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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-08-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET D 1 M A \ (HE I S A O V T 2 O O (i •> NOUVELLE La prunelle de ses yeux, de Caroline Montpetit Page E 3 etlulture pour le dire La cuvée 2007 des dictionnaires précipite la rentrée Dans la cuvée 2007 des dictionnaires figure notamment Franqus, un nouveau venu québécois.Petit guide pour s’y retrouver.FRÉDÉRIQUE DOYON Ceux qui aiment s'enfarger dans les fleurs du tapis se réjouiront: l'expression a fait son entrée au panthéon du Petit Robert.Chaque fin d’été amène sa récolte de nouveaux mots, de nouveaux sens, de nouvelles expressions à la suite de la réédition et de la refonte des dictionnaires généralistes.Le Petit Larousse, Le Petit Robert, Hachette, Littré, chacun offre des attraits différents.Du côté québécois, un nouveau venu fera son entrée en 2007, le Francus, pour un français d'utilisation standard.Petit tour d’horizon pour un choix éclairé.Millésime pour la deuxieme fois.Le Petit Robert connaît la seconde refonte majeure de son histoire à l’occasion de sa 40' édition; 2007 s’annonce donc un bon cru L'ouvrage s'enrichit de phis de 500 mots et de 700 sens, citant 130 nouveaux auteurs (dont Marie Laberge) pour les mettre en lumière.S’adaptant aux changements technologiques, le dictionnaire admet ainsi les acronymes USB, URL et PDF.Fièvre environnementale oblige, le compostage fait son entrée dans la bible des mots, tandis que la popularité de la gastronomie y fait accéder le -cul-de-poule».ce recipient creux en metal qui sert notamment a monter les blancs d’oeufs.En sports, le télémark ne se résume plus à une marque, mais désigné officiellement la technique de ski alpin qui laisse le talon fibre.Le Petit Robert met même a contribution la mode verbale des jeunes en ajoutant les mots -cassé», de Bris de Nice, «cool».-gothique» (pour le mouvement et ses adeptes).Les queberismes ne sont pas en reste avec «s’enfarger», -achaler», «croustilles» et «chocolatine».L’ouvrage, prisé par les lettrés pour ses définitions et ses références élaborées, coûte un peu plus cher que les autres — 72,95 $, tel que proposé par l'éditeur —, mais il vaut son pesant d’or avec ses 60 000 entrées et ses 300 000 sens.La guerre des prix que se livrent les librairies le rend d’ailleurs plus qu'abordable: Archambault remporte ici la manche en l’offrant à 49,99 $.Son ampleur nécessite toutefois l’achat d’un volume distinct pour les noms propres (40 000 entrées).Un droit d’aînesse En comparaison, les 46 nouveaux mots (pour un total de 59 000 noms communs et 28 000 noms propres) du Petit Larousse pourraient avoir pauvre mine.Mais le dictionnaire plus que centenaire — il fêtait ses 100 ans a y a deux ans et son ancêtre, Le Nouveau Dictionnaire de la langue française, remonte à 1856 — se distingue par son audace et son parti pris plus populaire, accueillant le terme d'argot américain «bimbo», l’abbréviation «actu» et -bédéthéque», féminisant au passage des termes comme «designer», «flic», «substitut» et «vice-consule».On le reconnaît à ses images abondantes — il compte 5000 images, schémas.dessins, photos, cartes pour illustrer les notions — et à sa section rose où sont réunis les proverbes et qui séparé les noms communs des noms propres.Depuis quelques années, l'ouvrage propose une section spéciale consacrée a un thème.Apres la francophonie l’an dernier.les mots voyageurs sont a l'honneur On y donne l'origine de mots courants comme -tulipe», «abracadabra» ou «chaos*.Tous ces petits supplements ajoutes a son prix (54,95 $.mais Renaud-Bray l'offre à 39,95 $) le rendent plus qu'aflechant Son cousin le Dictionnaire Hachette, plus aéré et visuellement accrocheur mais moins riche en mots et en défini- Franqus illustrera et décrira les réalités d’ici tt | | | | *"?" xi i y f1"* M»» Petit de la langue française * » m> rn ¦mmmm et m » w w -j s Mwmz mmmm; mmm M » M «m M, S ; ' ¦ ' MCriONMIHE COOCCURRENCES mr il J* Itixtêm te*.«wteteÉMHi jacoi t s MOiNir» i*.Dévolu lions, affiche pêle-mêle noms propres et noms communs, les premiers en bleu et les seconds en noir.C’est le ‘meilleur rapport qualité-prix-, selon son éditeur, puisqu’il se vend a 34,95 $.Franqus et Multi Du côté québécois, le bien aimé Multi Dictionnaire, qui releve les difficultés de la langue française, ne sera pas réédité avant 2008, mais on pourra se procurer une version cédérom de la derniere édition (2003) des l’automne, indique l’éditeur.Québec Amérique.Un nouveau dictionnaire du terroir est en voie de paraître La ministre de la Culture et des Communications, Line Beau-champ, et Monique Gagnon-Tremblay, ministre responsable de la Francophonie et de la region de l’Estrie, annonçaient cette semaine l'octroi d'une autre tranche de subventions de 600 000 $ au Centre de recherche Franqus de l'Université de Sherbrooke.le centre donnera son nom a un nouvel ouvrage terminologique sur le français standard en usage au Québec.Franqus comjrtera 60 000 entrées Les linguistes qui le dirigent, Hélene Cajolet-Iaganiere et Pierre Martel, esti ment que le Québec doit avoir un ouvrage témoignant de sa norme linguistique propre, distincte