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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-08-31, Collections de BAnQ.

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¦HBBHB K DEVOIR, LES SA M EDI 3 1 A O Û T ET DI M ANCHE 1 ' * S E P T E M B R E 2 O 0 Huit femmes Page C 3 Riopelle Page C 7 LE DEVOIR -¦ \ IIPll , j» T'" \ :Æ» * - ; Kl m m ( ?MM 11 H Les 50 ans de télévision de Radio-Canada De la télé de papa Au Québec, les 50 ans de télévision de Radio-Canada, célébrés en grande pompe ces jours-ci, se confondent avec les 50 ans du petit écran.C’est l’occasion de se pencher sur une naissance déterminante.PAUL CAUCHON LE DEVOIR était un samedi soir de septembre.La journée avait été belle à Montréal.Ce jour-là, dans Le Devoir, l’annonce de l’inauguration de la télévision apparaissait en haut de la page 3.On se serait attendu à une manchette fracassante, à une édition spéciale! Mais non: la nouvelle du jour était plutôt l’ouverture prochaine de la session provinciale.Le 6 septembre 1952, on ne savait pas encore comment analyser ce nouveau médium.On ne pouvait pas soupçonner l’impact monstrueux que la télé allait bientôt avoir au Canada français.Mais les observateurs de l’époque n’étaient pas naïfs.Ils se doutaient que la vie allait changer.La télévision existait déjà dans plusieurs pays et on en parlât depuis 20 ans.Dans un discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du nouveau médium, le premier ministre Louis Saint-Laurent prédisait que la télévision «exercera une influence prodigieuse sur la vie d'un grand nombre de familles».Bien informé de l’impact de la télé dans d'autres pays, I jouîs Saint-Laurent cherchait aussi à justifier le rôle d’Ottawa.Car au Canada, la mise en place de la télé fut une décision politique du gouvernement fédéral, qui commençait à s’énerver de l’envahissement du pays par les ondes américaines.Les principes de base de la télé étaient connus depuis la fin du XIX' siècle.Dans les années 20, la technologie progressait tellement vite qu’en 1928 un des pionniers de la télé, Charles Jenkins, annonçait la naissance d’une industrie, la Radio Movies Qenkins préférait le terme radiovision à celui de télévision).Même les grands penseurs voyaient venir la télévision.En 1928, dans Conquête de l’ubiquité, Paul Valéry écrivait: «comme l'eau, comme le gaz, comme le courant électrique viennent de loin dans nos demeures répondre à nos besoins moyennant un effort quasi nul, ainsi serons-nous alimentés d’images visuelles ou auditives naissant ou s'évanouissant au moindre geste», ce qui, reconnaissons-le, est plus poétique que le manuel d’instruction de votre dernier lecteur DVD.L'Angleterrç a inauguré son service de télévision en 1936.Aux Etats-Unis, la première transmission télévisée a eu lieu en 1939.La guerre interrompit ensuite la mise en place de la télé, mais celle-ci demeurait présente.Jean-Pierre Desaulniers, professeur à l’UQAM, soutenait, dans une émission diffusée l’année dernière sur la chaîne Historia, que la télé faisait déjà partie à l’époque de l’imaginaire des gens et qu'elle était perçue comme une sorte de récompense les attendant pour avoir traversé la guerre.Tout était donc en place pour que l’industrie télévisuelle explose après la Seconde Guerre mondiale, d’autant plus qu’on entrait dans la société de consommajion.la télé se mit en place entre 1945 et 1948 aux États-Unis et, dès 1949, on estimait que 9000 familles canadiennes pouvaient recevoir le signal le long de la frontière et capter des émissions en provenance de villes comme Buffalo ou Detroit Ottawa commença alors à s’inquiéter de la chose et mandata Radio-Canada pour créer une chaîne nationale afin de «préserver l’unité du pays et l’identité nationale menacées» par les ondes américaines envahissantes.Ce discours sera souvent repris au cours des 50 années qui suivront! Ottawa adopta le modèle britannique d’une télévision publique, tandis que les États-Unis optaient pour un modèle commercial.Le Canada n’était pas spécialement à l’avant-garde dans ce domaine puisque, entre 1950 et 1952, des pays comme Cuba, le Brésil et le Mexique avaient implanté la télévision sur leur territoire.On engagea du personnel — ingénieurs, gens de théâtre, finissants en sciences sociales — et il fallut former tout le monde sur le tas.Lors de l'ouverture officielle, Radio-Canada comptait 300 personnes à Montréal et à Toronto et avait contracté trois emprunts totalisant huit millions de dollars pour lancer son service.la société publique multiplia les tests entre janvier et juillet 1952.En mai, on diffusa à travers des récepteurs placés au Palais du commerce à Montréal, au grand plaisir des badauds.Le 25 juillet 1952, on diffusa une partie de baseball des Royaux de Montréal contre les Cubs de Springfield, émission qui passa à l’histoire comme étant la véritable «première».Le 6 septembre 1952, on comptait donc 7500 récepteurs à Montréal et le public avait une bonne idée de ce qui s’en venait Montréal émit le signal en soirée et Toronto inaugura sa station deux jours plus tard.Le soir de ce fameux 6 septembre, on diffusa à 19h30 des actualités, puis une émission de «variétés bilingue», suivie, à 20h30, d’un documentaire sur la naissance de la télévision (à peine âgée de deux heures, la télé commençait déjà à se contempler avec admiration!).Henri Bergeron mena ensuite des entrevues en direct de la cérémonie inaugurale, à laquelle assistaient, entre autres personnalités, le maire Camilien Houde et le cardinal Léger.En fin de soirée, on proposait hardiment la pièce de théâtre Œdipe-roi, de Jean Cocteau, avec une distribution regroupant des gens comme Jean Gascon, Gilles Pelletier, Jean Coutu et Jean-Louis Roux.Grosse soirée.Un signal intermittent Le plan des premiers mois était de diffuser environ trois heures par jour.Dans les grilles-horaires de l’époque, on trouve, vers 17h30, des émissions pour enfants (Pépinot et Capucine), puis le signal s’inter-rompt, pour reprendre en soirée! Pendant 18 mois, la même chaîne, à Montréal, alternera les émissions en français et en anglais, jusqu’à ce qu’on mette sur pied une station anglophone à part entière.Le 10 septembre, à peine quatre jours après la soirée inaugurale, on peut lire dans Le Devoir un long texte de Germaine Bçrnier s’appuyant sur des enquêtes réalisées aux États-Unis.La dame explique que ce seront les enfants qui seront le plus marqués par la télévision, qui grandiront avec elle.Belle intuition.C’est après que ça se gâte sérieusement.«Personne n’a encore révélé dans quelle proportion (notre télévision] va s’abreuver aux sources américaines de divertissement», écrit-elle.Fustigeant ce type de divertissement, elle conclut: «Nous pouvons nous attendre aussi à avoir bon nombre d'enfants détraqués au point de vue nerveux qui finiront comme d’autres jusqu’au meurtre d’enfant ou au suicide.» Verbatim.J’ignore si cette pauvre Mme Bernier en a fait des cauchemars, mais la machine télévisuelle est lancée et rien ne peut plus l’arrêter.A la mi-septembre se tient à l’hôtel Mont-Royal la première exposition consacrée exclusivement à la télévision, avec des appareils fabriqués par 17 manufacturiers.Les Montréalais peuvent venir admirer la bête.Un mois plus tard, le 11 octobre, c’est la première Soirée du hockey.Les nouvelles télévisées sont en place, il y a des dramatiques, des variétés, des documentaires et, quelques jours avant Noël, on présente,la première revue de l’année en matière d’information.Deux mois plus tard, en février 1953, le pays compte déjà 225 000 foyers pourvus d'un téléviseur et, en novembre, ce sera la diffusion du premier téléroman, Les Plouffe.La préhistoire de la télévision est terminée, le reste appartient à l’histoire.VOIR PAGE C 2: TÉLÉ > L E I) K V 0 I R .LES S A \) E D I 31 A 0 Û T ET D I M A N C H E I S E P T E M B R E 2 0 0 2 C 2 Culture Souvenirs devant la télé J’étais là ! Il était une fois la Lune J y ai passé mon enfance sans télé et je ne le regrette pas.C’était dans les années soixante de l’autre siècle.Mon papa enseignait en Afrique.Je le suivais dans ses pérégrinations professionnelles, fils de colon dans un continent manquant cruellement de tout Je n’ai jamais souffert de carence cathodique.Pendant que mes petits cousins de Montréal regardaient Daktari (docteur, en swahili), moi, du Cameroun à la Mauritanie, je pouvais faire des grimaces aux vrais de vrais vilains chameaux des caravanes de Maures, écra-bouiller des serpents et des tarentules jusque dans ma chambre à coucher, accompagner des expéditions de chasse au phacochère.Ce paradis exotique s’éternisait un peu plus de dix mois par année, hn juillet, la famille retraversait l’Atlantique pour quelques semaines de vacances, dans un chalet du Nord.Un écran encastré dans un meuble de bois s’empoussiérait dans un recoin du salon.Mes frères et moi ne l'allumions jamais, continuant à Saint-Jovitedes-Laurentides la vie antivirtuelle de Sainl-IjOuis-du-Sénégal.Des souvenirs de jeunesse reliés à la petite