Le devoir, 8 mars 2006, Cahier A
CAHIER SPECIAL LE MONDE Moscou renonce à tout compromis avec l’Iran sur le nucléaire Page B 1 ?www.ledevoir.co m L’agroalimentaire biologique Cahier D LE DEVOIR I $ Des femmes majoritaires Les professions libérales changent de visage JACQUES ('.RENIER l.E DEVOIR La D" Jessica Murphy-Lavallée, radiologue au CHUM Notre-Dame.La présence des femmes dans les professions libérales, et en particulier dans le domaine médical, n’a pas fini de se faire sentir au Québec.Mont Orford : Boisclair s’insurge Une «commande politique», dit le chef du PQ LOUIS-GILLES FRAN CŒUR Le chef du Parti québécois, André Boisclair.a dénoncé hier la privatisation du mont Orford et sa soustraction du parc national du même nom, accusant le nouveau ministre du Développement durable, de l’Environnement et des l’aies (MDDEP), Claude Béchard, d’avoir tout simplement exécuté «une commande politique de Jean Charest».Qualifiant cette affaire de «décision précipitée», André Boisclair s’est étonné de ce que le remplaçant de Thomas Mulcair à la direction du MDDEP ait mis un terme aussi abrupt à un dossier où le gouvernement a été jusqu’ici incapable d’accoucher d’une solution consensuelle ou, mieux, d’une «proposition modèle pour le Québec» et les futurs dossiers placés sous le signe du développement durable.«Le développement durable, a déclaré l’ancien ministre de l’Environnement, ça se fuit à l’extérieur d'un parc!» Iji précipitation de Québec dans le dossier d’Or-ford, a laissé entendre André Boisclair, pourrait bien indiquer que le nouveau titulaire de l’Environnement a été nommé à cette fonction pour sa docilité à livrer la marchandise du premier ministre Charest.Toute la population du Québec sait maintenant, a laissé tomber André Boisclair, que le ministre «Bé-chard, c’est le >'s man" de Charest».«Le développement durable, ça se fait à l’extérieur d’un parc!» Même si les femmes québécoises sont plus nombreuses que les hommes à fréquenter les universités depuis le milieu des années 1980, elles n’occupent pas encore le haut du pavé dans la plupart des fiefs professionnels masculins, notamment en médecine, mais aussi en droit et en communication.Cependant, le changement ne saurait tarder.ALEXANDRE SHIELDS Inutile de remonter très loin dans l’histoire du Québec pour retrouver l’amalgame de notables qui exerçaient une grande influence sur la vie quotidienne, soit le notaire, l’avocat et le médecin.Tous trois étaient des hommes.Le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, se sou- vient d’ailleurs de l’époque pas si lointaine où il a prêté le serment d’Hippocrate, à la fin des années I960.«Il y avait trois femmes dans ma classe, sur un total de 125 étudiants.» Les choses ont toutefois bien changé et la médecine de demain sera une affaire de femmes au Québec.Selon une étude sur les effectifs médicaux réalisée par le Groupe de recherche interdisciplinaire en santé (GRIS) pour le Collège des médecins du Québec, elles représentent désormais 71 % des omnipraticiens et 56 % des spécialistes chez les médecins âgés de moins de 35 ans.Et d’ici «dix à quinze ans, il y aura beaucoup plus de femmes dans l’ensemble des effectifs de la profession», estime le Dr Lamontagne, ajoutant qu’elles comptent facilement pour «plus de 70 %» des médecins en devenir.Une progression remarquable, puisqu’il y a à peine trois décennies, les femmes y décrochaient une maigre proportion de 12 % des diplômes.VOIR PAGE A 4: FEMMES ¦ Entre désir d’autonomie et combat contre les préjugés, page A 4 VOIR PAGE A H: BOISCLAIR ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux en page A 6 ÉCONOMIE Allant se greffe à la fiducie de revenu de BCE ¦ À lire en page C 1 Loi spéciale Les procureurs de la Couronne contestent en justice BRIAN MYLES Les procureurs de la Couronne déclarent la guerre au gouvernement Charest, qui a commis Impair de les inclure dans la loi spéciale même si leur convention collective était toujours valide.D s’agit selon eux d’«N»i acte d’abus, une véritable duperie», qulls combattront jusqu'à leur dernier argument devant les tribunaux L’Association des substituts du procureur général du Québec (ASPGQ) conteste à son tour la loi 43, VOIR PAGE A 8: PROCUREURS INDEX Annonces — C 6 Avis publies .B 2 Bourse-C^ Carrières-C4 Culture.C8 Décès_______C 6 Économie — Cl Éditorial____A6 Idées________A7 Météo________B6 Monde.-.B 1 Mots croisés B2 Sudoku_______B 6 Télévision C7 La fin de la mondialisation.grosso modo John Saul, Vancien «prince consort», reprend la route pour présenter son dernier livre ANTOINE ROBITAILLE 1 écrivain John Saul * est heureux d’avoir retrouvé un petit peu de sa vie privée (20 %, estime-t-il), après six ans passés comme «prince consort» aux côtés de son épouse, la gouverneure générale Adrienne Clarkson.Une institution «étrange», admet-U sans épt-loguer, mais qui lui a permis de voir «le pays d’une façon presque inédite».Ça lui manque?«Oui, un peu, mais personne ne peut tenir un rythme de 950 événements par année pour l’éternité! Déjà, six ans, c’est long.» Sans doute pour se reposer de cette vie effrénée propre au couple vice-royal.il fait une tournée mondiale pour présenter son dernier opus, La Fin de la globalisation (Payot).Or, critiquer la mondialisation, de nos jours, n’est-ce pas un peu PATRICK DOYI-E PRESSE CANADIENNE John Saul défoncer des portes ouvertes?Qui y est ouvertement favorable, aujourd'hui, à part peut-être le chercheur suédois Johan Nopr-berg, venu au Québec en 2003, à l’invitation de l'Institut économique de Montréal, pour prononcer un discours au titre presque comique: Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste •Défonceur».Quand on le pique ainsi, John Saul semble un petit peu ébranlé à l'autre bout de la ligne (nous l’avons joint à Toronto lundi), mais il se contienL comme toujours, et reste charmant; charmeur.Maître de l’esquive, de la pensée «non linéaire».comme il le revendique: «Avec ce livre, je ne suis pas en train d’entrer dans le débat habituel sur la mondialisation entre les pour et les contre.Je suis en train de dire que, de toute manière, la globalisation, ça ne marche pas Ça ne remplit pas ses promesses.Et que c’est en train de mourir.» On notera la distinction: Saul ne s'attaque pas à la «mondialisation», mais bien à la «globalisation».Des femmes migrantes s’interrogent.h-rl* SfWÀTY-f)K Enfin chez soi?Krr ftt frm/rum cte vie et de rrugrotkin de Perla Serfaty-Garzon Bayard VOIR PAGE A 8: SAUL LE DEVOIR, LE MERCREDI 8 MARS 2006 A 2 LES ACTUALITES Produits du terroir Le projet de loi n’empêchera pas la mise en marché de faux produits régionaux FABIEN DEGLISE Pas encore adoptée, mais déjà contestée.La loi visant à protéger les produits agro-alimentaires régionaux, telle qu’actuellement envisagée par le gouvernement Charest, inquiète plusieurs acteurs du milieu de l’alimentation.Leurs craintes?Un manque de mordant et surtout la présence de nombreuses failles dans ce texte de loi en devenir, qui, loin d’aider les terroirs à émerger, risquent plutôt de leur faire de l’ombre.Pour le Conseil des appellations agro-alimentaires du Québec (CAAQ), qui fait depuis quelques années la police dans l’univers biologique, ce projet de Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants — c’est son nom — manque en effet d’efficacité.Il ne réussit pas à «protéger suffisamment [la] notoriété» des produits qui se préparent à être certifiés et il «ouvre également la porte à divers abus de la part d'entreprises souhaitant tirer profit rapidement de [cette] notoriété» en mettant sur le marché de faux produits à saveur régionale, indiquent les membres du conseil dans un mémoire présenté récemment à la commission parlementaire de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (CAPA).La CAPA a repris hier ses consultations sur ce projet de loi déposé par le ministre de l’Agriculture.Les produits transformés seraient les plus à même de tromper les consommateurs, fait remarquer le CAAQ, en raison d’une carence réglementaire touchant leur composition.Ainsi, dans ce vide, un transformateur pourrait facilement indiquer sur un emballage, en grosses lettres, la présence «d’agneau de Charlevoix» dans une saucisse qui n’en contiendrait que.2 %, jumelé à 98 % d'agneau de la Nouvelle-Zé-lande congelé, comme l’illustre l’organisme dans son document.Dans ce contexte, le Conseil appelle donc Québec à apporter les correctifs qui s’imposent, avec l’imposition de «seuils normatifs» en dessous desquels l’usage d'une appellation serait interdit.Du côté du bio, par exemple, 95 % d’ingrédients biologiques sont nécessaires pour qu’un produit soit certifié.Autre inquiétude Autre source d'inquiétude: l’abus de «termes ressemblants ou de diminutifs d’appellations réservées», susceptibles d’induire le consommateur en erreur sans que Québec ne puisse sévir, à en juger par la version actuelle du projet de loi, indique le CAAQ.Ces termes trompeurs pourraient d’ailleurs facilement passer à travers les mailles du filet en se cachant dans des «marques de commerce qui, juridiquement, relèvent du gouvernement fédéral», souligne Pierre-Alexandre Blouin, porte-parole de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).«De cette façon, une “confiture de terroir” pourrait être facilement vendue sans que son fabricant ne soit inquiété.» Cette atteinte à l'authenticité — un des critères recherchés par les amateurs de terroir et de produits régionaux — risque d’ailleurs d’être accentuée, estime la Filière biologique du Québec, par «le manque de traçabilité des produits régionaux transformés», juge Alain Rioux, secrétaire général de ce regroupement d’acteurs du bio.Avec une certification touchant, dans le cadre actuel, les producteurs seulement — et donc les matières premières ou les produits semi-transformés — plusieurs pans du secteur agro-alimentaire pourraient donc pervertir un produit artisanal, fermier ou même une appellation d’origine contrôlée, estime la Filière, qui appelle à la certification des «maillons autres que la production [.] comme moyen de contrôle pour le développement et la mi$e en marché de ce type de produits.» A Québec, les voix dissonantes au sujet du projet de loi 127 — c'est son numéro — sont accueillies avec philosophie au cabinet du ministre, qui va «tenir compte des remarques fiâtes pour le dépôt d’amendements», a précisé hier au Devoir André Ménard, por-te-parole du ministre Yvon Vallières.La nature de ces amendements n’a toutefois pas été précisée.Ce projet poursuit son évolution au sein de la CAPA jusqu’à demain, les membres en étudient actuellement le contenu article par article, le document devrait par la suite être présenté à l'Assemblée nationale pour approbation.La reprise de la session parlementaire est prévue le 14 mars prochain.Le Devoir Hôpitaux : les milliards n’ont pas suffit à réduire les listes d’attente Ottawa — Les gouvernements ont beau avoir injecté des milliards de dollars dans le système médical depuis les années 1990, les temps d’attente n’ont pas diminué.C’est le constat que fait l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) dans un rapport dévoilé hier sur les temps d’attente et les soins de santé au Canada.S’il fait état de quelques réussites ici et là, le rapport ne comporte guère d’exemples susceptibles d’indiquer que les sommes consacrées à la santé ces dernières années ont permis d’abréger l’attente pour les patients.