de celle du reste de la francophonie Le projet ne fait pas l’unanimité dans le milieu parce qu’il a avalé quelques millions en subventions, alors qu'un ouvrage d'ambition similaire, le Dictionnaire québéroù-français, avec 660 entrées, n'avait pas fait ses frais Franqus, qui devrait être disponible en 2007 sous forme imprimée et électronique, illustrera et décrira donc les réalités d'ici.Les mots désignant le climat, l’habitat les institutions vxiales et poli tiques ou la faune et la flore seront suivis d'exemples et de citations tirés surtout de textes littéraires, scientifiques, journalis- tiques et administratifs québécois.Four éviter le RaxpillaRe Ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs vieux dictionnaires et se culpabilisent a l’idée de les rendre caducs doivent savoir que ces bibles de la langue peuvent connaître une autre vie avant d’atterrir dans le bac a recyclage D-s librairies Archambault recueillent c es ouvres de référence, mutes familles éditoriales confondues, quelle que sort Tannés- de parution, prxir en faire cadeau aux organisme* d’alphabétisation, par l'entremise de la Fond» bon pour Talphabétisation [/¦* clients peuvent profiter d’un rabais (proportionnel à l'état et a T âge du livre remis) pour l'achat d'un nouveau dictionnaire Pour que jeunes et moins jeunes trouvent les bons mots pour le dire, l'écrire et le lire.tje Devoir E 2 I.E Louis Hamelin Je tourne à gauche devant le camping municipal.La longue côte, le fleuve.Grève d’Amours, dit l’écriteau à l’entrée du petit chemin de terre.Et moi qui prévoyais avoir de la difficulté à retrouver l’endroit.Comment oublier un nom pareil?Je passerai les trois prochains jours a respirer le Saint-Iauront, à parler avec mes amis, a rouler à vélo au bord de la Trois-Pistoles, à tirer mes premiers pigeons d’argile depuis un quart de siècle et à rencontrer des éditeurs: Paul Bélanger, du Noroît, de passage dans le coin, et Victor-ljévy Beaulieu, toujours aussi patriarcal et tolstoïen au milieu de son grand jardin sauvage et de ses boucs lubriques.Et j’oubliais: à lire deux livres assis dans un fauteuil de jardin au milieu de la fraîche brise marine et de cette lumière qui oscille entre plomb et or, zinc et argent Deux livres, deux histoires d’amour.C’est comme ça.J’ai rencontré Myriam Cyr à Moncton ce printemps.Je ne la connaissais pas, l’ai pourtant vue en action, la cassette de Gothic ayant atterri un soir dans mon magnétoscope.Myriam vit à Boston et fait carrière sur les planches et à l’écran.Avec le temps, comme bien d’autres, elle a constaté que les beaux rôles de femme se faisaient plus rares dans les propositions quelle recevait.Cette dictature de la fraîcheur est peut-être- moins présente au théâtre, là où notre actrice est tombée un soir sur un personnage de femme à son goût: la religieuse portugaise.Personne n’est aujourd’hui capable de nous décrire physiquement cette jeune héroïne que nous connaissons uniquement à travers ses mots, 7500 mots remplis d’amour et d’amertume, pour être précis.Le temps de partager un taxi et une table de cafétéria à l’aéroport, Myriam m’a décrit en des termes pleins de passion (c’est contagieux) le livre qui est né de sa rencontre avec les mots de la nonne amoureuse, mots qui allaient ensuite être déniés à ce grand cœur brisé pour se voir attribués à d’autres.A des hommes, par des hommes.Jean-Jacques Rousseau: «[Les femmes) DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AOÛT 2 0 0 6 —«'Livres •»— D’Amours, P.Q.ne peuvent décrire ou ressentir l'amour.Je parierais n importe quoi que les lettres portugaises ont été écrites par un homme.» Et, plus près de nous, Grandbois, puis Jacques Perron: «Monsieur Grandbois a sans doute été le dernier au Canada [.] a savoir que les fameuses lettres constituaient un faux et que la religieuse portugaise était en réalité un ami de Boileau, ambassadeur en Turquie, bon vivant et joyeux luron.» Guilleragues, son nom.Contre l’histoire officielle J’ai un faible pour ceux qui, refusant les vérités établies (comme Perron lui-même si souvent), se lancent dans la difficile et solitaire entreprise consistant a prétendre corriger l’histoire officielle.Leurs armes?Les phrases.La passion ressentie à l’endroit d’un sujet passionnant et passionné (le Portugal en lutte pour son indépendance, la cour du Roi-Soleil, les magouilles du Grand Condé, une fille de Jésus séduite puis abandonnée par un officier français, un mystérieux manuscrit qui alimente la rumeur des salons, puis tombe entre les mains d’un imprimeur ambitieux) peut aussi aider.Myriam Cyr est convaincue que les mots des Lettres portugaises sont bien ceux d’une femme amoureuse, amoureuse d’un amour désespéré et sensuel, doublement recluse: dans son couvent et dans sa passion.Une femme, surtout, dont le nom est à ajouter à la longue liste de ces artistes et amoureuses dépossédées du fruit de leur esprit en des temps où le sexisme constituait une donnée sociale parmi d’autres, comme le manque d’hygiène.Une Camille Claudel épistolaire.L’étendue des recherches menées sur le terrain par l'auteure de cette captivante réfutation, comme aussi son travail d’érudition pointilleux et d’une grande clarté et ce style