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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-05-20, Collections de BAnQ.

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1> 1 M A X l H K 2 I M A 1 2 0 0 ti PHILOSOPHIE Wittgenstein contre l’enseignement de la philo au cégep Page B 6 PERSPECTIVES Fier d'être Français Page B 5 PHOTOS JACgiH-S (iKI NH-K Llî HKVOIK La CSDM tente de mieux intégrer les élèves issus des communautés culturelles.Les parents veulent aller à l’école Les groupes ethniques et les parents ont commencé cette semaine à discuter de politique interculturelle harmila Gnanapragasam Michael 1*.Farkas a-"""1'" r___ Montréal, berceau de l’immigration au Québec, accueille chaque année des milliers d’écoliers venus d’ailleurs.Décidée à tracer les contours d'une politique pour mieux intégrer ces enfants, la Commission scolaire de Montréal a reçu de la part des parents issus des communautés culturelles une confession brûlante: avant de s’ouvrir sur le monde, les écoles devront s’ouvrir au monde, tout simplement.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a ouvert ses portes cette semaine aux parents et aux groupes ethniques pour discuter de politique interculturelle.En se campant ainsi devant le miroir de l'opinion publique, s’attendait-elle à l’image qu’on lui a balancée au visage, celle d’un lot d’écoles atteintes du grand mal de la communication, incapables même d'ouvrir la porte aux parents, peu importe leur origine?Lors de la toute première soirée de consultation publique orchestrée par la CSDM, lundi soir à l’école secondaire Georges-Vanier, ce reproche a été plusieurs fois répété au micro et maintes fois entendu aux tables ou discutaient les parents.D'abord invités à réagir aux grandes lignes de la politique, puis a soumettre des idées pour sa mise en œuvre, ces peres et mères ont placé la communication école-parents au banc des accusés.•La première phrase que j’ai entendue d’un directeur d'école à mon arrivée ici, c’était: ‘Chers parents, vos enfants ne sont plus des bébés, restez donc derrière la clôture!’*, a dénoncé un père d’origine latino-américaine, pointant le fait que les questions de sécurité n’étaient après tout qu’une belle excuse pour absoudre l’école d’ouvrir ses portes aux parents.•Laissez-nous entrer dans la classe! On ne va pas déranger, on va aider! Ouvrez-nous les portes!», scandait ce père, un brin emporté.Sur les 73 000 élèves qu’accueille la CSDM chaque année, seulement 50 % répondent «français» lorsqu'on les interroge au sujet de leur langue maternelle.Les trois quarts sont pourtant nés au Québec, mais les écoliers proviennent de 180 pays et, ensemble, maîtrisent quelque 150 langues et dialectes.Une mosaïque interculturelle «d'une richesse inouïe» pour la CSDM, de son propre aveu, mais «une diversité ethnoculturelle qui engendre la nécessité de développer davantage des pratiques qui traduisent les valeurs éducatives de respect de l’autre dans sa différence, d’accueil de sa pluralité, de maintien de rapports égalitaires et de rejet de toute forme d 'exclusion et de violence», comme l’indique le préambule de la politique présentée aux parents cette semaine.En tout, pour tâter le pouls de la population, la commission scolaire a prévu trois soirées de discussions destinées aux parents (la premiere a déjà eu lieu, les deux prochaines sont prévues les 23 et 30 mai) et un forum de discussion pour les groupes communautaires, lequel s’est tenu mercredi à l'Ecole des métiers de la construction de Montréal.Une constante D'un peu partout le même écho s'est fait entendre cette semaine, parfois entonné sur des timbres différents.«J'ai appris par hasard, par ouï-dire, qu’il était possible pour un parent d’assister à une classe*, expliquait une mere haïtienne lundi soir.«Il y a donc des mécanismes prévus pour nous permettre d’entrer dans l’école, mais on ne les cannait pas!» Si l’école ne parvient pas à établir des canaux de communication efficaces avec ses parents-jar-tenaires, quelle que soit leur origine, quelle route semée d’embûches attend donc les nouveaux arrivés, eux qui n’ont aucun repère sur la planète Québec et pas l’ombre des rudiments de base en français?Analysant sommairement les premiers pas de la consultation publique, la présidente de la CSDM elle-même s’étonnait cette semaine de cette accusation répétée et dirigée contre la courroie de transmission parents-école.«On a appris cette semaine que le besoin de base n ’est même pas comblé, la 'ommumeation la plus élémentaire n’est pas garantie», affirmait mercredi Diane De Courcy lors du deuxième temps de la démarche, effectué auprès des organismes communautaires.«C’est donc signe qu’il faudra relever nos manches!» Au micro cet apresmidi-la, un certain Jean Do-rion, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, avait un témoignage étonnant a rapporter.Apres quelques années passées au Japon, la petite famille Dorion est de retour au bercail «Nos deux enfants sont arrivées au (fuébee et avaient été éduquées en japonais*, a-t-il raconté mercredi, •Mous avons donc dû les placer dans des classes d’accueil».des groupes destinés aux nouveaux arrivants et permettant pendant un certain laps de temps, une intégration culturelle et l’apprentissage de la langue française.Désir d’apprendre Mais cette formule n’a pas été bien expliquée aux parents, qui n’ont pas vraiment compris ce qui attendait leurs lilies après cette classe d'accueil, ni non plus combien de temps ladite intégration durerait.Cette «absence totale dïnfirmation» a suscité un profond malaise.•Si ç’a traumatisé un “de souche" comme moi, alors que je connais très bien la langue française et ne me sens pas perdu ici.imagt nez ce que c est pour qurU/u ’un qui immigre!* I-undi soir à Georges-Vanier, sur les quelque 125 personnes venues «communiquer» avec les dirigeants de la CSDM, environ le quart semblait représenter ces «de souche, blancs et francophones» a qui s'adresse aussi la politique, Le» autres, venus de l’Inde, du Sri lanka, d’Haiti, du Cambodge ou des pays latino-américains, ont insisté sur leur grand désir d’apprendre le français — •Aidez-nous a aider nos enfants, donnez-nous des cours!* — et sur l'importance de trouver des «agents de liaison» issus de diverses origines pour tricoter des liens entre les familles et l’école.Ils ont demandé qu’on fournisse des services d’interprète pour les aider a comprendre les échanges scolaires, acquiescé a l’idée d’embaucher du personnel d’origines diverses et effleuré La question des conflits interraciaux.En plus de revendiquer une ouverture de l’école a leurs différents bagages culturels, ils ont surtout réclamé haut et fort qu’on insiste sur le patrimoine culturel québécois, histoire de fournir un sentiment d’appartenance a leurs enfants.*Je dis à mes enfants: "'Vims êtes nés en Haïti, mais c’est ici votre chez-vous maintenant’*, relatait lundi une nx-ro arrivée il y a quatre ans «St vous ne vous attachez pas a la culture de ce pays, un btm jour, vous allez vous retrouver étrangers partout Chez vous et en Haiti.Vcm n ’aurez plus de patrie » Pour cette mere, la demande était claire: en plus d’initier les Québécois dits de souche aux cultures d’ailkmrx, l’école doit inscrire davantage le patrimoine culturel québécois dans les VOIR PAGE B 2: ÉCOLE «J’ai appris par hasard, par ouï-dire, qu’il était possible pour un parent d’assister à une classe » Une carrière en traduction vous intéresse?Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Les apprentis traducteurs désireux de s'inscrire à un programme devront faire une demande d’admission d'ici le 1" juin et passer ensuite l'examen d'admission.Pour de plus amples renseignements : (514) 398-1484 | www.mcgill Une soirée d'information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 25 mai au 688, rue Sherbrooke Ouest, en la salle 1041, à 18 h.gOfl l N’ I V I R S 1 T É - McGill .ca/conted-translation C*ntr* d'éducjtion permanent* A B 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 2 M Al 2 0 0 6 PERSPECTIVES Jean Dion Je veux voir Da Vinci Code, ça presse st-il possible de se bien sentir dans son intérieur sans avoir vu le long métrage Da Vinci Code?, s’est récemment demandé un citoyen avant de s’aussitôt servir à lui-même un non si catégorique qu’il s’en est retrouvé secoué.«Selon ce que J’ai lu quelque part, le livre s'est vendu à 40 millions d'exemplaires à travers le monde.Moi, je pense qu’autant de gens ne peuvent pas tous se tromper.Et si le livre est bon, imaginez le film.Un film est toujours meilleur que le livre dont il est issu parce que ça demande moins d’efforts, il n’y a pas de longueurs, il y a de la musique, des poursuites de véhicules automobiles, des belles filles, des gros plans de physionomies expressives et du maïs soufflé», a déclaré le citoyen.Le citoyen a reconnu n’avoir absolument aucune notion d'histoire religieuse — «J’ai développé ma propre spiritualité, adaptée à mes besoins personnels, qui ne comprend aucune célébration liturgique plate et permet de coucher avec n’importe qui» — mais adorer tout ce qui ressemble, mçme juste un peu, à un complot.«Juste à l’idée que l’Eglise catholique romaine nous ait menti pendant 2000 ans, je suis tout excité, a-t-il fait savoir.Evidemment, comme je n’ai pas la moindre idée de ce.que l’Église catholique a pu raconter pendant ces 2000 ans, je serais bien incapable de distinguer un mensonge d'une vérité.Mais ça m’excite pareil, bon.J’ai bien le droit.» la?citoyen a souligné qu’il a lu Da Vinci Code «non pas parce que tout le monde en parle et en est tout excité mais parce que je suis féru de littérature».De la même manière, il se dit «épris de théâtre» parce qu’il a vu Droue à onze reprises, passionné de peinture «à condition que ça représente quelque chose» et fanatique de danse moderne, «ainsi que je le démontre chaque semaine en allant m’exprimer corporellement sur la piste chauffée à blanc du Lover’s des pyramides».Il entend par ailleurs continuer à se montrer «avide de lecture» en se procurant toutes les «'livres de Dan Brown et en les plaçant bien en vue dans sa bibliothèque.