Le devoir, 20 avril 2002, Cahier D
I LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DI M A \ t' H E 21 A V K 1 I 2 0 0 2 POLAR Fred Vargas Page D 8 lCT Journée mondiale du livre Page 1) 16 LE DEVOIR Tl M K Entrevue avec Henri Lopès L’Afrique fantôme LISE GAUVIN Universitaire recyclé en journaliste, né de mère européenne et çle père africain, citoyen français vivant aux Etats-Unis et ayant épousé une Américaine, tel est le portrait en résumé du dernier héros d’Henri Lopès, conjuguant en une seule personne plusieurs appartenances auxquelles il s’identifie à divers titres.Le romancier du Pleurer-rire (1982) et du Chercheur d’Afriques (1990), qui sera présent au Salon du livre de Québec, préfère ici encore les questions aux réponses, les enquêtes aux solutions.Son récit prend l’allure d’une intrigue policière et plonge le lecteur dans une Afrique fantôme, selon la belle expression de Michel Leiris, c’est-à-dire une Afrique toujours plus complexe et plus énigmatique que les apparences veulent bien le laisser croire.Dans un pays imaginaire, le Mossika, un jeune homme nommé Lazare Mayélé est mandaté par la revue américaine African Heritage pour faire un reportage sur l’état des lieux du point de vue culturel et politique.Tel est le prétexte d’un voyage dont le but véritable est d’enquêter sur la mort de son père assassiné alors que l'enfant était en bas âge.Aussitôt arrivé, le journaliste plonge dans une Afrique qui lui est inconnue, malgré les récits entendus tout au cours de ses années parisiennes, malgré les souvenirs d’enfance qui refluent et les liens du sang qui le rattachent à une famille aux innombrables ramifications.En redécouvrant le Mossika, Lazare s’aperçoit peu à peu qu’il ne sait pas décoder les signes d’une civilisation qui est pourtant la sienne mais dont il est séparé par une distance plus culturelle que géographique.La recherche identitaire accomplie par le héros est avant tout une recherche solitaire, ponctuée de rencontres avec des témoins d’un passé qu’il a du mal à reconstituer.Qui plus est, ce Lazare est perçu comme un témoin gênant, une sorte de fantôme que l’on croyait mort et dont la résurrection vient mal à propos perturber les uns et les autres.Le nouveau «chercheur d’Afriques» revoit, au fil de son reportage, certains événements politiques et s’interroge, par personnages interposés, sur les acquis des indépendances ou de ce qu’on désigne sous le nom de décolonisation.Qu’y a-t-il de vraiment changé dans une Afrique toujours soumise aux diktats des quelques personnes en qui se concentre le pouvoir?Celui qui voulait revenir dans sa culture ancestrale — bien qu’il soit né à Paris — pour «retrouver ses marques» s’aperçoit alors qu’il est et sera toujours d’ailleurs, peu importe l’endroit où il se trouve.C’est sûrement Tun des effets les plus significatifs du métissage culturel que cet impossible retour à l’origine doublé de la nécessité d’abandonner tout projet visant à superposer le présent au passé.S’ensuit un rejet de toute intolérance, cell,e-là même qui se déguise en questions innocentes.A ceux qui lui demandent s’il a épousé une Blanche ou une Noire, une Asiatique ou une métisse, Lazare Mayélé répond simplement «J’ai épousé la femme que j’aime.» Dans le pays de ses pères, les codes de la séduction aussi bien que les langues vernaculaires échappent au narrateur.Seule compte désormais son Afrique intérieure, celle qu’il retrouve dans ses cahiers, dans ses projections imaginaires, dans ses souvenirs.Celle qui le ramène aux conversations à la terrasse du Balzar, à Paris et aux récits entendus de la bouche d’un oncle griot J’ai épousé la femme que j aime VOIR PAGE D6: AFRIQUE Tous à Québec! Des centaines de stands, des milliers de rayonnages, des dizaines de milliers de visiteurs.1* Salon du livre de Québec ouvre ses portes le mercredi ‘24 avril.Le même jour, diverses manifestations, tant à Montréal qifan Québec, auront souligné la Journée mondiale du livre.Dans les librairies, les s.les salons, le métro et les cœurs, le livre est présent.Dans le cahier «Livres» aussi.M.A.L.f Ecris-moi un poème Derrière le visage d’un enfant se cache peut-être un poète.C’est ce qui frappe de prime abord à la lecture du livre Les plus beaux poèmes des enfants du Québec, qui paraît ces jours-ci en coédition chez VLB éditeur et l’Hexagone.L’ouvrage ne devrait pas passer inaperçu au Salon international du livre de Québec, qui ouvre ses portes mercredi 24 avril.^ DAVID CANTIN A l'automne 2001, le groupe Ville-Marie Littérature et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), en partenariat avec le ministère de l’Education, unissaient leurs efforts dans le but d'organiser un grand concours de poésie à travers les écoles du Québec.Les enseignants ont répondu à l’appel au delà de toute espérance.Au total, ils sont plus de 600 à avoir inscrit leur classe à cette activité littéraire.De la troisième à la sixième année du primaire, plus de 17 000 enfants ont donc tenté l’expérience d’écrire un poème.Un jury, présidé par l’auteur-compositeur Richard Desjardins et formé des poètes Hélène Dorion, Henriette Major et Tony Tremblay, a ensuite eu la lourde tâche d'arrêter le choix final d’environ 100 poèmes, accompagnés de 100 illustrations, également d’enfants.Le résultat étonne, tant par l'exigence littéraire que par l’émerveillement des élèves, et il suffit de parcourir l’ouvrage pour se rendre compte à quel point l’imaginaire des enfants n’est jamais banal.Joint par téléphone, Richard Desjardins avoue avoir été surpris L’imaginaire par le taux de participation tout comme par la qualité des textes reçus.«Ça été la fureur, dit-il en des enfants riant un pen.Je n'aurais jamais pu imaginer un tel succès auprès des élèves.Lorsque j’ai fait le tour des n’est jamais écoles, je sentais déjà un certain enthousiasme.Il faut croire que les projs ont fait leur job.On peut dire, banal en tout cas, que ces jeunes savent c’est quoi, un poème.» Fidèle à lui-même, l’auteur de Nataq répond sans trop d’hésitation.Sur l’effet de surprise que suscite la lecture de ces poèmes, il y va de quelques explications: «En traversant ces textes, f avais déjà quelques critères de sélection en tête.Je tenais surtout à ce que le jeune garde son idée la plus unique possible.Il /allait sentir une forme de cristaUisâtùm des mots entre eux./ai été beaucoup frappé par le recours à des souvenirs très personnels.On pouvait même, parfois, évaluer la santé de leur bonheur.Une telle sincérité ne ment jamais.» Au cours de cette opération plutôt fructueuse, Henriette Major a insisté pour éviter toute confusion.Il fallait donner certains indices sur la nature même de l’exercice poétique à partir de quelques points essentiels que rappelait le formulaire d’inscription.11 était nécessaire de créer en classe un climat favorable à l’écriture, donc de faire lire des poèmes et d’en lire à haute voix.Aussi, de suggérer des thèmes, d’éliminer toute forme de compétition, de donner le temps voulu pour écrire, de permettre aux enfants de prendre contact avec leur sujet mais surtout de faire intervenir tous les sens, non seulement la vue et l’ouïe mais également le toucher, le goût et l’odorat.«Le soleil brille derrière la colline / À côté les avions déchirent le del / Et il y a les orages qui foudroient les côtes / Puis le vent qui balaie les nuages.» Ce très beau texte de Théo Batigne, élève de troisième année de l’école Le Plateau, à Montréal, met en pratique les quelques remarques d’Henriette Major autour d’une définition possible du poème: l’originalité des images, la musique des mots, l’insolite des associations et le rythme, ainsi qu’une certaine émotion.Face à l’acte poétique en soi.Major précise: «Je crois que l’on écrit des poèmes d'abord pour soi, pour exprimer sa joie, sa tristesse, pour s’approprier le monde qui nous entoure et le célébrer.Par la suite, on voudra peut-être partager avec d’autres le résultat de son effort.» Pour Hélène Dorion, qui vient tout juste d’entrer dans la prestigieuse collection «Typo» avec l’anthologie D’argile et de souffle, VOIR PAGE D2: POÈME in j \T ; a \ / loti, «,1t.,,.G>yage *u l’ortup! avec un Mlcmarul LOUIS GAUTHIER 184 paces • 19,95$ tiaii » Y * ^16921 1.K DEVOIR.LES S A M EDI 20 ET DI M A X (HE 21 AVRIL 2 0 0 2 I) 2 SALON DU LIVRE DE QUEBEC POEME SUITE DE I-A PAGE D 1 cette participation au jury semble avoir été des plus concluantes.«0« découvre chez ces enfants un rapport presque naturel face à la poésie.Iji poème laisse entrevoir une expérience véritable et enrichissante.En lisant ces textes, c’est d'abord la musique des mots qui m’a éUmnée.L’aspect sonore demeure toujours primordial», dit-elle.Il faut dire que Dorion n’a pas pris son rôle à la légère.Elle conservera d’ailleurs, en tant que lectrice et membre du jury, un précieux souvenir de cette rencontre.«Dès le départ, j’avais l’intention de m’investir totalement dans ce projet.Je ne voulais pas du tout analyser, avec une certaine distance, le contenu de ces poèmes.Im solidité de la langue m'a énormément surprise.On découvre qu ’il y a plein d’espoir dans les yeux de ces jeunes.J’ai finalement eu la chance de découvrir ce que je cherchais dans ces poèmes: un petit édifice de mots parfaitement équilibré.» Dans la préface du livre, que signent les quatre membres du jury, on lit ce passage éloquent sur l’imagination fertile des élèves: «Chaque mot, chaque vers porte en lui-même tout un monde foisonnant d’images de ces expériences parfois heureuses, parfois douloureuses qui, comme nous le savons, composent l’enfance.Des morceaux de vie nous sont soufflés à l’oreille; à nous d’écouter, de partager en ouvrant nos mains, en ouvrant nos cœurs, pour accueillir ces voix, ces visages qui s’avancent vers nous.» «Un cœur perlé / Perlé de gouttes / Gouttes, gouttelettes / Gouttelettes par milliers / Milliers d’étincelles / Etincelles d’étoile / Étoile lumineuse / Lumineux espace / Espace vert / Vert pomme / Pomme d'automne / Automne.» Ce court poème de Raphaëlle Beauregard, de l’école Pierre-d’Iberville, à Lon-gueuil, montre à quel point la nature et les saisons reviennent souvent dans le corpus retenu.Les couleurs généreuses des illustrations accompagnent aussi ce parcours qui appréhende et apprivoise le monde.Les plus beaux poèmes des enfants du Québec a également eu la bonne idée d’inclure diverses façons d’ob- Palmarès USSSEH ^baromètre du livre au Québec du 10 au 16 avril 2002 \ Qc Amérique f 1 Biograph Qc P DUCHESNE 7 Spiritualité JE VOUS DONNE SIGNE DE VIE M.CARON Marjolaine 8 B.D.VANCE/VANHAMME Dargaud 5 4 Sexualité FUIE SEXUEL J ROBERT L'Homme 7 5 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?M J.SPENCER Michel Eaton 70 £ Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! M T.D'ANSEMBOURG L'Homme 66 ] Sc.Sociale LES FRANÇAIS AUSSI ONT UN ACCENT J.-B.NADEAU Payot 3 8 Psychologie POURQUOI ILS HOMMES MARCHENT-ILS A IA GAUCHE.R TURCHET L'Homme 7 9 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD ¥ F.VARGAS Viviane Hamy 20 H) Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES ¥ S.VIZINCZEY du Rocher 50 U Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 82 IL Roman BAUD0LIN0 U ECO Grasset 5 li Santé RECETTES ET MENUS SANTÉ, T.1 & 2 M.M0NTIGNAC Trustar 119 14 Roman Qc M.PR0ULX Boréal 1 II Polar LA MURAILLE INVISIBLE ¥ H.MANKELL Seuil 3 16 Roman MADEMOISELLE LIBERTÉ A.JARDIN Gallimard 12 1/ Érotisme Qc BANQUETTE.PLACARD, COMPTOIR ET AUTRES UEUX W.ST-HILAIRE Lanctôt 9 18 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, T 1,2 & 3 ¥ M.LABERGE Boréal 71 II Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ A.