boîte fantasmagorique, j’en ai donc si peu que presque pas.Sauf pour une seule fois.Une grande, très grande nuit magique de juillet 1969.Un peu avant minuit, papa nous a réveillés, mon grand frère et moi.Ils nous a portés ou poussés jusque devant la télé crachant déjà de mauvaises images en noir et blanc.Sentencieux, conscient de l’histoire en train de se faire, il nous a déclamé à peu près ceci: «Regardez ce que vous n'oublierez jamais.» Du bas de mes huit ans, je ne comprenais que dalle aux explications de l’animateur.Analphabète télévisuel, je ne savais pas encore que les petites maquettes en carton-pâte de la lame et du LEM rappelaient celles de la série en Supermarionation™ I^es Sentinelles de l’air.Ai-je seulement entendu le célèbre «A small step for a man.», de l’astronau te Neil Armstrong?Peu importe.Sous mes yeux fatigués et émerveillés, un homme, un semblable, un frère, téléjouait le Christophe Colomb dans «le silence de ces espaces infinis», qui m’effrayaient, moi aussi.Je me suis rendormi sur le tapis.Je n’ai pas rallumé la télé le lendemain, ni les jours, ni les mois suivants.Rentré chez moi, en Afrique, j'ai souvent rêvé à ces images.J’étais astronaute.Je sautillais sur la Lune.A Noël 1969, j’ai demandé (et reçu!) une fusée, une station spatiale, un beau livre intitulé I/i Conquête de l’espace.Je n’ai qu’un seul souvenir de télé du temps de ma jeunesse folle.Un seul, mais qui m’a donné à rêver plus que les mille et cent autres accumulés depuis.Stéphane Baillargeon sous la nuit étoilée, à scruter le petit écran aux images tremblotantes.Personne ne parlait, le silence n’était rompu que par le vent dans les arbres.Sur cette péninsule de Cape Cod qui s’avance dans la mer comme si elle voulait se détacher du continent, sur cet avant-poste de l’Amérique, la télévision nous liait directement à l’astre qu’on regardait à l’œil nu, la nature sauvage allait à la rencontre de la plus haute technologie, et l'océan tout proche apparaissait si petit devant l’immensité de ce qui s’ouvrait maintenant à nous.Paul Cauchon l Neil Armstrong marchant sur la Lune.C’était en juillet 1969.PRESSE CANADIENNE Le jour où la Lune est descendue au camping T uillet 1969.Treize ans, à mi-chemin entre l’en-J fance et l’âge adulte, entre Tintin et les Rolling Stones, la conquête spatiale demeure ma grande passion, malgré mon manque de réussite scolaire dans les disciplines scientifiques.Quelques mois auparavant, 2001: Odyssée de l’espace fut un électrochoc.La conquête spatiale, c’était le rêve, les grandes interrogations existentielles, l’aventure et le suspense, les prouesses techniques, bref, tout pour enflammer un ado aux hormones en ébullition.J’ai commandé des photos du module lunaire de la NASA, je découpe tout ce qui s’écrit sur le vol Apollo 11, je suis prêt Mais la semaine de l’alunissage, c’est la semaine où ma famille a eu la bonne idée de partir en CONSril DI S ARTS [Il MONTREAL Conseil des Arts du Canada Québec ”! La carte PASSIPORT-PROSPIRO Elle donne droit à 6 entrées au coût total de 96 $.et peut être utilisée sur plus d'une saison sans restriction dans le nombre de personnes qui l'utiliseront en votre compagnie.Disponible en tout temps THEATRE Billetterie : 514.526.6S82 JACQUES LE FATALISTE d'après Denis Diderot Adaptation et mise en scène de Cristina lovita Le Theatre de l’Utopie et Le Groupe de la Veillée CORPS ET ÂME de John Mighton Mise en scène de Robert Reid La compagnie L'Ange-Élçphont LILY Texte et mise en scène d'Isabelle Cauchy Musique de Michel G.Coté LA NUIT DES TRIBADES de Per Olov Enquist Mise en scène de Téo Spychalski le Groupe de la Veillée LA TRAVERSEE Texte et mise en scène de Jean-François Casabonne L'IMPROMPTU DE L'ALMA d'Eugène Ionesco Mise en scène ri Elizabeth Albahaca FESTIVAL LES COUPS DE THÉÂTRE Automne ' hiver 2002'2003 Théâtre PROSPERO / Le Groupe de la Veillée 1371, rue Ontario Est info@laveillee.qc.ca www.laveillee.qc.ca 22 octobre 16 novembre (Salle intime) 29 octobre - 16 novembre 30 novembre 15 décembre 17 septembre 12 octobre 3 décembre - 21 décembre 21 janvier 22 février 18 novembre - 27 novembre camping à Cape Cod, en compagnie d’une flopée d’oncles et de cousins.J’étais quand même déterminé à vivre «mon» alunissage.Et la journée du 20 juillet s’est déroulée dans une sorte d’état second.La descente vers la Lune fut une expérience radiophonique, à écouter, dans l’auto, les conversations entre Houston et les astronautes, l’approche lunaire demeurant pour moi indissociable des odeurs de crème solaire au retour de la plage.Et puis le soir.Un Américain prévoyant avait apporté, chose rare à l’époque, un téléviseur portatif au camping.Le fil passait entre les arbres.Nous étions 25 ou 30, dehors, sous les grands pins, non loin de la mer et Le Prisonnier amais série télé n’avait à ce point tétanisé ma famille devant l’écran.Même mon père, pas très amateur [e petit écran, attendait son épisode hebdomadaire du Prisonnier avec une hâte fébrile.Le souffle du génie flottait au-dessus de notre émission fétiche, avec l’ange du bizarre perché sur l’épaule de Patrick McGoohan venu nous caresser de son aile.D’où sortait donc ce Britannique capable de jouer, de réaliser, de produire pareille histoire brillante?Encore aujourd’hui, son délire visionnaire m’éblouit Le village étrange de cette série télé avait quelque chose de moderne et d’angoissant à la fois.Enfermée sur cette plage mystérieuse, en même temps que le héros, je portais comme lui le numéro six.Du moins, telle était la sensation grouillant au fond de mon ventre, moi, la petite fille entre deux âges, ni enfant ni adulte, qui sentait confusément que le monde extérieur avait quelque chose d’aussi absurde, d’aussi cruel que celui dont témoignait Le Prisonnier.Et les gros ballons blancs qui rattrapaient les fuyards évoquaient dans mon esprit je ne sais quelle tyrannie appelant à toutes les évasions.Et Patrick McGoohan nous entraînait derrière les barreaux de ses hantises et son cauchemar devenait le nôtre.Et j’avais peur tout en n’osant crier.J’avais connu auparavant la télévision du spectacle, une autre mariée à l’art.Il m’était donné de voir un créateur inventer un univers parfaitement original pour le petit écran.Comme si le genre naissait soudain devant mes yeux.Odile Tremblay VOIR PAGE C 8: SOUVENIRS SUITE DE LA PAGE C 1 Cinquante ans plus tard, après avoir connu successivement la possibilité de l’enregistrement, la couleur, le câble et la vidéo, la télévision vit une nouvelle révolution technologique, soit le numérique, dont personne ne connaît l’aboutissement.L’appareil se transforme.Il peut se loger partout, dans la voiture, sur les sièges d’avion.J’ai vu récemment, à Montréal, des hommes-sandwichs d’un nouveau genre, soit des «hommes-télévisions» qui portaient, harnaché sur le dos, un lecteur DVD alimentant un téléviseur miniature fixé au sommet de leur tête.Dans les magasins de matériel électronique, les écrans sont de plus en plus plats et, très bientôt, comme dans les films de science-fiction, ils seront encastrés dans le mur du salon, immenses.La définition de l’image est de plus en plus précise.Certains ingénieurs croient qu’à moyen terme TELE c’est maintenant la télé en 3D qu’il faut développer.On a cru que l’avenir de la télé passerait obligatoirement par Internet.On se rend compte maintenant que le mariage ordinateur-té lévision est beaucoup moins assuré que prévu.On ne regardera peut-être pas la télévision sur son ordinateur.Par contre, on peut de plus en plus doter la télé de certaines fonctions dévolues à l’ordinateur (le stockage de données, par exemple).Le numérique permet de développer des dizaines et des dizaines de chaînes et, actuellement, les nouveaux réseaux numériques de distribution permettraient de diffuser des centaines de chaînes.Mais quoi mettre sur toutes ces chaînes?Comment les financer?Et surtout, qui a vraiment le temps de regarder 500 chaînes de télévision?Tendance réelle, donc, pour les 10 ou 20 prochaines années: le choix à la carte.Nous n’aurons peut-être pas 500 chaînes de télé, parce que nous n en avons pas vraiment besoin.Par contre, nous pourrons faire un choix de nos chaînes préférées parmi un catalogue de plusieurs centaines.Voire choisir nos émissions préférées.La mise en place de la vidéo sur demande est déjà commencée, le vi-déoclub du coin est déjà condamné et, après avoir téléchargé dans votre téléviseur un film, vous voudrez sans doute faire la même chose avec une émission de télévision.Mais alors, cela sera-t-ii la fin de la télé comme on la connaît?Pas nécessairement Hier, tout le monde se réunissait autour des Plouffe et de Maurice Richard pour en parler le lendemain.Aujourd’hui, malgré la multiplication des chaînes, nous voulons tous suivre en même temps les péripéties d’Un gars, une fille et vivre la tragédie dull septembre en direct Demain, malgré 500 chaînes pour les montrer, nous voudrons tous être ensemble devant le poste pour regarder les premiers pas de l’homme sur Mars.SAISON 2002-2003 