«En fait, je vais les emprunter à quelqu 'un et ne jamais les lui rendre.Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais le livre est, universellement, la chose la plus empruntée sans être remise.Ça doit être une machination de l’Opus Dei ou quelque chose.» Par la suite, le citoyen poursuivra son habitude de faire du «tourisme culturel» en se rendant à Exeter, au New Hampshire, le lieu de naissance de Dan Brown, avant de mettre le cap sur Old Orchard Beach, où il ira s’imprégner de culture balnéaire.L’an dernier, il était allé aux Régates de Val-leyfield, découvrant avec les yeux d’un enfant la culture du hors-bord sur plan d’eau semi-urbain.Selon le citoyen, et quoi qu’en dise une quantité phénoménale de gens qui ne veulent pas se voir bousculés d;uis leurs certitudes, Da Vinci Code tient moins du roman que de la thèse critique exégétique.«Is dernier livre que j'avais lu avant, L’Almanach du peuple 1990, ça, c’était de la littérature légère à des fins uniques de divertissement.Mais Da Vinci Code.c'est du solide.Moi, un gars et une fille [Attention: d’ici la lin de cette parenthèse, il y a une révélation qui pourrait vous gâcher le suspense si vous allez voir le film sans avoir lu le livre, ou si vous lisez le livre avant d’aller voir le film, ou si vous vivez confortablement dans une autre galaxie que celle-ci depuis trois semaines: cette Hile est la descendante de Jésus] qui mettent au jour tous les secrets de l'histoire de l'humanité en 24 heures tout en se sauvant de la police, je trouve ça éminemment plausible.Des péripéties aussi intenses, ça ne peut pas s'inventer.Il faut que ce soit arrive pour vrai.» Ce n’est cependant pas l’avis de Ron Howard, le réalisateur du film.«Da Vinci Code est une œuvre de pure fiction.Four vous en convaincre, vous n'avez qu'à lire le bouquin, même en diagonale en faisant autre chose, comme repasser des debarbouillettes ou enfreindre le protocole de Kyoto, a dit M.Howard.A un moment donné, quand ils s'enfuient du Ijtuvre, ils remontent une rue de Paris qui.dans la realite reelle.est à sens unique en sens inverse.Or, par-delà le fait qu'ils n'ont pas écoute Bison Eute.les sots, ils n'ont pas d’accident, ni ne sefirnt arrêter par la gendarmerie.la maréchaussée, la cour de cassation, le parquet, la prefecture ou le SAMU.De toute evidence, le travail a été botche.mais nous nous sommes arranges pour que ça ne paraisse pas dans le film, où ce sont plusieurs autres sequences qui sont botchees.» En revanche, a poursuivi M.Howard, si Da Vinci Code est un produit de l'imagination, tout ce qui est écrit dans la Bible et toutes les interpretations qu’en a faites l’Église depuis deux millénaires, de même que tous les dogmes élaborés pendant ce temps, sont rigoureusement fondés sur la vraie de vraie vérité.«Les chrétiens des Etats-Unis d'Amérique peuvent donc aller voir le film en toute quietude.Il n'y a pas là de blasphème mais une sacrée belle occasion de franche rigolade.Far ailleurs, te tiens à signaler que l’ouverture de la mer Rouge, le buisson ardent, la Hotte changée en pinard, le pêche originel, l'enfer, les archanges, l'apocalypse, tout ça est solide C'est prouve.Ceux qui sont contre mon film ont donc tout à fiit raison de se plaindre.Ils adoptent une demarche logique et rationnelle dans leur approche.» A cet égard, M.Howard a dit espérer que la contestation soit la plus étendue possible afin que son chef-d’œuvre du septième art suscite une controverse de tous les diables et gagne donc plus d'argent.«Remarquez, si ça ne fonctionne pas, si mon film est si mauvais que tout le monde s'en fiche, j'ai déjà une idee de rechange pour ioutrt le bordel.On refut le même truc, mais à la place du sourire de lajoconde.on met des caricatures du prophète, enfin vous savez de qui je parie » Signalons enfin que Dan Brown travaille actuel lement à un autre ouvrage monumental intitule >V dohu Code, dans lequel un arrière-arrière-arrière-40 fois-arrière-petit-neveu d’un elohim réussit à placer le 4 dans sa grille tout en fuyant entre Thetford Mines et Acton Vale des terroristes nus qui veulent dissimuler le Lut que.depuis la nuit des temps, les concepteurs de sudoku font exprès pour ne pas mettre tous les chiffres dans le carre et que résoudre un sudoku est comme lire Da lïwri Code: une fois qu’on a fini, on sent confusément qu’on ne sait ims pourquoi on l’a fait.jdiorea Iode voir, corn Référendum sur l’indépendance du Monténégro La « clarté référendaire » vire au gris Les Monténégrins se prononceront demain sur le lien fédéral qui les unit à la Serbie CLAUDE LÉVESQUE Tout indique que le référendum sur l’indépendance du Monténégro, qui se tiendra ce dimanche, produira un résultat très serré.Si 55 % des électeurs monténégrins choisissent de briser le ben fédéral qui les unit à la Serbie, on assistera au dernier épisode du démantèlement de l’ancienne Yougoslavie, cette fédération des «Slaves du Sud» créée en 1918 (sous un nom différent à l’époque).Cette règle de 55 %, adoptée sous la pression de l’Union européenne (UE) à laquelle les deux républiques souhaitent adhérer, crée en fait une «zone grise» qui ne contribuera pas exactement à ce qu’une autre fédération bien connue se plaît à appeler la «clarté référendaire».En effet, rien de précis n’a été prévu si le vote indépendantiste dépasse le seuil de 50 % sans atteindre celui de 55 %.L’envoyé spécial de l’Union européenne au Monténégro, le Slovaque Miroslav Lajcak, l’a répété à quelques occasions.Il n'en a pas moins affirmé qu’un résultat situé dans la «zone grise» devrait entraîner des négociations visant à redéfinir la nature des relations entre le Monténégro et la Serbie.Sous la pression européenne également, une fédération réunissant la Serbie et le Monténégro (la seule république de l’ex-Yougoslavie qui n’a pas encore fait sécession) avait été formée en 2003, avec la possibib-té d’un référendum sur l’indépendance au bout de trois ans.Le premier ministre monténégrin et chef des indépendantistes, Milo Djukanovic, a exclu de déclarer unilatéralement l’indépendance si une majorité simple du oui se dégageait dimanche.Dans cette éventualité, il prévoit lui aussi des négociations avec la Serbie.Il a toutefois ajouté que toute entente conclue dans ce cadre serait temporaire, l’indépendance étant selon lui inévitable à terme.Cité récemment par [’International Herald Tribune, il a déclaré que «l'union existante aura perdu sa légitimité» si on compte plus de votes pour le oui que pour le non.Les sondages indiquent que le vote sera très serré.La plupart des enquêtes menées au cours des derniers mois accordent environ 55 % au oui.La proportion des indécis se chiffrerait cependant à 15 %.Blocage avec l’UE La Commission européenne de Bruxelles a recommandé, en mars 2005, l’ouverture de négociations d’un «accord de stabilisation et d'adhésion» avec la Serbie-Monténégro.C’est la procédure habituellement suivie avec les candidats à l’entrée dans le club euro-péen.Ces pourparlers, qui ont débuté en octobre, ont été suspendus début mai parce que la Serbie n’a pas encore livré au Tribunal pénal international sur la Yougoslavie flT’I-Y) le chef militaire des Serbes de Bosnie, Radko Mladic, accusé de crimes de guerre et de genocide commis dans les années 1990.Ce blocage va sans doute renforcer le vote indépendantiste, les Monténégrins se sentant pris en otages par la Serbie dans le dossier de l'adhésion à l'Union européenne.«// y a un fondement culturel et ethnique au sentiment indépendantiste.L’identité monténégrine repose sur le sentiment d’une histoire particulière et sur le souvenir d'un Etat indépendant qui a existé entre 1878 et 1918», affinne Reneo Lukic, professeur de relations internationales au département d’histoire de l’Université laval.«A cela s’ajoute un facteur conjoncturel: la Serbie se trouve dans une situation bloquée sur le plan intérieur et extérieur.[.] Im Serbie est perçue comme un fardeau» par plusieurs Montenegrins, ajoute M.Lukic, auteur de L’Agonie yougoslave, 198&2003 (Presses de l'Université Laval, 2003).L'indépendance du Monténégro compliquerait un peu les négociations d’adhésion, mais Bruxelles s’est déjà dit prête à mener des pourparlers avec le nouvel Etat.C’est surtout le souvenir des guerres qui ont suivi les declarations d’indépendance dans les autres anciennes républiques yougoslaves (environ 200 (XX) morts) qui hante les responsables européens.Des quatre républiques ayant quitté la fédération depuis 1990, seule la Macédoine a pu éviter un conflit.La Slovénie s'en est tirée avec une guerre éclair, mais la Bosnie et la Croatie ont payé très cher leur accession à l'indépendance.L'Union européenne n'a jamais caché sa preference pour le maintien de l'actuelle fédération ser-bo-monténégrine.En même temps, elle a insisté sur le respect du processus démocratique, notamment sur le droit de tenir un référendum sur le statut du Monténégro.L’UE craint que l’indépendance du Monténégro ne provoque une nouvelle vague de désintégration politique d;ms les Balkans, le statut du Kosovo, une province de la république de Serbie, fait actuellement l'objet de négociations sous l'égide de l'Organisation des nations unies.L'indépendance de cette région parait inevitable si jamais sa population avait l'occasion de se prononcer par référendum.Les Européens ne la souhaitent pas.A >y- X M,; i .i» A *:?