notamment entamer une démarche d’analyse des tendances de la compétition et peaufiner davantage la programmation.» Collaboratrice du Devoir EN BREF Vents violents Les vents violents qui ont balayé le Québec hier ont provoqué une série de pannes d’électricité qui ont privé de courant au moins 110 000 foyers pendant plusieurs heures hier.Dans la région de Montréal, quelque 25 000 foyers ont été touchés.La région des Laurentides a quant à elle subi plus de 50 000 pannes, alors que des rafales atteignant entre 90 et 100 km/h par endroits ont fait plier et ont même cassé de nombreux arbres.Environnement Canada a même dû émettre un avertissement de vents violents pendant une bonne partie de la joimiee.Hydro-Québec a dû mobiliser plusieurs équipes d’urgence pour rétablir le courant mais la Société d'Etat a fait savoir que, pour certains foyers, l'electricité ne serait pas rétablie avant tard en soirée, voire ce matin.- Le Devoir Y 4 4 LE DEVOIR.LE L l N R 1 5 SEPTEMBRE 2 O O t> A A 0UTIQI1E Chantal Hébert Michaëlle Jean fait bondir les leaders souverainistes La gouverneure générale soulève une polémique en déplorant le manque d'intérêt des Québécois pour le reste du Canada De tout et de rien Ce n'est pas simplement rendre hommage ! à mon collègue Graham Fraser, qui quitte la profession pour devenir commissaire aux langues officielles, que de constater que son départ va créer un grand trou dans la couverture politique canadienne.Parmi mes collègues de langue anglaise, Fraser était un des derniers à continuer de s'intéresser au débat québécois dans son sens large et à trouver important d’en relater les péripéties à ses concitoyens j sans faire passer sa couverture par le filtre de son at- j tachement indéniable, à l'unité du Canada Exception faite de Paul Wells, qui écrit pour la revue Macleans, bien peu de commentateurs actuels de la politique canadienne ont une connaissance suffisamment large du Québec pour en parler avec autorité.Ceci expliquant cela, la semaine demiere, Wells a été un des rares — sinon le seul chroniqueur anglophone — à dénoncer les conclusions loufoques de Jan Wong sur la tuerie au Collège Dawson et le traitement qu’a fait le Globe and Mail des réactions provoquées par sa couverture.?De façon générale, la couverture politique est en régression au Canada, et celle du Québec avec elle.A cause de l'importance du débat national, la colline parlementaire fédérale a longtemps été la destination privilégiée de la crème du journalisme québécois et canadien.Mais, aujourd'hui, cette dernière gravite vers Washington et la scène internationale.C'est à ce genre de poste qu'aspirent les étoiles montantes qui, hier encore, auraient tout fait pour aboutir à Ottawa.Le résultat, c’est que, ces années-ci, on a autant de chances sinon plus de trouver des correspondants «seniors» parfaitement bilingues — dont certains formés à Québec — dans les bureaux des médias canadiens à l’étranger que dans la capitale fédérale.L'absence de sensibilité québécoise d’une masse critique de commentateurs n'est évidemment pas sans conséquences sur la couverture de la politique canadienne.Si, dans le doute, certains s'abstiennent d’aborder le sujet, d’autres s’en tirent en faisant ponctuellement semblant d’y entendre quelque chose avec des résultats parfois confondants.Comment savoir si un aspirant au leadership libéral fédéral est susceptible de se faire comprendre en français au Québec si on ne le parle pas soi-même?Avant de venir à Ottawa lancer sa campagne au leadership libéral, Gerard Kennedy passait — a Queen’s Park où il était ministre — pour un politicien parfaitement bilingue, tout au moins aux oreilles des chroniqueurs anglophones en poste à la législature ontarienne.Joe Volpe qui, lui, maîtrisait bel et bien le français s’est retrouvé à plusieurs reprises sur des listes médiatiques des non-parlants français.A l'époque de la succession de Jean Chrétien, des analystes anglophones considéraient Martin Cau-chon comme le candidat présumé le plus susceptible de coiffer Paul Martin au fil d’arrivée d’une éventuelle course libérale alors qu’il n'avait même pas les appuis suffisants pour prendre le départ Les ministres québécois promis aux plus grandes carrières fédérales dans l’esprit des commentateurs de l’extérieur du Québec le sont souvent en fonction de leur facilité à s’exprimer en anglais.A l’inverse, par contre, l’idée qu'un ministre anglophone unilingue ne puisse pas aspirer à un poste de leadership ne s’impose pas toujours avec la même évidence.Quand Jean Charest s’était lancé en politique québécoise en 1998, les commentateurs francophones qui laissaient entendre que ce dernier pourrait bien ne pas battre Lucien Bouchard à plate couture passaient souvent pour des sympathisants souverainistes.Pourtant aux élections fédérales de l’année précédente, les électeurs du reste du Canada avaient eux-mêmes joyeusement boudé le parti fédéral que dirigeait M.Charest Et seulement quelques années auparavant des analystes anglophones attribuaient au seul magnétisme du premier ministre québécois la montée du Oui au référendum.A défaut de comprendre un discours, une explication en vaut une autre.Dans un certain Canada, on attribue toujours au seul fédéralisme de M.Charest ses difficultés dans les sondages.Parlant de discours, celui prononcé par Stephen Harper le 19 décembre à Québec a fait tourner le vent électoral en sa faveur au Québec.Mais il était passé à peu prés inaperçu dans le reste du Canada.Après les élections, ce discours est devenu plus ; grand que nature.Le printemps dernier, on aurait pu croire, à lire une certaine tresse, que le Québec car- | burait à un seul dossier, celui — si trépidant — du déséquilibre fiscal ?Dans les faits, bon