Direction : Denis Marleau uftu compagnie de creation La Dernière bande Théâtre du Rideau Vert io au zi septembre 2002 De Samuel Beckett Avec Gabriel Gascon Une coproduction d’UBU, du Théâtre du Rideau Vert et du Théâtre français du Centre national des Ans Quelqu’un va venir Usine C 28 novembre au 14 décembre 2002 De )on Fosse Avec Pierre l.ebeau, Alexis Martin et Pascale Montpetit Une coproduction du Théâtre français du Centre national des Arts et d’UBU Les Aveugles En tournée De Maurice Maeterlinck Fantasmagorie technologique Avec Céline Bonnier et Paul Savoie Une coproduction d’UBU, du Musée d’art contemporain de Montréal et du Festival d’Avignon www.theatreubu.ca 4 A 4 L K I) K V 0 I R , 1.E S S A M E 1)1 Al A 0 Û T E T I) I M A N C II E I S E l> T E M B R E 2 0 0 2 Culture CINÉMA SOURCE LES FILMS SÉVILLE Que François Ozon soit parvenu à réunir des actrices de si haut vol et de tant de générations différentes relève en soi du tour de force.Danielle Darrieux, mais aussi Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier et Firmine Richard sont les huit femmes confinées dans ce manoir au cours des années 1950.Suprême parodie HUIT FEMMES Réalisation: François Ozon.Scénario: François Ozon et Marina de Van d’après la pièce de Robert Thomas.Avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Danielle Darrieux, Ludivine Siagnier et Firmine Richard.Image: Jeanne Lapoirie.Musique: Krishna Levy.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Huit femmes assure la clôture du 26e FFM lundi prochain, mais prend dès le lendemain l’affiche à Ex-Centris, avant d’atterrir la semaine suivante sur plusieurs écrans du Québec.Sa distribution à elle seule vaut le détour que François Ozon soit parvenu à réunir des actrices de si haut vol et de tant de générations différentes relève en soi du tour de force.Danielle Darrieux, mais aussi Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier et Firmine Richard sont les huit femmes confinées dans ce manoir au cours des années 1950.Laquelle est la meurtrière du lot?Classique thriller à la Agatha Christie, inspiré d’une pièce de théâtre de Robert Thomas, le film constitue un huis clos truffé de clins d’œil et respecte la règle théâtrale des trois unités, toujours à des fins ludiques, pour le plaisir de la référence.François Ozon est un jeune prodige du cinéma français capable de tâter avec succès de tous les styles.Quand on a livré comme lui au cinéma des œuvres aussi différentes que Sitcom, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes et Sous le sable, on ne commet pas de maladresses.Lorsqu’on parodie les genres, c’est en toute connaissance de cause.Ceux qui avaleront Huit femmes au premier degré (de grâce! évitez cette peau de banane!) détesteront ce film.A travers cette satire de l’univers d’Hercule Poirot mais aussi des comédies musicales follement kitsch, des mélos où les héroïnes sont plus femmes et plus glamour que nature, la fantaisie est reine.Il faut entrer dans un tel univers acidulé comme on pénètre dans le délire des Parapluies de Cherbourg, avec un petit sourire aux lèvres, pour en goûter tout le sel.Tout est stylisé et improbable ici: costumes et profils des femmes, chansons aussi, car sur les lieux du crime, ces dames entonneront à tour de rôle leur petite rengaine et esquisseront des pas de danse.L’intrigue est on ne peut plus simple: le père de famille a été poignardé.Qui de l’épouse, de la sœur, des deux filles, de la belle-mère, de la belle-sœur, de la cuisinière, de la femme de chambre est coupable?Car chacune possède son secret qui finit par se dévoiler.Et derrière chaque secret, se tapit un mobüe.Glaciale Isabelle Huppert en vierge et martyre au caractère impossible, impériale Catherine Deneuve en veuve pas très éplorée, ironique Danielle Darrieux en vieille femme indigne, mordante Fanny Ardant en sœur évaporée.Ce sont surtout les filles du mort (mcarnées par Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier) qui font des étincelles de jeu en parvenant à allier le naturel et la distanciation.Et même si Catherine Deneuve semble un peu pataude en danseuse, même si Emmanuelle Béart a l’air de tout sauf d’une femme de chambre, le film glisse sur la patinoire de toutes ses parodies en une sorte d’hommage amusé au cinéma, au théâtre, à la littérature d’hier, réconciliant les arts et les genres sur un air de folie douce.Festival des filins du monde La détresse et Penchantement Les programmateurs étrangers de passage au festival ANDRÉ DANSE De belles itinérances DAVID CANTIN \ A Québec, le centre chorégraphique La Rotonde en est déjà à sa septième saison.C’est là un signe encourageant pour le milieu, toujours fertile, de la danse dans la Vieille Capitale.Cette semaine, on rendait publique la programmation 2002-03.Au menu: des artistes de Québec, de la France, de la Belgique et de Vancouver, pour six spectacles en tout.Des retrouvailles qui s’annoncent fort intéressantes, dès le début du mois d'octobre.Pour ouvrir la saison, la chorégraphe Lola MacLaughlin poursuivra, avec la compagnie de Vancouver I/)la Danse, une trajectoire où l’infiniment grand et l'infini-ment petit se croisent: des gestes simples et répétés qui suggèrent le rythme intense des vies comme de l’environnement de la culture humaine.Volio se veut ainsi à l’écoute de l’éphémère et de l’ineffable, du 3 au 5 octobre.Ensuite, ce sera le grand projet France-Québec, autour du Puzzle Danse, avec quatre compagnies créant des duos homme-femme en harmonie.Hélène Blackburn, Harold Rhéaume, François Vey-runes et Denis Plassard participeront donc à cette expérience basée sur le principe de l'échange tout comme sur la diversité esthétique.Comme le souligne la directrice artistique de la Rotonde, Johanne Dor, «il s’agit d'une invention chorégraphique entre deux pays, le voyage d’une danse itinérante qui sera présentée dans six salles du Québec et dans dix salles de lq région Rhône-Alpe en France».A la salle Multi de Méduse, du 28 au 30 novembre.Art bûto Dans la série Mouvements d’intimité, Mario Veillette continue sa quête d’un art butô très personnel.Tirant parti des sites sauvages, civilisés, retirés ou urbains, Les Paysages-manteaux est une œuvre créée pour deux interprètes qui s'appuie surtout sur les paysages que l'on porte en soi.Une recherche formelle où la présence physique du geste compte pour beaucoup.D’ailleurs, les explorations récentes de Veillette portent beaucoup sur la danse environnementale, ainsi que sur le rapport possible entre les arts visuels et le mouvement chorégraphique.Au Studio La Rotonde à partir du 13 février.Fin mars, Harold Rhéaume et le fils d’Adrien Danse proposeront C.O.R.R.(Nocturne), qui se situe vraisemblablement entre vision et réalité.Avec l’aide, notamment, des interprètes Lydia Wagerer, Esther Gaudet, ce «pas de quatre» est le lieu de rapprochements où complicité, sensualité, sexualité, maternité et vieillissement se côtoient «C.O.R R est l’occasion de plonger dans une réflexion sur l’apport et les conséquences que l’intégration des valeurs dites féminines pourrait avoir sur nous», précise Rhéaume.Les militants Autre spectacle de la série Mouvements d’intimité, Locus Agitato de Catharsis de Québec s’inspire du travail des militants, de leur énergie, de même que de leurs convictions.Anik Morneau et Sonia Racine posent le résultat de l’exploration d’une panoplie d’énergies diverses et d’environnements visuels.Une courte pièce qui s’est ainsi transformée en projet majeur, les 17,18 et 19 avril au Studio La Rotonde.Pour terminer cette septième programmation: de la visite de Belgique en la personne de Karine Pontier avec Brucelles.Un univers qu’on dit proche du théâtre d’Ionesco, d’une certaine façon, pour six danseurs dans un langage particulièrement énergique.On baigne ainsi dans une histoire de détails, de codes et de jeux des événements, avec de l’humour noir en plus.Un spectacle déjà qualifié d’étrange et de cocasse.