•En général, les données des sondages nous disent que les Canadiens, quand on leur demande combien de temps ils attendent, nous donnent à peu près la même réponse en 2005 qu’en 2001», a déclaré Glenda Yeates, la présidente de l’organisme fédéral-provin-cial, en entrevue.Ce n’est pas que l’argent ait disparu: le volume des tests diagnostiques et des procédures considérées comme prioritaires s’est accru de manière spectaculaire, révèle l’étude.Au cours des cinq années précédant 2002-03, le nombre d’angioplasties (pour désobstruer les artères) et de pontages a crû de 51 %, le nombre de chirurgies de mise en place d’une prothèse aux articulations a progressé de 30 % et les interventions pour les cataractes ont augmenté de 32 %.Mais la demande de soins semble avoir augmenté tout autant, et pas seulement parce que la population vieillit Cette augmentation est nettement supérieure à ce que la démographie, à elle seule, expliquerait note le président de l’ICIS, Graham Scott Des recherches plus poussées sont requises pour comprendre le phénomène, mais, à son avis, les nouvelles technologies y jouent probablement un rôle.Si de nouveaux outils deviennent disponibles, comme l’imagerie par résonance magnétique, les médecins sont susceptibles de s’en servir.Si les techniques mie Horme obligatoire L JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nombre d’interventions augmente, mais celui des demandes de soins augmente tout autant.propres à une intervention chirurgicale donnée s’amé liorent alors la procédure deviendra plus populaire.Selon Steven Lewis, consultant en politiques de santé, le système de santé a une capacité d’absorption pratiquement illimitée des sommes qui lui sont dévolues.Le moindre dollar octroyé à la santé est assuré d’être dépensé, croit-il.Depuis la dernière décennie, la tendance est à l’utilisation de plus en plus grande de toutes sortes de services de santé.Par exemple, le recours à l’imagerie diagnostique a quadruplé au cours de cette période de temps, mais les avantages que cela apporte ne sont pas clairs.Est-ce vrajment plus efficace?demande-t-il.A son avis, il y a un débat qui ne s’est pas fait au Canada, et c’est de savoir si cette utilisation accrue est appropriée.«Je ne veux pas laisser entendre qu’une utilisation accrue n'est pas appropriée, mais je pense qu’on doit se poser la question.» L’Association canadienne des radiologistes calcule qu’il se dépense chaque année 500 millions de dollars en tests inutiles.L’étude indique que le Canada a du chemin à faire avant de pouvoir mesurer de façon uniforme les temps d’attente à travers le pays, parce que chaque province applique une méthode différente de collecte d’informations.Cela pourrait devenir un obstacle à la mise en place des garanties nationales sur les temps d’attente promise par le premier ministre Stephen Harper.Presse canadienne La CSN veut rencontrer Couillard pour éviter le décret MARTIN OUELLET Québec — Dans un effort ultime pour se soustraire au décret fixant leurs conditions de travail, les indiqués CSN du secteur de la santé exigent une rencontre avec le ministre de la Santé, Philippe Couillard.«Nous voulons établir le dialogue avec le ministre Couillard.C’est un médecin, il connaît notre milieu, mais je ne suis pas sûr qu’il est au fiait de tous les impacts négatifs de la loi spéciale», a dit hier le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Pierre Lamy, au cours d’un entretien accordé à la Presse canadienne.In loi 142, adoptée en décembre après l’échec des négociations avec les employés du secteur public, a des «effets désastreux» qui risquent de compromettre la qualité des soins offerte dans le réseau de la santé, a soutenu M.Lamy.«Le décret exclut tout ce qui se rapporte à la formation ou à la rétention du personnel, a-t-il dénoncé.Si les gens n 'ont pas accès à de la formation, cela risque d'entraîner des conséquences néfastes, directes ou indirectes, sur la qualité des services.» Pour accroître la pression sur le ministre de la Santé, la FSSS-CSN vient tout juste de lancer une campagne télévisée pressant M.Couillard de rencontrer les leaders syndicaux le 21 mars, pour une nouvelle ronde de.pourparlers.«S’il y a une réelle volonté de négocier de meilleures conditions de travail, on peut régler ça vite, a assuré M.Lamy.On ne remet même pas en question les salaires.» La FSSS-CSN, qui représente 105 000 salariés parmi lesquels des infirmières, des techniciennes de laboratoire, des travailleuses sociales et des employées de bureau, est encore dans tous ses états, deux mois après le coup de force législatif du gouvernement Charest D'ailleurs, les deux grandes centrales, CSN et FTQ, déposeront la semaine prochaine en Cour supérieure une requête en nullité, faisant valoir que la loi 142 contrevient à la liberté d’association garantie par la Charte des droite et libertés.«On nous a rentré dans la gorge une loi spéciale en dessous de tout.C’est une loi antisyndicale.On aurait dit qu’il y avait une volonté de nous “casser” de la part du gouvernement, un instinct de vengeance dirigé contre nos membres», a déclaré le président des syndiqués CSN de la santé.Compte tenu qu’il faudra attendre des mois, sinon des années, avant qu’une décision judiciaire soit rendue dans cette affaire, la CSN a jugé opportun de tenter un nouveau rapprochement avec M.Couillard.Toutefois, malgré les attentes de la CSN, le rendez-vous n'aura pas lieu, a fait savoir le cabinet du ministre de la Santé.«La rencontre de la dernière chance avec le ministre a eu lieu en décembre, a dit la porte-parole de M.Couillard, Isabelle Merizzi.La CSN a eu sa chance de régler [le dossier], comme l’ont fait les infirmières de la FIIQ et des syndiqués de la FTQ, mais elle a refusé.Pour nous, le décret va continuer de s’appliquer.» Presse canadienne Pour mieux combattre le cholestérol Toronto — Les spécialistes savaient déjà que certains aliments, comme le son d’avoine, pouvaient contribuer à réduire le taux de mauvais cholestérol dans le sang, mais selon une nouvelle étude effectuée au Canada, on peut faire encore beaucoup mieux en combinant divers aliments dans sa diète.En fait, pour certaines personnes qui ont un taux élevé de mauvais cholestérol, le LDL, et qui sont à risque de développer des maladies cardiaques, la bonne combinaison d’aliments est aussi efficace que les médicamente prescrits pour combattre le cholestérol, soutient le D' David Jenkins, professeur de nutrition à l’Université de Toronto.La?D' Jenkins affinne que chez le tiers des per- sonnes qui ont consommé une combinaison d’aliments spécifiques, la réduction de LDL a atteint plus de 20 %, un résultat équivalent à un groupe étudié auparavant et qui était traité au médicament Lovastatin, précise-t-il.La combinaison d'aliments permettant de réduire le LDL comptait des amendes, des protéines de soya, de la margarine à haute teneur en stérol végétal, et des fibres «collantes» qu'on retrouve dans le son d'avoine, l’okra, l'orge et l’aubergine.L'étude est publiée aujourd’hui dans le American Journal of Clinical Nutrition.Presse canadienne Le prix Claire-Bonenfant disparaît en douce NORMAN DELISLE T'A uébec — Le prix qui honorait la grande féministe vv Claire Bonenfant ne sera pas remis cette année.La nouvelle est tombée la veille même du 8 mars, Journée internationale de la femme.Très discrètement, la ministre de l’Immigration, lise Thériault, a annoncé que son ministère ne prendra plus la responsabilité de remettre ce prix.Cette décision a été annoncée dans une lettre personnelle adressée le 2 décembre dernier par la ministre Lise Thériault à l’une des filles de Mme Bonenfant Odile Pouliot La ministre Thériault explique que le prix, qui visait à faire la promotion des valeurs démocratiques, ne relève pas de la mission de son ministère de l’Immigration.Elle espère que d’autres ministères ou organismes prendront la relève sous peu pour gérer ce prix.Le prix avait été créé en 1997 pour féliciter une personne ou un groupe ayant fait la promotion des valeurs démocratiques et de la participation citoyenne.L’an dernier, Jean-Pierre Denis, fondateur du Club 2/3 Inc., s’était vu remettre le prix individuel Deux mouvements avaient obtenu le prix de groupe sur un pied d’égalité, soit l’Institut du nouveau monde et l’Union paysanne.Le site Internet du ministère de l’Immigration contient d’ailleurs des photographies d’une ministre Lise Thériault rayonnante, en train de remettre le prix aux lauréate.Claire Bonenfant, décédée en 1996, a marqué le monde du féminisme québécois.Elle a été notamment présidente du Conseil du statut de la femme du Québec et est à l’origine de la politique québécoise en matière de condition féminine.Elle avait été décorée de l’Ordre national du Québec en 1991.Odile PoulioL fille de Mme Bonenfant a rappelé que la suspension de la remise du prix avait été Me sans considération pour la famille, qui avait pourtant été consultée lors de la création de cette décoration.«Le gouvernement Charest se montre irrespectueux de la mémoire de cette femme engagée», a dit Mme Pouliot L’opposition péquiste a également dénoncé la décision gouvernementale, la veille même du 8 mars.•Mme Bonenfant était un modèle tel que le gouvernement avait cru bon de nommer un prix en son honneur.Le gouvernement Charest a offensé la mémoire de Mme Bonenfant», a déclaré Agnès Maltais.Presse canadienne Régit’ des rentes du Québec Place aux femmes ! Rarce que pour les femmes, la planification financière de la retraite, c'est différent ! www.rrq.gouv.qc.ca Régie des rentes Québec i a LE DEVOIR.LE MERCREDI 8 MARS 2 0 0 6 A 3 POUTIQIJE § PERSPECTIVES Shapiro sur la sellette Décidément, le poste de commissaire à l’éthique prend des allures de siège éjectable.maculé.Après Howard Wilson, dont la docilité envers le premier ministre a contribué à discréditer la fonction, c’est au tour de Bernard Shapiro de voir sa réputation salie par son passage au controversé poste.Le gouvernement conservateur cherche ouvertement un remplaçant, le premier ministre Stephen Harper estimant que Pex-recteur de l’université McGill a fait preuve de partialité.Le problème vient-il du titulaire ou du titre?On croyait le problème réglé.En 2004, après avoir traité Howard Wilson de tous les noms, dont ceux de *chien de manchon», les députés fédéraux obtenaient enfin ce dont ils rêvaient le droit de se prononcer sur la nomination de leur nouveau commissaire à l’éthique, un commissaire qui de surcroît serait indépendant du premier ministre.Les derniers événements démontrent que le problème réside peut-être ailleurs.Lorsqu’il a pris la relève, Bernard Shapiro jouissait d’une excellente réputation et du respect de ses pairs dans le milieu uni-versitaire.Deux ans plus tard, le voici accusé de partisanerie par le premier ministre lui-même et de manque de jugement par des députés.Au moment de sa nomination, M.Shapiro s’était déclaré conscient du risque de salissage que comportait ce poste.D avait promis de défendre avec «férocité» son indépendance.On attend encore de voir la couleur de ses dents.Hélène Buzietti ?L’ex-chef néo-démocrate, le charismatique Ed Broadbent, le confirme: il a été approché par l’équipe Harper pour devenir le prochain commissaire à l’éthique du Parlement fédéral.«J’ai indiqué que je n’étais pas intéressé à ce moment-ci.Je suis à la retraite!», a-t-il déclaré au Devoir.Le très populaire M.Broadbent s’était démarqué lors de la dernière législature en présentant un ensemble de propositions pour améliorer l’éthique parlementaire à Ottawa.C’est pour cette raison que les conservateurs ont pensé à lui.Mais le fait en soi que M.Harper cherche activement un nouveau titulaire pour ce poste, alors que le contrat de M.Shapiro ne se termine qu’en mai 2009, témoigne de son état d’esprit Le premier ministre ne digère pas que M.Shapiro ait décidé la semaine dernière de mener une enquête «préliminaire» sur lui et sur l’ex-ministre libéral devenu conservateur David Emerson relativement à la défection de ce dernier.Difficile d’en savoir davantage pour le moment Comme chaque fois, le bureau du commissaire se réfugie derrière la confidentialité de ses rapports avec les élus concernés pour ne pas expliquer la logique derrière sa décision.Au bureau de M.Harper, on ne décolère pas.«Le premier ministre a le droit de nommer qui il veut à son cabinet, c’est sa prérogative», martèle-t-on.