nombre de Canadiens de l’extérieur du Québec constatent avec soulagement ces joursci que, comme eux, les Québécois se préoccupent de la mission en Afghanistan, du registre des armes à feu ou de l'environnement Le fait que le débat québécois s'alimente à ce type de sujets constitue une nouvelle pour plusieurs.Pendant des années, les médias du reste du Canada ont largement couvert le Québec à l'intérieur d’un seul registre, celui du débat sur la souveraineté.Une fois ctxivaincue que le Québec allait vraisemblablement rester au son du Canada.Téfite médiatique canadienne est passée a autre chose.Les spécialistes de la question québécoise — comme Graham Fraser—ont commencé a être perçus comme des antiquités, au même titre que les anciens experts de la guerre froide.Dans les circonstances, il n’est pas totalement étonnant de constater que le verdict proposé par Mme Wong pour expliquer les récents événements au college Dawson n'ait pas fait sursauter ses collègues et ses patrons.Décidément, la gouverneure générale Michaëlle Jean choisit une bien mauvaise semaine pour reprocher aux Québécois de se désintéresser du reste du Canada.Rarement aurat-on eu l'occasion de constater que ce désintérêt est souvent plus que réciproque.ALEXANDRE SHIELDS Les affirmations de la gouverneure generale du Canada.Michaëlle Jean, sur le fait que les Québécois sont •déconnectés» du reste du Canada et s’intéressent plus au reste du monde qu’à leur propre pays, ont fait bondir les partisans de la soie veraineté au cours de la fin de semaine.Selon eux.même si la représentante canadienne de la reine d’Angleterre s’est donné pour mission de •briser les solitudes», elle ne fait que les entretenir en tenant de tels propos.Mme Jean a neanmoins renchéri sur ses declarations hier.Elle a ainsi déploré que les Canadiens entretiennent bien souvent des «a priori» les uns envers les autres, alors que «nous avons le défi de vaincre cet espace immense Qui nous sépare».•C’est une réalité Qui est brutale, on a un individualisme Qui est galopant dans le monde.Nous avons intérêt vraiment à apprendre à travailler ensemble et à être ensemble, et surtout à dialoguer», a-t-elle déclaré depuis la Citadelle de Québec.Selon elle, •l'état d'urgence dans le monde aujourd'hui, c’est d’amener les gens à sentir leur capacité de faire, et de faire ensemble.Parce que dans l'isolement, dans l'atomisation, on est fichus».Mme Jean s’est en outre dite attristée que les citoyens du pays aient •peu la possibilité de faire connaissance» et ainsi de «savoir ce que nous avons en commun».La gouverneure générale a cependant nuancé quelque peu ses propos de la veille sur le fait que les Québécois ont tourné le dos au reste du Canada.«Je trouve que les Canadiens qui vivent au Québec sont souvent très déconnectés du reste du Canada», avaitelle alors expliqué dans une entrevue à la Presse canadienne.Hier, elle a cru bon d’ajouter que «les gens de la Colombie-Britannique auraient intérêt à mieux connaître ce qui se passe à Terre-Neuve-et-Labrador Dans la même mesure que les gens du Manitoba auraient intérêt à mieux connaître tout ce qui se passe au Québec.C’est une situation qui est globale.» Dans ses déclarations publiées samedi, Mme Jean faisait en outre valoir quelle avait rencontré «de nombreux Québécois qui.très souvent, vont se tourner vers l’Europe, vers ailleurs dans le monde, mais qui ne réalisent pas tous les efforts de solidarité possibles et nécessaires qui sont là et qu'il nous faut partager au sein même de ce pays réel dans lequel nous vivons».Souverainistes mécontents Ce vibrant plaidoyer fédéraliste a évidemment fait bondir les souverainistes.Réagissant aux propos de Michaëlle Jean, le chef péquiste, André Bois- JACQUES CREMIER l h DEVOIR La gouverneure générale Michaëlle Jean s’est dite hier attristée que les citoyens du pays aient «peu la possibilité de faire connaissance».clair, mais aussi celui du Bloc québécois, Gilles Du ceppe, l’ont tous deux invitée à faire le saut en poli tique active si elle souhaite poursuivre dans cette voie.«Si elle veut engager un débat public, qu ’elle em barque dans l'arène Ipolitique], qu elle se fusse élire, et les Québécois trancheront», a lancé M.Boisdair.•En attendant, elle ne siège pas à l'Assemblée nationale et on ne peut pas lui poser des questions», a noté M.Boisdair, soulignant que la représentante de la reine a donc «un devoir de grande réserve».Selon lui, «au lieu de briser les solitudes» entre le Québec et le Canada anglais, •elle les entretient».le leader des troupes souverainistes a aussi envoyé un avertissement à Michaëlle Jean en affirmant que si cette dernière souhaitait si- bâtir une -camère politique sur le dos des Québécois, elle nous ttvuve-ru sursim chemin».Pour M.Duceppe, les declarations de la gouverneure generale n’ont aucune utilité.Samedi, il a ainsi declare qu’en effet les Québécois sont différents, «pas meilleurs ni pires», la' chef blo-quiste a estime que les Cana diens et les Québécois forment deux nations qui ont îles valeurs différentes, mais ont aussi des valeurs en commun, comme la démocratie et la justice.11 a dit sentir des reproches dans les propos de Mme Jean lors qu’elle affirme que les Québécois doivent passer par le Canada pour participer à la mondialisation.Gilles Duceppe a souli gné que les Québécois sont capables de «participer au monde par eux mêmes» et qu’ils l’ont prouvé, notamment, dans le domaine culturel.Autres réactions le ministre québécois des Relations intergouvemementales, Benoit Pelletier, a pour sa part nuancé les propos de la gouverneure générale, même s’il reconnaît le «but noble» poursuivi par Mme Jean.S’il a admis la nécessité i>our les Québécois de •montrer de l'ouverture (envers