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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-12-04, Collections de BAnQ.

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dire, je n’attendais pas grand-chose de ce livre.Le titre, racoleur, me déplaisait plutôt et le sujet, les retraités, m’enthousiasmait assez peu.Carette a levé toutes mes résistances: engagée, lyrique, nuancée, agrippée au réel, sa réflexion m’a emporté comme un vent chaud et fort.La retraite, on la rêve et on la redoute tout à la fois.Enfin du temps pour soi, mais sera-ce trop?Les bouleversements socioéconomiques des dernières années ont modifié la donne en ce domaine aussi.Plus précoce qu’au-paravant (il faut faire de la place), parfois forcée (on ferme, on déménage), la retraite risque d’occuper une plage de vie de plus en plus importante pour plusieurs.Que va-t-on en faire?Ce temps libre retrouvé, ce temps à nous deviendra-t-il un refuge passif comblé de loisirs débilitants ou un tremplin pour la vie?Jean Carette n’est pas tendre envers ceux qui consentent à l’option du décrochage social et, pourrait-on dire, existentiel: «Rien n’est plus détestable ou minable que la vue de retraités en loisirs perpétuels, nouveaux adolescents jouisseurs et témoins passifs, qui pensent que le déluge viendra après eux et qu'ils ont assez travaillé dans le passé pour avoir mérité le droit de s’asseoir à longueur de jour sur les chaises longues et berçantes de leurs balcons ou de fréquenter les allées des centres commerciaux.» Vivre, plaide-t-il, c’est être un acteur social, «non en retrait, mais au cœur des mondes ordinaires».En ce sens, la retraite, qui signifie pour plusieurs une libération des contraintes du travail, est une chance de continuité et de recommencement.Plus encore, les retraités préfigurent notre avenir à tous: porteur des signes de vieillesse qui nous attendent, leur statut symbolise aussi ce futur collectif plus ou moins imminent d’une société organisée autrement qu’autour du seul travail.Ce sont des prophètes, écrit Carette.Ils n’ont pas le droit de nous décevoir.Une invitation à l’agitation?Non: à l’engagement citoyen.Parce qu’ils sont forts de leur temps et de leur expérience, les retraités pourraient être à l’avant-garde du militantisme social.En privilégiant la défense de leurs droits (ainsi qu’ils l’ont fait en 1985 en contraignant le gouvernement Mulroney à réindexer leurs pensions) plutôt que celle de leurs intérêts, en élargissant le champ de ces droits aux autres membres de la société et en s’associant avec les autres âges, ils contribueraient ainsi à lutter contre un système injuste qui marginalise de plus en plus de gens qui n’ont rien à répondre à la question: «Combien tu t’appelles?» Audacieux et provocateur, Carette va même jusqu’à dire que la responsabilité première de cet engagement citoyen, de ce militantisme sans corporatisme, incombe d’abord aux retraités qu’il convoque à un Mai 68 de ceux qui ont du temps à donner au temps: «Affranchis des contraintes du travail et, pour beaucoup d’entre eux, des obligations familiales, ils pourraient se consacrer davantage et plus librement à des engagements civiques créateurs de mouvement.» Le cloisonnement des âges La proposition, révolutionnaire à plusieurs égards, ne va cependant pas sans heurter les mentalités actuelles, bien installées dans un «prêt-à-porter gérontologique politically correct».L’âgisme, une variante entre générations de ces travers bien connus que sont le racisme et le sexisme, existe et entretient un cloisonnement des âges de la vie destructeur du lien social.On «gère» la retraite, la vieillesse, en mettant en place des projets dont l’objectif est d’égayer la marginalisation des vieux improductifs.Ainsi isolée du cycle de la vie, soumise à une thérapeutique psychologique trempée dans l’idéologie du «damage control», la vieillesse devient une voie de garage sur laquelle se retrouvent parqués ceux qu’on oblige, vu leur âge, à confondre «l’usure du temps et l’usure de soi».Contre cet âgisme réducteur, négateur des rapports sociaux qui sont en cause tout au long du processus de vieillissement, Carette rappelle l’urgence d’élaborer une sociologie des âges «qui soit assez ouverte pour permettre de mieux concevoir une explication des rapports intergénérationnels susceptible de réinventer à terme un contrat social entre les âges et de réunir les chances d’une assomption positive du temps en chaque individu».«Aux dépossédés», le chapitre le plus prenant de ce livre sans temps mort, prend la forme d’un vibrant Louis Cor nellier louiscornellier@parroinfo.net Jean Carette éloge de l’âge avancé, cet état qui permet de «retrouver la pesanteur de soi, après s’être progressivement allégé du poids des choses».Les gérontologues, écrit Carette, qui en est un lui-même, ont peut-être eu le tort de trop «noircir l’image sociale de la vieillesse» en voulant attirer l’attention des décideurs et de l’opinion publique sur ses besoins.L’âge, pourtant, n’est pas une maladie et toutes les tares qu’on lui attribue méritent d’être relativisées.Malades, laids et impuissants, les vieux?Carette réfute tout cela.A propos de la laideur, par exemple, il a cette phrase magnifique: «Seuls ceux qui ont mûri et vieilli, à travers l’âge même, celui qu’ils ont rejoignant celui qu'ils “paraissent"avoir, peuvent témoigner de cette beauté mystérieuse qui n’est pas octroyée mais conquise, faite de vie mémorisée plus que de souplesse entretenue ou de rides cachées».Il parlera, plus loin, de «la densité humaine du vieil homme», d’une continuité de la vie qui s’incarne chez ceux-là qu’on voudrait parfois mettre à l’écart du monde alors que ce sont eux qui témoignent de son sens.Pour une politique de la vieillesse C’est par ce lyrisme tout en retenue, qui se fait fort aussi de reconnaître la dramatique sous-jacente à ce vestibule de la mort que demeure néanmoins la vieillesse, que Jean Carette prépare sa finale dans laquelle il entend tracer les contours d’une politique de la vieillesse qui tiendrait compte du fait que les pratiques de retraite ne se saisissent et ne se comprennent que «si on les considère par rapport à l’ensemble du cycle de vie, en particulier de la vie de travail et de ses conditions, dont elles ne sont, sauf exception, que la reproduction détériorée».Prônant un décloisonnement des âges afin d’ouvrir la société au dialogue et à la solidarité, ce qui est tout le contraire d’une négation des âges qui confine à la régression infantilisante, à l’autisme et au chacun pour soi, Carette rappelle une évidence que les hommes ont la faiblesse d’oublier: la vie ne se compartimente pas sans porter préjudice aux individus et à la société.Tous, jeunes, travailleurs, futurs retraités, retraités et vieillards, sont concernés par la nécessaire réorganisation du travail en cours et par l’urgence de la lutte en faveur d’une répartition plus équitable de la richesse.Une véritable politiqud de la vieillesse s’étale sur une vie; à l’oublier, on se prépare des lendemains individuels et sociaux bien pénibles.Formation permanente, «nouvelles pratiques de production sociale qui substituent l’activité à l’emploi», revenu social universel de base, dialogue entre générations, engagement civique plus soutenu, surtout chez les retraités, toutes ces propositions avancées par Jean Carette méritent réflexion, même si certaines d’entre elles apparaissent ou bien contestables (revenu social universel, par exemple) ou bien difficiles à réaliser (l’engagement civique comporte, ceux qui s’y sont essayés le savent, plusieurs contraintes).La principale qualité de cet essai, cela dit, réside dans le regard socio-logique original qu’il pose sur l’âge de la retraite, un âge qu’il désenclave en le réconciliant avec tous les autres de la vie.