Le devoir, 29 novembre 1999, Cahier A
?FONDÉ EN 19 10 ?l®u** «g LE MONDE LES ACTUALITÉS L’ETA INTER-CANADIEN REPREND « INTERROMPT LES ARMES TOUS SES SERVICES PAGE A 5 PAGE A 3 CULTURE LES SPORTS LE RETOUR LES BILLS INTIME DE ?EN DOIVENT UNE JULIEN CLERC AUTRE À FLUTIE PAGE B 8 PAGE B 5 LE DEVOIR PERSPECTIVES Le bourbier corse Les nationalistes corses s’entretuent à coups de bombes.Les services de polices français se déchirent à coups de révélations.Le gouvernement ne sait plus quoi faire.Une chatte n’y retrouverait pas ses petits.Les deux attentats des nationalistes corses contre des édifices publics qui ont fait trois morts jeudi à Ajaccio ne représentent pas seulement la nième agression d’une bande de tueurs fous.Vu du vieux continent, l’événement survient à un moment précis çt marque un tournant dans l’affrontement qui oppose l’État français à une nuée de fractions terroristes qui ne cessent de s’entre-déchirer.Les explosions filmées en direct par la télévision corse, qui a été prévenue la première, ont fait trois morts et se sont déroulées en plein jour.Ce n’est pas la première fois.En 1991 et en 1996, les terroristes avaient aussi frappé en pleine journée au cœur de la ville.Mais le terrorisme corse s’était le plus souvent attaqué à des édifices en évitant de faire trop de victimes civiles.Cette fois, signe de l’exacerbation du conflit, les terroristes s’en prennent indifféremment à la population sans craindre les coûts humains de leurs actions.Deux mois après la visite de Lionel Jospin, qui a posé le renoncement à la violence comme préalable à toute discussion sur l’évolution de l’île, les groupes nationalistes se li-C h ri si i a n vrent à une véritable surenchère.Au R io ii x cours de la semaine dernière, le FLNC-Canal historique avait reven-?diqué trois attentats contre des bâtiments publics, une opération commando et des actions contre des résidences secondaires.Pour le gouvernement français, ces attentats arrivent au plus mauvais moment.Ses relations avec l’île ne cessent de s’envenimer.On croyait la gauche plus intègre et mieux placée — c’est ce qu’elle professait — que les anciens ministres de droite pour imposer le respect.Or, depuis plusieurs mois, les remontrances du gouvernement sont à la mesure de ses carences.Le préfet à poigne Bernard Bonnet, nommé pour rétablir l’ordre, a été accusé au printemps d’avoir été impliqué dans l’incendie d’une paillotte, une de ces cantines improvisées qui fleurissaient illégalement sur les plages.Le gouvernement est parvenu de justesse à se faire pardonner cette affaire grâce à l’identificatiop soudaine des responsables de l’assassinat du préfet Érignac, le prédécesseur de Bonnet, assassiné par les nationalistes.Si les hauts fonctionnaires semblaient peu respectueux de la loi, au moins la police faisait-elle son travail.Ce dernier mythe s’est effondré la semaine dernière.Deux rapports parlementaires sont venus jeter un peu plus d’ombre sur le bourbier corse.On y apprend que la guerre des polices qui fait rage dans l’île n’a rien à envier à celle qui oppose les terroristes entre eux.Le numéro deux de la police judiciaire et chef de la Division nationale antiterroriste, Roger Marion, a affirmé aux membres d’une commission que les services de renseignement et la police judiciaire d’Ajaccio étaient responsables de la fuite dTvan Co-lonna, le nationalisé accusé de l’assassinat du préfet Érignac.Marion laisse entendre que l’ancien patron de la police judiciaire d’Ajaccio, Demetrius Dragacci, a lui-même averti le père de Colonna que son fds était surveillé.La situation est plus qu’embarrassante pour le ministre de l’Intérieur qui parle de «tentatives de déstabilisation».Jean-Pierre Chevènement avait lui-même nommé Marion aux plus hautes responsabilités contre l’opinion du premier ministre, Lionel Jospin.On nage en pleine Omertà.Sauf qu’ici, le feuilleton dure depuis 20 ans, qu’il a entraîné plus de 10 000 actes de violence (la moitié revendiqués) et causé la mort de 70 personnes.Les parlementaires n’ont pas épargné la droite puisqu’ils citent le directeur adjoint des renseignements généraux disant que l’ancien ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, a directement négocié avec les terroristes en 1996.Ce que nie ce dernier.Plusieurs estiment d’ailleurs que les dernières actions terroristes ont pour but de forcer le gouvernement Jospin à faire la même chose.Le premier ministre a expliqué il y a deux mois qu’aucun dialogue ne serait possible avant l’arrêt de la violence.Cet attentat est «une réponse désespérée», selon François Santoni.Le député nationaliste dit que la population est prise en étau entre la «rigidité de l’Etat» et la radicalisation des nationalistes, dont les organisations terroristes n’obéissent pas qu’à VOIR PAGE A 8: BOURBIER «Un aiguillon douloureux planté dans une république malade de son immobilisme» M É Montréal Averses de neige dispersées.Max: 0 Min:-2 T É 0 Québec Nuageux.Max: 0 Min: -3 Détails, page B 5 1 N 1) E X Annonces.B 5 Ix“ monde .A Avis publics .B 3 Ix“s sports .B Culture .B 8 Mots croisés.B .A (i Planète .B Entrevue.B 1 Religions .B Idées .A 7 Télévision .B www.ledevoir.com Carte blanche pour Chrétien Les militants de l’aile québécoise du Parti libéral laissent le soin à leur chef de déterminer la stratégie référendaire fédérale HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le premier ministre Jean Chrétien est déterminé à aller de l’avant avec son intention de définir ce qu’il entend par une question et un résultat référendaires clairs.Ses militants du Québec réunis ce week-end en congrès à Hull lui ont donné carte blanche, malgré une timide invitation à la prudence.Dans son discours de clôture hier, le chef du Parti libéral a réitéré intégralement sa stratégie référendaire: il n’at- tendra pas un prochain référendum avant de déterminer ce qu’il entend par une question et une majorité suffisamment claires pour obliger son gouvernement à négocier une sécession avec le Québec.Cela est, selon lui, «sa responsabilité» en tant que premier ministre.«Je n’ai pas l’intention de leur [le gouvernement de Lucien Bouchard] dicter une question, mais nous avons une responsabilité.C’est nous qui déciderons s'il y a une négociation.Et on ne le dira pas après le référendum quelles sont les conditions, on va leur dire longtemps avant un référendum.» «On a eu deux référendums, avec des questions claires.Ils n ’ont jamais accepté le vote populaire, et on devrait attendre, à rien faire, deux semaines avant le référendum pour dire qu’est-ce que l'on pense?Voulez-vous savoir, mes amis?Ce serait irresponsable.» M.Chrétien a même invité le premier ministre du Qué-VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN ¦ Autres informations en page A 2 i ifrfii AGENCE FRANCE-PRESSE TOUT en retenant votre souffle jusqu’à Noël, n’oubliez pas de bien faire boire votre sapin naturel ou, au besoin, de le nourrir! C’est bien la discipline à laquelle doit se soumettre la plongeuse Yuko Sotte, à l’aquarium Sunshine, de Tokyo.Parce que chacun a sa façon de célébrer, cette originale institution a choisi d'exposer son arbre sous l’eau et de le décorer, entre autres, de poissons exotiques.Ne reste qu’à espérer que le père Noël soit bon nageur et qu’il prévoie quelques vêtements de rechange.Les Cris célèbrent la « souveraineté limitée» du Canada Le Grand ChefTed Moses accuse Ottawa de se soustraire à ses obligations de fiduciaire MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le Grand Conseil des Cris se réjouit d'une décision rendue jeudi dernier par la Cour supérieure du Québec qui a constaté la «souveraineté limitée» du Canada sur le territoire de la Baie James.La Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) est protégée par la Constitution, indique le jugement.Elle consacre les obligations fiduciaires du Canada envers les Cris et protège les droits de ces derniers contre les empiètements législatifs.«Ce jugement démontre que les droits des Cris sont importants et limitent ceux du Canada», pense le Grand Chef des Cris, Ted Moses.Le juge Jean-Claude Croteau a rejeté jeudi la requête du gouvernement fédéral qui souhaitait ne pas être considéré comme défendeur — aux côtés du Québec — dans l’action des Cris devant la Cour supérieure concernant le régime forestier du nord québécois.Ottawa soutenait que la Cour supérieure du Québec n’avait pas la compétence d’une Cour fédérale qui lui permettrait de le convoquer comme défendeur.Le juge Croteau en a décidé autrement prétextant que l’immunité d’Ottawa ne s’étend pas aux questions constitutionnelles.C’est le cas, selon le magistrat, de la cause des Cris sur un régime forestier qui a été établi dans la Convention de la Baie James et est protégé par la Constitution.«Lorsque le Parlement canadien, dit le jugement, a adopté la Loi constitutionnelle de 1982, ses modifications en 1983 et la Loi sur la mise en œuvre de la Convention de la Baie James et du Nord québécois, il a choisi de limiter sa souveraineté.» Ce qui n’enlève rien aux devoirs de fiduciaire d’Ottawa, poursuit le Grand chef des Cris, Ted Moses.A la lecture du jugement, il affirme que la CBJNQ est un accord de reven- VOIR PAGE A 8: CRIS «Le Canada essaie constamment de mettre fin à des ententes en modifiant leur valeur de traité pour les substituer par des contrats.» ri y.L’OMC au poteau En France, le combat contre la mondialisation a réveillé une nouvelle contestation VOIR PAGE A 8: OMC ive les camemberts qui puent!» Quinze mille manifestants ont envahi samedi les rues de Paris, et presque autant 70 autres villes de France, pour clamer que «le monde n’est pas une marchandes uns en avaient contre le fast food américain, les autres contre les organismes génétiquement modifiés (OGM), quelques-uns s’en prenaient à Hollywood, d’autres encore à l’empire de Bill Gates.Histoire de montrer ce qu’ils ne voulaient pas devenir, des plajsantins s’étaient déguisés en codes-barres.A 24h de l’ouverture du Round du millénaire (le sommet de l’Organisation mondiale du commerce) à Seattle, les manifestants de toutes origines politiques voulaient surtout exprimer leur inquiétude diffuse devant la mondialisation.% SEATTLE WTO OMC 99 veillé en France une nouvelle contestation.Selon le magazine L’Expansion, 60 % des Français estiment que la mondialisation économique a aggravé les inégalités.Bref, la cote du libre-échange est en chute libre.En préparation du sommet de Seattle, toutes les télévisions françaises n’en ont que pour José Bové, le leader de la Confédération paysaïuie qui avait saccagé un restaurant McDonald’s l’été dernier.L’éleveur de brebis du Larzac en avait contre la «malbouffe».Après avoir sillonné la France, il a pris l’avion pour «le pays des hamburgers» {Le Monde) la semaine dernière avec 280 kg de Roquefort dans ses bagages.A Seattle, il loge au Vagabond Inn et n’a pas hésité à comparer son combat à ceux de Martin Luther King et Cesar Chavez (défenseur des travailleurs agricoles mexicains).Pris à partie, les restaurants McDonald’s n’ont pas vou- Depuis trois mois, le débat sur l’OMC a ré- lu demeurer en reste.Pour refaire son image, la filiale 778313000641 www.placementsqc.gouv.qc.ca Québec El El Le ministre des Finances peut modifier les taux qui seront offerts sur les prochaines émissions.El El 1 oUU 405-UQ INTFRET A TOUS QUEBEC LES OBLIGATIONS A TERME DU QUEBEC À TAUX PROGRESSIF ÇA G ROSSIT C'EST GARANTI ! 5,00% 5,40% 5,80% 5,90% 6,00% 6,00% 6,00% 6,25% 7,00% [8,00% % la première année avec le boni REER de 1 % • Garanties sans limites par le gouvernement du Québec.• Encaissables chaque année, sans pénalité.Téléphonez-nous dès aujourd'hui pour investir en toute sécurité.Vous n'avez qu'à composer le 521-5229 pour la région de Québec ou le 1 800 463-5229 (sans frais) du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et tous les samedis de novembre, de 10 h à 16 h.a a a a ir a rflflfl Les inhalothérapeutes menacent de faire une grève de 24 heures PRESSE CANADIENNE Les quelque 2300 inhalothérapeutes du Québec, membres de l’Association professionnelle des inhalothérapeutes du Québec (APIQ) et représentées par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), cesseront le travail pendant 24 heures, le 9 décembre, a annoncé hier le SCFP.La principale revendication des inhalothérapeutes, présentes dans l’ensemble des établissements de santé du Québec, touche la parité salariale avec les infirmières.Les inhalothérapeutes déplorent également qu’il y ait pénurie de nouvelles diplômées dans leur champ de pratique, pénurie qu’elles attribuent à une non-reconnaissance de leur profession à sa juste valeur.«Il était quand même ironique de constater, à l'occasion d’un débrayage de 24 heures à la Cité de la Santé de Laval, le 23 novembre dernier, que l’urgence de cet établissement était débordée de patients âgés souffrant de problèmes pulmonaires», peut-on lire dan?une lettre de la présidente de l’APIQ, Elaine Trottier.Congrès des libéraux fédéraux Joyal loue la prudence des militants ser l’initiative au gouvernement, qui en discutera en cabinet.» Quand le gouvernement libéral an-noncera-t-il sa stratégie?«En temps et lieu», a déclaré M.Joyal, qui a assuré que les ministres libéraux estimaient tous qu’une majorité de 50 % plus un lors d’un éventuel référendum n’était pas une majorité «claire».Le député bloquiste Pierre de Sa-voye, qui a assisté au congrès des libéraux, ne partageait pas l’avis de M.Joyal.Il a qualifié de farfelue la proposition de trêve de M.Chrétien et a affirmé que le premier ministre n’avait pas tenu compte de l’avis de ses militants et de certains de ses ministres.«Le véritable débat va se faire à la Chambre des communes: c’est que M.Chrétien a décidé, contre toute attente, de poursuivre la ligne dure envers le Québec.Que le congrès libéral et Paul Martin n’ont pas eu le courage de se lever et de dire à M.Chrétien que c'était assez», a soutenu M.de Savoye.Réaction de Mario Dumont Par ailleurs, le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, estime que le présent débat référendaire déçoit davantage la population qu’il ne l’enthousiasme.Selon lui, les gens sont plus ou moins désireux d’assister à de nouvelles disputes constitutionnelles.«C’est encore plus vrai si ça ne mène à rien.Ce serait peut-être différent si les discussions permettaient au Québec d’obtenir plus de pouvoirs d'Ottawa», a-t-il déclaré hier à Victoriaville, dans les Bois-Francs, à la suite d’un brunch-bénéfice auquel ont pris part quelque 150 personnes.Quant à savoir ce que pourraient être pour lui une question et un résultat clairs, dans le cas d’un référendum sur la souveraineté du Québec, M.Dumont s’est à peine prononcé.En démocratie, un résultat de 50 % plus un correspond à un principe reconnu mondialement, a-t-il tout d’abord affirmé, qualifiant ainsi de stérile le débat lancé la semaine dernière par le premier ministre fédéral Jean Chrétien.Pour ce qui est de la clarté de la question référendaire, le dirigeant de l’ADQ est demeuré vague.«Ça dépend de la question, de ce qu’on veut faire.Je doute qu’on consulte la population sur une proposition de paix constitutionnelle.S’il s'agit d’une question ambiguë et floue, je fais plus confiance au bon sens du peuple qu’à Jean Chrétien, et je tiens pour acquis qu’il voterait non», a-t-il déclaré.«Peu importe le projet soumis au peuple dans un référendum, que ce soit à Québec ou dans les municipalités, la clarté de la question appartient à ceux qui veulent amener les gens à voter oui.Ces derniers ne se laisseront pas embarquer si la question représente un piège», a ajouté M.Dumont, qui a indiqué ne voir aucune consultation publique se profiler à l’horizon.Le député réformiste Ramsay refuse de démissionner STEPHEN THORNE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Un député réformiste récemment déclaré coupable d’avoir tenté de violer une adolescente de 14 ans a autrefois été un fervent défenseur de l’expulsion automatique de la Chambre des communes de tout politicien condamné à purger une peine en prison.Jack Ramsay continue pourtant de s’accrocher à son emploi, même si cet ancien officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déclaré, en 1995, que «la conduite devrait être au-dessus de tout reproche».