*1*1 a >i STF.VO VAS1UEVIC REUTERS Les partisans du oui, tout comme ceux du non.ont manifesté leur préférence au cours de la campagne.car ils craignent que cette indépendance entraîne la partition du nouveau pays, où la majorité albanaise et la minorité serbe semblent irréconciliables.En Bosnie, les Serbes, qui vivent séparés de la majorité musulmane, pourraient également être tentés de former un nouvel Etat indépendant.Les « pure-laine » Li politique européenne au Monténégro a ceci de paradoxal: l’UE favorise le camp du non alors que c'est l’autre camp qui compte les plus chauds partisans de l’adhésion.le chef du camp du oui, Milo Djukanovic, a commencé sa carrière politique en 1991 comme protégé et allié du nationaliste serbe Slobodan Milosevic.Il a pris ses distances par rapport à ce dernier à mesure que la Serbie s'est isolee de la communauté internationale.En 1997, il s’est formellement rallié au mouvement indépendantiste naissant.Grosso modo, les Monténégrins «pure laine» (43 % de la population) seraient assez majoritairement favorables à l'indépendance, tout comme les minorités albanophone, croate et bosniaque musulmane.Les Serbes (32 %) s'y opposeraient majoritairement.faisant valoir qu'il n’y a pas de véritable distinction à faire entre Serbes et Montenegrins, les deux groupes et;mt notamment unis par la langue et la religion chrétienne orthodoxe.les liens officiels entre la Serbie et le Monténégro sont limites.Sur le plan monétaire, la première utili- se le dinar tandis que le second transige en euros.Chaque république possède son propre service des douanes et sa propre police des frontières.En revanche, plusieurs Monténégrins ont de la famille en Serbie, où ils peuvent fréquenter les universités et recevoir des soins de santé dans les hôpitaux, tandis que plusieurs habitants de la Serbie possèdent des propriétés sur les rives monténégrines de l'Adriatique.La Serbie n’a pas d’ouverture sur la mer.Le professeur Reneo Lukic estime peu probable la montée d’un mouvement partitionniste en cas de victoire des indépendantistes.«Le processus référendaire imposé par l’Union européenne repose sur une attitude loyale de l’opposition, qui l'a accepté», précise-t-il.les dirigeants politiques à Belgrade ont certes fait des déclarations attendries sur les liens étroits entre les deux composantes de la fédération.Il reste que la population de la Serbie, treize fois plus nombreuse que celle du Monténégro (huit millions contre 620 000), semble resignée au divorce, selon un sondage réalisé la semaine dernière.Les forces armées sont placées sous la responsabilité commune des deux Etats fédérés.Cela joue plutôt en faveur du camp du oui.Les risques d’intervention militaire fédérale s’en trouvent réduits puisque tout déploiement de troupes doit en principe être approuvé par les deux entités.Le Devoir Arec Reuters et l'Agence France-Presse ECOLE SUITE DE LA PAGE B 1 habitudes scolaires.«Je leur fins écouter de la musique dïci.mais pour l'instant, ça ne leur dit rien, ils ne trouvent pas que c'est île la vraie musique.» En effet ouvrir les coffres culturels québécois aux nouveaux arrivants n'est pas une garantie de succès immédiat.Ut vole secondaire Saint-Henri Ta appris à la dure il y a une dizaine de jours.Lors d’une soiree destinée à célébrer un «projet de charte multiculturelle».la prestation du groupe rap québécois .Attache ta tuque n'a pas soulevé les passions chez une centaine d'elèves de Tecole, issus de la communauté noire.Et si elk' a soulevé quelque chose, ce n'était pas l'admiration folle mais plutôt un bruyant manque de respect.qui en a choqué plus d'un.«Ça n’a pas passe du tout pour ces jeunes-là H y en a un ou deux qui ont dit: X'est plaie, ça! (u veut rien dire pour nous!’, et ils ont entraîne tous les autres à le dire, à .faire du bruit ("était vraiment pas ’oii de voir ça.» Michael P.Parkas raconte cet incident avec cœur, expliquant que «ce n est pas parce qu 'ils parlent le français que le rap québécois est une reference pour eux.même que ça les de- range parce que c'est comme si on leur enlevait quelque chose».Michael est -médiateur urbain» pour le Burgundy Urban Mediation Project (BUMP).Sorte de courroie de transmission, espèce d’agent de paix invite à intervenir entre autres à l'école mais aussi dans d'autres sphères de la Petite-Bourgogne, le médiateur, lui-mème issu de la communauté noire, prône les actions incarnées dans le quartier et se méfié des grandes politiques.•Nous, dans la Petite-Bourgogne, on est partis d une realite très concrète, du lait qu il y avait des meurtres dans le quartier, un gros malaise», explique Michael P Parkas.«Il fiant que ce soit vrai, que ça parte du vrai momie et de leurs traies réalités pour que ça fimetumne.» Invites de la sorte à venir vider leur sac au micro, les parents ont-ils tout dit?.Alors que les médias font leurs choux gras des kirpans, des fourchettes, des voiles et des salles de prière, les questions d’intolerance, voire de racisme, si peu nommées lors de ces deux premières journées de consultation, ne se-raient-efies finalement que l'affaire des tribunaux et des journaux?Pour Bergman Fleury, coquinement surnommé < «Monsieur accommodement raisonnable» à la CSDM, ces histoires sont pourtant monnaie courante.C est à lui qu'on demande de trouver des terrains d entente lorsqu'une direction, une enseignante ou un parent lui soumet une zone de friction à adoucir, qu il s agisse de religion, de culture ou tout simplement de valeurs.«Oui.on me soumet des cas régulièrement», explique le conseiller pédagogique, lui-mème issu de la communauté noire.«Mais la majorité de ces histoires se règlent en dehors de la scène publique.U y a des cas où la recherche d'un accommodement raisonnable est pertinente, mais parfois, elle ne l’est pas.Ce n’est pas parce qu'on est ouvert qu'on doit tout tolérer» C'est en juin que les commissaires de la CSDM, très presents aux activités de cette semaine, devront brasser toutes ces idées et en faire un plan d'action soumis au vote.«Je suis ravie.Je suis très touchée de toir tous ces gens qui ont répondu à l appel», expliquait Diane De Courcy cette semaine.«Cétait un pari risque.mais nous l'atons pris.Je suis contente de voir que ça peut delà porter des .fruits.• Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MAI 2 0 0 6 B 3 PERSPECTIVES \ ».r i ! ¦ CHRIS WATTIE REUTERS CHRIS WATT1E REUTERS Stephen Harper en compagnie du premier ministre australien Stephen Harper a rencontré le président américain George W.John Howard.Bush peu après son élection.Changement de cap à Ottawa Les affaires étrangères occupent beaucoup de place à la Chambre des communes La semaine aura été des plus mouvementées sur la colline parlementaire à Ottawa: débat sur les changements climatiques, vote sur le prolongement de la mission en Afghanistan et visite en grande pompe du premier ministre de l’Australie, sans compter, évidemment, la gaffe protocolaire à l’arrivée d’Abdou Diouf.Cette série d’événements donne un aperçu de la direction qu’entend donner le premier ministre Stephen Harper à la politique internationale du pays: un Canada davantage aligné sur les États-Unis et résolu à s’imposer sur la scène mondiale comme un acteur significatif sur le plan militaire.HELENE BUZZETTI Ottawa — Rarement les affaires étrangères occupent-elles une place si prépondérante dans les débats à la Chambre des communes.Cette semaine, les députés de l’opposition n’en avaient que pour le secrétaire général de la Francophonie, la rencontre internationale sur les changements climatiques de Bonn et les militaires postés à Kandahar.Au point où même le rapport de la vérificatrice générale — un fait habituellement marquant sur la colline — est passé presque inaperçu, tout comme la réponse que lui a servie le gouvernement en émasculant le registre des armes à feu.«Stephen Harper, depuis qu’il est élu, est en train de faire sa marque par les affaires internationales», croit la députée Francine Lalonde, critique officielle en matière d’affaires étrangères pour le Bloc québécois.Car aux événements de la semaine, il faut ajouter l’entente obtenue avec les Etats-Unis sur le bois d’œuvre (que plusieurs dans l'industrie considèrent comme une reddition), les modifications apportées en catimini au Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) et, surtout la précipitation du Canada à couper les vivres au Hamas récemment élu en Palestine, devenant ainsi le premier p^ys à révéler ses intentions, avant même les États-Unis et l’Union européenne.«fy ai clairement vu la marque du premier ministre qui voulait, à la veille de son voyage aux Etats-Uni^, dire que nous sommes fermement derrière les Etats-Unis dans la guerre au terrorisme», dit Mme Lalonde.Dans les cercles diplomatiques à Ottawa, tous concèdent que le gouvernement canadien aurait suivi la tendance occidentale et boycotté le Hamas, quoi qu'il arrive, mais que c'est la rapidité de sa décision qui a refroidi les Palestiniens et sapé la réputation canadienne de neutralité devant la situation au Moyen-Orient «On ne peut pas être des apprentis sorciers en affaires internationales parce qu’on joue régulièrement avec le feu, croit Mme Lalonde.Chez les libéraux et les néo-démocrates, les critiques envers le gouvernement Harper sont encore plus acérées: les conservateurs s'alignent sur George W.Bush, répète-t-on, le nom du président américain étant utilisé comme un épouvantail.•Notre programme en politique étrangère consiste désormais à tout faire pour se faire bien voir de George W.Bush et de son administration», lance Alexa McDonough, du NPD.•C’est la seule explication à toutes ces choses que nous faisons ces jours-ci, y compris la manière dont nous nous ridiculisons à propos de Kyoto et des changements climatiques.» Le libéral Stéphane Dion renchérit: l’empreinte Harper, selon lui, c’est •l'empreinte Bush».L’ex-ministre de l’Environnement ne pardonne pas aux troupes conservatrices d'avoir renoncé au leadership canadien qu’il avait lui-même conquis à Montreal l'automne dernier dans le dossier des changements climatiques.