Le devoir, 2 mars 2002, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A N C H E 3 MARS 2 O O 2 ÉCONOMIE Bourse: Wall Street et Toronto volent haut Page B 4 POLITIQUE L'Alliance canadienne sur la banquise québécoise Page B 3 LE DEVOIR ?PERSPECT VÏS L’IRRÉSISTIBLE ÉNERGIE ÉOLIENNE L’Europe a le vent dans les voiles En 2001, l’ensemble des pays européens a battu les records de production d’énergie à partir du vent Nationalisme et sport Mon patineur est plus fort que le tien.Nationalisme et sport ont toujours fait bon ménage.La tradition s’est poursuivie avec les réactions populaires, médiatiques et politiques aux récentes performances olympiques canadiennes.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Comme la plupart des écoles secondaires de Hamilton, Sir Allan MacNab avait décidé de «libérer» ses élèves entre 14h30 et 15h, vendredi dernier.La direction voulait leur permettre de voir la fin du match de la demi-finale de hockey olympique masculin.Le Canada bataillait contre le Bélarus.Mais voilà.Comme la partie débutait à 14h, environ 70 fans coquins ont profité de la période du lunch pour une f“ **"" ?échappée belle vers les té- .lés des bars et des cafés * de la ville ontarienne.Oups.Mardi, la direction a imposé une punition aux impatients: 20 minutes pour avoir séché les cours.Jeudi, une lettre publiée dans le Hamilton Spectator traitait du grave problème en rejetant le blâme sur l’école pour ne pas avoir laissé aux ados la chance «d'exprimer librement leur patriotisme, et de la meilleure manière: en regardant un match de hockey olympique».Ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des dérives politico-affectives générées par cette victoire en particulier et la fructueuse participation du Canada aux Jeux de Salt Lake City en général.Les cotes d’écoute de Radio-Canada ont explosé dimanche après-midi, jour de la grande victoire dorée, la dix-septième de la fournée 2002, comprenant aussi les quatre porte-bonheur du patineur Marc Gagnon et la médaille de la justice triomphante finalement accordée au couple de patineurs Sallé-Pelletier.Best hockey in the world Dimanche, des dizaines de villes ont vu se dérouler des manifestations spontanées — avec un peu de casse à Montréal, comme au temps d’autrefois quand le Canadien gagnait la coupe Stanley.Les éditoriaux et les cahiers spéciaux ont suivi dès le lendemain.«Félicitations à tous nos champions du Canada, écrivait le Winnipeg Sun lundi dernier.Vous avez rendu notre pays très fier.» La patrie mondiale du gouret n’avait pas touché l’or olympique dans sa discipline privilégiée depuis un demi-siècle.Mieux, le Canada devient le premier pays à combiner l’or au hockey féminin et masculin.Comme le dirait le bon docteur Roopnarine Singh: «Canada, best hockey in the world.» «Au Canada, nous avons le sentiment d'avoir inventé ce jeu, de produire ses meilleurs joueurs et de devoir remporter les plus grands honneurs dans les tournois internationaux, affirme David Whitson, professeur de sciences politiques de l'université d’Alberta, à Edmonton.Il est donc normal de voir la population s’enthousiasmer pour cette victoire.Personnellement, j’étais content de voir les joueurs répondre aux plus grandes attentes de la population.Par contre, le triomphalisme des médias m’a fait un peu tiquer.H faut accepter le simple fait que d’autres nations jouent aussi bien au hockey que le Canada, comme les Anglais ne sont plus “propriétaires” du soccer.» Mince ligne La ligne rouge entre cette attitude orgueilleuse et le chauvinisme peut vite être franchie.«Je ne connais pas beaucoup d’occasions de manifester autant sa fierté, tout simplement parce que le sport constitue un vecteur puissant d’identité et de vanité nationales», ajoute le professeur Whitson.Indeed.Pensons à l'équipe américaine de hockey de Lake Placid (1980), qui l’a emporté sur les méchants Soviétiques, en pleine guerre froide.L’honneur d’allumer la vasque olympique de Salt Lake est d’ailleurs revenu à ces cendrillons en patins.VOIR PAGE B 2: PATINEUR La valse-hésitation du Québec dans le dossier de l’éolien a détourné l’attention du public d’ici sur la progression fulgurante de cette énergie verte en Europe dans une course où les États-Unis, invincibles détenteurs de l’or dans les années 80, n’obtiennent plus aujourd’hui que la médaille d’argent, derrière l’Allemagne, elle qui ne lâche plus l’or depuis deux ans, mais demeurent devant l’Espagne, qui s’est hissée en moins d’une décennie au niveau du bronze.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR LA année 2001 a en effet permis T aux Européens de battre ~ tous les records de nouvelle production éolienne avec une puissance installée addi-i tionnelle de 4500 nouveaux mégawatts (MW), soit, en un an, une fois et demie ce qu’Hydro-Québec escomptait tirer en dix ans de la construction du mégaprojet hydroélectrique sur la rivière Grande-Baleine, un projet de 3000 MW.Ces 4500 nouveaux mégawatts d’énergie éolienne haussent désormais la production européenne totale à 17 319 ' ’ MW, soit la moitié de la puissance installée du plus gros producteur d’hydroélectricité de l’Amérique, Hydro-Québec.En comparaison, le Québec produira en 2010 un peu plus de 500 MW d’énergie éolienne.En un an, l’Europe a haussé la puissance de ses nouveaux projets éoliens de 35 % par rapport à l’année précédente alors que les nouveaux projets atteignaient déjà 3000 MW.Les producteurs européens d’énergie éolienne atteindront une production totale de 40 000 MW en 2010, soit l’objectif officiel du livre blanc de la CEE sur l’énergie renouvelable.L’industrie cible les 100 000 MW pour 2020, ce qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe entière de 11 %! Les constructeurs européens détiennent actuellement 80 % du marché mondial de l’éolien et n’entendent pas en céder un pouce aux Américains, grâce à la rigueur des politiques continentales et nationales.La plus verte qui soit L’énergie éolienne, la plus verte qui soit avec le photovoltaïque et le géothermique, fournira cette année à l’Europe 40 TWh, soit l’électricité requise par dix millions de résidences.Selon l’Association européenne de l’énergie éolienne, cette énergie verte évite la combustion de 16 millions de tonnes de charbon, épargnant au climat de la planète 24 millions de tonnes de C02 sans modifier substantiellement l’affectation des milieux agricoles ou naturels où ces appareils sont implantés.L’Allemagne (voir texte en page B 2), depuis quelques années, a pris la tête du peloton de l’énergie verte en Europe, devançant le Danemark, où l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur a eu les