«Offrir un poste au cabinet ne constitue pas un pot-devin.» On estime que le code de conduite des députés vise à éviter qu’une entreprise, par exemple, offre de l’argent à un député pour le persuader de voter contre un projet de toi qui serait nuisible à son commerce ou encore qu’une formation politique marchande le vote des députés d’autres formations en échange de faveurs personnelles.M.Shapiro est d'autant plus difficile à suivre qu’il n’a pas ouvert d’enquête similaire dans le cas de Belinda Stronach lorsque celle-ci a été invitée à siéger au cabinet libéral et ainsi fait gagner de justesse un vote de confiance à la Chambre des communes.(C’est sans compter les sept autres défections au profit du Parti libéral entre 2(XX) et 2004, qui n’ont jamais fait l’objet d’une enquête du commissaire Wilson.) Autre apparente incohérence: M.Shapiro a refusé de se pencher sur le cas du libéral Tony Valeri pendant la campagne électorale sous prétexte qu’il n’avait pas l’autorité de le faire puisque, «entre la dissolution du S# Parlement et le début du 39, les députés cessent constitutionnellement d’être des membres du Parlement».Or la défection de M.Emerson a eu lieu deux bons mois avant le retour du nouveau Parlement, qui officiellement débute avec l’élection du président de la Chambre.En outre, dans son rapport sur l'affaire Gurmant Grewal, ce député conservateur qui avait enregistré ses conversations avec le ministre libéral Ujjal Do-sanjh portant sur une possible défection, M.Shapiro n'a eu de blâme que pour le conservateur.?Trois exemples parmi d’autres qui font dire à Ed Broadbent que M.Shapiro «a fait preuve de mauvais jugement».M.Broadbent dans ses propositions sur l'éthique, recommandait que la pratique de transfuge ne soit plus permise à la Chambre des communes.Au mieux, un député devrait d’abord devenir indépendant puis démissionner pour provoquer une élection partielle à laquelle il se présenterait sous sa nouvelle bannière.«Si je croyais qu'on pouvait interdire cette pratique avec le code de conduite actuel, je n’aurais pas fait cette proposition, analyse M.Broadbent Le code dans sa forme actuelle ne permet pas de condamner un député qui s’y adonne.» M.Harper a fait savoir par son équipe que M.Shapiro resterait en poste jusqu'au dépôt de son rapport sur la question.Mais après, il devra partir.«On veut un commissaire redevable au Parlement et qui n'est pas partisan».expBque-t-on dans son entourage.L’équipe conservatrice veut profiter du renouvellement de la fonction pour y placer un nouveau titulaire.Peut-être faudrait-il songer à préciser le libellé du code de conduite.«Le député ne peut, dans l'exercice de ses jonctions parlementaires, agir de façon à favoriser ses intérêts personnels», stipule le code, qui ajoute que le député ne peut pas non phis préoalotr de sa charge pour influencer la décision d’une autre personne de façon à favoriser ses intérêts personnels».U s’agit de déclarations tellement larges qu’elles ouvrent la porte toute grande à l’interprétation.Et plus rinter-prétation est possible, plus les allégeances persoo-neDes risquent de teinter le processus.CHRIS WATT1E REUTERS Après une première rencontre à Ottawa, Stephen Harper et Jean Charest se retrouveront aujourd’hui a Québec.Stephen Harper rencontre Jean Charest à Québec Garderies : pas d’entente particulière pour le Québec HÉLÈNE BUZZETTl Ottawa — D n’y aura vraisemblablement pas d’entente transitoire entre Québec et Ottawa pour dédommager la prorince pour l’annulation du programme fédéral de garderies.Le litige devra se régler dans le cadre plus large des discussions sur le déséquüibre fiscaL a appris Le Devoir.L’entourage de Stephen Harper rejette la possibilité qu’Ottawa verse une somme forfaitaire à Québec pour remplacer une partie des transferts fédéraux perdus à la suite de l’annulation de l’entente fédérale-povindale sur les garderies.Avec la fin précipitée de cette entente, ce sont 807 millions que Québec ne touchera pas comme prévu entre 2007 et 2010.Une situation qui n’émeut personne au bureau de M.Harper.«De toute manière, ça n’allait même pas dans les garderies», rappelle une source au Devoir.«Le programme de garderies au Québec existait bien avant les cinq milliards en cinq ans promis par Ottawa.» Puisque le Québec dépense déjà près de 1,5 milliard de dollars pour financer ses 200 000 places en centres de la petite enfance, le gouvernement Charest n’avait pas caché que l’argent servirait à d’autres fins.Il espérait quand même récupérer les 807 millions qui lui échapperont désormais.Or, poursuit la même source, «il n’y aura pas de lump sum’ [somme forfaitaire] de versée.Ce n'est pas dans les cartes.[.] Les 800 millions que Québec dit qu'il perd.on reporte cela au déséquilibre fiscal.Ça fera seulement une plus grosse solution.• Stephen Harper rencontrera aujourd’hui pour la deuxième fois depuis son accession au poste de premier ministre son homologue Jean Charest à Québec cette fois.Le sujet des garderies et celui du désé- quilibre fiscal devraient figurer au menu de la rencontre de travail d’environ deux heures.Du côté de Québec, on se réjouissait de cette visite à domicile.«Ça fait belle lurette qu’un premier ministre fédéral ne s'était pas déplacé pour venir nous rencontrer à Québec.Ça envoie un message qui est fart et on en est bien heureux», commente l’attaché de presse de M.Charest Hugo D’Amours.Les garderies reviennent hanter les relations fédé-rales-provinciales, le gouvernement conservateur ayant annulé comme promis le tout nouveau programme fédéral libéral —- par lequel Ottawa allait verser cinq milliards en cinq ans aux provinces pour qu’elles créent des places — pour le remplacer par une allocation directe aux familles de 1200 $ par enfant par année, allocation devant débuter cet été.Jean Charest avait déjà évoqué la possibilité, lors de son passage à Ottawa il y a deux semaines, de régler ce dossier par celui du déséquilibre fiscal.«S’attaquer à l’éducation postsecondaire, c’est s'attaquer au déséquilibre fiscal.S’attaquer aux garderies, c'est s’attaquer au déséquilibre fiscal», avait-il déclaré, la possibilité de combiner garderies et déséquilibre fiscal avait également été évoquée par deux ministres québécois fédéraux, Maxime Bernier et Jean-Pierre Blackburn, mais c’est la première fois que l’entourage de M.Harper se commet sur le sujet On se montre même très optimiste quant à un règlement si rapide de la question que les provinces ne verraient pas d’interruption dans leurs transferts fédéraux.«L’entente sur les garderies ne cessera qu'au 31 mars 2007.Ça nous donne plus qu'un an.Il n'est pas dit qu'on n'aura pas réglé ça d’ici là!» Le Devoir Guerre à finir entre Harper et Shapiro SYLVAIN LAROCQUE Bernard Shapiro Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper n’a rien dit hier, pour dissiper l’atmosphère de guerre ouverte qui règne entre lui et to commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, au sujet de l'entrée de l'ancien libéral David Emerson dans son cabinet.«Le pouvoir de faire des nominations au cabinet appartient au premier ministre, qui occupe le plus important poste élu au Canada», a martelé M.Harper lors d’une conférence de presse tenue à Ottawa, à l’issue d’une réunion de son cabinet.«O premier ministre n ’a aucunement l'intention de céder cette prérogative à quelque fanction-naire que ce soit, a-t-il ajouté.J’ai communiqué ce point de vue au commissaire à l’éthique.» Vendredi dernier, M.Shapiro a annoncé qu’il lançait une «enquête préliminaire» au sujet de la défection de M.Emerson.Le commissaire se demande si le député a accepté de changer d'allégeance pour la seule raison qu'on lui octroyait un bénéfice personnel, c’est-à-dire un poste de ministre.Hier, M.Harper n’a pas répondu au journaliste qui lui a demandé s'il était prêt à accorder sa confiance à Bernard Shapiro.Sa directrice des communications, Sandra Buckler, a déjà indiqué que le premier ministre «répugnait à accepter de collaborer avec une personne dont la capacité à prendre des décisions a été remise en question et qui s’est placée en situation d’outrage à la Chambre des communes».En fait, le chef conservateur est à ce point à couteaux tirés avec M.Shapiro qu'il a songé à le remplacer.Stephen Harper a en effet admis, hier, qu'il avait offert le poste à l’ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent.Ce dernier l’a refusé à cause de la maladie de son épouse.C’est tout juste si le premier ministre n’a pas demandé ouvertement à Bernard Shapiro de démissionner.«Il connaît notre position, a lâché M.Harper.La balle est maintenant dans sa cour» Deux poids, deux mesures?M.Harper n’a jamais accepté que le commissaire à l’éthique n’ait pas sévi dans une affaire d’enregistrements secrets impliquant le chef de cabinet de l'ancien premier ministre Paul Martin.[.es conservateurs sont aussi frustrés de voir que M.Shapiro enquête sur M.Emerson, alors qu’il était resté coi lorsque l’ex-conservatriee Belinda Stronach a fait défection pour se joindre aux libéraux, le printemps dernier.Hier, David Emerson a précisé avoir dit au commissaire que, à son avis, il n'a pas reçu d’incitatif pour changer de parti.Du même souffle, il a toutefois reconnu que le |>oste de ministre l’avait influencé dans sa prise de décision.Stephen Harper souhaite vraisemblablement que le commissaire démissionne lui-même, ce qui lui éviterait une controverse et un possible débat juridique sur l'indemnité de départ à verser.L’opposition ne manquerait pas de dépeindre un congédiement comme une façon de mettre fin à une enquête embarrassante.En dépit de ces tractations, Bernard Shapiro, ancien recteur de l’université McGill, semble vouloir rester en poste.«L’enquête suit sim cours», a indiqué le porte-|)arole de M.Shapiro, Jonathan Choquette.« Vous pouvez tirer vos propres conclusions de cela.» De toute façon, le commissaire à l’éthique relève de la Chambre des communes, de sorte que le premier ministre ne peut, à lui seul, le destituer.Presse canadienne Michel LÉVESQUE CELEBRITES coifactien otesriBAtsue RENÉ LÉVESQUE $4iuges-10.9St (514)843-5991 i si le vous il tien compris, «eus êtes en train de me dire : "à la prochaine lois!"» tn uente uns mutes les iiBratnes Les Grandes Conférences de rinSTITUT DU DOUUEfHJ monoe et de BIBLIOTHÈQUE ET BRCHIUES DflTIOnHLESDU QUÉBEC I (Xi en est le rrKxwement altemwnclafete les Forums sociaux mondaux de Bamako et Caracas?UjMKS9mmà17h30 ENTRÉE UBRE Audimm de b Gmndc BèhXh*que 475, bout De Maaonrmut* Est, Montréal ÎMévc Bem-LOAM) Bàbtsdisponbbe des ISh à b Boutique près de rentrée Québec i .j*.rÂcw®*" I >Aa oîtfoViol Won P' Linda FIÎZMnUCX • Sylvia MONETTE • Debbie MYLES • Chantal ST-PIERRE MA MATERNELLE.MON PORTFOLIO! Catien d'activités * Je sels cieatii * oui teis-ie ?Cahiers d'tMtès 132 p )-5,50 i chacun FfanCitt 111111 GuiiiTaccoiTVUtnermntpStp)-173.751 | || ¦Itirillll SIS R! Le* edition* LA PfNSFf (514)848-9042 (n vente Uns toutes les tmrairies If STE-HÉLÈNE, UNE ENVELOPPE PATRIMONIAl I \~.Ue 4/ ail â Le Devoir UN INTfrRIf UR EPURf LE DEVOIR, LE MERCREDI 8 MARS 2006 A 4 DOSSIER Avant d’aller travailler, maman va conduire bébé à la garderie.Elle ira l’y chercher à la fin de sa journée de travail.avant d’en commencer une autre à la maison.