«Je souhaite que l'avance en âge soit une voie pour se dés-altêrer, autrement dit pour devenir ce que l'on est, et non pour se succomber à l'imagerie des autres.Question d’attitude, certes, mais d'abord de conditions sociales cl d’histoire de vie, pour ne pas être dépossédé de soi», écrit Jean Carette.Livre à la fois de colère et d’espoir, de dénonciation et d’appel, L’âge dort?ouvre des chantiers dont l’étendue est vertigineuse.Aurons-nous le courage et la sagesse, «de génération en génération, jamais en retraite du travail de la vie et du sens», de les transformer en lieux de justice et d’espérance?Yves Beauchemin UN NOUVEAU ROMAN À SAVOURER! us Emois d’un marchand lie r y» cafe QUEBEC AMERIQUE consacre LIVRE DE LA SEMAINE par LE FIGARO LITTÉRAIRE (Semaine du 14 novembre 1999) « Un roman qu’on ne veut pas terminer.Yves Beauchemin est un merveilleux conteur.» Anne Morency, SRC Info-Littérature « Dit-on d’un café qu’il est quatre étoiles?En tout cas ce roman l’est indubitablement.» Jean Fugère, Journal de Montréal « [.] or on prend le roman et je défie quiconque de l’abandonner en cours de route.Ça se lit d’une traite et vraiment, on passe un agréable moment.» Marie-France Bazzo, Indicatif présent « Les Émois d’un marchand de café va bon train, machine bien huilée, roulant comme sur des patins à roulettes, d’une péripétie à l’autre.» Marie-Claude Fortin, Voir QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Jean (iaiviiu L’ÂGE DORT?Dour une retraite citoyenne I E I) E V (MR.L E S S A M EDI I E T 1) 1 M A X C II E I) E C E M B K E I !) !) !) i) r> HT*' Livres LE FEUILLETON Prendre soin des vivants LE BANNI Selma Lagerlôf Traduction du suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbaeh Actes Sud Arles, 1999,320 pages Selina Lagerlôf (1858-1940) et August Strindberg (1849-1912) sont certainement les deux géants qui dominent la scène littéraire suédoise au tournant du siècle.Roda rummet [Dans la chambre rouge], 1879, de Strindberg, et Gdsta Berlings saga [La Légende de Gdsta Berling], 1891, de Selma Lagerlôf, sont en effet considérés dans ce pays comme les premiers romans modernes, et leur œuvre comme ayant profondément marqué les arts romanesque et dramatique du XX' siècle.C’est dire leur importance.Dans les romans de Selma Lagerlôf nous retrouvons presque systématiquement les paysages de sa province natale, le Vàrm-land, et les contes et légendes qui y circulaient alors qu’elle était enfant.C’est d’ailleurs un des traits de sa personnalité que d’être restée attachée toute sa vie à son lieu d’origine, au point de racheter en 1907 le domaine de son père, la Marbacka, où elle finira ses jours après avoir reçu de nombreux honneurs, dont le prix Nobel de littérature en 1909.De ses années d’enseignement témoigne le livre quelle fit paraître en 1906-1907,Nils Holgerssons underba-ra resa genom Sverige [Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède], un récit conçu comme un captivant manuel de géographie suédoise et que plusieurs générations d’écoliers connaissaient par cœur.On conçoit aisément que, née en 1858, Selma Lagerlôf ait été influencée par divers courants littéraires, dont le romantisme, le symbolisme et le réalisme (qui domine la scène littéraire suédoise au cours des années 1880, avec toute sa charge de pathos social et moral).A ces influences il faut en ajouter une autre, qui est aussi un trait d’époque: le mysticisme.Je le souligne parce que, pour les lecteurs «modernes» que nous sommes devenus, certains aspects de cette prose romanesque peuvent nous paraître aujourd'hui quelque peu obsolètes, nous empêchant d’en saisir toute la portée.Si son message (humaniste, fortement chrétien) déborde son époque et nous rejoint encore aujourd’hui, sa mise en forme et, surtout, la personnalité de ses héros (leur horizon symbolique, leur mélancolie romantique, leur fond mystique) nous laissent parfois sceptiques.Heureusement, Selma Lagerlôf, qui puise à même les légendes et les sagas familiales, est une merveilleuse conteuse.Et ses récits, qui font vibrer en nous ce qu’il y a de meilleur, réussissent à nous emporter.Ce qui en dit déjà beaucoup sur son pouvoir et son talent de narratrice.La voie de la rédemption Sur un îlot de la côte suédoise vit un vieux et pauvre couple qui, jadis, a confié la garde de son jeune fils, Sven, à de riches Anglais de passage, espérant que ces derniers pourraient lui donner ce que eux, ses parents, étaient incapables de lui offrir: un avenir meilleur et une bonne instruction.Depuis vingt ans déjà qu’il est parti, jamais ils n’ont reçu de nouvelles de lui.Mais voilà qu’un beau jour ce fils, fuyant le mépris des hommes, revient au village.Lors d’une expédition polaire qui aurait tourné à la catastrophe, ses camarades et lui auraient mangé de la chair humaine! Est-il coupable de cet acte immonde?Tout le monde en est persuadé et lui-même le croit.Le pasteur du village, qui s’est d’abord montré accueillant et a voulu l’aider, ne peut cependant taire sa répugnance, réprimer son dégoût lorsqu’il le voit assister à l’office le dimanche suivant.Ne sachant pas vraiment ce qu’il fait, il révèle alors en chaire ce dont cet homme s’est rendu coupable.Dès lors Sven est condamné par la communauté entière comme s’il avait la peste.Seuls ses parents continuent à l’accepter et à le soutenir.Des années durant, taraudé par un sentiment de culpabilité qui le pousse à se réfugier dans une attitude d’humilité excessive et autopunitive («Ni colère ni désir de résistance n’était lisible sur son visage, rien que de l’humilité et un chagrin doux et soumis»), ce fils va tenter de se rendre utile et agréable envers la communauté, sacrifiant son temps, son argent et sa santé pour faire le bien et, par là, se racheter.Mais rien n’y fait.Tout le roman va tourner autour de la question de cette rédemption impossible, toujours contrée par des hommes qui ont pourtant bien des choses à se reprocher.