Le devoir, 5 janvier 2006, Cahier A
4 POLITIQUE Loi 142: la CSQ riposte Page A 4 m * LmÀ " C est rheure^N" de la^négo ! Vo«» o«v«z négocier ! ?w w w .e cl e v o i r.c o ni ÉCONOMIE GM et Ford malmenés sur leurs terres américaines Page B 1 LE DEVOIR V o L.X C Y I N ; o o ?L K .1 E U I) 1 .1 .1 A N Y 1 K R 2 O 0 ti 8 7 fiWffti* En achetant le nouvel album de photographies de Reporters sans frontières, vous nous aidez à défendre les journalistes emprisonnés pour avoir simplement fait leur métier.EN VENTE MAINTENANT - 12,75 S N'attendez pas qu’on vous prive de l'information pour la détendre.IMPI ^ www nf or9 L £ DEVOIR.LE J E L' D I 5 JANVIER 2 0 0 6 A 2 ELECTIONS FEDERALES L'épreuve des faits SANTÉ Presque sur la même longueur d’onde HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — U-s chefs libéral et conservateur se ressemblent au moins sur un point dans cette campagne électorale: tous les deux promettent de réduire les délais d’attente pour certains soins de santé.Stephen Harper en a fait l’annonce il y a un mois, Paul Martin, hier.Dans les deux cas, les moyens proposés sont déjà en vigueur ou ont été tentés sans succès jusqu’à présent.Ainsi, Paul Martin a promis hier de réduire les délais d’attente en créant un Fonds de garantie de soins de santé.Cette cagnotte de 75 inillions sur cinq ans servirait à couvrir les frais d’hébergement et de transport d’un malade — accompagné d’un membre de sa famille — qui déciderait de se faire soigner ailleurs au Canada où les délais sont moins longs.Ia‘s conservateurs proposent eux aussi de payer ces frais, mais, contrairement aux libéraux, ils ne garantissent pas que cet argent sera réservé uniquement aux malades s’étant fait soigner dans un établissement de santé public.Par contre, les deux exigent que les soins soient obtenus en sol canadien.Personne ne se rendra aux Etats-Unis aux frais de la reine.Ni le programme proposé par les libéraux hier ni celui des conservateurs n’offrent de détails sur les critères d’admissibilité à ce programme de remboursement.Un patient pourra-t-il Porcnnno no simplement «magasiner» la liste rersonne ne d-attente la p,us avantageuse au se rendra pays?«C’est à négocier avec les provinces qui veulent y adhérer», aux a expliqué le porte-parole libéral , _ Marc Roy.De plus, notons que Etats-Unis le Québec s’est retiré il y a plu- .sieurs années d’un programme aux frais interprovincial garantissant aux ., .citoyens la gratuité de leurs de la reine soins hors Québec.Les Québécois doivent donc parfois payer de leurs poches.De plus, le Québec ne rembourse que selon sa grille tarifaire, qui est souvent inférieure, laissant le patient payer la différence.Advenant un tel programme de voyage interprovincial, on peut se demander si les Québécois en profiteraient.Médecins L'aufre moyen envisagé par Paul Martin pour réduire les délais d’attente consiste à accélérer l’accréditation des médecins formés à l'étranger.On vise ainsi l’embauche de 1000 médecins immigrants.Le probkS me, c’est qu’Ottawa n’a aucun contrôle sur ce processus.Au Québec, même le gouvernement provincial n’a que très peu de choses à dire à ce sujet «Le rôle du gouvernement du Québec en est un d’accompagnateur, explique la porte-parole du ministre de la Santé, Isabelle Merizzi.Les décisions relèvent ultimement des organismes d’agrément, ici le Collège des médecins.» En 2004, une annonce attendue d’Ottawa sur la reconnaissance des professionnels formés à l’etranger (médecins, mais aussi infirmières, ingénieurs, travailleurs de la construction.) avait été annulée justement à cause des difficultés à s’entendre avec les divers organismes réglementaires concernés.«Puisque ce n 'est pas de compétence fédérale, nous devons travailler avec plusieurs groupes differents et tous ces groupes ne sont pas certains de vouloir aller de l’avant avec certaines de nos idées», avait expliqué la secrétaire parlementaire à la Citoyenneté et l’immigration, Hedy Fry.Finalement, Ottawa a annoncé dans son budget de février dernier une somme de 75 millions pour faciliter l'intégration de ces travailleurs.Selon le Parti liberal, des ententes ont été signées avec chaque province pour déterminer l'utilisation de cette somme et les HX> millions supplémentaires promis hier viendront seulement bonifier ces ententes.Quant à Stephen Harper, il propose d'établir des délais maximaux pour certaines interventions médicales.«Seul un nouveau gouvernement conservateur offrira aux Canadiens une garantie sur les délais d'attente pour les patients», claironne le document d'information.Faux.Ces délais ont été convenus par les ministres provinciaux de la Santé le 12 décembre: six mois pour le remplacement du genou ou de la hanche, quatre so maines pour un traitement de radiothérapie contre le cancer, même délai pour une opération de la cataracte si le patient risque de perdre la vue.L'établissement de ces delais était une condition au versement des 41 milliards de dollars promis par Ottawa en 2004 tie Quebec n'etait pas soumis à cette condition).Ces cibles ne signifient rien pour l'instant.Les provinces disposent d’encore deux ans pour les appliquer et encore, on ne connaît pas les conséquences d’un non-respect.les conservateurs ont malgré tout promis de forcer les provinces à se plier aux délais un an plus tôt que prevu, mais les délais sont dans certains cas plus permissifs, dans d’autres, moins.Ainsi, les conservateurs pensent que la radiothérapie devrait débuter dans les 10 jours suivant le diagnostic et non quatre semaines, mais ils sont prêts à faire attendre jusqu'à 10 mois pour un remplacement de genou plutôt que six.Le Dentir EN B K E E Les 300 000 obus du lac Saint-Pierre le candidat du Bloc québécois dans Berthier-Maski-nonge et actuel député de cette circonscription.Guy André, évoqué la triste histoire de IVrre Gentes pour rappeler l'urgence de retirer les quelque 300 000 obus gisant au fond du lac Saint-Pierre, élargissement du Saint-Unirent situé entre Sorel et Trois-Rivières.M.Gentes a été tue p;u l’explosion d’un obus, en 1982.lors d’une fête qui a tourne au cauchemar à Port-Saint-Francois.Le depute André a fiiit du dossier des obus l'un de ses chevaux de bataille.11 rappelle que de 1952 à 2000.la Defense nationale a procédé à des tirs d’obus dans le lac Saint-Pierre, et que StXX) des 300 (XX' projectiles d'artillerie qui s’y trouvent n’ont pas explose.- PU LYLE STAFFORD REUTERS Paul Martin était à Vancouver, hier, pour y dévoiler la plateforme électorale de son parti en matière de santé.L’affaire des fiducies Martin assure que ses employés n’ont rien à se reprocher SYLVAIN LAROCQUE Victoria — Le chef libéral, Paul Martin, a assuré hier qu’aucun des employés du cabinet du premier ministre ou du Bureau du conseil privé n’a pu être à l’origine de la présumée fuite d’informations concernant l’annonce du gouvernement sur les fiducies de revenu, qui fait l’objet d’une enquête policière.«Ainsi fonctionne le gouvernement: bien sûr qu’il y a des gens au cabinet du premier ministre qui savaient ce qui s’en venait.Mais je peux vous assurer qu’ils ont tous prêté serment et que sans équivoque, tous et chacun d'entre eux, sans exception, sont restés fidèles à ce serment», a déclaré M.Martin lors d’une conférence de presse à l’Université de Victoria, au cours de laquelle il a dévoilé la plateforme libérale en matière de saqté.A la fin décembre, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué qu’elle enquêtait sur un possible délit d’initiés mettant en cause le ministère fédéral des Finances.L’affetire remonte au 23 novembre, date à laquelle le ministre des Finances, Ralph Goodale, a annoncé, en début de soirée, qu’Ottawa abaisserait les charges fiscales sur les dividendes d’entreprises et qu’on n’imposerait pas les fiducies de revenu.Or, plusieurs heures avant que M.Goodale ne s'adresse aux journalistes, la valeur des titres de BCE et de la fiducie de revenu Pages Jaunes, entre autres, a bondi en Bourse.L’action de cette dernière s’est appréciée de 6,6 % le 23 novembre, son meilleur gain depuis quelle a commencé à être transigée, en 2003.Mardi, la GRC a interrogé Ralph Goodale dans le cadre de son enquête, qui fait suite à une plainte déposée par les néo-démocrates.La police fédérale n’a encore contacté aucun employé du cabinet de M.Martin.Le chef libéral a néanmoins refusé, hier, de dévoiler le nom des fonctionnaires et des deux ministres qui étaient au courant de l'annonce avant quelle ne soit rendue publique.Les partis d’opposition soutiennent que cette affaire démontre X«incompétence» et la «corruption» des libéraux.Ils réclament tous que Ralph Goodale démissionne de son poste de ministre, mais le principal intéressé jure qu’il n'a rien à se reprocher.Presse canadienne Débat des chefs Une formule inchangée en dépit des demandes du Bloc ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le Bloc québécois n'aura finalement pas eu gain de cause, lui qui cherchait à faire modifier la formule des deux prochains débats des chefs pour permettre davantage d'interaction entre les leaders politiques.Le consortium des télédiffuseurs qui organise les débats, qui auront lieu les 9 et 10 janvier prochains, ont toutefois promis plus de tlexi-bilite pour animer les échanges, même si rien de nouveau ne sera mis en place.La première série de débats des chefs, qui a eu lieu à Vancouver en décembre, a été jugée très restrictive comparativement aux débats des elections précédentes.Aucun échange direct entre les leaders n'était permis, question d’éviter la cacophonie et de permettre davantage de s’attarder aux idées mises de l’avant par les ivirtis politiques, la joute oratoire et les possibilités de se démarquer étaient donc passablement limitées.ce qu’a déploré le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.Ce dernier a donc demandé de revoir la formule, les autres formations politiques, qui ont dit avoir apprécié l’expérience de Vancouver, ne l'ont pas suivi dans cette demarche.Hier, le porte-parole du consortium des télédiffuseurs a confirmé que la formule ne bougerait pas.«// «y a pas de changement, il n'y a rien de nouveau», a affirmé au Devoir Jason McDonald.Plus flexible Il y aura toutefois plus de flexibilité que la dernière fois, estime M McDonald, puisque les questions ne viendront pas du public, mais d'un modérateur.Ce dernier, moins coincé dans le temps en rai- fit f v son de l'absence de vidéo préenregistré, aura plus de latitude pour faire reagir un chef qui serait attaqué par un autre.«L’animateur fera une bonne différence, dit-il.C'est lui qui pourra permettre à un chef de répondre à une attaque.Ce sera, dans ce sens-là.plus flexible que la dernière fois.» Au Bloc, on affirme «vivre avec la situation» et se préparer en consequence, mais visiblement.le parti souverainiste est déçu de la décision.