Ça débute le 8 mai.De plus, la série CorresponDanse, présentée par la chorégraphe-interprète Ly- dia Wagerer et la danseuse Valérie Lajoie, récidive pour une sixième saison dès le 27 septembre.Ils n’ont pas la réputation d’être des pique-assiettes, encore moins de provoquer des émeutes sur leur passage.Reconnaissables à leur mine studieuse, ils effectuent de véritables marathons, visionnant les films à la chaîne, dans les salles obscures ou devant un écran de télévision.Ces coureurs de fond, au service de cinéphiles aussi enthousiastes que ceux du FFM, concoctent la programmation d’événements cinématographiques essentiels au dynamisme culturel de leur milieu.Chaque année, les programmateurs de plusieurs festivals étrangers débarquent à Montréal dans l’espoir de dénicher les films qui vont d’abord leur plaire, tout en correspondant aux critères parfois pointus de leurs patrops et de leurs comités respectifs.A l’issue de leur séjour, souvent aux allures de montagnes russes, ils repartent avec quelques titres sous le bras.Entre deux séances de projection, certains ont bien voulu partager avec nous les joies et les misères de leur travail, ainsi que leur perception du FFM.Relation de confiance Une véritable relation de confiance semble établie entre eux et les responsables du FFM, car tous ne tarissent pas d’éloges sur l’efficacité de l’organisation et la cordialité du service.Bref, tout comme Robert De Niro, ils adorent Montréal et son festival, mais l’affirment avec plus de conviction.C’est le cas de Caroline Posse, programmatrice au Chicago Latino Film Festival, qui, pour une première présence, s’émerveille devant la réponse du public, les projections extérieures, les concerts et la localisation des salles.Rien de comparable avec son festival aux visées plus modestes, attirant 30 000 personnes pour un choix d’environ 100 films venant de tous les pays hispanophones.Mais la petite taille a ses avantages: «Nous encadrons davantage nos invités, précise-t-elle.Ici, il m’a fallu deux jours pour bien m’orienter; à cause de la grosseur de l’événement, on s’y perd un peu.Il faut faire preuve d’autonomie.» Une fois le chemin tracé dans les dédales de l’hôtel Wyndham et les différentes salles du FFM, la chasse est ouverte, mais le gibier à capturer diffère d’un programmateur à l’autre.Caroline Posse se concentre sur la sélection latino-américaine; Nicolas Gebelin, programmateur, scrute surtout les premiers longs métrages pour le Festival d’Annonay en France; Kelly Clement, directeur de la programmation du Taos Talking Picture Festival au Nouveau-Mexique, cherche tout simple- ment «les meilleurs films des quatre coins du monde».«Outsider» Annonay est ce que Nicolas Gebelin appelle un «festival d'amateurs», organisé par des gens de tous les horizons sauf des professionnels du cinéma II n’hésite pas à se qualifier A’«outsider», mais patauge dans le FFM du matin au soir, voit 60 films pour n’en choisir qu’un, destiné à une compétition comportant en tout huit titres.Le bilan final est à peu près semblable pour Kelly Clement, qui s’impose la même discipline Spartiate et considère au total une vingtaine de productions, alors que le comité de son festival n’en retiendra pas plus de cinq pour une programmation de 150 films.Le caractère gargantuesque du FFM leur convient parfaitement.Gargantuesque, mais aussi «imprévisible», selon Kelly Clement Et c'est la beauté de la chose car, à chaque édition, «le choix est si vaste qu’il est toujours possible de dénicher des petits films magnifiques.Au Festival de Toronto, la sélection semble dictée par les grands studios, et à celui de Rotterdam, on se fait un point d’honneur d’être ’’edgy”, à l’avant-garde.A Montréal, je peux passer d’une œuvre expérimentale à une charmante comédie.» VOIR PAGE C 4: FESTIVAL JACQUES GRENIER LE DEVOIR Directeur artistique du Festival international de films de Fribourg en Suisse, Martial Knaebel, présent au FFM depuis quatre ans, constate qu’ici comme ailleurs, «la quantité semble préférable à la qualité».FÊTE FRATERNELLE GILBERT LANGEVIN -13 édition dons la forêt de Sainte-Sophie (près Saint-Jérôme) Samedi, 31 août à partir de 14 h Pour tous ceux et celles gui aiment dire ou écouter la poésie Tout est gratuit.Rens.: Studio-Théâtre da Silva (450) 432-6910 CHRISTIAN BÉGIN I STÉPHANE CRÊTE DANIEL DESPUTEAU I ÉRIC FORGET FRANÇOIS MARQUIS BRIGITTE POUPART f dans SCENARIO [flmme en 3 acles] sfsüü THÉÂTRE DU RIDEAU VERT V texte et conception François Marquis LECTURE PUBLIQUE PRÉSENTÉE EN SALLE DE RÉPÉTÉ 1945 fUllUM MÉTRO ER0NTENAC ENTREE 10» RES Du 10 au 14 septembre à 20h UNE PRODUCTION Nouveau Théâtre Expérimental u wit www.nte.qc.ca theatre n nie cjc ca Espace Libre ions (514) 521-4191 léâtre Expérimental A.| I c.ca theatreo'ntc.qc.ca ïv I C | | |)|;\()||; L'Armoricain (féflj(lf{f/ DU 10 AU 21 SEPTEMBRE 2002 SAMUEL BECKETT Mise en scène Denis Marleau Avec Gabriel Gascon Concepteurs : Daniel Fortin, Stéphane Jolicoeur, Stéphanie Jasmin En coproduction avec UBU, compagnie de création et le Theatre français du Centre national des Arts.Réservations (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Représentations du mardi au vendredi 19H30 • samedi 16h et 20H30 AffatMoaAstral Media SPEXEL < LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 1 A O 0 T ET DIMANCHE 1 SEPTEMBRE 2 0 0 2 C 4 K H -?Culture *- CINÉMA Uétoile contradictoire SOURCE ONF Claude Jutras photographié avec un collègue cinéaste, Michel Brault.CLAUDE JUTRA, PORTRAIT SUR FILM Réalisation: Paule Baillargeon.Scénario: Jefferson Lewis.Images: Michael P Savoie.Montage: Dominique Sicotte.Musique: Yves Laferrière.Canada, 2002,82 minutes ANDRÉ LAVOIE Lorsque la voix de Paule Baillargeon se superpose aux premières images de Claude Jutra, portrait sur film, on croirait entendre celle d’Andréa Richler, la cinéaste rongée par le doute qu’elle incarnait dans La Femme de l'hôtel, de Léa Pool.11 y a cette même gravité, ce sentiment diffus que le personnage qu’elle recherche, cet «homme d’ombres né dans la lumière», va se dérober.Ils furent voisins, elle a joué sous sa direction (La Dame en couleurs) et lui est redevenu médecin, comme dans tant d'autres films, pour la comédienne-réalisatrice (Sonia)’, leurs retrouvailles sur grand écran s’avéraient nécessaires pour tenter de combler le vide à la suite de son triste départ, le 5 novembre 1986, ce jour où personne n’a pu le sauver des eaux.Si l’existence de Claude Jutra représente pour certains une succession de tragédies et de trahisons, ce que Paule Baillargeon ne cherche pas à minimiser, elle fut aussi marquée par une enfance dorée, un amour inconditionnel du cinéma, des rencontres marquantes (Jim Morrison, François Truffaut, Jean Rouch) et des amitiés sincères (Michèle Cournoyer, Saul Rubinek).Ayant décidé de laisser tomber le s de son nom de famille car «il n’y a qu ’un seul Claude Jutra», le réalisateur ne croyait pas si bien faire, surtout au moment où son œuvre est replacée dans la trajectoire du cinéma québé- cois.S’il ne fallait trouver qu’un mérite au magnifique portrait de Baillargeon, ce serait dans cette célébration du talent d’un créateur cabotin à l’œil aiguisé, capable de tendresse même dans la provocation, amoureux fou des acteurs, même ceux qui ne l’étaient que de passage, comme dans Wow et surtout Mon oncle Antoine.Cette merveilleuse peinture sociale du Québec des années 1950, consacrée meilleur film canadien de tous les temps, fut le dernier moment de grâce du cinéaste.Il avait bien sûr vécu plus d’un passage à vide avant de mettre en images les souvenirs d’enfance du scénariste Clément Perron: le ratage d'Anna la bonne, l’indifférence de ses compatriotes à l’égard d’À tout prendre, son accident de motocyclette qui, selon Michel Brault, complice artistique de Jutra pendant de nombreuses années, a rendu l’homme plus «tragique».Le film de Baillargeon, tout en demi-teintes, expose ses déceptions mais dévoile aussi son caractère espiègle et son énergie quasi inépuisable.Un glissement progressif vers la souffrance et la solitude s’opère lorsque sont évoqués les mauvais souvenirs au sujet de Kamouraska.Ce film maudit tire un trait sur son amitié avec Michel Brault (souvent précis dans ses souvenirs, le directeur photo s’esquive sur les raisons de cette brouille avec une désinvolture désolante, tout comme Geneviève Bu-jold, davantage déçue d’avoir raté ce rendez-vous avec un «grand rôle») et son insuccès lui ferme toutes les portes.Commence alors son exil au Canada anglais, «ce pays étranger où on l’accueille en ami».A défaut d’y faire sa marque (Surfacing et By Design ne restent pas gravés dans les mémoires), Jutra scelle des liens solides, comme avec l’acteur et réalisateur Saul Rubinek qui livre le témoignage le plus émouvant.Sa présence s’harmonise parfaitement avec le climat mélancolique installé par Paule Baillargeon, alors que sont évoqués ses derniers combats, celui consistant à tourner des films au Québec et l’autre contre la maladie d’Alzheimer.Dans les deux cas, la défaite sera quasi totale, ne lui laissant qu’à faire de sa mort une image tirée de son cinéma, un saut «au-dessus du Niagara de sa propre vie».Le film est parsemé de révélations troublantes, comme Tamour dévorant et excessif de sa mère, et d’autres plus cocasses, où la cinéaste Michèle Cour-noyer se souvient, avec humour, d’un homme roupillant dans la salle de la Cinémathèque qui porte aujourd’hui son nom! C’est avec joie que l'on partage l’admiration, et aussi la tristesse, de Paule Baillargeon pour Claude Jutra.Ce portrait mémorable, à la poésie d’une délicatesse exquise, nous montre les facettes d'une étoile contradictoire à l’œuvre inachevée.Avez-vous 2 minutes ?Les 2 minutes du peuple de François Pérusse.6 h 20,7 h 20 et 8 h 20.