«Olaus [.] complice d’infanticide [.] Corfitzson [qui] a mis le feu à une étable, pleine de bêtes, pour toucher l'argent de l’assurance [.] Bertil [qui a] fait tant manger sa grand-mère qu’elle en est morte [.] Torsson [.] qui n’a jamais fait autre chose que voler le poisson dans le filet des autres [.]».Une femme, cependant, aurait le pouvoir de le racheter: Sigrun, l’épouse du pasteur dont Sven tombe immédiatement amoureux.Or, il se trouve que cette femme découvre bien vite que son mariage est un échec et que son mari, d’une extrême jalousie, l’empêche littéralement de vivre et de respirer.Mais attention, pas d’adultère ici! L’univers de Selma Lagerlôf et la finalité de la plupart de ses romans interdisent de tels comportements, d’une part parce que l’institution du mariage est sacrée et que l’amour comporte en soi ses épreuves et ses sacrifices; d’autre part parce que la morale de l’auteure est si élevée qu’elle ne peut concevoir de tromperie aussi vile, aussi insignifiante (nous sommes dans le registre de l’amour, non du désir).Aussi est-ce à la suite d’un parcours particulièrement tortueux qu’ils vont pouvoir s’unir, avec d’ailleurs la bénédiction du pasteur qui aura enfin découvert sa voie en brisant le maléfice qui pesait sur sa famille.Jean-Pierre Denis Alain Beaulieu Le Fils perdu ALAIN BEAUJ-IEU QtlÉOCt AM t R {QÜI Le dernier tome de sa trilogie filiale.Du même auteur : Le Dernier Lit (1 998) Fou-Bar (1997) « Entre fiction et réalité existe un monde où Alain Beaulieu se plaît à faire évoluer ses personnages.Ses histoires inventées, quoique grandement inspirées du quotidien, démontrent ses qualités de fin observateur des mœurs contemporaines.» Kathleen Lavoie, Le Soleil « J’ai adoré ce portrait percutant, bouleversant, dérangeant de la notion de filiation.» Valérie Lessard, SRC Ottawa « À la fois thriller, étude de mœurs et réflexion sur les rapports entre fiction et réalité, Le Fils perdu m’a littéralement enchanté.» Stanley Péan, La Presse QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com SELMA LAGERLOF LE BANNI ronun traduit itu suédois pat Marc de Clou venant ci Lena Ommluch La leçon de l’horreur Le récit est structuré à la manière d’un parcours initiatique qui ne concerne pas seulement les individus — la biblique et mystique Lotta Hedman (dont il m’aurait fallu parler plus longuement tant ce qu’elle incarne occupe une position centrale dans le récit), la belle et malheureuse Sigrun, Hanger le pasteur jaloux, Sven le proscrit —, mais l’ensemble de la communauté.Car tous les événements dont nous parlons ici ont cours pendant la Première Guerre mondiale Qe roman a paru en 1918), au moment où la mort domine le monde des vivants et le méprise.La faute est donc collective, et la rédemption ne peut être que collective.Aussi le roman nous conduit-il inéluctablement vers une redécouverte des valeurs essentielles, celles de la vie et du don d’amour.Devant les horreurs de la guerre, tous font acte de contrition et demandent pardon à celui qui s’est montré bon toute sa vie.La conclusion vers laquelle tend l'auteur à travers le discours final du pasteur nous fait comprendre aussi autre chose: ni le bon exemple, ni le discours sensé, ni la perspective d’une vie équilibrée ne peuvent venir à bout des mauvais instincts de l’homme.Seuls l’aversion, le dégoût éprouvés devant le mal peuvent vaincre le mal en nous.«Car on m’a dit de cet homme (.) qu’il s’était fait un outil et une arme de ce qui l’avait le plus tourmenté.Il avait souvent remarqué, quand il essayait de détourner quelqu'un des mauvais chemins, que des mots choi- sis n’y pouvaient rien, pas plus qu’un noble exemple, ni le désir d’être compris, ni la perspective de pouvoir vivre une vie respectée et tranquille.Non, ce qu’il fallait en premier lieu, c’était instiller une telle horreur et une telle aversion pour le vice et la déchéance que le dégoût pénètre le corps et l’esprit et devienne impossible à supporter.» Hypothèse passablement pessimiste, vous en conviendrez, qui nous rappelle que l’humanité n’est jamais acquise.Surtout, qu’elle ne tire leçon que de l’horreur dont elle est capable.Un très beau roman, plein de compassion et d’amour.den isjpéfini link.net ie Gagnon Montréal nouvelles 14,ôs S Des portraits saisissants de ces femmes marginale méconnues et souvent méprisées qui hantent nos villes et nos vies.vlb éditeur voir, a ire.a a oJiri r h rear ¦«sur Oscar le vtAm Margot l'Escargot Visitez le monde incroyable de Mireille l’Abeille, Belle la Coccinelle, Siméon le Papillon, Chloé l’Araignée, Camille la Chenille, Marie la Fourmi, Léon le Bourdon, Margot l’Escargot, Patouch la Mouche, Carole la Luciole, Ursule la Libellule, Loulou le Pou, Oscar le Cafard, et les autres.Tous merveilleusement dessinés par Antoon Krings.Loulou le Pou Antooa hfiup Krmcjs Découverte des musiciens.En onze tableaux et un CD audio, l'enfance musicale de grands compositeurs.Pour apprendre à aimer pour ecouter encore et toujours! BEETHOVEN MOZART BACH BERLIOZ Sorcier .vous ttyuttPotll &.vec Harry Potter aurez les plus belles peurs de votre vie.Gallimard 6 L E I) E V 01 R, LES S A M E 1) I l E T 1) I M A N C 11 E 5 1) É C E M B K E 1 !t !1 !) wr Livres ESSAIS ÉTRANGERS Contre le Prozac et le posthumain: le divan POURQUOI LA PSYCHANALYSE?Elisabeth Roudinesco Fayard Paris, 1999,196 pages On commence à peine, au Québec, à parler des OGM (organismes génétiquement modifiés) qu’il faudrait peut-être d’ores et déjà faire l’effort de penser aux HGM, les «humains génétiquement modifiés» ou posthumains — être qui sortira de la cuisse de Y homo sapiens mais en sera différent et, s’il faut en croire certains, «supérieur».Exagéré?Certes, l’idée donne l’impression de patauger dans un roman de Michel Houellebecq.De même lorsqu’on écoute et lit des auteurs comme Max More, ce «consultant» californien, président autoproclamé du mouvement «ex-tropien».(Il faut voir sa tête: sorte de culturiste aux airs de mutant.) Récemment, sur son site Web (http://www.extropy.org), il publiait la dernière version de sa «déclaration transhumaniste», dont le préambule contient des phrases glaçantes comme: «Nous considérons l'humanité comme une étape transitoire dans le développement de l’intelligence.Grâce à la science, nous accélérerons notre transition d’une condition humaine à une condition transhumaine ou posthumaine.“L’humanité est pour nous un point de départ merveilleux, mais ce n’est pas un point d’arrivée”, comme disait le chercheur Freeman Dyson.» Dans la mire des extropiens: les limites humaines comme le «vieillissement» et la «mort» qui, selon A n t R o b i leurs termes, «ne doivent plus être considérées comme inévitables».Leurs fixations: les techniques de cryogénie (congélation après la mort), le génie génétique, les substances pouvant améliorer les performances du cerveau.L’objet de leur haine: les religions, sources de l’idée de «limite».Des originaux, les «extropiens»?Sans doute.Mais ils formulent de façon très peu caricaturale ce que bien des gens espèrent, en leur for intérieur, à la suite des philosophes Bacon et Descartes.'Le politologue américain Francis Fukuyama (le même qui avait diagnostiqué, il y a dix ans, la «fin de l’histoire»), écrivait par exemple dans Le Monde, en juin dernier: «Le caractère ouvert des sciences de la nature contemporaines nous permet de supputer que, d’ici les deux prochaines générations, la biotechnologie nous donnera les outils qui nous permettront d’accomplir ce que les spécialistes d’ingénierie sociale n’ont pas réussi à faire.