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les femmes à Tuniversité Entre désir d’autonomie et combat contre les préjugés ALEXANDRE SHIELDS Si les femmes sont en voie d’être majoritaires parmi les professionnels de plusieurs domaines, c’est non seulement parce quelles obtiennent de meilleurs résultats scolaires, mais aussi parce qu’elles arrivent à passer outre aux stéréotypes sexuels liés aux choix de carrière qui perdurent dans la société québécoise.Leur désir d’acquérir davantage d’autonomie se heurte pourtant bien souvent à celui de fonder une famille.I-i coordonnatrice du Comité aviseur Femmes en développement de la main-d’œuvre, Carole Lejeune, explique que, «statistiquement'», celles qui •luttent contre les préjugés réussissent mieux».Fait intéressant, «le degré de distanciation des jeunes face aux stéréotypes sexuels influencerait leur réussite scolaire ainsi que la diversification de leurs choix deformation et de carrière.lx> réussite et la persévérance scolaires des foies découleraient de leur volonté de s'éloigner des stéréotypes traditionnels féminins», selon une étude du ministère du Développement économique et régional et de la Recherche intitulée «Bilan de la progression des Québécoises en sciences et en technologies de 1993 à 2003».L’enquête met aussi en lumière le rôle primordial des mères dans ce processus de distanciation et, par le fait même, dans la réussite scolaire et la diversification des choix de carrière.Autonomie et éducation Mme Lejeune juge par ailleurs que les femmes «ont vite compris que l’autonomie passait par l’éducation».Elle ajoute que «les hommes ont moins de difficulté à se trouver un emploi s’ils sont moins scolarisés.Mais les femmes, si elles n'ont pas une 5’ secondaire, vont travailler en usine toute leur vie.Elles font donc des études non seulement pour se réaliser comme personne, mais aussi pour avoir une plus grande autonomie financière».De plus, «avec l'arrivée du féminisme moderne, elles ont pu investir davantage le milieu du travail», rappelle Mme Lejeune.«Au début, les femmes sans enfant étaient celles qui investissaient le milieu du travail.Mais maintenant, on remarque que même les femmes qui ont des enfants de moins de six ans, donc en âge préscolaire, travaillent de plus en plus.» Celles qui ont des enfants en âge préscolaire travaillent en effet plus qu'avant.Entre 1976 et 2tX)4, le taux d'activité des femmes ayant des enfants, en couple ou non, est passé de 30 à 78 %.Mais Mme Lejeune estime quelles en paient souvent le prix.«Elles sont surchargées, en raison de la difficulté de concilier travail et famille.Au Québec, les femmes font souvent deux fois plus de tâches ménagères que les hommes.» Selon une étude du Comité aviseur Femmes en développement de la main-d'œuvre, celles qui ont des enfants de 5 à 19 ans consacrent deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques.«Elles accèdent donc moins aux postes de direction, note-t-elle.Elles progressent moins vite parce qu ’elles consacrent plus de temps à leur famille.» Les femmes seraient en effet préoccupées, dès leurs études, par les compromis à faire entre leur vie professionnelle et leurs obligations familiales.«Elles craignent de s’engager dans un domaine où la disponibilité et l’engagement inconditionnel semblent être des facteurs nécessaires à la réussite», fait d’ailleurs valoir l'étude du ministère du Développement économique et régional et de la Recherche.Ce phénomène, qui vaut pour la majorité des formations universitaires, influencerait d'ailleurs très tôt leurs projets d’ordre professionnel, bien que ceux-ci soient encore vagues et abstraits, selon cette même étude.«Les garçons, pour leur part, considéreraient le travail comme un élément central de leur vie et tiendraient peu compte des aspects relatifs à la vie familiale dans leurs choix de formation et de carrière», souligne le document.Le Devoir Les femmes québécoises représentent en moyenne 60 % des étudiants au baccalauréat, un toux qui a progressé de 5 % depuis le début des années 1990.Elles réussissent également mieux que les hommes dans les programmes de premier cycle, et ce, en moins de temps.A la maîtrise, les deux sexes enregistrent un toux de fréquentation global de 8,5 %, mais celui-ci devrait normalement s’accroître en faveur des femmes, en raison de leur forte présence au baccalauréat Déjà, chez les moins de 30 ans, les femmes devancent les hommes.Au doctorat, ces derniers sont actuellement à peine plus nombreux.Le portrait est sensiblement différent à l’échelle canadienne, puisque les femmes comptent présentement pour 52 % des étudiants au baccalauréat 44 % à la maîtrise et à peine 27 % au doctorat Dans l’ensemble de la population active du pays, 15 % des femmes possédaient un diplôme universitaire en 2001, contre 16 % des hommes, selon une étude de Statistique Canada publiée hier.Elles ont toutefois connu une progression importante depuis 1971, alors qu’à peine 3 % d'entre elles détenaient un tel diplôme.Par ailleurs, dans certaines universités québécoises, les femmes dament même le pion aux hommes en science politique.Traditionnellement attirées par les sciences humaines et les sciences sociales, elles sont majoritaires en anthropologie, en criminologie et en sociologie.Les femmes se rapprochent également des hommes en administration des affaires, mais elles dominent déjà en comptabilité et en sciences comptables.Elles suivent aussi en plus grand nombre une formation en gestion du personnel, en gestion des services de santé et en relations industrielles.Le Devoir Au Québec, les femmes font souvent deux fois plus de tâches ménagères que les hommes FEMMES SUITE DE LA PAGE 1 •Cette tendance va se poursuivre au cours des prochaines années, puisque le pourcentage des femmes admises en médecine est bien supérieur à celui des hommes», souligne par ailleurs l’enquête du GRIS.Les nouvelles cohortes fraîchement sorties des universités, permettent d’ailleurs de confirma' cette tendance.A l’université Laval, les femmes représentent le double des diplômées depuis l’an 2tXX).En 2005, 96 d’entre elles ont complète leur parcours, contre 43 hommes.Et le phénomène est similaire à l'Université de Montréal, à l'université McGill et à l’Université de Sherbrooke.S’il ne «'doute pas la «féminisation» de ta profession médicale, le président du Collège' des médecins souligne toutefois que les femmes boudent davantage certaines spécialités, notamment fa chirurgie générale ou fa neunx'hirurgie.en raison de l'incompatibilité des horain's de travail avec leur vie personnelle.Cette présence féminine grandissante pourrait cependant ' permettre de donner un fa sage phis -humaniste» à la pratique médicale, selon le D’ Lamontagne.La coordonnatrice du Comité aviseur Femmes en développement de 1a main-d’œuvre.Carole Lejeune, estime quant à elle que k»s femmes ont «une meilleure écoute de leurs patients» en raison de •leur approche plus humaine».Les exemples ne manquent pas Si l’exemple de la médecine est probant, les hommes se font progressivement damer k' pion dans bon nombre de professions qu’ils accaparaient auparavant.A l’instar de celle du médecin, l’image du pharmacien aux traits strictement masculins serait aussi condamnée à brève échéance.Le nombre des nouveaux permis émis par l’Ordre des pharmaciens du Québec se chiffrait en 2004 à 220 pour les femmes, confit' seulement 60 pour fes hommes.L’organisme prévoit d’ailleurs «une féminisation encore plus grande de l'effectif professionnel, qui se situe actuellement à 60 %».Une pn>gn.'ssion notable depuis trois décennies, alors que moins de 30 % des diplômes dans le domaine étaient décernés à des femmes en 1970.Elles sont également majoritaires en chiropratique, en ergotherapie, en orthophonie, en audiologie et en physiothérapie.Leur persévérance scolaire leur permet aussi de dominer en médecine vétérinaire, en optométrie et en mkrobiologie.45 % de femmes au Barreau La progression féminine dans les emplois «non traditionnels» se fait par ailleurs pleinement sentir dans les couloirs des palais de justice.«En 1982.18 % des membres du Barreau étaient des femmes.En juillet 2005, elles représentaient 45 % des membres», explique fa pn-sidente du Comité sur les femmes du Barreau.Line Samoisette.Elle ajoute que, «pour les avocats ayant moins de 15 ans de pratique, les femmes représentent 63 % des effectifs», un taux comparable à celui observe à Timiversité.Et selon Mme Samoisette, «si la tendance se maintient, le nombre de femmes va dépasser le nombre d'hommes d'ici quelques années à peine*.Une belle victoire, puisque même si le Barreau existe depuis 150 ans, fa première femme admise y a fait son entree seufentent en 1946.«L’arrivée des femmes a change bien des choses au sein du Barreau, mais aussi dans les bureaux d'avocats».souligne Mme Samoisette.Parmi ces change-ments.elle note fa conciliation travail-famille.«Anaaf.comme il y avait peu de femmes dans la profession, elles s 'adaptaient tant bien que mal à l ’organisatüm en place.Mais les jeunes avocates veulent davantage ‘d'équilibre’, donc une meilleure intégration du travail dans leur vie personnelle, des heures plus flexibles, etc.» D’autres domaines autrefois réservés $ux hommes prennent aussi un nouveau visage.A la Chambre des notaires du Québec, on observe une progression féminine constante, et elles sont presque à parité avec leurs confrères.Dans le domaine des communications, plus des deux tiers des étudiants sont en fait des étudiantes.A la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, les hommes représentent encore 61 % des membres, confie 39 % pour leurs collègues feminines.Mais les choses changent rapidement.Les femmes ont vu leur nombre s’accroître de 17,4 % entre 1991 et 2001.annee du dernier recensement Au cours de fa même période, les effectifs masculins ont diminué de 3.7 %.Et les programmes de journalisme comptent désormais phis de 70 % de femmes.L’architecte québécois de demain sera également une femme, puisqu'elles sont déjà phis nombreuses parmi les membres de l’Ordre des architectes qui sont âgés de moins de 35 ans.Elles connaissent aussi une progression dix fois phis importante que leurs collègues masculins chez les designers d’inferieur, selon Statistique Canada, un phénomène qui se reflète dans fa plupart des professions dites «culturelles».Les effectifs féminins accusent cependant un retard important dans les programme de genie, mais aussi de sciences physiques, de mathématiques et de sciences appliquées.La proportion qu'elles occupent est toutefois en progression constante depuis une décennie.L’équité salariale est encore loin Maigre l’ascension soutenue du nombre de femmes dans plusieurs domaines, le problème de l'équité salariale demeure entier.«Les avocates salariées sont moins bien payées que leurs confrères masculins, souligne Mme Samoisette.L'equfobre n ’est pas encore atteint parce que.au cours des 20 dernières années, c’est l'élément qui a été le moins important dans les questions traitées» L’écart dans fa rémunération entre les hommes et les femmes détenant un diplôme universitaire est d ailleurs confirmé par les données d’une étude récente de La Relance à Tuniveraté.un organisme du ministère de l'Education.Le document explique que les bachelières qui ont un emploi salarié à temps plein reçoivent un salaire hebdomadaire brut moyen inférieur à celui des hommes, soit 723 $, par rapport à 828 $.A fa maitrise, fa différence se chiffre à 212 $ par semaine.Et cette tendance «ne se dément pas au cours des années», selon l'étude.C est d ailleurs un dossier prioritaire pour les avocates.«Comme partout, il y a des mentalités à changer.Il existe parfois un 'plafond de verre’pour les femmes», explique Mme Samoisette, en référence au fait que les professionnelles peuvent difficilement accéder à des postes de direction.Et tant qu’il ne sera pas •courant de voir des femmes à la tête des bureaux d’avocats», le problème de 1 écart salarial demeurera inextricable.Paradoxalement celles qui accèdent actuellement à des postes de direction se retrouvent souvent dans des domaines qui offrent peu de pouvoir, comme en administration ou en gestion du personnel selon Marie-Thé-rese Chkha.professeure à l'Ecole de relations industrielles de 11 niversite de Montréal Une observation confirmée par la cinquième édition de l'étude Femmes au Canada publiée hier par Statistique Canada De phis, le cheminement de carrière des femmes.«qui est souvent ponctué d'interruptions pour des raisons fom thaïes, ne correspond pas à l’idéal d’une trajectoire linéaire», selon le Comité aviseur.Cela retorde et entrave même, dans certains cas.leurs possibilités d'avancement Le Devoir » M A R S ACTUALITES Les soldats resteront en Afghanistan, dit Harper SYLVAIN LAROCQUE Ottawa — Stephen Harper a dit comprendre les inquiétudes de la population à l’égard de la mission canadienne en Afghanistan, hier, mais il est demeuré ferme: pas question pour lui de prendre ses décisions dans ce domaine en fonction «des sondages».Du même souffle, le premier ministre a reconnu l’importance de justifier, auprès du grand public, le rôle des troupes canadiennes dans ce pays.