Le devoir, 8 juin 2002, Cahier H
LE DEVOIR.LES SAMEDI S E T D I M A X (' Il E II J I I N 2 O O 2 LE DEVOIR i sur./es communications FOIN N T E R N ET FRANCOPHONE Jean-Claude Guédon Le président du comité de programmation de ISOC Francophonie 2002 avait un thème de travail: tlntemet pour tout le monde! Langues, cultures et citoyennetés».L'Internet Society doit s'ouvrir au monde.Bruno-Marie Béehard À l’échelle internationale, le réseau du sans-fil, le cellulaire, n’utilise qu’à 18 % sa bande passante.Page 5 I Français.qc.ca Quand la semaine prochaine les dirigeants de l’Internet Society (ISOC), un organisme international à but non lucratif basé à Washington, se déplaceront le 10 à Québec et le 12 à Montréal, ce ne sera pas pour faire du prosélytisme.•v S On se souvient de la bataille que des Québécois ont voulu mener, et que certains mènent encore: comment se faisait-il qu’il était impossible d’écrire en français sur la Toile, quand les accents d’une langue ne tiennent pas et que tout se transforme, comme si les langues n’avaient d’apparence que celle d’une typographie anglaise?D y avait pire encore, et les premiers internautes s’en souviennent faire une recherche de textes francophones apportait un piètre résultat et il fut longtemps nécessaire de connaître l’expression anglaise juste avant de pouvoir chercher quoi que ce soit.quitte à se retrouver en un endroit fort éloigné de celui visé à l’origine par la recherche.A de telles demandes, la réponse fut longtemps la même.D’une part, le pays au poids démographique le plus lourd, la France, avait à un moment fait le mauvais choix, développant une technologie unique, le Minitel, que nul autre pays n’adopta et, d’autre part, quand les Québécois réclamaient un statut propre, ils recevaient souvent en retour une avalanche statistique qui démontrait que sur le continent américain, le Québec, et sa portion francophone, traînaient de la patte.Ken à faire donc.Mais le vent tourne.La fréquentation par ces «autres» Nord-Américains est depuis 1999 en croissance constante, plus rapide qu’ailleurs; les sites deviennent abondants, les outils de recherche sont performants et, si les adresses des pages Web respectent toujours la convention internationale, à cela se limitent les concessions.Même, le Québec est à sa manière devenu un chef de file.% ' -P- ISOC Francophonie Quand la semaine prochaine les dirigeants de l’Internet Society (ISOC), un organisme international à but non lucratif basé à Washington, se déplaceront à Québec (le 10) et à Montréal (le 12), ce ne sera pas pour faire du prosélytisme, mais plutôt pour assister à l’ISOC Francophonie 2002.Sous un thème qui tient du slogan, «Internet pour tout le monde! Langues, cultures et citoyennetés», une lutte s’enclenche pour ouvrir et rendre disponible à toute la Francophonie le nouvel univers rendu accessible par les technologies de l’information et de la communication.Les congressistes réunis ont d’ailleurs une stratégie d’ouverture qui, non seulement accorde une place majeure à la Umgue de Molière, mais aussi ouvre sur tout un continent, l’Afrique, dont le développement — en éducation, en santé, en commerce — passe par le recours au virtuel.Les intervenants québécois de la rencontre déposeront des programmes capables d’assurer une pénétration réelle sur ce coin du monde où les internautes ont une présence dix fois inférieure à la moyenne planétaire.Il faut dire que les efforts passés, les initiatives québécoises portent maintenant fruit Ainsi, si depuis 1989 le RISQ, le Réseau d’information scientifique du Québec, existe, on ne découvre qu’aujour-dhui l’ampleur et la qualité du projet il donne localement accès, par le recours à une technologie de pointe, à une énorme «bibliothèque» au service de tout un réseau scolaire relié à grande vitesse, et offre aussi une solution de développement exemplaire, exportable en tout pays, qu’il soit même d’Europe ou d’Amérique.Autre point Comme s’il ne suffisait pas de réclamer un droit à une présence sur les sites du Web, ces francophones de l’Internet réclament plus encore.Le développement à l’américaine de l’Internet a souvent été évalué en termes de valeurs marchandes: il y avait d’une part en nombres chiffrés la fréquence des visites et, d’autre part — et là étaient les «vrais» chiffres — le volume publicitaire et celui des ventes réalisées.L’Internet, dans une telle optique, était d’abord et avant tout commercial.L’Internet ne semblait avoir d’autre rôle que d’être un «.com» modulé sur toutes les fréquences.Toutefois, à l’échelle internationale, le réseau du sans-fil, le cellulaire, n’utilise qu’à 18 % sa bande passante.Question donc à venir de la part de ces internautes publics: pourquoi ne pas utiliser ces 82 % disponibles, ce qui peut être fait à peu de frais, pour développer un réseau communautaire et, mieux encore, garantir le développement de tout un continent sans que, pour ce faire, l’Afrique n’ait recours à de lourds programmes d’infrastructures scolaires ou autres?S’il a toujours été dit que l’Internet était une technologie rêvée pour rendre accessibles au grand nombre les outils du savoir et équiper à peu de frais les communautés isolées, géographiquement ou économiquement, il semblerait que les rencontres de Québec et de Montréal non seulement en feront la preuve, mais traceront aussi les modèles d’un futur réseau de service et d’information.Comme quoi \e français.qc.ca est tout le contraire d’un «doLcom».Normand Thériault Accessibilité Page 3 Droits et juridiction Page 5 Présence francophone Femmes et réseaux Page 6 Situation Initiatives Page 4 NOTRE MISSION: LE TRANSPORT DU S@VOIR LE RÉSEAU DE LA RECHERCHE ET DE L'ÉDUCATION.L'EXCELLENCE EN MATIÈRE D'ARCHITECTURE IP, DE RÉSEAUX OPTIQUES ET DE SERVEURS D'INFORMATION.feiS! “VJssS * * y www.risq.qc.ca RÉSEAU D'INFORMATIONS SCIENTIFIQUES DU QUÉBEC LE DEVOIR.LES SAMEDI S ET DIMANCHE !> J I I N • INTERNET FRANOOP II ON î Accessibilité L’Internet Society doit s’ouvrir à toutes les cultures ISOC, à savoir l’Internet Society, est un organisme en refonte.La semaine prochaine, à Montréal et à Québec, les membres francophones demanderont à l’association, au départ américaine, de se donner un mandat qui soit vraiment international.MADELEINE LEBLANC Sous le thème «Internet pour tout le mondel Langues, cultures et citoyennetés» se tiendra à Québec, les 10 et 11 juin, et à Montréal, du 12 au 14 juin, la première rencontre internationale des associations ISOC (Internet Society — association de gouver-nance d'Internet) de la Francophonie.On y attend une cinquantaine de délégués majoritairement originaires des pays d’Afrique.Il est intéressant de constater que le président du comité de programmation de cet événement, Jean-Claude Guédon, est professeur en littérature comparée à l’Université de Montréal.Cette incursion dans le milieu électronique remonte à quelques années déjà.«A la fin des années 1980, nous avons décidé de créer une revue de littérature et comme les perspectives financières étaient limitées à l’époque, j'avais suggéré qu’on le fasse électroniquement.Cela a conduit à la création de la revue Surface qui a commencé à paraître à l’automne 1991.Il s’agit de la plus vieille revue canadienne électronique universitaire.» Si la notion de publication électronique des revues savantes est en train de passer par de grandes transitions, M.Guédon s’intéresse toujours de son côté aux manières de créer et de distribuer du contenu informatique et se penche plus particulièrement sur le phénomène Internet lui-mème, sur ses effets socioculturels et linguistiques.Fondateur et ancien président du chapitre québécois de l’ISOC, son rôle de président du comité scientifique du congrès consistait surtout, comme il le précise, à valider les invitations plutôt qu’à les initier.Eliminer les frontières La tenue de cet événement devrait selon lui permettre de faire avancer certaines idées.«Il y a très longtemps que j’argumente à l’intérieur de cette Société que ce n’est pas parce que l’Internet est un dispositif technique global universalisant, et probablement à volonté parfois uniformisante, qu’on ne peut pas ou ne doit pas faire face à des frontières naturelles qui existent sur la planète.Ce ne sont plus des frontières géographiques mais des frontières linguistiques et culturelles.Faire comme si elles n’existaient pas, c’est présenter l’argument qu’Intemet en général, et l’Internet Society en particulier, seraient beaucoup plus riches et plus forts s’ils tiraient partie de cette diversité et de cette multiplicité, que s'ils continuaient d’essayer de jouer sur la base d’un ethnocentrisme américain cherchant à étendre un empire à l’échelle de la planète.» Il croit que cette conférence sera d'autant plus importante que c’est la première fois dans l’histoire de l'Internet Society que celle-ci s’intéresse à un autre pivot linguistique.«J’ai dû convaincre l’ISOC que ce pivot n’était pas contre elle mais qu’il offrait au contraire des perspectives nouvelles et riches pour le développement de l’Internet dans le monde à condition de ne pas le considérer comme un dispositif américain.» Il préconise d’ailleurs les regroupements linguistiques et incite des collègues hispanophones, arabophones et chinois à faire de même en soutenant que petit à petit, des groupes régionaux, culturels ou linguistiques peuvent s’organiser à l’intérieur d'Internet et ainsi créer des entitps humaines qui dépasseraient l’État-nation et qui en même temps ne seraient pas simplement «une expression bête et banale d’une sorte d'homogénéité humaine qui n’existe pas».Pour ce qui est du développement d’Internet en Afrique, il reconnaît d’emblée que ce problème dépasse complètement les compétences d’ISOC.