Le devoir, 12 avril 2002, Cahier A
LOBBYING VENEZUELA Landry a embauché Oxygène 9 pour parler au président de GM Page A 3 pictaw La classe moyenne réclame la démission de Chavez Page A 7 w w \v .1 e d e y o i r .c o ni LE DEVOIR V o L .X CI II N ° 7 9 ?L E Y E N 1) R E I) 1 12 AVRIL 2 00 2 8 i 0 + T A X K S 1 ^ PERSPECTIVES Chronique de guerre En claquant avec panache la porte de l’OSM, Charles Dutoit met fin à une histoire d’amour-haine comme seul le monde des arts en a le secret.Comment parvient-on à ce genre de divorce?Les rumeurs allaient bon train: le torchon brûlait entre le directeur artistique de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et les membres de l’orchestre.Quiconque connaît un peu le monde de la musique sait que c’est monnaie courante dans toutes les villes du monde.Le premier violon solo de l’Orchestre symphonique de Vienne ne décrit-il pas son orchestre comme une «démocratie de roi»?Donc, conflits entre égaux, surtout lorsque, devant cette «démocratie», doit s’imposer l’ego de l'empereur le chef, celui qui mène la barque et fait souquer les musiciens.Voilà le premier élément, le second étant la syndicalisation, celle-ci faisant en François SOrte qu’il y a un second empe-Tousignant reur, tout aussi avide de pouvoir ?le représentant syndical.L’histoire de la rupture entre Charles Dutoit et l’OSM est complexe.Bien sûr, de puis son arrivée, il y a 25 ans, certains musiciens ne l’ont pas aimé (mais qui fait runanimité?).Néanmoins, Dutoit mène l’OSM à des sommets insoupçonnés.L’orchestre fait des disques, remporte des prix, effectue de brillantes tournées.Au détour d'un renouvellement de la convention collective, certaines conditions de tournée changent.Dutoit, on ne sait trop comment — les négociations ayant lieu, dans les normes, uniquement entre la direction administrative VOIR PAGE A 10: GUERRE Tristesse et.espoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR La mine de Timothy Hutchins, flûtiste solo et président de l’Association des musiciens de l’OSM, en dit long sur ce qu’il pense des événements malheureux qui bousculent cette institution montréalaise.OSM : une décision controversée La Guilde ne devait pas alerter les médias, disent les musiciens % BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR > Association des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal n’a jamais demandé à la Guilde de rendre public le conflit qui enve- nime les relations de travail à l’OSM et qui, avant-hier, a mené à la démission-surprise du directeur artistique, Charles Dutoit La Guilde, de son côté, affirme que carte blanche lui avait été donnée pour prendre toutes les mesures afin de régler le profond différend entre les musiciens et M.Dutoit, ceux-ci l’accusant de harcèlement psychologique.Timothy Hutchins, flûtiste solo et président de l’Association des musiciens de l’OSM, a dit clairement que jamais le mandat d’alerter les médias n’avait été donné à la Guilde des musiciens.«Je ne veux pas critiquer ceux qui ne sont pas ici pour se défendre», a-t-il dit dans une rencontre de presse improvisée, donnée sur l’esplanade de la Place des Arts par deux des musiciens mandatés pour rencontrer les médias.«La Guilde avait un mandat, mais j'ai cru VOIR PAGE A 10: OSM L’éditorial de Paule des Rivières en page A 8 La mission n’est pas impossible, dit Powell AGENCE FRANCE-PRESSE, ASSOCIATED PRESS ET REUTERS Jérusalem — Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell est arrivé hier soir on Israël pour une mission cruciale au moment où le premier ministre israélien Ariel Sharon campait sur sa ligne dure en affirmant qu’il ne retirera pas ses troupes de Cisjordanie dans l’immédiat Ixirs de cette mission dont la durée n’est pas précisée, M.Powell tentera de convaincre M.Sharon de cesser son offensive militaire sans précédent en Cisjordanie depuis l’occupation de ce territoire, en 1967, et exigera du président palestinien Yasser Arafat une dénonciation publique du «terrorisme».Le secrétaire d’Etat, dont c’est la troisième mission dans la région depuis l’arrivée de l’administration de George W.Bush à la Maison-Blanche, en janvier 2001, rencontrera M.Sharon aujourd’hui à Jérusalem et M.Aralat demain à Ramallah, où il est assiégé dans ses bureaux par les chars israéliens depuis