«C'est nécessaire que nous continuions à l’expliquer [la mission], mais ce gouvernement, ce premier ministre, n’a pas l’intention de prendre des décisions par les sondages sur des questions aussi importantes», a déclaré M.Harper lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une réunion de son cabinet Un récent sondage a révélé que 62 % des Canadiens s'opposaient au déploiement en Afghanistan et que 70 % d’entre eux souhaitaient un débat sur le sujet aux Communes.L’inquiétude de l’opinion publique s’est accrue, la semaine dernière, avec la mort des soldats James Davis et Timothy Wilson survenue dans un accident de la route.Puis, cette fin de semaine, le soldat Trevor Greene a été grièvement blessé à la tête à la suite d’une sauvage attaque à la hache.Le Canada dirige, depuis la se- maine dernière, la mission internationale dans la région de Kandahar, le fief des insurgés talibans.Quelque 2200 soldats canadiens prennent part à l’effort multilatéral, qui compte 6000 militaires.Le quotidien Toronto Star a révélé hier que les Forces armées préparaient une offensive de relations publiques afin de convaincre la population du bien-fondé de la mission afghane.Stephen Harper a répété hier qu’il était défavorable à un vote parlementaire sur le déploiement, comme l’avait exprimé la veille son ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.«Ce n’est pas l’intention de ce gouvernement de remettre en question cette mission quand nos troupes sont en danger, a déclaré M.Harper.Un tel débat [.] va affaiblir nos troupes et [risquerait de] mettre nos troupes davantage en danger.» Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique réclament la tenue d’un vote en Chambre.«Je comprends les frustrations du Bloc, a indiqué le premier ministre.Peut-être [que] l’ancien gouvernement aurait dû avoir un vote sur cette mission (.], mais on ne peut pas changer d'opinion quand les troupes sont en danger.» Presse canadienne Port de Montréal Les camionneurs sikhs refusent de porter un casque protecteur JEANNE CORRIVEAU Les camionneurs sikhs coiffés d'un turban qui fréquentent le port de Montréal refusent de se plier aux nouvelles normes de sécurité des autorités portuaires les obligeant à porter un casque protecteur sur le site.Ils souhaitent conclure une entente avec les autorités portuaires afin de ne pas avoir à se plier à ces contraintes, estimant qu’ils ne sont pas exposés à un danger qui nécessite une telle mesure de sécurité.Depuis juillet dernier, les dirigeants du port de Montréal demandent à tous les travailleurs de porter un casque protecteur sur le site, et les camionneurs sikhs qui assurent le transport des marchandises ne sont pas épargnés par cette mesure.Mais, pour eux, délaisser le turban constitue une atteinte à leur liberté de religion.Cette mesure a été adoptée par tous les exploitants de terminaux portuaires au Canada, qui doivent se conformer au Code canadien sur le travail et aux modifications apportées au Code criminel canadien à l'automne 2004, explique France Poulin, porte-parole des autorités portuaires de Montréal.«Le port du casque est nécessaire pour protéger les travailleurs des risques de blessures à la tête», fait-elle valoir.La communauté sikhe est toutefois d’avis que les camionneurs, qui n'ont pas à descendre de leur camion lorsqu’ils se rendent au port, ne devraient pas avoir à se plier à ces mesures de sécurité.•Après la victoire obtenue par le jeune Gurbaj Singh Muhani.la semaine dernière, dans le dossier du port du kirpan à l’école, la communauté sikhe pourrait être tentée de s’adresser aux tribunaux pour régler son différend avec le port.Charanjit Singh Padda, président du Temple Guru Nanak Darbar.dans l’arrondissement de LaSalle, rejette toutefois cette possibilité.«On n ’est pas rendu à ce point-là.Ce Par un collectif d’auteures Sous la direction de Christine TOUZIN CLAC-SONS Collection de musique pour tout le primaire rur riisaliieneat II la ¦asiaaa faes las ieaias 20 2( problème ne date pas d’hier, mais de l’été dernier, et il existe dans tous les ports au Canada», dit-il.La bataille contre le port du casque est d’ailleurs pilotée par le Syndicat des débardeurs du port de Montréal, qui conteste l’application systématique des nouvelles mesures de sécurité à l'ensemble des employés sans distinction pour les tâches qu’ils accomplissent, ce qui serait contraire aux recommandations du Conseil canadien des relations industrielles.«On a entrepris des discussions avec le port et le syndicat des débardeurs, et celui-ci a fait des recommandations à l’employeur en lui disant qu’à certains endroits le port du casque n’était pas nécessaire, explique M.Padda.Si les recommandations du syndicat sont acceptées, ça ferait notre affaire, car nos camionneurs vont dans la zone la moins dangereuse du port.» «Notre but n’est pas d’aller devant les tribunaux avec ça, mais de parvenir à une entente acceptable pour les deux parties, ajoute-t-il.Ce n’est pas parce qu’on a gagné dans le dossier du kirpan qu’on se cherche une nouvelle cause.» La communauté sikhe a tout de même fait appel à l'avocat Julius Grey afin d'obtenir des conseils.Celui-ci est d'ailleurs convaincu que le litige ne se rendra pas devant les tribunaux.«Après le jugement de la Cour suprême au sujet du kirpan, il m ’apparaît certain que les autorités devront reconsidérer leur décision.Il est fort possible que tout le monde reconnaisse que la sécurité ne peut pas aller jusque-là», soutient-il.A la suite des différentes décisions rendues par les tribunaux concernant les exemptions religieuses, qu’il s'agisse des souk-kahs, des érouvs ou du kirpan, l'avocat croit que les cause de ce genre seront moins fréquentes au cours des prochaines années.Le Devoir ALJAZIRA TELKVISION De nouvelles images des otages canadiens James Loney et Harmeet Singh Sooden ont été montrées hier par la chaîne Al Jazira.IRAK Des images récentes des otages canadiens ravivent l’esnoir Toronto — La chaîne de télévision qatarie Al-Jazira a diffusé mardi une vidéo silencieuse montrant trois des quatre otages — dont deux Canadiens — membres de l’ONG «Christian Peacemaker» enlevés en novembre dernier, affirmant que ces hommes demandaient à leurs gouvernements de faire en sorte qu'ils soient libérés.Le seul Américain faisant partie des quatre otages n’est en revanche pas apparu dans la vidéo, datée du 28 février.Maxine Nash, un membre de «Christian Peacemaker» à Bagdad, a précisé à Associated Press que l’homme manquant était l’Américain Torn Fox, 54 ans, originaire de Virginie.Ceux qui étaient montrés sur la vidéo étaient les Canadiens James | Loney, 41 ans, et Harmeet Singh Sooden, 32 ans, ainsi que le Britannique Norman Kember, 74 ans.Les quatre hommes ont disparu le 26 novembre à Bagdad et un mouvement qui était auparavant inconnu, les Brigades des épées de la vertu, a revendiqué la responsabilité de leur enlèvement «Nous gardons espoir en voyant qui trois de nos amis sont toujours en vie, a déclaré de Bagdad un autre membre de l’ONG, le Canadien Allan Slater.Mais je ne peux pas cacher que c'est aussi très inquiétant de ne pas voir Tom Fox.» Aucune information n’expliquait pourquoi M.Fox était absent La famille de M.Sooden, un exrésidant de Montréal, a exprime son soulagement de voir qu’il semblait en bonne santé.«De toute évidence, ils prennent soin d’eux et ils tentent probablement de trouver des façons pour régler tout ça, a dit depuis Auckland, en Nouvelle-Zélande, Mark Brewer, le beau-frère de M.Sooden.C’est l’attente qui est difficile pour la famille.» En entrevue depuis Vancouver, Matt lx>ney s’est dit heureux de voir son frère dans la vidéo mais «très inquiet» de l’absence de M.Fox.«On a des preuves qu’ils sont vivants et c'est très bien, a dit M.Lev ney.Mais nous sommes très peinés pour la famille de Tom (Fox).» Ni M.Ixmey ni M.Slater n’ont voulu spéculer sur l'absence de M.Fox.bi vidéo diffusée mardi montrait les trois hommes assis sur des chaises et parlant, mais il était impossible d'entendre aucun son.Un présentateur d’Al-Jazira a déclaré, au moment de la diffusion de la vidéo, que les otages demandaient à leurs gouvernements et aux dirigeants des états du golfe Persique «d'intervenir pour leur libération».A Ottawa, le premier ministre Stephen Harper a affirmé que le gouvernement travaillait afin d'obtenir la liberation des otages.«Dans ces circonstances particulières, nous n’avons pas énormément de pouvoir mais nous ferons tout ce qui est possible», a-t-il dit.Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a indiqué que la vidéo constituait un élé- ment encourageant mais il n’a iras voulu donner d’autres précisions.•C’est un dossier très, très délicat, a-t-il dit après une réunion du conseil des ministres.C'est une situation très difficile pour les familles et chaque fois qu’il en est question publiquement, c’est toujours une rude épreuve pour elles.» Les quatre hommes avaient été vus ensemble pour la dernière fois sur une vidéo, également diffusée par Al-Jazira, le 28 janvier.Elle était datée de sept jours plus tôt.Dans cette vidéo d'une durée de 25 secondes, un présentateur d’Al-Jazira expliquait que les preneurs d’otages avaient diffusé un communiqué dans lequel ils assuraient que c’était la «dernière chance» jxuir les autorités américaines et irakiennes de «relâcher tous les prisonniers irakiens contre la libération des otages, sinon leur sort sera la mort».11 n’y avait pas de date limite.Presse canadienne Des Algériens reprennent leur lutte pour rester au Canada Les sans-papier ont aussi Vintention de poursuivre des policiers d'Ottawa ROLLANDE PARENT La dizaine d’Algériens sans statut récemment acquittés des accusations de méfaits portées contre eux peuvent maintenant passer à l’action.Ils vont d’abord tenter de rencontrer le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Monte Sol-berg, et vont ensuite intenter une poursuite civile contre les policiers d’Ottawa, qui auraient fait preuve de brutalité quand ils sont intervenus, le 29 mai 2003, pour mettre fin à l'occupation de la salle d’attente du bureau du ministre de l'Immigration d’alors, Denis Coderre.Tout cela est possible parce que le 24 février dernier, à la suite d’un procès de 25 jours étalés sur trois ans, la juge Arm Aider, de la Cour provinciale de l’Ontario, a choisi de les acquitter, estimant que la preuve n’avait pas été faite que les occupants avaient troublé la paix dans les bureaux du ministre.Lors d’une conférence de presse hier, la porte-parole du Comité d’action des sans-statut algériens.Sarita Ahooja, a relaté qu’ils étaient 12 personnes à attendre des nouvelles du ministre Coderre depuis 13h dans son bureau d’Ottawa quand, à 22h, ont surgi 30 membres de l’escouade tactique accompagnés d’agents de la GRC qui ont crié en anglais des ordres aux occupants.Ceux-ci, à deux exceptions près, parlent arabe et français.Il s’en est suivi une échauffourée au cours de laquelle les policiers ont utilisé des «tasers», une arme permettant d’infliger des décharges électriques et qui laisse des brûlures.Selon un des avocats des sans-statut, Denis Barrette, la juge a souligné dans son jugement que des témoins de la poursuite avaient indiqué au procès que les occupants algériens avaient été calmes et polis.Il est également ressorti que les policiers qui avaient discuté avec eux au cours de l’attente leur avaient fait miroiter un appel téléphonique du ministre Coderre.Maintenant qu’ils ont été lavés des accusations de méfaits pesant sur eux, les Algériens sans statut entendent réclamer du ministre Solberg que leur dossier, qui était «sur la glace», soit réactivé afin qu’on leur accorde ce qu’ils réclament la résidence permanente au Canada.