«Le développement de l’Internet en Afrique n'est pas un SOURCE ISOC Jean-Claude Guédon, président de la première rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie.problème technique.C’est un problème réellement politique et de chasse-gardée de compagnies, en particulier anglaises et françaises, qui dominent encore le champ néo-colonial de cette région du monde.Et c’est aussi un problème polifique en ce sens que beaucoup d’Etats en Afrique sont à la fois autoritaires et fragiles.Ces États cherchent à contrôler le plus possible l’opinion de leur population, et donc à limiter l’accès à l’information.L’Internet constitue pour tous ces gouvernements un énorme défi et d’énormes menaces en ce sens que ça pourrait remettre en cause des monopoles établis et des dictatures ou des États qui ont des tendances dictatoriales.» L’Internet, un droit fondamental Il convient que l’ISOC pourrait très bien documenter de manière précise les obstacles au développement et ce, pays par pays, en dénonçant systématiquement les côtés monopolistes et dictatoriaux de certaines administrations.«A la manière de Greenpeace, d’Amnistie internationale ou d’autres organisations qui dénoncent le non-respect des droits humains, on pourrait en venir à traiter l’accès à l’Internet comme un droit fondamental et ensuite montrer comment il est violé çà et là par différentes restrictions de types économique, technique, légale ou politique qui empêchent les citoyens de certains pays d’avoir accès à l’Internet» ISOC Francophonie 2002 va réunir des membres et des représentants d’associations ISOC, et des pays de la Francophonie et de langues dites partenaires de la langue française.Des représentants du conseil d’administration de l’Internet Society seront aussi présents et c’est le cas du tout récent vice-président des chapitres.D’James M.Galvin est responsable de la gestion des différents chapitres et des membres auprès de l’Isoc.Il s’occupe aussi de tous les programmes et activités de cet organisme, qui passent tous par une étape de complète réforme: comme quoi les actions passées ont été loin de recueillir les résultats escomptés.«Nous croyons que, pour mieux servir nos membres de par le monde, nous devons améliorer le programme des chapitres locaux.Ce sont eux qui fournissent le cadre dans lequel les activités peuvent être structurées pour agir comme pierre angulaire.Les chapitres permettent aux membres de comprendre leur communauté et ses besoins, de travailler dans la langue et la culture des communautés et fournissent l’occasion directe de participer et donc de faire une différence dans la communauté.» La présentation qu’il donnera dans le cadre du congrès aura pour objet d’exposer le besoin d’un meilleur programme pour les chapitres et d’amener les chapitres à s’impliquer directement dans la création de ce nouveau programme.«Je crois que les chapitres eux-mêmes sont les mieux placés pour comprendre comment bien réussir ce qu ’ils entreprennent.» N C 0 P esponsable NORMAND THERIAULT 2050.rne de Bleary.9' étage.Montréal (Québec) H3A 3M9, Tel.: (514) 985 3333 redactiooeledevoir.com FAIS CE QUE DOIS * A qui appartient l’Internet ?Un réseau ouvert à tous et à peu de frais La statistique surprend: 82 % de la bande passante internationale n’est pas utilisée.Un expert québécois, Philippe Leroux, propose une solution économique pour permettre de rendre accessible à tous ce nouveau secteur de la communication.CHRISTIAN LÉVESQUE Depuis son déploiement sur l’ensemble du globe, le réseau Internet est constamment la cible de nombreux intérêts qui aimeraient bien le contrôler.Toutefois, la nature même du «réseau des réseaux» semble contraire à cette appropriation monopolistique.Loin de l’organisation classique de notre société industrielle, la structure d’Internet et l’absence de régulation judiciaire permet à toute personne qui possède l’infrastructure nécessaire d’y distribuer ce qu’elle veut C’est dans cette op tique que la section québécoise de l’organisation internationale Internet Society (ISOC) organise la première Rencontre internationale ISOC Francophonie 2002.Intitulée «Internet pour tout le monde! Langues, cultures et citoyennetés», la réunion qui se déroulera du 10 au 14 juin se veut l’occasion pour l’Association ISOC-Québec de développer, avec les autres chapitres ISOC francophones de par le monde, une «position commune sur les enjeux fondamentaux reliés aux technologies, à la gouvernance d’Internet, à la diffusion des contenus et à la coopération».Bref, que les francophones soient en mesure de «s’approprier» Internet afin de pouvoir l’utiliser au maximum de ses possibilités.Pour parvenir à régler les nombreux problèmes que rencontrent ces francophones lorsqu’ils désirent utiliser l’Internet, il faut toutefois être en mesure de les identifier.Pour Philippe Leroux, un des associés de la firme VDL2 qui s’est chargée de dénicher ces embûches majeures, «l’enjeu de la production de contenu en français n’est pas le problème.Ce qui ressort, c’est davantage une difficulté de diffusion et de pertinence de ces contenus».Selon lui, les gouvernements ont investi des dizaines de millions de dollars dans de nombreux projets destinés à produire des contenus originaux qui n’ont pas fait augmenter la présence francophone dans Internet, ni donné de résultats.U croit qu’il aurait été plus profitable de mettre à la disposition des francophones des contenus et des services déjà existants en dehors d’Intemet, ce qui aurait attiré plus d’internautes de langue française sur le réseau.«Il existe également une difficulté d’expertise car les gens qui disposent des contenus qui vont intéresser les internautes n'ont pas nécessairement les connaissances techniques pour les rendre disponibles dans Internet», poursuit-il.Un «outil de riches» Autre problème important l’accessibilité.«Actuellement, 82% de la bande passante internationale n’est pas utilisée!, lance Philippe Leroux.Tous les gros joueurs des télécommunications ont développé leurs propres réseaux indépendants, ce qui crée une surcapacité des réseaux et il n’y a pas assez de marché pour ces infrastructures.» Pour rentabiliser leurs investissements, les fournisseurs d’accès sont ainsi obligés de charger des prix très élevés.L’Internet demeure alors un «outil de riches».«H y a des pays qui n 'ont pas les moyens de se brancher à Internet parce que la bande passante est vendue beaucoup trop cher et que les connections satellites coûtent des prix de jbus.Pourtant.une fois le satellite en orbite, U n ’en coûte presque rien pour le faire fonctionner.L’Internet pourrait aider ces pays à combattre l’analphabétisme et avoir accès aux ressources médicales et autres», s’indigne Philippe Leroux.En plus de ces problématiques, la firme VDL2 a également relevé des pistes d’action quelle entend bien mettre en évidence lors de la rencontre organisée par ISOC-Québec.La nouvelle technologie sans fil «Wifi» (Wireless fidelity) est une de celles-là.«Dans toutes les régions où il y a des enjeux de coûts et d'infrastructures reliés à Internet, il faut pousser cette technologie qui demande un investissement minimum et même inciter les communautés à le mettre en œuvre elles-mêmes, en jonction de leurs besoins, poursuit Philippe Ijcroux.Ce n’est même pas un enjeu de coûts, c’est plus un enjeu de sensibilisation, deformation».Selon lui, si ces communautés ne le font pas, c’est une entreprise qui viendra le faire selon un plan d’affaires bien élaboré.Il recommande également de préserver une longueur d’onde qui serait exclusivement destinée à la société civile.Le rapport que remettra VDL2, et sur lequel les participants d’ISOC Francophonie 2002 base- v ¦ m- i ¦ ^4 .aAc- , 4 ^ , v * %Vv .v'p>w.ARCHIVES LE DEVOIR «Il y a des pays qui n’ont pus les moyens de se brancher à Internet parce que la bande passante est vendue beaucoup trop cher et que les connections satellites coûtent des prix de fous.Pourtant, une fois le satellite en orbite, il n’en coûte presque rien pour le faire fonctionner.L’Internet pourrait aider ces pays à combattre l’analphabétisme et avoir accès aux ressources médicales et autres», s'indigne Philippe Leroux.root leurs discussions, est ainsi orienté dans une optique qui exclue les intérêts commerciaux des entreprises.le but n’est pas de développer les capacités commerciales d’Internet, mais plutôt de favoriser et de rendre plus harmonieuse l’implantation de cet outil de communication indispensable.«Toute notre approche d’analyse est basée sur le point de vue de l’utilisateur, dit Philippe Leroux.L’enjeu fondamental n’est pas seulement francophone, c’est également de s'assurer que l’ensemble des gens s'approprient le réseau.