le reste du pays], linversr aussi est nécessaire».M.Pelletier a notamment souligné que le Canada anglais devait prendre acte de la «spécificité québécoise», le •seul Etat francophone en Amérique du Nord».Selon lui, cet aspect constitue une -une grande richesse pour l'ensemble du pays», la* gouvernement du Canada n’a pas réagi aux propos de Mme Jean hier publiés samedi.Le professeur de droit constitutionnel île l’Université laval, Henri Brun, a pour sa part qualifié hier d'«incorrecte» l’implication de la gouverneure générale du Canada sur la question des relations Québec-Canada et de la présence militaire canadienne en Afghanistan.Pour M Brun, cette «incursion politique est difficilement conciliable avec la fonction» de représentante de la reine.Henri Brun estime que ce comportement ne cadre pas avec la Constitution canadienne puisque la monarchie au pays n’a aucun pouvoir politique.Ia’ Devoir A vec la Presse canadienne Affaire Jan Wong - « Regrets » de lediteur du Globe and Mail Les •regrets» exprimés samedi (jar l'éditeur du Globe and Mail n’ont pas suffi à i aimer les ardeurs dans les milieux souverainistes québécois.En dépit de l'aveu de l’éditeur, Edward Greenspan, du fait que les propos de la journaliste Jan Wong n’auraient pas dû se trouver dans un reportage, mais plutôt sous la rubrique «opinion», la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal a décidé de maintenir sa plainte devant le Conseil de presse du Québec.»Nous exigeons de la journaliste et du journal une rétractation de leurs propos faux et diffamatoires, et des excuses sans détour», a argué le président de la SSJB-M, Jean Dorion, dans un communiqué de presse Samedi, l’éditeur du Globe and Mail a pris la plume pour exprimer des regrets quant au fait que des commentaires de nature éditoriale se soient retrouvés dans le reportage de la journaliste-vedette Jan Wong Il s'est cependant abstenu de se dissocier des propos de Mme Wong ou encore de prononcer des excuses directes aux Québécois qui ont pu en être offensés Rappelons que Mme Wong avait fait un lien entre les tueries de Dawson, Polytechnique et Concordia et les lois linguistiques québécoises.L’éditeur du journal estime que la réaction aux propos de Mm»' Wong a été •disproportionnée».Il a également déploré les attaques personnelles contre Mme Wong et sa taiiùDe la mise au point de l'éditeur du journal de Toronto n’est pas suffisante aux yeux du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui réclame des excuses.«Si ces propc/s avaient été écrits dans Le Soleil rm la l*resse, on aurait dit, avec raivm, que c'est inacceptable», a-t-il tait valoir le président de la SSJB-M estime que le journal anglophone tente de se dérober »L'éditeur en chef du Globe croit se tirer de cette affaire en exprimant non pas des excuses, mats de simples regrets, pour ce qu'il présente en fin de compte comme une erreur de mue en page», a lancé avec ironie Jean Dorion.Le Devoir avec la Prenne canadienne Hommage à Gaston Miron FO***! 15 ^ AXtflK MH DR CAftVrtLU DRVOI* DES DIZAINES de Personnes ont participé hier à Montréal a La Marche à l'amour, une procession en hommage au poète Gaston Miron, disparu il y a dix ans Poètes et artistes en arts visuels ont brandi bien haut images et mots pour rappeler le souvenir de l'auteur de L'Homme rapaillé Colette BAILLARGEON Trawiaied By Uafli Wieae DAV BV DAV WITH ISIS ESSENTIAL SKILLS IK ELEMENTARY MATHEMATICS mmMtrwphtUSt a Pueia • TmtwsGmkniepJ-BJOt BP3u6 A - ClfCH z tût***’ ’•U ^OüVEM tod* UW t Pamela GUNNING Rachel LALONDE Wynanne WATTS A Tl NV TWIST TO ENOLISH ARgiits lansoe seconflt iar cycle lu primaire Boisdair et Duceppe invitent Michaëlle Joan h faire lo saut en politique cheberththestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.GU€ttlN « ECONOMIE Chine : les blogues de la colère Trente ans après la mort de Mao, une «révolution » est en marche sur le Net chinois CIARO CORTES IV REUTERS Internet Avec plus de 110 millions d'usagers, le développement d’Internet en Chine a atteint une telle masse critique que le Parti communiste doit, tout à coup, compter avec une opinion publique rarement consultée par les médias.BRICE PEDR0LETT1 Shanghai — La campagne pour *ne plus acheter de logement», lancée en mai par Zou Tao, un jeune blogueur installé à Shenzhen, a fait mouche.Les internautes s échangent à tout-va les logos simples et percutants du mouvement un panneau d’interdiction avec le dessin d'une maison, le mot «house» en lettres géantes, barré d’une croix rouge.Ils disséminent l’information sur les forums de discussion et se rallient en ligne par des cris de guerre éloquents.Zou Tao propose de boycotter pendant trois ans l'achat d'un logement — le temps que les prix baissent D fustige les promoteurs qui manipulent le marché.Le coup de gueule de ce «Ralph Nader chinois», qui n’en est pas à ses premiers faits d’armes, n’a rien d'anecdotique: il touche une corde très sensible en Chine, où la toute nouvelle classe moyenne urbaine est en train de s’apercevoir qu'au jeu de la redistribution discrétionnaire des terrains publics elle s'est fait berner.Cette ébauche d’une protestation organisée sur l'Internet en Chine, sans doute la première de l’histoire, pourrait attirer des ennuis à son instigateur Zou Tao a d’ailleurs été détenu plusieurs heures à l'aéroport de Shenzhen par la police locale, pour avoir annoncé qu’il portait une pétition au premier ministre.La campagne «notbuyhouse» — pas d’achat de logement — a toutefois été reprise dans la presse, et il a été invité, en catimini, sur un plateau télévisé.Est-ce un hasard?Fin mai, le gouvernement avait annoncé précipitamment des mesures pour calmer la spéculation immobilière.Avec plus de 110 millions d’usagers, le développement d’Internet en Chine a atteint une telle masse critique que le Parti communiste doit, tout à coup, compter avec une opinion publique rarement consultée par les médias.La récente poDution de la rivière Songhua dans le nord-est du pays, l’affaire des fiais médicaux gonflés d’un hôpital, à Harbin en 2005, la crise du SRAS en 2003, sont quelques-uns des événements révélateurs de dysfonctionnements récurrents, dont l'Internet s’est fait l’amplificateur.