-M MACDONALD Flammarion Qc 76 20 Roman QUELQU'UN D'AUTRE ¥ T.BENACQUISTA Gallimard il 21 Horreur DREAMCATCHER S.KING Albin Michel 4 22 Histoire LES JUIFS, LE MONDE ET L'ARGENT ¥ J.ATTALI Fayard 9 23 Essai Qc Y.VILLEDIEU Boréal 24 Roman LE LIT O'ALIÉNOR M.CALMEE XOéd.8 25 Roman VOYAGE D.STEEL Pr.de la Cité 6 26 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION ¥ F.DELAVIER Vigot 202 27 Roman LE PIANISTE ¥ W.SZPILMAN Robert Laffont il .'8 Essai Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N.LESTER Intouchables il 29 Roman JE L'AIMAIS ¥ A.GAVALDA Dilettante 6 O Psychologie LES HASARDS NÉCESSAIRES J.-F.VÉZINA L'Homme il II B.D.GARFIELD N° 34 - Mange plus vile que son ombre J.DAVIS Dargaud 5 II Arts LE FABULEUX ALBUM D'AMÉLIE POULAIN ¥ COLLECTIF des Arènes J7 33 B.D LUCKY LUKE N° 4L - La légende de l'Ouest MORRIS/NOROMANN Lucky J li Roman LE TUEUR AVEUGLE ¥ M.ATWOOD Robert Laffont il II Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ G.HALE Manise JM 36 Roman Qc PUTAIN ¥ N.ARCAN Seuil il IL Sc.Fiction L'ULTIME SECRET B, WERBER Albin Michel il 38 Biograph.Qc MA VIE, JE T'AIME R.MARTEL Publistar 5 39 Guide Qc GÎTES ET AUBERGES DU PASSANT AU QUÉBEC 2002 COLLECTIF Ulysse 8 40 BD.CALVIN ET HOBBES N" 21 - Je suis trop génial ! ¥ B.WATTERSON Hors Collection il II Essai Qc J.LAC0URSIÊRE Septentrion 42 Biograph.Qc MON AFRIQUE ¥ L.RAGÉ Libre Expression il li Roman ROUGE BRÉSIL ¥ - Prix Goncourt 2001 - J.-C.RUFIN Gallimard il 44 B.D.ALBUM SPIR0U N" 262 COLLECTIF Dupuis J 45 Actualité IA CHUTE DE U CIA B.BAER JC Lattès 5 V Coup de cœur RB ¦¦¦¦¦ : Nouvelle entrée N B Sont exclus les livres prescrits et scolaires.Nbre de semaines depuis parution f 24 succursales au Québec SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et AGMV Marquis r % L ^ , ^ IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke SOURCE L'HEXAGONE/VLB ÉDITEUR Texte de Malcolm Aquino-Aldana illustré par Jean-Bony Sanon.server les choses du quotidien.D’une fête aussi joyeuse que l’Halloween à une anecdote plus douloureuse, le registre demeure assez étendu.Il ne fallait en aucun cas censurer des émotions plus troublantes.Il est parfois question de guerres, de peurs et d’incertitudes face à l’avenir de la planète.Ce miroir d’un état d’esprit des enfants d’aujourd’hui fascine à plus d’un titre.Le samedi 27 avril, dans la cadre du Salon international du livre de Québec, quelques-uns de ces jeunes, en provenance d’un peu partout au Québec, seront présents afin de lire leur propre poème en compagnie d’Hélène Dorion.Une véritable fête du langage en perspective.LES PLUS BEAUX POEMES DES ENFANTS DU QUÉBEC Collectif L’Hexagone - VLB éditeur Montréal, 2002,176 pages LITTÉRATURE FRANÇAISE Buter sur Hugo L’inauguration d’ami- rica la nouvelle collection grand public chezHurtubise HMH Raphaël Korn-Adler 5ôo Ptmlo ou la mort qui ri) Un thriller n In limite de la sriente tirtion qui, aver une emotion ample et soutenue nous ratonte une autre Amérique I Amérique des bidonvilles et des dérapages scientifiques I Amérique de la pollution • extrême, de la drogue et des sectes.Pur le mededn-eaivoin brésilien qui nous « déjà donné La vie aux enthèies.SI, 95 S DAVID CANTIN s A bien des moments dans l’histoire, plusieurs poètes ont voulu en finir avec Victor Hugo.Qu’on pense à Nerval, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Mallarmé, chacun n’a eu de cesse d’entretenir un rapport ambigu avec cette œuvre colossale ainsi qu’avec la gageure quelle représente.Mais qui aurait pu imaginer qu’André du Bouchet s’intéresserait un jour à ce monstre sacré de la poésie française?Seghers rassemble désormais, en un seul court volume, deux textes quasi introuvables de l’auteur de Dans la chaleur vacante.Au même moment, Louis Perche s’occupe de réaliser un choix, de même qu’une introduction assez générale, dans la collection «Poètes d’aujourd’hui».C’est au tout début des années 50 que du Bouchet entreprendra une véritable lecture personnelle des poésies de Hugo.Dans un texte publié à l’origine dans la revue Critique, il se penche sur les fragments de la dernière période, dont la plus grande partie se trouve à présent éparpillée dans les reliquats de l’édition de l’Imprimerie nationale.L’Infini et l’inachevé montre comment ces «copeaux de phrases» touchent à quelque chose d’essentiel chez Hugo.Ainsi, pour le poète, «le désir immense de l’étemel, du continu, ne peut se satisfaire qu'en englobant son contraire».Autour de cette proposition, du Bouchet donne un autre visage à Hugo.Il le rend beaucoup plus moderne, presque énigmatique et surtout intemporel.Cinq ans plus tard, en 1956 plus précisément, il ira même jusqu’à publier à très faible tirage une anthologie de l’auteur de La Légende des siècles.Lorsqu’on traverse aujourd’hui L’Œil égaré dans les plis de l’obéissance au vent par Victor Hugo, la surprise est né- cessairement de taille.Beaucoup plus qu’un simple choix personnel, les courts extraits éclairent des préférences a travers une parole que du Bouchet juge méconnue.Comme le mentionne Yves Peyré en postface, «il entend glisser dans l’oreille les plus probantes pièces à conviction».La tentative demeure plus que jamais une réussite exemplaire.Par ailleurs, dans la collection «Poètes d'aujourd'hui», Louis Perche tente d’envoyer au débarras les mythes et légendes autour d’Hugo.La monographie reste sérieuse mais ne possède pas l’originalité de la brève étude de du Bouchet.Ce spécialiste de Claudel fait évidemment de son mieux pour resserrer les grandes lignes d’une vie comme d’une œuvre assez vastes.Il voit en Hugo un poète d’avenir.Il reste celui qui a largement anticipé le principe de modernité, de Baudelaire jusqu’au surréalisme.Bien sûr, il est difficile de saisir certaines nuances avec à peine un peu plus de 200 pages.La lecture demeure sage et conforme à ce dont on peut s’attendre de la célèbre collection.On retournera toutefois vers du Bouchet afin de connaître une certaine facette de ce mystérieux personnage qui a pour nom Victor Hugo.L’ŒIL ÉGARÉ DANS LES PLIS DE L’OBÉISSANCE AUVENT suivi de L’INFINI ET L’INACHEVÉ André du Bouchet Seghers Paris, 2001,105 pages VICTOR HUGO Louis Perche Seghers, collection «Poètes d’aujourd’hui» Paris, 2001,237 pages ANDRE ROY Nous sommes tous encore vivants ANDRÉ ROY NOUS SOMMES TOUS LesHENÇOfte VIVANTS S i*E5i herbes bouges / poésie « La surface de l’écran est l'abîme d’où remonte toute vie.» LES HERBES ROUGES / POÉSIE POESIE Marché francophone de la poésie oie; .poxzu Le dire Place 6éraW-6ocIi« (rétro Mo«t-Royal) du» l 5 r>at loot " colukorvr la Le Devoir SAO Cette année, avec pour porte-parole le talentueux Stefie Shock, le Marché vous recevra en poésie et en chanson! Une vingtaine de maisons d’édition et plus de 40 poètes venus de Belgique, de France, de Suisse, d'Afrique, du Québec et du Canada seront présents sur le site.le Marché, un rendez-vous incontournable pour les professionnels.Colloque sur le thème «la poésie pense-t-elle?» le jeudi 2 mai.Parmi les conférenciers invités figurent Jean-Claude Pinson, Georges Leroux, Ginette Michaud et Pierre-Yves Soucy.et une grande fête de 4 jours pour le public : • Des manifestations continuelles du vendredi au dimanche sous le chapiteau : lectures publiques, prestations musicales, lancements de livres et séances de signatures.• Trois grandes soirées de spectacle, dont les 25 ans de Triptyque.• Des visites guidées thématiques du quartier, à pied et à vélo, avec Gaétan Dosüe.• Une table ronde, organisée en collaboration avec Coup de cœur francophone, réunissant entre autres Suzanne Jacob et Julos Beaucame le dimanche 5 mai.• Des manifestations au Boudoir, au Porté disparu, à Resto-plateau, et dans la rue! le Marché, xm rewdez-vox/f 6RATI/IT à *e pa; rAa^c^eri Informations et images au wsuw.poesie-quebecoise.org LIMORE YAGIL Terroristes et Internet .Là Cybercjuerre « Le cyberespace est source d'enjeux et de conflits.Les espions d'hier ont cédé la place aux génies de l'informatique capables de pirater les réseaux les mieux protégés.Plus personne n'est à l'abri.» Terrorisme tüÜ* erne TRAIT D’UNION Le lancement aura lieu à la .nationale du Québec le HI 22 avril de 17 h 30 à 19 h 30 UNiaN Venez visiter notre site Internet www.traitdunion.net y 51441 9 A V li I l 2 0 0 LE l) E V U I K .LES SAMEDI 20 ET t> I M A \ ( I) • SALON DU LIVRE DE (JIIEBEC lire Jean-Marc Fréchette Sa poésie est naïve, certes, mais outrageusement, à partir d’une volonté si entière qu’elle échappe à la provocation Gilles M a r c o 11 e Depuis que je l’ai rencontrée.il y a quelques années à peine — oui, j'étais en retard! —, la poésie de Jean-Marc Fréchette constitue pour moi une des énigmes les plus étonnantes de la poésie québécoise d’aujourd’hui.Elle est vouée tout entière à une thématique religieuse dont on pourrait penser qu’elle s’était presque complètement tarie au Québec depuis Rina Lasnier.Je mets à part, bien entendu, la poésie de Fernand Ouellette, profondément travaillée par les acides de la modernité.C’est à elle d'ailleurs, à l’auteur du Chant de la montée et de Mémoire sans jours, qu'est dédicacé le dernier recueil de Fréchette, La Porte dorée.Mais autant la poésie de Rina Lasnier est complexe, difficile, toujours menacée par une sorte de vertige, autant celle de Jean-Marc Fréchette se présente comme limpide, sans détour.Je lis, par exemple, dans La Porte dorée: «Anne ne dépassait pas les murs bas du jardin./ Elle respirait immensément cet espace / Où Dieu multiplie ses œuvres de lumière.» Que dire de cette poésie qu’elle ne dise pas elle-même directement, et comme sans aucun effort d'art?N’évoque-t-elle pas, plutôt que les démarches ardues d’une poésie contemporaine, les aimables chromos religieux de notre enfance?Une force remarquable La poésie de Jean-Marc Fréchette n’a pas toujours eu cette tonalité.Ses deux premiers recueils, Le Retour (1975) et L’Al-tra Riva (1976), s’écrivaient d’une part sous l’invocation de quelques penseurs et mystiques de l’Inde, au premier chef Sri Aurobindo et Meera, la Mère, et d’autre part sous celle de la pensée grecque, représentée essentiellement par les aphorismes d’Héraclite.Qu’on n'aille pas se iproion- extases m CARREFOURS représenter toutefois une poésie encombrée de références plus ou moins esoteriques, enfermee dans quelque mysticisme abstrait.La pensée (oui, il existe des poèmes de pensée) et la langue ont souvent, dans ces premiers recueils, une force remarquable.Rien du flou syntaxique.de l'imagerie vague qui séduisent tant de poètes débutants.On est plus près des formulations paradoxales d’Héraclite — ou de René Char, parfois, m’a-t-il semblé — que des extases de la pensée orientale.Tel ce petit poème, d’une sûreté de frappe parfaitement satisfaisante: «Les anges dans les arbres surmontent la peine de Dieu, boivent aux feuilles cerclées d’or, enfantent dans la pure négligence le feu des ailes./ 0 ma vie ravagée de distance.» (Attention: ce ne sont pas les anges de la théologie chrétienne qui apparaissent dans ce poème mais ceux de Rilke, un peu différents.) Ou encore ceci, qu’on pourrait lire en même temps que des aphorismes de Char: «Ces plaies qui nous ont guéris.» Ou, enfin, cette splendide image: «Le livre, oiseau de femme.» Les deux premiers recueils de Jean-Marc Fréchette sont aujourd’hui disparus, et peut-être même en partie révoqués, puisque