lumineux, plein d’élégance et d'assurance et qui, même saturé d’informations, continue de couler avec limpidité, sont très impressionnants.C’est à un véritable Guerre et amour lettré que Myriam Cyr nous convie.Une des clefs de sa démonstration semble plutôt convaincante: les spécialistes, universitaires, historiens et philologues de tous poils, puisent un de leurs principaux arguments dans l’impossibilité supposée où se trouvait un Chamilly, fringant officier du corps expéditionnaire français, de circuler à l’intérieur du couvent en question.la mise en contexte de Cyr est éblouissante: le parloir d’un couvent portugais de cette époque se transforme tout naturellement en une manière de salon chic où les beaux officiers p_J J J J JM l i T iSyiilTTj Et felffriii : -||| jgajji|]“ti '¦ WÊÊÈwIl ** î ~ " 1 r J~tPf J iJF3'Tl~1ilt I | ||yl HlUrSm i'it £ 1 É • -m» « #*•**-* • % • * » «ti* * >!***: «ww* Sc-aa* e A fcnÿr ÛlKrtWv* Bouilli MERCREDI 23 AOUT les Remontres de msiqve nouvelle en Charlevoix QUITO OR BOIZINI INCRIO SCMMimUSEN, -ywe ŒnrtsàOtaM itsofiUiomm (Mi CcwaoR dm JEUDI 24 AOUT Les Remontres de RMsiqm nooveNe en Charlevoix U »o»v*I E»wM« ¦oBeme •* Ut itofWr*» Québec» dm CoMMi Aon V» «hF> 418 452-3535 ov 1-888 DFORGET (336-7438) www.dornaineforget corn IH iïr ~ V Bütetecb « Gilles Archambault Je ne suis pas sûr d’avoir raison en l’affirmant, mais il me semble que peu de figures littéraires célébrées en leur temps peuvent paraître moins fraternelles au lecteur d’aujourd’hui que celle de Jean Cocteau.Ce touche-à-tout de grand talent a marqué la vie culturelle et mondaine de son siècle.Figure incontournable du Gotha parisien, il a été dramaturge, poète, romancier, cinéaste, dessinateur.Son action a été multiple, ses amitiés lui assuraient des complicités dans tous les domaines de l’actualité, ses inimités lui valaient des injures et des calomnies sans nombre.On vient de réunir dans la collection dite de la Pléiade ses œuvres romanesques complètes.Que le projet présente de l’intérêt, personne n’en disconviendra.On pourra quand même s’étonner qu’un corpus aussi mince fasse l’objet d’une telle consécration.Dans sa préface à cette édition, Henri Godard rappelle que Cocteau n'est pas un romancier de vocatjon.On ne saurait mieux dire.«Écrire un roman est un travail nécessairement étalé dans la durée.Cocteau pouvait avoir eu longtemps à l'avance l’idée d’un livre de ce genre, mais il n'avait ni la patience ni sans doute le sentiment du temps dans son écoulement qu’implique sa rédaction.» D’où, ajoute le préfacier, la minceur des romans de l’auteur des Enfants terribles.La vérité serait que Cocteau était avant tout un poète de haut vol.Dans son Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig cite ce merveilleux: «Vitrier sur ton dos la ville est inepte-morte.» Ce mondain avait parfois, quand il écrivait.une precision d'horloger.Or cette exigence qui fait sa force comme poète le limite com- me romancier.D’ailleurs, ne parlait-il pas de ses romans en les plaçant sous la rubrique de «poésie de roman»?Si j’ai coiffé ma chronique d'aujourd'hui de la façon que j’ai adoptée, c'est que j’ai relu avec attention Thomas Timposteur.Ce court roman, inspiré de l’avis même de l’auteur par La Chartreuse de Parme de Stendhal, est à mille lieues de cette immense histoire d’amour.La passion de Beyle et de son jeune héros a cédé la place à l’évocation de péripéties guerrières.Si le récit a du brio, s'il est écrit de façon remarquable, c’est bien plutôt l’ironie presque voltairienne, la froideur de ton mâtiné de descriptions qui relèvent de la peinture plutôt que du roman qui en sont la dominante.Le héros n’est pas tant un imposteur qu'un adolescent qui se laisse ballotter au rythme des événements.La guerre est évoquée dans des termes qui ont pu révolter les lecteurs de l’après-Première Guerre mondiale.On agonise, on meurt, on souffre dans une atmosphère qui relève de l’irréel le plus pur.C'est sûrement cette distance dans la description et dans la conduite des personnages qui fait qu’on peut lire en 2006 Thomas Timposteur.En ces temps d’invasion du Liban.dont l’atrocité est évidente, on ne peut être indifférent à cette froideur feinte, à cette fantaisie qui rappelle Toulet.Et puis, il y a cette Madame de Bormes, princesse d’opérette et folle à lier qui prend sous sa tutelle le faux Thomas! On n’est jamais tout à fait en guerre quand on s’amuse de cette façon.Collaborateur du Devoir ŒUVRES ROMANESQUES COMPLÈTES Jean Cocteau Gallimard.