«Si un agent de la GRC est forcé de passer un jour en prison, il est congédié.Je n’arrive pas à comprendre la différence [avec les députés], d’un point de vue moral», avait expliqué M.Ramsay à l’époque.Mercredi dernier, un jury a déclaré l’homme de 62 ans coupable d’avoir tenté de violer une adolescente dans une réserve de la Saskatchewan, alors qu’il travaillait pour la GRC, en 1969.Sa sentence sera connue le 20 décembre prochain, mais il devra aussi faire face à une autre accusation, sans rapport avec cette histoire.Le député a déjà quitté le caucus réformiste mais a dit qu’il refuserait de démissionner et d’abandonner son salaire de 66 900 $, ses exemptions d’impôts de 22 000 $ et ses notes de frais de 12 000 $ avant que toutes ses possibilités pour porter sa cause en appel ne soient épuisées.Sa décision est par ailleurs appuyée par le gouvernement libéral.«Jamais une telle action n’a été entreprise dans le passé avant que le droit de porter la cause en appel n’ait été exercé et qu’une sentence n’ait été rendue», a déclaré le leader parlementaire libéral Don Boudria.Eh 1995, les députés libéraux du comité parlementaire sur la justice ont rejeté la politique de tolérance zéro proposée par M.Ramsay et ont plutôt réduit la sentence minimale avant l’expulsion de cinq ans à deux ans de prison.Ira recommandation a été adoptée par le Parlement en septembre 1996.Josée Blanchette reçoit le prix Jules-Fournier LE DEVOIR Notre collègue Josée Blanchette a remporté en fin de semaine le prix Jules-Fournier, décerné chaque année par le Conseil de la langue française à un journaliste québécois au style particulièrement élégant Chroniqueuse au Devoir depuis 1993, Josée Blanchette nous ouvre chaque semaine son cœur (et ses tiroirs!) dans les pages Plaisirs.Depuis un an, elle signe en plus une chronique en page 3, tous les mercredis.Remis dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, le prix Jules-Fournier est venu souligner la délicieuse insolence de Mme Blanchette.Cet honneur est assorti d’une bourse de 5000 $, dont notre collègue, en pleines «ruinovations», saura faire bon usage! En plus d’amuser ses lecteurs du Devoir, Josée Blanchette est aussi chroniqueuse à Radio-Canada, à l’émission C'est bien meilleur le matin.Elle est par ailleurs l’auteure de quatre livres, dont Plaisirs singuliers, qui réunit quelques-unes de ses meilleures chroniques.A la petite cérémonie tenue en son honneur, Josée Blanchette a tenu à remercier son grand-père bien-aimé, qui lui a appris l’art de raconter.En plus du prix Jules-Fournier étaient aussi décernés en fin de semaine les prix Judith-Jasmin pour les meilleurs reportages de Tannée.En presse écrite, les lauréats sont deux journalistes de The Gazette, Campbell Clark et Rod Macdonnell, pour leur reportage intitulé Small Business loans, paru l’hiver dernier.En presse électronique, l’honneur a échu au journaliste Errol Duchaine et au réalisateur Eric Blouin, de l’émission Enjéux, à Radio-Canada, pour leur reportage «Les bébés martyrs».Négociations dans le secteur public Les deux prochaines semaines s’annoncent décisives, selon la CSN PRESSE CANADIENNE Hull — Pour le sénateur Serge Joyal, qui faisait le bilan des trois jours de congrès libéral, les militants ont donné carte blanche au premier ministre en ce qui concerne sa stratégie préréférendaire.«Je déduis de cette convention que dans une très large majorité elle a appuyé Iq proposition que M.Chrétien a faite.A savoir que si M.Bouchard ne renonce pas à son projet, le gouverne- ment est commis à agir», a déclaré hier, en conférence de presse, M.Joyal, qui est également président de la commission politique des libéraux.«Cette convention ne voulait pas s’aventurer sur le terrain de définir de l'opportunité ou de la manière dont le gouvernement devrait agir», a-t-il conclu, analysant le retrait et le rejet des propositions les plus musclées en provenance des associations libérales régionales.Mais M.Joyal a clairement indiqué que, pour lui, comme pour les délégués, «la prudence ne veut pas dire l’inaction».Le sénateur a affirmé que les propos de M.Chrétien avaient été assez clairs pour les militants libéraux.«Lorsqu'il s’agit de définir ce qu’est une question claire, M.Chrétien a donné des exemples ce matin.Il a lu des propos directs de M.Bouchard (Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant?).Donc sur cet aspect-là, la majorité des militants ont préféré lais- Josée Blanchette JACQUES GREN1KR LE DEVOIR SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Après avoir piétiné pendant des mois, les négociations dans le secteur public avancent maintenant à la vitesse grand V.La CSN pense même que les deux prochaines semaines seront décisives et détermineront s’il est possible ou non de s’entendre avant Noël.Si le syndicat ne démord pas de ses deux revendications centrales, à savoir l’amélioration des conditions salariales et la bonification des retraites, il affirme que la balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement «Le temps est venu de convier le gouvernement du Québec et la partie patronale à une phase intensive et décisive.C’est un tournant et il est temps de nous donner l’heure juste», a déclaré hier en conférence de presse Claudette Car-bonneau, la vice-présidente de la CSN, en présence des dirigeants des quatre fédérations du secteur public de la CSN — la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ), la Fédération des employés des services publics (FEESP) et la Fédération des professionnels (FP).Claudette Carbonneau a d’abord rappelé l’objectif central des négociations, à savoir la signature d’une convention collective pour ses quelque 135 000 membres.Elle a rappelé que deux questions centrales devront être réglées: les conditions salariales et le dossier des retraites.«On est toujours sur la même vieille proposition patronale des 5 %, alors que les salariés ont connu une baisse de leur pouvoir d'achat de 5,9 % depuis 1991.Le secteur public est loin de rouler sur l’or», a rappelé la vice-présidente.«Le gouvernement devra refaire ses devoirs notamment sur ses offres salariales et le régime de retraite, sans quoi le dénouement de cette négociation avant les Fêtes sera impossible.» Certains dossiers avancent plutôt JACQUES GRENIER LE DEVOIR Claudette Carbonneau, vice-présidente de la CSN.bien.La CSN reconnaît certaines améliorations qualitatives de taille, notamment des déblocages dans les dossiers de la Fédération professionnelle et de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ).Ceux-ci ont d’ailleurs reçu hier des propositions concrètes du Comité patronal de négociation des collèges, mais n’ont pas été en mesure de les commenter, étant au stade de l’analyse.Par contre, d’autres questions demeurent au ralenti.Ira CSN demande aussi au gouvernement de donner quelques «coup de barre» pour que toutes les tables de négociations sectorielles avancent au même rythme et qu’une entente puisse ainsi être réglée avant Noël.Les jours qui viennent seront décisifs.Aujourd’hui, le comité patronal doit réagir à la proposition de la FSSS.Demain, ce sera au tour des comités patronaux de réagir aux propositions de la FEESP LE DEVOIR.LE LUNDI 2 il X () V E M R R E I il il il ACTUALITES A A dei (ya/eriei J ad du ^uéiec 24 au 29 novembre Marché Bonsecours 350, rue Saint-Paul Est Info.: (514) 844-2133 JACQUKS GRENIER LE DEVOIR Jean Lortie, le président de la Fédération du commerce CSN (au centre), a accusé hier en conférence de presse Métro-Richelieu de ne pas respecter la convention collective.Il était accompagné de Richard Rodrigue, le président du Syndicat des travailleurs des épiciers unis Métro-Richelieu (à gauche), et de Robert Girouard, le secrétaire général du syndicat.Métro-Richelieu souffre d’amnésie, accuse la CSN La saga judiciaire pourrait reprendre de plus belle Inter-Canadien interrompt subitement tous ses services La compagnie pourrait demander dès ce matin d'etre placée sous la protection de la loi des faillites SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR La saga judiciaire qui a miné les relations de travail chez Métro-Richelieu pendant six ans pourrait reprendre de plus belle.Hier, la CSN et la Fédération du commerce, auxquelles est affilié le Syndicat des Travailleurs des épiciers unis Métro-Richelieu, ont dénoncé les pratiques injustes de Métro-Richelieu, qui semble répéter les mêmes erreurs que par le passé, à savoir le non-respect des droits d’ancienneté des travailleurs, et le recours à la sous-traitance dans le -transport.De son côté, Métro-Richelieu a une interprétation radicalement différente du dossier.L’entreprise affirme avoir respecté la convention collective dans son intégralité, mais voit plutôt une guerre entre deux syndicats — la CSN et les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) — qui se disputant l’accréditation des employés.«En 1998, Métro-Richelieu et la CSN convenaient d’une entente qualifiée d’historique à l’époque par le président de la CSN Gérald Larose, qui prévoyait un règlement global de la question des camionneurs — le retour au travail, une indemnisation et finalement la signature d’une convention collective», a rappelé hier en conférence de presse Jean Lortie, le président de la Fédération du commerce CSN, en présence de Richard Rodrigue, le président du Syndicat des travailleurs des épiciers unis Métro-Richelieu, et de Robert Girouard, le secrétaire général du syndicat.Mais ^’entente aura été de courte durée.«À peine six mois plus tard, tout recommence.Nous avons déposé 1700 griefs.L’employeur refuse de reconnaître les attributions des travailleurs CSN et je dirais même, ce qui est encore plus incroyable, on recommence dans le transport», a poursuivi Jean Lortie.Selon la CSN, les relations de travail se sont détériorées continuellement ces derniers temps.La goutte qui a fait déborder la vase aura été le transfert le 3 octobre dernier de 10 employés de l’entrepôt Mérite 1 à l’entrepôt Pierre de Coubertin de Métro-Richelieu, sans reconnaissance de l’ancienneté des travailleurs syndiqués CSN.Ce n’est pas le transfert des employés en soi que le syndicat reproche à son employeur, mais le non-respect de leurs droits, notamment leurs droits d’ancienneté, les horaires de travail, les vacances, etc.Dans l’entrepôt Pierre de Coubertin, 58 employés sont syndiqués CSN, et 32 sont syndiqués TUAC.La CSN reproche à Métro-Richelieu de ne pas considérer l’ensemble des employés en attribuant ses droits d’ancienneté, mais les deux syndicats séparément.Résultat: un employé syndiqué CSN qui a plus d’ancienneté qu’un employé syndiqué TUAC ne peut pas faire valoir ses droits à l’employeur.Selon la CSN, Métro-Richelieu favorise les TUAC, car ceux-ci sont moins revendicateurs.«Leur convention collective est plus souple que la nôtre au niveau de la sous-traitance, des droits de gérance et du transfert de la main-d’œuvre», a précisé Jean Lortie.Autre dossier litigieux qui refait surface: la question du transport.Depuis le mois de juin, à la suite de l’achat de supermarchés Loeb par Métro-Richelieu, le transport de la marchandise vers l'Ontario par le corridor de Cornwall est donné à la sous-traitance.«Ils ont donné à la sous-traitance une route vers Cornwall en Ontario, pour approvisionner le marché dans l'alimentation.On va repartir avec une saga judiciaire dans la question de Métro-Richelieu.Après la décision de tous les tribunaux québécois et canadiens, jusqu’à la Cour Suprême du Canada, qui à l’époque avait coûté des dizaines et des dizaines de millions de dollars à Métro-Richelieu, et qui avait pourri les relations de travail jusqu’à un niveau jamais vu au Québec, ça recommence.Métro-Richelieu se comporte comme si rien ne s’était passé, comme si elle n’avait pas appris du passé», s’est indigné Jean Lortie.Réplique de Métro-Richelieu Mais de son côté, Métro-Richelieu ne voit pas les choses sous le même angle.Par voie de communiqué hier, l’entreprise a immédiatement réagi à l'attaque du syndicat Premièrement, il est faux de dire que les relations de travail sont empoisonnées, dit-elle.«Nous administrons plus de 140 conventions collectives pour près de 10 000 employés syndiqués, dans des conditions normales et harmonieuses», a déclaré Alain Picard, vice-président aux ressources humaines chez Métro-Richelieu.Selon Alain Picard, on assiste ici à une guerre non pas entre Métro-Richelieu et la CSN, mais bien entre deux syndicats, la CSN et les TUAC, qui se disputent chacun l’accréditation d’un petit groupe d’employés.Le transfert des dix employés à l'entrepôt Pierre de Coubertin aurait attisé le feu entre les deux groupes.Par ailleurs, Métro-Richelieu est convaincu d’avoir respecté les conventions collectives à la lettre.«On a respecté l’essence de la convention collective», a affirmé Alain Picard.Pour ce qui est du conflit au sujet du transport, de nouveau Métro-Richelieu ne se voit pas dans le tort.Il s’agit d’une nouvelle route, et la convention collective lui donne le droit de donner les nouveaux trajets à la sous-traitance, rétorque l’entreprise.Bref, les deux parties ne s’entendent ni sur la source du conflit, ni sur l’application de la convention collective.Si la CSN se dit prête à aller jusqu’au bout pour faire reconnaître les droits des employés, elle privilégie avant tout la négociation.Demain et mercredi, deux rencontres sont prévues avec la Commission du travail, afin de trancher sur la question des droits d’ancienneté des travailleurs.JEAN CHARTIER LE DEVOIR La compagnie Inter-Canadien a évité toute déclaration hier, même si les employés ont été avertis laconiquement samedi soir, à 18h, que les services étaient interrompus pour une durée de 48 heures.Autant les employés que les passagers étaient estomaqués à l’annonce subite de la cessation de service.On s’attend à ce que la compagnie demande la protection de la loi des faillites ce matin mais, autant aux Lignes aériennes Canadien International qu'à la Fédération des travailleurs du Québec, on se dit dans le noir.La FTQ représente 700 des 1200 employés d’inter-Canadien.Sans préavis, ces employés ont été renvoyés chez eux.Une conférence de presse était attendue hier mais rien n’a filtré au siège social montréalais.Certains ont parlé d’un désaccord sur les lignes accordées à Inter-Canadien dans l’offre d’acquisition de Canadien par Air Canada.Mais personne n’a confirmé ou infirmé une telle nouvelle à la compagnie.Le vice-président du syndicat des Machinistes qui représente les employés, Robert Guay, précisait hier après-midi qu'il s’agit du deuxième DENNIS PASSA PRESSE CANADIENNE Brisbane, Australie — Une centaine de militaires canadiens rentreront au pays, aujourd'hui, après un séjour de huit semaines au Timor oriental pour le maintien de la paix, au cours duquel deux aéronefs de transport C-130 Hercules ont participé à plus de 125 missions.Le lieutenant Paul Doucette, de la 8' Escadre de la base militaire de Trenton, en Ontario, a annoncé hier le départ du premier appareil cette même journée, alors que le deuxième quittera la région aujourd'hui, après avoir effectué le transport de plus de deux tonnes de matériel et de 1500 passagers entre Darwin, au nord de l’Australie, et Dili, au Timor oriental.Le lieutenant Doucette, âgé de 26 ans, a rappelé que les avions et l'équipe canadienne ont commencé leur travail le 29 septembre et effectué leur dernier vol vendredi dernier.Le deuxième Hercule ne transportera à son bord qu'un équipage minimal pour son retour à la maison, alors que les autres militaires quitteront les lieux ce matin à bord d’un Airbus des Forces années canadiennes.Au fil de Tépée (Reuters) — Un homme entièrement nu brandissant une épée a fait irruption dans une église catholique bondée du sud de Londres en pleine messe dominicale, hier, blessant neuf personnes, dont trois grièvement.Lliom- tour de passe-passe en six mois dans le monde de l'aviation régionale.En effet, Air Alliance, qui avait son siège social à Québec, a été absorbée entièrement par Air Nova, une autre filiale régionale d’Air Canada, qui a ses bureaux à Halifax.Par conséquent, il ne reste qu'une filiale d'Air Canada qui a des activités au Québec depuis six mois.M.Guay juge impossible qu’lnter-Canadien puisse être absorbée par son dernier rival debout, Air Nova.En conséquence, il demande une intervention d’urgence du gouvernement fédéral pour obliger le maintien de cette compagnie qui a son siège social à Montréal, boulevard de Maisonneuve.Inter-Canadien a été mis sur pied en 1991 à partir de Québé-cair, devenu Air Inter, après le déménagement de CP Air à Calgary.Finalement, ce sont les dépouilles de Qué-bécair qui sont en jeu.Une entente d’affaires Chez les Lignes aériennes Canadien International, qui ont leur siège social à Calgary, on précise qu’lnter-Canadien n’est plus une filiale de la maison-mère de l’Ouest, que les décisions se prennent ailleurs.Dans une transaction privée, Canadian Investors Corporation, de Toronto, a en effet acheté toutes les actions d’Inter- «Nous ferons un court arrêt à Honolulu pour ensuite nous rendre directement à Trenton et y arriver lundi, en début de soirée, heure locale», a précisé M.Doucette.L’équipe canadienne des Nations unies pour le maintien de la paix au Timor oriental ne sera toutefois pas absente de la région, puisque quelque 250 militaires du régiment du Royal 22' de Valcartier, ainsi que le navire ravi-tailleur Protecteur, d’Esquimault, en Colombie-Britannique, y resteront jusqu’en mars prochain.La troupe de Valcartier, connue sous le nom de Van Doos, s’est installée près de Suai, un ancien refuge pour la milice anti-indépendantiste qui a tué des centaines d’Est-Timorais depuis que le territoire a largement rejeté tout contrôle indonésien par voie référendaire, le 30 août dernier.Le lieutenant Doucette s’est dit satisfait du déroulement des différentes missions, malgré un problème mécanique qui a retenu au sol un des avions Hercule pendant 11 jours, lors d’un séjour à Darwin.