le poète n’en a recueilli qu’une partie, d’ailleurs en modifiant souvent les textes, dans Le Corps de l’infini (poèmes, 1968-85).Ce dernier livre est suivi, en 1988, de La sagesse est assise à l’orée, où l’inspiration de la spiritualité indienne s’exaspère en quelque sorte, devient si insistante qu’on imagine une rupture en train de se préparer.La voici.Les recueils suivants, Le Psautier des rois (1994), La Lumière du verger (1998) et La Porte dorée (2002) paraissent n’avoir plus guère de rapport avec les œuvres précédentes.C’est, bien sûr, une illusion; une lecture plus -HW, Un thriller de Normand Lester et de Corinne De Vailly Libre 1 Ebcssion attentive révélerait des continuités souterraines entre les premiers et les derniers poèmes.Mais enfin, on peut dire qu'une révolution s’est produite, spirituelle en même temps qu'esthé-tique.Jean-Marc Frechette la raconte sobrement: «En 1967, il découvre l’enseignement de Sri Aurobindo et séjournera plus tard deux ans à l'ash-ram de Pondichéry (Inde).Il renoue avec le christianisme en 1986.» On pensera d’abord, peut-être, à des vitraux, pour les images, pour la lumière, la transparence.Les anges sont encore là, mais chargés de significations nouvelles.Le Christ, la Vierge, saint Joseph, saint François, beaucoup d'autres figures de la même famille entrent en scène, dans un langage qui emprunte fréquemment la forme de la prière, de l'invocation.Parlerons-nous d’une imagerie familière, naïve?Mais c’est une naïveté obtenue par un travail poétique constant, attentif à la moindre nuance, où les mots sont soigneusement pesés.La poésie de Jean-Marc Fréchette est naïve, certes, mais outrageusement, à partir d’une volonté si entière qu’elle échappe à la provocation.Vous passez vite, et c’est raté, vous n’avez pas lu — ou peut-être recevez-vous une impression de lumière, et c'est beaucoup, mais un poème n’est Que dire de cette poésie qu’elle ne dise pas elle-même directement, et comme pas qu une impression.Robert Marteau, dans la très belle postface épistolaire qu'il a écrite pour 1m Porte dorée, compare la poesie de Frechette à celle de grands poètes religieux, Jean de la Croix et le jésuite anglais Hopkins: «Mais eux.dit-il.sont savants tandis que toi tu te contentes d’un peu de suc et de pollen, et d'un chalumeau primitif.Et c’est bien cela qui fait que tu es de tous les temps: compagnon angélique.baptisé dans les eaux du Jourdain, en route déjà, dès que l'étoile se lève.» Dépouillement Et oui, certes, telle sans apparaît la poésie de Jean-Marc Fréchette aucun effort dans La Porte doree, la plus radicalement d art?simple et la plus dé- pouillée qu'il ait écrite, mais l’énigme dont je parlais plus haut n’en devient que plus étonnante.Cette poésie n’a rien à voir, insistons-y, avec la poésie dévote des anciens temps, bien qu’elle paraisse en reconduire les thèmes.La différence est avant tout privative: c’est-à-dire qu’elle se construit par le rejet décidé des ornements traditionnels, de tout accès de sentimentalité.Peu de mots, mais choisis avec la plus grande rigueur: «La terre noire a exhalé son haleine de prophète.Il Et moi je suis tout emplie de ce printemps / Qui surgit des grands fonds de l'hiver.» C'est Anne qui parle, enceinte de Marie, comme la terre est porteuse de la moisson à venir, image commune, consacrée par la tradition.Mais voici qu'à la fin le poème s’ouvre, comme cela se produit presque toujours dans Im Porte dorée, à l'image inattendue.paradoxale, d’une fécondité venue du plus profond de l'hiver.La's mots de ce poème, comme le note Robert Marteau, sont bien «les plus simples de la langue française», mais audacieusement laves des marques de l’habitude et devenus de nouveau étonnants, porteurs de grand sens.Comment une telle poésie, si confiante dans les pouvoirs du verbe, usant si naturellement des images anciennes de la chrétienté, a-t-elle pu s'épanouir d;ms l'air de soupçon et de désenchantement religieux oii vit le Québec depuis un demi-siècle?J'ose l’explication suivante.Il fallait peut-être ce grand ménage, ce massacre de statues de plâtre, de coutumes et d'idées usées, pour que, dans ce quasi-désert, ces ruines, puisse se lever la voix d’un Jean-Marc Fréchette.Certains seront tentes de lire la Porte dorée comme le livre d’images d'un monde disparu.Pour moi, je le lis actuellement, dans mon actualité: quoi de plus beau qu'une voix dans le désert ?ULTIME ATTENTAT TERRORISTE A , MONTREAL Le 22 avril prochain ' M) f4*V- « Un livre cjui pose un diagnostic sévère.» Isabelle Paré, Le Devoir YANICK VILLEDIEU Un jour la santé ÜÊÛÊÊ «Analyste ri8ourcux' Ÿanick Villedieu son ouvrage, yaükk viusoitu en éditorialiste Un jour la santé Lilianne Lacroix la Presse 320 pages • 25,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca ¦ Œuvres de Jean-Marc Fréchette: aux Ecrits des Forges, Im Retour (1975,66 pages) et L’Altra Riva (1976, 57 pages); chez Triptyque, Le Corps de l'infini, poèmes, 1968-85 (1986, 122 pages) et Im sagesse est assise à l'orée, avec quatre dessins de Michel Casavant (1988, 47 pages); chez Arfuyen - Le Noroît, Le Psautier des rois (1994, 53 pages), La Lumière du verger (1998, 81 pages) et Im Porte dorée, postface de Robert Marteau (2001, 70 pages).LIBER Joseph J.Lévy entretiens avec François Laplantine Anthropologies latérales J«w|4i J.Un FRANÇOIS LAPLANTINK ANTHROPOLOGIES LATERALES 1.110.11 184 pages, 23 dollars SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC xxoS auteurs - |.Q; ¦’vTn fsjib, s * à y .T s v ' ' t « VtT 'r /Vie ^letton Mireille VilleneûVc le ttlâim tlcffi IrnliK Un nunem riitlmlté ¦BmeJ^sdale perdu -4- im - m aüg Gilles Tüx) fÿ.lerDent présents : Tristan JWrs et IVtfele [^framboise Les 4oo coups ZONE CONVECTIVE 1.E I) E V 0 I H .L E S S A M EDI 20 ET Ü I M A S CHE 21 AVRIL 2 0 0 2 J) I SAL OX DU LIVRE DE QUEBEC ROMA N ROMAN QUÉBÉCOIS L’artiste au travail CATHERINE MORENCY Hélène Vachon s'est fait connaître, au cours des dix dernières années, grâce à la littérature jeunesse.Malgré son aisance à manier la plume, l'écrivaine avait un saut a faire pour passer au roman pour adultes.Elle s’est exécutée avec élégance, La Tête ailleurs étant l’un des bons romans publiés au Québec ce printemps.Mettant en scène Alison, une peintre de 48 ans, femme solitaire et introvertie, Vachon s’inspire d'une figure pour le moins romanesque et brode autour de cette derniere les ramifications essentielles à l’élaboration d’une histoire complexe.Si elle fait de sa protagoniste une artiste, ce n’est pas pour exploiter les clichés et le vocabulaire foisonnant liés à ce métier.Ne serait-ce pas plutôt parce que Vachon a saisi cette Sensibilité paradoxale qui détermine le comportement atypique de plusieurs artistes, à savoir un malaise, une gène viscérale d’être avec l’autre par opposition au vif désir de pénétrer son univers, manifestant par là une forme d’humanisme?En effet, Hélène Vachon possède l’acuité d’un Camus ainsi que son fiabileté à fouiller la psyché humaine jusqu’à en extraire des personnages riches, bouleversants de vrai-^emblance.Comme ce dernier dans la nouvelle «Jouas ou l’artiste au travail» (L’Exil et le Royaume), elle se fait à la fois spectatrice et juge du drame terrestre qui se tra-pae sous ses yeux et prend un malin plaisir à provoquer les acteurs de sa propre œuvre de fiction, les acculant aux situations les plus rebutantes afin de prendre la mesure de leur tolérance et de leur solidarité à l’autre, tantôt frère, tantôt étranger, j^insi, Alison, personnalité hybride, affronte sans relâche sa propre misanthropie, s’inscrivant d’emblée 1- dans la lignée des esprits existentialistes qui ont pris part, depuis plus d’un siecle, à l’élaboration d’une certaine vision de la littérature moderne.Alison peint des centaines de visages qui défilent successivement dans son atelier, tentant de se convaincre que de cette étude physionomiste jaillira une meilleure compréhension de l'intelligence humaine, ainsi qu’une certaine connivence avec les sujets concernés.Rien n’est moins sûr cependant, et c’est dans son acharnement et son rejet d’autrui que La Tête ailleurs culmine, poussant a l’extrême les conditions de la quête d’Ali-son.Si cette dernière s’oblige à côtoyer quelques amis, à sortir prendre un verre au bar du coin et à recevoir de plus en plus de modèles dans son minuscule atelier, elle n’en demeure pas moins frustrée par les conditions de vie d’une humanité qui a recours à la violence et aux rapports de force comme moyens d'expression privilégiés.Dès lors, le récit prend des allures surréalistes, explorant tour à tour les métaphores de la guerre puis du Déluge pour exprimer le vide béant qui se déploie autour de llié-roïpe.En elle, surtout A cette vaste saga intérieure, Vachon greffe bon nombre de récits enchâssés qui étoffent l’œuvre autant qu’ils la diversifient Explorant avec inventivité les possibilités narratives et les contraintes stylistiques liées à la fiction, Hélène Vachon joint sa voix au concert des romanciers québécois, en ajoutant son approche — fouillée et jamais complaisante — à l’éventail des écrits publiés.IA TÊTE AILLEURS Hélène Vachon Québec Amérique Montréal, 2002,235 pages YING .CHEN « Une œuvre forte, contrôlée, d'une ronde pu i won ce poétic/ue.» Caroline Montnetit LE CHAMP DANS LA MER l e Devon « Des images évocatrices gui savent foire leur chemin et frappent à retardement.» Bonnv Vigneau II l e Soleil Boreal LE CHAMP DANS LA MER Roman 120 pages .17,95 $ Boreal www.editionsboreal.qc.ca Les gens heureux méritent tout de même une histoire épisode le plus auda-deux de ce premier roman de René Girardet, et qui fait une plus grave entorse à la vraisemblance, c’est sans doute celui où il est dit qu’éclate, un certain matin d’avril, «le plus beau printemps qu'on puisse imaginer»: chacun sait que, dans la réalité de ce pays incertain, on passe de l’hiver à l’été du jour au lendemain.Pour le reste, le narrateur de Girardet navigue sagement sur sa modeste galère en prenant soin de ne pas donner davantage que ce que promettait le titre du livre: Une toute petite histoire sans coup de feu.Celui qui se raconte est un homme de quarante ans qui se dit névrosé.Il est assurément soupe au lait et cyclothymique, avec une propension a faire des montagnes avec de menus soucis.Ce sont là des défauts utiles, qui donnent à son récit un bel allant, tout au moins au début.Il serait de son époque — l’actuelle — par la force des choses.Pas tout à fait étranger au monde, mais incapable de bien s’y débrouiller.Et peu intéressé à en connaître toutes les règles.Il assure d'ailleurs qu’il est né vieux: «J’ai vu le Christ agoniser.Je jure que j’y étais.» On pourra le croire sur parole, littéralement, tant il est porté à multiplier les références à la religion: «Doux Jésus!», «Alléluia!», s’exclame-t-il; le bulletin de notes de sa fille lui fait penser à un «baptistère» [sic]; il se demande de qui il tient pour qu’il lui faille s’approcher de l’amour «comme dans un état de prière, humble de cœur et d’esprit»-, d’une femme désirable, il dira que «ses mollets mentaient comme des curés de campagne», ou qu «un sentiment quasi religieux» l’a envahi quand il s’est rendu compte.