«C’est sur Internet que l'opinion publique en est arrivée à devenir le principal moyen de surveillance et de supervision.Chaque fois qu'il y a une catastrophe naturelle majeure, la large palette d’avis qui s'expriment va plus ou moins influencer les médias traditionnels et le gouvernement», écrit dans un essai récent le militant des droits de l’homme, Liu Xiaobo.Sorti de prison en 1999, il a découvert le «saut quantique» que permet Internet.Une bénédiction par rapport aux années où il lui fallait parcourir Pékin à bicyclette pour remplir une pétition.En cristallisant les rancoeurs contre les contradictions de la Chine contemporaine, le rôle d’Internet y est hypertrophié: l’appareil dirigeant est de plus en plus mal à l’aise face à cette opinion publique «brute de décoffrage».«Le gouvernement n'a pas encore pris la me sure de l’influence de l’Internet sur la société, même si de puis peu de temps la presse officielle nous dit que [le président) Hu Jintao et (le premier ministre] Wen Jiabao se connectent tous les jours.Cest du jamais vu pour le développement de la société civile en Chine», dit Guo Yujin, spécialiste de sociologie des réseaux à l'Université des télécommunications de Pékin.Ce sont les BBS ou forums de discussion, très prisés, ainsi que les blogues, dont le nombre est estimé entre 10 millions et 30 millions, qui ont déclenché la fièvre d’Internet en Chine: les premiers parce qu’ils sont le lieu d une expression en flux, trop fugace pour être sanctionnée, et les seconds parce qu’ils constituent un outil flexible et facile d’utilisation par rapport au site Internet, plus réglementé.Les tentatives initiales d’obliger les auteurs de blogues à s’enregistrer préalablement auprès des au- torités n’ont pas abouti — la sanction pour un auteur ayant franchi la «ligne rouge» de ce qui n'est plus acceptable étant souvent la fermeture du blogue incriminé.Les événements de Tiananmen et les critiques frontales de l’armée ou du Parti communiste restent tabous.Et les arrestations de cyberdissidents — une cinquantaine, selon Reporters sans frontières —, dont la logique est souvent mystérieuse et le prétexte souvent fallacieux, incitent à une forte autocensure.Mais ce ne sont pas tant les affrontements directs qui font avancer la révolution copernicienne en cours.Le mélange détonnant de petits et grands arrangements qu'est la Chine d’aujourd’hui nourrit la colère de la jeune génération des années 1980, qui forme le gros des troupes des blogueurs.Sur le.portail très fréquenté du blogue de Sohu, Zhang Huaijiu fustige la «crise momie» du pays et de sa jeunesse.On le voit en ombre chinoise, cigarette au bec et cheveux longs, se décrivant comme le meneur de la «révolution du blogue» en Chine — au-dessus d’un portrait de Mao et d’une tirade tout droit sortie de fa révolution culturelle — mélange kitsch de nostalgie pour un temps où les choses, dit-il, étaient plus simples, et de jiargne pour l’hypocrisie actuelle.Agé d’une vingtaine d’années, Zhang Huaijiu critique les jeunes qui ne pensent qu'à consommer avec l’argent de leurs parents, les cols blancs qui se prennent pour des patrons.«A cause de l'instabilité sociale, des failles du système juridique, la moralité a laissé la pla ce au profit et, dans les foils, on ne peut pas ne pas être immoml.Mais il est plus grave encore que beaucoup se cachent derrière un masque de bonté et de momlttê pour s'enrichir», nous expliquer-il dans un courriel Face à cette Chine où k*s valeurs sont sens dessus dessous, la demarche de Zhang Huaijiu est typique des «fenqing» — «jeunes en colère».La faction la plus enragee de ces gardes rouge nouvelle manière mène sur le Net de véritables campagnes moralisatrices contre fa corruption certes, mais aussi contre l'adultère ou fa tricherie aux examens universitaires Le terme de «tenqmg», d'abord utilise pour lUvrine les mobilisations patriotiques des jeunes Chinois contre k's Liât si 'nis ou k- Japon cr-s ikmùères années, s’applique on tut à Unis k's motifs d'insatisfaction de la jeunesse Sur fa Net, il est [x>puLirise pu k's initiafas fq.«Internet ne reflète pas toutes les frustrations, nous dit Ayawawa.jeune biogueuse de 23 ans.Iss gens trop pauvres n V imt pas aars, les rubes n 'ont pas le temps.» •Finalement, ça concerne les gens entre les deux: jeunes et capables, ils sentent qu 'ils ne sont pas em ployes à bei8e« Pare tésntUtt.Muaw Pernme.Rarhel lodirlnrt (Onowui LA PCBUCTTÉ ET LE MARKETING jean de Bffiy Jeun-Franco» Boaae Marime C«ae Diee Cameron Y» Hure-i Chnanaoe Lrfau» Amrbr Makan janjur» A Sadean.CUr» Ÿstyst».Marvr Rotri* We-e-Une Pueftanr ->»tj »-,» M- v.-en Invrente TVtiuuK d.-e-fete, "«ai.SrSne Lapone Martine Berube jtrmtar» LA PRODI CTION Chnahaa Ourte dr»*rteur dr prudnrtwu Michel BerMcSe* Johanne Brunet Daraefle Canon.J&rhard De» (or-aert tMnald Fkm Yanrek Monr.Satfcabe Zerruaia Otnner Ztar l*POStHATXR.II Varwt Mar*H rnptmmMt} PROMOTION.DISTRIBVTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau treeedexaaîra- a la pn matito et à la uUirtw/iea .Caroline Strr.ird «ttpoosalnt itrnrt è la ehtatti» par lattnm Manoa Bîan-hette Mot -jv- L Heure ,, F, - - - D- ert L'AllMINISTRATION Françon Btnon nmfmtmr Nknir Carmel itapomimMi its trmtm .imtlailts Cebne Furu;.GtmÉaae LaArar OmsAeor Bebteau raétmatt aémmaoatm>.Ci ni dm > Cheurtef Momone Pruaean DntwSr Rna éirtcttmr 4t Viuformëtt* « f'-rS-maminn imrrnntiunMr Jean-Herre Le«ink •popart murooivmal rt pafr riumait Clnede Lr*e®que Guy Tailifc «tmtnf n tmrtnr it lmh«mabtm Serpe Truflant edtteewtnte a rttérrrm t Ottawa).Antoine Robrtaflle rt Robert Dutnant imenupeudunii partrmnutm a (ea**tt Kathleen lenemjue Marilrue Hxnehr urr-rrtam a la «tiastum Mane pu-r Frapper Alexandre 9 LE DEVOIR, LE LUNDI 25 SEPTEMBRE 2 0 0 6 A 8 ?LES ACTUALITES- VALLEE SUITE DE LA PAGE 1 urbaine L’Autre Montréal.