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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-09-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DI M A N ( Il E A S E P T E M B R E 2 O O «l THÉÂTRE Tout ramener à la passion Page E 3 * vf CINÉMA Répression 101.Page E 7 LE DEVOIR Terreau fertile ODILE TREMBLAY Le héros des temps modernes fustige la modernité Son premier long métrage assure la clôture du 30" FFM lundi prochain avant de prendre l’affiche le 8 septembre sur nos écrans.La Vie secrète des gens heureux est une chronique de famille bringuebalante, un genre cinématographique populaire au Québec tout comme partout ailleurs.«La famille, c’est un beau concept, mais avec des individus obligés de vivre ensemble.Alors, ça devient un terreau fertile à tous les conflits», constate Stéphane Lapointe.Produit par Max Films, La Vie secrète des gens heureux met en scène Gilbert Sicotte (le papa), Marie Gignac (la maman) et les jeunes interprètes Marc Paquet et Catherine Deléan.On y fait la rencontre d’un jeune homme timide à qui son papa trouve une «fiancée» en manipulant son rejeton avec la complicité de la maman, laquelle se fera aussi rouler dans la ferine.«Bon, il y a de moi dans le personnage du jeune homme replié sur lui-même, à l’époque où je me cherchais, confie Stéphane Lapointe.Mais j’ai eu de bons parents, pas manipulateurs du tout.» La fiction, c’est fait pour inventer, non?Le cinéaste a l’impression d'avoir la tète sur le billot, parce qu’il a scénarisé et réalisé tout à la fois La Vie secrète des gens heureux.«Quand tu portes les deux chapeaux, tu n’as plus d’excuses si tu te plantes.Mais ça s’est bien passé.» Un beau cadeau Né à Québec, venu au cinéma par la voie de l'humour et de l’aventure, Stéphane Lapointe a d’abord ouvert la porte de l’écriture.Le fait d'avoir rejoint dès l’âge de 16 ans l’équipe du magazine Croc, puis écrit et scénarisé des émissions de comédie (telles La Jungle en folie et Histoires de filles) lui ont permis de trouver ses marques.Ajoutez à sa feuille de route le titre de reporter à Bons baisers d’Amérique, la coréalisation d'Injbman a ses débuts, la réalisation de la série Hommes en quarantaine, puis récemment de la nouvelle cuvée de La Vie, la vie écrite par Stéphane Bourguignon «Un petit cours de création littéraire à mi-parcours n’a pas nui.Parce que j’avais l’impression d’avoir autre chose à raconter que des simples lignes d’humour.» En 1995-96, il avait été de la fameuse Course Destination Monde, parcourant des coins perdus de la planète, caméra en main.«Mettez cinq ans de vie.Comprimez-les en six mois La Course, c’est ça, résume-t-ü.L’expérience m’a quand même démontré que fêtais plus à l’aise avec la fiction qu'avec le reportage.» D se pince un peu pour y croire.«Je vais fêter mes vitfgt ans de vie artistique», lance le jeune homme.Stéphane Lapointe précise avoir écrit le scénario de La Vie secrète des gens heureux avec Gilbert Sicotte en tète dans le rôle du papa.«J’avais besoin d'un acteur de maturité au profil dur et sensible, séduisant, sexy, avec une pointe d'humour.» Sicotte n>vait pas eu de rôle majeur au cinéma depuis longtemps.«Je pensais surtout à sa prestation dans Fortier, confie le cinéaste.En même temps, son personnage constitue un petit clin d'œil au Jean-Paul Belleau des Dames de coeur, bien entendu.* D se félicite de sa distribution.«Marie Gignac.dont je suis un fan à travers son travail avec Robert Lepage, dégage ce mélange de tourment et d'intelligence qui convenait au personnage de la mère.Catherine Deléan [la fausse fiancée] VOIR PAGE E 2 LAPOINTE Blues, rockabilly ou sentimental, Modern Times est le 44e album de Bob Dylan.Allons-y pour le 44e papier.Avec ce nouveau disque, on n’est pas loin de Chaplin et de ses propres Temps modernes.Il y a neuf ans, on croyait l’album Time Out Of Mind testamentaire et Dylan moribond.Le voilà pourtant, à 65 ans, plus vivant, plus présent et plus volubile que jamais.Quand il n’est pas occupé à causer de ses «back pages» à Martin Scorsese dans le documentaire So Direction Home ou à commenter le triste état de la musique enregistrée des vingt dernières années dans le Rolling Stone, il songe à un deuxième volume de ses Chronicles autobiographiques, partage son amour des musiques de racines à la radio par satellite entre deux spectacles de sa tournée sans fin (nouveau passage à Montréal le 8 novembre) et écrit encore et toujours des chansons.SYLVAIN CORMIER Sacré Dylan.Pas moyen de le sacrer Dylan.En spectacle, vous le constaterez une fois de plus le 8 novembre, alors qu’il revient au Centre Bell (avec les Foo Fighters en lever de rideau plutôt que Jimmie Vaughan, enfer et damnation!), le vieux ratoureux joue à cache-cache avec ses classiques.A nos dépens.A force d’en défaire et d’en refaire les mélodies, le chenapan nous empêche de les entonner comme les hymnes d'une génération qu’ils sont pourtant Ça devient une sorte de défi.Trouvez le titre si vous pouvez' Chantez en chœur si vous l’osez! Moi, ça me rend fou.J’aime reconnaître.Célébrer mon Dylan avec Dylan.Faire comme George Harrison et Leon Russell au Concert For Bangla Desh en 1971 et chanter Just Uke A Woman en harmonie avec UT.La chanson était d’ailleurs au programme du show de Manchester, au New Hampshire, la semaine demiere.Celle-la et You Ain' Coin' Nowhere, Highway 61 Revisited.Tangled Up In Blue, Like A Rolling Stone et All Along The Watcktouer.Autant dimmortelles.autant de monuments que Dylan aura déboulonnés une fois de plus: tant pis pour moi et mes semblables.On n'a qu'a ne pas l’aimer pour ce qui] a été mais pour ce quil est Vivant Au présent Résolument au present S’il est conscient de la valeur de son répertoire («Je suis d'accord, reconnaît-il dans Finter-view publiée dans le Rolling Stone de cette semaine, mes vieilles chansons ont quelque chose! Ça doit bien puisqu ’il y a plus de 5000 versions enregistrées.»), s’il a de l'affection pour nombre de ses enfants d'hier et d'avant-hier («Si je n'étais KF.VTT.KS pas mot, j'en ferais aussi des versions», dit-il pour badiner quelques lignes plus loin), il n'écoute «jamais* ses disques.Par principe.Par souci de survie, plus exactement Les chansons de son fameux vmgbook, pour lui, au contraire de nous, ne sont pas fixées dans le temps, dans l’illusion d’éternité de leur forme enregistrée: elles vivent chaque fois qu’elles sont jouées.Et vivre veut dire changer Rétro, connaît pas Ityfen est feriessus un homme conséquent il considéré pareillement les genres musicaux.Rétro, connait pas.Ou plutôt le rétro fait partie de son present !>¦ rockabilly n’appartient pas qu'aux années 50, pas plus que les ballades swing ne sont confinées a l’entre-deux guerres.De la même façon que dans la tradition folk, les airs sont constamment recyclés, réinventés, détournés, il soutient que les formes musicales de toutes les époques peuvent encore servir et nourrir la creation.C’est phis que jamais patent sur M'/dern Times, le nouvel album en magasin depuis mardi son 31' en studio, le 44’ en incluant les coffrets et les enregistrements de spectacles Dylan ne se gène pas pour asseoir ses chansons sur du Muddy Waters IJéoUin ’ & Tumblin’, héritée en cheiran de Canned Heat) ou du Chuck VOIR PAGE E; 2 DYLAN t L E DEVOIR.LES S A M EDI 2 ET D I M A \ C H E :i SEPTEMBRE 2 0 0 6 E 2 -* Culture *- L’ami des gueux Odile Tremblay Certains écrivains se confondent avec une ville.Ils se marient à leurs pierres et à leurs ruelles, pour le meilleur et pour le pire, en font leur muse à vie.C’est le cas de Naguib Mahfouz, Le Caire devenu homme, mort mercredi dernier à 94 ans bien sonnés.Prix Nobel littéraire tant qu’on voudra, celui-ci refusait d’être embaumé comme les momies royales, clous du Musée égyptien.11 conservait ses petites habitudes, ses circuits pédestres, sa simplicité, sa sagesse de créateur qui a réussi sur le tard.Trop tard pour s’en conter.Cette semaine, on a entendu des chefs d’Etat, dont George W.Bush et sa femme! — qui n’ont certainement jamais lu une ligne de lui —, encenser le disparu pour avoir propagé la littérature égyptienne loin des rives du Nil, pour avoir prôné la paix aussi.Les discours lénifiants jetés sur la tombe des grands écrivains donnent aux lecteurs l’envie de fuir à toutes jambes pareille œuvre solennelle.Erreur! Ce serait faire outrage au talent de conteur de Naguib Mahfouz, à la richesse de son univers, aux portraits ahurissants de Cairotes violents, victimes, fous, dont les destins critiquaient en creux les régimes égyptiens successifs.Rien d’olympien.Tout du rebelle.On devrait sortir les artistes morts des Panthéons.Il était si vieux, Naguib Mahfouz, presque centenaire, longtemps familier du même café cairote où il retrouvait ses amis.Si vieux que ses souvenirs survolaient les guerres et les révolutions, jusqu’au soulèvement de ses concitoyens contre les Britanniques en 1919.Si vieux qu’il avait pressé Le Caire du XX' siècle comme une orange à jus, pleuré ses révoltes avortées, aimé à la folie une ville qui le décevait, scotché à elle.En fin de parcours, blessé en plus.Des jeunes fondamentalistes islamistes l’avaient poignardé en 1994 pour dénoncer ses positions libertaires.Il avait survécu aux coups et à la fatwa, mais sa main droite paralysée ne pouvait plus écrire.Quant à ses yeux, fatigués derrière les lunettes noires, ils avaient du mal à lire.Restait sa parole pour dicter les dernières œuvres et l’odeur du Caire à respirer.Son roman Dérives sur le Nil avait été une découverte pour moi.Ahurissant portrait d’un groupe d’in-tellos, d’artistes, de fonctionnaires sur leur péniche amarrée au bord du Nil, grands fumeurs de kif, bavards, neurasthéniques, blasés.Un climat hagard, enfumé, parcourait ce livre-là.