«quelle ne portait rien en dessous»l S’agit-il, chez ce quadragénaire, Robert Chartrand ?de simples réflexes langagiers instillés par une éducation judéo-chrétienne dont il ne parle pas?Au jour le jour, à travers chacun de ses gestes, il paraît plutôt mécréant, porté sur la bouteille et surtout sur les femmes — une en particulier, amante de longue date, à qui il lui suffit de penser pour avoir des bouffées de désir quasi insoutenables.C’est elle qui, sans le vouloir, déclenche tout le roman.Non seulement est-elle aguichante à faire damner tous les hommes, mais elle décide un beau jour de forcer le narrateur à s’occuper de leur fille de quinze ans que, de toute évidence, il a peu vue jusque-là Voici notre homme promu papa du jour au lendemain, et qui s’improvise banlieusard alors qu’il se dit citadin dans l'âme.On imagine les soucis et les déconvenues qui l’attendent.Tout finit cependant par s’arranger pour cette tète heureuse, y compris son épuisement professionnel: il travaille comme intervenant auprès de jeunes psychiatrisés qu’il surnomme affectueusement ses «inquiets».La Providence pourvoit miraculeusement à l’essentiel, incarnée par une patronne complaisante, une belle-mère comme il ne s’en fait plus, ou le divin hasard.Ni le suicide d’un de ses patients ni l’avortement de sa fille ne vont le faire chavirer.Le narrateur du roman de Girardet triche gentiment avec la vie; il s’en accommode à l’occasion, la fuit puis y revient C’est un doux délinquant qu’on dirait né pour être heureux, qui sème et récolte la joie de vivre sans calcul, un peu à la maniéré de certains personnages d'Yves Beauchemin.Girardet, cependant a eu plus de mal que l’autre à démontrer qu’on pouvait faire de la littérature intéressante à partir de bons sentiments.Une petite histoire.prend un départ sympathique, enlevé, mais le récit s’égare peu à peu, le ton fringant du début s’assagit.La fantaisie sombre dans le désordre et il ne reste bientôt plus qu’un narrateur acharné à prouver, en prenant le lecteur à témoin, qu’il y a encore, de par le monde, des gens sympathiques et à peu près honnêtes qui ne demandent qu’à vivre tranquillement leur vie.Souvenir Le lecteur est également pris pour confident dans le livre de Christine Bertrand, et prié de croire que le bonheur existe.Mais ce livre n’est ni un roman ni même un récit.On a affaire ici à une simple enfilade de saynètes au cours desquelles un homme se rappelle l’été de ses quinze ans.Tout était si parfait pour lui dans la région de Joliette où il a grandi — maison, parents, amis — que, pour un peu, il n’y aurait rien eu à en dire.Il s’entiche tout de même de la belle-mère d’un ami.Il se languit, il fantasme.Et se distrait à moitié dans des travaux de la ferme ou des virées avec des copains, dont certains sont bien plus dégourdis que lui.Il est davantage question de l'éveil des sens que d’un chagrin d’amour chez ce garçon.C’est de son âge, dira-t-on, et on n’a pas à lui en faire reproche.Il aurait cependant fallu, pour qu’on s’attache à lui, que l’adulte qui se souvient mette plus de soin à rapailler ses souvenirs et ses sensations.Qu’il donne à ses souvenirs un ton moins maniéré, plus proche de SENE GIRARDET UNE TOUTE PETITE HISTOIRE SANS COUP DE FEU O #: ¦ % l'adolescent qu’il a été.Que les personnages de son entourage aient plus de consistance, que les anecdotes restent brèves, sans tourner court L’humour annoncé sur la quatrième de couverture tombe le plus souvent à plat.On peut même le soupçonner d'être parfois involontaire, comme dans ce passage où le narrateur, après avoir découvert un condom plein de sperme qu’avait caché un de ses copains, s’exclame: «Non, mais quel cm, ce Max!» Faut-il le rappeler?In légèreté, pour être bien sentie, nécessite autant de soin que la gravité.Or, ici, tout est traité par-dessus la jambe.Mine et moi est un brouillon qu’on n’a pas jugé bon, chez Leméac, de faire retravailler suffisamment par son auteur.robert.chartrandS asympatico.ca UNE TOUTE PETITE HISTOIRE SANS COUP DE FEU René Girardet Editions de la Heine Lune Montréal, 2002,216 pages MINE ET MOI Christine Bertrand Leméac éditeur Montréal, 2002,126 pages Une toute petite histoire.prend un départ sympathique, enlevé, mais le récit s’égare peu à peu, le ton fringant du début s’assagit SX.» > “Jfei s ^ ^ Mau Amhè RroiHÎIme VI NT DI VAN 1 Michel Beaulieu Trivialités 144 pages - 18,95$ et je préfère aller à ta rencontre poème qui distilles tes surprises en les égrenant sous le tracé noir de la plume grise Normand de Bellefeuille Lancers légers Collection Chemins de traverse 71 pages - 17,95 $ Car une seule chose absolument importe : ne dire à jamais qu'une seule chose, à jamais la même chose.Marc André Brouillette Vent devant 84 pages - 16,95 $ la distance fond dans l'œil impatient d'embrasser le dehors du dedans Jean-Marc Fréchette La porte dorée 74 pages - 16,95 $ Mon cœur me dit que Marie est une rose Endormie au jardin du roi David.La mémoire est une très douce pluie.ÉDITIONS DU .NOROIT 30 ans de poésie lenoroit.multimania.com Geneviève Passions tropicale Line ode au désir, u n e c é l é b r a t i o n des sens.ROM VN I KOI loi II • J4U p, • 2l,'*Ss vlb éditeur www.edvib.com LE DEVOIR.LES A M E I) 1 EL D 1 M A \ ( H E A V K I l ,) s AUI.V l)lT 1.1 VRH DE QUEBEC ART ÉPISTOLAIRE Uart de plier les mots en quatre R cede DAVID CANTIN ui n'a jamais écrit ou reçu une lettre?La correspondance demeure peut-être encore l'une des seules manières de vivre encore avec quelqu’un malgré l'absence.Dans Manuscrits pour une seule personne, qui parait ces jours-ci à L’Instant même, l’écrivaine Sylvie Chaput et l’essayiste Marc Chabot tentent de réfléchir sur le genre même de la lettre.Ils posent ainsi franchement la question: pourquoi la correspondance demeure-t-elle aussi importante dans la vie de bien des gens?Il en résulte un parcours fascinant autour d'un phénomène qui, somme toute, ne vieillit pas.«Qu 'est-ce qu une lettre?Un morceau de notre vie pour une autre personne.Une pensée pour l'autre.Un autre visage de ce que nous sommes.Et cet autre visage tente de s'approcher d'une personne.» Ce passage, écrit par Marc Chabot, n’est qu.'une tentative parmi tant d’autres afin de découvrir l’origine de cet attrait incessant pour le genre épistolaire.L’idée d’un tel projet d’écriture passionne d'ailleurs le couple depuis la conférence qu’ils ont prononcée sur le sujet en 1997, à Way’s Mills, dans les Cantons-de-l'Est, à l’occasion d’un séminaire organisé par la revue L'Agora.Comme l’explique Sylvie Chaput, «au fil des années, nous amassions des livres de correspondance dans le but éventuel de s’interroger à ce propos.Toutefois, notre intention n était certainement pas de prétendre à une éventuelle théorie générale de la lettre.Au contraire, il n’y avait pas de plan strict au départ.On tenait simplement à réfléchir sur la question avec le plus de liberté possible».En effet, l’essai étonne dans son alternance de courts chapitres qui traitent autant des œuvres d’auteurs connus que de souvenirs de jeunesse.On passe ainsi de la fiction à l’analyse plus personnelle.Au fond, les deux auteurs souhaitaient travailler chacun de son côté pour ensuite Sylvie Chaput LOUISE CARRIER PIERRE GIGNAC Pour Marc Chabot, « la lettre révèle autre chose sur les écrivains » mieux construire ensemble la structure du livre.Pour Marc Chabot, «la lettre révèle autre chose sur les écrivains.C’est ainsi qu on assiste au déroulement de l’existence de quelqu’un.On arrive à comprendre comment il en vient à bâtir son œuvre de même que ses intentions les plus secrètes.On entre ainsi dans un tout autre univers qui surprend à bien des égards».De Bohu-mil Hrabal à Kafka, d’Hannah Arendt à Jacques Perron, la liste serait longue à énumérer des épistoliers célèbres commentés du début à la fin de cet ouvrage.Toutefois, les différentes façons d’aborder ici le phénomène littéraire séduisent d’emblée.Selon Chaput, ces lectures lui ont permis de remettre en question certaines idées reçues sur des figures connues.Que l’on pense à la bonne entente entre Vincent Van Gogh et son frère Théo, ou encore à Hugo, qui affir- m.**.-/*.i ¦k » i Marc Chabot mait détester son personnage public.Pour Chabot, le volet politique de la lettre été un facteur intéressant à explorer, notamment à travers la brève évocation par une étudiante de sa visite à Auschwitz.Comme Chabot l’explique dans l’ouvrage, «chaque lettre est un instant de vie.C’est la philosophie qui se met à vivre dans le monde.Elle ne se contente plus de le regarder, de le penser de l’extérieur, de l’imaginer mauvais et de s’enfuir ailleurs.Elle regarde le monde tel qu’il est et tente de vivre avec les idées fragiles».Mais comment alors envisager, désormais, le rôle intermédiaire du fax ou du cour- rier électronique?11 faudrait ainsi reprendre, en guise de réponse, le long passage intitule -Jouit de la forme», où Chabot philosophe de manière aussi simple que directe: •ily a un rituel du courrier, de la poste.Un rituel que le fax n'utilise que trop peu.Une lettre peut être une œuvre d’art.On joue avec les Jbrmes.On reconnaît une écriture, on fabrique une enveloppe, on choisit sn papier, sa plume, la couleur de l’encre.On joue avec la matière.On écrit dans l'intention d'offrir à l'autre un moment de jouissance.» Alors que Chaput arrive tout juste de foronto, où elle présentait la traduction anglaise de son roman lœs Cahiers d'Isabelle Forest, cette nouvelle collaboration avec son partenaire semble renouer avec l’expérience des Lettres sur l’amour, parues en 1988.«C’est fascinant de réaliser à quel point il est possible de dire des choses dans une lettre.Les avenues semblent alors interminables.il suffisait d'aller voir, sans jamais trop insister, lœ piège est de ne pas s'arrêter à temps.Un chapitre du livre peut ainsi se résumer à un court paragraphe, mais dépasse rarement les quelques pages.Ce souci de faire bref apporte, il me semble, u ne couleur très particulière à l'ensemble.» En ne cherchant pas à tout dire.Manuscrits pour une seule personne laisse beaucoup de place à la réflexion intime comme à l’étonnement.Une lecture fort instructive sur un thème connu.MANUSCRITS POUR UNE SEULE PERSONNE Marc Chabot et Sylvie Chaput L’Instant même Québec, 2002,151 pages r mtem •*^y MONIQUE PROULX G t a Une célébration de la curiosité.l P OTUR F ST r ‘ ' * .’ * 3 UN MUSCLÉ INVOLONTAIRt T « ^ - 1 - \ Hk.(¦MMHpMT • ! itïïü Un portrait fascinant de la société empesée et hypocrite des années quarante.ROM W • \%2 I) • A/.ni s l’HEXAGONB superbe hommage à l'écriture.LE CŒUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE Roman ^ 400 pages • 24,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca Le Salon du livre îïtPM æ UNE HISTOIRE DU QUÉBEC Jacques l^coursière Une histoire du Québec Jacques Lacoursière Cet ouvrage s'avère être un véntable tour de force, car Jacques Lacoursière • réussit è retracer l'évolution de la société québécoise en intégrant dans son texte les grands événements politiques, la vie quotidienne, les débats d'idées et l'opposition entre les éléments conservateurs et progressistes qui ont forgé le destin du Québec.» D'un seul souffle, dans un texte court, clair et précis, Jacques lacoursière va à l'essentiel.Canada • Québec 1534-2000 Jacques Lacoursière Jean Provencher Denis Vaugeois 39,95 $ (éd.régulière) 49,95$ (éd.de luxe) CANADA QU 1U C Capitaine-Abbé Rosaire Crochetière Un vicaire dans les tranchées Alain M.Bergeron >1 IAKD1N Et vogue la galère.Chroniques de Ville-Marie Josée Mongeau K' " uni ( Rave.Ses yeux misérables comme accrochés à elle, suppliants.Comme si sa vie maintenant ne tenait plus qu'à un fil, que sa souffrance infinie exigeait qu’on l’achève sur son Radeau de la Méduse.