Le devoir, 9 janvier 2002, Cahier A
AUTOMOBILE PROCHE-ORIENT La polémique sur le cargo d’armes se durcit Page A 5 ?w w w .l('d c \ o i r .c o m ?LE DEVOIR GM et Ford supprimeront des milliers d’emplois Page B 1 PERSPECTIVES J o sè e Boileau Un petit chez-soi, hors de la rue on, les itinérants n’ont pas pour unique recours la rue ou le retour en institution, eux qui sont si massivement affligés de problèmes de santé mentale ou de toxicomanie.Oui, ils sont prêts à céder un peu de leur liberté pour un petit chez-soi bien aménagé où ils trouveraient du soutien au jour le jour.Or ces lieux existent Ils sont peu nombreux, méconnus, mal financés, et ils portent un nom rébarbatif les OSBL (organismes sans but lucratif) d’habitation pour anciens itinérants.Mais ils représentent une vraie solution à l’encombrement actuel des refuges pour sans-abri ou aux solutions de fortune trouvées par ces itinérants qui, fuyant la promiscuité, se bâtissent leur coin à eux sous les ponts.Car même eux, qui tiennent tant à leur indépendance, finissent par reconnaître que la chaleur d’un vrai foyer, ça fait beaucoup de bien.Edouard en constitue un bel exemple.Il a vécu des années «dans le bois», ne gardant pour tout lien avec la société que les repas qu’il allait prendre à un refuge pour itinérants de Hull.Il a fini par y faire du bénévolat tout en logeant dans son bois.Quand il a été question d’ouvrir une résidence permanente pour sans-abri, la première de la ville, il a été sollicité.«J’avais peur d’y aller, nous disait-il cet automne.J’avais jamais eu d’appartenance nulle part, et dans mon bois, j’étais pas malheureux.» Mais il décide de se lancer.H emménage à la résidence Mon chez-nous dès son ouverture, en 1999.Deux ans plus tard, il y est toujours, ébahi.«Je m'imaginais pas que c’était possible, une place comme ça.Avant, j’étais en dehors de la société.Jà, je suis dedans.» Des Edouard, les OSBL en sont pleins, qui font visiter leur chambre ou leur petit appartement avec fierté.Leurs problèmes —r bien réels — ne sont pas pour autant réglés.Mais quand ils dérapent, quand ils vomissent dans l’escalier, quand les tendances suicidaires se manifestent, on ne voit pas en eux que des cas sociaux, «les fous du bloc».Un intervenant est certes présent pour donner l’indispensable soutien.Cependant, le lendemain, ce n’est plus au malade qu’il s’adresse mais au locataire, qui peut donner un coup de main pour les finances de la résidence, s'occuper du jardin ou participer à la préparation du prochain repas communautaire.C’est pourquoi ces projets, qui ont vu le jour au Québec il y a 20 ans, suscitent l’admiration de tous ceux qui s’y frottent (particulièrement le personnel des services sociaux qui y réfèrent des itinérants), comme l’indiquait en 1998 une étude menée par l’équipe d’Yves Vaillancourt, directeur du Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS) de l’Université du Québec à Montréal.Pour Yves Vaillancourt lui-même, qui s’intéresse pourtant depuis des années aux politiques sociales, la découverte de ces OSBL d’habitation dans les années 90 fut une véritable révélation.Les études du LAREPPS le démontrent: l’encadrement souple et respectueux a un véritable effet sur les résidents, même les plus «poqués».«On oublie tellement que le logement est, avec l’emploi et l’éducation, l’un des trois déterminants de la santé et du bien-être des gens», dit-il.Et l’oublier, c’est retomber dans les clichés comme on en voit beaucoup depuis quelques jours: tout est la faute de la «désins», et les sans-abri ne sont plus vus que comme des malades à soigner.Sauf que ces itinérants n’ont pas tous besoin d’être enfermés, d’où l’intérêt des OSBL développés par des gens sur le terrain — et qui avaient d’ailleurs pour but initial de sortir ces démunis de maisons de chambres de plus en plus délabrées.Ces projets ont fini par être encouragés par le gouvernement québécois lui-même qui, depuis 1997, finance chaque année — par le volet III de son programme Accès Logis — la création de quelque 100 unités de logement social pour les clientèles qui ont des besoins particuliers.Ce qui comprend non seulement les itinérants mais aussi les femmes victimes de violence ou les personnes souffrant de déficience Des Edouard, les OSBL en sont pleins, qui font visiter leur chambre ou leur petit appartement avec fierté intellectuelle.VOIR PAGE A 8: CHEZ-SOI lire aussi en page A 3: ¦ Tremblay assure que tous les itinérants pourront être hébergés INDEX Annonces.Bourse.Avis publics.Carrières.Culture.Économie.Éditorial.A4 B 2 B 6 B 5 B 8 B 1 A6 en Idées.A 7 Le monde.A 4 Les sports.B 6 Mots croisés .B 6 Nature.B 8 Télévision.B 7 Météo.B 6 Traque aux immigrants illégaux du Proche-Orient aux E.-U.Washington a identifié 6000 personnes à localiser et à arrêter CECIMO RICARDO USAE REUTERS Des prisonniers de guerre sont assis, les mains attachées dans le dos, en face de la grande porte grillagée de la prison de Sherberghan, en Afghanistan, sous la surveillance de soldats américains.Cette photo prise le 31 décembre fait partie d’une série publiée hier par l’armée américaine.AGENCE: FRANCK l’KKSSF REUTERS Washington — Les autorités fédérales vont se lancer à la poursuite d'environ (îOOO per sonnes originaires principalement du lYoche-Orient qui se trouvent illégalement sut le territoire dos Etats-Unis, a rapporté hier le Washington Host.I,e département de la Justice a identifié quelque (1000 personnes, d'extraction moyen-orientale pout la plupart, qui ont enfreint les lois sur l’immigralion, a indiqué le quotidien, qui cite des sources judiciaires non identifiées.Ixî département de la Justice n’a pas donné suite hier à plu sieurs appels visant à obtenir un commentaire.Selon le Post, les autorités ont fait de la localisation et de l’arrestation de ces personnes une priorité, dans le cadre d’une opération lancée en décembre visant à localiser environ 300 000 étrangers, dont beaucoup d'Amérique latine, ayant notamment délié des ordres de déportation.Ces personnes viennent de pays que Washington considère comme VOIR PAGE A 8: TRAQUE ¦ lire aussi en page A 4: Renaissance possible des médias afghans Voyage chez les morts-vivants Après 15 ans auprès des clochards de Paris, Patrick Dederck s’interroge sur les limites de Vhumanité CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR Paris — Pourquoi Patrick De-clerck, diplômé en philosophie, docteur en anthropologie et membre de la Société psychanalytique de Paris, a-t-il choisi de ne pas fréquenter les élégants cabinets de Saint-Germain-des-Prés?Pourquoi a-t-il déserté les salles de cour de l’université?Pourquoi ce grand gaillard de 48 ans a-t-il plutôt choisi, en lieu et place, de passer 15 ans de sa vie auprès des clochards, ces «fous de l’exclusion» qui hantent les rues de nos grandes capitales?Avouons-le d’emblée, la réponse à ces questions demeurera une des énigmes de cette entrevue.Car Patrick Dederck n'y a peut-être pas encore tout à fait répondu.Même après la petite bombe qu’a représentée cet automne son livre intitulé Les Naufragés, publié dans la prestigieuse collection «Terre humaine» (Plon) inaugurée il y a 45 ans par nul autre que Claude Lévi-Strauss.Dederck se souvient d’ailleurs du jour, de l’année et du lieu précis où il a lu Triste tropique.C’était l’été, en vacances.H en est sorti transformé au point de consacrer une partie de sa vie à la tribu la plus méconnue du monde: celle des clochards qui hantent nos cités modernes et notre imaginaire.Des clochards qu’on aime bien oublier en donnant quelques sous à la guignolée mais dont le regard demeure insupportable pour la majorité d’entre nous.L’asile dans la rue «En 1982, la société recommençait à se préoccuper de ceux qui vivent dans la rue.On n’avait rien écrit à leur sujet depuis l’époque de la grande campagne de l’abbé Pierre, en 1954.Avec le retour de la crise, le regard des populations était de nouveau attiré vers eux.C'est la peur de se retrouver au chômage qui nous poussait à s’intéresser à ces hommes et ces femmes qui suscitent à la fois le regard et qui font peur» Chercheur à la Maison des sciences de l’homme, Dederck découvre assez rapidement qu’il a affaire à des êtres qui n’ont jamais été décrits.Il découvre littéralement un hôpital psychiatrique dans la rue.•Je me suis rendu compte qu’on était devant une souffrance majeure qui n’était ÉDITIONS PI.ON Patrick Dederck estime que les concepts à la mode de «SDF», d’«exclusion» et de «sans-abri» n’expliquent rien.«Etre clochard, c’est une folie particulière.» pas réductible simplement au chômage.On était dans la folie de la pauvreté, la folie de l'exclusion.» Il découvre surtout l’inadéquation de notre regard face aux clochards.Car là où la plupart des observateurs pontifient et moralisent, Dederck décrit minutieusement et observe chaque détail.«Le langage s’effondre à leur contact, dit-il Im pauvreté, en général, ça ne veut rien dire.Contrairement à ce que pensent la sociologie ou la psychiatrie, l’existence de ces gens n'est pas réductible à l’exclusion sociale.Ce n’est pas seulement la pauvreté, c’est la folie de la pauvreté.Pas seulement des alcooliques et des schizophrènes.Être clochard, c’est une manière spécifique d’organiser son rapport au monde.C’est une folie particulière.» Les concepts à la mode de «SDF», d’«ex-clusion» et de «sans-abri», véhiculés ad nauseam par les médias, n’expliquent rien, dit-il.Décrire simplement les clochards comme des pauvres et des exclus serait même une manière de ne pas les voir, de passer à côté de leur exil.Une manière de nous rassurer.Le clochard n'a-t-il pas rejeté tout ce que nous sommes?VOIR PAGE A 8: VOYAGE Un autre rapport L’Alberta veut s’attaquer à la «non-viabilité» du système de santé HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Après les commissions Clair au Québec et Fyke en Saskatchewan, c’était hier le tour de celle de l’ex-ministre fédéral Don Mazankowski de proposer des changements en profondeur au système de santé en Alberta.Compte tenu du fait que le Sénat se penche lui aussi sur la question, tout comme la Commission royale d’enquête Romanow, c’est tout le pays qui est au chevet de l’assurance-maladie.Il ne restç plus qu’à passer à l’action.«A un moment donné, les ministres fédéral et provinciaux de la Santé devrimt s’asseoira une table, mettre de côté la rhétorique et les guerres politiques et s'attaquer au problème», a réagi hier la sénatrice Marjory LeBreton, VOIR PAGE A 8: ALBERTA Entente finale Québec-Cris Im négociation terminée, les chefs passent à la ratification MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les négociateurs québécois et cris ont terminé leur travail.D’ici le 27 janvier, le texte final de l’entente entre le gouvernement I^mdry et le Grand Conseil des Cris sera soumis pour ratification auprès des neuf communautés qui composent cette nation autochtone.Il est toutefois fort peu probable que l’entente finale fasse l’objet d’un référendum national auprès des 13 (XX) citoyens cris.A la suite de cette ratification crie, la signature de l’entente finale de 3,5 milliards de dollars devrait donc réunir à nouveau en février le premier ministre Landry et le grand chef Ted Moses.Les deux leaders avaient dévoilé, le 23 octobre dernier, une entente de principe VOIR PAGE A 8: CRIS LE I) E V 0 I K .LE MERCREDI 9 JANVIER 2002 A 2 , E S ACTUALITES E N BREF Grève illégale : l’Alliance des professeurs comparaît (Le Devoir) — Ii-S représentants de l’Alliance des professeurs de Montréal ont comparu hier matin en Cour supérieure pour répondre d’une accusation d’outrage au tribunal.Les procureurs du syndicat ont reconnu certains faits cités dans la poursuite et le juge a conclu que la preuve était complète.Les deux parties présenteront leur plaidoirie aujourd’hui.L’Alliance a tenu une grève illégale de trois jours les 19,20 et 21 novembre derniers.Ce geste des 7300 membres du syndicat a paralysé les 210 écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).Le procureur du gouvernement soutient que le syndicat a contrevenu aux ordonnances du Conseil des services essentiels émises le 8 novembre.S’ils sont reconnus coupables, les membres du conseil d’administration de l’Alliance risquent un maximum de 35 (XK) $ d’amende.Le juge pourrait également imposer un an d’emprisonnement aux leaders syndicaux.Situation pénible dans les urgences (Le Devoir) — les urgences de la région de Montréal ont connu dimanche, lundi et hier un achalandage important, avec plus de 719 patients en attente sur civière, dont 112 depuis plus de 48 heures.L’an dernier, on comptait à la même date 660 patients alités dans les urgences.D“s ambulances ont dû être détournées des hôpitaux Maisonneuve-Rosemont, Santa Cabrini, Jean-Talon et Fleury au cours de la journée d’hier, en raison des engorgements.Dt réouverture progressive de 783 lits fermés durant les Fêtes devrait permettre de limiter la pression sur les urgences de la métropole à la fin de la semaine, a indiqué hier la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre.Il faut rappeler que les fermetures de lits du temps des L'êtes viennent s’ajouter aux 912 autres lits fermés depuis deux ans en raison de la pénurie d’infirmières provoquée par les programmes de départs à la retraite.Deux hommes menacés de torture devant la Cour suprême (PC) — La Cour suprême du Canada va statuer vendredi sur le cas de deux présumés terroristes qui affirment qu’ils seront torturés ou même tués s’ils sont expulsés vers leur pays d’origine.lu plus haute cour du pays a annoncé hier qu’elle allait livrer son jugement, très attendu, sur ces cas qui opposent la sécurité nationale et les droits de ceux qui risquent d’être maltraités s’ils sont forcés de retourner dans leur pays.Manickavasagam Suresh est accusé d’avoir amassé des fonds au profit de terroristes sri lankais alors que Mansour Ahani, un Iranien, est suspecté d’être un assassin, lu statut de réfugié qui leur avait été accordé dans un premier temps a finalement été bloqué pour cause de menace nationale, et les deux hommes luttent depuis des années pour éviter l’expulsion.lus avocats des deux hommes ont soutenu en mai que l’expulsion ne peut jamais être justifiée lorsqu’il y a menace de torture et se sont demandé si l’évaluation des risques contre la sécurité ne pesait pas trop lourd aux dépens de leurs clients.Des personnes qui pratiquaient un sport dans la rue sont acquittées (PC) — Un père qui était poursuivi par une voisine qui n’aimait pas qu’il joue au hockey ou au football dans la rue avec ses enfants a remporté une victoire en cour, hier.In juge a estimé que les déclarations des témoins ont soulevé un doute raisonnable à savoir si Gary Kotar et son fils de 10 ans jouaient effectivement au football dans leur rue paisible, en août dernier.La décision n’aura pas d’impact sur l’avenir des joutes improvisées dans les rues du pays mais pourrait déclencher un débat pancanadien sur la survie de traditions comme le «hockey bottine».Dans plusieurs villes canadiennes, dr's règlements municipaux interdisent de jouer au hockey ou à d’autres sports dans la rue.Deux policiers suspendus pour abus de pouvoir (PC) — Deux sergents-détectives du Service de police de Laval viennent d’être sanctionnés pour s’être servis de leur statut de policier pour intervenir dans une situation qui ne relevait pas de leur compétence.Les policiers ont utilisé leurs pouvoirs pour convaincre un fabricant d’armoires de cuisine de régler un litige avec un client mécontent, client connu des deux policiers en question.Les détectives Sylvain Barrette et Michel Deslauriers, comptant respectivement 19 mis et 14 ans d’expérience, ont utilisé un subterfuge pour que le citoyen se présente au poste de police, estime le comité.Une fois rendu sur place, le citoyen a été arrêté et interrogé pendant une heure et demie.Le Comité de déontologie policière, présidé par M Richard W.Luticone, considère que les deux policiers ont cherché à intimider le citoyen et se sont immiscés dans un litige civil.