Le devoir, 16 février 2002, Cahier C
Gymnastes de lemotion IM M A \ ( III ATRE ï K V R I K K 2 O O CINÉMA Piégé par le mensonge Page C 7 Le devoir Blues hivernal Le milieu montréalais du jazz grouille d’activités SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR On y tient.À quoi?À placer le présent papier sous le signe de Michel Ouellet.Farce qu'il n'est plus tromboniste.Parce qu'il n’est plus.Tout simplement, et surtout tout bêtement.Il y a une dizaine de jours de cela, on a retrouvé son corps de plus de quarante ans et de moins de cinquante dans le fleuve.L’automne dernier, il avait décidé de mettre son talent en bière.Si on ne le connaissait pas per-sonnellement, on l’avait par contre entendu ici et là.On l’avait suffisamment écouté pour constater la belle maîtrise qu’il avait pour ces histoires de pleins et de déliés qui conviennent comme un gant au trombone, ou plus précisément qui lui sont propres.Alors voilà, sa mort ayant bouleversé bien de ses amis musiciens, on va décliner les chansons de geste qui agitent actuellement la scène montréalaise du jazz.Car plusieurs d’entre elles, de ses chansons, se cisèlent avec l’image ou le souvenir, allez savoir, du tromboniste qui ne savait peut-être pas que son talent était plus prononcé qu’il ne le croyait D’étiquette et d’association Bon.Allons-y avec une de ces histoires où cet humour que l’on prête aux potaches tranche l’atmosphère aussi aisément que Za-zie faisait des grimaces à son ton-ton, histoire de faire grimper sa pression.De-que-cé?Il s’agit d’une étiquette, de Benoît Fau-teux, et de Pierre St Jak.Règle générale, lorsque vient le temps de baptiser les étiquettes, les messieurs-administrateurs ne se foulent pas tellement.Comme ils cherchent avant tout l’efficacité, la financière s'entend, voire exclusivement, l'appellation est réduite à trois fois rien.Toujours est-il que Benoit Fauteux, ceinture noire septième dan de l’agitation culturelle depuis des lunes, a donc fondé une étiquette qu'il a affublé du nom suivant: «M.Fauteux, m’entendez-vous?».Dans les semaines qui viennent, M.Fauteux, m'entendez-vous?va publier un album du pianiste Pierre St Jak.Un solo.Un album qui sera confectionné uniquement de pièces achevées pour piano dynamique.Si ce n'est pas tout à fait cela, ce sera certainement très approchant, comme disent les jeunesses.Là, St Jak prépare une production en quartet et un show en duo avec son compère le vibraphonis-te Jean Vanasse, qui lui se penche actuellement sur le répertoire du Modem Jazz Quartet afin de lui rendre hommage au mois de mai prochain en compagnie de François Marcaurelle, qui lui ne cesse pas de composer, de Claude La-vergne à la batterie et de Normand Guilbeault, qui lui.C'est que lui, c’est compliqué.En fait, ce n’est pas tout à fait cela.Mais voilà, comme il travaille tellement, action qui comme chacun sait produit toujours de la fatigue, il y a beaucoup à dire.Reprenons tranquillement.Reprenons pour signaler et souligner que tous sont en train de mettre la main à la pâte pour fonder une association des musiciens de jazz qui, une fois les lettres patentes signées et imprimées, devrait rassembler pas loin VOIR PAGE C 7: JAZZ m.2002 t\ ¦#.!¦ ¦ .w - p % - 1 La Soirée des Jutra est diffusée sur les ondes de TVA en direct du Théâtre Saint-Denis ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Encore un gala?Eh oui.Haut les cœurs! Comment la comédienne Sylvie Moreau relèvera-t-elle le défi de renouveler le genre en ani mant cette quatrième Soirée des Jutra dimanche soir?Qui vivra verra.La fête du cinéma québécois est diffusée sur les ondes de TVA en direct du Théâtre Saint-Denis à 19h.Et le public ne devrait pas le bouder.Bon an, mal an, l'audience des Jutra tourne autour d’un million de spectateurs.Pas mal lorsqu’on songe à l’amoncellement de galas en tout genre que les téléspectateurs s’enfilent Les Jutra ont le mérite de rappeler aux Québécois que leur cinéma existe en dehors des grosses comédies et que même si le septième art ne gagne pas le cœur du public comme sa télé maison, il fait son bonhomme de chemin.Entreprise de promotion, donc, que ces Jutra?Oui, mais pourquoi pas?Cette année fut du moins un cru assez faste en œuvres québécoises diversifiées et les nominations, qui valsent à travers les genres, en témoignent Par ailleurs, un Jutra hommage sera remis à la cinéaste Anne-Claire Poirier.Ce qui ajoute à l’événement sa part précieuse de remue-mémoire collective.Pas de remake cette année Certains se demanderont en toute logique pourquoi ladite Soirée des Jutra ne clôt pas les 20” Rendez-vous du cinéma québécois.Ces derniers se terminent le 24 février.Or les Jutra sont présentés en plein milieu de la noce.Les organisateurs nous répondent que la soirée de clôture des Jeux olympiques, prévue en même temps, a bousculé le calendrier des événements.Il fallait donner une chance au cinéma maison de trouver son public, qui autrement pouvait être tenté de tromper le septième art avec le sport Dont acte.Depuis la naissance des premiers Jutra il y a quatre ans, on a pu reprocher deux fois à cette soirée hommage au cinéma québécois d’être un remake des Génies canadiens.C’était le cas en 1999 avec Le Violon rouge de François Girard, double lauréat versants fédéral et provincial.Même scénario l’an dernier avec Maelstrom de Denis Villeneuve.Parfois, les Jutra semblent faire carrément Bon an, mal an, l’audience des Jutra tourne autour d’un million de spectateurs double emploi avec les Génies, au point où l’on a quelquefois douté de leur pertinence.Rien de tel cette année, puisque les films québécois n’ont à peu près rien obtenu sur la scène canadienne.Un prix d’interprétation aux Génies a Elise Guilbault pour son rôle dans Im femme qui boit, meilleures images à Pierre Gill pour Lost and Delirious de Léa Pool.Bref, nul balayage dans notre cour et loin s’en faut.L’ironie de la situation, c’est que les Jutra revêtent tout leur sens quand nos films québécois ont fait un peu patate à l’échelle des Génies.Qu’a cela ne tienne.Un crabe dans la tête d’André Turpin, issu de la Nouvelle Vague du cinéma québécois, collé à une modernité qui en allumait certains et en laissait d’autres plus froids, ignoré au palmarès des Génies, part bon favori dans la course aux Jutra avec ses dix nominations.Si son avance lui sert, il devrait remporter la volée de prix: meilleur film, meilleure mist?en scène, meilleure interpretation masculine a David In Haye, etc.A moins que.Le vent