deux semaines.11 s’agira de la première rencontre d'un haut responsable de l'équipe Bush avec le président palestinien.M.Powell, cette semaine, a eu des discussions en Jordanie, au Maroc, en Egypte et en Espagne, centrées sur les moyens de faire cesser l’escalade de la violence is-raéjo-palestinienne.A Amman, où il a rencontré le roi Abdallah II, M.Powell a nié être parti pour «une mission impossible» alors qu’il fait face à la crise la plus grave au Proche-Orient depuis la guerre du Golfe, en 1991, crise qui a coûté la vie à plus de 1800 personnes, en majorité des Palestiniens, en plus de 18 mois.Abdallah II, qui a fait part à M.Powell de la «profonde.inquiétude» des Arabes quant à un possible échec de sa mission, a qualifié M.Arafat de «héros de tous les VOIR PAGE A 10: POWELL La fin de l’impunité ?Les États-Unis, Israël et la Chine refusent toujours de reconnaître la Cour pénale internationale MARION PIÉKAREC CORRESPONDANTE DU DEVOIR New York — Le «chaînon manquant» du système juridique international.Le tribunal du «plus jamais ça».Un instrument de «dissuasion» pour les dictateurs du monde entier.La Cour pénale internationale (CPI), première juridiction permanente pour juger les crimes de guerre, génocides et autres crimes contre l’humanité, est devenue réalité hier lorsque dix pays, parmi lesquels l’Irlande, la Bulgarie, le Cambodge, la Bosnie, la République démocratique du Congo et la Jordanie, ont ratifié le traité de Rome lors d’une cérémonie solennelle organisée aux Nations unies.Pour que le tribunal voie le jour, 60 pays devaient ratifier le traité.On en compte 66 aujourd’hui.«C’est un coup fatal porté à l'impunité», a commenté le secrétaire général des Nations uqies, Kofi Annan.Ombre majeure au tableau: les Etats-Unis, la Chine et Israël s’opposent à l’institution de cette cour et sont parmi les pays à ne pas avoir ratifié le traité.«La Chine est réfractaire car elle a peur d’avoir des problèmes par rapport à la question tibétaine», a expliqué Richard Dicker, de l’organisation Human Rights Watch.Quant à Israël, qui a signé mais non ratifié l’accord, le gouvernement de ce pays s’opposerait à une clause qui fait du transfert de populations civiles VOIR PAGE A 10: COUR ¦N ¦O INDEX Annonces.A4 Avis publics.A 6 Bourse.B 4 Cinéma.B 8 Culture.B 7 Économie.B 5 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Monde.A 7 Mots croisés.A 6 Météo.B2 Cest la vie.B 1 Sports.B 6 Télévision.B 6 Gare aux faux convertisseurs catalytiques LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Des milliers de faux convertisseurs catalytiques, des appareils censés réduire les émissions polluantes des automobiles et des camions, sont vendus depuis des années à bas prix au Québec même s'ils sont totalement inefficaces si on les compare aux dispositifs d'origine offerts par les concessionnaires ou aux convertisseurs fabriqués par des industriels consciencieux qui les font certifier aux Etats-Unis à grands frais.C’est ce qu’a affirmé hier André Bélisle, le président de l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQL- PA), lors d’une visite hier au sein de la firme Lapointe Systèmes d’échappement, située à Saint-Hubert Des spécialistes de cette firme, une des rares qui fait homologuer ses convertisseurs en Californie pour certifier leur rendement en vertu des normes les plus sévères du continent par le California Atmospheric Ressources Board (CARB), ont démontré au Devoir hier, pièces en main, comment sont fabriqués ces convertisseurs bon marché que des milliers de consommateurs québécois font installer depuis des années sur leurs voitures par des garages qui se plient à cette VOIR PAGE A 10: CONVERTISSEURS m JACQUES NADEAU LE DEVOIR On voit ici, marquée d’un X, une céramique dont je diamètre total est nettement inférieur aux deux parties qui doivent en principe éauiper un convertisseur efficace.On notera aussi, sur les deux céramiques reglementaires, la légère teinte bleutée qui révèle la présence des métaux rares essentiels à la réaction chimique qui neutralise la contribution du véhicule au smog urbain.C’EST LA VIE! Pourquoi les jeunots craquent-ils pour une peau de chagrin ?