«D’une façon générale, le monde gardait son apparence naturelle; mais lorsque le charme du kif mêlé au café noir agirait, les choses changeraient, y lisait-on.Des formes abstraites, cubistes, surréalistes ou fauvistes se substitueraient aux eucalyptus, aux acacias et aux plus belles des péniches.L’être humain, quant à lui, retournerait à l’ère des mousses.» En voyage au Caire il y a quatre ans, j'avais trainé dans mes bagages deux livres du grand écrivain, dont des récits sur sa jeunesse dans son vieux quartier natal de Gamaleyya, hanté par les prostituées, les mendiants et les malfrats.Faune colorée, qui lui donna matière à écrire tout au long de sa vie.Plus besoin d’inventer, il suffisait d’avoir grandi au cours des années 30 dans cette ruche bourdonnante pour garder l’inspiration a vif.Dans Récits de notre quartier et La Chanson des gueux, j’avais arpenté à sa suite ces ruelles-là, aux maisons secrètes avec leurs fenêtres en moucharabieh, cachant les règlements de comptes, les cruautés, les solidarités, le sort des femmes soumises et des exclus.Tout cela recréé par la grâce de sa plume, de son regard, de son amour maudit pour une ville qu’il ne quittait pratiquement jamais.Le Caire, cette métropole de frénésie, trop populeuse, squattée de toutes parts par des quartiers champignons illégaux, était l’amante ivrogne et hébétée de Naguib Mahfouz.Là-bas, même les cimetières sont habités — la fameuse Cité des morts.A l’heure de pointe, la circulation devient sauvage.Les époques, les cultures (musulmane, copte, ar- ménienne) s’entrelacent.La pauvreté y côtoie la richesse.Ajoutez les yeux des espions gouvernementaux semés partout, qui savent et répètent, tous les secrets de la ville.Et ce smog d’où perce au loin la silhouette des pyramides.Avant Naguib Mahfouz, cette ville grouillante, pour bien des étrangers, se confondait le plus souvent avec son passé pharaonique.Ça prenait cet homme-là pour lui rendre son rythme moderne à la cadence de derviche en vrille.«Le narrateur de cette histoire — le garçon de la taverne — raconte que, se tenant devant la porte, il a entendu le dialogue de l'ivrogne et du fou, et les a vus tourner sur eux-mêmes avec l’illusion d’avancer», écrivait-il dans Récits de notre quartier.Courageux personnage et rare intellectuel égyptien a avoir approuvé les accords de paix entre Israël et l’Egypte en 1979, solidaire pourtant du sort des Palestiniens.En porte-à-faux avec tout le monde, admiré pour son œuvre, ostracisé pour ses prises de position politique, longtemps interdit de publication en son pays, avant l’obtention du Nobel, sauvé par l’écriture, hanté par ses fantômes.La mort de Naguib Mahfouz m’a donné l’envie de ressortir sa prose cruelle, lucide, tendre et iconoclaste, en conseillant aux gens d’oublier les titres ronflants d'un auteur nobélisé, enterré dans les honneurs, pour retrouver ses sources, ni dorées, ni pompeuses, ni consacrées.Seulement libres.otremblay@ledevoir.com JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Catherine Deléan, Stéphane Dipointe, Marc Paquet, Marie Gignac et Gilbert Sicotte.M7tKA R!)v; ' '-sSÜPPfpSrt j, LAPOINTE SUITE DE LA PAGE E 1 n'était pas connue, mais elle s’est imposée par son côté impulsif.Quand tu fais un bon casting, le film roule tout seul après.» Stéphane Lapointe a voulu faire un film dépourvu de morale.«Mais, réflexion faite, il y en a une tout de même: essayez d'être vous-même.Ne vous laissez pas entortiller par les désirs des autres.Le secret du bonheur, c’est ça.On est dans un monde où les gens se mettent trop en scène, aux dépens de leur vraie nature.» Im Vie secrète des gens heureux atterrira en novembre en compétition à l’AFl «festival international de Los Angeles».«Ça, c’est juste un beau cadeau», dit-il.En attendant, le réalisateur n’entend pas chômer, puisqu’il coréalisera avec Simon-Olivier Fecteau le Bye Bye de Rock et Belles Oreilles qui clôturera à la SRC l’année 2006.Le Devoir A DANSE t QUEBEC blTIQN PLI EL LEVEILl ETITE FABF WEI DAN< PAGNIE FL HFAIT 4 BILLETS .OU P * SPFCTACt r S HORS SERIE Zj' E MK IJE CONSGi.CCS WITS IT OC LFFTRC OU QUÉBCt LE L OC «RTS OU CANAC* LE CONSUL OC ARTS OC MONTRÉAL LE I OU RÉSEAU QANDANCE R OU RESROUPCMMT CMÊ6ÉC08 Ot LA DANSE ET DE LA DYLAN S'inventer à partir d’un passé SUITE DE LA PAGE E 1 Berry (Thunder On The Mountain, manière Johnny Be Goode, solo compris), pas plus qu’il ne freine son goût relativement récent pour les ballades sentimentales comme on en écrivait au temps du swing (Beyond The Horizon, Spirit On The Water, When The Deal Goes Down).«Aux États-Unis, expliquait-il dans L’Express de la semaine dernière, on nous a toujours fait croire que nous étions des inventeurs! Bien sûr, mais souvent l’Amérique oublie que l’on s’invente à partir d’un passé, d’influences anciennes.Personnellement, si mes influences viennent de Pete Seeger, de Woody Guthrie, d’Allen Ginsberg et de Jack Kerouac, elles viennent aussi du jazz et du blues des Noirs!» S’inventer à partir d’un passé.Tout à l’opposé de la culture de ce début de siècle, qui fait tabula rasa de ce qui a précédé, pressée d’éprouver une modernité qui n’est rien d’autre qu’une mémoire courte.De fait, l’idée même de modernité, au sens de progrès, au sens d’avancées technologiques, semble absurde à Dylan.Le nouvel album s’intitule Modem Times en toute ironie, ce dont témoigne l’illustration au recto du livret, photo Houe d’une ancienne voiture, moderne en son temps, qui semble filer plus vite que le vent.«La dimension du temps m’a toujours obsédé, confie-t-il encore au journaliste de L’Express.Un autre de mes disques s'appelle déjà Time Out Of Mind.J’explore l’évolution de la société dans The Times They Are A-Changin’, et je parle d’un lendemain dans Mr.Tambourine Man.Nous sommes toujours dans le devenir.» Mais pas toujours pour le meilleur.L’album est truffé d’observations sur la dictature du progrès et ses effets néfastes sur l’homme et sa douce.On n’est pas loin de Chaplin, forcément, et de ses propres Temps modernes.Dylan, dans l’interview au Rolling Stone, est particulièrement véhément à propos des productions musicales «modernes», si véhément que les agences de presse en ont fait leurs choux gras, flairant la controverse: «Les disques modernes sont atroces.Ils sont tapissés de sons.Rien n ’est défini, pas plus la voix du chanteur que les instruments.C’est du grésillement.Les disques que Brian Wilson faisait avec quatre pistes, on ne pourrait pas les refaire avec cent pistes! On a beau essayer de combattre du mieux que l’on peut la technologie [digitale],/e ne connais personne qui a réalisé un disque au son décent dans les vingt dernières années.Même les chansons de mon nouvel album sonnaient dix fois mieux en studio.Le CD rapetisse tout.» Dylan parle, parle, parle Et Dylan de poursuivre son analyse.En long et en large.Ces jours-ci, dans les grands médias de la planète, le gaillard explique sa démarche, retrace ses sources, se livre à de véritables cours d’histoire de la musique.Conune quoi il n’y a pas mythe qui tienne.Lé-gendairement pas causant, le Bobby?Notoirement pas drôle, le Zimmy?Il n’y a qu’à s’abonner à la radio par satellite et synthoniser XM Radio, où le héros le plus récalcitrant des années 60 anime volontiers semaine après semaine son Theme Time Radio Hour, où tournent Merle Haggard et Beck, Bessie Smith et Blur, les Everly Brothers et des «musicals» de Broadway.Dylan y cause musique, bien sûr, et fort savamment, mais aussi baseball ou culture de la tulipe au XVI' siècle (!), quand il ne fait pas le rigolo.Extrait cité dans le Rolling Stone: «Nous avons reçu un courriel de Johnny Depp, provenant de Paris, France.Il veut savoir qui est le père du communisme moderne.Eh bien, Johnny, Karl Marx est le père du communisme moderne.Il est aussi le père de sept enfants.Quatre ont survécu jusqu’à l’âge adulte.Son seul fils, Frederick Demuth, était illégitime.Je me demande s’il appelait son papa à la fête des Pères?» Sacré Dylan.Il n’était pas plus avare de commentaires dans No Direction Home, l’extraordinaire documentaire de Martin Scorsese sur la fabrication du mythe Dylan dans la première moitié des années 60, diffusé il y a moins d’un an à PBS (et disponible en DVD).Et il a tellement aimé s'épancher à travers ses Chronicles, fascinant livre d'anecdotes sans chronologie ni repères, paru en 2004, qu’il va récidiver.