«// n 'y aura pas de difference, les principes sont les memes, soutient France Amyot.directrice des communications du Bloc.Meme avec plus de .flexibilité, il n ’est pas certain que le modérateur aurait permis à Gilles Duceppe de répliquer à Paul Martin quand celui-ci a .fait sa grande tirade sur l’unité nationale lors du débat en anglais.La modératrice avait déjà cette possibilité et elle ne l’a pas.fait.» Selon Jason McDonald, la réponse de l’auditoire au premier PAIT.CHLASSON REUTERS Stephen Harper.Paul Martin et Gilles Duceppe, lors de l'un des deux premiers débats.débat des chefs «a été très positive» et le consortium est «satisfait» de la formule actuelle, même si les cotes d'écoute ont été décevantes.Far exemple, au Québec, le débat en français n'a pas franchi la barre des 700 000 téléspectateurs, malgré le fait que l'événement était diffuse simultanément sur Radio-Canada et TVA Lundi et mardi prochains Le premier débat aura lieu lundi prochain, à Montréal, et ce sera la confrontation en anglais qui ouvrira le bal.Celui en français suivra le lendemain, toujours à 20h.Les quatre thèmes, chacun débattu pendant 30 minutes, seront divulgues tout juste avant le débat.Parmi les choix, on note: le Canada et le monde, l’unité nationale, l'économie, les politiques sociales, les villes canadiennes, ainsi que l'éthique et la gouvernance.Le Devoir LÀ L'épreuve des faits IMMIGRATION Abolir la taxe à rimmigration, mais encore ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur ont annoncé coup sur coup, mardi et hier, des mesures pour soulager les nouveaux immigrants d’un fardeau financier qu’on leur impose depuis 1995 lorsqu’ils entrent au pays.Si le chef lilx» ral Paul Martin propose l’élimination des droits de résidents permanents, sorte de taxe déguisée, les conservateurs proposent eux aussi une mesure semblable, mais vont plus loin, cherchant à faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers.Mais est-ce réaliste?D’abord, voyons la mesure proposée par les libéraux.Ces derniers veulent éliminer d’ici trois ans les droits de résidents permanents, ce qu’on nomme plus familièrement dans lë milieu la «fare sur l’immigration».C’est le gouvernement libéral qui a mis en place cette mesure en 1995.exigeant de tous les nouveaux arrivants au pays qu’ils déboursent 975 $ pour couvrir les frais du processus administratif.Les sommes recueillies sont toutefois dirigées dans le fonds consolidé du gouvernement Les libéraux désirent ramener cette somme à 600 $ l’an prochain et à 300 $ dans deux ans, avant de l’éliminer complètement dans trois ans.Les libéraux estiment qu’il s’agit d’une mesure qui coûtera au trésor public 225 millions de dollars les deux premières aimées et 210 millions annuellement En dix ans, par la suite.Les conservateurs proposent Ottawa eux aussi de réduire cette som- , , me de 975 $.Dès l’an prochain, a touche ils couperaient de moitié le • .montant, pour ensuite le réduire plus ae progressivement durant leur j gy0 mandat.Aucun échéancier n’est prévu.Coût de la mesure: 500 millions sur cinq ans.milliard grâce aux droits de 975$ imposes aux nouveaux arrivants Qui en profitera?Mais qui profitera de ces mesures presque identiques de la part des deux partis?Pas tous les immigrants du moins.En 1995, tous les nouveaux arrivants devaient payer cette somme.Mais en 2000, certaines catégories de réfugiés ont été exemptées, puis ce fut au tour des enfants de moins de 18 ans, en 2002.De sorte qu’il ne reste qu’essentiellemeni les immigrants au statut normal et les immigrant^ économiques qui paient la taxe d’entrée.C’est tout de même énorme, puisqu’en 2004, éft enlevant les 38 214 enfants ou réfugiés acceptés par le gouvernement fédéral, il restait tout de même environ 197 000 immigrants qui devaient payer les 975 $.I En dix ans, Ottawa a touché plus de 1,676 milliard de dollars grâce à cette seule mesure, qui a notann ment rapporté près de 160 millions pour l’année cale 2004-2005.Est-ce pour autant la fin des frais pour les nouveaux immigrants?Pas du tout.Les deman1 deurs doivent encore payer une taxe de 550 $ poûK ouvrir leur dossier, alors que c’est 150 $ pour un enfant.Cette mesure ne change pas.Tous les autres frais (100 $ pour le certificat de citoyenneté, 100,$ pour le conserver, etc.) sont eux aussi toujours en place, de sorte que la facture est encore salée pour le J nouvel arrivant De plus, le Québec est la seule pro-J vince à exiger un autre 300 $ pour ouvrir le même J dossier.«Cest une bonne nouvelle, c’est sûr, mais ce n’est pas la nouvelle du siècle non plus», estime Stephan Reich-hold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, à Montréal.«Ça coûte encore très cher d’immigrer au Canada.» Selon lui, on ne verra pas plus d’immigrants au pays grâce à l'annonce du PC et du PLC.«Le problème de fond, c’est le traitement des dossiers.Ça prend entre trois et cinq ans avant de traiter certains dossiers, puisqu'il manque de ressources à Ottawa et à Québec.Ç’est là que ça bloque, parce que ceux qui veulent vraiment immigrer, ils sont prêts à s'endetter pour payer les frais.» Faciliter la réunification des familles ?Est-ce que ça pourrait faciliter la réunification des familles, comme certains libéraux le prétendent?.«Pas du tout.S'ils veulent faciliter la réunification des familles, il faut trouver un moyen de couper les délais d attente.C'est sûr que c'est une bonne mesure pour les familles immigrantes qui sont moins nanties.Ça va les aider.Mais pas de là à résoudre les problèmes actuels», poursuit M.Reichhold.Voilà pour les mesures financières.Mais hier, les conservateurs ont également proposé la mise en place d une Agence canadienne d’évaluation et de reconnaissance des titres de compétence.Cette nouvelle structure ferait l’évaluation préalable de 1 expérience et des titres acquis à l’étranger et s'efforcerait de sensibiliser les employeurs, tout en tra* vaillant avec les provinces et les associations pour s assurer que les professionnels se mettent rapidement au travail.Au I\', on explique que cette agence n’empiétera pas dans le champ de competence des provinces, qui ont la responsabilité de la main-d’œuvre.C’est d ailleurs un problème majeur de cette proposition, puisque ce sont les provinces et les associations pn> fessionnelles qui ont les manettes de direction dans ce dossier.«Des belles paroles, rien de plus», tranche Stephan Reichhold.qui admet que l’intégration sur le marche du travail des immigrants qualifiés est un problème complexe.La reconnaissance des diplômes n'est d ailleurs pas le problème majeur, souligne-t-il.«Ça ne touche que 15 % des immigrants, alors que le noeud du problème, ce sont les employeurs qui refusent d'embaucher un nouvel immigrant parce qu'il n'a pas dex-pênence de travail au Canada, tout en ne reconnaissant pas les acquis à l 'etranger » Le Dei'oir I LE DEVOIR.LE J E 1' 1) I 5 JANVIER O O (i LECTIONS FEDERALES A A * Gagnez Vienne et Salzbourg .m( 4f H Mozart 250 99cL ) Visitez www.cjpx.ca Commandites Gilles Duceppe corrige le tir ISABELLE RODRIGUE S* il se dit d’accord en principe avec un appui financier du gouvernement fédéral à des événements, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne veut absolument pas qu’on lui fasse dire qu’il est en faveur de commandites.«Un programme de commandites, c’est hors de question», a répété M.Duceppe lors d’un point de presse hier.Visiblement courroucé, le chef bloquiste estime que les médias lui ont fait dire ce qu’il n’a jamais dit «Je n'ai jamais utilisé ce mot [commandite], a lancé M.Duceppe, et j’ai gardé la même ligne que le Bloc a toujours eue sur ça, à savoir qu’il y a des programmes existants et, à travers ces programmes existants», le gouvernement fédéral devrait continuer de soutenir financièrement les événements culturels, sociaux ou sportifs.M.Duceppe dit donc oui à un appui financier du fédéral, mais pas question de décrire cet appui parle vocable «commandite».Connotation négative Porteur d’une connotation négative depuis le scandale qui lui est associé, le mot «commandite» est banni du vocabulaire des chefs politiques lorsqu’il s’agit de décrire, tout simplement, un soutien fi- nancier à une manifestation culturelle ou sportive.Mardi, après avoir taquiné le poulamon sur la rivière Sainte-Anne.M.Duceppe s’est fait demander par l’organisateur de la pèche aux petits poissons des chenaux d’intercéder auprès du prochain gouvernement pour que les événements puissent obtenir de nouveau des fonds fédéraux.Depuis l’abolition du programme de commandites, plusieurs organismes souffrent d’un manque de fonds récurrent et ils exigent qu’Ottawa soit de nouveau au rendez-vous.Questionné par les journalistes, M.Duceppe avait de plus mentionné qu’il ne voyait pas de problème à ce qu’un drapeau canadien soit apposé pour indiquer l’appui du fédéral.Tout est dans la mesure, faisait-il valoir.Hier, il disait ne pas vouloir entreprendre de «bataille de drapeaux».Réagissant à la position de M.Duceppe, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, n’a pu s’empêcher de lui répliquer avec un peu d’ironie.«Si M.Duceppe s’intéresse à aider le gouvernement fédéral à promouvoir le Canada au Québec, je suis très ouvert à cette idée», a déclaré M.Harper, sourire en coin.Presse canadienne BWsfsSiliiï J.P.MOCZULSKI REUTERS Le chef conservateur Stephen Harper a emboîté le pas aux libéraux hier en annonçant qu’il entendait réduire de moitié la taxe de 975 S exigée aux immigrants qui souhaitent obtenir le statut de résident permanent au Canada.Campagne dans les collèges et les universités L’arsenal est déployé pour inciter les jeunes à voter LIA LÉVESQUE Des regroupements étudiants se sont associés à Elections Canada pour convaincre les jeunes de s’inscrire sur la liste électorale et d’exercer leur droit de vote au scrutin fédéral du 23 janvier.La campagne d’inscription des jeunes a débuté cette semaine dans les universités et collèges.«U faut voter», martèle en entrevue le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, François Vincent.Son regroupement de 145 000 membres s’est effectivement associé à Elections Canada parce qu’il juge important que les jeunes exercent leur droit de vote.Entre autres, des agents réviseurs d’Elections Canada visiteront les quartiers étudiants et les résidences d’étudiants jusqu'au 12 janvier pour mettre à jour la liste électorale.Aussi, divers moyens ont été déployés pour inciter les jeunes à s’inscrire et à voter: affiches, guides d'information, sites Web d'information, publicité a la radio, a la télévision et dans les journaux.«H y a un plus grand nombre de bureaux de scrutin sur les campus mêmes», a indiqué en entrevue Gilles Faquin, porte-parole d'Elections Canada a Montréal.En fait 347 bureaux de vote ont été installés sur les campus universitaires et collégiaux.«C’est plus accessible que ça ne l’a jamais été», commente M.Fa- quin, citant entre autres le vote par anticipation et le vote par bulletin spécial au bureau du directeur de scrutin ou par la poste.Taux inquiétant Le faible taux de participation des jeunes aux élections, en général.en inquiète plusieurs.Au scrutin fédéral du 28 juin 2004, le taux de participation atteignait 60,9 % dans la population en général, un taux qui n’est déjà pas très élevé.Ce taux atteignait 38 % chez les jeunes, selon une estimation, a noté M.Faquin.11 souligne toutefois que le taux de 38 % constitue déjà une amélioration de quelques points de pourcentage par rapport au scrutin précédent M.Vincent croit possible d'améliorer le taux de participation des jeunes.Même si les associations étudiantes ont beaucoup revendiqué et milité, ces dernières années, «la réelle façon de changer les choses, c'est de prendre notre responsabilité de citoyen et de voter», argue-t-il.