¦ À lire en page B 1 Sherwin B.Nuland LÉONARD de Vinci Leonard de Vinci I 0 r i d k • a* r ’4 > LE DEVOIR.LE VENDREDI 12 AVRIL 2 0 0 2 A 2 ACTUALITÉS* -V •« Canada Qjèbec ARCHIVES PC En novembre 1981, le premier ministre Pierre Trudeau, que l’on voit ici discutant avec son ministre des Finances, Allan MacEachen, réussissait à isoler René Lévesque et le Québec et à convaincre neuf provinces de rapatrier la Constitution en y enchâssant une charte des droits.Un an plus tard, la reine Elisabeth était à Ottawa pour une cérémonie d’officialisation du rapatriement.Le gouvernement de Bernard Landry s’apprête à lancer une vaste campagne d’information visant à rappeler les événements.Les vingt ans du rapatriement de la Constitution Le Québec n’oublie pas Une campagne de publicité permettra de faire connaître les événements aux plus jeunes et de rafraîchir la mémoire aux plus vieux Soutien aux cégeps des régions Simard injecte 15 millions supplémentaires MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministre de l’Éducation, Sylvain Simard, a refait hier une profession de foi publique en faveur des cégeps.Il compte n’en fermer aucun malgré les baisses de clientèle.Au contraire, M.Simard annonce l’injection de 15 millions, dont 10 millions en argent neuf, en quatre ans pour soutenir les cégeps affectés par une fuite d’étudiants, notamment en régions.«Nous n’avons pas l'intention de fermer ne serait-ce qu’un seul cégep en régions, a dit le ministre, mais plutôt de consolider les missions particulières de ceux d'entre eux qui connaissent des difficultés.» Son gouvernement a fait le choix de «l’occupation du territoire» et s’y tiendra, soutient le ministre.Pour ce faire, un rééquilibrage est nécessaire entre les clientèles des cégeps urbains et éloignés.Les mesures annoncées hier comprennent 4,5 millions pour atténuer les baisses d’effectifs dans certains cégeps, en plus de fixer un plancher à cette réduction.Un montant de 4,8 millions est réservé au renforcement des capacités de développement des collèges.Une autre somme de trois millions servira à maintenir des programmes même si moins de 45 étudiants y sont inscrits.Des subventions pouvant atteindre 2,5 millions pourront par ailleurs être accordées à des cégeps pour des besoins particuliers.En outre, le ministre Simard a levé le moratoire sur les centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT), dont 13 dossiers sont à l’étude au ministère.«Au vu des capacités de financement, on pourra vraisemblablement accorder à la moitié des demandes une accréditation au cours de la prochaine année», a-t-il ajouté.le ministre Simard souhaite renforcer les effectifs des cégeps en difficulté sans toutefois forcer les établissements à revoir leurs budgets mais en améliorant plutôt leurs créneaux d’excellence.«Il n’est pas question pour nous de forcer les gens à rationaliser, a souligné M.Simard, mais de les inciter par des avantages financiers à se concentrer sur leurs secteurs où ils ont plus de chances d’attirer des étudiants.» Le président de la Fédération des cégeps, Gaétan Boucher, s’est dit satisfait des mesures annoncées par le gouvernement.Selon lui, les cégeps pourront ainsi continuer de servir de moteur de développement économique, notamment dans les sept régions-ressources du Québec.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC \ A l’occasion du 20e anniversaire du rapatriement de la Constitution canadienne, le gouvernement québécois lance une campagne de publicité d’environ 400 000 $ pour rappeler l’événement à la population.De plus, afin de souligner d’une autre façon ce rapatriement, fait sans le consentement du Québec, le gouvernement Landry souhaite l’adoption par l’Assemblée nationale d’une motion unanime rédigée dans le même esprit que celle adoptée en décembre 1981 par tous les élus à l’exception de neuf députés libéraux.Cette motion affirmait le retiis du rapatriement de la Constitution, qui devait être paraphée quelques mois plus tard, le 17 avril 1982, à Ottawa.Elle rappelait le droit du peuple québécois à disposer de lui-même et exigeait la reconnaissance, dans le texte constitutionnel, que «les deux peuples qui ont fondé le Canada sont fonciè- rement égaux et que le Québec forme à l’intérieur de l’ensemble fédéral canadien une société distincte par la langue, la culture, les institutions, et qui possède tous les attributs d’une communauté nationale distincte».Le ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes, Jean-Pierre Charbonneau, a confirmé hier qu’il a discuté de la motion sur les 20 ans du rapatriement de la Constitution avec le critique libéral en matière constitutionnelle et député de Chapleau, Benoît Pelletier, lors de l’étude des crédits de son ministère, mercredi.