«Comme c'est souvent le cas dans le communautaire, c’est une réussite “gossée"*, affirme avec le sourire l’homme dont l’accent est chamarré d’expressions en jouai et d’autres franco-françaises.Aimer sa ville Le groupe, qui fonctionnera pendant de nombreuses années avec les moyens du bord, soit des bénévoles et une ligne téléphonique, est déterminé à outiller les participants aux visites pour en faire des «citoyens plus critiques, plus actifs et, donc, plus responsables».Au-delà de cette volonté de «mettre le citoyen le plus possible au cœur des décisions qui le concerne», le collectif part d’un constat un peu triste: «le Montréalais n’aime pas spontanément sa ville».«Peut-être qu’ils sont influencés par des villes impressionnantes comme Paris, Venise ou Prague.Pourtant, ü y a un charme fou à Montréal.Comme on n’apprécie pas toujours la ville, on a peu tendance à identifier d’où vient ce charme et à le protéger», déplore cet amoureux des ruelles animées, des vieilles pierres, des vitraux et des corniches qui ornent plusieurs maisons ouvrières des quartiers centraux.La beauté de la ville réside selon lui dans ses détails, qu’on peine à protéger «La musique des escaliers en colimaçon est remplacée par des trucs en PVC blancs dégueulasses», illustre le Français séduit par la «succession de villages» qui forment la métropole.Arrivé de France dans les années 1970, c’est avec effroi qu’il a vu de grands pans de ce «charme montréalais'' disparaître au profit des idées de grandeur du maire d’alors.«Drapeau dàestait profondément le vrai Montréal.Il aimait le Montréal dont il rêvait, celui qu’il essayait de construire en rasant tout pour en faire une ville clean, stérilisée.On construisait une image, mais cela devenait une coquille ville qui se désagrégeait de l’intérieur», dénonce celui qui était un «jeune chevelu gauchiste» à l’époque où le célèbre maire régnait sur Montréal.Convaincu que Montréal deviendrait un jour une mégalopole sur le modèle américain, avec une population de sept millions d’habitants, le maire Drapeau rêvait d’une «forêt de tours, où l’espace est divisé: on travaille ici, on consomme là et on habite là», explique le vulgarisateur.Le centre-ville devait s’étendre, les quartiers ouvriers adjacents devaient faire place à la modernité du béton.«Même le Plateau, qui est aujourd'hui devenu le quartier le plus hip, devait être détruit [dans l’esprit de Drapeau]», relate M.Vallée, soulignant qu’environ 35 (XX) logements ont été rasés entre 1965 et 1975.Ije discours a diamétralement changé depuis.«On n’ose plus parler de choses comme cela.Même si des promoteurs rêvaient de raser des quartiers, ce n’est plus politiquement correct», constate l’animateur social, qui se rap-peDe s’être pratiquement frit rire au nez par des journalistes en 1973 en présentant un projet de coopérative d’habitation Le public a selon lui changé ses exigences et revendique davantage pour améliorer son milieu de vie.«Il y a eu une transjbrmatùm chez les dirigeants, chez les journalistes, chez les leaders d'opinion», croit Bernard Vallée.Il a le sentiment de contribuer lui-même à changer les mentalités grâce aux quelque 380 visites par année du collectif d’animation urbaine.Outre la découverte des différents quartiers de Montréal, L’Autre Montréal organise des visites thématiques à caractère historique et social sur des sujets fort v;iriés: les enjeux environna mentaux, l’alimentation, le logement social, l'immigration, la lutte contre le racisme, les religions, l’histoire de l'éducation ou encore celle des femmes.Montréal brisé le quinquagénaire qui possède une réflexion nourrie non seulement sur lîüstoire de Montréal, mais aussi sur les défis auxquels elle fait face songe-t-il parfois à sauter dans la marmite politique?«Je ne suis pas un bon gestionnaire», tranche-t-il, ajoutant qu'il fait de la politique «tous les jours» à sa façon.«J'ai l’impression que j’influence par mon action des gens qui, eux, ont la capacité de gestion», affinne l'homme qui craint d'être «débiné» pm la bureaucratie et les jeux politiques.Cela ne l’empêche pas d’avoir sa petite idée sur la politique municipale.La valse des fusions-défusions et la décentralisation dans les vieux quartiers de Montréal lui laissent un goût amer.«/ai l'impression que les défùsionnistes ont gagné sur toute ta ligne.[.] On a brisé la ville centrale pour créer des arrondissements.qui se retrouvent avec plus de pouvoirs qu’ils n’en ont besoin localement», analyse M.Vallée, soulignant que cette décentralisation n’a pas permis de freiner les velléités défùsionnistes.Il croit que la Ville centrale peut plus difficilement donner une direction, engager des changements.Pourtant, M.Vallée a toujours cherché, par son engagement dans L’Autre Montréal comme dans son travail dans le milieu communautaire, à rapprocher le pouvoir des citoyens.N’est-ce pas là un des effets de la décentralisation?