peut aussi tourner tout simplement pour privilégier d’autres coureurs.Autre scénario: l'éventuel grappillage par-ci par-là: un peu au Crabe, un peu a L’Ange de goudron, un peu au 15 février 1839, un [jeu à Mariages, un peu à Im femme qui boit.Tout dépendra vers quel genre de film penchera le cœur des votants.C’est le milieu du cinéma québécois qui devient juge en la matière.Privilégiera-t-il une œuvre contemporaine?Un regard sur l’histoire?Un film intimiste ou plus grand public?In partie n’est pas gagnée.les mérites des coureurs sont réels mais si différents les uns des autres qu’on ne se risque guère à sortir sa boule de cristal.Le choix Prenez le film de Pierre Falardeau, 15 février 1839.lœ bouillant cinéaste, patriote s’il en est, avait fait savoir aux médias son refus de présenter son film aux Génies.Remarquez: il n’est pas certain que l’Académie canadienne du cinéma aurait fait la fête au film de Falardeau.Apprécié des critiques, bien reçu par le public québécois, 15 février 1839 ne plaisait guère a la plupart des anglophones, souvent choqués par la violence verbale des Patriotes envers les «Goddams».VOIR PAGE C 2: JUTRA ¦> Il (I C 2 L K I) K V 0 I H .I.K S S A M EDI I E D I M A V < H E 17 FEVRIER (il II ii re - I^es 25 ans de Cinéma Libre Les preux chevaliers du cinéma JURA Les Jutra sont encore trop jeunes pour qu’on les juge à leurs fruits ANDRÉ LAVOIE La fondation de Cinéma Libre en 1977 reposait sur de nobles ambitions mais répondait également à une simple nécessité: assurer la sortie en salles du film d’André Forcier, L’Eau chaude l'eau frette.I-es réalisateurs et les producteurs déterminés a faire connaître ce chef-d’œuvre d’humour grinçant, dont bien sûr Forcier mais aussi Jean Danse-reau, Pierre I^atour et F'rançois Brault, voulaient permettre la diffusion de productions indépendantes partout au Québec.Il s’agissait évidemment de défendre un cinéma que les «gros» distributeurs négligeaient, et mettre de l’avant des œuvres d’auteur, souvent polémiques et politiques, bref, le septième art pour changer le monde.Un quart de siècle plus tard, qu’en est-il de ces beaux principes?En 1986, Sophie Bisson-nette, cinéaste et présidente de Cinéma Libre à l’époque, parlait «d’affirmation culturelle, (,.| d’objectifs d'abord culturels et non économiques» (Copie Zéro, n" 28).Le discours s’est modifié depuis et l’on préfère maintenant viser «la double rentabilité, à la fois économique et culturelle», selon les termes actuels de leur mandat.Comme partout ailleurs, les temps ont changé à Cinéma Libre et si elle demeure une petite compagnie parmi les grandes, elle continue à jouer un rôle essentiel, entre autres parce qu’elle continue de défendre des œuvres (le cinéma expérimental, le documentaire) et des formats (le court métrage, tout particulièrement) trop souvent délaissés.Mais, il n’y a pas si longtemps.Cinéma Libre constituait souvent l’ultime refuge pour les films sans abri; l’explosion de la production a obligé ses administrateurs à resserrer les critères de sélection, à exercer un certain contrôle d’accès qui aurait sans doute indigné les membres des premières années turbulentes.Son catalogue compte tout de même 1000 titres.Virage progressif En poste depuis plus d’un an comme directeur général, Michel Gélinas incarne ce virage progressif mais non radical car, il ne manque pas de le souligner, «à Cinéma Libre, notre case est toujours à gauche!».Chargé de cours en cinéma à l’Université de Montréal pendant près de dix ans, Gélinas avait soif de changement et les nouveaux défis à relever étaient à la mesure de son enthousiasme.Ce diplômé des HEC en gestion des organismes culturels endosse parfaitement l’apparente contradiction de la «double rentabilité», tout en maintenant le cap sur la spécificité de Cinéma Libre.Michel Gélinas ne tient pas à renier le passé mais amène quelques nuances.«On continue de croire que chaque film possède son public.Si quelqu’un réalise Jean Lapointe dans L'Eau chaude, l’eau frette d’André Forcier.un film expérimental, il a le droit d’être distribué.Par contre, nous sommes conscients que ça va intéresser un nombre assez restreint de spectateurs, contrairement à une comédie.Peu importe le type de films, on essaie de faire en sorte que le public de ce film-là rencontre l’œuvre.» Pour que l’histoire d’amour, si intime soit-elle, se produise, Cinéma Libre dispose de moyens limités, certes, mais au fil des années, elle a su tirer son épingle du jeu et permettre l’épanouissement d’une cinématographie qui ne peut se passer d’une relève dynamique, mais pas toujours au fait des réalités du milieu.Michel Gélinas explique le mandat pédagogique de l’organisme: «Des créateurs viennent me rencontrer en n’ayant jamais vu un contrat de distribution.Il faut leur demander, par exemple, s’ils ont libéré des droits musicaux pou r leur film.On accompagne les artistes dans leur démarche, souvent dès les débuts.En résumé, on fait ce que les autres ne font pas, mais on n 'a pas les ressources que les autres possèdent.» Visibilité variable Si les cinéastes apprécient ce compagnonnage créatif, certains deviennent comme ces adolescents qui quittent la maison le plus vite possible.Cinéma Libre en a vu plusieurs voler de leurs propres ailes.ou prendre des avions plus luxueux.«C’est évident qu'après un certain temps, des réalisateurs s’en vont, consta- Cinéma Libre constituait souvent Tultime refuge pour les films sans abri te Gélinas sans trop s’apitoyer sur son sort.Manon Briand ou Michel Jetté font maintenant des films que nous ne pouvons lancer parce que notre structure ne peut supporter de si gros coûts.Le lancement «fHochelaga de Michel Jette avec 26 copies à l’automne 2000 constituait notre plus grande opération de distribution, d'ailleurs très réussie.Plus que cela.» La visibilité de Cinéma Libre est bien sûr variable, selon les œuvres et les moyens à leur disposition pour les distribuer.Cet automne par exemple.Crème glacée, chocolat et autres et consolations de Julie Hivon s’est retrouvé simultanément dans onze salles, et Danny in the Sky de Denis Langlois, dans dix salles.Par contre, beaucoup d’œuvres sont programmées dans les festivals d’ici et à l’étranger, «une excellente fenêtre, selon Michel Gélinas, pour enrichir le portfolio de l’artiste, obtenir une certaine notoriété et l’aider à réaliser une nouvelle production.» S’il est parfois difficile d’imposer des films à des programmateurs pas toujours convaincus, la patience est parfois récompensée, comme avec Donigan Gumming, récipiendaire du prix du meilleur documentaire de l’AQCC pour My Dinner with Weegee, mais dont le travail suscitait peu l’enthousiasme à ses débuts.