«Le Canada était un leader qui poussait dans le dos d’un peu tout le monde [.] et, tout d'un coup, le Canada est le premier pays de Kyoto qui.sans sortir,formellement du protocole, en sort dans les faits.La communauté internationale se demande ce qui se passe avec ce pays.Celui qui était le moteur est devenu le frein.» Quelle mouche a piqué Harper?Les analystes de la question internationale interrogés cette semaine ne donnent pas tout à fait tort à Mme Lakmde, Mme McDonough et M.Dion.•Stephen Harper nous surprend tous parson assurance, sa détermination, son fil conducteur, ses objectifs», dit Charles-Philippe David, titulaire de la chaire RaouLDandurand en etudes stratégiques a fUQAM.«Dans le cas de l'Afghanistan, c’est quand même étonnant qu’un premier ministre d’un gouvernement minoritaire engage le pays dans une mission de longue durée envers et contre une majorité de l'opinion publique canadienne et une très large majorité de l’opinion publique québécoise, qu’il tente par ailleurs de se gagner.Essayez de comprendre!» Gordon Mace, directeur du Centre d’études interaméricaines à l’Université 'aval, abonde dans ce sens.S’il estime que les récentes décisions de M.Harper relèvent parfois du calcul politique (le Québec à l’UNESCO) ou du règlement d'irritants (le bois d'oeuvre), la prolongation de la mission en Afghanistan jusqu’en février 2009 démontre une •philosophie politique précise, une philosophie du Parti conservateur» selon laquelle «il faut participer à l’effort de guerre, il faut qu’on appuie nos amis les Américains».Le risque, selon le professeur Mace, c’est qu’une telle décision idéologique nuise à la popularité de M.Harper à mesure que les morts s’accumuleront en Afghanistan, •comme pour M.Bush aux États-Unis à cause de l’Irak».L'avantage, c’est qu'il redonne un rôle au Canada.«Ça nous change beaucoup des bombardements du Kosovo, où ils avaient oublié d'inviter le ministre canadien de la Défense quand l’OTAN s'était réunie pour décider de cette opération-là!» Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, se demande si l’accord sur le bois d'œuvre (qui, tout dénoncé soit-il, a au moins mis un terme à une longue saga juridique) n’a pas obligé le Canada à se commettre pour l’Afghanistan et le NORAD.«L’a-t-il fait en contrepartie d’autre chose?En effet, un mois plus tard, le Canada a renouvelé l’accord du NORAD sans débat approfondi.On levait quand même la clause de renouvellement et on étendait les responsabilités a l’espace maritime!»* Ce débat sur l’Afghanistan a par ailleurs permis à Stephen Harper d'affaiblir ses rivaux liberaux: 24 députés, dont les candidats au leadership Michael Ignatieff et Scott Brison, ont voté en faveur de la prolongation de la mission canadienne.Paul Martin et ses ex-ministres John Godfrey, Ralph Goodale et Irwin Côtier n'ont pas daigné s’engager.Bob Rae, bien que non élu à la Chambre des communes, a fait savoir qull n’aurait pas donné son aval à la pro- « Notre programme en politique étrangère consiste désormais à tout faire pour se faire bien voir de George W.Bush» longation.Stéphane Dion, quant à lui, a voté contre et a même fait parvenir une lettre ouverte hier pour expliquer sa décision.«Quoi qu’en dise M.Harper, notre parti est uni, écrit-il.La vérité est plutôt que le premier ministre a tenté de prendre le Parlement en otage.» Le chef intérimaire Bill Graham a cependant avoué: «J’aurais préféré un caucus plus uni ».Doux euphémisme.Des comparaisons révélatrices la semaine a aussi permis de comparer le traitement réservé aux différents dignitaires en visite au Canada: une réception de première classe pour le premier ministre de l'Australie, John Howard, et l’absence de comité d'accueil à l’aéroport de Toronto pour le secrétaire général de la Francophonie et ex-président du Sénégal, Abdou Diouf, ou encore le refus de M.Harper d’être vu en présence du président haïtien élu, René Préval.Stéphane Dion accepte de comparer et conclut que «si M.Diouf avait un discours idéologique qui lui plaisait, il aurait été bien reçu».Selon le candidat au leadership, «M.Harper aimerait créer une internationale des conservateurs».Il y aurait un caractère symbolique fort à ce que nul autre que M.Howard soit le premier à rendre officiellement visite au nouveau gouvernement à Ottawa.Nos trois universitaires pensent plutôt que l'incident Diouf constitue rien de plus qu’une gaffe de débutant maladroit Quant à elle, Mme McDonough déplore l’occasion ratée avec M.IVé-val.«Nous avions une occasion historique de démontrer notre appui au nouveau gouvernement haïtien.Je crois que l’administration Bush ne voit pas nécessairement le gouvernement Préval d’un aussi bon œil, et c'est pourquoi sa visite a été minimisée ici» John Howard a profité du privilège qui lui a été accordé de s’adresser à la Chambre des communes pour faire l’éloge de la politique étrangère américaine.Mme Lalonde indique que seuls Bill Clinton, Nelson Mandela, Kofi Annan et Tony Blair ont eu droit à cet honneur au cours des récentes années, «l/i seule raison pour laquelle il a été reçu de cette façon-la, c'est parce qu’il est un ami de M.Harper C’était du bonbon C’était un appui idéologique aux positions que M.Harper a prises.• Charles-Philippe David est d’accord.«A/ Howard est exactement dans le même lit que M.Harper sur la façon de voir et de concevoir ce qui se passe dans le monde.Cela ne peut que faire plaisir à M.Bush car les relations entre MM.Howard et Bush sont extrêmement étroites.LAustralie, c’est le porte-avions des États-Unis en Asie.» Le Devoir Michel David Les p’tites vites Quelqu’un de plus éloquent que la ministre de la Famille, Carole Théberge, aurait peut-être pu justifier que le gouvernement tasse un accroc à la règle pour accorder un bureau de coordination des CPE à la communauté juive, qui bénéficie depuis longtemps d’institutions scolaires et hospitalières sans équivalent dans les autres communautés culturelles.Malheureusement, chaque fois qu’elle tente d’expliquer quelque chose, Mme Théberge s’embrouille et ne réussit qu'à renforcer les soupçons.l’affaire est sans doute moins choquante que celle des subventions aux ecoles privées juives, qui avait contraint le premier ministre Jean Charest à une humiliante volte-face l'an dernier, mais il serait tellement plus simple d’appeler un chat un chat, et unç exception une exception.A entendre le baragouin de la ministre, cela ressemble fort à une autre de ces «p'tites vites» que le gouvernement Charest tente régulièrement de nous passer.Si les médias, Le Journal de Montréal cette fois-ci.n’avaient pas découvert le pot-aux-roses, il ne s’en serait certainement pas vanté.• Tout s’est fait selon les règles», a-t-elle protesté à l'Assemblee nationale, même si la demande du regroupement de CPF Gan Unifie, administré par la Jewish Family Services, qui souhaitait se constituer en bureau de coordination, a été présentée après la date limite pour les mises en candidature.Il en a résulté un réaménagement de dernière minute des responsabilités des autres bureaux de coordination sur le territoire couvert par le CSSS de la Montagne et un chevauchement de responsabilités sans équivalent ailleurs.Alors que le comité-conseil qu’elle avait elle-même créé recommandait de choisir les bureaux de coordination sur une base territoriale plutôt que confessionnelle ou ethnique, Mme Théberge a fait exactement le contraire.?le ton du débat commence déjà à ressembler à celui de l'automne dernier sur la réforme des CPE, quand la ministre s’était effondrée pendant la période do questions.Jeudi, le leader parlementaire du gouvernement.Jacques Dupuis, a senti le besoin de voler au secours de sa collègue, totalement démunie sous les attaques du député péquiste de Blainville, Richard Legendre, qui n'est pourtant pas un foudre de guerre.M.Dupuis a même jugé nécessaire de brandir le spectre de l'antisémitisme.C’est bien mal parti.Au moment où une commission parlementaire s'apprête à examiner le projet de vente d’une partie du mont Orford, cette nouvelle cachotterie du gouvernement ne peut que renforcer l'impression selon laquelle il a des motivations autres que le bien public, qu'il s’agisse d'avantager un promoteur immobilier ou de répondre aux «représentations em pressées» de la communauté juive, évoquées par la chef de cabinet de Mme Théberge.Avec toutes ces entourloupettes, comment s’étonner qu'il batte des records d'impopularité?Une telle insatisfaction à l’endroit d'un gouvernement vieux d’à peine trois ans est si remarquable que l'Acfas a jugé utile de se pencher sur son cas à l'occasion de son congrès annuel, qui a pris fin hier.Après un travail de bénédictin pour répertorier 476 engagements électoraux pris par le l’LQ et surtout pour évaluer dans quelle mesure ils ont été tenus, une équipe de l’Université Laval a calculé que le taux de réalisation s’élève en ce moment à 55 %.D‘s auteurs de cette étude estiment que d’ici la fin de son mandat, le gouvernement Charest aura tenu plus de 60 % de ses engagements, ce qu'ils considèrent comme un résultat honorable.Même si le dernier sondage li-ger Marketing notait le non-respect des engagements du gouvernement comme principal motif d’insatisfaction des électeurs, celle-ci ne serait donc pas justifiée de fa çon objective par le bilan gouvernemental.