* L’homme qui regarde l'inatteignable Léna, Odalisque moderne, avec une concupiscence paralysée éprouve l’étourdissement de l’amant comblé.Tantôt le regard foudroyant est médiatisé par un appareil photo, qui décortique le corps féminin de la même façon qu’il y a des mots pour attiser les désirs insatiables.Tantôt les gestes indécents de l’amant sont décrits avec minutie, comme pour accompagner d'une même lenteur de lecture le temps imaginaire de l’exercice réel.Tantôt le désir est une bravade, jaillie du corps cabré et braqué, cherchant à forcer une ouverture pour la force enfouie, aussi profonde que l’océan; les mots crèvent la page, tempétueux, sacrificiels et meurtriers.Trois hommes, trois portraits: trois sortes de ballets verbaux mettent en vedette un même blason féminin, sexe naturel ou paysage sexué, aux teintes des bienfaits charnels: «Une nappe d'amour plus large, une nébuleuse, oui, mer, étoiles, sans écueils ni rivages.[.] un présent évasé, un ailleurs ouaté.» Toujours plus noir sera le naufrage d’aimer, rappelant l’apocalyptique roman précédent, Le Jour de la fin du monde, une femme me cache (2000).La corrida L’Espagnole Carmen, dans la célébré nouvelle de Mérimée, l’incarne en littérature: la séduction charnelle est une corrida.Chez Grainville, trois scènes de tauromachie, extravagantes, racontent le combat entêté d’un de ces hommes, torero, face à son noir toro.Masculines, crépusculaires, de telles scènes constituent à elles seules de petits exploits littéraires.On s’y engouffre, avec l’auteur, dans des pages délirantes, qui n’ont pourtant de désaxé que ce qu’elles désignent, l’envoûtement de l’homme et de l'animal.Et comme si ce n’était pas assez du toro, en ce pays basque où se heurtent le froid et le chaud, les grandes vagues océaniques et les rochers, la fille se débat parmi une meute de chiens qui la suivent au milieu des vagues.Le photographe embusqué ne perdra pas une seconde de ce pacte de la femme avec l'animal, et les pages, qui rendent l’esprit de ce moment intense, sont autant de rebondissements vers les limites inquiétantes de notre nature.Enfin, à peine moins pervers, le lien de l’homme avec une grue apprivoisée conduit, plus en douceur, dans ces retranchements de la sensibilité où la solitude et la souffrance rejoignent le besoin de tendresse et de beauté.On se surprend à découvrir une langue, celle de Grainville, qui regorge de richesses pour évoquer les foucades et les turbulences des grandes pavanes et de leurs voluptés.La photographie L’art vient donner d’ultimes coups de brosse à sa fresque archaïque.Que ce soit par la photographie ou par la sculpture tourmentée qui se construit au fil du texte, Grainville s’attache aux «voltiges vivaces du poignet et du pinceau», à tout ce qui permet à l’ar- tiste de caresser les dédales et les sentes cachées de la matière sauvage.L’œuvre respire le suint de la terre, la saveur des embruns et le fumet bachique de l'amante.De l'appareil photographique, le romancier décrit l'aptitude à «traverser la nuit océanique» qui secondera la caresse de l’œil: «Et le timbre se colle à sa chair, telle une ventouse, et se détache et repart dans sa cellule, dans son puits insondable, pour concocter un nouvel étirement de temps, de ténèbres, l’élan freiné qui accouchera d'un improbable écho.Une nouvelle photo, un nouveau fantôme arraché du tréfonds.» Ces êtres malmenés, déchiquetés à force d’observation, constituent, nous suggéré l’auteur, des archives tatouées de messages.Toutes ces images servent une littérature chargée de fantasmes.Le projet de Grainville est de modeler la pâte dure des corps, labyrinthes imprévisibles, et d’en ramener des trésors immergés de mots et de phrases, comme des coques vides où l’on entendrait encore la mer.L'ATLANTIQUE ET LES AMANTS Patrick Grainville Le Seuil Paris, 2002,283 pages — - JPt i EDITIONS MULTIMONDES m CLAVEL Chevalier de l'Ordre national du Québec Trois hommes, trois portraits : trois sortes de ballets verbaux mettent en vedette un même blason féminin Nos finalistes aux prix Odyssée 2002 mettent le monde de la science à votre portée ! APRES AVOIR LU CE LIVRE, VOUS NE VIVREZ PLUS VOTRE QUOTIDIEN DE LA MÊME FAÇON Au-delà des apparences.La dimension scientifique de la vie quotidienne, Raynald Pepin, firéface de Raymond Lemieux, Éditions MultiMondes et Québec Science, 2001,176 pages, 16,5 x 23 cm, reliure souple, 24,95$, ISBN 2-89544-022-0 LES CONCEPTS SCIENTIFIQUES SANS FORMULES NI ÉQUATIONS Notions de culture scientifique et technologique.Concepts de base, percées historiques et conceptions fréquentes, Marcel Thouin, Éditions MultiMondes, 2001, 418 pages, 39,95$, ISBN 2-89544-016-6 DES EXPLICATIONS SIMPLES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES Vivre les changements climatiques.L’effet de serre expliqué, Claude Villeneuve et François Richard, préface de Fred Roots, Éditions MultiMondes, 2001,308 pages en quadrichromie, 23 x 23 cm, reliure rigide 34,95$ ISBN 2-89544-020-4, reliure souple: 24,95$ ISBN 2-89544-021 "tV-i TMOUIW HA****-’ '“iSamcKS Kno\ogiquJL et ted ^ ' xtn f Un site Internet ihttp://www.changements-climatiaues,ac.cai présente des informations, des trouvailles, ainsi qu'un calculateur d'émissions de gaz à effet de serre et des suggestions d’actions pour diminuer ces émissions.Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution du Fonds d’action québécois pour le développement durable et de son partenaire financier le Gouvernement du Québec.Salon du livre de Québec, stand 198, Aire Dimedia Bernard Clavel est l'auteur de plus de quatre-vingt-dix ouvrages dont certains ont fait connaître le Québec en France et dans le monde.Parmi ses plus célèbres il faut mentionner sa grande fresque romanesque intitulée Le Royaume du Nord.Depuis quelques années, il renoue avec la terre et les personnages\de son enfance, en publiant des textes inoubliables et aussi différents que La Guinguette, Le Soleil des morts.Les Petits Bonheurs, Le Cavalier du Bailtal, Brutus et La Retraite aux flambleaux.ALBIN MICHEL www.albin-micheLrr NAlM KATTAN C bark's Juliet est écrivain, poète, dramaturge et son Journal est sans doute son œuvre majeure, son texte le plus émouvant.11 eut une enfance difficile, à la scolarité interrompue par le Collège militaire dont il a décrit l’effet impitoyable, complexe, parfois ne-faste sur sa formation.11 y eut, heureusement pour lui.la découverte de l’écriture, à la fois refuge, thérapie et libération.Dans eet ouvrage, Juliet répond à la question: Qui donc est Dieu?, dans la collection du même nom, qui a propose les réponses, entre autres, de Jean Grosjean et de Mare-Alain Ouakntne.Les règles du Collège militaire ont éloigné Juliet de la foi de son enfance, de son milieu catholique.Il ne les a point reniés pour autant.11 a compris que ce qui importe est de «se connaître, devenir qui l'on est, vivre en fonction du soi.Car dans cette affaire, le sujet n’est Pas seul concerné».Pour Juliet, l’écriture n’est ni une ascèse, ni un exutoire mais une voie, un chemin qui conduit du moi au soi: «Du on croie ou non en l’existence de Dieu me semble secondaire.En revanche, ce qui me paraît de toute première importan ce, c'est le rapport que nous établissons avec nos semblables et la société (et aussi avec les animaux et la nature).Soit je cherche à dominer, me conduis en prédateur — toujours plus d'argent, de possessions, de pouvoir, de prestige.—, soit je veille à respecter autrui, à ne pas le blesser, le léser, l’exploiter.» Il est heureux que Juliet ne se soit pas contenté de cette attitude, cette réponse aussi lapidaire qu’insuffisante.Il s’est mis en quête, à la suite de tous ceux qui, avant lui, dans une grande diversité des origines, furent sensibles à l’appel Çlrarles Juliet d’un au-delà, appel qui échappé à toute definition.Des mystiques d’Orient et d’Occident, des chrétiens.des musulmans, des bouddhistes.Il a abouti à une deuxième naissance: «Je ne suis pas installe à demeure dans ce pays auquel m’a introduit ma seconde' naissance.J’en suis parfois chassé par cc moi qui ne sc laisse pas exterminer et qui, à tout propos, ne manque pas de manifester sa présence et sa vigueur.Mais je n 'ignore plus que ce pays existe, j’y ai déjà séjourné.et je sais que je n’aurai pas longtemps à chercher pour en retrouver le chemin.» Aussi, le voyage intérieur qu’il a entrepris l’a ramené aux sources chrétiennes, à l’origine.Dès lors, Juliet poursuit sa route d’écrivain, habité par un pays autant qu’il l’habite, sans qu’il ait à le proclamer ouvertement.Ce pays est désormais le fondement de tout ce qu’il fiüt et dit.CE LONG PÉRIPLE Charles Juliet Editions Bayard Paris, 2001,77 pages venez rencontrer Francis Catalano qui présentera son recueil de poèmes le samedi 20 avril à 14 h à la librairie Gallimard fikywMJ 3700 Boulevard Saint-Laurent, Montréal POUR INFORMATIONS : 514 / 499 / 2012 www.gallimardmontreal.com ®-fdujraMl ibrairie Gallimard LA 30 RENCONTRE QUEBECOISE INTERNATIONALE DES ÉCRIVAINS PRÉSENTE à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 rue Sherbrooke Est, Montréal, le lundi 22 avril 2002 à 17h30 précises Des lectures publiques de : MARGARIDA ARITZETA (Catalogne) FRANÇOISE ASCAL (France) BEATRIZ MEYER ANGELINA MUNIZ HUBERMAN (Mexique) GIL JOUANARD (France) THOMAS SKASSIS (Grèce) FRÉDÉRIC-JACQUES TEMPLE (France) Et du Québec ANNE-MARIE ALONZO ALINE APOSTOLSKA MARTINE AUDET CLAUDE BEAUSOLEIL DENISE BRASSARD DAVID CANTIN JEAN-PAUL DAOUST ANTONIO D’ALFONSO DANIELLE FOURNIER MADELEINE GAGNON ENTRÉE LIBRE Soirée préparée et présentée par : Jean Royer, Denise Desautels et André Ricard La JO" Rencontre a lieu i Sainte-Adèle et Montréal, du 19 au 22 avril 2002, grâce à des subventions du Conseil des arts et lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts de Montréal.La Rencontre québécoise iniernationnle des écriroins est organisée sous l’égide de l’Académie des lettres du Québec.i I DEVOIR S A M F.D I SALON DD LIVRE DE QUEBEC La bande à Fred La connaissance alliée à la mémoire du passé permet d'assembler le casse-tête auquel ressemble parfois le monde d’aujourd’hui JOHANNE J A R K Y Un bandeau rouge orne la couverture: •’Vargas: I^e polar réinventé».Depuis quelques semaines, Fred Vargas fait un tabac — de quoi piquer sérieusement la curiosité de ceux et celles qui ne l’ont pas lue.Qu’en dire maintenant que c’est chose faite?Qu’on qualifie d'invention ce qui est d'abord une question de style.Car c’est probablement ce qui séduit le plus dans les romans de Vargas: une écriture qui n’intègre pas à ses intrigues les clichés propres au genre policier, sans toutefois priver le lecteur du suspens essentiel à tout bon polar qui se respecte.Et Fars vite et reviens tard en est un bon, même s’il se termine un peu en queue de poisson.On hésite à en tenir rigueur à l’au-teure parce que son histoire captive jusqu’à la fin, mais aussi parce qu’on apprécie la compagnie de ses personnages qui sortent de l’ordinaire sans devenir superficiels, vivent d’abord en bande par nécessité, puis finissent par former un dan solide qui s’oppose à l’indifférence et a l’individualisme.On a une pensée pour la famille Malaussène de Daniel Pennac, d’autant plus que ce beau monde s’anime dans un Paris très vie de quartier.Mais la façon dont Fred Vargas manie la plume, elle qui refuse pourtant d’avoir un style, fait qu’on reconnaît sa marque.Prenons le personnage de Joss pour exemple.C’est lui qui résiste le plus avant de se joindre à la petite bande de Descambrais, conseiller en choses de la vie.Ex-marin depuis qu’il a presque tué un armateur qui l’avait laissé prendre la mer avec un bateau pourri, Joss entend un soir le fantôme de son arrière-ar-riere-grand-pere lui rappeler qu’il devrait poursuivre la lignée des crieurs de rue.Joss reprend donc la tradition, s’installe au carrefour Edgar-Quinet-Delambre et récite les billets qu'on glisse dans son urne avec une pièce de cinq francs.Mais il garde la nostalgie du large.Aussi, à chaque criée, il donne la météo marine et raconte l’histoire d’un naufrage.C’est en écoutant Joss crier les nouvelles devant chez lui que A *« L'OUBLI DE LA SOCIÉTÉ Pour une théorie critique I ; y de la postmodentmHH jHHNHj Michel Freitag igir avec la collaboration de Yves Bonny 4 ?4 pages, 35% .LA RENCONTRE DE DEUX « PEUPLES ÉLUS » " Comparaison des ambitions nationale et impériale au CanalB ^ entre 1896 et 1920 Sylvie Lacombe ¦¦ 325 pages, 30 S « Sot lOIOGII COMt Ul’ORAIM diriger par Daniel Mercure Pour de plus omples informations Les Éditions PUL-IQRC Tél.