[.] Internet s'est basé sur un paradigme collaboratif.Il faut donc faire avancer les choses dans un mode de collaboration si l'on veut que cela réussisse.» Aller toujours plus loin.Ces problématiques seront discutées et débattues lors de la rencontre d’ISOC Francophonie 2002.Le regroupement québécois ISOC-Québec, qui organise l’événement, a été fondé en avril 2000 et a pour mandat de «renforcer et d’assurer une présence québécoise au sein d'organismes de normalisation comme le World Wide Web Consortium (W3C)», un organisme visant à rendre plus facile le développement des technologies destinées à l'Internet Une cinquantaine de délégués de la Francophonie, membres et représentants des diverses associations régionales d'ISOC, des experts des technologies de l’information et des inforoutes de la Francophonie et d’organisations internationales, des gestionnaires et des professionnels du secteur des technologies de l’information et des inforoutes en provenance des secteurs public et privé et du milieu de la recherche seront présents lors de cette première rencontre internationale.Regroupés lors de quatre ateliers thématiques portant sur les technologies, la gouvernance d'Internet, les contenus et la coopération, ils devront réussir à établir des consensus afin d’en dégager des priorités dans les actions à entreprendre.Les résultats de cet exercice seront également transmis à la conférence annuelle de l’Internet Society, INET 2002, qui se déroulera du 18 au 21 juin à Washington.Nouveaux rnéd'- _ onn9 V^l Date limite d’inscription : vendredi 21 juin 2002 / Création de contenu / Écriture interactive / Réalisation.de prototypes / / Développement et mise en marché / Programme de Projets spéciaux / 2e ËDmo Scénarisation, réalisation, production, convergence et interactivité Dans le processus de convergence des médias, l'industrie est à ta recherche de concepteurs de contenus interactifs innovateurs.C'est pourquoi UNIS propose un programme de formation pratique et théorique en nouveaux médias pour les futurs producteurs, chefs de projets, scénaristes et réalisateurs de contenus interactifs.Si vous oeuvrez déjà dans le monde de l'audiovisuel, du multimédia, de la culture ou des communications, et que vous voulez participer à la convergence, le programme Nouveaux médias de l'INIS est pour vous! Le programme Nouveaux médias 2002 se déroule sur une période de quatre mois intensifs.Unique au Québec, le programme Nouveaux médias de UNIS est ouvert à un maximum de douze candidats.Faites partie de la première promotion du programme Nouveaux médias de UNIS; une cuvée attendue avec impatience par l'industrie du multimédia.De plus, le candidat peut ensuite soumettre un projet personnel au Programme d'incubation en contenu interactif de divertissement du Réseau d'innovation Bell Globemedia.Les projets retenus font automatiquement l'objet d'un engagement financier d'un minimum de 15000$, couvrant une partie des frais de production.De plus, durant cette période, les frais de scolarité des candidats dont le projet a été retenu sont couverts par une bourse d'études de la Fondation Claude-Jutra, Le programme Nouveaux médias de l'INIS, pour une carrière de concepteur et de décideur dans les médias de la convergence.L'INIS, pour répondre aux besoins réels de l'industrie du multimédia « Beaucoup de travailleurs québécois disposent de bonnes compétences techniques.Mais, plus que des programmeurs HTML ou Flash, l’industrie a besoin de personnes capables de penser, de développer et de gérer des projets interactifs.Le programme de UNIS esl le seul au Québec qui puisse donner cette formation.De plus.UNIS est la seule institution qui arrime ta formation qu elle donne aux besoins réels de l'industrie.» Serge Carrier, président-directeur général.Micro-lntei INTS INSTITUT NATIONAL DE L IMAGE ET DU SON Centre de formation professionnelle en cinéma, télévision et nouveaux médias 301, boulevard de Maisonneuve Est, Montréal (angle rue Sangumet.métro Bem-UQAMI infol9inis.qc.ca www.inis.qc.ca L'INIS, pour le sens du contenu « Le programme en nouveaux médias offert par UNIS permet de développer le sens du contenu dans le processus actuel de convergence des médias.Beaucoup de gens m approchent avec de très bonnes idées de contenus originaux, mais très peu savent comment adapter ces idées aux nouveaux médias ! Comment rendre ces bonnes idées interactives7 C'est ce que promet le programme de UNIS.» Alain Gervais, directeur générât de Productions MultiVisuelles.Bell Globemedia L’INIS, pour la pensée interactive « Ce qui manque le plus dans l'industrie du multimédia.c'est la pensee interactive qui permet de développer une démarche de navigation intéressante el intime, que ce soit pour un site Web de commerce électronique ou pour la télévision interactive.Le programme de l'INIS vient combler cette lacune en formant des étudiants à l'art de ta pensée interactive, tant par l'approche de la scénarisation, de la réalisation que de la production.» Yves Plouffe, directeur de U programmation nouveaux médias et développement des affaires.Société Radio-Canada L'INIS, pour le soutien à la création interactive « En vous offrant le programme Nouveaux médias, vous vous assurez ; d'approfondir l'approche multimédia et interactive de vos projets; de stimuler votre imaginaire et de trouver un soutien à vos projets; de bien comprendre ta chaîne de production multimédia pour mener vos idées jusqu'à ta viabilité ; d'apprendre a travailler en synergie avec les autres intervenants au cours d'une production multimédia; de nouer des tiens significatifs pour votre avenir de créateur.» Jacques Augustin, consultant et producteur multimédia, directeur du programme Nouveaux médias de l'INIS L'INIS, pour une formule pédagogique qui a fait ses preuves « L'enjeu premier pour notre industrie c'est la convergence des moyens de communications.Et l'INIS, qui propose une formule pédagogique qui a fait ses preuves dans des domaines plus traditionnels tels que la télévision et le cinéma, est très bien placé pour développer ces contenus.On parle beaucoup de convergence dans les grandes entreprises mais elle ne se matérialise pas nécessairement dans la production.L'INIS est donc un laboratoire unique au Québec pour explorer cette nouvelle démarche de production en nouveaux médias.Il est important que le Québec puisse développer des créneaux d'excellence au chapitre des contenus interactifs, » Daniel Boismenu, directeur des communications, Alliance Numériûc LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 J L 1 X 2 O O 2 H 4 INTERNET FRANCOPHONE Internet et l’Afrique Un univers où les collectivités s’approprient l’espace numérique Avec un internaute par 150 habitants, le retard africain est énorme Les pessimistes estiment que le retard économique, voire politique, du continent africain se répercute aussi dans l’aire des technologies de l’information et de la communication.Les moins alarmistes mettent en avant les immenses promesses des TIC (technologies de l’information et des communications) et les opportunités qu’elles offrent pour raccourcir la longue route du développement.Au vu de la vitalité des usages de l’Internet en Afrique, il y a beaucoup plus de raisons d’espérer que de désespérer.Un tel positivisme ne doit pas occulter les efforts à déployer pour que l’Internet, loin de constituer un gadget de plus propre à divertir de l’essentiel — la recherche du développement —, soit un allié pour IkH ‘TVA ARCHIVES LE DEVOIR Grâce à la plateforme qu’elle a développée et abritée au Technopole de Dakar, des ruraux (horticulteurs, mareyeurs et pêcheurs) ont désormais, à partir de leur téléphone portable et d’un abonnement au service, la possibilité de consulter les prix en temps réel des fruits, légumes et produits halieutiques de la plupart des marchés de Dakar.son accomplissement.ALAIN JUST COLY COLLABORATION SPECIALE Rappelons brièvement quelques chiffres.L’Afrique compte aujourd'hui plus de 5 millions d’internautes pour 750 millions d'habitants.Avec un internaute pour 150 habitants, elle est loin de la moyenne mondiale (1 pour 15) et demeure encore l’une des zones les moins connectées de la planète.On es-tiifle à seulement 1,3 million le nqmbre d’Africains abonnés à un foiirnisseur d’accès à Internet (LIAI).Ix1 plus grave est que ces chiffres cachent mal les énormes disparités internes au continent noir: ainsi 57 % des abonnés aux FAI résident en Afrique du Sud, pays regroupant aussi la plupart des internautes (plus de 2 600 000), les autres «grands» pâys d’Internet étant l’Egypte (500 000 internautes), la Tunisie (350 000), le Maroc (500 000) et l’Algérie (180 000).Une autre disparité dont il faut tenir compte concerne l’Afrique du Sud même, où la «fracture numérique» entre Noirs et Blancs est démesurée, comme le prouve cefte seule statistique: 85 % des internautes y sont Blancs.En dépit de ces disparités, il faut savoir que tous les 54 pays africains disposent aujourd’hui d'un accès à Internet, même si là aussi la qualité de cet accès, tributaire entre autres de l’état des télécommunications, demeure très variable, allant de moins de 500 kilobits (Sierra Leone, Togo, Niger, Guinée-Bissau, etc.) à 42 mégabits (Sénégal, mais bientôt 100 mégabits), 136 mégabits (Maroc, bientôt 300 mégabits) ou 400 mégabits (Afrique du Sud).Africa Online De nombreux exemples indiquent que les Africains se sont réellement appropriés l'Internet.Ilidéveloppent même des usages inédits, dictés par le contexte.St, en Europe et en Amérique, l’ordinateur reste individuel et personnel, en Afrique, grâce aux cyber- centres et aux cybercafés, devenus presque chose ordinaire dans les grandes villes, l’ordinateur, loin d’être individuel, devient «social» et «communautaire».Au Sénégal par exemple, où s’est implanté dès 1996 le premier cybercafé de l’Afrique de l’Ouest1, le nombre de cybercentres ne cesse d’augmenter jusque dans les quartiers les plus populaires.Beaucoup de capitales africaines sont peuplées d’une multitude de ces lieux