mêmes effets néfastes sqr les programmes de soutien à l’éolien qu’aux États-Unis, avec la déréglementation et la politique énergétique de l’administration Bush, pour le plus grand profit des pétrolières et de l’industrie de la houille.Avec l'ajout, l’an dernier, de 2650 MW d’énergie éolienne, l’Allemagne produit désormais un grand total de 8750 MW, soit les trois quarts de ce que le Québec produit avec son complexe hydroélectrique de la Baie-James.Avec l’énergie éolienne, l’Allemagne répond à 3,5 % de sa consommation totale d’électricité, ce qui explique qu’elle a déjà réduit sa production de gaz à effet de serre sous le seuil des émissions de 1 9 9 0, prenant la tête des pays occidentaux dans l’atteinte des objectifs du protocole de Kyoto.En Europe, l’Allemagne est suivie d’assez loin par l’Espagne (3337 MW), qui s’est lancée dans la production éolienne il n’y a pas dix ans.La production espagnole est si importante que ce pays est en voie de devenir l’un des principaux pays producteurs d’Europe et exportateurs de cette technologie de pointe.Le Danemark, qui dirigeait le peloton européen il y a à peine cinq ans, fournit toujours, avec ses machines à vent, le plus haut pourcentage d’énergie verte par tête de pipe en Europe, soit 15 % de ses besoins.Il est cependant battu par certains lander germaniques, dont la production éolienne dépasse les 20 %! L’Allemagne, comme l’Espagne, ne produisait pratiquement pas d’énergie éolienne au début des années 90, ce qui illustre la rapidité avec laquelle un pays audacieux peut maîtriser cette technologie et lancer des projets majeurs sur des horizons à couper le souffle à nos castors bétonneurs.Exportateurs Ces trois pays européens, qu’on retrouve sur le podium de l’énergie verte, sont aussi devenus des exportateurs de technologie, ce qui pourrait ultimement sauver le programme danois de production et la première multinationale de l’éolien, la danoise Bonus.Heureusement, le gouvernement conservateur en place, qui a sabré dans les programmes de soutien aux énergies vertes, comprend au moins l’impor-tance d’une bonne balance des paiements.À l’échelle internationale, les États-Unis arrivent bons deuxièmes dans cette course avec une capacité installée de 4150 MW.L’année 2001 a d’ailleurs été excellente pour l’industrie américaine, dont les projets de l’an dernier dépassent les 1700 MW, devançant l’Espagne (110 MW) sur le podium de la performance annuelle tout comme sur celui de la puissance installée totale.Mais Téolien, malgré les deux dernières bonnes années, semble entrer dans une mauvaise période avec la politique énergétique du président Bush, caractérisée par une nette priorité aux énergies fossiles et par le refus des États-Unis de se mobiliser au rythme du reste de la planète pour en rafraîchir le climat.Hf En un an, l’Europe a haussé la puissance de ses nouveaux projets éoliens de 35 % par rapport à l’année précédente, alors que les nouveaux projets atteignaient déjà 3000 MW ÉNERGIE VOIR PAGE B 2 Heures d'ouverture - Grand Lesjeudi14.vendnBdM5etsamedM6mars: 42h*21h 17 mare 12 h à 18 h 2L LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET D I M A \ < Il E :i M A R S 2 0 0 2 B 2 •PERSPECTIVES- m Jean Dion ?Retour à l’ordinaire Combien faut-il de temps pour descendre de l'atmosphère éthérée des plus hautes marches du podium olympique?Vous ne m’en voudrez pas trop, j’espère, de regagner le monde ordinaire à petites doses, homéopathiques pour tout dire, après deux semaines et demie d’internement semi-volontaire.Ordinaire, du reste, par opposition à -extraordinaire», qui a finalement terminé au deuxième rang des mots les plus souvent entendus à RadioCanada, tout juste derrière «incroyable», 312 785 mentions contre 311 894.Je tiens d’ailleurs à vous remercier de toutes ces allusions inquiètes à mes plaies de sofa, rassurez-vous, il n’y a rien qu’une bonne pharmacopée à base de NESP — Novel Erythropoiesis Stimulating Protein, le truc qui a surgi à la fin des Jeux, je le précise pour ceux et celles d'entre vous qui aviez fait une croix sur la réalité en attendant le retour de La Vk, la vie, non mais est-ce que c’est bon pas à peu près Im Vie, la vie, il faudrait bien que je regarde ça un jour —, rien donc qu’un assortiment judicieux de pelules multicolores ne puisse juguler avant que l’incurable ne montre son hideux visage.Non, le pire, c’est de se sentir vaguement minable.Toute cette belle jeunesse en pleine forme qui réalise des choses qu’on n’aurait jamais même songé à imaginer.Allez, appelez-moi hypocondriaque si cela vous chante, peu me chaut car je sais que vous l’êtes aussi.Vous béez d’admiration devant un saut acrobatique du genre full-top-full-full-full, puis vous ressentez un élancement dans le secteur du gras du mollet en vous allant quérir un Perrier limette et vous vous dites ça y est, l’arthrite.Ou un affaissement ligamentaire.In mangeuse de chair, peut-être?Le cancer des os?Avec toutes ces annonces à la télé qui vous disent que vous êtes juste une gang de malades, vous avez intégré la bibitte.Remarquez, le retour à l’actualité peut aussi être source d’hypocondrie.Qu’y a-t-il dans l’actualité?Des hôpitaux.Des problèmes d’hôpitaux.Des crises d’hôpitaux.Du financement d’hôpitaux.Du personnel d'hôpitaux malade.Dites donc, pourquoi ils appellent ça le réseau de la santé?Et voilà le syndrome de la classe éconpmique.Voilà une plaie de fauteuil de première classe.A la une cette semaine, une femme morte d’une thrombose de caillots de vaisseaux après avoir été trop longtemps assise dans un spacieux aéronef sans pouvoir bouger suffisamment les jambes.En plus, on apprend qu’au seul aéroport Heathrow de Londres, on déplorerait en moyenne un cas semblable tous les mois que le bon Dieu nous fait la grâce de nous donner.Un par mois.Et vous qui craigniez d’abord et avant toute chose les mesures de sécurité inadéquates, les détecteurs de métal défectueux, les terroristes, les souliers à semelles chargées, les écrasements, les films imbéciles et le choix entre le poulet pas mangeable et le bœuf pas mangeable.?Le retour à l’actualité montre d’autre part que les Jeux olympiques n’en sont pas si éloignés que ça.Prenons par exemple les événements du 11 février — un scandale de patin de fantaisie, je le précise pour ceux et celles d’entre vous qui aviez fait une croix sur la réalité en attendant le retour des Super Mamies.Du chia-lage, de la controverse, de l'opinion publique déchaînée, des rebondissements sans fin.Jusqu'à ce qu’on se rende compte, après une autre compétition de patin de fantaisie, celle des filles, où la première concurrente qui devançait la