«J’ai demandé aux libéraux s’ils allaient réitérer le refus de Claude Ryan, de Robert Bouras-saetde Daniel Johnson», a dit le ministre.Le leader parlementaire de l’opposition officielle, Pierre Paradis, a indiqué au Devoir hier qu’il trouve «bizarre» la façon de procéder du gouvernement en ce qui a trait à cette motion.«Habituellement, le gouvernement en discute avec l'opposition et cherche à obtenir un consensus avant d’en parler dans les jour- naux», a-t-il dit Le refus de 1982,20 ans plus tard, «il faut le réaffirmer sans stratégie partisane», a ajouté M.Paradis.«On souhaite que le gouvernement se ravise.» M.Charbonneau a également confirmé que le gouvernement a donné le coup d’envoi à une campagne de publicité d’environ 400 000 $ pour souligner le 20e anniversaire de l’événement.Cette campagne s'adresse dans un premier temps aux Québécois qui n’étaient pas nés il y a 20 ans ou qui étaient trop jeunes à l’époque pour saisir les enjeux du rapatriement.Le message publicitaire a été diffusé une première fois hier matin à la radio et le sera jusqu'au 18 avril inclusivement sur les ondes des stations écoutées par les jeunes.L’autre volet de la campagne consiste en la parution d’encarts dans les quotidiens demain et le jour même de l'anniversaire de la signature de la Constitution, mercredi.Le message dans les journaux s’adressera à des citoyens plus âgés qui sont au fait de l’événement Sylvain Simard L!avenir en un mot: Kojpn Sanarrutik.nom inuit donné à l’entente et cjui signifie « outil de développement » i ." ^ «T Le Québec et les Inuits viennent de signer une entente historique de partenariat qui accélérera le développement économique et communautaire du Nunavik.Lentente d une durée de vingt-cinq ans prévoit : • l'injection de 475 millions de dollars dans des projets prioritaires pour la communauté, • l'évaluation d’un potentiel hydroélectrique équivalant à 20 % de la production d'électricité actuelle du Québec ; • la mise en valeur touristique de sites naturels d'une grande beauté,- • l'exploration de gisements miniers d une valeur inestimable.Dans la confiance et le respect, nous entendons développer le Grand Nord québécois pour la prospérité et le progrès de nos communautés.Pour nos jeunes, nous bâtissons aujourd'hui les assises d'un Québec nouveau.LPAb dOô-K- Makivik Société Corporation Makivik Québec SS On prépare l'avenir ?¥ f LE DEVOIR.LE VENDREDI 12 AVRIL 2 0 0 2 A A LE DEVOIR ACTUALITES L® jlL Christian R ioux ?Vieux démons ARCHIVES PC Après l’annonce de la fermeture de l’usine GM de Boisbriand, le premier ministre Bernard Landry a senti le besoin de parler au président du constructeur automobile.Il a embauché Oxygène 9, notamment pour lui obtenir un rendez-vous téléphonique.Landry a embauché Oxygène 9 pour parler au président de GM Irrité par la polémique, le premier ministre aimerait bien pouvoir témoigner dans une éventuelle poursuite en diffamation olin Powell ferait mieux de s'acheter > > une carte du Moyen-Orient.Envoyé en mission en Israël, il s’est trompé de direction et a pris l’avion pour le Maroc!» T’attendais pour payer mon litre de lait lorsque les quatre jeunes Arabes qui m'entouraient ont éclaté de rire.Un rire franc, honnête et sans retenue.J'ai même senti un petit regard étonné dans ma direction.Il faut dire que, lorsque je ne suis pas rasé, ma blonde me trouve des airs maghrébins.Toute la journée, la radio de mon dépanneur arabe serine la même rengaine.On n’y entend pas vraiment de propos antisémites, mais Israël y est systématiquement décrit comme l’incarnation du démon le plus vil.Ces jours-ci, les Etats-Unis ne sont pas loin d’être des suppôts de Satan.Quant à celui qui ne rit pas, il passe pour le dernier des imbéciles.?L’incendie d’une synagogue à Marseille, l’assaut d’une voiture-bélier contre celle de la Duchère, à Lyon, et la dizaine d'attentats à coup de cocktails Molotov qui ont eu lieu depuis deux semaines en France ont littéralement