«CV n est pas parce qu ’on divise le pouvoir central qu on en donne plus aux citoyens Cela peut se tnuiui-re par l'émergence de petites elites locales et une multiplication des cas de "pas devis nui cour”.» Le Devoir Rectificatifs Il aurait fallu lire, dans le texte intitulé «Les unions municipales demandent de baisser le plafond de la taxe scolaire» publié mercredi, qu'un expert indépendant mandaté par le ministère de l'Education évalue le scénario d’une hausse du taux de la taxe scolaire de 0,35 $ à 0,50 $ pour chaque tranche de 100 $ de valeur foncière.Ce scenario n'est cependant pas à l’étude à la table réunissant les représentants du ministère et des commissions scolaires, qui devrait formuler cet automne des recommandations pour atténuer le choc foncier.L’expert indépendant qui travaille sur différents scenarios lies au financement de l’éducation livrera quant à lui son rapport au printemps 2007.?C’est bien Carole Theberge, ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition feminine, qui apparaissait sur notre photo publiée en page A 4 de notre édition de jeudi et non la députée pequiste Diane Lemieux, comme nous l'avons écrit par erreur.SUITE DE LA PAGE 1 «Le rapport conclut que le mouvement islamiste radical s’est élargi du noyau d’al-Qaïda et des groupes qui lui sont affiliés vers une nouvelle sorte de cellules “auto-engendrées” qui s’inspirent de la direction d’al-Qaïda, mais n’ont aucun lien direct avec Oussama ben Laden ou ses principaux lieutenants», écrit le journal.Le Times souligne aussi que le rapport confidentiel explique «comment Internet a contribué à répandre l’idéologie djihadiste et comment le “cyber-espace” est devenu un havre pour des terroristes qui n’ont plus de refuges géographiques comme l’Afghanistan».Un autre quotidien, le Washington Post, écrivait lui aussi hier que si les responsables des services de renseignements du pays sont d’accord sur le fait que les Etats-Unis ont causé des dommages importants à al-Qaida et ont entravé sa capacité à planifier et à diriger des opérations majeures, les réseaux islamistes se sont décentralisés et étendus.Nombre des nouvelles cellules terroristes, selon le Post, ne sont pas connectées à une structure centrale et se développent indépendamment Elles trouvent leur inspiration, idéologie et tactiques sur les quelque 5000 sites Internet islamistes, ajoute le journal de la capitale américaine.Ces noyaux terroristes diffusent le message selon lequel la guerre en Irak est une tentative de l’Occident de conquérir l’islam en commençant par occuper l’Irak et en établissant une présence permanente au Moyen-Orient.Le Washington Post a également confirmé les informations de son concurrent, citant un responsable non identifié des services secrets selon lequel «il s'agit d’une analyse très franche» de la situation, qui «énonce des évidences».Le document dont a fait état le New York Times avertit par ailleurs que les militants islamistes qui ont combattu en Irak pourraient, une fois de retour dans leurs pays respectifs, fomenter diverses actions radicales violentes, de la même façon que les djihadistes l'ont fait après la guerre menée en Afghanistan contre l’Union soviétique.Le rapport ne contient en revanche aucune indication quant à la probabilité d’éventuelles nouvelles actions terroristes sur le sol américain.Il se contente de souligner que la menace générale que fait courir le terrorisme s’est accrue depuis le 11 septembre 2001.Le texte confirme ainsi certaines prédictions énoncées dans un rapport produit en janvier 2003, soit deux mois avant le début de la guerre, par le National Intelligence Council.Le texte concluait que ce conflit avait le potentiel d’accroître le support envers l’islam politique et le terrorisme.En janvier 2005, le National Intelligence Council soulignait même que l’Irak était devenu le terrain d’entraînement de prédilection de la prochaine génération de terroristes et que les vétérans de cette insurrection pourraient reprendre le leadership de la constellation de terroristes, actuellement tenu par al-Qaida.Les services de renseignements britanniques ont eux aussi, dans leur enquête sur les attentats de Londres, en juillet 2005, conclu à un accroissement de la menace terroriste.SUITE DE LA PAGE 1 Aujourd'hui, 60 % des enfants du quartier fréquentent la petite école de 200 élèves qui se cache au bout une allée bordée d’arbres.Ici 150 enfants roms, dont les parents sont la plupart du temps analphabètes, viennent apprendre à lire et à écrire.Les enfants du primaire viennent le matin et ceux du secondaire î’aprè s-midi.Dans leur malheur, les enfants de Bobesh sont pourtant favorisés.Dans plusieurs villes roumaines, les jeunes Roms sont parqués dans des écoles pour enfants déficients.C’est le cas à Sibiu par exemple, une ville de Transylvanie située au centre du pays.«Là-bas, l’école n° 13 pour enfants déficients ne reçoit que des Roms, à l’exception d’un ou deux Roumains qui connaissent de graves déficits», explique Ciprian Necu-la, qui travaille pour la Media Monitoring Agency et qui revient tout juste de Sibiu.«Quand on ne met pas les Roms dans des écoles pour enfants attardés, on les met dans des classes pour enfants en difficulté.Comme par hasard, il n’y a que des Roms dans ces classes !» Lingue et culture À Bobesh, les petits Roms sont traites comme tout le monde.Quelques dons et un peu d’aide internationale ont récemment permis de repeindre le bâtiment et d’installer le chauffage, mais pas le téléphone.Depuis.les classes sont particulièrement pleines en hiver, puisque de nombreuses maisons du quartier n’ont ni gaz, ni électricité, ni eau courante.Il y a deux ans, à peine 40 % des enfants du quartier fréquentaient l’école.Ils sont maintenant 60 %, depuis que petits et gnmds reçoivent des cours de langue et de culture rom.En plus de l’enseignement normal en roumain, plusieurs jours par semaine.Florin Fleican les réunit par petits groupes pour leur apprendre à lire et à écrire leur langue maternelle, le romani, et leur parier des traditions et de l’histoire tsigane.