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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-12-01, Collections de BAnQ.

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0 I -Y - Sit* ** SW‘ POLITIQUE LES ACTUALITÉS ÉCONOMIE LES ACTUALITÉS BOUCHARD SANTÉ PUBLIQUE: SENTIMENT D’IMPUISSANCE SKENE CONDAMNE REJETTE L’IDÉE ?DESAUTELS ?CHEZ LES SYNDIQUÉS ?LE GESTE «CHEAP» D’UNE TRÊVE SONNE L’ALARME D’INTERCANADIEN DES DISSIDENTES PAGE A 4 PAGE A 2 PAGE B 2 PAGE A 2 LE DEVOIR Moins de religion à l’école.mais pas pour demain VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Le ministre de l’Éducation a choisi de ménager la chèvre et le chou religieux.Bien qu’il ouvre la porte au retrait du statut confessionnel des écoles publiques, François Legault demande du temps, échantillonne son application et n’exclut pas le recours aux clauses dérogatoires.Après 13 jours d’audiences marquées par le dépôt de 254 mémoires et 30 000 messages sur le sujet, la Commission parlementaire sur la place de la religion à l’école a pris fin hier sur une allocution de François Legault.«[.] je garde comme impression globale qu’une grande majorité des Québécoises et des Québécois s’attendent à une évolution de la réalité confessionnelle dans notre système d'éducation», a-t-il souligné.Mais même s’il sent le vent souffler en faveur de la déconfessionnalisation, le ministre entend y aller à son rythme.Oui, il croit que l’école publique doit être ouverte et commune, mais ces principes seront mis en application tranquillement.Citant les propos tenus par le Comité catholique, M.Legault a mentionné l’importance d’informer les parents sur les étapes qui seront franchies.«Un changement de cette nature doit bien sûr être expliqué aux gens.Ça prend un certain temps, mais on peut y parvenir si l’on prend le temps qu’il faut», a-t-il précisé.Au cœur du débat, la question de l’enseignement religieux n’est toujours pas réglée.Dans son discours, le ministre a avoué qu’il était difficile de tirer une conclusion.François Legault a donc choisi d’envisager plusieurs hypothèses.La plus probable serait de conserver le programme religieux au primaire et au premier cycle du secondaire, du moins pour le moment.«N’y aurait-il pas lieu, comme c’est actuellement le cas avec toutes les matières, de concevoir des programmes par cycles et de traiter le programme d'enseignement religieux comme tous les autres, permettant ainsi aux conseils d’établissement de développer une offre de services adaptés aux particularités de chaque milieu?», propose le ministre.VOIR PAGE A 8: RELIGION PERSPECTIVES Madame Saul Legault n’exclut pas le recours aux clauses dérogatoires Montréal Ensoleillé.Max:-3 Min:-12 Québec-Ciel voilé.Max:-3 Min:-12 Détails, page H 4 Annonces INDE X .B 5 Le monde .A 5 Bourse .B 3 Les sports .B (i Avis publics.B 4 Montréal .A4 Culture .B 8 Mots croisés.B 3 Économie .B 2 Nature .B 5 Editorial .Ali Télévision .B 7 www.ledevoir.com Les Expos franchissent une étape importante Le baseball majeur autorise Jeffrey Loria à devenir l’actionnaire de contrôle de l’équipe JEAN DION LE DEVOIR Sait-on jamais?Peut-être y aura-t-il bientôt une fin à cette histoire qui n’en finit plus de ne pas finir.Les Expos de Montréal ont franchi hier une étape importante, mais une étape seulement, dans leur longue marche vers la relance et la garantie de leur maintien à Montréal alors que les propriétaires du baseball majeur ont approuvé le transfert du contrôle de l’équipe de Claude Brochu au marchand d’art new-yorkais Jeffrey Loria.Les propriétaires, réunis à Dallas, ont voté en faveur du projet des Expos à l’unanimité.Même George Steinbren-ner, proprio des Yankees de New York, sceptique avoué quant à l’avenir des franchises occupant de petits marchés et contribuable de choc fatigué de soutenu- des canards boiteux, s’est donc rangé.Il faut dire que M.Steinbrenner avait lui-même une proposition à soumettre à ses homologues, la fusion des opérations des Yankees et des Nets du New Jersey de l’Association nationale de basketball, proposition qui a aussi été entérinée.La décision des propriétaires autorise Jeffrey Loria à devenir l’actionnaire de contrôle des Expos, lui qui investira environ 75 millions de dollars canadiens et détiendra quelque 35 % des parts de la concession.En fin d’après-midi hier, le président du conseil d’administration des Expos, Jacques Ménard, s’est évidemment dit heureux de la tournure des événements mais a souligné que la partie était loin d’être terminée.«On a tous raison d'être fiers», a-t-il déclaré, depuis Dallas, dans une entrevue au réseau Radiomédia, tout en ajoutant qu’«/7 y a encore des défis à relever.Il y a encore des embûches devant nous».«C’est une chose d’obtenir une autorisation de transaction, encore faut-il la faire», a dit M.Ménard.VOIR PAGE A 8: EXPOS C’est confirmé.Le Canada a désormais son couple vice-royal, accompagné de ce même petit air vicié à la Buckingham Palace et d’une certaine presse presque aussi inspirée que celle de Londres.Le (la?) gouverneur général Adrienne Clarkson et son conjoint, John Saul, peuvent tout de même s’estimer heureux: à Ottawa, les paparazzi se font encore rares.Pas une semaine ne passe sans qu’Adrienne Clarkson et John Saul ne défraient les manchettes.La semaine dernière, les journaux du Canada anglais se délectaient de leur séjour à l’Hôtel Impératrice, à Victoria, à 1000 $ la nuit, alors qu’en visite en Colombie-Britannique, leurs prédécesseurs se contentaient habituellement de jouer les colocataires chez le lieutenant-gouverneur de l’endroit, dont la résidence compte 102 pièces.En même temps que de plaindre le gouverneur général d’être la cible de la critique, force est de constater que, depuis sa nomination, elle y Louise prête flanc de la plus désolante fa- Leduc çon.^ Acte I.Ottawa, le 8 septembre.Jean Chrétien annonce la nomination d’Adrienne Clarkson.Adrienne Clarkson, hier encore journaliste-vedette à l’émission Fifth Estate, à la CBC, VOIR PAGE A 8: SAUL «Nous devrions ouvrir le processus à tous ces gens qui manifestent dehors», dit Bill Clinton Ils avaient promis de tout faire pour nuire au démarrage d’une nouvelle ronde de négociations commerciales multilatérales.Avec leurs marionnettes géantes, leurs sifflets, leur musique, leurs pancartes et leur détermination, quelques milliers de manifestants ont réussi hier à forcer l'annulation des cérémonies d’ouverture et à menacer la tenue de la première plénière de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce.Les protestataires bigarrés, costumés, parfois munis de masques à gaz, ont donné aux caméras des images percutantes que les réseaux d’information n’ont cessé de diffuser toute la matinée durant.L’autre image que l’OMC avait à offrir était tout aussi révélatrice du succès de ses opposants: une salle de théâtre pratiquement vide, où les rares délégués qui avaient pu entrer ont dû attendre plus de deux heures et demie pour se faire dire que la cérémonie était annulée.Le directeur général de l’OMC, Mike Moore, a pris du temps avant d’annoncer que la plénière aurait lieu mais a vite tenté de minimiser l’impact des manifestations, disant que «les ministres ont tenu un déjeuner de travail fructueux» et que «les groupes de négociation [de l’ordre du jour de la nouvelle ronde] sont en pleine activité».«Cette conférence sera un succès», a-t-il ajouté avec fermeté.Mais les protestataires ont réussi à faire leur marque et à mettre en valeur, sur leurs pancartes, leurs préoccupations en faveur de l’environnement, du développement des pays du Sud, de l’interdiction des aliments génétiquement modifiés et de la protection des travailleurs.Les jeux de mots avec l’acronyme anglais de l'OMC ne manquaient pas.Ainsi, la World Trade Organization s’est retrouvée transformée en question: «Whose Trade Organization?[l’Organisation commerciale de qui?]».La grande majorité des manifestants, surtout des & SEATTLE WTO OMC 99 VOIR PAGE A 8: SEATTLE Le Technodôme pourrait accueillir un casino, le Cirque du Soleil et l’OSM REUTERS Quelques milliers de manifestants ont réussi hier à forcer l’annulation des cérémonies d’ouverture et à menacer la tenue de la première plénière de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce.¦ Autres informations en page A 8 ¦ L’éditorial de J.-R.Sansfaçon en page A 6 STÉPHANE BAILLARGEON FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Devoir au cours des derniers jours, le projet de grand complexe de divertissement proposé autour du Vieux-Montréal inclurait le Technodôme mais aussi un nouveau casino de Loto-Québec, un hôtel et un train de surface reliant le site au centre-ville.Les promoteurs souhaitent également convaincre le Cirque du Soleil et même, idéalement, l’Orchestre symphonique de Montréal de s’installer dans de nouvelles salles de spectacle sur le site.Actuellement, les deux institutions culturelles n’ont pas de salles permanentes et spécialisées.«Ce ne sont que des hypothèses», a prudemment averti Claude Blanchet, président VOIR PAGE A 8: TECHNODÔME Les promoteurs du Technodôme négocient avec Loto-Québec, le Cirque du Soleil, l’OSM et d’autres institutions incontournables du secteur récréotouristique québécois pour les convaincre de se joindre à leur aventure de plus d’un milliard de dollars.Hier, les dirigeants de Heathmount A E.Corporation, de Toronto, et de la Société générale de financement (SGF) ont fait le point sur leur mégaprojet devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.La conférence, qui n’apportait au fond rien de nouveau au dossier du Technodôme, voulait davantage rassurer les sceptiques et les éventuels partenaires et commanditaires du projet Selon des renseignements obtenus par Le OMC : tumulte à Seattle 778313000665 LE DEVOIR, L E M E R C R EDI 1 I) E C E M B R E 1 9 9 9 A 2 LES ACTUALITES Le Syndicat de l’est du Québec quitte la FIIQ Le rapport du Vérificateur général du Canada Skene condamne le geste «cheap» des dissidentes PC ET LE DEVOIR a présidente de la Fédération des .