«R y a une période intéressante dont j’aimerais parler, alors que j’enregistrais en même temps Under The Red Sky avec Don Was et le disque des [Traveling] Wilbu-rys», annonce-t-il, enthousiaste, au journaliste du Rolling Stone.Et lorsque celui-ci fait remarquer à Dylan qu’il n’a jamais tant donné de son cœur et de sa voix que dans la dernière décennie, l'homme sourit sous sa line moustache d’Errol Flynn, content d’avoir encore étonné.«Well, isn’t that funny?» Sacrément Collaborateur du Devoir Un drame pathético-comique (.) très intense, ^ ^ brillante mise en scène de Domm.c Champagne.C est a voir.— Samedi et rien cf autre, Radio-Canada IUT?! ! Avec CHRISTIAN BÉGIN et MARTIN D RAINVILLE Texte CHRISTIAN BÉGIN Mise en scène DOMINIC CHAMPAGNE Concepteurs laM (armarè.Meek leaaMt.Jmli» Castoayue.Hua Lort».Stékai c— THÉÂTRE mm Un# producticr du IWtat i *» nu tot xi wc W TMftfr* Au Théâtre d"Aujourd'hui Î90C.-m Sa* Dm ( « «x-Vdo»*! Mottéai (Quebec! H» 3*0 ildl Réservations : 514-282-3900 C » L K DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A X l' Il E S SE P T E M B K K 2 O O B K Culture - THÉÂTRE Tout ramener à la passion Anne-Marie Cadieux incarne Marguerite Gautier, l’héroïne romantique de La Dame aux camélias MICHEL BÉLA1R Au cours des dernières saisons, Anne-Marie Cadieux en est venue à occuper de phis en phis d’espace sur les scènes d’ici.On l’a d’abord remarquée alors quelle parcourait le monde avec l’équipe de Robert Lepage.Puis, on l’a vue incarner des personnages troublants, qui hantent souvent encore nos mémoires, dans toutes les grandes compagnies montréalaises ou presque.Partout aussi bien au Rideau vert dans un Feydeau dirigé par Brigitte Haentjens qu’au TNM dans Marie Stuart ou à l'Espace Go dans Quartett, Mademoiselle Julie et dans le rôle terrible de Gertrude (Le Cri), Anne-Marie Cadieux marque profondément les personnages qu’elle aborde.Voilà qu’elle va devenir Marguerite Gautier, la dame aux camélias ellemème, dès la semaine prochaine au TN’M, le personnage romantique par excellence.J’ai rencontré cette comédienne exceptionnelle dans sa loge du théâtre de la rue Sainte-Catherine pour qu’elle nous raconte comment elle aborde ce nouveau défi; elle était accompagnée de Robert Bellefeuille, un camarade de longue date quelle a connu à la Vieille 17, à Ottawa, et qui signe la mise en scène du spectacle.Un personnage mythique cut résu mer de façon simple le scénario de la nouvelle production: qu’est-ce qui se passe quand une troisième personne s’introduit dans un duo?«Trois est une production typique du Theatre du Désordre, comme l’explique Tanguay; elle s’est construite sur une série de contraintes délibérément voulues et choisies.Au départ, l'idée du duo brisé par l’arrivée d'une troi sième personne s'est imposée.Mais comme ta compagnie abor- de le théâtre par le biais du jeu.j’ai ivulu explorer le thème de façon dynamique en frisant appel à trois auteurs Louis-Dominique lyingnc.Basral hironâ et Marie-Ere Gagnon.Dès qu ’ils ont accepte.je leur ai imposé trois contraintes "lourdes" en plus de les soumettre au hasard » l 'aventure est un peu «tor due* puisque l'anguay et son metteur en scène Stéphane Saint-Jean ont demande aux auteurs d écrire chacun une courte pièce de 30 minutes sur le thème du duo brise que l’on connaît.Mais il leur a aussi impose de piger littéralement au hasard le duo de comédiens avec lequel ils allaient travailler, puis de choisir de la même façon le genre dramatique dans lequel leur histoire allait s'inscrire.Tout cela en deux mois! C'est ainsi que Diane Lavallee s'est retrouvée à jouer dans une tragédie de louis Dominique In vigne avec Misa Compagnon.Que l’aseal Infond eerit la corne die dans laquelle jouent Philipiie Lambert et Philippe Martin, et Marie Eve Gagnon le drame dé fendu par Delphine Bienvenu et Yann l'anguay.l'ont eela était placé avant même que qui conque ait lu une seule ligne de textes, sans savoir de quoi allait parler vraiment la pièce.Sans que Diane lovallee ait même la moindre idée du personnage qu'elle allait jouer.(«Je vous l'avais dit que c'était une expérience stimulante!») Les deux comparses iront toutefois jusqu'à me confier qu'on assistera ainsi au non dialogue entre une mere et sa tille, qu’on rencontre ra un homme généreux confronte à un don ultime et qu'on verra trois êtres exploser au milieu d'une clinique.Pour savoir sur quel ton chacune de ces histoires s'articulera, vous n’avez qu’à passer à l’Espace libre.L'occasion est trop belle d’ailleurs pour ne pas souligner ici la constance el la rigueur des gens qui s'occupent du volet accueil de l'Espace libre, puisque ce travail vient se placer parlai lenient dans le créneau exploré par la maison où l’on joue foui VOIR PACK I I LAVALLÉE IHfÂlRl NUliiUllUHl rilSENTi EN CNBlFfNIINN MIC ECPICi llllf TROIS! DU 5 AU 23 SEPTEMBRE 2006.20N* MISE EN SCÈNE AVEC toM sa«i mm Delphine llenvenn (usa Compagnon Benoit Dagenais Philippe Lamfenn B'»* lovallée Philippe Mania.¦mm lot*m Taon Tangnsy •Les mardis 12 et 19 septembre 19h RÉStlVATIMS 514-521-4191 V^P Carnau* ém An* Canmd* Cawmcrf 4v Cê****» **+ Arts an espace oG, LiBRE ^ LE I) K V 0 I H .LES SAMEDI 2 ET D I M A .V C II E 3 SEPTEMBRE 2 0 0 6 K \ LAVALLEE Tout le monde n’avait encore travaillé ensemble qu’une seule fois à une semaine de la première SUITE DE LA PAGE E 3 aussi volontiers sur la forme que sur le fond.Le troisième Reste quand même un mystère: le troisième.Ce personnage qui vient changer l’allure des choses en s’immisçant dans chacun des trois duos.«Le troisième personnage est toujours le même, explique Tanguay.Il est joué par le même comédien, Benoît Dagenais, et l’on peut dire qu’il a été créé par les trois auteurs à partir d'une liste de neuf questions que je leur ai soumise.Trois auteurs, neuf paramètres: ça fait 27 caractéristiques au total, et je peux vous révéler que vous les retrouverez une seule fois toutes réunies dans le même personnage dans la tragédie de Louis-Dominique Ixi vigne.» Est-ce à dire que les auteurs ont travaillé ensemble?«Non, pas du tout, répond l’instigateur du projet.Après la première lecture en groupe des textes, tout le monde a travaillé en sous-groupe avec le metteur en scène Stéphane Saint-jean, qui lui est responsable de l’unité du spectacle.Comme il est le seul à en avoir une idée globale depuis le début, c’est lui qui, par exemple, a dessiné les scènes de transition entre chacune des trois parties, puisque nous ne voulions surtout pas que Trois soit une sorte de festival de la courte pièce.C’est ainsi qu'un peu tout le monde sera là, sous la forme d’un chœur ou encore en tant qu’accessoiristes, pour assurer le passage d’un texte à l’autre [.] Ce qui ressortira de l’ensemble, je pense, c'est vraiment trois façons différentes de réagir à l'éclatement du noyau de base formé par chacun des duos.» Si l’on a bien lu entre les lignes, cela signifie aussi que tout le monde n’avait encore travaillé ensemble qu’une seule fois mardi dernier lorsque j’ai rencontré Di^ne Lavallée et Yann Tanguay.A une semaine de la première, c’est quand même un «détail» à signaler! Autre détail: Yann Tanguay et son équipe semblent vouloir simplifier de plus en plus leur penchant pour les mathéma-tiques puisque leur prochain travail (qui pourrait porter le titre de 2) ne devrait faire appel qu’à deux auteurs.Pourquoi faire simple quand rien ne l’est jamais vraiment?Le Devoir TROIS Une production du Théâtre du Désordre mise en sçène par Stéphane Saint-Jean.A l’Espace libre du 5 au 23 septembre.Rens.: 514 5214191.JACQH S ORKNIKR 1 E DEVOIR Le metteur en scène Yann Tanguay en compagnie de la comédienne Diane Lavallée | » ^ i Kl SEPTEMBRE CHaRCSRAPM noses sinus ASSISTANTS AU CMOStSSATNC SOTHIt NKCUAUD INUSMin* TSM SAStV SOPNII UKIONt.STNOiT UDVC JUllf MAACIl «oses SINHA NCEUNTW VAOIVTl H tCLAlf AGES HUGH CONACMfS COMPOSITEURS.DINO GIANCOIA.CMAAMAINt UOtANC ' OÉCOR ATT USAS DE CAUTION ALAIN CABIIUS O APHtS UN CONCIPT DE ROGER SINHA IK 1*300: AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW A60RADANSE COM 514 525.1500 ADMISSION S1A7P0 I24S DANSE SERGE CASTONGUAY La chorégraphe Catherine Castonguay présente ses Intra-Terrestres au Studio 303.L’union fait la force La relève fait bouger la danse autrement FRÉDÉRIQUE DOYQN Plus engagés, sensibles à la démocratisation de la danse et axés sur la collaboration, les créateurs de la relève en danse prennent leur place.Et s’il y a peu de vitrines pour eux, qu’à cela ne tienne, ils s’en inventent.Depuis quelques années en effet, la rentrée en danse se vit au rythme trépidant de la relève.Si auparavant seul le théâtre de Tangente annonçait en septembre sa série Danses buissonnières vouée aux futurs et aux nouveaux diplômés, aujourd’hui les annonces de spectacles et de projets pleuvent.Il faut dire que l’air du temps s’y prête.Le Conseil des arts de Montréal formait récemment un comité pour outiller la relève artistique.Il y aura même une journée de la relève (toutes disciplines confondues) le 16 septembre prochain.Car s'ils bénéficient de nouveaux outils (Internet) pour se promouvoir et des structures que les générations précédentes ont établies, les ressources financières s’amenuisent alors que les finissants continuent d’affluer sur le marché professionnel.Pour redoubler d'effort et d'imagination, ils se rassemblent donc en collectifs de diverse nature, faisant toujours présider un esprit de collaboration à leur démarche créatrice.