À ce stade, nous en aurons définitivement terminé avec l’his-?toire humaine parce que nous aurons aboli les êtres humains en tant que tels.» Voilà exactement — mais formulé de façon claire et nette — ce que plusieurs ont cru apercevoir dans un texte du philosophe allemand Peter Sloterdijk (voir Le Monde des débats d’octobre 1999).Texte ardu qui a pourtant déclenché une polémique fin de siècle en Allemagne, toujours aux prises avec les démons qu’on connaît (Nietzsche, le surhomme, le nazisme, etc.).Réfléchissant à une «réforme des qualités de l'espèce» humaine, Sloterdijk affir- o i il e taille SOURCE FAYARD Elisabeth Roudinesco mait que l’ère de «l'humanisme était terminée».La psychanalyse Nous y revoilà! Pour une fois, dans cette chronique, je croyais bien sortir enfin du «post».Après Muray et Tillinac, dont les livres étaient traversés par l’idée de la fin de l’histoire et de la victoire du «dernier homme», je me disais qu’en me plongeant dans un texte sur la psychanalyse, j’échapperais à ce qui semble être commun à toutes les générations modernes: le sentiment d’être à une époque charnière de l’histoire.Mqis dans Pourquoi la psychanalyse?, Elisabeth Roudinesco prétend que l’éviction graduelle de la doctrine et des pratiques freudiennes révèle justement un passage, un chan- gement de paradigme, qui n’est pas sans lien avec le fantasme — voire l’utopie — du posthumain.Lorsqu’on affronte les maux de l’âme, aujourd’hui, on le fait de plus en plus en se basant sur des conceptions scientistes, biologistes et somme toute technicistes de l’être humain.Prozac et Viagra (l’auteure aurait pu ajouter le Ritalin, cet abject calmant pour enfant) sont des solutions chimiques à des problèmes que l’on croit strictement et exclusivement de même nature: chimique.Roudinesco ne conteste pas «l’utilité de ces substances» et ne voudrait pas négliger le «confort qu’elles apportent».Nul ne nierait que nous sommes aussi biologiques! Mais l’utilisation massive de ces substances est révélatrice.Et comme toujours, l’utilisation d’une technique sur un objet a influé sur la conception même qu’on se fait de l’objet.L’usage de médicaments comme les antidépresseurs nous fait croire, à terme, qu’il y a une substance pour toute situation douloureuse.Sans compter qu’après la phase du tout chimique, on serait dorénavant passé au tout génique.Des chercheurs, du haut de leurs chaires, affirment que tout est dans les gènes, de l’homosexualité à la violence sociale en passant par l’alcoolisme et la schizophrénie.Roudinesco cite le neurobiologiste britannique Steven Rose qui s’oppose à une telle conception des choses.Ce dernier écrivait à la blague dans la revue Nature qu’avec «ce type de recherche, on allait bientôt prétendre que la guerre en Bosnie était la conséquence d’un /'ïvV>- « »* Him s u b 1 LES HERBES ROUGES / POÉSIE «La chronique d une mémoire acadienne bien vivante, présentée dans une légende passionnante [.] Un très beau conte, riche et magnifiquement écrit.» Anne-Marie Busqué, Li vie en prose, CKRl.«Autour de ce récit à plusieurs voix, le charme de la langue d’Antonine Maillet exerce tous ses sortilèges [.] » Dominique Paupardin, La Presse CHRONIQUE D’UNE SORCIÈRE DE VENT Antonine Maillet «Antonine Maillet use encore une fois et pour notre plus grand bonheur de son verbe exceptionnel pour nous raconter une grande histoire d'amour, tel un Tristan et Iseult de la modernité.» Anne Morency, Info littérature, SRC «Le nouveau Maillet.un grand cru!» Ysabelle Guilbeault, Saint bonjour week end, TVA « [.] un roman qui tient en haleine et qui se lit d’une seule traite.Sophie Doucet, Femme Plus LEMÉAC —^ Livres **— ROMAN DE L’AMÉRIQUE Un homme envieux j.Des I livres g et des I idées\ : f * ~ '-'i guerre», d’après son éditeur (qui parle aussi de «prose ciselée» et de «tour de force stylistique et narratifs.), est-ce que Salter, donc, écrit vraiment aussi mal, ou alors la faute en incombe-t-elle entièrement à la traduction?C’est le genre de question que j'emporte dans mon sommeil depuis juillet dernier.Notez, l’homme a parfois de ces aperçus qui dénotent le véritable écrivain.Sur la perte du pucelage: «[.] cet acte si peu remarquable qui scinde la vie en deux, une partie qui tombe à terre et l'autre qui s’étend glorieusement devant soi.» Sur la nature: «Nos vies à nous manquent de cette harmonie.Nous sommes chacun une tragédie en puissance.» Et s’il a choisi d’écouler ses dernières années à la campagne, c’est pour se rapprocher «des compagnons ultimes».Auparavant, devant Redford pourchassé par les flashs, il avait plutôt invoqué Falstaff: «On me fera mander en privé.On me fera mander sitôt la nuit tombée.» Votre heure arriverait-elle enfin, M.Salter?DENIS VANIER L’Urine des forêts Sous la direction de Jacques Michon HISTOIRE DE L’ÉDITION LITTÉRAIRE AU QUÉBEC AU XXe SIÈCLE La naissance de l’éditeur, 1900-1939 Avant les années 1920, l’édition littéraire est rattachée aux secteurs de l’imprimerie et de la librairie.Avec l’arrivée de l’éditeur professionnel, elle acquiert progressivement un espace propre.Ce livre relate l’aventure exceptionnelle des individus qui, en créant ou en dirigeant des maisons d’édition, ont participé au processus d’édification d’une littérature originale et de son public.488 pages • 34,95 $ Textes réunis par Roger Le Moine et Jules Tessier RELECTURE DE L’ŒUVRE DE FÉLIX-ANTOINE SAVARD Amis, écrivains et anciens étudiants jettent un nouveau regard critique sur l’œuvre de cet écrivain majeur de la littérature québécoise.192 pages • 24,95$ Éric Amyot LE QUÉBEC ENTRE PÉTAIN ET DE GAULLE Vichy, la France libre et les Canadiens français, 1940-1945 Depuis l’admiration que vouent les Canadiens français à Pétain, à la popularité triomphante du Général de Gaulle, l’auteur analyse les différentes entreprises de séduction auxquelles se livrent les deux camps pour rallier l’opinion publique québécoise.372 pages • 29,95 $ Loué s H a m e l i n ?Yves Cormier DICTIONNAIRE DU FRANÇAIS ACADIEN Un grand dictionnaire qui met en valeur toute la vitalité du français acadien.Au-delà de 1100 entrées et de 2000 acadianismes, incluant des données sur l’extension géographique de chacun des mots et sur leur origine historique.Vol.relié, 448 pages • 34,95 $ UNE VIE À BRÛLER James Salter Traduit de l’américain par Pliilipiie Garnier Editions de l’Olivier Paris, 1999,440 pages LM envie est un vilain défaut.* C’est même un des sept péchés capitaux.L’envie, mère du remords.Une vipère qui fait son nid dans le lit du regret.D’un écrivain qui, parvenu au déclin de ses jours, accepte de rédiger ses mémoires, on attend tout, sauf elle.Il pourra se permettre d’être méchant, pour notre plus grande joie, cynique (encore! encore!), nostalgique (évidemment) et même cruel et caractériel.Il devra surtout afficher cette sérénité idéalement conquise à travers tout un chaos de désirs (sinon à quoi bon écrire?).Mais envieux?Dans Une vie à brûler, de James Salter, il y a une scène qui ne pardonne pas.Il se trouve dans une chambre d’hôtel avec sa maîtresse italienne, ils font l’amour lentement, il doit y avoir du champagne dans un seau à glace sur la table de chevet.Salter est un romancier relativement mineur (quoi qu’en prétendent ses éditeurs) qui gagne sa vie en traficotant des scénarios, ce qui lui permet d’évoluer, plus ou moins, au sein du gratin para-hollywoodien.C’est surtout un ancien cadet de West Point, héros de la guerre de Corée.Il a affronté les Migs soviétiques basés en Chine à bord des premières générations de chasseurs à réaction.Parmi ses camarades d’escadron, il a déjà compté Buzz Aldrin, qui allait plus tard.Revenons justement à cette chambre d’hôtel.Pendant qu’ils font l’amour (hummmm), la télé allumée laisse entrer l’histoire dans la chambre sous forme de grandes manœuvres effectuées dans l’éther par une espèce de gros acarien d’argent.On est en 1969, en juillet.Vous savez comment c’est: tout en s’intéressant de près aux charmes à peine dicibles de sa belle maîtresse italienne, Salter ne peut s’empêcher de relever la tête de temps à autre pour regarder la télé.Voici ce qu’il voit: «Je regardais tràis hommes en blanc en train de préparer mon annihilation.Aldrin en fait partie, celui que je connais.