•Il faut s’impliquer dans notre communauté mais, également, il faut s 'impliquer au niveau de la décision des élections, tant aux niveaux municipal et provincial que fédéral.Il faut voter; U faut voter.C’est eux qui décideront, mais nous on va travailler activement à faire en sorte d’améliorer la participation des jeunes aux élections», a lancé M.Vincent convaincu.Presse canadienne Le Bloc affiche ses appuis dans les communautés culturelles ISABELLE RODRIGUE Les efforts soutenus du Bloc québécois auprès des communautés culturelles au cours des dernières années semblent commencer à porter leurs fruits.Le parti souverainiste a pu en fàire la démonstration hier, sa candidate dans le comté de Papineau obtenant l’appui de divers représentants de la communauté arabe de Montréal.De passage dans la circonscription électorale du ministre sortant des Affaires étrangères Pierre Pettigrew, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a répété que les «libéraux ne peuvent plus tenir pour acquis le vote des Québécois issus des communautés culturelles».S’il est difficile de transposer cet appui en nombre de votes, l’image qu'il véhicule est importante.Fort de sa popularité, le Bloc met en effet le paquet pour conquérir certains comtés montréalais traditionnellement hors de sa portée.Mais ces victoires, dans bien des cas, doivent passer par le soutien des communautés ethniques.C’est le cas dans Papineau, un comté qui a échappé au Bloc en 2004 par seulement 468 votes.Appui à Bardot Hier, le Regroupement des Algériens du Canada et des représentants des communautés marocaine, tunisienne et mauritanienne ont appuyé la candidate bloquiste Vivianne Barbot, la mieux placée pour défendre leurs droits et leur donner une parole à Ottawa, ont-ils expliqué, se disant déçus des positions prises par le gouvernement libéral et le ministre Pettigrew dans certains dossiers.«Nous avons choisi la personne, explique le président de l’association, Rachid Boudjarane.Elle vient des communautés culturelles.On a des droits [.} Le fait que quelqu’un parle de nos droits et nous défende à Ottawa, c’est déjà beaucoup.» Ce serait la première fois que cet organisme, qui regroupe envi- Gilles Duceppe, photographié plus tôt au cours de la campagne communautés culturelles.ron 3000 personnes, se positionne en faveur d’un candidat lors d’une élection fédérale.Aux élections municipales montréalaises de l’automne dernier, il avait appuyé une candidate dans ce même secteur de la ville, candidate qui a remporté la victoire.La mobilisation politique, ça fonctionne dans ce groupe de gens, a soutenu M.Boudjarane.Le Bloc québécois ne peut toutefois pas se vanter de les avoir convaincus à adhérer à la cause souverainiste.«Nous, on donne notre appui à Mme Vivianne.Pas au Bloc québécois», a précisé M.Boudjarane, qui ne voit pas pour autant de Une coalition s’oppose à l’ex-ministre de l’Immigration N’importe qui sauf Denis Coderre CLAI RAN DREE CAUCHY N* importe qui sauf Denis Coderre.Voilà le message que lance une coalition d’immigrants formée pour faire campagne dims la circonscription de Bourassa contre le député libéral.La coalition Votons contre Coderre accuse l’ancien ministre de l'Immigration (en 2002 et 2003) d’avoir fait adopter des politiques anti-immigrants et racistes, notamment en ne mettant pas en place l’instance d'appel prévue dans la loi pour les demandeurs d’asile et en concluant l’entente sur le tiers pays sûr qui empêche depuis un an leg réfugiés qui transitent par les Etats-Unis de demander l'asile au Canada.«Nous voulons démontrer que Coderre n’est pas l’ami des communautés culturelles.Il prend pour acquis le vote ethnique dans son comté.C’est un début de sortir publiquement, de montrer qu'il y a des conséquences à ses gestes», explique Sarita Ahooja, porte-parole de Solidarité sans frontières, un groupe d’immigrants connu davantage pour ses manifestations que pour son action électorale.La coalition, qui comprend notamment des sans-statut algériens, des Palestiniens menacés d’expulsion, le comité Justice pour Adil Charkaoui (visé par un certi- ficat de sécurité) et la Ligue des Noirs, entend mener une campagne d’affichage et distribuer des tracts dans le comté, où près de 30 % de la population est d’origine immigrante.«Ces gens savent c’est quoi être sans statut.Tout ce monde ensemble est capable de faire beaucoup de choses», fait valoir Fauzi Malik du comité des sans-statut algérien.Outre l'adoption de la nouvelle loi de l'immigration, on reproche également à Denis Coderre d’avoir levé le moratoire en 2003 sur l’expulsion des Algériens et, surtouf d’avoir permis aux autorités de pénétrer dans une église de Québec pour expulser le leader du comité des sans-statut algériens, Mohamed Cherfi, une première dans l’histoire des sanctuaires.M.Malik reproche également à l’ancien ministre d’avoir donné le feu vert a une intervention musclée de la police pour expulser des Algériens de son bureau d’Ottawa en mai 2003 a coup de pistolets électriques (laser).S’ils en veulent a Denis Coderre, les immigrants se gardent bien d’appuyer un autre parti, reconnaissant toutefois que la manœuvre pourrait profiter au Bloc québécois.«Les gens peuvent aussi détruire leur bulletin de vote», laisse tomber Mme Ahooja.Le Devoir problèmes à appuyer une candidate en faveur de la séparation du Québec.«L’élection, ce n’est pas une élection référendaire», a-t-il poursuivi.Le chef libéral, Paul Martin, soutient depuis le début de la campagne électorale qu’il s’agit d'une élection référendaire et qu’un vote pour le Bloc, le 23 jan vier prochain, est un vote pour la souveraineté.Ix's libéraux en mode panique Conscient que le Parti libéral du Canada ne recueille peut-être plus aussi facilement l’appui des électeurs des minorités ethniques, M.Martin s’engageait mardi à abolir la taxe de 975 $ que doit acquitter tout nouvel immigrant au Canada.Voilà un autre exemple que les libéraux sont en mode «panique» et tentent par tous les moyens de reconquérir des électeurs, a fait valoir M.Duceppe.«Les Québécois issus de l’immigration ne sont pas dupes, a déclaré le chef du Bloc en point de presse.On voit bien qu'à la dernière minute, on tente d’acheter leurs votes alors qu’on aurait dû agir il y a de cela dix ans.» Cette taxe avait été créée en 1995 par le gouvernement libéral de l’époque afin, disait-il, d’aider à lutter contre le déficit.Depuis, les JACOUI S NADEAU I I DEVOIR en compagnie de membres des déficits sont de l'histoire ancienne et la taxe, elle, existe toujours.Pourtant, souligne M.Duceppe, ce «n'est pas les occasions qui ont manqué aux libéraux [pour la faire disparaître] avec les nombreux surplus qu 'ils ont accumulés».Le Bloc réclame depuis plusieurs années l’abolition de ces frais d’entrée au Canada pour les nouveaux immigrants.Mais plus encore que ces frais, le gouvernement doit améliorer l’accueil réservé aux immigrants, a noté M.Duceppe.Il n’a pas manqué de rappeler que, malgré les promesses libérales, la création d’une section d’appel pour les réfugiés se fait toujours attendre.D- cas d’Abdelkader Belaouni, cet Algérien d’origine qui vient de trouver refuge dans une église du quartier Saint-Henri, à Montréal, pour éviter son expulsion, est un autre bon exemple des lacunes dans le sort qu’on fait subir à ceux qui tentent d’immigrer au Canada, a fait observer le chef du Bloc.«Il y a d'ailleurs un Algérien qui s’est réfugié dans une église, et c'est un cas de section d'appel.Il n ’a pas droit d’appel alors qu'on l’avait promis.Et sur ça, vous pouvez compter sur nous [.] et notre voix à Ottawa», a promis M.Duceppe en s'adressant à la poignée de Québécois d’origine arabo-musulmane.Presse canadienne S E R V C E Nathalie ELLIOTT mon PREMIER DICTIONNAIRE FRANÇAIS ILLUSTRÉ 1200 piges-38.50S GUERIN éditeur Itee (514) 842-3481 Pour tool la Brimiire 2* édition i iMrtts let HiriinM POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D'EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS rie Gàmbard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 A 4 LE DEVOIR.LE JEUDI .'» J A X VIER 2 O O 6 LES ACTUALITES Haro sur la gastro ! Un vaccin pourrait être disponible au cours de l’année aux Etats-Unis ISABELLE PARÉ Un vaccin pourrait bientôt permettre de protéger les jeunes enfants contre les épidémies de gastroentérite galopante qui ravagent écoles et garderies, au grand dam des parents, coûtant des millions de dollars au système de santé et des milliers de journées de travail perdues.Une étude effectuée auprès de 70 000 nourrissons dans onze pays, publiée aujourd’hui dans le New England Journal of Medecine, démontre que l’administration en très bas âge d’un vaccin oral contre le plus fréquent virus associé à la gastroentérite permettrait de réduire de 74 % l’apparition de cette maladie au cours de leur trois premières années de vie.L’étude, qui en est à son stade final, visait à vérifier l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin oral contre cinq souches du rotavirus, le virus qui est la principale cause des cas graves de gastroentérite et la première cause d’hospitalisation chez les enfants de moins de trois ans.En effet, les infections au rotavirus sont très contagieuses et se manifestent chez les jeunes enfants surtout entre novembre et juin, entraînant de la fièvre, des douleurs abdominales, des vomissements et de la diarrhée.Les symptômes perdurent entre trois et neuf jours.Dans les cas plus graves, le malin virus provoque jusqu’à 20 épisodes de diarrhée par jour, entraînant une déshydratation rapide chez les nourrissons et les tout-petits qui se refusent à boire et à manger.D’ailleurs, dans les pays en développement, où l'accès à l’hydratation est limité, le rotavirus est l’une des premières causes de mortalité chez les enfants.Si la gastroentérite est bénigne dans la plupart des cas, la déshydratation engendrée par le rotavirus peut être mortelle si elle est traitée trop tardivement Ce type de déshydratation entraîne pas moins de 54 000 visiles chez le médecin, 26 000 visites à l’urgence et 7400 % JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’administration en très bas âge d’un vaccin oral contre le plus fréquent virus associé à la gastroentérite permettrait de réduire de 74 % l’apparition de cette maladie au cours des trois premières années de vie des enfants.hospitalisations chaque année dans tout le Canada.Une fois hydratés par des solutions intraveineuses contenant minéraux et électrolytes, les poupons retrouvent en général leur forme rapidement Un impact important sur les hôpitaux A l’instar de la grippe, qui frappe le plus grand nombre, les complications dues au rotavirus ont aussi un impact non négligeable sur le système de santé puisque le coût annuel de ces milliers d’hospitalisations s’élèverait à environ 31 millions de dollars.le fardeau en journées de travail perdues pour les parents est quant à lui évalué à 69 millions.Or l’étude publiée aujourd’hui montre que la comparaison entre le groupe contrôle, à qui l'on avait administré un placebo, et le groupe d’enfants vaccinés a permis de réduire de 98 % les cas graves de gastroentérite et de 74 % les autres cas.11 a aussi permis de réduire de 94 % les visites à l’urgence, de 96 % les hospitalisations et de 86 % le nombre de visites chez le médecin.Selon le Dr John Yaremko, pédiatre à l’urgence de l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’apparition d’un vaccin contre le rotavirus pourrait s’avérer une arme très importante.«Je trouve que la prévention est prioritaire compte tenu du nombre d’enfants que nous avons à traiter pour cette affection à nos urgences.A cet âge, la déshydratation est très inquiétante», dit-il.Aucun traitement À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement contre les gastroentérites d’origine virale, puisque les antibiotiques ne sont efficaces que contre les infections d’origine bactérienne.«Un des problèmes avec ce virus, c'est qu 'il est extrêmement contagieux.En général, un enfant sur deux est affecté dans la famille et un parent sur trois.