• y Carole Théberge Stephen Harper a rencontré Hamid Karzai lors de son voyage en .Afghanistan.AHMAO MA IRM' ?lœ problème, c'est que toutes les promesses n'ont pas le même poids.On ne peut pas mettre sur le même pied celle de baisser les impôts d’un milliard de dollars par année pendant cinq ans, qui n'a pas été tenue, et celle d’introduire l’enseignement de l'anglais dès la première année «lu primaire, ce qui sera chose laite en septembre.Les chercheurs de (.aval le reconnaissent volontiers, mais ils n’ont pas trouvé le moyen de pondérer les engagements.il est également possible que des engagements électoraux, tenus ou non, ne correspondent pas aux souhaits de la population.Ou encore que les résultats ne soient pas a la hauteur des espé rances Le FIT) avait promis la tenue de référendums sur les défusions municipales, mais la situation qui en a résulté indispose presque autant ceux qui en souhaitaient que ceux qui s'y opposaient.Jusqu'à présent, ce sont plutôt les initiatives prises par le gouvernement sans en avoir dit un seul mot avant les élections de 2003 qui ont soulevé le plus grand tollé: Suroît, subventions aux écoles privées juives, mont Orford, etc.On pourrait dire la même chose du gouvernement péquiste, qui n’avait jamais parlé de regrouper les muni cipalités de force.Le premier ministre aurait eu moins de problèmes s’il avait suivi son propre conseil de concentrer les mesures les plus controversées au début de son mandat.Fendant la première année, il s’en est pris aux syndicats, mais il ne lui est apparemment jamais venu a l’esprit que la population pouvait aussi avoir certaines idée sur le genre de société dans laquelle elle souhaitait vivre.Fendant la campagne de 2fK)3, M Charest était resté très vague a propos de la révision du rôle de l’Etat la réalité de la «réingénierie» qu'il projetait est apparue seulement apres les élections.On ne connaissait pas non plus sa propension à confondre l’intérêt public et les intérêts privés.Même s’il a été forcé de battre en retraite a plusieurs reprises, on connaît maintenant ses intentions et sa façon occulte de procéder.Si les libéraux sont réélus, personne ne pourra prétendre qu’il n'a pas voté pour cela mdavuta ledevfnr.com ! B 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MAI 2006 EDITORIAL Le début de la fin Le juge Robert Mongeon de la Cour supérieure vient de décréter la faillite personnelle de l’ancien patron de Norbourg, Vincent Lacroix.À l’évidence, cet homme a trompé tout le monde, et la décision rendue hier n’est que le premier pas sur la longue route qui pourrait un jour le conduire derrière les barreaux.Pendant ce temps, les investisseurs floués attendent toujours de recouvrer une partie de leur argent V ssr ipp, "f Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR incent Lacroix est en faillite! Quelle surprise! Après avoir détourné des dizaines de millions de dollars à des fins personnelles en pigeant carrément dans le capital des investisseurs, voilà notre cow-boy de la finance sur la paille, privé de la trentaine de millions volés qui lui restaient.Dans sa décision qui ne concerne que l’individu Lacroix et non les sociétés Norbourg dont il était le patron, le juge Mongeon n’y .est pas allé de main morte.Même s’il ne lui revenait pas de porter un jugement de nature pénale ou criminelle sur les gestes de Lacroix, le juge s’est tout de même permis de dire que l’homme d’affaires avait volé les investisseurs, manipulé les comptes et trompé ses créanciers.«Les actes de faillite de M.Lacroix sont nombreux et il semble être le seul à penser qu'il ne les a pas commis.» Cette constatation, tous ceux qui ont suivi cette triste histoire jusqu’ici sont en mesure de la faire.Voilà un homme d’un sans-gêne incroyable qui continue de prétendre qu’il n’a trompé personne et qu’il reste le meilleur défenseur des investisseurs.Pourtant, la preuve soumise cette semaine devant la cour montre sans l’ombre d’un doute que Lacroix faisait transférer des sommes colossales des sociétés d’investissement dont il était le président vers des comptes bidon auxquels il avait accès.Cet argent lui a permis de faire l’acquisition d’un hôtel, de maisons, d’actions et de biens de luxe pour lui-même et pour d’autres.C’est d’ailleurs sur ces faux «revenus» que les gouvernements lui réclament des dizaines de millions en impôts impayés.Et c’est aussi pourquoi les gouvernements devraient abandonner leurs propres demandes de règlement au profit des investisseurs qui, eux, ont vraiment perdu 130 millions dans l’aventure.La requête de mise en faillite avait été déposée par Revenu Québec avec l’appui du syndic à la faillite des cinq sociétés du groupe Norbourg.Au total, Vincent Lacroix devait personnellement entre 60 et 70 millions, sans compter les 130 millions évaporés que lui réclament les investisseurs floués.Quant aux 70 millions restants dans les fonds et que Lacroix n'avait pas eu le temps de siphonner au moment de l’arrêt des transactions, l’été dernier, il faudra attendre avant qu’un juge ne détermine la façon dont ils seront redistribués entre les investisseurs.Un autre beau casse-tête! Vincent Lacroix devra maintenant faire face à 51 accusations d'ordre pénal déposées par l’Autorité des marchés financiers, chacune étant passible de millions de dollars d’amende et de peines de prison allant jusqu’à cinq ans chacune, puis, éventuellement, à des accusations de nature criminelle celles-là si les enquêtes en cours aboutissent.Le moins que l’on puisse dire, c'est que l’homme n’est pas sorti du bois! ?Cela étant, plus nous en apprenons sur cette affaire, plus la nécessité d’une enquête publique sur le§ organismes de contrôle des marchés financiers devient évidente.A partir de ce qu’on sait, il est permis de croire que l’Autorité des marchés financiers disposait de suffisamment d’indices pour intervenir longtemps avant qu’un employé de Norbourg, lui-même ancien salarié de l’AMF, ne dénonce son patron en retour d'une promesse d’immunité.Comment expliquer ce retard aux conséquences désastreuses pour les investisseurs?Et que dire des firmes qui devaient assurer la vérification des livres et des transactions de Norbourg?Le cas de Norbourg est loin d'être le seul qui justifie la tenue d’une telle enquête.Au cours des derniers mois, des milliers d’autres investisseurs ont aussi perdu des millions de dollars dans des fraudes impliquant les sociétés Mount Real (140 millions), Norshield (480 millions) et Cinar.Si le Québec tient à l’existence autonome de son autorité des marchés financiers, il devient urgent de rétablir sa crédibilité aux yeux des investisseurs, d'ici et d’ailleurs.j- rsa nsfaconia'telle voir, corn FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 19X0, FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE (AmSUoSC) VottîvM&PAÇ.VM PouVfz PAS.S'.V, tM ” "• ^ mm.Les miettes du gâteau canadien pour le Québec Lettre à Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales du Québec Mme la ministre, Dans un conunentaire du Devoir destiné à mettre en valeur les gains d’une entente permettant au Québec d’être représenté au sein de la délégation du Canada à l’UNESCO, vous tentez de justifier l’enthousiasme de votre gouvernement.Or le Québec vient tout simplement d’acquérir, avec cette entente, quelques miettes du gâteau qui auraient dû lui être dévolues depuis longtemps dans tout régime fédéral qui aurait reposé sur d’autres ambitions que celles du Parti libéral du Canada.Cette maigre concession n’est rien d’autre que le fruit du calcul de Stephen Harper, qui lui aura valu de faire élire au Québec la députation que l’on sait Mais pourquoi s’en formaliser?Vous avez pleinement raison de vous réjouir que ce qui revient au Québec dans un régime fédéral lui soit enfin rendu.Tous ceux, souverainistes et autres, qui luttent pour voir grandir le Québec ne tourneront pas le dos à ce qui représente l’ombre d’une forme de reconnaissance de sa spécificité.Pour le reste, Mme Gagnon-Tremblay, de grâce, ne nous enfoncez pas dans les méandres de vos manœuvres politiciennes.Vous vous réjouissez que le Québec obtienne dans le dossier de l’UNESCO ce qu’un fédéralisme élémentaire lui devait?Très bien.Vous vous félicitez que le Québec ait une minuscule part du gâteau dans la représentation du Canada?Bien pour vous.Mais ne déguisez donc pas ainsi les faits.Votre appétit pour le Québec est limité et personne ne vous en félicitera.Ni Louise Beaudoin ni Daniel Turp n’ont souhaité que LETTRES -+- le Québec se contente d’un morceau du gâteau canadien, arraché de surcroît dans sa partie la plus sèche.N’avez-vous donc rien compris?Entre manger sa part du gâteau et en être le cuisinier, il y a la même différence qu’entre se satisfaire des compétences qui nous sont accordées et être l’auteur de ses propres lois.Dans un cas, c’est le régime politique, ici le fédéralisme canadien, qui accorde aux provinces des cqmpétences; dans l’autre cas, c’est le statut d’État qui donne les pleins pouvoirs.Soyons sérieux, Mme Gagnon-Tremblay! Dites les choses comme elles sont vous préférez vous féliciter des quelques miettes âpre-ment négociées avec le reste du Canada plutôt que de souhaiter pour votre communauté, le Québec, les pleins pouvoirs d’un Etat Anne I .