«Même le festival de Nyon en Suisse n’était pas du tout intéressé et cette année, ils ont proposé une rétrospective de son œuvre», sou- SOURCK TELE QUEBEC ligne fièrement Michel Gélinas.Mais il n’en est pas toujours ainsi: «Pour le réalisateur, c’est toujours la faute du distributeu r si un film n’est pas présenté dans un festival: on n’a supposément rien fait.Mais j’ai parfois 25 films à défendre par année et je travaille constamment avec les programmateurs: si j’insiste trop, que va-t-il arriver aux autres qui vont suivre?Il faut développer et maintenir un lien de confiance.De plus, les petites choses qu’un réalisateur exige, multipliées par 25 ou 40, pourraient gonfler les coûts de manière astronomique.Mettre la clé dans la porte à cause d’une mauvaise gestion, ce n’est payant pour personne.» Nul doute qu’encore cette année, les films que défend Cinéma Libre seront bien représentés lors de ces 20™ Rendez-vous du cinéma québécois où l’on ne manquera pas de souligner les 25 ans de la maison de distribution.On en profitera pour marquer le coup avec un véritable retour aux sources (une nouvelle sortie pour L’Eau chaude l’eau frette) et d’autres événements (un panorama des œuvres les plus représentatives à Montréal, Toronto et Vancouver, une rétrospective du cinéaste canadien Larry Kent, etc.) qui s’échelonneront tout au long de l’année.Contre vents et marées, entre périodes euphoriques et moments d’incertitude, Cinéma Libre tente de réconcilier ses contradictions, de continuer la bataille d’une cinématographie québécoise qui carbure à l’audace tout comme aux maladresses, bref, d’endosser l’armure des preux chevaliers du cinéma indépendant.SUITE DE LA PAGE C 1 D’ailleurs, le film de Falardeau fut boude par plusieurs festivals internationaux.Son succès est demeuré amarré aux frontières du Québec, mais aux Jutra, il sera jugé par les siens, justement Chose certaine, 15 février 1839 talonne Un crabe dans la tête avec ses neuf nominations.Luc Picard y livre une vraie concurrence à David La Haye comme meilleur acteur et Falardeau (qui a fait son meilleur film) talonne Turpin pour le prix de réalisation.Quant à Sylvie Drapeau, elle pourrait bien rafler le Jutra de la meilleure actrice de soutien.Autre poulain de tête (huit nominations): L’Ange de goudron de Denis Chouinard.Lancé au dernier FFM.le film n’a guère connu le succès en salle.Cette histoire de famille musulmane au Québec, malgré ses qualités, ne semble pas avoir trouvé une grande résonance dans notre auditoire.D’autant que les événements du 11 septembre sont venus assombrir sa course, tant le sujet, collé au terrorisme, n’avait plus la cote.Le film est ressorti en salle fin janvier sans rameuter les foules, ce qui ne le disqualifie pas pour autant Catherine Trudeau et Zinedine Soualem dans la course aux prix d’interprétation font excellente figure., I-a femme qui boit Ae Bernard Emond, qui étonnamment ne concourt ni pour la meilleure réalisation ni pour le meilleur scénario, hérite tout de même de cinq nominations, dont celle du meilleur film.Ce huis clos éthylique pourrait non seulement coiffer du prix de la meilleure actrice Élise Guilbault (en lui offrant un doublé avec les Génies), mais aussi, peut-être, couronner meilleur acteur de soutien Luc Picard.Quant au si original Mariages de Catherine Martin, chouchou des critiques cette année, il n’est de la course, et c’est bien dommage, que dans les catégories meilleure réalisation, meilleur scénario et meilleure direction artistique.Ni candidature On peut s’étonner de la présence d’un trio de Boys (Rémy Girard, Marc Messier et Patrick Huart) dans la catégorie meilleur acteur au meilleur film, helas!.ni mise en nomination au prix d'interprétation pour Marie-Eve Bertrand, Guylaine Tremblay, Helene Iniselle ou Mar-kita Boies, pourtant si vibrantes.Le film avait gagné la palme du scénario au dernier FFM.Espérons qui] en sera de même aux Jutra.On peut s’étonner de la presence d’un trio de Boys (Rémy Girard, Marc Messier et Patrick Huart) dans la catégorie meilleur acteur.Richard Goudreau, le producteur des Boys 3, a fait des déclarations au Journal de Montréal, furieux que ses trois comédiens se retrouvent en nomination ensemble (plutôt que séparément) pour le prix d'interprétation masculine.Henri Welsh, délégué général de la Soirée des Jutra, y voit une philosophie d'équipe plutôt qu’une insulte a ces acteurs.Chose certaine, l'équipe des Boys, qui se plaignait lors d’éditions précédentes de ne jamais atterrir en nomination aux Jutra malgré la performance des films en salle, est cette fois de la course.Ses chances de remporter le prix paraissent toutefois bien minces contre David la Haye, lac Picard et Zinedine Soualem, qui défendaient, pour demeurer polis, des rôles nettement plus forts.Mais le Billet d'or au film qui a récolté les plus importantes recettes au guichet est pour ces Boys-\à.On ne peut tout avoir.Chiffrer les retombées des Jutra?Pas évident.LAnge de goudron est ressorti en salle fin janvier dans la foulée de ses nominations aux Jutra, mais sans rencontrer le large public.Maelstrom, l’an dernier, avait connu une vraie seconde vie après les mises en nomination tant aux Génies qu’aux Jutra et il est difficile de départager l'effet Québec de l’effet Canada Les Jutra sont encore trop jeunes pour qu’on les juge à leurs fruits mais ils semblent installés pour de bon dans notre paysage, rappelant au public du petit écran que le cinéma existe même s’il ne l’a pas nécessairement vu passer.Maigre consolation tout de même.IES GYMNASTES DE L'EMOTION Ode au théâtre, sur fond de mauvaise critique TEXTE ET MISE EN SCÈNE Louis Champagne et Gabriel Sabourin avec Stéphane Brulotte, Louis Champagne, Geneviève Rioux, Gabriel Sabourin ET CHAQUE SOIR, UN COMÉDIEN INVITÉ Pierre Collin, Benoît Girard, Jacques Godin, Andrée Lachapelle, Hélène Loiselle, Albert Miliaire, Paul Savoie UNE PRODUCTION DU Nouveau Théâtre Expérimental Du 19 février au 9 mars 2002 fUE Wfjiï'tWifcl du mardi au samedi à 2oh30, dimanche à 15b relâche jeudi 28 février au Temple maçonnique de Montréal 2295 Saint-Marc angle Sherbrooke métro Guy-Concordia ENTRÉE 18 $ RÉSERVATIONS (514) 521-4191 CARMEN JOLIN chante PARADE SAUVAGE de retour du 22 février au 9 mars 2002 À des années-lumière du récital de poésie aride.On sort du théâtre remué, touché.Vous devez aller vivre cette expérience intense et inhabituelle.