«Toute l’équipe s’est très bien comportée, a précisé le lieutenanL Nous avons été rapidement dépêchés très loin de chez BREF me est entré dans l’église Saint Andrews de Thornton Heath par la porte principale et a entrepris de passer les quelque 500 fidèles qui se trouvaient sur son passage au fil de l’épée avant d’être maîtrisé.La panique s’est aussitôt emparée de la nombreuse congrégation et les fidèles se sont rués en hurlant vers la sortie.Canadien en juillet 1998.L’ancien ministre libéral, Michel Pagé, est vice-président et porte-parole d’Inter-Ca-nadien à Montréal mais il n’a pas répondu à nos appels hier.Pour sa part, France Poulin, l’agent d’information de Canadien International, dit qu’il n’y a qu’une entente d’affaires entre les deux compagnies sur les routes régionales, sans plus.Les hommes d’affaires ontariens Robert Myhill et Michael Cochrane possèdent la compagnie CIC qui a le contrôle d’inter-Canadien.Robert Guay estime qu’en Ontario, Canadian Regional, une autre filiale de Canadian Airlines, peut prendre la relève d’inter-Canadien mais qu’il n’existe pas d’équivalent au Québec.En gros, la flotte du transporteur est constituée d’ATR de 42 passagers.A l’heure actuelle, Air Nova détient 60 % du marché des régions québécoises tandis qu'Inter-Canudien en a 40 %.C'est la qualité de la desserte des régions, à savoir Rouyn-Noranda, Val d’Or, Bagotville, Sept-îles, Mont-Joli, Gaspé et Havre-aux-Maisons, qui est en jeu.Air Canada acceptait hier les billets d’inter-Canadien pour acheminer les passagers vers leur destination régionale, dans la mesure où il restait de la place.Toutefois, plusieurs personnes ont dû remettre leur départ à ce matin.nous, alors nous sommes contents de la façon dont tout s’est déroulé.» Un nouveau médium est né! Découvrez-en toutes les règles.irTiï», le» LOGIQUES CYBERSCÉNARIO La scénarisation multimédia Luc Hétu ISBN 2-89381-668-1 - 176 p.24,95 $ Les Éditions LOGIQUES inc.En venle partout Distribution exclusive: Québec-Livres Des militaires canadiens rentrent du Timor pour la période des fêtes E N JOURNÉE D'AFFAIRES COMPLÈTE.NUIT DE PASSION À LA MAISON.^V- ’Wv Avec plus d'allers-retours et d'envolées sans escale vers les grandes villes du Québec que tout autre transporteur aérien, nous vous offrons tout le loisir de planifier le voyage d'affaires parfait.Car la perfection, le soir venu, c'est de pouvoir dirNOVd retrouver la personne qu'on aime.airAlliance Journées d'affaires complètes à Montréal, Québec, Abitibi, Sept-îles, Ottawa, Toronto, Moncton, Fredericton, Saint John, New York, Washington, et Boston. L E I) E VOIR.L E L II N [) | 2 !» N O V E M B R E 1 !» 0 !» A 4 •LES ACTUALITÉS- Décès d’Alain Peyrefitte Le Québec perd un ami intime PELLETIER/SYGMA #•*.!— On doit à Alain Peyrefitte la formule qui définit toujours La politique française à l'égard du Québec: «non-ingérence et non-indifférence».CHRISTIAN RIOIIX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS Alain Peyrefitte était de ces hommes qui pressentent l’explosion des peuples.C’est ce qu’il avait fait avec la Chine qui fut probablement sa première et sa plus grande passion.Et puis, avec le Québec qui fut sa seconde.Alain Peyrefitte est mort samedi des suites d’un cancer à lage de 74 ans.L’ancien ministre du général de Gaulle était devenu depuis son retrait de la politique une sorte de Saint-Simon toujours à l’affût et prêt à commenter l’évolution de la vie politique.C’est ce qu’il faisait de mieux après ime carrière qui lui fit côtoyer de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et frôler le poste de premier ministre.Fils d'instituteur, cet homme affable à l’élocution fine était le prototype du diplômé des grandes écoles françaises qui a accédé à tous les honneurs par l’éçole.Il fut le plus jeune secrétaire d’Etat gaulliste avant de devenir ministre de l’Information.On lui reprocha longtemps son rôle de censeur puisqu’à l’époque, il épluchait quotidiennement le journal télévisé de l’ORTF.«Si les journalistes ne comprennent pas ce qu’est le salut public, videz-les!», disait le président à son jeune ministre.Plus tard, Peyrefitte quitta le ministère de l’Éducation nationale chassé par mai 1968.Depuis son retrait de la politique, en 1981, Alain Peyrefitte faisait principalement carrière dans la presse, à la direction du Figaro.Après une vingtaine de livres à son crédit (dont le célèbre Quand la Chine s’éveillera), il s’était donné pour tâche de publier la transcription des propos du général de Gaulle qu’il avait consignés à l’occasion de plus de 300 entretiens privés.Peyrefitte était un gaulliste atypique.Plus libéral que la vieille garde, il ne s’est jamais rallié au leadership de Jacques Cliirac à qui il préférait Valéry Giscard d’Estaing.En 1976, il dénonça les lourdeurs de l’administration française dans Le Mal français (Plon) qui devint un best-seller.La question du Québec Cet éternel jeune homme admirait depuis longtemps les États-Unis et leur système politique.C’est là d’ailleurs qu’il entendit parler pour la première fois du Québec.En 1959, à l’assemblée générale de l’ONU, un jeune attaché d’ambassade, Bernard Dorin, le convainc qu’il n’y a pas que la Chine qui s’éveillera un jour.En 1967, après sa visite, de Gaulle l’envoie au Québec pour signer des ententes de coopération et «occuper le terrain».Ministre de Giscard, il institutionnalise les visites annuelles alternées des premiers ministres français et québécois.Après l’élection du Parti québécois, il explique la dynamique québécoise à son président qui n'a pourtant pas d’atomes crochus avec le Québec.On doit à Alain Peyrefitte la formule qui définit toujours la politique française à l’égard du Québec: «cnon-ingérence et non-indifférence».Peyrefitte a toujours adopté une position pragmatique à l’égard du Québec.Sympathique aux accords du lac Meech, il avait suivi de près les référendums de 1980 et 1995.Dans l'éventualité d’un non, disait-il en 1995, «la question ne sera pas terminée, mais l’aboutissement d’un référendum positif sera retardé pour une génération au moins».Après la courte victoire du non il avait écrit: «Les Québécois donnent au monde une leçon de démocratie.» Toutes ces années, Alain Peyrefitte avait continué à suivre la politique québécoise.Il préparait la publication du troisième tome de C'était de Gaulle (Fayard) où il entendait continuer à démontrer que le «Vive le Québec libre!» avait été conçu et écrit bien avant d’être prononcé au balcon de l’hôtel de ville de Montréal.La porte de ses bureaux du Figaro était toujours ouverte aux Québécois dont il appréciait la culture et les mœurs politiques nord-américaines.En 1996, la publication de La Société de confiance (Fayard) représentait la réalisation d’un vieux rêve.Le livre était le résultat d’un sujet de thèse inscrit en 1948 et soutenu 46 ans plus tard.Peyrefitte avait alorjs raconté au Devoir qu’étudiant aux États-Unis, il avait demandé une communication téléphonique sans avoir la monnaie qu'il fallait.La standardiste lui avait passé la communication en lui disant d’aller déposer les pièces dans une autre cabine plus tard.«Ce geste de confiance absolu, aurait été impossible en France où on aurait pris un malin plaisir à ne pas répondre à ma demande.Je crois qu'on touche là quelque chose de très profond qui explique beaucoup de choses dans le fonctionnement des sociétés.» COLLOQUES El CONFERENCES LES ENTREPRISES AU TOURNANT DU SIÈCLE: INQUIÉTUDES, OPPORTUNITÉS ET NOUVELLES ATTITUDES Château Frontenac, Québec Le 29 novembre Hôtel Wyndham, Montréal Le 30 novembre CFC: (418) 691-5884 Sommité internationale du management, Hervé Sérieyx, est de retour pour des présentations supplémentaires de la conférence Qui a connu un grand succès au début d’octobre.A un mois de l’an 2000, il proposera une réflexion sur les changements qui s’annoncent en faisant ressortir les tendances lourdes qui influenceront les organisations et les individus.LE TECHNODÔME DE MONTRÉAL Palais des congrès Montréal Le 30 novembre Line Leblond: (514) 871-4000, poste 4001 Vaste complexe récréatif, éducationnel et sportif, le technodôme de Montréal marquera la véritable entrée de la ville dans les nouvelles technologies.Albert Reichman et Abraham Reichman de Heathmount et Claude Blanchet de la SGFQ exposent le projet.APPRENDRE À DIRE LES VRAIES CHOSES Régie régionale de Montréal-Centre Le 30 novembre Info: (514) 276-4545 ou http://pages.infinit.net/rhq Plusieurs hommes ont de la difficulté à dire les vraies choses.Ils ont peur des réactions des autres.Ils décident souvent d'acheter la paix en se taisant.Souvent, ils banalisent l’importance de ce qu’ils ont à dire en rapport avec leur bien-être, leurs insatisfactions et leurs frustrations.Le Réseau Hommes Québec invite tous les hommes désireux d'échanger sur leur réalité d’hommes.C’est gratuit.LE POINT SUR 20 ANS DE SANTÉ-SÉCURITÉ Hôtel Hilton Bonaventure Le 1" décembre Monique Robitaille: (514) 842-8401, poste 269 En décembre, la Loi sur la santé et la sécurité au travail aura 20 ans.Aussi, le Centre patronal SST propose-t-il un colloque afin que les conférenciers livrent leurs réflexions sur le chemin parcouru et partagent leurs pensées sur les prospectives en santé sécurité au travail.LE LÉGENDAIRE NICOLO PAGANINI Auditorium Saint-Albert-le-Grand Le 1" décembre ACTXR: (514) 3324126 La flûtiste Anne Lapierre vous invite à découvrir le plus grand violoncelliste de tous les temps.Contemporain de Franz Schubert et de Robert Schumann, ce grand musicien révolutionnera l’écriture pour le violon.Tout en conservant le profil mélodique classique, il exploitera à fond la technique des doubles cordes.Il influencera, on s’en doute, de nombreux compositeurs.BIOTECHNOLOGIE FORESTIÈRE: DE L’ÉPROUVETTE À LA PLANTATION Le 2 décembre Centre de foresterie des Laurentides, Sainte-Foy Suzanne Doré: (418) 648-3927 Sujet de plus en plus à la mode, les techniques in vitro restent néanmoins méconnues du public en foresterie.Krystyna Klimaszewska et Armand Séguin vous proposent de remédier à cela.Ils feront d’abord un survol des techniques de multiplication in vitro des conifères par embryogenèse somatique et aborderont ensuite les avantages potentiels, tant au niveau économique qu’au niveau environnement de la biotechnologie des arbres.LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE ET LA GESTION DU FICHIER BALSAC Le 2 décembre UQAM Liane Bélanger: (514) 281-6010 Vous vous intéressez aux environnements normatifs?Vous ne connaissez pas le fichier Balsac?Vous souhaitez comprendre le Règlement de protection de la vie privée?Pierrot Péladeau, Pierre Trudel, Suzanne Philips-Nootens, Gérard Bouchard, Jean Goulet, Paul-André Comeau et Guy La-vigne font le tour de la question pour vous.LA GESTION DE L’INFORMATION : NOUVEAU DÉFI DES ÉTATS MODERNES Le 3 décembre Hôtel Delta Centre-Ville Montréal CEFRIO: (418) 523-3746 ou http://www.cefrio.qc.ca L’administration publique du Québec vit actuellement des réformes de sa gestion et de ses modes de prestation de services.La gestion de l’information prend, dans ce contexte, une importance stratégique grandissante.Benoît A.Aubert et Michel Paradis présenteront successivement un regard sur les pratiques étrangères et une vision qui permettra de mieux saisir les occasions et les moyens qui s’offrent à l’administration québécoise.Isabelle Quentin iquentin@sim.qc.ca 5,00 * 5,40 * 5,80* AN 1 AN 2 AN 3 Émission 10 - taux annuel composé de 5,39 S sur l'obligation C détenue pendant 3 ans 4,40 %* AN 1 Émission 61 Mouvement souverainiste du Québec 50006-6595, rue St-Hubert » Montréal, État du Québec H2S 3P5 Courriel : bienvenue62@botrnail.com Le MSQ intensifie sa dénonciation internationale des conséquences du Plan B du fédéral sur les droits politiques fondamentaux des Québécoises et des Québécois.Le premier Bulletin électronique sur les droits politiques des Québécois au Canada a été expédié aux pays de l'ONU auxquels nous demandons aussi la tenue d’une enquête internationale sur le comportement d’Ottawa lors du dernier référendum, dont les résultats ont été faussés par des manoeuvres orchestrées.D'autres organisations internationales ont aussi été saisies de ce dossier.Nous préparons un envoi à l'intention de tous les parlementaires du monde libre.Nous avons besoin de votre soutien.Gilles Rhéaume Porte-parole N.B.: Vous pouvez nous faire parvenir un chèque libellé à l'ordre du MSQ ou encore déposer directement votre contribution, via le réseau Desjardins, dans notre compte réservé aux affaires internationales et spéciales: Caisse populaire de Rosemont (transit 30140 compte no 42220-1) Des placements garantis à 100%.Les émissions 10 et 61 sont offertes jusqu’au 1er décembre 1999 seulement.Les Nouvelles Obligations d’épargne du Canada sont idéales pour faire fructifier vos économies à l’abri des risques.Et c’est le moment ou jamais d’en acheter.La nouvelle Obligation à prime du Canada est encaissable une fois l’an à la date anniversaire de l’émission et durant les 30 jours suivants, tandis que l’Obligation d’épargne du Canada traditionnelle, toujours aussi souple, peut être encaissée en tout temps.Les deux titres sont offerts sous forme de REER et FERR sans frais.En fait, ils ne comportent absolument aucuns frais.Les Nouvelles Obligations d’épargne du Canada sont en vente à votre institution bancaire ou financière.2000 NOUVELLES OBLIGATIONS D’ÉPARGNE DU CANADA BÂTISSEZ SUR DU SOLIDE, Cx ll*l ai uk la )jouterie Gàmbard Vente et service technique ROLEX GENÈVE Datejust Pour tout complément d’information, composez le 1 800 575-5151 ou visitez notre site Web à www.oec.gc.ca *Ce taux s'applique également aux Obligations d'épargne du Canada de l'émission 55, datée du 1" décembre 1998, pour l'année commençant le 1“ décembre 1999.630-A RUE CATI K ART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TEL.: 866-3876 L E I) E V 0 1 R .1.E 1.Il N D 1 2 il \ o v E M B R E I !* !