À l’âge de cinq ans, 95 % des enfants ont déjà attrapé le rotavirus, 25 % ont eu à se rendre à l’urgence et près de 1 % ont été hospitalisés», affirme ce médecin.Selon une porte-parole de Merck Frosst Canada, qui produit ce vaccin, une demande d'homologation a été déposée à Santé Canada, et l’agence fédérale américaine d’inspection des drogues et des aliments (FDA) pourrait donner le feu vert à la commercialisation au cours des six prochains mois.«Nous espérons pouvoir rendre le vaccin accessible au cours de 2006 aux États-Unis.Nous travaillons aussi avec l’Organisation mondiale de la santé [OMS] pour amorcer des essais cliniques spécifiques aux pays en développement», a indiqué hier Sheila Murphy, chef du service des relations publiques chez Merck Frosst.Le Devoir Ifilt V X y HUMOUR RQ Ce soir 20 h Autant sur la scène, qu’à la tele et à la radio, l’humour au Québec, c’est du sérieux.André Ducharme présente une série documentaire en dix épisodes sur notre phénoménale industrie du rire.En rappel samedi 18 h et dimanche 12 h CANAL canalD.com Astral Media Une chaîne Astral Media Riposte à la loi spéciale 142 La CSQ envisage des recours légaux contre des ministres MARIE-ANDREE CHOL'INARD Coincée par une loi spéciale «aux dents de requin très acérées», la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a promis, en guise de riposte, des actions ciblées «légales» dirigées contre les ministres du gouvernement Charest, en même temps qu’elle évalue la possibilité de recourir à des tribunaux, tels le Bureau international du travail ou encore l’ONU, pour pointer les failles de la loi 142.Le président de la CSQ, Réjean Parent, a indiqué hier, lors d’un point de presse à saveur de bilan annuel, que les syndiqués n’allaient pas rester cois devant «la tombée de rideau dramatique» que constitue l'avènement de la loi 142 quelques jours avant Noël.Cette loi a mis abruptement fin au processus de négociation entrepris depuis plusieurs mois par les syndicats et le gouvernement.«Considérant que le gouvernement a usé de moyens extraordinaires pour mettre fin à une négo qui ne mettait aucunement l’ordre public en péril, nous aurons recours à tous les moyens juridiques nécessaires», a affirmé M.Parent, qui représente 172 000 membres, dont 125 000 dans le secteur public, majoritairement en éducation.«La commande est donnée» au contentieux de la CSQ d’envisager sérieusement des recours devant le Bureau international du travail ou encore l’ONU.«Un sommet» La loi 142, «qui atteint le sommet dans le raffinement de l’art de la répression», limite énormément les syndicats dans le choix des représailles.«C’est une loi aux dents de requin très acérées», note M.Parent.Un premier examen laisserait croire en effet aux avocats de la CSQ que le seul port d'un chandail coloré portant le logo de la Centrale par les employés d’une école pourrait être passible de sanction.La CSQ choisit d’ailleurs de travailler dans un cadre «légal», qui ne mettra pas l’organisation syndicale en péril financier.Lors de son prochain conseil général de négociation, à la mi-janvier, elle compte ficeler un plan d’action qui com- Le nouveau chef du PQ a «manqué une belle occasion de se taire» prendra vraisemblablement des «actions ciblées, qui seront prises en dehors du temps de travail».«Notre première cible, c’est sûr que ça va être les ministres de ce gouvernement, parce que ce sont eux qui ont fait adopter cette loi», a indiqué M.Parent, qui lie cette stratégie à une «bataille de longue haleine».Non contente de lutter contre la loi 142, la CSQ refuse en outre le «faux semblant de démocratie» lié au gouvernement Charest.La Centrale annonce d’ailleurs qu’elle pourrait «revisiter» sa participation à des comités et organismes gouvernementaux auxquels elle siège en guise de protestation.Le syndicat évalue à une centaine ses participations à divers conseils d'administration, tels ceux de la Régie des rentes, de la Commission des partenaires du marché de travail ou du Conseil consultatif du travail et de la main-d’œuvre, a noté M.Parent.Belle occasion de se taire Appelé à réagir aux propos d’André Boisclair, qui affirmait peu avant Noël qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir les conventions collectives advenant l’élection du Parti québécois à la tète du gouvernement, le président de la CSQ n’a pas mâché ses mots.«Comme me disait mon père lorsque j’étais jeune: “Mieux vaut se taire et paraître idiot que parler et l’être”», a-t-il affirmé, ajoutant que le chef nouvellement élu du PQ avait «manqué une belle occasion de se taire».Sans s’étendre sur le sujet, Réjean Parent a toutefois souhaité qu’avec «l’expérience», le chef pé-quiste adoptera un discours «plus approprié dans les circonstances».La Centrale des syndicats du Québec a en outre indiqué qu’elle songeait à mettre en marche l’idée d’états généraux du syndicalisme, à un moment «où l’unité syndicale est capitale».Les rapprochements amorcés à l’automne entre les grandes centrales sont d’ailleurs appelés à s’intensifier, a indiqué le président de la CSQ, qui croit que la nécessité de se «présenter en rangs serrés» est plus capitale que jamais.Le Devoir Protestataire juché LX f ___ JÀCQt ES GRENIER LE DEVOIR MALGRE LE FROID et sans craindre les hauteurs, un homme s est hissé tôt hier matin en haut d'une grue de construction, à I intersection des rues l tger et Anderson, près du Palais des congrès, au centre-ville de Montréal.Équipé d'une simple toile bleue, il n’a formulé aucune revendication avant de finalement redescendre vers 15h.Il sera accusé de méfaits publics et il pourrait aussi répondre dune accusation de bris de condition de remise en liberté.En effet, même si son identité n 'a pas été révélée, il s 'agirait du même délateur de la Sûreté du Québec âgé de 46 ans qui aient déjà grimpé dans une grue mécanique de 175 pieds de hauteur à Montréal-Nord, le 8 août dernier.Il protestait alors contre la suspension de son contrat. LE DEVOIR.LE J E l I) I :> JA N VIER 2 0 0 li E MONDE La Russie et FUkraine règlent leur différend gazier Les rebelles ont démoli un tronçon de la clôture entre l'Égypte et Gaza.À trois semaines d’élections en sursis KM'TKKS Le chaos s’accroît à Gaza Le point de passage de Rafah est fermé par des membres d’al Aksa Des militants des Brigades des martyrs d'al Aksa, un groupe armé dissident du Fatah de Mahmoud Abbas, ont démoli hier un tronçon de clôture frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, où l’anarchie sécuritaire s’aggrave à trois semaines des élections palestiniennes.Ils ont ainsi réalisé leur menace d’empêcher la tenue des élections législatives en imposant la fermeture temporaire du point de passage de Rafah.Après s’être emparés d’un bulldozer de la municipalité, les activistes ont détruit une partie de la clôture frontalière, en béton, à Rafah, opérant une brèche de huit mètres, selon des témoins.Les activistes entendaient ainsi protester contre l’arrestation mardi d’un des leurs, Alaa Al-Hams, par les services de sécurité palestiniens, soupçonné d’implication dans le rapt de trois Britanniques la semaine dernière.Des dizaines de personnes sont alors passées par la brèche pour se diriger vers le territoire égyptien, s’arrêtant devant des barbelés derrière lesquels se tenaient des gardes-frontières égyptiens, selon des témoins.Une centaine de miliciens se sont postés à l’entrée du terminal, interdisant aux passagers d’y pénétrer et ont sommé les voyageurs présents dans la cour extérieure du point de passage de quitter les lieux.Tirant en l’air, les dissidents ont fait évacuer le terminal frontalier, où des observateurs de l’Union européenne supervisent les transits, et en ont interdit l’accès durant une heure et demie pour obtenir de savoir où un de leurs leaders était détenu par la police officielle palestinienne.Celui-ci, Alaa Al-Hams, a été enlevé mardi à Rafah par des policiers en civil qui voulaient l’interroger, selon un responsable, sur son rôle dans le bref enlèvement la semaine dernière d’une militante britannique pro-palestinienne et de ses parents.Ces éléments rebelles ont autorisé la réouverture du poste frontière après avoir été informés de l’endroit où Al-Hams était détenu, mais ils exigent sa libération et, en attendant, continuent à occuper les locaux officiels, dont un qui s’occupe de la préparation des élections.Cette agitation incontrôlée de militants armés issus de la base du Fatah pose un défi à Abbas, qui dirige à la fois l'Autorité autonome palestinienne et le Fatah, mais ne semble pas en mesure de remettre de l’ordre dans le territoire ni dans son propre mouvement Ce chaos grandissant à Gaza, quatre mois après son évacuation par Israël, laisse planer un doute sur la bonne tenue des élections, que nombre de dirigeants du Fatah voudraient qu’Abbas reporte pour ne pas faire le jeu du Hamas.Perçu comme plus discipliné et moins corrompu que le Fatah, le mouvement islamiste joue pour la première fois le jeu des urnes et pourrait faire mieux que bonne figure aux élections, qu’il entend, lui, voir se dérouler coûte que coûte.Après avoir exclu de les ajourner de nouveau — elles devaient initialement se tenir l’été dernier — Abbas a évoqué lundi, pour la première fois, le possible report des élections, mais seulement si Israël empêchait les Palestiniens de Jérusalem-Est de voter.La campagne électorale a néanmoins démarré mardi dans un climat d’incertitude, car la police israélienne a empêché les candidats de faire campagne à Jérusalem.Sami Abou Zourhi, porte-parole du Hamas, a présenté les élections comme le premier pas pour résoudre la crise palestinienne.«Notre peuple est au seuil d’une nouvelle ère, une ère de changement véritable et de réforme», a-t-il dit.Agence France-Presse et Reuters Le Tchad demande que le Darfour passe sous mandat de l’ONU N> Djamena — Le président tchadien, Idriss Déby, a demandé hier que le Darfour soit placé sous mandat des Nations unies parce que le Soudan utiliserait, selon lui, les troubles dans la province pour déstabiliser les pays voisins.Déby accuse Khartoum de soutenir les rebelles tchadiens qui ont attaqué le 18 décembre la ville d’Adré, à la frontière avec le Darfour soudanais, où des dizaines de milliers de personnes ont péri depuis 2003.Le Soudan a toujours démenti ces accusations.«Cette tentative de déstabilisation savamment orchestrée parle Soudan vise à exporterie conflit du Darfour dans la sous-région, dont le Tchad et la République centrafricaine sont les premières victimes», a déclaré Déby à N’Djamena lors du sommet de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC).Cette organisation rassemble le Tchad, le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale.Le conflit au Darfour a entraîné un exode massif de dizaines de milliers de réfugiés au Tchad.Déby a affirmé qu’ils ne pourront rentrer au Soudan que si la sécurité est pleinement restaurée au Darfour.«Je souhaiterais que le Darfour puisse être placé sous mandat onusien», a dit Déby, sans expliquer toutefois ce qu’il entendait par un tel mandat Depuis l’attaque d’Adré du 18 décembre, Déby tente d’isoler diplomatiquement son homologue Omar Hassan al-Bachir au sein de l’Union africaine.Le Tchad s’est ainsi opposé à la tenue à Khartoum du prochain sommet de l’UA, les 23 et 24 janvier.Le pays qui organise le sommet de l’UA est traditionnellement celui qui prend la présidence tournante de l’UA.Or l’UA dispose d’une importante force de maintien de la paix au Darfour.