Le devoir, 5 août 2006, Cahier B
HISTOIRE RDC Les électeurs attendent impatiemment les résultats Page B 3 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DI M A X C H E A O T T 2 0 O ti 1962: la mort de Marilyn Monroe Page B 6 * PERSPECTIVES Le Canada, Israël et les terroristes L’attitude d’Ottawa dans le conflit au Proche-Orient est conforme à la position suivie ces dernières années P®*î*V / Ha CWf-t ' * 7 H ' 1 ¦, ' % SHANNON STAPLKTON Kl I IKKS Un éclat de couleur dans la grisaille des décombres de Bent Jba'il, au sud du IJban.Four Ottawa, l'analyse du conflit actuel est claire: Israël a le droit de se défendre contre un groupe terroriste qualifié de «cancer».Depuis que Stephen Harper a qualifié de «mesurée» la riposte d’Israël au Liban et que son gouvernement défend sans condition les actions de l’Etat hébreu, plusieurs voix mettent en garde le Canada contre le risque de perte d’influence au Proche-Orient.Mais quelle influence la puissance intermédiaire qu’est le Canada exerce-t-elle réellement?HÉLÈNE BIZZETTI Ottawa —Avril 2000.Jean Chrétien entreprend un voyage de 12 jours au Moyen-Orient que presque tous les observateurs qualifieront de désastreux.Il trébuche sur la déclaration unilatérale d’indépendance de la Palestine et la propriété de la mer de Galilée et froisse les arabes en ne se rendant pas à Jérusalem-Est.Sa réponse restera longtemps le symbole de ce voyage raté: «Je ne sais pas actuellement si je suis dans l'ouest, le sud, le nord ou l'est de Jérusalem.» Certains se gaussent en y voyant la preuve que le Canada peut dire ou faire tout ce qu'il veut à propos de cette région, personne n’écoute.C’est exactement le contraire qu’on entend aujourd’hui.Les cercles diplomatiques, très sensibles à tout changement subtil de rhétorique, ont réagi vivement aux propos de Stephen Harper et de son ministre des Affaires étrangères.Comme le révélait Le Devoir jeudi, les ambassadeurs des 16 pays arabes représentés à Ottawa ont rencontré Peter MacKay pour lui faire part de leurs préoccupations.«Tout le monde a dit que la position canadienne devait être plus équilibrée pour que le Canada puisse être entendu dans la région et que les initiatives canadiennes, que ce soit sur le plan politique ou humanitaire, puissent être crédibles», explique Amin Abou-Hassira, le délégué général de l’Autorité palestinienne à Ottawa, qui a participé à la rencontre d’une durée d’une heure.M.Abou-Hassira estime que le Canada représente, au Moyen-Orient, un modèle positif.«Il a un rôle de pacificateur.On a cette image d’un pays qui appuie le juste milieu, un pays qui appuie les efforts de démocratisation des sociétés moyen-orientales.» Les trois partis d’opposition fédéraux ont enfoncé le même clou depuis le début des hostilités au Liban, reprochant au gouvernement conservateur d’entacher l’image canadienne.Mais le rôle canadien se résumerait-il à cela, une image?Des retombées réelles Dans la foulée des accords de paix d'Oslo entre Israël et la Palestine, une série de tables de discussion avaient été établies et le Canada s'était vu confier la présidence de celle consacrée aux réfugiés palestiniens: Marie-Joëlle Zahar, professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal, y voit les retombées payantes de la position mesurée du Canada.«C’était particulièrement ardu parce que la question des réfugiés est la plus âprement disputée, rappelle-t-elle.Le Canada jouissait d’un capital de confiance tant du côté d'Israël, à cause de sa défense du droit à la survie et à la sécurité [de ce pays], que du côté palestinien parce que le Canada a toujours exprimé son soutien pour les résolutions de l’ONU [en faveur d'un Etat palestinien!.» La position canadienne dans le conflit israélo-palestinien n’a pas officiellement été modifiée sous Stephen Harper.Le Canada se dit toujours en faveur du droit de l'Etat d'Israël à exister et à «assurer sa propre sécurité et [à] prendre des actions mesurées, conformément au droit international, y compris les droits humains et le droit international humanitaire, pour protéger ses citoyens contre les attentats menés par des groupes terroristes».De plus, si le pays soutient la création d'un Etat palestinien, il condamne la violence comme outil politique et considère le Hamas et le Hezbollah, notamment comme des organisations terroristes.La position du Canada a commencé à changer bien avant l'arrivée des conservateurs au pouvoir à Ottawa.Depuis 2003.le Canada a commencé à modifier ses votes à l’ONU sur toutes les résolutions touchant en particulier le conflit israelo-palestinien.Il a voté non a certaines resolutions condamnant Israël.alors qu’il s'abstenait auparavant.Et sur d'autres resolutions portant sur le processus de paix, il est passé du soutien à l’abstention.En 2005, le site Internet du ministère expliquait la chose ainsi: «Le Canada est depuis longtemps préoccupé par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies, qui devraient favoriser le dialogue et la confiance entre les parties.Il a donc révisé tous ses votes sur les résolutions concernant le Moyen-Orient et décidé de réserver son adhésion aux résolutions pondérées, pragmatiques et assorties de mécanismes de suivi par rapport à des repères précis.» Pour la professeure Zahar, il est clair que ce sont les attentats de 2001 aux Etats-Unis qui ont le plus contribué à modeler le prisme a travers lequel sont désormais envisagés les conflits au Proche-Orient •Hy a eu un raidissement des positions», croit-elle, aux Etats-Unis, mais aussi dans le Canada de Jean Chrétien et Paul Martin.Le gouvernement conservateur ne fait que s’engager davantage dans cette voie.