-J infirmières, Jennie Skene, qualifie ( e «cheap» le geste de son Syndicat ( e l’est du Québec, qui vient de déci-c er de se désaffilier de la FIIQ.La fédération syndicale perd ainsi 1300 membres, elle qui en représentait environ 45 000 à travers le Québec.Le Syndicat de l’Est représente les infirmières des établissements de santé situés à l’est de Mont-Joli jusqu’en Gas-I)ésie et aux îles de la Madeleine.C’est lors d’un référendum tenu lundi que les 1106 membres qui ont voté se sont prononcés à 66 % pour leur désaffiliation de la FIIQ.Réagissant à ce départ lors d’un point de presse ce matin à Saint-Hyacinthe, où commence le congrès de la federation des infirmières, Mme Skene a repris une expression lancée par une infirmière des Iles-de-la-Madelei-ne: «Ça fait cheap de quitter sans payer sa part.Comme solidarité, on a vu mieux.» Le Syndicat de l’Est quitte la FIIQ parce qu’il refuse de payer une cotisation spéciale de 433,67 $ par infirmière destinée à couvrir le coût des pénalités encourues à cause du débrayage illégal de l’été dernier.La présidente du Syndicat des infirmières de l’est du Québec, Micheline Barriault, s’est montrée satisfaite du résultat du référendum.«À la FIIQ, on a eu moins de bonnes conditions de travail, moins de services, et ça nous coûtait plus cher», a-t-elle soutenu.La CSN et la CEQ prises à partie Mme Skene a montré du doigt la CEQ, qu’elle accuse d’avoir maraudé dans ses rangs afin d’inciter ce syndicat à quitter de nouveau la FIIQ.Fait à noter, ce Syndicat de l’est était auparavant rattaché à la CEQ, de 1988 à 1997.Et il aura désormais une entente de service avec la CEQ pour les fins de la négociation de la prochaine convention collective.«Encourager; soutenir de toutes les manières possibles un syndicat à quitter son organisation, comme solidarité, on repassera», a lancé une Jennie Skene amère à l’endroit de la CEQ.Les liens intersyndicaux prendront un dur coup, a-t-eUe laissé entendre, et seul le gouvernement profitera de cette dissension.La CEQ n’a pas tardé à réagir aux propos de Mme Skene en niant vigoureusement quelque démarche de maraudage que ce soit auprès des infirmières de l’est du Québec.«Nous trouvons dommage de voir que la FIIQ, en ces temps de négociation, s'en prenne à une autre organisation syndicale pour expliquer sa propre situation», s’est défendue la présidente Monique Richard.La Fédération de la santé et des services sociaux à la CSN, qui représente plus de 4000 infirmières, a également rejeté l’idée d’une organisation syndicale unique regroupant toutes les infirmières.La FIIQ décidera lors de son congrès de la façon de répartir au sein de ses membres les amendes encourues lors de la grève de l’été dernier.Certaines infirmières avaient dressé les piquets de grève, pendant que d’autres devaient assurer les services essentiels.Toutefois, il était convenu que toutes devraient également contribuer.La fédération se trouve dans une situation financière difficile, d’autant plus que la loi spéciale avait alors fait que les cotisations syndicales n’étaient plus prélevées à la source.Les syndicats devaient d’eux-mêmes prélever ces cotisations auprès de leurs membres et en verser une portion à la fédération.Or tous ne l’ont pas fait avec la même ponctualité.Clauses discriminatoires Lemieux dépose ses amendements PRESSE CANADIENNE Québec — Comme prévu, le Québec abordera l’an 2000 avec la distinction d’être la seule société dans le monde dotée d’une loi interdisant les clauses discriminatoires dans les conventions collectives et les contrats de travail.Les amendements soumis hier à l’Assemblée nationale par la ministre du Travail, Diane Lemieux, précisent qu’une fois adoptée la loi sera permanente, soumise toutefois à une révision au plus tard le 30 juin 2004.La loi 67 sera adoptée avant la fin de décembre et entrera en force 60 jours après son adoption.Le délai de trois ans proposé initialement avait provoqué un tollé qui aura eu raison des réticences du gouvernement Bouchard.Ainsi donc, en mars 2000, toutes les conventions collectives devront interdire les disparités de traitement fondées sur la date d’embauche.Les conventions collectives en cours devront être modifées en conséquence au fur et à mesure de leur renouvellement.La même interdiction s’appliquera aux contrats de travail impliquant des particuliers.Après deux heures de débats en commission parlementaire, le gouvernement Bouchard tient parole.Mais le projet de loi 67 tel qu’amendé suscite tout de même le mécontentement chez certains parce qu’il n’interdit pas l’allongement des échelles salariales et qu’il permettrait le gel des échelons salariaux.«Les entreprises ont besoin de souplesse pour faire face aux impératijs de compétitivité et d’adptabilité», a expliqué Mme Lemieux, hier.Les entreprises en difficultés ou celles impliquées dans des fusions pourront recourir à cette mesure d’exception mais devront permettre à tous leurs employés de progresser dans la même échelle salariale, a-t-elle fait comprendre.24e année Exposition d’hiver D’ANTIQUITÉS de Montréal 2-5 décembre 1999 PLACE BONAVENTURE, MONTRÉAL Jeudi Vendredi Samedi Dimanche 2 décembre 3 décembre 4 décembre 5 décembre 11 h - 21 h 11 h - 21 h 11 h-18 h 11 h- 18 h Adultes 7,00$ • Âge d’or 6,00$ • Enfants 1,00$ L Une réalisation Obsession Antiques Liée (514) 933-6375 J Un feu rouge s’allume côté santé Le manque de coordination ambiant à la santé publique pourrait ouvrir la porte à la propagation d’une maladie dangereuse Comme à chacun de ses rendez-vous, le Vérificateur général du Canada, Denis Desautels, jette un peu de lumière sur les zones d’ombre de l’administration publique fédérale.Cette fois, son rapport insiste sur les lacunes en santé publique, le peu d’imputabilité des multiples fondations et agences (comme la Fondation des bourses du millénaire) et le nombre inquiétant de contrats octroyés sans appel d’offres.HÉLÈNE BUZZ ETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Si une maladie dangereuse et contagieuse devait faire son entrée au Canada, les diverses instances responsables de la santé publique ne seraient pas en mesure de l’intercepter et d’empêcher sa propagation.C’est ce qu’on apprend à la lecture du rapport du Vérificateur général du Canada, déposé hier à la Chambre des communes, rapport qui met en lumière le manque de coordination et de communication entre les multiples intervenants en matière de santé.Ainsi, en août 1998, un voyageur arrivé à l’aéroport de Dorval, qu’on croyait atteint du virus Ebola, a été retenu à la salle de fouille des douanes de Revenu Canada mais n’a jamais été signalé aux représentants fédéraux affectés à la quarantaine.Les passagers de l’avion dans lequel il avait pris place ont pu partir chez eux après que la compagnie aérienne eut seulement pris en note leurs coordonnées et l’avion est reparti pour New York avec à son bord de nouveaux passa- gers.En fait, note le Vérificateur général, Revenu Canada et Immigration Canada ignoraient qu’un plan d’urgence avait été concocté par Santé Canada pour de telles situations.L’individu n’était finalement pas infecté mais le cas démontre le danger potentiel de la situation actuelle.Le rapport mentionne que seuls la Colombie-Britannique et l’aéroport Lester B.Pearson de Toronto ont des plans d’intervention d’urgence et des protocoles d’intervention clairement définis pour empêcher l’entrée de maladies dangereuses au pays, tandis que l’aéroport de Dorval était, au moment de l’enquête, en voie d’en développer un.En matière d’intoxications alimentaires, le portrait n’est guère plus reluisant.Le Vérificateur général déplore là aussi un manque de coordination entre le Laboratoire de lutte contre la maladie (LLCM) et les provinces, ainsi que l’absence de directives claires quant au moment où un soupçon d’épidémie devrait être déclaré au LLCM.En mars 1998, par exemple, la Direction de la santé publique de l’Ontario aurait attendu huit ARCHIVES LE DEVOIR Denis Desautels jours avant de déclarer les 42 cas de salmonella enteriditis qu’elle avait recensés en deux semaines.Résultat: d’autres enfants ayant consommé les mêmes produits laitiers à Terre-Neuve ont été hospitalisés pour des gastroentérites sévères.«Il existe un vide», écrit M.Desautels: «les activités actuelles de surveillance de la santé se font, dans une large mesure, en fonction des besoins du moment.» Manque d’imputabilité Denis Desautels sonne également l’alarme concernant la prolifération de ce qu’il appelle «les nouveaux mécanismes de régie», c’est-à-dire ces entités non gouvernementales respon- sables de donner des services d’État, comme la Fondation des bourses du millénaire ou la Fondation canadienne pour l’innovation.Ils sont maintenant 77 au Canada, ils gèrent des fonds de plus de cinq milliards de dollars et sont le fruit de ce que le vérificateur appelle «l’approche ponctuelle du gouvernement».«Je ne remets pas en question leur création», a expliqué M.Desautels.«Au contraire, ils peuvent être avantageux en améliorant l’exécution de programmes fédéraux.Mais bon nombre des mécanismes que nous avons examinés ont été mis en place au cas par cas, ce qui menace inutilement la reddition de comptes au Parlement.» Le vérificateur déplore notamment que les rapports faits au Parlement sur l’efficacité de ces structures sont incomplets et que les dispositions concernant la participation du public sont à peu près inexistantes.Eiifin, le’ Vérificateur général reproche au gouvernement fédéral d’être un peu trop léger quant à l’octroi de contrats sans appel d’offres.«Le fort pourcentage de contrats de services professionnels à un fournisseur unique ne résisterait pas à l’examen public», est-il écrit.L’octroi sans appel d’offres n’est permis que dans quelques situations particulières (quand la sécurité nationale est en jeu ou quand il n’existe qu’un seul fournisseur).Or le rapport mentionne que 90 % des 50 contrats du gouvernement étudiés en détail «auraient dû être attribués en régime de concurrence».Des moutons noirs à la Défense nationale HÉLÈNE BUZZ ETT I DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA e Vérificateur général du Canada .