deuxième est passée au troisième rang, derrière la deuxième qui est devenue première après qu’une troisième eut terminé au deuxième rang, jusqu’à ce qu’on se rende compte que de toute l’opinion publique qui s’était déchaînée, pas un traître re-présentant ne comprenait quoi que ce soit à la façon dont les notes sont comptabilisées.Or voilà que le Canada est plongé dans une autre controverse qui rameute son opinion publique fervente, une querelle de paiements de péréquation qui n’est pas sans rappeler qu’il faudra bien le tenir plus tôt que tard, ce référendum sur le rapatriement de points d’impôt Le plus fascinant étant évidemment que personne n’a la moindre idée de la façon dont les paiements de péréquation sont comptabilisés.Et peste soit du retour au bureau, je n’ai même pas sous la main mon précieux Dictionnaire historique de la langue française pour tenter de faire la démonstration que «péréquation» et «ennui» ont la même origine étymologique.Vous devrez vous contenter de mon assurance en ce sens, mais aucun représentant n’ira chez vous, juré craché.?Dans la série «Juste pour vous dire ça comme ça, il y a des idées farfelues qu’on aurait tellement aimé avoir qu’on est presque déçu que d’autres les aient trouvées avant», c’est dans le dernier numéro du magazine Marianne.«Alors que stm premier roman.J’y étais, est déjà en tête des ventes.Anna Gavalda.l'auteur fétiche du Dilettante.a déjà presque achevé son pmhain livre: les amours impossibles entre un chef cuisinier et une anorexique.» ?Bon, qu’est-ce qu’on fait avec ça?«Ça» étant le volte mineux courrier électrique que vous m'acheminâtes pendant la trêve sacrée et qui soulève avec acuité un problème typiquement postmodeme, celui de l'e-tiquet-te.Répondre à tous?Seulement à ceux qui demandent des informations précises, par exemple: «Nous préviendrez-vous quand vous irez débattre avec Jean Perron à 110 %», ou: «Pourriez-vous nous dire ce que vous inhalez avant d'écrire afin que nous puissions nous en procurer nous aussi?» Répondre, et sinon, dans quel délai ne pas répondre?Quelle proportion de nos heures de loisirs consacrer à la communion avec l’ami lecteur -trice si l’on veut qu’il -elle reste notre ami -e?Comment souhaiter un bon quart de siècle à Maxime-Olivier sans qu’il sache que sa blonde est une audacieuse?Tant de questions et si peu de temps avant qu’on ne retrouve Oussama ben laden grâce à de l’ADN gracieusement fourni par sa famille.Enfin, toujours est-il que vous pourrez vous endormir, si ce n’est déjà fait, avec la certitude que tout a été lu attentivement, en long, en large et dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre.Pour la suite des choses, rappelez-vous que patience et longueur de temps viennent à point à qui sait attendre, ou quelque chose comme.jdionlaledevoir.com L’IRRÉSISTIBLE ÉNERGIE ARCHIVES LE DEVOIR Éoliennes expérimentales à Saint-Ulric-de-Matane, en Gaspésie.Une deuxième révolution verte est en vue LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Une deuxième révolution énergétique verte, après celle des années 1975-85 dans l'éolien en Californie, s'annonce dans le domaine de l’énergie avec la percée qui s’annonce en Asie et en Europe dans la production éolienne offshore et le raffinement des stratégies politiques et fiscales, capables d’assurer le financement à long terme des filières propres.C’est ce qu’affirmait récemment au Devoir le professeur William R.Moomaw, de l’école Fletcher de l’université Tufls, au Massachusetts.Il ajoutait aussi «qu'il est désormais possible d’envisager que l’on répondra à la moitié des besoins énergétiques de l'Amérique du Nord avec des énergies renouvelables en 2050», ce que cible avec détermination l’Association américaine de l’industrie éolienne,(AWEA).La côte atlantique des Etats-Unis, tout comme celle du Canada et du Québec en particulier, se prépare, à l’instar de l’Europe et du Japon — leader actuel dans cette production —, à lancer d’importants projets éoliens en mer, où les rendements énergétiques équivalent et même dépassent les meilleurs sites terrestres avec moins d’inconvénients sauf en ce qui a trait au transport maritime, qui craint ces machines dispersées sur les flots.D’autres navigateurs, par contre, les apprécient parce que ces éoliennes géantes signalent visuellement les hauts fonds où on les ancre.La totalité des nouveaux besoins Le potentiel de la production offshore est si élevé que les premières évaluations, en Europe, prédisent qu’elle pourrait satisfaire la totalité des nouveaux besoins énergétiques de ce continent au cours du prochain demi-siècle.L’Angleterre, jusqu’ici marginale dans la famille éolienne, s’intéresse énormément à cette production parce que ses vastes côtes bordées de hauts fonds forment un énorme «gisement éolien» au large des côtes venteuses de l’Irlande.La société Royal Shell, probablement la pétrolière la plus déterminée à prendre le virage des nouvelles énergies, prospecte le «gisement éolien» avec une attention qui force actuellement l’admiration des groupes écologistes.Le potentiel éolien offshore de pays comme la Grèce, l’Italie et le Danemark serait particulièrement élevé.Les évaluations en cours pour cette nouvelle filière indiquent qu'on peut en tirer de l’électricité à des prix qui rivalisent déjà avec la production thermique.Cette concurrence est accentuée par l'arrivée récente sur le marché d’éoliennes de 1 MW, voire de 1,5 MW, qui réduisent radicalement les coûts d’installation et d’entretien de ces tours de plus de 100 mètres, à hauteur de nacelle, équipées de rotors dont le diamètre dépasse maintenant les 80 mètres.Production décentralisée Pour le professeur Moomaw, qui participait récemment à Montréal à un colloque organisé par la Commission de coopération environnementale de l’ALE-NA, la mise en place d’incitatifs fiscaux «permanents» ou de longue durée ainsi que l’obligation pour les distributeurs d’énergie de se doter de «portefeuilles» verts vont faire la différence parce qu'elles vont permettre autant le financement à long terme de grands projets d’énergie verte que la nouvelle «production décentralisée» chez de simples particuliers équipés de petites éoliennes ou de panneaux solaires.Les producteurs d’énergie éolienne affirment depuis 20 ans que le pétrole jouit de budgets gouvernementaux invisibles, comme la guerre du Golfe lorsqu'il s’est agi de défendre les approvisionnements américains au Moyen-Orient, et d’avantages fiscaux pour la prospection et l’investissement à risque, qui n’ont aucun équivalent dans le cas des énergies vertes.Et on ne parle pas ici du fait que les coûts sociaux associés aux