«Avant, c’était plus complexe, continue-t-elle.Aujourd’hui, avec Stephen Harper et le Parti conservateur, c'est devenu une simple question de lutte contre le terrorisme.Tous les coups sont donc permis car c’est une question de survie.» le ministre MacKay a fait une démonstration brillante de cette nouvelle vision cette semaine, devant le comité parlementaire des Affain-s étrangères, réuni exceptionnellement en plein été pour faire le point sur la situation au IJban.!/• ministre a enfoncé le clou en affirmant le droit d’Israël de se défendre contre un groupe terroriste qu’il a qualifié de «cancer».Aucune condamnation des excès israélien, si ce n’est Li suggestion qu'une «prudence extrrme» était de mise.Mme Zahar concede volontiers que le Hezbollah terrorise les populations civiles et que cela est inac ceptable.«Mais réduire le Hezbollah à sa dimension terroriste, c'est ne pC a connu, entre l(.)t)(i et 2002, une gneifrè civile meurtrière qui a.directement ou indirectement.fait près de quatre millions de morls et exacerbé les rivalités inter-ethniques, les sentiments haineux ont de surcroît été alimentés par les alliances conclues avec certaines factions par des jxiys voisins* qui sont intervenus militairement.* « Quoique aucune statistique officielle n'ait encore 18-* tré a ce chapitre, le taux de participation au smittb semble élevé, suit dans les provinces centrales du KL?-* sai (K cidental et du Kasai oriental.Certains éleoteurti semblent avoir suivi le mot d'ordre invitant à l'absteW-i tion d'Etienne Tshisekedi, un veteran de la politique) congolaise.L'attitude de ce dernier jxmrrait être détèr! minante dans l'éventualité d'un second tour., \ Malgré tout, la vie continue à Kinshasa.«FoUï preuve, P augmentation du pnx de l’essence a la pompé* qui ramené tout le monde à la dure réalité sociale», no tait hier en une le quotidien Is Potentiel.Ce reportaffe a été rendu /utssible grâce à Faille financière île In Table de coneertatinn sur les Crands Tin s, une coalition d’OMi canadiennes œuvrant an Conga.Cuba: Washington attend son heure LAURENT MAI RIAC New York— Les neuf présidents américains confrontés à Fidel Castro ont fini par se faire une raison.B n'est pas question de forcer son départ, la solution sera «biologique».Autrement dit.elle passera par sa mort.Pourtant, qlors que celle-ci se profile, les Etats-Unis restent prudents.George Bush a attendu jeudi pour publier un premier communique assurant le peuple cubain de son soutien et l'appelant à «œuvrer à un changement démocratique».Le président se contente de cette mise en garde: •Nous noterons ceux, au sein du régime cubain actuel, qui font obstruction à votre désir d'un Cuba libre.» Mardi, le secrétaire au Commerce, Carlos Gutierrez (qui a emigre de Cuba en 1960) avait déjà déclaré que c'était aux Cubains et non aux Etats-Unis de conduire les changements sur Ule.Washington rejoint ainsi la position de la Fondation nationale cu-bano-américaine, principale organisation baser a Miami, représentant les Cubains exiles aux Etats-Unis, très marquee à droite.-Le changement n’est pas l’affaire du gouvernement américain, explique Alfredo Mesa, son porte-parole.Nous sommes persuades qu d Cuba des gens au plus haut niveau veulent redonner la souveraineté au peuple.Les États-Unis et d’autres pays seront là pour les aider à mener une transition pacifique * .Ancien analyste à la CLA sur Pas question d’agir avant la mort biologique de Fidel Castro Cuba et auteur d'un livre intitulé Après Fidel.Brian Latell estime que «la meilleure politique est d’attendre, de regarder et d’espérer de nouvelles occasions».Devant trop d'incertitudes, «une nouvelle stratégie est prématurée», mais il cite parmi les scénarios possibles la consolidation du gouvernement de Raul et sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis: «Si Raul Castro propose de manière sincère et constructive une coopération dans des secteurs critiques comme la lutte antiterroriste, la politique américaine pourrait évoluer-, estime-t-il.Cette politique est aujourd'hui fixée par une commission intergouvemementale mise en place par Bush en 2003 pour favoriser une transition démocratique.Cette Commission pour l'aide a un Cuba libre a rendu son deuxieme rapport le 10 juillet: Washington s’appuie sur la préparation des changements et le maintien de l'embargo tant qu'ils n'auront pas lieu.EDe prévoit notamment le versement de 80 milBons de dollars en 2007 et 2008 pour «fournir des informations non censurées» grâce aux médias audiovisuels et a Internet et «renforcer les mouvements démocratiques».L'embargo vise, hu.a maintenir «la pression économique» car, selon Bush, «sans réforme politique et economique, le commerce avec Cuba ne fera qu enrichir Fidel Castro et ses anus».Cette pofi-tique de soutien politique discret et de fermete commerciale découlé des deboires rencontres lors des tentatives de renversement du ré- gime cubain, notamment l’échec de l'invasion de la,baie des Cochons en 1961.les Etats-Unis craignent aussi qu’un soulèvement dans Hie entraine une vague de réfugiés sur les côtes de Floride.Enfin, ils souhaitent être a l'unisson de la communauté cubaine de Miami, électoralement précieuse, dont plus des deux tiers soutiennent l'embargo.