«Bibliothèque de la Pléiade» Paris.2006,1106 pages GABY Jean Cocteau photographié dans son antre, à MiUv-la-Forèt en 1950 ¦¦¦Mi LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 A O l T 2 O O ti -Livres - NOUVELLE La prunelle de ses yeux n estjamajs trop curieux Caroline Montpetit est journaliste au quotidien Le Devoir depuis plusieurs années, où elle se consacre surtout à la littérature.Elle a publié la saison dernière, aux Éditions du Boréal, un premier recueil de nouvelles, intitulé Tomber du ciel.CAROLINE MONTPETIT Le visage d'Alice se tordit une fois de plus en un spasme douloureux.Elle entendit l’infirmière approcher la poubelle, et vomit de nouveau.Puis, revint ce tremblement étrange, plus puissant que tout ce quelle avait éprouvé auparavant.Le frisson la secouait tout entière, en une espèce de transe, comme un violent courant d’air qui l'aurait propulsée aux portes de l’enfer.Alice se mit à pleurer.L'infirmière lui prit la main et elle l’entendit lui dire: «Ce que vous vivez là.c'est la plus belle histoire du monde- Elle avait dit cela avec une voix infiniment douce, qui jurait avec le carrelage glacé de la chambre d’hôpital, avec les cliquetis interminables des appareils sur lesquels Alice était branchée depuis le miheu de la nuit.La nurse avait un accent haïtien, une voix basse et roucoulante qui omettait les «r*.Alice imagina le grain fonce de sa peau, puis une autre contraction se souleva comme une vague pour lui arracher les entrailles.Elle serra la main de l'infirmiere dans la sienne, et tenta de reprendre son souffle dans l'obscurité.Alice était aveugle depuis sa naissance.Elle était atteinte de l’amaurose congénitale de Leber, maladie rare qui l'avait çonfinée à la nuit pour toujours.A peine entrevoyait-elle une lueur diffuse lorsqu'elle tournait les yeux vers la lumière.Du soleil, elle ne connaissait que la chaleur.Des arbres, elle savait le bruissement, les textures fraîches des feuilles ou la rugosité sèche du bois.Toute sa connaissance du monde n'était tissée que de sons, de sensations, d’odeurs, d'émotions.Et en ce moment crucial de l’accouchement, elle était plus que jamais livrée aux impressions de son corps.Mais elle n’était plus seule.Elle était soumise aux pulsions de cet autre corps qui l’habitait et l'un et l’autre se convulsaient en une espèce de danse atroce qui semblait ne jamais vouloir finir.Alice aurait préféré être mieux accompagnée, mais elle se refusait à téléphoner à sa mère, qui l'avait désapprouvée dans son choix d'enfanter.Elle avait décidé de ne la voir que lorsqu'elle aurait un bébé a lui tendre, bien en chair et gigotant.Les contractions avaient commencé la veille, par une belle journée d'automne.Maigre son ventre proéminent, Alice avait pris l'autobus pour aller se promener un peu au parc de la montagne.Alice marchait à pas mesurés.Elle respirait profondément, savourait ce qu’elle savait être ses derniers instants de solitude.Les crampes étaient venues d'abord tout doucement, et Alice les distinguait mal des mouvements du bébé qui habitait son ventre depuis neuf mois.De petites poussées à peine douloureuses, qui s’étaient graduellement transformées en pointes déchirantes.Chacune d’entre elles se déployait comme l’avertissement d'une douleur plus importante encore à venir.Alice savait quoi faire.Depuis des mois déjà, elle avait répété ce scénario dans sa tête.Dans l'autobus, sur le chemin du retour, elle s’appliqua à mesurer les intervalles de temps entre chaque contraction.Les vagues se succédaient, mais chacune d’entre elles, avant de venir, lui laissait encore un peu de répit Dès son arrivée chez elle, elle avait téléphoné à l’hôpital.Mais elle n’avait jamais prévu une douleur aussi intense.Corn me si, pour trouver la force de naître, le bébé tapi dans son ventre devait aller chercher la moindre parcelle de son énergie.De contraction en contraction, son utérus se tordait poussait cherchait à expulser la bête qu'il abritait.Alice subissait chacun de ces spasmes comme une condamnation à mort.-J’ai pensé que j’allais mourir- Elle avait entendu cette phrase dans la bouche de plusieurs femmes, pourtant ravies du souvenir de la mise au monde de leur progéniture.Au milieu de la nuit l'équipe médicale avait lié le bras d’Alice à un sérum distillant le syntoci-non, une hormone qui active les contractions.Une infirmière lui avait planté une aiguille dans le bras.Pas la même infirmière que celle qui lui tenait la main maintenant.C’était une autre, aux mouvements plus secs, à la voix plus jeune.-Vos contractions ne sont pas assez efficaces, nous allons devoir les provoquer-, avait-elle dit.Peut-être que cette infirmière n’avait elle-même jamais enfanté.Alice lui préférait la nurse a l’accent haïtien, qui l’accompagnait maintenant avec la douceur d'une mere pour son enfant.Elle mit une main affectueuse sur son ventre tourmenté.De l'enfant qui allait naître, elle ne savait absolument rien.Ni le sexe, ni même s’il était affecté de cette maladie héréditaire qui l'avait elle-même privée de la vue toute sa vie Durant sa gros- sesse, elle avait catégoriquement refusé de subir tout test de dépistage génétique.Aujourd’hui, chaque contraction qui se soulevait dans le ventre d'Alice rapprochait l'enfant de l'ombre ou de la lumière.Et elle, soutenant la douleur, priait en silence.Elle avait rencontré le père à la bibliothèque pour aveugles de la municipalité.Voyant, il la fréquentait pour trouver des ouvrages en braille ou enregistrés à faire lire à sa mère aveugle.Alice avait su rapidement qu'el-le était atteinte de la même maladie qu'elle.Il lui avait d’abord adressé la parole alors qu’elle était venue remettre un livre du Canadien d'origine indienne Rohinton Mistry.Il lui avait demandé ce qu’elle en avait pensé.Ils avaient parlé de l'Inde, avaient évoqué ses odeurs et ses rythmes.Il était bon cuisinier et l’avait invitée à manger chez lui.L’avait ensorcelée avec des par fums