«Les policiers savaient ou devaient savoir qu'ils n'agissaient pas légalement», écrit M'luticone.Les détectives Barrette et Deslauriers sont donc suspendus sans solde pour une durée de cinq jours.Militants de Greenpeace : les accusations de conspiration tombent (Ir> Devoir) — les 17 membres de Greenpeace — dont le Québécois Guy I evacher faisait partie — ont vu les accusations de conspiration retenues contre eux par le gouvernement américain retirées.A l’ouverture de leur procès pour conspiration hier matin, la proatreure générale a en effet indiqué au juge qu’elle ne retenait plus la thèse d’une conspiration en vue d’empêcher le gouvernement américain de pro céder à un exercice de tir antimissile à sa base de Vendenberg.en Californie.En contrepartie, Greenpeace s’est engagée à ne plus participer à des manifestations illégales sur les bases militaires américaines.U's accusés ont également plaidé coupables à une accusation réduite de méfait pour être entré sur une base militaire sans autorisation.Ce crime est passible de six mois d’emprisonnement.L’organisme de défense de l’environnent devra également payer 150 000 $ en dommages.Premier bilan environnemental de l’Amérique du Nord UAmérique du Nord a hypothéqué la moitié de ses cours d’eau Une partie importante des eaux, des sols et des espèces vivantes qui en dépendent en Amérique du Nord se trouvent aux niveaux de stress limite en raison des pressions d’une activité humaine de moins en moins soutenable, selon un premier bilan environnemental continental, LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Les richesses naturelles de l’Amérique du Nord sont a l’image de ses cours d’eau: ce continent, qui recèle 14 % des eaux douces renouvelables de la planete, a réussi à altérer, en 300 ans, la moitié de tous ses fleuves et rivières.Et l’autre moitié, encore vierge, est généralement inaccessible, surtout pour les villes et les industries qui manquent d’eau.C’est ce que révèle le premier bilan environnemental de l’Amérique du Nord, divulgué lundi par la Commission de coopération environnementale (CCE), qui arbitre les litiges entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.le Canada, qui possède la moitié des ressources en eau douce de l’Amérique du Nord, en possède dix fois plus que les Etats-Unis et vingt fois plus que le Mexique.Mais les deux tiers s’écoulent vers le nord alors que 90 % dp sa population habite à moins de 300 kilomètres des Etats-Unis.Comme ailleurs en Amérique, les cours d’eau canadiens riverains des activités humaines sont les plus pollués.Aussi, leurs ressources vivantes, surtout les poissons d’eau douce, sont les plus mal en point en raison à la fois de la pollution, des dommages aux rives et de la surconsommation d’eau.Contaminants Selon le rapport de la CCE, chaque Canadien consomme en moyenne 1611 m3 d’eau par année, comparativement à 1724 m3 par an par Américain et à 872 nT par Mexicain.La consommation d’eau en Amérique du Nord a augmenté de 6 % entre 1990 et 1995, même si la consommation en 1990 était de 10 % ARCHIVES LE DEVOIR Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Ashuapmouchouan, l’une des dernières rivières à peu près sauvages du Québec.inférieure à celle de 1980! Et l’eau disponible n’est pas toujours de qualité.Les contaminants des Grands Lacs se comptent par centaines et le mercure des industries et des centrales thermiques atteint par la voie des airs Ij plupart des cours d’eau du centre et du nord des Etats-Unis et du Canada, de même que leurs poissons.Au Canada, les rejets d’eaux usées de 1,6 million de personnes filent encore directement aux cours d'eau même si 93 % des eaux usées municipales font en principe l’objet d’un traitement primaire.Au Mexique, les gastro-entérites frappent annuellement le tiers du pays même si 94 % des eaux usées reçoivent un traitement minimal.Par ailleurs, la consommation d'eau aux États-Unis s’intensifie dans les milieux désertiques où le développement non planifié de villes comme Las Vegas engendre des besoins critiques.Mais c’est l’agricultu- re et la production des centrales thermiques qui génèrent ensemble 80 % de la demande en eau à l’echel-le des trois pays.La nappe aquifère d’Ogallala.dans le sud-ouest américain, à proximité du Mexique, descend d’un mètre par an, et son taux de recharge est inférieur au pompage intensif dont elle fait l’objet.Agriculture L’agriculture, responsable de 30 % de la demande en eau pour l’irrigation des cultures, est d’autre part a l’origine d’un problème d’érosion tout aussi important Les États-Unis, contrairement au Canada, ont réussi à réduire de 41 % l’érosion de leurs terres entre 1982 et 1997 mais l’érosion y atteint presque les deux milliards de tonnes par an, un chiffre hallucinant en comparaison des 177 millions de tonnes que l’eau et le vent érodent dans les Prairies canadiennes chaque année.Une grande partie du problème tient à l’utilisation des engrais chimiques plutôt qu’à des fumiers, lesquels aideraient au rechargement des sols en matière organique.Et ce, pendant que d’autres régions accusent des surplus.Au Mexique, l’érosion frappe 37 % des terres agricoles, un pourcentage qui grimpera à 47 %, soit à des seuils voisins de la désertification, si le réchauffement du climat s’intensifie.Cette érosion frappe durement les ressources halieutiques des eaux douces et maritimes en raison de l’eutrophisation qu’elle occasionne.L’érosion du Mississippi a tué la vie aquatique sur 12 432 km2 du golfe du Mexique, une nette amélioration par rapport au début de la dernière décennie, plaident les Américains.Même phénomène dans la baie de Chesapeake, au Maryland, un des milieux marins autrefois les plus productifs de tout le continent Cette atrophie des milieux marins s’ajoute à la surexploitation des stocks de poissons, désormais menacés en plus par des espèces étrangères et par la contamination des souches sauvages par les élevages marins et transgéniques.Sans parler de la pollution que ces élevages ajoutent à l’altération des rives, dont le potentiel biologique est réduit par la construction des villes, ports, autoroutes, oléoducs, habitations de villégiature et les loisirs de la moitié de la population continentale, qui vit à moins de 130 kilomètres des deux océans.École polytechnique Le manque de techniciens a des conséquences sur la sécurité, affirme le syndicat VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Le manque de techniciens à l’École polytechnique pourrait avoir des conséquences graves sur la sécurité, l’encadrement et la qualité de la formation des futurs ingénieurs, selon le syndicat des techniciens de l’établissement Réunis en assemblée générale hier matin, les membres de, l’As-sociation du personnel de l’École polytechnique (APLEP-CSQ) ont décidé de mettre en branle une «campagne de sensibilisation et d'information» auprès de leur employeur.Les syndiqués arguent que la diminution de leur effectif a des effets pervers.Depuis six ans, le groupe de techniciens est passé de 116 à 86 personnes.«Mais la Polytechnique a grossi depuis ce temps», précise le président du syndicat, René Charette.«Le campus s'est étendu.Il y a plus d’étudiants [.], il y a plus de chaires d'étude, et de projets de recherche.» Selon lui, chaque fois qu’un technicien s’en va, l’université ne le remplace pas.Et le syndicat croit que cela risque de compromettre la qualité de la formation.Pour soutenir cette thèse, l’APLEP donne en exemple deux types d’incidents survenus au cours de la dernière année.«L’école a annulé trois séances de laboratoire parce qu’on ne voulait pas remplacer une technicienne qui était en congé de maternité», souligne René Charette.Le syndicat ajoute aussi qu’un incendie s’est déclaré dans le cadre d’un projet où les étudiants n’étaient pas supervisés par un technicien.René Charette n’a cependant pas voulu donner plus de détails à ce sujet «On ne veut pas partir en guerre.On veut seulement discuter avec notre employeur et lui montrer que ces incidents sont les conséquences du manque de techniciens pour donner un soutien et un encadrement aux étudiants.» M.Charette ajoute que plusieurs chercheurs utilisent les services d’étudiants diplômés et d’associés de recherche dans leur laboratoire.«Nous sommes tellement débordés que nous ne sommes pas capables de répondre à la demande.[.] Et quand l’université reçoit de nouveaux équipements, on n ’offre pas la formation aux techniciens mais plutôt aux étudiants des cycles supérieurs.Cependant, ils ne sont que de passage alors que l’équipement reste dans no,s locaux.» La direction de l’École polytechnique a précisé qu’elle n’avait pas pris connaissance de la teneur de la sortie de l’APLEP Elle réserve donc ses commentaires pour plus tard tout en précisant que la question de la santé et de la sécurité au travail est un dossier que l’établissement prend très au sérieux.Requête pour faire renverser une décision du Comité de déontologie policière Deux policiers devront expliquer leur conduite à l’égard d’un épileptique HOLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Les policiers Alain Théroux et Michel Turcotte, du Service de police de la CUM, devront s’expliquer devant un juge de la Cour du Québec quant à leur conduite à l’égard de Christian Houle au moment où celui-ci était en proie à une violente crise d’épilepsie.Én effet, le conunissaire à la déontologie policière considère que la décision toute récente rendue par M" Gilles Mignault.du Comité de déontologie policière, est tellement déraisonnable qu’il n’a d’autre choix que de s'adresser à la Cour du Québec pour la faire renverser.M'Mignault avait conclu que les deux policiers avaient eu tout à fait raison de porter des accusations criminelles contre Christian Houle, pour voies de fait et pour avoir mordu l’un d'eux, et qu’ils ne pouvaient savoir qu’ils étaient face à un épileptique en crise.Le commissaire Paul Monty voit les choses bien différemment.Il juge que M" Mignault a omis de considérer que les deux policiers ont été informés à plusieurs reprises que Christian Houle était en train de subir une violente crise d’épilepsie.Le commissaire Monty considère que la preuve démontre que les policiers ont manqué de jugement en procédant ainsi à l’arrestation d’un individu qu’ils savaient malades et en état de crise.Les faits Les faits remontent à l'automne 1999.Voyant que son ami Christian Houle est en proie à une violente crise d'épilepsie, son colocataire téléphone au centre d'urgence, appel qui est acheminé par la suite au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal.Alors qu’ils se trouvaient dans leur auto-patrouille, les agents Théroux et Turcotte ont eu sur leur écran d'ordinateur le message suivant: «Homme fait crise épilepsie et serait violent dans sa crise».Ils se rendent sur les lieux et apprennent que Christian Houle s'est sauvé.Ils l’aperçoivent sur un balcon situé au deuxième étage d'un immeuble voisin, où il a déjà habité, légèrement vêtu et agité.Le policier Turcotte note qu'«il a les yeux hagards et ne semble pas être tout à fait là».L'homme fait des gestes invitant les policiers à venir le chercher.A un moment donné, il s’empare d'une pelle qu’il lance en leur direction avant de pénétrer dans une pièce donnant accès à deux logements où il donne des coups d’épaule dans les portes d’entrée.Les deux policiers le rejoignent et il y a une bousculade au cours de laquelle l’agent Théroux se fait mordre.En réplique, il frappe M.Houle au visage jusqu’à ce que celui-ci lâche prise.Arrestation Les policiers ont recours au poivre de Cayenne et passent les menottes à Christian Houle, qui se trouve étendu au sol, sur le ventre.Les ambulanciers arrivent sur place.Alors qu'il est toujours en crise, le policier Turcotte le met en état d’arrestation.On Ip transporte par ambulance à l’hôpital Jean-Talon.À l’hôpital, non convaincu qu'il a bien saisi qu’il avait été mis en état d’arrestation, le policier récidive.Quelques minutes plus fard, son colocataire Michel Dalpé constate qu’il est menotte à la civière et qu'un policier se trouve à côté de lui dans l’attente d’une décision sur la conduite à suivre: doit-U le faire incarcérer ou lui faire signer une promesse de comparaître?Dans son témoignage, le policier Turcotte a soutenu qu’il ne savait pas que le citoyen Houle était en crise d’épilepsie et le président du Comité de déontologie policière.Gilles Mignault.qui a procédé à l’audition.cite ce passage dans sa décision: «C’est la première fois que je vois cela.Je ne sais pas s 'il est en crise d'épilepsie.» L’avenir du régime québécois des rentes est assuré Im réserve financière atteindra en Van 2050 192 milliards de dollars NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE /"\ uébec — L’avenir du régime québécois des Vv rentes est assuré.Le dernier rapport actuariel de la Régie des rentes estime en effet que la réserve financière accumulée pour payer les pensions des travailleurs québécois atteindra en l’an 2050 quelque 192 milliards de dollars, soit quelque 55 milliards en dollars d’aujourd’hui.Cette somme suffira amplement aux besoins.«Malgré une augmentation substantielle des prestations versées en raison du vieillissement de la population, le régime sera en mesure de respecter ses obligations et de maintenir une réserve importante», affirme l’actuaire en chef de la Régie, Denis Latulippe.L’étude actuarielle, qui vient d’être publiée, signale que c’est la hausse graduelle des cotisations qui aura pennis de sauver le régime.Les cotisations sont calculées en pourcentage du salaire gagné par un travailleur et sont payées moitié par le travailleur, moitié par l’employeur.Jusqu’en 1986, le taux de cotisation était de 3,6 % de la rémunération du travailleur.Ce taux a graduellement grimpé à 5,6 % en 1996 et à 6 % en 1997, atteignant 9,4 % en 2002 et 9,9 % l’an prochain.Ce taux, qui doit demeurer inchangé par la suite, aura pour effet de faire payer par les générations futures un taux équivalent à celui payé par les générations actuelles, indique l'étude actuarielle.Ces hausses de cotisation ont pour effet de s’assurer que la réserve requise pour payer les rentes soit suffisante.Cette réserve provient des cotisations mais aussi des revenus de placement que la Régie recueille en plaçant l'argent qu’elle détient Sans ses réserves En 2001, exceptionnellement, la Régie devra puiser dans sa réserve pour payer toutes les prestations.En effet, les sorties de fonds ont excédé les cotisations en 2001 et les revenus de placement ont été négatifs à cause de la récession économique.Mais la situation se rétablira en 2002 et la réserve recommencera à croître, ont calculé les actuaires de la Régie.La dernière analyse actuarielle de la Régie datait de 1997.Quatre ans plus tard, on a corrigé les chiffres et les données en tenant compte entre autres des changements suivants: ¦ les prévisions de population faites en 1997 ont été révisées à la baisse à la suite de changements aux estimations démographiques de Statistique Canada; on avait prévu en l'an 2000 que le Québec compterait 7.53 millions d'habitants, or il n’en compte que 7,37 millions; ¦ 1 indice synthétique de fécondité a été ramené de 1.75 à 1,65 à compter de Tan 2007.Cet indice est le nombre moyen d’enfants engendrés par femme en âge de procréer ¦ Tàge moyen des immigrants a été réduit conformément à la tendance observée depuis quelques années et particulièrement à cause de la hausse de l’adoption internationale; I le taux de création d emplois a été revu très légèrement à la baisse.Au moment de la création de la Régie des rentes, en 1966, il n’y avait que 6,3 % de la population qui était âgée de 65 ans ou plus.Mais cette proportion a grimpé à 13,2 % en Tan 2000, sera de 20,5 % en l’an 2020 et dépassera les 25 % à compter de 2030.Sans une importante augmentation des cotisations depuis dix ans.la santé financière du régime québécois des rentes aurait été compromise en ce i début de siècle. LE DEVOIR.L F.M E R ( R E D I D .1 A N \ I E R 2 O O 2 A A LE DEVOIR ACTUALITES Équité salariale Gérald Tremblay rencontre les représentants d’organismes d'aide aux sans-abri Les enseignants Le maire assure que tous les activitéTparascoialres itinérants pourront être hébergés VALERIE DUFOUR LE DEVOIR Dès le dernier coup de cloche, les écoles primaires et secondaires du Québec fermeront.Pour forcer la main du gouvernement dans le dossier de l’équité salariale, les enseignants ont en effet décidé de boycotter les activités parascolaires.Finis le basket l’improvisation, les sorties ou les ateliers de théâtre.«Notre balise est qu’on respecte les contrats qui sont déjà signés», souligne la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier.Reste que le mot d’ordre est de s’en tenir à la tâche de base de l’enseignant «C’est toujours dans notre stratégie parce qu’il n’y a pas de perspective de règlement pour le moment, ajoute Mme Fortier.Mais s’il y a une façon de poursuivre les travaux sérieusement avec la partie patronale, on pourrait revoir notre plan de résistance.Une chose est sûre, le gouvernement doit respecter sa loi [sur l’équité salariale].» Entre-temps, le plan d'action national de la FSE comprend le boycottage: ¦ de toutes les activités parascolaires et éducatives; ¦ de toutes les réunions ou comités se déroulant après les heures de classe; ¦ des réunions du conseil d’établissement; ¦ de toutes les activités bénévoles autres qu’humanitaires; ¦ du développement de la réforme scolaire; ¦ des comités nationaux de rédaction des programmes.Manifestations En plus de ces moyens de pression, l’Alliance des professeurs de Montréal a également ajouté des manifestations spontanées et la signature d’une pétition.Et juste avant Noël, le syndicat a envoyé au ministre de l’Education, François legault.25 (XX) devoirs à corriger.L’Alliance tiendra un point de presse dans la journée pour préciser si François Legault a répondu à ce défi.M.legault ne l’a pas trouvé drôle.