«L'union fait la force» pourrait être leur credo.Travailler dans un autre cadre «Quand on est jeune et sans moyens, ça renforce de se regrouper», affirme Katya Montaignac.interprète de la 2r Porte à gauche, une petite organisation qui multiplie les projets rapprochant la danse du public depuis deux ans et qui présente jusqu'à lundi The Art (prononcez «Déhors»), dans lequel 12 équipes de chorégraphes et de danseurs investissent le carré Saint-Louis et la rue Prince-Arthur (performances en continu, de midi à 18h).Bien consciente qu'il s'agit Là d'une evidence qui a toujours prévalu, quelle n'attribue pas spécifiquement à la génération émergente, elle évoque les projets de création collective des pionniers connue Ginette Laurin.Daniel Soulières.et bien d'autres.Pourtant, l'esprit collectif tend à s'ancrer plus profondément chez les nouvelles générations.Derrière l'esprit de collaboration, il y a aussi la volonté de travailler autrement.en éradiquant entre autres le modèle du créateur unique, note Frédéric Gravel, aussi membre de la 2" Porte à gauche.«C'est presque toujours le même paradigme de diffusion».dit-U, évoquant la chaine: un chorégraphe créé une œuvre avec des interprètes et la présente dans un lieu spécialisé, intègre un circuit de diffusion, puis part peut-être en tournée.«A la 2 Porte, on essaie de trouver des approches plus participatives.où le public aborde la danse autrement.• D'ailleurs, une des caractéristiques de la relève.selon Katya, «c’est d'aller vers le public plutôt que de l’attendre dans une salle de spectacle».Ces nouvelles manières de faire remettent en cause les critères sur lesquels reposent actuellement les demandes de subventions, des critères qui ne collent plus à leur réalité artistique, comme le soulignait le Regroupement québécois de la danse dans une étude de 2002 sur la situation des interprètes.Une préoccupation qui est au cœur de la planification stratégique des conseils des arts.Selon un rapport consulté par Le Devoir, le Conseil des arts du Canada cherche à soutenir des modèles de gestion plus soqples.A l’avantage de partager des ressources, le regroupement favorise aussi le partage des risques liés à la création et à l'exploration d'autres manières de faire émerger la danse dans la sphœ re sociale.«Ce qui distingue la génération actuelle, note Katya Montaignac, auteure d'un article sur les audaces de la relève tout juste paru dans les Cahiers de théâtre feu, c’est son implication dans le milieu et son engagement quasi politique, dans le sens de remettre en question le rôle de l’art, de l’artiste dans la société, et la place de la représentation et du spectacle dans la vaste industrie du loisir et du divertissement.» Cette dimension engagée se traduit bien souvent par une sensibilité particulière à l'accessibilité des œuvres, par un désir de montrer que la danse n’est pas un art aussi hermétique qu’on le croit parfois.La jeune chorégraphe Catherine Castonguay, qui présente Les Intra-Terrestres au Studio 303, aboutissement d’une résidence de plus de deux mois, mise sur l'aspect multidisciplinaire de son travail pour y arriver.«Je mélange toujours les genres, dit celle qui a aussi fait des études de théâtre et de chant Dans Les Intra-Terrestres, il y aura de la musique en direct et des projections vidéo et j’ai choisi trois danseurs et deux non-danseurs comme interprètes.Pour moi, c’est une façon de proposer quelque chose de plus accessible.» On ne s’étonne donc pas de la réponse de Dena Davida, fondatrice et directrice artistique de Tangente, théâtre dédié à la relève, quand on lui demande ce qui caractérise le plus essentiellement la jeune génération.«L’éclectisme (dans le sens postmodeme de mélanger les influences diverses), écrit-elle depuis l’Europe en guise de réponse à notre courriel, deux semaines avant le coup d’envoi des Danses buissonnières', le désir de toucher profondément le public, un humanisme et un engagement social, de vastes habiletés, le travail interdisciplinaire et collectif.Il n’y a plus cette utopie d'une école québécoise, mais bien plus de variété esthétique en matière de forme, de contenu et de style.Et ils sont extrêmement entreprenants, voire “entrepreneurial”, dans la recherche des ressources et des moyens.» Le Devoir THE ART Du 1" au 4 septembre au carré Saint-Louis et rue Prince-Arthur DANSES BUISSONNIÈRES Du 14 au 17 et du 21 au 24 septembre à Tangente LES INTRA-TERRESTRES Vernissage-danse de Catherine Castonguay et Dominique Bouchard, du 15 au 17 septembre au Studio 303 > F» SOURCE r PORTE À GAUCHE Toute l’équipe de la 2' Porte à gauche r** ¦ Le Conseil des arts de Montréal formait récemment un comité pour outiller la relève artistique H 4 2 0 0 ti LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 SEPTEMBRE e r> Culture MUSIQUE CLASSIQUE Les chefs à l’épreuve de la Neuvième Les mystères de la Neuvième de Beethoven CHRISTOPHE HUSS Cent cinquante?Deux cents?Combien d’enregistrements, officiels ou tirés de concert sont parus en disque compact?C’est la même œuvre, cela doit bien se ressembler, me direz-vous.Pas sûr.Pas sûr du tout.Chaque chef digne de ce nom éprouve un petit picotement à se frotter à la Neuvième Symphonie de Beethoven.J’ai rencontré des chefs sûrs de leur fait: "Mon éditeur n’arrête pas de me demander de refaire la Neuvième de Beethoven.Je n'arrête pas de lui répondre: “Que voulez-vous que je fasse de mieux?"», me confiait Günter Wand, avec raison.J'ai aussi croisé d’éternels insatisfaits.Georg Solti par exemple, en 1991: «J’ai hâte de refaire la Neuvième de Beethoven.J'ai tout repris à zéro, pour ne pas me laisser influencer par une “tradition”.Mon dernier enregistrement est trop lent, surtout l’adagio.» Sauf pur ceux que la médiocrité ne fait douter de rien, ou, à l'inverse de l’échiquier, les chefs visionnaires et prémédités tel Günter Wand, en découdre avec la Neuvième est un constant work in progress.Le grand Carlo Maria Giulini, auquel Deutsche Gram-mophon avait offert le Philharmonique de Berlin pour enregistrer cette symphonie en février 1989, fit un geste rarissime dans sa carrière.Il arrêta l’enregistrement pendant le finale et renvoya tout le monde à la maison.Rendez-vous même lieu, exactement un an plus tard, avec d’autres solistes, pour conclure l’un des plus beaux enregistrements de la discographie.La tradition Au temps des disques 78 tours, le choix n’était pas vaste.En Amérique du Nord, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on trouvait les enregistrements américains (Ormandy et Stokowsky) et ceux de chefs allemands.Parmi eux, deux anciens, Oscar Fried et Felix Weingartner, et deux jeunes loups, Eugen Jochum et Karl Bôhm.Tout différenciait Fried et Weingartner, les deux premiers chefs de la Neuvième Symphonie au disque.Le premier était attaché au XIX' siècle, une tradition d’expression des sentiments, avec accélérations et ralentis.Le second était l’homme d’un manifeste pur une «nouvelle objectivité» de l’interprétation.En ce sens, Weingartner est le premier chef de l’ère moderne.Les deux traditions seront fusionnées par le célèbre Wilhelm Furtwàngler, qui rejetait «la réflexion musicale du XIX' siècle» tout en précisant «Cela ne signifie en aucun cas que la musique, spécialement celle de Beethoven, ne puisse pas ou ne veuille pas exprimer de sentiments humains.» Pour Furtwàngler, «les thèmes de Beethoven s’affrontent comme les personnages d’un drame».Une dizaine de concerts du chef allemand ont été publiés, dont trois légendaires: 1942, une bourrasque en pleine guerre, devant un parterre de dignitaires nazis; 1951, pour la réouverture de Bayreuth (le plus connu); et 1954, le dernier, à Lucerne, la plus belle version et la mieux enregistrée.Dans son disque auquel il faisait référence, Georg Solti s’était fait piéger par la tradition Furtwàngler.celle, notamment d’un T mouvement très lent, d’un romantisme profond.Aujourd’hui, époque d’un