«L'Afrique entière et la CEMAC en particulier ne sauraient admettre que le président Omar al-Bachir soit le prochain président de l’Union africaine», a dit Déby à ses homologues.De nombreux experts pensent que tous les ingrédients sont réunis pour que le contentieux tcha-do-soudanais dégénéré en crise régionale.lit France dispose d’un contingent de forces stationnées au Tchad.Les États-Unis ont de leur côté employé le terme de génocide pour qualifier la situation au Darfour.‘ «Im guerre au Darfour a un effet négatif et déstabilisant pour la situation tchadienne.Elle a créé des divisions au sein de la population et des forces de sécurité», a estimé Dave Mozersky, de l’International Crisis Group.«Il est urgent que la communauté internationale prenne des mesures pour reconnaître les implications régionales de cette situation.Si le Tchad sombrait dans le chaos comme le Darfour, l'instabilité pourrait se répandre en Afrique vers l’ouest et le sud», a-t-il ajouté.E N BREF Moscou — La Russie et l’Ukraine ont annoncé hier le règlement de la crise gazière, qui opposait les deux pays et qui menaçait le reste de l’Europe, par un compromis qui permet aux deux parties de sauver la face.L’Union européenne a salué cet accord quinquennal intervenu quatre jours après le début officiel de la crise entre les deux ex-alliés de l’époque soviétique, mais n’en n’a pas moins maintenu la réunion qu’elle avait prévue sur le thème de la sécurité énergétique pour les Vingt-Cinq.Les groupes gaziers des deux pays ont conclu un contrat de cinq ans fixant le prix de vente du gaz russe à 230 dollars les 1000 nr.mais permettant à l’Ukraine de le payer 95 dollars à une société intermédiaire qui le mélangera à du gaz bon marché d’Asie centrale, ont annoncé les chefs de Gazprom et de son homologue ukrainien Naftogaz, Alexeï Miller et Olexi Ivtchenko, lors d’une conférence de presse éclair au siège de Gazprom à Moscou.Le président russe Vladimir Poutine s’est félicité de l’accord et s’est dit convaincu qu’il aurait «une influence positive sur l’ensemble des relations russo-ukrainiennes».Le président ukrainien Viktor louchtchenko a pour sa part salué l’accord, qui prévoit cependant une possible réévaluation du prix, estimant que Kiev était prête à payer plus cher cet hydrocarbure, «à de nouvelles conditions de marché».Le différend russo-ukrainien avait éclaté au grand jour le 1" janvier avec la décision du groupe public gazier russe, Gazprom, d’arrêter ses livraisons à l’Ukraine qui refusait d’accepter une augmentation tarifaire de 360 %.Le compromis conclu hier a également pour but de rassurer Bagdad — Un kamikaze a provoqué hier un carnage lors de funérailles chiites au nord-est de Bagdad, tuant 36 personnes et contribuant à faire d’hier l’une des journées les plus meurtrières en Irak depuis plusieurs semaines.Cette série d'attaques, apparemment coordonnées, a fait une soixantaine de morts et pourrait constituer une réponse des insurgés sunnites aux élections législatives du mois dernier, qui se sont déroulées dans le calme.L’attentat suicide a fait en outre une quarantaine de blessés parmi tme foule de chiites qui assistaient à des funérailles dans la ville de Mik-dadiya, à 100 km de la capitale.In personne inhumée était le garde du corps d’un chef local de la Daoua, le parti du premier ministre chiite Ibrahim Djaafari.tué la veille dans une embuscade lors de laquelle le responsable visé a été grièvement blessé.Le bilan de cet attentat est le plus lourd enregistré depuis les élections du 15 décembre, marquées par une forte participation et une victoire de l’alliance chiite.Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a parle d’un «crime affreux contre des civils innocents sans aucun respect pour la vie et la dignité humaines».Le chef de la diplomatie britannique, Jack Staw, l’a qualifié d’acte de «terrorisme stupide».La province de Diyala, dont fait partie Mikdadiya et dont Bakouba est le chef-lieu, a été le théâtre, ces dernières semaines, d’une recrudescence des attaques de la gueriDa sunnite Bée à la branche irakienne d’al Qaida Celle-ci.dirigée par le Jordanien Abou Moussab Zarkaoui, a pris pour cible non seulement les occupants américains, mais aussi les forces de sécurité irakiennes et la communauté chiite.les consommateurs européens qui ont pu constater pendant deux jours une forte baisse de la pression dans les gazoducs acheminant le gaz sibérien vers l’ouest via l'Ukraine, avant un retour à la normale.Un quart des besoins énergétiques de l’Europe sont assurés par la Russie.L’Union européenne a salué l'accord intervenu, mais compte toujours discuter de la sécurité de l’approvisionnement en gaz de l’Europe, a indiqué le ministre autrichien de l’Économie dont le pays préside l’Union européemie depuis le 1er janvier.«Nous espérons bien que l’accord assurera aussi la sécurité à long terme de l’approvisionnement en gaz de l’Union européenne», a déclaré Martin Bartenstein.«Le gaz russe restera l'épine dorsale de l’approvisionnement énergétique de l’Europe, mais nous devrons assurément tirer la leçon de ce qui s’est passé ces derniers jours», a-t-il ajouté en soulignant que les Vingt-Cinq allaient devoir travailler «à la diversification des réseaux,de conduites».Les États-Unis et l’Europe ont exprimé leur préoccupation devant l’utilisation par la Russie de l’arme gazière pour punir le président ukrainien Viktor louchtchenko d'avoir choisi le camp occidental à son arrivée au pouvoir lors de la Révolution orange de la fin 2004.Pour Oleksander Dergatchev, un analyste ukrainien indépendant, la Russie, bien que dominante sur le plan énergétique, n’a pas réussi à totalement imposer sa volonté.«La tentative russe de déstabiliser l’Ukraine économiquement et politiquement n’a pas réussi», estime-t-il.Agence France-Presse et Reuters À Kerbala, l’explosion d’une voiture piégee a fait trois blessés.Dans le même temps, dans l’est de Bagdad, à population majoritaire chiite, un autre attentat à la voiture piégée a fait au moins cinq morts et 13 blessés, tous civils.Quelques heures plus tard, une autre voiture piégée a explosé dans un marché du sud de la capitale, faisant huit morts et 12 blessés.A la périphérie nord de Bagdad, des hommes armés ont attaqué un convoi de 60 camions-citernes escortés par la poBce qui venaient ravitailler la capitale pour alléger la pénurie de carburant Une vingtaine d’entre eux ont été détruits.Pour sa part George W.Bush a finsisté hier sur l’efficacité accrue de l’armée irakienne permettant d’envisager en 2006 de nouvelles réductions des effectifs américains.«Au cours de Tannée, si les Irakiens continuent à progresser sur la sécurité et les aspects politiques que nous attendons, nous pourrons discuter de nouveaux ajustements possibles avec les dirigeants d’un nouveau gm-vernement en Irak», a dit le président dans une declaration à l’issue d’une réunion au Pentagone sur l’évolution opérationneDe en Irak et en .Afghanistan.«Et alors que nous voyons de plus en plus ces forces irakiennes prendre la direction des opérations, nous pourrons poursuivre dans notre volonté, notre stratégie déclarée, à savoir.qu’à mesure que les Irakiens montent en puissance, nous rétrogradons».a-t-il dit M.Bush, pressé par une partie de son opinion a présenter un calendrier de retrait a souligné qu’un «ajustement est en cours», faisant référence aux redéploiements déjà annoncés.Agence France-Presse et Reuters La Syrie permet l’interrogatoire d’un ministre Damas — Damas a autorisé la commission de l’ONU enquêtant sur l'assassinat de Rafic Hariri a interroger le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk al Chara, ont annoncé hier des diplomates.La Syrie n’a toujours pas décidé si la commission pourrait rencontrer le président Bachar el Assad, mais elle a accepté que les enquêteurs s’entretiennent avec Farouk al Chara.- Reuters Morales veut des associés Madrid — Le président élu de Bolivie, Evo Morales, a affirmé hier a Madrid qu’en matière économique son pays «a besoin d’associés, pas de maîtres», a l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement espagnol, José Izns Rodriguez Zapatero.la BoBvie, pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.«a besoin d’associés, des entrepreneurs privés, étrangers, mais pas de maîtres de ses resscntrces naturelles».a-t-il dit lors d’une conférence de presse.- AFP Reuters Cheney défend les écoutes Washington — Le vice-président américain Dick Cheney a défendu hier la légaBté des écoutes autorisées aux Etats-Unis par le président Bush, affirmant qu’eües ne remettent pas en cause les Bbertés individuelles.«Il n’y a pas de a/mmu-nications plus mpc/rtantes pour la sécurité du pays que celles liées a al-(findç qui émanent ou aboutissent aux États-Unis», devait déclarer M.Cheney dans un discours dont la Maison-Blanche a diffusé des extraits.-APR L’ONU examinera la situation en Haïti New York — Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra demain une réunion sur Haïti, à la suite du nouveau report des élections dans ce pays, a annoncé hier l’ambassadeur de Tanzanie, Augustine Mahiga, président du Conseil pour janvier.Cette reunion, lors de laquelle le Conseil entendra un rapport sur la situation en Haiti, a été décidée «en urgence» en raison du report des élections, a indiqué M Mahiga à la presse.«Les elections étaient prévues au début de ce mois (janvier] mais, selon nos informations, elles ont été reportées.Les membres du Conseil souhaitent être informes sur ce qui se passe exactement sur le terrain, notamment sur les circonstances ayant conduit au report des élections en Haïti», a dit M.Mahiga.«On nous a indiqué que cela pourrait être dù à des raisons techniques, mais il pourrait y avoir d’autres causes, c’est pourquoi nous \ avons demande cette reunion en urgence», a-t-il ajouté.Le gouvernement provisoire haïtien a confirmé dimanche le report du premier tour des élections présidentielle et législatives prévues le 8 janvier.Aucune date n’a encore été fixée pour les futures élections, dont c’est le quatrième re|x>rt en un an.Selon des sources proches du Conseil électoral et du gouvernement provisoire haïtien, un premier tour de scrutin serait maintenant envisagé pour le 7 février.Cette date est celle prévue par la Constitution pour l’entrée en fonction d’un nouveau président le Conseil de sécurité considère la tenue d’élections libres et transparentes comme une priorité pour Haïti, pour conclure la période de transition ouverte par le départ de l’ancien président Jean Bertrand Aistide.Fin décembre, le représentant du secrétaire général des Nations unies en Haïti, le Chilien Juan Gabriel Valdès, avait réaffirmé la détermination de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (Ml N1STAH) à assurer la sécurité lors des élections.la M1NUSTAH compte 75(X) militaires et 1987 policiers internationaux en Haïti.Agence France-Presse Chirac fait réécrire un article de loi Paris — Soucieux (V«apaiser les esprits», Jacques Chirac s’est prononcé hier jxmr une réécriture de l’article IV de la loi du 23 février 2005 sur «le rôle positif» de la colonisation française.