de cardamome, de safran, de coriandre et de menthe.Et puis, après un repas bien arrosé, entre les accords langoureux d'un disque de Leonard Cohen, il lui avait dit qu'elle était belle.La beauté demeurait pour Alice quelque chose de légère ment abstrait De la main, elle appréciait la douceur de la peau, le tonus d’un muscle, la souplesse d'une chevelure.Et sans sens de la vision, la conquête d'un corps était pour elle une expérience toujours renouvelée.Il s’appelait Éloi.Et elle en était encore a apprivoiser les sonorités de son nom qu’il avait déjà disparu de sa vie, comme dans les chansons de Cohen.Apres une fréquentation intense de deux semaines, il n’avait plus téléphoné.Elle avait remarqué qu’il avait aussi évité de se rendre a la bibliothèque, utilisant sans doute le nouveau service de livraison a domicile offert aux usagers.Peut-être ne l'avait-il séduite que par curiosité.Ne dit-on pas que les aveugles font de formidables amants?Ce n'est que plusieurs semaines plus tard qu'Alke s'était rendue a la pharmacie pour fai re analyser un échantillon d'urine.Elle avait appris qu’elle était enceinte.Depuis son enfance, Alice savait que, a cause de sa cécité, le tracé de son chemin était différent de celui des autres.Chaque défi était plus lourd à relever, qu'il s'agisse d’apprentissages scolaires ou de se faire des amis, de partager leurs jeux sans trop se plaindre.Elle était intelligente, énergique, équilibrée, et douée d’un sens de l'humour qui avait (ait rechercher sa compagnie.À l'école, elle avait monte une émission à la radio étudiante, s'y était rendue indispensable par son charisme, sa sensibilité et ses connaissances musicales.Aujourd'hui, à la mi-trentaine, elle était autonome et vivait seule.Et au fond d'elle-mème.elle se permettait d’espérer le paradis.Entre deux râles, Alice entendit le médecin entrer dans la pièce.-Je vais vérifier l'ouverture de votre col.- Elle sentit une main froide et gantée entrer en ses janjbes.A six centimètres, elle était proche du but.Plusieurs mois avant l’accouchement, elle avait émis le souhait de ne pas subir d’anesthésie, pour mieux sentir ce passage qui ne la laisserait plus jamais seule.Maintenant, malgré l'angoisse et la souffrance qui la tordaient, elle savait qu'elle atteindrait son objectif.Elle demanda à être emmenée au bain tourbillon.Au bout de quelques minutes, deux infirmiers l'y transportèrent et la déposèrent dans l'eau bouillonnante.Sans l’infirmière au doux accent haïtien, Alice se sentit de nouveau très seule.Pour se consoler, elle se dit que ce ne serait pas pour longtemps.Au sortir du bain, le médecin vint de nouveau la visiter.Son col était ouvert à dix centimètres, il était temps de commencer la poussée.Dans une chambre non loin de là, elle entendit une femme hurler comme si on lui arrachait un bras.Alice réenten dait intérieurement la voue de la nurse: -Ce que vous vivez là.madame.c’est la plus belle histoire du monde.- C'était le temps du sprint final.appréhendé après une nuit de convulsions, le moment de donner l'effort ultime malgré la fatigue du corps et l'agitation de l'esprit.Sur les directives du médecin, Alice mit les pieds dans les étriers et poussa.Le travail d’Alice était fructueux.L» tète de l'enfant fit son apparition avec la vitesse de l’éclair.Alice le sut aux cris que poussaient les infirmières.-On voit la tète, on voit la tètef-Au moment du couronnement, juste avant que la tête ne s'engage dans la vul ve, Alice lança un cri de conquérante.A peine quelques minutes plus tard, un vagissement d'enfant s'éleva dans les airs.On avait déjà déposé un corps chaud et mouillé sur son ventre quand le médecin annonça: -C’est un garçon.» Alice ne posa pas la question qui lui brûlait les lèvres.Le médecin reprit le bébé dans ses bras.Alice ne le vit pas, mais il le plaça devant la lumière.Le bébé déplaça doucement sa tête en direction de celle-ci.L'enfant eut un ré-llcxe photo moteur vit et rapide, sa pupille se rétrécit sous le rayon lumineux.Puis, le médecin replaça l'en tant sur le sein de sa mère pour qu’il se mette à téter, la1 bébé ouvrit les yeux en enfonçant le mamelon dans sa bouche.Muette d’impatience, le bébé serré contre son sein, Alice entendit enfin le second verdict du médecin.-Tout semble indiquer que votre enfant voit, madame.Il semble bien que vous lui ayez donné la vue - Elle était soumise aux pulsions de cet autre corps qui l’habitait, et l’un et l’autre se convulsaient en une espèce de danse atroce qui semblait ne jamais vouloir finir PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT?» e QUEBECOR MEDIA Rtaultatt dM wntes Du 1’w 7 août 2006 ROMAN Dan Brown (JC UttMi HAiwr rom* n u rumu t* J K Howling iGaWmard) Diana QaMdon (Utm «xprunoni DRn FCTTTtt nuu EN auu Mary Htgglni MO (Mwi MxJwl) n n ctnvT ç* u uommmr I Oancine Huai (IJbra «oraanonj MME MM JNLLAflE, t.V â KlJLE .Frad BaEartn Manate Retwiai John GnNam (Botwn laftont] Dan Brown (X LttMl farta»* ijermar eeoir Bollywood exporte kitsch NICOLE VULSER Lf Inde vénère ses stars cinéma-i tographiques à un point stupéfiant.La présence de comédiens conune Amitabh Bachchan, Shah Rukh Khan — le Tom Cruise indien — ou de la belle Aishwarya Rai suffit à susciter des