énergies fossiles ne sont pas comptabilisés dans le prix facturé aux consommateurs, qu’il s’agisse de la pollution locale, du réchauffement du climat, des problèmes de santé associés au smog, de la perte de croissance des forêts et de l’agriculture, etc.Plus alléchant En exigeant des distributeurs qu’ils se dotent de «portefeuilles verts» contenant entre 4 et 7 % d’énergie indiscutablement verte — éolieq, photovoltaïque, biomasse et géothermie —, les Etats-Unis investiraient entre deux et quatre milliards par an dans les énergies renouvelables, prévoyait la politique énergétique de l’ancienne administration Clinton.Mais le professeur Moomaw estime que les gouvernements doivent aussi favoriser la production individuelle d’énergie verte, la «production décentralisée», dont l’excédent est actuellement vendu aux distributeurs dans plus de 15 Etats américains non pas au prix de la production mais au prix de l’énergie livrée chez le client puisqu’elle est livrée dans le réseau à ce niveau.Ce qui est bien plus alléchant sur le plan économique.Au Québec, on parlerait d’un prix d’achat de la production décentralisée d’environ 6,5 C du kWh, ce qui intéresserait sûrement plusieurs Gaspésiens, Nord-Côtiers et petites coopératives locales, sans compter qu’un nouveau programme fédéral offre un appui de 1,5 C du kWh pour l'éjectricité verte.Aux Etats-Unis, le programme «Un million de maisons vertes» vise à susciter l'installation de capteurs photovoltaïques, dont la production excédentaire fera tourner le compteur électrique à l'envers, ce qui réduira la facture mensuelle au point de la remplacer parfois par un chèque! On attend à long terme plus de 1000 MW de ce programme et une sensibilisation du public à la valeur des économies d'énergie, qui vaudrait.trois fois plus.ENERGIE SUITE DE LA PAGE B 1 En comparaison, le Canada comble 0,1 % de ses besoins avec l’énergie éolienne, fl se retrouve donc fort loin derrière les Etats-Unis, qui produisent néanmoins 1 % de leur électricité avec la puissance du vent I.a Californie avait lancé le mouvement après les chocs pétroliers des années 70 par diyers programmes de soutien, ce qui explique que cet Etat totalisait 90 % de la puissance installée aux Etats-Unis au début des années 90.Mais l'évolution en dents de scie de la fiscalité et des programmes de soutien gouvernementaux américains ainsi que la déréglementation récente du marché de l’énergie expliquent en partie la chute de plusieurs constructeurs et producteurs.Enron Wind, qui a succédé à Kennetech au cours de la dernière décennie comme premier producteur américain, vient d'être acheté par General Electric, la plus importante et la plqs ancienne entreprise de matériel électrique aux Etats-Unis.Cette surprise, qui date de deux semaines, obligera la Maison-Blanche à revoir ses visées à la baisse sur l’éolien car GE compte rapidement se tailler une place de choix sur le marché des exportations avant que ne démarre le grand boum énergétique vert, celui de la production off shore, que tout le monde prépare avec fébrilité pour 2010.Nouvelle production éolienne (en mégawatts par année) 3000 2000 1000 ¦m ¦i MW IM 210 307 472 032 904 1303 ISM 3117 3472 4SM ¦ M*m)i MW 240 330 400 730 12M 1202 ISM 2007 3122 37K 6000 ÉOLIENNE L’empire d’Éole LAllemagne est le premier pays producteur d'énergie éolienne au monde ANNE-CHRISTINE LORANGER COLLABORATION SPÉCIALE Dresde — Dans quelque région où l’on se trouve en Allemagne, on peut les voir, frises de carbone et d’acier qui dentellent la crête des collines.Si les Pays-Bas sont le pays des moulins à vent, l’Allemagne est désormais le premier pays producteur d’énergie éolienne au monde et celui où sa croissance est la plus encouragée par les instances publiques.En août 2001, le ministre allemand de l’Environnement, Jurgen Trittin, a inauguré à Sintfeld, dans le nord de l’Allemagne, le plus vaste champ d’éoliennes construit à ce jour en Europe.D'une capacité de 105 mégawatts (MW), les 65 éoliennes de Sintfeld s’additionnent à un ensemble qui en compte 11 000, lesquelles, en 2001, ont produit plus de 8750 MW, ce qui comble 2 % des besoins énergétiques allemands.Volonté politique L’envolée des éoliennes ne s’est pas faite sans aide.Malgré une population consciente des problèmes environnementaux, l’utilisation de l’énergie éolienne n’a connu son essor qu’avec l’adoption, en 1991, de tarifs nationaux sur les énergies renouvelables afin d'encourager l’investissement privé.En ligne avec les projets de réduction des gaz à effet de serre ainsi qu’avec un vaste programme de dénucléarisation du pays, une loi passée au début des années 90 oblige les compagnies d’électricité à acheter l’énergie provenant d’une «source propre» à tarif fixe, de trois à quatre fois plus élevé que celui de l’électricité produite par les centrales nucléaires ou au charbon.Andreas Jung, chef de la division chargée du développement du marché des énergies renouvelables au ministère de l’Économie et des Technologies, explique que «les compagnies d’électricité répartissent ce coût supplémentaire sur la facture de l’ensemble des consommateurs».Le gouvernement allemand subventionne de plus les projets visant à la protection de l’environnement, notamment l’installation de capteurs éoliens.On encourage les petits fermiers et les coopératives à faire les emprunts bancaires nécessaires à l’achat d’éoliennes, à des taux d’intérêt de 6,5 % étalés sur dix ans, ce qui rembourse jusqu’à 100 % des coûts d’installation.Les particuliers ou les entreprises qui veulent vendre de l’énergie éolienne, solaire ou autre, sont libres de le faire et bénéficient d’acheteurs directs.De plus, un programme intensif de recherche pour augmenter la puissance unitaire des capteurs est en cours depuis plus de dix ans à l'Institut de l’énergie éolienne de Wilhelm-shaven.La puissance unitaire moyenne des capteurs utilisés dans les parcs éoliens en Allemagne est passée de 50 kW au milieu des années 80 à 700 kW en Une loi oblige les compagnies d’électricité à acheter l’énergie provenant d’une «source propre» à tarif fixe, de trois à quatre fois plus élevé que celui de l’électricité produite par les centrales nucléaires ou au charbon 1998.Le Dr Georg Loser, physicien, biologiste et expert indépendant sur la question des éoliennes, explique que l’Allemagne est actuellement alimentée à 45 % par les centrées au charbon, à 30 % par le nucléaire et à 15 % par le gaz naturel, le reste étant divisé entre l’hydroélectricité, l’énergie solaire et éolienne ainsi que celle provenant de la biomasse.La volonté du gouvernement de coalition des sociaux-démocrates de Gerhard Schroder (SPD) et du Parti vert vise à fermer graduellement les centrales nucléaires et à les remplacer par des sources renouvelables tout en encourageant la réduction de la demande en énergie, entre autres par des standards très stricts de construction et d’isolation.