-/a fait la morale aux troupes canadiennes.Dans son rapport des mois de septembre et novembre déposé hier, Denis Desautels explique que les militaires de la Défense nationale ont pris l’habitude de toucher des potsÂle-vin des stations-service où ils ravitaillent les véhicules militaires.Ainsi, les employés de la Défense nationale touchent des ristournes de deux à cinq cents le litre de carburant, pour un montant total variant de 4 $ à 70 $ pour chaque plein.Selon le Vérificateur général, plus de 200 membres du personnel du ministère de la Défense nationale auraient accepté des remises des stations-service au cours de l’exercice financier de 1997-98, réparties sur 18 des 22 bases militaires.Selon le vérificateur, là où elles étaient accessibles, les remises ont été acceptées dans 88 % des cas.Le système serait à ce point répandu que certaines stations-service gonflent même leur prix au litre pour financer les ristournes.«Une des stations, est-il écrit dans le rapport, haussait même davantage le prix de vente au titre de frais d’administration pour le versement des remises en espèces.» Le bureau du Vérificateur général souligne que la police militaire du ministère avait fait enquête sur le sujet à la suite d’une plainte, mais elle avait clos le dossier après l’avoir jugée non fondée.«Au début du mois, le ministère a annoncé qu’il entreprendrait une enquête à la suite d’allégations similaires.» Le Vérificateur général s’est également dit inquiet de la façon dont sont gérées les matières dangereuses à la Défense nationale.Les règles générales d’entreposage et de manutention ne sont pas suivies et de nombreux contenants ne sont pas étiquetés ou leur étiquette contient des informations erronées.Quarante-cinq pour cent du personnel n’avait pas, au moment de l’enquête, reçu de formation adéquate et les listes de stock de matières dangereuses étaient incomplètes.En fait, les installations d’entreposage de beaucoup de bases militaires ne répondent pas aux exigences de la législation.Par exemple, dans les bases de Cold Lake et de Gagetown, les armoires servant à l’entreposage de produits inflammables sont souvent des casiers de bureau en métal, et non des armoires réglementaires bien ventilées, résistant au feu et conçues pour retenir les fuites.Dans ces mêmes deux bases, les secteurs d’entreposage ne sont pas protégés contre les fuites ou les déversements.«H n'y a ni objectifs ni plans établis, les programmes de vérification et d’ins- pection ne sont pas cohérents et les données sur le rendement sont quasi inexistantes», blâme Denis Desautels.Enfin, le rapport du vérificateur revient sur l’octroi sans appel d’offres à Bombardier d’un contrat d’entraînement en vol de l’OTAN d’une valeur de 2,8 milliards.«La décision d’attribuer le contrat sans suivre le processifs normal d'appels d’offres n'est pas suffisamment justifiée.» Le rapport men-’ tionne que les fonctionnaires interrogés avaient répondu qu’un appel1 d’offres ne leur avait pas semblé nécessaire puisque toutes les entreprises canadiennes susceptibles de: soumissionner faisaient partie du consortium dirigé par Bombardier.«Un document que nous avons examiné a démontré qu’en fait une autre société avait manifesté un certain intérêt», est-il écrit dans le rapport.«Nous continuons de nous interroger sur l’impartialité de ces pratiques.» Gestion des bassins hydrographiques Bégin met en garde le fédéral contre l’empiètement E N Fusion des villes de Lachine et de Saint-Pierre (Le Devoir) — Dès le 1" janvier 2000, une nouvelle municipalité sera créée par la fusion des villes de Saint-Pierre et de Lachine et portera le nom de cette dernière.Le mercredi 24 novembre, le gouvernement du Québec a adopté le décret qui donne l’aval au regroupement des deux municipalités.La nouvelle entité municipale sera d’abord dirigée BREF par un conseil provisoire composé d’un maire et de dix conseillers, dont deux désignés parmi les membres du conseil de Saint-Pierre, et ce, jusqu’à la première élection générale prévue pour le 5 novembre 2001.À compter de cette date, le conseil municipal comprendra un maire et neuf conseillers.Tous les fonctionnaires seront intégrés à la nouvelle administration.Selon une étude menée au cours de la dernière année, la fusion devrait permettre des économies budgétaires et une réduction du fardeau fiscal des contributions.LOUIS-GILLES E R A N C (E U R LE DEVOIR Le ministre québécois de l’Environnement, Paul Bégin, a prévenu le gouvernement fédéral qu’il ne reconnaîtrait pas son intervention dans la protection et la gestion des bassins hydrographiques du Québec par l’entremise du projet de loi fédéral récemment déposé aux Communes.Dans sa lettre adressée lundi soir au ministre fédéral de l’Environnement, David Anderson, le ministre québécois exprime son «étonnement» devant ce qu’il qualifie de projet de loi fédéral «prématuré» parce qu’il survient avant que la Commission mixte internationale n’ait déposé son rapport final sur les eaux limitrophes et qu’il présuppose la signature d’un «accord pancanadien» sur la gestion des eaux, que les ministres de l’Environnement provinciaux doivent discuter lors de leur prochaine rencontre.Même si Ottawa prétend agir dans sa sphère de compétence, ajoute Paul Bégin dans sa lettre obtenue par Le Devoir, «votre gouvernement réfère à la notion de bassin hydrographique sans la définir, se donnant ainsi le pouvoir d’élargir éventuellement ses compétences au-delà des eaux limitrophes, telles que définies actuellement dans le traité» canado-américain signé au début du siècle.Le pouvoir d’Ottawa d’émettre des permis et licences en matière de prélèvements d’eaux, qu’entend créer le projet de loi fédéral, pourrait, selon Paul Bégin, «empiéter significativement dans un champ de compétence du Québec et représenter une intrusion fédérale tout à fait inacceptable.Le gouvernement du Québec entend exercer pleinement sa compétence sur la gestion de l’eau dans tous ses bassins hydrographiques de son territoire, notamment les modes de prélèvement dans les bassins transfrontaliers, tels que la dérivation ou non des eaux qui en font partie».Rappelant que Québec vient d’adopter une loi qui interdit «le transfert hors Québec des eaux souterraines et de surface prélevées au Québec», le ministre Bégin conclut que les éventuelles règles fédérales pourraient «s’avérer incompatibles avec celui [le modèle de gestion] qui pourrait être adopté parle Québec et les autres provinces»., .inltHiL MU ilüitt LE TBftYAli.mu mm Québec»ü AU NO* P unir CAHIER SPECIAL PARUTIONS 11 ET 18 DÉCEMBRE 1999 Livres CADEAUX i > L E I) E V (MR, LE M E R C R E 1) I 1 1) K (' E M R R E I !» 9 !» A 3 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES L'art et le savoir des sourires esthétiques 1 pl.Ville-Marie, suite 1940 • Tél.: 393-3915 www.farsirotuAtotal.nel Administration québécoise Le retard salarial de 9,3% s’annule Tout considéré, il y a parité avec le secteur privé, conclut l’Institut de la statistique, qui fournit un argument à Jacques Léonard Le monde n’est pas une marchandise Josée Blanchette La semaine dernière, je vous annonçais que la Journée sans achat (Buy Nothing Day) avait lieu le mercredi; je précipitais l’événement de deux jours, comme ces enfants surexcités qui secouent les cadeaux sous l’arbre pour en deviner le contenu, stimulés par la parade du père Noël et le sucre, six semaines avant l’arrivée des mages.De toute façon, vous n’en aviez manifestement rien à iconi-fier: je me suis baladée vendredi soir dans les magasins du centre-ville pour constater à quel point cette journée très très marginale n’aurait jamais autant d’impact que l’Halloween faute de commanditaire pour en tirer profit.On s’en reparlera l’an prochain, et je compte bien m’y prendre six semaines à l’avance, comme le père Noël, pour vous en avertir.Pour l’heure, vous êtes probablement ensevelis sous des listes aussi interminables que la traîne de la fée des Etoiles tandis que les Pokémons vous confrontent de nouveau à l’horreur de l’inutilité de se battre contre un système de valeurs bien ancré depuis.2000 ans, je crois.J’ai fréquenté davantage de magasins depuis deux mois que dans toute une vie consacrée à haïr le magasinage, sublime apothéose de l’esclavage consentant.Se reconstruire après un désastre signifie aussi se réapprovisionner, se moderniser, se dépenser, fixer son insécurité sur d’autres objets pour se rassurer de nouveau sur la marche du temps et sa finalité obscure.J’ai frayé avec des marchands de camelote et de biens essentiels, des vendeurs d’opium du peuple, des spécialistes de la surspécialisation, du besoin non comblé, des charlatans de l’insatisfaction chronique que personne ne cherche à guérir si ce n’est en injectant davantage de nicotine dans les cigarettes.Mets ça dans ta pipe et fume.Devant un étalage de biscuits Ritz, j’ai eu une petite pensée navrée pour ces familles où chacun revendique «sa» sorte de craquelins comme une sorte de liberté: la classique, la sans-sel, la mini, la mini-sandwich avec du fromage au centre et la mini-sandwich avec du beurre d’arachides spécialement formulé pour ne pas coller aux dentiers.Cinq sortes de biscuits Ritz et la soupe aux tomates n’a plus qu’à devenir schizo elle aussi pour survivre dans l’inconscient collectif au même titre que le roquefort aux assauts de l’OMC.La surspécialisation ne touche pas que le secteur de l’alimentation, elle s’attaque aussi aux souliers de course (une paire pour marcher, une pour sautiller, l’autre pour courir après le progrès), aux enceintes acoustiques (C’est pour quel genre de musique, madame?), aux njatelas (Renforcé aux genoux ou sous la cavité lombaire?Etes-vous seule, lesbienne ou avec d’autres?C’est pour quelle position?Nous avons un solde sur le «crapaud glandulaire» et le «serpent vit’ vit’ vif qui sonne toujours deux fois»).Jacques Nantel, professeur titulaire en marketing aux HEC, estime que cette stratégie de segmentation permet aux fabricants de vendre le produit plus cher puisqu’il cible un besoin précis et permet