émeutes.Mimant les offrandes faites aux dieux et aux déesses, certains férus ont même été vus, au lever du soleil, en train de laver l'effigie de leurs idoles avec du lait qu’ils badigeonnent sur des affiches de cinéma.En Inde, le cinéma fait partie de la vie: le pays produit près d'un millier de films par an (record mondial) et compte chaque jour 30 millions de spectateurs en salles.Invention risant à populariser dans le reste du monde le cinéma indien, le terme Bollywood — créé en combinant Bombay (l’actuel Mumbay, berceau de l'industrie cinématographique indienne) au symbole mondial du septième art Hollywood — est apparu voici une quinzaine d'années.Soit bien après la naissance du cinéma en Inde: le premier film muet, Raja Harishchandra de Dhundiraj G.Phalke, fut projeté à Mumbay le 3 mai 1913.Au sens strict du terme, Bollywood désigne le cinéma tourné en hindi à Mumbay, ce qui exclut les productions réalisées dans l’une des autres langues du sous-continent, notamment à Madras, à Calcutta, à Hyderabad.à Bangalore ou à Delhi.Le concept de Bollywood se réduit trop souvent à un cinéma populaire destiné aux masses indiennes.Synonyme, pour les partisans indiens du cinéma d'auteur, d’un art vulgaire ou, pour le reste du monde, d’un univers esthétique kitsch.Car ces films sont aux antipodes des œuvres de Satyajit Ray ou de Rit-wik Ghatak.Il n'est pas question.sur la planète Bollywood, de satire sociale ou de représentation tragique du monde.La narration, codifiée, s'inscrit dans la grande lignée de la dramaturgie classique indienne.Le sage Bharata, auteur du iïatya Shas-tra, traité réputé sur le théâtre, professait déjà, il y a plus de 2000 ans, l’importance de liens étroits entre musique, chant, danse, théâtre et peinture.Pour lui.aucune pièce ne devait se terminer sur la défaite ou la mort du héros.L'émerveillement devait primer et, aujourd'hui encore, le cinéma, en Inde, se lit comme un poème.Dans les films populaires hin-dis.les illusions sont souvent positives et la vie pleine d'espoir.L’eau de rose, le rêve et l'esthetique kitsch — qui suit une gamme chromatique empruntée aux divinités indiennes — soufflent sur l’écran.Le jeu des acteurs est théâtral, voire mélodramatique.Les héros sont riches et beaux — bijoux et saris aux couleurs acidulées pour ces dames, œil ténébreux pour ces messieurs.Les méchants ont le regard mauvais.Tout gravite autour d’un reservoir d’histoires mythologiques ou relevant de la culture populaire.Les emotions esthétiques viennent d'une representation symbolique du monde.Les personnages sont héroïques ou pathétiques, un eter- AGENCE FRANCE I Le vénéré Shah Rukh Khan, le Tom Cruise indien nel bouffon détend l'atmosphère.Le scénario, marqué par une structure narrative non linéaire, comprend toujours un mariage au début ou à la fin du film qui, rap-pelons-le, dure généralement trois heures.Récent signe d’occidentalisation, une scène de déclaration d'amour est aussi souvent plantée dans de verts pâturages suisses.Le scénario accorde une large place à la famille, aux histoires d’amour impossible et aux différences de castes.Le tout avec une bonne dose de morale, de passion, de joie et de suspense.Il est d'usage d’aller en famille au cinéma, les images sont prudes et les baisers bannis: un soupir suivi d’un frémissement des narines laisse entendre que la passion a été consommée.C’est peu dire qu’il est osé de voir, dans Kya Keh-na, l'héroïne choisir d'épouser un homme qui n’est pas le père biologique de son enfant, de compter dix-sept baisers dans Khwaish ou encore de contempler des -gogo dancers» dans Oops': L'âme du film hollywoodien, c'est la musique: eDe compte autant que l’histoire.Les scenes chantées et dansées sont inspirées des chorégraphies traditionnelles.Ce ciné- ma fait appel au travail conjoint d’un parolier, d’un ou de plusieurs chorégraphes, du compositeur, des musiciens, du scénariste et des acteurs, rappelle l'anthropologue et chercheur au CNRS Emmanuel Grimaud.Et les ventes de la bande originale de iMgaan, film à gros budget d’Ashutosh Gowariker, le troisième film indien nommé aux Oscars en 2002, ont suffi à rentabiliser le film.Réseau S’il répond a une demande culturelle spécifique, ce cinéma s’exporte désormais dans le monde entier.La vague hollywoodienne a commencé par séduire la diaspora indienne de Londres et de New York.Puis le public s’est élargi: aujourd’hui, ces films sont diffusés en permanence dans près d’une centaine de pays du Proche-Orient, du Maghreb et d’Afrique noire ainsi qu'en Indonésie, par un réseau de salles et de chaines de télévision.A Dubaï a été organisé, en juin, l’un des plus importants festivals du film indien.En France, l'intérêt pour Bollywood s’est cristallisé, selon Vincent Paul Boncour, qui dirige Carlotta Films — principal distributeur de CINEMA SEMAINE DU 12 AU 18 AOÛT 200« Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en résumé pages 4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages 7,15 dans LAGENCA culturel films et de DVD indiens —, le jour oii lagaan est sorti.Ce qui a ensuite permis de faire redécouvrir d'autres grands classiques, comme Mother India de Mehboob Khan (1957) ou encore Sholey.Autres dates clés: Devdas de Sanjay Leela Bhansali a été présenté au Festival de Cannes en 2(X)2 et Aishwarya Rai a été, l'année suivante, la première actrice indienne invitée à Élire partie du jury.Mais même si l'égérie du cinéma hollywoodien a joué pour Rituparno Ghosh dans Chokher Bah.la contribution des stars hollywoodiennes au cinéma d'auteur reste exceptionnelle.Machine bien huilée, Bollywixx! reproduit la politique d’expansion hollywoodienne.Avec un atout: sa part de marché du cinéma en Inde est plus forte qpe celle des films américains aux Etats-Unis.Fin Inde, PALMARES DVD ARCHAMBAULT?