- Frédéric Boudreault, Voir Tantôt lancinante et minimaliste, tantôt folk mâtinée de techno.Certaines pièces sont si belles.À quand un album ?- Chantal Guy, La Presse Une voix intimiste, une gestuelle précise, des trouvailles de mises en scène et une grande sensibilité S’ de comédienne.- A nne-Marie Grondin, ÜBL Une soiree qriginale, a Æ rebours, par sa forme et M son contemi.de tout ce j que le public pourra *i.voir et recevoir ailleurs.JHHBH Le Devoir WÊÈÈÊÊÊÊÈSk Production Le Groupe de la Veillée Direction artistique et littéraire Téo Spychalski Réal Léveillé, piano Michel Héroux, guitare frédéric Darveau, basse ^Théâtre PROSPERO 1371, rue Ontario Est Billetterie (514)526-6582 Admission (514) 790-1245 www.lavetllee.qc.ca SOURCE PRIX JUTRA Luc Picard dans 25 février 1839 de Pierre Falardeau.è 06 L t DEVOIR.LES SAMEDI 1 »i El 1 M A \ t II I I I V o (I ?Cull u re T H É À T R ?Uindicible plaisir du jeu Louis Champagne et Gabriel Sabourin montent Les Gymnastes de lemotion dans le Temple maçonnique de la rue Sherbrooke JACQUKS GRENIER I.K DEVOIR Dans l’ordre habituel, Gabriel Sabourin et Louis Champagne travaillant les «muscles de l'acteur».¦ s.i-UiJ V' a Z MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Qu'est-ce qu’un comédien?Une «bête de scène» capable de jouer les emotions les plus contradictoires?Un perroquet qui apprend fidèlement son rôle?Quelqu'un qui sent ou quelqu'un qui joue à sentir?La question n’est pas neuve; on y aura même reconnu les deux pôles du fameux «paradoxe du comédien» de Diderot.Mais c'est une question qui fascine.Particulièrement ici, d’ailleurs, où tout un versant de l’activité théâtrale — pour ne pas dire le plus stimulant et le plus vivant — se définit par l’exploration systématique des limites du paradoxe.Qu’est-ce qu’un comédien?oui.Mais aussi: qu'est-ce que le théâtre aujourd’hui à l’heure de toutes ces nouvelles technologies fie la simulation et du virtuel?À quoi, à qui sert-il?Quel est son rôle?Qu’ap-porte-t-il de si «particulier»?On pense à Robert (uavel, a Jean-Pierre Ronfard et à Alexis Martin, à tout ce qui se satellise autour du Nouveau Théâtre expérimental (NTE) et du groupe Momentum.Louis Champagne et Gabriel Sabourin, qui nous offrent Les Gymnastes de l’émotion dès mardi, sont issus de cette mouvance du théâtre qui questionne.Plaisirs du jeu Du théâtre expérimental, Champagne et Sabourin en plangent depuis leur sortie de l’Ecole nationale de théâtre.Ce sont eux qui ont créé, avec Stéphane Crête, le Grand Théâtre émotif du Québec (GTEQ): l’organisme s’est sabordé — «auto-suicidé», précise Gabriel Sabourin — après avoir monté douze productions en douze mois.«C’était logique, complète Champagne, puisque nous cherchions l’ultime émotion.» Ils rient.Bruyamment.Ils rient beaucoup d’ailleurs.En fait, pour avoir une mince idée de ce qui s’est passé cet après-midi-là tout au fond du petit café du TNM, il faut imaginer constamment de grands éclats de rire en cascade.Nous rîmes donc.Sérieusement.«On avait le goût de revenir sur le paradoxe du comédien, qui nous avait intéressé à l’école parce que c’est une occasion en or de travailler sur le jeu, raconte Champagne.Après avoir fait des trucs chacun de notre côté [Champagne, entre autres activités, a écrit et joué son Homme des tavernes, dans une taverne évidemment et Sabourin revenait d’une tournée en France avec Mathieu trop court, François trop long], on a constaté qu’on avait le goût de jouer ensemble.On a opté pour la fiction totale et décidé d’écrire une comédie classique autour du paradoxe de Diderot.Et tant qu’à faire, on s’est dit qu’on jouerait dedans et qu’on en ferait la mise en scène.» (Eclats de rire) «C’est cela l’entière prise de parole, reprend Sabourin.Et cela procure un plaisir immense.» Quand on leur demande si la pièce a été écrite à quatre mains ou à deux, c’est Champagne qui répond: «On l’a écrite ensemble, par courrier électronique, en versions successives, en feed-back directs, sans imprimer avant d’arriver à la toute fin.On travaillait chacun de notre côté et on s'envoyait des versions, souvent la nuit ou aux petites heures du matin.Je me revois encore en boxer devant mon ordinateur au beau milieu de la nuit.» «Mais notre plan était très précis, précise Sabourin.On savait exactement ce qu'on voulait dire et à quel moment.On a passé une couple de soirées à bien l’établir et à définir aussi l’essentiel des personnages et de l’intrigue.Après, il ne restait plus qu’à y mettre des mots.» (Rires sonores) Sport extrême Heureusement Champagne et Sabourin ont réussi à intéresser Jean-Pierre Ronfard, Alexis Martin et les gens du NTE à leur projet.«Cest sûr qu’on est dans la mouvance du NTE, explique Champagne.C’est pour nous — et pour n’importe qui — le lieu idéal pour monter un spectacle qui remet en question le jeu de l’acteur.Mais concrètement, ça implique aussi qu ’ils prennent en charge tout un support technique qu il fallait assumer nous-mêmes du temps du GTEQ.Im création tous azimuts, c'est remplissant, oui.Mais trois ou quatre fois par année, ça devient un sport extrême.» Et pourquoi ce titre, Les Gymnastes de l’émotion?«Parce qu’un acteur, ça se construit, explique Sabourin.Comme un gymnaste qui exerce sa musculature, l’acteur s'exerce à jouer, il répète les mêmes mots, les mêmes gestes; qui sait, il y a peut-être des muscles propres à l’acteur.Peut-être même l’acteur fonctionne-t-il à partir d’une forme de stéroïdes de l’émotion.