«Le fait qu un autocrate transmette le pouvoir a son frère ne marque pas la fin de l’autocratie», résumait récemment la Maison-Blanche.Pourtant, plusieurs vont réclament un infléchissement de cette politique.Le sénateur Dodd (démocrate) du Connecticut a appelé le gouvernement a s'activer pour «préparer ce qui peut être fait, plutiit que de regarder les choses se pnxiuire d'eUes-mêmes» Jeff Flake, un repré sentant républicain de (’Arizona, a renouvelé son appel a un allégement de l'embargo et des restrictions sur les voyages a Cuba «Nous sommes plus distants que famais des Cubains qui pourraient poursuivre les changements que nous voudrions voir», constate-t-il •Le président pense que tout le monde a été pris par surprise et que nous devons attendre», a indiqué Robert Bennett un sénateur républicain de rUtah au sortir, mardi, d'une entrevue avec Bush.»Je pense qu’aucun d’entre nous n avait la moindre idée de ce qui allait se passer » Un constat qui pourrait inspirer au moins un changement politique: des efforts pour améliorer le renseignement sur un territoire situe a moins de 200 km des côtes américaines Libération soyez À L’ECOLE D’ETE de l’inm DU 16 AU 20 AOÛT À MONTRÉAL, À L'UQAM POUR COMPRENDRE LA CRISE AU MOYEN-ORIENT Avec des intellectuels venus de Palestine et d'Israël POUR ENTENDRE: LE PREMIER DISCOURS D’ANDRÉ BOISCLAIR APRES L’ÉLECTION DU 14 AOÛT LA PREMIÈRE CONFÉRENCE D’ANDRÉE RUFF0 DEPUIS SA DÉMISSION SON EXCELLENCE jEAN-DANIEL LAFOND DÉFENDRE son film LA LIBERTÉ EN COLERE LE GÉNÉTICIEN AXEL KAHN ET UNE CENTAINE D’AUTRES CONFÉRENCIERS.PARTICIPER AU DIALOGUE ENTRE LES GÉNÉRATIONS RÉDIGER UN MANIFESTE SUR L’AVENIR DU QUÉBEC Toujours te temps de s’inscrire! www.inm.qc.ca 514.9)4,5999 CONFERENCES, SÉMINAIRES, ATELIERS, CINÉ-DÉBATS DE L’ONF, un abomnmmî a LEDEV0IR.COM POUR LES 1S-)0 ANS l’Itinéraire jeune POUR LES PLUS DE )0 ANS l’Itinéraire grand public Une activité de l’Institut du Nouveau Monde UQÀM LEIIBIHR Ai1 RONA ¦ Desjardins tçeoi£% degM "(SSecSS LE I) E V 0 I K .LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 AOÛT 2 0 0 6 H I EDITORIAL Josée Hot leu u Intraduisible La cause du français au Québec a refait surface ces derniers jours à la faveur d’une curieuse conjonction: le décès de Jean-Paul Desbiens et la tenue des Outgames à Montréal.Les réactions ont été nombreuses: parlons-nous mieux français qu’il y a 40 ans?le parlons-nous tout court?Le débat actuel est-il le signe d’un réveil ou le constat d’un déclin?1 y a belle lurette que la question de la langue n’avait suscité autant de courrier dans les médias, un phénomène d’autant plus remarquable qu’il survient dans la langueur de l’été et au milieu de la fureur de l’actualité internationale.La mort du frère Untel aurait pu être l’occasion d’un simple salut à un homme du passé, elle a au contraire redonné une nouvelle jeunesse à certains de ses écrits.Or, dans la même semaine s’ouvraient les Outgames, une ap-pHlation semble-t-il aussi peu traduisible en français que la flopée de marques de commerce et de noms d’établissement anglais qui tissent l’univers de la consommation au Québec, et que plus personne ne remarque.On a toutefois rapidement constaté que ce nom de Outgames ne tenait pas qu’à un plaisant jeu de mots intraduisible, mais relevait plutôt d’une franche indifférence et d’un laxisme certain.Comment expliquer autrement l’omniprésence de l’anglais entourant la cérémonie d’ouverture des jeux la fin de semaine dernière, tant lors de sa préparation que lors de sa présentation?Même les pancartes identifiant les délégations ne s’affichaient qu’en anglais.Li cérémonie de clôture, ce soir, aura-t-elle corrigé le tir?l^i seule présence, plus forte, d’artistes francophones permet de l’espérer, mais le malaise reste.L’utilisation de l’anglais n’a-t-elle pas, au cours de ces jeux, été expliquée par un souci d’efficacité?La fierté d’être soi gobée par la pseudo-compréhension universelle.comme il y a 40 ans.Mais de quelle fierté s’agit-il, pouvait-on aussi se demander en relisant Jean-Paul Desbiens, quand ce dernier pourfendait le jouai.On ne refera pas ici le débat des Belles-Sœurs, celui des classes sociales et des niveaux de langue.On peut reconnaître la langue populaire, la mettre en scène, en jouer.Mais s’y complaire?C’était ce reproche que le frère Untel faisait à sa société, et c’est ce qui n’a pas changé.Au contraire, le respect et la connaissance de l’armature de la langue vont déclinant, comme le constatent les professeurs d’expérience.Mais quelle importance, ce français massacré: «Mes chums, euzôtres,y m’comprennent!», pour reprendre l’anecdote racontée cette semaine par l’une de nos lectrices, enseignante.Évidemment, le nouveau jargon utilisé par les jeunes pour cla-varder accentue ce phénomène: on écrit au son, les mots sont ramenés cà une lettre ou deux — souvent sur la base de leur version anglaise —, la ponctuation n’existe plus, encore moins les phrases complètes.Et surtout, surtout, on ne se relit jamais! Ce qui est inquiétant, ce n’est pas cette nouvelle forme d’expression en soi, c’est qu'il s’agit de la seule forme d’écriture que les jeunes pratiquent en dehors de la sphère scolaire.Or ces écrits syncopés, tronqués, sont en complète rupture avec le dur et long apprentissage du français à l’école.Il ne reste plus dès lors à celle-ci qu’à s'ajuster, de peur de voir quasiment des classes entières échouer.Et puis on cible l’école, alors que tout le monde a baissé les bras.La mairesse de Québec, Andrée Boucher, a de nouveau frappé les esprits cette semaine en disant souhaiter imposer des examens de français aux futurs policiers et fonctionnaires de sa ville.