* Ou 1* m 7 Mtt 200* FILM/TÉLÉSÉRIE V FOR VENDETTA PIRATES 0F THE CARIBBEAN SAMANTHA 0UPS! Volume 1 DR.LUCIILE FINAL DESTINATION 3 CAMÉRA CAFÉ Saison 3 C.RJULY.BRICE DE MCE FINAL FANTASY VR: ADVENT CHILDREN SHE'S THE MAN MUSKXJE/SPECTACLE/AUTRE PINK FLOYD P.u.l.se.EUrtS PRESLEY ’68 Comeback STAR ACADEME 2008 ELMS PRESLEY Aloha From Hawaii JAMEL DEBBOUZE 100% Debbouze IAN ANDERSON Plays Orchestrai Jethro Tu« LES DOSSSRS DA VMCI TEARS FOR FEARS Secret World GAD ELMALEM L'autre c'est moi mro Au cabaret sauvage 94 % des entrées en salles concernent des films nationaux et le ixiblic a montré une nette préférence [xutr Kuch Kuch Nota Hai sur Titanic.l e boom économique de l'Inde, tout comme l’influence à peine voi-loe de la mafia sur le septième art à Mumbay.irotite à toute fa chaîne de production.Pour améliorer fa rentabilité des films (seuls 10 % gagnent L’IHîmïlw!MOl,VlWMOHDt de h agent), les studios de Mimibny misent sur le marche international.Certains réalisateurs tournent en anglais (Mr.and Mrs.her.Leela, Black), rêvant de concurrencer les succès internationaux de Mira Nair (Monsoon Wedding) ou de Gunnder Chadlia (Bciul il like Beckham).Tm-mnn t&Ple A ntt ¦ mus è« I» collection d» I Ow Q enpréwncr personiufab socialement engagées.Jeudi 17 août àWh ,1^ Paysanne et frhHm f Vendredi 18 août à 19 h Qu’en est-E de Ven^apmw* soo,l ^ P°I|W1UP UUKKTtlHCOim 1 sfïïSiîS4'** ÎÜL, MnhelVeme.OneclesK general 4» im Samedi 19 aoûtàtthjO ****”‘*'izî UiCHWIHSMHAWl ïTSaS-»*— 1 politique l iSSSssr 1 ontBtec tWfHWIÇAÛ .MOC.U fcihemi t£coi* dété 1* LÏ DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AOÛT 2 0 0 6 E 8 \J 111UJ CONVERSATIONS WITH OTHER WOMEN Réal.: Hans Canosa.Scénario: Gabrielle Zevin.Avec Helena Bonham Carter, Aaron Eckhart, Nora Zehetner, Erik Eidem, Olivia Wilde, Brianna Brown.Image: Steve Yedlin.Musique: Starr Parodi, Jeff Eden Fair.Montage: Hans Canosa.ODILE TREMBLAY Cette histoire d’amour américaine mettant en scène Helena Bonham Carter et Aaron Eckhart aurait paru bien conventionnelle si elle avait été filmée selon les normes habituelles.Or le film repose sur un procédé qui intéresse, dérange et irrite tout à la fois.Le cadre est double, l’écran divisé, rarement unifié.I)eux caméras ont capté l’action.L’idée qu’une relation soit présentée à travers le point de vue simultané des deux protagonistes n’est pas mauvaise.L’écran double n’a rien de révolutionnaire, mais le fait qu’il soit ici systématique modifie la structure du récit et le type d’attention du spectateur.Les flash-back et l’action se dé-roulent souvent en même temps, passé et présent dos à dos.Premier long métrage de H;uis Canosa, Conversations with Other Women constitue davantage un exercice, par ailleurs trop bavard, qu’un film achevé.A la suite d'un mariage à Londres, une demoiselle d’hon neur (Bonham Carter) et le frère de la mariée (Eckhart) flir tent à la noce et s’éclatent dans la chambre d’hôtel, jusqu'à ce que leur passé amoureux remonte à la surface.Ils sont d’anciens amants dont le* chemins ont bifurqué, le temps qui passe, l'angoisse de vieillir, les Voir double Une histoire d’amour américaine non conventionnelle changements apportés par la vie apparaissent au cœur de ce pas de deux, où les mots échangés se révèlent plus importants que l’action elle-même, au demeurant plus consistante lorsque conjuguée au passé avec les jeunes comédiens Nora Zehetner et Erik Eidem.C’est pourtant sur les épaules du couple aîné que le film repose, lequel eut, vrai défi, à jouer longtemps sans rupture, un peu comme au théâtre.Conversations with Other Women ne débouche pourtant pas sur leurs prouesses dramatiques.Helena Bonham Carter n’a plus la fraîcheur de sa prestation d’ingénue dans A Room with a View, sans posséder pour autant le profil de la femme vieillissante, tour à tour amère et résignée, que réclame le personnage.Aaron Eckhart, acteur au registre étendu (qui sut rouler entre Nurse Betty et In the Company of Men), paraît ici étrangement limité.L’émotion ne franchit guère l’orée d’une forêt du verbiage.La quête de la formule prend vite le pas sur le dialogue sensible.Une part de mystère demeure, où flotte un climat insolite qui n’est pas sans charme, et le procédé aurait pu déboucher sur une expérience fascinante, mais les dialogues, pourtant omniprésents, sont trop faibles et ne dégagent pas la complexité recherchée.Quant aux acteurs, malgré leur expérience, ils demeurent en surface d’eux-mêmes.On se désintéresse bientôt de leurs amours passées, présentes et à venir.En définitive, ce film tient de l’exercice scolaire, plein d’intentions louables et d’audace de traitement, mais sans le souffle et l’émotion susceptibles de les conduire à bon port Le Devoir SOURCE TVA FILMS Dans Conversations with Other Women, la relation est présentée à travers le point de vue simultané des deux protagonistes.'