également de transférer une partie des inventaires aux consommateurs; cinq sortes de biscuits Ritz plutôt qu’une dans votre placard.J’ajouterais que cette forme insidieuse de commerce anesthésie toute forme de créativité chez le consommateur, le privant de la capacité essentielle de s’inventer un monde fait sur mesure — voyons voir si je pourrais imaginer une position érotique qui ne soit pas suggérée par le fabricant —, le plongeant dans un anonymat et l’acculant au désespoir profond qui n’est pas sans rappeler le Métropolis de Fritz Lang, un des films les plus criants de toute l’histoire du cinéma muet sur la grosse machine infernale.Si tout a été pensé par le gars des vues, même la fin, comment s’assurer que son nom figurera au générique?Il y a des cimetières pour ça, mais rien ne garantit qu’on y fait de vieux os.Low batt M’en voilà débarrassée jusqu’à la prochaine catastrophe écologique: j’ai rendu le téléphone cellulaire que j’avais emprunté à une bonne amie qui les vend, faisant perdre plusieurs paris aux plus sceptiques de mon entourage.J’ai utilisé mon cellulaire durant six semaines, très souvent au début, histoire de communiquer avec de futurs cancéreux du cerveau (douloureux, paraît-il) et exclusivement pour bavarder avec mon grand-père vers la fin, tout en ayant l’air indispensable pour quelqu’un.J’ai succombé en quelques semaines à l’impolitesse la plus élémentaire, à la docilité la plus surprenante (on me sonne, je réponds), me suis livrée à la conduite la plus «blonde» lorsque j’ai embouti le pare-chocs d’une voiture de Chinois en tentant de saisir le téléphone d’une main tout en appliquant mon mascara de l’autre.Vous invoquerez que c’est peut-être leur pare-chocs qui m’a emboutie, mais bon.Faute de preuves ou d’un policier-ami-avec-inon-père pour témoigner de mon haleine menthe arctique, j’avoue tout.Refus du progrès?Si c’est progresser que de sodomiser des Chinois chemin faisant, vous m’en voyez toute remuée et vaguement choquée.On fait vraiment tout au téléphone, maintenant, ou j’ai raté un épisode de Virginie?Site chaud Une lectrice me suggère de visiter The Hunger Site («le site de la faim») et de l’ajouter à mes signets: http://www.thehungersite.com, ce que j’ai fait pour sauver des petites Chinoises tous les matins.A toutes les 3,6 secondes, une personne meurt de faim dans le monde, surtout des enfants.The Hunger Site entend remédier au fléau.Ce site indépendant est devenu une référence humanitaire et les cybernautes en mal de bonne action se le refilent depuis sa création en juin dernier avec une conscience planétaire qui les honore.Le principe est simple et ne coûte pas un sou à l’usager, une rareté avant Noël: il suffit d’appuyer sur la touche de don de nourriture, trois tasses de riz, de blé ou de maïs qui iront s’ajouter à des tonnes de nourriture distribuées par le Programme alimentaire des Nations unies dans 80 pays différents.Une liste de commanditaires dûment affichés à l’écran payent pour votre générosité.Voilà une facette intéressante de la mondialisation.Pour la journée du 29 novembre, on a enregistré 329 404 dons, dont 13 245 du Canada, 6 de la Yougoslavie, 4 du Népal et 7 de la Cité du Vatican.joblo@cam.org Oui, les employés de l’administration québécoise ont des salaires largement inférieurs à ceux des autres secteurs du marché du travail.Ils affichent un retard de 9,3 %.Cependant, ils ne sont pas si mal en point pour autant.Si l’on considère les avantages sociaux et le nombre d’heures travaillées, ils se retrouvent au même niveau que les employés du secteur privé.C’est d’ailleurs l’argument que le gouvernement met de l’avant pour réitérer qu’il n’offrira pas plus d’argent aux syndiqués du secteur public.MARIO CLOUTIER SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Sur un plan purement salarial, les employés de l’administration québécoise connaissent un retard de 9,3 % par rapport à l’ensemble des employés des autres secteurs, allant jusqu’à 10,8 % si l’on n’examine que le secteur privé.Par contre, sous un angle plus général et en considérant le nombre d’heures travaillées, ils sont sur un pied d’égalité avec les employés du secteur privé.C’est ce qui ressort du rapport intitulé Rémunération des salariés: état et évolutions comparés, réalisé pour l’année 1999 par la Direction du travail et de la rémunération de l’Institut de la statistique du Québec et dont les résultats ont été rendus publics hier.L’étude compare les salaires et les rémunérations globales (y compris les avantages sociaux et le nombre d’heures travaillées) des employés de l’administration québécoise avec ceux des employés du secteur privé et des «autres publics», à savoir les employés du secteur fédéral, municipal et universitaire.Sur un plan méthodologique, l’enquête compare les salaires d’employés réguliers à temps plein, issus d’établissements de 200 employés ou plus dans des municipalités de plus de 25 000 habitants.De manière générale, il y a parité entre l’administration et le secteur privé, donc.Mais devant les autres secteurs, il y a toujours un recul important.L’étude démontre d’ailleurs que les mieux nantis de tous, sur le plan salarial comme en matière de rémunération globale, sont les employés du secteur municipal.Ce sont eux qui, en moyenne, ont les meilleurs salaires (18,5 % de plus que les employés de l’administration), le plus de déboursés pour les avantages sociaux, parmi les meilleurs déboursés pour le temps chômé (congés annuels, parentaux, sociaux, etc.) et qui, sur une base hebdomadaire, travaillent le moins.Selon le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), le retard salarial des employés de l’administration publique vient légitimer les revendications des présentes nè gociations.Mais le gouvernement a une autre interprétation.En effet, à la lecture de l’enquête de l’Institut de la statistique, le gouvernement Bouchard ne compte pas offrir plus d’argent aux syndiqués du secteur public.A Québec, îe président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, a dé- claré, que l’offre salariale du gouvernement aux employés de l’État reste toujours «valable».M.Léonard souligne que les employés du secteur public demeurent à parité avec les employés du secteur privé quand on considère leur rémunération globale.«Notre proposition de 1 %, qui n’est pas comprise dans ce chiffre-là [l’écart sur la rémunération globale], ça nous laisse à parité.» Malgré les écarts salariaux entre le public et le privé, le gouvernement continue de faire valoir que les avantages sociaux, les congés, les vacances et le temps de travail avantagent les syndiqués du secteur public au point de leur donner la parité avec les employés d’entreprises privées de 200 employés et plus.En outre, souligne le ministre Léonard, les employés du secteur public travaillent deux heures de moins par semaine que les employés du secteur privé.En vertu des résultats de l’enquête de l’Institut de la statistique, M.Léonard indique qu’il n’a donc pas l’intention de changer quoi que ce soit à l’offre du gouvernement.Québec propose aux 400 000 syndiqués de l’Etat des augmentations salariales de 5 % en trois ans.Les demandes des syndicats s'élèvent toutefois à 11 %.M.Léonard souligne, comme le font certains syndicats depuis quelques jours, que les négociations avancent de manière significative aux tables sectorielles travaillant sur les clauses normatives.Mais il maintient le cap sur un réglement du normatif avant d’entreprendre les pourparlers sur les salaires et les régimes de retraite.De leur côté, les centrales souhaitent voir le gouvernement bouger sur les salaires avant de conclure des ententes de principe aux tables sectorielles.Maisons d’hébergement Une femme sur deux ne peut être accueillie II faudrait deux fois plus d'argent pour aider les femmes victimes de violence LOUISE LEDUC LE DEVOIR Une Québécoise sur deux se présentant à une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ne peut y être accueillie en raison du sous-finan-cement criant de ces institutions.C’est ce qu’a soutenu hier Fleurette Boucher, porte-parole du Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes d’actes criminels, donnée que n’a pas niée le gouvernement québécois.«Nous sommes particulièrement incapables de répondre à la demande dans les centres urbains», a précisé Mme Boucher, déplorant que des femmes qui ont peur d’être tuées ne puissent être mieux protégées.La subvention annuelle de base d’une maison d’hébergement pour femmes est actuellement de 220 000 $.Or, soutient Mme Boucher, le réseau aurait besoin de deux fois plus d’argent.«Avec 530 000 $ par maison, on estime que l’on pourrait répondre adéquatement aux demandes.» Depuis quelques années, le nombre de femmes en détresse se présentant aux portes de ces maisons a explosé, soutient-on.Les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) soutiennent aussi avoir fait face, depuis dix ans, à une augmentation de 50 % de la demande, alors que leurs budgets n’ont été augmentés, eux, que de 25 %.Ces constats ont été dégagés hier, lors d’une conférence de presse organisée par différents groupes de femmes, à quelques jours du dixième anniversaire de la tragédie de Polytechnique, où 14 jeunes femmes ont été assassinées.Ensemble, les groupes de femmes ont voulu faire le point sur les acquis et les reculs enregistrés par les femmes au cours des dernières années.Au bureau de la ministre de la Santé et des Services sociaux, l’attachée de presse Nicole Bastien a souligné que la ministre Pauline Marois était très sensible aux problèmes des maisons d’hébergement, comme en témoigne le fait que leur budget n’ait pas été réduit, mais accru de 11 % depuis cinq ans.