«Depuis qu ’on enseigne le romani, les parents sont fiers d’envoyer leurs enfants à l’école, dit l'enseignant de 29 ans.C’est une question d’identité.Ils sentent qu ïk y ont une place.» Un jour, croit Florin, il y aura des écoles où tout l’enseignement sera dispensé en romani.Pour l’instant, il n’en existe qu’une, à Timisoara, dans l'est du pays.Mais, les petits Roms de Bobesh sont encore l’exception.Les directeurs d'écoles résistent de mille et une façons à cet enseignement du romani commencé il y a quatre ans seulement.Toutes les raisons sont bonnes, explique Florin: ils n’ont pas le temps, pas d’argent, pas de classes.Certains directeurs d’écoles, pourtant situées en plein quartier rom.prétendent même qu’ils n’ont pas d’enfants roms.Il faut dire que les Tsiganes roumains, à cause de la discrimination systématique qu'ils subissent, rechignent souvent à af ficher leur identité.Les recensements officiels n'en dénombrent que 500 000 alors qu’ils seraient en réalité autour de deux millions, soit environ 10 % de la population.«Les Roms ont toujours été la lie de la société roumaine.dit Elena Radu qui enseigne le romani dans le ghetto de Ferentari.au sud de Bucarest.Ils invent dans une pauvreté impossible à imaginer.De nombreuses familles roms n'en voient pas leurs enfants à BUSH ATEF HASSAN REUTERS J .-vw Soldat britannique aux aguets sur les lieux d’un attentat à fa bombe, samedi, à Bassora.«Jusqu’où l’Irak doit-il plonger dams fa guerre civile pour que fa Maison-Blanche se réveille ?», demande Ted Kennedy.Si plusieurs experts ont déjà prévenu que la nébuleuse terroriste utiliserait le mécontentement engendré par la guerre en Irak, le rapport décrit dans le Times est le premier à inclure une analyse aussi exhaustive.Elle a été entamée dès 2004 et elle est formulée par l’ensemble des agences de renseignement Les conclusions viennent d’ailleurs contredire les thèses officielles du gouvernement du président George W.Bush.Ce dernier affirmait encore le 11 septembre dernier que «le monde est plus sûr parce que Saddam Hussein n'est plus au pouvoir».B présentait alors la guerre en Irak comme «le front principal de la guerre comme le terrorisme», et ce, même si le 8 septembre, la Commission du renseignement du Sénat américain a publié un rapport citant un document de la CIA datant d’octobre 2005, selon lequel le régime de Saddam Hussein n’avait pas de lien avec al-Qaida.Bref, il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle à la veille des élections de mi-mandat d’autant plus que, depuis deux ans, il existe une vive tension entre l'administration Bush et les agences secrètes américaines au sujet de la violence en Irak et de la possibilité d’établir une société démocratique stable dans le pays.Plusieurs agents ont dit que les républicains présentaient une vision souvent beaucoup trop optimiste de la situation.Washington gardera le cap La Maison-Blanche a néanmoins tenté de minimiser la portée des révélations de la presse, soulignant qu’elles «n’étaient pas représentatives de l’ensemble du document».«Nous ne faisons pas de commentaires sur les documents confidentiels», a déclaré Peter Watkins, un porte-parole de la Maison-Blanche, avant d'indiquer que l’administration Bush n’avait pas l’intention de modifier sa stratégie contre le terrorisme islamiste.«Nous avons toujours dit que les terroristes étaient déterminés.Maintenir la pression et rester dans l’offensive est le meilleur moyen de gagner la guerre contre le terrorisme», a-t-il ajouté.L’opposition démocrate a pour sa part sauté sur l’occasion pour attaquer la stratégie de l’administration Bush.«Il nous faut une nouvelle direction en Irak» pour «remporter la vraie guerre contre le terrorisme et rendre notre pays plus sûr.Les Américains le savent, et nos chefs militaires aussi.Il n’y a que les dirigeants républicains pour garder la tête dans le sable, en refusant obstinément de changer de politique, ce qui rend la guerre contre le terrorisme plus difficile à gagner», a notamment expliqué le sénateur démocrate du Massachusetts Ted Kennedy.«Combien faudra-t-il de rapports indépendants, combien de morts, jusqu’où l’Irak doit-il plonger dans la guerre civile pour que la Maison-Blanche se réveille et change de stratégie en Irak», a ajouté M.Kennedy dans un communiqué.«Ce rapport est malheureusement la confirmation précise que la politique de l’administration Bush» n’a pas «seulement rendu la guerre plus difficile et plus meurtrière pour nos troupes, mais a également rendu la guerre contre le terrorisme plus dangereuse pour chaque Américain», a commenté le député démocrate Rahm Emanuel.«Il est temps d’une nouvelle direction pour ce pays», a-t-il lancé.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Associated Press, la BBC et Reuters ROMS l’école, parce qu'elles n’ont pas un sou pour les habiller.» A l’école d’Eléna, certaines familles n’ont que trois paires de chaussures pour six enfants.Ils se les échangent donc.Le benjamin porte une paire le matin qu’il prête à son frère aîné l’après-midi.Heureuse-ment, l’horaire scolaire roumain ne s'étend que sur une demi-journée.Avec son dépotoir à ciel ouvert le quartier de Bobesh parait presque enchanteur à côté de Ferentari que l'on surnomme le Bronx de Bucarest La plupart des chauffeurs de taxi refusent de vous y amener, et il faut insister longtemps pour s’y rendre.Bon nombre des 120 000 Roms qui y vivent habitent dans d’anciennes HLM en ruine construites à l'époque communiste.Ceux qui entourent l'école 136 n’ont plus ni eau courante ni électricité depuis longtemps.Rue Valtoarei, dans la matinée, quelques vieilles femmes montent la garde derrière