retour vers «l’objectivité de la partition» et même d’une quête, ces tempos sont devenus presque anachroniques.Références La vision beethovénienne de Furtwàngler.mort il y a cinquante-deux ans, imprégné encore certains interprètes.Pourtant, à son epoque déjà, des chefs avaient suivi et cultivé la voie tracée par Weingartner.On peut citer Toscanini, un peu sec, Scherchen, le spécialiste de musique contemporaine, et un outsider auquel personne ne pense: Charles Munch.Le chef alsacien, qui avait été violon solo à Leipzig, combinait le meilleur de la culture allemande et de la tradition française.Son enregistrement de 1958 (RCA), hélas rare, est un ouragan salutaire, plus orchestral que vocal hélas, Herbert von Karajan a cultivé le même type d’interprétation, mais avec deux différences fondamentales: un hédonisme sonore qui mise avant tout sur la force des cordes et qui «bouche» un peu la transparence de l’orchestratioa et un côté martjal dans le finale, qui personnellement, me déplait beaucoup.Il n’est donc pas étonnant que le grand humaniste Carlo Maria Giulini (DG) ait réussi un enregistrement majeur.Comme Günter Wand.Giulini est un architecte de la musique.Les nefs de leurs cathédrales sonores laissent passer des rais de lumière (timbres de ARCHIVES LE DEVOIR Claudio Abbado ¦¦¦K-JÊÊÊE._Mtr’ ';i SOURCE TELE QUEBEC Herbert von Karajan bois, de vents et de percussions) qui colorent l’ensemble.Giulini est plus posé et plus solennel, Wand plus énergique, mais ce sont mes deux préférés.Certains chefs se sont posé des questions fort pertinentes.la Neuvième regorge de pièges dans les couleurs, les équilibres sonores, la qualité des attaques de vents, et surtout les tempos et leurs changements.La plus intéressante énigme se présente au début du finale, dans les interventions rageuses des contrebasses, où une sibylline indication contradictoire de Beethoven — «selon le caractère d’un récitatif mais in tempo» — sème le trouble: 98 % des chefs la jouent comme un récitatif ralenti 2 % «in tempo».Le pionnier de cette dernière école, qui a ma faveur, est Hermann Scherchen.Il a été suivi notamment par Christopher Hogwood, Roger Norrington et Michael Gielen (FMI).Ce dernier est le plus intéressant pour qui veut écouter une Neuvième «objective» (les notes, rien que les notes.) et.de ce fait, radicale, puisque personne, ou presque, ne joue ce qui est écrit! Nos recommandations ¦ Furtwàngler 1954 (Tahra), Munch 1958 (RCA), Wand 1986 (RCA), Gielen 1986 (FMI), Giulini 1990 (DG).Premier chobc: Wand (RCA).¦ Autres chefs intéressants (en stéréo): Karajan 1962 (DG), Blom-stedt 1980 (Brilliant), Barenboim 1999 (Warner).¦ En vidéo: Karajan 1968 (DG), Bernstein 1989 (EuroArts), Abbado 2001 (TDK).¦ N.B., ce choix a été effectué dans l'absolu, sans tenir compte des disponibilités de plus en plus erratiques et aléatoires des disques.CHRISTOPHE HUSS Le programme choisi par Kent Nagano pour inaugurer son mandat de directeur musical de l’OSM ne se resume pas au finale ; de la plus célèbre des symphonies.; La première œuvre que dirigera le | successeur de Charles Dutoit est The Unanswered Question, une «contemplation symphimique» aine posee par l'Américain Charles Ives en 1906.Mais la Neuvième de Beethoven aussi, par sa singularité, sa diversité et sa complexité, se nour-I rit d’un certain nombre d'énigmes.Mercredi soir, 6 septembre i 2006, le Québec entier sera au dia-| pason de Beethoven.S’il y a un «miracle Nagano», en voici le premier signe: la télévision de Radio-; Canada s’intéresse de nouveau à la musique classique, au point de consacrer sa soirée à Kent Nagano et de diffuser une partie du concert en direct.Le public pourra aussi I suivre le concert sur écran géant sur l'esplanade de la Place des Arts, et tous les auditeurs d T space Musique auront droit à l’intégralité de l’événement à la radio.On annonce même que les cloches des églises | de la métropole sonneront à tout-va — et de concert — à 20h30.C’est à ! se demander quel serait le «plan B» | si le pape annonçait une visite à Montréal: un emballage de toutes | les églises par Christo?De quoi jus-J tifier largement les allusions à la ve-I nue de ce «messie» à la crinière j noire à la tête de l'OSM.Sans doute parce que Montréal le vaut bien.Or ce qu’on attend tout simplement de Kent Nagano, c'est de redorer le blason de l’OSM en faisant progresser l’orchestre, de nous taire découvrir de nouveaux répertoires et de nous donner des concerts électrisants.C'est le troisième volet de cette mission qui nous mobilisera mercredi.Tout le Québec, donc, sera mis au contact de la Neuvième Symphonie de Beethoven.Mais que sait-on de la Neuvième?Une longue maturation, une composition d’un nouveau type, la première intrusion de la voix dans le monde de la symphonie.Il y a phis, beaucoup plus.Voici quelques clés qui vous feront peut-être écouter la Neuvième avec des oreilles neuves et vous donne ront des repères sur les réponses apportées par Kent Nagano à ces «unanswered questions» que pose ce monument musical L’idéal grec SL s'agissant du concert de mercredi, il vous prend l’idée (Me) de cliquer sur le lien «En savoir plus» sur le site de l’OSM, voici ce que vous lirez: «La Neuvième Symphonie de Beethoven fait appel à une conception renouvelée de la pensée musicale et artistique, ainsi que de l’esthétique comme utopie politique et morale.Sa thématique, aussi complexe que la vie humaine, pose de nombreuses questions existentielles.Des thèmes multiples sont abordés, j tels la souffrance et la manière de la surmonter, la liberté et la dignité humaine, l'espoir et le désespoir, tout comme les limites et leurs dépassements.Une dimension sacrée imprègne cette œuvre, particulièrement le dernier mouvement, dans lequel des millions d’êtres s’interrogent — allégoriquement — sur la Création et se voient renvoyés vers le ciel étoilé et la présence de Dieu le Père.» Même s’il y a là un fond de vérité, il est difficile d'imaginer qu’un discours puisse se situer plus radicalement aux antipodes de la faculté que l’on semble vouloir conférer à notre nouveau chef de faire «reconnecter» un public plus large avec la LU JACQUES OKI MEK U DEVOIR Ce qu’on attend tout simplement de Kent Nagano, c'est de redorer le blason de l'OSM en faisant progresser l'orchestre, de nous faire découvrir de nouveaux répertoires et de nous donner des concerts électrisants.musique classique! Ne vous découragez pas! Non, la musique, ce n’est pas forcément de la trituration conceptuelle.C'est aussi la curiosité, la découverte, l’émotion et le plusir des sens.Pour écouter la Neuvième de Beethoven et en saisir la singularité, il y a, c'est vrai, quelques éléments éclairants ou repères utiles.Ils découlent de la vie du compositeur, de son cheminement musical et de sa rencontre avec les écrits de divers penseurs, d'un courant aussi, très fort en Allemagne, idéalisant la Grèce antique.Beethoven n’était pas un créateur dans sa bulle, se contentant d’enfiler des notes.Il connaissait notamment bien la littérature.«Plutarque m'a conduit à la résignation», écrit-il à son ami Wegeler, lorsqu'il lui confie, pour la première fois, en 1801, le lourd secret de la surdité qui le tourmente depuis trois ans.Ce recours à Plutarque évoque, pour les fins esprits de l’époque, la capacité de résistance à la douleur par une inébranlable force intérieure.Les références à Plutarque, on M retrouve dans les écrits de Schiller (te Brigands), ce Schiller qui écrivit \’Ode à la joie'.Beethoven est pétri de culture classique (les Grecs — Homère et Plutarque —, mais aussi les 1-atins), Parmi les écrivains de son temps, deux figures majeures se détachent: Goethe et Schiller.Cette considération nous enseigne une donnée précieuse sur la musique: la filiation grecque et la fidélité aux idées de grandeur et de proportions.Elle nous donne aussi une clé pour son interprétation, une implacabilité qui met en œuvre une «architecture de la musique».Rien n’est moins velléitaire, rien n’est phis prémédité et structuré que la N eu vième Symplumie de Beethoven.Fraternité Romain Rolland a consacré de nombreux écrits à Beethoven dans les années 1930 et 1940.On lui doit une idée forte et juste qui éclaire encore davantage notre écoute: «Chacune des huit autres sympho- nies est l’expression immediate d'un moment de vie.d’une grande heure.l-l Im Neuvième Symphonie est un confluent.F.n elle se sont rejoints et mêles de nombreux torrents venus de très loin et dis régions les plus di verses, de rêves, de volontés, d’hommes île tous âgis.Elle est aussi un regard en arrière, planant d'un sommet sur tout son passé » Rien n’est plus vrai, avec, la ans si, des incidences sur la symphonie, sa composition et son interprétation.Voici un exemple ponctuel, que j’avoue avoir découvert cette semaine.En 1802, vingt-deux ans avant la création de la Neuvième Symphonie.Beethoven en a assez des intrigues viennoises et rêve de s’installer à Paris.Paris, le centre d’une «nouvelle manière» (les mots sont de Beethoven) d’écrire de la musique, est le lieu rêvé pour un compositeur lui aussi novateur.11 compose, pour se faire reniai quer dans la capitale française, une œuvre intégrant a la fois les cou leurs sonores et les idées de la Re volution: la Symphonie héroïque, sa troisième.Le projet de déménagement avortera, et cette dimension «française» (un son clair, des ac cents tranchants, une orchestration cuivrée) de la T Symphonie n’est que très rarement mise en évidence par les chefs.Paavo Jàrvi, à I anau dière, en 2005, a en tout cas mis le doigt dessus.Vingt ans plus tard, Beethoven compose La Neumème.