«Nous avons rencontré ces groupes de femmes la semaine dernière, et nous avons convenu de nous rencontrer de nouveau, après les Fêtes, pour reparler des questions du financement.» La saturation des ressources destinées aux femmes en difficulté reflète-t-elle un accroissement de la violence conjugale?Selon les dernières données disponibles, rassemblées dans le rapport Violence conjugale, Statistiques 1997 émanant du ministère de la Sécurité publique, la situation serait stable, mais toujours très inquiétante.Avec 534 victimes par 100 000 femmes de 12 ans et plus, en 1997, la région de Montréal avait remporté le triste palmarès québécois de la violence conjugale.Au point de vue juridique, les groupes communautaires présents à la conférence de presse ont souligné que divers projets de lois ont permis, au cours des dernières années, de mieux protéger les femmes.On a notamment souligné le projet de loi C-49, adopté en 1992, qui a apporté des précisions au concept de consentement à une relation sexuelle.Parmi les autres acquis d’importance se trouve encore, a-t-on noté, cette interdiction, désormais, de faire quelque allusion que ce soit au passé sexuel d’une victime.Bien que légalement mieux protégées, les femmes ne peuvent cependant pas crier victoire, loin de là.En cour, elles sont toujours sujettes à d’indécentes allusions.«On utilise de façon systématique les préjugés les plus grossiers pour déstabiliser et discréditer la victime d'agression sexuelle.Alors qu'elles sont victimes d’agression, on les pointe comme ayant provoqué ces agressions par leur comportement ou leur habillement», rappelle-t-on dans un communiqué distribué à la conférence de presse.Les associations de femmes ne pouvaient non plus passer sous silence nombre de comrpentaires déplacés de juges, au fil des dernières années.A titre d’exemple, elles ont mentionné la déclaration-choc du juge Denys Dionne {«Les règles, comme les femmes, c’est fait pour être violé») et du juge Jean Bienvenue («Lorsqu’une femme décide de s'abaisser, elle le fait jusqu'à un niveau de bassesse que même l’homme le plus vil ne saurait atteindre»).1 r JACQUES NADEAU LE DEVOIR Carole Tremblay, porte-parole du regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.LÙG/QU^ Étape par étape, découvrez l’un des métiers essentiels de l’industrie du multimédia.> / \ ~ R E MUITIMI OU Çyberscénario P/Jtfou/ewe Gambard Vente et service technique ROLEX GENÈVE CYBERSCENARIO La scénarisation multimédia Luc Hétu ISBN 2-89381-668-1 -176 p.24,95 $ Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive; Québec-Livres FONDATION DLS MALADIES DUGOCUR M- ?4 ¦ Lady-Datejust en acier et or 18 carats Merci.630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL.CENTRE VILLE • TEL.: 866-3876 I.E 1) E V «IR, L E M E It C It EDI I l> E C E M B It E I !» il il A 4 V H ?LE DEVOIR^ POLITIQUE Référendum La ligne dure de Chrétien et la réplique de Bouchard Bouchard rejette l’idée d’une trêve Chrétien lui demande de prendre son temps avant de répondre MARIO CLOUTIER DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC Pas de trêve, mais pas de guerre non plus.Les premiers ministres Lucien Bouchard et Jean Chrétien sont restés bien campés sur leur position respective hier dans le débat qui les oppose depuis plus d’une semaine sur le processus référendaire au Québec.M.Bouchard refuse l’idée d’une trêve soumise dimanche par M.Chrétien.Ce dernier a relancé la balle à Québec en demandant au premier ministre québécois de prendre son temps avant de lui donner une réponse définitive.A l’Assemblée nationale, le premier ministre Bouchard a baissé le ton d’un cran tout en refusant l’offre de trêve de son homologue fédéral.Solennel, il a cité Robert Bourassa en rappelant que le Québec est «une société distincte et capable d’assumer son destin et son développement».Il promet de défendre avec vigueur le droit de l’Assemblée nationale de formuler seule «une éventuelle question référendaire sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec».«Je n’entends donc pas brader, transiger ou encore renoncer aux droits du peuple du Québec», a-t-il déclaré lors d’un point de presse.M.Bouchard s’est dit surpris de l’attitude du premier ministre du Canada, qui persiste et signe dans sa volonté d’intervenir, d’une façon encore indéterminée, dans le processus référendaire québécois.«M.Chrétien a certainement été traumatisé par ce qu’on a dit de sa piètre performance durant la campagne référendaire de 1995.Peut-être veut-il réparer?Ou alors il est certainement déçu de l'avis de la Cour suprême qu’il a demandé lui-même.C'est un peu l’arroseur arrosé.» Selon lui, l’idée d’une trêve équivaudrait à accepter l’ordre constitutionnel imposé en 1982 ainsi que toutes les intrusions passées et à venir d’Ottawa dans les compétences du Québec, une spécialité du premier ministre Chrétien au cours de ses 35 ans de vie politique.M.Bouchard pense que son homologue fédéral, en prononçant des paroles qui «plaisent tant au Canada anglais», pourrait aller jusqu’à organiser les prochaines élections fédérales «sur le dos du Québec».Il soutient que les «sautes d'humeur de fin de semaine d’un politicien fédéral» ne changeront rien au processus référendaire sur la souveraineté que pourrait enclencher son gouvernement qu^nd bon lui semblera.A Ottawa, Jean Chrétien a fait la sourde oreille au rejet de sa proposition de trêve par Lucien Bouchard.M.Chrétien a renvoyé la balle au premier ministre du Québec, lui demandant de réfléchir plus longtemps à son offre.«Je pense qu’il devrait y penser encore plus, a-t-il affirmé à l’issue du conseil des ministres, à peine quelques minutes après la réplique de M.Bouchard.Il n'y a pas de presse.Je pense qu’il devrait prendre encore quelque temps pour y penser parce que je suis sûr que ça reflète les désirs les plus profonds de la population canadienne de ne pas avoir de débats là-dessus et de s’occuper des autres problèmes.» Pour le premier ministre canadien, cette proposition de trêve n’est pas le résultat d’une saute d’humeur, comme l’a soutenu Lucien Bouchard.«C'est une offre très sérieuse que nous lui avons proposée dimanche [.] J'aimerais ne pas avoir à procéder à la mise en place de la décision de la Cour suprême qui invite les participants politiques à prendre leurs responsabilités dans ce dossier.S’il ne bouge pas, nous devrons prendre nos responsabilités», a ajouté le premier ministre, refusant encore une fois de préciser la forme que prendrait l’intervention du gouvernement fédéral.Avec la Presse canadienne Lucien Bouchard Colloque international et interdisciplinaire Comprendre pour agir: Violences Victimes et Venuances Organisé par la Société de philosophie du Québec, en collaboration avec la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence.Dates: Inscriptions sur place ou à l’avance samedi, 4 décembre 1999 de 14h30 à 18h Frais d'inscription: dimanche, 5 décembre 1999 régulier 50 $ de 9h30 à 20h étudiant 5 $ Lieu du colloque: Renseignements: UQÀM, Pavillon de Sève Maria-Filomena de Sousa Auditorium DSR510 Tél.: (514) 987-3000 poste 7665# 320, rue Ste-Catherine Est Courriel: d336354@er.uqam.ca Montréal La relance du débat favorise la souveraineté, se réjouit Parizeau L’ex-premier ministre presse iMndry de se lancer dans la bataille des banques Jacques Parizeau se morfondait depuis quelque temps, estimant, par moments, que l’option de la souveraineté n’allait nulle part.Mais aujourd’hui, grâce à Jean Chrétien et, surtout, à Lucien Bouchard, l’ancien premier ministre du Québec croit que le débat politique sur la souveraineté «est reparti en grande».ROBERT DUTRISAC DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC La prise de position de Jean Chrétien, qui entend fixer des conditions pour la tenue d’un prochain référendum sur la souveraineté, et la réplique de Lucien Bouchard, qui a brandi la menace d’une déclaration unilatérale d’indépendance advenant un refus de négocier de la part du Canada, ont permis de clarifier d’un seul coup le débat politique sur la souveraineté et favorisera à terme les souverainistes.C’est l’avis de Jacques Parizeau, qui prononçait hier une allocution intitulée «La souveraineté du Québec a-t-elle un avenir?» devant des étudiants de l’Université Laval.«Enfin, c’est ouvert et c’est clair», a dit M.Parizeau.D’un côté, le Canada, interprétant l’avis de la Cour suprême sur la sécession, dit qu’il ne permettra pas à une province de se séparer sans poser des conditions extrêmement difficiles à remplir.De l’autre côté, le Québec, s’appuyant sur le même avis de la Cour suprême, fera une déclaration unilatérale d’indépendance si le Canada refuse de négocier après un référendum où le OUI l’aura emporté.Ce sont là les «deux faces» de l’avis de la Cour suprême.«C'est Janus, la Cour Suprême», a-t-il dit.«C'est beau à voir.H y a des moments comme ça en politique qu’il faut évidemment saisir.Sur le plan de l’option souverainiste, une chance comme ça, ça se présente [rarement]», s’est réjoui M.Parizeau, convaincu que les derniers événements favorisent les tenants de la souveraineté, pas dans les prochains sondages, mais à terme.Malgré ses convictions, M.Parizeau, en tant que premier ministre, n’a jamais eu l’audace d’aller aussi loin que Lucien Bouchard dans l’évocation publique d’une déclaration unilatérale d'indépendance, a-t-il indiqué.«Pour ceux qui s’attendent de moi à des critiques terribles du gouvernement, oubliez ça pour aujourd’hui.Je trouve que le gouvernement du Québec depuis quelques jours se débrouille bougrement bien», a-t-il dit devant les étudiants.Mais en dressant une liste des conditions nécessaires pour gagner un prochain référendum sur la souveraineté, Jacques Parizeau n’a pas manqué d’écorcher le gouvernement pour sa pauvre gestion, notamment «le bordel d’Emploi-Québec».Le ministre des Relations intergouvemementales canadiennes, Joseph Facal, a parfaitement raison, selon lui.