stupéfait l’opinion.Aucun doute, l’Hexagone est happé par le conflit israélo-palestinien, qu’il le veuille ou non.La question est aujourd’hui ouvertement posée.Le pays connaît-il un regain d’antisémitisme?C’est l’opinion du Consistoire central de France, qui n’a pas hésité à évoquer les «prémices d’une nouvelle Nuit de cristal», comme si les gestes de la semaine dernière annonçaient un nouvel Holocauste.Cela fait quelques mois que le lobby israélien ne rate pas une occasion de dénoncer la résurgence de l’antisémitisme en France.Lors des cérémonies d’ou-* verture de la Journée de la Shoah, cette semaine, le président israélien Moshe Katzav s'est élevé, avec les mêmes mots qu’Ariel Sharon, contre le «réveil de l’antisémitisme en Europe».On aura compris que chaque fois que les porte-parole israéliens parlent de l’Europe, ils désignent en réalité la France.Celle-ci abrite à la fois la première communauté arabe d’Europe et la,troisième communauté juive du monde, après les Etats-Unis et la Russie.Ces déclarations ont été largement commentées dans la presse israélienne.Au point que des citoyens ont raconté avoir annulé leur voyage en France par «peur».Qu’en est-Û réellement?La saga d’Oxygène 9 continue de faire frémir les murs de l’Assemblée nationale.Une nouvelle prise de bec a fait s’affronter hier le premier ministre Landry et le député libéral Thomas Mulcair.MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le premier ministre Landry est prêt à aller défendre le président d’Oxygène 9, André Desroches, devant un tribunal si ce dernier entreprend une poursuite en diffamation contre le député libéral Thomas Mulcair.Lors d'une nouvelle esclandre à l’Assemblée nationale hier, M.Landry s’est porté à la défense de M.Desroches, «un honnête homme», accusé par le député libéral d’avoir été payé 5000 $ en septembre 2001 pour avoir organisé, comme «seule action concrète», une conférence téléphonique entre le premier ministre et le président de la compagnie automobile GM.«Si le député de Chomedey maintient qu’il a eu 5000 $ pour organiser un appel téléphonique, a lancé le premier ministre, excédé, lors de la période des questions, qu’il aille le dire.Et moi, comme j’ai participé à la rencontre, je serai témoin en Cour supérieure sans même qu ’il y ait de subpoena.» Le député Mulcair a mis le premier ministre hors de lui quand il a suggéré que le gouvernement avait besoin d'une firme de lobby pour effectuer le travail de fonctionnaires du ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC), de la SGF et d’investissement Québec.«L’affaire Oxygène 9, a répété le député Mulcair à l’extérieur du Salon bleu, a commencé lorsqu 'on a appris que les compagnies étaient obligées de payer un lobbytste pour avoir accès au gouvernement.Ce qu ’on apprend aujourd'hui, c’est que le gouvernement paie le même lobbyiste pour avoir accès aux compagnies.» Sinon, M.Mulcair n’a fait que relire ce qu’il avait dit à l’Assemblée nationale en raison des «menaces de poursuite du premier ministre», a-t-il dit Lors de la période de questions, il avait indiqué que les crédits du MIC faisaient état d’un contrat de 5000 $ à Oxygène 9 pour «représentation et conseil stratégique dans le dossier GM Boisbriand».En réponse, le premier ministre Landry a expliqué que la firme de lobby de M.Desroches avait effectué 11 semaines de travail, ce qui équivaut à un salaire hebdomadaire de seulement 454 $.En plus de la conférence téléphonique de septembre 2001, a rappelé M.Landry, le travail d’Oxygène 9 a été de maintenir des contacts permanents avec le syndicat des travailleurs de l’automobile et la compagnie GM, en plus de soutenir les travaux du comité interministériel sur la relance de l’entreprise au Québec.Sous le feu nourri du député libéral de Chomedey, M.Landry a dû se porter hier plus d’une fois à la défense du président d’Oxygène 9.Il a notamment fait part de son passé d’attaché politique.«M.André Desroches, il a travaillé dans le dossier de Kenworth, en particulier, où il a eu des résultats fabuleux.Il était salarié du gouvernement à l'époque.Il a eu la complicité totale des syndicats, de l'entreprise, des financiers [.] Ce n’est pas parce qu’il a quitté le service public qu'il est devenu un malfaiteur.» Du mois d’août au mois de novembre 1996, M.Desroches a œuvré comme directeur de cabinet de la ministre du MIC d'alors, Rita Dionne-Marsolais.Selon la liste du personnel de son cabinet pour l’exercice financier 1996-97, il a reçu une indemnité de départ de 10 133 $ en quittant son poste.Il a par la suite pris les commandes d’Oxygène 9.