(418) 656-7381 Téléc.(418) 656-3305 Doininiquc.GingrAS@pul.uIaval.ca www.ulaval.ca/pul L inauguration d’amf’ rica la nouvelle collection grand public chez Hurtubise HMH Philippe Aquin la toute de Bulawayo Un iecit de voyage dam l'Afrique profonde un corps a corps haletant avec un espace noir.Naclc, indigène une exploration parfois décapante souvent remplie de tendresse qui brille d une authenticité brûlante Fred Vargas Pars vite ET REVIENS TARD Descambrais, ancien professeur érudit, pressent un malheur.Il finit par retracer la source des messages étranges que crie l’ex-ma-rin.Ce sont des extraits qui proviennent du journal de Charles Pepys, écrit en 1665.On se doute que ce n’est pas un hasard si les personnages de Fred Vargas détiennent des savoirs pointus capables d’éclairer les lanternes des policiers qui enquêtent, puisque celle-ci est aussi archéologue médiéviste.On verra donc dans Pars vite et reviens tard que la connaissance alliée à la mémoire du passé peut permettre d’assembler le casse-tête auquel ressemble parfois le monde d’aujourd’hui.le commissaire principal Adam-sberg aimerait bien savoir ce que signifie ce chiffre 4 inversé qu’on peint sur plusieurs portes d’im- Olivieri librairie »bistr meubles de Paris.Son intuition lui dit que ces portes peintes et les textes mystérieux dont lui parle Descambrais sont le fait d’une même personne.L’historien Marc Vandoolser lui donnera raison.Les portes épargnées par cet étrange signe pourraient désigner des victimes.Mouvement de panique chez les Parisiens qui se mettent a peindre le 4 inversé sur leur porte pour se protéger.Qui les terrorise ?Et pourquoi?Voilà un début d’enquête énigmatique pour celui qui vient d’être nommé responsable du groupe homicide à la crimineDe, un homme qu’on devine populaire auprès des femmes (classique, comme personnage) et dont la nature intuitive est gage de succès.Devant ce qui ressemble à une impasse, il n’y a d’autre choix que d’écouter Joss, choisi comme messager.Ainsi, trois fois par jour, Descambrais, le conseiller, lizbeth, la corpulente ex-prostituée noire, et Marie-Belle, la maternante sœur de Damas le naif, scrutent la foufe ras semblée autour du crieur.Cette petite bande est solidement liée.On s’y voit presque, attablé avec eux au café du Viking pour commenter les nouvelles du jour.On s’imagine aussi se pointer au carrefour pour entendre Joss énumérer de sa voix forte: «[.] Vends portée de chatons blancs et roux, trois mâles, deux femelles.[.] Huit: Que l’Électricité et le Gaz de France aillent se faire foutre.Neuf.C’est du flan, les types de la désinsectisation.Il reste autant de cafards qu'avant et ils vous raflent six cents balles.Dix: Je t’aime, Hélène.Je t’attends ce soir au Chat qui danse.Signé Bernard.» On finit bien sûr par découvrir le pot aux roses, et on comprend (encore une fois) que les apparences sont trompeuses.Visiblement, celle qui tire les ficelles de cette intrigue prend plaisir à écrire et réussit assez bien à communiquer cette jubilation à son lecteur.Prévenons tout de même celui qui fait rimer polar avec roman noir ou meurtres en série: les histoires de Fred Vargas pourraient le laisser sur sa faim.PARS VITE ET REVIENS TARD Fred Vargas Viviane Hamy Paris, 2002,352 pages Littérature canadienne-anglaise Loin des yeux, loin de l’immobilisme SOPHIE POULIOT Onze ans après sa publication au Canada anglais, le roman A Celibate Season est traduit en français.Mieux vaut tard que jamais, dit-on.Carol Shields continue d’y explorer le quotidien petit-bourgeois, cette fois-ci aux côtés de son interlocutrice Blanche Howard.Fortes de leur amitié et s’accommodant de la distance géographique qui les séparait a l’époque, les auteures ont opté pour le genre épistolaire, chacune écrivant des lettres à l'autre dissimulée derrière un personnage.Ceux-ci forment un couple, fin quarantaine, lui architecte, elle avocate.Ce couple vit séparé pendant dix mois, l’épouse ayant obtenu un poste de conseillère juridique au sein d’une commission fédérale chargée d’étudier la féminisation de la pauvreté.Jocelyne Selby quittera donc provisoirement Vancouver et le nid familial, laissant à Charles, son mari, le soin de leurs deux adolescents, pour profiter de ce qu’elle croit être une chance d’avancement inespérée.Toutefois, à sa grande surprise, le cheminement professionnel sera de loin surpassé par celui accompli sur le plan personnel.La mère de famille, jusqu’alors confinée à fournir un revenu d’appoint au foyer, trouvera à la fois confiance en elle, conscience sociale et ambition.Charles pourra-t-il s’ajuster à ce rythme?Le roman de Shields et Howard traite donc essentiellement du statut de la femme et des relations de couple.À ce chapitre d’ailleurs, le lecteur en verra de toutes les couleurs.Autour du duo Selby gravitent en effet un mariage de raison (un sénateur play-boy et une riche héritière westmountaise), un couple dit ouvert (où chacun a la liberté, utilisée ou non, de folâtrer de son côté), une émule de Martha Stewart et son mari Cromagnon, une lesbienne féministe radicale (fatalement!), un poète vieux garçon, et ainsi de suite.Quant à Jocelyne et à Charles, Le lecteur aura perdu un peu de sa confiance aveugle en ce qu’il croit inébranlable, notamment le couple BISTRO DES DIZAINES D’ÉVÉNEMENTS DES MILLIERS DE LIVRES 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Tél.: 514-739-3639 Fax : 5OW39-3630 service@librairieolivieri.com VENEZ NOUS RENCONTRER AU SALON DU LIVRE! Renoîi Du pay VcRS LE PÔLE NORD MAGNÉTIQUE D'après le journal de Marc Fafàrd, explorateur llmoîl Duguay nous racon» tapèdiiion au pôl< Noid magnétique de Marc Pafard Yvan Hésite el Stéphane Idx'au.Un récil passionnant pour ceux et celles que le pôle Nord mapiélique allire comme il fol danser t'aiguitle d'une !x)assoie ! îUustré en noir et blanc et en couteitn, 24,95 $ Jacqueline April VIVES LUEURS SEPTENTRIONALES Récits nordiques Dans cc livre.Fauteur nous décrit des paysages magnifiques pl grandioses et nous raconte des aventures uniques.Elle nous présente aussi des gens du Nord: ses jeunes élèves inuitcs et crics, des athlètes, des artistes et des dirts de file locaux, et des travailleurs blancs, saisonniers ou au 1res, qui tous vivent le lieu et le temps du Nord.illustré en noir et blunc et en couleurs, 14,9^ $ CARTE BLANCHE I ire.s Incurs septentrionales Stand 221 • F IDES ils trouvent bien difficile de s’adapter aux changements subis au cours de leur saison de célibat.Pendant que madame, de l’avis de monsieur, semble céder à un arrivisme tardif mais néanmoins néfaste pour la cohésion familiale, ce dernier n’est plus un architecte sérieux et au chômage, à la recherche d’un emploi stable pour nourrir sa famille, mais un nouvel entrepreneur qui élève la créativité au rang des conditions essentielles d’une vie équilibrée.Le travailleur austère est devenu artiste; la maman dévouée se révèle une femme de carrière.Le choc est inévitable, la question l’est aussi: chacun saura-t-il s’adapter à l’évolution de l’autre?Et la chasteté forcée n'aide évidemment en rien à maintenir les liens matrimoniaux plus forts que l'ouragan appelé changement Le lecteur est donc le témoin du récit au jour le jour, par la voie de la correspondance du couple, des vies désormais disjointes de Jocelyne et de Charles.Elle lui parle de la commission pour laquelle elle travaille, de ses membres et de sa sympathie croissante pour les combats féministes actuels; lui l’entretient du tour inattendu que prend sa carrière, du cours de poésie auquel il s’est inscrit, de la vie quotidienne avec les enfants et les grands-mères, qui ne sont jamais bien loin, et, bien sûr, de la nouvelle femme de ménage, une jeune et jolie universitaire à la chevelure rousse incendiaire.Dire que les péripéties et l’action n’abondent pas dans Une saison de célibat est un euphémisme.Heureusement, le roman de Shields et Howard n’ennuie pas véritablement.Le lecteur suivra avec un certain intérêt la croissance parallèle des deux protagonistes, un peu à la manière d’un téléroman, mais avec plus de réflexion.Ce que le lecteur aura gagné, une fois le livre terminé, c’est une impression d'instabilité, de fragilité — est-ce vraiment un gain ?En fait, il serait plus juste de dire qu'il aura perdu un peu de sa confiance aveugle en ce qu’il croit inébranlable, notamment le couple.Manifestement, ce que Shields et Howard tentent de transmettre aux lecteurs, c’est la conscience qu’on ne peut jamais compter sur le fait que les choses resteront ce qu’elles ont toujours été.Bonne ou mauvaise nouvelle que voilà?Tout dépend de ce qu’on consente ou non à s'adapter aux changements qui, parfois, bousculent, ou alors qu’on s’entête à leur résister.Sans oublier le fait que changement ne rime pas nécessairement avec amélioration.Un roman pour ceux qui veulent changer le monde et ceux qui s’efforcent avec peine d’accepter que d’autres le fassent pour eux.UNE SAISON DE CÉLIBAT Carol Shields et Blanche Howard Traduit de l’anglais par Pierre Desruisseaux En collaboration avec Nicole et Émile Martel Éditions Fides Montréal, 2002,252 pages ÉRIC MEYER SOIS RICHE ET TAIS-TOI ! Un ci ai des lieux complet de la Chine d’aujourd’hui.Pot trails, histoires île vie.scènes caractéristiques rendent cet essai \i\nur et sensible t omme un récit de vovaye.Hit Vtevei est journaliste Installé à Pékin depuis fi),Si a\ec s femme el ses deux enfants, il collabore Oblation, baptême et vision de ta gnose séthienne WOLF PETER FUNK.JEAN PIERRE MAIlf ei CLAUDIO GIANOTTO 210 pages.22 $ Mondialisation s perspectives philosophiques Sous la dira lioii de PIERRE YVES BONIN 372 pages.32 $ Les nations québécoises dans L’Action nationale De la décolonisation a la mondialisation CATHERINE BOUCHARD 255 pages.18 $ Les Noces chymtques de Philippe Aubert de Gaspé dans L’inttuence d'un /rire LOUIS LASNIER 364 pages.32 $ Parcours de l’hisloire Hommage A Yves Roby Sous la direction de YVES PRENETTE.MARTIN PÂQUET et JEAN LAMARRE 388 pages, 35 $ Parti québécois Bilan des engagements électoraux, 1994-2000 Sous la direction de FRANÇOIS PÉTRY 212 pages, 20 $ Physiologie médicale WILLIAM F.GANONG, traduction de François Jobln 840 pages, 65 $ Psychologie de la désadaplation Les types psychopathologiques et leur» incidences psychosoctales chez l’adulte JIMMY RATTÉ 420 pages.35 $ Quinze thèses ou philosopher avec les auteurs contemporains MARCEL TREMBLAY 208 pages.16 t Rawls ou Habermas Une question de philosophie du droit BJARNË MELKKVIK 206 