«On va retourner à l'endroit où on a été arrêtés pour voir le nouveau ministre de l'Immigration.On va lui demander d'intervenir», a déclaré Fawzi Hoceni, un Algérien sans statut Au nom d’Amnistie internationale et dç la ligue des droits et libertés, Elizabeth Garand a pour sa part rappelé que l’occupation du bureau du ministre Coderre se situait dans la foulée de la levée du moratoire décrété en février 2002, qui ouvrait la porte a l'expulsion d’un millier de réfugiés algériens sans statut.Sous la pression, le ministre avait institué un programme spécial de régularisation de leur statut grâce auquel plus de 90 % avaient obtenu le droit de demeurer au pays.Presse canadienne EN B R E F La proposition Gladu Le maire de longueufl, Claude Gladu, a présenté lundi, à ses homologues des villes déftisionnées de la Rive-Sud, une version révisée du budget d’agglomération, lu nouvelle mouture du budget s’élève à 250,9 millions de dollars, soit cinq millions de moins que celui déposé pir son administration en décembre dernier.Rappelons que les maires des villes de Boucherville, de Saint Brunode-MontarviDe, de Brassard et de Saint-Lambert avaient refusé de donné leur aval au premier budget, estimant qu’il fiait trop élevé.Ils avaient alors réclamé de la Ville de Longueuil qu’elle effectue des coupes de 50 millions de dollars, ce que l’administration Gladu n'a pas réussi à faire.«Ce nouveau budget de l’agglomératvm de hmgueuü est réaliste.Il est peut-être en deçà des attentes de certains de mes collègues maires, mais il est ctmforme à leurs irrientatùms en termes de maintien de services», a fait valoir hkr Claude ( iladu (ht voie de communiqué.Ce budget sera soumis au vote des élus lors d’une séance extraordinaire du conseil d'agglomération, le 16 mars prochain.SU n’étail pas adojrté, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Nonnanck-au, pourrait devoir int/rvenir pour régler k- litige entre I kséhis.— IjC Devoir GUERIN, edrt^ur rtee (514) 842-3481 k twits its ntramts Venez travailler ou voud détendre danà un cadre enchanteur l Aune tnur» trsnse 0* MomrSai rAuterge JaareCyphot at sftufc m pfcn rature, m ton} du UC Prtsau*.I groom * VU Sart-ce™ dm k rtgton de LnuMn Ce MBment confortable naueurt en ockibn 2000 compte 12 chambres ftet saies de Mr< indMdu-eles.un trte grand selon wee loyer elpkno.une sale I manger pouvant actuel 24 personne» le» qu une cms** toute équipée L Auberge se loue comme un chatet c est-e-dre en entier L Auberge JemvCypfx*.classée 4 (kites, a «te conçue pour rendre produetts tes sassons de traval et tes coSoquet « peu teeonser h PÉCCRUÂTiriAI Chantal Bourdon, (450) 973-9242 DÉTAILS ET VISITE VIRTUELLE www.aubergejeancypihot.com commune tors d événements de groupe ou de Nies.L'Aubarge est toétee pout dee eessont de tnvui de 10112 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au Bureau d’audiences publiques en environnement nés milieux d’affaires de l’Estrie se réjouissent du feu vert donné à ce projet en gestation depuis quatre ans qui, s’il se réalise, permettra d’ériger un complexe domiciliaire au pied des pentes de ski du mont Orford.On en espère des emplois pour remplacer ceux que l’on perd dans le secteur manufacturier.Pour leur part, les résidants de ce secteur et les environnemen-talistes sont consternés, estimant l’intégrité écologique du parc mise en danger.Les difficultés financières du centre de ski Orford sont le point de départ de ce projet Situé à l’intérieur du parc, le centre est exploité par un concessionnaire qui souhaite construire au pied des pistes des hôtels et des appartements en copropriété comme dans les grandes stations d’hiver.Pour ce faire, il lui fallait obtenir un échange de terrains avec le parc.Le BAPE, qui a passé au crible ce projet, concluait que l’échange de terrains et les constructions envisagées porteraient atteinte à l’intégrité écologique du parc.Les commissaires soumettaient une série de réserves et de conditions et recommandaient de chercher d’autres options.Ce rapport du BAPE avait été remis au ministre Thomas Mulcair en mars 2005.Tout indiquait que celui-ci, un tenant de l’application stricte des lois environnementales, allait promouvoir le respect de l’intégrité du parc.Cela, c’était avant que ne survienne son congédiement la semaine dernière par le premier ministre.La précipitation avec laquelle son successeur a réactivé le dossier est d’autant plus suspecte que la solution Béchard soulève plus de questions que de réponses.À première vue, on pourrait croire tout à fait nouvelle l’approche du nouveau ministre, mais à l’examen, on constate que, pour l’essentiel, le promoteur du projet obtient à peu de choses près ce qu’il souhaitait.En lui vendant le territoire qui est l’objet d’un bail pour l’exploitation du centre de ski et du golf d’Orford, on lui donne les terrains dont il avait besoin.Plus besoin, donc, des strictes mesures d’atténuation exigées par le BAPE pour maintenir l’intégrité écologique du parc puisque l’essentiel du projet ne sera plus dans le parc.11 fallait y penser.Bien sûr, le ministre, pour faire bonne figure, assure que le tout se fera «dans le respect des plus hauts standards environnementaux, qui permettront de préserver les paysages et la biodiversité».Quels standards?Il s’est gardé de le dire, ne les connaissant sûrement pas lui-même encore.L’improvisation devient encore plus évidente lorsqu’on se penche sur l’engagement du gouvernement à consacrer à l’achat d’au moins 5000 hectares le fruit de la vente du territoire sous bail, qui sera d’au mieux 16 millions de dollars.L’objectif du ministre est de se donner une image de conservationniste.Cela, on le comprend facilement On comprend aussi que les millions lui manqueront rapidement De la poudre aux yeux, que cela.la précipitation du gouvernement Charest s’explique.Trop de projets de développement économique sont bloqués dans la machine environnementale et il lui faut bouger maintenant pour s’assurer qu’à la veille des prochaines élections, des premières pelletées de terre se donneront.Mais, en voulant aller vite, trop vite, il s’est déjà mis à dos le mouvement environnementaliste, qui perd le peu de confiance qu'il gardait à l’égard de la volonté des libéraux de faire de l’environnement une priorité.Quant au projet du mont Orford, il risque de devenir l’objet de batailles sans fin et d’être paralysé pendant quelques années.Il aurait pourtant mérité que l’on prenne le temps d’élaborer un compromis recevant «une large approbation sociale», comme le souhaitait le BAPE.Mescoteauxiféledevoir.ca Les couteaux sortis L a première séance de travail du nouveau Parlement palestinien s’est conclue par une querelle qui laisse présager un accouchement très difficile.En effet, les députés du Fatah ayant quitté l'hémicycle, il est peu probable que le Hamas parvienne à former un cabinet rassemblant des leaders des divers partis.Au vu de ce qui s'est passé avant-hier, c'est à se demander si on n’assistera pas à court terme à une rupture plus nette ou plus prononcée entre les depx principaux partis.A l'origine de la polémiqué qui a marqué la réunion de lundi, il y a cette volonté manifestée par les élus du Hamas de gommer les pouvoirs que leurs collègues du Fatah avaient accordés au président de l’Autorité palestinienne au cours de la.vingt-cinquième heurt».On s’explique.Après la victoire du Hamas, les élus du Fatah ont profité d’une dernière rencontre au parlement pour voter une loi accordant à Mahmoud Abbas davantage de droits.Le but?Compliquer l’exercice du pouvoir par le Hamas.Bien évidemment, les membres du Hamas ont réagi en invalidant ce geste non démocratique.Résultat à la suite du cafouillage observé avant-hier, le monde palestinien est aux prises avec une crise constitutionnelle.Les mandarins du Fatah estiment qu’il revient désormais aux juges de décider qui a tort et qui a raison.En attendant leurs conclusions, le président de l’Autorité palestinienne n’a pas tardé à poser une pierre dans le jardin du Hamas.Hier, il s’est dit prêt à ordonner l’élargissement du chef du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), Ahmed Saadate.Le fait qu’Abbas envisage cette éventualité en dit long sur son état d'esprit.A l’évidence, il n'entend pas laisser le Hamas agir à sa guise au cours des prochains mois.Dans cette histoire, peut-être faut-il avoir à l’esprit ces propos que des représentants du FPIP ont tenus dans des quotidiens européens il y a plusieurs mois de cela.Ces laïcs assuraient qu’une fois complété le retrait israélien des territoires, ils avaient un compte à régler avec «les fanatiques religieux» du Hamas et du Djihad palestinien.On s’en doute, le gouvernement israélien a réagi aux développements récents.D’abord en affirmant par la bouche du ministre de la Défense que si le Hamas campe sur ses positions terroristes, ses dirigeants doivent s'attendre à être la cible des fusils israéliens.Ensuite, par la bouche du veteran Shimon Peres, qui héritera d'un poste très influent si Ehoud Olmert est reconduit dans sa fonction de premier ministre lors des prochaines élections, on apprend qu’Abbas devrait avoir le soutien du prochain gouvernement Qu'on aborde la question sous n’importe quel angle, une chose est sûre: tant et aussi longtemps que le Hamas n'aura pas modifie sa charte, notanunent l’article stipulant la destruction d'Israël, il aura toutes les difficultés à gouverner.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE KîK?An$.*" CTîT Off MoTiK fyKMtNT V ! y ‘Uck'û'S-ot MUUCAifc ÊCSTÊfrA T>C?uTt‘ t CotoMt Une étude sur les VIT ?Cela fera bientôt 20 ans que je vis au Québec et deux choses continuent de me choquer (à l’extérieur des grands centres urbains): la destruction du patrimoine architectural rural (vieilles maisons, granges, églises de village, etc.) et le je-m'en-foutisme de ces populations envers la protection de leur environnement naturel (utilisation de VTT polluants, éclairage de nuit inutile, etc.).Je ne veux pas généraliser, mais c'est un état d’esprit très présent à la campagne que je connais de plus en plus depuis que j'y séjourne plu sieurs jours par semaine (en Estrie).Et quand je soulève ces questions avec mes voisins et amis vivant à plein temps en milieu rural, ils me rétorquent qu’eux aussi ont droit aux bienfaits de la vie moderne.Le semi-urbain que je suis passe donc pour un rousseauiste mal léché.Nasser Boumenna Montréal, le 3 mars 2006 Visa le noir Les chiffres et certains automobilistes le disent: les accidents de motocyclette coûtent cher.11 faudra bien que quelqu’un paie.Les automobilistes pointent les motocyclistes alors que ceux-ci soutiennent que la majorité des accidents sont causés par les automobilistes.Je préfère éviter ce débat.Il y a fort à parier que les augmentations de tarifs annoncées contribueront à faire fondre le nombre de motocyclistes et par conséquent, la valeur de leurs véhicules.Vous savez, cette loi de l’offre et de la demande.Alors que le prix des pennis et des immatriculations augmente en flèche, celui des véhicules à deux roues s'évapore de façon marquée.Nous voilà doublement punis! Certes, la diminution du nombre d'adeptes de la moto peut favoriser la réduction du nombre d'accidents, mais est-ce bien vrai?Si nous circulions tous à moto, y aurait-il plus ou moins d’accidents en moyenne par conducteur?Par ailleurs, il suffit de conduire au printemps pour s'apercevoir que la plupart des automobilistes ont perdu l'habitude de la présence des motos sur les routes.À mesure que la saison estivale progresse, nous semblons devenir phis visibles.fi faut croire que les conducteurs adoptent progressivement des pratiques vitales pour la cohabitation auto-moto.Pour une dix-huitième année consécutive (dieu merci sans accident), je vais contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le trafic, les pénuries de places de stationnement.Au début, je saluais de la main cha- LETTRES -?