> !l LE MONDE Fin du cessez-le feu au Pays basque L’ETA reprend les armes Aznar dénonce le «chantage terroriste» des séparatistes L’ETA a mis fin hier à un espoir de paix sans précédent au Pays basque en annonçant, à la surprise et à la consternation générales, la rupture de la trêve que cette organisation séparatiste observait depuis 14 mois.L’ETA avait annoncé le 16 septembre 1998 un cessez-le-feu illimité, le premier en 30 ans de lutte armée qui a fait près d’un millier de morts.ASSOCIATED PRESS Madrid — La paix fait lut pas en arrière au Pays basque espagnol.L’organisation séparatiste année ETA a annoncé hier la fin de 14 mois de trêve, à partir de vendredi prochain.Cette décision, qui risque de mettre à mal les espoirs de paix dans cette région du nord de l’Espagne, est dévoilée dans l’édition dominicale du journal basque Gara, proche des idées indépendantistes du mouvement.Le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar a réagi avec fermeté à cette annonce, réaffirmant au cours d’une brève allocution télédiffusée qu’il n’avait aucune intention de changer de politique au Pays basque espagnol face à ce qu’il considère être un «chantage terroriste».«L’ETA se trompe si elle croit qu'elle peut imposer un prix [politique] sur le droit de tous à vivre en paix» a notamment déclaré M.Aznar.Défendant l’attitude de son équipe dans les négociations de paix, bloquées depuis mai dernier, il a assuré que son gouvernement «a fiait, fait et fera tout ce qui est possible pour trouver le chemin qui conduit à la paix.» L’ETA a donc choisi de «réactiver la lutte armée» et, dès vendredi, «informera ses commandos opérationnels de la date à laquelle ils pourront commencer à mener leurs actions», précise le communiqué publié hier.Le mouvement séparatiste basque, auquel on impute la mort de près de 800 personnes depuis 1968, avait décrété de façon unilatérale, le 16 septembre 1998, un cessez-le-feu illimité.Une décision qui avait permis de lancer un processus de paix.Mais celui-ci était bloqué depuis sa mise en place, en mai dernier, Madrid et l’ETA ne parvenant pas à fixer le cadre du dialogue.Responsabilité de l’échec L’ETA exigeait que les négociations prennent en compte sa revendication d’un Pays basque indépendant.Mais le gouvernement de José Maria Aznar avait depuis exclu de modifier les frontières nationales et insisté pour que les négociations ne portent que sur la démobilisation du groupe armé et le sort de ses prisonniers.Depuis, chaque partie se rejetait la responsabilité de l’échec des discussions, s’accusant mutuellement d’intransigeance.Un discours que reprend d’ailleurs l’ETA dans son communiqué.Le chef régional basque du Parti populaire (PP) de M.Aznar, Carlos Iturgaiz, a accusé l’organisation séparatiste d’avoir ‘une nouvelle fois détruit tout espoir de pane.Dans son communiqué, l’ETA accuse également les partis nationalistes basques modérés d’être responsables de la fin de la trêve.Ils n’auraient en effet pas respecté les promesses faites au moment de la signature, en août 1998, d’un pacte secret qui précédait l’annonce de la trêve.Selon PETA, le Parti nationaliste basque (PNV) notamment s’était engagé à rompre toute relation avec le gouvernement espagnol et la principale force d’opposition, les socialistes, pour se consacrer à la construction d’un Etat basque indépendant de fait.Le leader du PNV, Juan José Ibar-retxe, également président de la province autonome basque, a condamné l’annonce de l’organisation séparatiste armée, qu’il a qualifiée de «pas en arrière» et de «mauvais coup porté aux espoirs de notre société.» Pour M.Ibarretxe, l’ETA a ‘pris ses distances avec la réalité’, qui fait qu’aujourd’hui les Basques veulent la paix et pas un retour aux méthodes du passé.Malgré l’impasse des pourparlers de paix, la trêve de 14 mois observée par l’ETA était la plus longue de l’histoire de l’organisation séparatiste.Les Tchétchènes réclament l’aide des pays occidentaux Élections uruguayennes ANDRES STAPFF RKUTKRS srjafrll Un gaucho aux urnes hier.La gauche a toutes ses chances Montévidéo (Reuters) — Les électeurs uruguayens pourraient faire basculer leur pays à gauche pour la première fois depuis l’indépendance en 1828 à l’occasion du deuxième tour du scrutin présidentiel d’hier.Au premier tour, le 31 octobre, Tabare Vazquez, à la tête du Rassemblement progressiste/Front populaire, était arrivé en tête avec 39 % des suffrages exprimés.Jorge Batl-le, du Parti Colorado au pouvoir, avait obtenu 31,7%.Selon les derniers sondages, les deux hommes sont au coude à coude avec chacun 45 % environ des intentions de vote.À l’instar de nombreux pays d’Amérique latine, le vote est obligatoire en Uruguay.Cancérologue de cinquante-neuf ans et ancien maire de Montévidéo, Tabare Vazquez porte les espoirs d’une alliance regroupant socialistes, communistes, représentants du centre-gauche et anciens rebelles Tupamaros.Ses promesses de «réformes progressistes» et d’une «révolution prudente» ont trouvé un écho dans l’électorat de ce petit pays de 3,2 millions d’habitants, coincé entre l’Argentine et le Brésil.Vazquez a surfé sur la vague de mécontentement soulevée par la contraction de l’économie (le produit intérieur brut devrait baisser de 2 % cette année) et la hausse du chômage (10,5%).Il s’est engagé, s’il est élu, à adopter une série de mesures d’urgence pour venir en aide aux pauvres, aux chômeurs et aux agriculteurs et exportateurs fi-appés par la récession.Face à lui, Jorge Batlle, fils et petit-neveu d’anciens présidents, s’est inscrit dans la continuité des politiques économiques d’inspiration libérale du président Julio Sanguinetti, dont le mandat arrive à échéance le 1er mars prochain.Il a reçu entre les deux tours le soutien de Luis Lacalle, le candidat du Parti national, éliminé au premier tour.L’ancien président avait obtenu 21,5 % des voix.Jorge Batlle, âgé de soixante-douze ans, n’en est pas à sa première tentative.Il s’est déjà présenté à la magistrature suprême à quatre reprises, en 1966,1971,1984 et 1989, mais n’a jamais pu franchir la dernière marche.Grozny (AFP) — Des voix s’élèvent en Tchétchénie, où l'armée fédérale russe resserre son étau, pour réclamer de l’aide militaire aux pays occidentaux, mais ces derniers semblent vouloir s’en tenir pour l’instant à des pressions verbales sur Moscou.Les représentants de vingt-trois localités tchétchènes ont appelé le président tchétchène Aslan Maskhadov à demander aux pays occidentaux des armes «modernes» pour combattre les forces russes, a annoncé hier la présidence de la république indépendantiste du Caucase.«Si la Russie ne nous laisse pas d’autre choix que la guerre, alors que le président tchétchène prenne la décision de travailler avec les opposants à la Rus- JEAN-PIERRE PERRIN LIBÉRATION Alors que le président Hafez el-Assad prépare son fils Bachar à lui succéder, une première grave lézarde vient d’apparaître au sein de sa propre famille.Grave au point qu’elle s’est traduite, début novembre, par l’hospitalisation à l’hôpital du Val de Grâce à Paris de Assef el-Chawkat, gendre du président syrien et chef de l’un des plus puissants services de sécurité, atteint de plusieurs balles dans le ventre.Le tireur appartient aussi, à la famille du chef de l’Etat.Selon des sources concordantes, il s’agit de Maher el-Assad, l’un des propres fils du président.Le motif de l’affrontement n’est pas connu avec certitude.On sait simplement qu’il s’est produit au palais présidentiel.En trente ans, c’est la première fois que des membres de la famille Assad règlent leurs comptes de façon sanglante.L’événement témoigne des difficultés que rencontre la mise en place de la succession du président Assad au profit de son fils Bachar.L’hospitalisation de Assef el-Chaw-kat, 37 ans, à l’hôpital du Val de Grâce est intervenue précisément quelques jours avant la visite en grande pompe à l’Elysée, le 7 novembre, de Bachar, qui consacrait ses premiers pas sur la scène internationale.Son accueil à Paris s’est fait, bien sûr, dans le plus grand secret.Soigné d’abord à Damas, son état avait été jugé suffisamment grave pour que soit demandée l’aide de la France.Chawkat, qui a quitté l’hôpital français il y a quelques jours pour poursuivre en Syrie sa convalescence, n’est pas que le chef des renseignements militaires de l’armée de terre.Il est aussi le plus proche conseiller de Bqchar pour les problèmes de sécurité.A ce titre, il dirige également une unité spéciale ne dépendant pas de l’état-major, dont la mission est de surveiller l'année.Il est donc l'œil de Bachar au sein des forces armées.Mahar el-Assad, 33 ans, lui, est capitaine dans la Garde sic.Nous devons tourner nos regards vers l’Ouest et lui demander autant d'armes que possible.Nous avons avant tout besoin de systèmes de missiles portables antichar et antiaériens», ont écrit ces représentants dans une lettre à M.Maskhadov.L’année fédérale russe effectue depuis plusieurs jours des bombardements intensifs, notamment sur Grozny, et, dans la nuit de samedi à dimanche, de nouvelles frappes ont visé, outre la capitale tchétchène, Ourous-Martan (20 km au sud-ouest de Grozny) ainsi que la gorge d’Argoun (10 km à l’est de Grozny).Au total l’aviation fédérale russe a effectué 100 missions samedi, selon l’état-major cité par l’agence Interfax.Le maire de Grozny Lécha Dou- présidentielle.Apparemment, il ne semble pas avoir été sanctionné pour son geste qui met en lumière les graves discordes régnant dans l'entourage du président syrien.En fait, derrière cette guerre de palais se devinent les querelles entourant la mise en place de la succession du président syrien.Agé de 69 ans et malade de longue date, Hafez el-Assad avait organisé celle-ci de longue date.D’abord, au profit de son fils aîné Bas-sel, l’enfant prodige dont le portrait pavoise encore les rues de Damas, jusqu’à ce que sa disparition brutale, en janvier 1994, dans un accident de voiture, repose le problème.Cette fois, Assad choisit Bachar, le second fils, alors ophtamologiste à Londres.Le jeune homme, âgé aujourd’hui de 34 ans, n’a aucune expérience politique ni militaire.Est-il fait pour ce travail?Au sein des forces armées, des services secrets, certains responsables ne le pensent pas.C’est vrai aussi au sein de la communauté alaouite (10 % de la population), qui règne sans partager sur la Syrie, où l’on craint qu’il manque de poigne, notamment avec la majorité sunnite qui ne manquera pas de relever la tête à la mort d'Assad.Rifaat el-Assad, le frère du président, en profite pour se replacer dans la course.Il en avait exclu dès 1983 par le Président après avoir tenté de le déposer, profitant de son hospitalisation.En février 1998, Assad décide d’en finir avec Rifaat, dont les intrigues l’inquiètent.Celui-ci sera d’abord limogé de son poste de vice-président, puis chassé du parti Baas sous l’accusation de trahison.La partie pour Bachar s'annonce plus facile, d’autant que son père s’emploie aussi à un grand nettoyage dans l’année, les services secrets et le parti Baas, soit les trois piliers du régime.Néanmoins, Bachar apparaît bien seul.Tant que son père est derrière lui, il n’a rien à craindre, personne n’étant en mesure de s’opposer à lui.Mais cela n’empêche ni les intrigues de Rifaat, ni la méfiance de l’institution militaire, ni la crainte d’une partie de la communauté alaouite qui demeurent daïev a annoncé samedi qu'il y avait eu au moins 260 morts en 48 heures dans la capitale.L’armée fédérale, qui a commencé ses opérations militaires en Tchétchénie le 5 septembre pour «en finir avec les terroristes», a resserré son étreinte autour de la capitale, prenant le contrôle des hauteurs.Les opérations sont entrées dans une «troisième étape» qui devrait «en gros» être achevée à la fin de l’année, assurent les autorités militaires.De nombreux Tchétchènes continuent à fuir les bombardements, venant grossir les camps de réfugiés.Selon l’Ingouchie voisine, 2163 personnes sont arrivées au cours des dernières 24 heures tandis que 234 ont repassé la frontière.autant d’ombres portées sur son avenir.Aussi, espère-t-il beaucoup de Chawkat qui lui doit beaucoup.Ecarté du sérail par Bassel el-Assad, il avait d’abord obtenu sa réintégration.Ensuite, il avait convaincu la famille Assad qu’il puisse épouser Bouchra, sa sœur et l’unique fille du président.Enfin, il lui avait confié de lourdes responsabilités, faisant de lui son homme-dé au sein des services de sécurité.Rifaat remue L’été dernier, Rifaat a recommencé à remuer.Autant sur le plan diplomatique que sur la scène intérieure.Des tracts mettant en cause les compétences de Bachar sont distribués à Damas et dans la montagne alaouite (nord de la Syrie).Ils semblent émaner d’organisations islamistes clandestines mais, à Damas, personne ne doute que c’est l’œuvre des hommes de Rifaat.Chawkat est alors chargé d’organiser la riposte.Selon un journaliste syrien proche de Bachar, les forces de sécurité de Chawkat découvrent, lors d’une perquisition à son quartier général à Lattaquieh, les noms de tous ceux qui reçoivent de l’argent de Rifaat, dont la fortune est estimée à entre deux et quatre milliards de dollars.Il s’ensuivra des centaines d’arrestations.En octobre, survient l’attaque du port privé de Rifaat, toujours à Lattaquieh.Selon des sources diplomatiques, les combats dureront six heures, faisant une vingtaine de morts (deux, selon le bilan officiel).Il y en aura d’autres dans la montagne alaouite où d’autres partisans de Rifaat seront tués.«Désormais, Bachar est mort politiquement», assure un diplomate occidental, spécialiste du monde arabe.Mais Bassel n’est pas pour autant au bout de ses difficultés, comme le montre l’affrontement entre Maher et Chawkat.«Cette affaire l’affaiblit au sein de la communauté alaouite.Déjà, elle lui reprochait le sang versé à Lattaquieh.À présent, elle craint qu’il ne soit pas la hauteur.Du temps de Bassel, cela ne se serait jamais produit.C’est la première fois, en trente ans de règne, que la famille Assad se déchire ainsi.Et cela montre que même au sein de la famille directe du président, l’autorité de Bachar est contestée», analyse Luc Abou Zeid, un journaliste spécialiste de la Syrie.Bal tragique chez les Assad Le beau-frère du président syrien a été hospitalisé à Paris avec des balles dans le ventre C’est la première fois que des membres de la famille Assad règlent leurs comptes de façon sanglante Bombe dans une pizzeria REUTERS UN ATTENTAT à la bombe en Afrique du Sud a fait au moins 28 blessés, certains grièvement, hier dans une station balnéaire proche du Cap.L’explosion s’est produite dans une pizzeria de Camp's Bay, à 10 km au sud du Cap.L'explosion d’une bombe artisanale dans un pub fréquenté par des homosexuels dans le centre du Cap le 6 novembre avait fait six blessés.La police soupçonne des islamistes extrémistes de la région du Cap pour les nombreux attentats à la bombe perpétrés en 1998 et cette année dans la région.L’Algérie a connu un week-end sanglant Alger (AFP) — Vingt-sept personnes ont été assassinées samedi et hier, en moins de 24 heures, à deux faux barrages dressés par des islamistes armés au sud et à l’ouest d’Alger, selon des sources officielles et des témoignages recueillis par l’AFE En une semaine, une cinquantaine de personnes ont ainsi été tuées sur les routes algériennes par des groupes armés lors de faux contrôles, une véritable hantise pour les Algériens.Hier, cette nouvelle tuerie des groupes armés a été commise contre des passagers d’un autobus intercepté à Nfissa sur la route nationale 4 à quelque 80 kilomètres à l’ouest d’Alger, commune de Boumedfàa, dans la région d’Aïn Défia.Les assaillants ont incendié l’autobus avant de prendre la fuite, selon les mêmes sources.Certaines victimes ont succombé à leurs blessures pendant leur transport vers des hôpitaux de la région, a indiqué l’agence officielle APS.Les services de sécurité, «aussitôt alertés», ont déclenché une «inten- se opération de recherches» contre les auteurs de cet attentat, a précisé l’APS.L’APS n’a fourni aucune indication sur les circonstances de cette nouvelle tuerie.Neuf personnes avaient été assassinées dans les mêmes conditions, samedi en fin d’après-midi près de Boufarik (35 km au sud d'Alger), à un «faux barrage» dressé par un groupe armé islamiste, en plein cœur de la Mitidja, la riche plaine agricole située aux portes d’Alger, selon des témoignages recueillis hier sur place par l’AFR Ce «faux barrage» avait été dressé pendant une vingtaine de minutes avant que les «patriotes», présents en force dans cette zone, alertés par les coups de feu, n’interviennent et mettent en fuite les agresseurs.Dix-huit personnes avaient été tuées samedi 19 novembre dans les gorges de la Chiffa, près de Blida (50 km au sud d'Alger) à un autre faux barrage sur un axe routier très fréquenté reliant Alger au Grand Sud également dressé en plein jour.E N B R E I Les Nétanyahou interrogés Bat Yarn (AIT) — L’ancien premier ministre israélien de droite Benj;unin Nétanyahou et son épouse Sarah ont été une nouvelle fois interrogés liier pendant dix heures, soupçonnés notamment de détournement d'objets de valeur, ont indiqué des responsables de la police.Le couple a été entendu pour la sixième fois par la section antifraudes de la police israélienne à Bat Yam, près de Tel-Aviv.L’interrogatoire qui s’est déroulé sans interruption avait débuté à lOhOO locales et s'est terminé à 20 heures, a-t-on précisé de source policière.