[.] Je veux me détourner mais cela m’est impassible.La moindre de ses actions m’est une torture.» Et plus loin: «Je me sens creux, comme si j’avais tout perdu.» Quelle noblesse de sentiments.On pourrait penser qu’il s’agit là d’une simple défaillance passagère.Mais nullement.Quelques années plus tôt, lorsque White, un autre de ses potes (ils ont volé aile à aile) devient le premier Américain à marcher dans l’espace, Salter avait eu la réac- tion suivante: «J’étais malade d'envie — il était en train de détruire tout espoir.[.] Il m’a fait cela sans le savoir, comme une belle femme brise des cœurs rien qu’en traversant la rue.» Un brave soldat Voilà un homme qui se fait, de l’espoir, une conception pour le moins curieuse.En fait, Salter est un être si envieux, son envie transparaît si bien presque à chaque page de son autobiographie, qu’on ne sera pas surpris d’apprendre qu’il envie aussi les morts.D’un camarade tombé au combat, il dira ainsi: «Lorsqu 'il fut tué en mission peu après, je ressentis une secrète exaltation envieuse.» Décidément.Difficile de dire si Salter possède bien «l’étoffe des héros».En revanche, c’est certainement un très bon petit soldat.11 a tout assimilé de la «bullshit» qu’on lui a fourrée dans le crâne à Westpoint, sans jamais se poser de questions.L’esprit de sacrifice, etc.«La mort, dit-il, semblait le plus pur des actes.Confortablement loin d’elle, je n’avais pas peur.» Son héros?Saint-Exupéry.Pour ma part, et tout contesté que fût Céline, je donnerais bien vingt petits pilotes de chasse dans son genre pour un seul Ferdinand Bardamu.Parmi les scènes les plus prenantes de ce livre, on trouve pourtant les captivants ballets aériens qui opposent, dans le ciel du Royaume du matin, les Migs aux chasseurs américains.On en viendrait presque à oublier que ces gens-là prennent l’air dans le seul but de détruire autrui.C’est gracieux, presque abstrait, la beauté pure et un peu éthérée d’un combat livré en plein azur.Mais on peut compter sur Salter pour venir tout gâcher, en y transposant ses ambitions frustrées de héros national à deux sous.C’est que, voyez-vous, le pauvre n’aura réussi, dans toute sa carrière aérienne, qu’à abattre un seul appareil ennemi et à en endommager un autre.Tableau de chasse plutôt mince si on le compare à celui des vrais as, dont le seuil de respectabilité est fixé à cinq victoires.Lorsqu’il quitte l’armée de l’air pour tâter de l’écriture romanesque et scénariographique, Salter trouve un terrain fertile où aérer ses envies.Voyant passer Robert Redford poursuivi par une meute de photographes (quelques années plus tôt, il a été associé à l’acteur encore inconnu dans le contexte d’un projet de film probablement mort-né), Salter ressent «une certaine attirance écœurante».On se dit: ce n’est pas possible! L’envie va finir par l’étouffer, il va tomber raide mort sur la page! La traduction est épouvantable.Ce n’est vraiment pas drôle.Est-ce que James Salter, un des «derniers grands écrivains américains nés avant la Ces textes sont ceux de la révolte adolescente, écrits avec les mots lucides de la maturité.C’est clair et net! www.gallimardmontreal.com LISE GABOURY-DIALLO Les Éditions du Blé d'Amérioue Comme sur un tableau où la lumière indescriptible d'un Rembrandt fond les nuages tantôt gris tantôt roses et luminescents d'un coucher de soleil hors de l’ordinaire elle rêve de son passage entre le ciel et la terre Regroupement des éditeurs canadiens-français nokisu v*i\c.Nos servitude» volontaires Doris Lessing NOS SERVITUDES VOLONTAIRES Dans un style familier et imagé, la grande romancière promène un regard provocant sur les bouleversements en cours dans le monde et dénonce les contraintes que nous impose le poids des siècles et des institutions.Coll.L’essentiel, 136 pages • 14,95 $ Guy Bourgeault ÉLOGE DE L’INCERTITUDE Constatant que les guerres et les tueries furent et sont toujours provoquées par la certitude, l’auteur fait l’éloge de l’incertitude et propose qu’on l’apprivoise plutôt que de la fuir.Coll.L'essentiel, 184 pages • 15,95 $ GUY BOURGEAULT Éloge de l’incertitude Fl DES I.E I) E V OIK.I.E S S A M EDI I E T I) I M A X C II E 5 I) E ( E M 15 R E I « it !» -Livres -»- ENTREVUE Gisèle Pineau Douce et houleuse mémoire des Antilles Ses mots sont légers comme des oiseaux mais ils décrivent la souffrance du monde.Ou plutôt celle d’un peuple en particulier, celui des Noirs issus de l’esclavage, vivant un peu partout en Amérique, et plus particulièrement des femmes qui portaient ce peuple dans leur ventre.Elles sont les ancêtres et les muses de l’écrivaine guadeloupéenne Gisèle Pineau, de passage récemment à Montréal.JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’écrivaine guadeloupéenne Gisèle Pineau.g **#•"**& CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Elle est à cheval sur deux mondes, Noire née à Paris et écrivant en français, retournée vivre en Guadeloupe, et ayant plongé définitivement ses racines dans cette terre battue par les vents des Antilles.Son oeuvre témoigne d’une longue quête d’identité, douloureuse parce que taboue, inutilement cachée.Son œuvre part à la recherche de son nom.En parcourant ses romans, L’âme prêtée aux oiseaux, L’Exil selon Julia, L’Espérance-macadam, son essai Femmes des Antilles, traces et voix, qui interroge les femmes esclaves et leur descendance, tous publiés chez Stock, ou encore son dernier livre pour enfants, Le Cyclone Marylin, publié ici même au Québec chez HMH Hurtubise, on découvre aussi l’histoire de la Guadeloupe et celle de ses esclaves aujourd’hui affranchis.En écrivant ces histoires, Gisèle Pineau a elle-même retrouvé dans les archives guadeloupéennes le nom d’un ancêtre blanc français, nommé Pineau, qui avait affranchi son esclave Angélique, mère de ses huit enfants, en 1832.«Nos ancêtres sont arrivés sur des terres qu’ils n’ont pas choisies, dit l’écri- vaine, de sa voix douce et flûtée.On ne leur a jamais dit si le voyage était terminé.Il a fallu s’enraciner dan ce pays, l'aimer coûte que coûte et se l'approprier.Faire que ce pays ressemble à ce qu'il y avait dans les cœurs, qu’il s’adapte à ces immigrants forcés, à ce pays imposé.» Dans ce pays éternellement précaire et provisoire, on trouve des mans (grands-mères) et des manmans (mères) au cœur immense, des oiseaux à profusion mais aussi des cyclones qui arrivent annuellement comme la fatalité, modifiant le rapport des habitants à la vie et à la mort.Une culture lointaine Née à Paris dans les années 50, c’est à travers sa grand-mère Julia que Gisèle Pineau a d’abord fait la connaissance de sa culture créole, elle qui n’avait séjourné que brièvement en Guadeloupe dans sa petite enfance.Une grand-mère illettrée, qui ne parlait pas français mais qui pourtant portait dans sa tête la clef de l'histoire de sa petite-fille, les réponses à ses questions sur l’esclavage et la porte de la conquête de son identité.C’est cette grand-mère, retournée en Guadeloupe, qui lui a montré plus tard le nom des fleurs, des arbres et des oiseaux des Antilles, l’art de se baigner dans la rivière sans se noyer.Elle aussi qui a inspiré L’Exil selon Julia, paru en 1996, à sa petite-fille Gisèle.