«CY serait normal qu'on puisse me rédiger un message sans fautes!», a expliqué la mairesse, qui ciblait en particulier son service des.communications! Ah, madame Boucher et son obsession des fautes, ont dù de nouveau soupirer, sans sympathie aucune, ceux qui ont déjà travaille avec elle.le fait quelle renvoie à leur auteur des textes où les fautes d’orthographe étaient soulignées fut même déjà décrit comme l’une des caractéristiques de son style de gestion autoritaire! Hélas, si les erreurs de calcul sont des marques d'incompétence dans le milieu professionnel, ce n’est pas le cas des fautes de français, même pour ceux dont le travail implique de rédiger des notes ou des rapports.Quel incitatif les jeunes, dès lors, ont-ils pour se corriger, puisque les employeurs font connue l’école: ils ferment les yeux, Et dans ces mailles trop lâches, l'anglais, si facile a apprendre, si amusant à parler, si efficace pour communiquer, continue de s'infiltrer.Alors on manque de vocabulaire pour traduire Outgames et on manque même de mots pour s’en indigner.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRE S Harper : homme politique ou homme d’affaires?Le point de vue qu’on adopte détermine en partie l'opinion qu’on se fait.Si on considère Stephen Harper comme un politicien ordinaire issu de la tradition canadienne, on comprend mal son parcours depuis son élection.Par contre, si à l’homme politique on substitue l'homme d’affaires ayant reçu une formation en économie et ayant travaille au sein de l’industrie pétrolière, l’attitude de M.Harper s’éclaire.Les gestes d'une portée néfaste pour l’environnement mais profitables aux grandes pétrolières; l’accord sur le bois d’œuvre dont les Canadiens feront les frais; l’alignement sur la politique étrangère de l’administration Bush, dont le soutien récent et sans nuances à la nation d'Israël, touets ces politiques se comprennent mieux si on les considère comme les gestes d’un administrateur œuvrant indirectement au bénéfice de son industrie.Il se produit au gouvernement canadien le même phénomène que dans l'administration américaine.Des gens issus du milieu des affaires font une entrée en politique le temps de promouvoir les intérêts de leur industrie, modifiant les lois et règlements du pays, accordant subventions et contrats, pour ensuite regagner les conseils d’administration où ils toucheront leur part des bénéfices découlant de leurs interventions.Autrement dit, les gens qui se trouvent maintenant à la tête de nos pays avancés les utilisent comme des instruments voués à leurs intérêts.Consultez le c.v.de M.Harper et de ses collègues, de M.Bush et des membres de son administration, vous constaterez que tous proviennent de compagnies et d’industries tirant profit des conjonctures créées par les interventions de leur gouvernement; l’exploitation pétrolière en Alberta chez nous, la reconstruction en Irak pour les Etats-Unis.etc.Nos pays ont ainsi perdu un peu de leur esprit démocratique.Et les grandes corporations englobent désormais des nations entières comme hier elles englobaient les régions.Une contestation légale de cet état de fait est-elle possible?Richard Turcotte Québec, le 4 août 2006 L’aéroport de Montréal soutient la comparaison Alors que je lisais votre reportage sur Dor-val en attendant mon vol pour Londres, j'ai été frappé par le négativisme de l’article.j'utilise l’aéroport entre 35 et 40 fois par an depuis 1997 et je trouve qu'il supporte très bien la comparaison avec les aéroports de villes de la même grandeur que Montréal.Il y a certainement un décalage si vous le comparer à celui de Hong-Kong ou d’Osaka (Kansai), mais force est d’admettre que Montréal n'est ni Hong-Kong ni Osaka (au grand dam des nostalgiques des années 70, le monde a changé).Voici quelques points résumant mon expérience.Les nouvelles ailes américaine et internationale disposent d'un plafond plus bas qu’à Toronto (aérogare 1), mais la lumière y est équivalente.Les salons d’affaire qu'on y trouve sont parmi ce que j’ai vu de mieux au monde — prendre son café au coin du feu le matin dans le salon d’Air Canada qui donne sur les avions, surtout en hiver, met du baume au cœur quand on doit s’envoler encore une fois.Concernant le grand hall critiqué dans l'article, je ne crois pas y avoir passé plus de 10 minutes en neuf ans de voyage intensifs.Pour ce qui est des commerces, la même critique vaut pour tous les aéroports: ils sont tous devenus des mini centres d’achats.Pour ce qui est du temps de sortie, il est vrai, il y a une bonne marche des portes 85 et 61, mais je suis sorti en huit à neuf minutes en moyenne, douanes comprises mais sans avoir à récupérer de bagage de soute.Notez que CANPASS, offert pour 50 $, vous permet de passer la douane en environ une minute.Pour aller de l’aéroport au centre-ville en empruntant la 20, en neuf ans, mon record est de 1 heure 15 minutes.Mais je mets en moyenne 20 à 25 minutes de chez moi (Outremont) à l’aéroport en prenant la «route des taxis» qui passe par Ville Mont-Royal, et ce, quelle que soit l’heure.Jamais je n’ai mis plus de 45 minutes pour rentrer à la maison (critère très important lorsqu’on sort de 25 heures de vol), alors que mes amis de Tokyo, qui vivent au nord-ouest de la ville, doivent se taper trois heures de route au retour de