À sa sortie, le couple a refusé de répondre aux questions des journalistes, selon la télévision publique israélienne.Les enquêteurs soupçonnent le couple d’avoir détourné des objets de valeur que Nétanyahou avait reçus au fifre de ses fonctions de premier ministre et qu’il devait, selon la loi, restituer au domaine public.Le couple est en outre soupçonné d’avoir promis divers avantages à un entrepreneur en échange de multiples travaux dans leur appartement privé de Jérusalem.M.Moshé Leon, ex-directeur général de la présidence du Conseil et Uri Elitzur, ancien chef du cabinet de M.Nétanyajiou, étaient également interrogés.A l’issue du précédent interrogatoire, M.Nétanyahou s’était déclaré «persuadé» que l’enquête de police dont il fait l’objet depuis des semaines avec son épouse Sarah ne déboucherait pas sur des poursuites judiciaires.La sœur de Tony Blair agressée Ijondres (AFP) — La sœur du premier ministre britannique Tony Blair a été récemment agressée à Londres par un homme qui lui a volé son sac, a-t-on appris hier auprès du 10 Downing Street.Sarah Blair, 43 ans, n’a été que superficiellement blessée à im genou par son agresseur, un jeune homme qui avait le visage recouvert d’une cagoule et portait des gants, selon la presse britannique dominicale.L’incident s’est produit le 11 novembre alors que la sœur du chef du gouvernement venait de descendre d’un bus pour rentrer chez elle dans le quartier à la mode d’Islington, dans le nord de Londres.Elle a été projetée à terre par son agresseur qui s’est enfuit avec son sac.Downing Street n’a pas voulu donner de détails. LE DEVOIR.LE LUNDI 29 N O V EMBUE 1 9 9 9 A (I EDITORIAL M i c h e l Venue ?Moins de religion e débat sur la place de la religion à l’école a déjà franchi un bout de chemin.On discerne mieux les enjeux.Bientôt, le gouvernement devra indiquer l’orientation qui est la sienne.Le ministre François Legault doit respecter l’évolution sociale qui va vers une distinction plus nette entre la religion et l’école publique.Si la discussion sur la religion à l’école a porté beaucoup sur des principes, sur des droits et sur des modèles, le mandat de la commission parlementaire qui se penche sur ce sujet est relativement restreint.Il ne revient pas aux politiciens d’évaluer les mérites des différentes confessions ni de s’interroger sur la valeur de la religion dans une société donnée.Ancien sous-ministre de l’Éducation, aujourd’hui président de l’Université du Québec, Pierre Lucier a ramené la discussion sur le plancher des vaches, la semaine dernière.Dans son mémoire, il pose aux élus une question toute simple: faut-il plus ou moins de religion à l’école?Et il y répond tout de go: il en faut moins.L’évolution sociale prévisible va vers une distinction de plus en plus nette, vers des liens moins serrés, moins structurels entre la religion et l’école publique.Confirmation brutale mais éloquente de cette tendance: s’il n’y avait pas déjà une présence religieuse confessionnelle dans l’école publique québécoise, personne ne pourrait raisonnablement entreprendre de l’y introduire.Quelle que soit l’orientation,qu’il proposera au gouvernement, le ministre de l’Éducation, François Legault, doit respecter cette tendance.Le résultat de ce grand débat amorcé en 1997 par la déconfessionnalisation des commissions scolaires doit donc mener non pas à plus mais à moins de religion à l’école.La question qui se pose est de savoir quels gestes faire maintenant dans cette direction.Le plus simple de ces gestes et le plus cohérent serait de supprimer la possibilité d’un statut confessionnel pour les écoles publiques.Pourquoi, en effet, avoir supprimé le statut confessionnel des commissions scolaires si c’est pour le préserver pour la seule structure qui compte vraiment dans la vie, l’école.Deuxièmement, si l’objectif est qu’il y ait moins de religion à l’école publique, il faut résister à l’option communautarienne qui consiste à offrir un enseignement religieux confessionnel aux adeptes de toutes les grandes traditions religieuses du monde au lieu de réserver ce privilège aux catholiques et protestants.En plus de créer des ghettos et d’être difficile d’application, cette approche aurait pour effet d’augmenter la demande de religion à l’école au lieu de la réduire.Nous évoluerions alors dans le sens inverse à celui souhaité.Pour répondre aux vœux des parents qui tiennent à une forme d’apprentissage de type confessionnel, le rapport Proulx suggère de prêter les écoles aux Églises en dehors des heures de classe.Cette solution paraît la plus appropriée.fi reste à régler le sort de l’enseignement confessionnel catholique et protestant.M.Lucier croit qu’il serait impossible de le supprimer complètement parce que beaucoup de parents y tiennent.Le maintenir ne lui paraît pas non plus condamnable puisqu’il s’agit de préserver des droits acquis depuis plus d’un siècle.II propose par contre de réduire le nombre d’heures qu’on y consacre (deux par semaine) et de le supprimer complètement dans les dernières années du secondaire.II suggère aussi d’introduire progressivement, en commençant par le secondaire, un enseignement culturel des religions qui permettrait aux élèves de s’initier aux autres traditions religieuses.Ces propositions sont raisonnables.Nous serions spontanément allés plus loin.Car pourquoi préserver un enseignement confessionnel au primaire quand on sait ce qu’il en reste en réalité?Le ministre Legault comme les évêques, affirment que les Québécois préfèrent les révolutions tranquilles aux ruptures brutales, fis ont peut-être raison.Sauf qu’en matière de religion à l’école, l’évolution a commencé il y a déjà 35 ans.On, pourrait accélérer le pas sans dommages sauf pour le monopole de l’Église catholique.Mais si M.Legault a peur d’aller trop vite, au moins qu’il suive les conseils de M.Lucier et surtout qu’il ne perde pas le cap de vue.m veniieQ ledevoir.ca En matière de religion à l’école, l’évolution a commencé il y a déjà 35 ans Le handicap Clinton H S e r g e Truffant illary Clinton et Al Gore sont les deux diplômés les plus célèbres de l’école politique Bill Clinton.Au cours des sept dernières années, la première dame des États-Unis et l’actuel vice-président ont disposé de tout le temps nécessaire à l’apprentissage des us et coutumes de la grande et de la petite politique.En conséquence, plus d’un observateur s’attendait à ce que l’un et l’autre jouissent d’un clair avantage sur leurs concurrents immédiats; Hillary Clinton sur le maire de New York Rudolph Giuliani et Al Gore sur Bill Bradley, ex-sénateur du New Jersey.Paradoxalement, les premiers pas des bacheliers de l’école Clinton se sont conjugués davantage avec la confusion qu’avec l’hésitation.Et ce, plus particulièrement dans le cas de Hillary Clinton qui annonça son intention après avoir cautionné, par son silence et son attitude, les propos quelque peu incendiaires, voire irresponsables, de Souha Arafat.Bizarrement, c’est sur le conseil de son mari de président qu’elle a décidé de dévoiler plus tôt que prévu sa candidature au sénat.Pour leur part, les débuts de la campagne de Al Gore ont été une suite d’erreurs.Il aura fallu quelques semaines avant que le vice-président comprenne que s’il ne voulait pas être définitivement distancé par ses concurrents, il devait s’éloigner de ?l’establishment de Washington et modifier sa stratégie de manière à gommer l’hypothèque Clinton qui pesait et pèse encore sur lui.Dans les deux cas, il semble clair, pour l’instant du moins, que leurs liens trop étroits avec l’actuel président des États-Unis constituent un sérieux handicap.Ainsi, en ce qui concerne Hillary Clinton certains militants démocrates, dont des notables, ont publiquement indiqué qu'ils ne lui apporteraient pas leur soutien après lecture de sondages qui indiquent qu’une frange non négligeable de l’électorat n’a qu’une hâte: que l’ère Clinton se termine.À ce propos, il est remarquable de constater que les pontes de Wall Street se sont rangés avec une rare unanimité derrière Bill Bradley, principal adversaire démocrate de Al Gore.Cela dit, après des débuts cahin-caha ce dernier a remonté la pente, d’après les sondages, mais pas de façon significative.En revanche, dans le cas de Hillary Clinton, ces mêmes sondages indiquent que l’avance claire et nette dont elle jouissait il y a deux mois encore sur le maire Giuliani s’est réduite comme une peau de chagrin.Présentement, elle est devancée par une dizaine de points de pourcentage par un Giuliani qui soit dit en passant n’a pas encore indiqué qu’il partait officiellement à l’assaut du siège sénatorial.A l’évidence, les premiers de classe de l’école Bill Clinton éprouvent des difficultés d’autant plus importantes qu’en plus d’avoir commis des bévues de leur propre fait, ils n’ont pas encore tué un père dont une majorité d’Américains ne veulent plus entendre parler.strut fa ul(àledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAH HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CI-AUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ tt, Coffitâ 11 frmoiu La littérature prise en otage Le public présent au Salon du livre a eu sans doute l’impression que la littérature d'ici se porte bien.Mais quand on regarde au-delà de cette semaine exceptionnelle, on constate rapidement que la réalité est tout autre pour les principaiLX intéressés.Aux yeux des auteurs, la saison 1999-2000 sera probablement l’une des plus sinistres de la décennie.Cet automne, en effet, les enseignants ont choisi d’attirer l’attention sur leurs piètres conditions de travail en coupant tout ce qu’ils considéraient superflu, des sorties au théâtre jusqu’aux rencontres en classe avec des écrivains.On peut bien sûr comprendre les raisons qui les poussent à adopter une mesure aussi extrême, et on peut même argumenter que les enfants pâtiront moins de ces privations que de manquer des cours à cause d’une grève, mais on est en droit de se demander si les retombées ne risquent pas d’être autrement plus dramatiques.Il faut comprendre que, contrairement à ce que les rares best-sellers laissent entendre, la très grand majorité des auteurs n’arrivent pas à vivre de leurs maigres droits.Pour beaucoup d’entre eux, les visites dans les écoles (essentiellement subventionnées par le gouvernement) constituent une source de revenus primordiale.C’est grâce à celle-ci qu’ils peuvent continuer à écrire, tout en instillant le goût de lire chez les jeunes.Les objectifs des professeurs en sont consolidés, et l’avenir de la littérature au grand complet s’en trouve renforcé.De plus, chaque journée organisée par l’entremise du principal programme de rencontres procure à l’école une trentaine de livres gratuits, une véritable manne en cette ère de compressions budgétaires.Et admettons-le, une rupture de monotonie est loin d’être un luxe dans tout programme d'enseignement — pour les jeunes comme leurs professeurs.Par LETTRES -?- ailleurs, qui nierait l’utilité d’une activité pratique pour promouvoir la lecture?Peut-on imaginer un cours où î’on n’enseignerait que les règles de grammaire, sans recourir à un seul exemple concret?Ecrivains et professeurs ont depuis toujours été des alliés de choix dans la lutte contre l'analphabétisme.Que les enseignants décident soudain de faire valoir leurs revendications en attaquant leurs partenaires plus démunis relève de l’absurdité totale.Non seulement l’approche s’apparente à du terrorisme culturel, mais même si les auteurs y survivent, imagine-t-on que leurs relations avec les écoles reprendront comme si de rien n’était une fois la crise passée?Contrairement à ce que la tactique affirme à la population, la lecture n’est pas un poids facultatif dont la société peut se délester quand les temps se font difficiles.Nous sympathisons avec les enseignants, mais nous les implorons d’abandonner leur présent moyen de pression avant qu’ils n’aient irrémédiablement endommagé ce qu’ils prétendent chercher à protéger.Charles Montpetit Président de l'Association des écrivain-es québécois-es pour la jeunesse Montréal, 19 novembre 1999 Sale, la politique?Tous les quatre ans, les élus municipaux se présentent devant leurs électeurs qui ont à passer un jugement sur leurs représentants qu’ils avaient eux-mèmes choisis.Voilà l’essence même de la démocratie qui s’exerce.Cependant, lors de la campagne qui précède chaque élection, le bon peuple est exposé à un barrage de méchancetés, mesquineries, demi-vérités, calomnies, lesquelles ne visent qu’à discréditer l’adversaire qu’il faut abattre à tout prix.Tous les moyens sont bons.Après tout, pour certains, que serait une campagne électorale sans un battage de salissage et de propos orduriers?Tout ce que ce beau monde a à ajouter pour expliquer cet état de chose navrant et sinistre: «La politique, c’est sale!» Je ne souscris nullement à cet adage.La politique n’est pas sale, ce sont certains politiciens qui le sont.Es le sont à souhait et Es sont presqu’encouragés à l’être.II est si regrettable que de telles pratiques déloyales et mensongères soient tolérées par notre société, voire même par les autorités.Lorsqu’on en fait la remarque, tout ce que l’on trouve à dire: «Après tout, c’est ça une campagne électorale».Je regrette, mais ce n’est pas ça une campagne électorale.Une campagne électorale devrait se constituer d’échanges d’idées, de projets, de l’évaluation des réalisations et des programmes.Les citoyens peuvent-ils affirmer que leurs intérêts seront bien défendus alors que tout ce qu’on leur soumet, ce ne sont que des calomnies les plus basses et les plus mesquines?Ëst-ce qu’une campagne électorale peut être une excuse pour trainer dans la boue des honnêtes ci- , toyens avec l’unique objectif de détruire leur réputa- : tion afin qu’ils soient battus lors du scrutin?Un tel état de chose ne fait qu’éloigner les candidats intéressants potentiels qui n’en n’ont que faire de s’exposer à de telles bassesses.Cette attitude conciliante de la population et des autorités envers ces destructeurs de réputations conduira inévitablement à mi désengagement total envers la politique, ouvrant toute grande la porte à des aventuriers qui n’y seront que pour satisfaire leurs besoins personnels, financiers et leur désir de vengeance., Thomas Jefferson aura alors eu raison d’affirmer: «À ne pas s’impliquer dans la chose publique, on finit pas être administrés par des gens qui sont pires que nous».Triste perspective! Armand J.Doré Maire (réélu) de Saint-Damien Saint-Damien, 18 novembre 1999 LIBRE OPINION -?