(Re-rires) Alors, pour mieux faire mir, on a regroupé toutes ces interrogations en deux personnages, qui sont des passionnés mégalomanes égocentriques.» Ces deux personnages, Monsieur de Sabrecour, un critique réputé joué par Sabourin, et un auteur de théâtre mineur, Monsieur Du Mousseux, incarné par Champagne, se détestent copieusement.L’un des deux — on ne vous dira pas lequel — cherche d’ailleurs à tuer l’autre et c’est déguisé, en jouant un personnage, qu’il arrivera sur scène.Le tout se déroulera au fil d'une longue conversation durant la préparation d’un repas de fête.Sabrecour, par exemple, y défendra la position voulant que l’acteur fait des gestes artistiques qui n’ont rien à voir avec l’instinct.On verra même évoluer une curiosité: une bête de scène, «l'acteur définitif» (interprété par Stéphane Brulotte) capable de jouer tous les rôles.En prime, chaque soir, un comédien du milieu montréalais — la liste porte les noms de Jacques Godin, Hélène Loiselle, Andrée Lachapelle et Monique Miller, entre autres — viendra ajouter son grain de sel à cette réflexion ludique et festive sur l’art du comédien.Avec la présence d’un auteur — même mineur —, d'un critique et de tous ces acteurs, tout est réuni, on le devine, pour que les clins d’œil et les références au milieu pleuvent tout au long du spectacle.Même le lieu, le Temple maçonnique de Montréal, laisse présager une soirée de remise en question sur arrière-fond de soufre tout autant que d’éclats de rire.en «gymnastes de l’émotion» Dernier petit détail important: la pièce se passe le 13 juillet 1789.Et on est prié de ne pas s’étonner que l’anachronisme soit de mise.théâtre du rideau vert DU 12 MARS AU 6 AVRIL Une collaboration de V de SERGE KRIBUS S* Retour aux souches (514) 844-1793 • www.rideauvert.qc.ca Une modeste actualisation CAMELIAS De Pascal Rrullemans, d’après Alexandre Dumas fils.Mise en scène: Eric Jean.Décor et accès soires: Magalie Amyot Cos tûmes: Ginette Grenier.Kclai rages: Etienne Boucher.Son: Mathieu Catien et Eric Jean.Avec Anne-Sylvie Gosselin, .Alexandre Erenette.Josee Ri vard, Normand Daoust et Jean-l'rançois Beaulieu.lYesente par le Persona Théâtre a la salle E'red-Barry jusqu'au 23 lévrier.soi* lllK POt: LIOT Ia salle E'red-Barry, dont la -/direction artistique, ces dernières années, laissait à désirer, tend, cette saison, à redorer son blason.Si les productions qu el le propose sont imparfaites, du moins celles-ci présentent elles quelque intérêt.Une nette amelioration.Camélias, adaptation signée Persona Théâtre et Pascal Brullemans de Im Dame aux camélias, est un bon spectacle.Réinvente-t-on les conventions scéniques?Non.Donne-t-on un éclairage véritablement nouveau à un texte monté à toutes les sauces (cinématographique, opératique, etc.)?Non.Actuali-se-t-on le propos de ce texte du XIX' siècle?Non.Mais l’histoire d'amour qui y est livrée de façon intense fait tout de même de cette production un bon spectacle.Soyons francs, le principal in térêt de Camélias réside en l’in terprète de Marguerite, Anne-Sylvie Gosselin.Pulpeuse, sensuelle et intense, elle éclipse entièrement son pâle vis-à vis, Alexandre Erenette en Armand Duval.A elle seule, la jeune actrice arrive à donner un ton à une production qui, autrement, bafouillerait.Car insérer quelques chansons populaires contemporaines (dont une du groupe Moby), opter pour des costumes hétéroclites et couper la pièce par une parenthèse de distanciation brechtienne où les acteurs préparent le décor pour la scène suivante ne suffisent certes pas à actualiser une pièce el encore moins à en donner une version inédite.Tout cela manque d'originalité et, qui plus est, s’avère une recherche plutôt superficielle.En effet, on ne manquera pas de noter que les amours contrariées par des facteurs sociaux (classes sociales, rivalité des ta milles, etc.) sont plus rares qu'elles ne l’étaient.Ainsi, il au rail été intéressant, tant qu'à réécrire la pièce, de lui donner un profil plus contemporain En fait, que cette adaptation soit a ce point fidèle a (histoire originale surprend de la part d'une compagnie audacieuse et novatrice telle le Persona Theatre.I e seul veritable apport de cette production au ixvit de Dumas est de faire de Marguerite la veritable heroine de l'histoire, une femme de tète, maîtresse (fi' son destin plutôt que victime.Enfin, si les costumes s’avèrent peu convaincants de par leur manque de coherence, reste que l’esthétique épurée du décor séduit.Gela est particulièrement le cas de la scène finale où le lit de mort (fi1 Marguerite devient un écrin où l’on devine reposée la perle qu’était cette femme bonne mais méprisée.Bref, un spectacle qui charme, sans toutefois pécher par excès d’originalité.SOURCE l’KRNONA I III Al Kl Camélias est une adaptation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils par Pascal Brullemans.TNt Xi tÉ AT R ECO OUVEAU MIoNI>F OiÉur | I 1/ V I I Mensonge (ruauté Un tramway nommé Désir Tpnnpsspp Williams Traduction el mise en scene de Rpné Richard Cyr Babel Dichpr framois Papineau Marie-france Marcotte Pierre Leheau et IrPdPnc BPlanqpi, Norman Helms, Caroline l avoie, Jean Pierre Malle, Martela Pizarto.Christiane Proulx, Sebastien Rajotte tes (ontppieurs : Nicolas Rnlliri.Réal Benoit, Irantois St Aubin, Mattiti Labrecque, Midiel Smith.Normand Blais.Anqelo Batsetti, Radiel tremblay Une presentation BANQUE LAURENTIENNE Des le 5 mars Réservations 866.8668 www.tmn.qt.ta NOMINE pour le Masque 2002 de la production "Montreal et pour le Masque de la contribution spéciale aux chorégraphies silences et cri s unc création oc GILLES MRHCU 7 ru 24 FévRieR À 20H30 “Maheu nous retint entier, Maheu fait un retour tout i fait réussi: Rob.n Uvtiqu.ricdio-onta.cm t un très beau et tendre moment, on en ressort le cœur léger.une belle fresque de l'expérience Humaine, arec un parti pris étidnt pour In quête du bonheur.,: ¦ Ève Duma», La Preaaa "Gilles Mnheu’s triumphant return to Carbone 14.' gmm.t "-un spectacle serein, musical, festif, un SUPPLÉMENTAIRES 26, 27, 28 février 1er et 2 mars COMPLET les 19, 20 et 21 février Hour .à la beauté de la tie: • Paul Toutant, Radio-Canada.Montréal USINE O 521 4493 adfiission_790.i.245 MÆM üf -‘mm L E I) K V OIK, L E S A M EDI I (i ET D I M A V ( H E 17 FÉVRIER 2 0 0 2 ( 1 THÉÂTRE L> A N S E Terriblement drôle MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR Cy est une histoire terrible qui se passe dans le milieu de la haute finance.Une histoire de gens étouffés par la pression de leur milieu de travail, dévorés par l'ambition et terrorisés à l'idée de se faire foutre à la porte.Des gens qui passent leur journée à s’empêcher de vivre pour mieux performer.Et qui n’ont qu’un seul exutoire, qu’une seule façon de se libérer de la boule de stress qui leur noue la gorge: fumer.Normand I^vesque, qui a tout joué et tout vu depuis les 30 ans qu'il fait ce métier, endosse le rôle du chef administratif de cette entreprise spécialisée dans le courtage et les placements.Il en est aux enchaînements de cet Après la pluie de Sergi Belbel, que Michel Nadeau met en scène dès mercredi au théâtre Jean-Ducep-pe.Tout imbibé de son personnage, sous le choc presque, il nous parle de cette critique virulente de nos sociétés contemporaines qui, en 1998, a reçu le Molière de la comédie.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Normand Lévesque joue chez Duceppe dans un texte coup-de-poing.