«A travers elle, j’ai vécu l’exil par procuration», se souvient Pineau, de ses années parisiennes.«Très longtemps, quand j’étais enfant, adolescente, j’ai reproché à mes parents d'avoir fait de moi une Antillaise de la première génération, de la dia- spora.Je voulais connaître les jeux des enfants des Antilles, je voulais être une Guadeloupéenne authentique.Je pensais que je n ’avais pas d'identité parce que je ne connaissais pas les jeux, la langue créole.Et j’étais rejetée en tant que Noire parles Français», dit-elle.Comme bien des Antillais, les parents de Gisèle Pineau, Guadeloupéens issus de milieux modestes, avaient offert la France à leurs enfants comme on offre une promotion, négligeant de parler avec eux le créole, langue des bois, langue des «vieux nègres», langue de la misère.«À l’âge de dix ans, après avoir vu une émission sur l’esclavage dans laquelle on parlait de masses de gens qui avaient été déportés, j’ai interrogé ma mère sur le sujet, elle m'a dit: c’est passé, on ne parle plus de cela.Alors, j’en ai parlé à ma grand-mère, qui soi-disant n’avait pas de connaissances, qui n’avait rien, qui soi-disant ne pouvait rien nous apporter, qui était illettrée et qui était à notre service, et elle m’a expliqué.Elle m’a raconté les histoires que sa mère et sa grand-mère lui avait racontées sur l’esclavage», se souvient-elle.Comme la Clothilde, comme la Sy-bille de L’âme prêtée aux oiseaux, la jeune femme a, des années plus tard, fait la genèse de sa famille, de son histoire.Et elle a sans doute rencontré sur son chemin des femmes esclaves brisées par le travail dans les champs, le corps rompu de s’être données à des hommes blancs pour survivre, d’avoir enfanté les premières générations de métis et d'avoir aussi servi à fabriquer de la main-d’œuvre d’esclaves pour les maîtres, à une époque où le commerce d’esclaves outre-mer venait juste d’être interdit.Ces femmes parfois sans nom, qu’on traitait comme des numéros, ces «solides guerrières de l’ombre et de la soumission toujours feinte», sont celles-là mêmes qui sont décrites dans Femmes des Antilles, traces et voix, écrit en collaboration avec Marie Abraham, où elles ont pris une voix.«C'est mon héritage, dit l’écrivaine, Je sais d'où je viens, je ne suis pas une Antillaise qui, pour se consoler de ce passé, revendiquait des ancêtres rois ou reines d’Afrique.Je ne revendique pas non plus des ancêtres rebelles, des nègres marrons, qui partaient dans les bois pour conquérir leur liberté et qui allaient brûler les plantations.Je regarde aujourd’hui ce passé et je le regarde en face.Je n’ai pas honte d'être une descendante de femme esclave, qui était dans les champs, qui rusait pour survivre, une femme qui se débrouillait et qui utilisait son cotps aussi pour survivre».C’est une mémoire fière que Gisèle Pineau exhume, et qu’elle porte désormais comme un flambeau.«J’ai voulu écrire ce livre, Femmes des Antilles, et revenir sur ce passé pour ne pas rester muette, au moment où on allait commémorer les 150 ans de l’abolition de l’esclavage».Il est aussi question de racisme dans les livres de Gisèle Pineau.Un racisme que les Noirs subissent même entre eux.Un racisme qu’on arrive même à pardonner, tant il est fatalité.En Guadeloupe, on identifie encore beaucoup les gens par le grain de la peau: il y a les chabins, les cha- bins clairs, les bougres rouges, qui ont des taches de rousseur, les mulâtres et les métis.«Dès 1970, lorsque je suis retournée en Guadeloupe, j’ai remarqué que les filles de ma génération recherchaient toujours des amis plus clairs.C’était une façon de se rapprocher un peu plus des Blancs.Les parents demandaient à leur fille de chercher quelqu’un de plus clair, pour ne pas noircir la race, pour ne pas effacer tous les efforts faits de génération en génération pour éclaircir la descendance.Cest le rejet du Noir», dit-elle.Cette blessure de la race, Gisèle Pineau la soigne, la guérit.Tout blessés qu’ils soient, les personnages de ses romans savent lire les rêves, fabriquer des parfums.«Je ne veux pas que mon écriture soit inutile», dit celle qui a aussi écrit sur le viol, l’inceste et la violence conjugale.Et malgré cette histoire marquée au fer rouge, les mots de Gisèle Pineau s’envolent et font rêver aux Antilles, flottant légèrement au-dessus de la misère du monde, porteurs d’espérance avant tout.I—*1’ ' LE CYCLONE MARILYN CtllHt ftwuu I W : ^ _____h.FEMMES DES ANTILLES Traces et voue Gisèle Pineau et Marie Abraham Stock, Paris, 268 pages ’ i L’ÂME PRÊTÉE AUX OISEAUX Gisèle Pineau Stock, Paris, 222 pages LE CYCLONE MARYLIN Gisèle Pineau HMH Hurtubise, Montréal 80 pages POUR AVOIR L’HEURE JUSTE À L’AUBE DU NOUVEAU MILLÉNAIRE Le seul annuaire économique et Innuairâjtfonomlque lèoajfuttaùjTmondial géopolitique mondial l’état du monde • trace le bilan de l’année pour les 225 pays du monde • offre des analyses thématiques sur les tendances planétaires actuelles DANIEL PARADIS IWfljMBMM Les Editions Le Nordir M o 11 v e m e d'Amérique La Découverte/Boreai En collaboration avec • la meilleure source d’information pour comprendre le monde d’aujourd’hui LE DEVOIR ÇKAC730 678 pages • 27,95 $ http://www.editionsboreat.qc.ca Boréal Qui m aimé oie li qj y?i .:v îLtft îori .Us tdrtioM lootogcs :au des ÎMMW MICHEL citait cit«t»T Deux grand» «Hip»- une réponse Sabbatiaue »ÏP ür i;V .I T R E „ i • / ' .' MUITtMEO Cyberscénario UtCdUons 106I0UIS 362 jours année Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Le mercredi 8 décembre 1999 de 17 h à 19 b # Anne-Marie Alonzo et le.< éditiona TROIS voit.» convient au lancement de UNE FEMME EFFACÉE un roman de LOUISE DESCHENES CLÉMENT ET OLIVINE des nouvelles de JEANNE D’ARC BLAIS / LES RAISONS DE LA HONTE un récit de ATA PENDE MOURIR EN ROND un recueil de poèmes de MARTIN OUELLET 1120, av.laurier ouest | outremont, montréal § tel.: 27-1-3669 • téléc.: 274-3660 m, .TENDRES 8ATAIUES ET DURS CffirtlBATS accueil r cv»ou^æ emballages-cadeaux LIBRAIRIE HERMÈS 1120, av.laurier ouest outremont, montréal 2 tel.: 274-3669 téléc.: 274-3660 ASIATIQUE I unie nonhrm Sylvie Dion L’ULTIME BONHEUR Quelques moments dans la vie d'une femme bien de son temps.Un roman culte ! Jasmine Dubé L’ARCHE DE NOÉMIE Jusqu’où peut-on partager avec les enfants notre propre impuissance ?Un théâtre pour jeunes et moins jeunes.Jasmine Dubé L’Arche de Noémie Les Editions LOGIQUES inc, En vente partout Distribution exclusive: Québec-Livres L LANCTÔT IT ÉDITEUR DES IDEES CADEAUX A PROFUSION Sérieux, militants, drôles, émouvants ou captivants ! Laissez-vous guider par un spécialiste de la scénarisation multimédia.