«H serait possible dès maintenant de réduire la consommation de 50 %.Il est certain que nous voulons que les gens consomment de l’énergie propre mais aussi qu'ils consomment moins», dit le Dr Loser.Selon d’autres experts, le secteur des énergies renouvelables ne saurait se développer sans une ferme volonté politique.Un parc éolien marin L’Allemagne ne bénéficiant pas d’un fort potentiel hydroélectrique ni d'une période d’ensoleillement prolongée, sauf en Bavière, l’énergie éolienne est la mieux adaptée pour remplacer en partie la demande actuellement comblée par l’énergie nucléaire.Un ambitieux projet de développement est en marche pour l'installation d’éoliennes au large des côtes de la mer Baltique, lequel pourrait produire autant d’énergie qu’une grosse centrale nucléaire.Le Dr Loser évalue qu’il faudra attendre de 10 à 15 ans avant de pouvoir compter sur de telles centrales.Plus optimiste, Andreas Jung estime que les investis-serpents privés pourraient débuter aussi tôt que 2005.Eole se porte donc bien au pays des Germains, ce qui ne fait pas que des heureux.L’industrie touristique se plaint de la détérioration du paysage, les producteurs d’électricité protestent contre les coûts d’achat et beaucoup de consommateurs maugréent contre l'augmentation de leur facture.Le gouvernement réplique que l’investissement dans la protection de l'environnement est un facteur de développement économique.«La lot sur les énergies renouvelables a eu des effets bénéfiques sur l’emploi, affirme M.Jung.L’industrie du vent, à elle seule, emploie de 4000 à 5000 personnes.U nous est impossible de chiffrer les emplois indirects.mais on estime qu’il faut multiplier par un facteur de trois ou quatre.» En 2001, le «programme vert» du gouvernement Schrôder a commencé à porter fruits.L'Allemagne a réduit ses émissions de gaz à effet de serre à des niveaux inférieurs à ceux des années 90.Ailleurs en Europe, on suit le mouvement: en Italie, en Espagne, au Danemark, les éoliennes ont le vent dans les rotors.L’Union européenne encourage ses pays membres à investir dans les sources d'énergie renouvelables.Eole étendra-t-il son empire plus avant?I * < f LE DEVOIR.LES S A M E D 1 ET DI M A N < H E MARS •_> O O 2 h ?P E R S P E C TI V E 8 ?Des relents de remake Le Québec, une banquise dans la course au leadership de F Alliance Chacun des quatre candidats dit croire vital que le Québec s’intéresse à leur bataille M i c h e / D a r i d Nécessité fait loi HÉLÈNE BUZZ ETTI DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Ltt aviez-vous remarqué?Pour la deuxiè-* me fois en moins de deux ans, l’Alliance canadienne est en train de se cher-.cher un chef.Mais cette course au leadership prise deux n’attire aucune attention notable au Québec.Même le dernier sondage Compas sur les intentions de vote des électeurs avait exclu le Québec de son échantillonnage.Doit-on s’en émouvoir?Cette fois, ce sont quatre candidats qui se font la lutte pour prendre les rênes du parti de droite: deux députés de l’Alliance canadienne, Grant Hill et Diane Ablonczy, un ex-député réformiste, Stephen Harper, et le chef démissionnaire qui tente de se succéder à lui-même, Stockwell Day.La course a des relents de remake.Au cœur du débat entre les aspirants chefs, le plan — ou l’absence de plan — pour se rapprocher du Parti conservateur et devenir une solution de rechange au Parti libéral.D’entrée de jeu, chacun des quatre candidats dit croire vital que le Québec s’intéresse à leur bataille.Comprendre le Québec «Il est important pour les Québécois que le chef de l’opposition officielle les comprenne.Moi, je les comprends, et mon passé le prouve», a expliqué Stockwell Day en entrevue en rappelant qu'il protégeait les compétences provinciales quand il était trésorier en Alberta.«Quand j’ai été élu chef de l’Alliance canadienne, il y a 18 mois, notre parti récoltait 0,2 % d’appui au Québec.Trois mois plus tard [aux élections générales], nous en avions presque 10 % [NDLR: en réalité, 6,2 %].» Selon Diane Ablonczy, le Québec vit une transition politique, entre autres parce que «l’option souverainiste s’effondre».L’Alliance canadienne, sous sa gouverne, ferait tout pour forger une coalition et offrir une solution alternative aux Québécois, d’où l’importance, selon elle, qu’ils participent à cette course.Cette coalition s’inspirerait de celle de Brian Mulroney en ce que les «souverainistes mécontents» seraient les bienvenus; elle en différerait toutefois dans la mesure où «il n’y aurait pas de réformes qui donneraient des choses spéciales à des parties spécifiques du pays», explique-t-elle.Stephen Harper reconnaît que le Québec est jusqu’à présent resté plutôt froid au sujet de cette course à la chefferie.Il reconnaît que les personnes potentiellement intéressées par le parti restent en marge et attendent que tous les tiraillements internes soient résolus avant de s’impliquer activement.«Une fois que ce parti aura fait la preuve de sa force, les gens au Québec — et dans les provinces maritimes aussi — s'y intéresseront davantage.» Quant à Grant Hill, il invite les Québécois qui cherchent une troisième voie politique à s’intéresser à la course — et à lui-même — parce qu’il veut s’attaquer à la division du vote de droite, qui explique les résultats électoraux décevants de sa formation en Ontario mais aussi au Québec.Notons que le Parti conservateur a récolté 5,6 % des voix contre 6,2 % pour l'Alliance.«S'ily a de la coopération, c’est très possible que nous ayons des sièges au Québec.[.] Surtout, si le Bloc québécois est de moins en moins populaire, ça nous ouvre une porte.» Mais le geste n’accompagne pas toujours la parole.Diane Ablonczy, qu’on annonce bonne dernière dans la course, n’est pas venue au Québec et ne prévoit pas y mettre les pieds d’ici la fin de la campagne, soit le 28 mars au plus tard.