( )r le texte du finale contient un mot essentiel: «Brüder» (frères), lût void que Keith oven compose une marche (gen re très français) sur k- texte «Suivez, frères, votre voie; heureux comme un héros allant vers sa victoire», chanté irar le ténor solo, l’orchestration de cette marche?Cymbales, triangle, grosse caisse, piccolo, deux bassons, un contrebasson, etc.Cette marche, qualifiée de «turque» par tous les commentateurs, n’est-elle pas plutôt française, avec ces cou leurs très claires et quasi militaires, si ouvertement françaises?I Jn hommage a une certaine Révolution et a ses idéaux de fraternité?Parmi les cent cinquante (ou plus) enregistre- ments de L\ symphonie, un seul chef a mis en valeur cette couleur précise: Günter W.md, qiH' Kent N.igano pivnd souvent ixrh modèle, Ln message Des concepts méritent d’être brassés s'ils permettent d’éclairer l’ecoute musicale.De ce point de \uo.il est indisix-nsabk' île dire un mot du contenu idéologique de la symphonie.Si Beethoven a attendu dix ans avant de recomposer une symphonie, qui s’inscrit entre d’autres oeuvres profondément révolutionnaires la Missa sudemnis et Li S ma te pow piano «Hammerk-lavier» avant, et les «derniers qua tuors» après -, c’est pour inventer un concept nouveau.Ce concept implique des dimensions vastes, on l a vu.mais aussi Tintnxfuction de la voix.Cette voix (quatre solistes et un chœur) énonce un iXH'me de Schiller, dont Beethoven a remanie la structure pour mettre en exorgue trois idées fortes: la joie {«Premie»), cette «Hin-irlle divine», la tmtenüté («Bruder») et la croyance en une force supérieure divine bienveillante, le cher Père («Ueber Uifrr») la joie, aspiration essentielle des hommes, peut être atteinte par la fraternité et tendre veis le divin.C’est pour cela que l’on dit souvent qu’une interprétation de la Neuvième Symphonie d»' Beethoven «tend vers le finale», l es trois prrc miers mouvements sont trois étapes d'une quête inachevée, jusr qu’à cette leçon et cette résolution pai l’union (ni sacrée, ni opéra-tique) de la musique et de la parole.D’ailleurs, le premier geste musical do Beethoven dans ce finale est de comixiser un tumulte sonore dans lequel réapparaissent les thèmes de ces trois premiers mouvements.Ils seront littéralement «balayés* les uns après les autres.Emergent alors la solution, le thème de la joie, celui qui sera reppis et amplifié par la voix.Evidemment, Beethoven ne composera plus de symphonie après cela, lins encore, il laissera ses successeurs dans l'embarras quant a la voie à suivre.Malgré la Symphonie n 2 «Lobgesang» («Chant de louanges») de Mendelssohn.on i>eut dire qu’il faudra attendre soixante-dix ans, l’année 1894, pour qu’un eompositeur, Mahler, se frotte directement au modèle, avec sa 21 Symphonie, «Résurrection».Collaborateur du Devoir U NEUVIÈME DE BEETHOVEN Avec Angela 1 )enoke, soprano, Marie-Nicole Lemieux, alto, Michael S hade, ténor.Alan Held, baryton.Chœur et Orchestre symphonique de Mont-féal, direction: Kent Nagano.A la salle Wilfrid Pelletier de la I lai e des Arts, à la télévision e à la radio de Radio-Canada, et sur grand écran sur l'esplanade de la Place des Arts, mercredi 6 sejjteinbre à 20h.LES VIOLONS DU ROY LA CHAPEl Et Dr OUf DEC BERNARD LABADIE ABONNEZ-VOUS ! UNE SAISON 2006-07 TOUT EN MOUVEMENT SÉRIE MÉTROPOLE m, IW (PE.BACH: 1.1 M Ht AGIT DE L’INVENTION, A LA SALLE POLLACK DE L’UNIVERSITÉ McGILL / REQUIEM DE MOZART I UNE JOURNÉE AVEC JOSEPH HAYDN I ISRAËL EN ÉGYPTE MERCRED113 SEPTEMBRE A 20H0O LE NEM ET IRVINE ARDITTI CONCERT DE LA RENTRÉE SOJS-Ï W/TÉ *OTn AXON ROQS» RCVSOLDS mre-CNS ASPfWXM COOST mente, xrtorr A-ÆMAGre >AS_w»ie-ZvXLJS YW*«CX PIAMONP» CARHOA.JEm'eaOBl a&Mcsr-npr «tnc tmnnmarjcnr prsÈEuBnqcoKTMBunoMiojOMTRME RENSEIGNEMENTS : o* - si-s 30-66» - moolb&i o î*—.« Iœ-œs- 9m- uma *q*~» Billetterie Articulée S14 844-2172 I Sans frais 1 866 844-2172 SÉRIE CAPITALE C.P.E.BACH : LE MIRACLE DE L’INVENTION / LÉ COR ENCHANTÉ I UNE JOURNÉE AVEC JOSEPH HAYDN I LA NUIT TRANSFIGURÉE I ISRAÉL EN ÉGYPTE I LA PASSION SELON SAINT JEAN I STABAT MATER PERGOLESI ET VIVALDI I Billetterie du Grand Théâtre de Québer 418 643-8131 I Sam irait 1 877 643-8131 ABOHWZ VOUS AVANT LE 4 SEPTEMBRE FT COUREZ LA CHANCE DF GAGHFK UH PRIX GRANDS CRUS CLASSES POUR 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du style Im Planification urbaine pour les nulsl Avec une vingtaine de panneaux ici résumés, des questions sont posées, mais on n’y trouvera ni réponses toutes faites ni jugements manichéens.Il n’y a pas si longtemps, le site qui soulève ces questions n’était qu’un terrain de plus de 27 hectares laissé à l’abandon.I .e passage de l’autoroute Ville-Marie, achevée en 1974, en avait fait un quasi-wo man's land avec ses terrains de stationnement et ses refuges pour déshérités.Aujourd’hui, la zone réaménagée est délimitée par les rues Saint-Urbain à Test, University à l’ouest, Saint-Jacques au sud et le Quartier chinois au nord.Scoop sur Paper Hill Avec La Presse, le Montreal Star et Southam Press vers 1916 dans ce quartier, la concentration d’imprimeurs et de grands journaux est si dense entre les rues Saint-Alexandre, de Bleury et celles au sud du boulevard Dorchester que l’on nomme ce coin Paper Hill.Ce poste d’observation est juché à la liséré de la rue Saint-Jacques, où se brassait alors tout ce qui était lié aux affaires et aux finances.Tandis que l’activité économique et commerciale délaisse la rue Saint-Jacques, malgré la construction de la Tour de la Bourse en 1964 au square Victoria, les imprimeries demeurent dans la rue Craig, aujourd’hui rue Saint-Antoine.Défini dans de grands bureaux d’étude, le tracé de l’autoroute est-ouest se veut une solution aux problèmes de circulation automobile qui affligent le centre-ville.C’est au départ presque une abstraction: le chaînon manquant d’une grande traversée métropolitaine par le centre.«La tranchée devient une barrière par le vide», lit-on sur un des panneaux de l’exposition.«Entre le Vieux-Montréal et le centre-ville les liens sont rompus.» Le quartier est massacré.Le centre-ville se trouve coupé en deux.Construit au-dessus de l'autoroute et relié au métro, le Palais des congrès se veut, en 1983, la première tentative pour raccommoder les béances du tissu urbain.L’imposant édifice en béton de Victor Prus s’intégre toutefois mal tant au Quartier chinois qu’au Vieux-Montréal.Cependant, l’impulsion est donnée.Les sites mis en disponibilité par les destructions massives sont de nouveau convoités.En 1986, les recommandations du Comité consultatif sur le développement de la région de Montréal, mis sur pied par le gouverna ment fédéral et présidé p;ir Laurent Heard, confortent la vocation internationale de Montréal, qui accueille déjà à l’époque une quinzaine d’organismes internationaux, tels LIA- ALAIN LAFOREST Vue de la place Jean-Paul Riopelle du Quartier international de Montréal TA Dans la foulée, la Ville lance en 1990 le concours Cité internationale.Sur 94 candidats, trois sont retenus.Maître d’œuvre d’un Centre de conférences internationales, la SC-CIM se charge aussi d’attirer les organisations internationales — rôle ensuite dévolu à Montréal International — tout en parrainant le Centre de commerce mondial de Montréal, ouvert en 1991.Le complexe est constitué d’un atrium de verre englobant la ruelle des Fortifications et les façades existantes.Ce catalyseur précipite le déménagement de l’OACI rue University.LTATA suit non loin de là, à la Tour de la Bourse.Jonglant avec l’idée d’un Quartier international, la Caisse de dépôt et placement du Québec décide en 1997 d’y établir son siège social.Avec la Ville, les gouvernements provincial et fédéral entrent alors dans l’arène.A partir de 1999, la Société du Quartier international de Montréal canalise les investissements publics et privés.Au conseil d’administration de cette société sans but lucratif siègent des représentants de chaque ordre de gouvernement, de l’ARQIM — une association de propriétaires riverains — et de la Caisse de dépôt.