«L’histoire d’horreur» d’Emploi-Québec, «ça touche une crédibilité comme souverainiste».M.Parizeau explique les lacunes dans la gestion de l’État québécois par les départs beaucoup plus nombreux que prévu de fonctionnaires en juillet 1997.Un nouveau combat: les banques Jacques Parizeau prévient que les deux seules banques à propriété québécoise, la Banque Nationale et la Banque Laurentienne, risquent de passer à des intérêts étrangers si les amendements à la Loi fédérale des banques sont adoptés par le gouvernement fédéral.Ces amendements «permettent de mettre en vente les deux banques francophones tout en mainte- nant hors d’une prise de contrôle les grandes banques anglaises.C’est gros.C’est très gros», a-t-il dénoncé.Les nouveaux amendements à la Loi des banques présentés par le ministre des Finances Paul Martin prévoient notamment que les banques qui disposent d’un capital de moins de un milliard puissent être possédées en totalité par un seul actionnaire.Seules la Banque Laurentienne et la Western Bank, dans l’ouest du pays, tombent dans cette catégorie.Présentement, un actionnaire unique ne peut posséder plus de 10 % d’une banque canadienne.Pour les banques dont le capital se situe entre un milliard et cinq milliards, la limite de propriété s’établit à 65 %.Seule la Banque Nationale est dans ce cas.Pour les grandes banques canadiennes, la limite passerait de 10 % à 20 %.Jacques Parizeau presse le vice-premier ministre et ministre d’Etat à l’Economie et aux Finances, Bernard Landry, de se lancer dans cette bataille.Comme le Québec n’a aucune compétence explicite en matière de banques, un secteur qui relève exclusivement du fédéral, «M.Landry a une opération politique majeure à mener en conjugaison avec le Bloc québécois».M.Parizeau est présentement conseiller spécial du Bloc québécois.Pacte fiscal Québec tient mordicus au transport scolaire Les négociations se poursuivront jusqu’à la semaine prochaine MARIO CLOUTIER DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC Le transport scolaire demeure au centre des discussions entre le gouvernement et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en vue de la conclusion, pas avant la semaine prochaine, d’un nouveau pacte fiscal municipal.En fait, la ministre Louise Harel disait attendre hier de nouvelles propositions de l’UMQ en fin de journée dans le but de permettre des baisses de taxes municipales si les commissions scolaires recueillent la gestion du transport des écoliers et haussent les taxes scolaires.Il s’agit du seul scénario analysé en ce moment.«Tous les transferts de responsabilités ont été envisagés, rappeile-t-elle.Dans le cas des services de police de base, cela signifiait une augmentation des charges sur le monde rural.(.) Nous avons examiné au delà d’une trentaine de responsabilités proposées.» La ministre des Affaires municipales et de la Métropole ne doute pas de la volonté de l’UMQ d’en venir à une entente.Le but poursuivi par Québec, affirme-t-elle, est toujours de trouver un terrain d’entente qui n’ajoutera pas au fardeau fiscal des contribuables.Pour ce faire, la ministre Harel n’exclut toujours pas le recours à un «mécanisme contraignant» les municipalités à baisser leurs comptes de taxes pour compenser la hausse des taxes scolaires.La ministre Harel cherche également un compromis sur la fiscalité d’agglomération pour appuyer les villes de centralité qui ont des responsabilités régionales.Elle s’inspire d’une «entente de principe» intervenue récemment entre Montréal et ses banlieues pour inciter les municipalités à accepter un nouvel équilibre régional.En retour, elle s’enga- ge à élargir les sources de revenu disponibles aux villes et villages, autres que le champ foncier.De son côté, l’UMQ se dit toujours optimiste quant à la possibilité d’écrire «un texte» qui aura l’appui de la majorité de ses membres.L’union rappelle que plusieurs municipalités ne peuvent tout simplement plus reporter vers l’avant des travaux d’infrastructures en raison de la facture gouvernementale de 356 millions.Pour éliminer la facture et baisser les taxes municipales, elles insistent pour obtenir des modifications aux lois du travail afin d’abolir notamment les onéreux planchers d’emploi.Les discussions se poursuivent également avec la Fédération des commissions scolaires et la Fédération québécoise des municipalités.Avec l’autre union municipale, Québec envisage d’autres responsabilités que la facture des Centres locaux de développement (CLD) puisqu’il s’agit d’une toute nouvelle réforme du gouvernement.La voirie locale représenterait également un obstacle, souligne la ministre Harel.«Il s’agit de 1400 employés du gouvernement dont 75 % sont des permanents.Chaque fois, il y a une nuance extrêmement importante qui vient complètement diminuer la portée de ce qui pourrait être transféré.» i uéttfHU.MU rcüitï LC I imUniL MU fiiii i U'nflMitJUI NOt* h iî TRHVHr’w' «WIP II '/gWAILAUNir Québec ^mmmmmmmmÊmmiÊUÊÊiiKÊÊiÊmÊÊtÊÊHÊm fijçm&uŒmxSBmBSsSmÊlËKÊÊIÊKÊÊÊÊIÊÊIKIÊÊÊÊIIÊÊÊKÊ WÊÊBÊKM H m WÈÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ LE CALME AVANT LES AFFAIRES.BAGOTVILLE SANS ESCALE.Pour réussir en affaires, il faut se lever tôt.Votre présentation est prête.Vous avez pris le premier vol, un Dash 8.Un de nos sept départs à destination de Bagotville.Tous sans escale.Aucun autre transporteur aérien n'en offre autant.Et maintenant, vous vous préparez mentalement.On se comprend.airNova airAlliance 6 h 45 9 h 35 13 h 10 15 h 16 h 18 h 20 20 h 30 TOUS SANS ESCALE mmmm I, E I) E V OIK, L E M E K C R EDI I 1) E l' E M B R E I !» !» !» A 5 LE DEVOIR LE MONDE Les comptes bancaires secrets Kohl avoue Lex-chancelier nie cependant Vexistence de pots-de-vin Le nouveau gouvernement se met au travail Jour 1 en Ulster Les apprentis ministres font montre de bonne volonté l’AUl.Ml KKI-ANK KKUTKKS fëïïïïîijïÊ'wf?* Le «mur de paix», ligne fortifiée séparant les quartiers catholiques et protestants, est demeuré en place malgré les récents bouleversements ERIK KIRSCHBAUM REUTERS Berlin — Helmut Kohl a reconnu hier qu’il avait utilisé durant ses 16 ans au pouvoir divers comptes bancaires secrets pour recevoir des fonds pour son parti mais a nié avoir jamais accepté des pots-de-vin.Interrogé par ses pairs de la CDU sur ce scandale, l’ancien chancelier a «regretté l'absence de transparence qui en a découlé et la probable contravention aux règles du financement des partis».Helmut Kohl faisait l'objet de pressions grandissantes, au sein de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), pour expliquer ce qu’il savait d’un don en liquide d’un million de marks (520 000 $) fait par un marchand d’armes en 1991.La somme aurait été remise cachée dans une valise, sur un parking.La justice enquête sur des soupçons de fraude fiscale concernant ce don.Helmut Kohl, chancelier de 1982 à 1998, avait d’abord assuré qu’il n’avait jamais rien su de ce don, ce qui contredit les déclarations d’un ancien trésorier de la CDU, Walther Leisler Kiep.Il a assuré avoir distribué les fonds concernés, déposés dans la même banque où se trouve le compte principal de la CDU, pour alimenter les caisses des fédérations régionales du parti alors que la loi requiert que toutes les donations substantielles soient déclarées.Mais il a catégoriquement démenti avoir touché des pots-de-vin de la part des bienfaiteurs du parti.Le régne Kohl s’est achevé abruptement l’an dernier — il n’est plus aujourd’hui que simple député — mais cette affaire s’avère embarrassante pour les espoirs de reconquête électorale de la CDU.La direction de la CDU a pour sa part souligné que ces comptes bancaires n’étaient liés à aucune affaire de corruption mais qu’ils témoignaient simplement du style de gestion très personnel de l’ancien chancelier.«Helmut Kohl a conduit le parti de façon patriarcale et s'occupait de tout le monde.Son style patriarcal impliquait que les règles n’étaient pas respectées comme nous le voudrions aujourd'hui», a souligné le nouveau n° 1 de la CDU, Wolfgang Schaeuble, tout en se disant persuadé que «personne ne s’est enrichi personnellement».AGENCE FRANCE-PRESSE ASSOCIATED PRESS Belfast — A peine nommés, un peu ébahis, incrédules et ravis, les apprentis ministres catholiques et protestants du premier gouvernement multiconfessionnel d’Irlande du Nord se sont retrouvés hier pour leur premier jour de travail.Non loin de là, dans un autre bâtiment de Stormont, à Belfast, l’Assemblée législative de la province était réunie pour répartir les différents postes des commissions de 11 membres chargées de chapeauter les dix départements ministériels.L’équilibre confessionnel s’annonçait délicat à mettre en place.Pendant ce temps, à Londres, le Parlement examinait en urgence le transfert historique de pouvoirs au gouvernement semi-autonome de Belfast, où frères ennemis catholiques et protestants doivent cohabiter à compter de demain.La navette entre la Chambre des communes et celle des lords est de pure forme: à quelques bémols près, les trois grands partis sont d’accord pour l’abolition de l’administration directe exercée par Londres sur la province depuis un quart de siècle.Le gouvernement nord-irlandais, constitué lundi avec la désignation de dix ministres issus des deux communautés rivales, héritera, sous la houlette du premier ministre protestant, David Trimble, de larges prérogatives dans le domaine de l’économie, de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et des transports notamment.Afin d’éviter de heurter les susceptibilités, les travaux de l’Assemblée débuteront sans God Save the Queen ni Union Jack au faîte du parlement de Stormont.Le gouvernement de Londres n’en conservera pas moins un rôle important.Il fixera le budget de la province et maintient jusqu’à nouvel ordre près de 13 000 soldats dans la province issue de la partition de l’île d’Irlande en 1921.Faire ses classes Le premier ministre, David Trimble, son adjoint, Seamus Malion, et les dix autres ministres sont des néophytes n’ayant jamais occupé de en Irlande du Nord.fonctions gouvernementales, en 30 ans de guérilla intercommunautaire.