¦ CYBERSCÉNARIO ; La scénarisation multimédia Luc Hétu s ISBN 2-89381-668-1 - 176 p., 24,95 $ Une introduction fascinante aux i nouvelles technologies : de l’information.\ Le multimédia envahit toutes les sphères d’activité, de la cuisine l; au bureau, de l’usine au téléviseur, de la salle de1 jeu à la salle de cours.Cette croissance phénoménale exige dé nouvelles techniques :: pour la conception, .l’écriture et la scénarisation d'un nouveau genre de produit.• Découvrez l’histoire du multimédia - des ii premiers logiciels dé.jeu jusqu’aux cyberaventures d’aujourd’hui.Johanne Laurier LE BAISÔDROME OU L’IDIOT DU VILLAGE GLOBAL DE L’AN 2000 Une charge mordante et sans complaisance, tantôt poème, tantôt récit.Claude Jasmin PAPA PAPINACHOIS Un roman « touristique » tpii nous entraîne de Durval à la Côte-Nord.À découvrir ! Voix à découvrir DES CAUSES PERDUES Jean-Christophe Rulin N RF Gallimard Paris, 1999,234 pages guylaine massoutre On se souvient de la Içrrible famine qui a décimé l’Éthiopie en 1985.Jean-Christophe Rufin, qui a été «médecin sans frontières» pendant vingt ans, a parcouru ces régions d’Afrique de l’Est au temps où les équipes d’ONG faisaient tout en leur pouvoir pour prévenir la famine, les épidémies et l’errance des populations qui transhument vers des lieux de refuge.On l’attendait depuis longtemps sur un sujet contemporain de roman.Des causes perdues aborde enfin une question conséquente: la politique africaine et l’action des Européens, sous l’égide des organisations humanitaires.Le roman, sous la forme d’un journal intime, en tait vivre des acteurs significatifs, souvent attachants, mais symptomatiques des graves questions que leurs actes soulèvent.Ce livre d’amour pour ce pays et pour les gens qui y vivent ou qui y œuvrent montre la contradiction entre l’action politique et la fraternité, qui prétendent l’une à long terme, l’autre à court terme améliorer le sort du monde.L’action se passe à Asmara, ancienne capitale coloniale italienne, en Érythrée, près de la mer Rouge.Croyez-vous qu’à Asmara on mange le mil dans une calebasse, assis par terre, relié par tam-tam à la prochaine bourgade?Vous vous trompez.Ce théâtre des convoitises coloniales, arraché aux Turcs après le percement du canal de Suez, est une ville bien approvisionnée en nourriture, «belle, avec ses palais ocre à fronton triangulaire, ses fraîches villas, serrées dans de mystérieux jardins».Dans L'Abyssin et Sauver Ispahan, Rufin a versé son amour d’un Orient autrefois grandiose.Amant des hauts plateaux ravinés et arides, truffés de fraîches oasis où des villes de rêve ont poussé, entremêlant la colonisation et les aventures marchandes, il a remonté les siècles pour faire ressurgir les sources qui ont alimenté ces cultures jadis florissantes.On comprend ainsi mieux l’action humanitaire, une grande aventure dans la foulée de l’histoire et des rêves généreux, dont il reste peu depuis l’effondrement des rêves soixan-te-huitards.Aujourd’hui, un singulier mélange d’hommes et de femmes compose la mosaïque urbaine de l’Éthiopie et de l’Érythrée.Il en va plus que d'une simple question de psychologie: ce sont les civilisations qui traversent les êtres, entrechoquant leurs savoirs et leurs mentalités.La guerre civile, qui a coupé le pays du monde, en a préservé l’identité complexe, inaccessible aux touristes mais que les «humanitaires», quelles que soient leurs motivations de départ, découvrent avec émerveillement.Pénétrons, sous le regard de Rufin, in-Ira muros.Les ensablés du pouvoir L’Arménien Grigorian, un des- 'Des 'Voyages Dans £' Inconscient DES VOYAGES DANS L'INCONSCIENT K.CHALFOUN L’auteur présente une interprétation psychanalytique d’un conte : «Lfd Aventure !) D 12 -L i v LITTÉRATUR Stéphane Jorisch : les pays GISÈLE DESROCHES Deux fois lauréat.Un deuxième prix du Gouverneur général, ça se souligne.Ils ne sont pas si nombreux à pouvoir s’en vanter.En ce qui concerne les illustrateurs, il y a Pierre Pratt, Tibo, Stéphane Poulin et, depuis novembre, l’illustrateur Stéphane Jorish.En 1993, l’album Le Monde selon Jean de., illustrant de façon originale quelques fables de Lafontaine, valait au lauréat une première reconnaissance de son talent tout frais, pas encore complètement détaché du domaine des perspectives architecturales où il œuvrait jusque-là.«Je ne le méritais pas vraiment», dira l’illustrateur qui s’avoue étonné et ravi par le prix de cette année, car il y avait de très beaux ouvrages en lice.L’album Charlotte et lïle du Destin a été conçu et illustré par lui, mais il en a pourtant confié la rédaction à un ami, Olivier Lasser.Un homme d’images C’est que Stéphane Jorisch est avant tout un homme d’images.Les mots ne sont pas son mode d’expression privilégié.Il les cherche, hésite, se dit réservé, intimidé par les micros et les caméras.Par les fameuses rencontres d’auteur aussi.«Je ne me sens pas très à l’aise devant un groupe.J’ai dit ce que j’avais à dire dans l'image.» L’histoire de ce malaise avec la parole passe probablement par sa scolarisation, car tous les cours, au primaire, au secondaire et à son baccalauréat en graphisme, ont été suivis en anglais.Privilège d’immigrants à l’époque.C’est seulement lors du second baccalauréat en design industriel à l’Université de Montréal que le créateur découvre la communauté francophone.Les contacts se font, dit-il, plus facilement.Plus simplement.L’orientation linguistique se cristallise désormais autour du français.Ce fils de Belges immigrés au Québec dit devoir sa passion du dessin à son père, un Viennois de famille juive, créateur de bandes dessinées en Belgique avant son arrivée au Québec.C’est en le voyant dessiner avec autant de facilité qu’est née chez l’enfant de huit ou dix ans l’idée, de faire du dessin son métier.A ce propos, Stéphane Jorisch disait dans sa brève allocution prononcée lors de la réception du prix à Ottawa: «Le talent que l’on reconnaît chez quelqu’un est avant tout un don reçu de sa famille ou de son m entourage.» Charlotte d îarlotte de l’île du Destin Tout comme l’illustra teur, la petite Charlotte de l’île du destin remonte le fil de son histoire personnelle à la recherche de ses racines.Si elle rencontre les Gen-fous, la famille Méchan-loup et les gens pressés de la grande Cité-du-temps-qui-passe, ce n’est que pour mieux apprécier ce grand-père, horloger à la retraite, qu’elle découvre au terme de sa visite à la ville et avec qui elle entretiendra désormais une correspondance par {’entremise des oiseaux midi tés.Ce récit fantaisiste dépasse de beaucoup les frontières du thème de l’adop t i o n , tout en rappe-1 a n t 1 e SOURCE LES 400 COUPS/LES GRANDS ALBUMS Détail d’une illustration de Stéphane Jorisch pour l’album Charlotte et l’île du Destin.aventures d’une Alice au des En compagnie de Zig, animal imaginaire tient à la fois du chien, Iragon et du porc-épic, Charlotte s’étonne des absurdités et des contradictions des adultes rencontrés au long de son aventure tout en faisant preuve d’un solide bon sens.