«Dans ce genre de campagne, on doit se concentrer là où on est susceptible de recueillir une quantité significative de votes», dit-elle, ce qui n’est pas son cas au Québec.Aucun arrêt au Québec Dans son horaire initial, Stephen Harper n’avait prévu aucun n’arrêt dans la province, la seule à être boudée.Il a finalement fait un bref arrêt à Montréal, où il a déclaré que l'argument selon lequel il faut un statut spécial pour protéger le français au Québec est «tout simplement faux.La langue française n’est pas en péril au Québec».Grant Hill a fait un petit tour à Montréal et à Québec, et Stockwell Day, celui qui a le plus investi dans la province, a lancé sa campagne à Montréal ARCHIVES LE DEVOIR Stockwell Day: en quête d’appuis au Québec.et s’est ensuite rendu à Chicoutimi, Trois-Rivières et Victoriaville.Selon Michel Rivard, l’organisateur du parti dans la province, l’actuelle campagne au leadership a réussi à «créer une dynamique presque comparable» à celle de la dernière course, lorsque Stockwell Day était arrivé en sauveur.Sans avoir accès aux données complètes, il croit que le membership allianciste au Québec serait maintenant de 4000 à 5000 personnes, alors qu’il serait passé sous la barre des 1000 au pire de la tourmente.La majeure partie appuierait M.Day.L’enthousiasme de M.Rivard n’est pas partagé par tout le monde.Plusieurs organisateurs qui avaient été actifs lors de la première course à la chefferie de l’Alliance canadienne, en juin 2000, et lors de la campagne électorale générale qui a suivi ont jeté l’éponge.«Ça existe encore, ça, l’Alliance canadienne?», lance dans un grand rire Daniel Goulet.Celui qui avait mis la dernière main au programme allianciste pour le dernier scrutin et formé les candidats reste aujour-dhui sagement chez lui, comme d’autres de ses collègues.«On a autre chose à faire.» C’est le cas de Philippe Ardillez, pourtant désigné par la candidate Ablonczy comme un de ses contacts au Québec.«Beaucoup de gens au Québec préfèrent attendre de voir ce qui va se passer avant de s'impliquer.D’un côté, il y a Stockwell Day, et on a vu ce que ç’a donné, et de l’autre, il y a Joe Clark, qui veut se représenter [à la chefferie du Parti conservateur].» Ce constat est partagé par Michel Rivard.L’intérêt au Québec pour l’Alliance canadienne reste mitigé et conditionnel à sa capacité de prendre le pouvoir.«Il y a des gens qui sont pour l’Alliance canadienne parce qu’il sont contre les libéraux.Ils vont dire: faites l’unité, on verra ensuite”.Quand l’unité sera faite, on va attirer du monde», croit-il.«S’il y a de la coopération, c’est très possible que nous ayons des sièges au Québec» PATINEUR SUITE DE LA PAGE B 1 Pensons au cocorico délirant poussé par la France après sa victoire à la dernière Coupe du monde de soccer.Pensons aux innombrables exemples de récupération politique du sport, notamment par les régimes dictatoriaux.Mais peut-il en être autrement?Jean Harvey, directeur du Centre de recherche sur le sport dans la société canadienne, à l'Université d'Ottawa, souligne qu'aux Olympiques tous les éléments sont réunis pour exacerber les rapports entre le sport et les questions nationales: hymnes nationaux, drapeaux, classement par pays, tout contribue à mettre en évidence les symboles patriotiques.«Au Canada, nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les autres, dit-il.Par contre, le côté chauvin agace.» Tout de même, la guerre des symboles et des drapeaux, on connaît L’obsession identitaire itou.Une analyse de sondages réalisés entre 1994 et 1998 par la firme Ekos montre que «l'identité canadienne» demeure importante pour une majorité de Canadiens, en particulier au Canada anglais.Même au Québec, l’attachement au Canada demeure présent et rivalise avec le «nationalisme ethnolinguistique», selon les données publiées par l'Institut des relations intergouvemementales dans Canada: The State of the federation 1998/99.«Les acteurs politiques utilisent le sport pour mousser le nationalisme et le sport est même devenu un symbole de la qualité d'un pays, d'un système politique», en- chaîne la sociologue Suzanne Laberge, professeure en kinésiologie à l’Université de Montréal.«C’est depuis longtemps une tribune pour se faire valoir aux A quand l’union de la droite?Le sujet de l’unité des troupes de droite est celui qui différencie d’ailleurs le plus les candidats.Diane Ablonczy et Grant Hill sont mix qui prônent le plus ardemment une coalition.Grant Hill, qui favorise la presentation d'un seul candidat (allianciste ou conservateur) par circonscription pour limiter la division du vote, s'est fait encore plus pressant lorsque la coalition RD-PC (les conservateurs et les alliancistes dissidents) a appuyé le principe d’un Sénat égal et élu ainsi que celui de référendums d’initiative populaire.Si Stephen Harper ne se dit pas opposé à l’idée d'un rapprochement avec les conservateurs, il croit qu’il ne sert à rien, pour l’instant, de perdre son temps en vaines tentatives puisque Joe Clark, qu’il accuse de vouloir «construire un deuxième parti libéral», n’est pas ouvert à cette idée et veut rester en poste.Quant à Stockwell Day, il croit aussi que la coopération n’est pas pour demain dans la mesure où Joe Clark est un conservateur «mou» et qu'il ne sert à rien de diluer les principes de l’Alliance pour le séduire.Il appert que les candidats anti-rapprochement sont les plus populaires.Jusqu’à présent, Stockwell Day semble être en tête de peloton.Le dernier sondage Compas indique que M.Day recueille l’appui de 34 % des personnes ayant voté pour l’Alliance canadienne aux dernières élections, contre 22 % pour Stephen Harper.M.Hill récolte 8 %, et Mme Ablonczy, 5 %.Par contre, M.Day est celui qui s’attire le plus de foudres d’une frange d’électeurs, 29 % des répondants disant qu’ils ne voteraient jamais pour lui, contre à peine 4 % pour M.Harper.Le premier tour de scrutin, par courrier, débute vendredi prochain et durera une semaine.les résultats seront annoncés à Calgary le 20 mars.Si aucun candidat ne récolte un minimum de 50 % des voix, un deuxième tour, impliquant les deux candidats en tète, sera organisé.les résultats seront dévoilés le 28 mars à Edmonton, juste à temps pour l’ouverture du congrès national du parti.Un parti bénitier La course actuelle a été caractérisée par de mémorables prises de bec entre Stephen Harper et Stockwell Day à propos du recrutement de membres au sein de groupes religieux.Le clan Harper a accusé M.Day de soumettre le parti aux 'groupes d’intérêts» particuliers, notamment ceux des juife orthodoxes, de l’Église réformiste hollandaise, des pentecôtistes et des catholiques anti-avorte-ment Cette accusation a surgi lorsque le National Post a écrit que M.Day avait recruté Roy Beyer, ex-pasteur pentecôtiste et président de la Canada Family Action Coalition, qui avait recruté 6000 membres pro-Day lors de la course de 2000.Au Québec, la campagne de M.Day serait dirigée vers les pentecôtistes.