- cun des motocyclistes que je croisais sur mon parcours.Toutefois, depuis quelques saisons, j’abdique parfois car nous devenons manifestement de plus en plus nombreux.Quelle est la part des femmes ou des baby-boomers dans cette nouvelle cohorte de motocyclistes en quête de liberté?Autant de victimes de la procrastination des administrateurs de la SAAQ.Hélas, la fin de la récréation approche, et je me retrouverai de plus en plus seul, pauvre et craintif sur ma bécane.Or il restera ceux qui préfèrent les racers, avec lesquels on peut facilement atteindre des vitesses de 300 km/h et fuir les policiers.Ils ne sont pas rares, ceux qui conduisent ce type de moto sans permis.Ils aiment bien les augmentations draconiennes prévues car elles réduiront le prix de leurs engins.Sylvaip Bélanger Saint-Emile, le 3 mars 2006 Au service de la Constitution Dans l’affaire médiatico-politico-religieuse des caricatures danoises mondialisées, des Occidentaux ont défendu la valeur quasi absolue de la liberté d'expression, à laquelle même le respect du sacré défini par des religions ne devrait pas résister.Je me désole alors de ne pas voir de carica-ture mettant en scène nos augustes juges de la Cour suprême au fil de leurs récentes décisions.Avec ou sans leurs vieilles perruques, ils ressemblent pourtant à des clowns aux yeux d'une importante partie de la population.Les politiciens sont abondamment caricaturés, mais les juges de la Cour suprême, malgré le fait qu'ils exercent un pouvoir politique, sont-ils des intouchables pour les caricaturistes?Plus sérieusement, en modifiant la définition du mariage, en accordant à certains citoyens le privilège d'être soignés mieux ou plus vite que les autres, en participant juridiquement à la commercialisation de la sexualité (échangisme, etc.) et en interdisant aux écoles d'interdire aux élèves le port d’un poignard, la Cour suprême exprime aux Canadiens les conséquences concrètes de la Constitution de leur pays.La Constitution actuelle fait primer les droits individuels sur les valeurs communes.Est-ce bien ce que nous voulons?Définir nos valeurs communes et modifier la Constitution, voilà ce que nous devrions faire plutôt que de critiquer des juges qui font correctement leur travail en se soumettant à cette constitution.Il faut donc désacraliser la Cour suprême et la Constitution.Des caricatures pourraient contribuer à le faire.François Beaulé Montréal, le 5 mars 2006 Un jugement passe-droit La récente décision de la Cour suprême nous consterne.Où allons-nous avec cette charte qui fait primer les croyances groupus-culaires sur les valeurs collectives?Les juges ont conclu que le kirpan, avant d’être une arme, est un symbole religieux.Voilà qui est vrai pour les sikhs, mais pour la très vaste majorité de la population, c’est tout simplement le contraire: le kirpan est d’abord une arme et un symbole de violence.Il est encore interdit dans les avions et les cours de justice mais permis dans les écoles! Les sikhs prennent-ils l’avion ou voyagent-ils en bateau afin de respecter leurs principes religieux?Tous les rites doivent-ils absolument être considérés comme étant immuables et sacrés?Pourquoi n’évolueraient-ils pas avec le reste de la vie en s’adaptant aux valeurs de la société?Depuis les débuts de l’humanité, une foule d'entre eux ont été abandonnés pour notre plus grand bien.Rappelons-nous que nous avons déjà adoré le soleil, sacrifié des humains et mangé le coeur de notre ennemi! Dans certains pays, on a encore le droit de tuer pour défendre ses croyances contre les infidèles, les femmes n’ont pas accès à l’instruction, elles ne peuvent pas montrer leur visage ou sortir seules, on les soumet à l’excision, on punit le crime du frère par le viol de la sœur, on coupe la main du voleur, on répudie l'épouse qui n'a pas enfanté.Voilà autant de traditions qui trouvent le moyen de revêtir un caractère religieux et qui sont incompatibles avec les valeurs de notre société.Jusqu'où ira notre mollesse?En quoi cette décision de la Cour suprême est-elle un signe d’ouverture?N’est-elle pas au contraire une démission?Ne croyons-nous pas assez à nos propres valeurs pour souhaiter qu'elles dominent notre vie publique?Nos bureaux d'immigration à l’étranger ne sont-ils pas là pour informer au sujet des règles en vigueur dans notre société?Leur acceptation ne devrait-elle pas constituer un critère d’admissibilité à l'immigration?Comment appliquer cette décision dans la réalité?Faudra-t-il un registre de déclaration obligatoire des armes blanches?Danielle Tmssart Jacques Roussel Baie-Saint-Paul, le 3 mars 2006 LIBRE OPINION -?- Entre Paris et Montréal.NATALIE SARGENTON Ayant vécu l’expérience récente d'être hospitalisée pour le même problème à Paris et à Montréal, voici les différences bouleversantes constatées.¦ Paris: arrivée à l’urgence, j'ai été prise en charge immédiatement de peur que l’infection ne se propage.On vous lave des pieds à la tête, on vous fait une prise de sang, on prend votre pression et on vous envoie passer un scanner.L'urgence est située dans une grande salle aérée, méticuleusement desinfectée.De peur d’une infection autour du nerf optique, on m'opère d'urgence six heures phis tard.Après l'opération, je suis restée 12 heures en saDe de réveil où des infirmières prennent régulièrement ma pression et ma temperature.Ensuite, on vous met dans une chambre spacieuse avec une autre malade, où le chirurgien vient vous expliquer ce qu'il a fait et pourquoi.La chambre est desinfectee, nettoyée régu- lièrement.les infirmières viennent rapidement sur demande et on vous garde quatre jours de plus à l'hôpital.¦ Montréal: arrivée à l'urgence, j'ai été mise sur un lit dans un couloir, sous la lumière des néons, devant la porte des toilettes où les gens font la queue.Personne ne s’occupe de moi pendant des heures et on ne me donne aucune explication.Débordées, les infirmières m'évitent pour ne pas être dérangées.Au bout de 24 heures sous les neons du couloir, la fièvre montant et l’infection autour du nerf optique s'installant, on décide de me donner des antibiotiques! L'estomac creux pendant 32 heures, sans manger ni boire, toujours sale, on me conduit dams une salle d’opération enfin fibre.N’ayant pas de chinugien spécialiste sous la main pour m’opérer, on en fait venir un d’un autre hôpital à minuit et demi Pas de salle de réveil, on m'emmène dans un département éloigné, car il n'y a pas de lit disponible dans le département Six heures plus tard, on me ramène dans une autre chambre dont la porte ne ferme pas, située devant le bureau des infirmières, des réceptionnistes pour les visiteurs, des internes, etc.Tout le jour, les conversations ininterrompues m'empêchent de me reposer et de dormir.Un haut-parleur, installé dans chaque chambre, permet à une voix qui hurle périodiquement de retracer l’infirmière ou une autre personne recherchée à l'étage.On se croirait dans un supermarché.Le lendemain, on me dit que plusieurs personnes attendent une chambre, il faut partir phis tôt que prévu.Je sors de cet enfer, heureuse de m'échapper.avec une infection qui a eu tout le temps de se développer.Comment en est-on arrivé là.dans ce pays soi-disant civilise, à la pointe du progrès dans tant d'autres domaines?Nos gouvernements ont été criminel» en matière de santé.Les animaux sont ici mieux soignes et mieux entoures que les humains.t I LE DEVOIR.LE MERCREDI 8 MARS 2006 DEES L’hypersexualisation des filles Ceci n’est pas qu’une pipe ! ARIANE ÉMOND Journaliste et cofondatrice du magazine féministe d'actualité La Vie en rose ors d’une émission récente d'il va y avoir du sport à Télé-Québec, j’ai défendu la position selon laquelle nous, les femmes, devions reconnaître une part de responsabilité dans l’hypersexualisation des filles.La nier et nous prétendre les victimes d’une foudroyante propagande marchande, voilà ce qui nous empêcherait d’être les actrices d’un retournement de la situation.Oui, nous avons deux ou trois choses à admettre, notamment notre complaisance en face de la culture et de l’esthétique porno ambiantes.De plus, il est urgent de donner la parole aux plus jeunes, gars et filles, de muscler notre esprit critique collectif et d’organiser une réplique qui ait du punch pour limiter les dégâts.Plusieurs personnes sont tentées de voir dans l’hypersexualisation des filles un effet pervers du féminisme.Je n’y crois pas.Ce sont des journalistes et sexologues féministes, Jocelyne Robert en tête, qui alertent l’opinion publique depuis un an, avec la FFQ, le Y des Femmes, La Gazette des femmes et le Conseil du statut de la femme.Le glissement je le vois plutôt dans la récupération d’un slogan féministe des années 70: «Notre corps nous appartient!» (qu’on aime rapprocher du «Je fais ce que je veux avec mon coips!» d’aujourd’hui).Avec ces mots, les femmes de 1970 revendiquaient le contrôle de leur maternité, un plus grand accès à la contraception libre et gratuite ainsi que le droit d’avorter.Et on l’oublie, le droit de célébrer leur sexualité dans le plaisir.Jamais les féministes n’ont vanté la sexualisation précoce et «les collisions génitales», comme le dit Jocelyne Robert, les pratiques qu’on valorise actuellement dans Internet les vidéoclips et les magazines pour filles d’aujourd’hui.Au contraire, les féministes ont lancé de grands cris d’alarme dans les années 80 en constatant la banalisation de la pornographie et la colonisation de nos pratiques sexuelles.Et elles ont perdu la bataille.En les voyant réagir si vivement à cette marchandisation de la sexualité, les détracteurs du féminisme ont eu beau jeu d’enfoncer un vieux clou: «les féministes détestent les hommes et le sexe».On oublie que les féministes ont été plutôt pédagogues pendant les années de la révolution sexuelle, enseignant aux femmes — qui l’ont enseigné aux hommes — où logeaient leur clitoris et leur point G! L’ouvrage largement illustré Our Bodies, Ourselves {Notre corps nous-mêmes), du Collectif féministe de santé de Boston, était leur bible en ces années où le privé était politique, hors de tout doute.Le même collectif a refait un travail formidable avec Ourselves And Our Children - A Book By And For Parents (1978), qui n’a pas perdu sa pertinence alors que tant d’adultes sont dépassés par ce qu’ils découvrent de la viesexuelk des plus jeunes.A cette époque où des fillettes de dix ans se demandent comment réussir à faire des pipes assez longues (suis-je normale?) mais sont dégoûtées à l’idée de cunnilingus ou de masturbation (suis-je nor- RAYMOND BEAUDRY Sociologue et chercheur associé au Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l’est du Québec (GRIDEQ) SERGE CÔTÉ Professeur au département des sciences humaines Université du Québec à Rimouski es rapports entre l’État et les universités LG en ce qui concerne les contrats de recherche ont parfois tendance à réduire la connaissance à des critères purement pragmatiques, abolissant ainsi les fonde-— I ments mêmes de l’université comme lieu de synthèse rappelant continuellement que la connaissance ne peut se couper de ses dimensions historique, cognitive, expressive et normative.Cette caractéristique propre à luniversité,semble parfois être mise vivement à l’épreuve par l’État, qui vise à instrumentaliser la recherche et à la faire ser-vir à ses propres fins tout en considérant les universitaires comme s’ils étaient des exécutants à l’emploi d’une entreprise privée.C’est cette situation que nous avons vécue et que nous voulons rendre publique afin de souligner la fragilité de la mission des universités et l’impossibilité que nous avons eue en tant qu’enseignants et chercheurs à maintenir une certaine autonomie de recherche dans un processus d’évaluation qui faisait appel à une participation tronquée des acteurs locaux.Chronique d’une rupture annoncée En mars 2004, le ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille (aujourd'hui le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale) et lUniversi-té du Québec à Rimouski ont signé une entente de service portant sur revaluation de deux expérimentations de plans locaux de lutte contre la pauvreté et l exclusion sociale dans les MRC de la Haute-Gaspé-sie et du Témiscouafa.L’équipe de recherche a modifié à trois reprises le cadre dévaluation afin de le rendre plus conforme