«Tous, les ministres mais aussi les membres des ministères, nous allons devoir apprendre à exercer de véritables responsabilités, et ce, pour la première fois de nos carrières politiques», a déclaré le ministre des Finances et du Personnel, Mark Dur-kan, catholique modéré du Parti social-démocrate et travailliste (SD LP, quatre portefeuilles).Pour Martin McGuinness, ministre de l’Éducation et l’un des deux représentant du Sinn Féin au gouvernement, le changement est encore plus radical.Il y a moins de cinq ans, d;uis la foulée de la trêve de l’Armée républicaine irlandaise, l’ancien commandant militaire de LIRA gravissait pour la première fois les marches du château de Stormont pour négocier avec des fonctionnaires britanniques.Hier, il a commencé à en avoir sous ses ordres.Signe de bonne volonté, le ministre du Développement régional, Peter Robinson (Parti unioniste démocrate, DUP), a fait un pas en direction des catholiques en parlant de «Londonderry-Derry»: la deuxième ville du pays est Londonderry pour les protestants, mais les catholiques qui y sont majoritaires l’appellent Derry.Enfin, les deux femmes du nouvel exécutif, les catholiques Brid Rodgers et Bairbre de Brun, n’ont pas résisté au plaisir de publier en gaélique, cette langue peu usitée mais légalisée il y a sept ;uis, le premier communiqué de presse du gouvernement britannique émis depuis Belfast.FABRIZIO BENSCH REUTERS Helmut Kohl hier, lors de sa conférence de presse.Manifestation en Corse contre la violence Soulagement après 30 ans KEVIN MCELDERRY A G E N C E F R A N C E - P R E S S E Belfast — «J’ai quatre enfants, et s'il faut en arriver à une Irlande unifiée pour qu'ils puissent grandir sans terrorisme, eh bien, je suis prêt à l’accepter», lâche Martin Williams, un chauffeur de taxi protestant de Belfast.Sans enthousiasme débordant mais avec un réel soulagement, la majorité des Nord-Irlandais commencent à savourer la paix naissante sous leurs yeux après trois décennies de guerre civile larvée qui ont déchiré protestants et catholiques.La signature de l’accord de paix d’avril 1998, qui acceptait le principe d’un partage du pouvoir entre les deux communautés rivales, avait suscité des débordements de joie en Ulster.Vingt mois après, point de drapeaux dans les rues.Les réactions sont plus mesurées au moment où le gouvernement multiconfessionnel se met en place.Rien n’est tenu pour acquis dans une province qui a si longtemps vécu au rythme du sectarisme religieux.Mais l’espoir d’une ère nouvelle de partenariat est réel.Un protestant qui, jusqu’ici, a toujours considéré le leader du Sinn Féin (aile politique de LIRA), Gerry Adams, commç un «terroriste invétéré» reconnaît avoir changé d’avis.A présent, «je pense qu'il est réellement en faveur de la paix, de même que Martin McGuinness», soupçonné d’avoir été l’un des chefs de LIRA et désormais ministre de l’Éducation, dit-il.«Il faut leur accorder le bénéfice du doute», ajoute-t-il.Michael Gallagher, un catholique qui a perdu son fils l’an dernier lors de l’attentat d’Omagh (29 morts) perpétré par des dissidents de LIRA, se veut tout aussi optimiste.«Toutes les personnes raisonnables en Irlande du Nord sont ravies de voir que nous nous sommes hissés sur le premier barreau de l’échelle», confie-t-il.Le monde des affaires dans la province, qui milite depuis le début en faveur du processus de paix, voit désormais s’ouvrir de nouvelles occasions après 30 ans de confrontation qui ont échaudé les investisseurs.«La plupart des entrepreneurs souhaitent tout simplement faire leur travail.Ils veulent une société stable», explique Frank Cunningham, un comptable de Belfast.Sous la nef du mémorial des Martyres, l’église où le tonitruant pasteur protestant Ian Paisley délivre ses prêches incendiaires, l’atmosphère est beaucoup moins conciliante.«David Trimble Ile nouveau premier ministre protestant] nous a vendus», tempête Stephanie, 26 ans.«J'ai eu des parents tués lors des troubles.» Et même si nombre de protestants sont prêts à prendre le pari de la paix, ils ne font pas confiance à LIRA pour désarmer: «Ily a autant de chances qu’elle le fasse que moi d'aller sur la Lune», dit Martin Williams.Un groupe inconnu revendique les attentats REUTERS Tchétchénie VLADIMIR SUVOROV REUTKRS A Des réfugiés tchétchènes se réchauffent dans le village de Nasyr-Kort.Les Russes font face à une forte résistance AGENCE FRANCE-PRESSE ASSOCIATED PRESS Ajaccio — Un groupe inconnu jusqu’alors, Clandestine a revendiqué hier auprès de France 3 Corse les deux attentats à l’explosif qui ont visé jeudi dernier les bâtiments de l’Urssaf et de la Direction départementale de l’équipement à Ajaccio.Aucun détail n’était disponible dans l’immédiat sur la teneur de la revendication.Par ailleurs, environ 2000 personnes se sont rassemblées en fin de matinée devant la préfecture de Bastia (Haute-Corse) pour protester contre le double attentat et la montée de la violence dans l’île.Cette manifestation a été organisée à l’appel des syndicats CFDT, CGT, FO, FSU et UNSA de la fonction publique, ainsi que par des femmes du Manifeste pour la vie.La plupart des écoles et administrations sont restées fermées, l’hôpital de Bastia n’a assuré qu’un service minimum et toutes les mairies du département ont gardé portes closes.Ce matin, une nouvelle manifestation est prévue à Ajaccio.La Russie a annoncé hier avoir démasqué une diplomate américaine qui se livrait à des activités d’espionnage mais a visiblement tenu à ne pas donner à cette affaire une ampleur disproportionnée.Cette affaire intervient quelques heures seulement après l’annonce à Washington de l’inculpation pour espionnage au profit de Moscou d’un sous-officier de la marine américaine.Les États-Unis ont confirmé qu’un «incident» était survenu à l’ambassade à Moscou tout en s’abstenant de faire des commentaires.En marge de cette mobilisation, une dizaine de fausses alertes à la bombe ont été enregistrées dans la matinée, après une vingtaine la veille.Des établissements scolaires et des administrations ont à nouveau été évacués par mesure de sécurité.Le procureur de la République d’Ajaccio, Jacques Dallest, a mis en garde «les petits malins et les inconscients qui multiplient les appels» en rappelant qu’ils encouraient des peines pouvant aller jusqu’à deux ans ans de prison.De son côté, Lionel Jospin a exhorté hier les élus de Corse à prendre leurs responsabilités après les attentats de la semaine passée à Ajaccio et a annoncé qu’il les recevrait «très rapidement» à Matignon.«Face au sentiment de malaise et de crispation qui persiste, les élus de l’île doivent dire ce qu'ils souhaitent en toute clarté, quelles sont leurs propositions, leurs réponses aux attentes de la population», a-t-il dit.«Je suis prêt à recevoir à l’hôtel Matignon très rapidement, dès que possible, les élus de la Corse, ensemble, pour en débattre avec eux», a-t-il ajouté.L’incident éclate à un moment où les relations entre les deux pays sont à leur plus bas depuis la fin de la guerre froide, il y a dix ans.Le service fédéral de sécurité (FSB), héritier du KGB, a annoncé avoir brièvement appréhendé une deuxième secrétaire d’ambassade alors qu’elle tentait de se procurer des documents militaires secrets auprès d’un ressortissant russe.Elle aurait été interpellée en possession d’un matériel d’espionnage digne de James Bond .La diplomate, que l’agence Itar-Tass dit s'appeler Chéri Leberk-night, a été interrogée en présence du consul américaine.Victimes d’un cartel Découverte de charniers au Mexique ASSOCIATED PRESS Ciudad Juarez — Plus d’une centaine de personnes victimes d’un cartel de la drogue mexicain pourraient être enterrées dans deux ranchs de la ville mexicaine de Ciudad Juarez, à la frontière avec les États-Unis, a déclaré hier le ministre mexicain de la Justice.Selon Jorge Madrazo, il pourrait s’agir de victimes du cartel de Juarez, dirigé par Amado Carrillo Fuentes, qui dominait le trafic de cocaïne au milieu des années 90.Amado Carrillo Fuentes est mort en 1997 à la suite d’une opération de chirurgie plastique.Sa disparition a été suivie par une guerre pour le contrôle du cartel, qui a fait plusieurs dizaines de morts.Plusieurs dizaines de soldats en armes, certains cagoulés, avaient été postés lundi soir près de l’un des ranchs, isolé à 16 kilomètres au sud de Ciudad Juarez et protégé des regards par un mur d’enceinte et un haut portail.Les agents mexicains et américains sont revenus hier pour poursuivre les recherches.Les exhumations devaient commencer dans l’après-midi d’hier, selon la chaîne de télévision américaine CBS.Le FBI a envoyé des agents et des experts en médecine légale.Selon un agent fédéral américain qui a requis l’anonymat, une centaine de corps ont été retrouvés.Il s'agit de Mexicains et d’une vingtaine d’Américains.Rodrigo Falcon, 18 ans, a déclaré que lui et sa famille gardaient le ranch en l’absence de son propriétaire, un certain Jorge Ortiz, d’El Paso, qui n’y a pas habité depuis un moment.Le jeune homme a ajouté qu'en rentrant du travail, il avait trouvé les soldats qui l’avaient empêché de rentrer.Les autorités n’ont pas précisé quand l’existence de ces cadavres avait été découverte.Grozny — Les Russes, qui ont bombardé hier Grozny et plusieurs localités, dont Ourous-Mar-tan, font face à une résistance accrue des Tchétchènes qui multiplient les opérations commandos et ont livré de violents combats dans l’est de la république caucasienne indépendantiste.«Nous sommes constamment attaqués, y compris la nuit, dans des endroits pourtant revenus sous notre contrôle», résume un officier russe, Valeri, dont les troupes bombardent Ourous-Martan, à 20 kilomètres au sud-ouest de Grozny.Et depuis quatre jours, les Russes sont confrontés à une contre-attaque des Tchétchènes dans la région de Goudermès, deuxième ville de la république.Les bombes pleuvaient toujours sur Grozny hier, les avions russes ayant auparavant fait tomber sur la capitale martyr des tracts promettant aux civils de les laisser partir par un «corridor» humanitaire sécurisé, dont certains chefs tchétchènes démentaient l’existence.Les combats les plus violents se déroulaient autour d’Ourous-Mar-tan, dernier verrou protégeant Grozny de l’avancée des troupes fédérales, qui l’encerclent déjà par le nord, l’est et l’ouest.Les Russes eux aussi ont intensifié leurs opérations sans se préoccuper le moins du monde de l’arrivée lundi à Moscou du chef de la diplomatie norvégienne, Knut Vollebaek, président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).Ce dernier, qui veut se rendre à Grozny pour constater de visu la situation sur le terrain, n’a reçu aucune assurance en ce sens.Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui a une équipe prête à partir pour le nord du Caucase via Stavropol, dans le sud de la Russie, a déploré n’avoir encore reçu aucune garantie suffisante concernant la sécurité de son personnel, et ce, malgré les promesses faites à Moscou à Sadako Ogata.Défense européenne La France et l’Allemagne veulent des avancées ASSOCIATED PRESS Paris — La France et l’Allemagne ont appelé hier leurs partenaires de l’Union européenne à faire des «avancées substantielles» dans le domaine de l’Europe de la défense lors du Conseil européen d’Helsinki, les 10 et 11 décembre prochains.Dans une déclaration commune, adoptée lors du sommet franco-allemand, les deux pays demandent à leurs partenaires d’effectuer des «progrès décisifs» pour le développement des capacités militaires de l’UE et la mise en place d’organes de décision.«Ces éléments sont indispensables pour donner à l'UE la capacité autonome de décider et, là où l'Alliance [atlantique] en tant que telle n’est pas engagée, de lancer puis de conduire des opérations militaires», souligne la déclaration.A ce titre, Paris et Berlin recommandent aux Quinze «d'appuyer» la proposition élaborée par la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne, intitulée Organes militaires, planification et conduite d’opérations menées par l’Union européenne.Ce document, précise-t-on à l’Élysée, décrit de façon précise «les structures militaires dont ont besoin les Européens».Il sera transmis à la présidence finlandaise de l’Union avant le sommet d’Helsinki.Français et Allemands avancent des propositions précises, notamment la constitution de «capacités communes» européennes dans le domaine du renseignement militaire.Ils proposent aussi de créer à terme un commandement européen du transport aérien «afin de gérer en commun les moyens européens de transport aérien militaire disponibles et de coordonner l’emploi des moyens civils éventuellement utilisés».Les deux pays affirment aussi leur volonté de parvenir à une «décision commune» sur le développement «de toute façon nécessaire» d’un avion de transport européen commun (ATF).Washington confirme un «incident» Moscou démasque une espionne américaine AG E N C E F RANG E- P R ESSE REUTERS « LE DE V 0 1 R .LE M E R C R E D I I I) E C E M B R E I !) !) {) A 6 t R ÉDITORIAL Le surréalisme à Seattle Il y a quelque chose de surréaliste à ces manifestations de milliers de jeunes militants qui, par l’intermédiaire de ce nouvel outil de communication sans frontières qu’est Internet, se sont donné rendez-vous à Seattle pour protester contre l’ouverture des frontières.a ronde de négociations qui s’amorce péniblement ces jours-ci à Seattle comporte des enjeux cruciaux auxquels tous ne sont visiblement pas prêts à faire face.Il ne faut donc pas s’attendre à des conclusions rapides ou faciles à l’issue de ces négociations entre les 135 pays membres, chacun s’étant présenté avec sa ribambelle d’exigences à l’endroit des autres et son catalogue d’exceptions pour lui-même.Un échec est même possible, sinon probable, ce qui serait malheureux.Car, contrairement à ce que prétendent les opposants, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’est pas l’ennemi des peuples; au contraire, c’est l’un des rares lieux où il soit possible de négocier des accords que tous les pays s’engageront à respecter par la suite.En fait, comme ce fut toujours le cas dans l’histoire de l’humanité, l’un des plus grands ennemis de la paix et de l’amélioration du sort des peuples, ce n’est pas l’ouverture des frontières au commerce mais, au contraire, le protectionnisme.Aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, les peuples ont besoin de tisser des liens étroits avec leurs voisins.Or, comme l’ONU, l’OMC est l’un des rares lieux de rencontre et de négociation en mesure de mettre un peu d’ordre dans les rapports entre les pays.Et grâce au mécanisme de règlement des différends, il est désormais possible de trouver des solutions civilisées à des conflits commerciaux qui, il n’y a pas si longtemps, auraient pu dégénérer.Dans ces conditions, comment prétendre que l’OMC soit un monstre au service du marché sauvage?Au contraire, l’OMC est là pour mettre de l’ordre dans les rapports commerciaux entre les pays.Non pas comme un gouvernement qui déciderait par-dessus la tête des Etats membres, mais comme un tribunal qui applique les règles négociées entre les gouvernements.Si les accords ne sont pas clairs, la faute n’en revient pas à l’OMC mais aux pays membres.Le Canada plus que tout autre pays du monde vit du commerce international.Chaque fois qu’un pays concurrent ne respecte pas une entente signée à l’OMC, comme ce fut le cas pour le Brésil, reconnu coupable d'avoir subventionné indûment un fabricant d’avions concurrent de Bombardier, ce sont, des travailleurs d’ici qui en subissent les conséquences.Dans ces conditions, non seulement est-il normal de s’attendre à ce que l’OMC franche mais aussi qu’elle impose des sanctions.Cela dit, les règles actuelles sont encore pleines de trous.A titre d’exemple, les industries de services (finance, assurances, services professionnels, etc.) qui composent désormais la plus grande part du PIB des pays développés ne font toujours pas l’objet d’ententes internationales.De même pour l’agriculture.Le Canada et le Québec profiteraient d’une éventuelle règle interdisant les subventions à l’exportation de produits agricoles puisque, contrairement à l’Europe et aux Etats-Unis, nous soutenons peu nos exportations agricoles.En revanche, tous reconnaîtront qu’il devient gênant d’imposer des droits de douane de 300 % sur le beurre importé, ce qui accroît le prix à la consommation pour les Canadiens et rend difficile notre position de pays exportateur de porc, de bois et de bien d’autres produits.Tout n’est pas parfait dans ces accords internationaux, loin s’en faut.C’est précisément pourquoi il faut continuer de négocier.Pour obtenir des gains du côté des services et de l’agriculture, certes, mais aussi pour faire reconnaître des principes qui sont loin de faire l’unanimité dans le monde.C’est le cas notamment de la diversité culturelle, très importante pour nous mais qui l’est moins pour l’Allemagne ou l’Angleterre.C’est le cas encore du droit des gouvernements nationaux de protéger la santé et l’environnement sur leur territoire, des thèmes sensibles où nous avons sans doute plus à perdre qu’à gagner.D’où l’importance de rester vigilant.Voilà aussi pourquoi il faut encourager la poursuite des négociations et non se satisfaire de les condamner bêtement.Le Canada et le Québec sont, de tous les pays du monde, parmi ceux qui dépendent le plus du commerce international.Cette vérité, ne l’oublions jamais.jrsansfacon@ledevoir.ca Un géant économique s’éveille : peine l’encre du traité qui va permettre à la Chine de faire en- A tendre sa voix au sein de l’Organisation mondiale du commerce venait-elle de sécher que le premier ministre Zhu Rongji imprimait sa signature sur un autre accord dont l’impact économique sera aussi puissant que celui qui a donné naissance à l’Union européenne.L==J En effet, simultanément à l’amorce des pourparlers qui se poursuivent dans le cadre de l’OMC, les dix nations qui composent l’Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) augmentées de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud ont fait un geste qui va obliger toutes les autres nations du monde à modifier leur agenda économique.En un mot comme en mille, ces pays asiatiques se sont entendus pour créer rien de moins qu’un marché commun et une monnaie unique en l’an 2010.L’objectif consistera à contrecarrer au plus tôt les ambitions économiques des Nord-Américains et des Européens.Lorsqu’on prend en considération les incroyables difficultés que supposent la mise en scène Serge Truffaut et la mise en place de cette nouvelle zone de libre-échange, on ne peut que constater que la date fixée est en soi très révélatrice de la ferme volonté avec laquelle les autorités politiques entendent mener cette affaire.Elles sont allées jusqu’à devancer de cinq ans l’abolition des barrières tarifaires.A titre indicatif, on se rappellera que la monnaie unique européenne a vu le jour plus de 40 ans après les balbutiements du marché commun.Cela étant, circuleront librement tous les produits et services, à l’exception du riz, des pays suivants: la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le Brunei, l’Indonésie, la Malaysia, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, la Birmanie et le Vietnam.Dans cette partie du monde vivent actuellement plus de deux milliards de personnes, c’est dire l’importance du marché intérieur.Quant au PIB combiné de ces nations, il avoisine actuellement les 8000 milliards de dollars américains.Si l’on prend les exportations et importations comme point de comparaison, alors on observe qu’une fois opérationnel, ce marché sera le plus puissant, le plus influent du monde.D’autant que la création d’une monnaie unique aura naturellement pour conséquence une soustraction, une réduction des pouvoirs dont disposent actuellement les pontes de Wall Street et de la City de Londres.Ces derniers n’auront donc plus le loisir de jouer une monnaie contre une autre; de spéculer un jour contre le baht thaïlandais et le lendemain contre le yen japonais.Ainsi, après l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, le Pacifique, la naissance d’une puissance économique tentaculaire est à l’agenda de l’Histoire.Et tout ce chambardement va se faire en l’absence d’une des deux grandes puissances du XX' siècle: la Russie.La Russie qui, encore une fois, va rester sur la touche.Jean-Robert Sansfaçon ?LF.DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-AN DRÉE LAM ONTAG N E Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ NVCa'iN N'uTÎLiStltA Plus P£ PeuwMfî DeTeRRC MOD'ifiEfS
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