publics d’accès au réseau mondial.Africa Online, le plus important FAI du continent, a initié, à travers ses centres «e-touch», de nombreux cybercentres, principalement dans les pays anglophones.Cependant, les usages des nouvelles technologies vont bien au-delà des cybercentres où les Africains font essentiellement du courrier électronique, du clavar-dage et de la recherche d’informations sur le Web.A Dakar, la société Manobi a lancé au premier trimestre de cette année la première utilisation du WAF au Sénégal, et peut-être en Afrique de l’Ouest, en direction des.paysans! Grâce à la plateforme quelle a développée et abritée au Technopôle de Dakar, des ruraux (horticulteurs, mareyeurs et pêcheurs) ont désormais, à partir de leur téléphone portable et d’un abonnement au service, la possibilité de consulter les prix en temps réel des fruits, légumes et produits halieutiques de la plupart des marchés de Dakar.Du reste, nous avait confié l’une des utilisatrices de ce service, «avec mon portable, je navigue sur les marchés de Dakar pour m’informer sur les prix; ensuite je vérifie dans quel marché il y a le prix le plus bas pour aller y prendre mes produits à transformer».Cette présidente de l’Association des femmes ouvrières de Sébikhota-ne (un village à 45 km de Dakar), qui s’occupe de la transformation de fruits et légumes, n’avait jamais manipulé le moindre portable auparavant, encore moins l'Internet et le WAP.Pour mettre à jour ses données, Manobi se sert de collecteurs qui sillonnent tous les jours les marchés dakarois, s’informent sur les prix et entrent, via leur téléphone mobile, les données qui sont disponibles via Internet sur PC, Pocket PC et téléphone portable.Afrique câblée La récente actualité des TIC en Afrique porte vers l’optimisme.Le 28 mai 2002 a été inauguré à Dakar le premier câble numérique sous-marin reliant le sud au nord.D’une longueur de 28 800 km, le SATVWASC/Safe traverse les cinq continents pour la bagatelle de 716 millions SUS, dont 330 millions proviennent de la douzaine de pays africains ayant participé à son financement.Au total, 36 opérateurs de 32 pays sont partie prenante de cette réalisation, qui va avoir des incidences évidentes sur les coûts des communications et de l'Internet en Afrique.De par sa capacité d'abord de 120 gigabits (la bande passante actuelle de l’Afrique tous pays confondus, tourne autour d’un gigabit), le SAT3 devrait provoquer une baisse sensible des communications dans les pays impliqués, aussi bien pour les appels nationaux qu’internationaux, estiment les spécialistes.Mais surtout, une bonne partie des revenus issus des communications internationales générées en Afrique resteront en Afrique alors qu’aujourd’hui, seuls 20 % des 300 millions $US générés par ces appels demeurent sur place, comme l’a rappelé, lors de l’inauguration du câble, le président du comité directeur de la société sud-africaine Telkom, Sizwe Nxasana.Pour mieux maîtriser cependant les évolutions des TIC, l’Afrique devra prendre garde à ne pas se contenter d’être simple consommatrice de technologies et de contenus Web.Certes, les contenus africains se développent, mais la «bataille des contenus» est loin d’être gagnée, car le fossé est ençpre immense au détriment du continent noir.De passage à Dakar, un jeune chercheur français en TIC nous disait récemment avoir été frappé par le fait que la plupart des Sénégalais «surfaient» essentiellement dans des sites non africains.Pourtant, dès 1980, bien avant la vulgarisatipn d’Internet, l’ancien chef de l’Etat sénégalais, Léopold Sédar Senghor, dans un texte prémonitoire, parlait de la nécessité de créer «une base de données culturelles, techniques et économiques au service du développement des pays africains [qui doit contenir] une majorité de documents non écrits, sonores, musicaux, graphiques, photographiques ou cinématographiques» et dont l’accès devait être assuré «par un satellite de communication bien placé».Acteurs de technologies Mais il faut aussi que les Africains deviennent des «acteurs de technologies».Qu’ils développent de manière plus résolue des programmes, des logiciels et des techniques, voire des machines, aptes à imprimer des évolutions notables aux nouvelles technologies.Un exemple nous vient de l’Inde qui a conçu (matériel et logiciels) le Simputer, sorte de Pocket PC amélioré, baptisé «ordinateur des pauvres» à cause de son faible coût et de sa facilité d’utilisation.Excepté peut-être l’Afrique du Sud, la plupart des pays africains ont encore trop tendance à ne même pas rêver d'autre chose que de la consommation des TIC.L’acquisition d’un satellite et la création d’une agence spatiale africaine, comme le préconise Cheick Modibo Diarra, le scientifique malien de la NASA aujourd’hui président de l’Université virtuelle africaine de la Banque mondiale, aideraient probablement vers des avancées.Pour Diarra, en effet, «cela permettrait [.] de communiquer librement à travers Internet [.], rendrait pérenne et solide la recherche scientifique [pas seulement dans les nouvelles technologies] et donnerait un ballon d’oxygène à nos entreprises qui déboursent actuellement des sommes folles pour essayer de communiquer».Lorsque l’on parle de déve- loppement des TIC en Afrique, il faut aussi, à notre sens, considérer certains points d’importance.Premièrement, la nécessité d’accélérer les efforts d’alphabétisation.Avoir un minimum d’instruction est la première véritable condition pour bien profiter de ces technologies.Deuxièmement, la nécessité de connecter certes les écoles, les lycées et les universités, mais surtout d’intégrer l’informatique (ou ses usages) en tant que matière à part entière (comme les maths, la géographie, etc.) dans les programmes scolaires et ce, dès l’école primaire.C’est là l’unique moyen de permettre à la jeunesse africaine d’acquérir une «culture informatique» dans un monde de plus en plus «numérique».Il est vrai que le Nepad (Nouveau plan de développement de l’Afrique), dans son volet TIC, aborde le sujet avec son intention affichée de «travailler à l’amélioration du développement des filières, de la qualité de l'enseignement et de l’accès aux TIC» et de «mettre sur pied une “task force” pour accélérer l’introduction des TIC dans les écoles primaires».Ses objectifs visent aussi, entre autres, à rehausser la télédensité en Afrique pour l’amener d’ici 2005 à deux lignes pour 100 habitants, à développer et produire une masse critique de jeunes et d’étudiants capables d'utiliser les TIC et dont l’Afrique pourra tirer des ingénieurs, des programmeurs et des développeurs de logiciels.Le simple fait que les TIC soient considérées comme la deuxième priorité parmi les actions du Nepad montre leur importance pour l’Afrique qui, dans trois ans, atteindra 20 millions d’internautes, comme le rappelle le Ghanéen-Américain John Sar-pong, directeur d’Africast aux 0 Etats-Unis, pour qui «Iritemet çf j y une nécessité pour l’Afrique, notre meilleur espoir pour enfin réaliser l’intégration économique du continent noir».1.Le Métissacana, premier cybercafé du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, créé dès 1996, a annoncé au mois de mai dernier sa décision d’arrêter ses activités Internet au Sénégal, après que la Sonatel, seul opérateur sénégalais ayant un accès à la tête de réseau internationale, lui ait suspendu sa ligne spécialisée pour la troisième fois suite à un défaut de paiement d’arriérés de plusieurs dizaines de millions de FCFA (1 $US » 725 FCFA).Alain Just Coly est journaliste au journal Le Soleil de Dakar L’avenir d’un continent passe par l’Internet Le Québec dépose son plan d’aide pour l’Afrique Malgré tous les problèmes criants du continent noir, la Toile est vue comme un incontournable pour un développement efficace.Continent instable, pays affamé, régions torturées par la pauvreté extrême, l’Afrique se bat chaque jour pour soigner des plaies immenses qui font de cette parcelle de la planète un endroit aux enjeux considérables.Parmi les solutions avancées, autant par les experts que les membres des pays du G8, les nouvelles technologies figurent en haut de la liste.Internet pour sauver l’Afrique?Pourquoi pas?ALEC CASTONGUAY Le document de 59 pages du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NPDA) dresse un portrait alarmant du continent le plus pauvre de la Terre.La moitié de la population de l'Afrique (340 millions de personnes) vit avec moins d’un dollar américain par jour.L’espé-rajice de vie à la naissance est de 54 ans.Seulement 58 % des habitants ont accès à l’eau potable.Et la liste s’allonge.Le constat établi par les pays africains eux-mèmes laisse voir un vaste territoire airbord du gouffre.Comment aider?Alors que le G8 prépare un «nouveau plan Marshall», des initiatives fusent de toutes parts pour tenter de faire quelque chose.L’une d'elles vient de l’Internet Society, section Québec (ISOC-Québec).Cet organisme, créé il y a (leux ans, est une branche de l’imposante Interné] Society (présente dans plus de 100 pays), un regroupement qui touche à tout ce qui concerne le Web, de la réglementation jusqu'à l’amélioration des normes en vigueur.Réuni en congrès du KLau 14 juin prochains à Québec, puis à Mont-réôl, ISOC-Québec abordera la question d’Internet et de l’Afrique.Plus de 40 organismes concer-né*s y prendront part, dont 35 proviennent de pays africains.Accès aux connaissances Lors du congrès, ISOC-Québec mettra la question de l'Afrique au cœur de ses priorités.