«Le ministre trouve inacceptable de la part de professionnels de l'éducation le fait d’utiliser les travaux scolaires des élèves comme moyen de pression», a précisé son attachée de presse, Anne Marcotte.Rappelons que le différend qui oppose le gouvernement et les 100 000 enseignants du secteur public préscolaire, primaire, secondaire et collégial concerne la rémunération.Ces derniers sont payés en fonction d’une semaine de 35 heures et le haut de leur échelle salariale se situe à 53 801 $ par année.Or les professeurs veulent être payés pour 40 heures et au même salaire que d’autres professionnels de l’éducation, comme les conseillers pédagogiques.Cette reconnaissance ferait passer leur salaire maximal à 59 756 $ et coûterait 600 millions de dollars de plus par année au Trésor québécois.Équité ou salaire?Dans cette dispute, le gouverne ment prétend que la FSE tente de profiter de l’équité salariale pour dégoter une augmentation de salaire.Le syndicat soutient plutôt que les discussions sur les heures de travail font partie intégrante de leur convention collective.Fait intéressant, les enseignants de Colombie-Britannique boycottent eux aussi depuis lundi toutes les activités parascolaires.Musique, sports, théâtre et programmes bénévoles sont suspendus tant que la négociation pour le renouvellement de leur convention collective ne donnera pas de résultat concert, les enseignants demandent une hausse de salaire de 22 % sur trois ans.Davis Inlet Des dizaines de jeunes Innus sont revenus aux vapeurs d’essence PRESSE CANADIENNE Davis Inlet, T.-N.— Des dizaines de jeunes Innus errent de nouveau dans les tristes rues de Davis Inlet en reniflant des vapeurs d’essence.Leur retour dans ce village du Labrador semble indiquer que les traitements qui leur ont été administrés, pendant une bonne année, ont lamentablement échoué, «fl y en a des dizaines et des dizaines.C’est pire qu’avant», a commenté un résidant de cette communauté, où vivent environ 600 Innus.«Un groupe est revenu et a incité les autres à respirer des vapeurs d’essence après Noël.» Simeon Tshakapesh, le chef de la communauté, réputé pour son franc-parler, blâme carrément les fonctionnaires fédéraux, auxquels il reproche de n’avoir pas approuvé de budget pour un centre local de traitement «C’est de l’entêtement de la part de Santé Canada, a-t-il affirmé hier.[.] Nous n’arrêtons pas de leur dire que cela ne fonctionnera pas tant que nous ne contrôlerons pas ces programmes d’aide nous-mêmes.•• fi n'a pas été possible d’obtenir les commentaires des représentants du ministère de la Santé, mais la Gendarmerie royale du Canada et certains résidants expliquent différemment la troublante réapparition du phénomè- ne de l’inhalation de substances toxiques par des jeunes.Au dire du sergent Dave Shutt-leworth, de la GRC, qui était à Davis Inlet jusqu’au 27 décembre, tout était tranquille à Davis Inlet, situé sur une île, parce que le mauvais temps obligeait ses résidants à rester à l’intérieur et que l'aéroport était généralement fermé.Mais les choses ont changé quand le temps est devenu plus clément et que les vols ont repris.Les réserves d’alcool ayant été renouvelées, plusieurs adultes se sont remis à boire, a-t-il dit, ce qui a amené les jeunes et même des enfants à reprendre l’inhalation de vapeurs toxiques.D’autres membres de la communauté, dont l’ex-chef Katie Rich, se sont plaints de ce que rien n’avait été fait pour aider les nombreux alcooliques de Davis Inlet Mais M.Tshakapesh dément ce point de vue.Plusieurs familles ont participé à des programmes de traitement, mais ceux-ci n’étaient pas offerts pendant la période des Fêtes.De nouveau, M.Tshakapesh a montré du doigt les fonctionnaires fédéraux.En janvier 2001, une trentaine d’enfants et d’adolescents de Davis Inlet ont été envoyés dans un centre de traitement conçu à leur intention à Saint-Jean.Dans l'immédiat, les ressources pour les itinérants sont suffisantes à Montréal, mais beaucoup de travail reste à faire pour trouver une solution à long terme, ont convenu le maire Gérald Tremblay et la cinquantaine de représentants d’organismes ayant à cœur le sort des sans-abri, lors d'une rencontre hier après-midi.FRANÇOIS CARDINAL JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR On donne l'assurance aux sans-abri que, s’ils veulent avoir accès à un refuge, il y a des places disponibles», a promis le maire de Montréal à l'issue de la réunion.Et s’il y a débordement dans les centres pour itinérants existants, des ressources supplémentaires seront mises à leur disposition, en attendant l’adoption d’un plan à plus long terme basé sur la création de nouveaux loge ments sociaux et l’aide aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.«Nous sommes arrivés au consensus qu’il y aurait assez de places disponibles à la suite des efforts faits au cours des dernières semaines», a indiqué le maire d’entrée de jeu.Les mêmes mécanismes de coordination demeureront en place mais, si les partenaires constatent un débordement dans les centres pour itinérants, «on va s’assurer qu’il y aura du matériel nécessaire, un soutien additionnel pour les personnes, des travailleurs de me de plus s’il le faut et, possiblement, un centre de répit», a-t-il précisé.L’administration municipale compte aussi passer en revue les bâtiments vacants dont la Ville est propriétaire afin d'y loger des familles en difficulté.Four l'insUuU.Gérald Tremblay ne prévoit pas l’injection de fonds additionnels mais une meilleure répartition des ressources financières.Plan d’action Pour ce qui est du moyen terme, l'aspect qu'il a qualifié de «fondamental», le maire s’est engage à réaliser un plan d’action visant la prévention de l’itinérance et l’élaboration de solutions durables.Parmi cellesci: le logement social et l'accélération de projets comme celui de Benny Farm, qu'il a cité en exemple.Les 425 logements va cants sur ce terrain de Notre-Dame-de-Grâce appartiennent toujours au gouvernement fédéral mais une fondation a accepté de s'en porter acquéreur.Il taudra, dit le maire, faire les représentations nécessaires auprès d’Ottawa pour qu’on puisse y réaliser des logements sociaux.C’est à la demande de M.Tremblay qu'une cinqiuuUaine de personnes s'étalent rendues à l'édifice uumicip.il jouxtant l’hôtel de ville de Montréal hier en fin de journée.Cette reunion rassemblait notamment le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes (RAl’SIM), le Front d'ac lion populaire en reaménagement urbain (F'RAPRlf) et la Federation des OSB1.en habitation de Mont real (FOHM).ainsi que des représentants du SPCl 'M et du Service de prevention des incendies.U- coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, a qualifié la rencontre de «vaste tour de table» qui n’a pis permis de débat on profondeur, estimant que les solutions concrètes faisaient toujours défaut.Avant leur reunion, les divers intervenants avaient fait savoir qu’ils demanderaient tous la même chose au nouveau maire de Montréal.«Ix logement social doit être au cœur des préoccupations, surtout le logement social avec soutien communautaire, résume François Saillant.Il faut revenir à cette formule qui a surtout été utilisée à la fin des années 80, quand le fédéral mettait encore de l'argent dans le logement social.» Formule éprouvée Cette formule consiste en fait à construire ou à aménager des logements sociaux auxquels on rattache divers services nécessaires aux personnes dans le besoin.«Ainsi, on n offre pas seulement un m JACOI.’KS NADEAU I E DEVOIR À l’Accueil Bonneau, où sœur Nicole Fournier, fidèle au poste, veillait, il y avait affluence hier, comme d’habitude.toit, ajoute M.Saillant, mais aussi une assistance aux personnes qui ont des problèmes de toxicomanie, par exemple, de troubles mentaux ou autres.» Pour ce faire, des travailleurs de rue sont affectés au soutien à ces gens démunis.Us rendent régulièrement visite aux bénéficiaires de ces services afin de leur apprendre à concocter un budget, de leur faire penser à prendre leurs médicaments, etc.«C'est la base, croit la porte-parole du RAPS1M, Isa Godbout.Cour pouvoir intervenir d'une façon régulière auprès de ces personnes.il faut qu elles aient un toit au-dessus de la tête mais egalement une certaine stabilité.C'est pourquoi nous allons expliquer à M.Tremblay que les mesures existent déjà mais qu’il importe de les développer assez rapidement.» Et ces mesures, elles seront efficaces seulement si on débloque des ressources financières afin d’embaucher d’autres travailleurs, selon le directeur général de la FOHM, Luc Lalonde.Cela permettra de répondre à un besoin pressant d’une clientèle particulière, celle qui refuse d’aller dans les refuges et qui ne souhaite pas nécessairement avoir accès à un véritable logement.«Ce n 'est pas parce que cette clientèle ne veut pas de logement qu'elle n’a pas besoin d’aide, précise-t-il.Four régler avec plus d’élégance le genre de litige [qui a opposé les pompiers à six itinérants qui avaient érigé des habitations de fortune sous le viaduc Notre-Dame vendredi |, il faut absolument qu ’il y ait plus de travailleurs de rue à la disposition de cette clientèle.» De plus, le financement des logements sociaux avec soutien communautaire doit être stable, estiment les intervenants.«Ia1 financement à l’heure actuelle n’est pas assuré, affirme M.Saillant.Ce sont les Régies régionales [de la santé et des services sociaux] qui décident d'appuyer financièrement ou non ce genre d’initiative.A Montréal d'ailleurs, la Régie le fait très peu.» Le maire pourra néanmoins soulever la question lundi, lorsqu’il rencontrera pour la première fois depuis qu’il est officiellement en poste la ministre des Affaires municipales et de la Métropole et ministre responsable de l’habitation, Louise Harei.De nombreux sujets sont à l’ordre du jour, mais la question du logement social occupera sans nui doute les deux élus pendant un bon moment.QUEBEC Changement ministériel en vue Québec (PC) — Selon certaines sources, le premier ministre québécois Bernard Landry rencontrait hier ses principaux conseillers afin de composer un nouveau conseil des ministres qui pourrait être dévoilé la semaine prochaine.Le premier ministre tenterait ainsi de faire place à de nouveaux venus avant la prochaine élection provinciale qui, selon la loi, doit se tenir d’ici décembre 2003.Avant les Fêtes, le premier ministre avait semblé peu pressé de procéder à une telle opération.Mais voilà que des ministres devraient être convoqués au cours des prochains jours afin de connaître leur sort Certains observateurs s’attendent à ce que Bernard Irandry effectue un remaniement significatiL # # # # AT ?ASSEMBLEE riATIOriALE Q U ft B C C CONSULTATION GÉNÉRALE AVANT-PROJET DE LOI INTITULÉ ¦ LOI SUR LE SYSTÈME CORRECTIONNEL DU QUÉBEC * La Commission des institutions est chargée de tenir des auditions publiques à compter du 19 février 2002 dans le cadre de la consultation générale portant sur l'avant-projet de loi intitulé « Loi sur le système correctionnel du Québec • Toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion sur ce sujet doit soumettre un mémoire au Secrétanat des commissions au plus tard le 5 février 2002.La Commission choisira, parmi les personnes et les organismes qui auront fait parvenir un mémoire, ceux qu elle entendra Les mémoires doivent être transmis en 25 exemplaires de format lettre Ils doivent être accompagnés d'autant d'exemplaires d'un résumé de leur contenu Les personnes ou les organismes qui désirent que leur mémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 25 exemplaires supplémentaires Les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements doivent être adressés à M Christian A Comeau secrétaire de la Commission des institutions, Assemblée nationale, éditice Pamphile-Le May, 1035, rue des Parlementaires 3' étage Québec (Québec), G1A I A3 Téléphone : (418) 643-2722 — Télécopieur (418) 643-0248 Courriel : ccomeauté'assnat.qc.ca année 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indienne du Cachemire, a indiqué la police.Les troupes indiennes et pakistanaises ont par ailleurs échangé hier des tirs d’artillerie lourde le long de la «ligne de contrôle» partageant le Cachemire, a déclaré l’armée indienne.Le groupe cachemiri Jamiat-ul-Moudjahidine a revendiqué l’opération contre le cantonnement en signalant la mort de deux militants et la fuite d’un troisième, ainsi qu’un bilan plus lourd dans les rangs indiens.L’année indienne a pour sa part affirmé que l’attaque avait été l’œuvre du lushkar-e-Taiba, grou-pe panislamiste basé au Pakistan et qui a été placé sur la liste américaine des «organisations terroristes».Selon un porte-parole de la police, trois rebelles armés de grenades et de fusils d’assaut AK-47 ont essayé hier de forcer l'entrée d’un camp de l’armée indienne situé à Trehgam, à 110 kilomètres au nord de Srinagar, la capitale d’été du Cachemire indien, lin soldat a été tué et un autre blessé dans cet assaut qui, selon les autorités, constituait une attaque suicide.Cette action est survenue à un moment où la situation est tendue entre l’Inde et le Pakistan, accusé par New Delhi d’encourager le «terrorisme transfrontalier».la crise s’est aggravée le mois dernier, en pleine campagne militaire américaine en Afghanistan, lorsqu’une attaque suicide contre le parlement indien a été attribuée par New Delhi à des islamistes basés au Pakistan.Hier, l’Inde a déclaré qu’elle attendait des mesures «substantielles» du Pakistan et qu'il n’y avait «pas de place» pour une médiation extérieure dans ses conflits avec Islamabad, notamment sur le Cachemire, qu’elle considère comme faisant partie intégrante de l’Inde.Le Pakistan est favorable à l’envoi d’un émissaire américain dans la région, dans l’espoir d’internationaliser le conflit du Cachemire, territoire de l’Himalaya divisé depuis un demi-siècle et dont la population est majoritairement musulmane.Les troupes indiennes et pakistanaises ont échangé des tirs d’artillerie lourde hier le long de la «ligne de contrôle» partageant le Cachemire, selon l’armée indienne.Les incidents frontaliers sont presque quotidiens depuis l’attentat perpétré le 13 décembre dernier contre le parlement indien à New Delhi.L’Inde a imputé l’attaque du 13 décembre contre le parlement à des séparatistes cachemiris soutenus par le Pakistan.Elle a affinné hier ne déceler aucun changement dans la position du Pakistan à ce sujet La tension militaire entre l’Inde et le Pakistan devrait cependant être réduite dans les prochains jours grâce à un discours prévu dans la semaine par le président pakistanais, a déclaré hier le sénateur américain Joseph üeberman.L’ancien candidat démocrate à la vice-présidence aux Etats-Unis a déclaré que, selon lui, le discours politique du général Moucharraf «transformera la relation avec l'Inde et réduira la crise actuelle».«Il cherche une nouvelle initiative qui entamera un nouveau chapitre dans la dispute sur le Cachemire», a ajouté le sénateur lors d’un point de presse.