male?), on est proche des pressions sexuelles indues et des rituels de passage désagréables.Mais on est très loin de l'exploration normale de la sexualité préadolescente et du désir-plaisir partagé dans l’intimité.Cette entrée fracassante dans la sexualité m'importe davantage que les strings et les nombrils à l’air désormais si courants à partir de sept ou huit ans, hiver comme été.accompagnés d’un maquillage rehaussant le côté femelle des puceDes.Les tenues moulantes des lolitas passeront sans doute — et je suis bien incapable de prédire la prochaine tendance! La culture hiphop latino imprègne l’univers du vidéodip où les de 14 ans sont habiDees de peu.Au Brésil et au Mexique, les corps se portent à moitié nus depuis longtemps.Selon une jeune Bnésüietine, on commence làbas à se préoccuper des effets pervers de ce mimétisme sexuel des gamines, précipitées dans l’âge adulte [dus tôt que jamais.Trois choses m’inquiètent dans tout ça.D'abord, le retour en force de la contrainte et de l’inconfort dans l'apprentissage sexuel, sans doute le miroir à peine déformé de ce qui se passe dans la chambre de bien des adultes.La série documentaire de Francine Pelletier, Baise-majesté, était éloquente: les femmes mendient encore l’amour en acceptant des pratiques sexuelles où elles ne prennent pas leur pied.Pourquoi?Pour se faire aimer.Pour rester dans le regard des hommes, pour se faire pardonner de prendre ailleurs la place qui leur revient Sur le plan émotionnel, les femmes sont encore bien accommodantes pour qu'on valide leur droit d’exister sur la place publique.L’estime de soi reste une conquête inachevée.Deuxième inconfort tout le matraquage intellectuel autour du girl power, ce concept superficiel et éphémère qu'une partie des jeunes et de leurs aînées achètent comme une recette miracle pour dominer les hommes.Faut-il rappeler l'ampleur de la machine économique derrière Madonna ou Britney Spears?Et depuis quand voulons-nous que les hommes soient à notre botte?Dans nos rêves les plus féministes, nous les imaginons plutôt debout et nombreux à nos côtés pour changer le monde! Le vrai pouvoir sur nos vies, ce n'est pas dans une domination à rebours qu’il se trouve.Nous devons réfléchir avec les plus jeunes femmes.Nous devons aussi interroger les hommes, jeunes et plus vieux, sur la sexualisation de l’espace public.Même si une partie d’entre eux profitent d’une offre sexuelle débridée, je crois que leur discours révélera un malaise.Pourquoi, sinon, retrouverait-on autant de gars de 20 ou 25 ans en panne de désir, hantés par le vide, ayant perdu l'appétit de vivre?Troisième et dernier élément la transmission des conquêtes des femmes depuis 50 ans.Il y a urgence d’enseigner cette révolution inachevée, de l'inscrire au programme d’histoire du secondaire, d’inviter des féministes en classe.Il faut dire aux jeunes, pour la première fois, les conditions dans lesquelles se sont faites les luttes pour l’avortement contre les publicités sexistes, pour les garderies, contre la porno, pour l’éducation et la syndicalisation des femmes.Et il faut leur expliquer pourquoi si peu de femmes encore accèdent à la marche d’en haut en politique, en affaires et ailleurs, malgré leurs compétences.Il faut surtout leur rappeler que tout ce qui a été fait peut être défait Loin d’être contre le féminisme, nos filles et nos fils n’ont tout simplement pas saisi l’importance de continuer ce combat pour plus de liberté (fans un monde phis solidaire, mieux partagé entre hommes et femmes.De cela, je suis phis que jamais convaincue.Les féministes ont lancé de grands cris d’alarme dans les années 80 en constatant la banalisation de la pornographie et la colonisation de nos pratiques sexuelles.Et elles ont perdu la bataille.ü?' StS?IM ¦ La recherche, l’université et l’État Un insoutenable partenariat aux attentes du ministère quand, en juillet 2005, celui-ci a pris fa décision de résilier l’entente.Cette décision a été prise au moment même où l’équipe de recherche avait soumis au ministère une série de questions quelque peu embarrassantes qui portaient sur les raisons pour lesquelles notre proposition était toujours inacceptable.Le ministère n’a jamais répondu à nos questions, laissant toutefois entendre, à 1a mi-novembre 2005, qu’il préciserait les raisons qui l’ont mené à mettre fin à l’entente.Mais encore une fois, les questions de fond sont toujours évitées, dont celles qui portaient sur la forme de la participation des acteurs au processus d’évaluation.Des remarques déconcertantes Pour bien comprendre la nature du rapport entre l’Etat et l'équipe de recherche, il faut remonter en mars 2005, lors du dépôt d’un premier document portant sur la problématique de la recherche et sur le cadre d évaluation, document que nous avons soumis au ministère et qui a été rejeté dans sa totalité.On invoquait l'idée selon laquelle la problématique était trop large (voire peu utile pour les fins de l’évaluation), qu’elle évacuait la dimension de la concertation (alors que le document s'appuyait d’un bout à l’autre sur l’importance de la concertation et du dialogue tout en formulant des réserves par rapport à l’idéologie du consensus), qu’elle était remplie de jugements de valeur (alors qu’il s’agissait plutôt de l’importance que nous accordions à fa capacité de juger) et qu’eDe était de toute façon, selon le ministère, «invendable».Ces remarques nous paraissaient inappropriées, déplacées, peu pertinentes et un brin déconcertantes.Cependant malgré le fait que la rencontre s'est déroulée dans un climat qui laissait peu de place au dialogue.nous avions fa certitude qu’a était possible de surmonter l’impasse, de rétablir la confiance et de préserver l'autonomie intellectuelle des chercheurs.Nous avons donc préparé une deuxième proposition d’évaluation, plus «opérationnalisable», tout en conservant notre cadre d'analyse sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.Nous cherchions à montrer que la participation des citoyens s'inscrit toujours dans le cadre d’un Etat qui agit au nom d'un idéal de vie reposant sur le droit, la justice et l’égalité, mais que la participation est parfois menacée par une logique de résultat et d’efficacité qui détourne la mission des acteurs collectifs au sein de la société civile.C'est «la participation contre la démocratie», pour reprendre ici une formule bien connue de Jacques T.Godbout, qui finit par concevoir l’usager comme un client consommateur de services et non plus comme un individu-citoyen réfléchissant avec d’autres sur le devenir de sa communauté.L’évaluation devait alors, entre autres, nous amener à cerner la dynamique parfois conflictuelle des différents points de vue des acteurs, à les confronter à notre analyse et à tenter ensemble de mieux comprendre les limites et les possibilités du processus de mise en place des plans de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.Un «comment vivre ensemble» contesté Une première analyse des documents et la conduite de quelques entretiens démontraient que l’objectif des plans d’action ne se limitait pas a une simple offre de services mais qu’il reposait aussi sur la question du «comment vivre ensemble» dans nos communautés locales.Cette dimension de la recherche nous paraissait incontournable alors que le ministère cherchait plutôt a détourner notre regard vers ce qui lui semblait plus «réaliste», comme en témoigne la remarque suivante: «R faut se concentrer sur les plans d’actionetla concertation.L’idée ici n’est pas de reconstruire la société et les rapports humains en général.• Il fallait comprendre ces propos à la huniere des nombreux passages que le ministère a biffés du cadre d’évaluation, qui portaient sur une participation élargie des acteurs sociaux à l’évaluation du processus de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, une conception de la recherche evaluative que le ministère jugeait inacceptable, inappropriée et inutile.Selon le ministère, l’évaluation devait surtout porter sur des entretiens individuels, évacuant ainsi la pertinence des entretiens de groupe, qui permettent aux acteurs de créer des liens afin de dépasser une évaluation qui ne reposerait que sur des outils de gestion.la recherche évaluative semblait alors se construire en vase clos autour des plans d’action en concertation avec les acteurs présents au comité* * de pilotage de chacune des MRC.Cette approche limitait les capacités d’agir des acteurs sociaux sur le développement de leur communauté* alors que le refus du ministère de retenir la position de l’équipe de recherche finissait par la réduire à de simples exécutants.|.| La recherche soumise à la logique managériale la rupture de l'entente traduit en grande partie une conception de la recherche évaluative qui, sous le couvert de 1a participation, évacue fa compétence des acteurs à porter un jugement sur la position des différents partenaires et de poser fa question de la finalité de leurs actions.Mais plus fondamentalement, l’équipe de recherche devait comprendre l'évaluation comme étant immédiate, utilitaire et pragmatique, éva cuant ainsi toute connaissance permettant aux acteurs de réfléchir à nos manières de vivre ensemble en débattant polémiquement sur les enjeux de nos sociétés, dont ceux qui touchent la pauvreté et l’exclusion sociale.L.J L’affaiblissement de l’Etat de droit fle droit a la liberté, à l’autonomie, a |a dignité, à un service publk ) et la consolidation d’un Etat gestionnaire dont les principes reposent non plus sur le pouvoir politique mais sur la puissance du fait d'exigence d’objectifs de résultat imposés aux groupes communautaires, par exemple) non seulement sont des caractéristiques qui orientent la lutte contre fa pauvreté et l’exclusion sociale mais constituent aussi une tendance insoutenable de nps sociétés actuelles.Dans ce sens, le rapport entre l’Etat et la société civile permet difficilement d’engagfT un débat politique sur les enjeux sociaux.Dans ces circonstances, fa réflexion sur fa pauvreté et [exclusion se trouve alors court-circuitée par ceux-là mêmes qui cherchent a l’abolir, et fa recherche univer sitaire ne devient qu’une courroie de transmission au service de la mise au rancart de la pensée.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA REDACTION journilislr» à l'tafcrmMwn «enérak « mkropoBki»» Génid Drfare iaZrnm mm émetnr it CmfrTnmalumi Itmt Ca-rimn Isffmra mtnnnpoia).fttm Marie-Andrtr Chouimn] Udmtatum>.Jokr Boifeu 'hiaimatuU.rnpomttMt it la putt UUm Brian Mytr» (meut Oints it sadétii.Clnirandme Cauchy (Gémtnt).Jean Dxm.Lotss-Gtlln Franco-tir (mnnmatmat/.Benoit Monter (ropmtoUt ia nu Inimf).Uurence ChneL JeattOwilaume Dumont lomnii ImUrnrt) Iwbetlr Par* (tnti/, Loràe-Maude Knux Soucr (Cmllmrn: Pauline Gravel (nittutt) Michel Garnean /eancatmnsW : Diane Préconrt (rnptmsaSlt its pagts tkinaupntn : Martin Duck».Michele Malenfant et Chriitine Dumazet (rtltcttmn).Renée Léo Guimont et Serfe Faquin Irtltcltmri imrmmmPratrtt* .Jacquea Grenier et latiiue» Nadeau pkattgrapits) ; à l'infor matjon mini relie Michel Betair «Mater tt «fare CmUart), JaSr Carpentier pmpttr» Paul Bennett (pmpttn caktm tpirvutt rt rmtlmnU im wttp-mi, Stéphane Bafflargeoo 'rtportrr, Paul Cauchon (mtémt Caroline Montpeth 'hvrn, Odile TremMay (anima) FrederWu.- Don» 1 surnuméraire) : à l'information économique Gerard Bérubé md/auf oa itrtctenr ie I m/armalsan).Dominique Reny (pnptlrt).Philippe Papineau (surnuméraire).Éric Dearnawra.Claude Turcotte Franrott Denjardinc hurnumérairtl * r information maernadonMe Jean-Pierre Lefauh ip^utrtmttruuUmmltt pag, ’**’”*>¦ Oande Uyeaqne.Gu,JuBHenaipn., a.irmuur i.Vmfmmmum).Serr Truftm* (dÉdanator) a rmdormmx» poMque HéVne Buzxett,.Manon Corneflkr et Ale, (.«*»*«, Uarrexp-,miauls parltnnuimm « Ottamn) .Antoine Robrtaflie et Rober’ DutmacjroeenpoaMat.p^e»emmem i QuéPta Kathleen Lévyaqne ; Manly» Hamehn «ererimr, t la rUacium) ManefVr Frappier.Alexandre SIMM, (comm,,, U dornrmetataoon 'dite» Pare
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