«L’adoption déstabilise les enfants.Un jour ou l'autre, ils ont besoin de retrouver leurs traces.J’ai voulu faire une histoire à la manière d’un roman épique.Une histoire consistante par opposition aux textes courts souvent privilégiés maintenant.Les traits du personnage de Charlotte sont venus d'un seul jet.Je la voulais attachante.Je l’ai esquissée avec ses lulus, sa petite robe.C’était elle! Même chose pour Zig.Les enfants aiment les “bibittes” de toutes sortes.J'ai imaginé une sorte de “bibitte compagnon".Je l’ai dessiné du premier coup.C’était tout à fait ça!» Travailler pour des enfants Stéphane Jorisch travaille rapidement.Il aime l’improvisation.L’aquarelle, qui réserve toujours une part de surprise, est son médium.Effacer et retravailler un dé-¦ tail jusqu’à la perfection?^ Très peu pour lui.Il préfère jeter et tout recommencer.Ce directe.’.!' de deux collections aux éditions Les 400 coups affirme que «les enfants n'aiment pas la perfection.Il y a des livres d’enfants déguisés en livres d'adultes.On les lit une fois aux enfants et ils ne les redemandent jamais».Ce père de trois enfants avoue d’ailleurs avoir détesté le cours de dessin à l’université.«Il fallait prendre deux heures pour faire un dessin.Moi, après vingt minutes, j’avais tout fini.» De sa propre enfance, il dit s’inspirer peu, disant simplement qu’il était super heureux en dedans.«Je ne comprenais pas les chicanes, les lourdeurs.» Il jouait souvent seul, obser- Barbara ”* Urlinsky Trois lüoux _ Juan Aria- < ouvcrsatiuns avec Linda Davies DANS ll\ ' FOURNAISE ATLAS PRATIQUE DU MONDE W- ïM LUDLUM pobkM PATRICIA CORNWELL ta îiriffr du ‘Sud Arthur Golden MalikaOufkir Michèle Fitoussi Prisonnière Dans la fournaise Seule face à ses ennemis, de l Europe lusque dans la lungle du Pérou, une lemme part en cavalcade et lutte pour sa survie.Son passé la ratrappe au passage.Un livre captivant ! Conversations avec Paulo Coelho Entretiens avec l’auteur du célèbre roman L'Alchimiste.Trois vœux Fais trais vœux.Ainsi commencent les contes de fée et cette histoire d’amour d’une rare beauté liant la vie à la mort.Le complot des Matarèse L'ombre des Matarèse plane de nouveau le spectacle terrilianl d'une mainmise de la haute Finance sur la planète.En vente chez votre libraire.La griffe du Sud Un roman noir à l'humour corrosif qui dresse le portrait du Sud à la dérive.Les plus beaux contes du temps passé Ne laissez pas passer cette chance de lire ou de taire lire à vos entants les contes qui vous ont lait réver dans votre enfance Atlas pratique du monde 240 pages de cartes géographiques et économiques traitant des sujet les plus divers, notamment ta (tore et la faune du monde entier.Le Carré de Pluton Jean-Paul II je venais d’avoir 39 ans.Témoin de l’espérance Dans ce second volume.Brigitte Bardot Le portrait total et intime du dernier géant raconte le deuxième versant de sa vie.d'aujourd’hui : Jean-Paul II.né Karol Wojty*a.m: La Prisonnière Un tait vécu, une histoire bouleversante.• Si un romancier avait inventé la vie de Malika Ouflnr.on lui aurait reproché l’invraisemblance de son récit.• Le Devoir, avril 1999 www.hacbette.qc.ca L'esprit du porto Comment conserver, servir et marier les portos avec les mets Geisha Un grand roman relatant les mémoires d'yne célèbre geisha de Kyoto.Brigitte Bardot Le Carré de Pluton R.E S - E JEUNESSE images avant les mots sages, les histoires où sentiments et sentimental se confondent, les morales appuyées, les thèmes lourds tels que l’énumération de tout ce qui entoure la mort d’une personne.Son style?Stéphane Jorisch le qualifie de très très spontané, de pas toujours à la hauteur.Ce qui l’attend?Des défis techniques.Il voudrait améliorer sa concentration.L’assemblage de ses images.Il affirme besogner de neuf à cinq tous les jours mais avoue passer beaucoup de temps à rigoler avec les quatre camarades qui partagent le même atelier.Il mène d’ailleurs plusieurs projets de front.Il mijote entre autres un autre album avec la petite Charlotte comme héroïne.Une suite qu’il élabore avec son complice, Olivier Lasser, menant en parallèle texte et images et profitant des heures de trafic (qu’il qualifie d’agréables!) pour penser ses images en paix.Stéphane Jorisch vant et prenant son temps avant de se lancer dans de nouvelles amitiés.Il dit encore qu’il dévalisait la bibliothèque de son école de tous ses romans d’aventure, qu’il s’était fait de la Floride une image de rêve: celle d’un pays magique.Qu’il visitait régulièrement un univers imaginaire souterrain où l’aventure l’attendait au fil de galeries auxquelles on accédait par des puisards.Ce qu’il souhaite pour les en- SOURCE LES 400 COURS fants de demain?Une communauté de base élargie, un réseau familial plus étendu.Les grands-parents ont tendance à se désengager.Par ses images, il souhaite que les enfants lecteurs soient transportés, qu’ils s’inventent des mondes, des histoires.Des messages à transmettre?Non merci.Stéphane Jorisch aime et recherche la légèreté.C’est-à-dire qu’il fuit comme la pluie les livres à mes- jnérfloir-e de.ot novs ç-erotts I Le numéro : 6 $ / 1 VtOUMIS Le numéro : 10 S / Lettres québécoises Entrevue avec Maxime-Olivier Moutier, l'incontestable révélation de la fin de la décennie.Voix et Images de la littérature d'ici : bilan des 25 ans d'une revue.an, 4 numéros : 21 $ Moebius Violences.Ni l'évolution de la science ni celle des civilisations ne cernent les issues de la violence.Refaire l'ordre à partir du chaos.Numéro préparé par Jeanne Gagnon.1 an, 4 numéros : 30 $ .S é q u e n e e s L'île de sable : rencontre avec Johanne Prégent et Pierre Mignot.Les critiques des films Souvenirs intimes, Ça commence aujourd'hui, À mort la mort! et bien d'autres.Le numéro : 4,50 $ / 1 an, 6 numéros : 29 $ 24 IMAGES 2 4 images NUMÉRO 100* Les films et les cinéastes qui ont su laisser les traces les plus vives dans la mémoire des auteurs de la revue.Dix cinéastes d'ici écrivent sur le film qui les a le plus marqués.Le numéro : 5,95 $ / 1 an, 5 numéros : 24 S Liaison Le Blanc du trou de mémoire, du silence, de la nuit blanche.Oser l'écrire, oser le dire.Des textes de Jacques Flamand, Dominique Saint-Pierre, Pierre Karch et Andrée Christensen.Le numéro : 5 $ /1 an, 5 numéros : 26 $ possibles ca;«Ult m utesndt’1 Possibles Québec : capitale ou succursale?La notion de «capitale* traduit-elle une réalité ou exprime-t-elle l’aspiration d'une élite?Une analyse des nombreux défis à relever.Le numéro : 8 $ /1 an, 4 numéros : 29 S S pi raid *4.fXtv te.» x.4 U ithiinw èrUin.'vm- CO Spirale La discrétion de l'écriture, un dossier consacré à Maurice Blanchot.Des analyses des romans de Nothomb, Rouart et Cessé.Le bogue de l'inconscient par Michel Peterson.Le numéro : 6 $ / 1 an, 6 numéros : 28 S Je m'abonne aux revues suivantes : Titre : Prix : Titre : Prix : Titre :Prix : Total : Mode de paiement ?Chèque à l’ordre de la SODEP ?Visa H MasterCard Le numéro : 6 $ / 1 L’an 2000.Une vision du siècle passé et surtout de celui à venir.Les lauréats du Grand Prix de la nouvelle de la Chaîne culturelle de la Société Radio-Canada.an, 4 numéros : 21 $ SODEP Expiration : Signature : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Téléphone : Date : RETOURNER À : SODEP, C.P.786, Succursale Place D'Armes, Montréal (Québec) H2Y 3J2 Téléphone : (514) 523-7724 Télécopieur : (514) 523-9401./
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