À la suite d’une demande d’accès à l’information, les libéraux ont aussi dévoilé au sujet de cette firme de lobby qu’elle avait obtenu deux contrats de la SGF en 1999 pour un total de plu?de 5000$.Egalement, la SGF a mandaté la firme d’André Desroches pour «appuyer et faciliter» le partenariat entre la société d’Etat et deux firmes européennes dans le secteur automobile.Ce* contrat a duré 11 mois, soit de février à décembre 2001, mais n’aurait résulté en aucun gain financier pour Oxygène 9.«Aucun paiement d'honoraires n’a été fait à Oxygène 9, souligne la SGF dans sa réponse à la demande d’accès des libéraux, puisque le versement d’honoraires était conditionnel à la signatu re d'une entente de principe avec les partenaires identifiés et/ou à la conclusion d’un partenariat avec eux qui ne s’est jamais produit.» Dans sa défense d’Oxygène 9, le premier ministre Landry a d’ailleurs encore souligné que cette firme travaillait parfois à peu de frais, si ce n’est à perte.«Ça confirme l’opinion du directeur général du Parti libéral, a lancé M.Ixindry, M.Bibeau, qui disait qu’il avait, lui, embauché Oxygène 9 pour deux raisons bien simples: c’étaient les meilleurs et les moins chers.» Bernard 1-andry ?Entre septembre 2000 et janvier 2002, on a recensé 405 actes antisémites en France, allant des graffitis injurieux à l’incendie criminel.Les statistiques de la police dénombrent, sur deux ans, 146 attentats, agressions ou déprédations et 773 inscriptions, lettres anonymes ou tracts antisémites.Mais cela ne veut pas nécessairement dire que, sur le long terme, l’antisémitisme est en recrudescence.D’abord, les gestes anti-arabes ou antimusulmans sont eux aussi en hausse.Ensuite, les sondages montrent que la minorité juive est de mieux en mieux acceptée.Deux Français sur trois considèrent aujourd’hui qu’un Français d’origine juive est «aussi français qu’un autre Français», comparativement à un sur trois en 1946.En 1966, la moitié de la population était hostile à l’idée d'élire un président juif.Moins d’un répondant sur dix partage aujourd’hui cette opinion.L’antisémitisme serait donc en net recul, à l’exception des stéréotypes ancrés qui associent les juifs à l’argent et au pouvoir, explique Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS.Ces enquêtes viennent mettre un bémol à l’opinion d’auteurs comnte Pierre-André Taguieff (La Nouvelle Judéophobie, Editions des Mille et une nuits) ou Patrick Klugman et Malek Boutih (Les Antifeujs, Calman-Lévy), qui annoncent la naissance d’un nouvel antisémitisme de gauche et tiers-mondiste.«Tout se passe, écrit Nonna Mayer dans Le Monde, comme si la situation explosive du Proche-Orient et la réprobation suscitée par la politique d'Israël dans les territoires rejaillissaient négativement sur l’image de tous les juifs, libérant un antisémitisme jusqu’ici latent mais censuré.» En raison de la recrudescence du conflit israélo-arabe, le contexte serait donc propice à l’expression de sentiments anti-israéliens et antijuifs.C’est aussi l’opinion du grand rabbin de France, Joseph Sitruk, qui dit ne pas être inquiet malgré l’horreur des agressions antisémites.La France antisémite?«C'est faux, dit-il, je le refuse, c’est ce qui fait que je ne suis pas inquiet.» ?Qu’il s’agisse de l'intifada ou du terrorisme musulman, l'Hexagone a toujours été une immense caisse de résonance du monde arabe.Les attentats ignobles qui ont frappé les lieux de culte juifs se greffent aujourd’hui sur les problèmes d’intégration de la communauté maghrébine.Ils ne peuvent pas se comprendre en dehors du déclenchement de l’intL.da, avec laquelle ils sont d’ailleurs apparus.Selon les mots d’un policier, les trois jeunes incendiaires arrêtés la semaine dernière à Montpellier avaient justement décidé «de se faire leur petite intifada à eux».Le «coup» était si bien préparé que les bums ont confondu la synagogue avec le bâtiment adjacent.Difficile, en attendant une enquête plus complète, d’y voir l'action de miliciens antisémites