ÉRIC MEYER CORRESPONDANT DU DEVOIR Pékin — Sans tambour ni trompette, les ministres des Affaires étrangères des suc pays de «l’organisation de sécurité de Shanghaï» (OSS), connue au départ comme le Club de Shanghai, se sont réunis à Pékin lundi pour discuter de leur rôle en Afghanistan.As ont décidé de se doter d’une organisation corn mune pour combattre le terrorisme au niveau régional Sans en avoir l’air, cette alliance politique de l’Asie centrale, qui regroupe la Chine, la Russie et quatre ex-républiques de l’URSS (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan), faisait face au plus lourd défi de ses cinq années d’existence.L’objectif de la rencontre était de ne pas laisser, sur la question de l’avenir de l’Afghanistan, le terrain libre aux Etats-Unis.Sans surprise.FLORENCE AMALOU LE MONDE Entre imprimeries en ruines et diffusions restreintes de programmes radiotélévisés, les médias afghans ne répondent pas à la forte attente de nouvelles de la population.Les quelques journaux officiels ne sont plus vendus dans la rue mais sur abonnement iniquement, dit-on sur place.A ce jour, les principales sources d’information sont radiophoniques.La station française Radio France internationale (RFI), l’américaine Voice of America et la britannique BBC, qui diffusent toutes trois dans les langues locales, seraient les plus écoutées.En Afghanistan, la presse a toujours été sous le contrôle du gouvernement, à l’exception d’une courte période dans les années 60, sous le règne de Zaher Chah.On comptait une dizaine de titres de presse avant l’arrivée au pouvoir des talibans, en 1996.Puis, les lecteurs afghans ont fini par se détourner complètement de leurs journaux, cantonnés au récit des prêches des mollahs et des punitions infligées aux récalcitrants.Le principal journal, Anis (publié en langue dari), qui tirait à 50 000 exemplaires, ne diffuse plus qu’à 5000 exemplaires.Il est l’un quelques heures plus tard, les six pays se sont retrouvés d’accord pour dénoncer a l’avance toute influence extérieure sur l’Afghanistan.Le ministre russe Igor Ivanov devait le dire ainsi: «La situation de la région devrait être déterminée par les pays de la région.» L’Asie centrale revendique donc le droit, pour son espace géographique, de s'organiser souveraine-rpent et en toute autonomie.Les Etats-Unis, mais aussi l’Europe, le Japon et surtout le Pakistan, devraient à l’avenir renoncer à faire main basse sur l'Afghanistan, faute de quoi, selon les six, «l’éclatement d’une autre crise pour le pays et les régions avoisinantes» serait inévitable.Ainsi, l’enjeu principal en Asie centrale est l’exploitation du pétrole et du gaz, dont regorge le sous-sol de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, de la Russie et du Xinjiang chinois.Mais pour les mettre en valeur, il faut des gazoducs longs de de ceux à Kaboul qui ont survécu au régime fondamentaliste, avec Hiwad (en pachtou) et le Kabul Times (en anglais).Mais à Kaboul, il n’y a plus de journalistes afghans.Ils se sont exilés ou se sont reconvertis.«Nous n’avons pas d’appareil photo, pas de dictaphone, les talibans sont partis avec l’ordinateur, les journalistes ne sont pas formés», explique Adjiruddin Ekbal, le directeur de Hiwad, un écrivain tout juste revenu du Pakistan.Plusieurs projets financés par des ONG ou des organisations internationales sont actuellement en préparation.Comme ce nouveau centre des médias, soutenu à hauteur de 12 000 $ (13 440 euros) par l’UNESCO, élaboré à Kaboul par trois jeunes journalistes français, qui souhaitent aider matériellement des journalistes afghans «indépendants» jusqu’ici exilés dans la vallée du Panshir ou au Tadjikistan.La télévision de Berlusconi Une équipe de journalistes âgés de 28 à 35 ans, regroupée autour de Faheem Dashti — ancien correspondant en Afghanistan de milliers de kilomètres, des centrales thermiques et des réseaux de distribution, investissements et technologies dont seul dispose aujourd’hui l'Occident, partenaire incontournable que chaque pays du Club de Shanghaï tente d’attirer sur son territoire.Aussi est-il frappant de constater qu’en dépit des criantes contradictions d’intérêts entre les pays de l’OSS, ce sommet a fait montre de dynamisme, affirmant une volonté de relance du club par trois nouvelles initiatives.¦ D’ici juin prochain, pour la prochaine session de l’OSS, les six pays se promettent de doter leur organisation d’une charte politique.¦ Ils décident d’installer à Bishkek une agence régionale antiterroriste, forme d’Interpol interne, qui leur permettra de mieux ficher et de mieux suivre les mouvements des intégristes islamistes d’une frontière à l'autre.France Télévision — et de Leila Mastan, actuellement en France, travaille aussi à la relance du Kaboul Weekly, en dari, en pachtou et en anglais (il est soutenu par l'AINA, l’UNESCO et Reporters sans frontières).Ce journal de douze pages avait été lancé le 16 février 1993 en pleine rivalité armée entre différentes factions moudjahidines.Malgré trois mises sous scellés en raison de ses critiques, l’hebdomadaire avait perduré jusqu’au 3 septembre 1996, date de la prise de Kaboul par les talibans.L’hebdo-m ad aire, qui pourrait être diffusé dès la mi-février, prévoit redémarrer avec une édition de huit pages en format tabloïd, tirée à 2500 exemplaires.Au programme de la nouvelle mouture: actualités du pays «sans prise de parti et en toute indépendance politique et culturelle», histoire, échanges et compréhension autour des différentes religions ayant cours dans le pays, sports, revue de presse internationale, dossiers consacrés aux jeunes et à la reconstruction de l'Afghanistan ainsi qu'aux femmes, une rubrique économie, etc.¦ As annoncent la naissance d’un très discret «mécanisme de réponse d’urgence» aux agressions terroristes, force commune ou accord de déploiement rapide, peut-être calqué sur l’unité Léopard chinoise, en place depuis un an dans la région de Chengdu, et sur ces unités d’élite aéroportées, déployées depuis six mois à la frontière sino-afghane.C’est sur ce point peut-être que Pékin, Moscou et leurs petits alliés se rejoignent le mieux.Les quatre jeunes Etats sont de confession musulmane, mais de tradition laïque, et savent que l'intégrisme islamiste menace leur stabilité et leur ouverture au monde, sans rien apporter au pays en matière de prospérité économique.Dans ces conditions, le meiAeur lien entre les membres du Club de Shanghai est l’existence d’un ennemi commun — et lundi, à Pékin, c'est par l’érection d’un bouclier unique qu'ils ont tenté de reprendre l’initiative.Parallèlement, de nombreuses propositions venues de l’Inde, de l’Iran, de l’Italie, de la Turquie, de l’Allemagne et de la Chine affluent pour faire renaître la télévision nationale afghane.Même Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien et magnat de l’audiovisuel, actuellement contesté, a proposé au chef du gouvernement provisoire, Hamid Karzaï, de fournir une station de télévision complète.«J’ai eu des entretiens avec un responsable italien mais je ne suis pas très sûr d’avoir bien compris ce qu’il m’a promis», reconnaît Abdul Aziz, le nouveau patron de la télévision nationale afghane.Contacté par l’Agence France-Presse au sujet de ces nouveaux projets, le nouveau ministre afghan de l’Information affiche une prudence suspecte: «Nous n’avons aucun problème avec la liberté de la presse.Nous sommes très respectueux de la liberté d'expression, a-t-il dit.Mais sous certaines régulations.En particulier, nous ne voulons pas d'ingérence étrangère, cause de tous nos malheurs.» Le redémarrage des médias locaux, souhaité tant par la communauté internationale que par la population locale, pourrait être plus compliqué que prévu.Avec l'AFP Les médias afghans renaîtront peut-être de leurs cendres Le nouveau ministre de l’Information affiche une prudence suspecte Téléphone: 985-3322 1 L 0 D F T I T F ^ \ 1\T l\ï H l\ï T F ^ Courriel: Télécopieur: 985-3340 L L O I L 1 1 1 L Ü il l\ U 1\ V L O petitesannonces@ledevoir.com LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE SHBOTTTHOÔ Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l'édition du lendemain.Téléphone: 985-3322 Télécopieur: 985-3340 Conditions de paiement : cartes de crédit 103 160 CONDOMINIUMS 4PMRÏÏMENÎ5 ET ET COPROPRIÉTÉS 10GEMEN1S À LOUER IlE-DES-SOEURS- Verrières III 750 p c 16e étage 165 000 $ 1158 p.c.7e étage 285 000$ (514)945-9216 QUEBEC HAUTE-VILLE Vue Laurentides, const.BS.béton, bois franc, 41/2,1200 P.C., slat.int„ 123 000$.(514) 913-3865 ST-LAMBERT Prestigieux Rive- Droite HL I860 p.c., 2 ch.c., 2 s*.2 stat.inl.Vue fleuve et boisé 285,000$ (450)923-4482 120 LAURENTIDES STE-ANNE-DES-LACS bord de l'eau.Maison lumineuse, 2 grandes chambres ?2, terrain magnifique.261 pi de rive, plage, garage 232 000$ (450)224-9978, (450)448-7944 140 PROPRIÉTÉS DEMANDÉES ACHETERAIS IMMEUBLE à revenus, 6 log ou + .Montréal et région Invest, privé.(514) 523-0992 A L'ASSOMPTION Secteur rural, bas duplex, gr 512 refait à neuf Abns 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annuaire Acta Apostolicae Sedis (Actes du Siège apostolique), qui fait le point de l’activité de la Curie romajne en 2001.L’Eglise catholique, parmi d’autres, a été secouée ces dernières années par divers scandales de mœurs, impliquant notamment des prêtres pédophiles, dont le Vatican a visiblement éprouvé du mal à gérer les dommages pour l’image du catholicisme.Dans un Motu Proprio, une des formes les plus impératives de directive papale, Jean-Paul II a, dans un premier temps, autorisé la Congrégation pour la doctrine de la foi, héritière contemporaine de l’Inquisition, à édicter une procédure pour trancher ce type d’affaires.Le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de cette congrégation de premier plan, a, dans un deuxième temps, adressé à tous les évêques et supérieurs d’ordres religieux relevant de Rome une lettre reconnaissant la réalité du problème et soulignant la préoccupation du Vatican.«Par cette lettre, nous ne souhaitons pas seulement que soient évités ces crimes graves mais, par-dessus tout, que la sainteté du clergé et les croyants soient protégés par les sanctions nécessaires et l’écoute pastorale offerte par les évêques et autres responsables», écrit Mgr Ratzinger.Celui-ci explique ensuite la marche à suivre: si «le moindre indice» d’un cas de pédophilie impliquant un prêtre parvient à la connaissance d’un responsable catholique, «il doit ouvrir une enquête et informer la Congrégation».Un tribunal ecclésiastique local composé de prêtres devra se saisir de l’affaire qui, le cas échéant, pourra être transmise à la Curie romaine, selon une procédure couverte par le secret ecclésial.Celui-ci semble exempter les évêques d’aviser les autorités judiciaires nationales compétentes puisqu’une telle obligation n’est à aucun moment mentionnée.Le cas s’était posé en septembre dernier devant un tribunal français, qui a condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis l’évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Pierre Pi-can, pour non-dénonciation d'atteintes sexuelles sur mineurs.Le prélat, qui n'avait pas fait appel de ce jugement sans précédent, officiellement pour ne pas «raviver les blessures» lors d’un nouveau procès, s'était néanmoins inquiété que sa condamnation implique «une restriction du champ du secret professionnel».On lui reprochait de ne pas avoir dénoncé, après en avoir eu connaissance, les agissements d’un curé de son diocèse, l’abbé René Bissey, condamné un an plus tôt à 18 ans de réclusion par la cour d’assises du Calvados pour actes pédophiles — également un des crimes les plus graves aux yeux de l’Eglise.La lettre du cardinal Ratzinger était accompagnée d’une note priant les destinataires de ne pas en diffuser le contenu, n'apprend-on qu’aujourd’hui de source proche de la Curie romaine.Mais cette note n’a pas été annexée, dans l’annuaire du Vatican, aux documents auxquels elle se réfère.La polémique sur le cargo d’armes se durcit REUTERS ET AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — La polémique entre Israël et l'Autorité palestinienne sur la destination de la car-; gaison d’armes saisies jeudi der-; nier en mer Rouge par Tsahal sur un cargo irakien enfle de jour en i jour, menaçant les déjà maigres résultats de la dernière mission de paix de l'envoyé américain Anthony Zinni.Le gouvernement israélien a promis lundi de diffuser dans les 48 heures à venir des documents prouvant que les 50 tonnes d'armes lourdes et munitions principalement d'origine iranienne découvertes à bord du Karine A, dont le propriétaire serait officiellement irakien, étaient une commande directe de Yasser Arafat lui-même.L’Iran a démenti toute implication dans cette affaire et tout comme l’Irak, a dénoncé hier «un acte de piraterie» maritime dans les eaux internationales.Yasser Arafat a accusé pour sa part Israël d’avoir monté cette affaire de toutes pièces pour ruiner la médiation américaine.Washington «troublé» Les Etats-Unis se sont déclarés hier «troublés» par la responsabilité de Palestiniens dans la livraison d’armes interceptée par Israël en mer Rouge et ont renouvelé leurs pressions sur Yasser Arafat pour qu’il fasse toute la lumière dans cette affaire.«Le fait que des Palestiniens soient impliqués dans le transport de ces armes nous parait très troublant», a déclaré le porte-parole du département d’État, Richard Boucher, qui s’était gardé lundi de désigner le camp palestinien.«Nous attendons d’avoir une expli- cation complète de l'incident de la fuirt du président Ipalestinien Yasser] Arafat», a-t-il ajoute, sans toute fois mettre en cause directement l’Autorité palestinienne et son chef, accuses par Israël d'être impliqués dans cette livraison d’annes.M.Boucher a encore fait un pas en direction d'Israël en jugeant «crédible» l'interview du capitaine du navire.Omar Akaoui.un officier de la marine palestinienne, dans laquelle il a mis en cause deux proches de M.Arafat Le département d’Etat a également reconnu que le trafic d’annes intercepté le 3 janvier n'était pas une petite affaire, affirmant que «la qualité et la quantité de ces livraisons constituent une source de grave inquiétude».Le porte-parole américain s'est toutefois aussi voulu prudent, affirmant que Washington avait «des éléments, mais pas tous les éléments», sur cette affaire.La présence aujourd'hui à Washington d’une délégation de responsables militaires israéliens pourrait s’avérer déterminante dans l'attitude de l’administration américaine.Cette délégation de hauts responsables et d'experts, du renseignement militaire de l’État hébreu doit rencontrer le secrétaire d’État adjoint chargé du Proche-Orient, William Burns, ainsi que des experts du renseignement américain.Cette délégation va fournir «la preuve de l’implication étroite d’Arafat et de son autorité dans l'af faire du Karine A», le cargo intercepté, a déclaré le ministère israélien de la Défense.Devant la tournure grave accordée par Israël à l’affaire, le président de l’Autorité palestinienne a promis au diplomate de l'Union européenne Xavier Solana une enquête interne à l’Autorité autonome V ‘ Qualité et quantité inquiétantes pmmml •H conduite par des généraux palestiniens, et dont les États-Unis, It's Nations unies, la Russie et l’Union européenne pourront prendre connaissance.Raanan Gissin, porte-parole du gouvernement israélien, a balayé du revers de la main ce qu’il a présenté comme un simple effet d’annonce de la part du président d’une Autorité autonome que le cabinet, en l’absence des travaillistes, avait qualifiée en décembre à’«entité de soutien au terrorisme».Ariel Sharon a accusé Arafat d’avoir passé personnellement commande de ces armes, d’une valeur globale de plus de 100 millions de dollars, et dont, selon lui.la destination finale aurait dû être, sans l’opération de commando israélienne, la bande de Gaza.«Nous disposons de toutes les preuves, dont les documents, qui mènent directement à Arafat et à l’Autorité palestinienne», a affirme à Reuters Daniel Ayalon, conseiller diplomatique du premier ministre israélien.Bientôt les «preuves» Gissin a précisé que les preuves qui seraient rendues publiques d’ici deux jours comprendraient des titres de propriété du navire et des documents sur l’acquisition des armes.Prié de dire si ceux-ci por taient la signature d’Arafat, Gissin a répondu: «Je l'ignore |.] Ces sortes de transactions se font avec des compagnie fictives et des faux noms.» Certains commentateurs mais également des responsables israéliens se plaignent de la façon dont toute l’affaire a été présentée et exploitée par l’armée, y voyant la raison du scepticisme de la communauté internationale devant ce que Sharon présente comme la preuve du terrorisme de son vieil adversaire Arafat.le commandant du bateau, inter viewe par des journalistes israéliens en prison, a déclaré avoir reçu ses consignes d’un membre de l'Autorité autonome mais a deel.ire douter que la direction palestinien ne ait etc impliquée directement.Celle-ci a accuse Israel d’avoir «amplifie» l'incident à dessein afin de se donner un prétexte pour re-mettre en question la trêve relative en vigueur depuis la mi-décembre qui avait amène la reprise des et forts de paix américains.Cette affaire survient à un moment délicat pour les Etats-Unis, qui ont relance la semaine dernière les efforts de mediation de leur emissai re.le général Anthony Zinni, pour parvenir à un cessez-le-feu durable et à une reprise d’un dialogue |H>li tique.Revenu lundi à Washington apres quatre jours passes dans la iv gion.M.Zinni doit rendre compte de sa mission au secrétaire d'Etat, Colin Powell, avant de repartir sut le terrain, à une date non déterminée.Iv secrétaire américain à la Dé fense, Donald Rumsfeld, a pour sa |xu l souligne hier qu’il était légitime qu’Israël arraisonne eu mer Rouge un cargo transportant des armes, sans toutefois se prononcer sur le fait que cette cargaison était ou non destinée à l’Autorité palestinienne.1a' premier ministre israélien, Ariel Sharon, a appelé hier les Etats-Unis à inscrire la garde du président palestinien Yasser Arafat, la Forced?, et son mouvement, le Fatah, sur leurs listes d'organisa lions «terroristes», «le Fatah, le par ti d’Arafat, le Tanzim, son organisa tion militaire, et la Parce-17 doivent figurer sur Us listes américaines d'or ganisations terroristes», a déclaré à Jérusalem M.Sharon, dans des propos rapportés par la radio pu blique israélienne.La Suisse à l’ONU Lancement officiel de la campagne d’adhésion AGENCE FRANCE-PRESSE Berne — Trois ministres ont officiellement lancé hier à Berne la campagne en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’ONU, soumise à référendum le 3 mars et souhaitée par 57 % de la population, selon un dernier sondage.Le gouvernement, composé d’une coalition de centre-droit et de socialistes, a rappelé en octobre dernier son souhait d’une telle adhésion, malgré l’opposition d’une partie de la droite populiste, qui y voit un renoncement à la neutralité du pays.