Éric Lanthier, directeur de campagpe, aurait écrit sur le site Internet de l’Association des Eglises protestantes évangéliques que «l’objectif est de 5000 cartes» et qu’il fallait appuyer M.Day, un défenseur des «valeurs judéo-chrétiennes».Pour couronner le tout, le très militant groupe anti-avortement Campaign Life Coalition avait envoyé 130 000 lettres à ses membres, leur demandant de l’argent pour acheter en masse des cartes de membre de l’Alliance et appuyer Stockwell Day.Ii* parti a dû rappeler l’organisme à l’ordre.M.Day s’est bien défendu de ne recruter que les extrémistes religieux, disant qu’il est ouvert à tout le monde, mais il a créé tout un remous en se rendant en cours de campagne dans une école religieuse en Saskatchewan tout en se gardant de l’indiquer sur l’itinéraire quotidien qu'il fournit à la presse parlementaire.Grant Hill Diane Ablonczy Stephen Harper yeux de la planète.» Elle cite évidemment la ministre du Patrimoine, Sheila Copps, et ses obsessionnels unifo-liés.Elle cite Bernard landry se flattant le fleur de lys en notant que la proportion de médailles gagnées par le Québec est supérieure à son poids démographique au sein de la fédération.Car en cette matière aussi un nationalisme vaut l’autre, et le bleu peut chasser le rouge.«fai étudié le sentiment d’appartenance des athlètes, explique la professeure.Ils souhaitent exceller, dans l’ordre, pour eux-mêmes, puis pour leur commanditaire, et finalement pour leur pays.» Jean Harvey souligne que, dans un contexte valorisant la performance, il devient tout de même naturel d’aduler les meilleurs.«l»es deux tiers de nos athlètes ont fini parmi les huit premiers de leur discipline.C’est une performance très forte.l«e Canada est un joueur important dans les jeux d’hiver, comme la Norvège, l’Autriche ou même les États-Unis, et il me semble normal que la population en tire une certaine fierté.» Il ajoute que certaines conditions doivent être réunies pour permettre à la machine médiatico-natio-nale de se mettre en branle autour des champions.?Les athlètes qui percent sont les athlètes qui peuvent percer, dit-il.Ils passent bien à la télé, ils sont beaux, etc.Avec cette matière, les médias savent très bien créer des histoires, une espère de fable.C'est Marc Gagnon qui persévère et gagne.C'est Salé et Pelletier qui triomphent de l’injustice.Mais il faut bien comprendre que le sport n 'offre que du capital symbolique ou politique à court terme.L’effet des médailles dure quelques mois à peine.» Le premier ministre Landry avait déjà déclaré, en novembre dernier, que «ce ne serait pas une monstruosité» de modifier la loi sur la consultation populaire pour tenir simultanément des élections et un référendum, ne serait-ce que pour limiter It's frais.Quand le Comité des jeunes du PQ, appuyé en sous-main par le ministre de l’Education, François Legault, avait propose' de faire coïncider un référendum sur le rapatriement de points d’impôt avec les prochaines élections générales, la reaction avait été très partagée, aussi bien au conseil des ministres qu’au IA}, de sorte que M.Landry avilit laisse courir.In situation a cependant bien changé depuis trois mois.la grande opération de renouvellement, dont le remaniement ministériel devait être le signal, a fini en queue de poisson et les «affaires» mist's au jour au cours des dernières semaines ont transformé ce qui était alors une simple hypothèse en impérieuse néçessité.A moins de frapper un très grand coup, la tendance lourdement défavorable au IA}, indiquée par les derniers sondages, risque de devenir irréversible, si ce n’est déjà fait.M.landry joue maintenant sa dernière carte, mais il s'agit d’un as, en même temps qu'un sérieux virage pour le IA}.In réaction indignée de Jean Chart's!, qui y a vu, non sans raison, une astuce destinée à occulter le bilan du gouvernement, était à la mesure de l’inquiétude des libéraux.Il est vrai que le premier ministre change les règles du jeu au cours des dernières minutes de la partie.Après avoir adressé le même reproche au gouvernement Chrétien dans le dossier de la péréquation, il ne manque pas de culot.Si le IA} menait par dix points dans les sondages, pensez-vous qu’il y aurait seulement songé?La manœuvre n'est peut-être pas très élégante, mais M.Landry n'a tout simplement plus le choix des moyens.?De leur côté, les «purs et durs» du IA} devront maintenant accepter que le prochain référendum ne portera pas sur la souveraineté.L'plus beau de l’affaire, c’est que Jacques Parizeau a déjà donné sa bénédiction à l’opération, qu’il a même qualifiée d'«adorable».Moins d’une semaine avant la publication du ra|> port de la commission Séguin sur le déséquilibre fiscal, on est tenté de conclure que le référendum (m trier a sur le rapatriement de points d’impôt ou de la 'FI’S, mais le gouvernement donnerait l’impression d’enfoncer une porte ouverte dans la mesure où les trois partis représentés à l’Assemblée nationale et la très grande majorité des Québécois sont d’accord.In fiscalité sera certainement un élément central, mais il serait très étonnant que M.Landry ne cherche pas à l’inscrire dans une perspective plus large, qui serait davantage susceptible de mobiliser les militants souverainistes.Après avoir milité pendant des années pour créer un pays, une croisade pour rapatrier des points d’impôt n’aurait rien de très exaltant.Un ancien conseiller de Pierre Elliott Trudeau, André Burelle, a déjà suggéré l’idée d’un référendum «fédéraliste» dont il aurait souhaité que le PLQ se fasse le promoteur.Par exemple, sur «le droit à la différence nationale du Québec et des peuples autochtones, et [sur le] droit à la souveraineté locale des provinces, accompagnée d’une décentralisation des pouvoirs et de la fiscalité nécessaire à l’exercice de ce droit, en échange d’une obligation faite aux provinces et aux gouvernements autochtones de s’imposer, par codécision à l’européenne, dans leur champ de compétence souveraine, les objectifs communs et les normes minimum à un renforcement partenarial de l’union canadienne».Il faudrait sans doute retravailler tout ça, mais la «différence nationale», la «codécision à 1 européenne» et r«union canadienne» sont autant d’expressions qui devraient sonner agréablement aux oreilles de M.Ltndry, Il y a bien cette détestable expression, «provinces», qu’on pourrait toujours remplacer par «Etats constituants» sans qu’il y ait grand scandale.le plus beau de l’affaire est que la loi C-20 sur la clarté ne pourrait pas être invoquée puisqu'il n’est pas question de sortir du cadre constitutionnel canadien.?les militants péquistes ne trouveront sans doute pas très catholique ce dialogue de bonne foi avec Ottawa, auquel les convie maintenant M.landry.Bien sûr, ce qu’il appelle le «destin national» n’est pas en