«Internet peut jouer un grand rôle comme levier de développement, autant économique, qu'éducatif ou culturel», estime le président d’ISOC-Québec, Adel El Zai'm.Ce dernier donne une panoplie d'exemples quand vient le temps de démontrer l’utilité d’Internet sur un continent défavorisé comme l’Afrique.«Il faut donner accès aux connaissances, affirme-t-il.Il y a très peu de bibliothèques là-bas, alors connecter les écoles peut remplacer l'achat de livres, qui sont très coûteux.Il y a même des établissements qui commencent à être jumelés avec des écoles des pays occidentaux.Les échanges sont alors très profitables.» Selon lui, même pour le fonctionnement des gouvernements, l’utilité est tangible.«Ça coûte cher d'envoyer un fonctionnaire recueillir de l'information en Europe.C’est beaucoup moins dispendieux d’utiliser Internet.Il y a des économies à faire.» Pour voir ces possibilités prendre forme, Adel El Zai'm pense qu'il faut commencer par sensibiliser les Africains eux-mèmes.Ce sera d’ailleurs un des points abordés lors du congrès.«Beaucoup d'experts africains en informatique vivent hors du continent, ex-plique-t-il.Ils peuvent pourtant avoir un rôle important chez eux.Ils peuvent prendre leur pays en main.» Lors de cette réunion, ISOC-Québec touchera aussi le développement du français sur la Toile et dans les logiciels, puisque l’Afrique est en grande partie francophone.Le G8 est de la partie ISOC-Québec et Adel El Zaïm sont loin d’être dans le champ gauche lorsqu’ils voient Internet comme un levier efficace de croissance de l’Afrique.Les huit pays les plus industrialisés du monde (G8), qui donnent, bon an mal an, les trois quarts de l'aide internationale au continent noir, y voient aussi une formidable opportunité.C’est ainsi qu'en juin 2000 au Japon, le G8 a adopté la Charte sur la société mondiale de l’information.Dans la même foulée, le Groupe d’experts du G8 sur l’accès aux nouvelles technologies (GEANT) a été créé pour explorer comment l'Afrique pouvait suivre la tendance mondiale d'informatisation et même l’utiliser pour combler l’écart qui la sépare des contrées plus fortunées.Le GEANT cesse officiellement ses recherches à l'occasion du sommet du G8 en Alberta les 26-27 juin prochains.L’heure des bilans approche.Le groupe mettra donc sur pied une série de mesures informelles, tant dans les secteurs publics que privés, pour continuer le travail amorcé.Des réseaux de soutien professionnel, des centres d’informations pour entrepreneurs, du développement de logiciels, etc., verront le jour dans les mois à venir.Le directeur général responsable du commerce électronique à Industrie Canada, Richard Simpson, a travaillé de concert avec l’équipe du GEANT.Il estime lui aussi qu'internet peut jouer un grand rôle dans l’expansion économique de l'Afrique, autant dans les domaines de «l’éducation que de la démocratie».«Les pays africains comprennent l’importance des nouvelles technologies, estime-t-il.Même le Mozambique s’intéresse à la question, alors que c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète.» Une situation normale, croit le directeur de la politique de développement à Industrie Canada, Richard Bourassa.«La société de l'information est comme une nouvelle révolution industrielle, pense-t-il.Les Africains ont manqué le bateau au début du siècle, ils ne veulent pas le manquer encore aujourd’hui.» La voie cellulaire Lorsqu'on porte un regard pragmatique sur l'Afrique, les chiffres remettent en question cette vision d’une société informatisée sur le continent noir.Des milliers de personnes meurent chaque jour, à la suite de famines ou de maladies.Il n’y a que 18 lignes téléphoniques pour 1000 habitants Oa moyenne est de 567 dans les pays occidentaux comme le Canada) et dans les régions éloignées des grandes villes, avoir l’électricité est un exploit «C’est sûr qu’internet n’est pas la panacée non plus, concède Adel El Zaïm.Il y a des priorités à suivre.Mais Internet est l’avenir.Il ne faut pas juste envoyer de la farine et du riz! Le but n’est pas de faire en sorte que des entreprises comme Nortel s’installent là-bas.C’est irréaliste.Mais les Africains doivent s’approprier les nouvelles technologies pour être plus compétitifs.» Le président d’ISOC-Québec va encore plus loin.«B est aussi important de connecter une école à Internet que de construire une usine.» Richard Simpson estime quant à lui que les moyens techniques déficients, comme le manque d’électricité, ne sont pas des problèmes insolubles.«Les technologies modernes existent pour résoudre ces casse-têtes, souligne-t-il.Par exemple, on peut doter des édifices de panneaux solaires qui produiront l’électricité.En plus, ces grosses infrastructures font l’objet d'investissements des pays africains, en partenariat avec les pays riches.Ça va donc aller en s'améliorant» Et pour les lignes téléphoniques, c’est le même optimisme.«On n’a pas besoin de mettre de la fibre optique partout comme au Québec, soutient Adel El Zaïm.Le cellulaire est très populaire en Afrique, alors quand il sera possible de connecter son ordinateur portable à Internet avec son sans-fil [la troisième génération de téléphonie cellulaire], on n’aura plus besoin de lignes téléphoniques.Et on peut aussi imaginer un Intranet africain qui coûterait moins cher d’utilisation que le Web.Les possibilités sont grandes.» Selon Richard Bourassa, les dirigeants africains sont très conscients de l’importance des nouvelles technologies pour leur développement général.Et c'est la marche à suivre, d’après lui.«H faut que les gouvernements commencent à travailler sur ces questions tout de suite et pas seulement quand les autres problèmes seront réglés, affirme-t-il.C’est le seul moyen pour que le fossé en matière de nouvelles technologies ne soit pas trop profond dans quelques années.» Un défi de plus pour la population africaine.Mais il semble que l’aide extérieure sera au rendez-vous pour faire face à ce qu'on commence à appeler la «société de l’information*.En Afrique, il n’y a que 18 lignes téléphoniques pour 1000 habitants, comparé à 567 en moyenne dans les pays occidentaux LE DEVOIR LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE O J T 1 \ 200 h r> INTERNET FRANCOPHONE RISQ Un modèle pour la Francophonie Proposition québécoise pour rétablissement d’un réseau Internet unique au monde Les universités québécoises bénéficient d’un instrument de choix pour se connecter à Internet: le réseau d’informations scientifiques du Québec (RISQ).De plus en plus approché par d’autres pays, le RISQ est prêt à partager son expertise.Il compte bien d’ailleurs faire la promotion de son système lors de la première rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie pour favoriser le développement de réseaux de haute puissance entre les pays francophones.SOURCE RISQ Le président du conseil d’administration du RISQ et recteur de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard.GENEVIÈVE OTIS-DIONNE Le Réseau d’informations scientifiques du Québec (RISQ), qui fournit aux universités québécoises, et très bientôt à tous les cégeps, des infrastructures de télécommunications de très haut calibre, est un exemple unique à travers le monde.Grâce au RISQ, les institutions d’éducation et de recherche du Québec peuvent échanger des quantités importantes d’informations, avoir accès à des banques de données de grande qualité et naviguer à haute vitesse dans l’Internet mondial.Intérêt universel Reconnue pour l’efficacité et la fiabilité de son système, la société à but non lucratif, qui fonctionne comme une coopérative, est de plus en plus abordée par d’autres pays pour partager son savoir et ses compétences dans le domaine.«Au cours des trois à cinq dernières années, on a retenu l’attention de beaucoup de monde, déclare le président du conseil d’administration du RISQ et recteur de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard.On est visité par des Finlandais, des asiatiques, des Français, on reçoit plein de monde.On attire vraiment l’attention parce qu’il y a ici quelque chose d’unique et les gens découvrent que le Québec a trouvé la façon de s’organiser et de se mettre en commun pour aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite, pour moins cher.» D’ailleurs, lors de la première rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie, qqi se’dërqviféfà à Québec et à Montréal du 10 au 14 juin 2002, le RISQ présentera son réseau à tous les participants.«C’est très intéressant parce que la francophonie veut voir de quelle façon elle peut se renforcer par le déploiement de l’Internet, explique M.Béchard.Ça va nous donner l’occasion de mettre en valeur ce que nous avons frit au RISQ et ça peut servir d’exemple à plein d'autres pays pour que l’on se dote en francophonie, plus rapidement qu’ailleurs dans le monde, de réseaux à haute puissance.» M.Béchard est prêt «à aider et à appuyer les autres pays de la Francophonie qui s'intéressent au RISQ et qui veulent frire la même chose chez eux.On va partager notre expertise, nos connaissances et notre expérience».Selon lui, si les autres pays francophones développent des réseaux comme le RISQ, les échanges entre les chercheurs des différents pays pourraient s'accroître et ainsi favoriser le développement de la recherche universitaire.A l’heure actuelle, les pays francophones «sont tous reliés, mais avec des tuyaux de toutes sortes de grandeur, si on veut frire une analogie avec la plomberie!, déclare le recteur.Mais est-ce qu’il y a lieu de mettre du gros tuyau à la grandeur de la francophonie pour développer davantage ce qui peut se faire entre les pays francophones?» D’après lui, «s’il y a une mise en commun plus large, ça rend des projets ambitieux possibles».Un réseau tourné vers l’avenir Les universités québécoises peuvent se vanter «d’avoir un réseau d’un modèle très avant-gar-diste.On ne connaît pas nulle part ailleurs dans le monde un réseau d’une telle ampleur et, en plus, d’un tel niveau technologique», soutient M.Béchard.Lorsque tous les cégeps vont être branchés au réseau, soit d’ici l'automne 2002, 4500 km de fibres optiques vont relier tous les établissements d’enseignement supérieur du Québec.