«La qualité de membre [de l’ONU] est parfaitement compatible avec notre concept de neutralité», a expliqué le ministre de la Défense, Samuel Schmid, au cours d’une conférence de presse commune avec ses collègues des Affaires étrangères, Joseph Deiss, et des Fi- nances, Kaspar Villiger, qui occupe actuellement la présidence tournante et annuelle de la Confédération.Lundi, Christoph Biocher, milliardaire zurichois et figure de proue de la droite populiste, l’Union démocratique du centre (UDC), première formation politique du pays avec 23 % des voix, avait vivement contesté cet argument.«Une adhésion aux Nations unies remettrait en cause la crédibilité de notre neutralité» et placerait de fait la Suisse «sous tutelle», avait-il indiqué.Christoph Biocher et Samuel Schmid, l’un et l’autre membres de l’UDC, se sont déjà opposés sur l’envoi de soldats suisses armés dans des opérations de maintien de la paix décidées par l’ONU.Cette décision, défendue par Samuel Schmid, a finalement été acceptée par référendum en juin dernier.he leader populiste voit égale- ment dans la position du gouvernement face à l’ONU «une étape vers l’entrée de la Suisse à l’Union européenne et à l'OTAN».En mars dernier, 76,8 % des Suisses avaient massivement rejeté par référendum tout début de commencement de négociations d’adhésion avec l’UE alors qu’en mai 2000, 67,2 % d’entre eux avaient approuvé les accords sectoriels avec l’Union conclus en décembre 1998.Quant à l’adhésion de la Suisse à l’OTAN, il n’en a jamais été réellement question, une écrasante majorité du pays restant favorable à la neutralité du pays, comme le sont actuellement en Europe l’Autriche, l’Irlande, la Suède et la Finlande.Adhérer à l’ONU, selon Joseph Deiss, c’est permettre à la Suisse de «consolider son capital de sympathie et de confiance».En outre, a souligné son collègue de la Défense, aucun pays membre de l’ONU n’est contraint de participer aux opérations militaires décidées par elle.Plus de 60 pays sont actuellement dans ce cas, selon lui.Pour autant, la Suisse a déjà participé à des missions de maintien de la paix mises sur pied par l’ONU, comme en Bosnie, au Koso vo et en Macédoine.Depuis dix ans, elle applique systématiquement toutes les sanctions économiques et financières décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU, a rappelé Samuel Schmid.Sur le plan financier, la Suisse octroie annuellement 460 millions de francs suisses (280 millions de dollars) aux diverses agences spécialisées de l’ONU.Son adhésion formelle lui coûterait 70 millions supplémentaires (42,7 millions de dollars) par an, a précisé Kaspar Villiger.«Les avantages tels le droit de vote et le pouvoir de décision ne se mesurent pas en francs et en cen- times», a-t-il souligné.1 e 3 mars prochain, une majorité de la population et des 26 cantons (régions administratives) suisses devra être requise |x>m que le pays puisse adhérer à l’ONU, conformément à la Constitution, qui prévoit cette double majorité pour tout ae cord international.Si la majorité de la population semble acquise à TON U, celle des cantons ne l’est pas encore, plus particulièrement dans les cantons germanophones, qui seront la cible privilégiée des partisans et adversaires de cette adhésion.La Suisse et le Vatican sont les deux seuls Etats du monde à ne pas avoir adhéré à l’( )NU.Ui Suisse a été l’un des membres fondateurs de la Société des nations, créée après la Première Guerre mondiale et devenue, après le second conflit mondial, l’Organisation des Nations unies.ÉTATS-UNIS Bush lance sa réforme scolaire Une unité spéciale pour les personnes déplacées AGENCE FRANCE-PRESSE Hamilton — Le président américain George Bush a promulgué hier une réforme scolaire votée par le Congrès en décembre et exemplaire, selon lui, de la coopération qui peut exister entre parlementaires démocrates et républicains.«Nous y sommes arrivés parce que des membres de la Chambre des représentants et du Sénat, fidèles à leur parti respectif, ont décidé de mettre de côté la politique politicienne et de se concentrer sur ce qu’il faut à l’Amérique», a déclaré M.Bush à un public enthousiaste d’élèves rassemblés pour l’occasion dans le gymnase d’un établissement scolaire de Hamilton, dans l’Ohio.Le président républicain a fait ces remarques alors que les démocrates, majoritaires au Sénat, bloquent l’adoption définitive de son plan de relance de l’économie, élaboré au lendemain des attentats du 11 septembre.La réforme scolaire, considérée comme la plus radicale jamais promulguée depuis une génération, généralise la pratique d’examens annuels du niveau en mathématiques et en lecture des élèves de 6 à 13 ans.Cette loi, votée par 87 voix contre 10 au Sénat en décembre, accroît également de quatre REUTERS George W.Bush milliards de dollars par an les dépenses fédérales en matière d’éducation, un domaine qui, aux États-Unis, est essentiellement du ressort des États et des municipalités.Elle vise enfin à accroître la pression sur les écoles publiques déficientes pour qu’elles améliorent leurs résultats en menaçant de financer la scolarisation de leurs élèves dans d’autres établissements publics ou privés.AGENCE FRANCE -PRESSE Genève — Une unité spéciale a été créée aux Nations unies à Genève pour mieux coordonner les réponses aux défis de plus en plus graves que posent, à travers le monde, les millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, a annoncé l’ONU hier.Cette unité a été mise en place au sein du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) et agira en étroite coopération avec les agences de l’ONU, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le mouvement de la Croix-Rouge et les ONG.Elle sera dirigé par Kofi Asomani, du Ghana, en tant que coordinateur spécial pour les personnes déplacées.La nouvelle unité aura des liens étroits avec le représentant spécial du secrétaire général de EON U pour les personnes déplacées, Francis Deng.L’ONU évalue actuellement à plus de 20 à 25 millions le nombre de personnes déplacées en raison de conflits armés et à 25 millions celles déplacées par des catastrophes naturelles.L’objectif est de renforcer la réponse coordonnée de la communauté internationale aux difficultés que rencontrent ces 45 mil lions de civils déplacés dans leur propre pays, plus nombreux que les réfugiés proprement dits.Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) prend en charge plusieurs millions de ces déplacés à l’intérieur d’un pays, qui sont aussi parfois aidés par l’UNlCEF, le Programme alimentaire mondial, le mouvement de la Croix-Rouge, l’OIM, etc.Cependant, des millions d’autres victimes de conflits internes ne sont pas ou sont peu aidés par la communauté internationale.E N AI dénonce les abus en RDC Kinshasa (Reuters) —Amnesty International a dénoncé hier la poursuite des arrestations arbitraires par les forces de sécurité congolaises malgré les engagements pris par le gouvernement de Kinshasa en faveur des libertés civiles.Ces arrestations visent les opposants politiques, les étudiants et les journalistes.Amnesty mentionne le cas de cinq membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social, le mois dernier, malgré la levée, au printemps, de l’interdiction légale de toute opposition politique imposée par son défunt père et prédécesseur Laurent-Désiré Kabila.L’organisation affirme aussi que la police a fait subir de mauvais traitements à quelque 400 étudiants interpellés après une manifestation à la mi-décembre, qui avait dégénéré en affrontements et au cours de laqueUe, selon les autorités, trois policiers avaient été poignardés.Plus de 20 journalistes, ajoute .Amnesty, ont été arrêtés dans le pays de manière arbitraire durant l’année 2001.BREF Troubles malgaches Antananarivo (Reuters) — Pour la deuxième journée consécutive, plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés hier dans la capitale malgache pour réclamer que leur candidat d’opposition, Marc Ra-valomanana, soit déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 16 décembre.Des témoins affirment qu’environ 85 000 personnes sont descendues pacifiquement dans les rues pour se rassembler sur la place du 13-Mai, dans le centre d’Antananarivo, dont Ravalo-manana est le maire.La veille, une manifestation similaire s’était soldée par des tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes sur la foule; de leur côté, les manifestants avaient incendié un véhicule.Ces heurts lundi avaient fait 21 blessés, dont 15 policiers.Mardi, aucun policier n’était visible sur la place du 13-MaL Les résultats publiés par le gouvernement la semaine dernière donnent 46,59 % à Ravalomanana contre 40,59 % au président sortant Didier Ratsiraka le second tour devrait avoir lieu dans un délai de 30 jours après l’approbation des résultats par la Haute Cour.#***%4*‘%*' Consultation ?/-ë-krë-r-.A .r- ASSEMBLEE NATIONALE VJL.IN CKALtl Q U Ê B r.c AVANT-PROJET DE LOI INTITULE « LOI SUR LA CARTE SANTÉ DU QUÉBEC • la Commission des affaires sociales est chargée de tenir des auditions publiques à compter du 19 février 2002 dans le cadre de la consultation générale sur l avant projet de loi intitulé ¦ Loi sur la carte santé du Québec ».Toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion sur ce sujet doit soumettre un mémoire au Secrétariat des commissions au plus tard le 5 février 2002 La Commission choisira, parmi les personnes et les organismes qui auront fait parvenir un mémoire, ceux qu elle entendra Les mémoires doivent être transmis en 25 exemplaires de formai lettre Ils doivent être accompagnés d'autant d'exemplaires d'un résumé de leur contenu Les personnes ou les organismes qui désirent que leur Diémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 25 exemplaires supplémentaires Les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements doivent être adressés à M' Denise Lamontagne, secrétaire de la Commission des affaires sociales.Édifice Pamphile-Le May, 1035, rue des Parlementaires.3' étage Québec (Québec) Gl A 1A3 Téléphone (418)643-2722 Télécopieur (418) 643-0248 Courriel : dlamontagneihassnat qc ca LE DEVOIR.LE MERCREDI 9 JANVIER 2 0 0 2 A (i EDITORIAL Panne sèche! Suspendues depuis le 21 décembre dernier, les transactions sur les marchés de change reprennent ce matin en Argentine.Il faudra donc suivre l’évolution du peso flottant par rapport aux autres devises pour connaître les réactions aux mesures d’urgence annoncées plus tôt cette semaine par le président Eduardo Duhalde.L’Argentine s’enlise dans une crise économique, politique et sociale dont elle mettra des années à s’extirper.a nouvelle valeur du peso, qui s’échangeait depuis 1991 à parité avec le dollar américain (ce qu’on a appelé la «dollarisation»), a été fixée d’office à 1,4 peso pour un dollar pour les transactions commerciales avec l’étranger mais fluctuera au gré de l’offre et de la demande sur le marché intérieur, ce qui laisse entrevoir une perte de valeur encore plus forte étant donné la crise de confiance qui sévit D’entrée de jeu, cette double valeur d’une monnaie (taux fixe à l’extérieur du pays, taux flottant à l’intérieur) n’a pas de quoi rassurer les entreprises et les investisseurs.On a peine à imaginer qu’il soit possible de faire cohabiter bien longtemps deux valeurs pour un même bien dans une économie ouverte, selon qu’il est vendu à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.Tôt ou tard, les effets pervers d’une telle mesure se feront sentir et il faudra choisir: ou il flotte, ou il est fixe, le peso.Autre danger immédiat qui guette le pays à la suite de la dévaluation subite du peso, pourtant devenue inévitable, c’est le retour de lliy-perinflation (de 1000 % à 5000 % l'an) qui avait marqué les années d'avant la dollarisation.Le processus est simple: une forte dévaluation de la monnaie fait en sorte que tous les biens importés, et bientôt tous les autres biens et services, coûtent plus cher.le gouvernement Duhalde a beau vouloir éviter le choc en gelant les prix des services publics (gaz, électricité, etc.) en pesos dévalués, si tous les autres prix grimpent, il faudra bien, tôt ou tard, que ceux des services publics suivent.Or quoi de pire pour les exportations d’un pays que de voir le prix de ses produits augmenter?Il y a plusieurs conditions à la réussite du plan d’urgence présenté par le président Duhalde.L’une d’elles, c’est l’appui du FMI, auquel l'Argentine demande un prêt de 15 à 20 milliards et le refinancement de son énorme dette publique de 140 milliards de dollars.Pour obtenir cette aide, le gouvernement argentin doit faire la preuve que des mesures énergiques de redressement économique seront prises et que l’argent ne sera pas gaspillé, comme ce fut le cas jusqu’ici.Cette preuve est loin d’être faite.Pas question non plus qu’une telle aide aille garnir les coffres des politiciens corrompus ! Car voilà un autre des problèmes majeurs de l’Argentine: des décennies de corruption dont la période des colonels aura été l’illustration la plus sanglante.Comme le dit si bien notre compatriote d’origine argentine, l’écrivain Alberto Manguel, dans la page ci-contre: «L'Argentine n’est plus, et les canailles qui Vont détruite vivent encore.» Une autre condition à la réussite du programme: l’avènement d’un régime politique stable.Encore là, ce n’est pas la nomination d'un cinquième président en deux semaines qui est susceptible de donner beaucoup de crédibilité aux discours rassurants du nouveau président D’autant plus qu’en mettant fin à la parité avec le dollar, en décrétant un moratoire sur le remboursement de la dette publique et en permettant aux petits emprunteurs de rembourser la leur en pesos dévalués au lieu des dollars américains empruntés, le gouvernement argentin fait perdre des dizaines de millions aux banques et aux sociétés.Tant pis pour ces profiteurs, ironiseront certains, mais qui subira le plus durement les contrecoups de la fuite des capitaux étrangers de ce pays?Trahi depuis des décennies par ses élites, le peuple argentin crie famine.Le taux de chômage officiel dépasse 20 % et la misère s’étend de jour en jour.Malheureusement, les Argentins ne sont pas les figurants d’un suspense dramatique qui se termine en beauté, et rien ne permet de prévoir une sortie de crise facile et rapide.jrsansfacon@ledevoir.ca Le bras canadien .' n se joignant aux opérations militaires américaines à Kandahar, les Forces armées canadiennes rompent avec les missions généralement plus pacitiques accomplies à l’étranger.Jamais depuis la guerre de Corée l’armée de terre n'a-t-elle été engagée dans une opéra- .tion de nature aussi offensive que celle qui vient d’être annoncée pour les 750 soldats canadiens.Le contingent canadien devait initialement se joindre à la force internationale de maintien de la paix qui sera déployée sous peu à Kaboul, la capitale afghane.Mais après avoir appris que le commandement britannique responsable de cette force n'avait besoin que de 200 Canadiens sur un total de 4500 soldats, Ottawa a déchanté.Le premier ministre Jean Chrétien avait imaginé un destin plus flamboyant et plus «identifiable» pour ses troupes.La mission de Kandahar, sous commandement américain, offrait cette visibilité.Les soldats y auront donc un mandat beaucoup plus large que celui d'assurer la paix et ils pourraient être engagés dans des opérations de combat.Ce bris dans la tradition canadienne s’inscrit évidemment dans une logique politique: le Canada s’est énergiquement engagé à soutenir la lutte américaine contre le terrorisme.En outre, voilà une excellente occasion de faire la démonstration que l’armée canadienne n'est pas en aussi piteux état que certains se plaisent à le répéter.Mais cette fusion avec les Américains revêt une forte signification qui dépasse le symbole.Depuis le 11 septembre, le gouverne» ment Chrétien