cause, mais il y a pour le moins un changement de ton.Imaginez maintenant l’inconfort des libéraux, qui risquent de se retrouver coincés entre le QUI de Jean Charest et le NON de Jean Chrétien.A moins que le chef du FLQ ne se range lui aussi dans le camp du refus et rejette du coup le projet dont Robert Bourassa a toujours rêvé.Pour le K}, il serait évidemment très avantageux de faire porter la campagne sur la question référendaire plutôt que sur le bilan du gouvernement, mais il existe aussi un risque que les enjeux se confondent.Les électeurs répondront aussi bien à celui qui pose la question qu'à la question elle-même, de sorte que l’insatisfaction a l’endroit du gouvernement pourrait influer sur le résultat du référendum.Un score mitigé sur une question aussi molle serait un véritable désastre pour le Québec.M.Landry table évidemment sur le fait qu'après avoir répondu GUI au projet qui leur sera soumis, les électeurs préféreront confier au PQ le mandat de le réaliser.S’ils élisent les libéraux, tout ne sera quand même pas perdu puisque M.Charest se retrouvera face à l’obligation de résultats qu’il avait voulu éviter à tout prix quand il s'était donné un programme constitutionnel en forme de vœux pieux.En attendant, le débat sur la nouvelle loi sur la consultation populaire risque d’être passionnant.Les dispositions actuelles font en sorte que le premier ministre deviendrait président du comité du OUI.Faudra-t-il prévoir une coprésidence ou même un triumvirat si les deux autres partis y adhèrent?Comment se partageront-ils les fonds?Faudra-t-il créer un comité du NON bidon?Sans parler du déroulement de la campagne.Les trois chefs pourraient peut-être faire campagne ensemble les jours pairs et se prendre à la gorge les jours impairs.Passionnant, je vous dis.mda vidibledevoi r.com i \ LE DE V OIK, L E S S A M E D I ET Ü I M A X C H E M A RS 2 0 0 2 B 4 COURS DE LANGUES • ANGLAIS • FRANÇAIS • ESPAGNOL • ITALIEN Tests de niveaux : .rn.TOUS LES MERCREDIS DE MIDI A 18 H YMCA i- ¦ ;Centre ,11,; ^ 849-8393 poste 709 ou 719 _______ [ Hochelaga-Maisonneuue ® 255-4651 —-?LE DEVOIR ?- ECONOMIE PERSPECTIVES Marchés boursiers Récession atypique À en croire les indicateurs, ce sera finalement le scénario de la guerre du Golfe qui aura prévalu en matière de conjoncture économique.Soit une courte récession, de faible ampleur, provoquée par une chute rapide mais momentanée de l’indice de confiance des consommateurs.Les récessions ne sont vraiment plus ce qu’elles étaient.Depujs la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis auront connu dix récessions.Celle qui vient de prendre fin, à l’instar de la précédente survenue en 1990-91, aura été l’une des plus courtes.Une récession atypique par surcroît, qui n’est pas venue d’une contraction classique des dépenses de consommation.Qui a plutôt pris la forme d’une solide digestion après des investissements massifs ayant causé une importante surcapacité de production.Une récession essentiellement américaine mais qui a mis en évidence cette convergence des cycles économiques mondiaux.Une récession qui a, plus que jamais, démontré la pertinence, pour une économie, de conserver le plein contrôle sur sa politique monétaire.Officiellement déclarée par le National Bureau of Economie Research (NBER), la récession aux États-Unis a débuté en avril 2001.Du moins, le sommet de ce long cycle de , , croissance — le plus étendu aux États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale avec 120 mois d’expansion — a été atteint en mars 2001.Mais toujours selon cet organisme privé, seulement deux indicateurs coïncidents évoluaient en mode récession, alors qu’il en faut généralement quatre, ont rappelé les économistes du Mouvement Desjardins.?Donc, une récession sans l’être, avec un seul trimestre de recul de l’activité économique.Une petite récession de six mois, tout au plus.La plus courte en son genre depuis celle de huit mois ayant accompagné le déclenchement des hostilités contre l’Irak au début des années 1990.De loin inférieure à cette moyenne de 11 mois établie lors des neuf récessions, précédentes observées aux États-Unis depuis 1948.Mais pour éviter le pire, il aura fallu que la Réserve fédérale américaine mène un assouplissement monétaire particulièrement musclé.Soit un recul de 475 points de son taux directeur, de 6,5 à 1,75 %, depuis le début de 2001.L’assouplissement a été asymétrique, les autres banques centrales ayant limité leur allégement à 127 points dans l’intervalle, en moyenne.En d’autres termes, la Fed a poussé le levier jusqu’à la zone où tout assouplissement additionnel devenait stérile, alors que les autres banques centrales ont conservé leur marge de manœuvre en misant également sur la faiblesse de leur devise.11 est estimé qu’une dépréciation de 3 % d'une devise par rapport au billet vert a le même impact qu’une réduction de 100 points de base des taux directeurs.?En fait, avec ce jeu des devises, la détente monétaire aura été plus ressentit' encore dans les autres économies alors qu’aux États-Unis, la Fed a dû manœuvré avec un vent de face venant de l’appréciation du billet vert.L’économiste financier principal de la Financière Banque Nationale, Vincent Lépine, va plus loin.«Im faiblesse des monnaies en dehors des États-Unis est un important ingrédient pour un rebondissement économique mondial généralisé.La forte appréciation du billet vert équilibre davantage la détente des conditions monétaires entre les États-Unis et le reste du monde.» Voilà une des beautés de l’autonomie — toute relative qu’elle soit — d’une politique monétaire.Du moins, l’enseignement des derniers mois est intéressant avec, notamment, une économie canadienne ayant pu éviter la récession malgré les déboires de son principal partenaire commercial.Surtout que, désormais, les cycles économiques convergent Cette récession a démontré la pertinence, pour une économie, de conserver le plein contrôle de sa politique monétaire Gérard H é r ti b è ?EN BREF Les bons résultats de la Banque Nationale font boule de neige (Reuters) — Les solides résultats publiés par la Banque Nationale se sont traduits hier par un nouveau sommet en Bourse et une amélioration de ses perspectives de crédit.la sixième banque ca-nadierfne a grimpé de 87 C, ou 2,9 %, pour terminer à 31,06 $ sur le parquet torontois, après avoir touché un sommet en séance de 31,13 $.Moody’s Investor Service a révisé ses perspectives sur la Banque Nationale, les ramenant de négatives à stables.Moody’s a souligné que la banque avait amélioré la qualité de son portefeuille d
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