- La difficile et nécessaire fermeture de la Gaspésia JOHN YV.WEAVER Président et chef de la direction Abitibi-Consolidated Il y a lieu de mettre en perspective la décision que nous avons annoncée il y a quelques semaines quant à la fermeture de l'usine Gaspésia de Chandler.Les conditions du marché ont changé de façon significative et nous devions prendre des mesures immédiates pour rétablir la rentabilité de l’entreprise.Je désire réitérer notre engagement à collaborer entièrement avec d’éventuels promoteurs désirant y produire une gamme de papiers autres que nos produits principaux.Le marché Lorsqu’en décembre 1998 nous avons élaboré un projet de concert avec le Groupe Cèdrico, nous étions alors convaincus qu'il était possible de rendre l’usine viable.Cependant, presque un an plus tard, le marché du papier journal ne s’est pas amélioré et le projet n’a pas fait de progrès marqués.De plus, Abitibi-Consolidated a subi des pertes au cours des cinq derniers trimestres qui ont débuté avec la grève de 1998.Cette dernière a eu un impact direct sur le carnet de commandes de l’usine et sur la situation financière de l’entreprise.Une analyse approfondie du marché, faite dans le cadre de notre planification budgétaire pour la prochaine année, donne une image claire de la situation: faire redémarrer l’usine de Chandler aggraverait le problème de surcapacité de production auquel nous faisons face dans notre propre réseau et dans l’industrie en général.Cette situation découle d’un certain nombre de facteurs, l’un des principaux étant la mise en service en Amérique du Nord, à la fin des années 1980, d’installations de production à faible coût qui a eu pour effet d’accroitre la capacité de production de l'industrie.Dans un marché parvenu à maturité, cette capacité supplémentaire ne peut pas être absorbée.Cette an- née, Abitibi-ConsoEdated a imposé à ses usines des arrêts de production totalisant environ 450 000 tonnes de papier journal.C’est encore trop peu et la situation ne se réglera pas sans réduire la capacité de production en fermant des usines à coût élevé.Le projet avec le Groupe Cèdrico Depuis janvier 1999, Abitibi-Consolidated avait une entente de principe conditionnelle avec le Groupe Cèdrico, c’est-à-dire que les bases du projet avaient été établies, sous réserve de conditions importantes devant être remphes à la satisfaction des deux parties.Le gouvernement du Québec n’était pas partie à cette entente de principe.En mars 1999, l’une des conditions fut rempEe lorsque le ministère des Ressources natureUes nous a confirmé, dans une lettre distincte de l’entente de principe, qu’il renouveUerait un certain volume d’approvisionnement en fibre pour l’usine et assurerait son aide advenant la concrétisation du projet.Presque un an plus tard, c’est la seule condition qui ait été rempEe.La fermeture de l’usine de Chandler est une décision purement d’affaires, motivée par les perspectives du marché et la situation financière d’Abitibi-Consolidated, et non par le manque de coEaboration du gouvernemenL Pour ne pas laisser miroiter plus longtemps de faux espoirs, nous avions l’obligation de prévenir immédiatement les principaux intéressés, soit le Groupe Cèdrico, les autorités gouvernementales, nos employés et nos actionnaires.Nous comprenons bien la déception qu’entraine notre décision.Mais il est important de noter qu’il n'y a jamais eu d’accord final qui concrétisait le projet.Soutenir le contraire, c’est induire la population en erreur.L’incidence sur les autres usines Chandler est non seulement notre usine la plus coûteuse, mais ses coûts de production sont probablement les plus élevés en Amérique du Nord.C’est pourquoi elle s’est vu imposer des arrêts de production.Il ne faut pas oublier que l’usine est ar- rêtée depuis maintenant plusieurs mois.La faire redémarrer dans les circonstances actuelles aurait pour effet d’obEger la fermeture temporaire ou permanente d’autres usines.Autrement dit, pour chaque tonne que l’on produirait à Chandler, il faudrait en éliminer une dans une autre usine.Un emploi maintenu à Chandler signifierait un emploi perdu dans une autre usine.C’est une décision que nous ne pourrions pas justifier pour les usines à plus faible coût d’exploitation.Ces employés, ces autres communautés et nos actionnaires en seraient alors pénaEsés.Nous devons par conséquent prendre des décisions en considérant l'ensemble de l’entreprise et la majorité de nos employés.Abitibi-ConsoEdated demeure un important employeur au Québec avec près de 6500 employés, dont 300 à son siège social récemment implanté à Montréal, ce qui représente une masse salariale an-nueEe d'environ 400 miEions de dollars.En plus de ses trois scieries et quatre coentreprises de bois d’œuvre, elle compte au Québec sept usines de papier fabriquant près de la moitié de sa capacité globale de production de papier.Abitibi-ConsoEdated a investi plus de un mUEard de dollars au Québec au cours des cinq derrières années, incluant les projets à AEna, Beaupré et Kénogami.L’avenir de l’usine de Chandler Nous avons déjà averti le gouvernement du Québec que nous étions prêts à considérer la vente de l'usine à des investisseurs potentiels qui projetteraient d’y produire une gamme de papiers autres que nos produits principaux.S'il y a un espoir de trouver une nouvelle vocation pour l’usine de Chandler, il ne pourra se réaliser que si toutes les parties regardent les faits et la situation en face, et tiennent compte de la réalité du marché.Toutes ont intérêt à mettre leur énergie et leur créativité à concrétiser une nouvelle vocation pour l’usine.Nous apporterons notre entière coEaboration aux promoteurs qui travailleront dans cet esprit. LE DEVOIR.LE LU N DI 2 î» N {) V E M B R E 1 9 il !» IDEES Fonder une famille dans un contexte de précarité : un pari risqué Jeunes couples Fonder une famille repose aussi sur d'autres facteurs autant d’ordres émotif, rationnel que culturel.0 b s e r u 81 o i r e Jeunes et Société LUCE DUVAL Observatoire Jeunes et Société INRS - Culture et Société i les problèmes d’emploi des jeunes sont d’actualité depuis la crise des années 1980, on parle également beaucoup de la baisse du nombre des naissances.L’arrivée des enfants se produit à un âge de plus en plus avancé.Plusieurs se demandent même comment les jeunes adultes pourront se tailler une place sur le marché du travail et atteindre l'autonomie qui leur permettra de quitter le foyer parental pour s’établir en couple et devenir parents à leur tour.Former une famille: un modèle flou Il y a trente ans à peine, le mariage et les enfants arrivaient assez tôt dans la vie des jeunes adultes.Après avoir trouvé l’élue de son cœur, il suffisait que le jeune homme obtienne un emploi pour que le couple conyole en justes noces et fonde une famille.A l’époque, rares étaient ceux qui dérogeaient de cette trajectoire.Depuis ce temps, le portrait a bien changé.Et pour cause, aujourd’hui l’itinéraire de vie des individus dans la vingtaine n’a souvent pas beaucoup de choses en commun avec celui de leurs parents au même âge.Moins de jeunes vivent en couple et le rôle de parent se concrétise de plus en plus tardivement.L’âge moyen des femmes à la première maternité est passé de 25 ans à 26,6 ans entre 1975 et 1996 (Institut de la statistique du Québec).Plusieurs études ont démontré que plus qu’un simple report, avoir des enfants est devenu un processus plus flou qui n’est pas nécessairement l’aboutissement du (iiaria-ge ou de la formation du couple.A titre d’exemple, en 1996, près de la moitié des jeunes couples de moins de trente ans n’avaient pas d’enfants.L'acquisition de l'autonomie financière ne fournit cependant pas la seule explication pour comprendre les transformations entourant la formation d’une famille aujourd'hui.Des chercheurs ont démontré qu’indépen-dainment des cycles économiques, les jeunes parents ont souvent de la difficulté à joindre les deux bouts parce que l’arrivée des enfants mobilise une part importante du budget familial et affecte le niveau de vie.Habituellement, cette pauvreté n’est que temporaire et, selon toute probabilité, le revenu familial augmentera avec les années.Or, les revenus des jeunes familles ne s’améliorent guère avec le temps en dépit de la participation croissante des jeunes femmes au marché du travail.Cette détérioration se traduit, entre autres, par une proportion grandissante de familles biparentales de moins de 30 ans qui ont un faible revenu, passant de 17,6 % à 28,8 % entre 1981 et 1996 (Molgat, 1999).Depuis trente ans, les conditions de vie des jeunes se sont détériorées alors que celles de la cohorte précédente se ' sont améliorées.Il serait hâtif de conclure que la décision d’avoir des enfants ne repose que sur une question financière.Au moment de faire ce choix, les jeunes couples ont peut-être fait quelques calculs sur le coin d’une table pour savoir ce que représente l’arrivée d’un enfant dans leur budget Sans entrer dans les détails des études sur la fécondité, mention- nons que former une famille repose aussi sur d'autres facteurs autant d’ordre émotif, rationnel que culturel.Par exemple, certains jeunes voudront d’abord profiter d’une période de liberté, terminer leurs études, être sélectifs dans le choix du conjoint avec qui partager leur projet de vie.Il va de soi que ce report, basé sur des considérations personnelles, ne serait possible sans être sociale ment accepté.Attendre l’insertion en emploi Plusieurs enquêtes révèlent que les jeunes Québécois n'ont pas renoncé à fonder une famille.Même si ces facteurs ne sont pas les seuls, l’instabilité en emploi et des conditions financières incertaines sont des éléments dont ils tiennent compte dans leur projet d’avoir des enfants.Ce n'est qu'après avoir terminé leurs études et obtenu un emploi, du moins pour l’un des parents, que la plupart voudront concrétiser ce projet Il semble que le modèle basé sur l’inser- tion en emploi du jeune homme, comme condition essentielle pour avoir des enfants, ne s’avère pas complètement changé.Plus de jeunes hommes occupent un emploi à temps plein lorsqu’ils vivent en couple que de jeunes femmes.D’autres études révélent que la plupart des jeunes pères, contrairement aux jeunes mères, étaient déjà bien insérés en emploi au moment de la naissance de leurs enfants.Ce phénomène, a priori surprenant de nos jours, y trouve une explication somme toute assez simple.Même si les jeunes femmes des années 1990 sont de plus en plus nombreuses à réintégrer le marché du travail après une grossesse et à le faire plus rapidement que les jeunes femmes des cohortes précédentes (Fast et Da Pont, 1997), il n’en demeure pas moins que ces interruptions de travail sont inévitables et affectent les revenus du couple et la carrière des jeunes mères.Dès lors, la présence plus stable du conjoint sur le marché du travail permet d’assurer des conditions acceptables pour la famille.Quelles seront les modifications entourant la formation d’une famille si plus de jeiuies hommes, sur qui repose encore souvent la stabilité en emploi des couples avec enfants, persistent à éprouver des difficultés en emploi ?Les coups de pouce offerts par les parents d’enfants adultes peuvent représenter une solution.Ayant connu de façon générale une hausse de leur niveau de vie et ayant relativement peu d’enfants, cette génération est l’une des premières dans l’histoire à être en mesure d’offrir un soutien financier à ses enfants.Cependant, force est de constater que ces ressources, lorsqu’elles existent, sont bien inégales.Pour une politique familiale plus près de la réalité Nos travaux ont déjà fait ressortir la sous-représentation des jeunes lors de l’élaboration des politiques familiales québécoises pourtant basées sur de vastes structures de consultation.L’augmentation de l’âge moyen à la première naissance nous fait oublier que les enfants naissent principalement dans des familles biparentales composées de jeunes parents.La majorité des mères sont dans la vingtaine et peuvent rarement se prévaloir des congés de maternité prévus par la loi et les conventions collectives.Il ne s’agit là que d'un exemple démontrant que la situation des jeunes parents est fort différente de celle des parents qui ont atteint la trentaine et qui sont bien insérés sur le marché de l’emploi.Au moment où l’on s'inquiète du nombre croissant d’enfants vivant dans la pauvreté au pays, on semble oublier que ce sont leurs parents, issus bien souvent des cohortes récentes, qui se sont appauvris.Dans ces conditions, ne serait-il pas temps d'ajuster les programmes d’aide à la famille aux conditions objectives d’emploi des jeunes parents qui sont souvent exclus de ces mesures ?obs.jeunestSinrs-culture, uquebec,ca Reconnaissance d’une victoire du OUI Les obstacles au «Grand Jeu» de M.Parizeau Si la France s’apprêtait réellement à reconnaître unilatéralement le Québec en 1995 il s’agit là d’une situation très paradoxale JONATHAN FAQUIN L'auteur détient une maîtrise en science politique de l’Université Western Ontario r rédéric Bastien soutient dans Relations particu- F libres que la France s’apprêtait à reconnaître une victoire du OUI au référendum sur la souveraineté du Québec en 1995.Selon lui, «Paris voulait ainsi mettre le maximum de pression sur ik.Washington, Ottawa, et les principales capitales européennes, tout en se tenant prêt à reconnaître formellement une déclaration unilatérale d'indépendance si les Québécois y avaient recouru».Si l'interprétation de M.Bastien est juste, la France n’aurait pas hésité, le cas échéant, à mettre à exécution le Grand Jeu diplomatique élaboré par Jacques Parizeau.Ce jeu avait pour but de pjacer Washington devant un fait accompli pour que les Etats-Unis soient forcés de reconnaître le Québec.S’il est impossible de prédire avec exactitude ce qui se serait produit si ce Grand Jeu avait été enclenché à la suite d’un référendum gagnant, un certain nombre d’éléments laissent présager que ses chances de réussite étaient relativement minces.La France et l’esprit de Maastricht La thèse de la reconnaissance unilatérale du Québec par la France est diamétralement opposée aux valeurs politiques normalement défendues par Paris en ce domaine.Loin de favoriser la prise de décision unilatérale, la France s'est révélée depuis le début des années 90, l’une des plus ardentes partisanes de la coopération européenne en matière de politique étrangère.L’épisode yougpslave est sans doute le plus révélateur de cette attitude.A la suite de la proclamation d’indépendance de la Slovénie et de la Croatie en juin 1991, la France a tout fait pour éviter que {’Allemagne reconnaisse unilatéralement les deux républiques yougoslaves.Iœ ministre français des Affaires étrangères de l’époque, M.Roland Dumas, déclarait alors à son homologue allemand «si vous reconnaissez la Slovénie et la Croatie, l’Europe fera un bond en arrière de vingt ans», signifiant ainsi qu’en cas de défection, l'Allemagne remettrait en question la crédibilité de l’UE et compromettrait les efforts européens de concertation.L'Allemagne fit néanmoins cavalier seul en reconnaissant unilatéralement l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie en décembre 1991.La réaction de Roland Dumas fut alors formulée sous forme de question : «où est l'esprit de Maastricht ?».Cette décision de l’Allemagne eut pour effet de créer une brouille diplomatique franco-allemande qui risqua de compromettre la signature des dispositions incluses dans le traité de Maastricht concernant la politique étrangère.Si la France s’apprêtait réellement à reconnaître unilatéralement le Québec en 1995 et ce, au nom de relations particulières, il s’agit là d’une situation très paradoxale.Personnellement, j’imagine mal comment la France aurait pu justifier un tel geste devant le Conseil européen après avoir si ardemment défendu l’Europe unie quelques années auparavant.Sans compter que la France aurait nécessairement payé le prix d'une telle action notamment en gâtant ses relations diplomatiques avec le Canada et les autres membres de l’UE.En dépit des réserves formulées précédemment, imaginons que la thèse de M.Bastien soit plausible.Que la France aurait été prête à reconnaître le Québec et à exercer des pressions sur Washington.En de telles circonstances, comment les Etats-Unis auraient-ils réagi ?Washington et la stabilité nord américaine Aux experts américains de la politique canadienne que j’ai rencontré à Washington, en mai dernier, j’ai posé la question suivante : Croyez-vops que le Grand Jeu de M.Parizeau aurait fait bouger les Etats-Unis ?Tous, dont l’expert Charles Doran du Johns Hopkins University, ont eu cette réponse : «depuis quand les Etats-Unis se font-ils dicter la conduite de leur politique étrangère parla France!».D est évident que les Américains connaissaient l’existence de ce Grand Jeu en octobre 1995.Un an après le référendum, certains experts américains avaient même soulevé publiquement la question de