énergie 94.3 radioenergie.com FESTIVAL L’abondance ne fait pas l’affaire de tout le monde SUITE DE LA PAGE C 3 L’abondance, c’est aussi ce qui attire Karen Davis, directrice du Palm Beach Jewish Film Festival, enchantée par cette première participation au FFM.Comme bien d’autres, elle apprécie les facilités techniques («c'est beaucoup mieux qu’à Berlin ou Jérusalem») et la vue de salles bondées à 9h, un dimanche matin, la fascine car «à la même heure, en Floride, tout le monde est sur un terrain de golf!» Comme elle recherche des films tournés par des cinéastes juifs ou comportant un «angle» juif, l’ampleur du catalogue satisfait autant la programmatrice que la cinéphile; la première a craqué pour Undying Inve, de Helen Klodawsky, «un véritable Jeel-good holocaust movie”!», et la seconde pour Le Rire de la mouette, de Agust Gud-musdsson, car «on ne voit pas beaucoup de films islandais aux Etats-Unis.» Sélectionner Tous les programmateurs rencontrés n’affichent cependant pas le même ton jubilatoire devant cette avalanche.Directeur artistique du Festival international de films de Fribourg en Suisse, Martial Knaebel, présent au FFM depuis quatre ans, constate qu'ici comme ailleurs, «la quantité semble préférable à la qualité.Im responsabilité du programmateur, c’est de sélectionner, pas de faire venir n’importe quoi de n'importe où simplement pour dire: on a 400 films! Si sur 400, il y en a 300 qui sont nuis, je ne vois pas tellement l’intérêt.» Il considère que son rôle, et celui joué par les festivals, a une importance capitale: «Le programmateur se doit d’être un animateur culturel, de choisir des œuvres qui vont permettre au public de connaître à la fois l’état de la production cinématographique et l’état du monde.Les festivals doivent faire leur part pour maintenir la diversité culturelle.» Télévision Jean-Michel Ausseil, secrétaire général du Festival international de programmes audiovisuels de Biarritz et vieil habitué du FFM depuis 1985, se concentre maintenant sur les productions télévisuelles après avoir œuvré à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.A la fin de son séjour, il aura vu environ 150 programmes et, tout comme ses collègues, passera de la détresse à l’enchantement.«Il ne faut pas nier que beaucoup de documentaires ressemblent à de la radio filmée, dit-il sans ironie./e ne mets pas en cause les sujets mais la façon dont ils sont traités.Bien souvent, je me ferme les yeux et ça suffit car, sur l’image, il n’y a rien.» Au-delà des nobles intentions et des passages à vide, ces travailleurs de l’ombre chargés d’illuminer leur événement tirent profit du menu chargé du FFM et de son confort douillet.Qu'est-ce qui les distingue des autres festivaliers?Aucun ne s’est plaint du manque de stars et d’ambiance.Pour eux, la vie cinématographique est ailleurs.« » J.E DEVOIR, L E S S A M E DI :i I A O Û T E T I) IMAM C H E I S E l‘ T E M B R K 2 0 0 2 C 5 Culture disques classiques D’autres facettes de gens connus FRANÇOIS TOUSIGNANT CELIBIDACHE COMPOSITEUR Sergiu Celibidache: DerTaschengarten (Le jardin de poche), suite enfantine pour orchestre en 13 tableaux.Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart, dir.Sergiu Celibidache.DGG 471612-2 Voici un digne produit de l’ordre du plus pur paradoxe.Sergiu Celibidache, ce chef roumain légendaire qui vécut longtemps à Paris, étudia à Berlin — où il devint même un temps, après la guerre, le directeur artistique de l’Orchestre symphonique de cette ville — et travailla dans bien d’autres villes allemandes, était aussi compositeur.Ironie supplémentaire: lui qui, en 1953, enregistre avec Ida Handel le Concerto pour violon de Sibelius, cesse aussitôt de faire des enregistrements, continue à diriger comme à composer tout en refusant que ses œuvres soient jouées, surtout par lui.Quel fut le détour que prit le hasard en 1978?C’est le secret du destin.Celibidache accepte d’enregistrer, en studio — donc pour faire un disque —, une de ses œuvres, Der Taschengarten (Le Jardin de poche).Répétitions, séances de montage, tout se fait dans l’ordre des choses jusqu’au jour où le maestro refuse tout net la publication du disque.Perte sèche pour la musique donc, mais qu’un ressort du même hasard va combler.En effet, depuis sa mort, la succession a d’abord approuvé l’édition de nombreux enregistrements faits sur le vif lors de concerts, puis vient d’autoriser qu’on nous rende disponible sur CD le fruit du travail créateur du chef en mettant au jour cette œuvre.Bouillant de curiosité, fébrile et, admettons-le, rendu un peu circonspect par la peur d’être déçu (c’est une des raisons qui font que le disque traîne un temps sur les rayons de la discothèque), on place ledit objet dans le lecteur.D’entrée de jeu, on entend que Celibidache est resté sourd à toutes les avant-gardes.Ses modèles sont le Stravinski néoclassique et de l’époque «des trois ballets», Debussy, Enesco et un peu Bartok.La suite de pièces enfan- Edgard Varèse SOURCE PHILIPS tines reste donc quelque chose de volontairement passéiste dans sa conception, mais de tout à fait moderne dans son orchestration.Sans vouloir être méchant, on userait du terme, dont les Allemands se servent avec mépris, de Kapell-meistermusik (musique de chef d’orchestre).Dans ce cas-ci, il y a un peu plus.La beauté de l’orchestration est en effet remarquable.On navigue dans toute la panoplie de ce qu’un traité d’orchestration de Kœchlin (que Celibidache admirait et connaissait par cœur) montre comme subtils effets orchestraux, allant des pirouettes de Petrouchka aux balancements coloristes de la mélodie de timbre schœnbergien.Il faut écouter la musique en lisant le livret: il se trouve en effet un poème, souvent humoristique, parfois évocateur, qui met dans l’atmosphère bon enfant où baigne la conception de cette suite.Les titres comme les paratextes musicaux sont ici primordiaux pour apprécier l’effort créateur, un peu comme on distribuait les programmes des poèmes symphoniques ou de la Symphonie fantastique au XK' siècle.Alors on s’amuse de l’esprit de celui qui fut assez tyrannique com- me chef, mais qui se révèle coquin et séducteur en composition.Si l’inspiration qui préside à la science de l’instrumentation séduit, si la matière fait sourire ou rêver, selon les tableaux, force est de reconnaître que la substance est mince.Faut-il en tenir rigueur?Je ne le crois pas.Le compositeur semblait savoir lui-même ce qu’il valait et l’intérêt réside ailleurs.La découverte de l’oreille intime de Celibidache s’avère en effet un phénomène qui, malgré nous, teinte notre façon de réentendre ses interprétations des grands classiques.En entendant les couleurs qu’il se compose, le style qu’il s’imagine, on entre plus avant dans l’univers très particulier d’un des plus grands chefs du siècle dernier.Cela n’a pas de prix.VARESE Edgard Varèse: Arcana (1927); Octandre (1923); Offrandes, pour soprano et orchestre (1921); Intégrales (1925) ; Déserts (1954).Maryse Castets, soprano; Orchestre de la Radio nationale de Pologne, dir.Christopher Lyndon-Gee.Naxos 8.554820.D’une modernité toujours triomphante, d’une force irrésistible, la musique d’Edgard Varèse, à l’instar de celle de Bach, de Beethoven et de Bartok, ne prend pas une ride avec le temps.Elle est même capable de faire paraître vieille celle de bien des créateurs contemporains.Si vous voulez savoir de quoi est capable l’imagination humaine, procurez-vous cet incontournable enregistrement L’éventail est large.La dernière œuvre pour orchestre de Varèse (Arcana), sa seule œuvre vocale réelle (Offrandes), les deux pièces de musique de chambre les plus importantes pour les destinées de la musique (Intégrales et Octandre-, dommage qu’on n’ait pas ajouté Hyperprism pour compléter le panorama) et l’œuvre phare de l’introduction de l’électronique dans la musique instrumentale (Déserts).Donc, Naxos vous fait découvrir à peu de frais une œuvre de génie et, ma foi, étonnamment interprétée.Arcana pose toujours des problèmes.Ici, le parti pris du chef Christopher Lyndon-Gee les résout presque tous.Il y a pourtant de sérieuses références, les versions Boulez, Nagano et Chailly en tête.Pourtant, jamais je n’ai entendu autant d’énergie incisive qu’ici.L’art de Varèse, cette lutte des masses sonores, cet empilage d’arêtes, cette manière de nous ol> séder en spirales, est vraiment recréé.C’est dire la force de l’interprétation, qui nous fait justement oublier qu’elle est interprétation pour le plus fortement du monde imposer l’œuvre.Le contraste s’impose avec Octandre.Ici, c’est un lyrisme inusité qui guide la musique.Pas d’apitoiement, cependant: les angles — et il y en a — sont bien présents, mais teintés d’une aura qu’on ne connaissait pas.Cela constitue une expérience émouvante d’une terrible profondeur, un peu à l’image du désespoir profond de Varèse qui toujours cherchait cette force d’innovation et de communication pour un autre monde.Nous y voici avec ce genre de version, qui fera déchanter bien des baguettes de métronome, tant ici ce sont les battements de cœur qui mènent le bal.Petites réserves pour Offrandes-.si l’orchestre est splendide encore, la voue n’est pas à la hauteur.Le timbre de Maryse Castets et la fragilité de son solfège font plus penser à une cantatrice qui fait de la musique contemporaine