Narita.Quant à la «psychologie» de l’aéroport, c’est sûrement la critique la plus drôle de l’article.Envoyez donc votre «psy» visiter Londres Heathrow (où vous pouvez presque toucher les plafonds), JFK, ou changer de terminal à Francfort, au Caire, etc.Un aéroport n’est rien de plus qu’une gare d’autobus sophistiquée.Lorsque vous prenez l'avion 40 fois par an, ça n’a plus rien de romantique.Ce qui compte, c’est le coté pratique.A ce titre, j’aimerais évoquer le design de l'aéroport de Kansas City (MCI): il date des années 70, est un peu laid et se compose de trois boucles donnant directement accès à chaque porte de la rampe de débarquement.Il ne s'écoule jamais plus de 10 minutes entre le moment où je quitte la porte et celui où je prends un taxi: la distance à franchir est d’environ 150 pieds, check-in et sécurité compris.Il n’y a rien de comparable dans les quelque 70 aéroports que j'ai visités à ce jour.Cela me permet d’étirer mes rencontres au maximum.La sortie ne me prends jamais plus de deux minutes.Lorsqu’on passe 20 minutes dans un aéroport avant le départ d’un vol et deux minutes à l'arrivée, on se fout un peu que les murs et les tapis soient bruns.Matthieu Lachance Outremont, le 3 août 2006 R E V T E I) E P R E S S E -+- Les suites dune crise M a n o n r n e 11 i e / La crise au Moyen-Orient continue de taire les manchettes.Comment peut il en être autrement alors que les frappes continuent de part et d’autre, que les morts inutiles se multiplient et que les discussions diplomatiques n’aboutissent toujours jîas?Au Canada anglais, le soutien à Israël ne se dement pas.même s’il y a de plus en plus de bémols.Personne ne nie à Israël le droit de se défendre, mais le choix des moyens soulève un nombre croissant de questions assorties d'appels au cessez-leteu.Pour le gouvernement Harper, cela ne présage rien de bon, comme le lui a appris un sondage paru cette semaine.Maigre tout, Stephen Harper persiste et signe, lawrence Martin, du Globe and Mail, voit pourtant dans le dossier du Liban un cas où la determination et la rapidité d’action du premier ministre jouent contre lui.Après les hesitations du gouvernement Martin, le ton décide de Harper lui a valu bon ne presse durant les premiers mois de son gouvernement.¦Mais un caractère décide peut nuire tout autant que l'hésitation», écrit Martin en évoquant le cas du Moyen-Orient.«.4r*v seulement toi peu de circonspection, (Harper) aurait pu éviter ses pn>blèmes tout en appuyant avec finer Israël.» Martin relève en parfr culier le commentaire «peu tudicieux» de Harper se Ion lequel la réponse israélienne était «mtsuree» 11 hii aurait suffi pm la suite de reculer un peu pour limiter les dégâts m.us il ne l’a l'as fait.Martin souligne que Harper et son ministre lYter Mae Kay sont des debutants sur la scène internationale Or.la tradition canadienne de •mcdcmtùm multilatérale et non de neutralité» n’est pas une chose avec laqueUe les •premiers venus» peuvent chipoter, «les recrues ont tait un pas de trop», en se rangeant dans le camp de la polarisation des Bush et Cheney.Selon le chroniqueur, les conservateurs en paient maintenant le prix.Cette crise a fait naître une autre controverse, celle-là autour de la citoyenneté canadienne.Plusieurs commentateurs ont remis en question le fait que le gouvernement canadien se lance à la rescousse de gens ayant la double citoyenneté canadienne et libanaise et qui vivent maintenant en permanence au liban.À leurs yeux, ces gens en sont venus à traiter Unir citoyenneté canadienne comme une «citizenship of convenience», une simple commodité.Paul Stanway, du Edmonton Sun.a lui-même la double citoyenneté.11 avoue qu’il n’a jamais le problème mais les événements des dernières semaines lui ont montré que cela peut en devenir un pour le pays d’adoption.11 se demande quelle est la responsabilité d’Ottawa à l’egard de ces citoyens expatriés.A son avis, le gouvernement Harper n’avait pas d’autre choix moral ou pratique que d’aider tous les Canadiens désireux d’evacuer le liban.Stanway n’en croit pis moins qu’il serait raisonnable de limiter cette responsabilité.Cette decision ne peut cependant être prise au beau milieu d'une crise, dit-il.Elle doit être débattue à tète reposée et.une lois it's limites adoptees, U revient au gouvernement de s’assurer qu elles sont bien comprises par les Canadiens qui choisissent de vivre à l'etranger Pendant ce temps.Cette chronique depend en grande partie du travail des multiples chroniqueurs du Canada anglais, le depart d’un d’entre eux.surtout sil est le phis ex pertinente, laisse inévitablement un vxk\ C’est ce qui s'est produit cette semaine avec le départ du vétéran de la colline parlementaire: Douglas Fisher, chroniqueur de la chaîne Sun Media.Discret comme toujours, il a choisi un torride dimanche estival pour publier sa chronique d'adieu et dresser un bilan des 45 années qu'il a passées à observer la scène politique fédérale.Simple soldat durant la Seconde Guerre mondiale, ancien député néo-démocrate, Fisher a commencé sa carrière de «columnist» en 1961 alors qu'il était encore députe.Il raconte qu'il avait besoin de ce revenu supplémentaire pour eponger ses dettes et payer ses énormes dépenses de depute.D a pris goût à la plume et est devenu chroniqueur à temps plein dès 1965.Il avoue qu'il a exercé son metier avec la mentalité d'un depute d'opposition, pas nécessairement neœdemocrate cependant.Fisher s'est toujours inquiété de l'arrogance