organisés.Ils s’agissaiL ont-ils déclaré, de venger leurs «frères palestiniens».Morad, Djamel et Hakim n’en avaient probablement jamais rencontré un de leur vie.Comme ils n’ont jamais mis les pieds en Palestine.Mais peu importe, puisqu’ils avaient écouté la radio.crioux@ledevoir.com Christian Rioux est correspondant du Devoir à Paris.Aide sociale Trois Québécoises demandent asile au consulat de Suède NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Trois assistées sociales ont demandé asile, hier, au consulat de suede à Québec.Elles réclament le statut de «réfugié économique», s’estimant persécutées en raison de leur condition sociale.Les trois femmes, Denise Demers, Francine Côté et Sylvie Valériote, enchaînées les unes aux autres, se sont d’abord présentées au bureau de la ministre de la Solidarité sociale, Linda Goupil.Elles ont réclamé l’instauration d’un barème plancher à l’aide sociale et ont exigé que les pensions alimentaires qui leur sont versées ne soient plus prises en compte dans la fixation des prestations d’aide sociale.La ministre Goupil était absente de son bureau et les trois femmes n’ont pu rencontrer que son chef de cabinet, Harold Lebel, qui s’est engagé à transmettre leur demande à la ministre.Déçues de la réponse, les trois femmes se sont ensuite dirigées vers le consulat de Suède, de l’autre côté de la rue.La consule de ce pays Scandinave est l’avocate Paule Gauthier.Elle a accepté de transmettre la demande à l’ambassadeur de Suède à Ottawa, Alvin Lennart Le porte-parole du Front commun des assistés sociaux, Jean-Yves Desgagnés, a expliqué que la Suède avait été choisie «Parce que ce pays a des politiques sociales qui permettent de mieux combattre la pauvreté, et que les Suédois ont un sens du partage de la richesse plus développé».Selon M.Desgagnés, le gouvernement a épargné quelque 147 millions dans le budget de l'aide sociale avec la diminution du nombre d’assistés sociaux au Québec.Cet argent aurait dû servir à améliorer le sort des plus pauvres au Québec, estime-t-il.«L’argent est disponible, mais il leur manque la volonté politique.» Dans ce débat, c’est surtout la question des pensions alimentaires qui est mise en avant Un chef de famille monoparentale qui vit de l’aide sociale voit ses prestations réduites du même montant que la pension alimentaire qu’il reçoit la pension est considérée comme un revenu pour le ministère de la Solidarité sociale.Or, à la suite du combat mené en 1997 par Susan Thibodeau, le fisc ne considère plus les pensions alimentaires comme des revenus.«Il faut donc que la pension alimentaire versée au bénéfice d’un enfant ne soit plus considérée comme un revenu pour le calcul de l’aide sociale», a dit M.Desgagnés.Les revendications des manifestantes ont reçu un appui, celui du député libéral de Laurier-Dorion et porte-parole de l’opposition, Christos Sirros.«La question des pensions alimentaires est un enjeu réel.Le ministère de la Solidarité sociale doit se réviser.Si la pension alimentaire n’est pas fiscalisée au Revenu, pourquoi le ministère de la Solidarité sociale le fait-il?», a demandé le député Sirros.Un éventuel gouvernement libéral tiendra compte de cette donnée nouvelle, tout comme il rétablira la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux, a soutenu le porte-parole de l’opposition.Virage à droite sur feu rouge Ménard reporte la décision PRESSE CANADIENNE Québec — Le droit de tourner à droite au feu rouge est reporté à plus tard, a annoncé hier le ministre des Transports, Serge Ménard.Entre-temps, un spécialiste en séeprité routière, l’ingénieur Michel Gou, de l’Ecole polytechnique de Montréal, a été mandaté pour revoir au complet tout le dossier.Il devra faire rapport en septembre prochain.