ce jeu diplomatique devant le Committee on the Western Hemisphere de la Chambre des Représentants au Congrès.Selon Joseph Jockel, politologue américain qui a, entre autres, témoigné lors de la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, la reconnaissance du Québec par la France n’aurait eu aucun impact sur la position de Washington.Cet avis est également partagé par Christopher Sands du Center for Strategie and International Studies (CSIS) çt par Charles Doran.La politique des Etats-Unis face au Canada est fondamentalement conservatrice.Dans l’éventualité d'un OUI au référendum sur la souveraineté du Québec, il serait donc primordial pour Washington que la transition du Québec vers la souveraineté s’effectue dans la stabilité.Comme le souligne Christopher Sands, «une déclaration unilatérale d’indépendance (du Québec) est très déstabilisante si on la laisse devenir effective».En 1995, il est donc probable que Washington aurait invalidé une telle proclamation d'indépendance en la considérant comme une simple déclaration d’intention et ce, peu importe la position et les actions entreprises par Paris.Pour les Etats-Unis, le Québec serait alors demeuré une prorince canadienne tant et aussi longtemps que les négociations sur la sécession entre Québec et Ottawa, menées de bonne foi, n’auraient pas été fructueuses.En 1995, les chances de réussite du Grand Jeu étaient donc à peu près inexistantes.Si, comme le laisse croire Frédéric Bastien, l’obstacle France/Union européenne avait pu être surmonté, l’obstacle américain, quant à lui, ce serait avéré difficilement franchissable.Par ailleurs, on ne peut prédire la conjoncture politique d’un troisième référendum sur la souveraineté.Cependant, il est certain que placer le devenir politique du Québec entre les mains de puissances étrangères qui agissent en fonction de leurs intérêts nationaux apparaît extrêmement hasardeux.Gilles A rc h a ni haul! Un certain sourire L| animateur à la télévision rend compte d'un (autre) sondage qui constate la baisse de popularité du Parti québécois.Il a un sourire épanoui qui ressemble à celui qu'il arborera dans quelques minutes pour nous parler de David Bowie.De ce chanteur britannique, je ne pense rien du tout.Qu'on soit assez tarte pour se plier à ses exigences de vedette, seulement quatre interviews pour Montréal a décidé le maître en ritournelles dont les notes se traduisent automatiquement en banknotes, démontre assez bien le degré de crétinisme dans lequel se complaisent nos sociétés occidentales.Mais de ce certain sourire du présentateur, je conclus beaucoup de choses.Pour commencer, qu'il n'était pas mécontent des résultats de la consultation, 1a politique d'objectivité à laquelle il est astreint n'interdit pas le sourire.Quand il a ajouté qu'en revanche les Québécois faisaient davantage confiance aux libéraux de Jean Chrétien qu'aux péquistes de Lucien Bouchard, Sagan et Louvain ont fait place à une sorte de sérénité vraie.Il était rasséréné, le lecteur de nouvelles qui nous parlerait bientôt de Wayne Gretzky comme s'il s'agissait de mère Teresa, Céline Dion et Stéphane Dion réunis en un seul homme.Sorte de gros bébé joufflu, il avait cet air satisfait et indécent des poupons après la tétée.Je ne me porterais toutefois pas volontaire pour le langer.Comme bien l'on pense.Il ne manque pas de fées bienveillantes pour s'occuper de lui.On le paie convenablement, lui, le préposé à l'information, j'imagine.Pas des masses, évidemment.De toute manière, pour sourire et prononcer convenablement le nom de petits patelins reculés de l'Alberta ou de Saskatchewan, mérite-t-il davantage?Il n'en reste pas moins qu'il y a un messager.C'est par lui que parvient la nouvelle pour moi désolante.Je ne suis pas de ceux qui s'inclinent devant la majorité.Qu'il se trouve plus de Québécois pour estimer que le parti de monsieur Bouchard a démérité ne prouve rien d'autre que le glissement de popularité est probablement réel.Rien de plus.Comment peut-on en déduire qu'ils ont raison, ces sondés-là?Peut-on prouver qu'ils ont tort?D'où l'aspect inquiétant du sourire de notre homme à qui on songera peut-être un jour pour incarner le géant qui sert d'emblème chez Michelin.Si on me demande si je préférerais que mon chef d'antenne ne sourie pas quand il annonce ce qui est pour moi un petit désastre, je serais porté en un premier temps à répondre par l'affirmative.Dans un premier temps.Mais à la suite d'un moment ou deux de réflexion, je serais d'avis contraire.Pourquoi empêcher + cet homme d'être jovial s'il en a envie?Son bonheur, après tout, doit être partagé par les gens qui l'ont placé là où il est.Comment ne pas être en faveur d'une félicité généralisée?Le problème viendrait de ce que le Parti québécois n'a pas à sa disposition un petit écran où un autre bébé joufflu viendrait sourire en nous parlant d'un hôpital où le service des urgences n'est pas débordé ou d'une tarte à la crème offerte en hommage à un quelconque Pettigrew.Il n'y a pas de messager de ce genre.Télé-Québec a une vaste palette d'émissions, des dramatiques, des émissions de variétés, des séries pour enfants, des films non entrecoupés de publicité, mais pas de bébé joufflu qui confondrait un médecin spécialiste parti jouer au golf et à la table d'opération daps l'Eldorado pour bien nantis que constituent certains Etats américains.Comment s'étonner de cette baisse de popularité d'un parti qui n'a pas à sa disposition un moyen aussi puissant que la télévision?Pas besoin de longues démonstrations, de documentaires approfondis.Il suffit d'avoir un réseau, de diffuser l'information à travers le prisme choisi et d'engager un messager qui sourit aux moments souhaités.Monsieur Bouchard répète que la situation financière du Québec, toute améliorée qu'elle est par rapport à ce qu'elle a déjà été, ne s'éloigne jamais de la précarité.Personne au reste ne peut prévoir qu'il en sera autrement dans 10 ou 20 ans.Il le répète, mais pas tellement à la télévision.Pourquoi pensez-vous?Il n'en a pas l'çccasion.La moindre de ses déclarations sera tronquée.A la télévision, il faut faire vite, ne pas s'appesantir, se calquer en quelque sorte sur un mode d'opération dicté par la publicité.Les clips succèdent aux clips.L'homme politique, s'il veut réussir, devra être un modèle de l'année ou une bière jeune depuis 1903.Si tout va, il sera de cœur et d'acier.Il y a aussi la place au générique pendant le journal parlé, le ton de la voix, le sourire.Dans le climat actuel, ce sont les syndicats, les groupes de pression de tout acabit, les râleurs qui reçoivent l'appui inconditionnel du petit monde de la petite boîte à images.Le résultat recueilli par Léger et Léger il y a quelques jours n'a donc rien de surprenant.L'indépendance politique du Québec, les conditions gagnantes?Je pense que nous les atteindrons seulement si nos convictions, notre jugement, notre courage (il en faut), notre sens du réalisme politique l’emportent sur la propagande, les compromissions.En somme, il faudra que mon présentateur ne sourie que parce qu'il fait beau ou qu'il n'a plus mal aux dents.Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE I)U DEVOIR IA RÉDACTIONToumalistes A l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine).Yves d'Avignon (sports); Paule des Rivières (éducation), Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle.Louise Leduc,* Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales).Caroline Montpetit.Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé); Odile Tremblay (Horizons): Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre, danse), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Jean-Pierre Iegault.Clément Trudel (musique) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Benoit Munger, Francois Normand, Serge Truffaut, Claude Turcotte : à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de /’information), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O’Neill.Hélène Buzzetti, Manon Cornollier (correspondantes parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec); Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay.Marie-Claude Petit (commis).I-n documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Liplante (Québec) Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Anouk Horbutt, Manon Bouchard, Christiane Legault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruclland Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires); Manon Blanchette-Turcotte, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon : Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers Marie-Josée Hudon.Sébastien Vallée.Christian Vien, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice).Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélène Gervais, Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION 1)11 DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). \ 8 I- E 1> E V OIR, L E L II N I) 1 2 !> N 0 V E M B R E ' 1 !> 0 !• -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES BOURBIER SUITE DE LA PAGE 1 des motivations politiques.Les élus nationalistes ont beau jeu de renvoyer dos à dos le pouvoir de Paris et les bandes armées.Le journaliste Jacques Follorou décrivait récemment la Corse comme «un aiguillon douloureux planté dans une république malade de son immobilisme» (Corse, l’État bafoué, Stock).La seule certitude depuis quelques semaines, c'est qu'en jouant les défenseurs de la République, plus personne, surtout pas le gouvernement et son ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, ne semble avoir la moindre crédibilité pour se faire entendre dans Pile.Comment s’étonner qu’entre la guerre des polices et celle des fractions nationalistes, le commun des mortels y perde son latin?crioux@csi.com Les réalisateurs de la SRC réclament une enquête (Le Devoir) — Dans la tourmente entourant la production privée et les allégations de malversations qui pèsent sur elle, les réalisateurs de Radio-Canada réclament une commission d’enquête afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire et qu’on en mesure l’ampleur.Ils considèrent que la crise doit se régler sur la place publique.La semaine dernière.l'Association des réalisateurs, par la voix de son directeur Pliilippe Baylaucq, avait dit espérer que l'affaire se règle en famille.Afin de se dissocier de toute évidence de ces propos, leurs homologues de Radio-Canada déclarent aujourd’hui, compte tenu de la gravité des allégations émises, que toute la lumière doit être faite par une commission indépendante des organismes bailleurs de fonds, dans l’intérêt du public qui paie la note avec ses taxes.L’épave du ferry retrouvée, au moins 16 morts Oslo (Reuters) — La marine norvégienne a retrouvé hier l’épave du ferry qui a fait naufrage vendredi, tuant au moins 16 personnes, a-t-on appris de source autorisée.De 16 à 19 personnes ont péri dans l’accident, a annoncé la police.Treize corps ont été retrouvés et trois personnes dont on est sûr quelles étaient à bord sont présumées mortes.Deux ou trois autres personnes sont portées disparues selon des informations non confirmées, a précisé le porte-parole de la police.Un sous-marin de poche a retrouvé deux cadavres près de l’épave du catamaran Sleipner, qui repose par 90 mètres de profondeur au large d'Haugesund, sur la côte ouest de la Norvège.D devrait ensuite explorer l’épave du ferry qui a heurté des rochers vendredi dans une mer houleuse.Les opérations de recherche des personnes disparues avaient été interrompues samedi soir près de 24 heures après le naufrage.La société propriétaire du catamaran ultra-moderne a reconnu hier que l'équipage avait peut-être sous-estimé la gravité de la situation et trop atten-f-dl! avant de faire évacuer les passagers.Selon les premières informations, il semble que le bateau ait coulé de façon inexplicable très rapidement, a dit le directeur général de Hardanger Sunnhordlandske Dampskipsselskap.Prague défend une appellation d’origine pour la bière Prague (AP) — La République tchèque risque de compliquer un peu plus l'épineux dossier agricole porté devant l'OMC: elle entend en effet demander la création d'une appellation d’origine contrôlée pour la bière.Les brasseurs américains et allemands y sont fermement opposés.Les autorités tchèques souhaitent étendre à la bière la protection dont bénéficient déjà les vins et spiritueux.Ainsi, le champagne, le cognac et l'armagnac ne peuvent porter cette appellation que s’ils sont produits dans leurs régions traditionnelles en France.Si Prague obtient satisfaction, les brasseurs allemands ou d’autres pays ne pourront plus utiliser la désignation pilsner, en référence à la ville tchèque de Plzen (Pilsen en allemand), l’exploitation exclusive du nom étant réservée à la société tchèque Pilsner Urquell installée dans la capitale tchèque de la bière.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 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présideront côte-à-côte aux destinées de l’Ulster D’APRÈS AFP ET REUTERS Belfast — L’Irlande du Nord va connaître une semaine de bouleversements historiques avec la formation dès aujourd’hui d’un premier gouvernement interconfessionnel semi-autonome, clé de voûte d’un processus de paix solidement remis sur les rails samedi par les protestants.Le mouvement de David Trimble a accepté de renoncer à son exigence d’un début de désarmement de 1’IRA comme préalable à l’entrée de son aile politique, le Sinn Fein, au sein de l’exécutif local.Une pré-condition qui paralysait le processus de paix depuis la signature de l’accord du Vendredi Saint le 10 avril 1998.Le compromis de paix a été approuvé par 480 délégués du parti pro-britannique contre 349.David Trimble, Prix Nobel de la paix, a promis aux délégués de sa formation réunis à Belfast qu’il quitterait le poste de premier ministre de l’exécutif nord-irlandais si l’IRA ne commençait pas à désarmer avant février.Le compromis a été «clairement approuvé», a dit Trimble.«Nous sommes sortis de l’impasse.» «Nous avons fait un effort, M.[Gerry] Adams c’est à vous», a t-il ajouté en s’adressant au chef du Sinn Fein.«Nous avons sauté le pas.A vous de suivre.» Après 30 ans de troubles qui ont fait quelque 3500 morts, protestants et catholiques, défenseurs de la couronne britannique et partisans de la réunification de l’Irlande, vont donc tourner la page de la confrontation en présidant côte-à-côte aux desti- SU1TE DE LA PAGE 1 bec à abandonner l’idée de tenir un troisième référendum, tentant de toute évidence de donner l’impression que Lucien Bouchard sera à blâmer pour la continuation ou la cessation du débat.