faute de mieux, ce qui, en général, tue ce type de musique.D’un enregistrement qui vient de Pologne, où les voix sont autrement habituées à ce répertoire, on reste déçu de ce choix de soliste.Intégrales, curieusement, est pris avec la même option de sensualité et de plaisir sensuel sonore plutôt que d’agressivité belliqueuse.Même si la prise de son est un peu acide, il émane de l’écoute, comme des réécoutes suivantes, un profond sentiment de se tenir devant une œuvre accomplie qui nous force à nous dépasser., Tout comme pour Déserts.Ecouter ces couleurs, ces mélodies ou une note ne fait que changer d’instrument, surtout, cette méditation qui se projette avec un tel souffle, cela fait que l’expérience est toujours troublante.C’est tellement bien fait et bien réalisé avec l’intégration de la bande nettoyée qu’on sait à quelle aune on doit mesurer les versions qui suivront.Vraiment, voici un festin à prix modique qui fera adorer ce type de répertoire irrémédiablement irréductible, même aux plus réfractaires au genre, en raison de la grandeur de vue qui le met au jour.VITRINE DU DISQUE JAZZ THE SECRET HISTORY OF ROCK AND ROLL 4 volumes Bluebird/BMG \ A lire le titre de cette série, on pourrait être tenté de croire que son auteur a voulu faire un gag.Il n’en est rien.Loin de là.En fait, ce titre est tout ce qu’il y a de vrai, de justifié.Dans cette histoire, il y a bel et bien un secret.Celui-ci se résume comme suit: le rock de Bill Haley, Eddie Cochran, Presley et compagnie est bel et bien l'enfant du blues.Afin d’illustrer ou plus exactement de souligner cette vérité, quatre producteurs de Bluebird se sont attelés à retracer tous les blues auxquels les Haley et consorts ont emprunté les rythmes et mélodies pour mieux confectionner ce qu’on appelle le rock and roll.Le travail accompli par ces messieurs a ceci de particulièrement intéressant qu’ils ont apporté beaucoup de soin au développement historique de cet objet musical.lœ premier morceau de cette série de quatre compacts s’intitule Catfish Blues, de Robert Petway, et celui qui clôt le tout s’appelle Get Rich Quick, de Little Richard.Entre la petite histoire qui relate la nécessité d’attraper le poisson-chat et la volonté affichée de frire rapidement du fric, on nous propose les meilleurs blues composés entre les années 1920 et les années 1950.Le panorama est complet.Tellement que c’est à se demander si on peut se demander: est-ce que ceux qui ont confectionné cette série ont oublié quelque chose?Le soin évident avec lequel cette aventure a été menée permet d’affirmer: mission accomplie! Les noms de tous ceux et celles qui devaient être inscrits sur les pochettes de ces albums y sont Qu’on y pense: Big Maceo, Roosevelt Sykes, Robert I>ockwood, Memphis Slim, Victoria Spivey, Sonny Terry, Alberta Hunter, Big Joe Williams, Jim Jackson, Sleepy John Estes, Walter Davis, Sonny Boy pol de retenir l’attention en cette fin d’été.Plusieurs compagnies semblent désormais à la recherche des prochains Strokes.Qui fera l’affaire, ou plutôt comment séparer le bon grain de l’ivraie?L’étiquette Matador opte pour un jeune quatuor, un peu chic, qui a sans doute beaucoup écouté Joy Division.Très eighties, Interpol suit la vague.Sur Turn on the bright lights, des chansons tristes et légères rappellent la belle époque de Factory.Qui dit mieux?En fait, la voix et la guitare de Paul Banks, tout comme ses complices, ne réinventent rien sur ce premier album aux allures pop ténébreuses.Voilà des New-yorkais VOIR PAGE C 8: ROCK e n t r i s horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com DISQUES La voix du Russe Volodia est la concrétisation d'un projet dont Yves Desrosiers rêvait depuis longtemps SOLANGE LÉVESQUE La voue est engageante et sans fard; elle n’est pas connue puisqu’il s’agit du premier CD d’Yves Desrosiers en tant que chanteur.Immergé dans la musique depuis son enfance, Desrosiers a travaillé comme musicien avec le cinéaste Charles Binamé, le musicien Paul Kunigis, les chanteurs Fredric Gary Comeau, Marc Déry, Jean Leloup, Mo-nonc’Serge, Daniel Bélanger et Lhasa De Sela, notamment, qu'il a contribué à faire connaître au Québec et en Europe.Volodia est la concrétisation d’un projet dont il rêvait depuis longtemps: interpréter les chansons de Vladimir Vissotsky en leur donnant pour cadre des climats sonores de son cru.Parmi les nombreuses chansons du poète russe, qui fut également un acteur de théâtre talentueux très populaire au sein du peuple soviétique pendant les années noires du régime communiste, Yves Desrosiers en a choisi onze, pour lesquelles il a créé des arrangements musicaux en compagnie de son complice de toujours François Lalonde, batteur et percussionniste.Volodia, c’est le diminutif du prénom de Vladimir Vissotsky Semenovitch né en 1938, un an avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et mort en 1980, onze ans avant la dissolution de la fédération communiste.Yves Desrosiers a trouvé dans son œuvre des échos qui-correspondent à sa propre sensibilité et qui l’ont inspiré.Des thèmes éternels Les chansons de Vissotsky abordent les thèmes éternels: l'amour, la guerre, l’amitié, la fidélité, la mort.Elles sont empreintes de la lucidité d’un artiste incandescent dont la vie s’est consumée trop vite.Dans Le Vol arrêté, il se demande: «Pourquoi/ j'voudrais savoir pourquoi/ pourquoi elle vient trop tôt la fin du bal/ c’est les oiseaux/ jamais les balles/ qu’on arrête en plein vol»; et plus loin: «Il écrivait comme on se sort d’un piège/ faute au soleil/ faute aux tourments/ mais comme il prenait pour papier la neige/ ses idées fondaient au printemps».La beauté des arrangements et les choix contrastés des instruments par rapport au sens des textes s’accordent bien avec le dépouillement de l’interprétation dYves Desrosiers.L’écoute requiert cependant une attention soutenue, car le phrasé parfois obscur et une diction manquant de rigueur ne facilitent pas toujours la saisie immédiate du sens.La traduction des chansons a été effectuée par Annie-Pénélope Dussault et l’adaptation est de la chanteuse Bïa, qui ont manifestement choisi de donner priorité au rythme de la langue d’origine plutôt qu’à la fluidité du français.Le Vol arrêté a été adapté par Maxime Le Forestier et Rien ne va, par l’actrice française d’origine russe Marina Vlady, qui fut l'épouse de Vissotsky.Assurant lui-même les guitares sur ce CD, Yves Desrosiers est accompagné par Didier Dumoutier à l’accordéon, Francis Covan au violon et à l’accordéon, Gilles Brisebois à la basse, Mario Légaré, Christophe Papadimitrious et Eric-West Millette aux contrebasses, Jean Massicotte au piano.VOLODIA Yves Desrosiers (Audiogram) SOURCE LIBRARY OF CONGRESS Illustration pour l’album Walk Right In, The Secret History of Rock & Roll, chez BMG.Williamson peuvent être entendus en compagnie de tous les seconds rôles du genre.CQFD: l’ensemble est une combinaison des premiers et seconds rôles du blues.Dans le genre, la série publiée ces joursrd est à mettre sur le plan des meilleures séries du genre.On pense à celle parue sur étiquette Chess et à celle intitulée Living Chicago Blues de l’étiquette Alligator.Qui plus est, la qualité sonore est indéniable.Tous ces vieux morceaux ont été fort bien nettoyés.Serge Truffaut HEADS UP! Lil’ Ed & The Blues Imperials Alligator Tant qu’à être dans le blues, restons-y.Tout d’abord pour signaler une bonne nouvelle.Après des années de distribution cahoteuse, voilà que le catalogue Alligator, grande étiquette de blues fondée à Chicago au milieu des années 1970, fait à nouveau son apparition dans les bacs des disquaires.Alligator sera désormais distribué par Distribution Fusion III.Cela précisé, voici qu’on nous propose le tout nouvel album de Lil’ Ed, qui est sans aucun doute un des meilleurs spécialistes de la slide.Toujours est-il que cet enregistrement doit être doublement signalé.Un, parce que cela faisait des lunes que Lil’ Ed n’avait pas travaillé en studio; il a eu un passage à vide consécutif à ce qu’on appelle des problèmes personnels.Deux, ce Heads Up est à la hauteur de sa réputation de musicien débordant d’énergie.Ça décape de bout en bout.C’est virevoltant, survoltant.Ça s’écoute à fort volume.Surtout, a fait rigoler.Cet album, c’est le ues de la bonne humeur.S.T.R O C K S TURN ON THE BRIGHT LIGHTS Interpol (Matador) Il s’en passe bien des choses à Brooklyn ces temps-ci.Après les Yeah Yeah Yeahs, The Rapture et autres üars, c’est au tour d’Inter- «LE PLUS EXTRAVAGANT DES MARIAGES.ON S’Y POINTE PAR OBLIGATION ET ON FINIT PAR S'Y AMUSER» - ANDRÉ LAVOIE.LE DEVOIR «ON A PAS BESOIN D’ÊTRE GREC POUR AIMER CE FILM, JE N’AI JAMAIS RI AUTANT DEPUIS LONGTEMPS.» - UN SPECTATEUR M* VMDJU.0S JOHN CORBETT UINIE KAZAK MCHAEL C0KSTANT1NE « ANDREA MARTIN n JOEY FATONE rf-V LE /VlARIACVi aïr DE L* AN NIEE :0 MY B.IC3 I /X I GRXXK WLDDINC L'amour ostlà pour rester.tout comme l*WEM»IMWWt*IW!,lllli____________ liKDBMmPiniinM,ocii!iiiKiMiaiifiMiiHo«n*îaHHHHH SmmBNMIWNKSMMDM«.IMQI1IIIHMiami«.MMUI .ffl.l L’ AFFICHE I •ION FINANÇAI ia^.RUTrN^ 1 I r^^LLeê’yi naflaiitm h^ëSaSiïvh rr.r I ?rZüiîl'îtfr.