égaré Ancienne déléguée du Québec en Nouvelle-Angleterre Paris, le 17 mai 2006 Saint-Benoît-du-Lac se choisit un nouvel abbé Les moines de l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac procèdent ces jours-ci à l’élection d’un nouvel abbé en remplacement de dom Jacques Gameau, démissionnaire.Dom Garneau avait succédé à dom Odule Sylvain qui.le premier, a occupé la fonction abbatiale lorsque le statut d’abbaye a remplacé celui de prieuré, en 1952.Bien qu’un abbé puisse être élu à vie, dom Sylvain est demeuré en poste durant 31 ans.Comme deuxième abbé, dom Jacques Garneau a rempli un mandat très fructueux de tout près de 23 ans: parachèvement de l’église abbatiale, installation d’un nouvel orgue, réorganisation et informatisation de la biblio- thèque, améliorations apportées à la fromagerie, agrandissement du magasin, restauration de la villa Sainte-Scholastique et combien d’autres réalisations importantes.De façon prioritaire, dom Garneau a toute fois fait porter ses efforts sur la vie communautaire, la vie de prière et de travail.Saint-Benoît-du-Lac se distingue par la beauté de sa liturgie, ses célébrations préparées avec minutie, ses homélies et ses enseignements toujours pertinents, la célébration méthodique des heures, de telle sorte que la cinquantaine de moines offrent aujourd’hui le témoignage d’une communauté à la fois priante et studieuse.L’occasion de cette démission-surprise est particulièrement bien choisie pour rendre hommage à dom Jacques Garneau, qui s’est acquitté de sa tâche avec mérite et distinction.Sous son habile direction, il a su mener à terme des projets d’envergure; inspiré par la règle de saint Benoît.Il a réussi à transmettre à un large public les valeurs de paix, de foi et d’unité, un message toujours d’actualité.Comme des milliers de Québécois et de touristes qui se rendent à l’abbaye chaque année, j’ai pu bénéficier de l’accueil et de ITiospitalité de l’abbé et des moines de Saint-Benoît-du-Lac.Que dom Gameau soit félicité pour le magnifique travail qu’il a accompli et qu’il trouve ici des remerciements bien mérités.Je souhaite aux moines de faire un choix aussi éclairé que lors des élections précédentes.Comme les deux premiers abbés qui ont marqué l’histoire du monastère bénédictin à leur façon, que le nouvel abbé continue une tradition qui a débuté en 1912 et qui, depuis lors, a influencé l’histoire religieuse du Québec et du Canada.Gilles Carignan Québec, mai 2006 R E V U E 1) E PRESS E Ça se bouscule M a n o n Corne/lier Semaine politique chargée à Ottawa, où les décisions controversées ont rivalisé avec le bilan souvent louangeur du gouvernement Harper, le vote serre pour prolonger la mission militaire en Afghanistan et la suspension de la portion du Registre des amies à feu touchant les amies de chasse ont divisé les chroniqueurs et les journaux.Mais, au-delà du mandat qu'il a arraché pour les troupes en Afghanistan, note John Ibbitson, du Globe and Mail, c’est avant tout la division au sein du Parti libéral et entre les candidats à la direction du parti qu’il a réussi à exposer.Il faudra voir, écrit le journaliste, si ce fossé aura des conséquences aussi graves pour les libéraux que le débat sur l’Europe en a eues sur les conservateurs britanniques.11 note que le PLC a connu d’autres affrontements par le passe, y compris sur l’accord du Lac-Meech lors de la course au leadership de 1990.11 pense cependant que la division actuelle pourrait faire plus de dommages.D’abord, elle isole Michael Ignatieff et Scott Brison, les deux seuls aspirants leaders à avoir appuyé la prolongation de la mission.Sans autre appui possible que ceux de Brison, Ignatieff.considéré comme un des favoris, pourrait voir la victoire lui échapper.11 y a d'autres candidats de qualité, mais si le prochain chef l'emporte sur la base de son opposition à la prolongation de la mission afghane, cela pourrait nuire à la percée du parti à l’extérieur des centres urbains.Ibbitson note que les liberaux défendent actuellement des positions populaires auprès de leur base traditionnelle.Le problème est que cette dernière est devenue trop étroite pour les porter au pouvoir.Et Stephen Harper fût tout pour que cette hast' demeure exsangue, note Jeffrey Simpson, qui fusait le bilan des KX) premiers jours du gouvernement Har-per dims le Globe and Mail.Comparant la perfonnan-ce de Harper à celle d’un général.Simpson souligne que le succès pour un bon officier est d’arriver à occuper le territoire ennemi.C’est exactement ce que parvient à faire le chef conservateur en ce moment auprès de deux clientèles bien précises: les francophones québécois et les communautés ethniques.Il a su exploiter la colère des Québécois envers les libéraux à la suite du scandale des commandites, mais il a aussi eu l’habileté de les tlutter en leur portant une attention soutenue, en tenant un discours prometteur et en faisant des gestes symboliques.Ne tenant rien pour acquis cependant, son parti s’emploie maintenant à bâtir une organisation avec l’aide d'organisateurs rémunérés, le PC étant plus riche La presse que son rival Quant aux Canadiens issus de l’immigration, Harper les courtise avec des decisions populaires, comme la reconnaissance du génocide arménien ou la creation dime vraie commission d’enquête sur la tragédie d’Air India.Il ne néglige pas sa base pour autant, ajoute Simpson, et du Ca nada met en œuvre avec célérité ses promesses électorales, peu importe leur faiblesse (Simpson en dénonce plusieurs depuis des semaines.) «lYonn-sses faites, promesses tenues» pourra donc devenir son slogan devant des liberaux à la recherche d’un chef.Pour Simpson, difficile d’aller mieux pour les conservateurs.Mais Harper doit une partie de son succès à Paul Martin, avance James Travers, du Toronto Star.Il y a bien sûr le surplus phis important que Martin hû a laisse.Et puis, cette hesitation et cette lenteur qui caractérisaient le chef liberal font apprécier aujourd’hui fa détermination de Harper.Niais encore plus important pour 1a réussite de Stephen Harper, dit Travers, est le fait que le déficit démocratique auquel devait s'attaquer Martin est reste intact.Les dé- putés sont restés menottes, les comités, sans ressources et le pouvoir, concentré au sein du bureau du premier ministre.S’il en avait été autrement, suppose Travers, le gouvernement Harper ferait face à des comités plus indépendants et peut-être plus inquisiteurs, ce qui aurait soumis ces décisions à un examen plus attentif.Et Travers, comme Simpson, pense qu’on en aurait vu les faiblesses, en particulier le fait que plusieurs ne reposent sur aucun fait mais seulement sur des convictions.Il cite les politiques en matière de justice ou encore 1a décision d'armer les douaniers.«Il y a eu un moment, il y a deux ans, où cela aurait pu changer.Si cela avait été le cas.ce gouvernement aux politiques fondées sur la foi serait comme une collection de grenouilles dans un laboratoire.Stephen Harper, dites merci à Paul Martin», conclut Travers.La misère des riches Le Calgary Herald publiait cette semaine une nouvelle portant sur les effets négatifs de fa forte devise canadienne sur les industries exportatrices.Mais pas n'importe lesqueDes.celles des secteurs pétrolier et gazier.Ces deux industries pourraient à l’extrême, voir leurs revenus amputes de 13,2 milliards, soit 12.5 % des lOt milliards (oui oui 104 milliards) en revenus prévus pour 2006.Le même quotidien rapportait en outre que les riches Albertains prennent pied en ColombioBritannique.y acquérant de plus en phis de propriétés.La facilite d'accès à des regions très populaires et 1a multiplication des liaisons aériennes entre l'Alberta et toute fa C.-B.ont transformé cette dernière en terrain de jeu pour les Albertains nantis.Seulement en 2005.ils y ont fait l’acquisition de 4320 propriétés valant au total presque 1.2 milliard.En vrac La Nouvelle-Ecosse est en campagne électorale provinciale.Le nouveau chef conservateur Rodney MacDonald espère voir son parti reporté au pouvoir le 13 juin prochain, devant le libéral Darrell Dexter et le néo-démocrate Francis MacKenzie.Le Halifax Daily News a décidé de s’amuser en lançant un concours inspiré de l’émission télévisée Survivor.Le quotidien invite ses lecteurs à voter pour le candidat qui devrait être expulsé de l’archipel.électoral.Rien de concluant pour l’instant bien que MacDonald soit malpiené, mais le jeu vient tout juste de commencer.A suivre.A ceux et celles qui désespèrent de fa propreté des rues de Montréal, le maire Gérald Tremblay au premier chef, voici une petite consolation.Vous frètes pas seuls, Toronto aussi s’en plaint Margaret Wente.du Globe and Mail, compare carrément certains secteurs de sa ville à un dépotoir.Alors que les Toron-tois se démènent pour redorer le blason de leur viBe auprès des touristes, une promenade au centre-ville suffit pour constater fa malpropreté de l’endroit La Mlle a réduit le budget pour la collecte des déchets car sa gestion coûte cher, qu’il s'agisse du recyclage ou de l'enfouissement au Michigan.Wente soupçonne avec ironie que fa ViBe veut rendre ses citoyens plus vertueux.En les dégoûtant de leurs déchets, elle les convaincra peut-être d’en produire moins.Wente trouve étrange qu'on juge inoffensifs les détritus à fa traîne dans les ruelles et sur les trottoirs mais qu'on les declare, une fois ramassés, trop dangereux pour les traiter ou les enfouir prés de chez soi.Phis personne ne sait que faire, surtout que le maire est contre l'incinération.Pourtant croit-eDe.cette dernière solution risque d'ètre fa seule réaliste.En conclusion: fa coquiBe de fa semaine.Dans son avant-dernière edition de mardi dernier, le Vancouver Sun titrait son article sur le Registre des armes à feu (Gun Registry en anglais) par rien de moins que «Fun Registry to be dismantled».D va sans dire que fa bourde n'a pas survécu dans fa dernière édition.mcomellieni ledevoir.com V LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MAI 2 0 0 6 B 5 IDEES L’ancien premier ministre de la France retourne chez lui Fier d’être Français En cette fin de séjour, pourquoi je ne resterai pas.ALAIN JUPPÉ Ancien premier ministre de France et maire de Bordeaux, professeur invité à l'ENAP En réponse au professeur Patrick Plumet, auteur du texte «À mon collègue Alain Juppé - Pourquoi ne pas rester?» (te Devoir, 4 avril 2006) on cher Patrick, Votre invitation à rester au Québec m'a beaucoup touché, et j’ai apprécié qu’elle me parvienne dans les colonnes du Devoir, dont je suis un lecteur assidu.Pourquoi ne pas rester au Québec?Ce n’est pas l'envie qui m'en manque, d’autant plus que ma famille et moi-même sommes heureux parmi vous.Je passerai sur la gentillesse, la disponibilité, ia générosité légendaire des Québécois qui nous ont accueillis si chaleureusement.Plus profondément, nous avons trouvé ici le ressourcement humain et familial dont nous avions besoin.L’expérience professionnelle que l’ENAP m’a permis de vivre m’a apporté beaucoup: les échanges avec mes collègues, le travail avec mes étudiants de Montréal, de Gatineau et de Québec ont été enrichissants.Sans compter les conférences que j’ai données à l’Université de Montréal, à McGill, aux HEC, à l’UQTR, à 1TJQAT, à l’UQAM ou au cégep de Drum-mondville.Quelle chance de rencontrer autant de jeunes venus de tous les horizons (parfois même de France.)