•Je veux qu'on réexamine les expériences faites ailleurs.Je veux aussi qu ’on analyse les in- quiétudes soulevées par les représentants des groupes opposés au virage à droite sur un feu rouge», a dit le ministre Ménard.Le droit de tourner à droite au feu rouge devait entrer en vigueur en août prochain partout au Québec sauf à Montréal, à la suite d’une décision de l’ex-ministre des Transports Guy Chevrette, prédécesseur de M.Ménard.Des expériences-pilotes ont été menées dans plusieurs villes du Québec depuis mai 2000, ce qui avait amené M.Chevrette à les déclarer concluantes.tWis public gie des ateools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les trente jours de la publication du présent avis, s'opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionné en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit assermenté qui fait état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s'il y a eu opposition, dans les quarante-cinq jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d'une preuve attestant de son envoi au demandeur ou à son procureur, par courrier recommandé ou certifié ou par signification à personne, et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 1, rue Notre-Dame Est, bureau 9.01, Montréal, (Québec) H2Y 1B6 Nom et adresse du requérant Nature de la demande Endroit d* exploitation La cité de saigon 1 Restaurant 1001, boul inc.pour vendre St Laurent RESTAURANT Montréal IA CITÉ DE SAIGON (Québec) 1001, boul.St.-Laurent Montréal (Québec) H2Z 1J4 Dossier.1 S3 882 H2Z 1J4 2969-3348 1 Restaurant 2080, Aylmer Québec inc.pour vendre Montréal DELI DE VILLE (Québec) 2080, Aylmer Montréal (Québec) H3A2E3 Dossier 191-775 H3A2E3 Brasserie les quatre 1 Bar 4032, rue valets inc.(surte à une Notre-Dame BAR LA TANNERIE cession) Ouest 2000 Montréal 4032, rue Notre- (Québec) Dame Ouest Montréal (Québec) H4C 1R1 Dossier 218-925 M4C 1R1 Café expresse Changement de 1874, rue Lma inc.capacité de 1 Bar Jean Talon Est CAFÉ EXPRESSO Montréal LINA INC (Québec) 1874, rue Jean-Talon Est Montréal (Québec) H2E 1T6 Dossier: 253-815 H2E 1T6 1343624 Ontario 1 Restaurant 265, rue Ste- inc.pour vendre Catherine Est RESTAURANT Montréal ASHTAR (Québec) 265, rue Ste-Cathenne Est Montréal (Québec) H2X 1L5 Dossier: 294-199 H2X 1L5 Jorge Sousa CAFÉ MEEZ 1 Bar 5293, avenue 1 Bar sur du Parc 5293, avenue du terrasse Montréal Parc (Québec.) Montréal (Québec) H2V 4G9 Dossier: 313-676 H2V4G9 9114-6118 2 Restaurants 2495, boul Québec inc.pour vendre St-Martm Est, RESTAURANT dont 1 sur Local 20 BUON GU5T0 terrasse Lavai 2495 boul St (Québec) Martin Est, Local 20 H7E 4X6 Laval (Québec) H7E 4X6 Dossier: 686 461 Restaurant savanah 2 Restaurants 4448.boul.inc.pour vendre St Laurent RESTAURANT dont 1 sur Montréal SAVAHANA INC.terrasse (Québec) 4448, bout St-Laurent Montréal (Québec) H2W 1Z5 Dossier: 953-315 1 Bar H2W 1Z5 9079 1906 Permis 153, rue Québec inc.additionnels St Amable DODO'S CASA DE 2 Bars sur Montréal FAJITAS terrasse (Québec) 153, rue St Amable Montréal (Québec) H2Y 1E7 Dossier 1194-968 H2Y1E7 Restaurant Changement de 3339 CAD Robinson's inc capacité et addition boul.des RESTAURANT Sources ROBINSON'S INC d'autorisation Dollarddes- 3339 CAD boul de danse et Ormeaux des Sources spectacles sans (Québec) Dollard des- nudité dans H9B 1Z9 Ormeaux (Québec) 1 Restaurant H9B 1Z9 Dossier: 1774-660 pour vendre Fabrice 1 Restaurant 5490, boul.Descurnmqes, pour vendre Saint Laurent Yves Belly, avec spectacles Montréal Martin Lambert.sans nudité (Québec) Daniel Brisson (Laloi€ fuller S.E.N.C.) LA LOIE FULLER 5490, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) H2T1X2 Dossier: 1893 783 H2T 1X2 9107-6182 2 Restaurais 1005,rue du Québec inc.pour vendre Marché PRESSE CAFÉ dont 1 sur centrale 1005, rue du terrasse Montréal Marché centrale (Québec) Montréal (Québec) H4N 1J8 Dossier 1894-146 H4N 1)8 De Hua Li 1 Restaurant 1500, Henri- NOUILLES RIZ A pour vendre Bourassa FRITES Ouest 1500, Henri- Montréal Bourassa Ouest (Québec) Montréal (Québec) H3M 3E3 Dossier 1894 484 H3M 3E3 QuébecSS On prépare l'avenir I A 4 LE DEVOIR, LE VENDREDI 12 AVRIL 2 0 0 2 L E S A C T D A LIT E S Le G8 à Kananaskis Boudria soutient que la sécurité n’est en rien compromise ISABELLE RODRIGUE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement n’a jamais compromis la sécurité de la rencontre du G8 en affichant sur Internet dçs informations détaillées sur les lieux où les chefs d’Etat se réuniront à Kananaskis, a fait valoir le ministre des Travaux publics, Don Boudria, aux Communes hier.Ive ministre a dû répondre aux attaques de l’opposition qui, à la suite de la parution d’un article sur le sujet, l’accusait d’avoir offert sur un plateau d’argent des informations qui pourraient servir à des terroristes.«Est
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