des fenêtres sans carreaux, pendant que les hommes sont partis chercher quelque chose à gagner.Plusieurs appartements portent les marques d’incendies provoqués par des moyens de chauffage rudimentaires.Les familles peuvent payer jusqu’à 60 dollars par mois pour s’entasser à cinq ou six dans une pièce de trois mètres sur quatre sans cuisine ni salle de bain.Au coin de la rue, un vieillard remplit son bidon au robinet public.Installés le long des grandes rues, ces robinets sont la seule source d’approvisionnement en eau des maisons du quartier.Hiver comme été, les femmes y font le lavage à même le sol dans de grandes cuves.Grâce aux cours de romani, Elena Radu a fini par convaincre de nombreuses familles d’envoyer leurs enfants à l’école.C’est le cas de Marius Stoian qui a aujourd’hui dix ans mais qui n’avait jamais mis les pieds en classe.Pendant des années, ses parents ont refusé de l’envoyer à l’école parce qu’ils ne voulaient pas qu'il apprenne le roumain.Affronter l’intolérance Elena est fière de montrer les petits manuels scolaires en romani destinés aux enfants du primaire.La plupart ont été traduits par Gheorghe Sarau.un professeur de l'université de Bucarest qui, sans être rom, s'est pris d’amour pour le romani il y a plus de 20 ans.Sarau est l'auteur du premier dictionnaire romani publié dans le pays.Dejxiis quelques années, il a forme une équipe de jeunes enseignants qui tentent, malgré les fortes résistances, de généraliser l’enseignement du romani.C’est grâce notamment à ses efforts qu'existe aujourd'hui un programme de promotion des Roms qui leur réserve des places dans les universités et les lycées roumains.Ce jour-là, Gheorghe Sarau avait réuni quelques inspecteurs et enseignants à la Maison de la radio nationale.«Nous affrontons l’intolérance tous les jours, dit-il.Les directions d’école ignorent la loi et font tout pour ne pas enseigner le romani.Nous avons pourtant constaté que cet enseignement a un effet positif sur les résultats scolaires des enfants roms.Les professeurs de romani que nous.formons à iuniversite offrent de plus un modèle positif aux enfants.Et nous rêvons que ces enfants deviennent eux aussi un jour des professeurs de romani.» Personne ne s’en cache, les pressions de U nion européenne comptent pour beaucoup dans les efforts que déploie aujourd’hui la Roumanie en direction des Roms.Si le pays veut intégrer l’Union le 1" janvier prochain, comme on s’y attend, il doit théoriquement se conformer aux lois et aux chartes européennes.Or tous les rapports soulignent année après année la persistance de la discrimination sauvage qui s’abat sur la première minorité du pays.Ce n’est pas un hasard si la Roumanie a adopté en 2001 un vaste programme de lutte contre la discrimination.En février dernier, le Conseil de l’Europe concluait pourtant que le pays avait adopté une loi qui «n’a guère été appliquée» et créé un Conseil national de lutte contre la discrimination qui est «inconnu des fonctionnaires et du grand public».Rien qu’à Bucarest le rapport estime que 20 000 Roms n’ont pas de papiers d'identité et que «legouvernement n’a rien entrepris pour changer cette situation».Refus de reconnaître les Roms «Ceausescu est tombé il y a 15 ans, mais les mentalités n'ont pas beaucoup changé, dit l’écrivain rom Vasile lonescu.Il existe une petite préoccupation pour les Roms dans l'Union européenne, mais ça ne va pas très loin.Il nous faudrait un plan Marshall.On refuse toujours de reconnaître que les Roms, avec 10 millions de personnes, constituent la plus grande minorité européenne.Seulement six pays européens sur 25 reconnaissent les Roms.En Roumanie, ce n’est pas parce qu’on brûle les étapes qu'on deviendra miraculeusement européens du jour au lendemain.» Dans la presse nationale, les offres d’emploi stipulant «Pas de Roms» ont disparu depuis quelques années.Les bars non plus n’affichent phis «interdit aux Roms».Tout cela était autrefois courant Mais il arrive encore souvent que des Roms soient la cible des forces de l'ordre.Le 7 septembre, une altercation avec les policiers a blessé une quinzaine de Roms dans la petite ville de Reghin.dans le nord du pays.L’événement serait sans conséquences s'il n'était pas le troisième du genre depuis six mois.Les sondages montrent d'ailleurs régulièrement qu'une majorité de Roumains ne souhaite pas avoir de Roms pour voisins.Dans le langage populaire, on menace toujours les enfants de les donner aux Roms lorsqu'ils ne sont pas sages.De nombreux militants de la cause des Roms se demandent si tout l’argent investi depuis quelques années, notamment par le milliardaire George Soros, a vraiment servi à quelque chose.Selon Safrnir MDe.un Rom d'Albanie qui rit à Paris et qui dirige l’association La voix des Roms, toutes ces organisations de bienfaisance (ONG) ont fini par créer une sorte d’«oligarchie rom» qui rit assez loin de la situation concrete.Pour lui.on a surtout créé un «business humanitaire».•En Hongrie et en Slovaquie, on a aussi beaucoup parlé des Roms avant que ces pays deviennent membres de TUnion européenne, dit Ciprian Necula.Mais, depuis l’intégration, on n 'en parie plus.Quand la Roumanie sera dans l'Europe, fai bien peur qu ’on nous oublie à nouveau.• Correspondant du Devoir à Paris LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050.rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec).H3A 3M9 îî Flaoe-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redacUonttleelevoircom La publicité Au telephone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal tsans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev^ledevoir com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les 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