«ls texte actuel divise les Français.Il doit,donc être réécrit», a dit le chef de l’Etat «La proposition de loi est en cours de préparation», a-t-on précisé dans l’entourage du président de l’Assemblée et il n’est pas exclu que le texte soit présenté plus tôt que prévu, c’est-à-dire vers la fin du mois de janvier.L’article IV de la loi de février 2005, votée a l’initiative de l’UMP, demande aux manuels scolaires de reconnaître «le rôle positif de la présence française outre-mer».Il a suscité colère et émotion aux Antilles, où le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président du parti majoritaire*, a dû reporter un voyage prévu début dé cembre.L’opposition de gauche a demandé l’abrogation pure et simple de l’article controversé.Li polémique qui est née* apres la crise des banlieues de novembre, sur un terrain social fragile, a conduit le chef de l’Etat à ] confier au président de l’Assemblée la directiem d’une «mission pluraliste» sur le rôle du Parlement face a l’Histoire.Le débat sur la fai de février 2005 a conduit 19 historiens à réclamer l’abrogation de toutes les dispositions législatives relatives à cer faines pages de l’Histoire de France, dont celles contenues dans la loi Gayssot du 13 juillet 1990, qui répri-; ment le négationnisme.Jacques Chirac a souligné que la démarche d’apaisement demandée au Parlement devait «s’inscrire dans le cadre d'une réflexion générale».«Ce n'est pas a la loi d'écrire l’histoire», a-t-il répété.•Nous pouvons être fiers de notre histoire, marquée par tant de succès, tant de grandeur, tant de lumière.Mais c’est aussi parce qu'm est a Taise avec son histoire que Tm peut reconnaître ses zones d'ombre et ses épreuves», a-t-il dit.Reuters REUTERS Des passants examinent ce qui reste d’une voiture piégée.60 morts dans des attaques en Irak LE DEVOIR, LE JEUDI 5 JANVIER 2 0 0 6 A t> II 1 J D I T 0 R I A L Le troisième joueur Au moment où s’amorçait la présente campagne électorale il y a un mois, les interventions de Stephen Harper ne laissaient aucune empreinte durable sur l’écran radar des électeurs québécois.Quatre semaines plus tard, le chef du Parti conservateur semble avoir réussi à capter l’attention de cet électorat.Suffisamment pour pouvoir brouiller les cartes le 23 janvier dans un certain nombre de comtés?Cela reste à voir.L Bernard Descôteaux a polarisation du débat électoral entre libéraux et bloquistes laissait de fait bien peu de place au point de départ aux conservateurs qui se trouvaient même à la traîne du NPD au Québec.Le discours anti-québécois tenu lors de la campagne de 2004, plus leurs positions rétrogrades sur des sujets comme le mariage entre conjoints de même sexe, ne prédisposaient pas les électeurs de cette province à les écouter jusqu’à ce que Stephen Harper arrive, en mettant l’accent sur un fédéralisme d’ouverture, à incarner une sorte de troisième voie entre Gilles Duceppe et Paul Martin.Tout fragile soit-il, ce revirement est dû à la capacité du leader conservateur à saisir la sensibilité de l’électorat québécois à la question nationale.Outre que de mettre en évidence les positions «provincialistes» qu’ont toujours défendues les conservateurs, M.Harper n’aura eu qu’à reprendre deux grands sujets qui font l’objet d’un large consensus au Québec, le déséquilibre fiscal et le prolongement international des compétences constitutionnelles de la province, pour susciter l’intérêt, sinon la sympathie, qu’il n’avait pas réussi à soulever jusqu’ici.Le discours de M.Harper sur ce plan ressort d’autant mieux qu’il est en opposition à celui que tient le premier ministre Paul Martin qui pour sa part se cantonne, plus la campagne avance, dans une attitude de fermeture à l’égard des aspirations du Québec.Le soulignaient on ne peut plus clairement les propos qu’il a tenus dans le cadre d’une entrevue accordée en début de semaine à notre collègue Hélène Buzzetti, au cours de laquelle il a soutenu que la montée du sentiment souverainiste ne s’expliquait pas autrement que par la faiblesse de la pédagogie fédéraliste.Pour gagner le cœur des Québécois, il suffit de vanter les avantages du Canada, croit Paul Martin, qui estime qu’il n’y a pas lieu de mettre de l’avant un nouveau modèle fédératif.Disant cela, il se ferme toutefois à cette frange de nationalistes qui se sont tournés vers la souveraineté moins par conviction que par raison, ne trouvant plus cette ouverture aux aspirations du Québec qu’ils attendent du reste du Canada.Stephen Harper ne propose pas aux Québécois, comme l’avait fait en 1984 Brian Mulroney, de réintégrer le Québec dans la Constitution canadienne dans l’honneur et l’enthousiasme, loin de là.Ce qu’il met de l’avant n’est pas un nouvel accord du lac Meech, mais seulement des accommodements qui respectent l’esprit de la Constitution actuelle.On est loin de ce «beau risque» qu’avait accepté de prendre le premier ministre René Lévesque après l’élection du gouvernement Mulroney.Pour certains Québécois, parmi lesquels se trouvent certainement quelques députés et ministres de l’actuel gouvernement québécois, ces accommodements représentent néanmoins un risque plus intéressant que ce qu’offre Paul Martin.Bien qu’il s’en défende, celui-ci se situe dans la même ligne de pensée que son prédécesseur, Jean Chrétien.Certes il a conclu des accords avec les provinces depuis l’élection de 2004, notamment pour le financement de la santé, mais ce fut avant tout le résultat d’un rapport de force comme cela avait été le cas sous le gouvernement précédent.Les transferts de fonds fédéraux aux provinces ne font que soulager temporairement les provinces, mais ne règlent surtout pas le problème du déséquilibre fiscal qui est structurel.À cet égard, la proposition que fait Stephen Harper ne garantit pas que cette question sera résolue, mais elle ouvre une perspective qu’on ne trouve pas chez Paul Martin.Un sondage effectué la semaine dernière pour le compte du National Post montre que les Québécois ont désormais une image plus positive de Stephen Harper qu’au début de la campagne électorale.Cela ne signifie pas qu'ils se préparent à voter massivement conservateur, loin s'en faut.La polarisation du vote entre bloquistes et libéraux demeure, mais le Parti conservateur ne peut plus être ignoré complètement.Il grignotera aux uns et aux autres suffisamment de voix pour finir bon troisième et jouer les empêcheurs de voter en rond dans les comtés où les majorités des députés sortants sont précaires.Celui qui a le plus à perdre est Paul Martin dans la mesure où il ne pourra plus prétendre être la seule voix fédéraliste qui est entendue par les électeurs québécois.bdescoteaux(g>ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN T1FFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE T^Tautre grand moment & 2oq5 A _ #V a*—// H g J a—- X POo ooefcV ooooood K)O O OP09 V o c*( ch i ' < ' 1- I LETTRES Le loose canon Les commentaires de Louise Beaudoin sur la nomination de Wilfrid-Guy Licari comme délégué général du Québec à Paris ont suscité de vives réactions de la part de deux anciens ambassadeurs du Canada en France, Lucien Bouchard et Benoît Bouchard.Autant les propos de Lucien Bouchard témoignent de l’estime et du respect à l’égard d’un diplomate de carrière, autant ceux de Benoît Bouchard illustrent la duplicité de celui qui a occupé ces fonctions de 1993 à 1996.Son texte conclut que la France préfère ne pas avoir à arbitrer les disputes qui ne la concernent pas.Il est étonnant dims ces conditions que l’ambassadeur Benoît Bouchard, la veille même du voyage officiel du premier ministre du Québec Jacques Parizeau à Paris en janvier 1995, ait convoqué la presse opinant du peu d’intérêt des rencontres du premier ministre du Québec avec ses interlocuteurs français, estimant même que le président de l’Assemblée nationale Philippe Seguin était un loose canon.Comme si ce n’en était pas assez, en visite officielle au Chili au même moment, le premier ministre Jean Chrétien en rajoutait, déclarant que Jacques Chirac, alors maire de Paris, n’était pas en avance dans les poils et qu’il avait autant de chance de devenir président que le Québec de devenir souverain.Je m’interdirai de plonger dans la polémique sur la pertinence de nommer au plus important poste de la diplomatie québécoise un fidèle agent d’un appareil dont le titulaire Pierre Pettigrew niait encore tout récemment, sans être désavoué par le premier ministre Paul Martin, la légitimité même des relations internationales du Québec que l’on appelle la doctrine Gérin-Lajoie, réaffirmée haut et fort par le premier ministre du Québec Jean Charest.Je me contenterai de dire la fierté que j’ai d’avoir contribué pendant plus de trente ans avec des collègues exceptionnels à donner au Quebec une diplomatie qui a énormément fa-i vorisé son développement, celui du Canada et de la communauté internationale; j’en veux notamment pour exemple l’établissement de la Francophonie, l’Accord de libre-échange avec les Etats-Unis étendu par la suite au Mexique, la création de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle qu’a imaginée l’ancienne ministre des Relations internationales du Québec Louise Beaudoin.Le procès que fait Benoît Bouchard à Louise Beaudoin arrive donc à un bien mauvais moment alors que son rôle dans cette initiative est reconnu tant à Ottawa qu’à Paris.Décidément, Benoît Bouchard poursuit sa carrière de loose canon.Jacques Joli-Cœur Québec, le 3 janvier 2006 Du vrai firanchinois! Mon garçon a reçu à Noël une auto à monter, évidemment fabriquée en Chine et vendue chez Wal-Mart.Voici le très horrifique et éloquent livret d’instruction en version française, ou plutôt «franchinoise», fourni dans la boîte: Avant de vous commencez: ¦ Soigneusement l’étude et comprend le drap d’instruction entier.¦ le Chèque pour être sûr que vous avez reçu toutes les parties que vous aurez besoin de.¦ Utiliser un couteau de passe-temps aigu pour enlever des parties des arbres.Ne pas tordre ou courber des parties des arbres.Utilise le couteau ou un emery enlever et éclat ¦ Comme vous procède «EXAMEN AJUSTE» les parties assurer propre emplacement et alignement.¦ Ou «plaquer» du domaine à qui le ciment devrait être appliqué.¦ Nous recommandons l’usage de cyanoacrylate (adhérer d’instant) le ciment.Quand possible localiser des parties et appliquer le ciment du côté postérieur pour cacher les marques de ciment Le ciment d’usage frugalement ou un travail peu soigné résultera.¦ Lit Toutes Prudences et Avertires Etiquettes Christian Feuillette Montréal, le 3 janvier 2006 Si on se regardait un peu Fernand Dumont, dans sa Genèse de la société québécoise nous dit qu’au XK' siècle, le Québec était le grenier à blé de l’Angleterre.Les choses ont bien changé depuis la Confédération, et encore plus depuis la Révolution tranquille, alors que l’agriculture québécoise a peine à survivre.Un des facteurs qui peut expliquer ce changement est la confédération elle-même, alors que Cartier y a négocié pour nous une situation où le principal avantage du Québec était de pouvoir exploiter le droit de passage de l’Ontario vers la mer libre.Dans les faits, toute la politique québécoise depuis la Confédération s’articule autour de l’exploitation de ce droit de passage, et cela est même vrai de l’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent et de la négociation du traité de libre-échange nord-américain.On peut s’interroger sur la sagesse d’orienter une politique sur un accident naturel qui en droit ne confère pas généralement de situation d’avantage à la partie qui en est titulaire.La servitude de passage doit normalement être accordée pour le bénéfice du fond dominant, et non pour celui du fond servant qui n’a que le droit d’éviter les dommages et de recevoir le juste prix pour l’emprise.Ce principe, qui vaut entre les individus, vaut aussi entre les nations.Ce qui a pour conséquence que l’orientation fondamentale de la politique québécoise semble viciée, et cause, à long terme, de déboires pour l’ensemble du peuple québécois.La clientèle de ce genre de politique est encore nombreuse au Québec; la part de la population qui se prélasse l’hiver en Floride en est un bon indice.La noblesse de cœur de ceux qui tentent encore de bonne foi d’augmenter la richesse publique triomphera cependant finalement de cet engourdissement.François Dorion Charlesbourg.le 22 décembre 2005 L I B K E 0 FINI 0 N -+- Une bonne nouvelle pour tout le peuple GUY PAIEMENT MICHEL RIOUX Pour le Collectif des journées sociales du Québec La publication récente de deux manifestes plaidant.l’un pour La lucidité, l’autre pour la solidarité, nous a fait constater que près de 20 ans après la publication du rapport du Conseil des affaires sociales du Québec, le Québec demeure une société cassée en deux.Pouvons-nous aller plus loin?Ceux qui plaident pour un Québec lucide le font à partir de leurs préoccupations économiques et financières.les autres insistent, avec raison, sur les réalités sociales et communautaires.Bar ailleurs, malgré leurs divergences, tant les «lucides» que les «solidaires» parlent des conditions à mettre en place pour l’avènement d’un nouveau Québec.les premiers agitent l'épouvantail de la dette pour stimuler la réflexion, les seconds proposent des voies plutôt identifiées à la générosité et au partage.les uns et les autres, cependant, fondent leurs plaidoyers sur l'héritage à laisser aux enfants qui vont prendre la relève.Cet intérêt commun mérité d’être souligné.