îHK0 —11—«J*™* «av*»*-11-cinéma-omtecex od#on- 1 MCWHCHWTIW 1IPONT-VIAU 16 ?I [CQlOiÜlt UVAL ?] l>T-BuiTACHK ?1 [•T-BWUWO mïïïKÆL'îüf P2i“n PIE»'OP Z ro —l f— LÉS CINÉMAS OUUO —1 r~ CINÉMA TWOMPHt —1 I-CINÉMA P-I |BOUCHBRVILLi ?|lîlWWIBOWNl 14?! [»T«-THÉWltg 8Tl ILACHINAII vH IWOCK FOWHtT] i "“mullT’* i ramSiftuTi rïHtsîRooar 71 MKa s&Sh-ti [eYHYAciNTHeVi rrT-â^N^i mrwÎNioÂgTi riy-T*Roarn naxiLWï] re’r.ÂefLTn FAirasiipTi ti ^rôi; ?SOMPIBIWL [ôkuMMONOviuin Ikj^Tn^Tl AUSSI A L AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE CONSULTEZ LIS GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS _ .L'AFFICHE! « O I __ .\T— MÉQAPLEX' QUZ/O —l |li»|| EfrgNiws m»,.».IIpqnt-VIAU ta ?! COMPÉTITION OFFICIUIE «e*.CANNES 2001 NM» LA CHAMBRE DES OFFICIERS UN HLM DF FRANÇOIS DUPEYR0N «Un film for! et émouvant.» •Voir «.un beau film.» ¦Ici «.un grand film.» t • U Devoir kW- Jêl A L’AFFICHE! fiJSL riSuCHERviti^VI ^hÊrSrOO^JI L K I) K V 0 I R , L E S S A M EDI Al A 0 Û T E T D I M A N C II E I S E l> T E M B K E 2 0 0 2 (’- (> LE DEVOIR MUSÉE De Vienne.à Lodève RENÉ VIAU Lodève — La ville est nichée dans les montagnes de l’Hérault à une demi-heure de Montpellier.Laissant la Nationale 9 grimper vers les landes désertes du plateau du Larzac, Lodève allonge au pied de sa cathédrale gothique ses rues anciennes et des terrasses animées.Ce matin, des touristes trempent leurs croissants dans leurs cafés crème."Au musée, de s’exclamer le garçon,/e vais voir toutes les expositions.» Sept mille habitants.Les moutons du Larzac ont enrichi dès le Moyen Age les filatures de Lodève.Les métiers, qui tissaient depuis lors des draps pour l’armée, se sont arrêtés autour de 1960.L’usine de la Cogema prend le relais.Quand la compagnie plie bagage au milieu des années 1990,850 personnes sont mises à pied.Parmi les commerces de la grand-rue, deux enseignes sur trois ferment.Que faire?En un pari difficile, la ville choisit la culture pour relancer son économie.Installé dans l’ancien palais du cardinal Fleury, le musée secoue ses collections de géologie et de paléontologie.«Quand je suis arrivée à Lodève, le musée recevait à peine 3000 personnes par année», se souvient Mai'thé Vallès-Bled, la directrice.Durant l’été 1997, cet ex-conservatrice du Musée de Chartres organise une exposition Utrillo.Quarante mille visiteurs viennent la voir.Parallèlement, Voix de la Méditerranée, un festival de poésie, qui tient plus que jamais la route, voit le jour durant l’été 1998.Cet été-là, Marquet reçoit 38 000 visiteurs.En 1999, Les Fauves et la critique accueillent 51000 visiteurs.En 2000, l’école vénitienne reçoit 58 000 visiteurs tandis que l’été dernier, Derain et Vlaminck attiraient 51 500 amateurs.Aujourd’hui, la fréquentation annuelle s’établit autour de 80 000 visiteurs.«Le musée est devenu me fierté pour les gens d’ici», se réjouit le maire.Selon Robert lecou, député de l’Héraut et maire de la ville.l’objectif de faire de Lodève une ville culturelle est atteint.«Nous voulions que notre action culturelle encourage une meilleure cohésion sociale.Après le traumatisme de la fermeture de l’usine, poursuit-il, nous avons redonné confiance aux Ixidévois.1m fréquentation du musée a drainé ici de nombreux visiteurs avec autant de retombées en termes d’achat et de consommation.Résultat: les quartiers anciens sont en passe d’être revitalisés.» Images au charme vénéneux Actuellement, Peintres de Vienne.De la Sécession à l’expressionnisme réunit (jusqu’au 3 novembre) 16 artistes.«En dehors de Klimt, de Kokoschka, de Schiele, les grands artistes autrichiens du tournant du siècle tels Gerstl, Boeckl, Frankl, Kolo Moser, n’étaient que peu connus en France», explique Mai'thé Vallès-Bled, aussi commissaire de l’exposition.Fossoyeurs d’empire, ces artistes font aussi fleurir sur fond de désagrégation de leur société des images au charme vénéneux.Autour de Klimt des artistes rompent avec l’art officiel.Freud publie alors L’Interprétation des rêves.Sur les ruines du monde usé qui les entoure, ces artistes construisent le berceau de la modernité.«Une première partie de l’exposition est consacrée à la Sécession, qui va être le projet de l’expressionnisme», nous guide Maïthé Vallès-Bled.Mis à part le fait d’être viennois, le seul point commun de la plupart de ces artistes serait ce que Schonberg a défini comme «l'émancipation des dissonances».Les peintres de la Sécession se vouent au culte de l’esthétisme et de l’ornement et aux courants Art nouveau.Klimt et Schiele sont présents ici par des dessins.Chez Klimt, le dessin transcrit somptueusement des figures à l’érotisme luxuriant.Une salle est consacrée à Schiele.Ses traits saccadés vibrent de désir.Ses nus atteignent une grâce tourmentée où se joue l’implacable tragédie du désir.Avec Gerstl, qui se suicide à 35 ans en 1908, apparais- sent les prémisses de l’expressionnisme.Documentant l’articulation entre Sécession et expressionnisme, l’exposition nous fait voir comment, souvent inspiré de Cézanne, se perd l’esthétisme de l’ornement du début du siècle.Dans les flonflons du beau Danube bleu, le déclin de l’empire des Habsbourg laisse la place aux meurtrissures des lendemains de la Grande Guerre en autant de, creusets à l’Anschluss de 1938.A travers un questionnement existentiel, l’expressionnisme viennois a pour caractéristique «de s’attacher essentiellement à l’humain», souligne Mai'thé Vallès-Bled.Dans le chaudron viennois bouillonnent les visions violentes.Formes et personnages se dépêtrent dans une matière épaisse et triturée.Avec Kolig, Ku-bin, Boeckl, Oppenheim.la modernité se pare des couleurs de la liberté tandis que se dévoile le visage de la terreur.A écouter sa directrice, avec ses grandes expositions estivales «le Musée de Lodève ne fait que correspondre au fonctionnement habituel de tout musée.Et pourquoi en serait-il autrement?Une exposition se définit et se prépare de la même façon dans une ville de 7000 habitants que de 7 millions».Ce qui est atypique, admet-elle,' c’est que cette sous-préfecture, certes riche d’histoire, ait ainsi conquis en si peu de temps un nouveau statut.Séduit par cette politique d’exposition, «un collectionneur privé qui souhaite conserver l’anonymat» a enrichi sa collection «d’un dépôt privé permanent».Reconnaissance de l’action menée par le musée, cette générosité fait ainsi se dévoiler à la vue du public un ensemble convaincant de 37 œuvres: Braque, Caillebotte, Courbet, Gris, Poliakoff, Léger, Dufy, Soutine, Vlaminck.Chronologie et artistes choisis correspondent aux thèmes abordés au Musée Fleury lors de ses expositions.Pour sa part, le maire de Lodève voit dans ce don récent «la preuve que, loin d’être un coup, notre engagement culturel est, au contraire, fondé sur la durée».reneviau@aoLcom SOURCE MUSÉE DE LODÈVE / HISTORISCHES MUSEUM DER STADT WIEN Homme debout au chapeau, 1910.Une salle du musée Fleury de Lodève est consacrée à Schiele à l’occasion de l’exposition Peintres de Vienne.De la Sécession à l’expressionnisme.Fossoyeurs d’empire, ces artistes font fleurir sur fond de désagrégation de leur société des images au charme vénéneux DESIGN D’INTÉRIEUR Trois pays, trois maisons et un peu plus RENÉE ROWAN Qui n’a pas été fasciné par la simplicité et le dépouillement dans la décoration des intérieurs japonais respectueux d’une tradition exigeante mais en même temps tournés vers la modernité?Source d'inspiration, la maison japonaise est non seulement un espace d’habitation mais aussi une forme d’exploration esthétique, de dénuement que les architectes et les décorateurs nomment aujourd’hui le «minimalisme».Pas de tape-à-l’œil, pas de papiers peints aux couleurs hardies, pas d’épaisse moquette, rien d’extravagant: ce qui saute aux yeux, c’est le «vide», un vide harmonieux, les matériaux utilisés, les murs intérieurs coulissants qui s’ouvrent pour doubler l’espace, les futons cachés dans les placards et qu’on sort la nuit venue, les tapis en paille de riz tressée, le bambou, le washi ou papier fabriqué à la main qui confère à la maison japonaise son atmosphère si particulière, les murs intérieurs qui s’ouvrent en grand sur la verdure du jardin, la pierre qui sert à construire les fondations, à tracer les allées et à orner les jardins.Ici et là.Paris Interiors quelques éléments décoratifs, des pièces anciennes ou des créations contemporaines d’artisans locaux.Tout est d’une grande sobriété, d’un dépouillement voulu, étudié tel qu’on le présente dans ce bel album qu’est La Maison japonaise.L’impression est tout autre quand, par l’image, on nous invite à pénétrer dans les intérieurs new-yorkais où la diversité des goûts s’impose bien davantage.Un mélange de moderne et d’an- New Yo cien, de beau et de kitsch, de recherché et de simple.Dans l’album intitulé New York Interiors, l’auteur nous entraîne à sa suite dans Manhattan, un univers en soi dans lequel la culture du monde entier a trouvé une