«On est convaincu que dans bien des domaines de recherche et dans l’enseignement en général, être doté d’un tel outil et savoir l’utiliser et l’exploiter va transformer de façon très profonde l'activité sco- laire et la recherche universitaire dans les prochaines années.» Le réseau permet aux chercheurs d’échanger d’importantes masses d’information, mais aussi d'utiliser des puissances de calcul «délocalisées»: «Par exemple, expose M.Béchard, vous avez un professeur qui fait des recherches dans des simulations météorologiques et, pour y parvenir, il faut des puissances de calcul importantes, donc des ordinateurs qui coûteraient une fortune à acheter pour un seul organisme: aucune université ne peut se permettre ça.Par contre, par un réseau de communications très fort, on peut utiliser les puissances de calcul des gros ordinateurs de différentes universités, combiner leur travail et avoir accès à une puissance de calcul phénoménale.» Outre cet avantage, «le réseau permet aussi de frire toutes sortes de choses à distance et ouvre tout un champ de possibilités, indique le président du conseil d’administration du RISQ.Il y a des enseigne- ments au Québec qu’on ne pourrait pas normalement donner parce qu’on est incapable de réunir physiquement à un seul endroit assez de personnes intéressées.Cependant, avec la vidéo-conférence qui peut se faire à travers Internet, un véritable enseignement à distance peut avoir lieu.» Première puissance Mais le réseau ne s’adresse pas uniquement aux professeurs; les étudiants en sont aussi bénéficiaires.«Tous les étudiants qui sont dans les universités et dans les cégeps et qui font des recherches dans Internet, à la poursuite de données, utilisent toutes et tous le RISQ, souligne M.Béchard.On donne accès à nos étudiants québécois à un outil d’une puissance qui est à peu près sans égale dans la monde.Cela va permettre aux Québécoises et aux Québécois, aux étudiants d’ici, de développer des compétences, une expertise de h très haute technologie en termes de communications.» De plus, le RISQ envisage présente- Droits et juridiction Mettre à bas les barrières légales Un organisme américain aide à l’établissement d’un réseau d’information libre Au départ, la technologie était le problème: il fallait mettre en place une «quincaillerie» qui permettrait à l’Internet de se répandre.Maintenant, il faut assurer que les lois des divers pays n’entravent pas la circulation de l’information.Ce à quoi le Global Internet Policy Initiative s’applique.MADELEINE LEBLANC Georges Sadowsky est directeur général de l’organisme Global Internet Policy Initiative (GIPI).C’est par un parcours plutôt inusité qu’il en est arrivé à occuper de telles fonctions.Formé en mathématiques, il raconte que, diplôme en poche, il accepte un premier emploi d’été comme programmeur informaticien.C’était en 1957.Le premier ordinateur sur lequel il a travaillé valait trois millions de dollars et possédait moins d’un pour cent de la capacité des ordinateurs personnels d’aujourd’hui.Il poursuivra par la suite des études avancées en économie en combinant les connaissances acquises.Pendant de longues années, il travaille au sein des Nations unies où il développe des activités permettant l'usage de l’informatique aux pays en voie de développement; cela constitue pour lui le coup de foudre pour ce type de travail.Rappelons que le GIPI a été mis sur pied par Intemews, une organisation défendant l’accès libre aux médias dans une dizaine de pays, et le Center for Democracy and Technology, une organisation de gouvernance d’Internet située à Washington.L’idée derrière le GIPI, c’est de reconnaître quInternet est devenu un médium très important pour communiquer une information très diversifiée, mettant en application des valeurs démocratiques, dont le contenu est éducatif, ou portant sur la santé, tout comme les transactions d’affaires.«L’élément déterminant de nos jours, Pour la rapidité à laquelle Internet s 'étend dans un pays, relève de la politique dans laquelle il se développe.Cela n’a pas toujours été le cas.Ilya 10 ans, les barrières venaient du manque physique de liaison, du coût du lien international et du manque d’employés formés pour contribuer à l’élaboration du réseau.» Politiques durables D’après lui, une fois les difficultés techniques surmontées, l’adoption de politiques devient un élément de plus en plus important Ce qu’il y aurait de bien avec les politiques, c’est qu’elles sont par définition durables.Quand une réforme est effectuée, et il note qu’il y a eu des améliorations considérables dans ce sens, alors les changements adoptés durent à moins que d’autres forces tentent de les modifier.Le Global Internet Policy Initiative tente donc de soutenir les pays en voie de développement dans l'adoption d’un cadre légal de pratiques pour fa-voriser le développement d’Internet afin qu'il soit accessible et abordable pour que cet outil puisse contribuer à la croissance économique et au développement humain.«Nous mettons en œuvre cette approche à l’aide de nos coordonnateurs répartis dans 14 ffrys (bientôt 17) en les aidant à bâtir des regroupements dans la société civile, en leur permettant d'étudier l’effet de lois et de règlements variés, le tout se conjuguant à l'effort de convaincre leur gouvernement d’entreprendre les réformes nécessaires.Nqus lez soutenons en leurfounissantles conseils juridiques d’experts internationaux de partout.» La présentation qu’il fera portera précisément sur l’Internet Society, une composante clé du développement d’InterneL soutient-il.Il passera en revue son histoire et ses réalisations et commentera les défis auxquels cette société est confrontée aujourd’hui «L’Internet Society cannait des changements substantiels, ce qui témoigne en partie de la croissance majeure d’Internet et de son évolution voulant qu’il soit passé d’un réseau expérimental appuyant la recherche à un système mondial indispensable de communication.Jusqu’à maintenant, ce que l’ISOC a pu frire est considérable, mais ses programmes ne sont plus aussi pertinents qu’ils ne Tétaient durant Tenfrnce d’Internet.» Le slogan de la Société étant «L’Internet, c’est pour chacun» (The Internet is for everyone), les membres auraient selon lui le choix entre plusieurs manières d’avancer dans ce sens.Ces dernières années, la création de chapitres, définis généralement de façon géographique, était initiée pour défendre l’Internet de façon locale.Cette façon de faire devrait peut-être être revue.«D’après moi, le lieu d’activité devrait passer d’un centre qui tend vers les activités globales aux chapitres qui sont en train d’être mis sur pied et qui peuvent assumer l’action de façon locale là où les besoins se font le plus sentir.Le cliché ‘Think globally, act locally” s’applique à notre processus de changement.» L’effet Minitel Par ailleurs, les rencontres à flMéfrsAàMontrt»! réuniront des represemanis Ses chapitres francophones.Ce précédent indiquerait combien Internet a progressé dans ces pays malgré un départ tardif.La France et les pays francophones ont souffert d’après lui d’avoir été les premiers d’un réseau à grande échelle.«Minitel a été introduit dans les années 1970 et a grandi lentement pour devenir m service fiable pour différents types d’information et un grand nombre de transactions commerciales.Ce succès a été en partie responsable de la lente compréhension de la part du gouvernement français qu’Intemet, comme réseau interactif standard, deviendrait nettement supérieur à Minitel.Mais le mal était frit et jusqu’à ce que Lionel Jospin se prononce à Hourtin en août 1998, la Francophonie ne faisait vraiment pas partie du monde d’Internet.» H souligne au passage que certaines des personnes les plus actives dans l’expansion d’Internet au sein de la Francophonie seront présentes à la rencontre.C’est le cas en particulier de Jacques Guidon, qui est maintenant à l’Université de Nantes et qui a inlassablement défendu l’aide aux pays en voie de développement en réunissant des équipes d'entraîneurs pour donner des ateliers et établir des centres de formation dans plusieurs pays d’Afrique.Il souligne, dans un autre ordre d’idées, que le manque de fonds ralentit actuellement le déploiement de l'organisme.«GIPI a pris naissance au fort de l'explosion des commerces électroniques.Les perspectives de levées de fonds étaient alors bien meilleures.En ce moment, les entreprises du secteur privé auquel nous parlons comprennent l’importance de ce que Ton frit, mais ne croient plus avoir la latitude nécessaire pour nous appuyer.Nous gagnons en moyenne un pays par mois, mais nous ne serons peut-être pas en mesure de continuer à ce rythme, alors que c'est le bon moment pour procéder à des réformes puisque plusieurs pays sont mûrs pour çà.