à crouler de rire.'**'& l le Studio de l’Agora de la danse présente Ruth Cansfield Dance FLUX PREMIÈRE MONDIALE 21.22.23 février 2002 20 h CHORÉGRAPHE Ruth Cansfield I NTERPRÈTES Brock Adams Johanna Riley Treasure Waddell MUSIQUE George Crumb Morton Feldman Arvo Pârt Krystof Penderecki ÉCLAIRAGES Hugh Conacher SCÉNOGRAPHIE Randal Newman COSTUMES Wanda Parian « Ruth Cansfield danse pour dire, voire pour crier.» Manon Richard La Presse HR L'AGORA DE U DANSE '" “U50!,.840, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE I.KDKVOIIi Des numéros "Oui, c’est un texte terrible; un coup de poing au visage.Mais en même temps, c’est d’une drôlerie absolument irrésistible.Tous ces gens travaillent dans le milieu ultracompétitif de la haute finance.Ça se passe dans un gratte-ciel, une énorme tour de bureaux comme il y en a dans toutes les grandes villes du monde.Et pour montrer que ça peut arriver n’importe où et qu’il s’agit de n’importe qui, puisque les gens ne sont en fait que des numéros dans cet univers, les personnages n’ont pas de noms.» Normand Lévesque est le chef administratif de la firme, on l’a dit On rencontrera aussi un programmateur, une directrice exécutive, quatre secrétaires (la Blonde, la Rousse, la Châtaine et la Brune) et un coursier.Tous montent clandestinement sur le toit de l’immeuble de 49 étages pour aller fumer en cachette.Et encore là, le rituel de la cigarette ne sera possible qu’à travers toute une série de règles hiérarchiques mettant en relief des relations de pouvoir et un climat de délation qui se mettra en place par petites touches successives.«C’est un texte extrêmement actuel aussi, reprend Lévesque.On connaît tous quelqu'un qui travaille dans un milieu hautement compétitif.Et on a tous vu ces gens fumer dehors sous la pluie ou par des froids polaires; on connaît aussi les tapis de restes de cigarettes qui décorent désormais les angles des édifices à bureaux.C’est un peu tout cela qui relie aussi les personnages de la pièce, qui, pour entrer dans la compagnie, ont dû jurer qu’ils ne fumaient pas.Mais au lieu de créer une complicité dans l’interdit, le genre de relations qu’ils vivent dans leur milieu de travail instaurera plutôt un climat de délation, de paranoïa et de stress supplémentaire: une sorte de hiérarchie du coup de pied au cul à répétition.De sorte que même là, sur le toit, la pression continue à monter; les gens se cachent, nient, ne se font pas confiance.C’est pour cela qu’ils en viennent tous à éclater.» Intégrismes Symboliquement, tout menace d’ailleurs d’éclater à tout moment: le climat est étouffant.Il n’a pas plu depuis deux ans et même l’air est tendu.Sergi Belbel, que l’on s’amuse à comparer au cinéaste Almodovar, fait ainsi référence à l’intolérance du monde et à tous les intégrismes, selon Normand Lévesque.«Je suis non-fumeur depuis plus de 20 ans [cinq des huit comédiens qui fumeront sans relâche tous les soirs sont non-fumeurs], mais je ne suis pas un intégriste.Vous verrez, d’ailleurs: des gens protesteront à cause de l’omniprésence de la cigarette sur scène.Mais les personnages de Belbel sont tellement dévorés par l’ambition qu'ils deviennent des intégristes, et on saisira très vite ce côté inhumain de la performance qui les conduit à se mépriser les uns les autres.Ce sont tous des êtres poussés à leurs limites, à la fois monstrueux et pathétiques.» Le plus incroyable à travers tout ça, c’est qu'Â(>rrà la pluie est une pièce d'une drôlerie absolument irrésistible qui déclenchera des éclats de rire hystérique à répétition.L’humour est tellement présent sur nos scènes qu’on oublie trop souvent qu’il est aussi une arme redoutable.APRÈS LA PLUIE Texte de Sergi Belbel Mise en scène de Michel Nadeau Coproduction Compagnie Jean-Duceppe et Théâtre Niveau Parking de Québec A Montréal jusqu’au 30 mars puis à Québec du 4 au 27 avril JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ixi comédienne Hélène Loiselle a accepté l’invitation d’Estelle Clareton avec plaisir même si elle doit s’adapter au processus de création en danse, qui est fort différent du théâtre.¦F'-Zy'i'*' Les passages d’Estelle, la mémoire d’Hélène La chorégraphe Estelle Clareton explore le thème des passages obligés et des blessures ISABELLE POULIN Lorsqu’elle arrive sur scène, un drôle de phénomène se produit.Le charme opère instantanément mais on ne sait trop si c’est le personnage qu’elle incarne ou tout simplement Estelle Clareton qui séduit autant.L’interprète a cette qualité de transparence rare qui donne vraiment l’impression d'être devant quelqu’un d’authentique, qu’elle soit au milieu des ombres de Jean-Pierre Perreault, dans les mondes de Ginette Laurin ou dans la peau des gens tout simples à qui elle donne vie.La vie et la danse, elle ne peut pas s’empêcher d'essayer de les lier.Il y a aussi chez Estelle Clareton, chorégraphe, ce besoin irrépressible de raconter une histoire.Ses propres créations, elle les tisse d’ailleurs comme autant de chapitres de sa vie ou de celle de ses proches.Dans Ce n’est pas de la manière qu’on se l'imagine que Claude et Jacqueline se sont rencontrés, créée et interprétée en collaboration avec l’auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad, le couple du titre ressemble étrangement à celui sur scène.Dans le solo Juliette, elle incarne une danseuse qui n’en peut plus de se battre pour juste gagner sa vie; il y a eu aussi Je ne me souviens pas très bien, un duo sur la séparation.A petites doses ou plus structurés, les récits, qui portent souvent les prénoms de leurs personnages, prennent la forme narrative: «J’ai toujours besoin de sens, dit Estelle Clareton.Je crois que je me suis lancée dans la création pour essayer de comprendre ce que je vis.Moi, je n’arrive pas à comprendre intellectuellement ce que je vis, ce que je ressens.J’ai besoin de la création pour ça.Je pense que c'est aussi un besoin de faire un lien avec la vie, le quotidien.Pour moi, les danseurs sont avant tout des êtres humains qui ont des tics, des émotions, des histoires.Des histoires qu’ils sont capables de raconter avec leur corps.Et l’utilisation des prénoms?C'est un peu pour dire: Claude et Jacqueline, et Juliette, et les autres, c’est nous.» Autour d’Hélène Loiselle Dans la nouvelle création d’Estelle Clareton, coproduite par Danse-Cité et Montréal Danse et intitulée De Julia à Emile, 1949, ce sont dix interprètes qui se prêtent au jeu de la mémoire d'une femme.Julia revoit