du gouvernement, du contrôle excessif qu’il exerce sur k- Parlement et de la faiblesse de l’opposition.D part en constatant que.depuis son arrivée au parlement sous John Diefenbaker, le gouvernement est devenu plus énonne, que le bureau du premier ministre est encore phis omnipresent et puissant, que les chefs et surtout le premier ministre accaparent toute l’attention et que la Chambre des communes est devenue insignifiante Les deputes ne sont pas nxnns competents, ecrit-ü.Ils ont au contraire un meilleur niveau et offrent davantage de services que par le passe, mais leur rôle s’est paradoxalement amenuise sous l’effet d’une discipline de parti excessive et du contrôle étouffant exerce par des cadres toujours phis nombreux dims les bureaux des chefs.Diefenbaker et Lester B.Pearson passaient beaucoup de temps aux Communes, raconte-t-il.Ils étaient presents quand des projets de loi de premier plan étaient débattus.Pierre Trudeau voyait les choses autrement, disant franchement qu’il s’ennuyait et perdait son temps en Chambre.Ses ministres ont suivi son exemple.Les séances ont été écourtées, la camaraderie s’est évanouie.Aujourd’hui.peu de gens écoutent les débats.Les médias en parient rarement, préférant se concentrer «sur la mêlée théâtrale, parfois grotesque, de la période des questions».L’influence des ministres a décliné.Le gouvernement est le gouvernement du premier mi-nistre.avec ses centaines d’employés.Fisher se defend d’ètre nostalgique et amer.Il note que les gouvernements qui se sont succèdes depuis 1957 ont fait preuve d’imagination, d’audace et d’initiative, Si les Communes ne comptent plus quand vient le temps de débattre d’enjeux importants, d’autres forums ont vu le jour dans la société civile et aux niveaux provincial et municipal.Regardant vers l’avenir, Fisher se permet quelques predictions.Selon lui.le Québec ne quittera pas la fédération, même s’il a cru que ça y était il y a dix ans.D constate un lent déclin de la francophonie canadienne — sur le plan de la démographie, de l’immigration et du choix linguistique — e| une montée en puissance de l’Ouest canadien.A son avis, les Canadiens doivent contenir l’anti-americanisme croissant car il risque de faire naitre une hostilité nouvelle entre les deux partenaires.A 86 ans.il dit partir avec un regard tout aussi positif que celui qu’il avait au retour de la guerre.«Ce siècle offre autant d'occasions qu en offraient, au siècle dernier, l'ouverture de l'Ouest et la promesse dune meilleure société.À la condition cependant de soigner judicieusement notre régime politique», conclut-il.mcomellieràledevoir.com La presse du Canada LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A N C H E 6 A O Ü T 2 O O t> b r> DEES Crise au Proche-Orient Le Canada et la guerre Israël-Liban : rupture ou continuité ?HOUCHANG HASSAN -YARI Professeur et directeur, département de science politique et d'économique.Collège militaire royal du Canada Dernier de deux textes e texte cherche à comprendre la prise de position de l’actuel gouvernement canadien dans cette guerre en la comparant à la politique traditionnelle du pays.D ne se veut donc pas un plaidoyer en faveur des deux parties dans un conflit dont les actes sont condamnables.Dans le présent climat surchauffé, cette précision me semble nécessaire.La réflexion à laquelle donne lieu la politique du Canada est suscitée par la déclaration du premier ministre Harper, qui a qualifié de ’mesurée» la réaction d’Israël à l’enlèvement de deux de ses soldats par le Hezbollah.L’acte du Hezbollah est condamnable quelles que soient les raisons invoquées par ce groupe, soit faire libérer quelques centaines de Libanais emprisonnés en Israël, et mettre fin à l'occupation des fermes Shebaa par l’État hébreu.Faits et méfaits Quel que soit le démenti sans équivoque que les réalités sur le terrain libanais apportent à la déclaration du premier ministre, les propos du ministre des Affaires étrangères Peter MacKay sont encore plus explicites et vont plus loin.Pour lui dans la crise actuelle, le choix est clair entre un gouvernement démocratiquement élu attaqué par des terroristes et un groupe de tueurs sans pitié.Examinons d'abord la question du principe de proportionnalité de la campagne militaire israélienne.Le premier ministre du Uban, dont le caractère démocratique est reconnu par le ministre MacKay, a présenté, le 3 août 2006, le bilan suivant de l’action «mesurée» d'Israël dans son pays: 900 morts, 3000 blessés, dont un tiers d'enfants, sans oublier la destruction de Imlra-| structure économique du Liban.Chacun a le droit de 5 " croire ses sources: l’ONU et le reste, du monde, qui dénoncent les excès israéliens, ou les États-Unis de George W.Bush, l'Angleterre de Tony Blair, l’Israël dTîhud Olmert, etc., qui ne représentent même pas l’ensemble de l'opinion publique de leur propre pays! Au-delà des considérations politiques et conjoncturelles, il existe des principes fondamentaux gouvernant la vie internationale qu’on ne saurait sacrifier.Il y a un droit de la guerre à respecter et des vies à épargner à tout prix.Israël et le Hezbollah violent ces normes.Le choix du ministre des Affaires étrangères est partiel, partial et très hâtif.Le tableau du Moyen-Orient se compose de plusieurs couches; il est complexe et ne peut se réduire à une lutte manichéenne rentre le bien et le mal.Rompant avec la diplomatie .canadienne, qui s’est traditionnellement montrée nuancée et imaginative, le