• *" En raison de la popularité du Minitel en France, la Francophonie ne faisait pas partie jusqu’à récemment du monde d’Internet ment une extension du réseau vers les commissions scolaires, s’il devient possible d'accéder aux écoles primaires et secondares.le système mis en place par le RISQ intéresse également le milieu des affaires, qui suit l'évolution du réseau et s’inspire de ses innovations.«Avec le RISQ, notre objectif finalement est d’être la proue, explique M.Béchard.On est en avance sur les réseaux commerciaux, les réseaux d’affaires, les réseaux publics, et notre but est de développer les utilisations auxquelles ces réseaux auront recours dans 10, 15 ou 20 ans.» A l’étranger.le modèle du RISQ est déjà adopté par les États-Unis.l’Allemagne, la Corée et le Chili.Lors de l’imminente rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie, le RISQ vantera tous ces atouts et tentera de convaincre les pays ¦ présents d'adopter un système .semblable.«L’idée derrière cette volonté de créer des liens entre les pays de la Francophonie, dans un esprit d’entraide et de mise en place des outils adéquats, comme Test le RISQ.va permettre de développer un contenu .francophone dans Internet et d'assurer sa mise en valeur», affirme le recteur de l’Université de Sherbrooke.V* Uteri'1 Commissariat aux langues officielles 344, rue Slater, 3e étage Ottawa (Ontario) K1A 0T8 1 877 996-6368 www.ocol-clo.gc.ca Pour commander cette publication ou pour obtenir des renseignements sur les langues officielles au Canada, communiquez avec nous! COMMISSARIAT AUX UNCUhS OFFICIELLES n K or n ir ISSK )NER C )t VL LANGUAGE I L E DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DI M A N C H E 9 J U I X 2 O O 2 INTERNET FRANCOPHONE Présence francophone La bataille québécoise pour un fait français Nette augmentation du nombre d'internautes québécois \a condition du français dans Internet n’est pas aussi catastrophique qu’on aurait pu le penser.Plusieurs organismes, comme l’Office de la langue française ou le Centre international pour le développement de l’inforoute en français, s’efforcent de faire la promotion du français sur la Toile et surveillent l’évolution de la situation.Il semblerait cependant que le gouvernement québécois devrait investir davantage dans le contenu des sites pour faire la promotion de la culture et de la langue du Québec.Femmes et TIC Stratégies pour un changement social Un réseau planétaire s'installe, du Québec à l'Ouganda Environ la moitié des Québécois visitent la Toile fréquemment GENEVIÈVE OTIS-DIONNE Les Québécois sont de plus en plus nombreux à naviguer dans Internet Que ce soit à la maison, au travail ou dans une bibliothèque, ils envoient davantage de messages électroniques à leurs amis ou collègues, achètent de plus en plus de produits en ligne et consultent de nombreux sites culturels.En fait, l’écart entre le Québec et les autres provinces en ce qui concerne la proportion de personnes qui vont sur la Toile s’est considérablement amenuisé au cours des dernières années.En effet, en 1999, dans une étude réalisée pour la Commissaire aux langues officielles, on dévoilait que seulement 26,2 % de Québé-cois visitaient la Toile au cours d’un mois type, alors que la moyenne nationale était de 42 %.Cependant, eh 20(X), Statistique Canada effectuait une vaste Enquête sociale générale (ESC) et révélait que 46 % des Québécois allaient naviguer dans Internet mensuellement, comparativement à une moyenne canadienne de 53 %.Un écart persiste, mais le «Québec a eu l’augmentation la plus importante de persmnes qui ont eu l’Internet à la maison», peut-on lire dans le rapport Environ la moitié des Québécois visitent donc la Toile fréquemment.Mais ont-ils accès à des sites francophones de qualité?Le français est-il suffisamment présent dans Internet?Selon certains spécialistes, le constat est positif, mais il faut rester vigilant et encourager le gouvernement québécois à investir dans le contenu des sites.Un constat positif Selon Azim Madjee, conseiller en francisation des technologies de l'information à l’Office de la langue française (01 JO, «il y a une très nette amélioration du fiançais dans Internet.Généralement, c'est bien écrit et c’est bien fait».M.Madjee mentionne que «le Québec est à l'origine de beaucoup de sites de qualité.On retrouve des exercices de français, de grammaire et d'orthographe, des conseils sur la typographie française.Il y a aussi des sujets comme le français des affaires et la littérature».Au niveau international, M.Madjee observe que la francophonie s'implante de plus en plus sur la Toile.«Ilya deux ans, on souhaitait tous que la France se réveille et on peut dire qu’elle est maintenant réveillée.Elle a fini de s’étirer et on trouve de plus en plus de sites français [en provenance] de France.La francophonie n ’est pas en reste non plus, poursuit-il, il n’y a qu’à voiries pays francophones de l'océan Indien, les pays francophones européens, ceux aussi du Moyen-Orient qui stmt présents, comme le Uban.» Il rappelle aussi que «le français a été et est toujours une des langues officielles de grands organismes internationaux.Quand on parle de l’ONU, de {’Unesco ou de l’ISO, il y a des sites en français de ce côté-là aussi».Robert Globensky, au service des communications de l'OLP, remarque «qu'il y a encore des légendes urbaines qui concernent l’in-formatique au Québec.Si on prend le courrier électronique, il y a enco-te des gens qui vont écrire en français et qui n 'accentueront pas parce qu’ils croient qu’à l’autre bout, la personne va recevoir du charabia.Mais ce n 'est pas vrai du tout.Ça fait des années que les serveurs sont en mesure d’écrire en français».Malgré une situation positive, MM.Madjee et Globensky considèrent qu’il faut rester alerte et continuer à promouvoir le français sur l’autoroute informatique, qui se développe continuellement.L’Office veille au grain UOLF surveille les entreprises qui sont assujetties à la Charte de la langue française pour qu’elles offrent en français leur site Internet aux consommateurs québécois.«Dans le cadre de l’application de la charte, explique M.Madjee, une fois que nous sommes passés dans une entreprise et que cette entreprise a obtenu un certificat de francisation, trois ans après, elle doit repro- duire un rapport pour s’assurer de la permanence de la francisation.» Prochainement, TOLE lancera un programme de subvention pour aider les entreprises à franciser leur site Internet «Quand une entreprise est au Québec, déclare M.Globensky, elle doit avant tout offrir ses produits aux francophones d’ici et dans leur langue.» Outre ce futur service, l’OLE fournit déjà sur son site un Grand dictionnaire terminologique qui propose des termes français, leur définition et leur équivalent anglais, et une Banque de dépannage linguistique qui répond aux questions les plus fréquentes portant sur ta grammaire et l’orthographe.L’OLE veut aussi «promouvoir les standards qui régissent Internet, indique Azim Madjee.Nous veillons à ce que le jeu de caractères qui soutient adéquatement les caractéristiques de la langue française soit adopté, utilisé, par la plupart des concepteurs, des producteurs de sites Web et des hébergeurs».Une nouvelle vision Le Centre international pour le développement de l’inforoute en français (CIDIF), une organisation non gouvernementale à but non lucratif qui suit l’évolution de l’offre des produits et services en français pour Internet depuis 1996, veut lui aussi aider les entreprises à franciser leur site Internet Depuis août 2001,1e CIDIF s’est doté d’une nouvelle vision qui touche la langue, mais aussi la culture.«Nous voulons être capables de conseiller les individus, les entreprises, les institutions, concernant ce qu 'il faut faire pour assurer que les sites Internet, les documents, les applications, soient compatibles avec la culture et la langue des gens, explique le président du conseil d’administration, Roger Ger-vais.0« traduit de l’anglais au français étonné tient pas compte des éléments culturels chez les francophones».Le CIDIF veut proposer sur son site Internet des fiches techniques avec une description de la culture des différents pays ou régions de langue française pour le monde entier.