«Pii Notre musique CROSSING THE BRIDGE: THE SOUND OF ISTANBUL Réal, et scén.: Fatih Akin.Image: Hervé Dieu.Mont.: Andrew Bird.Mus.: Alexander Hacke.AF lemagne, 2(X)5, DO min.(V.o.avec sous-titres anglais) ANDRÉ LAVOIE Dans les films du cinéaste allemand d’origine turque Fatih Akin (Head-On, Julie en Juillet), tous ses personnages ne craignent jamais de quitter Hambourg sur un coup de tète pour échouer à Istanbul, comme si leur vie en dépendait.A l’image de la plus grande ville de la Turquie, Fatih Akin ressemble lui aussi à un croisement entre deux mondes, l'Orient et l'Occident, en apparence irréconciliables; ses films cherchent justement à prouver le contraire.A ce titre, Crossing the Bridge: The Sound of Istanbul constitue l’exemple emblématique de sa démanhe.Alexander Hacke n'est pas seulement le guitariste du groupe rock Einstiizende Neubauten; il avait si gué la musique de Head-On et le travail s'est fait en partie à 1s tanbul.Hacke a connu là une véritable rédemption et ne rêvait que d'une chose: y re tourner pour dévoiler, à travers les sons, l’àme de tout un peuple.Fatih Akin s’est fait une joie de l’accompagner à la caméra dims ce périple des styles musicaux les plus contrastés, le compositeur reconnaissant toutefois, à la tin du voyage, n'avoir qu’effleure cette richesse.Avec bagages, micros et ordinateurs.Hacke débarque au Grand Hôtel de Londres, le même où échouait le héros sur-volté de Head-On.ne perdant pas une minute pour aller à la rencontre des musiciens qui font la singularité du pays Et comme s’il voulait faire voler en éclats les préjuges de ceux qui ne s'apprêteraient qu’à entendre du folklore pour touristes facile ment dépayses, il se promène dans les lieux les plus surprenants, là où la musique turque se transforme et se réinvente.C’est ainsi qu’à travers une série de 15 vignettes, chacune composée d'un bref échange avec les artistes suivi d'une prestation parfois filmée dans son intégralité, Hacke nous fait connaître des interprètes de tous les âges, de toutes les origines (dont une superbe chanteuse d’origine kurde), épousant tous les styles musicaux, des plus traditionnels aux plus populaires.On découvre ainsi la ferveur de Brenna MacCrimmon, une chanteuse canadienne aujourd’hui entièrement dévouée à la redécouverte de chansons turques depuis longtemps oubliées.Aux côtés de groupes qui revendiquent des influences plus contemporaines, comme Baba Zula et ses sonorités psychédéliques.ou Siyasiyabend.des musiciens de la rue qui se font un point d’honneur d’y rester, la tradition n'est jamais laissée de côté.Voulant prouver que la Turquie est bel et bien ce carrefour d’in-tluences, ce lieu de tous les métissages, Hacke va aussi à la rencontre d'artistes dont les audaces — ou le caractère kitsch — trouvent d’étranges résonances dans nos oreilles.On fait la connaissance d'un Elvis Presley arabe.Orhan Gencebay, star du cinéma et de la chanson turcs depuis les années t>0.et celle de Mercan Dede.un musicien qui ne craint pas de mélanger «dance music» et airs traditionnels soufis.De quoi donner le tournis aux derviches tourneurs! Le survol est forcement superficiel.k' propos Allant parfois à l'essentiel (sur ki difficulté du peuple kurde à se faire entendre en Tur-quie) ou tombant dans ki banalité touristique (sur les échangés inter-culturels évoqués en des tenues qui nous donnent l’impression qu’il s'agit de Montréal et non dTslan bul.).Avec la mémo fébrilité qiii caractérisé ses fihns de fiction.Fatih .Akin cherche hii aussi à réconcilier cette part de luFméme.cette Pour Hacke, la Turquie est bel et bien ce carrefour d’influences, ce lieu de tous les métissages SOURCE MONGREL MEDIA Hacke nous fait connaître des interprètes de tous tes âges, de toutes tes origines i ¦ Turquie tantasmee et Dintaine.presentee ki dans ses atours musicaux les plus séduisants.Et les plus décoiffants.Collaborateur du Devoir le scenario est magnifiquement écrit.observations très fines sur les relations humaines.Un petit bijou de fdm.C ent ta» ir wMa « twnt AARON ECKHAV HClENA PCNHAM CARTtR CONVERSATIONS WITH OTHER WOMEN •YMFXM '*SrU*V'VV» r VAA.S Av'rf Vi* N • ’SfSfSTN- JN r€ VALÉWC MfNrrn?OMifo AURÉLIA PETIT, MAUK ZIC* « MSA MAKER a (S' •S.aiMLM x» «\8« j «-sw.VTft.• UA*RèpM.« Ht» £5 9.\ L’AFFICHE ^.¦BShqSm, CESAR 2006 lï AC! N A N T V • Mill t ! I U I A C I R I c E NATHALIE BAYE ?Journal d* Montréal Tha ftaxott* - La Davotr «Nathalie Baye au sommet de son art!» Mtchal Tliaman.Jourail da Mnntraal «Un film magnifique ! .Des personnages d'une beauté, d'une profondeur et d'une intelligence remarquable.Nathalie Baye est exceptionnelle!» Martin Stkxtoau.Pom la sait* tes chotcs «Un vibrant portrait de femme.Nathalie Baye offre une prestation remarquable!» K.-A.Umm.La Ptmh «Excellent! Fascinant!» «tort SWMnr Mimv NATHALIE BAYE JALIL LESPERT le petit lieutenant UN FILM DE XAVIER BEAUVOIS I.3 jJB FÏTÊSttLF»' Présentanent à l’affiche ! m- m S * ».* * 'I
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