a fait un certain nombre de gestes tendant vers une plus grande harmonisation de nos politiques avec celles des Etats-Unis.La décision de se joindre aux opérations américaines marque la suspension de l’approche canadienne favorisant les opérations de maintien de la paix, au profit d’un rapprochement avec les Etats-Unis.la décision de travailler sous commandement américain traduit bien cet état d’esprit.En frit, plus quelle ne l’inaugure, elle marque un pas de plus vers l'intégration des opérations militaires des deux pays.On ne sait pas encore si ce dernier développement en Afghanistan aura éventuellement des retombées positives pour le Canada.Il est légitime de penser que le gouvernement espère améliorer ses relations commerciales avec son voisin.Mais il est indéniable que le Canada sera de plus en plus perçu comme «le bras canadien» des Etats-Unis.L’époque Trudeau est bel et bien révolue, et les principes ne tiennent pas la route devant les impératifs commerciaux.Au moins, les choses ont le mérite d'etre claires.Pau le des RiviCres ?V -je Jean-Roberl Sansfaçon ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDREE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE KtoU, N M'SlfVR OMAR.ma «S îu CMQuE fCT (tAMiÉ ôRÂCf Apx SoUÏATç u" V£ *A ! La bêtise humaine comme sujet de reportage ?La première semaine de janvier, un journaliste de Radio-Canada rapportait une nouvelle d’importance stratégique pour le nouveau Montréal: des sans-abri et des itinérants vivent sous un abri de fortune accroché pratiquement sous l'autoroute Ville-Marie.Ils avaient pourtant un abri et üs étaient sédentaires.enfin! Il y a quelques années encore, ce même journaliste nous rapportait qu’une dame vivait à l’ombre d’un conifère dans un petit bout de parc sur le boulevard De Maisonneuve.Fruit du hasard, je travaillais à l’époque tout près de l'abri de la dame.Je lui disais bonjour le matin lorsqu’elle me regardait.Par la suite, mon trajet pour me rendre au travail me faisait voir le sourire et la bonne humeur d’Alain, au coin des rues Amherst et Viger.Il mendiait avec un sourire et un bon mot pour chaque automobiliste.Je l’ai revu hier et j’ai osé, malgré ma timidité, lui demander comment ça allait.Il me dit alors qu'il ne dérangeait pourtant personne et que le résultat du reportage le mettait carrément à la rue.Il n'a pourtant pas perdu son sourire et sa bonne humeur.J’étais très touché de le voir ainsi malgré sa mésaventure.Lorsqu’on fait un reportage sur un événement, il fai|t, à mon avis, en mesurer les conséquences.A quoi bon dénoncer une situation qui ne dérange franchement personne?Est-ce que la vue des mendiants dérange à Montréal?Est-ce que faire du journalisme, c’est mettre les projecteurs sur des gens qui ne demandent que la tranquillité pour survivre?Au fait, le sujet du reportage, était-ce la bêtise humaine?Entre-temps, j’espère qu’on mettra les pro- LETTRES -?- jecteurs ailleurs parce qu’il m’arrive d’avoir des soucis en passant par la rue Viger.Le sourire d’Alain suffit la plupart du temps à me faire dire merci à la vie.En passant, je n’ai plus jamais revu la dame depuis le fameux reportage.J’espère quelle s’est trouvé un abri pour dormir paisiblement la nuit.Dites-lui bonjour si vous la voyez, chaque humain mérite bien cela.Denis Isabelle Verdun, 6 janvier 2002 La population mondiale En 2001, la population mondiale a augmenté de 80 millions d’individus.Elle augmentera encore de 80 autres millions de personnes en 2002.Ça fait 40 ans que ça dure.80 millions, c’est, grosso modo, l’équivalent de trois Canada par année! Quand on pense que ça prend actuellement un PNB de 1000 milliards de dollars pour assurer le niveau de vie de 30 millions de Canadiens! Evidemment, ce sont les pays pauvres qui ont ce triste championnat alors que c'est la dénatalité dans les pays riches.I.es deux tiers de l’humanité, soit quatre milliards d’individus, n’ont pas fait l'expérience des deux dernières guerres, ni de l'Holocauste ni la guerre de Corée, etc.Ces quatre milliards de personnes, par contre, vivent dans le dénuement complet Attention, M.Bush! Croyez-vous que c’est par la loi du Texas que vous allez régler les problèmes de 2002?N’est-ce pas que le véritable terreau du terrorisme en 2002, c’est la pauvreté, l'humiliation, l’injustice?Que faites-vous, M.Bush?N'avez-vous pas le mauvais bout de la lor- gnette?80 millions d’individus par année depuis déjà 40 ans, est-ce que ça vous dit quelque chose?Pouvez-vous seulement l’imaginer?Pour un seul Oussama ben Laden éliminé, il y en a des millions d’autres qui se lèveront! Charles Gagné Sainte-Anne-de-Beaupré, 4 janvier 2002 Réduction chaotique Je croyais bien devoir écrire à Gérald Tremblay pour lui lancer des fleurs à la suite de sa brillante initiative de réduction à 25 $ du prix de la carte mensuelle pour les étudiants de moins de 25 ans.Mais à mon grand regret, c’est le pot que je lui envoie aujourd’hui.Certes, je ne critique pas cette promesse électorale tenue avec tant d’empressement, une qualité rare au sein de nos institutions politiques.Ce que je déplore, c’est la mise en œuvre de cette réduction, qui s’avère être littéralement chaotique pour l'étudiant moyen.Le délai requis pour obtenir la carte Privilège (nécessaire à l’achat de la carte mensuelle réduite) était de sept à huit heures vendredi dernier.Aussi, pour utiliser cette carte mensuelle à prix réduit il faut présenter notre carte Privilège et notre carte mensuelle au changeur du métro, qui nous laisse ensuite passer.Imaginez le nombre d’étudiants qui prennent le métro à la station Berri-UQAM aux heures les plus achalandées et l’engorgement qui s’y produira.Les étudiants de Montréal croient en la bonne volonté de M.Tremblay.C’est donc à lui de nous faire confiance en simplifiant un système qui considère actuellement les étudiants comme des fraudeurs potentiels.Alexandre Shields Etudiant à l’UQAM LIBRE OPINION -?- Lettre aux citoyens de Sainte-Martine ANDRÉ B O IS C LA 1 R Ministre de l'Environnement du Québec Dans ses articles des 15 et 18 décembre derniers, le journaliste Louis-Gilles Francœur rapporte les propos d'un groupe de citoyens de Sainte-Martine.Il traite de la demande de la municipalité de Sainte-Martine pour réaménager et réutiliser son puits municipal, de l'autorisation délivrée par le ministère de l'Environnement ainsi que du dossier de l’incinérateur de Mercier.Ce faisant, il reprend hélas des propos inexacts et alarmistes.D’abord, la qualité et la rigueur de l'intervention du ministère de l’Environnement ne font aucun doute.En effet, conformément à un devis technique que le ministère a préalablement approuvé, la municipalité de Sainte Martine a fait réaliser, par une firme d’experts, un essai de pompage conforme aux règles de l’art ainsi qu'une modélisation de l’aquifère du roc de la municipalité, visant entre autres à s'assurer que l’utilisation de ce puits ne nuit en rien au captage et au traitement des eaux souterraines qui sont effectués par le ministère au site contaminé de Mercier.De plus, compte tenu de la porosité du sol, difficile à évaluer dans cette région, le ministère étudiera attentivement la qualité des eaux de quatre puits situés en amont du puits de la municipalité de Sainte-Martine.Cette mesure est mise en place pour détecter préventivement toute forme de contamination.A ce jour, le suivi démontre clairement que la contamination est confinée dans une zone relativement restreinte et que le territoire de Sainte-Martine est bien protégé.L’autorisation délivrée en mai 2000 comporte également, pour la municipalité de Sainte-Martine, des obligations particulières.En effet, quatre prélèvements par année seront faits pour détecter la présence de composés orga- niques volatils (COV).Cette obligation s’ajoute à celles déjà prévues au Règlement sur la qualité de l’eau potable.Le ministère impose donc un contrôle en amont et en aval.Il offre ainsi à la municipalité tous les outils nécessaires pour quelle puisse garantir à ses citoyens une eau de qualité.En ce qui concerne le Règlement sur la protection des eaux souterraines dans la région de Mercier, il est important de faire la différence entre le «territoire d’application», qui représente l’ensemble des cinq municipalités visées par ce règlement, c’est-à-dire 315 kilomètres carrés, et la «zone à usages restreints», qui entoure les lagunes et mesure 4,7 kilomètres carrés.Sous certaines conditions, le pompage de l’eau souterraine est permis dans le territoire d’application et, de fait, de telles autorisations sont régulièrement délivrées pour des usages domestiques.Par contre, il est strictement défendu dans la zone à usages restreints, sauf pour certains usages bien précis.Le périmètre contaminé représente une superficie d’environ huit kilomètres carrés.Ce périmètre n’est pas encadré par le règlement mais déterminé dans le cadre du suivi de l’eau souterraine assuré par le ministère de l’Environnement du Québec.Quant aux recommandations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), elles portaient, entre autres, sur la révision du territoire d’application visé par le règlement qui couvre cinq municipalités et non pas sur la révision de la zone à usages restreints.Une étude du ministère, actuellement en cours, vise la validation du territoire d’application.La zone à usages restreints ne sera en aucun cas diminuée à la suite de cette étude.Le ministère n’a donc pas déréglementé la zone à usages restreints et n’a pas l’intention de le faire.Depuis près de 20 ans, le ministère de l’Environnement exploite une unité de traitement des eaux souterraines des lagunes de Mercier afin de constituer ce que les spécialistes appellent un «piège hydraulique».Cela consiste en un pompage continu de la nappe phréatique afin d’empêcher la migration des contaminants par rabattement de la nappe.Par ailleurs, si on examine l’efficacité de ce traitement, on constate que l’eau rejetée dépasse parfois de façon très sévère les seuils fixés, que l’on appelle «objectifs environnementaux de rejets» et qui visent une protection maximale du milieu naturel récepteur.Notons cependant que les rejets de l’usine de traitement de Mercier respectent les critères généralement employés pour les eaux de consommation.Au sujet de l’incinérateur de matières résiduelles dangereuses exploité par les Services Safety-Kleen limitée, une distinction s’impose entre sa capacité annuelle maximale et son débit d’alimentation.La première notion réfère à un potentiel dont l'utilisation effective varie selon la demande; elle est de 70 900 tonnes métriques (tm) depuis 2000, alors qu’elle était de 60 000 tm en 1989, soit une augmentation de 18 %, ce qui est bien différent du double.Quant au débit d’alimentation autorisé, il est passé de 126 litres par minute en 1991 à 140 en 2000, soit une augmentation de 11 %, ce qui est encore là très inférieur à ce qui a été avancé.Ces modifications ont été accompagnées de contrôles de plus en plus rigoureux des activités de l’incinérateur et de l’application stricte des normes et règlements quant à ses émissions atmosphériques.Enfin, certaines allusions ont été formulées sur l’évolution des aspects judiciaires dans le dossier fort complexe des lagunes contaminées.Je tiens à confirmer, avec toute la discrétion qui est de rigueur en la matière, que ces aspects font l'objet d’intenses travaux techniques et juridiques au sein de l’administration. L K DEVOIR.LE MERER E l> I !t .1 A \ V I E R 2 « 0 2 A 7 IDEES L’Argentine n’existe plus Quelle solution peut-il exister pour un pays en faillite financière et morale, avec le même lot de politiciens corrompus se disputant aujourd'hui ce qui n'est plus qu os dénudés?ALBERTO MANGUEL Ecrivain canadien d'origine argentine, l’auteur vit en France.Ce texte, paru dans l’édition d'hier du quotidien Le Monde, a été traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf.n des topiques de la littérature U baroque proclame que plus rien n'est ce qu'il était: le voyageur cherche Rome dans Rome, et tout ce quïl en voit, ce sont des ruines.le grand Francisco de Quevedo en déduisait que «ce Qui était inébranlable a disparu, seul l'éphémère demeure et dure».Les ruines des villes saccagées de l’Argentine — les supermarchés dévalisés, les voitures incendiées, =====J les vitres en morceaux, les débris des modes et des tendances — constituent l’oppressant présent; dans le passé se trouve relégué un pays que nous étions jadis convenus d’appeler l’Aigentine.Je suis né en Argentine mais, en réalité, je n’y ai pas vécu avant l’âge de sept ans, quand ma famille s’y est réinstallée en 1955, après la chute de Perdn.J’en suis reparti pour de bon en 1968, juste avant que ne commencent les horreurs de la dictature militaire.Je me souviens de ces 13 années avec étonnement Malgré la dégradation économique continue, malgré la fréquence des coups d’Etat militaires qui faisaient appa-raitre dans les rues proches de notre école des tanks éléphantesques, malgré la vente progressive de toutes les industries nationales, l’Argentine était en ce temps-là un pays extraordinaire, d’une richesse intellectuelle et d’une fécondité immenses.Cette société possédait un style de pensée unique, capable d’aborder (dans une même idée) les grandes questions métaphysiques et les réalités de la politique de base.Un humour particulier imprégnait toutes les transactions sociales: une ironie teintée de mélancolie, d’enjouement et de gravité.Les Argentins semblaient doués de la capacité d’apprécier le plus petit cadeau du hasard comme de ressentir les instants de tristesse les plus subtils.Ils avaient un sens passionné de la curiosité, l’œil aux aguets pour la notion révélatrice, le respect de la pensée intelligente, de l’acte généreux, de l’observation éclairée.Ils savaient qui ils étaient en ce monde et se sentaient fiers de cette identité (que Borges appelait «un acte de foi»).Tout cela est désormais perdu.Que s’est-il passé?Pour l’essentiel, l’Argentine a cessé de croire en elle.Toute société est une invention, une construction imaginaire fondée sur un accord entre des individus qui ont décidé de vivre ensemble selon des lois communes.Ces lois constituent un système basé sur la confiance: que l’on perde foi dans le système, et la notion de société disparaît, telle l’eau dans l’eau.%.X n V 4 .