sa vie et les personnes qui l’ont traversée.Au centre de la pièce: Hélène Loiselle.Une ac- trice d’expérience, une femme âgée qui parle par sa seule présence du temps et des blessures qui usent.C’est lors de leur rencontre dans Rêves de Wajdi Mouawad que la chorégraphe a compris qu’Hélène Loiselle devait incarner Julia: «Je voulais travailler sur le corps fatigué.Moi, je me sens comme ça, après toutes ces années comme interprète.Et je trouvais intéressant que nous soyons, nous, en rapport avec une personne beaucoup plus âgée, avec toute son expérience, son désarroi aussi.Hélène est incroyable! Elle a un tel naturel! À travers toute l’action, on avait peur de la perdre, mais non! C’est un véritable aimant.» Hélène Loiselle, de son côté, a accepté l’invitation d’Estelle Clareton avec plaisir même si elle doit s’adapter au processus de création en danse qui est fort différent du théâtre: «Nous, les comédiens, on interprète — on essaie tout de même d'être créateurs dans la façon de recevoir une œuvre —, alors que là, la création se fait au jour le jour.On efface et on recommence.Ça peut être insécurisant mais, paradoxalement, la mémoire, celle du corps, des déplacements, est plus fidèle.En ce sens-là, c’est moins insécurisant que d’avoir à mémoriser un texte.C’est vraiment une expérience passionnante.» Ce thème des passages obligés, des blessures, Estelle Clareton avait commencé à le développer dans/c pense à autre chose.Il prend aujourd’hui une tout autre saveur: «Julia, c’est la conclusion de cette recherche sur la perte, le deuil.Il est question de la difficulté et aussi de la nécessité de laisser quelque chose pour qu’autre chose émerge.J’ai l’impression que cette pièce marque aussi la fin d’une façon de travailler.Même si j’ai toujours besoin que mes pièces définissent des personnages très clairs, j’ai envie d’aller plus vers le mouvement, de me libérer du sens.C’est aussi, je crois, le deuil de ma vie d’interprète qui se dessine.Au fond, fai envie de me consacrer à la création chorégraphique, mais c’est très douloureux de quitter la vie d’interprète.Mais avec ce projet-là, je sais que je suis à la bonne place.» DE JULIA À ÉMILE, 1949 Projet Clareton, une coproduction Danse-Cité et Montréal-Danse, les 22 et 23 février et du 26 février au 2 mars.Au Théâtre des Deux Mondes, 7285, rue Chabot, Montréal (métro Fabre).Uns coproduction de at da MONTRÉAL DANSE De julia à émile, 1949 22-23 et 26 février au 2 mars 2002, 20h THÉÂTRE DES DEUX MONDES 7285, me Chabot, Métro Fabre, sortie est ou autobus 45 (deux rues à l est de Papineau) Mardi-causerie le 26 lévrier 2002 après la représentation : une rencontre féconde avec les artistes BILLETTERIE: 100, ave des Pins Est RÉSERVATIONS : 845-7277 A la porte : VISA ou argent comptant seulement m -> chorégraphe Estelle Clareton interprètes Hélène Loiselle.Maryse Carrier, Daniel Firth, Annik Hamel, Rachel Harris, Denis Lavalou, Danielle Lecourlois, Manon Levac, Mark Shaub.Daniel Souliires collaborateurs Kathy Casey, Jean-Pierre Côté.Merie-Josée Gauthier.Annie Gélinas.Martin Labrecque /Vt Le devoir ^ Z ^ k: J rv- , L/1 r.LO CC < r (VI m ^ VUJ ti- ^ 3 "O ur /RrCfo Verso MACHIN E " cf //rr """° ch,(ss'! doubles • “ fl) ’ Xndrf, t: PROBLf-MAnQUE PROviL î: «au“Ê vîs'c'osiVr,"; J“l"« — ««tebuncÏÉ'* ruerfo *Mn> w J*n"w *r*i 3 ^ Enn-fe Hbre.sauf * A i St ^ _ I M A \ l Ht K V \ H I K IS lî 0 (» Pour Phoran complet, consultei utnm cin^na U genda e x Ce n t ris HORAIRES 514 847 2206 WWW.EX-CtNTRIS.COM C 1 N E M A Chez les bons et les méchants Hollywoodien à hurler ODILE THEM BLAY LE DEVOIR \ A l'heure de plonger dans son dernier film, Jean Beaudin declare avoir eu envie, pour la première fois de sa vie.de courtiser la large audience au cinéma.Le Collectionneur, adapte du roman de Chrystine Brouillet, sortira en salle la semaine prochaine sur une soixantaine d'écrans.«Mon distributeur a fait le pari qu'un thriller pouvait rejoindre un public aussi nombreux que la comédie», dit-il.Jean Beaudin.le cinéaste de J.A.Martin photographe, de Being at Home with Claude et de Souvenirs intimes, se dit conscient d’avoir surtout fait jusqu'à maintenant des films à l'attention d'un public assez ciblé.«J’ai le souvenir des Filles de Caleb à la télé.Tant de monde aimait ça.Il est agréable parfois de ratisser large.» aime beaucoup les thrillers, dit-il./’arais un peu tâté du genre avec Being at Home with Claude mais, pour Le Collectionneur,/af pu le creuser avec des bons, des méchants et une structure dramatique bien dessinée.Au Québec, en dehors de la comédie, on n a pas beaucoup exploité les films de genre.Avec Le Collectionneur, je pouvais développer le personnage du tueur, l'enquête, le rythme.» Jean Beaudin se dit particulièrement content de la construction de son film: l'enfant, par exemple, qui reprend à la fin les costumes portés par le héros au début du film.le personnage principal est un tueur en série, psychopathe sur les traces duquel Maud, une jeune détective, se lancera.Jean Beaudin précise s’être très librement inspiré du roman de Chrystine Brouillet.«Elle m’a dit: “Mon livre est écrit.Fais le film que tu veux.” » Jean Beaudin a modifié bien des choses du roman au scénario: le dénoue ment surtout (mais il ne faut pas dévoiler le punch).Il a creusé des personnages, dont celui du petit garçon fugueur qui se réfugie chez l’héroïne, lequel a pris de l’étoffe.«Dans le livre, on décrit tous les meurtres.Ça ne me tentait JACQl'ES GRKNIER LE DEVOIR Jean Beaudin tourne un thriller tiré d'un roman de Chrystine Brouillet, Le Collectionneur.pas de les filmer, et puis j'ai endossé un peu le point de vue des policiers, qui ne voient pas les meurtres mais arrivent après coup.» Des mannequins démembrés prennent le relais des victimes.«Les acteurs refusaient qu’on leur coupe les bras et les jambes», dit en blaguant le cinéaste.«Il y a deux films dans le Collectionneur: l’intrigue policière et une histoire d’amour entre Maud et les jeunes garçons qu’elle héberge», précise-t-il.«Les tueurs en série sont les personnes les plus perturbées du monde», estime Jean Beaudin.Le cinéaste a lu un grand nombre d’ouvrages sur la question en plus de s’enfiler une quarantaine de films, de Die Bone Collector à The Silence of the Lambs en passant par Seven, essayant de comprendre la psychologie de ces tueurs, traumatisés dans leur enfance, vivant une vie banale le plus souvent, qui se transforment en des espèces de loups-garous à l’heure d’assouvir leurs pulsions.