patrie et où logent personnalités, stars et artistes de notre temps.Nous sommes donc invités à visiter leurs intérieurs, où l’on trouve rassemblés les objets les plus divers comme les plus courants, les plus extraordinaires, parfois provocants, souvent originaux.C’est ainsi que l’on découvre dans quels décors vivent Bill Blass, le grand seigneur des stylistes de mode américains, Gustavo Bonevardi, architecte argentin, Tim et Dagny Du Val, qui depuis deux ans tra-vaiDent à la restauration d’une ancienne fonderie du XVIIf siècle.Steve Mensch, peintre et architecte, la comédienne Arlene Dahl et son conjoint, le designer Marc Rosen, le designer de mode Alexander Julian et bien d’autres encore.A feuilleter pour y glaner ici et là des idées ou tout simplement pour le plaisir des yeux.Autre contraste, autre culture, Paris Interiors nous entraîne dans un «Paris, ville folle et sage où l’imprévu a toujours établi son règne», comme l’a écrit, un jour, George Sand.Un Paris dont les habitants sont attachés à leurs traditions, dont les artisans savent perpétuer les arts et techniques.Mais aussi un Paris d'une véritable modernité qui continue à placer très haut ses exigences de savoir-faire et d’une exceptionnelle qualité de vie, un Paris qui n’a jamais cessé d’accueillir des LA MAISON JAPONAISE émigrés culturels, ce qui confère à cette ville, synonyme de prestige et d’éclat, son pittoresque et une énergie créatrice débordante.Un Paris où tous les styles, toutes les influences décoratives se rencontrent, où les intérieurs n’ont jamais été aussi singuliers, aussi personnels.C’est ce que nous permet de vérifier une visite chez Isabelle Adjani, chez un antiquaire anonyme, chez le styliste Eric Bergère, chez la conservatrice du nouveau Musée des arts de la mode au Louvre, Katell le Bou-rhis, chez le créateur de tissus Manuel Canovas, chez le mannequin danois Helena Christensen, chez le sculpteur Michel Gayout, qui vit à bord d’une pé- niche sur la Seine, chez l’écrivain Gilles Néret et combien d’autres encore.L’introduction et les textes de ces deux derniers ouvrages sont à la fois en français, en anglais et en allemand.Celui ou celle qui a tout appréciera recevoir en cadeau l’un ou l’autre de ces trois magnifiques albums superbement illustrés.Se les offrir serait encore mieux.LA MAISON JAPONAISE Noburu Marata & Alexandra Black Flammarion Paris, 2002,215 pages NEW YORK INTERIORS Beate Wedeking Traduit par Thérèse Qiatelain-Südkamp Editions Taschen Cologne, 2002,283 pages PARIS INTERIORS Lisa Lovatt-Smith Traduit par Edith Magyar Editions Taschen Cologne, 2002,319 pages ART IN SITU - EXPOSITIONS - VISITES DES SENTIERS POÉSIE - CONFÉRENCE ET TABLE RONDE Andrè«-Aime léron» Fortin Nathalie levaueur Sonia Robertson Paul-Marie Lapointe Martine Slmard-D'arc René Derouin Dupuh-Bourret et Poète Conunlisalre Directeur Laurent Lamarche artistique 1303, Montée-Gagnon, Val-David Tél : (819) 322-7167 Téléc.: (819) 322-6137 Courriel : r.derouin@val-david.net müîm Samedi et dimanche seulement.Vous stationnez dans la cour de l'école Saint-Jean-Baptiste, à Val-David, et une navette vous transportera sur le site de la Fondation Derouin.VAL DAVID 6' SYMPOSIUM INTERNATIONAL ESPACE ET DENSITÉ Art contemporain et multidisciplinarité Du 10 août au 8 septembre 2002 Samedi et dimanche de 11 h à 18 h Visite commentée avec Paul-Marie Lapointe I" et 2 septembre à 14 h Visite commentée avec René Derouin LA FORÊT ENCHANTÉE GRANDE INSTALLATION COLLECTIVE 500 PARTICIPANTS DES TROIS AMÉRIQUES un « WORK IN PROGRESS » Sur le territoire ou en communication virtuelle Une oeuvre de solidarité sur la richesse des cultures des trois Amériques Autour de l'oeuvre La Pêche miraculeuse réalisée en partenariat avec la Biospère de Montréal GUI»! U point* Pierre Nepvcu Michel Gonnevllle François-Marc Gagnon Yvan Lamonde Conférence et table ronde Culture et Américanité Le samedi 7 septembre à 14 h FiNANCitne BANQUE NATIONALE ‘transcontinental FhMity ç% tomeff «Am #rf* Québec U: DKVOIR m Qa4lw.lkèfi Bit) 'WB sphétv V L K I) K V O I K .LES SAMEDI 31 AOÛT ET DI M A N C H E I S E l> T E M BUE 2 O O 2 DAVID CANTIN Tout au long du mois de septembre, on entendra sans doute beaucoup parler de Jean-Paul Riopelle.Au Musée du Québec, l’événement sera d’envergure: des prestations musicales, deux nouvelles publications, quatre voitures sport de l’artiste dans l’enceinte de l’auditorium, une statue en bronze de la Française Roseline Granet, mais surtout trois acquisitions récentes qui se greffent désormais à la salle permanente.Que penser d’un tel hommage à ce personnage devenu quasi légendaire?Faut-il le rappeler, l’institution du parc des Champs-de-bataille possède la plus importante collection publique d’œuvres de Riopelle.Ces quelque trois cents pièces s’échelonnent aussi sur toutes les périodes de production.Ultérieurement, le directeur du Musée du Québec, John Porter, pense même implanter une fondation dans quelque lieu du quartier Saint-Roch.Toutefois, pour l’instant, ce sont les œuvres qui retiennent l’attention.La salle Riopelle du musée est-elle complètement chambardée avec ces nouvelles acquisitions?Pas du tout.Cependant, les nouvelles pièces sont monumentales: Chicago //, une huile sur toile qui date de 1958, le triptyque Les masques (1964), huile sur toile de plus de trois mètres et demi, ainsi qu’un dessin qui atteint les quatre mètres de longueur et qui a pour titre Blanc, noir, vert et rouge strié de noir (1964).Il s’agit, bien sûr, d’œuvres qui témoignent de la maturité de l’artiste.Face au dessin, on perçoit une approche qui fait le pont entre la pratique des débuts et la production des années 1980.On pense aussi aux fameuses Suites.Une fois dans la salle, Chicago II ouvre une autre brèche face à la gigantesque murale de 45 mètres.Hommage à Rosa Luxembourg (1992).Les masques (acquis grâce aux revenus suscités par les activités commerciales du Musée et à une contribution de Loto-Québec) peut être vu comme les premières pistes qui mèneront aux Icebergs de la fin des années 1970: les coloris jaillissent, les détails se précisent, tout comme les pans de rouge et de noir qui résonnent presque.Le mouvement se confronte à la répétition dans un espace où le paysage abstrait demeure palpable.Dans ces tableaux, le baroque trouve une liberté nouvelle.Une fusion reste possible entre le palpable et (e figuratif.A l’entrée de l’auditorium, Le grand fauteuil (1965-1966), de Roseline Granet, montre un Riopelle allongé et au repos.On sait que l’artiste française a partagé son atelier ainsi qu’une fonderie avec Riopelle, qui y réalisa, entre autres, les composantes de La Joute, sa fameuse fontaine.La sculpture en bronze ne manquera pas d’attirer l’attention du public.Un peu plus loin, quatre superbes voitures de collection ayant appartenu à l'artiste prennent place dans la salle: deux Bugatti (1934 et 1939), une Citroën (1939) et une AC Ace-Bristol (1963).Ce clin d’œil renvoie à l’attitude nettement anticonformiste du peintre, ainsi qu’à son goût particulier pour la vitesse.Des «mécaniques de rêve» qui feront sans doute beaucoup jaser.Un boîtier original, renfermant un texte illustré de John R.Porter et une collection de douze photographies d’époque, est également disponible.La présentation reste soignée, quoique populaire.Au chapitre des nouvelles publications, on souligne le livre d’art La collection Riopelle du Musée du Québec.Histoire brève et morceaux choisis, dans lequel Porter brosse un portrait des acquisitions d’œuvres de Riopelle de 1956 à 2002.I.a qualité de l’ouvrage est tout simplement remarquable.Du coup, un conte pour enfant rédigé par Gilles Vi-gneault, qui s’inspire de l’imaginaire de Riopelle, vient enrichir la collection jeunesse du Musée du Québec.Songo et la liberté revisite le bestiaire du graveur, peintre et sculpteur québécois.Toujours dans le cadre du mois Riopelle au Musée du Québec, mentionnons des prestations de Jorane, le dimanche 22 septembre, pour une aventure d’automatisme musical dans la salle permanente.L’expérience se poursuivra avec TOSQ, les 27 et Présences de Riopelle ALPHA PRESSE / DEAN I Jean-Paul Riopelle appuyé contre sa Bugatti type 57 (1934), sur le terrain du garage de son ami Élie Philippot, à Brunoy, à 22 km au sud de Paris, en .OOMIS / TIME PIX 1959.28 septembre, au Grand Théâtre de Québec.Comme quoi l’esprit créatif de Riopelle rayonne toujours.RIOPELLE AU MUSÉE DU QUÉBEC L’ÉVÉNEMENT Musée du Québec Parc des Champs-de-bataille Québec Jusqu’au 29 septembre 2002 m JACQUELINE HYDE/ ARCHIVES YSEUI.T RIOPELLE Jean-Paul Riopelle et sa petite-fille Julie Brisson contre la Bugatti de l’artiste (détail).la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 3 septembre au 13 octobre Place à la Peinture Barry Allikas David Blatherwick David Elliott Michael Merrill VERNISSAGE le mercredi 4 septembre, à I9h Info: (514) 630-1254 Entrée libre • Accessible par ascenseur Du (un.au dim.d« I3h à 17 h lun.et mer.soin
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