% \ K I If L’Argentine n’est plus, et les canailles qui l’ont détruite vivent encore AKCHIVKS U-: lll- VOIK Les ruines des villes saccagées de l’Argentine — les supermarchés dévalisés, les voitures incendiées, les vitres en morceaux, les débris des modes et des tendances — constituent l’oppressant présent.Le rêveur réveillé Le serment d’allégeance américain, la Marseillaise, la devise brésilienne «liberdade o morte», l’infamant Deutschland, Deutschland fiber ailes, le «True North strong and free» canadien sont autant d’incantations rituelles qui prêtent une voix, sinon un sens, à nos croyances.Gravées sur les stèles d’Hammourabi, récitées par les anciens chez les Orixâs, sculptées au-dessus de la porte du temple de Delphes ou imprimées dans les milliers de registres des tribunaux de notre temps, ces conventions qui règlent nos vies en commun ressemblent au rêve du roi Rouge dans Alice au pays des merveilles: qu’on le réveille, et notre société illuminée s’éteindra, bang, comme une bougie.Dans la pièce de Robert Boit, Un homme pour l’éternité, le gendre de Thomas More soutient que pour atteindre le Diable, il anéantirait volontiers toutes les lois instituées en Angleterre.Et More, le légiste, répond avec colère: «Et comment crois-tu pouvoir rester debout sous le vent qui soufflerait?» More ne pouvait le savoir, mais il parlait de mon Argentine, dont les citoyens honnêtes s’efforcent de rester debout dans un pays dont les lois ont été éradiquées, sans savoir combien de temps ils parviendront à garder la tête haute dans la tourmente.11 existe une tournure d’esprit que nous avons (à tort) qualifiée de machiavélique, celle qui porte à croire que l’on peut tout se permettre dans le but de s'agrandir, y compris d’enfreindre la loi.Les tyrans grecs, les césars romains, les papes et empereurs la possédaient; elle a déclenché des guerres, justifié des atrocités, causé des souffrances indicibles; en fin de compte, elle a toujours provoqué l’effondrement des sociétés dans lesquelles elle s’était enracinée! En Argentine, elle s’est manifestée dès l’aube de la République, avec le meurtre du jeune révolutionnaire Mariano Moreno.Elle est devenue officielle au XIX' siècle sous la tyrannie de Juan Manuel de Rosas, acceptable au temps des oligarques et des propriétaires terriens au début du XXe, populaire sous Perôn.Enfin, sous la dictature militaire, elle a miné la société sous tous ses angles, ignoré toute légalité, fait de la torture et du meurtre les instruments quotidiens du gouvernement, infecté le langage et la pensée.Vers la fin des années 80, cette tournure d’esprit s’était si bien enracinée qu’elle a permis au président Menem de pardonner aux plus odieux des criminels de la Junta et à la plupart des Argentins de justifier, non sans ingéniosité, le comportement crapuleux de leur gouvernement.Grâce aux militaires, d;ms l’Argentine des années 90, il était devenu impossible d’employer les mots «honnêteté», «vérité» ou «décence» sans les teinter d’ironie.In tâche du président De la Rua était désespérée.Rétablir l’équilibre d’une société qui, en vérité, n’existe plus parce quelle ne croit plus à sa propre intégrité est un tour qu’aucun magicien ne pourrait accomplir.Tout se passe comme si les spectateurs refusaient de se lier à l’artiste par un contrat implicite de respect et de suspension d’incrédulité, comme s’ils avaient décidé de ne pas rester assis à le regarder sortir un lapin de son chapeau mais de tenter plutôt de s'enfuir avec lapin et chapeau, persuadés que s’ils ne le font pas, U1 magicien sera le premier à les barboter l’un et l’autre.Dans de telles conditions, aucune représentation ne peut avoir lieu et le théâtre peut aussi bien fermer.Le célèbre tango Cambalache («bric-à-brac») avait tout prévu dès 1935: «Il n’importe à personne que vous soyez né honnête», dit la chanson.Et puis: «C’est tout pareil: celui qui travaille Nuit et jour comme un bœuf Celui qui vit des autres, Celui qui tue, celui qui guérit, Ou celui qui enfreint la loi.» Durant son long règne, Perôn se vantait volontiers de pouvoir, tel l’oncle Scrooge, «marcher sur les lingots d’or du Trésor».Après sa fuite, il ne restait plus d’or à fouler, et Perôn figura sur les listes financières internationales comme l’un des hommes les plus riches du monde.Après Perôn, les vols continuèrent et s’intensifièrent L'argent prêté à l’Argentine, à plusieurs reprises, par le Fonds monétaire international (cette incarnation moderne du péché d’usure) disparut dans les poches des mêmes et célèbres salauds: ministres, hommes d'affaires, industriels, députés, banquiers, sénateurs.Ixairs noms sont familiers à tous les Argentins.le refus du FMI d’en prêter davantage était fondé sur la prémisse évidente qu’il serait à nouveau volé (les truands ne connaissent que trop bien les habitudes les uns des autres).Mais le lait qu’il ne reste rien à voler n'apporte aucune consolation aux milliers d’Argentins qui meurent de faim.Mourir de faim — dans un pays appelé, il y a quelques décennies à peine, «la boulangerie du monde»! Et maintenant?Quelle solution peut-il exister pour un pays en faillite financière et morale, avec le même lot de politiciens corrompus se disputant ce qui n’est plus aujourd’hui qu’os dénudés, avec une armée meurtrière en attente dans les coulisses, sans système judiciaire, sans programme économique, sans activités industrielles dignes de ce nom?Que peut espérer l’Argentine quand le président intérimaire, natif de la ville de La Quebrada, qui fut le premier à remplacer De la Rua, conclut son discours inaugural par la dédicace de son bref mandat (jusqu’en mars) «au Christ de la Quebrada»?Que peuvent espérer les citoyens d'Argentine quand le dernier de la demi-douzaine de remplaçants présidentiels depuis quelques semaines a un casier judiciaire notoire pour escroquerie?Dans l’épopée nationale argentine, le gaucho Martin Fierro, afin d’échapper au système injuste qui Ta trahi (qui Ta enrôlé dans l’armée et dépouillé de sa terre, de sa maison et de sa famille), déserte et devient le héros reconnu de l’imaginaire argentin.Mais pour les Argentins d’aujourd’hui, il ne reste rien à déserter, il n'y a nulle part où aller.I r pays imaginé liât mes ancêtres, le pays extraordinaire qui m'a éduqué et a fait de moi ce que je suis, n’existe plus au milieu de ses ruines.L’Argentine n’est plus, et les canailles qui Tont détruite vivent encore.Itinérance Quand la population s’occupe de ses urgences.A LUC LALONDE Directeur général de la Fédération des organismes sans but lucratif d’habitation de Montréal (FOHM) la une de nos journaux, encore des abris de fortune qui font parler d’eux.Depuis toujours, les personnes itinérantes habitent les rues et les lieux de fortune que le destin leur propose.Par temps froid, ils s'abritent au-dessus des chaudes sorties de ventilation des stations de métro, sous les ponts.Parfois, ils vont plus loin, s’approprient un espace et l’organisent avec les moyens du bord.Mais voilà, c’est dangereux Dangereux à cause du risque d’incendie, dangereux pour la sécurité, pour les autres.On oublie souvent qu’il y a un risque encore plus grand de mourir gelé.mais ça, ça ne concerne pas «les autres».Ce ne sont que les itinérants eux-mêmes qui gèlent et se meurent et ils font moins de bruit.Ils sont moins «médiatiques».Y a pas de quoi faire un reportage.Sauf s’il y a une nouvelle ville avec un nouveau maire à mettre sur la sellette.On ne s’en plaindra pas: la une, ça donne aussi l’occasion de faire passer des messages à la population et aux médias eux-mêmes.Pour ces derniers, notez que la une pourrait être tapissée, à tous les jours, d’histoires de personnes qui s’abritent là où elles le peuvent qui squattent tantôt un édifice, tantôt un espace public, une bouche de métro ou une cafétéria de centre commercial.On estime qu’il y a plus de 15 000 personnes sans domicile fixe qui arpentent les rues de Montréal.Aucune donnée n’existe sur le nombre de décès ou d’hospitalisations directement liés au fait de ne pas avoir de toit.Aucune donnée n’existe non plus pour décrire la souffrance, la pauvreté et le désarroi dans lesquels ces personnes se retrouvent À la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (FOHM), on dispose cependant d’un nombre impressionnant d’histoires vécues, de faits divers racontés lors de nos soupers communautaires, de témoignages de ceux et celles qui s'inscrivent sur les listes d’attente d’OSBL d’habitation pour personnes seules.Toutes ces «anecdotes» auraient pu faire la une.Mais le timing— nouvelle ville, nouveau maire — n’était pas là.Quoi qu’il en soit, nous profiterons de ce timing pour rappeler ceci.¦ La ville de Montréal connaît le plus bas taux d’inoccupation des logements (moins de 1 %) et, du coup, les plus grosses hausses de loyer de son histoire.¦ Les services d’aide pour sans-abri ont signifié à la Régie régionale de la santé et des services sociaux qu’il y aurait des problèmes cet hiver car leurs lits étaient déjà en nombre insuffisant à Tété.¦ Les groupes communautaires avaient déjà alerté les autorités Tété dernier pour que soient mises en place des mesures d’urgence afin de contrer la crise du logement du T1 juillet 2001.¦ Ces mêmes groupes doivent de nouveau faire ces démarches auprès des autorités en vue de juillet 2002.Profitons-en aussi pour rappeler que le gouvernement fédéral avait annoncé en grande pompe, en 1999, des millions de dollars destinés aux itinérants et qu’en ce début d’année 2002, pas un seul sou n’a encore été dépensé.Rappelons aussi les engagements du gouvernement du Québec, qui devait permettre d’accélérer les mises en chantier dans le cadre du programme Accès Logis, alors qu'il n'y a toujours pas de nouvelles mises en chantier.La nouvelle ville et la nouvelle communauté urbaine devaient elles aussi permettre des investissements majeurs dans le logement social, chose qui n’apparaît pas au budget 2002.Tous ces délais ont des justifications.Non, en fait, pas des justifications, plutôt des explications.Car «justification» signifie qu’il y a des raisons, une logique derrière des événements.Mais il n’y a pas de 1o-gique dans le fait qu'un pays membre du G7, membre de TONU, que le «plus beau pays au monde» laisse des gens dans la rue, dans le froid de l’hiver.Et qu’il dénonce par ailleurs les solutions que la population met en avant dans l’absence de réponse politique ou sociale adéquate.Il y a plein de bidonviDes dans le monde.On peut juger cela épouvantable, inadmissible, comme on peut y voir une réponse à des besoins.On peut fermer les yeux et permettre aux gens de trouver leurs propres solutions.On peut aussi leur suggérer mieux.En ce début d'année, espérons que c’est ce que Ton fera.Ix-s OSBL d’habitation, pour leur parti offrent plus de 10 000 unités de logement à Montréal, dont près de 15 % sont destinées a des personnes seules et itinérantes.On construit environ 500 unités de logement social par année dans le cadre du programme provincial Accès Logis, dont moins AKCHIVKS I.K DF.VOIK On oublie souvent qu’il y a un risque encore plus grand de mourir gelé.mais ça, ça ne concerne pas «les autres».de 5 % pour cette clientèle.Et s’il sujet par jour pour permettre de défaut passer par la une des journaux, noncer les faits, notamment la len-je vous invite à nous joindre: nous leur avec laquelle notre société ré-vous trouverons sans difficulté un pond aux situations urgentes.L’ÉQUIPE DU DEVOIR I.A RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de linformatum).Valérie Dufour (général), François Cardinal (actualité municipale).Mane-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports).Paule des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion.IxHiis-Gilles Francæur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Dominique Reny.Josée Boileau.Eric Desrosiers.Pauline (»ravel /scientifique).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Pare (santé), Michel Garneau (caricaturiste) , Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques), Martin Duclos et Christine Du maze! (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) .à l’information culturelle Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre) PaulCauchon ( médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard I^amarche (arts visuels), à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Claude Levesque.Claude Turcotte.René l/*wandowski.à ('information internationale Jean-Pierre I>egault.Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste) à l’information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque Marie-Hélene Alarie (secrétaire a la rédaction) Louise Maude Rioux Soucy (commis) l.a documentation Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome.Serge Implante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) 1-A PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côte Marlene Côté.Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt, Christiane Legault.Jacques A Nadeau.C laire Paquet.Micheline Ruelland, (publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle C antara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire), Hélene Gervais.Mari-Eve Santerre.(responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux.Lise I.achapelle.Rachelle l>ecler< L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Celine Furoy, Olivier I ^chambre (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Beliveau (secrétaire administrative) Danielle Laperrière, Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DI DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât) LF.DEVOIR, LF MERCREDI 9 J A .V V I F R 2 0 0 2 A 8 =-?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES CHEZ-SOI SUITE DE LA PAGE 1 Cette façon de faire est exceptionneUe au Canada, et même en Amérique du Nord — d’autant plus qu'Aceès Logis a été adopté dans un contexte de déficit zéro.C’est pourquoi des chercheurs comme M.Vaillancourt la saluent."Mais on reste au stade de l’expérimentation, de la débrouillardise, des initiatives de gens qui, dans différents coins du Québec, ont des idées originales et demandent du financement.Ça ne fait pas me politique sociale au sens fort du terme», dit-il.Il manque en fait une vision globale et cohérente — un vrai ministère de l’Habitation, disent, en résumé, bien des intervenants! — qui permettrait un ajustement réel aux besoins.Par exemple, il y aurait, pour tout le Québec, quelque 3500 logements réservés aux «clientèles à besoins particuliers» (l'inventaire précis est à faire).Or, à Montréal seulement, la Régie régionale de la santé et des services sociaux estime qu'il y a plus de 8000 itinérants.De plus, les itinérants ne sont pas une clientèle recherchée.Même la Ville de Montréal refusait, lors des premières années du programme Accès Logis, de donner son accord à des projets de résidence permanente pour ex-itinérants.A Hull, il a fallu une bataille de quatre ans et une chicane épique avec les voisins pour ouvrir la résidence Mon chez-nous, que tout le monde présente pourtant aujourd’hui comme un modèle du genre.D’ailleurs, malgré la forte demande, Québec, l’automne dernier, n'a pas augmenté le nombre de logements prévu au volet III lorsqu’il a reconduit son programme Accès Logis pour cinq autres années.Quant aux programmes fédéraux, en dépit des prétentions des ministres concernés, ils ne touchent pas au problème, ou si peu.Le programme de logements abordables signé récemment entre Québec et Ottawa est destiné à des gens qui ont peu de sous pour se loger.Il ne prévoit aucunement de logements avec soutien communautaire comme les sans-abri en ont besoin.Quant aux 20 millions de dollars versés en décembre aux organismes d’aide aux sans-abri du Québec par Claudette Bradshaw, ministre fédérale responsable du dossier, ils ne servent pas qu’à construire des logements ou à créer des places dans les refuges.la grande majorité des organismes sont plutôt financés pour rénover leurs locaux, acheter de l’équipement de cuisine, assurer des services d’écoute ou d’accompagnement, etc.Dans le milieu du logement social, on fait par ailleurs valoir que construire un toit n’est pas suffisant quand on traite avec les sans-abri (ou avec des gens qui ont des besoins spécifiques, comme les personnes âgées).Il faut absolument de l’aide du minis: tère de la Santé pour payer les intervenants, dont le salaire provient non pas d’un programme unique mais bien d’une foule de programmes dans lesquels il faut sans cesse aller grappiller.Une analyse que partage Louise Hard, ministre responsable de la SHQ, comme elle nous le disait l’automne dernier dans le cadre de notre série sur le logement social.Récemment, elle a même décidé d’accélérer le dossier, jusque-là confié à un comité de travail composé de fonctionnaires.«Les discussions ont maintenant lieu de ministre à ministre, directement entre Rémy Trudel et Mme Harel», confirmait hier la porte-parole de cette dernière, Christine Mitton.Louise Harel — qui, ces derniers temps, parvient toujours à ses fins — aimerait annoncer une entente entre les deux ministères d’ici le printemps.Mais dans le petit monde du logement social, le doute subsiste: arrivera-t-on à procéder avant le remaniement ministériel que tous les commentateurs disent imminent?Il manque un vrai ministère de l’Habitation, disent, en résumé, bien des intervenants LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, ft' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Bar courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publie du lundi au samedi par 1^* Devoir Inc.dont le sièffe social est situé au 2050.rue De Bleury, 9* étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.U est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard lndustriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L'agence IVesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Ij Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries I>ynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Uval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 pouvant abriter des cellules du réseau d’Oussama ben Laden, al-Qaïda, accusé d’avoir commandité les attentats du 11 septembre.Aucun de ces pays n’a toutefois été identifié par le quotidien américain.Le département et le FBI ont déjà mis en œuvre un programme d’interrogatoire, à titre volontaire, de plus de 5000 hommes de 18 à 33 ans, entrés aux Etats-Unis depuis le U janvier 2000 avec des visas autres que des visas d’immigrants, munis de passeports de certains pays soupçonnés d’abriter des cellules actives d’aLQaïda Par ailleurs, depuis le 11 septembre, les autorités ont fait état de l’arrestation de plus d’un millier de personnes, dans le cadre de leur enquête sur les attentats.Cette politique antiterroriste a fait l’objet de multiples critiques d’organisations de défense des droits civils, ainsi que d’associations représentant Içi communauté arabo-musulmane aux Etats-Unis, qui dénoncent des délits de faciès et craignent des pratiques discriminatoires.Un responsable du département de la Justice n’a pas voulu donner les noms des pays visés en priorité.Le Washington Post rapportait hier que le département de la Justice avait identifié 6000 jeunes gens passibles d’expulsion.Ije responsable du département n’a pas voulu confirmer ce chiffre.Selon des sources interrogées par le Post, un nombre indéterminé d’entre eux fera l’objet de recherches visant à les interpeller et à les expulser, une tâche qui sera confiée à des cellules locales de lutte antiterroriste comportant des repré- SUITE DE LA PAGE 1 de «nation à nation» qui s’échelonnera sur les 50 prochaines années.Dans les prochains jours, les Cris indiqueront eux-mêmes à leurs chefs comment ils entendent ratifier l’entente conclue avec Québec.Certaines com-munautés pourraient opter pour un référendum à l’échelle de leur village, d’autres s’en tiendraient à une assemblée générale.L’idée d’un référendum national n’a pas reçu hier l’aval des chefs cris lors de la réunion de leur Grand Conseil, qui n’était pas encore terminée au moment de mettre sous presse.