À cet égard, le débat animé sur le projet de loi 124 concernant les CPE a rappelé hù aussi qu'on risquait d'hypothéquer l’avenir des enfants en jouant avec les services pédagogiques qui leur sont offerts.L'ont bien compris ces quelque 12 (XX) parents, éducatrices et enfants qui se sont rendus au stade du parc Jarry pour manifester leur désaccord un beau dimanche de novembre.Pour sa part, la rencontre internationale sur l'environnement a remis de l avant la fragilité de notre pla- nète et l'urgence d'en tenir compte pour le bien des generations futures.Dix mille personnes en ont témoigné dans les rues de Montréal début décembre.Des militantes et des militants, dont une majorité de jeunes, s'activent à mettre sur pied un forum social québécois.Ils reprennent ainsi le relais de centaines d’autres jeunes qui, sous les auspices de l'Institut du nouveau monde, ont réfléchi pendant plusieurs jours aux problèmes auxquels notre société est confrontée et cherché des pistes concrètes pour débloquer l'avenir.Bref, il y a trop de personnes qui s’inquiètent de l’avenir commun et qui intègrent ces questions dans l’ensemble de leur réflexion pour que l'on n'en tienne pas compte.Deux horizons éthiques Deux préoccupations éthiques se dégagent de ces multiples événements récents.La première: depuis quelques mois, beaucoup de personnes et de groupes aux intérêts les plus divers se sont mis à penser l’avenir du Québec et de notre monde en le voyant à partir des enfants de demain.11 y a la une préoccupation commune qui dépasse les intérêts corporatistes, les programmes à court terme et les astuces des partis.Les débats ne sont certes pas clos pour autant, mais ils disposent d'un horizon qui permet de les situer.La seconde vient d’être soulignée avec force dans les rencontres internationales sur les changements climatiques.Il est de phis en plus difficile d'isoler nos gestes quotidiens, les déchets des entreprises et la sauvegarde de la planète.Une approche écologique nous incite à élargir nos perspectives et à tenir en- semble des dimensions de plus en plus nombreuses.Or, cette sensibilité commence à se frayer un chemin dans nos préoccupations sociales et politiques.Il nous faudra bien tenir ensemble l’avenir économique du Quebec et la réalité de la dette qui en fait partie, l'éducation et le développement des générations montantes et.bien sûr, la fragilité de notre planète, fl y a là une seconde exigence éthique qu’il nous faudra bien traduire en gestes politiques concrets.Ut gouvernance n’est pas neutre Mais comment y arriver?En bref, en permettant à de plus de gens possibles d'ètre partie prenante dans l'élaboration des solutions qui les concernent le bien commun est à ce prix et c’est ici que se situe la gouvernance.Certains voudraient la restreindre aux multiples façons d’infléchir les décideurs pour qu’ils privilégient les intérêts du libre marché.Mais pour d'autres, et nous en sommes, la gouvernance déborde de beaucoup l'appropriation de meilleures techniques de gestion.Elle désigne alors le processus d'élaboration des politiques et la capacité des differents groupes en cause d'avoir une influence réelle sur ce processus.À cet egard, les reflexions des nombreux groupes de femmes qui ont préparé la loi sur l’equite salariale ou encore la grande mobilisation qui a abouti à la loi pour lutter contre la pauvreté nous montrent qu’une telle perspective n’est pas utopique.Une confiance radicale dans les forces multiples de la population est ici indispensable pour mettre en branle ce qui pourrait devenir une seconde révolution tranquille.Au lieu de s'acharner à réduire la participation et l’expertise des citoyens, comme le fait le gouvernement actuel dans les CLSC, dans les CRD et dans les CPE, il faudra bien un jour tabler sur les forces et les initiatives de milliers de citoyens et de citoyennes qui font déjà avancer les choses.Il ne s'agit pas, faut-il le souligner, de minimiser la place du gouvernement dans l’organisation ûes choses, mais de prendre acte que le rapport à l'Etat est en train de changer dans plusieurs secteurs de la population.Une soif de participation s'exprime avec de plus en plus de force pour influer sur les dérisions qui affectent la vie quotidienne et qui construisent un avenir.Une telle soif grandit et aucun parti ne pourra l’ignorer sans péril.Autrement dit la gouvernance de notre société ne peut se limiter à de meilleures techniques bureaucratiques et à l'acceptation myope de la mondialisation.Elle comprend aussi un processus par lequel le peuple se découvre des prises réelles sur son avenir.Cette conviction s'inscrit dans une trajectoire dont on retrouve la trace à divers moments de l'histoire.D y a de cela 400 ans.le philosophe Jean Bodin, dans une répliqué prophétique à tous ces néoliberaux qui sévissent aujourd'hui, ne disait-il pas au roi Henri IV: •Sire, il n est de richesse que d'hommes.» Sans oublier, et la chose est pertinente ces jours-ci, ces vieux textes qui nous rappellent qu'il y a 2000 ans, la soif de changement circulait en Palestine.Les intrigues politiques et les grands marchands occupaient le devant de la scène.Mais ces forces de l'argent et les combines politiques ne purent empêcher cette force toute fragile d'une naissance, qui allait annoncer qu'un autre monde était possible et qu'il y avait là bonne nouvelle pour tout le peuple!*, comme l'a écrit l’evangeliste Luc. LE DEVOIR.LE JEUDI 5 JANVIER 2 O O (5 DEES Le Canada en Afghanistan L’année risque d’être douloureuse Taxer la malbouffe MARC ANDRÉ BOIVIN Coordonnateur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM).eux attaques en une semaine ont fait récemment six blesses parmi les soldats canadiens déployés en Afghanistan.Ces incidents n’ont rien d'inattendu et il est fort probable que de nouveaux noms s'ajoutent dans les prochains mois aux huit militaires que le Canada a déjà perdus.Le contingent canadien se re-deploie présentement à Kandahar au coeur des régions affectées par les insurgés talibans et passera de 900 à prés de 2000 en février prochain.Outre les conditions sur place qui posent un défi majeur, le Canada doit composer avec ses partenaires européens et américains divisés sur la nature de la mission des troupes envoyées et qui se reprochent mutuellement de chercher à se désengager.Le Canada en Afghanistan pourrait connaître une année 2006 fort douloureuse.La présence militaire internationale est organisée autour de deux axes.Le prepüer est une coalition de volontaires dirigée par les Etats-Unis qui mène une opération de guerre contre les éléments talibans et AJ-Qaïda qui subsistent appelée «liberté immuable».Le deuxième est la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), menée par l’OTAN, et dont le mandat en est un de maintien de la paix.L’année 2006 est prévue comme étant celle de la consolidation de ces deux axes en un seul.L'opération «liberté immuable» compte 15 000 à 20 000 militaires lourdement armés et celle de la FIAS près de 10 000 plus légers.La FIAS, initialement présente uniquement à Kaboul, a entamé en 2003 un processus d’extension régionale qui doit être complété l’année prochaine.Elle est l’héritière désignée des deux opérations.Cette transition dépend d’une logique de diminution progressive de l'insécurité dans le pays.Néanmoins, l'année 2005 a été marquée par une recrudescence sans précédent de la violence depuis la chute du régime des talibans.Les attaques ont fait un nombre record de victimes et démontrent un niveau de sophistication croissant On est bien loin aujourd'hui des élans triomphalistes qui faisaient dire au commandement américain en début d’année que les éléments terroristes en Afghanistan étaient en pleine déroute.Deux débats À ces difficultés sur le terrain s’ajoutent de profondes divisions entre les pays sur la nature des opérations à entreprendre.Deux camps principaux s’affrontent: les Américains d'un côté et certains pays européens, dont l'Allemagne, la France et les Pays-Bas, de l’autre., Les débats portent d’abord sur la mission des troupes envoyées.Pour les Américains, si la FIAS doit prendre la tète de l’ensemble, c'est avec un mandat plus agressif qui inclut la chasse aux terroristes.Pour Içs Européens, il n’est pas question de modifier la mission de la FIAS.Son rôle est différent et les liens de confiance qu’elle a permis d’établir avec les populations locales risquent d’être brisés si elle est associée aux opérations de guerre impopulaires menées par les Américains., Ce débat en sous-tend un autre, celui de l’importance de la contribution à l’effort militaire.Depuis 2f)01, les Américains ont assumé l’essentiel de la charge tant en nombre qu’en qualité des effectifs et des moyens déployés.Pendant ce temps, malgré de belles promesses, les principaux membres européens de l’OTAN, dont la France et l'Allemagne, ont traîné des pieds pour fournir des ressources.Dans les médias américains, des informations ont opportunément filtré sur une réduction envisagée de 20 % de la présence américaine en Afghanistan.L’OTAN vient d'annoncer l'envoi de 6000 militaires supplémentaires prévus pour l’extension de la FIAS dans le sud de l'Afghanistan, une région particulièrement violente.L’essentiel du contingent a été trouvé chez les Britanniques, les Néerlandais et les Canadiens.Or, jusqu’au tout dernier moment, les Néerlandais ont menacé de réduire de moitié leur contribution si le mandat de la FIAS était changé.Les Britanniques ont quant à eux manifesté l'intention d'emboiter le pas le cas échéant Si cet accord fragile s'effondre, les soldats canadiens courent le risque de se retrouver bien seuls pour affronter les dangers de Kandahar.Le pari de la durée Il est difficile de ne pas faire le lien avec l’invasion américaine en Irak.Les réductions d’effectifs envisagées par les Américains en Afghanistan sont directement reliées aux déboires qu’ils subissent sur cet autre théâtre d’opération.De même, l'effort important consenti par le Canada depuis le début de l’intervention internationale ne peut être compris qu’en faisant référence à l’Irak, l’Afghanistan jouant le rôle d,’une monnaie d’échange pour réparer les pots casses à la suite de sa non-participation à cette autre campagne américaine.Les insurgés afghans font le pari de la durée.Ils savent que les Occidentaux disposent de moyens militaires écrasants, mais d’une marge de manœuvre politique limitée dans le temps.L’Afghanistan sort de plus de deux décennies de guerres civiles.Sa stabilisation ei sa reconstruction prendront de longues années.La communauté internationale quant à elle, après quatre ans, arrive aux limites de sa bonne volonté.Malheureusement pour les Afghans, les solutions expédiées produisent rarement des résultats probants dans la résolution durable des conflits.Le Canada a clairement signifié son engagement, il ne pourra cependant pas sauver la mise sf ses partenaires l’abandonnent.On est bien loin aujourd’hui des élans triomphalistes affichés au début de l’année SHAH MARAI AtiKNCK 1-RANU>PRKSSK À Kaboul, l’hiver s’est installé, comme le montre cette photo prise récemment dans une rue de la capitale afghane.F / .