ministre a repris mot pour mot la description que fait Israël du mouvement libanais : « Le Hezbollah est un cancer qui ronge le Liban en détruisant sa stabilité et sa démocratie.» Oi) peut et surtout on doit condamner la violence des États et des organisations qui opèrent en dehors du cadre étatique, mais dans le cas qui nous occupe, une évaluation plus précise de la place du Hezbollah dans la société libanaise s’impose.Ce groupe a fait élire des députés au parlement libanais à l’occasion d’élections démocratiques et compte des ministres au sein du gouvernement.Rappelons qu’un autre gouvernement démocratiquement élu, celui du Hamas dans les territoires palestiniens, fait l’objet d’attaques quotidiennes du TsahaL et ce dans l’indifférence quasi générale des États démocratiques.On peut choisir pour qui voter, mais on ne peut rejeter le résultat des élections.Politique du passé ¦ En réduisant l'actuelle guerre à un conflit entre 1s-I raël et le Hezbollah, le ministre MacKay voit dans le Liban une victime collatérale et confirme que la position de son gouvernement est «classique».Si, par ce terme, il entend la politique passée du Canada, un survol rapide de celle-ci est nécessaire en vue de mieux apprécier la position actuelle.Bien qu'il faille remonter relativement loin pour Lé RKITKRS Stephen Harper en compagnie d’évacués libanais lors de leur retour au Canada, le 21 juillet.Ire premier ministre avait autorisé l'utilisation d’un avion militaire canadien pour permettre l’évacuation de Canadiens d’origine libanaise.trouver une première présence canadienne dans la région du Proche-Orient et en Afrique du Nord, c’est la question juive, devenue le problème palestinien, qui a plongé le Canada dans la dynamique de la région.Si l'on fait abstraction du rôle central qu’a joue le représentant canadien, Ivan Cleveland Rand, au sein de la Commission spéciale des Nations unies sur la Palestine, lors de la création de l’État hébreu en Palestine en 1946, la politique du Canada vis-à-vis du conflit israélo-arabe a souvent visé un certain équilibre.S’intéressant peu à la politique extérieure, le premier ministre Mackenzie King et son secrétaire d’Etat aux Affaires extérieures, Louis Saint-Laurent, ont laisse* le dossier de la Palestine entre les mains de lester B.Pearson, sous-s^ crétaire d’Etat, et du juge Rand.Très proche de la cause sioniste dans le projet de partage de la Palestine, Pearson a donné le feu vert à Rand, qui est ainsi devenu l’un des architectes de la création du nouvel Etat, la crise de Suez en 1956 a fait de Pearson un homme d’Etat exceptionnel, au point de se voir décerner le prix Nobel de la paix (1957), après avoir proposé de créer une force des Nations unies pour le maintien de La paix.Le gouvernement de John Diefenbaker (1957-1963) annonce une pause dans les activités diplomatiques du Canada dans la région, quoique le premier ministre continue d’admirer Israël.Réélu cette fois comme premier ministre (1963-1968), Pearson reste fidèle à l’Etat d’Israël tout en se disant ouvert, insistant sur l’impartialité du Canada dans le conflit israélo-arabe.La guerre de juin 1967 remet en question la sécurité mondiale et réactive la politique du Canada qui joue un rôle dans la rédaction de la résolution 242 du Conseil de sécurité.Celle-ci voulait établir un équilibre dans le règlement du conflit en proposant la formule -‘terre contre paix».Dès 1967, la resolution 242 devient le fondement de la politique régionale du Canada.Pearson maintiendra cette position en dépit des gestes de l’opposition conservatrice de Diefenbaker en faveur de l’abandon de ce qu’il appelait la neutralité canadienne face aux Arabes déterminés à détruire La race juive.La real poli tik de Trudeau Larrivée de lierre Elliott Trudeau au pouvoir marque une étape importante dans la politique étrangère, qui doit désormais servir l’intérêt du Canada la «dépearsonisa-tion» de cette politique constitue une rupture nette avec la pratique du passé et le triomphe de la rralpolitik.S’intéressant plutôt aux rapports économiques avec les pays arabes.Trudeau donne l’appui du Canada aux résolutions 242 et 338.Tout en réitérant le droit d’Israël à vivre en pace, le Canada reconnaît -les droits etlesas- piratums légitimes des Palestiniens».Pierre Trudeau ne plie pas devant les pressions qu’exerce le premier ministre israélien Menachem Begin, lors de sa visite ofti-eielle à Ottawa, sur la question de L» reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.L’interrègne de Joe Chirk donne lieu à la controverse entourant le projet de transfert de l'ambassade canadienne de Tel-Aviv à Jérusalem.Après avoir cédé devant les pressions du lobby pro-transfert, le premier ministre Clark revient sur sa décision, qui allait à l'encontre de la lettre et l'esprit des résolutions 242 et 338, pierres angulaires de la politique canadienne d;ms le conflit opposant Israël et k*s Etats araires, et qui s’était attiré les foudres de pays comme les États-Unis, lesquels avaient déconseillé le déménagement Ire retour de Trudeau au pouvoir annonce une plus grande objectivité dans la politique canadienne.L’invasion du liban par Israël en 1982 provoque l’envoi de trois lettres par Trudeau à son homologue israélien, dans lesquelles il condamne Israel et souligne sa vive opposition à cette intervention.Il appel le du même souffle Israël à la modération.Les mandats du premier ministre Brian Mulroney marquent une distance par rapport