«Une partie du succès du QIM, indique l’un des panneaux de l’exposition, tient à ce que le projet s’inscrit hors du cadre habituel d’aménagement urbain.» Les travaux d’aménagement du QIM débutent en 2000.On recouvre l’autoroute.Les stationnements de surface sont remplacés par des parcs souterrains.Le square Victoria est réaménagé.Remodelé en 2002, le Palais des congrès s’agrandit et profite d’un style plus branché en intégrant des immeubles anciens.Des entreprises telles Gaz Métro commanditent des œuvres d’art.Marqué par la controverse, le déménagement de La Joute, de Riopelle, du Parc olympique sur une nouvelle place donne au quartier plus de visibilité.Inauguré en 2003, le Centre CDP Capital enjambe l’autoroute.Une aile vitrée relie la place Riopelle au square Victoria.Des nouveaux liens piétonniers sont tracés.Les espaces publics souterrains et sur rue sont améliorés.Fontaines, aménagements paysagers et élé- gantes interventions en design urbain conçues par Michel Dallaire ornent les lieux.Les trottoirs sont élargis.Cinq cents arbres sont plantés.En guise de «porte de la ville», une enfilade de colonnes et de drapeaux pousse rue University.Toujours ignoré pourtant de bien des Montréalais, le QIM devient une réalité en 2004.Un modèle ?Cet étonnant partenariat entre secteurs privé et public, qui a donné lieu à la naissance du quartier, deviendra-t-il un modèle, se demande en fin de parcours Nancy Dunton, qui prépare un livre sur l’architecture contemporaine de Montréal?Comme dans le cas du Quartier des spectacles, les autorités doivent-elles renforcer ainsi l’identité de certains quartiers, voire la créer artificiellement?Si la Petite Italie ou le Quartier chinois se distinguent grâce à leur population, à cet égard en quoi le QIM est-il si international, tant cette dimension n’apparaît que sur les étiquettes arborées à la boutonnière des congressistes de passage?Le QIM a beau être discret, on lui décerne quand même de nombreux prix.En 2005, il est décrété Project of the Year par le Project Management Institute.L’Ordre des architectes du Québec et Sauvons Montréal le récompensent.Le designer Michel Dallaire reçoit une médaille internationale pour ses bancs publics, ses lampadaires et ses autres créations.L’autre paradoxe réside dans le fait que la planification ici se justifie davantage par des exposés où domine le développement économique.L’argument qu’un tel projet générerait des flux d'investissements nouveaux éclipse de bien loin celui de la qualité de vie.Or ces agencements urbains sont un plus pour notre ville.Les messages visuels y sont toniques, les matériaux, homogènes.Comment ne pas se réjouir de ces places publiques et de ces aires de circulation où l'on se sent à l’aise?Et le quartier reste vivant même le soir.De telles prestations vont-elles stimuler à leur tour une nouvelle qualité architecturale et environnementale?Avec un développement si inféodé au secteur privé, comment ce «programme» si particulier qu’est le QIM pourra-t-il assurer sa pérennité et gérer sa croissance?A l’étranger, après la Défense à Paris au début des années 70, sans parler de Berlin, d’autres quartiers ont été récemment bâtis de toutes pièces.A Lyon, la Cité internationale, un projet de Renzo Piano, a été érigée sur les 22 hectares vacants de l’Euro-Expo de 1984.Même chose à Barcelone avec la revitalisation de ITixample.Le Big Dig de Boston a permis, en relocalisant des nœuds autoroutiers, l’établissement de parcs et d’espaces publics.Mais sans doute en faut-il plus pour faire un «vrai» quartier, car technocrates et promoteurs ne peuvent imposer d’en haut ce sentiment d’appartenance qui fait que ceux qui y vivent ou y travaillent ont le sentiment de s’y retrouver «chez soi».En contrepoint ce regard plus que positif sur le QIM se clôt sur ces propos de Jane Jacobs livrés peu avant sa mort Cette observatrice du déclin des grandes villes nord-américaines confiait à The New Yorker en 2004: «Les gens qui déambulent le long delà 3 Avenue [à New York] en quête de l’âme sœur font de cette artère un lieu d’espoir et d’attente, et cela n’a rien à voir avec l’architecture.Ces émotions qui nous attirent vers les villes ne peuvent se manifester que dans un cadre plus ou moins chaotique.Même le lieu le plus parfaitement aménagé ne pourra produire un effet comparable.Ce genre d’endroit qui répond à tous les besoins est la pire chose que l’on puisse créer.» Collaborateur du Devoir AFSHIN MATLAfil Terrorisme, Démocratie, Loisir Du 7 septembre au 28 octobre Du mardi au samedi de 12h à 18H Vernissage : le jeudi 7 septembre à 17h30 Entrée gratuite Montréal® '‘oGSA le nm ntt lüigîl ruai MAI (Montréal, aria intorculturols) 36AO, rue Jaanne-Manc* Montreal, QC h2« 2h5 T.514 982-3386 wwwm-a-t qc.ca Samedi 16 septembre à 14h / Conversation avec l'artiste et table ronde anlmee par Patti Schmidt de CBC Radio -avec invités Samedi 30 septembre à 14h / Visite guidée en compagnie de l'artiste dans te cadre du Parcours intercutturel des Journées de la culture.Vendredi 20 octobre, 12h à 17h Evénement spécial en collaboration avec Artivistic.Québec!’]' J'i^v ckur pRAFF depuis ig66 Passes tvtwewiewt tVW au 7 octobre du?septembre; Catherine Bond • Raymond Lavoie v/T*** Cnnsn.wDe^rdms.OemsFartey Éliane Excoffier * pe«-f Kr^SI i f ArtlOf W» Gwenaël Bélanger • Marc à une Laurent Lamarche • Claude Fortaich W (a face cachee de GraH en visitant , euftur* tes 30 sept.e, ^ ^^ lea ateliers d'eatamp* oes .teller, de création (es 16 et 23 4 activités duo parent-en^m.Sur réservation SI4.K6.2S16) QuaHkx an imuHi, r.L?Tt.M PldteM MiwitrvAl îRNATlONAi Hôtel-Espace d'art contemporain Maison d’enseignement supérieur Exposition inaugurale : Cellules d'amour Tableaux d’ANGÈLE VERRET 3 septembre 2006 - 31 août 2007 228, chemin Principal, Saint-Hilarion (Québec) GOA 3V0 jcrc)chefort@hotmail.com 418 457 3403 www.cianp.ca c- j THERESE JOYCE-GAGNON R.CA « Survol 1989 à 2006, acrylique sur toile » Exposition du mercredi 23 août au samedi 23 septembre 2006 GALERIE BERNARD 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (514) 27T-O770 mercredi 11b-17b jeudi-vendredi llh-aob samedi 12h-17hww.galerieberoard.ca ¦ Stonchitfd (MM* We 1 tfe l» **w Fvftbowt 2003 *pr*»uv* cftromog*».«miens,on* vartaMw COMO COMO 2006 orange EXPRESSION.495.rue Saint-Simon LE MONDOR.440, rue Mondor FREQUENCES Le Disquaire.502, rue Mondor ORANGE L evènement d'art actuel de Saint-Hyacinthe 08.09 2006 /.22.10.2006 www.expression.qc ca/orange Ouverture le 8 septembre à I9h Artiste* Jennifer Angus.Riul Ortega Aytl*.Gabriel Baggio.Thomas Blanchard, therese Chabot, Caoke-Sassevtlle.Marc Dolude.Renay Egami, Les Fermieres Obsédées.Aude Moreau.Luce Pelletier.Marc-Ancome K Phaneuf, Karen Tam.Eye K.Tremblay.Women W-th Kitchen Appliances Commissaires Eve-Lyne Beaudry.Marcel Biouin.Catherine Nadon.Myriam Tétrèault INFORMATION 4S0.773 4209 i vm # EXPRESSION ^ 45^ Québec! IlDfVOIR Emily Carr Nouvelles perspectives 2 juin .4 septembre 2006 Présenté par Financière^;-' Sun Life Organisé par le Musée des beaux-arts du Canada et la Vancouver Art Gallery Avec l'appui du ministère du Patrimoine canadien (613) 990-1985 1-800-319-ARTS 38t .promenade Sussex, Ottawa musee.beaux-arts.ca/errt S Musse des beaux-arts National Gallery du Canada of Canada U-OTVit I rrrnu Al ITI/IN flF f ' „ p-1 ~ * - J* Canada I LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A N C 11 E ;i S E I' T E M R R E 2 O O (i 1 n ^ Il \J 111UJ e x C e n t r i s CHANGEMENT D’ADRESSE /EMMANUEL MOURET EX-CENTRIS.COM / S14.847.2206 IShlS 17H00 19h00 21h00 Répression 101 Alain Tasma fait ici l’inventaire des actes de répression dont les Algériens étaient les victimes, des marques d'inquiétude chez les autorités françaises et des traces d'indifférence dans la population NUIT NOIRE, 17 OCTOBRE 1961 Drame historique d’Alain Tasma.Avec Clotilde Coureau.Thierry Fortineau, Jean-Michel Portai.Ouassini Embarek, Atmen Kelif, Florence Thomassin.Scenario: Patrick Rotman, François-Olivier Rousseau, Alain Tasma.Image: Roger Dorieux.Montage: Marie-Sophie Dubus.Musique: Cyril Morin.France, 2005,108 min.MARTIN BILODEAU \ A première vue, les événements reconstitués dans Nuit noire, 17 octobre 1961 peuvent nous sembler lointains.Or quelques minutes devant cette belle et puissante chronique suffisent à nous rappeler q.u'ils sont d’une actualité criante.A preuve: le film d’Alain Tasma, d’abord produit pour la télévision française, a été exploité en salle, l’automne dernier en France, en même temps que les banlieues multiethniques s’embrasaient.Coïncidence.Les discours déroutants du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, dans la foulée, semblaient se faire l’écho de ceux, dans le film, de Maurice Papon, qui en sa qualité de préfet de police de Paris à l’époque a ordonné la répression meurtrière des 20 000 manifestants pacifiques qui ont défilé dans les rues de Paris à la demande du Front de libération nationale algérien (FLN).Cela dit, l’actualité