pages, 25 $ Rébellion indigene au Mexique Violence, autonomie et humanisme CARLOS MONTFMAYOR 192 pages.27 $ Réforme des programmes scolaires au Québec Sous la direction de CLERMONT GAUTHIER et DIANE SAINT JACQUES 242 pages, 25 $ Regards croisés entre le {lira, la Suisse romande et le Québec Sous la direction de CLAUDE HAUSER et YVAN I AMOND1 352 pages, 30 5 Renaissance, hier et aujourd'hui Sous la direction de GUY POIRIER 238 pages, 25 $ Rites de passage, rites d’initiation Lecture d’Arnold van Cermep THIERRY GOG U RL D’ALLONDANS 1S2 pages, 16 S Routines el transitions en services éducatifs CPF, garderie, SCMS, prématernelle et maternelle NICOI.F, MALE,NI ANT 370 pages, 45 % Stratégies missionnaires des jésuites français en Nouvelle-France ei en Chine au XVII’ siècle SHKNWEN U 275 pages.27 $ Le système des parties du discours Sémantique et syntaxe Actes du IX’ colloque de l’Association internationale de psyc homécanique du langage RONALD I.OWE 576 pages.40 $ I es tensions de l'errance ANDRÉ DÉSILETS 96 15 $ Textiles d’Amérique el de France Collections colléelionneurs Sous la direction de JOCELYNE MALI IIEU et CHRISTINE IURCFON 254 pages.35 $ Une union proc lamée au ciel Nature et obligations du mariage selon la doctrine juive traditionnelle SOPHIE RÉCNIÉ.RF 180 pages.20 S } < I) I 4 LE I) E V 0 I H .LES SAMEDI 20 ET D I M A X C H E 2 ! AVRIL 2 0 0 2 SALON DU LIVRE DE QUEBEC ESSAIS Le réalisme cathodique ANDRÉ LAVOIE Dès les premiers paragraphes de cet essai sur les séries américaines, le ton utilisé par Martin Winckler, romancier, traducteur et.médecin, est si enthousiaste que l’on soupçonne son auteur d’être atteint, à l’égal de bien des Français, du syndrome de Jerry Lewis: une admiration sans borne pour une icône de la culture yankee, égratignant au passage ceux qui ne partagent pas la même admiration.Winckler y succombe parfois dans Les Miroirs de la vie, premier tome fl’es-sayiste préfère le terme «épiso- de») d’une trilogie sur les fictions télévisées américaines depuis le début des années 80.Cette analyse porte sur quelques-uns des genres les plus populaires offerts par les grandes chaînes de télévision aux Etats-Unis: les séries policières, judiciaires, réalistes, médicales et fantastiques.Avant de décortiquer dans le détail ce qui a fait le succès artistique ou financier de séries telles Hill Street Blues, L A Imw, E.R., 'Biir-tysomething et The Pretender, Winckler exprime clairement ses intentions.Son livre constitue une tentative de réhabilitation de la fiction télévisée américaine face à l’establishment intellectuel français (qui la méprise et ne la juge que sur des a priori) et au public en général, mal servi par les chaînes françaises qui diffusent ces séries d’une manière proprement hallucinante (à la pièce, sans respect pour l’ordre des épisodes, à des heures impossibles, etc.).En filigrane, l’auteur en profite aussi pour vanter les mérites d’une télévision qui en aurait beaucoup à apprendre aux artisans de la télévision française.Le chapitre qui captivera tous ceux que le petit écran intéresse propose un survol historique des balbutiements du médium aux Lire ire mieux, lire.NUIT BLANCHE NJ 1 — O Le magazine québécois sur les littératures écrites ou traduites en français .^?.NVla llr|N r Dans le numéro 86 : Gabrielle Roy, André Schmitz, Michel Houellebecq, Claude Péloquin, Léon Bopp, Guy Goffette, “ ' ~ w t, Édouard Maunick, Philippe Jaccottet, Patrice Desbiens, Jean-Paul Beaumier et Roger Des Roches.Venez nous rencontrer au Salon du livre de Québec, kiosque 53, du 24 au 28 avril.États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale jusqu’au grand tournant du début des années 80, marqué par d’importantes avancées technologiques (câble, magnétoscope, etc.) et une manière nouvelle de raconter des histoires, plus fragmentée, voire plus cinématographique.Winckler circonscrit également les principaux fondements de la fiction américaine, se nourrissant à la fois de la Bible, de l’œuvre de William Shakespeare et de la Constitution américaine, trois ingrédients de base des recettes fic-tionnelles concoctées par Hollywood, tout en n’oubliant pas un principe essentiel: «en même temps distraire et donner à réfléchir».Bien sûr, Winckel ne traite pas de Baywatch.On plonge très rapidement dans ce que l’auteur nomme «le Palais des glaces», ce soi-disant miroir cathodique de la vie où le réalisme que l’on veut fabriquer serait plus vrai que nature.Son engouement apparaît discutable fla télévision n’est-elle pas surtout le reflet de ceux qui la font?), mais il ne ménage pas ses efforts pour nous convaincre; il y réussit d’ailleurs parfois, car sa connaissance de certaines séries, particulièrement policières et judiciaires, est vaste et documentée, en sachant beaucoup sur les jeux de La puissance des téléséries est si forte qu’elles ont conscience d’elles-tnêmes coulisses, les grandeurs et mi-seres des scénaristes, etc.C’est ainsi qu’il explique en quoi des émissions comme Hill Street Blues, Homicide: Life on the Street, Dallas, et St.Elsewhere (où l’on abordait la question du sida dès 1983) ont largement contribué à renouveler les principes de la narration à la télévision: multiplier les intrigues, brouiller les pistes, refuser le fameux happy-end et faire confiance à la mémoire du spectateur en parsemant les épisodes de details soi-disant anodins qui enrichissent les personnages.Tout comme I Love Lucy dans les années 50 a révolutionné la manière de tourner à la télévision, ces séries, et beaucoup d’autres encore, ont tracé la voie aux succès actuels (The Practice, E.R,AüyMcBeal).D’ailleurs, tout comme pour le cinéma américain, la puissance des téléséries est si forte «quelles ont conscience d'elles-mêmes [.] savent ce qu'elles sont, ce qu’elles font, qui les regarde et quelles émissions on leur préfère».D'où l’abondance d'émissions «dérivées» des originales, de personnages passant d'une série à l'autre, ou de clins d’œil aux rivales, etc.L’enthousiasme de Winckler est bien sûr partial et à géométrie variable, consacrant des pages et des pages aux séries policières et judiciaires, expédiant rapidement les séries réalistes et faisant preuve parfois du même manque de rigueur que certains de ses compatriotes.Il ne cache pas ses préférences {Law & Order, E.R., Lois & Clark) et expédie sans ménage ment The X-Files, qui mérite bien plus que ses futiles attaques sur ses admirateurs sectaires; il ne juge pas avec la même violence les «trekkers», qui n’ont rien à envier côté dévotion.Le lecteur québécois sera peut-être doublement agacé par ces Miroirs de la vie où l’on fait constamment référence au marasme vécu par le téléspectateur français, et surtout à ce manque de distance critique envers un corpus qu’il tient en si haute estime que sa propre vie semble en dépendre.E.R est une série exceptionnelle, mais elle puise une partie de son génie dans une réalité fies inégalités flagrantes du système de santé américain) que bien peu de Français, et de Canadiens, voudraient subir.Comme quoi la télévision américaine est un miroir de la vie pour les uns et un miroir aux alouettes pour les autres.LES MIROIRS DE LA VIE: HISTOIRE DES SÉRIES AMÉRICAINES Martin Winckler Le Passage Paris-New York Editions Paris, 2002,335 pages )r|elle Roy Spécial 20e anniversaire offrez-vous un abonnement 4 numéros pour 20$ (prix régulier 25,30$) Je désire m’abonner à Nuit blanche à partir du numéro : .Nom : .Adresse : .Ville : .Code postal : .Tél.:.Courriel.?Ci-joint mon paiement, par chèque ?Par carte de crédit Visa Nl> : .Date d’expiration : .Envoyez votre chèque à l’ordre de Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec), GIR IR7 Tél.: (418) 692-1354 Télécop.: (418) 692-1355 Courrier électronique : nuit.blanche@multim.com Site Internet : www.nuitblanche.com (254 428 visiteurs en 2001) HABIT HABITAT HABITUS de Carole Simard-Laflamme Lancement du livre et rencontre de l'artiste dans le cadre du vernissage de l'exposition Saramaya au fashionlab le jeudi, 25 avril 2002, i8h 314, rue Sherbrooke Est, Montréal 514-934.Z525 Eugénie R.Aw Yves Deschamps Henri Dorion Pierre Dupont Martine Époque Élie Faure Betty Kobayashi Issenman Geneviève Martel Gætano Pesce Nicolas Reeves H A B 1T HABITAI HABITUS Sonia Rykiel R.Murray Schafer Elisabeth Schwartz Michel Sotton Karlheinz Stockhausen Nanni Strada Michèle Therrien François Tousignant Jean-Michel Tuchscherer André Wogenscky Disponible maintenant chez votre libraire.29,95^ jÇes éditions d'art jÇe Rabord Téléphone: (819) 375-6223 Courriel: art@lesabord.qc.ca www.lesabord.qc.ca Vincent Chabot 4 l'intérieur du labyrinthe Samedi 27 avril de 11 h à 12 h et de 14 h à 15 h NOUVELLES « ROMANS » ESSAIS Marc Chabot Sylvie Chaput Manuscrits pour une seule personne Mercredi 24 avril de 20 h à 21 h Vendredi 26 avril de 20 h à 21 h Samedi 27 avril de 19 h à 20 h' Marie-Pascale Huglo Peaux Jeudi 25 avril de 12 h a 13 h et de 15 h à 16 h Vendredi 26 avril de 11 h à 12 h et de 15 h a 16 h LOUiS JOLICŒUR Le Siège du Maure Mercredi 24 avril de 15 h à 16 h Jeudi 25 avril de ,16 h à 17 h Vendredi 26 avril de 12 h à 13 h Samedi 27 avril de 17 h à 18 h Dimanche 28 avril de 16 h à 17 h Laurent Laplante Des clés en trop.un doigt en moins Mercredi 24 avril de 16 h à 17 h Vendredi 26 avril de 13 h à 14 h Dimanche 28 avri de 10 h à 11 h Claude Malenfant Nouvelles mémoires Mercredi 24 avril de 19 h à 20 h Jeudi 25 avril de 19 h à 20 h Samedi 27 avril de 20 h à 21 h Dimanche 28 avril de 11 h à 12 h Claire Martin La brigand» Mercredi 24 avril de 14 h à 15 h Jeudi 25 avril de 13 h à 14 h et de 17 h à 18 h Vendredi 26 avril de 16 h à 17 h et de 19 h à 20 h Samedi 27 avril de 15 h à 16 h Dimanche 28 avril de 14 h à 16 h Andrée A.Michaud Le ravissement Jeudi 25 avril de 18 h à 19 h Vendredi 26 avril de 14 h à 15 h Samedi 27 avril de 13 h à 14 h et de 16 h à 17 h Dimanche 28 avril de 12 h à 13 h Mercredi 24 avril de 18 h a 19 h Jeudi 25 avril de 20 h à 21 h Vendredi 26 avril de 17 h à 19 h Samedi 27 avril de 12 h à 13 h et de 18 h à 19 h Dimanche 28 avril ’ de 13 h à 14 h et de 17 h a 18 h TROTTIER Le pharmacien Mercredi 24 avril de 17 h à 18 h Jeudi 25 avril de 14 h a 15 h 0 44 DOCUMENT Vie de banlieue MARIE CLAUDE MIRANDETTE Célébrer la ville et son architecture est un exercice de style, de sociologie ou d'histoire auquel plusieurs se sont pliés au cours des dernières années.Depuis le temps quelle régné, la culture urbaine a amplement mérité ces éloges.Mais la banlieue, dans sa version nord-americaine, garde ce je-ne-sais-quoi de suspect dans l’esprit de bien des gens: on y voit dt^ filer, à l’infini, les rangées de bungalows brun beige ayant poussé comme des champignons et dont on se dit qu’ils doivent être vénéneux tant ils semblent endormir la vie qui coule dans les veines de ceux qui s’y réfugient chaque soir.Pourtant, il fut une époque où la vie s’étirait en banlieue, en des espaces bucoliques ondulant sous la brise, à l’ombre de villes qui ne se hérissaient pas encore de tours comme des olifants bétonnés ou des moulins donquichottiens.Derrière les façades des vastes demeures qui s’y allongeaient paresseusement, la vie se déroulait au rythme de la nature cultivée à la manière victorienne ou dans l’esprit français des premiers habitants du territoire.Et le cœur de cette vie, tel un songe dont on ne voudrait pas s’éveiller, battait la chamade à coups d’orchidées et de roses trémières, pour le plus grand bonheur des âmes vaguantes.C’est de cette banlieue-là, aujourd’hui en définitive révolue, que ce livre entretient le lecteur nostalgique, plus précisément à travers celle de Sainte-Foy, près de Quebec.Au fil des sept chapitres qui scandent cette balade chronologique et territoriale, le paysage sauvage.celui qui se bâtit lentement tel un escargot, les seigneuries anciennes venues d’un monde lointain, les institutions qui peu à peu y ont creusé leur terrier et les témoignages d'une certaine modernité qui a su preserver jalousement un art de vivre un tantinet révolu mais émouvant se succèdent en une série de tableaux littéraires et iconographiques des plus agréables.Cette visite guidée permet de renverser quelques-uns des préjugés modernes à propos des rats des villes et des rats des champs.La banlieue y présente un autre visage que celui du morne dortoir auquel on la réduit peut-être trop facilement.DU TEMPS DES SEIGNEURIES À L’AURORE DU XXIe SIÈCLE Sainte-Foy - L’art de vivre EN BANLIEUE Al QUÉBEC Michel Lessard Avec la collaboration de Jean-Marie Lebel et Christian Fortin Editions de l’Homme Montréal, 2001,416 pages Photos et illustrations couleur et noir et blanc mMu .p .