«Le leadership cri demeure confiant de voir la majorité des membres de nos communautés accepter l’entente finale telle que conclue entre les négociateurs», a déclaré au Devoir le conseiller politique cri Bill Namagoose.Dans les années 70, les Cris n’avaient pas non plus tenu de référendum national pour ratifier la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ).Certains chefs avaient simplement consulté leurs avocats, d’autres avaient plutôt opté pour une résolution du conseil SUITE DE LA PAGE 1 Declerck n’est pas que cofondateur des missions françaises de Médecins du monde.Après quelques années à étudier la philosophie à l’Université d’Ottawa et à écrire de la poésie, il ne fait pas qu’ouvrir, en 1986, la première consultation d’écoute spécifique destinée aux clochards.Il ira, à plusieurs reprises, jusqu’à revêtir des habits de mendiant pour se faire ramasser par la police et dormir incognito dans les refuges.Le chercheur n’aime pas beaucoup parler de ces expériences qui l’ont rendu célèbre.Du moins le fait-il avec beaucoup de pudeur.«Je refuse tout romantisme de l'aventure.J'ai toujours fait attention d’y aller dans les limites de ma profession en évitant toute dérive.Je suis allé dans la rue comme anthropologue.Ça ne durait jamais plus de trois jours car, au bout de quelque temps, on est tellement épuisé qu’on ne peut plus rien observer.On est trop abruti.» En 15 ans, jamais Declerck n’a vu un clochard se réinsérer dans la société.«Je pense en avoir soulagé plusieurs.Je sais n'en avoir guéri aucun», écrit-il.Pour lui, la chute du taux de chômage ne changerait fondamentalement rien au nombre de clochards, qu’il estime entre 10 000 et 15 000 à Paris seulement Car le clochard a atteint un point de non-retour.Rien ne marche pour lui.Ça ne peut pas marcher.Après des années d’observation, Declerck découvre que le clochard défait systématiquement ce qu’on essaie souvent de faire pour lui.11 ne dit pas cela pour disculper la société.Une société qui refuse d’accepter le clochard pour ce qu’il est et qui le lui fera payer, parfois même jusqu'à la mort TRAQUE sentants du FBI, des services de l’immigration et du bureau du procureur local.Poursuite des terroristes Les Etats-Unis vont poursuivre les terroristes au-delà de l'Afghanistan, a affirmé hier le secrétaire adjoint à la Défense américain, Paul Wolfowitz, notant que cet effort serait largement influencé par le degré de coopération des gouvernements cjes pays concernés.Les Etats-Unis aideront des gouvernements alliés, tels ceux des Philippines ou de l’Indonésie, à se débarrasser de leurs foyers terroristes et viseront d’autres cellules dans des pays où le pouvoir central est faible, comme le Yémen ou la Somalie, a dit M.Wolfowitz au quotidien New York Times.Plus que tout autre pays, la Somalie représente, aux yeux de M.Wolfowitz, un pays anarchique susceptible d’attirer les terroristes.«La Somalie émerge comme destination possible de fuite pour les combattants d’al-Qaïda, précisément parce que son gouvernement est faible ou inexistant», a indiqué M.Wolfowitz.Il a cependant reconnu que les options américaines y sont (imitées.Aux Philippines, les Etats-Unis «soutiendront peut-être directement des opérations militaires philippines» contre le groupe Abu Sayaff, qui aurait des liens avec al-Qaïda, selon Washington.M.Wolfowitz s’est montré tout aussi inquiet de la situation en Indonésie, où chrétiens et musulmans se sont récemment affrontés dans l'île de Sulawesi et dans la province de Maluku.Le Pentagone n’est «pas frustré» par la disparition d’Oussama ben Laden et du chef des talibans Mohammad Omar, a CRIS de bande.Des pétitions appuyant le traité tripartite avec Québec et Ottawa ainsi que des assemblées générales avaient également été tenues par d’autres communautés.Réuni au cours des deux derniers jours à Oujé-Bougoumou, le Grand Conseil des Cris a reçu favorablement le texte final de l’entente avec Québec.Les chefs des neuf communautés ont pris compte des rapports des négociateurs qui ont travaillé aux huit tables de discussion.Quelques éclaircissements ont été demandés, sans plus.«Certains détails mineurs devront être éclaircis avec Québec, mais il ne s’agit pas de points qui pourraient faire échouer l’entente.Les négociations sont bel et bien terminées», a expliqué M.Namagoose.Les chefs cris rencontreront aujourd’hui et demain les membres de la communauté de Mistissini.Ils visiteront ensuite les huit autres communautés de cette nation autochtone en passant un minimum de deux jours dans chaque village.Les communautés où ils risquent de faire face à une certaine opposition contre l’entente avec Québec sont celles de Waskagani-sh et de Whapmagoostui.VOYAGE Le terrorisme de la normalité Derrière le bla-bla humaniste sur l’exclusion, Declerck décrit une sauvagerie extrême.Les clochards ont le choix entre un hébergement de six mois renouvelable, qui implique un fonctionne ment normal (qu’ils n’ont pas), et un hébergement circonstanciel qui les renvoie chaque jour à la rue.Dès que les clochards s’organisent sous un pont, dans un square où ils se fabriquent des tentes en carton, on vient les emmerder.On les vire.Le mobilier de la Ville et du métro est fait pour rendre leur présence impossible.On les traite comme les pigeons.Ils ne sont pas tolérés à l'hôpital où, de toute façon, ils ne peuvent pas boire.«Soit ils acceptent la normalité du travail, soit ils peuvent crever dans la rue.C’est d’une brutalité extrême.La société ne veut pas prendre ses responsabilités et les considérer comme des handicapés mentaux ou comme des gens qui ont besoin d’une aide ou d’un soutien à vie.Elle fait montre d'un sadisme à la fois conscient et inconscient II fout au moins les foire souffrir suffisamment pour que nous n 'ayons pas envie de quitter notre travail et que nous remerciions le ciel de ne pas être exclus.C'est le terrorisme de la normalité.» Le psychanalyste n’est guère plus clément avec la psychiatrie.«Il n’y a officiellement que 20 % de psychotiques dans cette population.Mais 90 % des clochards relèvent d'une pathologie.Cependant, la psychiatrie veut être chic Elle ne veut pas devenir le gardien d'une bande d'inaptes à la vie.» Le médecin devrait avoir au moins comme premier objectif «de ne pas nuire», rappelle Declerck.Patrick Declerck ne regrette pourtant pas la démolition des asiles, qui par ailleurs assuré hier le chef d’état-ma- : jor interarmées américain, le général Richard Myers.Le général Tommy | Franks, commandant des opérations mi- j litaires américaines en Afghanistan, avait indiqué lundi que ses forces avaient renoncé à retrouver ben Laden dans les grottes du massif montagneux de Tora Bora Trois mois après le début des opérations militaires, les risques d’attaques terroristes persistent, assurent des spécialistes.«On a peut-être l’impression que la guerre en Afghanistan est finie et, pour une bonne part, elle l’est», a récemrqent commenté l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger sur la chaîne de télévision CNN.Mais «la guerre contre le terrorisme n’est pas finie», a-t-il ajouté, esti-ipant que des groupes hostiles aux Etats-Unis peuvent frapper à tout moment «EAfghanistan n’était que le centre de commandement pour le soutien qu ’al-Qaïda apportait aux talibans», relève Ahmed Rachid, journaliste pakistanais qui fait autorité sur l’Afghanistan.«Les opérations internationales du réseau dans 34 pays font intervenir des cellules, des centres de commandement, qui n’ont pas été détruits et qui n’ont même pas été affectés», a-t-il ajouté lors d’un entretien avec l’AFR Ces ramifications du réseau ne se limitent pas à des pays récemment cités comme d’éventuelles cibles d’une deuxième phase américaine.«Ceux qui sont vraiment dangereux sont ceux qui opèrent en Europe et aux États-Unis», a souligné l’ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski en avertissant sur CNN, que les cellules dans ces régions sont encore actives.Le chef de ce dernier village situé sur les rives de la baie d’Hudson, Matthew Mukash, a déjà fait connaître son opposition au projet hydroélectrique East-main-Rupert inscrit dans l’entente avec Québec.Ce projet de 3,8 milliards de dollars, qui doit créer 1200 mégawatts avec la dérivation de la rivière Rupert devra en bout de course être soumis à des études d’impacts.L’entente finale n’apporte pas de modifications importantes à l’entente de principe dévoilée le 23 octobre dernier, qui prévoyait un engagement financier de 3,5 milliards en 50 ans du Québec à l'endroit des Cris.En échange de cette autonomie accrue sur leur propre développement économique et social, les Cris ont accepté d'abandonner toutes leurs poursuites juridiques en cours contre Québec.L’accord final touche donc les dossiers autrefois litigieux de la foresterie et de la commission scolaire crie.En outre, l’accord prévoit une enveloppe de 40 millions pour l’intégration des communautés d’Oujé-Bougoumou et de Mistissini.Un autre point définit les termes d’un contrat pour la construction d’un aéroport à Chisasibi.étaient des lieux épouvantables.À la violence institutionnelle, on a cependant substitué celle de la rue, plus insidieuse, dont on ne peut plus identifier le responsable.On a jeté le bébé avec l’eau du bain.Depuis, les clochards n’ont plus d'endroit pour vivre leur folie et leur différence.H ne s’agit pas de rouvrir les asiles mais de leur donner la possibilité de s’abriter dans des conditions décentes.«Qu’on ne me dise pas que c'est trop cher, car le coût médical de la vie à la rue est immense.On préfère continuer à faire semblant de les aider pour ne pas avoir à les accepter comme ils sont.Car ils nous angoissent terriblement.On ne peut pas accepter qu’ils ne sont pas comme nous.On ne peut pas penser qu’ils ne sont pas capables de fonctionner dans notre normalité.» Dans ses voyages au pays des morts-vivants, Declerck a pourtant souvent découvert une grande noblesse sous la crasse et la vermine.Une noblesse qui provoque l’admiration.Comme un chercheur qui découvre soudain des bijoux dans la fange.A nouveau, une question nous taraude: pourquoi ce pessimiste joyeux, selon les mots de Freud, s’est-il pris de passion pour des êtres qui se détournent de la vie?«Ce sont des gens du négatif qui vivent au plus près de la mort, des morts-vivants.Comme tous les fous, ils posent la question du non-sens, du caractère invivable de la vie.C'est fascinant, jusqu'à un certain point, et précieux.Dans cette incapacité à être heureux, ils soulignent aussi le précieux de toute existence.La grâce de la vie.» ALBERTA SUITE DE LA PAGE 1 vice-presidente du comité dont le rapport intérimaire est attendu pour le mois prochain.«R fout arréter de discuter et agir.» Mme LeBreton n’a jamais caché qu’elle trouvait inutile la nomination de Roy Romanow pour faire un travail qu’eDe estime avoir déjà été accompli par son comité.«Je crois que le premier ministre IJean Chrétien] ne fait que gagner du temps Tout ce que M.Romanow a fait, le Sénat l’a fait.» La procrastination, toutefois, ne figure pas dans le vocabulaire du premier ministre albertain Ralph Klein.«Ce rapport n’accumulera pas la poussière sur une tablette», a-t-il prévenu hier à Edmonton.En recevant le rapport du comité Mazan-kowski, il a indiqué que son gouvernement y répondra d’ici.deux semaines.Juste à temps pour la rencontre des premiers ministres provinciaux sur la santé, qui se tiendra les 24 et 25 janvier à Vancouver.M.Klein compte faire part à ses homologues des moyens pris par l'Alberta pour s'attaquer à la «non-viabilité» à court terme (cinq ou six ans) du système de santé.C’est dans cette optique que le comité albertain formule ses recommandations.On veut mettre un terme à la croissance des coûts des soins de santé en diminuant la liste des services couverts, en modifiant les façons de fournir ces services ou en multipliant les sources de revenus pour payer le tout Ainsi, on veut faire encore plus de place au secteur privé.Mais voyant venir les critiques, le comité met en garde contre toute démagogie.«Chaque fois que le secteur privé et le système de santé sont mentionnés dans la même phrase, on brandit le spectre d’une médecine à deux vitesses ou d’un système à l’américaine, écrit-on.Le conseil croit qu’il est temps de mettre un terme à cette doctrine.[La Loi canadienne sur la santé] permet que des services soient fournis par le secteur privé, et ils le sont souvent», continue-t-on en faisant référence aux cliniques médicales privées, dont les frais de fonctionnement sont couverts par le gouvernement et non par le consommateur.L’Alberta a adopté la loi 11 qui permet à des cliniques privées de faire des chirurgies mineures en sous-traitance.C’est cette avenue qu'on suggère d’explorer davantage.Jusqu’à présent 34 contrats auraient été signés, pour des soins d’une valeur totale de 10 millions de dollars.(En comparaison, la province dépense 18 millions par jour en soins de santé.) Parallèlement le comité invite la province à développer une approche typique ment albertaine pour récolter des revenus supplémentaires.La province a déjà un système de primes directes dédiées à la santé, et c’est cela que l’on suggère d’étoffer.On propose aussi d’y rattacher une carte de débit santé pour chaque citoyen.Elle servirait dans un premier temps à informer les citoyens sur leur consommation de soins mais pourrait à terme limiter cette consommation en leur accordant un «crédit» annuel fixe.Autre recommandation qui fera couler beaucoup d’encre: on propose la mise sur pied d’un groupe d’experts qui aurait la responsabilité de revoir la liste des services couverts et d’en ajouter ou d’en soustraire, toujours en gardant à l’esprit la viabilité financière du système et les priorités des citoyens.On suggère à cet égard de définir ce que la Loi canadienne sur la santé (LCS) entend par «intégralité», l’un des cinq principes encadrant les systèmes de santé provinciaux.Le ministre de la Santé albertain, Gary Mar, a insisté pour dire que tout ce que contient le rapport respecte la LCS, mais son premier ministre n’a pas exclu la possibilité qu’une désassurance conduise à des contestations judiciaires.Enfin, le comité propose d’offrir une garantie de services en 90 jours ou moins pour certains soins qui restent à déterminer, comme cela se fait en Suède.De plus, on voudrait que soient publiés sur Internet les délais d’attente dans chaque région.Ce serait là une façon de braquer les projecteurs sur les derniers de classe et d'améliorer leur performance en instaurant une sorte de concurrence.Une suggestion très bien accueillie par le sénateur et médecin Yves Morin.«C’est étonnant que cette proposition vienne d'une province car ce sont elles, les provinces, qui ont refusé spécifiquement, lors d'une rencontre à l'automne 2000, que ces délais d’attente soient rendus publics.Car il y a un prix public à payer» En entrevue au Devoir hier, M.Romanow a cependant mis en doute l’idée maîtresse du rapport Mazankowski, selon laquelle le système de santé n’est pas viable.«Les dépenses de santé en fonction du PIB étaient de 10,1 % en 1993 et sont maintenant de 9,4 %.Il y a eu diminution!» Il demande aux provinces, lorsqu'elles seront à Vancouver, de l’attendre avant d’adopter des positions qui pourraient exacerber les tensions.«Mettez vos idées sur la table [.], c'est bien.Mais si c'est possible, je voudrais qu’ils attendent afin d'en arriver à une solution que tous les Canadiens souhaitent.» rut Sherbrooke «y.du Prkwôtnt-Ktnntdy 5 boul.d« Mt«o**'*uv* S rue S* kit*-Catherine i-'^€2.5to\trc**vt n—wlocrg - cuisine française qui fait bonne impression ?CE MIDI: Entrée + confit.de canard + dessert *15$ ^ Envie de cuisiner?Informez-vous sur notre formule Chef d’un soir.359, av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) • $ Place des Arts .TéF: 285-8686 ?gutenbergeqc.aira.com
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