«M.Bouchard, si vous m'écoutez, pourquoi vous et moi ne ferions-nous pas un beau geste?Pourquoi ne ferions-nous pas le plus beau cadeau du millénaire à tous les Québécois, à tous les Canadiens?Pourquoi, alors que 72 % des Québécois ne veulent pas avoir de référendum, ne dites-vous pas que vous ne ferez pas un référendum au cours de votre mandat et moi je vous promets aussi de faire le même geste.Je ne parlerai plus de constitution, de référendum, de clarté de la question, de Cour suprême.On va arrêter d’en parler.» Jean Chrétien s’est bien défendu d’être provocant en relançant lui-même le débat référendaire en pleine accalmie.11 tente visiblement de faire porter la responsabilité de ce retour du sujet à l’ordre du jour national par le gouvernement du Parti québécois, prétextant que chaque semaine, le Parti québécois parle de «conditions gagnantes».Mais il semble surtout que Jean Chrétien n’a pas encore digéré le fait que le mouvement souverainiste ait volé la vedette lors de la conférence internationale sur le fédéralisme au Mont-Tremblant, en octobre.Alors que Bill Clinton acceptait «peut-être pour la premier fois de faire un discours académique», a blâmé M.Chrétien, «qu’est-ce qu’ils [les souverainistes] ont fait?Ils ont essayé de faire un hijacking [un détournement] de cela.Pensez-vous que c’est acceptable et que je dois me fermer [sic] ?Que je tie dois rien dire?» Carte blanche Sans s’avancer sur le pourcentage d’appui à la séparation suffisant pour entamer des discussions avec le fédéral, M.Chrétien a répété qu’on ne «brisait pas un pays avec un recomptage judiciaire».D indique ainsi qu'il ne semble pas prendre acte de la dissension évidente entre les ministres québécois de son cabinet à ce sujet.Samedi, la ministre Lucienne Robillard avait déclaré que selon elle, «l’enjeu principal, c’est la clarté de la question.Quand une question est claire, et qu’on comprend ce sur quoi on vote, l’interprétation du résultat est facilitée».Stéphane Dion, au contraire, déclarait sur les ondes de RDI en matinée hier que «Ça serait déraisonnable, même avec une question claire, de briser un pays avec 50% + une voix.» Après le discours de Jean Chrétien, hier, aucun des ministres du Québec n’a voulu parier aux journalistes.Les Paul Martin, Pierre Pettigrew et Martin Cauchon se sont éclipsés.En conférence de presse, Alfonso Gagliano a seulement déclaré que «Le premier ministre a dit que 50 %+1 ce n’était pas suffisant, et là je peux vous dire que les ministres sont solidaires.» SUITE DE LA PAGE 1 française de la multinationale inonde la presse de photographies de cow-boys gros et gras qui rigolent au téléphone.De qui rient-ils?Des Français évidemment qui, imaginez la chose, fabriquent leurs hamburgers avec des produits de la ferme Made in France! «Et ils en mangent?», se demandent les gardiens de vaches mal dégrossis du Da-kota-du-Sud.Chaque message prend soin de décrire l’Américain moyen comme un individu obèse, vulgaire, qui ne mange jamais de légumes et possède la délicatesse d’un hippopotame.En France, la mondialisation a réveillé le vieux démon anti-américain constatait l’écrivain Jacques Attali dans L’Express.«Certains développent maintenant une hystérie xénophobe qui va même, dans une abjecte métaphore, jusqu’à assimiler le libérateur de l’Europe occupée par les nazis — les États-Unis — à un nouveau Führer mondial.» Le leader «souverainiste» du RPF, Charles Pasqua, décrivait récemment l’OMC comme l'instrument «d’un nouveau Reich du millénaire».Selon lui, José Bové est un «souverainiste qui s’ignore».A gauche comme à droite, l’OMC n’a pas bonne presse.L’économiste Susan George évoquait dans Le Monde diplomatique «une organisation fondamentalement antidémocratique et destructrice des libertés».La malbouffe n’est pas le seul fléau qu'imposerait au consommateur français la mondialisation des échanges.S’il faut en croire la presse, on ne compte plus les secteurs menacés: alimentation, cinéma, télévision, etc.La mondialisation ferait même planer sur la France le danger d’un «enseignement uniformisé» a déclaré la semaine dernière le ministre de l'Education nationale, Claude Allègre.Marginaux, des groupes de pression comme Attac (favorable à une taxe sur les transactions financières internationales), la Coordination pour le contrôle citoyen de l’OMC et l’Observatoire de la mondialisation voient les nouveaux membres affluer.La France apparaît parfois comme le dernier village retranché du combat contre la mondialisation.C’est à Bastia que le Forum mondial des cinéastes, réunissant des cinéastes de 24 pays, a adopté une déclaration défendant l’exception culturelle.Le ressac est tel que plusieurs ministres ont cru nécessaire de rappeler que l’hexagone est le quatrième expor- nées de l'Ulster.Cette «révolution», dans une province qui a vécu des décennies durant au rythme du sectarisme religieux et politique, a été rendue possible par un vote crucial samedi de l’instance dirigeante du principal parti protestant (UUP) nord-irlandais.L’obstacle levé, Trimble va devenir le premier chef de gouvernement d'une Irlande du Nord pacifiée.Point culminant d’un parcours qui a vu cet ancien porte-flambeau des «durs» de l’unionisme devenir un honune clé du processus de réconciliation.Aujourd’hui, l’assemblée locale élue en 1998 va désigner les dix ministres du gouvernement nord-irlandais.Le Sinn Fein y aura deux représentants, dont Martin Mc-Guinness: fortement soupçonné d’avoir été dans le passé l'un des chefs de l’IRA, il incarne à présent la conversion du groupe armé à la paix.Le cabinet sera co-dirigé par David Trimble et un vice-premier ministre qui sera selon toute vraisemblance le catholique modéré Seamus Mallon.Ce dernier avait démissionné en juillet en signe de protestation contre l’impasse politique en Ulster, mais devrait revenir sur sa décision aujourd’hui.Ce gouvernement mixte semi-autonome entrera formellement en fonction jeudi, lorsque le parlement britannique lui aura délégué de larges prérogatives dans le domaine de l’économie, de l’agriculture ou des transports.D’ici là, la République d'Irlande doit également renoncer à sa re- M.Clirétien a fait également fi de la mise en garde, timide il est vrai, de ses militants confre la radicalisation des positions fédérales envers le Québec.Les militants de l’aile québécoise du parti avaient amendé samedi une résolution controversée demandant au gouvernement du Canada de «formuler une question claire et directe» pour la transformer en résolution demandant de «définir ce qu'il considère une question claire et directe».Même ainsi diluée, cette résolution avait été rejetée majoritairement.Les militants avaient également retiré deux résolutions jugées plus extrêmes, soit celle demandant que le gouvernement adopte une loi établissant les conditions d’un référendum et celle demandant d’établir à 60 % du suffrage exprimé le seuil minimal pour permettre la sécession du Québec.Ils n’ont finalement adopté que la résolution général et évasive formulée par la Commission politique du Parti libéral du Canada (PLC)-section Québec qui «appuie le gouvernement canadien qui s’est engagé, après des Québécois et de tous les autres Canadiens, à faire respecter les principes de clarté et de légalité qui ont été énoncés parla Cour suprême le 20 août 1998».Une façon de laisser carte blanche au premier ministre dans l’élaboration de la stratégie future.Autre débat Par delà l’unité canadienne, les débats du congrès ont notamment porté sur le développement régional, l’assu-rance-emploi, la fiscalité et l'environnement.Au nombre des résolutions adoptées par les militants figurent celles demandant au gouvernement de: -modifier le système de l’assurance-emploi afin d’établir un meilleur équilibre entre les bénéfices accordés et les surplus enregistrés; ¦ établir un programme collectif volontaire pour permettre aux travailleurs autonomes de profiter de meilleurs avantages sociaux; ¦ adopter une loi rendant obligatoire l’étiquetage des produits transgéniques; ¦ ne pas modifier le code criminel de façon à permettre l’euthanasie.Quant à la résolution demandant que soit rapatriée la formation de la main-d’œuvre à Ottawa, devant la confusion du gouvernement du Québec à administrer cette compétence, elle a été majoritairement défaite, certains militants faisant valoir qu’il s’agissait d’un «bon exemple de la mauvaise administration du Parti québécois».Par ailleurs, duc des résolutions adoptées seront débattues au Congrès national du PLC, en mars, à Ottawa.Sur ces dix résolutions, seulement une provient des militants (des associations de Mont-Royal et de Lac Saint-Louis), les autres ayant été concoctées par la Commission politique du PLC-section Québec.Il s’agit d'une demande de moratoire sur l’usage de pesticides chimiques à des fins décoratives.tateur mondial et que l'Europe avait jusqu’ici plutôt bénéficié des jugements de l'OMC.Mais, le mal n’est pas uniquement français.«Il faut expliquer à l’opinion publique pourquoi un nouveau cycle de négociations va commencer», disait l’eurodéputé social-démocrate autrichien Harald Ettl.«Il faut que les gens comprennent que sans l’OMC, ce serait la loi du plus fort qui dominerait le monde», a renchéri le Britannique Nick Clegg.«L’Exocet» Pascal Lamy a souvent dénoncé l’idée selon laquelle le «grand Satan de la mondialisation» est responsable de la pauvreté dans le monde.Le commissaire européen au commerce extérieur qui parlera au nom de l’Union euro péenne à Seattle est perçu en France comme plus libre-échangiste que le gouvernement français.Il est probablement plus proche des positions allemandes à ce sujet.Ancien bras droit de Jacques Delors à la Commission européenne, à 52 ans, Lamy est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes européens de la question.C’est surtout un négociateur hors pair.Spécialiste des dossiers difficiles, il a travaillé au Crédit Lyonnais après la presque faillite de 1994 et sauvé la banque d'une condamnation de Bruxelles.Dans la capitale belge, on le surnommait «la brute», «le porte-flingue» et surtout «l'Exocet».Socialiste catholique diplômé de l’ENA, des HEC et de Sciences-Po, Lamy n’aurait qu’une faiblesse: ce n'est pas un as des communications.Ce qui pourrait être un handicap alors que l’image du sommet de Seattle est en chute libre.On se souviendra qu’en 1997, c’est la France qui avait sonné le glas des négociations sur le libre-échange de l’OCDE.Pascal Lamy aura dès demain pour tâche de faire accepter aux Américains un ordre du jour qui ne se limite pas à l’agriculture et aux services, mais qui puisse déborder sur les normes sociales, l'environnement, les investissements, la culture, etc.Une proposition à laquelle les Etats-Unis opposent toujours une fin de non-recevoir.Les négociations sont «sur le fil du rasoir», répète depuis une semaine le commissaire européen au commerce extérieur.Si l’impasse devait persister, la France compterait certainement parmi les pays les plus susceptibles de faire dérailler le train.vendication territoriale sur l’Ulster britannique, inscrite dans sa Constitution.En contrepartie, elle bénéficiera d’un droit de regard inédit sur les affaires du Nord, au travers d’un conseil ministériel Nord-Sud.L’IRA est également appelée à apporter son obole.Elle doit faire jeudi un premier pas vers son désarmement en désignant un représentant auprès dime commission internationale chargée de superviser la neutralisation des arsenaux paramilitaires.Mais les protestants et Londres ne se contenteront pas longtemps de ce geste.Le ministre à l'Irlande du Nord Peter Mandelson a appelé hier le Sinn Fein à faire en sorte «que le mouvement républicain remplisse sa part du marché».Autrement dit, un désarmement d’ici à juin 2000.«Je pense qu'il va le faire», a-t-il ajouté sur la BBC-TV.Le groupe armé se retrouve désonnais sous pression sur ce dossier très sensible dans le camp républicain.Soucieux de rallier les protestants les plus intransigeants, David Trimble lui a unilatéralement fixé samedi une date butoir, promettant de démissioimer en février si aucun lot de fusils ou d'explosifs n’est détruit d’ici là.«Nous avons pris une décision très difficile.C’est au tour maintenant du Sinn Fein/IRA et des autres organisations paramilitaires», a prévenu hier un proche collaborateur de M.Trimble, Ken Maginnis.Placé sur la défensive, le Sinn Fein a accusé l’UUP d’avoir commis «une grave erreur» en posant des conditions à la poursuite du processus de pane.CRIS SUITE DE LA PAGE 1 dication territoriale protégé par l’article 35(3) de la Constitution et que, en conséquence, les droits issus de traités des Cris sont protégés contre tout empiétement législatif et par des ententes administratives ou contractuelles.En entrevue au Devoir, celui qui a remplacé Matthew Coon-Come à la tète des Cris exprime son inquiétude devant les tentatives répétées d’Ottawa de se soustraire à ses obligations de fiduciaire.Les faits et gestes du gouvernement Clirétien, selon lui, ont de quoi alarmer au plus haut point les Premières Nations du pays.Ted Moses dénonce l’attitude fédérale qui consiste à ne pas respecter des engagements déjà pris et à privilégier davantage les ententes contractuelles, accords plus souples et moins contraignants que les traités à long terme.«Le Canada essaie constamment de mettre fin à des ententes en modifiant leur valeur de traité pour les substituer par des contrats.Quand ils ne prennent pas un temps fou pour appliquer les ententes, ils essaient d'inclure des clauses crépusculaires sur leurs obligations.» En fait, cette politique d’extinction des droits autochtones ne date pas d’hier, convient-il, puisqu’inscrite dans la Loi appliquant la CBJNQ en 1977.Cette pratique a cependant été dénoncée au printemps dernier par un comité des droits de l’homme des Nations unies qui a recommandé au Canada «d’abandonner la pratique d'éteindre les droits aborigènes inhérents».«Ottawa nous a imposé cette clause lors des discussions sur la Baie James, affirme M.Moses.Aujourdhui, les Cris ne signeraient peut-être pas la Convention de la Baie James.Mais il faut se rappeler que la situation était difficile en 1975.Nous avons été intimidés et nous n’avions pas le choix.» Par conséquent, il estime que les options des Cris devant les gouvernements se résument désormais à négocier et faire appel aux tribunaux.Avec le gouvernement du Québec, il se dit prêt à reprendre les négociations sur le régime forestier.Mais sa nation, avertit-il, n’abandonnera pas l’action entreprise en Cour supérieure pour obtenir réparations en raison des dommages causés au mode traditionnel autochtone par les compagnies forestières.Le ministre québécois des Affaires autochtones, Guy Chevrette, refrise de reprendre les pourparlers avant que les Cris ne laissent tomber leur requête juridique.«Pas question, tranche Ted Moses.On sera prêt pour le mois de janvier quand débuteront les audiences.D'ailleurs, je me demande si le Québec n’essaie pas d'imiter Ottawa en reniant sa parole sur des engagements déjà pris.» M.Moses fait référence à une entente (MOU-Memo-randum of understanding) survenue en 1995 avec le Québec sur une enveloppe de 132 millions devant servir à des mesures d’hébergement et de développement communautaire.«À part un montant de neuf millions, l'argent n 'a pas commencé à circuler dans les communautés, souligne le Grand chef des Cris.On est plus que prêts à négocier à ce sujet.» S’il éprouve une méfiance extrême envers Ottawa, Ted Moses prend un ton un tantinet plus conciliant envers le Québec.Moins activiste que Matthew Coon-Come, se voyant davantage comme un négociateur — il a représenté les Cris auprès de plusieurs instances internationales — le nouveau Grand Chef affirme que son rôle consiste avant tout à s'assurer que les traités signés avec les Cris soient respectés.«Les Cris, comme toutes les Premières Nations, doivent prendre tous les moyens disponibles pour faire avancer leur communauté, pour aider leur développement socio-économique et culturel.» Il dit favoriser avant tout les échanges autour d’une table de travail.Mais les tribunaux demeureront sans doute, dit-il, le dernier recours des autochtones devant la mauvaise foi démontrée par certains gouvernements.«Avec la Baie James, nous avons pris part au développement des années 1970.Nous avons obtenu un certain contrôle et certains bénéfices, admet-il.Mais d’autres problèmes ont émergé et nous nageons trop souvent encore à contre-courant.» M.Moses souligne notamment les problèmes de santé connus par plusieurs communautés autochtones.Tel que le soulignait un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi (un document alarmant sur la santé des 750 000 autochtones du Canada), les Cris sont en voie de ravir le record d’incidence du diabète en raison des changements apportés à leur régime alimentaire dans les dernières décennies.«C'est pourquoi on ne peut abandonner notre combat.Nous ne sommes pas en train de nous plaindre ou de quémander.Il ne s'agit pas de demandes déraisonnables.Comme tout le monde, nous voulons simplement faire respecter nos droits.» En ce sens, il salue l’accord intervenu entre les Nisgaa’s de la Colombie-Britannique et les gouvernements fédéral et provincial, même s'il n'approuve pas l’idée de laisser tomber l’exemption fiscale dont jouissent les membres des Premières Nations en échange de certains bénéfices.«Nous appuyons nos frères de Colombie-Britannique et respectons leur choix.On verra toutefois ce qu 'il adviendra de cette entente avec le temps parce que nous connaissons trop bien l’insistance du gouvernement fédéral pour fixer des lois auxquelles il contrevient par la suite.» CHRÉTIEN OMC «Un nouveau Reich du millénaire»
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