! J’ai trouvé ici tout à la fois la sérénité, le recul mais aussi la joie de la découverte et de l’ouverture sur autrui, qui ne sont pas toujours le lot de l’homme politique engagé dans l’action quotidienne.J’ai observé qu’entre Québécois et Français, il y avait certes des différences.Et c’est tant mieux: la diversité est source de richesse.Mais aussi quelle proximité, que d’affinités entre nous! Nous partageons la même langue maternelle et c’est un lien fondamental.Il n’est pas étonnant, dès lors, que nos visions du monde, de l’organisation de la société, du rôle de l’État et de l’évolution des mœurs soient souvent convergentes.Bref! Lorsque j’essaie de peser le pour et le contre de notre séjour, je ne trouve rien dans le plateau contre (pas même la rigueur de l’hiver! Nous avons été chanceux!).Une réalité contrastée Alors, pourquoi revenir en France?, me demandez-vous.Et vous avancez bien des arguments pour me convaincre de ne pas replonger dans un pays et un peuple aussi «incompréhensibles» selon vous, dont l’arrogance vous parait être la marque de fabrique.Votre point de vue me fait soulever de vraies questions.Si je devais n’en retenir qu'une seule, ce serait celle de la confiance.Il manque aujourd’hui en France cette confiance que les Nord-Américains ont en PKI)RO RUIZ KK DEVOIR .Alain Juppé, ancien premier ministre de la France et maire de Bordeaux, était professeur invité à l’ENAP.eux-mêmes et qui donne notamment aux jeunes la capacité et le pouvoir d’entreprendre, de travailler, d’innover et de créer.Faut-il pour autant en conclure que la France n'est plus — je vous cite — qu’un «paradis de retraités et d'inactif»?Et que le seul attrait qui lui reste, c’est la bonne bouffe, «un bon foie gras mi-cuit arrosé d'un moelleux Pacherenc»?(Au passage, puis-je vous conseiller d'essayer une fois un doux sauternes.sur un foie gras poêlé de mes Landes natales?) 11 me semble que la réalité française est plus contrastée.Lors de votre prochain séjour dans votre maison du Lot poussez donc jusqu’à Bordeaux, qui n’est pas très loin.Vous y verrez comment, en duc ans, à force de labeur et de volonté, les Bordelais ont métamorphosé leur ville: le tramway est une réussite, l’espace urbain a été largement rendu aux piétons et aux cyclistes, les quais de la Garonne sont devenus un merveilleux parcours de promenade et de commerce.A Bordeaux, on travaille: on assemble les Falcon de Dassault, un des champions mondiaux de l’aviation d’affaires; on motorise la fusée Ariane; on développe les lasers de grande puissance; etc.A Bordeaux, on étudie dans plusieurs belles universités et grandes écoles qui fonnent des étudiants et des chercheurs de haut niveau qui tiennent très bien leur rang quand ils viennent passer une ou plusieurs années dans les établissements québécois d'enseignement supérieur.Un port d'attache Je pourrais continuer et vous parler de la filière agroalimentaire, de la viticulture, du tourisme (une industrie.et pas seulement une façon pour les retraités et inactifs de tuer le temps!).Je m’arrête là.Ce que je vous dis de Bordeaux, d’autres pourraient le dire avec la même fougue de Toulouse, de Nantes, de Lille, de Lyon, de Marseille.et de beaucoup de nos villes moins connues où il fait bon vivre et travailler.Vous l'avez compris: j’ai mes raisons de rentrer.Ce n’est pris que j’éprouve le mal du pays.Non, mais j’;ü profondément ancré dans mon cœur l’amour de mon pays.Je constate qu’il suscite autant de critiques virulentes que d'attachements passionnés.C’est qu’il ne laisse pas indifférent! En un mot, maigri' toutes nos difficultés, nos défauts, nos échecs, je suis fier d’être Français.Ne ressentez pas cette déclaration, je vous en prie, comme une preuve d’arrogance.Elle est à la fois sincère et humble.Voilà pourquoi, en définitive, malgré votre invitation, je rentre à mon port d’attache.Je suis sûr que vous pouvez me comprendre.Entente sur l’UNESCO À quand des organisations internationales respectueuses des champs de compétence ?CHRISTINE FRÉCHETTE Présidente du Forum sur l’intégration nord-américaine (FINA) vec l’entente sur l’UNES-CO, Ottawa et Québec s’engagent sur une avenue qu’il faudra élargir pour qui souhaite raffçrmir la place et le rôle des États fédérés sur la scène internationale.La participation accrue des États fédérés aux organisations internationales repose sur le respect de deux conditions essentielles: ¦ le développement au sein des fédérations de mécanismes permettant la pleine participation des États fédérés aux instances internationales lorsque leurs compétences sont en cause; ¦ la modernisation des règles de fonctionnement de ces instances internationales eq vue d’y permettre la présence des États fédérés.Relativement à ces deux conditions, l’entente sur l’UNESCO permet une certaine avancée quant à la création d’un mécanisme de participation du Québec aux travaux de l’UNESCO.Mais il serait encore davantage opportun que cette entente marque le lance ment d’une initiative visant la modernisation du fonctionnement des organisations internationales quant à la contribution des États fédérés.Obstacle à la volonté gouvernementale Selon la promesse de Stephen Harper, l’entente sur l’I NESCO aurait dû offrir au Quebec un statut equivalent à celui dont il bénéficié dans le cadre de la Francophonie.Or, comme cela a été souligne, cette promesse n’a pas pu être réalisée en raison des contraintes posées par les règles de fonctionne- MATHIEU BEI AM, ER REUTERS Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et son homologue du Québec, Jean Charest, ont annoncé il y a quelques semaines l’entente sur la participation québécoise à TUNESCO.ment de l'UNESCO, lesquelles ne permettent pas l'octroi d’un tel statut Est-il normal que l’UNESCO fasse obstacle a la volonté gouvernementale canadienne et québécoise de permettre au Quebec de devenir membre d'une organisation dont le mandat rele-ve de ses compétences?Revient-il aux organisations internationales de statuer sur le type de gouvernement — federal ou fédéré — pouvant intervenir dans un dossier donne?N appartient-il pas aux constitutions des États de définir les champs de compétence de ses composantes?De nos jours, presque tous les domaines d'intervention gouvernementale font l'objet d’ententes ou de négociations internationales.Le corridor délimitant les enjeux de nature dite interne est de plus en plus étroit.Dans ce contexte, empêcher les États fédérés de prendre part aux négociations internationales revient a leur soustraire des pouvoirs pourtant légitimes.Sur ce point, l’entente sur l’UNEfè ÇO contient une mention intéressante A l'article 3.4, on y précise ceci; «Le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec s entendent pour ex- plorer.aux fins des travaux de l'UNESCO, des façons innovatrices et des mécanismes possibles par lesquels l'organisation pourrait mieux tirer profit de l'apport des États fédérés à l’atteinte de ses objectifs.» Si cette volonté commune est réelle, cet article devrait constituer la première étape d’une démarche prônant la réforme des instances internationales a la faveur d'une plus grande participation des États fédérés lorsque leurs champs de compétence sont en cause.Et ce, à l’UNESCO comme ailleurs.Répartition des pouvoirs Lorsqu’elles traitent d’un enjeu, les instances internationales devraient avoir pour tâche de réunir, dans le cadre de leurs travaux, les gouvernements détenant le pouvoir de légiférer au regard de cet enjeu, quel que soit le type de gouvernement concerné.Soustraire d’emblée les Etats fédérés des instances internationales du seul fait qu’ils ne sont pas des Etats souverains équivaudra a long terme au transfert d’une part grandissante des pouvoirs des entités fédérées aux gouvernements fédéraux.lœs organisations internationales ont le devoir de respecter la répartition des pouvoirs établis au sein des fédérations.lœs gouvernements québécois et canadien semblent vouloir s’attaquer a cette question, du moins en ce qui concerne l’UNESCO.Or, s’ils veulent vraiment générer des changements significatifs, ils devraient élargir cette démarche en vue de lancer une opé ration de modernisation du fonctionnement des instances internationales afin que s’y retrouvent systématiquement les gouvernements ayant pouvoir et compétence sur les enjeux qui y sont traités.Denise Bombardier L’outrance verbale uel malaise, quelle confusion, quel déni recouvre donc l’usage fréquent de l’exa gération, de l’hyperbole et de l’enflure dans le discours actuel?Cette semaine, un homme de mes connaissances a confié avoir connu «un drame».11 avait passe 20 minutes dans un ascenseur bloque en compagnie d’autres personnes.J'ai entendu une actrice décrire son partenaire au cinéma: «Un génie».a-t-elle dit en baissant le ton comme s’il s’agissait là d’Einstein lui-même.Un universitaire aussi complai s;mt que douteux dans ses méthodes tie recherche est arrivé, lui.