* àtkwâ àmr* ÉDITIONS DU ROCHER 3 MILLIONS DE LECTEURS DANS LE MONDE STEPHEN VIZINCZEY Eloge des femmes mûres AMAtOl.I V K OIT ION* OU ROCHER Un classique de la littérature érotique Éloge des femmes mûres Les souvenirs amoureux d'Adras Vajda, raconte l’éducation sentimentale et sexuelle du jeune Vajda aimant évoluer parmi les femmes d’âge mûr à une epoque « ou une aventure avec une maîtresse plus âgée était le fin du fin pour un jeune homme (.) Ce livre s'adresse aux jeunes gens, mais est dédié aux femmes mûres.» Rempli d'humour et d'esprit, d'un style évocateur, il a conquis sa place parmi les grands classiques erotiques modernes.Il a fait l'objet de deux films et a été traduit dans une dizaine de langues.L'auteur, Stephen Vizinczey, a fui la Hongrie au moment de l'invasion russe de 1956.Arrivé à Montréal, il apprend l'anglais, en devient maître et écrit deux romans — éloge des femmes mûres et Un Millionnaire innocent — ainsi qu'un livre de critique et d'essais, Vérités et mensonges en littérature, qui furent loués par Graham Greene et Anthony Burgess.Salon international du livre de Québec, stand 193.Communications JoAnn Champagne DE LIVRES (aurait pu écrire Jataes Jovre) - ' tor-Lew Beaülieu les umdtüort*» gagnante* Bomcotte - Le goût du beau risque Bouseotte - l es conditions gagnantes Wngt'sept petits poèmes pour jouer dans reau des mots Sophie et Léon • Docteur Ferron Seigneur Léon Tolstoï Lr.uiilr lîtTotTün Comme des invitees de marque Le Betour - La rédemption de Bose Comme des invitées de marque De la grande noirceur au plein feu MT " Le temps d’une guerre im ï x S îlÈÊm .î ;1 : ' jil \ ; .Générations (tome 4 des Œuvres complètes) Passions retrouvées (supplément au tome I) • Pays .Dili C’est tnêlant l’Amérique mon amour Bers et montagnes Noces villageoises Œuvres posthumes Commentaires sur le troupeau par un des membres Larose n’est pas Larousse Colleeliun «la SalHTilaehe» Arthur Buies - tténtinisecnvex / Ia** Jeunes lUivhuves Napoléon Aubin - Contes et récits / (ollection «Ecrire» François Karrrlo - I n tonte liberté l.iso Bissonnrtto - Des lettres et des saisons Il 11$;tirs Corrivrau - Pour et parce que Baôul Dtiguav - Entre lu lettre et l'esprit Warirloinr Gagnon - Hémoires d'enfance Gahrirllr Gourdeau - Huis z'encore?Mli Gullivrr - Amours, délices et orqusmes Philippr llarolt - Ois-moi ce que lu traîtres beau Sii/nniir Jacob - Comment, pourquoi ( lautlc Jasmin - Pour l'arpent et la qloire A v on Paré - Souffleur de mots Svhain Rivière - Prendre lu tique An Salon du livre de Québec*, stand* 277-27B.venez découvrir le* plu* récente* publication* de* Édition* Troi*-Pi*tole* I # 64 I) 10 LE D E V O I K , LE SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2 0 0 2 SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Journée mondiale du livre Le temps de bouquiner YVES PROVENCHER JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE Le porte-parole de la Journée mondiale du livre, Stanley Péan, et Saint-Jordi, patron des Catalans.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Toutes les saisons sont bonnes pour lire: l’hiver, bien au chaud, a l’abri des tempêtes; l’automne, à la fenêtre; l’été, presque nu au soleil.Mais le printemps, avec ses trottoirs enfin secs, ses étalages qui sortent dans la rue, ses impératives envies de flâner, est sûrement la saison qui se prête particulièrement à la joie de bouquiner en ville.Le 23 avril prochain, Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, donne l’occasion à tout un chacun de resserrer le lien qui l’unit aux livres et à la lecture.La date représente, en Espagne, à la fois l’anniversaire de la mort de Cervantes, auteur de Don Quichotte, et la Saint-Jordi, patron des Catalans, qui, selon la légende, aurait fait jaillir des roses de la tête d’un dragon qui avait enlevé une princesse.Cet anniversaire a été consacré par l’UNESCO en 1995, et il vise désormais à susciter l’intérêt pour les livres dans 80 pays.Aux sceptiques qui marchent vile devant les comptoirs débordant d’ouvrages des libraires, à tous ceux qui passent chaque jour à côté du bonheur de lire en y demeurant étranger, quelques statistiques seront peut-être révélatrices.Au Burkina Faso, pour une population de quelque 11 millions d’habitants, seulement 12 livres ont été publiés au cours de l’année 1996.Le taux de scolarisation des 12 à 17 ans dans ce pays est de 12,7 %.Au Niger, pour environ 10 millions d’habitants, seulement cinq livres ont été publiés en 1994.Le taux de scolari- sation des 12 à 17 ans est de 12,3 %.En Haïti, en 1995, pour une population de huit millions d’habitants, c’est 340 livres qu’on publie par année, et en 1990, le taux de scolarisation des 12 à 17 ans était de 43 %.Au Canada, en 1998, le taux de scolarisation chez les 12 à 17 ans était de 92,5 %.Et pour une population quatre fois supérieure à celle d’Haïti, on a publié, en 1996, 19 900 titres.Au Québec, en 1994, 76 % de la population avait lu un livre au cours des 12 derniers mois.Dans divers pays du monde, donc, le livre est un bien rare et précieux, dont ceux qui le peuvent tireront tout le suc.L’abondance livresque que l’on observe ici, en comparaison avec d’autres pays du Tiers-Monde, ne rend l’expérience de lecture que plus riche encore.A l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, Stanley Péan, auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, Zombi Blues ou La Plage des songes, pour ne nommer que ceux-là, distribuera à Montréal, avec d’autres bénévoles, des signets et des roses dans les stations de métro McGill, Berri-UQAM et Lionel-Groulx.Ils seront aussi accompagnés d'aveugles, qui distribueront pour leur part des signets en braille.Et partout, dans les librairies et les bibliothèques, seront organisées des rencontres avec des auteurs, des expositions et des lectures publiques.Mentionnons déjà la présence de Guillaume Vi-gneault, qui signait l’an dernier Chercher le vent, à la bibliothèque Saul Bellow, ou celle de Gilles Ar- ,(jL PAUL BUSSIERES OLIMPIA DE LA HAVANE Pdi l'outeur de Mais qui donc va consoler Minqo ?prix de l'Académie des lettres du Québec Ï’àM, BUSSIERES * i« Olimpia mT L» Havanqu » 1 oi impia, l’Âme: d’un peuple:.Il y a du soleil, la mer est chaude et les filles soin maqnitiques mais lutmosphère est celle rie l'aveu.On ne lâche pas ce livre, il n'est jamais manichéen, la mélancolie le dispute sans cesse à rinriicjnation.Cilles Martin (.hauffiei: Paris Match I n bref, un roman attachant, mêlant l'efficacité d'un thriller a la sentimentalité d'un boléro, qui met superbement en musique les affres cubaines.I e I iqaro Magazine Éditions Robert Laffont wt* 192 PAGES • 19,95$ ifique collection à découvrir n d ki n fc; El 192 PAGES • 19,95$ 248 PAGES • 19,95$ 240 PAGES • 19,95$ 216 PAGES • 19,95$ 216 PAGES • 19,95$ GRANDES FIGURES Grandes signatures ÏÏ\ F I D E S chambault, dont le dernier titre était Comme une panthère noire, au Centre culturel de Verdun.A la Maison de la culture Mont-Royal, on pourra réfléchir avec l’auteur Gilbert Dupuis sur cette profonde question; l’art peut-il changer le monde?A Montréal, à la librairie Parchemin, à la station Berri-UQAM, on lancera Lignes de métro (Vlb éditeur/Hexagone), un recueil de textes d’auteurs québécois et français portant sur le métro.On promet enfin, à la librairie Alire, a Longueuil, une rencontre avec Jocelyne Robert, auteur du livre Full sexuel.Des expositions seront aussi présentées.L'une portant sur le thème -Lire et être lu- sera présentée à l’Éco-musée du fier monde.Et le bar La Place d'à côté, rue Papineau, présentera un spectacle de poètes et de musiciens, spectacle célébrant le cinquième anniversaire de la coUec-tjon «Poètes de brousse» aux Editions Les Intouchables.Le livre, c’est d’abord et avant tout des auteurs, ces illusionnistes qui voient le monde avant de nous le livrer sur du papier coupé.Et le 23 avril est aussi la journée qui promeut le respect de leurs droits.^ 1 Journée / mondiale du livre ET DU 23 DROIT D’AUTEUR AVRIL 2002 ANIMATION AVEC AUTEURS ET COMEDIENS DANS PLUSIEURS LIBRAIRIES DU RÉSEAU DE L’ASSOCIATION DES LIBRAIRES DU QUÉBEC R'qion Bas-S;,im-D'un-m LIBRAIRIE J.-A.-BOUCHER, Rivière-du-Loup Lecture par Victor Lévy-Beaulieu et Richard Lévesque 19 h LIBRAIRIE DU PORTAGE, Rivière-du-Loup Jeu sur la langue française avec Johanne Jourdain 15hà17het18h Rencontre avec Victor Lévy-Beaulieu 16 h LIBRAIRIE L'OPTION.La Pocatière Marathon de lecture pour les jeunes, animé par l'écrivaine Dominique Giroux.9 h à 16 h Région Oapilàlc-j^.ilionalc LIBRAIRIE TOME UN, Les Galeries Chagnon, Lévis Conférence-rencontre avec Pierre-Luc Poulin, auteur du livre Le Banquier philosophe 12 h LIBRAIRIE PANTOUTE, 1100, rue Saint-Jean, Québec Rencontre et échange avec Gilles Pellerin, auteur 17 h LIBRAIRIE CLÉMENT MORIN, Trois-Rivières Lecture de textes de François Barcelo, Lise Bissonnette et Raoul Duguay 14 h 30 à 16 h 30 Table ronde sur l’inspiration de l’écrivain.17h LIBRAIRIE DES GALERIES DE GRANBY Lecture aux enfants par Gilles Gauthier Lancement du nouveau livre d’Annie Schneider 15 h à 16 h ont real LIBRAIRIE LE PARCHEMIN Lecture d'extraits du nouveau livre Lignes de métro par Stanley Péan et d’autres auteurs 12 h à 13 h LIBRAIRIE PAULINES Conférence de Benoît Lacroix, auteur 18 h Région ^agui-nav |_J:ir~Sil'n’~Jc;in LIBRAIRIE LES BOUQUINISTES, Chicoutimi Radiodiffusion de Bernier et compagnie, 6 h à 9 h, et de Cest ici que ça se passe, 15 h à 17 h 30 Lectures par André Girard, Allen Côté, Danielle Dubé et Yvon Paré et lancement des ouvrages : te carnet de Léo, de Danielle Dubé et Souffleur de nuit, de Yvon Paré Dès 17 h 30 À l’achat d’un livre, recevez une rose.Soyez des nôtres ! Association des libraires du Québec wm-.'ÂJm Des livres pour savoir I $ Éditions Nota bene u N R i n r e m p s p l f in d ' i i> é h s n ou v i: l l e s Rmieil de poésies Infill! tif Un carnet INÉDIT voit le jour.Un éveil à la poésie.§ * g UIS SCIENCES rn U CU.TCRE Toutes les facettes de la culture.Une histoire de la littérature migrante au Québec a CESARE PWKSE LVflMW; WAL « Nous sommes au monde pour transformer le destin en liberté ».FRONTIÈRES DE U FICTION Où commence la fiction ?liHBlidiiiiwniirts -(etÜHVi y byifyettf* Quand la petite histoire se lit comme un roman.Mille et une merveilles.
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