«Il est très rare que le tueur en série passe à l'acte avant l’âge de 27 ans et il s’arrête NOMINATIONS AUX OSCARS Meilleure actrice - HALLE BERRY Meilleur scénario original é «UN CHEF k D’OEUVRE!» - New York Post ! «MAGNIFIQUE! À VOUS COUPER L LE SOUFFLE!» TIk* Nom York Times BLE MEILLEUR U DE L’ANNÉE! Ro^rr EIhtÎ, Ehert & Roeper t HILLY HOH THORNTON • HALLE BERRY IIEATH LEDGER • SEAN COMBS • PETER BOYLE LE BAL DU MONSTRE (Version française de MONSI ER S BALL) ( „ h|„,d,.MARC EORSTER "/te mwÉ ww w.ihristalf ilms.com -FAMOUS POWERS 1 I MEOA P^EX- 0UZ2O—1 |— VÉQA-PLEX ’ GUZZO —i i MAISON OCJ CmfMA i PARISIEN ?11 JACQUES CAFTER 14 ?[ 1PONT-VIAU 16 ?j | SHERBROOKE ?1 VERSION ORIGINALE ANGLAISE i r— CINEMAS AMC -1|-CINEPLEX OOEOS-I |— LES CINEMAS GuZZO—I r— MPGA-PLEX - GUZZO —I I-'AMOUS POVER8-I [LE FORUM 22 ?I 1 CAVENDISH IMlil) ?| [DES SOURCES 10 ?| [TASCHEREAU 18 ?j |COLOSSUS LAVAL ?| 16 PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! pSOR0IGIT*l[Tte-,£dêle~71 vers le milieu de la trentaine Planifier les crimes, cacher les corps commande une terrible énergie.Im plupart d'entre eux se font descendre ou s'arrangent pour être pris et ne veulent plus sortir de prison, de crainte de récidiver.» L'action (comme dans le livre) se déroule à Quebec.Jean Beaudin avait fait auparavant quelques plans du Matou dans la capitale, mais c'est la première fois qu’il s'y installait aussi longtemps (encore que les intérieurs aient ete tournés à Montréal).Québec a sa beaute, mais il faut y emmener les équipes de Montréal et le coût du tournage s’en ressent.«C’est une ville sur deux paliers, très intéressante à rendre cinématographiquement.» Dans la peau du tueur: Luc Picard.«U avait dit qu il était tanné de jouer les bons gars, précise Beaudin.Je l'ai appelé pour lui offrir le rôle.Imc est un grand acteur de cinéma qui ne joue pas mais devient le personnage.Sa seule préoccupation est d’aller jusqu 'au bout.» De Maude Guérin qui incarne la detective, il saluera la polyvalence, les nuances de jeu et l'intrépidité: «Elle n'a peur de rien.» Le prochain film de Beaudin sera aussi un thriller, mais plus inti-iniste que Le Collectionneur, à trois personnages, qui trouvera son dG cor dans l’arrière-Charlevoix.Il écrit aussi le scénario d’une œuvre plus collée à son passé de cinéaste: une histoire d’amour entre deux personnes âgées.qui ne sortira sans doute pas en temps et lieu sur 60 écrans mais qui rejoindra peut-être davantage les cinéphiles.JOHN Q, Realisation: N ick Cassavetes Avec Denzel Washington, Robert Duvall.Jana's Woods, Anne Heche.Eddie Griffin, Kimberly Elise'.Shawn Hutosy, Ray Liotta.Image: Rogier Stoffers.Musique: Aaron Zigman.ODILETRKMBLAY LE DEVOIR Décidément, Nick Cassavetes.le his du grand John, apparaît à tout le moins fort inégal.11 nous avait pourtant donne, en 1997, un film assez réussi, d’ailleurs prime à Cannes, She’s So lamely, mais ses premiers pas patauds de réalisateur avec Unhook The Stars avaient déçu beaucoup de inonde.11 semble lusher entre productions commerciales et œuvres plus personnelles en ayant de la difficulté à découvrir et à imposer son style.Avec John Q., il sombre dans le ridicule.Une histoire invraiseni blable sur fond d’amour paternel nous est servie en prenant pour cible les soins de santé américains qui commandent des assurances bétonnées et laissent en détresse les malades indigents.le thème est d’ailleurs intéressant mais se voit servi avec un pathos souligné à gros traits et avec (.les peripeties impossibles qui desservent complètement la cause.De plus, alors que She’s So Lovely empruntait les sentiers du cinéma indépendant, le dernier film de Cassavetes est hollywoodien à hurler, sans finesse et sans nuances.Den/el Washington s'est prête au jeu de l’homme ordinaire, bon mari, bon père de t,unifie et chrétien pratiquiuit, dont la vit- bascule quand son lils.doté d’un cœur de mesure, doit subir une transplantation cardiaque sans que la famille n'ait les moyens d’en assumer le coût.Le papa cherchera désespérément à trouver l’argent avant de prendre la salle d’urgence et tous ses pensionnaires en otages, de ne goder avec un policier glace (Rie bert Duvall, bien ixm convaincant).11 avait auparavant eu maille à i\u tir avec l'impitoyable directrice de l’hôpital, campée par une Anne Heche coupée d'elle-mènie, dure comme le roc, qui versera a la lin une larme captée par une camera sans cesse racoleuse.L'invraisemblance de cette prise nmioïissuti uec™iK., Rune Tiiou Mathieu Hassoviïz © NOMINATIONS AUX OSCARS® j « Meilleur film étranger *> NOMINATIONS AUX CESARS * JLz T'dffUUuXÆ TbHltiiH /.iU.lvl r* *1J CHRISTIAN LAROUCHE et GINETTE PETIT présentent d’otages hospitalière qui vaudra au hems de sauver sari tils quand les tetes dirigeantes céderont à ses menaces n'a d’egale que le jeu ap puve di's ai'teui's et kniis répliqués sirupeuses de sentimentalité.Denzel Washington, si l'orl quand un scenario solide et un râle bien dessine lui collent a la |ieau.fail ce qu’il ixmi au ix'til txmheur la ehanee i-n herosvriminel sanetilie par l’Ai|)i-nion publique, mais, ii'i, il s’i'nlise tivec ce film rate.À la toute fin.quelques lignes apparaîtront à l’écran pour dénoncer le manque de protection d'un grand nombre aU1 citoyens américains démunis lace à leur s\ sterne de saute.Ci' ix-ndant, apres une histoire si extravagante, ees lignes perdent toute portée./oGi Q.est tout simplement un film à éviter.[ES RENDEZ VOUS DU CINEMA QUEBECOIS MONTREAL lb 24.FEVRltK.ZUUZ I CINÉMATHÈQUE QUEBECOISE j CINEMA ONF | www iv«; coin Qoo^c.Y -J Quetec n LES REQIDEZ-VQUS DU CINEMA QUEBECOIS 2002 187 FILMS ET VIDÉOS À VOIR, DONT 40 PRIMEURS: > 22 longs métrages > 53 courts et moyens métrages de fiction >14 films d'animation > 48 œuvres d'art et expérimentation > 50 documentaires DU 15 AU 24 FÉVRIER 2002 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISt : 335, BOUL DE MAISONNE UVE EST (MÉTRO BERRI-UÜAM) TÉL : (514) 842-9768 CINÉMA ONF : 1564, RUE SAINT-DENIS (MÉTRO BERRI-UQAM) TÉL.: (514) 496-6895 BILLET : 6 S pour i séance CINE CARTE : 25$ POUR 5 SÉANCES (CATALOGUE GRATUIT) PRÉ VENTE DÉS LE 12 FEVRIER A LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE ET AU CINÉMA ONF Q Telefilm Canada ( aiwB S ^ t tmtmm xi*i«n, ot>ui» 9: m Ville de Montréal MAUDE LAWRENCE CHARLES-ANDRE LUC GUÉRIN ARCOUETTE BOURASSA PICARD • ’ IC’ Un Hlm de lean Beaudin LeCOLLECTIONNEUR % Maud Graham enquête www.
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