à la conclusion que les cols bleus de Montréal sont atteints île «détresse psychologique» à force d’être victimes de rumeurs de toute sorte, de regards désapprobateurs et do propos desobligeants murmurés dans leur dos.l,ors de tribunes téléphoniques, des auditeurs ont parlé du «génocide» que nous avons fait subir aux autochtones alors que des confrères qualifiaient A «homophobie» le fait de ne |us être totalement indifférent face aux homosexuels.D’autres personnes ont crié au «racisme» au sujet de l’incident diplomatique qui a entouré l’arrivée à nos frontières du secrétaire général de l’Organisation mondiale de la Francophonie, Abdou Diouf.«C’est ajouter au malheur du monde que de mal nommer les choses», a écrit Albert Camus.Si on don ne raison à l'écrivain, notre époque est plus que mal heureuse.Entre la langue de bois, la langue stérilisée et la langue caricaturale, la précision de la (lensée et surtout la vérité ont du mal à émerger.la' vocabulaire de l'enflure si caractéristique de l'expression verbale des adolescents est pratiqué par tous.Un correspondant parlementaire qualifiait récemment le budget du gouvernement Charest.11 affirmait n'avoir qu'un mot pour résumer l'exercice: «pathétique».Mais qu'est-ce donc qu'un budget pallié tique?Un budget est juste, injuste, rigoureux, clair, mais pathétique ne veut rien dire.I Jn budget ne nous émeut pas, n’est pas poignant ou bouleversant, à ce qu’on sache.Quant à l’hyperbole, son usage trop li é quent indique plutôt une incapacité à exprimer vérita blement la pensée.Lorsque le plus petit succès d’un chanteur pop devient un «triomphe», qu'une déclaration anodine d’un politicien est transformée en «gifle monumentale» et qu'une recette de cuisine de la talentueuse (et c’est juste dans son cas) Josee di Stasio est qualifiée de «délirante», plus rien n’est triom pliant, une vraie gaffe monumentale mène au crime et le délire se réduit à un [X'tit plaisir de la table.Si trois jours de pluie consécutifs sont une «catastrophe», comment nommer un ouragan meurtrier?Si on se dit «déprimé» à la suite de la défaite de son club de hockey, que dira-t-on lorsqu'un deuil s'abattra sur nous?La caricature est devenue, avec l'aide des médias, le mode de description des activités humaines et des émotions qui les inspirent.Comme si la nuance, Tap proche modérée et le second degré du discours affadissaient la réalité.Pour attirer l’attention des autres et conserver leur intérêt, il semble bien que seuls les termes-chocs soient en usage.Il faut dire aussi que l’absence de recours au dictionnaire afin de connaître le sens exact des mots contribue à cet éloignement progressif des mots justes.En fait, Timpor tant n'est iras d’être précis ni même rigoureux mais plutôt de frapper l'interlocuteur afin de le faire réagir ou de le déséquilibrer.S’éloigner du sens des mots, c’est également se rapprocher de l’insignifiance, c'est devenir insensé.En sursaturant le discours d’épithètes et d'adverbes, on contribue hélas à vider les mots de leur sens, une autre façon de mettre en échec la pensée.Quant on trouve tout «effrayant», ou alors se trouve l’effroi?lorsqu'un spectacle est «écœurant», qu’est-ce donc qui tombe sur le cœur?Si celui qui diverge d’opinion avec nous est un «malade», comment distinguer un malade d’un bien-portant?Cette dramatisation du vocabulaire ne masque t elle pas aussi une sorte d’angoisse qui ne s'avoue pas?On ne peut pas toujours vivre dans ce climat d’exacerbation verbale sans conséquences.Celui qui croit vivre un «drame» à cause d’une panne d’as censeur finit sans doute par se convaincre que là ré side le drame, et il aura sûrement tendance a quali fier de tragédie la perte de son chat ou la maladie de son chien.Iü vie d’aujourd’hui, telle que renvoyée par les images dont on nous bombarde, se nourrit de violence, d'outrance, de comportements marginaux, ex centriques, abusifs et erratiques.La vie routinière qui est le lot de la majorité semble bien terne dans cet environnement médiatisé.Sans doute que les mots servent alors d'épices pour rehausser la fadeur qu’éprouvent plusieurs à vivre chichement.Mais le mauvais usage des mots banalise également les émotions vraies quand il ne les nie pas.Camus avait rai son: l’incapacité de nommer les choses avec justesse participe a la mélancolie moderne.rien bom bardierdvv ideal ran.cri Écrivez-nous! D Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l'abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution a HlKtO < ara< teres (y compris les espaces), ou 1HX) mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre en voi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons a utiliser le courriel (redartvm oledevoiram) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone L'ÉQI IPE DU DEVOIR xirnair t cêficatwrute) sflatre adpçnn! ata dirrrintr dt linformatton Jé-aiinp Corrn**u iaffatrn tmvntnpalnj Fabien Degbae.Mar*- André*- C bomnard 'tàu"itum ) Stépha» Bafflargrem /rtpvrtrr).Pau! Ciucboo à l'information é Bit Mon * néflier et AJec ( axtontruay (r'ecmpd/ndanlt pacirmtnUtim (dirtrtemr) .Manon I Jerome Rachel Rochefort i'/Howtn V Simard (publwstaira).I au retire Theriaul- ijdirtflrttt ad *er Zuida INFOKMATIQI E Yanek Mart# (rmpmmUr) L Heu Rar ’ lac 1er L'ADMINISTRATION t PHILOSOPHIE LE DEVOIR DE PHILO Wittgenstein contre l’enseignement de la philo au cégep «La pensée ne se réduit pas à la philosophie» La philosophie nous permet de mieux comprendre le monde actuel : c’est l’un des arguments les plus souvent évoqués par les professeurs de philo pour justifier l’enseignement de leur matière au collégial.Le Devoir leur a lancé le défi, il y a trois mois, de l’illustrer en décryptant une question d’actualité à partir des thèses d’un grand penseur enseigné au collégial.Aujourd’hui, nous publions une sorte d’empêcheur de tourner en rond de la philo qui rejette son enseignement au cégep en prenant appui sur la pensée du philosophe autrichien Ludwig Josef Johann Wittgenstein.FRANÇOIS NORMAND Professeur de philosophie défroqué La question d’inscrire ou non la philosophie au programme collégial provoque périodiquement un débat au Québec.A l’unanimité ou presque, on invoquera alors la «nécessité de philosopher», de «démocratiser la réflexion» (ici, un léger rire).Sur le sujet, une foule d’articles disent tous la même chose, ramènent toujours les mêmes prétentions: une certaine autosuffisance de la philosophie, son supposé caractère «nécessaire» pour l’équilibre culturel et métaphysique d'une personne, sa transparence, sa prétendue supériorité sur tout le reste.Que répondre ?J’ai ma petite idée.Qui me vient en partie d’un philosophe pas très orthodoxe, üidwig Wittgenstein (1899-1951).Prenons, parmi un nombre impressionnant de textes qui se répètent, celui de Simon Beaudoin intitulé L’Avenir de la philosophie, publié sur le site de la Nouvelle Alliance pour la philosophie au collège (NAPAC).J’y apprends qu’avec le premier cours (Philosophie et rationalité), «l'étudiant est appelé à se positionner par rapport à des questions fondamentales qui préoccupent les être humains dans leur quête de sens».Surprenant.Comme si tout le monde était en recherche de sens.J’imagine Picasso me souffler à l’oreille sa superbe formule: « Je ne cherche pas, je trouve.» Peut-être est-il bon de faire croire que de rechercher le sens de la vie est nécessaire.Une façon de justifier les cours de philosophie.Et moi qui croyais que le sens de la vie s’imposait par lui-mème.Comme une grâce.Comme une foi, pas toujours dirigée vers Dieu mais vers la vie.Je dois être naïf.Wittgenstein dirait que la philosophie ne traite absolument pas des grandes questions de sens, de bien et de mal, que la philosophie ne peut rien dire sur le sens de la vie car la réponse à une telle question ne pourrait pas se dire (selon les critères du Tractatus) mais pourrait certainement se montrer.Son travail en philosophie est moins noble et plus complexe : » Montrer à la mouche comment sortir de la bouteille.» Facile?Pas évident.Comment ?Je vous le fais voir.M.Beaudoin dit aussi que la philosophie doit nous permettre «de discerner et de iuger de la valeur relative de plusieurs types de discours (scientifique, mythique, religieia)».Pourquoi le discours du philosophe serait-il celui qui doit juger les autres?De quel droit le ferait-il?A partir de quel privilège divin aurait-il cette grâce?Pourquoi le discours philosophique ne serait-il pas remis en question par lui-même ?Dans ce sens, Wittgenstein va faire de la philosophie une bataille contre l'ensorcellement de l’esprit par le langage.Ce n'est pas la vie qui est mystérieuse, ce ne sont pas les problèmes qui sont profonds, c'est notre façon d’en parler qui les crée ainsi car «la plupart des propositions et des questions qui ont ete écrites touchant les matières philosophiques ne sont pas./dusses, mais dépourvues de sens».Wittgenstein insiste toujours sur la possibilité d'illusion qui règne dans la philosophie lorsque les philosophes essaient d'avancer des thèses ou des hypothèses: « Les philosophes ont constamment devant les yeux la méthode de la science et sont irrésistiblement tentes de Pser et de résoudre des questions de la manière dont la science le fiut.Ixi philosophie est purement descriptive.» Que dire de son obsession (éthique) à montrer les dangers d'une mauvaise pratique philosophique?« En philosophie, on court toujours le risque d’enfanter un mythe du symbolisme ou un met he des processus mentaux: Au heu de dire sim piement ce que chacun sait et ne peut pas ne pas accorder» La philosophie devient donc une façon, par l'analyse du langage, de démythifier notre langage et notre comportement car «dans notre langage est déposée toute une mythologie».11 reste à la déterrer.la» philosophie et son histoire Ensuite.M.Beaudoin nous apprend aussi que la philosophie donne à «1.I penser de.façon rationnelle et critique, accepter l'autre, dialoguer, écouter les arguments de ceux qui ne p
de

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