à la politique du gouvernement précédent La position pro-israélienne du premier ministre contraste avec celle du secrétaire d’Etat aux Affaires extérieures, Joe Clark.Si Mulroney parle de retenue dans l’usage de la force ()ar l’armée israélienne contre les Palestiniens dans le contexte de l’Intifada en 1987, Clark dénonce la répression brutale des Palestiniens dans les territoires occupés.L’ait étonnant, le Canada de Mulroney-Clark reconnaîtra même l’OLP.De leur côté, les gouvernements de Jean Chrétien et Paul Martin mettent en œuvre une politique moyen-orientale très timide, axée sur les relations économiques.Ire duo Harper-MacKay se montre phis cohérent dans sa position proisraeBennc que les gouvernements précédents.Ire rapprochement avec Washington, ajHvs (les air nées assez difficiles sous les libéraux, ixmrrait constitué' un élément expliquant les propos de I larprr, qui ne sont pas sans rappeler les positions de Mulroney, hii aussi très proche d’un président américain proisraélien.Ce dont le Proche-Orient a besoin ces jours-ci, c’est un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à la folle tuerie à laquelle nous assistons aujourd’hui.Ire Canada doit l'âge d’or de sa diplomatie a l’imagination de ses dirigeants.1res dirigeants actuels du Canada sont-ils à l’hauteur des défis que le Proche Orient pose à la communauté internationale?CUBA Fidel Castro, le roi de l’intrigue VICTOR MOZO Traducteur et dissident cubain érité?Mensonge?Piège?Telles sont les questions que se posent les Cubains après l’annonce de la maladie de Castro, annonce pour ainsi dire réglée comme du papier à musique par Castro lui-même, ce héros de mille batailles qui n’a jamais subi une seule egratignure, si ce n'est dans son orgueil Fidel Castro a créé son propre mythe, et le reste du monde en a fait une icône.Tout a été organisé à un tel degré que lui-mème, soi-disant convalescent, dicte à ses acolytes quoi dire et quoi taire.Dans le pays où Castro se targue d’avoir les meilleurs médecins au monde, pas un seul chirurgien n’a commenté l’evenement Pas une première Il n’est pas exact de dire que c'est -la première fois que Fidel Castro délègue ses pouvoirs ainsi», pour citer la phrase du professeur Claude Morin — mon adversaire de toujours en matière de politique cubaine — citee dans l'article publié le jeudi 3 août dans Le Devoir sous le titre «Cuba cherche le frère de Castro».Déjà en 1972 cm 1973, pendant son parcours de plus d'un mois qui l'avait mené dans les pays de l’ancienne Europe de l'Est et en Afrique, Fidel avait délégué tous ses pouvoirs à son frere Raûl.D'ailleurs, dans la Constitution cubaine, on peut lire à l'article 94: -En cas d’absence, maladie ou mort du président du Conseil d’Etat, c’est le premier vice-président qui le remplace.» Donc, son frere Raul Castro.Il est à se demander ce que tout cela signifie.S’agirait-il de faire partir la machine a rumeurs?Fidel Castro a toujours été le roi de la comédie.Ce n’est pas pour rien que les Cubains l’appellent en maniéré de plaisanterie le -comédien en chef» au lieu de -commandant en chef».A l’heure qu’il est tout cela ressemble a une répétition générale que Castro dirige baguette à la main, comme il le fera jusqu'à son dernier soupir II ne serait pas étonnant qu'il réapparaisse et nous serve un autre de ses discours-fleuves lors du prochain sommet des pays non alignés qui aura lieu a La Havane.Tout est possible.Roi de l’intrigue, Castro a habitué son peuple, a travers toutes ces années de régné sans partage, a chercher a dégager l’inconnu Des absences Par contre, ce qui étonne au plus haut point c’est l’absence du nom de Ricardo Alarcôn dans la liste des gens choisis par Castro pour prendre les rênes du pays, du moins jusqu'à il y a quelques jours.Pourtant, Alarcôn est très proche de Castro.Existerait-il des rivalités entre l’ancienne et la nouvelle* garde?Prétendre le contraire serait irréaliste.Dans l’histoire des anciens pays communistes, ce ne sont pas les exemples qui manquent L’absence de Raül Castro obéit probablement à cette nécessité de s'envelopper du plus grand secret.Mais de toute façon, pour le peuple, qui garde tou jours le silence a portée des oreilles a l'affût de la moindre rumeur, celui-ci ne sera jamais l'homme de la situation.Raul est peut-être pragmatique, mais il ne sera jamais charismatique et il n’arrivera jamais a galvaniser les foules comme son frère.Les autres membres de l'entourage de Fidel n’y arriveront pas non phis.Fidel Castro a toujours su imposer son image et seulement son image Ire reste n'est qu’accessoire I) suffit de penser qu’aucun de ses commandants d** la premiere heure, Juan Almeida, Ramiro Valdés et Guillermo Garcia, n'a été vu depuis les derniers événements.même pas pour exprimer une quelconque solidarité avec leur frere d’armes, Raûl Castro.Secret d'Etat ou Hittres intestines a venir''1 Les dents de la Terre Le temps est venu d'assumer nos responsabilités en ce qui concerne les changements climatiques J EAN PHI 1.1 P PE P LE AH Sociologue et citoyen montréalais l.'fcQl IKE Ol DEVOn RÉDACTION Jounalwlw * ririormtinç 0nfrwtt « ¦*trnpoli«Mn>_ Onlil PtUfT •aéfo-mt im Ztrmnr dt ! mfrrmett— jowtn» Cwnwm;F»bw»i l**W Anttrrr ( houw'* ).*»* katrmi le '¦ .Ci fine Stmard [eetpami+Pl* tettue ê la flifat4le par iBtértm) Manon I Claudine Chearer Monique Pruleau thmæêe feu* ‘jeaU fha*e%>.fptiàe Tremblay Tarcon*.Fraa Br tan Myte«
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