«On veut aussi fournir des bottes à outils dans Internet ou sur CD et des services conseils», indique M.Gervais.Des boîtes à outil pour bâtir des sites Internet en français et la possibilité de recevoir des conseils de chercheurs de haut calibre directement sur le site du Centre.Le CIDIF est dans les derniers préparatifs pour lancer son nouveau site, qui devrait voir le jour d’ici quelques semaines.Il est des enjeux sociaux inhérents aux technologies de l’information et des communications.Regard sur les actions des femmes, leurs groupes et leurs réseaux, pour assurer la pleine participation des femmes dans une perspective de changement social.Investir dans le contenu Selon Claude Martin, professeur au département de communication à fUniversité de Montréal, «la position du Québec dans Internet est relativement solide.Quand on regarde la liste des sites consultés par les Québécois qui ont le plus de ’‘hits”, il y a beaucoup de sites québécois là-dedans».M.Martin considère toutefois que «le gouvernement devrait donner un peu moins d’importance au côté industriel et penser un peu plus au contenu.Les gouvernements sont très attirés par le côté réseaux, fibres optiques; il y a beaucoup d’argent qui circule là.C’est bien beau d’avoir des fils, mais il faut aussi penser au contenu».Le professeur propose que le Québec se dote «d’une stratégie pour que les créateurs et les créatrices québécois soient dans Internet et qu’on puisse avoir accès facilement à leurs produits et se les procurer d’une manière légale».Il suggère aussi l’augmentation du financement des différents organismes qui font la promotion de la culture québécoise dans Internet Claude Martin soulève un autre problème concernant Internet: la mémoire collective.Les informations arrivent et disparaissent rapidement sur la Toile, «ilya donc un problème d’avoir des ressources ar-chivistiques ou bibliothécaires, pour maintenir en vie des contenus que les générations de logiciels vont rendre caducs.Notre mémoire a tendance à disparaître très vite.Il faut mettre des ressources pour maintenir des bases de données en vie et faire migrer ça sur des générations.Cest notre passé et c'est important», conclut M.Martin.SHARON HACKETT Les réalisations des femmes dans le domaine des technologies de l’information et des communications illustrent bien la diversité des approches des femmes à ces technologies.Un appel aux témoignages, lancé en 2001 dans la préparation du livre Femmes et médias à travers le monde pour le changement social, a donné des résultats d’une grande richesse et diversité: l’équipe-choc française du journalisme féministe «Les Pénélopes» ont décrit leurs émissions de télévision interactive, tandis que «Les La-tinas» ont évoqué les prograrmnes radio que l’organisme costaricain Asociaciôn de Comunicaciones Feminist Interactive Radio Endeavour (AC FIRE) diffuse en ondes courtes et par Internet depuis 1998.Les portails ne manquaient pas non plus: qu’il s’agisse de NetFemmes chez nous, de Famafrique au Séné gai ou de Feminismus.cz à Prague, les femmes profitent de ce médium, qui est parfois le seul à leur donner la parole, pour exprimer leur point de vue sur l'actualité, publier leurs recherches, créer des espaces d’échanges.De multiples exclusions Malgré la puissance des technologies de l’information et des communications (TIC) comme outils de mobilisation, de résistance et de développement, on ne saurait affirmer leur apport positif aux femmes du monde sans réfléchir par la même occasion aux ratés de la ré volution numérique.Les TIC sont le véhicule d’un processus de mondialisation qui se fait de façon inégale, à l’image des conditions sociales existantes lors de sa mise en œuvre.les facteurs qui mènent à la fracture sociale sont les mêmes qui ont engendré, ces dernières années, la fracture numérique: la richesse ou la pauvreté, la situation géographique (urbain/rural, pays du Nord/pays du Sud), le niveau d’éducation ou l'analphabétisme.Les femmes du monde vivent de multiples exclusions.La majorité des pauvres (56 % au Canada et plus de 70 % à l’échelle mondiale) est constituée de femmes.Les deux tiers des adultes analphabètes du monde sont des femmes.Et lorsqu’on veut accéder à un ré seau qui exige un équipement relativement coûteux, des frais de connexion et, souvent, la maîtrise d’une deuxième langue, la marche est haute.Il n’est alors pas surprenant que les femmes se trouvent majoritaire ment exclues d'Internet.Nous ne le voyons pas tellement en Amé rique du Nord, où 52 % fie la population branchée aux Etats-Unis (Neilsen/Netratings 2001) et 49,6 % des internautes canadiens.mais seulement 41,8 % des internautes québécois (Statistique Canada 2000) sont des femmes.Plus la population d’un pays est branchée, et ce depuis longtemps, plus les femmes sont présentes parmi les internautes.Par contre en Espagne où les utilisateurs d’Internet se chiffrent à 18% de la population, seulement un tiers de ceux-ci sont des femmes et dans les pays arabes, on estime que seules 4 % des femmes utilisent Internet (WomenAction 2001).Et dans bien des pays, comme ceux d'Afrique où les infrastructures sont encore peu développées, seule une infime minorité des femmes est branchée.Pour changer les choses.Si l’exclusion est souvent un effet pervers d’un modèle technologique basé davantage sur les intérêts des gouvernements et des corporations que sur les droits et les besoins de la population, il y a des personnes qui se battent pour que personne ne soit condamné à l'exclusion.Un cas d’espèce: le projet des «livres audio» en Ouganda Dans les télécentres qui se multiplient à travers l'Afrique, les femmes ont besoin d’accéder à l’information, mais elles n'utilisent pas les ressources en place parce que: a) la plupart ne savent pas lire: b) ï n'y a pas de documents dans leur langue: c) il n’y a pas de ressources sur les sujets qui les intéressent; et d) personne ne les croit capables d’utiliser l'ordinateur.L’International Women’s Tribune Centre (IWTC) travaille avec des femmes et des groupes communautaires en Ouganda à un projet qui espère aider ces femmes exclues.Comme c'est le cas dans bien des pays, les femmes rurales de l'Ouganda ont dû quitter l'école très tôt et n'ont alors qu'une alphabétisation limitée.Le défi était de développer un projet qui n'exige pas une capacité de lecture, qui «parle» dans la langue des femmes, et qui ne nécessite pas d’habiletés à utiliser les ordinateurs.Ce sont les femmes rurales eDes-mêmes qui ont choisi le sujet de «leur» livre, et ce sont des femmes locales qui ont lu les textes.Pour utiliser le livre audio, les femmes n’ont qu’à faire bouger une souris d’ordinateur et cliquer.Elles cliquent sur des graphiques de visages, de services ou de projets, et écoutent une voix qui leur parle dans leur langue.Des essais sur place ont montré que les femmes sont capables de manier une souris, et qu’entendre une voix de femme qui parle leur langue sur leur ordinateur les enchante! S’il est pertinent et possible de «brancher» les femmes aux TIC à l'échelle locale, la nature des réseaux fait qu’il l’est encore plus à l’échelle internationale.C’est une leçon que l’Association pour le progrès dans les communications met en pratique depuis 1993 via son programme de soutien au réseauta-ge des femmes.Ce programme a fourni les services de communication électronique aux groupes de femmes lors de la quatrième Confé-rence internationale sur les femmes à Beijing.Cinq ans plus tard, cette assodation a été l’un des membres fondateurs de l’alliance internationale WomenAction, un réseau mondial d’information, de communication et de médias qui regroupe plus de 40 membres sur tous les continents.Des formations sur les technologies Web, sur l’animation de listes et de groupes de travail par Internet, et sur les enjeux politiques de la communication ont permis aux groupes de mieux préparer le suivi de Beijing, en plus de créer une réelle synergie parmi les groupes de femmes actives dans le domaine des TIC.La publication par WomenAction des versions imprimées et virtuelles du livre Femmes et médias à travers le monde pour le changement social a permis la création d’un répertoire international d’environ 90 organismes actifs dans le domaine.ARCHIVES LE DEVOIR encore peu développées, seule une branchée.Nouveaux rôles, nouveaux défis A mesure que les femmes font des avancées, les organismes qui les desservent adoptent de nouveaux rôles.Sans abandonner la question de l’accès à Internet, les femmes doivent aborder celle du contrôle des réseaux et le droit à la communication.Minoritaires dans les secteurs d’emploi technologiques et dans la recherche sur les technologies, elles sont quasiment absentes des sphères décisionnelles où se décident les programmes et les politiques qui encadrent le développement et la dissémination de nouvelles technologies.Le fait de considérer ces programmes et ces politiques comme étant des questions strictement techniques a eu pour effet d’exclure la voix de la société civile.Le droit à la communication et les «cy-berdroits» en général feront l’objet d’une animation intense dans la préparation du Sommet mondial sur la société de l’information, que l’ONU tiendra à Genève en 2003.En plus de l’atelier sur la gouvernance qui se déroulera pendant ISOC Francophonie, les 12 au 14 juin prochains, les cyberdroits feront l’objet d’un courant du troisième Congrès mondial sur les réseaux citoyens, qui se tiendra à Montréal en octobre.A suivre! Dans bien des pays, comme ceux d’Afrique où les infrastructures sont e infime minorité des femmes est Pour information wumpenelopes.org wumfire.or.cr nefemmes.cdeacf.ca www.famafnque.org wumfèminismus.cz umwiwtc.org wumapc.org www.womenaction.org/ womenjnedia Sharon Hackett, directrice des DigitElles de Montréal, est agente de développement Internet au Centre de documentation sur l’éducation des adultes et de la condition féminine, où elle a notamment collaboré à la création du réseau Netfemmes et coordonné la publication du livre Femmes et médias à travers le monde pour le changement social (WomenAction/Éditions du Remue-ménage, 2001).Membre du comité de programmation d’ISOC Francophonie 2002, elle siège sur le conseil d’administration du Carrefour mondial de l’Internet communautaire et est déléguée pour l’Amérique du Nord au réseau WomenAction.ISOC FRANCOPHONIE Internet, une fenêtre ouverte 2002 sur le monde, pour tout le monde! L '-.-ï j.,,s Le ministère des Relations internationales et le ministère de la Culture et des Communications saluent la première Rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie E3 ca an prépare (avenir
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.