#* ’ i-J' ¦H / ‘ t; ytviL * Quel tribut pour la paix?Le soutien de la population canadienne à la «guerre pour la paix» KAT H IA LÉGARÉ Saint-Jeansur-Richelieu j===jl n démocratie, les élections sont, en théo- Erie, le moment où le gouvernement va chercher la légitimité d’action nécessaire à l’exercice du pouvoir.Cette sanction populaire lui donne une latitude d’action relative ___ à la confiance des citoyens.L’appui populaire s’efface parfois et fait place aux protestations lorsque les décisions du gouvernement comportent un prix trop élevé à payer.L’actuelle campagne électorale fédérale est plutôt morne et clairement limitée aux enjeux de politique intérieure, comportant généralement peu de risques.Les chefs des principaux partis participent à des séances de photos dans les garderies, dans les foyers de personnes âgées.Certaines questions fondamentales ne sont pas discutées pendant les campagnes électorales, en l’occurrence les questions concernant le rôle du Canada dans le monde.Quel mandat la population canadienne donne-t-elle au gouvernement en matière de défense et de politique étrangère?Au cours de son dernier mandat le gouvernement libéral a refusé de participer à l’invasion américaine de l’Irak, à cause du mécontentement populaire, mais aussi par manque de moyens.Le Canada est néanmoins impliqué dans des missions à haut risque; il prévoit même augmenter sa participation à des opérations d’imposition de la paix Changement de la donne Une question s’impose donc: les Canadiens endossent-ils consciemment de telles opérations de paix?Il n’est pas exagéré d’affirmer que la plupart des citoyens canadiens soutiennent, plus ou moins activement la participation du Canada aux opérations de paix.Il s'agit d'un rôle traditionnel que le pays exerce depuis la fin de la Deuxieme Guerre mondiale, et plus particulièrement depuis la crise du canal de Suez en 1956.Le gouvernement canadien avait alors joué un rôle important dans la création de la premiere mission de maintien de la paix, malgré sa proximité avec la Grande-Bretagne impliquée militairement dans le conflit.Dès lors, le Canada a participé à la majorité des missions de l’ONU dans les quatre coins du globe.Par contre, depuis la fin de la guerre froide, la donne a beaucoup changé: certains conflits dans l’impasse ont débloqué, alors que dans les Balkans, en Eur-asie et surtout en Afrique, des guerres intraétatiques sanglantes ont éclaté.Les guerres de Yougoslavie, qui se sont déroulées de 1992 à 1999.nous ont donné un avant-goût du siecle de conflits qui nous attend.Face aux massacres et aux actes de nettoyage ethnique (rappelons-nous Sarajevo, mais aussi le Rwanda), les organisations internationales, comme les États et les populations, ont saisi l’ampleur des défis |x>sés par ces guerres extrêmes qui ravagent des régions entières.C’est alors qu'en plus de l’ONU, l’OTAN, puis d’autres organisations internationales, se sont impliquées dans des activités de paix: l’imposition de p;tix par la force est alors clairement devenue un recours légitime.D’autant plus qu’avec l’effondrement du communisme en Europe, aucune puissance ne subsistait pour s’opposer à une telle évolution.Les opérations de paix comportent donc des risques nouveaux; malgré le mythe du «zéro mort», ces «guerres pour la paix» n’atteignent plus uniquement la population civile et les parties du conflit, mais aussi les «forces de la paix».Qui plus est, elles comportent des dangers inacceptables pour une population en paix.Les citoyens canadiens ont sûrement quelques craintes quant aux menaces terroristes pouvant les atteindre, mais ils ne sont pas mobilisés ni particulièrement sensibilisés.La paix par la force: le Canada en Afghanistan Quel tribut la population est-elle donc prête à verser pour la consolidation de la paix en Afghanistan?Alors que les troupes canadiennes ont récemment été déplacées vers le sud de Kaboul à Kandahar, une région beaucoup plus instable, la mission de l’OTAN franchit une nouvelle étape et le niveau de risque est monté d’un cran.Un plan prévoyant une augmentation significative des effectifs a en effet été adopté au début du mois de décembre par les ministres des Affaires étrangères.Les troupes de Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) passeraient donc d’environ 9000 soldats, divisés entre 35 pays, a 16000.De ce nombre, près de 900 sont Canadiens et leur nombre augmentera dans la prochaine année.La coalition internationale entend ainsi permettre aux autorités centrales afghanes d’étendre leurs autorités à tout le pays, dont de larges régions sont encore présentement contrôlées par des seigneurs de guerre et des potentats locaux.La FIAS (ou ISAF) ne fait pas la «chasse aux terroristes», une tâche que se réservent les Etats-Unis, mais ses troupes encourent quotidiennement des dangers, tels qu'illustrés par les événements récents.La population canadienne est-elle suffisamment convaincue de l’intérêt supérieur d'éviter un nouvel effondrement de l’Etat afghan?D' soutien populaire aux opérations de paix résisterait-il a des pertes?Si une hypothétique «irakisation» de l’Afghanistan survenait, la détermination du gouvernement canadien résisterait-eUe a une possible grogne populaire?Un gouvernement minoritaire, par définition instable et faible, serait-il capable de faire face à une telle crise?ROMAIN GAGNON Ingénieur et auteur du livre Vivre mince, gourmand et en santé —=t] a fiscalité d’un pays est aussi révélatrice Ide ses valeurs sociales que peut l’être l’ADN pour un être vivant.Ainsi aux États-Unis, un citoyen paie moins d'impôt J mais reçoit en revanche beaucoup moins .¦—-¦Il de services de l'Étal Au Canada et en particulier au Québec, nous avons fait le choix social de se doter d’une panoplie de services sociaux dont un système de smite gratuit.Iw coût de ce choix se traduit par une fiscalité plus lourde mais aussi plus selective.Par exemple, les œufs ne sont pas taxés, le caviar est taxé aux taux habituels de la taxe de vente, et l’alcool fait l'objet d’une taxe spéciale en sus des taxes de ventes habituelles.Ces taux variables visent deux objectifs: l'équité sociale et un effet dissuasif.D’une part, on subven-tionne indirectement les aliments essentiels et d'autre part, on taxe les aliments de luxe et encore davantage les aliments potentiellement nocifs.L’imposition d’une taxe sur la malbouffe atteindrait simultanément ces deux objectifs en plus de générer des recettes supplémentaires pour l’État.A l’instar du taux d'imposition qui augmente avec le revenu, la délinquance alimentaire serait mise à contribution pour financer l’augmentation îles coûts de la santé, ce qui m’apparaît socialement équitable.Par ailleurs, une telle taxe spéciale diminuerait la consommation d’aliments malsains au profit d’aliments sains.Par exemple, si le sirop d’érable artificiel coûtait aussi cher que le naturel, ses ventes chuteraient sûrement.Qu’une illusion l.es économies que réalisent actuellement les citoyens moins nantis en achetant les substituts industriels des aliments naturels ne sont qu'une illusion, c;tr elles si' repayent au centuple en coûts de santé supplémentaires.En effet, traiter le cancer, le diabète et les cardiopathies coûte beaucoup plus cher que les prévenir grâce à une saine alimentation.Comme les soins de santé sont gratuits au pays, ce sont tous les contribuables qui payent la note des délinquants alimentaires.Autrement dit, vos impôts augmentent chaque fois que votre voisine fait ses tartes avec du shortening au lieu de beurre.En effet, le shortening contient des gras trails, lesquels ont un effet dévastateur sur la santé.Une taxe sur la malbouffe augmenterait les recettes de l’Etat tout en diminuant les coûts du système d’assurance-maladie sans compter les pertes économiques intangibles découlant de la maladie comme l’absentéisme au travail.Toutes ces économies dégageraient les fonds nécessaires pour financer des campagnes de sensibilisation mais aussi, et pourquoi pas, augmenter les prestations d’assurance sociale.Ainsi les bénéficiaires auraient désormais les moyens de s'acheter des aliments sains mais hélas plus dispendieux comme des fruits et légumes frais.Par contre, le Mc Donald deviendrait une sortie de luxe réservée aux gens fortunés.la?taux d’obésité s'accroît vertigineusement dans tous les pays occidentaux avec les États-Unis en tète de peloton, les coûts de la santé (huis ce pays explosent littéralement.Chaque bedaine molle d’adolescent se traduit par un infarctus rendu à l'âge de trente ans.Hélas, notre système de santé canadien est déjà mal en ixùnt et ne survivra pas à cette explosion quand l’onde de choc nous atteindra.Après avoir consciencieusement payé leurs impôts toute leur vie, les rares Canadiens qui se rendront à l’âge de la retraite devront continuer de payer, mais cette fois-ci pour leur médecin et leurs médicaments.Ijc statu quo n'est donc plus une option.Taxer la matière première Comment s'y prendre pour taxer la malbouffe?Au lieu de taxer les aliments vendus au détail, il serait plus simple et efficace de taxer les matières premières malsaines qui composent généralement la malbouffe.Ainsi le mécanisme fiscal actuel pour taxer l’alcool pourrait être adapté pour toutes les substances à index glycémique élevé dont les sucres rapides (sucre blanc, glucose, dextrose, etc.), les farines raffinées (pain blanc, pâtes blanches, riz blanc.), et les céréales transformées (Corn Flakes, Special K Froot loops.).Faute d’interdire les gras trans, on pourrait les taxer de la même manière; idem pour les essences artificielles et produits de conservation comme les nitrites.Donc selon cette logique, plus un aliment contiendrait de substances toxiques, plus il coûterait cher.Dcixiis 2(X)1, les Américains pourchassent les terroristes a travers le monde.Pourtant les (lires terroristes habitent les Etats-Unis et ne sont nullement importunés par la justice.Ce sont les administrateurs des sociétés agro-alimentaires qui empoisonnent, bon an mal an, plusieurs dizaines de millions d'Américains avec leur malbouffe.Fendant ce temps, les accrocs de la malbouffe me traitent de «taliban de la santé».IM Ol hx NADEAU I.K DKVOIH Une taxe sur,la malbouffe augmenterait les recettes de l’État tout en diminuant les coûts du système d’assurance-maladie.LÉQt ll*K DtI DEVOIR LA RÉDACTION Journaliste?à riaformalioo «énérale et métropolitaine
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