de cette chronique dépasse largement le cadre de la France contemporaine, ce qui la rend encore plus précieuse et encore plus éclairante.Les scénaristes (dont l’historien Patrick Rotman) ont reconstitué les événements (le récit s’amorce une dizaine de jours avant la date du titre) en entremêlant avec soin et intelligence les destins d’une dizaine de personnages: un étudiant algérien marchant sur des œufs dans l’espoir d échapper aux contrôles policiers (Ouassini Embarek), un jeune policier scandalisé par le racisme de ses confrères (jean-Michel Portai), une journaliste mondaine entrai-née dans la tourmente par une collègue sympathisante du FLN (Clotilde Coureau et Florence Thomassin, respectivement), un organisateur de la cellule locale du FLN à Nanterre (Atmen Kelif).etc.Sans démagogie (on est à des années-lumière de la leçon d’histoire) , sans jamais stopper le récit, Tasma fait l’inventaire des actes de répression dont les Algériens étaient les victimes, des marques d’inquiétude chez les autorités françaises, des traces d’indifférence dans la population.Peu à peu la tension monte, jusqu’à l’éclatement des événements dont l’histoire française, au dire d’Alain Tasma, n’a retenu que l’anecdote.Si le cinéaste prend visiblement le parti des Algériens et de leurs supporters, le portrait qu’il fait du FLN, organisation qui taxait les immigrants à la manière d’une organisation mafieuse et se mettait à dos l’opinion publique en tuant des policiers au hasard, est nuancé et rigoureux.Cette rigueur, ainsi que ce parti pris pour la nuance et la vérité plurielle, s’étend à l’ensemble de ce film captivant, qui relève un pari risqué: parler simultanément aux spectateurs avertis et à un public qui ignore à peu près tout de ces événements.La caméra numérique nerveuse, à l’épaule, et le montage elliptique aux angles saillants traduisent avec force l’urgence, la clandestinité et le tumulte dans lequel sont emportés les person- Thomas Kneubühler 6 Septembre au 1 Octobre.2006 Centre d art Amherst Vernissage le 8 Septembre à 17.00 hrs P r o J e'* M 11 tOOOnie Amherst #103 Montréal t.514.5709130 a-*" www.proiex-mtI.com mercredi - dimanche 12h00 /17h30 Private Property Propriété Privée MH Kl I I U Ms M vil 1 ! Une scène du film Nuit noire.17 octobre 1961, d’Alain Tasma nages.Dans cette Nuit noire, on s’enfonce avec eux, sachant qu’au petit jour ce film précis, intimiste et universel nous aura transfonnés.Collaborateur du Devoir la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 2 septembre au 15 octobre 2006 IMAGES IMAGINÉES Anne Eaton Parker & Max Wyse Une exploration surréaliste du monde de l’imagination Vernissage avec les artistes : Le Mercredi 6 septembre à 19h Info: (514) 630-1254 4844 boni.Saml-Lminnt I ^alci il' CSpaCC I » vvn .galerie-espncexa ^^Tèsjc^^scptcml^ Laurent Bouchard FOND ATI ON 514.VI 0.8906 ÜF1 DFROUIN présente LE VOYAGE II DESCENTE DE IA RIVIÈRE DU NORD Musicolisofion de l'événement par le groupe ESPACES SONORES yC Il LIMITÉS Invites d'honneur de René Derouin : NSj JOËL U BIGOT FRANCINE GRIMALDI ET LOUIS HAMELIN 3 septembre : événement performance « Le Voyage II » à 1 3 h 30 Info (8 19) 372 /167 -LES JARDINS DU PRÉCAMBRIEN- Aujourd'hui, 2 septembre : rencontre avec Daniel Hague à 15 h OUVERT LUNDI 4 SEPTEMBRE À VAL-DAVID du 5 août au 24 septembre 2006 OUVERT les SAMEDIS < f DIMANCHES de 10 h à 18 h ww.fondationderouin.co DE LA PAROLE NOUVELLE SAISON AUX ACTES PECHE LA FIN DE CASANOVA LA FIN DE CASANOVA LEBEAU NADEAU 12 SEPTEMBRE AU 7 OCTOBRE 2006 transit transat ESPACE GO MMINA TSVETAÏEVA MARLEAU ESPACE GO 4890.BOUL SAINT-LAURENT.MONTRÉAL (QUÉBEC) H2T 1R5 / WWW ESPACEGO COM 14.845.4890 it DE LA PAROLE AUX ACTES s i LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2006 Cl ri fim o IlHjiiiuj m^mr %' ARI BRISKMAN Camilla Belle et Ëlisha Cuthbert, au piano, dans The Quiet, de Jamie Babit Dans l’oreille d’une sourde.THE QUIET Réalisation: Jamie Babbit.Scénario: Abdi Nazemian, Micah SchrarfL Avec Elisha Cuthbert, Ctunilla Belle, Martin Donovan, Edie Falco, Shawn Ashmore.Image: David Mullen.Montage: Joan SobeL Musique: Jeff Rona.Etats-Unis, 2005,91 min.ANDRÉ LAVOIE Elle est la dépositaire de secrets que tous croient bien gardés car, même si on les chuchote dans le creux de son oreille, Dot (Camilla Belle) ne peut les entendre: c’est du moins ce que son entourage imagine en lui confiant ses pulsions meurtrières, ses obsessions corporelles ou ses désirs pédophiles.C'est beaucoup pour une pauvre adolescente tourmentée, toujours réfugiée derrière ses cheveux ébouriffés et ses vêtements trop grands, sourde-muette et souffre-douleur de son école.Dans The Quiet, le deuxième long métrage de Jamie Babbit (Hut I'm a Cheerleader), la banlieue devient un territoire d'horreurs souterraines, un volcan sur le point d’entrer en éruption.Or rien ne laisse croire que tant de choses sordides hantent la maison où Dot a échoué, orpheline accueillie par un couple en apparence irréprochable.Olivia (Edie Falco) et Paul (Martin Donovan), bien que leur fille Nina (Elisha Cuthbert), qui ferait ombrage à Paris Hilton, ne peut supporter la présence de cette névrosée sur deux pattes.Dot n’entend rien (supposé- ment.), mais elle voit tout: la dépendance d'Olivia aux médicaments, les manigances de Nina et surtout ses ébats amoureux avec son père Paul, rongé par la culpabilité mais pas au point de vouloir s’amender.C’est dans ce climat de mensonges et de perversions que les deux rivales deviendront bien plus que des sœurs adoptives: elles se révéleront d’éton-nantes complices — chacune détenant un secret qui, révélé, peut précipiter la chute de l'autre.— pour faire voler en éclats l'image de cette famille parfaite.Les tourments de l’adolescence ne prêtent pas à la rigolade dans lhe Quiet, et ces enfants du cellulaire ne sont pas ici que des archétypes, de simples petites ?Journal de Montréal - The Gazette - le Devoir «Nathalie Baye au sommet de son art!» Michel Therrien.Journal de Montreal NATHALIE BAYE JALIL LESPERT le petit lieutenant rnr t ;T.JKÜr 11 7 UN FILM DE XAVIER BEAUVOIS siuoto MM métiopob I13 6e sanalna iJK ¦ l’emchel CINÉMA ?— c*eMAs Kwmme i ri PARISIEN ?1 ?CINEMA ?SEMAINE DU X AU B SEPTEMBRE 2006 Les NOUVEAUTÉS et le CINÉMA en résumé pages ?4 6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages -A**'*'*-*'*'* 7,15 dans LAGENDA culturel boules de névroses.11 y a même une certaine sympathie qui se dégage de ces jeunes filles en fleurs (très fanées.), entourées de la faune de leurs semblables dépeints avec une certaine justesse de ton.Il en va de même pour leurs parents, rôles assumés par deux solides acteurs capables d'une réelle sensibilité derrière les caricatures que les scénaristes Abdi Nazemian et Micah Schrarft ont esquissées.Ces observations sensibles ne font pas nécessairement le poids devant les dérapages qui s’accumulent tout au long de ce récit aux contours gothiques avec cette maison de banlieue aux pièces dénudées et sombres comme dans un château de Transylvanie, où trône un immense piano à queue.Et on passera vite devant les symboles (dont celui, ridicule, de l'ourson en peluche transformé en poupée vaudou grâce à un fer à repasser) qui transforment peu à peu ces deux filles sorties d’une version adolescente des Bonnes de Jean Genet.Quoique Nina, grâce au charme ravageur d’Elisha Cuthbert, pourrait revendiquer une filiation avec la Sharon Stone de Basic Instinct.Jamie Babbit nous réserve quelques petites surprises, évitant ainsi à The Quiet de se réduire à une histoire de vengeance où les plus démoniaques sont nécessairement les coupables.Mais il y a des manières plus simples, et plus efficaces, de dépeindie Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin SAIS BRUCKNER ET STRAUSS MOMENTS D ÉTERNITÉ VIE ET LUMIÈRE DE MOZART À HAYDN SMETANA ET TCHAIKOVSKI LA moldau et L ESPRIT slave CHANTER À LA FRANÇAISE MONTRÉAL EN MUSIQUE LES NOUVEAUX CLASSIQUES MAHLER SYMPHONIE TRAGIQUE PARTAGEZ NOTRE PASSION ABONNEZ-VOUS ! (514) 598.0870 poste 21.orchestremetropoutain com cette période de la vie en recourant à moins d'artifices sanglants et scabreux.On ne sombre pas dans le grotesque, mais on le frôle souvent.Collaborateur du Devoir PALMARÈS DVD ARCHAMBAULT"! Du 22 sa 28 Mttt 2006 FILM/TELESÉRIE SILENT HILL LES ROIS MAUDITS POSEIDON SAMANTHA OUPSI Volume 1 LES SIMPSONS Saisons PIRATES OF THE CARIBBEAN LES CAUNOURS Le secret de la boîte ROME Saison 1 HOUSE M.D.Complete Season 2 PRISON BREAK Complete Season 1 MUSIQUE /SPECTACLE / AUTRE RODGER HOOBSON Take The Long Way Home.PINK FLOYD P.u.I.s.e, JAMES BLUNT Chasing Time: Bedlam.IAN ANDERSON Plays Orchestral Jethro Tull MR.McMANON WWE STAR ACADEME 2006 ELMS PRESLEY 66 Comeback LES CLOWNS DU Tours de piste avec les.QjébecSn I.E DEMUR 100% Debbouze ROCK ET SHIES OmiES The Coffret S ( t
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